Par S.L. dans « Socialisme mondial, N°28, 1985
Une Société sans argent (pdf)

1062744637_215b9bc9b5Les arguments en faveur d’une société sans argent dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont développées à un tel degré qu’elles pourraient fournir en abondance des biens de consommation et services à toute la population du monde, à condition qu’elles soient utilisées rationnellement pour arriver à ce but.

Les problèmes d’une production en quantité suffisante pour tous sont déjà résolus. Après de longs efforts pour combattre la pénurie l’homme est venu à ses bouts et la possibilité de produire en abondance est devenue une réalité. Mais ceci ne peut être accompli dans le cadre d’une société où les moyens de production sont la propriété d’une minorité et où les richesses sont produites pour la vente en vue de profits. Le seul cadre où cette abondance serait réalisable est celui d’une société dans laquelle toutes les ressources, qu’elles soient naturelles ou industrielles, sont devenues, sous contrôle démocratique, l’héritage commun de toute l’humanité. Dans ces conditions seulement, est-il possible de décider démocratiquement ce qui sera produit et satisfaire les besoins humains? Dans une telle société, marché, salaires, profits, achat et vente seraient hors de contexte ; ils finiraient simplement d’exister.

Une société d’abondance n’est pas l’extension de notre prétendue société de consommation caractérisée par son énorme gaspillage de ressources ; cela ne signifie pas que les gens acquièrent de plus en plus de gadgets inutiles et qui gaspillent des ressources, mais tout simplement que les besoins matériels des gens, à la fois en tant qu’individu et en tant que communauté, soient satisfaits d’une façon rationnelle. Contrairement à la croyance générale que cultivent prudemment les défenseurs du système capitaliste, l’homme n’est pas avide par nature et les besoins humains ne sont pas sans limite. Du point de vue matériel, un être humain a besoin d’une certaine quantité et variété de nourriture, vêtements et abris et bien vite chaque individu pourra découvrir ce qu’elles sont dans son propre cas. Cela aurait lieu si les biens et les services pouvaient être utilisés librement et gratuitement.

Mais, l’on pourrait objecter qu’avec cette utilisation libre les gens prendraient au-delà de leurs besoins. Mais au contraire, pourquoi agiraient-ils ainsi alors qu’ils seraient assurés (et ils le seraient vu la puissance productrice de l’industrie moderne et la possession en commun des moyens de production) d’une production toujours subvenant aux besoins de tous ? Après tout, aujourd’hui, l’utilisation de l’eau (ou du moins la quantité d’eau consommée à n’importe quel moment) est gratuite, et les gens n’utilisent que ce dont ils ont besoin pour laver, cuisiner, etc. Pareillement, lorsque tous les besoins de consommation et les services seront librement et gratuitement disponibles, on peut s’attendre à ce que les gens ne prennent de nourriture, vêtements, etc., que selon leurs besoins. En prendre davantage serait anormal et sans intérêt.

Mais est-ce que l’industrie moderne peut vraiment fournir suffisamment pour tous et ainsi permettre l’utilisation libre et gratuite des biens de consommation et des services ? Ceci est indéniable, dès que l’on aura supprimé les gaspillages du capitalisme. Citons tout d’abord les forces armées, l’armement, et en deuxième lieu tout le personnel, tous les bâtiments et tout l’équipement employés pour le marché et l’économie marchande en général : banques, assurances, services gouvernementaux à la charge des pensions et des impôts, vendeurs, contrôleurs, comptables, caissiers, etc. En vérité, on peut dire que sous le système de profit bien plus de la moitié de la population est employée dans de pareilles activités improductives. Et troisièmement la production vise à ce que les produits deviennent rapidement surannés en les fabriquant pour se casser ou s’user en comparativement peu du temps. Dans une société organisée rationnellement, les biens de consommation pourraient être fabriqués de manière à durer et cela résulterait en une énorme économie de ressources.

En éliminant ces trois causes de gaspillages inhérentes au système de profit, on pourrait produire en quantité suffisante pour nourrir, vêtir et loger convenablement tout le monde, si bien que peu après l’établissement d’une société sans classe on pourrait introduire la distribution libre des biens de consommation et des services.

