Sommet du G20 de Londres: la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale
Publié par LeTransmuteur dans : Actualité, Analyse, Économie, Finance, Idée, International, Krach, Politique
Lettre ouverte aux dirigeants du G20
(publiée en anglais dans l’édition mondiale du Financial Times le 24/03/09)

Mesdames, Messieurs,
Il vous reste moins d’un semestre pour éviter que la planète s’enfonce dans une crise dont elle mettra plus d’une décennie à sortir, avec un terrible cortège de malheurs et de souffrance. Cette lettre ouverte de LEAP/E2020, qui dès Février 2006 avait annoncé l’imminence d’une « crise systémique globale », veut tenter de vous indiquer brièvement pourquoi il en est ainsi, et comment éviter cela.
En effet, si vous avez commencé à soupçonner l’ampleur de la crise il y a moins d’un an, c’est dès Février 2006, dans la 2ème édition de son « Global Europe Anticipation Bulletin » (GEAB), que LEAP/E2020 avait annoncé que le monde entrait dans la « phase de déclenchement » d’une crise d’ampleur historique. Et depuis cette date, LEAP/E2020 a continué, chaque mois, à anticiper d’une manière très fiable les évolutions de la crise dans laquelle le monde entier se débat désormais. Ce qui nous conduit à vous écrire cette lettre ouverte dont nous espérons qu’elle éclairera vos choix dans quelques jours.
Et cette crise s’aggrave dangereusement. Récemment, à l’occasion de la 32ème édition de son bulletin, LEAP/E2020 a ainsi lancé une alerte très importante qui vous concerne directement, vous les dirigeants du G20 : si, réunis à Londres le 2 Avril prochain, vous n’êtes pas capables d’adopter des décisions audacieuses et innovantes en vous concentrant sur l’essentiel, et d’entamer leur mise en oeuvre d’ici l’été 2009, alors la crise entrera à la fin de cette année dans la phase de « dislocation géopolitique généralisée » qui affectera tout autant le système international que la structure même des grandes entités politiques comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’UE. Et vous ne contrôlerez alors plus rien pour le malheur des six milliards d’habitants de notre planète.
Votre choix : une crise de 3 à 5 ans ou un crise de plus d’une décennie ?
Hélas, comme rien ne vous a préparé à affronter une crise d’une telle ampleur historique, jusqu’à présent, vous ne vous êtes occupés que des symptômes ou des causes secondaires. Vous avez pensé qu’il suffisait d’ajouter de l’essence ou de l’huile au moteur mondial, sans vous rendre compte qu’il était tout simplement cassé, sans espoir de réparation. C’est un nouveau moteur qu’il faut construire. Et le temps presse car chaque mois qui passe détériore un peu plus l’ensemble du système international.
Comme dans toute crise majeure, il faut aller à l’essentiel. Comme dans toute crise de dimension historique, le seul choix est entre entreprendre au plus vite des changements radicaux et raccourcir considérablement la durée de la crise et ses conséquences tragiques; ou au contraire refuser les changements radicaux en tentant de sauvegarder l’existant, pour ne réussir qu’à prolonger durablement la crise et accroître toutes ses conséquences négatives. A Londres, le 2 Avril prochain, vous aurez ainsi le choix entre résoudre la crise en 3 à 5 ans d’une manière organisée; ou bien au contraire, entraîner la planète dans une décennie terrible.
Nous nous bornerons donc ici à mettre en avant trois conseils que nous considérons comme stratégiques, c’est-à-dire, que pour LEAP/E2020, s’ils ne sont pas mis en oeuvre d’ici l’été 2009, la dislocation géopolitique mondiale deviendra inévitable à partir de la fin de cette année.
LES 3 CONSEILS DE LEAP/E2020
1. La clé de la crise, c’est la création d’une nouvelle devise internationale de référence !
Le premier conseil se résume à une idée très simple : la clé de la crise actuelle se trouve dans la réforme du système monétaire international hérité de l’après-1945 afin de créer une nouvelle devise internationale de référence. Le Dollar américain et l’économie des Etats-Unis ne sont plus en mesure d’être les piliers de l’ordre économique, financier et monétaire mondial. Tant que ce problème stratégique n’est pas abordé directement, puis traité, la crise s’approfondira car il est au coeur des crises des produits financiers dérivés, des banques, des prix de l’énergie, … et de leurs conséquences en terme de chômage massif et de baisses des niveaux de vie. Il est donc vital que cette question soit l’objet principal du Sommet du G20 de Londres et que les premiers éléments de solution y soient lancés. La solution à ce problème est d’ailleurs bien connue : il s’agit de créer une devise de référence internationale (qu’on pourrait appeler le « Global ») fondée sur un panier de monnaies correspondant aux principales économies de la planète, à savoir le Dollar US, l’Euro, le Yen, le Yuan, le Khaleel (monnaie commune des etats pétroliers du Golfe qui sera lancée au 1° Janvier 2010), le Rouble, le Real, … . et de faire gérer cette devise par un « Institut Monétaire Mondial », dont le Conseil d’ Administration reflète les poids respectifs des monnaies composant le « Global ». Vous devez demander au FMI et aux banques centrales concernées de préparer un tel plan pour Juin 2009 avec objectif de mise en oeuvre au 1° Janvier 2010. C’est votre seul moyen de reprendre l’initiative sur le temps de déroulement de la crise. Et c’est le seul moyen de concrétiser la mise en oeuvre d’une globalisation partagée, en en partageant la monnaie qui est au coeur de toute activité économique et financière.
Selon LEAP/E2020, si une telle alternative au système actuel en plein effondrement n’a pas commencé à être préparée d’ici l’été 2009, démontrant qu’il existe une autre voie que le « chacun pour soi », le système monétaire international actuel ne passera pas l’été. Et si certains Etats du G20 pensent qu’il vaut mieux garder le plus longtemps les privilèges que leur procure le statu quo, ils devraient méditer sur le fait qu’aujourd’hui ils peuvent encore influencer de manière décisive la forme que prendra ce nouveau système monétaire mondial. Une fois la phase de dislocation géopolitique entamée, ils perdront au contraire toute aptitude à le faire.
