La société humaine Imprimer cette page Recommander cette page par email


Des enfants

Dilapidée depuis l’époque romaine, la philosophie des peuples anciens a subsisté dans nos sociétés jusqu’au tournant du 20e siècle, avant de finir par s’effacer devant le nouveau maître, la science. Ce ne fut pas là un résultat raisonné, mais une action concertée des puissants, qui visait à produire deux sciences.

Une d’entre elle, continuerait de prendre appui sur le savoir des anciens à travers sa traduction dans le langage scientifique moderne. Ainsi la géométrie des formes au coeur du savoir utilisées par les anciens, ne serait plus qu’une traduction dans un nouveau langage mathématique appelé algèbre, inventée il y a trois siècles, spécialement élaborée pour éluder le vulgaire (1) et assurer une position dominante aux exégètes choisis de la monarchie.

L’autre science, serait éternellement le raisonnement le plus court entre deux éléments, laissant sciemment à l’écart, toute question susceptible de troubler ce raisonnement. Ce raisonnement devenait par lui-même la preuve scientifique du
résultat, établissant de fait comme ridicule toute déviation du raisonnement et reléguant le scientifique populaire, au rang d’un commentateur technique de la science.

Un système établi depuis 200 ans, mais caractérisé depuis 1960, époque où dans les écoles appartenant au royaume de l’Ouest (2), on apprend aux élèves les réalités mathématiques, plutôt que de les fourvoyer dans les postulats d’Euclide devenus insuffisants et de réserver comme on le faisait jadis aux seuls étudiants des Facultés, l’enseignement du vrai savoir.

Ce ne serait pas la peine d’avoir de l’autorité, si l’on n’en faisait pas quelquefois usage et si l’on s’abaissait à discuter avec tout le monde.

L’église ne réfutait pas les sectaires, elle les brûlait ! Les académies n’ont brûlé personne ; elles n’ont condamné à mort, que des faits menaçants pour l’orthodoxie. Elles leur ont refusé la terre et l’eau, c’est-à-dire le droit, de libre et loyale discussion.

Dorénavant, le vulgaire serait éduqué dans le cadre strict du rouage qu’il aurait à occuper dans la glèbe (3) de l’empire des puissants, et posséderait, par l’intermédiaire de l’éducation populaire, une opinion à la prétention éduquée sur tous les sujets, tout en admirant aveuglément les nouveaux dieux du savoir qui n’étaient en réalité que des profiteurs d’un génie invisible, ayant appartenu à une autre époque.

Le vulgaire aussi sera de l’opinion que ces vieilles histoires ne sont que balivernes ridicules ! Comment des hommes épars sur la planète ayant 1000, 2000, 3000 de moins d’évolution que nous, vivant dans des huttes, n’est-ce pas là ce qu’on nous a enseigné, auraient pu en savoir plus que nous sur quelque sujet que ce soit ? Comment croire qu’un savoir quelconque ait pu passer inaperçu entre les mains des gens de génie qui conduisaient notre science moderne, si développée ?

Extrait du Timée de Platon (4) :

Alors, un des prêtres, qui était très vieux, lui dit :
– Ah ! Solon, Solon, vous autres les Grecs, vous êtes toujours des enfants, et il n’y a pas de vieillards en Grèce.
– Que veux-tu dire par là ? demanda Solon.
– Vous êtes tous jeunes d’esprit, répondit le prêtre, car vous n’avez dans l’esprit aucune opinion ancienne fondée sur une vieille tradition et aucune science blanchie par le temps.

Tel était le diktat du savoir moderne.

Le génie de notre science ne s’est manifesté que depuis les trois derniers siècles et celui de notre histoire, depuis les deux derniers millénaires. Auparavant, c’était le vide incommensurable. Il n’y a que deux méthodes de présenter le savoir en ce monde : celle de l’ancienne scolastique, qui affirmait certaines vérités, a priori, auxquelles les faits étaient tenus de se conformer, et celle de la science moderne
depuis Bacon, qui part de l’observation des faits et ne construit la théorie qu’après les avoir constatés.

La science de la petite cause : L’électricité ne provient pas d’une centrale électrique mystérieuse, elle n’est que l’action de mon doigt sur l’interrupteur permettant d’allumer !

Les préceptes de l’éducation moderne concernant le savoir des Anciens sont simples : Où sont les livres ? Où sont les preuves ?

Les voici les livres !

330 av. J.-C. Début de l’empire perse achéménide
330 av. J.-C. Incendie de la bibliothèque de Persépolis par les troupes d’Alexandre le Grand.
240 av. J.-C. Destruction de tous les livres de science et d’histoire par l’empereur chinois Tsin Che Hoang.
75 av. J.-C. >Destruction des livres sibyllins des prêtres d’Appollon dans l’incendie du Capitole.
48 av. J.-C. Premier incendie de la bibliothèque d’Alexandrie par Jules César.
30 av. J.-C. Début de l’empire romain
1 apr. J.-C. Destruction des 2000 volumes d’Oracle par Auguste.
Début de l’histoire des premiers chrétiens
54 apr. J.-C.

Saint Paul à Éphèse brûle en autodafé tous les livres qui traitent de choses curieuses

Début de l’empire catholique
296 apr. J.-C. Dioclétien brûle les bibliothèques chrétiennes avec leurs documents égyptiens et grecs
00 apr. J.-C. Les empereurs chrétiens d’occidents brûlent et détruisent les merveilles du monde antique, dont le temple de Diane à Éphèse et les archives païennes
89 apr. J.-C. Théodose brûle les Livres de la Sybille.
490 apr. J.-C. Deuxième incendie de la bibliothèque d’Alexandrie par les chrétiens.
405 apr. J.-C. Stilicon détruit les copies des Livres sibyllins.
410 apr. J.-C. Ataric pille les bibliothèques de Rome.
600 apr. J.-C. Les moines irlandais font brûler 10,000 manuscrits runiques en écorce
de bouleau contenant les traditions annales de la civilisation celtique.
641 apr. J.-C. Troisième incendie de la bibliothèque d’Alexandrie par le Calife Omar.
728 apr. J.-C. Léon l’Isaurien brûle 300,000 manuscrits à Byzance lors de la guerre des images
89 apr. J.-C. Charlemagne interdit le culte des arbres, des pierres, des fontaines, et prescrit la destruction de tout objet pouvant se rapporter au culte païen.
1221 apr. J.-C. Gengis Khan brûle les livres de l’antique Djouldjoul, la Thèbes de l’orient.
1200 apr. J.-C. Destruction des livres des cathares par les catholiques.
13ième et 14ième S. L’inquisition brûle les manuscrits hérétiques et leurs propriétaires.
1500 apr. J.-C. Destruction de la quasi-totalité des livres sacrés des Mexicains par l’évêque Diego de Landa et les conquistadores chrétiens
1500 apr. J.-C. Les livres de Garcilaso de La Vega sont brûlés par l’Inquisition.
1566 apr. J.-C.

Le vice-roi du Pérou Francisco Tolédo, détruit une quantité immense d’étoffes incas et de tablettes peintes ou figurait l’histoire ancienne de l’Amérique

700 apr. J.-C. Destruction d’un colombier de papyrus recouvert de caractère magique par le Père Sicard dans le port d’Ouardan.
1709 apr. J.-C. L’Inquisition brûle les documents scientifiques de Gusmâo à Lisbonne.
1900 apr. J.-C. Mise sous séquestre des tables astronomiques brahmaniques de Tirvalour par les autorités parisiennes.
1926 apr. J.-C. Ruine de l’un des plus riches gisements archéologiques du globe : Glozel.
1937 apr. J.-C. Séquestre de la bibliothèque préhistorique de Lussac-les-Châteaux

Simple ! Quand tu n’as rien à cacher, tu ne caches rien ! Les preuves ?

Au cours des derniers siècles, tout ce qui représentait de près ou de loin les civilisations anciennes et leur savoir, fut démonisé, brûlé, noyé, enterré. Même les gigantesques pyramides d’Égypte, furent sujettes à des tentatives de démantèlement. Mais ils avaient beaucoup plus à cacher et pour en comprendre les raisons, il n’est simplement pas suffisant de croire, que l’histoire et les livres furent détruits, parce qu’ils ne correspondaient pas au dogme religieux en vigueur.

En dépit de toute l’intelligence de la philosophie exprimée par les Anciens, ces derniers expliquaient ne pas être les auteurs de ce savoir. Qu’il provenait de sociétés beaucoup plus développées qu’ils ne l’étaient eux-mêmes, ayant existé à des époques immémoriales ! Un savoir qu’ils professaient parfois littéralement à leurs élèves, sans même en comprendre la teneur ou la portée, aux fins de civilisation future et plus développée qu’eux, disaient-ils (5).

Imaginons par exemple que se produise l’effondrement de notre société moderne et que s’ensuive une décadence. Sans exemple à apporter, enseigner le fonctionnement d’un moteur à essence, ou les lois de l’électricité à nos petits enfants, relèverait d’une pure profession de foi, alors que nous enseignerions qu’un puissant pouvoir invisible, appelé électricité, est en mesure de circuler d’un endroit à l’autre par l’intermédiaire du métal. N’auraient-ils pas ainsi tout le loisir d’en démontrer l’impossibilité et d’en réfuter l’idée et toute la latitude pour le transformer en une force occulte ridicule patentée ?

Tenant compte que de telles décadences du savoir, furent nombreuses, l’ancienne Scholastique découlant du dogme, n’était pas seulement la seule méthode possible, mais de loin la meilleure. Devant une décadence qui se poursuivrait peut-être des siècles durant, le respect de la profession de foi exigée des générations qui suivaient, devenait garante du développement d’une nouvelle société moderne, qui n’aurait pas oublié ses racines et qui serait en mesure de poursuivre l’accumulation du savoir sans réinventer la roue.