De nos jours, le seul mot d’ordre rationnel est le suivant : “Abolition de l’argent, utilisation gratuite des richesses par tous selon les besoins individuels” ou tel que l’énonce le vieux mot d’ordre : “de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins”.

Source : La Bataille Socialiste

 



Le mouvement Zeitgeist (« The Zeitgeist Movement ») est le fer de lance activiste du projet Venus auquel Jacques Fresco, concepteur industriel et ingénieur social, a consacré toute sa vie. À l’heure actuelle, Jacques vit à Venus, en Floride, et travaille en étroite collaboration avec son associée, Roxanne Meadows. Comprenons bien que M. Fresco sera le premier à vous dire que ses perspectives et développements ne sont pas entièrement les siens, mais qu’ils découlent de façon unique de l’évolution de la science qui s’est développée du début de l’antiquité à nos jours. En quelques mots, l’on pourrait résumer ce que représente le projet Venus et donc ce que prône le mouvement Zeitgeist par « l’application de la méthode scientifique à des fins sociales ».

À travers une application plus humaine de la science et de la technologie à la conception de la société et à la prise de décisions, nous possédons les moyens de transformer notre environnement – à l’heure actuelle divisé, ravagé par la corruption et basé sur la rareté artificielle des ressources – en quelque chose d’extrêmement plus organisé, équilibré, humain, durable et productif. Pour y arriver, nous devons comprendre qui nous sommes, où nous sommes, ce que nous avons, ce que nous voulons, et comment nous allons atteindre ces objectifs. Vu l’état actuel des choses, dont la majorité sera abordée dans la première partie de cet ouvrage, le lecteur découvrira probablement que nous ne devons pas simplement choisir une autre direction… il est tout bonnement impossible de faire autrement. Le système économique actuel s’effondre de plus en plus rapidement et risque de causer un chômage mondial d’une ampleur encore jamais vue auparavant. Qui plus est, nous frôlerons bientôt le « point de non-retour » quant à la destruction de l’environnement.

Après la diffusion de 2 documentaires exceptionnels pour l’éveil de notre conscience:

Zeitgeist the Movie 2007

Zeitgeist Addendum 2008

Peter Joseph s’est consacré à revenir point par point sur l’ensemble des thèmes abordés en expliquant par exemple : la méthode scientifique à mettre en oeuvre pour dépasser le système monétaire, mettre en place une économie basée sur les ressources engendrant l’abondance plutôt que la rareté et la nécessitée de mettre fin à l’obsolescence plannifiée des biens produits par le monde industriel qui encourage la consommation cyclique et donc, une production perpétuelle des déchets.

Ce troisième documentaire s’intitule :
Présentation d’Orientation Activiste du Mouvement Zeitgeist
Lire la vidéo

Source: thezeitgeistmovement

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4 commentaires pour “Une société sans argent”
  1. Alcidejet dit :
    Incroyable ! Un rapport d’une agence gouvernementale Britannique prône la décroissance !
    On progresse…

    La prospérité sans la croissance ? inventer une alternative

    Prosperity without growth Paradoxe des temps modernes. Les extraordinaires avancées des sciences et des techniques ont permis à l’humanité d’accumuler un savoir faire et une capacité de production à même de satisfaire la plupart de ses besoins, et pourtant cette richesse potentielle, loin de se traduire par l’accomplissement des promesses du progrès, s’accompagne aujourd’hui d’une inégalité toujours accrue, d’une énorme demande sociale non satisfaite, et d’une pression croissante sur les conditions d’existence au nom du sacro saint rendement compétitif. Mais rendement de quoi ? Loin de permettre de libérer l’homme, l’intelligence, les énergies mobilisées, les efforts consentis, englués dans un système devenu inefficace, inadapté et dangereux, conduisent l’humanité à sa perte. Le système économique – dont la structure est un archaïsme hérité des temps obscurs où la rareté dominait – poursuit sa trajectoire aveugle et insoutenable qui nous rapproche inexorablement de l’épuisement des ressources primaires, et de la dévastation de notre planète. « Prosperity Without Growth ? » est un ouvrage (disponible gratuitement en ligne) publié par la Commission du Développement Durable, une agence gouvernementale du Royaume-Uni, qui ose aborder de front cette question brulante. La croissance, telle que nous la pratiquons, est dans l’impasse. Il faut repenser à nouveaux frais nos modèles de développement, et renoncer à la religion du PIB. Cela implique-t-il un retour aux privations ? Nullement. Les études effectuées de par le monde montrent qu’une fois atteint un niveau de revenu situé entre la moitié et les deux-tiers de ce qu’il est aujourd’hui aux USA, le sentiment de bien-être n’augmente plus en relation avec l’accroissement des revenus. Renoncer à la croissance, ce pourrait donc être simplement renoncer au « toujours plus » du consumérisme, à la recherche vaine de la distinction par les colifichets du « je le vaux bien » narcissique. Une telle révolution, non seulement économique mais également culturelle, est possible, nous dit la Commission Britannique, qui indique en s’appuyant sur les travaux de l’économiste canadien Peter Victor que cela permettrait également de travailler moins. Nous publions ci-dessous la note de lecture de cet ouvrage rédigée par Charles Siegel pour Common Dreams, et fournissons le lien de téléchargement.
    Source : contreinfo.info
    Publication originale Common Dreams, traduction Contre Info
  2. Alcidejet dit :

