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	<title>Commentaires sur : Phase V de la crise systémique: dislocation géopolitique mondiale</title>
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	<description>COMPRENONS, INFORMONS, CONCEVONS ET RÉALISONS ENSEMBLE CE MONDE EN MUTATION !</description>
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		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2673</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2009 12:04:35 +0000</pubDate>
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		<description>@ Vous Tous.....  :grin:


&lt;strong&gt; La puissance du Zéro&lt;/strong&gt;
Zéro revenu / Zéro dépense = Zéro contribution au monde marchand!
Compte en banque à Zéro = Zéro économique et statistique
Zéro travail = Zéro profit = Zéro spéculation = Zéro exploitation
Lorsque nous sommes à Zéro:
-Nous sommes numériquement invisibles
-Nous disparaissons des statistiques
-Nous ne sommes plus identifiables ni localisables
(Zéro retrait, Zéro émission de chèque, Zéro usage de carte bleue, Zéro consultation de solde, Zéro demande de crédit...)
-Nous pouvons êtres n&#039;importe qui, n&#039;importe comment, n&#039;importe quand, n&#039;importe où...
-Nous pouvons annuler ou invalider le cours d&#039;un évènement ( Nx0 = 0! )
-Nous pouvons créer de nouveaux univers
-C&#039;est la nature de notre relation avec les autres et avec notre environnement qui nous détermine.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>@ Vous Tous&#8230;..  <img src='http://www.letransmuteur.net/wp-includes/images/smilies/icon_biggrin.gif' alt=':grin:' class='wp-smiley' /> </p>
<p><strong> La puissance du Zéro</strong><br />
Zéro revenu / Zéro dépense = Zéro contribution au monde marchand!<br />
Compte en banque à Zéro = Zéro économique et statistique<br />
Zéro travail = Zéro profit = Zéro spéculation = Zéro exploitation<br />
Lorsque nous sommes à Zéro:<br />
-Nous sommes numériquement invisibles<br />
-Nous disparaissons des statistiques<br />
-Nous ne sommes plus identifiables ni localisables<br />
(Zéro retrait, Zéro émission de chèque, Zéro usage de carte bleue, Zéro consultation de solde, Zéro demande de crédit&#8230;)<br />
-Nous pouvons êtres n&#8217;importe qui, n&#8217;importe comment, n&#8217;importe quand, n&#8217;importe où&#8230;<br />
-Nous pouvons annuler ou invalider le cours d&#8217;un évènement ( Nx0 = 0! )<br />
-Nous pouvons créer de nouveaux univers<br />
-C&#8217;est la nature de notre relation avec les autres et avec notre environnement qui nous détermine.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : la truie qui file</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2672</link>
		<dc:creator>la truie qui file</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2009 10:44:59 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2672</guid>
		<description>@Alcidejet
Pas plus ou moins intéressant. Différent, c&#039;est pour cela que j&#039;ai posté ce lien ici précisément !
Parce que l&#039;analyse jour après jour d&#039;une situation confuse ne permet plus de l&#039;appréhender du tout !
M Leclerc est excellent dans son domaine !
Nous naviguons en aveugles en éclairant notre univers avec la vision prêtée par l&#039;opinion d&#039;autrui, alors il faut parfois voir de plus loin sinon on ne voit plus rien d&#039;essentiel et de stratégique.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>@Alcidejet<br />
Pas plus ou moins intéressant. Différent, c&#8217;est pour cela que j&#8217;ai posté ce lien ici précisément !<br />
Parce que l&#8217;analyse jour après jour d&#8217;une situation confuse ne permet plus de l&#8217;appréhender du tout !<br />
M Leclerc est excellent dans son domaine !<br />
Nous naviguons en aveugles en éclairant notre univers avec la vision prêtée par l&#8217;opinion d&#8217;autrui, alors il faut parfois voir de plus loin sinon on ne voit plus rien d&#8217;essentiel et de stratégique.</p>
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	<item>
		<title>Par : Alcidejet</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2670</link>
		<dc:creator>Alcidejet</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2009 09:15:45 +0000</pubDate>
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		<description>Ce bouquin parait super intéressant ! Plus que M. Leclerc (selon moi &lt;span&gt;:roll:&lt;/span&gt; )

Et dès l&#039;introduction il me ramène aux recherches de Pierre De Chatillon... (même si je n&#039;ai pas lu son livre)
à lire si ça vous intéresse : &lt;a href=&quot;http://www.incapabledesetaire.com/dossier.htm&quot;&gt;Les dossiers de De Chatillon&lt;/a&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ce bouquin parait super intéressant ! Plus que M. Leclerc (selon moi <span> <img src='http://www.letransmuteur.net/wp-includes/images/smilies/icon_rolleyes.gif' alt=':roll:' class='wp-smiley' /> </span> )</p>
<p>Et dès l&#8217;introduction il me ramène aux recherches de Pierre De Chatillon&#8230; (même si je n&#8217;ai pas lu son livre)<br />
à lire si ça vous intéresse : <a href="http://www.incapabledesetaire.com/dossier.htm">Les dossiers de De Chatillon</a></p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : la truie qui file</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2668</link>
		<dc:creator>la truie qui file</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2009 02:10:53 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2668</guid>
		<description>On prend les mêmes (en apparence) et on recommence et si tout cela n&#039;était encore que de la poudre aux yeux vis à vis d&#039;un plus grand mensonge.
Les époques historiques manipulées pour faire oublier l&#039;essentiel  dans cette perspective des chercheurs un peu plus &lt;em&gt;éveillés&lt;/em&gt; ont constatés des incohérences et nous en font part : &lt;a href=&quot;http://cerbi.ldi5.com/IMG/pdf/Ou_est_donc_passe_le_Moyen-Age.pdf&quot;&gt;Où est donc passé le Moyen-Âge ?&lt;/a&gt; . </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>On prend les mêmes (en apparence) et on recommence et si tout cela n&#8217;était encore que de la poudre aux yeux vis à vis d&#8217;un plus grand mensonge.<br />
Les époques historiques manipulées pour faire oublier l&#8217;essentiel  dans cette perspective des chercheurs un peu plus <em>éveillés</em> ont constatés des incohérences et nous en font part : <a href="http://cerbi.ldi5.com/IMG/pdf/Ou_est_donc_passe_le_Moyen-Age.pdf">Où est donc passé le Moyen-Âge ?</a> .</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2665</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2009 20:01:21 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2665</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : « Il ne suffit pas que Dieu soit avec les pauvres » (*)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les résultats européens du 1er trimestre 2009 sont tombés aujourd’hui, selon un tir groupé, pays par pays. La zone euro, comme d’ailleurs l’ensemble des 27 membres de l’Union Européenne, a enregistré durant cette période un repli de 2,5% de son activité économique (PIB) ; il avait été de 1,5% au dernier trimestre 2008. Ces chiffres ne sont que des moyennes et cachent d’importantes disparités (5,4% en Slovaquie, 3,8% en RFA, 1,2% en France…). Ils sont plus élevés que les chiffres américains correspondants (1,6% au dernier trimestre 2008 et autant au 1er trimestre 2009). Pour ne retenir qu’un seul chiffre, il est prévu que la RFA, première puissance économique européenne, connaisse en 2009 la plus importante récession de son histoire, avec un recul de 6% de son PIB sur toute l’année. Voilà le tableau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’espoir faisant vivre, et faut-il croire, faisant réélire les hommes politiques, une déclaration du directeur général du FMI, voué ces derniers temps au rôle du méchant et du porteur de mauvaises nouvelles, a déclaré « possible » qu’une reprise intervienne au premier semestre 2010. C’est tout du moins ce qui est pour l’essentiel, et à tort, retenu d’une déclaration qui précise pourtant que les risques « restaient très élevés » et que cette reprise allait dépendre des mesures prises pour les banques. « Il n’y aura pas de reprise aussi longtemps que les banques n’auront pas remis de l’ordre » (dans leurs comptes), a-t-il clairement précisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes de cette reprise vont donc continuer d’être attentivement scrutés, faute de véritablement agir sur les événements. Tous les indicateurs sont passés en revue, puisque la boussole est détraquée, comme lorsque l’on s’approche du pôle. La discussion est mondiale, elle a été un temps faussée par l’embellie boursière qui a été enregistré, à la manière d’un bronzage masquant la peau blême du malade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Il a fallu que Jean-Claude Trichet, président de la BCE, cultivant l’ambiguïté et s’appuyant sur l’ignorance mathématique de certains, évoque la proximité d’un « point d’inflexion », pour qu’il soit faussement compris inversion de tendance. Willem Buiter a fait grâce de cette interprétation erronée, sur son blog du Financial Times, expliquant que cela signifiait que l’activité économique allait continuer à décliner, mais que ce déclin allait se poursuivre suivant un taux qui, lui seul, allait décliner…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un consensus semble aujourd’hui se dessiner à propos de cette hypothétique reprise, tel que les économistes en raffolent dès qu’il s’agit de prédire un événement, préférant être beaucoup à se tromper que peu à dire la vérité, c’est pour annoncer qu’elle va être lente, très lente. Ils ont quelque chance, pour une fois, d’être dans le vrai. De nombreuses lettres de l’alphabet continuent d’être mises à contribution pour imager (à défaut de caractériser), ce phénomène assez singulier. Le « V » et le « U » étant écartés, c’est le « L » qui a toutes les faveurs, avec sa variante du « W » (une croissance en vol de poule, qui s’élève et puis retombe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le « L » devait l’emporter, c’est-à-dire si nous devions connaître, avec des disparités suivant les régions du monde et les pays, un très faible taux de croissance pendant toute une période, cela créerait une situation sans précédent et tout à fait nouvelle. D’autant que la longueur de la branche horizontale du profil de reprise resterait probablement une totale inconnue, tout du moins pendant les premières années. La dernière enquête mensuelle du Wall Street Journal, effectuée auprès d’une cinquantaine d’économistes américains, publiée hier jeudi, contient une information encore plus essentielle si l’on veut comprendre ce qui est devant nous. La durée de cette période de quasi « plat » est certes estimée entre 4 et 6 ans, ce qui ressemble furieusement à une analyse faite au doigt mouillé, avec tout le respect dû à l’honorable aréopage en question et au vénérable quotidien qui l’a sollicité. Mais c’est secondaire. Il est en effet considéré que les pouvoirs publics, en l’occurrence la Fed et le gouvernement américain, ne pourront pas se désengager durant toute cette période.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-être tenons-nous là une clé de la compréhension de cette « restructuration » du capitalisme appelé par certains et que l’on ne voyait pas venir. L’Etat, si vilipendé et périphérisé durant ces dernières décennies, va désormais jouer un rôle accru et même essentiel, se substituant chaque fois que nécessaire à un marché défaillant, pour une période indéfinie, avec comme missions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ tenir à bout de bras l’économie dans un contexte de faible croissance.
 2/ permettre au secteur de « l’industrie financière » de faire ses affaires, de plus en plus en vase clos.
 3/ de gérer tous les « à-côtés » de cette situation : combinaison de pression fiscale et d’inflation, de chômage accru et d’explosion des comptes sociaux et de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment va-t-on bien pouvoir appeler ce nouvel avatar ? Le capitalisme financier d’Etat ? On sait déjà en tout cas comment se dénomme sa structure de pilotage, l’oligarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PS&lt;/strong&gt; : Beaucoup de questions à suivre de près dans les jours prochains, qui arrivent à maturité. Les désaccords au sein de la BCE à propos des mesures non conventionnelles, la situation des grandes compagnies d’assurance aux USA et en Europe, l’évolution des relations entre les Américains et les Chinois, dans l’attente du prochain voyage de Tim Geithner en Chine, le mécano en cours de la régulation financière américaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;————————–
 (*) Hassan Fathy, architecte égyptien.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : « Il ne suffit pas que Dieu soit avec les pauvres » (*)</h2>
<p>Les résultats européens du 1er trimestre 2009 sont tombés aujourd’hui, selon un tir groupé, pays par pays. La zone euro, comme d’ailleurs l’ensemble des 27 membres de l’Union Européenne, a enregistré durant cette période un repli de 2,5% de son activité économique (PIB) ; il avait été de 1,5% au dernier trimestre 2008. Ces chiffres ne sont que des moyennes et cachent d’importantes disparités (5,4% en Slovaquie, 3,8% en RFA, 1,2% en France…). Ils sont plus élevés que les chiffres américains correspondants (1,6% au dernier trimestre 2008 et autant au 1er trimestre 2009). Pour ne retenir qu’un seul chiffre, il est prévu que la RFA, première puissance économique européenne, connaisse en 2009 la plus importante récession de son histoire, avec un recul de 6% de son PIB sur toute l’année. Voilà le tableau.</p>
<p>L’espoir faisant vivre, et faut-il croire, faisant réélire les hommes politiques, une déclaration du directeur général du FMI, voué ces derniers temps au rôle du méchant et du porteur de mauvaises nouvelles, a déclaré « possible » qu’une reprise intervienne au premier semestre 2010. C’est tout du moins ce qui est pour l’essentiel, et à tort, retenu d’une déclaration qui précise pourtant que les risques « restaient très élevés » et que cette reprise allait dépendre des mesures prises pour les banques. « Il n’y aura pas de reprise aussi longtemps que les banques n’auront pas remis de l’ordre » (dans leurs comptes), a-t-il clairement précisé.</p>
<p>Les signes de cette reprise vont donc continuer d’être attentivement scrutés, faute de véritablement agir sur les événements. Tous les indicateurs sont passés en revue, puisque la boussole est détraquée, comme lorsque l’on s’approche du pôle. La discussion est mondiale, elle a été un temps faussée par l’embellie boursière qui a été enregistré, à la manière d’un bronzage masquant la peau blême du malade.</p>
<p><span></span>Il a fallu que Jean-Claude Trichet, président de la BCE, cultivant l’ambiguïté et s’appuyant sur l’ignorance mathématique de certains, évoque la proximité d’un « point d’inflexion », pour qu’il soit faussement compris inversion de tendance. Willem Buiter a fait grâce de cette interprétation erronée, sur son blog du Financial Times, expliquant que cela signifiait que l’activité économique allait continuer à décliner, mais que ce déclin allait se poursuivre suivant un taux qui, lui seul, allait décliner…</p>
<p>Si un consensus semble aujourd’hui se dessiner à propos de cette hypothétique reprise, tel que les économistes en raffolent dès qu’il s’agit de prédire un événement, préférant être beaucoup à se tromper que peu à dire la vérité, c’est pour annoncer qu’elle va être lente, très lente. Ils ont quelque chance, pour une fois, d’être dans le vrai. De nombreuses lettres de l’alphabet continuent d’être mises à contribution pour imager (à défaut de caractériser), ce phénomène assez singulier. Le « V » et le « U » étant écartés, c’est le « L » qui a toutes les faveurs, avec sa variante du « W » (une croissance en vol de poule, qui s’élève et puis retombe).</p>
<p>Si le « L » devait l’emporter, c’est-à-dire si nous devions connaître, avec des disparités suivant les régions du monde et les pays, un très faible taux de croissance pendant toute une période, cela créerait une situation sans précédent et tout à fait nouvelle. D’autant que la longueur de la branche horizontale du profil de reprise resterait probablement une totale inconnue, tout du moins pendant les premières années. La dernière enquête mensuelle du Wall Street Journal, effectuée auprès d’une cinquantaine d’économistes américains, publiée hier jeudi, contient une information encore plus essentielle si l’on veut comprendre ce qui est devant nous. La durée de cette période de quasi « plat » est certes estimée entre 4 et 6 ans, ce qui ressemble furieusement à une analyse faite au doigt mouillé, avec tout le respect dû à l’honorable aréopage en question et au vénérable quotidien qui l’a sollicité. Mais c’est secondaire. Il est en effet considéré que les pouvoirs publics, en l’occurrence la Fed et le gouvernement américain, ne pourront pas se désengager durant toute cette période.</p>
<p>Peut-être tenons-nous là une clé de la compréhension de cette « restructuration » du capitalisme appelé par certains et que l’on ne voyait pas venir. L’Etat, si vilipendé et périphérisé durant ces dernières décennies, va désormais jouer un rôle accru et même essentiel, se substituant chaque fois que nécessaire à un marché défaillant, pour une période indéfinie, avec comme missions :</p>
<p>1/ tenir à bout de bras l’économie dans un contexte de faible croissance.<br />
 2/ permettre au secteur de « l’industrie financière » de faire ses affaires, de plus en plus en vase clos.<br />
 3/ de gérer tous les « à-côtés » de cette situation : combinaison de pression fiscale et d’inflation, de chômage accru et d’explosion des comptes sociaux et de la dette publique.</p>
<p>Comment va-t-on bien pouvoir appeler ce nouvel avatar ? Le capitalisme financier d’Etat ? On sait déjà en tout cas comment se dénomme sa structure de pilotage, l’oligarchie.</p>
<p><strong>PS</strong> : Beaucoup de questions à suivre de près dans les jours prochains, qui arrivent à maturité. Les désaccords au sein de la BCE à propos des mesures non conventionnelles, la situation des grandes compagnies d’assurance aux USA et en Europe, l’évolution des relations entre les Américains et les Chinois, dans l’attente du prochain voyage de Tim Geithner en Chine, le mécano en cours de la régulation financière américaine.</p>
<p>————————–<br />
 (*) Hassan Fathy, architecte égyptien.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2639</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2009 11:07:38 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Réalités accablantes et postures dérisoires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment cette affaire des stress tests européens, bien mal engagée, va-t-elle bien pouvoir rebondir ? De nombreux commentateurs ont relevé, depuis l’annonce initiale de ceux-ci par le FMI, puis suite aux précisions apportées par le comité européen des superviseurs bancaires (CEBS), particulièrement prudentes et pesées, qu’il était parfaitement contradictoire de prétendre susciter le retour de la confiance dans les banques et de garder secret le résultat de ces tests.