2. Contrôlez l’ensemble des banques au plus vite !
Le second conseil est déjà largement évoqué dans les discussions préalables à votre réunion. Il devrait être donc aisé de l’adopter. Il s’agit de mettre en place d’ici la fin 2009 un système de contrôle des banques à l’échelle mondiale qui supprime tout « trou noir ». Plusieurs options vous sont déjà proposées par les experts. Tranchez dès maintenant. Nationalisez au plus vite quand il le faut ! C’est en tout cas le seul moyen de prévenir un nouvel endettement massif des établissements financiers comme celui qui a contribué à la crise actuelle; et de montrer aux opinions publiques que vous êtes crédibles face aux banquiers.
3. Faites évaluer au plus vite par le FMI les systèmes financiers US, britannique et suisse !
Le troisième conseil touche à nouveau une question très sensible politiquement qui pourtant est incontournable. Il est indispensable que le FMI remette au G20, au plus tard, en Juillet 2009, une évaluation indépendante des trois systèmes financiers nationaux au coeur de la crise financière : ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Suisse. Aucune solution durable ne pourra en effet être efficacement mise en oeuvre tant que personne n’a la moindre idée des ravages causés par la crise dans ces trois piliers du système financier mondial. Et il n’est plus temps de « prendre des gants » avec des pays qui sont au coeur du chaos financier actuel.
Ecrivez un communiqué simple et bref !
Pour terminer, nous nous permettrons seulement de rappeler que vous avez désormais à restaurer la confiance chez 6 milliards de personnes, et des dizaines de millions d’institutions publiques et privées. Alors, n’oubliez pas de rédiger un communiqué court, qui ne fasse pas plus de deux pages, qui ne contienne pas plus de trois ou quatre idées centrales et qui soit lisible par des non-experts. Sinon, vous ne serez pas lu hors du cercle étroit des spécialistes et vous ne pourrez donc pas ressusciter la confiance du plus grand nombre condamnant ainsi la crise à s’aggraver. Si cette lettre ouverte vous aide à sentir que l’Histoire vous jugera pour ce que vous aurez réussi à faire ou pas lors de ce Sommet, alors elle n’aura pas été inutile. Sachez simplement, que selon LEAP/E2020, vos peuples respectifs n’attendront pas plus d’une année pour vous juger. Une chose est néanmoins certaine : cette fois-ci vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenu !
Franck Biancheri
Directeur des Etudes de LEAP/E2020
Président de Newropeans
(source: leap2020.eu)
Mots-clefs :argent, armageddon, avenir, crise, domination, évolution, humanité, insurrection, nouvel ordre mondial, obama, observation, opposition, paix, peur, réalité, révolution, société, système, USA



















































Flux RSS des articles
Alors, rendez vous au 2 avril, pour connaitre la disponibilité de ces 20 précurseurs, en souhaitant que le bien commun l’emporte enfin, sur les « accros » de la spéculation intensive, désordre transmis obligatoirement à la racine de tout le système, « les cols bleus ». Enfin prendre contrôle, sur l’intégrité des banques, chose qui, depuis la révolution française, puis les droits de l’homme, était normalement faite !
D’une manière ou d’une autre, les éclaircissements sur cette monstrueuse épreuve, seront connus et les agissements « malencontreux » remis dans l’ordre naturel des choses vivantes !
Alors « Messieux » les concernés, sachez bien que le temps est compté !
Les « petits » font ce qu’ils peuvent avec leur tête, mais ça commence à sacrément bien fonctionner !
A votre Amour !
D’accord sur le point 3, mais une monnaie mondiale ????
La solution ?
Ça sent le « NWO » a plein nez…
Le FMI qui évaluerait le système US, UK, CH ??
Mais faut arrêter…
comme dit Cheminade,
on ne peut pas tourner le vice en vertu.
Il faudra arrêter le FMI, l’ONU et tous ces organismes sangsue.
L’actualité de la crise : Un sommet fini avant d’avoir commencé
Que retenir du scoop du Financial Times, qui publie ce matin lundi une analyse détaillée du « draft » (projet) de déclaration finale du G20 ? Qu’ils n’ont plus besoin de se réunir ? Cela serait un peu enfantin, même si les chefs d’Etat ne devraient plus en changer que des virgules. Je retiens pour ma part, au-delà de toutes les formules pesées et ajustées entre sherpas, -- la loi du genre -- ainsi que des phrases alambiquées du texte -- comme le veut l’usage -- une annonce fondamentale : la mise au point implicite d’un accord entre Américains et Chinois, afin d’engager une discussion et la mise en place progressive de mesures concernant le FMI et les autres institutions internationales financières. S’appuyant sur deux pieds, un financement accru de celles-ci d’un côté, une redistribution des places partielle de l’autre, en faveur des pays émergeants (détenteurs des financements grâce à leurs excédents commerciaux engrangés et à venir, c’est un comble).
Cet engagement réciproque, qui doit être à ce stade très limité, reflète la nécessité d’une entente mais ne lève pas pour autant les incertitudes concernant l’avenir. Rien n’est évidemment réglé quant à une sortie de crise toujours aussi indiscernable. Il symbolise et sanctionne le changement d’axe économique et financier du monde, nous n’avons pas fini d’en tirer les conclusions.
Il va y avoir deux manières de lire ce G20. Une première lecture va consister à déplorer qu’aucune décision importante n’y soit prise, laissant ouverts tous les principaux chantiers, celui de la relance comme celui de la régulation. Confirmant indirectement qu’il va y être décidé au moins une chose, ne faire les choses qu’à moitié (et encore). La suite dépendra d’évènements qui ne sont pas écrits, même par les sherpas.
Une seconde, plus dynamique, peut considérer que ce sommet va marquer le début d’une nouvelle période, dont on ne mesure pas encore totalement les caractéristiques (on croirait lire un communiqué final de sommet). L’intention est de réformer à minima le capitalisme financier, et de s’y mettre à tous, à force de compromis entre intérêts divergents. Ce qui ne signifie pas que le dérapage en cours soit maîtrisé pour autant, ni que les compromis soient déjà passés et qu’ils se révéleront stables à l’usage.