Si l’on considère que dans notre cas, cette profession de foi s’est poursuivie dans une décadence, s’étant étirée sur au moins 30 siècles, la véritable question serait plutôt de connaître les tenants et les aboutissants de sa destruction au cours du dernier siècle. Ce savoir était intelligent et représentait l’écueil d’une stratégie, quelle qu’elle soit, sinon jamais une telle destruction n’aurait été engagée.

Avant de s’y attaquer, attardons-nous à comprendre là ou nous en sommes.



Bilan de la situation mondiale

Phénomène inconnu il y a à peine un quart de siècle, notre planète est aujourd’hui tourmentée par des catastrophes climatiques et calamités humaines de tout ordre. Alors que les tempêtes, les inondations, les sécheresses, les tremblements de terre meurtriers, les guerres, les révolutions, les épidémies et les tueries étaient des évènements si occasionnels qu’ils faisaient la manchette dans les médias du Monde, ils sont aujourd’hui légion et ne surprennent plus personne.

Il y a 25 ans, suivant l’apparition de turbulences climatiques, un premier grand coupable fut identifié dans les modifications des courants marins océaniques, qui traversaient la planète. Des masses d’eau gigantesques qui, sans raison apparente, avaient tout à coup modifié leurs comportements millénaires, changeaient radicalement les températures des courants aériens et des terres qu’ils côtoyaient en cours de route, occasionnant ces perturbations. Alors que la science semblait fermement convaincue qu’elle venait de mettre la main sur la cause de ces grands changements, elle disparaissait des médias du monde dans une brume d’hypothèses nouvelles, qui tous possédaient la caractéristique singulière, d’être occasionnée par des agissements fautifs de l’homme sur la planète.

À partir de ce jour, il n’exista plus qu’une vérité vraie, celle promulguée par la pyramide des mêmes individus, qui avaient toujours possédé les usines et qui déversaient sans vergogne depuis plus d’un siècle, leurs déchets dans la nappe phréatique. La vérité des mêmes individus qui avaient introduit les plastiques dans notre monde de tous les jours, laissant au peuple l’ingrat et les coûts sociaux nécessaires pour débarrasser la planète de ces vidanges, dont personne ne voulait. La vérité des mêmes individus, qui seuls possédaient les ressources nécessaires à effectuer le lobbysme, pour défendre leurs idées auprès des gouvernements et à réaliser des campagnes de propagande dans les médias. La seule voix, celle du nouveau dieu moderne et implacable, l’argent.

Successivement, le grand coupable passa en quelques années, des échappements d’automobile qui obstruaient lentement l’atmosphère de la planète, aux gaz démoniaques des réfrigérateurs, qui rongeaient la couche d’ozone entourant l’atmosphère. Est venue ensuite la chaleur, qui ne se dissipait plus à cause des déforestations sauvages, effectuées par ces nouveaux capitalistes vicieux et inconscients des pays pauvres. Et finalement, refuge des pauvres d’esprits victimes de la locomotive infernale aux mains des communicateurs, ce fut la somme des gaz
à effets de serre occasionnée par l’homme, qui devenait la cause intellectuelle ultime de cette saga dont les seuls remèdes rares et exorbitants qui existaient, appartenaient au giron des industrieux de la pyramide.

Dorénavant, il incombait à cette génération du peuple, d’être les seuls à ramasser les pots cassés. Cette même génération qui conserverait à jamais dans l’histoire, l’image dégoûtante et ingrate de ne pas avoir été assez vert, et de ne pas avoir su protéger la planète pour tous ceux qui viendraient après.

La pyramide des industrieux, n’avait besoin d’aucune passion pour atteindre leurs objectifs. Ce n’était qu’une tâche, qui nécessiterait autant de communicateurs et de lobbyistes qu’il en faudrait, non pour défendre des idées, mais justifier des salaires. Une course débridée aux mains des communicateurs, le réchauffement climatique par les gaz à effet de serre était lancé et il n’y avait plus rien à faire pour l’arrêter. Ce n’était même plus important que les peuples y croient ou non, car tels des Romains, les chefs d’État qui n’écoutaient déjà plus, y avaient découvert une façon d’accrocher leurs noms dans le firmament immémorial de l’histoire, sous la rubrique des visionnaires ayant contribué, envers et contre tous, au bienfait des générations plus intelligentes et plus éclairées à venir.

De ce jour, plus personne n’entendit parler des grands courants océaniques, ou des volcans, ou de la capacité du soleil à ne plus réchauffer, comme il le faisait auparavant. Le train infernal des gaz à effets de serre était une idée si bien ancrée, que même les tremblements de terre en croissance fulgurante, ou les grands épisodes de froid, ou les trop épaisses couches de neige, n’étaient plus que des conséquences du réchauffement par les gaz à effet de serre, en fonction d’une science qui existait bel et bien jurait-on, mais d’une mathématique trop complexe et inaccessible à l’esprit simple du vulgaire.

Mais la discussion n’était déjà plus possible, submergée qu’elle était par une nouvelle vague d’évènements.

2001 – Oh vengeance quand tu nous tiens ! (6)

La dynamique de la société venait de se briser. Comme une symphonie qui avait toujours paru mélodieuse, mais soudainement devenue discordante. En un instant, l’édifice de cristal de la société moderne était devenu prosaïque, sans forme et zébré de fêlures.

Les catastrophes meurtrières pourtant si rare auparavant, sont aujourd’hui courantes. Il ne se produit plus une semaine, sans que des gens ne perdent la vie dans un tremblement de terre, glissement de terrain, tornade, ouragan, inondation, sécheresse, famine et épidémie, à la grandeur de la planète. Il y en a tellement, que nous sommes en train de nous désensibiliser.

Révolutions et guerres, alimentées par la recherche d’un insaisissable « Où est Charlie ». Une soif compulsive d’exporter à tout prix notre grande réussite appelée démocratie. Une économie instable et tourmentée, qui s’enfonce toujours plus profondément. Depuis peu, en plus des suicides qui atteignent des sommets, se sont ajoutés des crimes immondes et inexplicables, commis par des individus atteints d’une démence sournoise affectant la racine même de la vie et qui emportent avec eux dans la mort des étrangers, des conjoints ou des enfants. (7)

Au son de ces notes tonitruantes, il est possible de sentir que rien ne sera plus jamais pareil. Des ténèbres si sombres, qu’ils ne peuvent s’expliquer par un simple bilan psychologique des individus ou de la société humaine.

Une oeuvre trop finement orchestrée, pour n’être que le simple produit d’un hasard des temps.
À un moment ou à un autre, nous devrons considérer qu’il nous manque peut-être des pièces à ce gigantesque puzzle.


1) Lire « Mécanica » de Euler (l’original & traduction/transcription d’une partie en anglais)
2) L’empire de l’Ouest comprend la plupart des pays de l’hémisphère nord.
3) Glèbe : Anciennement le sol auquel les serfs étaient attachés, qu’ils avaient l’obligation de cultiver. Un esclavage évolué, dans lequel le maître des lieux, n’avait plus à supporter ses esclaves pour le meilleur et pour le pire, mais uniquement lorsque la terre rapportait.
4) Référence Platon – 400 av. J.-C. Le Timée de Platon (pdf )
5) 2001 fait ici référence à la destruction des tours du World Trade Center, qui fut l’élément déclencheur, pour lequel les États-Unis sous le président Bush, envahirent l’Irak.
6) Moment depuis lequel la situation américaine, et ensuite mondiale, n’a pas cessé de se dégrader.
7) Pour le premier quart de 2009, les statistiques des suicides et des tueries, démontrent dans la plus grande partie de la région de l’Ouest, un accroissement de plus du double de ce qu’ils étaient, pour la même période en 2008.



L’ancienne société

Depuis que l’homme est en mesure de raisonner, il comprit rapidement que tous ne possédaient pas les mêmes désirs, ni les mêmes aptitudes et qu’une association dans une communauté, permettrait de spécialiser les tâches, apportant beaucoup plus à chacun, que ce que chacun n’était en mesure d’obtenir individuellement par ses propres efforts.

Pour avoir droit à vivre dans une telle association et d’échanger le fruit de sa spécialité, de ses connaissances et de ses aptitudes pour celles d’un autre membre, l’individu devait accepter de le faire en se pliant à une convention de règles, à laquelle tous ses membres agréaient. Ce faisant, il acceptait d’aliéner son sort et son intelligence, au profit de celui d’un super organisme, jugé plus précieux, que chacun des membres qui le composaient. Bien plus qu’une pratique sociale, une telle organisation de communauté était le reflet de la nature même, dans laquelle l’ensemble des membres d’une famille, ou des cellules d’une plante, ou des neurones d’un cerveau, contribuait à son bon fonctionnement et à son succès.

Si une telle communauté arrive à fonctionner par le bon vouloir de chacun, tant qu’elle est minuscule, il en est tout autrement lorsque la quantité de ses membres augmentent et rapidement, le besoin de diriger l’arbitraire se fait sentir. De façon à assurer un esprit de continuité alliant savoir et expérience, cette tâche était dévolue aux membres âgés de la communauté, seuls réputés possesseurs de la sagesse nécessaire, à le faire dans le respect de chacun des individus composant la communauté. Similaires à une organisation familiale étendue, de telles
communautés, dans lesquelles des hommes confiaient leur ministère à un patriarche, étaient appelées patriarcat.