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n’a pas empêché que de nouvelles réactions très restrictives soient enregistrées, après celle de Christine Lagarde, ministre française de l’économie, qui avait ouvert le feu en déclarant que les ministres européens avaient « pris acte » de l’initiative du CEBS, laissant entendre qu’ils n’étaient pas vraiment d’accord avec celle-ci. Des sources non identifiées, citées par les agences de presse, ont pourtant affirmé que les ministres en question s’étaient bien mis d’accord entre eux à ce sujet. C’est Peer Steinbrück, le ministre allemand des Finances, qui a pris le relais en se montrant dans ses commentaires particulièrement sceptique sur l’intérêt des tests, souhaitant visiblement que cette affaire soit enterrée, et, en tout état de cause, qu’elle reste des plus confidentielles et n’identifie nommément aucune banque. Afin, d’éviter ce qu’il a qualifié d’« effets pro-cycliques négatifs », contribuant à aggraver la situation des banques si celle-ci venait à être connue. Ce qui est déjà, en soi, l’aveu implicite qu’il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas rendre public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les noms des plus grandes banques européennes circulent, sans que leur liste ne puisse susciter une quelconque surprise, quant à l’échantillon qui ferait l’objet des tests. Il est aussi précisé que les paramètres de crise qui seraient utilisés pour mesurer la résistance des banques seraient fournis par la BCE. On attend avec intérêt, à ce propos, les prévisions de celle-ci concernant la croissance économique européenne (ou plutôt l’étendue de la dépression), qui devraient être publiées début juin. Jean-Claude Trichet, son président, a déjà annoncé que ses précédentes prévisions - une chute du PIB de la zone euro de 4% en 2009 - seraient révisées en forte baisse. Est-ce que cela peut laisser espérer que, contrairement à ce que les Américains ont adopté comme ligne de conduite pour leurs propres tests, les paramètres de crise qui seront retenus seront bien en ligne avec le sombre consensus des experts ? Il faudra, pour que nous le sachions, que ces paramètres soient rendus publics, cela n’en prend pas exactement le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Quoiqu’il advienne de ce projet, les autorités allemandes poursuivent la mise au point de leur propre dispositif, sans plus attendre. Sans rendre nécessairement publics ses détails les plus scabreux, permettant notamment d’évaluer la charge financière que les contribuables allemands pourraient finalement avoir à supporter. Nous avons acheté du temps, ont-ils reconnu, mais sans dire avec l’argent de qui. Un deuxième volet est annoncé, plus complexe car il va induire une restructuration en profondeur du réseau des banques régionales allemandes, depuis longtemps considérée comme nécessaire, mais qu’il est impossible d’engager pour des raisons politiques. Leur crise financière aigue aidant, cela ne peut plus être évité. Les Landesbanken pourront, selon des modalités encore inconnues, se débarrasser de leurs actifs toxiques, mais elles devront en contrepartie se délester de certaines de leurs activités, encore non identifiées, et procéder à une « consolidation » (une concentration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Belgique, sans attendre non plus, la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA), le régulateur, a annoncé vouloir engager des « ratio stress tests », afin d’« observer la position de liquidité des établissements financiers » et de déterminer si elle « est suffisamment solide pour résister à l’impact de circonstances exceptionnelles ». Il ne s’agira donc pas de mesurer ni les risques de crédit des banques, ni leurs éventuels besoins en capitaux propres. Les résultats des tests, qui n’identifieront pas les banques, pourraient cependant être publiés. Il faut dire que le sauvetage en cours de KBC, le bancassureur belge, est inquiétant par son ampleur, d’autant qu’il a déjà été renfloué par l’Etat à deux reprises, qui a dû déjà secourir Dexia et Fortis. Une perte nette de 3,6 milliards au premier trimestre 2009 a été aujourd’hui annoncée par KBC, qui pourrait amener l’Etat à apporter en capital 2 milliards d’euros, et à en devenir ainsi actionnaire à hauteur de 28%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front économique européen, les nouvelles ne sont pas spécialement plus réjouissantes. On ne parle plus du tout des fameuses « pousses vertes », qui avaient traversé l’Atlantique, et que certains disaient apercevoir. Les discours se font plus circonspects. « Il serait extrêmement imprudent de prétendre savoir de quoi le futur est fait », a déclaré Mervyn King, le gouverneur de la Bank of England, à l’occasion d’une conférence de presse hier mercredi. Pour tout pronostic, il a ajouté : « Il y a un équilibre des risques et nous estimons qu’il y a de solides raisons pour croire qu’il y aura une reprise de l’économie dans l’année qui suit, mais aussi de bonnes raisons de s’interroger sur la pérennité de celle-ci ». Une contraction de l’ordre de 6% du PIB est en effet attendue, de mi-2008 à mi-2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, en variation annuelle, le PIB a reculé de 2,9% en variation annuelle au premier trimestre par rapport à la même période de 2008. L’éclatement de la bulle immobilière, ainsi que les effets de la crise financière internationale, ont crée plus de 4 millions de chômeurs ; le taux du chômage a atteint 17,36%, un chiffre record, avec plus de 4 millions de chômeurs au premier trimestre. La consommation chute en conséquence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux indices, le taux du chômage et celui du niveau de la consommation des particuliers, sont en passe de devenir les principaux critères d’évaluation de la situation, tellement ils sont devenus détestables dans certains pays, détrônant les classiques indices boursiers qui, au fil des ans, étaient devenus les indicateurs reconnus et quasi exclusifs de la situation de l’économie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le 2 mai dernier, aux Etats-Unis, le nombre de chômeurs indemnisés était de six millions et demi, en augmentation de 3,2% en une seule semaine. Le taux de chômage a atteint 8,9% en avril et devrait continuer à croître tout au long de cette année, reconnaissent la Maison Blanche et la Fed. Cela a bien été le cas cette dernière semaine. Ces chiffres coupent court aux spéculations qui fleurissaient à propos des fameuses « pousses vertes », confondant, encore et toujours, envolées boursières et réalité de la situation économique. D’autant que, d’après le département du commerce américain, le commerce de détail aurait reculé de 0,4% en avril, après l’avoir fait de 1,3% en mars dernier. La crise du crédit à la consommation des cartes de crédit, additionnée à la vague en cours de nouvelles expulsions immobilières, tout contribue à rendre la situation sociale américaine de plus en plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rend encore plus dérisoire les dernières déclarations de Timothy Geithner, secrétaire au Trésor, devant une assemblée de banquiers à New York, hier mercredi, estimant qu’ « une part considérable du processus d’ajustement est maintenant derrière nous ». Tout en reconnaissant que « … le secteur financier dans son ensemble fait encore face à d’autres restructurations à venir », sans plus de précisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Réalités accablantes et postures dérisoires</h2>
<p>Comment cette affaire des stress tests européens, bien mal engagée, va-t-elle bien pouvoir rebondir ? De nombreux commentateurs ont relevé, depuis l’annonce initiale de ceux-ci par le FMI, puis suite aux précisions apportées par le comité européen des superviseurs bancaires (CEBS), particulièrement prudentes et pesées, qu’il était parfaitement contradictoire de prétendre susciter le retour de la confiance dans les banques et de garder secret le résultat de ces tests.</p>
<p>Cela n’a pas empêché que de nouvelles réactions très restrictives soient enregistrées, après celle de Christine Lagarde, ministre française de l’économie, qui avait ouvert le feu en déclarant que les ministres européens avaient « pris acte » de l’initiative du CEBS, laissant entendre qu’ils n’étaient pas vraiment d’accord avec celle-ci. Des sources non identifiées, citées par les agences de presse, ont pourtant affirmé que les ministres en question s’étaient bien mis d’accord entre eux à ce sujet. C’est Peer Steinbrück, le ministre allemand des Finances, qui a pris le relais en se montrant dans ses commentaires particulièrement sceptique sur l’intérêt des tests, souhaitant visiblement que cette affaire soit enterrée, et, en tout état de cause, qu’elle reste des plus confidentielles et n’identifie nommément aucune banque. Afin, d’éviter ce qu’il a qualifié d’« effets pro-cycliques négatifs », contribuant à aggraver la situation des banques si celle-ci venait à être connue. Ce qui est déjà, en soi, l’aveu implicite qu’il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas rendre public.</p>
<p>Les noms des plus grandes banques européennes circulent, sans que leur liste ne puisse susciter une quelconque surprise, quant à l’échantillon qui ferait l’objet des tests. Il est aussi précisé que les paramètres de crise qui seraient utilisés pour mesurer la résistance des banques seraient fournis par la BCE. On attend avec intérêt, à ce propos, les prévisions de celle-ci concernant la croissance économique européenne (ou plutôt l’étendue de la dépression), qui devraient être publiées début juin. Jean-Claude Trichet, son président, a déjà annoncé que ses précédentes prévisions -- une chute du PIB de la zone euro de 4% en 2009 -- seraient révisées en forte baisse. Est-ce que cela peut laisser espérer que, contrairement à ce que les Américains ont adopté comme ligne de conduite pour leurs propres tests, les paramètres de crise qui seront retenus seront bien en ligne avec le sombre consensus des experts ? Il faudra, pour que nous le sachions, que ces paramètres soient rendus publics, cela n’en prend pas exactement le chemin.</p>
<p><span></span>Quoiqu’il advienne de ce projet, les autorités allemandes poursuivent la mise au point de leur propre dispositif, sans plus attendre. Sans rendre nécessairement publics ses détails les plus scabreux, permettant notamment d’évaluer la charge financière que les contribuables allemands pourraient finalement avoir à supporter. Nous avons acheté du temps, ont-ils reconnu, mais sans dire avec l’argent de qui. Un deuxième volet est annoncé, plus complexe car il va induire une restructuration en profondeur du réseau des banques régionales allemandes, depuis longtemps considérée comme nécessaire, mais qu’il est impossible d’engager pour des raisons politiques. Leur crise financière aigue aidant, cela ne peut plus être évité. Les Landesbanken pourront, selon des modalités encore inconnues, se débarrasser de leurs actifs toxiques, mais elles devront en contrepartie se délester de certaines de leurs activités, encore non identifiées, et procéder à une « consolidation » (une concentration).</p>
<p>En Belgique, sans attendre non plus, la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA), le régulateur, a annoncé vouloir engager des « ratio stress tests », afin d’« observer la position de liquidité des établissements financiers » et de déterminer si elle « est suffisamment solide pour résister à l’impact de circonstances exceptionnelles ». Il ne s’agira donc pas de mesurer ni les risques de crédit des banques, ni leurs éventuels besoins en capitaux propres. Les résultats des tests, qui n’identifieront pas les banques, pourraient cependant être publiés. Il faut dire que le sauvetage en cours de KBC, le bancassureur belge, est inquiétant par son ampleur, d’autant qu’il a déjà été renfloué par l’Etat à deux reprises, qui a dû déjà secourir Dexia et Fortis. Une perte nette de 3,6 milliards au premier trimestre 2009 a été aujourd’hui annoncée par KBC, qui pourrait amener l’Etat à apporter en capital 2 milliards d’euros, et à en devenir ainsi actionnaire à hauteur de 28%.</p>
<p>Sur le front économique européen, les nouvelles ne sont pas spécialement plus réjouissantes. On ne parle plus du tout des fameuses « pousses vertes », qui avaient traversé l’Atlantique, et que certains disaient apercevoir. Les discours se font plus circonspects. « Il serait extrêmement imprudent de prétendre savoir de quoi le futur est fait », a déclaré Mervyn King, le gouverneur de la Bank of England, à l’occasion d’une conférence de presse hier mercredi. Pour tout pronostic, il a ajouté : « Il y a un équilibre des risques et nous estimons qu’il y a de solides raisons pour croire qu’il y aura une reprise de l’économie dans l’année qui suit, mais aussi de bonnes raisons de s’interroger sur la pérennité de celle-ci ». Une contraction de l’ordre de 6% du PIB est en effet attendue, de mi-2008 à mi-2009.</p>
<p>En Espagne, en variation annuelle, le PIB a reculé de 2,9% en variation annuelle au premier trimestre par rapport à la même période de 2008. L’éclatement de la bulle immobilière, ainsi que les effets de la crise financière internationale, ont crée plus de 4 millions de chômeurs ; le taux du chômage a atteint 17,36%, un chiffre record, avec plus de 4 millions de chômeurs au premier trimestre. La consommation chute en conséquence.</p>
<p>Ces deux indices, le taux du chômage et celui du niveau de la consommation des particuliers, sont en passe de devenir les principaux critères d’évaluation de la situation, tellement ils sont devenus détestables dans certains pays, détrônant les classiques indices boursiers qui, au fil des ans, étaient devenus les indicateurs reconnus et quasi exclusifs de la situation de l’économie.</p>
<p>Ainsi, le 2 mai dernier, aux Etats-Unis, le nombre de chômeurs indemnisés était de six millions et demi, en augmentation de 3,2% en une seule semaine. Le taux de chômage a atteint 8,9% en avril et devrait continuer à croître tout au long de cette année, reconnaissent la Maison Blanche et la Fed. Cela a bien été le cas cette dernière semaine. Ces chiffres coupent court aux spéculations qui fleurissaient à propos des fameuses « pousses vertes », confondant, encore et toujours, envolées boursières et réalité de la situation économique. D’autant que, d’après le département du commerce américain, le commerce de détail aurait reculé de 0,4% en avril, après l’avoir fait de 1,3% en mars dernier. La crise du crédit à la consommation des cartes de crédit, additionnée à la vague en cours de nouvelles expulsions immobilières, tout contribue à rendre la situation sociale américaine de plus en plus difficile.</p>
<p>Cela rend encore plus dérisoire les dernières déclarations de Timothy Geithner, secrétaire au Trésor, devant une assemblée de banquiers à New York, hier mercredi, estimant qu’ « une part considérable du processus d’ajustement est maintenant derrière nous ». Tout en reconnaissant que « … le secteur financier dans son ensemble fait encore face à d’autres restructurations à venir », sans plus de précisions.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2589</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2009 17:30:32 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2589</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Stress tests européens, grande nervosité&lt;/h2&gt;


&lt;p&gt;Vous avez aimé la saga des paradis fiscaux ? Vous allez adorer celle des stress tests européens, qui viennent d’être annoncés, afin de jauger de la solidité des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, à Paris, le FMI a lancé son premier épisode, annonçant de manière impromptue, et sur un mode comminatoire, que des stress tests devaient être effectués en Europe, afin d’opérer « un nettoyage de printemps urgent et minutieux », condition à ce que la reprise puisse intervenir ultérieurement. Une certaine confusion en a résulté, et l’on a compris qu’il n’y avait pas, c’est le moins que l’on puisse dire, accord parfait à ce propos entre les parties prenantes. On a d’abord appris, par l’AFP, que cette décision avait été prise par les ministres européens des finances, en concertation avec le FMI, une semaine auparavant. Puis, par le biais d’un communiqué de presse du comité européen des superviseurs bancaires (CEBS), à Londres, que cet organisme regroupant les représentants des régulateurs et des banques centrales européennes, que celui-ci intervenait. Aujourd’hui, Christine Lagarde, ministre française des finances, présentée comme la future commissaire européenne à la concurrence, nous apprend que les ministres des finances avaient seulement « pris acte » de la décision du CEBS, une formule habituellement utilisée pour marquer son désaccord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela témoigne d’une certaine confusion et augure mal des épisodes qui vont suivre. C’est aussi une manière, pour le gouvernement français, de ne pas assumer les décisions prises, tandis que le FMI faisait clairement savoir de son côté qu’il ne les partageait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que l’on sait pour l’instant des futurs tests, c’est qu’on ne les connaîtra pas. Résumons les informations à notre disposition :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Leurs résultats ne seront pas rendus publics.
 2. Leur méthodologie ainsi que les critères de solidité retenus non plus.
 3. Ils seront menés sur cette base commune confidentielle par les régulateurs nationaux, chacun restant maître chez soi.
 4. Ils n’ont pas vocation finale à mesurer les besoins de recapitalisation des banques.
 5. Ils ne seront pas menés sur toutes les banques, mais sur un échantillon systémique.
 6. Le rapport final sera prêt en septembre prochain, selon un printemps tardif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que cette histoire va faire couler beaucoup d’encre, puisque sa vocation réelle semble être de réaliser une opération de communication, qui a mal démarré. De même nature que celle qui a été menée aux Etats-Unis, y compris si l’on considère que son objectif n’est pas de dévoiler la réalité mais, au contraire, de la masquer. A ceci près que d’un côté les résultats des tests ont été publiés, tandis qu’ils ne le seront pas de l’autre, en Europe, si ces prémisses sont bien maintenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie aussi que les décisions que viennent de prendre les autorités allemandes en matière de bad banks vont d’une manière ou d’une autre devoir faire école en Europe, et qu’il s’agit de préparer l’opinion à leur annonce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Stress tests européens, grande nervosité</h2>
<p>Vous avez aimé la saga des paradis fiscaux ? Vous allez adorer celle des stress tests européens, qui viennent d’être annoncés, afin de jauger de la solidité des banques.</p>
<p>Hier, à Paris, le FMI a lancé son premier épisode, annonçant de manière impromptue, et sur un mode comminatoire, que des stress tests devaient être effectués en Europe, afin d’opérer « un nettoyage de printemps urgent et minutieux », condition à ce que la reprise puisse intervenir ultérieurement. Une certaine confusion en a résulté, et l’on a compris qu’il n’y avait pas, c’est le moins que l’on puisse dire, accord parfait à ce propos entre les parties prenantes. On a d’abord appris, par l’AFP, que cette décision avait été prise par les ministres européens des finances, en concertation avec le FMI, une semaine auparavant. Puis, par le biais d’un communiqué de presse du comité européen des superviseurs bancaires (CEBS), à Londres, que cet organisme regroupant les représentants des régulateurs et des banques centrales européennes, que celui-ci intervenait. Aujourd’hui, Christine Lagarde, ministre française des finances, présentée comme la future commissaire européenne à la concurrence, nous apprend que les ministres des finances avaient seulement « pris acte » de la décision du CEBS, une formule habituellement utilisée pour marquer son désaccord.</p>
<p>Tout cela témoigne d’une certaine confusion et augure mal des épisodes qui vont suivre. C’est aussi une manière, pour le gouvernement français, de ne pas assumer les décisions prises, tandis que le FMI faisait clairement savoir de son côté qu’il ne les partageait pas.</p>
<p>Tout ce que l’on sait pour l’instant des futurs tests, c’est qu’on ne les connaîtra pas. Résumons les informations à notre disposition :</p>
<p>1. Leurs résultats ne seront pas rendus publics.<br />
 2. Leur méthodologie ainsi que les critères de solidité retenus non plus.<br />
 3. Ils seront menés sur cette base commune confidentielle par les régulateurs nationaux, chacun restant maître chez soi.<br />
 4. Ils n’ont pas vocation finale à mesurer les besoins de recapitalisation des banques.<br />
 5. Ils ne seront pas menés sur toutes les banques, mais sur un échantillon systémique.<br />
 6. Le rapport final sera prêt en septembre prochain, selon un printemps tardif.</p>
<p>Nul doute que cette histoire va faire couler beaucoup d’encre, puisque sa vocation réelle semble être de réaliser une opération de communication, qui a mal démarré. De même nature que celle qui a été menée aux Etats-Unis, y compris si l’on considère que son objectif n’est pas de dévoiler la réalité mais, au contraire, de la masquer. A ceci près que d’un côté les résultats des tests ont été publiés, tandis qu’ils ne le seront pas de l’autre, en Europe, si ces prémisses sont bien maintenus.</p>
<p>Cela signifie aussi que les décisions que viennent de prendre les autorités allemandes en matière de bad banks vont d’une manière ou d’une autre devoir faire école en Europe, et qu’il s’agit de préparer l’opinion à leur annonce.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2588</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2009 17:28:54 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2588</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : L’Europe rattrapée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le FMI, qui était entouré de toute la considération voulue tant qu’il intervenait à propos de pays lointains, en Asie ou en Amérique Latine, va finir par agacer sérieusement les puissances occidentales. Il vient de lancer un nouveau pavé dans la mare, jouant en cela le rôle que lui a attribué le dernier G20. Après avoir rendu publiques des estimations impressionnantes des dépréciations et des recapitalisations encore nécessaires dans les systèmes financiers américains et européens, en totale contradiction avec ce que les autorités de ces pays veulent bien reconnaître, pour ne pas parler des banques de leurs pays, qui se font encore plus tirer l’oreille, le FMI vient en effet d’allumer la mèche d’un nouveau pétard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, « les pouvoirs publics doivent (…) soumettre les institutions financières à des tests de résistance réguliers et les forcer à reconnaître leurs pertes et à se recapitaliser le cas échéant », a déclaré mardi à Paris Marek Belka, directeur du département Europe du FMI, appelant à un « nettoyage de printemps urgent et minutieux ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analysant les conditions devant être remplies pour qu’une relance puisse intervenir, il a considéré en premier lieu nécessaire « la poursuite des apports » permettant de desserrer le crédit (les liquidités déversées par la BCE), la reconnaissance « crédible » des pertes du système financier et la recapitalisation des institutions financières, avec soutien public si nécessaire. « La politique budgétaire doit continuer à soutenir la demande », a également déclaré Marek Belka, souhaitant une « action concertée » européenne et pas seulement « au niveau national ». Il a enfin estimé que les actions « non-conventionnelles » (les mesures financées par la création monétaire) devenaient « plus essentielles ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’est pas certain que ces déclarations aient été du goût du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui, tout à sa langue de bois habituelle, avait déclaré lundi : « Nous nous approchons, en ce qui concerne la croissance, d’un point d’inflexion (…) nous observons un ralentissement de la baisse du PIB », ajoutant que « la situation sur les marchés s’est considérablement améliorée (…) depuis septembre 2008 », reconnaissant toutefois que les marchés financiers étaient toujours soumis à la « correction d’un certain nombre de déséquilibres ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Les nouvelles du secteur bancaire qui se sont accumulées ces jours derniers, venant aussi bien d’Allemagne que d’Espagne et de France ne justifient pourtant pas cet absurde optimisme de façade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustrant la gravité de la situation que connaissent les banques en RFA, un projet de loi vient d’y être présenté, donnant la possibilité aux sociétés financières et aux instituts de crédit de transférer dans des structures ad hoc des actifs toxiques (il en existerait des centaines de milliards d’euros), une solution décentralisée finalement préférée à la création d’une unique « bad bank ». Peer Steinbrück, le ministre fédéral des finances, n’a pas totalement dévoilé le mécanisme proposé, qui repose sur l’idée que les banques recevront des titres de créance couverts par des garanties publiques d’un montant équivalent à 90% de la valeur comptable de leurs actifs transférés, qui seront porteurs d’intérêts. A l’échéance de ces actifs, dans une limite fixée à 20 ans, la différence entre leur valeur réelle et la valeur à laquelle ils ont été initialement inscrits sera calculée et, en cas de moins-value, l’Etat couvrira partiellement les pertes. Il n’est pas précisé à quelle hauteur, une question pourtant fondamentale, mais ce n’est pas étonnant. Parallèlement, le gouvernement étudie un autre projet de bad bank destiné aux Landesbanken, les banques publiques régionales, qui, d’après le ministre lui-même, n’ont plus de modèle économique viable. Neeli Kroes, la commissaire à la concurrence de la Commission, a pour sa part reconnu « … le besoin d’une restructuration profonde du secteur des banques régionales allemandes afin d’assurer sa viabilité à long terme ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, un rapport de la Banque d’Espagne vient également de jeter un froid. Les crédits douteux consentis par le secteur bancaire, souvent dans un secteur immobilier très sinistré, atteignent en effet à la fin avril, 73,9 milliards d’euros. Un montant qui serait susceptible de doubler d’ici à la fin de l’année. Les deux grandes banques espagnoles, Santander et BBVA semblent tenir le choc, mais il n’en est pas de même du réseau des 45 caisses d’épargne, ainsi qu’en général du tissu des banques de petites et moyennes importances, qui s’effondrent. Partout, les ratios de solvabilités sont très détériorés et il est urgent de procéder à des apports en fonds propres. La somme de 60 milliards d’euros est évoquée, pour les deux ans à venir. Un plan de restructuration des banques est à l’étude et devrait être rendu public après les élections européennes du 7 juin prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se confirme en France, aux dires mêmes du nouveau PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, qu’il est « prématuré de dire que c’est la fin des dépréciations », laissant clairement entendre que de nouveaux ajustements pourraient prochainement intervenir dans sa banque. Les agences de notation ont abaissé à A+ la note de sa dette à long terme, rappelant que son portefeuille de titres illiquides d’origine américaine s’élève à 43 milliards d’euros et que son exposition en Russie ainsi qu’en Europe centrale et orientale, une zone où les défauts de payement s’accroissent de manière importante, représente 11% de ses actifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c’est autre pan du système financier qui a retenu particulièrement l’attention du gouvernement ces derniers jours, celui du secteur de l’assurance-crédit. Un quart des entreprises fait en France appel à lui pour se couvrir contre les risques d’impayés de ses clients. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME) s’est plainte ces derniers mois des remises en cause des garanties accordée par les assureurs-crédit, qui, selon elle, mettent en péril de nombreuses entreprises. Cela concernerait plus de la moitié de celles qui font appel à ce dispositif. Le gouvernement envisage de lancer un dispositif de « complément d’assurance-crédit public », qui apporterait une garantie publique aux risques non couverts par les assureurs-crédit. Ce qui représenterait une enveloppe de 5 milliards d’euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Lagarde a commencé à infléchir son discours sur la reprise et déclare maintenant croire dans « une reprise graduelle ». Tout en reconnaissant, vu la nature de la crise, ne pas pouvoir faire de pronostic pour l’année prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est désormais de savoir si les gouvernements européens vont continuer à agir en ordre dispersé, comme cela semble devoir être le cas, si la Commission de Bruxelles va continuer à être aussi inexistante, ce qui est bien parti, et si la BCE va continuer à jouer au fleuret moucheté là où il faudrait une hache d’abordage. Rien ne permet pour l’instant de croire au contraire. Il restera alors à tout ce beau monde la possibilité de se retourner, outré, contre l’audace du FMI. Avant de rentrer la tête dans les épaules en attendant le choc inévitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pari a été fait, une spéculation de plus, sans doute une de trop, qui a consisté à vouloir croire que la reprise américaine interviendrait assez vite pour que la crise « glisse » sur l’Europe. Qu’il pourrait ainsi être fait l’économie d’un grand ménage, une fois réglées les situations les plus criantes, à coup de mécanos bancaire et d’interventions plus ou moins déguisées de l’Etat. Cela n’en prend pas le chemin, alors qu’il devient impossible de différer plus longtemps un sauvetage à grande échelle. Alors qu’est enclenchée une boucle interactive entre la crise financière et sa consœur économique, l’une alimentant l’autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande du FMI est que des stress tests soient organisés en Europe, mais régulièrement, afin qu’il ne soit pas possible, comme les Américains viennent de le faire, de balayer en mettant les actifs toxiques sous le tapis, afin de pouvoir proclamer un solde de tout compte après quelques ajustements. Celui-ci ne sera pas tenable, s’il se confirme que la crise du crédit hypothécaire va bientôt rebondir aux USA et que celles des cartes de crédit va s’y approfondir. Alors, dans une Europe déjà très atteinte, notamment par la situation en Grande-Bretagne, il serait nécessaire de prendre les devants. Nous en sommes loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : L’Europe rattrapée</h2>
<p>Le FMI, qui était entouré de toute la considération voulue tant qu’il intervenait à propos de pays lointains, en Asie ou en Amérique Latine, va finir par agacer sérieusement les puissances occidentales. Il vient de lancer un nouveau pavé dans la mare, jouant en cela le rôle que lui a attribué le dernier G20. Après avoir rendu publiques des estimations impressionnantes des dépréciations et des recapitalisations encore nécessaires dans les systèmes financiers américains et européens, en totale contradiction avec ce que les autorités de ces pays veulent bien reconnaître, pour ne pas parler des banques de leurs pays, qui se font encore plus tirer l’oreille, le FMI vient en effet d’allumer la mèche d’un nouveau pétard.</p>
<p>En Europe, « les pouvoirs publics doivent (…) soumettre les institutions financières à des tests de résistance réguliers et les forcer à reconnaître leurs pertes et à se recapitaliser le cas échéant », a déclaré mardi à Paris Marek Belka, directeur du département Europe du FMI, appelant à un « nettoyage de printemps urgent et minutieux ».</p>
<p>Analysant les conditions devant être remplies pour qu’une relance puisse intervenir, il a considéré en premier lieu nécessaire « la poursuite des apports » permettant de desserrer le crédit (les liquidités déversées par la BCE), la reconnaissance « crédible » des pertes du système financier et la recapitalisation des institutions financières, avec soutien public si nécessaire. « La politique budgétaire doit continuer à soutenir la demande », a également déclaré Marek Belka, souhaitant une « action concertée » européenne et pas seulement « au niveau national ». Il a enfin estimé que les actions « non-conventionnelles » (les mesures financées par la création monétaire) devenaient « plus essentielles ».</p>
<p>Il n’est pas certain que ces déclarations aient été du goût du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui, tout à sa langue de bois habituelle, avait déclaré lundi : « Nous nous approchons, en ce qui concerne la croissance, d’un point d’inflexion (…) nous observons un ralentissement de la baisse du PIB », ajoutant que « la situation sur les marchés s’est considérablement améliorée (…) depuis septembre 2008 », reconnaissant toutefois que les marchés financiers étaient toujours soumis à la « correction d’un certain nombre de déséquilibres ».</p>
<p><span></span>Les nouvelles du secteur bancaire qui se sont accumulées ces jours derniers, venant aussi bien d’Allemagne que d’Espagne et de France ne justifient pourtant pas cet absurde optimisme de façade.</p>
<p>Illustrant la gravité de la situation que connaissent les banques en RFA, un projet de loi vient d’y être présenté, donnant la possibilité aux sociétés financières et aux instituts de crédit de transférer dans des structures ad hoc des actifs toxiques (il en existerait des centaines de milliards d’euros), une solution décentralisée finalement préférée à la création d’une unique « bad bank ». Peer Steinbrück, le ministre fédéral des finances, n’a pas totalement dévoilé le mécanisme proposé, qui repose sur l’idée que les banques recevront des titres de créance couverts par des garanties publiques d’un montant équivalent à 90% de la valeur comptable de leurs actifs transférés, qui seront porteurs d’intérêts. A l’échéance de ces actifs, dans une limite fixée à 20 ans, la différence entre leur valeur réelle et la valeur à laquelle ils ont été initialement inscrits sera calculée et, en cas de moins-value, l’Etat couvrira partiellement les pertes. Il n’est pas précisé à quelle hauteur, une question pourtant fondamentale, mais ce n’est pas étonnant. Parallèlement, le gouvernement étudie un autre projet de bad bank destiné aux Landesbanken, les banques publiques régionales, qui, d’après le ministre lui-même, n’ont plus de modèle économique viable. Neeli Kroes, la commissaire à la concurrence de la Commission, a pour sa part reconnu « … le besoin d’une restructuration profonde du secteur des banques régionales allemandes afin d’assurer sa viabilité à long terme ».</p>
<p>En Espagne, un rapport de la Banque d’Espagne vient également de jeter un froid. Les crédits douteux consentis par le secteur bancaire, souvent dans un secteur immobilier très sinistré, atteignent en effet à la fin avril, 73,9 milliards d’euros. Un montant qui serait susceptible de doubler d’ici à la fin de l’année. Les deux grandes banques espagnoles, Santander et BBVA semblent tenir le choc, mais il n’en est pas de même du réseau des 45 caisses d’épargne, ainsi qu’en général du tissu des banques de petites et moyennes importances, qui s’effondrent. Partout, les ratios de solvabilités sont très détériorés et il est urgent de procéder à des apports en fonds propres. La somme de 60 milliards d’euros est évoquée, pour les deux ans à venir. Un plan de restructuration des banques est à l’étude et devrait être rendu public après les élections européennes du 7 juin prochain.</p>
<p>Il se confirme en France, aux dires mêmes du nouveau PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, qu’il est « prématuré de dire que c’est la fin des dépréciations », laissant clairement entendre que de nouveaux ajustements pourraient prochainement intervenir dans sa banque. Les agences de notation ont abaissé à A+ la note de sa dette à long terme, rappelant que son portefeuille de titres illiquides d’origine américaine s’élève à 43 milliards d’euros et que son exposition en Russie ainsi qu’en Europe centrale et orientale, une zone où les défauts de payement s’accroissent de manière importante, représente 11% de ses actifs.</p>
<p>Mais c’est autre pan du système financier qui a retenu particulièrement l’attention du gouvernement ces derniers jours, celui du secteur de l’assurance-crédit. Un quart des entreprises fait en France appel à lui pour se couvrir contre les risques d’impayés de ses clients. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME) s’est plainte ces derniers mois des remises en cause des garanties accordée par les assureurs-crédit, qui, selon elle, mettent en péril de nombreuses entreprises. Cela concernerait plus de la moitié de celles qui font appel à ce dispositif. Le gouvernement envisage de lancer un dispositif de « complément d’assurance-crédit public », qui apporterait une garantie publique aux risques non couverts par les assureurs-crédit. Ce qui représenterait une enveloppe de 5 milliards d’euros.</p>
<p>Christine Lagarde a commencé à infléchir son discours sur la reprise et déclare maintenant croire dans « une reprise graduelle ». Tout en reconnaissant, vu la nature de la crise, ne pas pouvoir faire de pronostic pour l’année prochaine.</p>
<p>La question est désormais de savoir si les gouvernements européens vont continuer à agir en ordre dispersé, comme cela semble devoir être le cas, si la Commission de Bruxelles va continuer à être aussi inexistante, ce qui est bien parti, et si la BCE va continuer à jouer au fleuret moucheté là où il faudrait une hache d’abordage. Rien ne permet pour l’instant de croire au contraire. Il restera alors à tout ce beau monde la possibilité de se retourner, outré, contre l’audace du FMI. Avant de rentrer la tête dans les épaules en attendant le choc inévitable.</p>
<p>Un pari a été fait, une spéculation de plus, sans doute une de trop, qui a consisté à vouloir croire que la reprise américaine interviendrait assez vite pour que la crise « glisse » sur l’Europe. Qu’il pourrait ainsi être fait l’économie d’un grand ménage, une fois réglées les situations les plus criantes, à coup de mécanos bancaire et d’interventions plus ou moins déguisées de l’Etat. Cela n’en prend pas le chemin, alors qu’il devient impossible de différer plus longtemps un sauvetage à grande échelle. Alors qu’est enclenchée une boucle interactive entre la crise financière et sa consœur économique, l’une alimentant l’autre.</p>
<p>La demande du FMI est que des stress tests soient organisés en Europe, mais régulièrement, afin qu’il ne soit pas possible, comme les Américains viennent de le faire, de balayer en mettant les actifs toxiques sous le tapis, afin de pouvoir proclamer un solde de tout compte après quelques ajustements. Celui-ci ne sera pas tenable, s’il se confirme que la crise du crédit hypothécaire va bientôt rebondir aux USA et que celles des cartes de crédit va s’y approfondir. Alors, dans une Europe déjà très atteinte, notamment par la situation en Grande-Bretagne, il serait nécessaire de prendre les devants. Nous en sommes loin.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2565</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2009 06:27:13 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2565</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : On n’a pas encore tout vu&lt;/h2&gt;
Certaines réactions aux récents épisodes de la crise actuelle, s’appuyant sur la conviction que l’oligarchie financière est décidée à tout pour conserver son pouvoir, prennent pour acquis que celle-ci a déjà gagné, et qu’elle va pouvoir recommencer ses affaires comme avant. Que nous sommes condamnés à apurer son passif, puis à en faire à nouveau les frais. En d’autres termes, que le pire nous est garanti.
&lt;p&gt;Certes, il n’est pas impossible que cela se termine ainsi, mais n’est-il pas un peu prématuré de le décréter déjà, comme si la boucle était déjà bouclée ? L’histoire n’est pas finie, on n’a pas encore tout vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’embellie boursière que l’on enregistre actuellement, une sorte de feu de paille, n’est pas destinée à durer et ne durera pas. Elle prépare même des lendemains qui déchantent pour ceux qui ne se retireront du jeu pas à temps. Les discours sur les signes incontestables de la reprise à venir vont quant à eux s’user, à force d’être prononcés sans que celle-ci n’intervienne. Une inflexion est déjà perceptible dans les discours, mettant l’accent sur la longueur de la crise. Enfin, et surtout, les actifs toxiques ne vont pas comme par enchantement prendre des couleurs, libérant d’autant les banques, hôtes de ces encombrants invités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au contraire, le poids de la crise économique va peser plus encore sur les établissements financiers. Les banques vont-elles pouvoir continuer à surfer sur la crise, seules en bonne santé dans un environnement de malades, en s’alimentant uniquement sur des dépouilles ? Les actifs toxiques vont continuer de paralyser le système bancaire, les banques centrales les tenant toujours à bout de bras, mais pouvant un jour devoir se retourner vers les Etats, afin de soulager leurs bilans déséquilibrés par des contreparties qu’elles acceptent sans sourciller, de plus en plus douteuses. Les banques centrales, dont la BCE désormais, vont continuer de battre monnaie, se substituant de plus en plus largement au système bancaire afin de tenter de soutenir l’économie. Des recapitalisations bancaires seront à nouveau nécessaires, ainsi que l’adoption de nouvelles mesures de soutien et de relance, accroissant les déficits des Etats et leur dette, amenés à la financer, ou la refinancer, à des taux de plus en plus élevés. Le FMI et ses collègues institutionnels vont être de plus en plus sollicités par certains Etats au bord de la banqueroute, et il faudra leur trouver de nouveaux relais de financement pour y faire face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Il va falloir se rendre à l’évidence : quand bien même la question des actifs toxiques serait réglée (elle est loin de l’être), l’absence d’un moteur mondial de la croissance resterait entière. Ni la consommation des classes moyennes américaines, dont il était fait si grand cas, ni celle des paysans chinois, dont on voudrait bien qu’elle prenne le relais, ne vont être demain ou après-demain au rendez-vous. Les calculs qui sont actuellement faits sur cette base n’y résisteront pas, la machine ne repartira pas ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà ce qu’a déclaré, sur la chaîne publique de télévision PBS, vendredi soir dernier, Tim Geithner, secrétaire au Trésor : « Les choses se stabilisent un peu. Les marchés financiers vont légèrement mieux, les taux d’intérêt ont baissé, les marchés du crédit se rouvrent, et c’est un début important aussi ». Il est « important de se concentrer sur ce qui s’améliore ». Interrogé sur la possibilité que la reprise économique soit très tardive, il a répondu : « C’est le risque. Les économistes s’inquiètent généralement qu’une récession qui arrive après une période où les gens ont trop emprunté, où les banques ont pris trop de risques, provoque une reprise plus lente, plus longue, parce qu’il va falloir que les gens réduisent leur dette, et ils vont devoir épargner plus ». Tout en affirmant « Mais nous allons faire tout ce que nous pouvons pour nous assurer que nous revenons sur les rails ». Il n’est pas nécessaire de lire entre les lignes, il faut « se concentrer sur ce qui s’améliore », car pour le reste…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un programme très chargé attend en effet le Trésor, le FDIC et la Fed. A partir de juin, de premiers programmes tests d’achat d’actifs toxiques, prêts immobiliers et produits dérivés notamment, devraient être comme annoncé, lancés. Une échéance qui va précéder la date butoir de la période au sein de laquelle les banques déclarées dans le besoin doivent se recapitaliser. Toute une palette d’autres mesures seraient également à l’étude, afin de soutenir en premier lieu les compagnies d’assurance et les municipalités, très éprouvées, mais également les écoles, les hôpitaux et le « small business », en leur permettant de contracter des prêts à moindre coût. Les enveloppes et les modalités ne sont pas encore connues, mais ces nouveaux programmes vont mettre à nouveau à contribution les fonds publics, directement ou indirectement. Sans qu’il soit nécessaire de rappeler le dossier de l’industrie automobile, qui est loin d’être refermé. Nul ne peut dire quand cette course poursuite va trouver sa fin, ni ce qu’elle sera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, il commence à être admis, mais du bout des lèvres, que les banques y sont peut-être encore plus cachottières que leurs consœurs américaines. Il va bien falloir prendre à bras le corps leur situation, la relance américaine n’intervenant pas, l’espoir que de nombreux actifs plombés reprennent prochainement de la valeur s’évanouissant. A la différence des Etats-Unis, la dégringolade des banques n’a pas été brutale, en chute libre comme vient de le dire Joseph Stiglitz. Les situations qui étaient les plus alarmantes ont été déjà affrontées dans l’urgence. Il était possible de prendre son temps pour voir venir, pensait-on. Va-t-il pouvoir longtemps encore en être ainsi, alors que le système bancaire allemand ou français donne des signes prononcés de faiblesse ? Alors que la situation britannique est alarmante et que de nombreux pays de l’Est sont extrêmement fragilisés ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes entrés dans l’acte II de la crise, sans que cela soit encore annoncé. Il va devoir être reconnu petit à petit que la crise sera plus longue que prévu et que l’on risque même de s’y installer un peu. Ses effets vont alors se faire de plus en plus ressentir. Leur traduction sociale et politique également. Dans ces conditions, il n’est pas exclu que certains, au pouvoir, soient amenés à agir autrement et plus loin qu’ils ne l’auraient voulu, que d’autres, dans l’opposition, le soient aussi en ce qui concerne leurs intentions. Les uns et les autres un peu poussés par les circonstances, et beaucoup par les réactions auxquelles ils devront faire face. Cela s’est déjà vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : On n’a pas encore tout vu</h2>
<p>Certaines réactions aux récents épisodes de la crise actuelle, s’appuyant sur la conviction que l’oligarchie financière est décidée à tout pour conserver son pouvoir, prennent pour acquis que celle-ci a déjà gagné, et qu’elle va pouvoir recommencer ses affaires comme avant. Que nous sommes condamnés à apurer son passif, puis à en faire à nouveau les frais. En d’autres termes, que le pire nous est garanti.</p>
<p>Certes, il n’est pas impossible que cela se termine ainsi, mais n’est-il pas un peu prématuré de le décréter déjà, comme si la boucle était déjà bouclée ? L’histoire n’est pas finie, on n’a pas encore tout vu.</p>