Je retiens pour ma part une idée déjà évoquée, celle de la crise de longue durée et permanente dans laquelle nous allons nous inscrire dorénavant. L’analogie avec les avions modernes de combat, fers à repasser qui ne peuvent voler, dans des conditions extrêmes, qu’à grand renfort d’informatique embarquée. Ce monde va être très compliqué à gérer, il est fort à craindre que la tentation soit grande de rendre de moins en moins compte de sa gestion. La Société des Nations est née sur les décombres de la première guerre mondiale, les Nations-Unies sur ceux de la seconde, les institutions qui vont se mettre en place ne répondront pas au même espoir, par ailleurs déçu à chaque fois. Elles seront le lieu d’arbitrages confidentiels et de décisions sans appel, hors de tout contrôle démocratique minimum, non pas le résultat d’un élan dont on pourrait espérer des surprises.
Par François Leclerc
Bonjour,
Si l’affaire était faite, le sionisme serait victorieux sur tous les plans (dossier des banquiers Rotschild).
Les nations qui ont vécus sous l’AXE sont aujourd’hui, pour le Japon et l’Allemagne, en train de prendre des mesures constitutionnelles d’envergure, comme l’introduction au Japon dans leur constitution, des droits économiques et sociaux par un article sur le droit à un revenu minimum déclaré par le gouvernement.
Ce qui place les citoyen(ne)s en chômage ou sans travail, dans une sécurité, du revenu, permanente.
Devant l’automatisation, le déplacement des maisons mères vers des nations défavorisées, pour le cheap labor, devant la rationalisation cybernétique et la perte de millions d’emplois, que faire sinon de garantir aux citoyen(ne)s, qui vivent ces changements d’avoir plus qu’un droit interchangeable selon le contexte ou les conjonctures cycliques, et ce geste c’est celui-là : d’inclure CONSTITUTIONNELLEMENT UNE LOI POUR LA SÉCURITÉ DU REVENUS CITOYEN(NE)S.
En bas de ce geste tout devient précaire et sujet à dénonciation, sinon à une révolution.
Parions que le peuple japonais passera, sans trop de dommage sous et sur la dictature des banques mondiales.
A quand le premier gouvernement occidental, qui adoptera cette mesure primordiale ?
Jacques
L’actualité de la crise : Deux G20 sinon rien
Je vais essayer de vider l’un des tiroirs, bien que tous se soient encore bien remplis aujourd’hui. Celui du G20, dont il nous est annoncé de toute part qu’il ne faut pas en attendre des miracles. Pas au cas où cela nous aurait échappé, mais comme autant d’effets « de théâtre et de rhétorique pour correspondre à la colère populaire qui est grande », comme vient de les dénoncer l’ancienne juge Eva Joly, candidate de la liste Europe-Ecologie en Ile de France.
En vrac : « Il sera utile d’avoir un autre sommet cette année », a déclaré José Manuel Barroso, président de la Commission européenne car « on ne peut pas attendre de solution miracle le 2 avril». « Il y sans doute trop d’attentes sur ce qui peut être accompli pendant un sommet d’une journée », a de son côté regretté Klaus Schmidt-Hebbel, le chef économiste de l’OCDE. « Je vois davantage le G20 comme un processus qui pourrait s’institutionnaliser d’une manière ou d’une autre ». « Nous avons, c’est sûr, de longues journées de négociations devant nous » a déclaré pour sa part Gordon Brown, premier ministre britannique, qui avait visiblement oublié que le sommet ne durait qu’une seule journée. Le 25 mars, il avait déjà annoncé que la BCE allait baisser son principal taux, oubliant peut-être que la Grande-Bretagne ne faisait pas partie de la zone euro. La veille, plus dans le sujet, son porte-parole avait informé la presse que « nous n’exclurions pas la tenue d’une autre réunion du G20 cette année » (sic). Nicolas Sarkozy, le président Français, a réclamé sur son mode habituel un peu déconcertant, des résultats. « Je ne suis pas pessimiste, j’essaie d’être lucide. Vous savez, sur le théâtre international comme sur le théâtre national, les forces du conservatisme sont toujours très grandes ». Au moins, il reconnaît que nous sommes au théâtre. Ce qui lui a permis d’envisager de quitter le sommet s’il n’obtenait pas gain de cause (« Si ça n’avance pas à Londres, ce sera la chaise vide, je me lèverai et je partirai »), définissant des « marqueurs » pour en mesurer le moment. Gordon Brown, pour sa part, a préféré parler de « tests », au nombre de 5. Ce qui fait déjà problème, c’est que les marqueurs et les tests ne se superposent pas. « Cette semaine, le monde entier doit se montrer à la hauteur du défi » a-t-il conclu. Il voulait certainement parler des chefs d’Etat du monde entier.
La sortie d’Eva Joly était documentée car, selon elle, Londres est « le plus grand des paradis fiscaux », ce qui n’autorise pas Gordon Brown à proclamer à tous vents : « je vais fermer les paradis fiscaux ». Pour ne pas être en reste, Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois, également président de l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro, excédé par les attaques dont son pays fait les frais, a lancé à propos de la liste des paradis fiscaux que le G20 pourrait adopter : « Si liste il doit y avoir, l’Amérique doit trouver sa bonne place ». Il a explicitement fait référence à l’Etat du Delaware, connu des sociétés off-shore pour son sens aigu de l’hospitalité. « Je voudrais que des courageux en Europe, ceux qui ont beaucoup insisté pour que les trois pays membres de l’UE pratiquant le secret bancaire l’abandonnent, fassent preuve du même courage à l’égard des Etats-Unis », a-t-il poursuivi, lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen. Eugen Haltiner, président de la Finma, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, a fait preuve de plus de retenue, en reconnaissant que le conflit autour de la première banque suisse UBS, accusée aux Etats-Unis de fraude fiscale, « aurait pu avoir des conséquences désastreuses pour le système financier et (…) l’économie suisse toute entière », nous permettant de mieux comprendre les raisons de la sortie de Jean-Claude Juncker. Et nous rassurant, grâce à l’emploi de ce conditionnel passé signifiant que tout danger était écarté. Faut-il que des sommes gigantesques soient à l’abri dans les coffres suisses pour que de telles conséquences désastreuses puissent résulter de leur départ inopiné, peut-on également conclure de sa déclaration. Une source monégasque non identifiée par l’AFP, qui la cite, nous permet de comprendre ce qui s’est joué et devrait être entériné par le G20 : « Le G20 pourrait dresser une nouvelle liste noire, qui comprendrait un petit nombre d’Etats en infraction avec les règles de l’OCDE et une autre liste, élargie, une manière de purgatoire, où figureront les Etats qui se sont engagés à respecter les critères de l’OCDE ». Cette histoire de liste noire est un feuilleton pathétique au regard des enjeux que représentent la fermeture des paradis fiscaux et relativise par avance toutes les grandes déclarations qui vont être faites à propos de ce sujet phare du G20.