Similaire au rôle d’un chef de famille, la tâche du patriarche était de deux ordres. D’une part, ses décisions devaient diriger la bonne marche de la communauté en fonction de règles ancestrales solidement établies. Il devait s’assurer de conserver des liens communautaires solides. D’une conduite magnanime, ses décisions devaient viser l’inclusion, et la punition des membres déviants était souvent le dernier ressort envisagé. D’autre part, le patriarche devait assurer la direction de sa communauté, face à un environnement qui n’était pas toujours aussi facilement prédictible par le savoir ancestral. Agressions, intempéries, famines, liens avec d’autres communautés, pouvaient être complexes et d’une manoeuvre délicate pour le patriarche d’une communauté isolée. Un rôle qui pouvait être grandement facilité par l’adhésion à une communauté élargie, dont les décisions étaient sujettes à une hiérarchie patriarcale.

La communauté de biens et de services, est un concept d’organisation de vie innée dans la nature. Elle était considérée par les anciens, comme un tribut divin.

Pour que l’individu trouve un intérêt à la participation dans une telle communauté et ainsi assurer son engagement aux restrictions qu’elle impose, il doit bénéficier d’avantages qu’il ne retrouvera pas autrement. La nourriture facilement accessible dans la nature par exemple, ne représentera pas un bon motivateur. La participation dans un système de valeur communautaire dans lequel un individu sera en mesure d’échanger du poisson qu’il a pêché, contre la farine de l’autre, représente au contraire un motivateur enrichi. L’exclusivité et l’accessibilité, de ces motivateurs, deviendront un facteur déterminant à cette participation communautaire, puisque le comportement à être facilité devra engager envers la communauté. Pour fonctionner adéquatement, le groupe devra disposer de motivateurs communautaires suffisamment exclusifs et alléchants, pour susciter l’intérêt et engager à la poursuite de la conformité.

Si pris individuellement l’homme est imprévisible, la conformité communautaire rend les choses très différentes. Son imagination se jugule et son comportement ne tarde pas à se conformer aux attentes du groupe qui elles, sont tout à fait prévisibles. De fait, la conduite d’un troupeau d’hommes, n’est ni plus ni moins facile que ne l’est un troupeau de chiens ou de chevaux. Dès que l’animal est éduqué à comprendre, qu’il y a quelque part, un pourvoyeur possédant une moulée exclusive et désirable au goût, distribuée en récompense à un rituel spécifique, l’intérêt suit, et le pourvoyeur devient le maître. Dans un patriarcat, la communauté est le pourvoyeur et le maître.

Le seul guide du patriarche, repose sur un ensemble de règles ancestrales et une sincère motivation de ne pas dégrader le tissu de la communauté. Tant que la communauté est suffisamment réduite et que l’approvisionnement en motivateurs demeure stable, les liens communautaires assurent que le patriarche joue son rôle selon les règles. Dès que l’un ou l’autre de ces éléments ne rencontre plus la convention, il se crée dans la communauté même, un mouvement antipathique au patriarche ou à la communauté principale. Si la situation persiste, le mouvement antipathique tendra à engendrer son propre chef, qui formera sa propre communauté et s’éloignera, s’il est antipathique à l’ensemble de la communauté, où tentera une prise de pouvoir de la communauté existante, s’il n’est antipathique qu’au patriarche.

Tribut de l’organisation divine, la sympathie et l’antipathie, était appelé amour divin par les Anciens. Elles sont inhérentes à l’ensemble des communautés naturelles et expliquent l’organisation fondamentale de la vie en communauté, présente dans tout ce qui vit, ou bouge de façon coordonnée.

Ce concept d’amour divin, fonctionne tant que l’effort de la communauté est axé dans la même direction et qu’il n’est pas possible d’engranger des ressources, autrement que par le fruit de son propre labeur. À l’exemple de la sève, richesse des cellules végétales de la plante, elle ne s’accumule pas à un endroit ou à un autre. Dès qu’elle est sucée par les racines, les cellules prennent ce qu’il leur faut pour vivre, et propulsent le reste vers le haut de la plante au profit des autres cellules. De la même façon, dès que le sang est métamorphosé à partir des aliments, il est poussé par le coeur dans l’ensemble de la communauté cellulaire qui compose notre corps, duquel chaque membre ou cellule, est en mesure de soutirer ce qu’il lui faut pour vivre. Que la sève en vienne à manquer, toutes les cellules de la plante en souffriront. En cas d’aggravation où si la situation perdure et menace l’organisation, elles dessineront d’elles-mêmes un privilège pour les plus aptes à survivre.

Conséquence de cette mécanique divine, le partage est commun et la ressource ne peut-être accumulée au profit d’un individu ou l’autre.

Pendant plusieurs millénaires, les sociétés fonctionnèrent de cette façon. Mais quelque part autour de la civilisation babylonienne, les choses changèrent et le motivateur cessa d’être un produit vivant servant de nourriture, pour devenir une matière à transition. Une reconnaissance de droit à une quantité de nourriture, devint alors un argument qui possédait autant de valeur que la nourriture elle-même. L’argent était né.



La création d’un motivateur universel

La création d’un motivateur humain universelle et impérissable, était la première étape d’un scénario menant à l’accumulation des richesses. Une matière première rare et exclusive était le véhicule qui conduirait à la réalisation sociale d’un tel motivateur. Le chien ne devait pas avoir accès à volonté à ses friandises. Pour conduire efficacement la glèbe, un motivateur se devait d’appartenir en exclusivité au maître et devait être en quantité suffisante pour répondre au besoin, quelles que soient les dimensions de la communauté. Perles et diamants rarissimes étaient des richesses bien trop éparses pour constituer un réel motivateur.

Les métaux en général étaient considérés comme un butin de guerre précieux, ses rafles assuraient l’approvisionnement des empires en croissances à peu de frais. Mou et facilement érodable, l’or n’avait que peu de valeur, sinon celle d’embellir et de réaliser des livres et des jouets pour enfants. Plus souvent qu’autrement, il était ramassé par dépit et s’accumulait dans les anciens dépôts, sans qu’il ne possède d’usage réel. À une époque antérieure à celle de Platon, l’or avait si peu de valeur que dans les transactions, il était souvent échangé au pair de son poids contre le cuivre et même jusqu’à quatre fois son propre poids contre le fer. Métal assez rare, les filons qui n’affleuraient pas la surface pour se transformer en poussière, étaient souvent enfermés dans le quartzite et difficiles à extraire. L’or ait été inoxydable et d’un éclat inaltérable, en plus du fait que les empires disposaient déjà de réserve gigantesque, pour lesquels il n’y avait pas d’usage précis, en firent un motivateur humain de choix pour les empires qui se succédèrent.

Ces nouveaux grands patriarches, puisque cette méthode de conduire n’a jamais changé, assurèrent à leur société, une organisation qui leurs seyaient. Dès lors, la pyramide de l’organisation naturelle, celle de la communauté des hommes, qui s’orchestrait de façon naturelle selon des lois divines de la base au sommet, était devenue une communauté des maîtres et maintenue par son sommet.
Le nouvel ordre séculaire

Le nouvel ordre séculaire

Le « Novus ordo Seclorum » était né. Pour que cette voix se perpétue à jamais, la protection du motivateur humain à travers les siècles était un impératif. Lui seul permettait d’accumuler et de conserver les richesses. L’or n’était pas la richesse, elle était l’élément décisif qui permettait de s’approprier tout ce qui était souhaitable, dont la terre et le travail des hommes, en étaient les principaux tenants. C’est ce qui fit dire aux hommes de l’époque que le véritable Dieu, soit l’organisation divine, avait été remplacé par un dieu de pacotille.

Lettres sur le système de la coopération mutuelle et de la communauté de tous les biens. Par Joseph Rey, 1828

Pourquoi les peuples barbares marchent-ils toujours armés ? N’est-ce pas d’après l’intime conviction qu’il n’y a point d’autre moyen de maintenir l’injuste distribution qu’ils ont imposée à la classe vaincue ?… Et dans presque toutes les sociétés qu’on nomme civilisées, pourquoi ces nombreuses armées permanentes au sein même de la paix la plus profonde ? Pourquoi ces
nuées de sbires, de gendarmes, d’agents de police ? Pourquoi ces cachots et ces tortures judiciaires ? Pourquoi ces échafauds et ces exécutions
continuelles ?… Mais comment se fait-il encore que tant de moyens directs de terreur ne suffisent pas même à maintenir un équilibre apparent ? Pourquoi tant de fraudes, tant de ruses, tant d’inventions machiavéliques de la part des
gouvernants pour empêcher la classe dite inférieure de sentir sa véritable destination ? Pourquoi tous ces prétendus contre poids politiques, tous ces moyens factices fondés sur la plus affreuse corruption, dont le seul but, est d’armer une partie des producteurs contre les autres, en faisant heurter sans cesse leurs intérêts par l’esprit de privilège, en faisant naître chez eux toutes les passions dégradantes, afin de les empêcher d’opposer par leur union une digue efficace aux spoliateurs?… Ah ! s’il faut tant de tristes précautions pour maintenir le système de nos gouvernements, et sans pouvoir même établir une harmonie éphémère entre les hommes,- c’est que dans un tel état de violation permanente des vrais principes sociaux, il ne peut plus y avoir rien d’assuré sur la terre ; c’est qu’il ne peut y avoir rien que de précaire, rien que de faux et de contradictoire dans les prétendus chefs-d’œuvre de nos hommes d’état !

Cette conspiration des maîtres fut un sujet abordé par une longue lignée de philosophe conduisant jusqu’à Socrate et Platon, dont ils furent les derniers représentants ayant discouru librement sur le sujet. Aristote l’élève de Platon, dit « Aristote le Macédonien », n’appartenait déjà plus à cette lignée de philosophe libre, et il devint, soit par filiation aux siens ou par appât des richesses, le mentor du grand conquérant Alexandre le Grand.