<p>L’embellie boursière que l’on enregistre actuellement, une sorte de feu de paille, n’est pas destinée à durer et ne durera pas. Elle prépare même des lendemains qui déchantent pour ceux qui ne se retireront du jeu pas à temps. Les discours sur les signes incontestables de la reprise à venir vont quant à eux s’user, à force d’être prononcés sans que celle-ci n’intervienne. Une inflexion est déjà perceptible dans les discours, mettant l’accent sur la longueur de la crise. Enfin, et surtout, les actifs toxiques ne vont pas comme par enchantement prendre des couleurs, libérant d’autant les banques, hôtes de ces encombrants invités.</p>
<p>Tout au contraire, le poids de la crise économique va peser plus encore sur les établissements financiers. Les banques vont-elles pouvoir continuer à surfer sur la crise, seules en bonne santé dans un environnement de malades, en s’alimentant uniquement sur des dépouilles ? Les actifs toxiques vont continuer de paralyser le système bancaire, les banques centrales les tenant toujours à bout de bras, mais pouvant un jour devoir se retourner vers les Etats, afin de soulager leurs bilans déséquilibrés par des contreparties qu’elles acceptent sans sourciller, de plus en plus douteuses. Les banques centrales, dont la BCE désormais, vont continuer de battre monnaie, se substituant de plus en plus largement au système bancaire afin de tenter de soutenir l’économie. Des recapitalisations bancaires seront à nouveau nécessaires, ainsi que l’adoption de nouvelles mesures de soutien et de relance, accroissant les déficits des Etats et leur dette, amenés à la financer, ou la refinancer, à des taux de plus en plus élevés. Le FMI et ses collègues institutionnels vont être de plus en plus sollicités par certains Etats au bord de la banqueroute, et il faudra leur trouver de nouveaux relais de financement pour y faire face.</p>
<p><span></span>Il va falloir se rendre à l’évidence : quand bien même la question des actifs toxiques serait réglée (elle est loin de l’être), l’absence d’un moteur mondial de la croissance resterait entière. Ni la consommation des classes moyennes américaines, dont il était fait si grand cas, ni celle des paysans chinois, dont on voudrait bien qu’elle prenne le relais, ne vont être demain ou après-demain au rendez-vous. Les calculs qui sont actuellement faits sur cette base n’y résisteront pas, la machine ne repartira pas ainsi.</p>
<p>Voilà ce qu’a déclaré, sur la chaîne publique de télévision PBS, vendredi soir dernier, Tim Geithner, secrétaire au Trésor : « Les choses se stabilisent un peu. Les marchés financiers vont légèrement mieux, les taux d’intérêt ont baissé, les marchés du crédit se rouvrent, et c’est un début important aussi ». Il est « important de se concentrer sur ce qui s’améliore ». Interrogé sur la possibilité que la reprise économique soit très tardive, il a répondu : « C’est le risque. Les économistes s’inquiètent généralement qu’une récession qui arrive après une période où les gens ont trop emprunté, où les banques ont pris trop de risques, provoque une reprise plus lente, plus longue, parce qu’il va falloir que les gens réduisent leur dette, et ils vont devoir épargner plus ». Tout en affirmant « Mais nous allons faire tout ce que nous pouvons pour nous assurer que nous revenons sur les rails ». Il n’est pas nécessaire de lire entre les lignes, il faut « se concentrer sur ce qui s’améliore », car pour le reste…</p>
<p>Un programme très chargé attend en effet le Trésor, le FDIC et la Fed. A partir de juin, de premiers programmes tests d’achat d’actifs toxiques, prêts immobiliers et produits dérivés notamment, devraient être comme annoncé, lancés. Une échéance qui va précéder la date butoir de la période au sein de laquelle les banques déclarées dans le besoin doivent se recapitaliser. Toute une palette d’autres mesures seraient également à l’étude, afin de soutenir en premier lieu les compagnies d’assurance et les municipalités, très éprouvées, mais également les écoles, les hôpitaux et le « small business », en leur permettant de contracter des prêts à moindre coût. Les enveloppes et les modalités ne sont pas encore connues, mais ces nouveaux programmes vont mettre à nouveau à contribution les fonds publics, directement ou indirectement. Sans qu’il soit nécessaire de rappeler le dossier de l’industrie automobile, qui est loin d’être refermé. Nul ne peut dire quand cette course poursuite va trouver sa fin, ni ce qu’elle sera.</p>
<p>En Europe, il commence à être admis, mais du bout des lèvres, que les banques y sont peut-être encore plus cachottières que leurs consœurs américaines. Il va bien falloir prendre à bras le corps leur situation, la relance américaine n’intervenant pas, l’espoir que de nombreux actifs plombés reprennent prochainement de la valeur s’évanouissant. A la différence des Etats-Unis, la dégringolade des banques n’a pas été brutale, en chute libre comme vient de le dire Joseph Stiglitz. Les situations qui étaient les plus alarmantes ont été déjà affrontées dans l’urgence. Il était possible de prendre son temps pour voir venir, pensait-on. Va-t-il pouvoir longtemps encore en être ainsi, alors que le système bancaire allemand ou français donne des signes prononcés de faiblesse ? Alors que la situation britannique est alarmante et que de nombreux pays de l’Est sont extrêmement fragilisés ?</p>
<p>Nous sommes entrés dans l’acte II de la crise, sans que cela soit encore annoncé. Il va devoir être reconnu petit à petit que la crise sera plus longue que prévu et que l’on risque même de s’y installer un peu. Ses effets vont alors se faire de plus en plus ressentir. Leur traduction sociale et politique également. Dans ces conditions, il n’est pas exclu que certains, au pouvoir, soient amenés à agir autrement et plus loin qu’ils ne l’auraient voulu, que d’autres, dans l’opposition, le soient aussi en ce qui concerne leurs intentions. Les uns et les autres un peu poussés par les circonstances, et beaucoup par les réactions auxquelles ils devront faire face. Cela s’est déjà vu.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2554</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2009 13:21:32 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Des stress tests bien tranquilles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Où va parfois se nicher la confiance ? Dix des principales institutions financières américaines, sur les dix-neuf étudiées, sont sommées par le Trésor US de se recapitaliser à hauteur de presque 75 milliards de dollars dans les six mois qui viennent, sous peine que l’Etat ne le fasse à leur place, et voilà que les financières (les valeurs boursières des sociétés financières) s’envolent à Wall Street et que les émissions obligataires des banques déclarées dans le besoin s’arrachent comme des petits pains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande bien pourquoi. Est-ce pour les aider à éviter à tout prix la poursuite d’une nationalisation rampante et inavouée du système bancaire américain, déjà bien engagée, puis de leur permettre, au contraire, de rembourser au plus vite cet argent gouvernemental qui semble brûler leurs salles des coffres ? Ne serait-ce pas, plutôt que d’invoquer ces nobles raisons idéologiques, à cause des affaires que ces mêmes banques annoncent, profitant des opportunités de la crise après l’avoir crée, afin d’en partager les bienfaits ? Se ruant sur le seul secteur de l’économie qui ne soit pas en crise, tout du moins officiellement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce n’est tout de même pas pour saluer les chiffres américains du chômage, qui continue de se développer à vive allure, même si certains commentaires mettent en exergue qu’il chute moins vite qu’avant pour annoncer que cela va mieux. En avril, 539.000 emplois ont été « perdus », le taux de chômage a grimpé à 8,9%. La décélération de la chute de l’emploi doit être très relativisée, si l’on prend en compte que 72.000 emplois ont été crées en avril par l’Etat, en contrepartie de la destruction de 611.000 emplois par le privé. Ni pour se féliciter des 4,5 milliards de dollars que l’assureur AIG vient encore d’annoncer avoir perdu au 1er trimestre. Ou bien des 23,2 milliards que Fannie Mae, l’organisme américain de titrisation hypothécaire, a lui aussi perdu durant la même période. Une amélioration encourageante, elle aussi, car il en avait perdu 25,2 milliards trois mois plus tôt. Ni, enfin, à cause de la chute du crédit à la consommation, qui s’accentue, son encours reculant de 5,2% en rythme annuel par rapport à février, selon les chiffres corrigés des variations saisonnières de la Fed. Il a chuté de 11,1 milliards de dollars en mars par rapport au mois précédent, un record dans des annales établies depuis 1943. La consommation des ménages, largement financée par le crédit à la consommation, est le principal moteur de la croissance américaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;« En dépit de signaux contrastés (…), le sens commun nous dit que l’on approche d’un retournement » de la situation économique a déclaré hier Kenneth Lewis, PDG de la Bank of America (BofA), commentant les résultats des tests qui font de sa banque la dernière de la classe. On cherche vainement ces signaux. Y croire n’est plus la manifestation d’une foi de charbonnier, mais de la parole d’un banquier. Ben Bernanke, le président de la Fed, a de son côté estimé que les résultats des tests « devraient rassurer considérablement les investisseurs et l’opinion ». Pour les investisseurs, il semblerait que cela soit en de bonnes voies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph Stiglitz, à l’occasion d’une conférence au Portugal, a dit aujourd’hui ce qu’il fallait penser de ces déclarations, sans y faire référence : « Nous passons d’une situation extrême de chute libre à seulement une profonde récession ». Ajoutant, « je comprends que les hommes politiques veuillent transmettre un sentiment de confiance, mais la confiance doit se baser sur un certain degré de réalité et la réalité n’est pas favorable ». Puis il a conclu par un pronostic pire que cette appréciation de la conjoncture, expliquant que le modèle d’une économie mondiale tirée par le consommateur américain était révolu, sans préciser quel modèle allait selon lui s’y substituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, que faut-il penser du résultat des tests qui n’ait déjà été dit et redit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu qu’ils ne sont pas exagérément crédibles, et cela pour deux principales raisons. Parce que, mesurant la capacité des institutions financières à résister à une situation économique encore détériorée dans les deux ans qui viennent, ils ne prennent en compte qu’une diminution du PIB américain de 3,3% cette année, alors qu’elle est déjà établie à 6,6% en rythme annuel. Et parce qu’ils contredisent les estimations du FMI, selon lesquelles les banques américaines avaient besoin d’être recapitalisées à hauteur de 275 milliards de dollars d’ici 2010, les résultats annoncés s’en tenant à 75 milliards. C’est une différence que l’on peut difficilement expliquer par des questions « méthodologiques », comme Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, avait tenté d’expliquer il y a quelque temps, en vue de minimiser le chiffrage du FMI à propos de l’Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, que l’exercice de transparence qui a été tenté a donné prise à de trop nombreuses contestations pour être crédible et qu’il apparaît pour ce qu’il est, plus une tentative de masquer la réalité que de la dévoiler. Il est abondamment relevé que les obligations de recapitalisation qui résultent officiellement du test ne devraient pas nécessiter de nouveaux apports financiers publics, et qu’elles vont au contraire permettre de faire la démonstration que ce sont les investisseurs privés qui sont la solution (les deux objectifs recherchés avant même qu’ils n’aient été engagés), à condition qu’on leur laisse les mains libres, bien évidemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisième lieu, que les tests ne révèlent rien de l’ampleur des actifs toxiques détenus par les établissements financiers dont les bilans ont été étudiés, alors qu’il est établi que c’est le principal problème de cette crise financière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quatrième et dernier lieu, que la partie n’est pas gagnée pour autant. Quand on examine la manière dont les banques annoncent vouloir répondre aux exigences du Trésor, on ne peut que remarquer que leur plan de financement fait partiellement appel, dans de nombreux cas, à une anticipation de leurs profits dans les mois qui viennent. Il faudra donc que ceux-ci se réalisent pour que la démonstration finale soit accomplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une autre remarque peut être faite, qui dépasse le contexte américain. La publication des résultats des tests avait fait l’objet de discussions au sein de l’administration Obama, et on dit que la Fed n’y était pas favorable. La volonté d’en faire une arme politique a prévalu, on verra avec quel succès ultérieurement. En Europe, au contraire, c’est la fameuse omerta qui prévaut, un point c’est tout. Sauf en RFA, en raison d’une fuite malencontreuse dans la presse. En France, des tests ont bien été effectués, mais rien de leurs résultats n’a filtré. On attend toujours, à ce propos, des réactions du gouverneur de la Banque de France, ou du ministre des finances, en d’autres occasions nettement plus prolixes, à propos des pertes déclarées par la Société Générale au cours du 1er trimestre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons le mot de la fin à des banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À Vikram Pandit, directeur général de Citigroup, qui a affirmé sa volonté de procéder au remboursement « aussi vite que possible » des fonds du TARP (le programme gouvernemental de soutien aux établissements financiers). « Nous ne considérons pas le remboursement du TARP comme une autorisation pour revenir à nos anciennes pratiques d’affaires », a-t-il cru devoir préciser, au cas où certains mauvais esprits voudraient lui en faire grief.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Ken Lewis, directeur général de Bank of America : « Nous sommes à l’aise avec notre niveau de capitalisation actuel », a-t-il affirmé affectant l’insouciance, soulignant que les tests gouvernementaux reposaient sur des hypothèses économiques très pessimistes. Sa banque a pourtant touché le gros lot, devant se recapitaliser à hauteur de 39,9 milliards de dollars, suite à des tests reposant sur des estimations considérées par ailleurs comme bien optimistes…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Des stress tests bien tranquilles</h2>
<p>Où va parfois se nicher la confiance ? Dix des principales institutions financières américaines, sur les dix-neuf étudiées, sont sommées par le Trésor US de se recapitaliser à hauteur de presque 75 milliards de dollars dans les six mois qui viennent, sous peine que l’Etat ne le fasse à leur place, et voilà que les financières (les valeurs boursières des sociétés financières) s’envolent à Wall Street et que les émissions obligataires des banques déclarées dans le besoin s’arrachent comme des petits pains.</p>
<p>On se demande bien pourquoi. Est-ce pour les aider à éviter à tout prix la poursuite d’une nationalisation rampante et inavouée du système bancaire américain, déjà bien engagée, puis de leur permettre, au contraire, de rembourser au plus vite cet argent gouvernemental qui semble brûler leurs salles des coffres ? Ne serait-ce pas, plutôt que d’invoquer ces nobles raisons idéologiques, à cause des affaires que ces mêmes banques annoncent, profitant des opportunités de la crise après l’avoir crée, afin d’en partager les bienfaits ? Se ruant sur le seul secteur de l’économie qui ne soit pas en crise, tout du moins officiellement ?</p>
<p>Car ce n’est tout de même pas pour saluer les chiffres américains du chômage, qui continue de se développer à vive allure, même si certains commentaires mettent en exergue qu’il chute moins vite qu’avant pour annoncer que cela va mieux. En avril, 539.000 emplois ont été « perdus », le taux de chômage a grimpé à 8,9%. La décélération de la chute de l’emploi doit être très relativisée, si l’on prend en compte que 72.000 emplois ont été crées en avril par l’Etat, en contrepartie de la destruction de 611.000 emplois par le privé. Ni pour se féliciter des 4,5 milliards de dollars que l’assureur AIG vient encore d’annoncer avoir perdu au 1er trimestre. Ou bien des 23,2 milliards que Fannie Mae, l’organisme américain de titrisation hypothécaire, a lui aussi perdu durant la même période. Une amélioration encourageante, elle aussi, car il en avait perdu 25,2 milliards trois mois plus tôt. Ni, enfin, à cause de la chute du crédit à la consommation, qui s’accentue, son encours reculant de 5,2% en rythme annuel par rapport à février, selon les chiffres corrigés des variations saisonnières de la Fed. Il a chuté de 11,1 milliards de dollars en mars par rapport au mois précédent, un record dans des annales établies depuis 1943. La consommation des ménages, largement financée par le crédit à la consommation, est le principal moteur de la croissance américaine.</p>
<p><span></span>« En dépit de signaux contrastés (…), le sens commun nous dit que l’on approche d’un retournement » de la situation économique a déclaré hier Kenneth Lewis, PDG de la Bank of America (BofA), commentant les résultats des tests qui font de sa banque la dernière de la classe. On cherche vainement ces signaux. Y croire n’est plus la manifestation d’une foi de charbonnier, mais de la parole d’un banquier. Ben Bernanke, le président de la Fed, a de son côté estimé que les résultats des tests « devraient rassurer considérablement les investisseurs et l’opinion ». Pour les investisseurs, il semblerait que cela soit en de bonnes voies.</p>
<p>Joseph Stiglitz, à l’occasion d’une conférence au Portugal, a dit aujourd’hui ce qu’il fallait penser de ces déclarations, sans y faire référence : « Nous passons d’une situation extrême de chute libre à seulement une profonde récession ». Ajoutant, « je comprends que les hommes politiques veuillent transmettre un sentiment de confiance, mais la confiance doit se baser sur un certain degré de réalité et la réalité n’est pas favorable ». Puis il a conclu par un pronostic pire que cette appréciation de la conjoncture, expliquant que le modèle d’une économie mondiale tirée par le consommateur américain était révolu, sans préciser quel modèle allait selon lui s’y substituer.</p>
<p>Alors, que faut-il penser du résultat des tests qui n’ait déjà été dit et redit ?</p>
<p>En premier lieu qu’ils ne sont pas exagérément crédibles, et cela pour deux principales raisons. Parce que, mesurant la capacité des institutions financières à résister à une situation économique encore détériorée dans les deux ans qui viennent, ils ne prennent en compte qu’une diminution du PIB américain de 3,3% cette année, alors qu’elle est déjà établie à 6,6% en rythme annuel. Et parce qu’ils contredisent les estimations du FMI, selon lesquelles les banques américaines avaient besoin d’être recapitalisées à hauteur de 275 milliards de dollars d’ici 2010, les résultats annoncés s’en tenant à 75 milliards. C’est une différence que l’on peut difficilement expliquer par des questions « méthodologiques », comme Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, avait tenté d’expliquer il y a quelque temps, en vue de minimiser le chiffrage du FMI à propos de l’Europe.</p>
<p>En second lieu, que l’exercice de transparence qui a été tenté a donné prise à de trop nombreuses contestations pour être crédible et qu’il apparaît pour ce qu’il est, plus une tentative de masquer la réalité que de la dévoiler. Il est abondamment relevé que les obligations de recapitalisation qui résultent officiellement du test ne devraient pas nécessiter de nouveaux apports financiers publics, et qu’elles vont au contraire permettre de faire la démonstration que ce sont les investisseurs privés qui sont la solution (les deux objectifs recherchés avant même qu’ils n’aient été engagés), à condition qu’on leur laisse les mains libres, bien évidemment.</p>
<p>En troisième lieu, que les tests ne révèlent rien de l’ampleur des actifs toxiques détenus par les établissements financiers dont les bilans ont été étudiés, alors qu’il est établi que c’est le principal problème de cette crise financière.</p>
<p>En quatrième et dernier lieu, que la partie n’est pas gagnée pour autant. Quand on examine la manière dont les banques annoncent vouloir répondre aux exigences du Trésor, on ne peut que remarquer que leur plan de financement fait partiellement appel, dans de nombreux cas, à une anticipation de leurs profits dans les mois qui viennent. Il faudra donc que ceux-ci se réalisent pour que la démonstration finale soit accomplie.</p>
<p>Mais une autre remarque peut être faite, qui dépasse le contexte américain. La publication des résultats des tests avait fait l’objet de discussions au sein de l’administration Obama, et on dit que la Fed n’y était pas favorable. La volonté d’en faire une arme politique a prévalu, on verra avec quel succès ultérieurement. En Europe, au contraire, c’est la fameuse omerta qui prévaut, un point c’est tout. Sauf en RFA, en raison d’une fuite malencontreuse dans la presse. En France, des tests ont bien été effectués, mais rien de leurs résultats n’a filtré. On attend toujours, à ce propos, des réactions du gouverneur de la Banque de France, ou du ministre des finances, en d’autres occasions nettement plus prolixes, à propos des pertes déclarées par la Société Générale au cours du 1er trimestre 2009.</p>
<p>Laissons le mot de la fin à des banquiers.</p>
<p>À Vikram Pandit, directeur général de Citigroup, qui a affirmé sa volonté de procéder au remboursement « aussi vite que possible » des fonds du TARP (le programme gouvernemental de soutien aux établissements financiers). « Nous ne considérons pas le remboursement du TARP comme une autorisation pour revenir à nos anciennes pratiques d’affaires », a-t-il cru devoir préciser, au cas où certains mauvais esprits voudraient lui en faire grief.</p>