Ces affaire très européennes ne semblent pas spécialement émouvoir l’administration Obama dont le seul souci est visiblement qu’une démonstration d’unité soit réalisée à Londres, le temps de la photo de famille finale tout au moins. D’autant qu’un danger va devoir être écarté. « Nous n’allons pas donner à quiconque la responsabilité de décider quel est l’équilibre souhaitable entre sécurité et efficacité pour nos marchés », a déclaré au Financial Times Tim Geithner, secrétaire au Trésor, en prélude au G20. Il a réaffirmé son hostilité à la création d’un « super-gendarme » de la finance internationale. Les Américains, comme ils l’ont d’ailleurs toujours proclamé, veulent garder les mains totalement libres, car ils craignent sans cela d’être contraints d’appliquer des mesures mettant en cause ce qu’ils considèrent être leurs intérêts vitaux. Sur la régulation de leur marché financier, comme sur le dossier de la réforme du FMI, puisqu’il ne saurait être question pour eux d’en envisager une du système monétaire international. Ils ont donc obtenu que toute discussion sur celle-ci soit escamotée, ce qui a été indirectement reconnu par la présidence française, qui leur en a donné acte, car le G20 ne serait pas « la bonne enceinte » pour aborder les questions monétaires. Exit, les références à un nouveau Bretton Woods de Nicolas Sarkozy, qui ne quittera pas la séance si cette question n’est pas à l’ordre du jour.
Les questions dérangeantes des paradis fiscaux et de la réforme monétaire étant écartées, une foule d’annonces va donc être faite, si l’on en croit le projet de déclaration finale qui a opportunément « fuité » dans la presse britannique et allemande, une grande première pour ce type de réunion, ce qui laisse à penser qu’il fallait désamorcer les commentaires pas spécialement bienveillants qui se multipliaient sur ce sommet avant même qu’il ait eu lieu. Ce que les chefs d’Etat maîtrisent le mieux, c’est décidément leur communication.
L’administration Obama va avoir besoin d’étaler prochainement toute sa science dans ce domaine. A l’occasion d’une rencontre à Madrid, José Luis Rodriguez Zapatero, premier ministre espagnol, a exposé à Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, « les propositions espagnoles pour réformer la structure et le fonctionnement du FMI, pour le doter d’une meilleure légitimité et efficacité à travers une réforme des quotes-parts, des votes et du processus de sélection de ses dirigeants et par une plus grande implication des pays émergents et en développement ». On sait que Dominique Strauss Kahn a exprimé publiquement à propos de la position chinoise de substitution des DTS au dollar comme principale monnaie de réserve, un avis fort éloigné du rejet catégorique des Américains. On ne sait pas par contre ce que se sont dit les deux responsables à ce sujet. Une autre rencontre bilatérale avait lieu aujourd’hui mardi à Berlin, entre Angela Merkel, la chancelière allemande, et Dimitri Medvedev, le chef d’Etat russe, afin de « discuter des moyens les plus efficaces pour réformer l’architecture financière mondiale et les moyens optimaux pour coordonner les efforts nationaux et collectifs pour lutter contre la crise mondiale », ont indiqué les Russes. On aurait pu penser que ces derniers s’étaient un peu avancés dans leur communiqué, mais voici ce qu’a déclaré Angela Merkel à la suite de leurs entretiens : « Nous nous rendons au G20 de Londres avec des positions et des attentes très similaires : il est nécessaire de dire clairement que l’architecture financière mondiale doit être changée de manière à ce qu’une telle crise ne se reproduise plus ». Il est dorénavant clair que les Etats-Unis sont et vont être de plus dans une position défensive peu confortable sur cette question. Les autorités chinoises ne pouvaient espérer mieux, dans l’immédiat, suite à la publication du « brûlot » du gouverneur de leur banque centrale.
Par François Leclerc
Un «nouvel ordre mondial émerge» après le G20
-> COMMUNIQUÉ FINAL DU G20 DE LONDRES (pdf en anglais).
MINUTE PAR MINUTE -- Les dirigeants du G20 se sont mis d’accord jeudi à Londres pour publier une liste des paradis fiscaux, avec des sanctions à la clé, et injecter 1.000 milliards de dollars supplémentaires dans l’économie d’ici fin 2010.
20h14 : Barack Obama se réjouit d’un «tournant». Le président américain estime que le sommet du G20 a été «très productif», et constitue un «tournant» par «l’ensemble sans précédent d’actions coordonnées» qui y ont été décidées. «A une époque où nos économies sont reliées plus étroitement que jamais auparavant, le monde entier a été frappé par cette récession dévastatrice. Et aujourd’hui, les dirigeants mondiaux ont répondu avec un ensemble sans précédent d’actions exhaustives et coordonnées».
Le président américain a également souligné que le G20 a décidé de s’attaquer à un «système de régulation défaillant» et a «rejeté le protectionnisme qui pourrait contribuer à aggraver cette crise». Concernant les pays les plus pauvres, il a ajouté que les Etats-Unis allaient doubler leur aide alimentaire à plus d’un milliard de dollars, notamment sous la forme d’aide au développement agricole.
19h25 : DSK et le «plus grand plan jamais vu». Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn considère que les annonces faites par le sommet du G20 représentaient «le plus grand plan de relance coordonné jamais décidé. C’est le plan de relance mondial que nous avions demandé et nous avons été suivi.» DSK souligne également que l’économie mondiale «avait aussi besoin de régulation (…) parce que cela restaure la confiance», observant à cet égard que le rôle de surveillance du FMI avait été renforcé. Le directeur général du FMI se dit satisfait du triplement des ressources du FMI : «la puissance de feu de 750 milliards de dollars est de la taille dont le monde a besoin».