Platon et les autres philosophes qui l’ont précédé, nous ont bien expliqué cette conspiration au nouveau dieu visant à la possession. Seul rempart, pour y arriver et s’y maintenir, elle devait impérativement faire disparaître le divin au préalable, cette grande explication de l’univers et de son fonctionnement appelée Dieu. Une théorie scientifique unificatrice sur laquelle l’univers visible reposait, issue d’un monde beaucoup plus ancien et parvenue à travers les Chaldéens.

Le savoir nouveau ne pourrait être construit, tant que la grande philosophie prêterait un canevas sur lequel, chacune des pièces pouvait être expliqués. Tant que cette grande philosophie existerait parmi les hommes, le nouveau savoir, orchestré autour des parties qui la composaient, ne pourrait être le coeur du nouveau savoir.

Pour y arriver, les anciens maîtres utilisèrent tous les outils à leurs dispositions. Ils exilèrent les philosophes, comme ils le firent pour Platon. Ils statuèrent par loi ce que le vulgaire avait droit de professer et effectuèrent un lent travail de sape, visant à corrompre et déconstruire le savoir populaire, en faisant lentement glisser un monde supposant une influence de l’extérieure, jusqu’à un monde en vase clos, conséquence de la petite cause immédiate. Induction – déduction.

Des connaissances imprécises, seront incapables de résister à la critique de l’intelligence et ne tarderont pas à disparaître.

Dans l’Allégorie de la Caverne, Platon explique bien cette grande orchestration des puissants visant à déconstruire le savoir pour en bâtir un nouveau, seyant leurs intérêts.

Allégorie de la Caverne, de Platon

- Maintenant, dit Platon, représente-toi de la façon que voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière ; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête ; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux ; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d’hommes et d’animaux, en pierre, en bois, et en toute espèce de matière ; naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent. Ils nous ressembles et d’abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d’eux-mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?

- Et comment ? observa-t-il, s’ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie ?

- Et pour les objets qui défilent, n’en est-il pas de même ?

- Sans contredit.

- Si donc ils pouvaient s’entretenir ensemble ne penses-tu pas qu’ils prendraient pour des objets réels les ombres qu’ils verraient?

Parvenue à travers les anciens Chaldéens, la philosophie divine était le produit d’un savoir millénaire, qui fut conceptualisée à une époque où les réalisations de l’homme témoignaient d’un savoir et d’une société, tout aussi élaborée que les nôtres. Suivant la destruction des bibliothèques à l’époque macédonienne et romaine, et plus particulièrement celle d’Alexandrie, réputé véritable bastion du savoir ancien avec plus de 700,000 manuscrits par les Romains en 50 av. J.-C., c’est l’ensemble du savoir de l’Ancien Monde qui disparaissait à la fois.

Seules les pièces du savoir jugées vraiment importantes, qui pouvaient être colportées en peu de mots d’une génération à l’autre, ont transpiré à travers des individus de valeur comme Platon.



Demeurer au sommet

Assurer la continuité d’une dynastie du pouvoir, n’est pas très complexe dans un monde despotique. Ce que l’atout exclusif ne résout pas, la solution finale à tous les maux sera simplement d’effacer les opposants de la carte.

Dans une vision aussi tordue que celle conférée par la richesse personnelle au détriment des autres, tôt ou tard l’animal comprend que la pièce d’or possède une valeur discutable, et qu’elle est au centre d’un piège au profit d’une seule classe de la société, ne laissant éventuellement que deux issues, manger ou s’avilir en exploitant les autres comme dans une course. La tension résultante devient nécessairement une matière aux renversements du pouvoir, dès que la situation s’y prête.

Établir son ascendant sur les autres nécessite un atout, mais le conserver en dépit des aléas du temps, en nécessite un second.

Si l’or permet de faire fonctionner le royaume aujourd’hui et demain, le savoir lui, l’assure pour l’éternité. Le savoir exclusif, en permet une maîtrise exclusive.

Pour que des Renaissances comme celle du 15e siècle, puissent se répéter encore et encore en assurant la pérennité des puissants, la maîtrise du savoir ne pouvait être laissée au vulgaire et devait être conservée sous bride.

Nous n’avons parlé que des destructions, mais pas de la copie de ces manuscrits qui fut interdite à plusieurs époques. Nous n’avons pas parlé non plus de la stratégie de centralisation de ces manuscrits dans les grandes bibliothèques, qui assuraient des concentrations du savoir facile à détruire ou à récupérer, lorsque venait le moment propice. Ce ne sont que les copies grand public des manuscrits qui ont disparu, pas

celles des puissants. Tant que les dogmes de l’ancienne Scholastique demeuraient dans le savoir populaire, ils empêchaient le pouvoir totalitaire des Renaissances et de la propriété du savoir intellectuel qui en résultait.

Le dogmatisme est de reconnaître l’importance du dogme, tout en acceptant de ne pas être en mesure de le comprendre.Le philosophisme est de reconnaître l’importance du dogme, tout en tentant de le comprendre.
Le scientisme décrète que, puisque le dogme est incompréhensible, c’est donc qu’il n’y a rien à comprendre.

La courbe démographique du monde de l’Ouest, ne ressemble en rien à ce qu’elle devrait être s’il y avait eu une croissance même très faible, depuis le tournant de notre ère. Un tel résultat implique nécessairement qu’il y ait eu des grands nettoyages de la société. Les inquisitions, ayant eu lieu du 13e au 17e siècle, ne servaient pas à faire rentrer les hérétiques dans les rangs, mais simplement à les éliminer. Si à rebours, il fut enseigné que la torture des inquisitions ne visait qu’à assurer le repos de l’âme de l’hérétique, elle n’avait en fait qu’un seul objectif, faire avouer les noms des complices et de tous ceux ayant collaboré à la conservation de ce savoir.

Ces nettoyages se précisèrent encore par la suite, lors de la conquête du Nouveau Monde et même jusqu’au vingtième siècle, alors que les adultes, porteurs de la mémoire sociétale par le savoir traditionnel étaient dans la mire, pendant que les enfants récupérables étaient rééduqués. (8)

D’une cruauté honteuse, visant à assurer une domination, affermissant la découverte du Nouveau Monde au détriment d’une conquête pure et simple, cette stratégie fut reprise avec l’histoire des 8 millions de Juifs, industriellement trucidés dans les chambres à gaz de l’Allemagne nazi. Bien qu’il ne faille pas douter qu’il y ait eu à cette époque de grandes souffrances humaines et de très nombreux morts, le martelage indémontable et indiscutable du chiffre de 8 millions de morts, statué dès le lendemain de la guerre par le tribunal de Nuremberg, laisse dans l’ombre que certaines ethnies juives, plus orthodoxes que les autres, furent beaucoup plus victime que d’autres.

Mais ces méthodes n’étaient pas les plus insidieuses en comparaison de la destruction des idées et des mots.



Transmission du savoir traditionnel

« Le métal doit ensuite être chauffé, jusqu’à ce que sa couleur soit celle du soleil levant »
Fabrication du sabre japonais

Alors qu’un savoir écrit peut décrire littéralement des étapes de compréhension ou de réalisation, il en est tout autrement du savoir traditionnel. Transmis du maître-artisan à l’élève par un processus de compagnonnage, le savoir à acquérir
comprenait parfois des centaines de strophes (9), qui devaient être apprises par coeur, pour chaque élément du savoir.

À la fin de sa période de tutorat, l’élève artisan devait ainsi retenir des sommes considérables de ces strophes. Le Mahâbhârata par exemple est une épopée sanskrite de la mythologie hindoue, que l’étudiant devait être en mesure de réciter par coeur et même, de produire sur demande une portion précise du texte. S’apparentant à la Bible en dimension, elle comprenait plus de cent vingt mille strophes ou 250,000 vers, et est considérée comme le plus long poème jamais composé. Servant d’aide-mémoire à des quantités aussi importantes de texte, le savoir traditionnel, en plus d’être servi en strophe, que nous avons traduite par le mot poésie, était ponctué de références imagées et divines, qui devenaient des jalons de la mémoire et servaient au rappel, tout comme un index.

Basé sur la capacité de la mémoire humaine, cette façon de transporter les connaissances était particulièrement limitée et d’une grande vulnérabilité, puisqu’il n’y avait qu’à faire disparaître ses porteurs, pour détruire la connaissance. Elle avait toutefois l’avantage d’être transmise au coin du feu par un conteur, sans nécessiter d’artifices et c’est ce qui explique, que cette façon de transmettre le savoir a survécu jusqu’à nos jours dans les tribus nomades.

img2Aux alentours du deuxième millénaire avant notre ère, une nouvelle technique de transmission du savoir commença à être utilisée, les gravures du savoir.

Poussant à l’extrême l’utilisation des pictogrammes chinois et égyptiens, qui avaient cours depuis longtemps, elles utilisaient une représentation imagée du savoir qui visait à englober en une seule gravure, l’ensemble des éléments propre à une ou plusieurs strophes. Quasi-résumé, généralement lourd de signification, ce genre de gravure avait la particularité de reprendre l’aspect poétique des strophes en offrant un support-mémoire, en plus d’être plus facilement reproductible que les strophes.

Son seul avantage sur la méthode traditionnelle était d’être plus facile à transmettre, puisque la connaissance, de la signification des symboles utilisés, permettait de reconstruire l’ordre des connaissances. Tout comme les idéogrammes ou pictogrammes, sa vulnérabilité résidait dans la connaissance des symboles, qui devaient être appris pour décoder les gravures et constituait donc un langage d’initiés.