<p>A Ken Lewis, directeur général de Bank of America : « Nous sommes à l’aise avec notre niveau de capitalisation actuel », a-t-il affirmé affectant l’insouciance, soulignant que les tests gouvernementaux reposaient sur des hypothèses économiques très pessimistes. Sa banque a pourtant touché le gros lot, devant se recapitaliser à hauteur de 39,9 milliards de dollars, suite à des tests reposant sur des estimations considérées par ailleurs comme bien optimistes…</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2494</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2009 12:37:11 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Salades financières de saison&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les nouvelles qui sont intervenues ces tous derniers jours, quelle pourrait être est la plus marquante ? Toutes concourent à décrire une situation qui continue d’être marquée par une forte incertitude à propos de ce que réserve l’avenir, proche et lointain. Mais quelle est celle qui émerge du lot ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il mettre en exergue le fait que la BCE, déjouant les pronostics, se lance finalement à son tour et sans plus tarder dans l’achat d’obligations dites « sécurisées », pour 60 milliards d’euros, et rejoint ainsi ses camarades britannique et américaine dans la mise en œuvre de mesures « non conventionnelles » ? Que l’Etat allemand ne parvient pas à racheter les actions de la banque HRE, afin de la prendre sous contrôle majoritaire d’abord, puis de la sauver en la recapitalisant, une fois celle-ci nationalisée, faisant tout ce qui est possible afin de ne pas devoir se résoudre\ à une abominable expropriation ? Que les syndicats ouvriers sont devenus les premiers actionnaires de Chrysler et que General Motors sera détenu à plus de 50% par le Trésor US (89% du capital avec les syndicats), dans le cas très possible d’un dépôt de bilan ? Que Lula, le président brésilien qui va à Pékin prochainement, annonce qu’il va y proposer que les échanges commerciaux avec la Chine se fassent désormais dans la monnaie de l’un ou de l’autre pays, excluant le dollar ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien que la Société Générale annonce par surprise des pertes au 1er trimestre (et l’emprunt de 1,7 milliards d’euros à l’Etat), tandis que la BNP Paribas déclare au contraire des bénéfices (cherchez l’erreur) ? Les commentateurs s’interrogent sur la suite, en ce qui concerne la Société Générale, qui pourrait bien devenir, après Natixis, le second grand malade bancaire français. Que le réassureur Swiss Ré parvient également à présenter des comptes bénéficiaires, que certains analystes jugent publiquement « surprenants », ce qui n’est pas dans les habitudes de la profession ? Ou encore que Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, déclare, lui aussi de manière inhabituelle: « Nous allons vers une crise sociale », ajoutant pour bien se faire comprendre : « la crise jette dans le désespoir des millions d’Européens, il ne faut pas sous-estimer le caractère explosif de cette recrudescence du chômage » ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Est-il étonnant que Hans-Rudolf Merz, ministre suisse des finances accueille à Berne Tharman Shanmugaratnam, son homologue singapourien, afin de mettre en place un front commun et de défendre le secret bancaire, excluant d’accepter les demandes d’échange automatique d’information en matière fiscale qui, selon eux, tout simplement, « n’entrent pas en ligne de compte » ? Ou que Peer Steinbrück, le ministre des Finances allemand, critique à nouveau la Suisse et le Liechstenstein, pays qui selon lui « encouragent » l’évasion fiscale des citoyens allemands ? Suscitant de nouvelles réactions indignées, l’amenant par la suite à mettre les points sur les « i » : l’évasion fiscale « n’est pas le fait de l’ouvrier métallurgiste payé au salaire minimum ou de la caissière qui élève seule son enfant avec moins de 1.000 euros par mois, mais c’est le fait d’autres couches de la population, de gens soumis à d’autres tranches d’imposition, et qui doivent pouvoir être désignés nommément sans que cela provoque de polémique ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien plus important de relever que Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, le parti majoritaire français, juge « hallucinant » le projet de directive européenne sur les fonds spéculatifs du commissaire irlandais Charlie McCreevy, qui s’est fait beaucoup prier pour la rédiger et qui envisage maintenant de permettre à des fonds domiciliés dans des paradis fiscaux d’être autorisés à fonctionner en Europe, sur demande de leur part. José Manuel Barroso, président de la Commission de Bruxelles, a d’ailleurs fait preuve de la clairvoyance dont il est coutumier en défendant son commissaire et le projet de directive : « Il faut éviter d’aller trop loin dans un sens qui pourrait réduire la créativité et l’innovation des marchés financiers et donner en même temps des assurances claires que nous voulons réglementer le secteur des marchés financiers, qui pose problème ». Il a aussi déclaré, en employant un argument destiné à clore sans appel la discussion : « Je pense que c’est une proposition très équilibrée ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou de prendre la mesure d’un autre dossier de la régulation. Christine Lagarde, ministre française des Finances venant ainsi de se déclarer « particulièrement frustrée » à propos de l’assouplissement des normes comptables, réclamée jusqu’à maintenant en pure perte à l’IASB, l’organisme international qui détermine les normes comptables en Europe. Alors que son homologue américain, le FASB, a agi dans des délais records, assouplissant les règles d’évaluation des actifs afin de soulager les bilans des banques américaines. Les freins sont multiples et les grandes déclarations du G20 bonnes à remplir, comme autant de bonnes résolutions pour plus tard, les journaux intimes de ceux qui les ont proférées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sera pas vraiment étonné, par contre, que la Fed a rejeté une demande du sénateur démocrate Charles Schumer, demandant à celle-ci de forcer les compagnies émettrices de cartes de crédit de cesser immédiatement de pratiquer des hausses rétroactives des taux d’intérêts sur les sommes dues par leurs détenteurs. D’après Ben Bernanke, président de la Fed, une telle action de la Fed pourrait en effet avoir comme conséquence néfaste que ces compagnies coupent le crédit de certains consommateurs ! Le même, essayant de présenter au mieux la situation, explique que « les données récentes laissent présager que le rythme de la contraction de l’activité pourrait être en train de ralentir ». Précisant : « nous prévoyons que la reprise ne gagne en intensité que graduellement et que la mollesse de l’activité diminue lentement ». Il en découle selon lui que, « les entreprises devraient se montrer prudentes dans leurs embauches » et que « le taux de chômage pourrait par conséquent rester élevé pendant un certain temps, même une fois que l’économie se sera reprise ». Gary Stern, le président de la Fed de Minneapolis, s’est montré encore moins optimiste, parlant lui aussi des perspectives économiques des prochains mois : « le niveau de l’emploi pourrait bien continuer à baisser dans les secteurs qui se contractent — la finance, le BTP, l’automobile — même s’il se redresse ailleurs ». Dans ces conditions, les émetteurs de cartes de crédit vont pouvoir améliorer sérieusement leurs marges : voilà la bonne nouvelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s’inquiétera tout de même, vu ce climat, du sort qui sera finalement réservé aux mesures annoncés lundi dernier par Barack Obama, expliquant qu’« Il faudra du temps pour réparer les dégâts causés par des dispositions que des lobbyistes et les représentants d’intérêts particuliers ont introduites subrepticement dans notre code des impôts ». Explicitant ses propos, le président américain a notamment précisé vouloir supprimer les failles légales qui permettent aux entreprises américaines d’économiser des milliards de dollars d’impôts via des filiales étrangères domiciliées dans des paradis fiscaux qui n’apparaissent pas dans leurs déclarations fiscales. Mais, il faudra du temps, comme il l’annonce, d’autant que les premières réactions des grandes sociétés américaines laissent présager un lobbying intense auprès du Congrès, l’un des centres du pouvoir de l’oligarchie financière. On a vu ce qui est sorti de leur moulinette dernièrement, à propos de la loi concernant la renégociation des prêts hypothécaires voulue par le même Barack Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On attendra avec impatience, tout de même, les mesures que devrait prendre la SEC, l’organisme régulateur américain, à propos des ventes à découvert, qui continuent de sévir actuellement, après avoir été interdites sur les valeurs financières durant quelques semaines l’année dernières, puis rétablies. D’autant plus que l’on aura enregistré la déclaration de Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, estimant lundi dernier qu’« il y encore beaucoup trop de banques aux Etats-Unis (…) Certaines sont bonnes dans ce qu’elles font, mais beaucoup ne seront pas capables de survivre, et je crois que vous allez assister à une consolidation », a souligné M. Dimon. Il a précisé que sa banque allait participer à cette consolidation et même l’ « accélérer », s’intéressant également au Brésil, à l’Inde et à la Chine dans ce même domaine. On sait comment des déconfitures peuvent être précipitées, grâce aux ventes à découvert, et on a également noté, comment certaines banques annonçaient de bons résultats financiers. Pouvant se demander, en additionnant les deux, si ce n’est pas avec l’argent notamment gagné par ces opérations de vente à découvert, que ces banques pouvaient ensuite acheter les dépouilles des banques qu’elles ont contribué à couler. La concentration au sein du système bancaire se précise donc, faisant de ses composantes à venir, plus que jamais, des entités « too big to fail », en mesure d’imposer aux pouvoirs publics leur loi. Ce n’est pas la meilleure nouvelle de ces derniers jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne nous restera, sans avoir tranché, à attendre le résultat des &lt;em&gt;stress tests&lt;/em&gt;, qui devrait être rendu public la nuit prochaine en Europe, convaincus que cette nouvelle sera moins importante que tout ce qui précède.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Salades financières de saison</h2>
<p>Dans toutes les nouvelles qui sont intervenues ces tous derniers jours, quelle pourrait être est la plus marquante ? Toutes concourent à décrire une situation qui continue d’être marquée par une forte incertitude à propos de ce que réserve l’avenir, proche et lointain. Mais quelle est celle qui émerge du lot ?</p>
<p>Faut-il mettre en exergue le fait que la BCE, déjouant les pronostics, se lance finalement à son tour et sans plus tarder dans l’achat d’obligations dites « sécurisées », pour 60 milliards d’euros, et rejoint ainsi ses camarades britannique et américaine dans la mise en œuvre de mesures « non conventionnelles » ? Que l’Etat allemand ne parvient pas à racheter les actions de la banque HRE, afin de la prendre sous contrôle majoritaire d’abord, puis de la sauver en la recapitalisant, une fois celle-ci nationalisée, faisant tout ce qui est possible afin de ne pas devoir se résoudre\ à une abominable expropriation ? Que les syndicats ouvriers sont devenus les premiers actionnaires de Chrysler et que General Motors sera détenu à plus de 50% par le Trésor US (89% du capital avec les syndicats), dans le cas très possible d’un dépôt de bilan ? Que Lula, le président brésilien qui va à Pékin prochainement, annonce qu’il va y proposer que les échanges commerciaux avec la Chine se fassent désormais dans la monnaie de l’un ou de l’autre pays, excluant le dollar ?</p>
<p>Ou bien que la Société Générale annonce par surprise des pertes au 1er trimestre (et l’emprunt de 1,7 milliards d’euros à l’Etat), tandis que la BNP Paribas déclare au contraire des bénéfices (cherchez l’erreur) ? Les commentateurs s’interrogent sur la suite, en ce qui concerne la Société Générale, qui pourrait bien devenir, après Natixis, le second grand malade bancaire français. Que le réassureur Swiss Ré parvient également à présenter des comptes bénéficiaires, que certains analystes jugent publiquement « surprenants », ce qui n’est pas dans les habitudes de la profession ? Ou encore que Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, déclare, lui aussi de manière inhabituelle: « Nous allons vers une crise sociale », ajoutant pour bien se faire comprendre : « la crise jette dans le désespoir des millions d’Européens, il ne faut pas sous-estimer le caractère explosif de cette recrudescence du chômage » ?</p>
<p><span></span>Est-il étonnant que Hans-Rudolf Merz, ministre suisse des finances accueille à Berne Tharman Shanmugaratnam, son homologue singapourien, afin de mettre en place un front commun et de défendre le secret bancaire, excluant d’accepter les demandes d’échange automatique d’information en matière fiscale qui, selon eux, tout simplement, « n’entrent pas en ligne de compte » ? Ou que Peer Steinbrück, le ministre des Finances allemand, critique à nouveau la Suisse et le Liechstenstein, pays qui selon lui « encouragent » l’évasion fiscale des citoyens allemands ? Suscitant de nouvelles réactions indignées, l’amenant par la suite à mettre les points sur les « i » : l’évasion fiscale « n’est pas le fait de l’ouvrier métallurgiste payé au salaire minimum ou de la caissière qui élève seule son enfant avec moins de 1.000 euros par mois, mais c’est le fait d’autres couches de la population, de gens soumis à d’autres tranches d’imposition, et qui doivent pouvoir être désignés nommément sans que cela provoque de polémique ».</p>
<p>Ou bien plus important de relever que Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, le parti majoritaire français, juge « hallucinant » le projet de directive européenne sur les fonds spéculatifs du commissaire irlandais Charlie McCreevy, qui s’est fait beaucoup prier pour la rédiger et qui envisage maintenant de permettre à des fonds domiciliés dans des paradis fiscaux d’être autorisés à fonctionner en Europe, sur demande de leur part. José Manuel Barroso, président de la Commission de Bruxelles, a d’ailleurs fait preuve de la clairvoyance dont il est coutumier en défendant son commissaire et le projet de directive : « Il faut éviter d’aller trop loin dans un sens qui pourrait réduire la créativité et l’innovation des marchés financiers et donner en même temps des assurances claires que nous voulons réglementer le secteur des marchés financiers, qui pose problème ». Il a aussi déclaré, en employant un argument destiné à clore sans appel la discussion : « Je pense que c’est une proposition très équilibrée ».</p>
<p>Ou de prendre la mesure d’un autre dossier de la régulation. Christine Lagarde, ministre française des Finances venant ainsi de se déclarer « particulièrement frustrée » à propos de l’assouplissement des normes comptables, réclamée jusqu’à maintenant en pure perte à l’IASB, l’organisme international qui détermine les normes comptables en Europe. Alors que son homologue américain, le FASB, a agi dans des délais records, assouplissant les règles d’évaluation des actifs afin de soulager les bilans des banques américaines. Les freins sont multiples et les grandes déclarations du G20 bonnes à remplir, comme autant de bonnes résolutions pour plus tard, les journaux intimes de ceux qui les ont proférées.</p>
<p>On ne sera pas vraiment étonné, par contre, que la Fed a rejeté une demande du sénateur démocrate Charles Schumer, demandant à celle-ci de forcer les compagnies émettrices de cartes de crédit de cesser immédiatement de pratiquer des hausses rétroactives des taux d’intérêts sur les sommes dues par leurs détenteurs. D’après Ben Bernanke, président de la Fed, une telle action de la Fed pourrait en effet avoir comme conséquence néfaste que ces compagnies coupent le crédit de certains consommateurs ! Le même, essayant de présenter au mieux la situation, explique que « les données récentes laissent présager que le rythme de la contraction de l’activité pourrait être en train de ralentir ». Précisant : « nous prévoyons que la reprise ne gagne en intensité que graduellement et que la mollesse de l’activité diminue lentement ». Il en découle selon lui que, « les entreprises devraient se montrer prudentes dans leurs embauches » et que « le taux de chômage pourrait par conséquent rester élevé pendant un certain temps, même une fois que l’économie se sera reprise ». Gary Stern, le président de la Fed de Minneapolis, s’est montré encore moins optimiste, parlant lui aussi des perspectives économiques des prochains mois : « le niveau de l’emploi pourrait bien continuer à baisser dans les secteurs qui se contractent — la finance, le BTP, l’automobile — même s’il se redresse ailleurs ». Dans ces conditions, les émetteurs de cartes de crédit vont pouvoir améliorer sérieusement leurs marges : voilà la bonne nouvelle !</p>
<p>On s’inquiétera tout de même, vu ce climat, du sort qui sera finalement réservé aux mesures annoncés lundi dernier par Barack Obama, expliquant qu’« Il faudra du temps pour réparer les dégâts causés par des dispositions que des lobbyistes et les représentants d’intérêts particuliers ont introduites subrepticement dans notre code des impôts ». Explicitant ses propos, le président américain a notamment précisé vouloir supprimer les failles légales qui permettent aux entreprises américaines d’économiser des milliards de dollars d’impôts via des filiales étrangères domiciliées dans des paradis fiscaux qui n’apparaissent pas dans leurs déclarations fiscales. Mais, il faudra du temps, comme il l’annonce, d’autant que les premières réactions des grandes sociétés américaines laissent présager un lobbying intense auprès du Congrès, l’un des centres du pouvoir de l’oligarchie financière. On a vu ce qui est sorti de leur moulinette dernièrement, à propos de la loi concernant la renégociation des prêts hypothécaires voulue par le même Barack Obama.</p>
<p>On attendra avec impatience, tout de même, les mesures que devrait prendre la SEC, l’organisme régulateur américain, à propos des ventes à découvert, qui continuent de sévir actuellement, après avoir été interdites sur les valeurs financières durant quelques semaines l’année dernières, puis rétablies. D’autant plus que l’on aura enregistré la déclaration de Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, estimant lundi dernier qu’« il y encore beaucoup trop de banques aux Etats-Unis (…) Certaines sont bonnes dans ce qu’elles font, mais beaucoup ne seront pas capables de survivre, et je crois que vous allez assister à une consolidation », a souligné M. Dimon. Il a précisé que sa banque allait participer à cette consolidation et même l’ « accélérer », s’intéressant également au Brésil, à l’Inde et à la Chine dans ce même domaine. On sait comment des déconfitures peuvent être précipitées, grâce aux ventes à découvert, et on a également noté, comment certaines banques annonçaient de bons résultats financiers. Pouvant se demander, en additionnant les deux, si ce n’est pas avec l’argent notamment gagné par ces opérations de vente à découvert, que ces banques pouvaient ensuite acheter les dépouilles des banques qu’elles ont contribué à couler. La concentration au sein du système bancaire se précise donc, faisant de ses composantes à venir, plus que jamais, des entités « too big to fail », en mesure d’imposer aux pouvoirs publics leur loi. Ce n’est pas la meilleure nouvelle de ces derniers jours.</p>