19h15 : Medvedev évoque «un pas en avant». Le président russe considère que le résultat du G20 de Londres constituait «un pas dans la bonne direction», tout en estimant que ses discussions avec le président américain Barack Obama avaient été «bonnes» mais sans offrir «de progrès substantiels».
18h49 : Barroso parle d’un G20 «plus ambitieux qu’attendu». Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso salue le résultat «plus ambitieux qu’attendu» du sommet de Londres. Les conclusions sont le résultat d’un «rude travail» et d’une «action collective», qui permettront de remettre l’économie mondiale «sur ses pieds» dans les mois à venir. «Nous avons dit ce que nous ferons, maintenant nous allons faire ce que nous avons dit», promet-il. «Cet ensemble de conclusions est un signal réel de notre unité et de notre détermination».
18h28 : Washington satisfait des conclusions du G20. Les Etats-Unis saluent les engagements pris par les dirigeants du G20 à l’issue de leur sommet de Londres, selon les termes d’un responsable américain. «Nous sommes plutôt satisfaits. C’est un ensemble plutôt remarquable d’engagements», indique un responsable américain, qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat. Le président américain Barack Obama, présent à Londres, doit y donner une conférence de presse à 16h45 heure locale.
17h53 : Un «compromis historique» pour Merkel. La chancelière allemande estime que l’accord trouvé au G20 représentait un «compromis historique pour une crise exceptionnelle» lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet de Londres.
17h28 : «Un nouvel ordre mondial». Pour le premier ministre britannique, qui lui aussi tient sa conférence de presse finale, un «nouvel ordre mondial» émerge de la crise économique. «Nous entrons dans une nouvelle ère de coopération internationale», se félicite l’hôte du sommet des 20 pays développés et émergents.
17h21 : liste des paradis fiscaux bientôt publiée. Nicolas Sarkozy assure que l’OCDE va publier dans les heures qui viennent la liste des paradis fiscaux. Il annonce par ailleurs avoir obtenu du sommet du G-20 un «engagement des chefs d’Etat et de gouvernement d’un renforcement de la réglementation et de la supervisation des activités financières». «Les hedge funds seront désormais réglementés», précise le président français.
17h15 : un 3e sommet du G20 en septembre. «C’est sans précédent, l’axe franco-allemand a bien fonctionné, Gordon Brown a été un président du G20 parfaitement honnête, le président Obama a aidé à trouver le consensus», se félicite Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse finale. Il annonce un «3e sommet du G20 à New York en septembre, «pour une évaluation de tout ce qu’on a décidé». Il évoque dans la foulée la création d’une «véritable organisation mondiale de la finance» appelée «conseil de stabilité financière» et chargée de proposer des plans de crise. Le chef de l’Etat français se dit finalement «heureux du résultat», même s’il reconnaît qu’il y a eu «des tensions» jusqu’à la dernière minute.
17h03 : salaires et bonus réglementés, aide au FMI. Les pays du G20 se sont mis d’accord pour mettre en oeuvre de «nouvelles règles» sur les salaires et les bonus au niveau mondial, annonce le premier ministre britannique Gordon Brown à l’issue du sommet de Londres. Le G20 s’engage aussi à augmenter de mille milliards de dollars les ressources du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. De même, un accord a été trouvé porur que le FMI vende son or pour aider les pays pauvres.
17h00 : les paradis fiscaux listés, plan de relance massif. Gordon Brown annonce une série de décisions. Le G20 s’est mis d’accord pour mettre un terme au secret bancaire. Une liste de paradis fiscaux non-coopératifs sera par ailleurs dressée. Il annonce également que le G20 aura injecté 5.000 milliards de dollars d’ici à la fin 2010, soit 1.000 milliards supplémentaires que la somme totale prévue avant le G20. 200 milliards de dollars seront aussi débloqués pour aider le financement du commerce.
16h44 : l’appel de Fillon à Obama. Depuis le congrès de la FNSEA à Poitiers, François Fillon appelle Barack Obama à lutter contre les paradis fiscaux, en soutenant la publication d’une liste qui les répertorie, et affirme par avance qu’il serait «extraordinairement déçu» dans le cas contraire.
16h16 : l’impossible «photo de famille». Alors que les dirigeants des pays du G20 réunis en sommet à Londres s’efforcent de trouver une position commune, ils ne sont pas parvenus à se retrouver tous ensemble sur la même «photo de famille», qui a dû faire l’objet de deux prises. Coincée entre le petit-déjeuner et le début de la session plénière, la traditionnelle photo de groupe censée immortaliser ce sommet historique aurait dû être une formalité. Mais après la première prise, les organisateurs se rendent compte qu’il manque un invité : le premier ministre canadien Stephen Harper. Deux heures plus tard, nouvelle tentative : mais cette fois, ce sont les dirigeants italien Silvio Berlusconi et indonésien Susilo Bambang Yudhoyono qui manquent à l’appel. Aucune explication à ces absences n’était avancée en marge du sommet. Les organisateurs ont indiqué avoir renoncé à une troisième tentative.
16h02 : une nouvelle monnaie de réserve internationale. La Russie souhaite que la proposition d’une nouvelle monnaie de réserve internationale soit approfondie dans le futur, même si elle n’a pas été discutée au cours du sommet du G20, selon un conseiller du Kremlin. La Chine soutient également l’idée d’une nouvelle monnaie internationale, qui pourrait à terme remplacer le dollar en tant que monnaie de réserve.
14h31 : pour Royal, Obama est la clé du «succès». Ségolène Royal estime que le G20 va être un «succès», et devenir «crédible» grâce à la présence du président américain Barack Obama, qui «a fait la preuve dans son pays de sa capacité à bouger les règles du jeu». «C’est cette force du changement dans son propre pays, ce que n’a pas ici Nicolas Sarkozy, c’est parce que Barack Obama a démontré sa puissance politique dans sa capacité de changement que, du coup, la réunion du G20 devient crédible» et «on aura un certain nombre de décisions concrètes qui vont sortir du G20», estime-t-elle. Cependant, selon Ségolène Royal, «il faudra être très vigilant pour que les décisions du G20 soient mises en application».