C’est de ce langage que furent crées les symboles à la signification occultée, utilisés dans notre vie moderne, tel la Statue de la Liberté ou encore les multiples statues de Neptune et de ses chevaux sortants de la mer et apparaissant à travers les villes du Monde.

C’est entre 1100 av. J.-C. et 500 av. J.-C., qu’apparut en Phénicie les premières écritures utilisant les phonogrammes syllabiques, ancêtre de notre écriture moderne. Cette nouvelle méthode possédait un net avantage sur les précédentes, puisqu’elle permettait de décoder l’entièreté du savoir à partir d’un simple jeu de lettres copiant les syllabes et les mots que tous pouvaient apprendre en peu de temps. Ainsi, le déroulement de la pensée humaine décrivant l’intégralité du savoir, pouvait être reproduit sur un médium quelconque et décodé facilement, par tous ceux qui possédaient la connaissance du jeu de lettres approprié et celle du syllabaire associé. Dès lors, effacer le savoir et ses porteurs n’était plus aussi facile. D’une part, l’abécédaire, qui représentait un véritable outil d’acquisition de connaissance, pouvait être facilement transmis, même à des enfants en bas âge qui n’acquerraient maturité et compétence à comprendre la signification, que beaucoup plus tard. D’autre part, une série de manuscrits, de livres où une liasse de papier portant des connaissances, se dissimulait facilement et le savoir pouvait être reconstruit, même lorsqu’un interprète disparaissait.

Ainsi, lire et comprendre était à la portée de tous et il n’était désormais plus nécessaire d’être un exégète d’une science ou l’autre, pour comprendre la signification de ce qui était écrit, ni plus que pour reproduire à l’usage de tous, des connaissances jugées utiles. Comprenant la puissance d’un tel avantage, l’homme d’alors ne se gêna pas pour le faire. Posséder un manuscrit, ne représentait que le temps nécessaire à le recopier et ce qui était important, se multipliait à la vitesse de l’éclair. Le savoir fondamental, comme les écrits des anciens philosophes, les techniques et la Bible, s’en retrouvèrent bientôt à la portée de tous et en dépit des grandes destructions de livres, les puissants n’arrivaient jamais à faire disparaître la totalité des manuscrits en circulation. Au fil du temps et des circonstances, ils finissaient toujours par réapparaître (10).

Faute d’être en mesure d’effacer le savoir, les puissants de ce monde utilisèrent une stratégie différente, celle de la corruption des idées et des mots.

C’est en accentuant les dérives du langage qu’ils créèrent des enclaves linguistiques autour des peuples susceptibles de recéler ce savoir ancien. Ces barrières linguistiques, rendaient pénibles les échanges entre les peuples et nécessitaient la présence d’interprètes, capable de parler ces langages et de les traduire. Or s’il n’était pas possible de contrôler le savoir, la sélection et l’encadrement d’interprètes linguistiques loyaux aux motivateurs humains des puissants, était relativement facile.

C’est la raison pour laquelle dans beaucoup de sociétés de l’ancienne histoire, il était simplement interdit au peuple par décret royal, de quitter le territoire attribué.

Ajoutée à la corruption des calendriers, forçant le passage du calendrier astrologique incorruptible (11) au calendrier chiffré lors de la période romaine, la stratégie des enclaves offrait en fait beaucoup d’opportunités.

Au contraire de nos calendriers modernes, les calendriers astrologiques découlaient d’une analyse précise de la sphère céleste et de la position des planètes. Puisque les planètes dans le céleste, sont à l’exemple des aiguilles d’une horloge et circulent selon une mathématique précise, de grandes périodes s’écouleront avant qu’une position céleste donnée ne se reproduise intégralement. À l’exemple de ceci, il faut 400 ans pour que les seules planètes Jupiter et Saturne reviennent à la même position du ciel, à un moment donné de l’année. Si nous ajoutons les autres planètes connues à cette époque, dont la connaissance fut occultée, il faut plus de 4000 ans pour reproduire un motif précis. Ceci est en soi la raison importante pour laquelle, les anciens furent obligés de délaisser l’astro calendrier. Il rendait la comptabilisation du temps incorruptible.

En utilisant des années différentes dans les enclaves, il devenait possible de pousser le développement du savoir technologique à un endroit, sans qu’il y ait de réelles influences sur les peuples voisins et sans que le savoir écrit qui en découlerait nécessairement, n’apparaisse hors de son époque historique après uniformisation des calendriers.

Dans une société grandissante, orchestrée autour d’une éventuelle économie de marché globalisée, le contrôle sur les interprètes du langage ne serait pas toujours possible et de telles enclaves allaient devoir être uniformisées. Devant la venue d’une société plus éduquée, de nouvelles méthodes durent être mises en place, pour s’assurer que n’importe quel vulgaire, ne puisse faire usage des anciennes connaissances. De plus, les peuples de ces enclaves, utilisées pour servir d’outils technologiques, représentaient avec leur base de savoir plus importante, un écueil aux puissants. Grâce aux conquêtes, ils forcèrent l’utilisation de nouveaux langages dans le peuple, obligeant la traduction des textes aux générations à venir. Ces nouveaux langages, plus ou moins développés ou orchestrés à dessein selon une sémantique différente, ne possédaient pas toujours les termes d’équivalences permettant une traduction adéquate.

Avant l’invention moderne de l’imprimerie, il y eut de grandes époques de l’histoire ou la copie de manuscrit était interdite au vulgaire par des lois. Souvent réalisée par des équipes de moines copistes appartenant à des congrégations, une telle tâche ne pouvait être réalisée que par décret royal et sous stricte supervision. Au fil du temps, ces façons de faire assuraient une dégradation dirigée des anciens textes, affectant non seulement les mots et les expressions, mais la thématique même. La lente torsion, rendant les textes de plus en plus nébuleux aux yeux du vulgaire, nécessitait l’interprétation d’exégètes, spécialement sélectionnés pour leurs faiblesses aux motivateurs des puissants.

Il y avait aussi la décadence du savoir. La décadence se produit lorsqu’il n’existe pas de références précises. La référence deviendra alors l’imagination de celui qui apprend.

Imaginons que je doive enseigner à mes petits-enfants, le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, après l’effondrement de notre société moderne. Seraient-ils capable de concevoir, dans leur monde de bougies et de lampes à l’huile, qu’une lumière pouvait fonctionner des années durant, sans même qu’on ne s’en préoccupe ? Où qu’elles pouvaient s’allumer à distance ? Où qu’elles s’allumaient par elles-mêmes à une heure précise, ou encore qu’elles s’allumaient magiquement lorsque la lumière du jour baissait ? Seraient-ils capables de comprendre qu’un moteur pouvait effectuer du travail à notre place ?

Je devrais sûrement expliquer d’abord ce qu’est une lumière. Qu’elle s’apparente à une chandelle, mais qu’elle fonctionne sans cire ou sans huile. Qu’elle est fabriquée d’un filament de métal dans un pot de verre transparent, dans lequel il n’y a pas d’air, et qui rougit tel que le ferait un charbon ardent, suffisamment pour éclairer. Je me permettrai sûrement d’ajouter qu’il y en avait partout, dans toutes les maisons, dans toutes les rues. Qu’à certains endroits, il y en avait tellement qu’on voyait toute la nuit durant, comme en plein jour. Que dans certains bâtiments elles demeuraient allumées à l’année longue !

Je devrais aussi expliquer qu’un moteur tournait sur lui-même comme une toupie, impossible à arrêter avec la main. Que son mouvement pouvait être transformé par des principes mécaniques et qu’il pouvait effectuer différentes tâches, comme laver le linge et le sécher. Qu’il permettait de faire monter des plates-formes, sur lesquelles les gens s’entassaient pour atteindre le sommet de hautes maisons. Qu’un tel moteur pouvait même faire avancer des véhicules.

Et pourtant malgré toutes ces explications, nous n’aurions qu’effleuré le sujet, car il me faudrait aussi expliquer qu’une lumière utilisait une énergie similaire à l’huile ou à la cire. Et qu’un moteur tournait parce qu’il y avait à l’intérieur l’équivalent de petits chevaux qui travaillaient, tant qu’on leur donnait à manger de cette énergie. Une nourriture qui n’était pas du foin, mais qui était invisible et transmise à distance par l’intermédiaire de fils métalliques, qui courraient dans les airs pour rejoindre toutes les maisons et qui couvraient la région, comme une toile d’araignée.

J’aurais aussi à expliquer que cette électricité provenait de centrales électriques, qui tiraient parti des chutes d’eau tout comme le font les moulins à grains. Que la force de l’eau était transformée, pour être ré-acheminée de façon invisible sur ces fils métalliques, mais que l’eau demeurait quand même dans la chute, seule l’énergie était transmise. Que cette énergie était si puissante, qu’elle pouvait mettre le feu ou même me tuer, si je touchais ces fils métalliques avec mes mains nues.

Et je serais encore bien loin de la façon de transformer l’énergie mécanique de la chute d’eau en énergie électrique, par l’intermédiaire d’une turbine et d’une dynamo. Bien loin aussi des techniques de la transmission de l’électricité, ou encore des niveaux d’énergies permettant d’atteindre de grandes distances, des métaux les plus efficaces, de l’induction, de la protection par fusible et des techniques d’emmagasinages de l’électricité.

Et si je devais faire tout ceci, sans livres, sans-papiers, sans crayon, sans tableau autre qu’une branche sur un sol de terre battue, cette tâche serait-elle réalisable ? Qu’en resterait-il dans le cerveau vierge d’un jeune adulte, d’aussi bonne volonté soit-il ?