    This Wednesday, 5/06/09, from 3:00-5:00pm will be our Bi-Weekly Radio Address.

    http://www.blogtalkradio.com/Peter-Joseph

    http://www.thezeitgeistmovement.com/joomla/index.php?option=com_content&view=article&id=438&Itemid=952

    In the first hour Peter will answer your questions, and in the second hour Jaqcue and Roxanne will join in for a discussion about language, semantics, communication and other issues.

  3. la truie qui file dit :

    Il faut se hater lentement de participer :

    http://ecolonews.blog.fr/2009/04/06/le-niveau-moyen-des-mers-du-globe-monterait-de-57-metres-5901141/

    http://planetevivante.wordpress.com/2009/04/08/images-satellites-de-la-plate-forme-de-glace-wilkins-antarctique-3103-0604-2009/
    http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-dislocation-glace-antarctique-Wilkins.xml
    http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-refroidissement-local.xml

    Les dés de glace sont jetés… les jeux sont faits ? rien ne va plus ?
    Y a t’il des manchots dans la salle pour ramasser les bénéfices en buvant un ricard bien noyé ?

    A défaut de topic sur ce site j’ai choisi l’argent qui parait t’il est le sujet qui inquiète le plus !

  4. Alcidejet dit :

    Ce n’est que le système de production marchande moderne fondé sur la transformation incessante d’énergie humaine en argent érigée en fin en soi qui a engendré une sphère particulière, dite du travail, isolée de toutes les autres relations et faisant abstraction de tout contenu – une sphère caractérisée par une activité subordonnée, inconditionnelle, séparée, robotisée, coupée du reste de la société et obéissant à une rationalité des fins abstraite, régie par la «  logique d’entreprise  », au-delà de tout besoin. Dans cette sphère séparée de la vie, le temps cesse d’être vécu de façon active et passive ; il devient une simple matière première qu’il faut exploiter de manière optimale : «  Le temps, c’est de l’argent.  » Chaque seconde est comptée, chaque pause-pipi est un tracas, chaque brin de causette un crime contre la finalité de la production devenue autonome. Là où l’on travaille, seule de l’énergie abstraite doit être dépensée. La vie est ailleurs – et encore, parce que la cadence du temps de travail s’immisce en tout. Déjà les enfants sont dressés en fonction de la montre pour être «  efficaces  » un jour, les vacances servent à reconstituer la «  force de travail  », et même pendant les repas, les fêtes ou l’amour, le tic-tac des secondes résonne dans nos têtes.

    Dans la sphère du travail, ce qui compte n’est pas tant ce qui est fait, mais le fait que telle ou telle chose soit faite en tant que telle, car le travail est une fin en soi dans la mesure même où il sert de vecteur à la valorisation du capital-argent, à l’augmentation infinie de l’argent pour l’argent. Le travail est la forme d’activité de cette fin en soi absurde. C’est uniquement pour cela, et non pour des raisons objectives, que tous les produits sont produits en tant que marchandises. Car ils ne représentent l’abstraction argent, dont le contenu est l’abstraction travail, que sous cette forme. Tel est le mécanisme de la machine sociale autonomisée qui tient l’humanité moderne enchaînée.