<p>Il ne nous restera, sans avoir tranché, à attendre le résultat des <em>stress tests</em>, qui devrait être rendu public la nuit prochaine en Europe, convaincus que cette nouvelle sera moins importante que tout ce qui précède.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2406</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2009 17:49:49 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2406</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Les États, derniers recours des banques centrales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parfois, je me demande si, emporté par mon élan, je ne noircis pas un peu trop mes tableaux de l’actualité. Si je ne retiens pas dans celle-ci que ce qui apporte de l’eau sombre à mon moulin, en écartant le reste. A force de ne jamais a priori prendre les discours pour argent comptant, surtout quand ils sont prononcés par des politiques, et pas davantage les communiqués des entreprises, surtout lorsqu’il s’agit de ceux d’établissements financiers, il y a toujours le risque de substituer à ces repères défaillants des certitudes qui, pour être intellectuellement confortables, n’en risqueraient pas moins de s’avérer fausses. Sans se référer en permanence aux faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, j’ai trouvé un remède à cela, car ces faits sont souvent insaisissables, ou en tout cas difficilement interprétables. Je me précipite vers les pages saumon du Financial Times, et en particulier vers les colonnes de ses éditorialistes et commentateurs. J’y recherche des confirmations, et je les y trouve presque à tous les coups. Je n’aurais jamais cru, si on me l’avait prédit, que la lecture du FT serait pour moi comme une sorte de soulagement et d’encouragement à persévérer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous connaissez déjà Martin Wolf, ou bien Willem Buiter qui, semaine après semaine ne s’en laissent pas compter (sans qu’il soit nécessaire de partager toutes leurs vues), mais lisez-vous Wolfgang Munchau, qui tient également une colonne dans le FT ? Dans son dernier article, daté du 3 mai et titré « L’Europe doit apprendre les leçons de l’expérience japonaise », il prédit qu’une décennie sera nécessaire en Europe, au moins, pour sortir de cette crise. Il s’appuie notamment sur les révélations du Süddeutsche Zeitung, publiant le chiffrage du BAFIN, le régulateur allemand, précédemment évoqué. Ce dernier met en évidence que le montant estimé des dépréciations qui devraient intervenir dans le système financier allemand est de loin supérieur à la somme de sa capitalisation globale et de ses réserves. En d’autres termes, le système financier allemand est tout simplement cassé (broken), si ces chiffres sont exacts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Voici comment Wolfgang Munchau voit les choses, quand il en arrive aux remèdes : « Je me considère comme agnostique quant aux avantages et aux inconvénients de l’assouplissement quantitatif. Qu’il s’agisse de ses effets vis-à-vis des taux d’intérêt à long terme, ou bien des difficultés qui pourraient en résulter pour les banques centrales. Par contre, l’analyse de la crise japonaise m’a fourni la preuve que la solution de la crise est davantage à attendre de la résolution de la crise bancaire que de l’adoption d’une politique d’assouplissement quantitatif. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort de cette remarque autorisée, j’attends donc les résultats de la prochaine réunion de la BCE, qui seront annoncés mercredi prochain. Ce n’est pas une éventuelle nouvelle baisse du principal taux directeur de la zone euro, qui devrait être abaissé à 1%, du jamais vu, qui en sera la principale surprise, car tout le monde s’y attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surprise, c’est que cette décision, si elle est prise, n’aura pas plus d’impact que les précédentes, et on se demande bien, dans ces conditions, quel sens elle peut avoir. Si ce n’est de dire que l’on fait quelque chose et que la situation est dans de bonnes mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise à la disposition des banques de liquidités très bon marché pour des montants illimités, n’a pas eu les effets escomptés, ces dernières restant paralysées par la détention d’actifs toxiques inavoués et insuffisamment dépréciés. Indispensable, car elle est un substitut aux opérations de crédit interbancaire défaillantes et évite l’écroulement du système bancaire, elle n’est porteuse d’aucune dynamique de sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marge dont dispose la BCE pour combattre la récession avec ses instruments conventionnels est donc nulle, même si ce constat dérangeant n’est pas reconnu. L’étape d’après serait logiquement de procéder comme le font déjà les banques centrales britannique ou américaine. Ces dernières créent de la monnaie afin d’acheter des titres de créances ou des obligations. C’est ce que l’on appelle des mesures d’assouplissement quantitatif, qui financent directement les grandes entreprises en court-circuitant les banques, puisque ces dernières ne remplissent plus le rôle que l’on attend d’elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entrons là au cœur du débat feutré qui divise la BCE comme les gouvernements européens. Ce sont, dit-on, les Allemands qui sont les plus opposés à l’adoption de telles mesures, de crainte qu’elles n’enclenchent une logique inflationniste par la suite, qui ne serait pas maîtrisée. Ils semblent pour l’instant avoir gain de cause, considérant non sans raison que ce serait également s’engager dans une fuite en avant, comme l’exemple américain semble le montrer. Faudrait-il alors qu’ils donnent l’exemple en prenant à bras le corps la crise de leur système bancaire, ce qu’ils reculent à faire jusqu’à maintenant, à l’exception du cas de la HRE, car il n’était pas possible de tergiverser sans créer une catastrophe systémique. Ils en font pour l’instant la promesse pour plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes donc là. La BCE, en raison de ses contraintes statutaires, ne peut pas acheter des obligations d’Etat, à l’instar de ses collègues américaine et britannique (tout du moins directement). Par ailleurs, elle ne s’engage toujours pas dans une politique de création monétaire, ne serait-ce que pour intervenir sur le marché obligataire privé. La BCE risquerait au passage d’engranger des contreparties de qualité discutable, s’ajoutant à celles qu’elle accepte en provenance du système bancaire et sur lesquelles on ne sait pas grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de défaut, quel sera le recours dont disposera la banque de dernier recours, si ce n’est de demander aux Etats de lui prêter main forte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous touchons donc, à ce stade de la crise, non seulement aux limites des mesures « conventionnelles » des banques centrales, mais également à celles des mesures « non conventionnelles ». Donc aux limites du rôle que peuvent prétendre jouer dans cette crise les banques centrales elles-mêmes. Il reste à Jean-Claude Trichet, président de la BCE, de lancer dans le vide un énième appel au rétablissement de la confiance et Ben Bernanke, président de la FED, de continuer à apercevoir les lueurs de la future reprise. Nous sommes bien bons de les écouter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste surtout aux gouvernements de s’attaquer enfin à la crise du système bancaire et à ses racines, afin de lancer la « refondation » du capitalisme, puisque tel est leur programme. En imposant aux actionnaires d’assumer leurs responsabilités, pour commencer, car sinon ils n’y parviendront pas. Chiche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Les États, derniers recours des banques centrales</h2>
<p>Parfois, je me demande si, emporté par mon élan, je ne noircis pas un peu trop mes tableaux de l’actualité. Si je ne retiens pas dans celle-ci que ce qui apporte de l’eau sombre à mon moulin, en écartant le reste. A force de ne jamais a priori prendre les discours pour argent comptant, surtout quand ils sont prononcés par des politiques, et pas davantage les communiqués des entreprises, surtout lorsqu’il s’agit de ceux d’établissements financiers, il y a toujours le risque de substituer à ces repères défaillants des certitudes qui, pour être intellectuellement confortables, n’en risqueraient pas moins de s’avérer fausses. Sans se référer en permanence aux faits.</p>
<p>Au fil du temps, j’ai trouvé un remède à cela, car ces faits sont souvent insaisissables, ou en tout cas difficilement interprétables. Je me précipite vers les pages saumon du Financial Times, et en particulier vers les colonnes de ses éditorialistes et commentateurs. J’y recherche des confirmations, et je les y trouve presque à tous les coups. Je n’aurais jamais cru, si on me l’avait prédit, que la lecture du FT serait pour moi comme une sorte de soulagement et d’encouragement à persévérer.</p>
<p>Vous connaissez déjà Martin Wolf, ou bien Willem Buiter qui, semaine après semaine ne s’en laissent pas compter (sans qu’il soit nécessaire de partager toutes leurs vues), mais lisez-vous Wolfgang Munchau, qui tient également une colonne dans le FT ? Dans son dernier article, daté du 3 mai et titré « L’Europe doit apprendre les leçons de l’expérience japonaise », il prédit qu’une décennie sera nécessaire en Europe, au moins, pour sortir de cette crise. Il s’appuie notamment sur les révélations du Süddeutsche Zeitung, publiant le chiffrage du BAFIN, le régulateur allemand, précédemment évoqué. Ce dernier met en évidence que le montant estimé des dépréciations qui devraient intervenir dans le système financier allemand est de loin supérieur à la somme de sa capitalisation globale et de ses réserves. En d’autres termes, le système financier allemand est tout simplement cassé (broken), si ces chiffres sont exacts.</p>
<p><span></span>Voici comment Wolfgang Munchau voit les choses, quand il en arrive aux remèdes : « Je me considère comme agnostique quant aux avantages et aux inconvénients de l’assouplissement quantitatif. Qu’il s’agisse de ses effets vis-à-vis des taux d’intérêt à long terme, ou bien des difficultés qui pourraient en résulter pour les banques centrales. Par contre, l’analyse de la crise japonaise m’a fourni la preuve que la solution de la crise est davantage à attendre de la résolution de la crise bancaire que de l’adoption d’une politique d’assouplissement quantitatif. »</p>
<p>Fort de cette remarque autorisée, j’attends donc les résultats de la prochaine réunion de la BCE, qui seront annoncés mercredi prochain. Ce n’est pas une éventuelle nouvelle baisse du principal taux directeur de la zone euro, qui devrait être abaissé à 1%, du jamais vu, qui en sera la principale surprise, car tout le monde s’y attend.</p>
<p>La surprise, c’est que cette décision, si elle est prise, n’aura pas plus d’impact que les précédentes, et on se demande bien, dans ces conditions, quel sens elle peut avoir. Si ce n’est de dire que l’on fait quelque chose et que la situation est dans de bonnes mains.</p>
<p>La mise à la disposition des banques de liquidités très bon marché pour des montants illimités, n’a pas eu les effets escomptés, ces dernières restant paralysées par la détention d’actifs toxiques inavoués et insuffisamment dépréciés. Indispensable, car elle est un substitut aux opérations de crédit interbancaire défaillantes et évite l’écroulement du système bancaire, elle n’est porteuse d’aucune dynamique de sortie de crise.</p>
<p>La marge dont dispose la BCE pour combattre la récession avec ses instruments conventionnels est donc nulle, même si ce constat dérangeant n’est pas reconnu. L’étape d’après serait logiquement de procéder comme le font déjà les banques centrales britannique ou américaine. Ces dernières créent de la monnaie afin d’acheter des titres de créances ou des obligations. C’est ce que l’on appelle des mesures d’assouplissement quantitatif, qui financent directement les grandes entreprises en court-circuitant les banques, puisque ces dernières ne remplissent plus le rôle que l’on attend d’elles.</p>
<p>Nous entrons là au cœur du débat feutré qui divise la BCE comme les gouvernements européens. Ce sont, dit-on, les Allemands qui sont les plus opposés à l’adoption de telles mesures, de crainte qu’elles n’enclenchent une logique inflationniste par la suite, qui ne serait pas maîtrisée. Ils semblent pour l’instant avoir gain de cause, considérant non sans raison que ce serait également s’engager dans une fuite en avant, comme l’exemple américain semble le montrer. Faudrait-il alors qu’ils donnent l’exemple en prenant à bras le corps la crise de leur système bancaire, ce qu’ils reculent à faire jusqu’à maintenant, à l’exception du cas de la HRE, car il n’était pas possible de tergiverser sans créer une catastrophe systémique. Ils en font pour l’instant la promesse pour plus tard.</p>
<p>Nous en sommes donc là. La BCE, en raison de ses contraintes statutaires, ne peut pas acheter des obligations d’Etat, à l’instar de ses collègues américaine et britannique (tout du moins directement). Par ailleurs, elle ne s’engage toujours pas dans une politique de création monétaire, ne serait-ce que pour intervenir sur le marché obligataire privé. La BCE risquerait au passage d’engranger des contreparties de qualité discutable, s’ajoutant à celles qu’elle accepte en provenance du système bancaire et sur lesquelles on ne sait pas grand chose.</p>
<p>En cas de défaut, quel sera le recours dont disposera la banque de dernier recours, si ce n’est de demander aux Etats de lui prêter main forte ?</p>
<p>Nous touchons donc, à ce stade de la crise, non seulement aux limites des mesures « conventionnelles » des banques centrales, mais également à celles des mesures « non conventionnelles ». Donc aux limites du rôle que peuvent prétendre jouer dans cette crise les banques centrales elles-mêmes. Il reste à Jean-Claude Trichet, président de la BCE, de lancer dans le vide un énième appel au rétablissement de la confiance et Ben Bernanke, président de la FED, de continuer à apercevoir les lueurs de la future reprise. Nous sommes bien bons de les écouter.</p>
<p>Il reste surtout aux gouvernements de s’attaquer enfin à la crise du système bancaire et à ses racines, afin de lancer la « refondation » du capitalisme, puisque tel est leur programme. En imposant aux actionnaires d’assumer leurs responsabilités, pour commencer, car sinon ils n’y parviendront pas. Chiche !</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2397</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 May 2009 20:49:41 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Les zombies sont au pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A force de suivre les épisodes à rebondissement de l’actualité financière américaine, au prétexte que là se trouve l’épicentre de la crise (avec son corollaire, qu’il en viendra sa solution), il ne faudrait pas négliger celle qui court en Europe, même si elle n’est pas toujours aussi flamboyante. Le FMI a sonné il y a quelques jours le tocsin (le mot n’est pas trop fort), devant ce qui la menace, estimant que le vieux continent était très loin d’avoir accompli tous ses efforts d’assainissement, qui restaient donc devant lui. Dans son dernier « Rapport sur la stabilité financière dans le monde », il a estimé qu’il faudra encore injecter entre 325 milliards et 725 milliards de dollars dans le capital des banques de la zone euro (hors Grande-Bretagne donc) pour les sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble désormais acquis que le système financier américain est, dans son entièreté, dans un état de très fort délabrement. De plus en plus difficile à dissimuler, en dépit de la récente petite embellie boursière dont il a bénéficié à Wall Street, qui ne signifiait pas que les banques ont recouvert la santé, comme on a voulu y croire. A la veille de la publication des « stress tests » du Trésor US, déjà qualifiés de « danse des sept voiles » par des esprits facétieux, il n’en reste pas grand chose. Chaque échéance renvoie à la suivante, c’est pour l’instant du moins sans fin. Cela signifie-t-il pour autant que l’Europe n’est que marginalement touchée ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des banques anglaises et allemandes, néerlandaises et belges, puis suisses (j’espère n’avoir oublié personne), ont les unes après les autres défrayé la chronique ces dernières semaines. Dans cette actualité-là, il pouvait à tort sembler qu’aucun système financier national n’était atteint dans son entier, comme aux USA. L’accent des gouvernants était mis sur la solidité de leurs banques, sans que des informations ne viennent contredire leurs assertions. Des doutes s’exprimaient tout au plus, isolés et minoritaires, des interrogations apparaissaient, réservées à des cénacles d’initiés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;En réalité, c’est l’ensemble du système financier mondial qui est à terre. Les banques centrales, par leurs injections systématiques de liquidités, alimentent l’illusion qu’il fonctionne régulièrement. Ce ne sont pas, ici et là, des banques qui sont devenues des « zombies », comme l’a assené Willem Buiter dans sa chronique du Financial Times, terme qui a depuis fait florès, c’est toute « l’industrie financière » qui peut être en réalité qualifiée ainsi. Elle, qui connaît une déroute sans précédent, cette orgueilleuse qui ne veut toujours pas en rabattre et qui plaque au sol l’activité économique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, les dégâts sont inégalement répartis mais plus l’on approche de ce qui était l’élite du système bancaire et financier international, plus on touche à ce qui étaient ses centres nerveux, à ses grandes places financières, plus ceux-ci sont selon toute probabilité étendus, même s’ils ne sont pas des plus apparents. Masqués grâce à des écritures comptables plus ou moins légales, travestis à grand renfort d’ingénierie financière, planqués dans ces refuges discrets que sont le hors bilan et les « paradis fiscaux » et dans ce cas-là externalisés dans de discrètes filiales, compensés partiellement grâce aux profits que les gros réalisent en mangeant les petits, aux excellentes affaires en tout genre que la crise suscite (dont le « carry trade » qui est de retour), et enfin, en raison de l’argent facile et quasiment gratuit que les banques centrales leur procurent sans compter, les marges opérationnelles des banques s’élargissant en conséquence. Sans oublier les aides sur fonds publics, les souscriptions d’actions, les prêts, les garanties, tout un arsenal mis à disposition sans véritables contreparties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus la surface financière des banques est grande, plus les capacités d’absorption et de dissimulation des scories de leurs dérèglements sont importantes. En d’autres termes, l’arbre a pourri par la tête, pas par les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour revenir à l’Europe, prenons donc le cas de la France, cette quasi miraculée dont on voudrait nous faire une sainte, dont il nous a été dit et redit qu’elle était largement prémunie de ces turpitudes d’origine yankees, faisant dire aux mauvais esprits que nous revivions cette étonnante situation qui avait voulu que le nuage de Tchernobyl s’était en son temps arrêté aux frontières, de part la seule grâce des autorités a-t-on par la suite découvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’OCDE, dont il nous sera accordé qu’elle ne peut être suspectée de complaisance avec les critiques implacables du capitalisme financier qui enflent par ailleurs, vient de rendre public, le 28 avril dernier, son « Etude économique de la France 2009 ». Un exercice rituel, avec un contenu qui en général ne l’est pas moins. A l’exception de quelques petites phrases, et de commentaires de son auteur lors de sa présentation, qui ressemblent bien à des coups de pied de l’âne. Qui n’ont regrettablement pas fait la une de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Il y a clairement des expositions à des institutions et à un certain nombre d’actifs dont l’évaluation est très difficile aujourd’hui, c’est pour ça qu’il faut rester prudent », a déclaré Alain de Serres, co-auteur de l’étude, à propos des bilans des banques françaises. Insistant, en ajoutant, « Il faut rester vigilant (…) tant qu’il y aura des doutes qui pèseront sur le bilan des banques françaises notamment reliées à la question du traitement des actifs toxiques ». La récession expose « les banques à de nouvelles dégradations de leurs actifs alors qu’elles sont déjà fragilisées », bien qu’elles semblent « en meilleure posture que dans d’autres pays » (propos repris par l’AFP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu de chance que les résultats du 1er trimestre 2009 de BNP Paribas et de la Société Générale, qui seront rendus publics mercredi et jeudi prochains, nous éclairent à ce propos. Ces banques ont fait des bénéfices en 2008 et vont continuer à en annoncer d’autres, et alors ? Il faut l’opiniâtreté de certains journalistes (je fais référence à Nicolas Cori, de Libération), pour soulever des lièvres comme cela a été dernièrement le cas à propos de la Société Générale, mais c’est resté, tout du moins pour l’instant, sans lendemain. A aller dénicher, dans des annexes de compte de bilan, certaines valorisations flatteuses d’actifs, qui ont été comme isolés dans des filiales qui ont toute l’apparence de structures de cantonnement dont on ne dit pas le nom. La banque, disent les banquiers, est une affaire complexe. Si l’on veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banque d’investissement Natixis ne peut même plus afficher ce genre de santé. Elle est en toute première ligne, d’après François Pérol, le président du directoire de la Caisse nationale des caisses d’épargne et directeur général de la Banque fédérale des Banques populaires, ses maisons-mère. Elle pourrait en effet avoir à encore déprécier ses actifs illiquides, actuellement inscrits pour une valeur actuelle d’environ 50 milliards d’euros dans ses livres, sans qu’il soit précisé de combien. Natixis, qui a été à ce jour la plus touchée des banques françaises, a en 2008 reconnu 2,8 milliards d’euros de perte, et cela risque de ne se révéler que de la menue monnaie. Les deux réseaux, qui ont déjà dû fusionner pour faire face à leurs propres pertes, sont dans l’incapacité de faire face à cette situation par leurs propres moyens. En décembre dernier, Natixis avait cantonné dans une structure spécifique un « certain nombre d’actifs risqués, totalement illiquides (…) des actifs titrisés, de l’exposition aux réhausseurs de crédit essentiellement américains, de l’exposition à des véhicules sophistiqués » a reconnu, en guise d’évaluation provisoire des dégâts, François Pérol, devant une commission du Sénat le 29 avril dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va-t-il falloir envisager en France, comme il semble que cela puisse prendre tournure aux USA, avec la publication retardée à jeudi prochain des résultats des fameux « stress tests » (le temps de négocier avec les banques le bout de gras), une opération vérité ? Chaque gouvernement en retarde le plus possible l’échéance et ne s’y résout que lorsque ne rien dire serait encore pire. Les Allemands ont ainsi repoussé à septembre prochain, à après leurs élections législatives, la création de « bad banks ». Les travaillistes britanniques, selon toute probabilité, vont être en quelque sorte sauvés par leur prochaine défaite électorale et passeront ainsi le bébé à leurs successeurs. En France (et aux USA), la majorité politique ne dispose pas de cette ressource, et c’est bien embêtant pour ceux qui occupent les sièges du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article du 27 avril dernier de Dominique Mariette, dans slate.fr, avait à ce propos de quoi attirer l’attention. Sous le titre : « L’Elysée envisage de nationaliser les banques », l’ancienne rédactrice en chef de la Tribune, spécialisée dans les questions financières, écrivait : « L’Elysée explore toutes les pistes pour assainir la situation des banques françaises. Si la crise financière se prolonge, comme cela semble être le cas aux Etats-Unis, l’année 2009 pourrait se traduire à nouveau par de très mauvaises surprises avec de nouvelles dépréciations d’actifs, des pertes et pour finir des problèmes de solvabilité. Pour faire face à un tel scénario, l’Elysée étudie la possibilité de lancer un grand emprunt afin de financer des nationalisations temporaires qui permettraient d’isoler les actifs toxiques et de les cantonner dans une structure ad hoc. La Caisse des dépôts pourrait aussi être appelée en renfort. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune source n’a certes été mentionnée à l’appui de cette information, mais elle ne détonne pas dans le paysage, et elle ne devrait pas être démentie par la suite des opérations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis octobre dernier, l’Etat français pratique l’équivalent de l’art discret de l’endettement hors bilan, grâce à la Société de Financement de l’Economie Française (SFEF), que préside Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI. Cette structure avait été initialement dénommée Société de Refinancement des Activités des Etablissements de Crédit (SRAEC), mais il faut croire que son activité était ainsi trop explicitement décrite et qu’il fallait la baptiser autrement. La SFEF, société privée détenue à 66% par sept grandes banques françaises et 34% par l’Etat, est un intermédiaire entre les marchés et les établissements de crédit, avec pour mission de réaliser des émissions sur le marché obligataire, en lieu et place des banques, avec la garantie de l’Etat, et de leur prêter ensuite les fonds recueillis. A ce jour, elle a émis 35 milliards d’euros d’obligations libellées en euros et 18,5 milliards de dollars de titres libellés en dollars. Les émissions de la SFEF sont pour l’instant plafonnées à 265 milliards d’euros sur la durée de vie du programme, actuellement prévue pour la fin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce montage permet donc d’évacuer du budget de l’Etat la charge de refinancement des banques françaises, mais il est un peu scabreux. C’est la raison pour laquelle il a peut-être fait son temps. Il évite également de poursuivre l’émission par les banques d’actions subordonnées (sans droit de vote), souscrites par l’Etat mais politiquement insoutenables, si elles devaient se poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les ratios sont les ratios. Au fur et à mesure que des dépréciations d’actifs vont devoir inévitablement être enregistrées dans le monde bancaire, il ne va plus lui être possible de prétendre toujours être « dans les clous » de Bâle II, ces accords internationaux déterminant les réserves en capital dont les banques doivent obligatoirement disposer. Des recapitalisations vont donc être nécessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est cette exigence à venir qui explique l’énervement manifeste que les estimations du FMI en matière de recapitalisation ont suscité, à l’occasion de sa récente « réunion de Printemps » de Washington, chez Jean-Claude Trichet, gardien du temple de la BCE, ainsi accessoirement que chez Christine Lagarde, ministre française de l’économie. Le doigt était en effet mis là où cela fait politiquement mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est dans ce même contexte qu’il faut aussi analyser les sourdes batailles en cours, dont il ne nous parvient que des échos très affaiblis, à propos de l’évolution des normes comptables d’évaluation des actifs, suite à celle qui est intervenue en urgence aux USA. Et pour laquelle l’« International Accounting Standards Board » (IASB), l’organisme en charge dont le siège est à Londres, traîne les pieds aux yeux de nos édiles. Sous l’étendard de la lutte contre la finance américaine, déjà dénoncée pour avoir exporté son mal, que les banques européennes ont pourtant été ravies de partager, elles prétendent protéger le système financier européen de dangereux déséquilibres concurrentiels. En réalité, Il est surtout cherché le moyen de minorer au maximum la nécessité de recapitaliser celui-ci, en raison des risques politiques redoutés qui en découleront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Décidément, par quelque bout que l’on prenne les choses, nous sommes bien entrés dans l’acte II de la crise. Elle était financière et économique, elle va devenir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Les zombies sont au pouvoir</h2>
<p>A force de suivre les épisodes à rebondissement de l’actualité financière américaine, au prétexte que là se trouve l’épicentre de la crise (avec son corollaire, qu’il en viendra sa solution), il ne faudrait pas négliger celle qui court en Europe, même si elle n’est pas toujours aussi flamboyante. Le FMI a sonné il y a quelques jours le tocsin (le mot n’est pas trop fort), devant ce qui la menace, estimant que le vieux continent était très loin d’avoir accompli tous ses efforts d’assainissement, qui restaient donc devant lui. Dans son dernier « Rapport sur la stabilité financière dans le monde », il a estimé qu’il faudra encore injecter entre 325 milliards et 725 milliards de dollars dans le capital des banques de la zone euro (hors Grande-Bretagne donc) pour les sauver.</p>
<p>Il semble désormais acquis que le système financier américain est, dans son entièreté, dans un état de très fort délabrement. De plus en plus difficile à dissimuler, en dépit de la récente petite embellie boursière dont il a bénéficié à Wall Street, qui ne signifiait pas que les banques ont recouvert la santé, comme on a voulu y croire. A la veille de la publication des « stress tests » du Trésor US, déjà qualifiés de « danse des sept voiles » par des esprits facétieux, il n’en reste pas grand chose. Chaque échéance renvoie à la suivante, c’est pour l’instant du moins sans fin. Cela signifie-t-il pour autant que l’Europe n’est que marginalement touchée ?</p>
<p>Des banques anglaises et allemandes, néerlandaises et belges, puis suisses (j’espère n’avoir oublié personne), ont les unes après les autres défrayé la chronique ces dernières semaines. Dans cette actualité-là, il pouvait à tort sembler qu’aucun système financier national n’était atteint dans son entier, comme aux USA. L’accent des gouvernants était mis sur la solidité de leurs banques, sans que des informations ne viennent contredire leurs assertions. Des doutes s’exprimaient tout au plus, isolés et minoritaires, des interrogations apparaissaient, réservées à des cénacles d’initiés.</p>
<p><span></span>En réalité, c’est l’ensemble du système financier mondial qui est à terre. Les banques centrales, par leurs injections systématiques de liquidités, alimentent l’illusion qu’il fonctionne régulièrement. Ce ne sont pas, ici et là, des banques qui sont devenues des « zombies », comme l’a assené Willem Buiter dans sa chronique du Financial Times, terme qui a depuis fait florès, c’est toute « l’industrie financière » qui peut être en réalité qualifiée ainsi. Elle, qui connaît une déroute sans précédent, cette orgueilleuse qui ne veut toujours pas en rabattre et qui plaque au sol l’activité économique.</p>
<p>Bien sûr, les dégâts sont inégalement répartis mais plus l’on approche de ce qui était l’élite du système bancaire et financier international, plus on touche à ce qui étaient ses centres nerveux, à ses grandes places financières, plus ceux-ci sont selon toute probabilité étendus, même s’ils ne sont pas des plus apparents. Masqués grâce à des écritures comptables plus ou moins légales, travestis à grand renfort d’ingénierie financière, planqués dans ces refuges discrets que sont le hors bilan et les « paradis fiscaux » et dans ce cas-là externalisés dans de discrètes filiales, compensés partiellement grâce aux profits que les gros réalisent en mangeant les petits, aux excellentes affaires en tout genre que la crise suscite (dont le « carry trade » qui est de retour), et enfin, en raison de l’argent facile et quasiment gratuit que les banques centrales leur procurent sans compter, les marges opérationnelles des banques s’élargissant en conséquence. Sans oublier les aides sur fonds publics, les souscriptions d’actions, les prêts, les garanties, tout un arsenal mis à disposition sans véritables contreparties.</p>
<p>Plus la surface financière des banques est grande, plus les capacités d’absorption et de dissimulation des scories de leurs dérèglements sont importantes. En d’autres termes, l’arbre a pourri par la tête, pas par les pieds.</p>
<p>Mais, pour revenir à l’Europe, prenons donc le cas de la France, cette quasi miraculée dont on voudrait nous faire une sainte, dont il nous a été dit et redit qu’elle était largement prémunie de ces turpitudes d’origine yankees, faisant dire aux mauvais esprits que nous revivions cette étonnante situation qui avait voulu que le nuage de Tchernobyl s’était en son temps arrêté aux frontières, de part la seule grâce des autorités a-t-on par la suite découvert.</p>
<p>L’OCDE, dont il nous sera accordé qu’elle ne peut être suspectée de complaisance avec les critiques implacables du capitalisme financier qui enflent par ailleurs, vient de rendre public, le 28 avril dernier, son « Etude économique de la France 2009 ». Un exercice rituel, avec un contenu qui en général ne l’est pas moins. A l’exception de quelques petites phrases, et de commentaires de son auteur lors de sa présentation, qui ressemblent bien à des coups de pied de l’âne. Qui n’ont regrettablement pas fait la une de la presse.</p>
<p>« Il y a clairement des expositions à des institutions et à un certain nombre d’actifs dont l’évaluation est très difficile aujourd’hui, c’est pour ça qu’il faut rester prudent », a déclaré Alain de Serres, co-auteur de l’étude, à propos des bilans des banques françaises. Insistant, en ajoutant, « Il faut rester vigilant (…) tant qu’il y aura des doutes qui pèseront sur le bilan des banques françaises notamment reliées à la question du traitement des actifs toxiques ». La récession expose « les banques à de nouvelles dégradations de leurs actifs alors qu’elles sont déjà fragilisées », bien qu’elles semblent « en meilleure posture que dans d’autres pays » (propos repris par l’AFP).</p>
<p>Il y a peu de chance que les résultats du 1er trimestre 2009 de BNP Paribas et de la Société Générale, qui seront rendus publics mercredi et jeudi prochains, nous éclairent à ce propos. Ces banques ont fait des bénéfices en 2008 et vont continuer à en annoncer d’autres, et alors ? Il faut l’opiniâtreté de certains journalistes (je fais référence à Nicolas Cori, de Libération), pour soulever des lièvres comme cela a été dernièrement le cas à propos de la Société Générale, mais c’est resté, tout du moins pour l’instant, sans lendemain. A aller dénicher, dans des annexes de compte de bilan, certaines valorisations flatteuses d’actifs, qui ont été comme isolés dans des filiales qui ont toute l’apparence de structures de cantonnement dont on ne dit pas le nom. La banque, disent les banquiers, est une affaire complexe. Si l’on veut.</p>
<p>La banque d’investissement Natixis ne peut même plus afficher ce genre de santé. Elle est en toute première ligne, d’après François Pérol, le président du directoire de la Caisse nationale des caisses d’épargne et directeur général de la Banque fédérale des Banques populaires, ses maisons-mère. Elle pourrait en effet avoir à encore déprécier ses actifs illiquides, actuellement inscrits pour une valeur actuelle d’environ 50 milliards d’euros dans ses livres, sans qu’il soit précisé de combien. Natixis, qui a été à ce jour la plus touchée des banques françaises, a en 2008 reconnu 2,8 milliards d’euros de perte, et cela risque de ne se révéler que de la menue monnaie. Les deux réseaux, qui ont déjà dû fusionner pour faire face à leurs propres pertes, sont dans l’incapacité de faire face à cette situation par leurs propres moyens. En décembre dernier, Natixis avait cantonné dans une structure spécifique un « certain nombre d’actifs risqués, totalement illiquides (…) des actifs titrisés, de l’exposition aux réhausseurs de crédit essentiellement américains, de l’exposition à des véhicules sophistiqués » a reconnu, en guise d’évaluation provisoire des dégâts, François Pérol, devant une commission du Sénat le 29 avril dernier.</p>
<p>Va-t-il falloir envisager en France, comme il semble que cela puisse prendre tournure aux USA, avec la publication retardée à jeudi prochain des résultats des fameux « stress tests » (le temps de négocier avec les banques le bout de gras), une opération vérité ? Chaque gouvernement en retarde le plus possible l’échéance et ne s’y résout que lorsque ne rien dire serait encore pire. Les Allemands ont ainsi repoussé à septembre prochain, à après leurs élections législatives, la création de « bad banks ». Les travaillistes britanniques, selon toute probabilité, vont être en quelque sorte sauvés par leur prochaine défaite électorale et passeront ainsi le bébé à leurs successeurs. En France (et aux USA), la majorité politique ne dispose pas de cette ressource, et c’est bien embêtant pour ceux qui occupent les sièges du pouvoir.</p>
<p>Un article du 27 avril dernier de Dominique Mariette, dans slate.fr, avait à ce propos de quoi attirer l’attention. Sous le titre : « L’Elysée envisage de nationaliser les banques », l’ancienne rédactrice en chef de la Tribune, spécialisée dans les questions financières, écrivait : « L’Elysée explore toutes les pistes pour assainir la situation des banques françaises. Si la crise financière se prolonge, comme cela semble être le cas aux Etats-Unis, l’année 2009 pourrait se traduire à nouveau par de très mauvaises surprises avec de nouvelles dépréciations d’actifs, des pertes et pour finir des problèmes de solvabilité. Pour faire face à un tel scénario, l’Elysée étudie la possibilité de lancer un grand emprunt afin de financer des nationalisations temporaires qui permettraient d’isoler les actifs toxiques et de les cantonner dans une structure ad hoc. La Caisse des dépôts pourrait aussi être appelée en renfort. »</p>
<p>Aucune source n’a certes été mentionnée à l’appui de cette information, mais elle ne détonne pas dans le paysage, et elle ne devrait pas être démentie par la suite des opérations.</p>
<p>Depuis octobre dernier, l’Etat français pratique l’équivalent de l’art discret de l’endettement hors bilan, grâce à la Société de Financement de l’Economie Française (SFEF), que préside Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI. Cette structure avait été initialement dénommée Société de Refinancement des Activités des Etablissements de Crédit (SRAEC), mais il faut croire que son activité était ainsi trop explicitement décrite et qu’il fallait la baptiser autrement. La SFEF, société privée détenue à 66% par sept grandes banques françaises et 34% par l’Etat, est un intermédiaire entre les marchés et les établissements de crédit, avec pour mission de réaliser des émissions sur le marché obligataire, en lieu et place des banques, avec la garantie de l’Etat, et de leur prêter ensuite les fonds recueillis. A ce jour, elle a émis 35 milliards d’euros d’obligations libellées en euros et 18,5 milliards de dollars de titres libellés en dollars. Les émissions de la SFEF sont pour l’instant plafonnées à 265 milliards d’euros sur la durée de vie du programme, actuellement prévue pour la fin 2009.</p>
<p>Ce montage permet donc d’évacuer du budget de l’Etat la charge de refinancement des banques françaises, mais il est un peu scabreux. C’est la raison pour laquelle il a peut-être fait son temps. Il évite également de poursuivre l’émission par les banques d’actions subordonnées (sans droit de vote), souscrites par l’Etat mais politiquement insoutenables, si elles devaient se poursuivre.</p>
<p>Mais les ratios sont les ratios. Au fur et à mesure que des dépréciations d’actifs vont devoir inévitablement être enregistrées dans le monde bancaire, il ne va plus lui être possible de prétendre toujours être « dans les clous » de Bâle II, ces accords internationaux déterminant les réserves en capital dont les banques doivent obligatoirement disposer. Des recapitalisations vont donc être nécessaires.</p>
<p>C’est cette exigence à venir qui explique l’énervement manifeste que les estimations du FMI en matière de recapitalisation ont suscité, à l’occasion de sa récente « réunion de Printemps » de Washington, chez Jean-Claude Trichet, gardien du temple de la BCE, ainsi accessoirement que chez Christine Lagarde, ministre française de l’économie. Le doigt était en effet mis là où cela fait politiquement mal.</p>
<p>C’est dans ce même contexte qu’il faut aussi analyser les sourdes batailles en cours, dont il ne nous parvient que des échos très affaiblis, à propos de l’évolution des normes comptables d’évaluation des actifs, suite à celle qui est intervenue en urgence aux USA. Et pour laquelle l’« International Accounting Standards Board » (IASB), l’organisme en charge dont le siège est à Londres, traîne les pieds aux yeux de nos édiles. Sous l’étendard de la lutte contre la finance américaine, déjà dénoncée pour avoir exporté son mal, que les banques européennes ont pourtant été ravies de partager, elles prétendent protéger le système financier européen de dangereux déséquilibres concurrentiels. En réalité, Il est surtout cherché le moyen de minorer au maximum la nécessité de recapitaliser celui-ci, en raison des risques politiques redoutés qui en découleront.</p>
<p>Décidément, par quelque bout que l’on prenne les choses, nous sommes bien entrés dans l’acte II de la crise. Elle était financière et économique, elle va devenir politique.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2369</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2009 21:03:10 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2369</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : La cause des banques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cause est entendue, si elle n’est pas publiquement admise. C’est sur fonds publics que tous les gouvernements essayent de renflouer leurs systèmes bancaires, exonérant pour l’essentiel les responsables de la déconfiture financière, essayant de ne pas faire trop de vagues, sans parvenir à ce jour à leur fin. Sans savoir même s’ils y parviendront, quand et comment. Attendant Dieu sait quel miracle, ils bricolent dans l’improvisation et l’urgence des mesures de soutien à l’économie et raclent à cet effet leurs fonds de tiroir, sans plus de succès d’ailleurs. Des voix des plus autorisées commencent à s’élever pour craindre qu’il ne soit pas sûr que le pire est derrière nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-être serait-il temps de se demander, afin de parler sérieusement, où va bien pouvoir se manifester cette relance dont tout le monde déclare voir au lointain les signes avant-coureurs, dans l’espoir de faire patienter, sans trop se demander par quel mécanisme (ou par quelle magie) elle va pouvoir intervenir ? En réalité, tous les grands pays occidentaux connaissent, à un degré ou à un autre, une récession prolongée et le seul espoir crédible consiste, au mieux, en une stabilisation possible de la situation économique. C’est-à-dire à une poursuite durable de la récession. Mais comment l’avouer, comment l’admettre, comment y faire face ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financière, irrésolue, fait résolument obstacle à la relance économique. Combien de temps faudra-t-il pour que d’une manière ou d’une autre le bouchon saute ? Sans que la manière en soit alors innocente, car elle ne le sera pas. Il faudra payer, dans une monnaie ou dans une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, le miracle d’une relance pourrait-elle venir des Etats-Unis, dont on a toujours dit qu’ils tiraient la croissance mondiale ? Il faudrait pour cela que soit relancée la machine à fabriquer l’endettement des particuliers, pour que la consommation, moteur de la croissance américaine, puisse reprendre. La machinerie financière prétend certes avoir retrouvé sa bonne santé, mais cela ne convainc pas, tant l’opacité continue de régner de manière flagrante sur ses comptes. Et puis, il ne suffirait pas de relancer le crédit, il faudrait également que la solvabilité des emprunteurs soit rétablie, c’est-à-dire que l’économie soit elle-même relancée. Un problème classique d’œuf et de poule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Alors, les regards se tournent vers la Chine, le deuxième partenaire de ce « G2 » auquel tout le monde accorde un rôle majeur dans le proche avenir. Mais est-il vraisemblable que celle-ci puisse, en si peu de temps, réorienter les bases mêmes de sa croissance, pour s’appuyer désormais sur celle de son marché intérieur ? Supposant une importante réorganisation de son appareil de production, qui était largement orienté vers les marchés extérieurs, et impliquant également que les chinois cessent d’épargner pour se mettre à consommer, à la faveur de la mise en place d’un système public de santé, qui ne va pas se construire en deux coups de baguette. Peu probable, tout du moins dans les délais dont on nous parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Europe pourrait-elle être la candidate de dernier recours à ce rôle ? Elle, dont le FMI considère que son système financier va encore devoir faire face à une très lourde charge de dépréciations, et qui est pénalisée par l’absence d’une politique commune de relance ainsi que par les limites de la construction européenne ? Elle, qui porte le boulet de la crise des pays de l’Europe de l’Est, mais aussi celui de la Grande-Bretagne, la grande malade avec l’Espagne, pour s’être tous deux intensivement prêtées aux mirages du capitalisme financier dérégulé ? La vieille Europe résiste comme elle peut, mais il ne faut pas lui en demander davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Où que l’on se tourne, un retour même timide de la croissance n’est pas au rendez-vous, alors que le financement des plans de relance économiques (que l’on ferait mieux de qualifier tout simplement de plans de sauvetage), qui vont devoir immanquablement se succéder, suscite des interrogations de plus en plus prononcées pour l’avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays émergents, qui bénéficient d’excédents abondants, n’envisagent pas de les mettre à disposition des organisations internationales, sans contre parties politiques et sans garanties. Les Américains, qui bloquent les réformes en profondeur de ces mêmes organisations, récoltent ainsi ce qu’ils continuent de semer. A part les Etats-Unis, aucun pays n’envisage de s’appuyer sur une politique de création monétaire intensive, même s’il faudra bien s’y résoudre tôt ou tard. Alors que les banques centrales, dont les bilans gonflent démesurément, commencent à s’inquiéter de la qualité des contreparties que les banques leur fournissent. Le marché obligataire de la dette publique, enfin, objet de toutes les convoitises, n’est pas extensible et les experts avisés calculent déjà qu’il ne saurait répondre à toutes les sollicitations à venir. Et que le FMI, chargé d’une mission internationale de secours tout azimut, n’aura jamais les moyens de faire face à toutes les demandes d’aide financière, d’autant qu’il peine à boucler le budget que lui a alloué le dernier G20 de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pire encore que la description de ce panorama déjà peu réjouissant. Il est clairement apparu que la manière dont les banques essayent de « réparer » leurs dégâts est porteuse de nouveaux dérèglements, de nouvelles fragilités, dans une espèce de fuite en avant, sans décidemment aucun substitut d’envisageable. On a dit qu’une nouvelle bulle était en préparation, celle de la dette publique, mais c’est sans compter avec celle de la dette privée, qui est en train de se reconstituer, sous de nouvelles auspices, au fur et à mesure qu’elle se dégonfle par ailleurs, sous les anciennes. C’est avec peu ou prou les mêmes mécanismes que ceux qui ont suscité la crise au sein de laquelle nous nous trouvons que l’on essaye d’en préparer la sortie. Voilà le plus accablant des constats que l’on peut faire aujourd’hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes entrés dans l’acte II de la crise, écrivais-je il y a quelque temps. En me demandant quel nouveau discours les politiques allaient bien pouvoir tenir, une fois épuisé celui sur la relance prochaine, pour demain ou bien après-demain. Avec la pandémie de la grippe porcine actuelle, montée convenablement en épingle, ils ont trouvé quelques répits. Une frayeur chasse l’autre, une crise en masque une autre. L’époque semble avoir besoin, expression de sa névrose anxiogène collective, de ces grandes peurs largement irrationnelles qu’elle contribue à fabriquer, et qui sont désormais mondiales, comme le reste. Tous les corps institutionnels y contribuent, y trouvant leur pitance et leur raison d’être. Fabriquant une diversion, certes, mais qui sera de courte durée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise, la vraie, reprendra vite ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : La cause des banques</h2>