13h43 : sanctions en vue contre les paradis fiscaux. Selon le secrétaire au Trésor britannique Stephen Timms, le G20 s’apprête à décider de sanctions contre les paradis fiscaux ne partageant pas leurs informations fiscales. «Le moment venu, nous produirons une liste des pays qui ne coopèrent pas, ce que nous discutons aujourd’hui est le timing de cette publication», assure-t-il. Toutefois, la question de la publication d’une liste fait encore débat à Londres. Des sources diplomatiques indiquent que «le dossier est très compliqué», et que «beaucoup de gens ont des difficultés avec la publication d’une liste».
13h30 : «Les promesses d’aide doivent être remplies». Le ministre britannique au Développement international, Douglas Alexander, appelle la communauté internationale à «réaffirmer son engagement» en faveur des pays les plus pauvres : «les promesses d’aide doivent être remplies. La crise économique n’est pas un prétexte ou une excuse pour réduire les niveaux promis d’aide dont ont désespérément besoin les pays en développement», explique-t-il devant la presse.
13h05 : un accord à portée de main ? Devant la presse, le secrétaire d’Etat au Trésor, Stephen Timms, se montre optimiste quant à l’issue du sommet : «je pense que nous allons avoir un accord (…) Chacun est conscient du poids de notre responsabilité à aboutir maintenant». De son côté, le premier ministre britannique Gordon Brown, a fait état d’un «très haut niveau de consensus entre nous tous». «Nous avons eu une discussion (…) et nous avons devant nous un projet de communiqué, a-t-il déclaré à l’assemblée avant l’ouverture des débats.
13h04 : pas de relance sans limite. La présidence tchèque de l’UE a de nouveau appelé à la prudence jeudi sur les mesures de relances budgétaires mondiales pour ne pas créer «de graves problèmes», alors que les Etats-Unis réclament un effort plus soutenu des Européens. «A l’intérieur de l’Europe, nous avons certaines limites concernant notre argent» et la manière dont on peut le dépenser, a déclaré le vice-Premier ministre tchèque chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra.
13h00 : 1.000 milliards de dollars pour l’économie mondiale ? Le G20 pourrait débloquer cette somme via le Fonds monétaire international, dont les ressources seraient accrues, et la Banque mondiale, qui augmenterait sa capacité de prêts de 100 milliards sur trois ans et pourrait également lever des fonds sur les marchés à hauteur de 250 milliards de dollars. «Dans le meilleur des cas, nous pourrions obtenir un paquet atteignant 1.000 milliards de dollars», indique une source diplomatique.
12h50 : les moyens financiers du FMI renforcés. Selon plusieurs sources, la dernière version en date du projet de communiqué préconise d’augmenter de 500 milliards de dollars les ressources du Fonds monétaire international, ce qui lui allouerait une enveloppe global de 750 milliards. Le FMI pourrait emprunter sur le marché en cas de besoin.
11h35 : début de la séance plénière. Gordon Brown donne officiellement le coup d’envoi du sommet.
11h03 : Pékin prêt à lutter contre les paradis fiscaux, si … «La Chine est un pays responsable et soutient absolument les efforts internationaux visant à résoudre le problème actuellement posé par les paradis fiscaux», déclare le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, lors d’un point presse, en marge du G20.
Ce dernier y met toutefois un bémol : «Notre point de vue ne serait pas le même si les régions chinoises sous administration spéciale de Hong Kong et de Macao était considérées comme des paradis fiscaux».
10h38 : les espoirs sont «réalistes». «Les espoirs (fondés sur le sommet) ne sont pas trop abmitieux. Ils sont réalistes», déclare le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück à la radio allemande Deutschlandfunk depuis Londres. «A mes yeux, le sujet le plus important est que nous tombions d’accord, avec les Britanniques et les Américains également, sur le principe suivant : aucun produit financier, aucun intervenant sur les marchés et aucune place financière ne peut demeurer sans régulation et sans supervision», ajoute-t-il.
10h02 : vers une supervision imposée aux hedge funds. D’après une version préparatoire du communiqué qui doit être publié au sommet et que Reuters a pu se procurer, les 20 chefs d’Etat comptent également imposer pour la première fois une supervision aux fonds spéculatifs (hedge funds) et renforcer la réglementation en créant une nouvelle agence tout en étoffant les capacités de contrôle du Fonds monétaire international (FMI).
Le communiqué identifierait aussi les juridications qui ne coopéreraient pas aux efforts internationaux, parmi lesquelles les paradis fiscaux, avec à la clé des sanctions contre elles.
9h53 : vers des bonus des banquiers limités. Selon des sources diplomatiques, le communiqué final du sommet va demander à ce que des limites soient fixées, dans tous les pays membres, aux bonus des banquiers. Les moyens utilisés n’ont toutefois pas été détaillés.
De même, le G20 va décider d’augmenter les ressources du Fonds monétaire international (FMI) mais le montant de cette augmentation n’est pas encore connu. Les estimations actuelles vont de 250 à 500 milliards de dollars.
9h24 : le secrétaire général de l’ONU craint le pire. «Je crains que le pire n’arrive — une crise politique à grande échelle découlant d’une instabilité sociale croissante, de l’affaiblissement des gouvernements et de populations mécontentes qui ont perdu toute foi en leurs dirigeants et leur propre avenir», écrit le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, dans le quotidien britannique The Guardian.
8h52 : petit déjeuner de travail. Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 arrivent au centre de conférence Excel de Londres. Le premier ministre britannique Gordon Brown accueille Barack Obama et d’autres dirigeants pour un petit-déjeuner de travail, avant l’ouverture formelle de la réunion, vers 9h30.
Les dirigeants du G20 se retrouvent jeudi à Londres pour discuter de la réforme du Fonds monétaire international (FMI) et de la régulation des marchés financiers, après la.
Si des accords ont été obtenus, un certain nombre de points restent à négocier, comme la liste noire des paradis fiscaux, la surveillance des hedge funds, ou les bonus des traders.