Même si je parvenais à faire le tour de ce savoir, je n’aurais pourtant adressé qu’une petite partie de notre monde moderne. Songeons seulement aux ondes hertziennes, à la radio, la télévision, le transistor, le microprocesseur, l’ordinateur, les chaînes de montage, les automobiles, le moteur à essence, les armes à feu, les voyages spatiaux, seraient tous encore bien loin.

Et même si une telle tâche n’était pas insurmontable et qu’un enfant s’avérait suffisamment intelligent, curieux et patient pour apprendre une partie de ce savoir, qu’en restera-t-il comme perception dans son esprit ? Qu’en restera-t-il lorsque lui-même devra le montrer à ses propres enfants ?

Après deux, trois ou quatre générations, le savoir se dégradera, s’effilochera et perdra sa consistance. À chaque nouvelle étape, le maître jugera inutile l’enseignement de telle ou telle portion du savoir, qu’il rejettera d’un revers de la main sans même l’aborder, considérant la tâche insurmontable.

Nous sommes aujourd’hui capables d’appréhender ces connaissances parce que nous possédons des références. Des acquis préalables, qui nous sont fournis par la société qui nous entoure et qui soulève notre curiosité bien avant d’avoir atteint l’âge adulte. Aucun enfant ne se surprend plus du fonctionnement d’un moteur, d’un téléviseur, d’un ordinateur ou d’un interrupteur d’éclairage. Il en possède un sommaire mental en référence, sur lequel sera assis son futur savoir.

Par ailleurs, bien peu d’entre nous, sont aujourd’hui capable aujourd’hui de discuter en connaisseur, de l’ensemble de ces sujets ou des techniques constituants la base de notre société moderne.

La société fonctionne, parce que la masse de population est suffisamment importante, pour posséder une relève à la formation, à l’apprentissage et au développement de chacune des branches du savoir de notre société moderne, autorisant la spécialisation. Qu’un seul de ces paramètres en viennent à faire défaut, même légèrement et des trous dans le savoir apparaîtront, et déjà, la société aura à pallier au plus urgent. Que la situation s’aggrave le moindrement, et les enfants seront requis pour répondre aux premières nécessités de la famille ou de la communauté comme le travail aux champs, et n’auront simplement plus le temps pour apprendre.

Dans de telles crises, c’est autour des livres que les sociétés se regroupent. Les centres de l’enseignement, écoles et universités. en deviennent le coeur plus que tout autre, car les communautés décadentes ont une soif imparable de ces jeunes gens, qui continuent d’apprendre le savoir des anciennes générations et qui seront éventuellement, en mesure de relever la barre de la communauté et de ramener un peu du bien-être de ce monde, déjà trop ancien.

Ainsi, nous en venons à l’essentiel.

Vous êtes tous jeunes d’esprit, répondit le prêtre égyptien, car vous n’avez dans l’esprit aucune opinion ancienne fondée sur une vieille tradition et aucune science blanchie par le temps. Et en voici la raison. Il y a eu souvent et il y aura encore des destructions d’hommes causé de diverses manières, les plus grandes par le feu et par l’eau, et d’autres moindres par mille autres choses. Par exemple ce qu’on raconte aussi chez vous de Phatéon, fils du Soleil, qui, ayant un jour attelé le char de son père et ne pouvant le maintenir dans la voie paternelle, embrasa tout ce qui était sur terre et périt lui-même frappé de la foudre, a, il est vrai l’apparence d’une fable ; mais la vérité qui s’y recèle, c’est que les corps qui circulent dans le ciel autour de la terre dévient de leur course et qu’une grande conflagration qui se produit à de grands intervalles détruit tout ce qui est sur la surface de la terre. Alors tous ceux qui habitent dans les montagnes et dans les endroits élevés et arides périssent plus tôt que ceux qui habitent au bord des fleuves et de la mer. Nous autres, nous avons le Nil, notre sauveur ordinaire, qui, en pareil cas aussi, nous préserve de cette calamité par ces débordements. Quand, au contraire, les dieux submergent la terre sous les eaux pour la purifier, les habitants des montagnes, bouviers et pâtres, échappent à la mort, mais ceux qui résident dans vos villes sont emportés par les fleuves dans la mer, tandis que chez nous, ni dans ce cas, ni dans d’autres, l’eau ne dévale jamais des hauteurs dans les campagnes ; c’est le contraire, elles montent naturellement toujours d’en bas.

Le Timée de Platon

Notre société moderne peut aisément s’apparenter à une pyramide de verres à champagnes. Quelques verres peuvent se briser à la fois, mais dès que la quantité dépasse un seuil de tolérance, les communautés se placent en mode d’urgence pour parer au plus pressant. Ces crises n’arrivent jamais seules et sont généralement répétées sur de courtes périodes. Au fil du temps, le langage change, la façon de percevoir le savoir ancien change, la conception des connaissances change, les appareillages permettant de les démontrer se brisent ou sont détruits par incurie ou par frivolité. Les livres restants s’usent, sont détruits ou disparaissent. Devant la difficulté ou l’impossibilité de les réimprimer, les plus importants, ceux touchant la réalité et les besoins de ce Nouveau Monde, seront retranscrits à la main d’une couverture à l’autre.

D’autres, inhérents à la grande société d’avant, de plus en plus lointaine et inatteignable, comporteront un savoir jugé sans utilité, parce qu’utilisant des termes et concepts incompréhensibles ou trop distants des nouvelles préoccupations, seront résumés, condensés ou simplement rangés sous la bannière poussiéreuse « Ancien Monde ». Un mot qui s’apparentera alors à inutile.

D’autres livres encore, seront considérés comme porteur d’un savoir nuisible ou dangereux, susceptibles d’occasionner beaucoup de maux dans les mains des gens incultes du petit peuple et seront transférés dans un savoir sectaire, réservé aux yeux d’une élite éduquée.

Deux savoirs. Celui connu et à l’usage du peuple, nécessaire à la vie de tous les jours et qui trop utile, sera réinventé de toute façon. Et l’autre, le savoir aux élites, l’atout exclusif à tout instant, mais plus encore au moment ou la société franchira certaines étapes dans sa remise d’aplomb.

Qu’une telle situation se présente aujourd’hui et c’est probablement sous cette étiquette que seraient rangés les livres concernant la fabrication d’armement, comme les missiles, les torpilles, les sous-marins, la bombe atomique, les fusées, l’électronique de pointe, les radars, les moteurs à réaction, les poisons. Les expertises de pointe feraient aussi sans aucun doute partie de ce savoir, il n’y a qu’à penser à la sociologie, la psychologie, la médecine, la biologie, l’informatique, le génie industriel, le génie civil, le génie financier, la pharmacologie. Dans cette même catégorie, il y a fort à parier que des historiens, se mettrait tôt ou tard à la tâche de relater l’effondrement de la société et donnerait un compte rendu de ce que furent les causes, les étapes, les conséquences et la décadence qui en a découlé.

Tout ceci constituerait très certainement, des centaines de milliers de documents, qui seraient éventuellement traduits dans des douzaines de langages.

N’est-ce pas là les manuels qui furent détruits au cours de la prime histoire, cette période qui a précédé, l’époque même de la grande noirceur, appelée époque médiévale.

Et la roue continue de se réinventer…


08) Voir le Silence de l’Histoire sur l’holocauste canadien
09) Strophe : Ensemble de vers constituant une unité et qui présente une correspondance métrique avec d’autres ensembles de vers.
10) Les anciens manuscrits retrouvés aujourd’hui, comme ceux de la mer Morte, deviennent
automatiquement la propriété exclusive des grandes institutions religieuses tel le Vatican.
11) Les calendriers astrologiques étaient appelés parapegmeta.



Philosophie ancienne

La richesse de la philosophie ancienne ne peut-être saisie, tant qu’il n’est pas assumé qu’il y a une vérité dissimulée sous 10 couches de corruptions.

Les Chaldéens possédaient 425,000 ans d’histoire, les Babyloniens 60,000 ans. Nous possédons tout au plus 3500 ans d’histoire et à peine 400 ans avec un peu de clarté. Votre généalogie remonte à 400, 500, 600 ans au plus. Le reste fut éradiqué.

Les nouveaux préceptes de l’éducation moderne : La philosophie n’est qu’histoire pour enfants – Dieu n’est rien – L’Éther était la gravitation de Newton – La religion, tout comme la prière, l’astrologie et les prophéties ne sont que refuges pour les imbéciles.

Nous devons constamment faire face à des choix pour nous et pour nos enfants. Si je dois acquérir un nouveau véhicule par exemple, je le ferai parce que je crois que cette marque de produit me rendra les services escomptés. Je n’en ai aucune certitude et malgré toutes mes précautions, je peux acquérir un citron, qui ne sera qu’un investissement sans fond. Au meilleur de ma connaissance, je ne peux que présumer qu’une telle acquisition sera bonne. Ce faisant, je devrai faire oeuvre de foi et croire qu’il sera bon pour moi.

Lorsque je décide de ne pas me venger du mal qui m’a été fait, c’est aussi parce que je crois qu’un tel geste ne peut rien m’apporter de bon à long terme. Lorsque je choisis un dentiste, de la nourriture, mes amitiés ou une école pour mes enfants, c’est aussi parce que je crois qu’ils peuvent être avantageux pour leur futur. De la même façon, ajouter du fluor dans l’eau de consommation, construire un hôpital ou une autoroute, changer une méthode d’enseignement, relève d’un acte de foi pour lequel nous ne pouvons que présumer que ce choix sera bon.