    Et c’est bien pourquoi le contenu de la production importe aussi peu que l’usage des choses produites et leurs conséquences sur la nature et la société. Construire des maisons ou fabriquer des mines antipersonnel, imprimer des livres ou cultiver des tomates transgéniques qui rendent les hommes malades, empoisonner l’air ou «  seulement  » faire disparaître le goût : tout cela importe peu, tant que, d’une manière ou d’une autre, la marchandise se transforme en argent et l’argent de nouveau en travail. Que la marchandise demande à être utilisée concrètement, fût-ce de manière destructrice, est une question qui n’intéresse absolument pas la rationalité d’entreprise, car pour elle le produit n’a de valeur que s’il est porteur de travail passé, de «  travail mort  ».

    L’accumulation de «  travail mort  » en tant que capital, représenté sous la forme-argent, est la seule «  signification  » que le système de production marchande moderne connaisse. «  Travail mort  » ? Folie métaphysique ! Oui, mais une métaphysique devenue réalité tangible, une folie «  objectivée  » qui tient cette société dans sa poigne de fer. Dans l’acte sempiternel de la vente et de l’achat, les hommes ne s’échangent pas comme des êtres sociaux conscients d’eux-mêmes, ils ne font qu’exécuter comme des automates sociaux la fin en soi qui leur est imposée.

    L’ouvrier se sent auprès de soi-même seulement en dehors du travail ; dans le travail, il se sent extérieur à soi-même. Il est lui-même quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il ne se sent pas dans son propre élément. Son travail n’est pas volontaire, mais contraint, travail forcé. Il n’est donc pas la satisfaction d’un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste.
    [Karl MARX], Manuscrits de 1844

    Extrait du point 5, « Le travail, principe social coercitif » du Manifeste contre le Travail du groupe allemand Krisis.

    Ayant érigé l’argent en fin, on ne travaille plus pour soi ou pour être reconnu, on travaille pour gagner sa croute et consommer. Depuis les années 80 nous sommes entrés dans une société d’abondance. Sauf rares exceptions, il n’est plus vrai, comme l’affirmait Bastiat en 1850, que les valeurs faites, les réalités, tombent moins facilement dans le tablier de dame Offre, que les valeurs fictives de l’imagination dans le tablier de dame Demande. La réalité dépasse la fiction. L’offre est telle qu’elle crée des besoins avant même qu’ils n’aient été satisfaits. La pénurie est maintenue artificiellement grâce à l’argent-roi qui maintient la dépendance, la soumission et l’exploitation d’une majorité envers une minorité. Dans sa folie émancipatrice nombriliste, l’humanité prend ses rêves pour réalité. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Nous ne travaillons plus pour produire ou satisfaire des besoins vitaux. Nous travaillons pour consommer, pour gagner, pour combler nos envies particulières illimitées… Envies traduisant bien plus un mal-être qu’un bien-avoir.

    Pour terminer, quelques extraits du texte de [Raoul VANEIGEM] Nous qui désirons sans fin

    Notre époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre.

    En privilégiant l’hédonisme sur l’austérité laborieuse, le consumérisme fournit des armes à la contestation de ce travail qui était l’essence de la production. Son utilité sociale, sa contribution au confort et à la satisfaction des besoins prioritaires parut secondaire en regard du salaire grâce auquel s’obtenait le droit de fréquenter les bazars du bien-être plébiscité.

    Menacé dans ses prétentions démesurées par le consumérisme critique comme il l’avait été précédemment par les revendications prenant pour cible la productivité, le profit entra dans une stratégie de repli. Délaissant les secteurs où il s’amenuisait, il découvrit dans la gestion du capital accumulé un terrain propre à le faire fructifier sans encombre. Rien ne l’y peut contester que sa propre inflation. Le système économique dont nous sommes tributaires depuis des millénaires meurt dans le délire de son autonomie absolue, comme un Dieu résiliant tout engagement envers les hommes qui avaient eu la faiblesse de le créer.

    Voir aussi : http://infokiosques.net/travail & ECOCLASH

  5.  

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