Même si Barack Obama a appelé mercredi à un «front uni» et veut faire passer le message qu’il n’y a pas de fossé entre les participants, deux camps se dessinent et vont tenter de faire pression sur les négociations jusqu’à la publication du communiqué final, prévu en fin d’après-midi. Pour Londres, Washington et Pékin, la priorité va à un plan de relance. Mais pour le couple France-Allemagne, l’objectif premier est d’obtenir une réforme ambitieuse de la régulation financière. Hier, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont entendus sur cinq grands axes sur lesquels ils epèrent obtenir des résultats concrets.
G20 : Au-delà des phrases creuses
Je sais : je vous connais et vous aimeriez bien, vous mes lecteurs, qu’en toute circonstance, ce soit Mr. Obama – parce qu’il a une tête sympathique – qui ait raison et Mr. Sarkozy qui ait tort. Alors, pour déblayer le terrain d’entrée de jeu, oui : à priori Mr. Obama n’est pas partisan d’une politique intérieure sécuritaire et c’est un très bon point pour lui. Un rapport d’Amnesty International évoque au contraire une dérive en France dans les tactiques policières où des brutalités seraient travesties en rébellion à agent et ceux qui voudraient se plaindre seraient poursuivis pour calomnie. C’est plus que préoccupant : cela exige une enquête décidée au plus haut niveau.
Voilà, c’est dit sans équivoque, passons maintenant au G20. La finance ne sauvera pas le monde des problèmes créés par elle. Les hedge funds, les fonds d’investissement spéculatifs, le plus souvent domiciliés dans un paradis fiscal, font partie du problème, pas de la solution. Dans le contexte d’un dollar affaibli par une politique de la planche à billet, la question d’une monnaie de référence est prioritaire. La qualité des notes attribuées par les agences de notation pose un problème de fond qui doit être rapidement analysé et résolu. La titrisation contient des vices cachés qui doivent être éradiqués avant qu’on ne la relance en grand. Ceux qui affirment cela, comme Mme Merkel et Mr. Sarkozy, ont raison. Ceux qui prétendent le contraire, comme Mr. Obama, ont tort. Si Mr. Brown est aux côtés de celui-ci pour ce qui touche à la finance comme faisant partie de la solution, il ne l’est pas sur la question de la monnaie de référence : lui aussi réclame un nouveau Bretton Woods.
On connaît la vieille plaisanterie du journal anglais qui aurait titré un jour : « Brouillard épais sur la Manche : le Continent est isolé ». Mrs. Obama, Geithner et Summers raisonnent au sein de cette même logique où le monde serait « isolé » s’il ne se conformait pas aux exigences des États–Unis – confondues en l’occasion avec celles de Wall Street – mais ils se trompent : l’Amérique a entraîné le monde dans un gouffre d’insolvabilité, ce qui vient s’ajouter à la politique étrangère calamiteuse qu’elle a menée au cours des huit dernières années, elle en est gravement affaiblie et doit d’urgence apprendre à écouter.
Nous étions prévenus : il y aurait un déjeuner, un dîner et des signatures apposées au bas d’un document final où l’on remplirait les pointillés de phrases creuses rédigées la semaine dernière. Mme Merkel et Mr. Sarkozy ont fait qu’il en serait autrement : ils savaient que les citoyens de leurs pays respectifs, et les Européens en général, auraient les yeux fixés sur eux le 2 avril et exigeraient des résultats concrets. Jusqu’ici, et pour ce que j’ai pu en voir et en entendre, leur parcours a été sans faute.
Par Paul Jorion
L’actualité de la crise : Par une belle journée de printemps
Est-il exagéré d’écrire que ce qui s’est produit de mieux lors ce G20, c’est qu’il vient de se terminer ? Bien qu’il soit déjà annoncé que le prochain sommet aura lieu en septembre prochain, sur les lieux mêmes du crime, après La City de Londres : New York et la place financière de Wall Street. Beaucoup d’argent va être mis sur la table, un montant de mille milliards de dollars et plus est évoqué, qui frappe les esprits. Remplaçant par des annonces astronomiques l’énoncé de mesures qui font défaut.
Gordon Brown a fait une envolée sur le « nouvel ordre mondial ». Nicolas Sarkozy s’est déclaré heureux de ce sommet qui a été « au-delà de ce que nous pouvions imaginer » (puisqu’il ne l’a pas quitté) et Angela Merkel a parlé d’un « compromis historique pour une crise exceptionnelle » (sans donner les modalités du deal). José Manuel Barroso, président de la Commission européenne a quant à lui salué le résultat « plus ambitieux qu’attendu » (sans préciser en quoi). Barack Obama parlera plus tard.
Le communiqué final prend cinq engagements, aussi prévisibles dans leur énoncé qu’incertains dans leur réalisation : restaurer la croissance et l’emploi, remettre sur pied les banques et l’activité de prêt, renforcer les institutions financières mondiales pour leur permettre de s’attaquer à la crise et d’empêcher que d’autres ne se produisent, promouvoir le commerce international et se garder du protectionnisme.
Il a été fait feu de tout bois pour parvenir à réunir cette somme, que le FMI et la Banque Mondiale vont gérer (comme de rembourser les emprunts qu’ils vont accorder). En ce qui concerne le FMI, qui va vendre de l’or, les Nouveaux Accords d’Emprunt (NAE) seraient activés. Il s’agit d’un cadre général auquel participent de Etats membres du FMI, en vigueur depuis 1998, qui complémente les Accords généraux d’emprunt (AGE). Les USA levant leur veto, une augmentation massive des allocations de DTS va également intervenir. Enfin, le FMI pourrait émettre des obligations directement sur les marchés. Ce serait également le cas de la Banque Mondiale.
Cet ensemble de décisions financières répond d’abord aux préoccupations des USA, et accessoirement des pays les plus démunis, qui peuvent en espérer des retombées. Mais ce dispositif un peu pompeusement qualifié de « nouvelle architecture de la finance mondiale » appelle plusieurs remarques :
1/ les USA ont obtenu un effort de relance très important, mais les mécanismes mis en place privilégient des organismes au sein desquels ils exercent certes une influence prépondérante, mais où les pays émergents vont monter un peu en puissance, d’ici un an maximum ont-ils obtenus. Le FMI, la Banque Mondiale, et le FSF (qui va, sous le nom de Conseil de Stabilité Financière, devenir le gendarme des marchés et des institutions financières) vont être appelés à jouer des rôles accrus, ce qui minore l’influence directe des USA, qu’elle entend évidemment conserver grâce à sa place financière de New York. L’OMC va poursuivre sa mission de garant de l’ouverture des frontières (pour le commerce international, les migrations n’étant pas de son ressort).