Toute notre vie est axée sur le besoin d’effectuer des choix, pour lesquels nous ne possédons pas la vérité et devrons agir en fonction de présomption. Si j’effectue ces choix, c’est que je crois qu’ils sont les meilleurs du moment. Ainsi, croire est loin d’être un phénomène marginal et se retrouve constamment au centre de nos vies. Posséder un ensemble de croyances et de valeurs communes comme peuple, communauté ou pays, n’est pas un accessoire, il en est le fondement même.

Mais tout s’arrête lorsque le mot religion est prononcé.

Pourtant, la religion et la philosophie ne sont que ça, un ensemble de croyances et de valeurs communes à un peuple. La différence entre la signification réelle de ces mots et celle attribuée aujourd’hui, est occasionnée par la corruption du savoir au fil du temps et n’était en rien, celle qui était prêtée à l’époque des Anciens.

Revenons pour un instant à l’effondrement de la société moderne. Ayant à faire face à une inévitable décadence du savoir, n’aurions-nous pas nous-mêmes, devant l’ingénuité des nouvelles générations, le souhait de réfugier un ensemble de valeurs autoritaires importantes, que nous aurions estimé trop complexes et incompréhensibles à leur entendement dans un fourre-tout dogmatique, suffisamment ficelé pour qu’il ne puisse être changé par les générations à venir ?

300 ans ? 500 ans ? 1000 ans ? Combien de temps s’écoulerait-il avant que ces nouvelles générations ne croient que les obus, dont nous nous servions dans les grandes guerres, n’étaient que des flèches et que les détonations n’étaient que le bruit du tonnerre ? Combien de temps s’écoulerait-il avant que les générations suivantes ne croient que l’histoire de l’explosion du réacteur atomique de Tchernobyl, n’est que baliverne et que le sarcophage de béton l’enveloppant, renferme en fait un trésor incommensurable des Anciens ?

Que des valeurs, du savoir et des croyances aient été érigés en dogme est une chose, mais que ce dogme ait été corrompu et qu’il mène à l’incompréhension, au point d’être mis à l’écart par les générations suivantes, est autre chose.

Une intelligence et un langage différent, des mots dont les significations ne se possèdent plus, des idées et des concepts corrompus au vu de notre éducation moderne fomentée d’une extrémité à l’autre, mais un savoir remarquable, reflétant une science élaborée qui n’a que le défaut, de posséder aujourd’hui l’épithète de divin.

Loin des faits divers, au cours de l’histoire des millions d’individus sont morts et ont souffert pour avoir défendu bec et ongles la philosophie ancienne. Quelle était donc la teneur de cette ancienne philosophie, pour que les puissants l’arrachent ainsi au peuple à grands coups de mort, de génocides, de tueries et de fraudes ?

Notre Dieu à nous, est un bonhomme à barbe assis dans un trône et se réjouissant de l’amour que nous nous portons entre nous. Croire ou pas est aujourd’hui un choix individuel.

Le Dieu des anciens Chaldéens, était une force ultime, invisible provenant du centre de l’univers, cause fondamentale de tout ce qui existe et de tout ce qui vit.

D’une part, cette force permet de maintenir la cohésion de la matière présente dans l’univers. Non pas l’amalgame de la matière, mais la cohésion de l’atome de matière lui-même quel qu’il soit, existe par cette force. D’autre part, elle autorise toutes manifestations d’énergie et elle est, par conséquent essentielle à l’action ou la vie. L’allumette qui s’enflamme, le coeur qui bat, le soleil qui brille, les planètes qui tournent, le cerveau qui réfléchit, sont tous des effets conséquents de cette manifestation d’énergie.

Cette puissance, n’est pas acheminée partout, mais à des endroits pré-ordonnés, en fonction de lois mathématiques imperturbables. Sa présence provoque l’amalgame de la matière selon un processus tourbillonnant et similaire quelque soit l’ordre de grandeur. Galaxie, système solaire, planètes, biologie, tout ce qui se déplace de façon coordonnée, vit. Tout ce qui vit, se construit et se déploie selon cette même architecture, qui était dite divine.

C’est de cette architecture, que sont disposées les planètes de notre système solaire, la double hélice du code génétique, le physique des animaux et des humains, les circonvolutions du cerveau. C’est de ce vortex que naissent la gravité, l’illusion du temps et toutes les autres lois fondant notre physique moderne. C’est en fonction de ce principe qu’était comparée l’architecture de l’homme, avec celle de la planète et celle du système solaire. C’est aussi de ce principe que la terre était considérée comme un organisme vivant, appelé par les anciens Grecs, Gaïa.

Appelé amour divin par les Anciens et tribut indissociable de l’organisation divine, la sympathie et l’antipathie sont inhérent à l’organisation fondamentale de la vie, tout ce qui bouge de façon coordonnée. Ce concept explique l’amalgame ou la répulsion de la matière autour d’un nucléide. S’il n’y avait que la gravitation de Newton, il n’y aurait qu’un soleil dans le système solaire et aucune planète. Dans la science moderne, le principe répulsif tenant les corps à l’écart, est expliqué par la fameuse démonstration du récipient plein d’eau que l’on fait tourner au bout d’une corde et qui par la force centrifuge ne se vide pas, la raison pour laquelle les planètes ne s’effondrent pas sur le soleil, ou la lune sur la Terre. Qu’une loi gravitationnelle comme celle de Newton explique, que tout objet tombe vers la terre avec une accélération de 9,8 mètres par seconde et que cette attraction se manifeste dans une relation de l’inverse de la distance au carré, laisse dans l’ombre une grande partie du raisonnement.

Loin d’expliquer quoi que ce soit, la démonstration du récipient d’eau élude entièrement une seconde question essentielle, le récipient de la force centrifuge ne tourne pas seul. C’est la main, qui communique à la corde et ensuite au récipient, l’énergie nécessaire pour tourner. Magique, puisque dans la science populaire ce phénomène est prouvé par un raisonnement, la poursuite éternelle d’un mouvement originel, selon la loi de la conservation de l’énergie.

Un raisonnement n’est pas une preuve !

Comment en somme nous venu à croire, que l’ensemble des planètes du système solaire, tournent sur elles-mêmes et autour du soleil, sans recevoir de quelque part l’énergie nécessaire à le faire ?

C’est cette autre énergie mise à l’écart, qui explique le mouvement des planètes dans le système solaire. Tout comme un tourbillon d’eau empêche que l’eau d’un récipient, ne s’évide selon la loi de la gravitation, les planètes circulent dans une formation tourbillonnante autour soleil, empêchant qu’elles ne s’effondrent sur lui. Ce vortex est occasionné par une quantité d’énergie reçue de direction transverse par le reste de la galaxie, qui oblige les planètes à tourner autour du soleil.

La combinaison de ces deux forces, l’une qui attire les masses et l’autre qui les repousse, était l’expression même de la philosophie sympathie – antipathie des anciens, qui suppose un contraste marqué entre les mouvements de deux corps impliquant une antipathie et la mise en vortex, ou une similitude trop grande ou sympathie, provoquant l’amalgame ou effondrement des corps. Sous cet angle, la
constante gravitationnelle formulée aujourd’hui, n’est qu’une partie du concept d’amour divin, promulgué par la philosophie ancienne.

Extrait du Timée de Platon

Disons donc pour quelle cause celui qui a formé le devenir et l’univers l’a formé. Il était bon, et, chez celui qui est bon, il ne naît jamais d’envie pour quoi que ce soit. Exempt d’envie, il a voulu que toutes choses fussent, autant que possible, semblables à lui-même. Que ce soit là le principe le plus effectif du devenir et de l’ordre du Monde, c’est l’opinion d’hommes sages, qu’on peut admettre en toute sûreté.

Le dieu, en effet, voulant que tout fût bon et que rien ne fût mauvais, autant que cela soit possible, prit toute la masse des choses visibles, qui n’était pas en repos, mais se mouvait sans règle et sans ordre, et la fit passer du désordre à l’ordre, estimant que l’ordre était préférable à tous égards.

Or il n’était pas et il n’est pas possible au meilleur de faire une chose qui ne soit pas la plus belle. Ayant donc réfléchi, il s’aperçut que des choses visibles par nature, il ne pourrait jamais sortir un tout privé d’intelligence qui fût plus beau qu’un tout intelligent, et, en outre, que dans aucun être il ne pouvait y avoir d’intelligence sans âme.

En conséquence, il mit l’intelligence dans l’âme, et l’âme dans le corps, et il construisit l’univers de manière à en faire une oeuvre qui fût naturellement la plus belle possible et la meilleure. Ainsi, à raisonner suivant la vraisemblance, il faut dire que ce monde, qui est un animal, véritablement doué d’une âme et d’une intelligence, a été formé par la providence du dieu.

Ceci posé, il nous faut dire ensuite à la ressemblance de quel être vivant il a été formé par son auteur. Ne croyons pas que ce fut à la ressemblance d’aucun de ces objets qui par leur nature ne sont que des parties ; car rien de ce qui ressemble à un être incomplet ne peut jamais être beau. Mais ce qui comprend comme des parties tous les autres animaux, pris individuellement ou par genres, posons en principe que c’est à cela que le monde ressemble par-dessus tout.

Ce modèle, en effet, embrasse et contient en lui-même tous les animaux intelligibles, comme ce monde contient et nous-mêmes et tout ce qu’il a produit d’animaux visibles. Car Dieu, voulant lui donner la plus complète ressemblance avec le plus beau des êtres intelligibles et le plus parfait à tous égards, a formé un seul animal visible, qui renferme en lui tous les animaux qui lui sont naturellement apparentés.

Mais avons-nous eu raison d’ajouter qu’il n y a qu’un ciel, ou était-il plus juste de dire qu’il y en a beaucoup et même un nombre infini ? Il n’y en a qu’un, s’il doit être construit suivant le modèle. Car ce qui contient tout ce qu’il y a d’animaux intelligibles ne pourrait jamais coexister avec un autre et occuper la seconde place, autrement il faudrait admettre, outre ces deux-là, un troisième animal, où ils seraient enfermés comme des parties ; et ce ne serait plus sur ces deux-là, mais sur celui qui les contiendrait qu’on pourrait dire à juste titre que notre monde a été modelé.

Afin donc que notre monde fût semblable en unité à l’animal parfait, l’auteur n’en a fait ni deux, ni un nombre infini ; il n’est né que ce ciel unique et il n’en naîtra plus d’autre.

Or ce qui a commencé d’être, doit nécessairement être corporel et ainsi visible et tangible ; mais, sans feu, rien ne saurait être visible, ni tangible sans quelque chose de solide, ni solide sans terre. Aussi est-ce du feu et de la terre que le dieu prit d’abord, quand il se mit à composer le corps de l’univers.

Mais, si l’on n’a que deux choses, il est impossible de les combiner convenablement sans une troisième ; car il faut qu’il y ait entre les deux un lien qui les unisse. Or, de tous les liens, le meilleur est celui qui, de lui-même et des choses qu’il unit, forme une unité aussi parfaite que possible, et cette unité, c’est la proportion qui est de nature à le réaliser complètement. Lorsqu’en effet, de trois nombres quelconques, cubiques ou carrés, le moyen est au dernier ce que le premier est au moyen et qu’inversement le moyen est au premier ce que le dernier est au moyen, le moyen devenant tour à tour le premier et le dernier, et le dernier et le premier devenant l’un et l’autre les moyens, il s’ensuivra nécessairement que tous les termes seront les mêmes et qu’étant les mêmes les uns que les autres, ils formeront à eux tous un tout.

Timée nous explique que tout ce qui bouge de façon coordonnée, l’homme, les plantes, la course des planètes dans le ciel, agissent ainsi, parce que douée d’une âme, résultat d’un rayonnement indispensable aux manifestations d’énergie. Éduqués à cet effet, nous sommes incapables de percevoir dans le mot âme, autre chose qu’une valeur métaphysique et quasi magique, puisqu’invisible. Il faut toutefois convenir que tout ce qui existe dans notre monde, est de deux ordres : Ce qui est animé de lui même quel qu’en soit la cause, et ce qui ne l’est pas. La plante pousse, elle est donc animée par un mécanisme. L’humain et l’animal bougent, la planète tourne, le soleil éclaire et est donc le tribut d’une force qui dirige cette animation. Nous avons été éduqués à croire que ces causes, étaient toutes diverses et n’avaient aucun lien entre elles. Le savoir des Anciens, était tout autre et ils en comprenaient que les causes, de tous ces mouvements possédaient la même cause, exprimée différemment.

L’âme est ce qui dirige les planètes dans leurs orbites et leur communique le mouvement orbital dont découle la gravité de Newton. L’âme et les forces conséquentes, sont ce qui explique la présence des queues des comètes qui n’ont rien à voir avec des masses de glace sale se désagrégeant à la lumière du soleil, mais sont de simples météorites qui pénètrent le système solaire, sans être alignés dans l’axe de l’écliptique du système solaire. La queue visible, est le produit des forces mentionnées, tendant à repousser la matière dans l’axe permis de l’écliptique, l’endroit pré-ordonné selon les lois de Dieu. De la même façon, la deuxième queue visible sur certains météorites, est le produit de la même force, tendant à la ramener dans l’un des chemins orbitaux privilégiés. La loi de Dieu se nomme ici la loi de Titius-Bode. La loi de Titius-Bode est la relation mathématique définissant l’emplacement des planètes de notre système solaire en relation avec celle du soleil. Elle fut redécouverte et formulée en loi mathématique par Johann Elert Bode en 1772.

Bien que l’être et l’action sont issus de la même force, il y a une différence entre la provenance des deux. La puissance d’origine permettant la cohésion de la matière doit nécessiter une transformation avant d’être en mesure de permettre à l’énergie de se manifester et d’occasionner entre autres, le mouvement. La force d’origine celle qui permettait la création de la matière fut appelée celle du Semblable par les Anciens, parce qu’elle était toujours la même et ne changeait pas. La force de la manifestation de l’énergie et du mouvement quant à elle, fut appelée l’Autre, parce qu’elle n’était pas toujours la même et variait en fonction de paramètres autres. Bien qu’aussi invisible que la force primordiale, elle était perceptible aux humains par ses conséquences.

La force de l’Autre fut appelée Éther par les anciens Grecs. Considéré aujourd’hui comme un dieu primordial de leur mythologie, l’Éther était personnifié par les parties supérieures du ciel. Un terme demeuré dans le langage moderne, pour identifier la brillance du ciel lorsqu’on parle d’un ciel d’Éther, et nommer un ciel pur. En plus de la terre, l’air, le feu et l’eau, l’éther était considéré comme le cinquième élément, doté d’un mouvement circulaire, un principe de chaleur, donc de vie, selon un principe aristotélicien.

« Une matière incarnant le vide » identifiant l’éther, subsista bien au-delà de l’Antiquité et était encore au coeur des théories du XVIIIe siècle, définissant le cadre de l’optique et l’électromagnétisme, il glissa par la suite vers la métaphysique, l’alchimie et la magie.

Mais l’Éther n’est pas constant et c’est la raison, pour laquelle cette force était appelée l’Autre. Contrairement à la force du Semblable, les variations altérant cette force, furent comparées à celles affectant le son dans l’air, telle la musique, et furent appelés de ce fait la Voix de Dieu, une nomination qui persiste encore aujourd’hui dans les contrats légaux sous le nom de Cause de Dieu, identifiant l’impossibilité de remplir les termes d’un contrat pour des causes hors de contrôle, comme le climat par exemple.

Les variations de la voix de Dieu étaient visibles partout, dans toutes ses créations. Des variations, que nous modernes considérons par notre science, des conséquences simples et parfois même une conséquence du hasard.



Dieu – Dei – Deis – Des – Dis – Dix

Dans l’ancienne Chaldée, Dieu se prononçait Dis, car ces variations de la voix de Dieu étaient la conséquence des dix. Ce n’était pas Dieu, mais ses représentants, ceux qui en occasionnaient la voix. Elle était appelée ainsi, car elle était le produit de la harpe divine aux dix cordes.

Livre III confession de Saint Augustin

Voilà les sources des péchés des hommes, qui naissent tous de ces trois concupiscences marquées par l’Écriture, de l’élévation de l’orgueil, de la curiosité des spectacles, et des plaisirs bas et sensuels ; soit qu’un homme soit possédé seulement de l’une de ces passions, ou de deux, ou de toutes les trois ensemble. C’est ainsi, mon Dieu, qui vous approchez autant de nous par votre souveraine bonté, que vous êtes élevé au-dessus de nous par votre souveraine puissance, que tous les désordres de la vie humaine violent votre Décalogue divin qui est cette harpe mystérieuse à dix cordes, les dix commandements que vous avez gravés sur les tables de la loi, dont les trois premiers regardent les fautes que l’on peut commettre contre vous, et les sept autres celles que l’on commet contre le prochain.

MahaGanapatiLa harpe divine aux dix cordes, est aussi la déesse MahaGanapati de la philosophie indienne. Elle représente la vertu sous l’emblème d’une femme, à laquelle ils donnent dix bras pour combattre dix monstres, causes des dix péchés auxquels les hommes sont le plus sujets. Ces dix monstres, sont causés chez l’homme par dix constellations (12) réputées néfastes et troublant la nature profonde de l’homme.

Pythagore de Samos au VIe siècle av. J.-C., associa l’harmonie de la gamme musicale à celle des astres par sa conformité, à la rigueur intransigeante des nombres. Chaque trajectoire des astres, était conçue comme une corde vibrante, dont la note devait être en harmonie avec celle des autres astres. Les sept astres (Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne) et la sphère des étoiles, étaient censés jouer ainsi une gamme complète et en parfaite harmonie appelée la musique des sphères (13), au coeur de la création des dix péchés soumettant les hommes.

Ce sont ces dix constellations qui relâchent en nous des travers instinctifs ou dits animals, symbolisés par les caractéristiques des animaux représentés dans ces constellations. Ce sont ces 10 constellations, qui ont donné lieu à la remise du Décalogue, un ensemble de paroles prononcées par Dieu, dont furent tirées les tables des dix commandements, des outils ou lois morales, visant spécifiquement à se prémunir contre ces travers.

Deutéronome 10.4

L’Éternel écrivit sur les tables ce qui avait été écrit sur les premières, les dix paroles qu’il vous avait dites sur la montagne, du milieu du feu, le jour de l’assemblée ; et l’Éternel me les donna.

Non moins valable aujourd’hui qu’elles ne l’étaient alors, puisque ne point tuer ou ne point voler se retrouve dans nos sociétés modernes au centre des valeurs promulguées par tout individu raisonnable, mais elles prennent au contraire un nouveau départ, au vu de l’explosion sans précédent, des crises humaines, familiales, sociales et planétaires que nous vivons depuis quelques années et que rien ne peut expliquer.

C’est la corruption de ce savoir au fil des temps, qui fit que la Bible fut insérée dans une enveloppe théologique, nécessitant représentants et interprètes d’un pouvoir nouveau, alors qu’elle est en réalité un sommaire de l’astrologie chaldéenne et des évènements exemplaires de l’époque ancienne.



12) Voir Gœrres pour les explications astronomiques des dix constellations. « La mystique  divine, naturelle et diabolique » (quelques livres traduits sur les 33 volumes existants)
13) Pour description sur la musique des sphères, lire Robert FLudd


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