2/ La levée du veto à propos du vieux projet en suspens d’allocations supplémentaires de DTS, ainsi que les montants envisagés, est un pas notable, même s’il est limité, en direction des autorités chinoises, pour qui tout ce qui contribue à minorer le rôle international du dollar est le bienvenu. Il fallait bien aussi boucler le budget.
3/ Les nouvelles sollicitations du marché obligataire, venant s’ajouter à celles des Etats, y compris celles qu’elles vont devoir effectuer pour prêter au FMI, risquent de précipiter la hausse des rendements et d’augmenter pour tous les coûts de ces opérations.
La question de la relance financière était le plat principal, le reste n’étant que des à-côtés moins aboutis. La palinodie des paradis fiscaux se poursuit. En Europe, où les fers ont été croisés sur le pré, des discussions longues et discrètes à propos d’accords fiscaux bilatéraux entre Etats et paradis fiscaux vont permettre de régler la question entre gens du (même) monde. Le reste des paradis fiscaux, ceux de la Chine comme des USA, ainsi que les autres, semblent bénéficier de hautes protections. La suppression en Europe de quelques obstacles à la répression des délits fiscaux sera donc caduque dans les faits, à peine aura-t-elle fait l’objet de discussions préliminaires. Il suffira d’aller ailleurs. L’OCDE, finalement, publiera une liste de la honte, un mauvais moment à passer.
Autre opération de diversion destinée au grand public, des règles internationales de rémunération du monde de la finance ont été adoptées. Des mesures appelées à être très facilement contournées, par exemple via les paradis fiscaux, en application d’un savoir-faire à la base des métiers de la finance.
La crise du système financier international sort quant à elle largement escamotée de cette réunion, au profit de déclarations générales sur de futures mesures de régulation : enregistrement et contrôle à définir des fonds spéculatifs, surveillance des agences de notation. Tout ceci ne préjuge pas de des modalités et de la rigueur des dispositifs qui seront finalement retenus.
« A mes yeux, le sujet le plus important est que nous tombions d’accord, avec les Britanniques et les Américains aussi, sur le principe suivant : aucun produit financier, aucun intervenant sur les marchés et aucune place financière ne peut demeurer sans régulation et sans supervision », avait déclaré ce matin même Peer Steinbrück, ministre allemand des finances, sans en préciser l’étendue dans chaque cas. Il est préférable de le laisser maintenant juge, pour savoir si ces principes sont respectés. A défaut, cela restera un excellent programme de travail pour le prochain G20.
Un dernier mot à propos cette fois du système monétaire international, « Il y a eu des discussions isolées dans un format bilatéral sur ce sujet. Et je pense que c’est un sujet qui fera l’objet d’un futur approfondissement dans les mois prochains », a déclaré à la fin du G20 l’un des conseillers du président Russe Medvedev, ajoutant que celui-ci souhaitait que la question soit abordée dans le cadre du FMI.
Par François Leclerc
A mon avis tout cela n’est que de la poudre aux yeux. Ces personnages se moquent éperdument des populations, leur objectif est bien de diminuer 93 % la population mondiale.
Je n’attends rien de bon de tout ces dirigeants, nous sommes le boulet dont ils voudraient se séparer. Ils vont faire cela en douceur.
Regardez ceci, un article de : The Dot Connector…..(Page traduite par google)>
QUELQUES COMMENTAIRES SUR L’ACTUALITE POLITIQUE
Je vous salue en qualité de nouveau venu parmi vous. J’interviendrai désormais en tant que MrRenard. Ma réflexion du moment concerne l’actualité récente, et particulièrement
du récent SOMMET DU G20 de Strasbourg.
Il n’y a rien à attendre de l’action globale de ces chefs d’Etat. Ils sont mandatés par les vrais dirigeants de la planète pour servir encore et toujours leurs seuls intérêts. Il y a longtemps que l’économique, et à présent le financier, mènent la danse. Le monde politique n’a, soit plus les moyens de s’y opposer, soit, dans beaucoup de cas, la tentation de croquer dans le gâteau…
On peut néanmoins s’interroger sur le cas Obama. Cet homme semble présenter des qualités humaines et représente peut-être un atout de la lumière face aux forces de l’ombre. Il peut être la carte maîtresse du nouveau paradigme, mais peut-on en être certains? Risque-t-il de céder à la tentation, ou même n’a-til pas été déjà corrompu? Espérons qu’il n’en soit rien.
Notre combat est celui qui amènera un monde meilleur. Celui-ci a sacralisé l’argent en tant que but, alors qu’il ne doit rester qu’un moyen, un outil. Dans la pluralité des univers, puisque nous ne pouvons avoir la prétention de nous croire seuls, les civilisations aimantes ne sont pas focalisées uniquement sur le commerce et le négoce, mais plus concernées par les relations et les échanges. Malheureusement pour nous, les gouvernements de la Terre sont en contact depuis des décennies avec des intelligences aliens pour lesquels seuls comptent de froids rapports comptables et commerciaux. Celà a malheureusement déteint sur la manière de voir les choses dans le cas de beaucoup d’humains terrestres, et a accéléré la dérive du capitalisme financier que nous subissons à présent.
Pourvu que Barak Obama soit bien celui que tous espèrent. S’il est bien celui-là, alors, nous pouvons espérer l’avènement d’un monde plus juste, qui fasse passer les valeurs humaines enfin au premier rang. Il se pourrait alors aussi que l’on révèle enfin au public l’existence d’autres formes de vie. Non, ceux qui ont traité dans l’ombre avec nos gouvernants n’ont pas à garder le monopole, d’autres, qui veillent sur nous de plus loin et depuis toujours, sont prêts à prendre le relais pour nous faire retrouver nos racines, notre nature aimante et divine.
Si vous posez la question de savoir pourquoi ils n’intervenaient pas, pensez au libre-arbitre. Et dites-vous bien que si nous avions été en danger, rien n’aurait pu nous arriver. Obama sera peut-être bientôt celui qui mettra au jour ces secrets considérables. Espérons-le.