<p>La cause est entendue, si elle n’est pas publiquement admise. C’est sur fonds publics que tous les gouvernements essayent de renflouer leurs systèmes bancaires, exonérant pour l’essentiel les responsables de la déconfiture financière, essayant de ne pas faire trop de vagues, sans parvenir à ce jour à leur fin. Sans savoir même s’ils y parviendront, quand et comment. Attendant Dieu sait quel miracle, ils bricolent dans l’improvisation et l’urgence des mesures de soutien à l’économie et raclent à cet effet leurs fonds de tiroir, sans plus de succès d’ailleurs. Des voix des plus autorisées commencent à s’élever pour craindre qu’il ne soit pas sûr que le pire est derrière nous.</p>
<p>Peut-être serait-il temps de se demander, afin de parler sérieusement, où va bien pouvoir se manifester cette relance dont tout le monde déclare voir au lointain les signes avant-coureurs, dans l’espoir de faire patienter, sans trop se demander par quel mécanisme (ou par quelle magie) elle va pouvoir intervenir ? En réalité, tous les grands pays occidentaux connaissent, à un degré ou à un autre, une récession prolongée et le seul espoir crédible consiste, au mieux, en une stabilisation possible de la situation économique. C’est-à-dire à une poursuite durable de la récession. Mais comment l’avouer, comment l’admettre, comment y faire face ?</p>
<p>La crise financière, irrésolue, fait résolument obstacle à la relance économique. Combien de temps faudra-t-il pour que d’une manière ou d’une autre le bouchon saute ? Sans que la manière en soit alors innocente, car elle ne le sera pas. Il faudra payer, dans une monnaie ou dans une autre.</p>
<p>Dans ces conditions, le miracle d’une relance pourrait-elle venir des Etats-Unis, dont on a toujours dit qu’ils tiraient la croissance mondiale ? Il faudrait pour cela que soit relancée la machine à fabriquer l’endettement des particuliers, pour que la consommation, moteur de la croissance américaine, puisse reprendre. La machinerie financière prétend certes avoir retrouvé sa bonne santé, mais cela ne convainc pas, tant l’opacité continue de régner de manière flagrante sur ses comptes. Et puis, il ne suffirait pas de relancer le crédit, il faudrait également que la solvabilité des emprunteurs soit rétablie, c’est-à-dire que l’économie soit elle-même relancée. Un problème classique d’œuf et de poule.</p>
<p><span></span>Alors, les regards se tournent vers la Chine, le deuxième partenaire de ce « G2 » auquel tout le monde accorde un rôle majeur dans le proche avenir. Mais est-il vraisemblable que celle-ci puisse, en si peu de temps, réorienter les bases mêmes de sa croissance, pour s’appuyer désormais sur celle de son marché intérieur ? Supposant une importante réorganisation de son appareil de production, qui était largement orienté vers les marchés extérieurs, et impliquant également que les chinois cessent d’épargner pour se mettre à consommer, à la faveur de la mise en place d’un système public de santé, qui ne va pas se construire en deux coups de baguette. Peu probable, tout du moins dans les délais dont on nous parle.</p>
<p>L’Europe pourrait-elle être la candidate de dernier recours à ce rôle ? Elle, dont le FMI considère que son système financier va encore devoir faire face à une très lourde charge de dépréciations, et qui est pénalisée par l’absence d’une politique commune de relance ainsi que par les limites de la construction européenne ? Elle, qui porte le boulet de la crise des pays de l’Europe de l’Est, mais aussi celui de la Grande-Bretagne, la grande malade avec l’Espagne, pour s’être tous deux intensivement prêtées aux mirages du capitalisme financier dérégulé ? La vieille Europe résiste comme elle peut, mais il ne faut pas lui en demander davantage.</p>
<p>Où que l’on se tourne, un retour même timide de la croissance n’est pas au rendez-vous, alors que le financement des plans de relance économiques (que l’on ferait mieux de qualifier tout simplement de plans de sauvetage), qui vont devoir immanquablement se succéder, suscite des interrogations de plus en plus prononcées pour l’avenir.</p>
<p>Les pays émergents, qui bénéficient d’excédents abondants, n’envisagent pas de les mettre à disposition des organisations internationales, sans contre parties politiques et sans garanties. Les Américains, qui bloquent les réformes en profondeur de ces mêmes organisations, récoltent ainsi ce qu’ils continuent de semer. A part les Etats-Unis, aucun pays n’envisage de s’appuyer sur une politique de création monétaire intensive, même s’il faudra bien s’y résoudre tôt ou tard. Alors que les banques centrales, dont les bilans gonflent démesurément, commencent à s’inquiéter de la qualité des contreparties que les banques leur fournissent. Le marché obligataire de la dette publique, enfin, objet de toutes les convoitises, n’est pas extensible et les experts avisés calculent déjà qu’il ne saurait répondre à toutes les sollicitations à venir. Et que le FMI, chargé d’une mission internationale de secours tout azimut, n’aura jamais les moyens de faire face à toutes les demandes d’aide financière, d’autant qu’il peine à boucler le budget que lui a alloué le dernier G20 de Londres.</p>
<p>Il y a pire encore que la description de ce panorama déjà peu réjouissant. Il est clairement apparu que la manière dont les banques essayent de « réparer » leurs dégâts est porteuse de nouveaux dérèglements, de nouvelles fragilités, dans une espèce de fuite en avant, sans décidemment aucun substitut d’envisageable. On a dit qu’une nouvelle bulle était en préparation, celle de la dette publique, mais c’est sans compter avec celle de la dette privée, qui est en train de se reconstituer, sous de nouvelles auspices, au fur et à mesure qu’elle se dégonfle par ailleurs, sous les anciennes. C’est avec peu ou prou les mêmes mécanismes que ceux qui ont suscité la crise au sein de laquelle nous nous trouvons que l’on essaye d’en préparer la sortie. Voilà le plus accablant des constats que l’on peut faire aujourd’hui.</p>
<p>Nous sommes entrés dans l’acte II de la crise, écrivais-je il y a quelque temps. En me demandant quel nouveau discours les politiques allaient bien pouvoir tenir, une fois épuisé celui sur la relance prochaine, pour demain ou bien après-demain. Avec la pandémie de la grippe porcine actuelle, montée convenablement en épingle, ils ont trouvé quelques répits. Une frayeur chasse l’autre, une crise en masque une autre. L’époque semble avoir besoin, expression de sa névrose anxiogène collective, de ces grandes peurs largement irrationnelles qu’elle contribue à fabriquer, et qui sont désormais mondiales, comme le reste. Tous les corps institutionnels y contribuent, y trouvant leur pitance et leur raison d’être. Fabriquant une diversion, certes, mais qui sera de courte durée.</p>
<p>La crise, la vraie, reprendra vite ses droits.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2282</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2009 10:04:14 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2282</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Jeux de défausse à Washington&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y avait un monde fou ce week-end à Washington et pléthore de réunions. Un G7 des ministres de l’économie et des finances, suivi d’un G20 dans le même appareil. Ainsi que, dans la foulée, les traditionnelles « réunions de printemps » du FMI et de la Banque Mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’exercice traditionnel qui suit consiste à analyser les virgules et les non-dits des communiqués officiels et à soupeser les déclarations des participants les plus loquaces, afin d’essayer de comprendre ce qui a effectivement été décidé, au terme de quels débats restés confidentiels. Tentative de synthèse, une fois écartées les rituelles certitudes quant à l’avènement d’une prochaine relance économique, ainsi que les références aux démonstrations éclatantes d’unité d’action et aux fermes engagements pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On allait voir ce qu’on allait voir, annonçait en ouverture, dès vendredi, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, exprimant, sur fond de bagarre avec les Américains, sa « très grande prudence » (pour ne pas dire son total et véhément désaccord) avec les chiffrages du FMI relatifs aux pertes potentielles du système bancaire international. Car ils mettaient en évidence que les banques européennes étaient très loin du compte en matière de dépréciation de leurs actifs toxiques, impliquant des recapitalisations en conséquence, dont ni elles ni les gouvernements européens ne veulent entendre parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son élan vengeur a été toutefois été brisé, dès le lendemain, par la fuite dont a bénéficié Der Spiegel, l’hebdomadaire allemand, révélant que, selon le Bafin, l’autorité de tutelle du secteur financier allemand, la bagatelle de 816 milliards d’euros d’actifs toxiques étaient engrangés dans le seul système bancaire allemand. Les problématiques méthodologies grâce auxquelles Jean-Claude Trichet se faisait fort de dégonfler les inconvenants chiffrages du FMI ont semblé ne plus avoir, suite à cette parution, la même portée durant le week-end. Le Bafin, pour sa part, portait plainte pour « violation du devoir de confidentialité », tentant de minimiser des chiffres qu’il ne pouvait quant à lui pas contester, car c’étaient les siens, expliquant que les sommes évoquées incluaient « des actifs qui, d’après les banques, ne correspondent plus à leur stratégie commerciale actuelle et qui doivent donc être externalisés ». Il est charitable de ne pas commenter cette pitoyable défausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Dans ces conditions un peu rocambolesques, le jeu de cache-cache avec les actifs toxiques que jouent les banques et les autorités gouvernementales va se poursuivre, chacun restant maître du jeu chez lui. « C’est aux gouvernements de déterminer quelles mesures sont conformes à la situation politique, avec des traditions que nous ne pouvons ignorer », a ainsi déclaré à l’issue de la réunion du FMI Marek Belka, directeur du département Europe de celui-ci, entérinant les divergences persistantes sur les solutions à apporter à ce problème déterminant. Il a cru devoir ajouter, pour prendre date : « Mais notre position est la suivante : soyez pragmatiques, ne vous accrochez pas à des positions idéologiques strictes et faites ce qui peut être efficace. L’implication de l’Etat ne doit pas être traitée comme la panacée mais, en même temps, elle doit être tolérée si nécessaire ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des discours prononcés devant le Comité monétaire et financier international (CMFI), l’instance politique du FMI, deux interventions peuvent être retenues. Celle de Carlos Fernandes, ministre argentin de l’économie, qui, ayant quelques comptes à régler avec le FMI et les Etats-Unis, a lancé devant une assemblée habituée à d’autres discours : « Cette crise trouve ses racines au cœur du système capitaliste moderne. Elle a été provoquée par une innovation financière sans retenue et nourrie par la création d’une richesse artificielle par des entités financières spéculatrices et non régulées ». Ainsi que celle de Li Yong, vice-ministre chinois des finances, qui n’a pas davantage mis son drapeau dans sa poche : « Nous devons attacher une grande importance à la réforme du système monétaire international (…) Les carences du système monétaire international sont les racines de la crise et un défaut majeur de la structure actuelle de gouvernance de l’économie internationale. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’une manière générale, les discussions semblent avoir été vives entre pays « émergents » et membres du G7, à propos de ce qui a été le principal sujet de discussion : la collecte des fonds destinés au FMI, suite à la décision du dernier G20 de Londres. Il est apparu que le FMI avait beaucoup de mal à boucler son nouveau budget, faute de contributions financières adéquates. Des progrès ont été enregistrés dans cette voie, a-t-il été finalement reconnu, manière diplomatique de reconnaître que l’on est toujours loin du compte et que les discussions sont acharnées. Cela augure assez mal du gigantesque plan de relance mondial annoncé en grande fanfare début de ce mois, dont le FMI doit être le grand ordonnateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor, s’est essayé au chantage, exhortant les pays émergents a « démontrer le rôle croissant qu’ils peuvent jouer dans l’économie mondiale en s’engageant à contribuer à un niveau répondant à la force de leur position extérieure ». Soutenu par Jörg Asmussen, secrétaire d’Etat allemand aux finances, qui a déclaré à la presse : « Nous nous attendions à ce que plus de pays participent », remarquant que les pays demandant plus de poids au sein des instances de décision du FMI ne pouvaient espérer que cela soit « à sens unique ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le ministre brésilien des finances, Guido Mantega a indiqué de son côté que son pays n’était pas prêt à discuter une contribution supérieure aux 4,5 milliards de dollars déjà promis « tant qu’il n’y aura pas d’instrument adéquat » du FMI, se faisant l’interprète des pays émergents qui réclament que la répartition des droits de vote en son sein soit réajustée en leur faveur. Pour faire bonne mesure, Guido Mantega a également ajouté que « Le FMI s’est repenti de nombre de ses péchés originels. Mais il doit toujours répondre au premier d’entre eux qui est son déficit démocratique ». Il a conclu son intervention, sur un terrain très sensible, en demandant la réintégration de Cuba, qui avait quitté le FMI en 1964.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait injuste, au risque d’être complet durant ce week-end chargé, de ne pas relever les déclarations d’Alistair Darling, le chancelier de l’Echiquier britannique, tenues devant un think tank de Washington en marge des réunions officielles, sur un sujet pourtant capital et dont on aurait pu penser que, sans lui, il aurait été totalement passé à la trappe. Il s’agit des mesures de régulation du système financier international. Il a en effet considéré, afin de remettre les choses à leur juste place, que la réglementation financière devait « commencer à un niveau national » et que, peut-être, « un jour », le besoin pourrait apparaître d’une organisation de régulation supranationale. La régulation semble en marche, mais à reculons. La mondialisation sera donc réservée aux seuls flux financiers et commerciaux, ce qui augure de ce que sera la réalité de la régulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait tout aussi injuste de faire silence sur les importantes déclarations de principe prises par la Banque mondiale, qui a réuni dimanche son Comité de développement : « un forum de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui contribue à bâtir le consensus intergouvernemental sur les questions de développement ». Robert Zoellick, le président de la BM a ainsi déclaré : « Alors que les pays en développement sont confrontés aux défis de la crise économique mondiale, il est vital que les plans de relance du monde développé s’accompagnent d’un soutien à ceux qui ne peuvent solliciter des prêts chiffrés en milliards ». Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement, a commenté avec sagesse ces propos devant les journalistes : « Je ne pense pas qu’on verra ce week-end des miracles, je ne m’attends pas à ce que des décisions soient prises. Mais j’espère que nous pourrons parvenir à une meilleure compréhension ». La compréhension est en bonne voie, les crédits suivront peut-être.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de clôturer ce week-end, et pour ramener les responsables à la dure et triste réalité des chiffres, le FMI a annoncé dimanche soir avoir relevé son estimation des efforts budgétaires nécessaires cette année pour faire face à la crise, pour la porter à 5,5% du PIB de chaque pays membre du G20. Soit 3,5% de dépenses pour stabiliser le secteur financier, et 2,0% de mesures de relance. Sa précédente estimation de mars dernier chiffrait cet effort à 4,7%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux observateurs se demandent désormais comment les Etats européens vont pouvoir financer ces efforts, et ceux qui vont devoir les suivre par la suite. Le marché obligataire n’est pas extensible à volonté, tout le monde ne disposant pas de la faculté de faire fonctionner sans limites la planche à billet dans une monnaie de référence mondiale. Voilà la question essentielle qui n’a pas été évoquée ce week-end à Washington. Peut-être viendra-t-elle à l’ordre du jour du prochain G20 ? Ce sera en septembre prochain, à New York.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Jeux de défausse à Washington</h2>
<p>Il y avait un monde fou ce week-end à Washington et pléthore de réunions. Un G7 des ministres de l’économie et des finances, suivi d’un G20 dans le même appareil. Ainsi que, dans la foulée, les traditionnelles « réunions de printemps » du FMI et de la Banque Mondiale.</p>
<p>L’exercice traditionnel qui suit consiste à analyser les virgules et les non-dits des communiqués officiels et à soupeser les déclarations des participants les plus loquaces, afin d’essayer de comprendre ce qui a effectivement été décidé, au terme de quels débats restés confidentiels. Tentative de synthèse, une fois écartées les rituelles certitudes quant à l’avènement d’une prochaine relance économique, ainsi que les références aux démonstrations éclatantes d’unité d’action et aux fermes engagements pris.</p>
<p>On allait voir ce qu’on allait voir, annonçait en ouverture, dès vendredi, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, exprimant, sur fond de bagarre avec les Américains, sa « très grande prudence » (pour ne pas dire son total et véhément désaccord) avec les chiffrages du FMI relatifs aux pertes potentielles du système bancaire international. Car ils mettaient en évidence que les banques européennes étaient très loin du compte en matière de dépréciation de leurs actifs toxiques, impliquant des recapitalisations en conséquence, dont ni elles ni les gouvernements européens ne veulent entendre parler.</p>
<p>Son élan vengeur a été toutefois été brisé, dès le lendemain, par la fuite dont a bénéficié Der Spiegel, l’hebdomadaire allemand, révélant que, selon le Bafin, l’autorité de tutelle du secteur financier allemand, la bagatelle de 816 milliards d’euros d’actifs toxiques étaient engrangés dans le seul système bancaire allemand. Les problématiques méthodologies grâce auxquelles Jean-Claude Trichet se faisait fort de dégonfler les inconvenants chiffrages du FMI ont semblé ne plus avoir, suite à cette parution, la même portée durant le week-end. Le Bafin, pour sa part, portait plainte pour « violation du devoir de confidentialité », tentant de minimiser des chiffres qu’il ne pouvait quant à lui pas contester, car c’étaient les siens, expliquant que les sommes évoquées incluaient « des actifs qui, d’après les banques, ne correspondent plus à leur stratégie commerciale actuelle et qui doivent donc être externalisés ». Il est charitable de ne pas commenter cette pitoyable défausse.</p>
<p><span></span>Dans ces conditions un peu rocambolesques, le jeu de cache-cache avec les actifs toxiques que jouent les banques et les autorités gouvernementales va se poursuivre, chacun restant maître du jeu chez lui. « C’est aux gouvernements de déterminer quelles mesures sont conformes à la situation politique, avec des traditions que nous ne pouvons ignorer », a ainsi déclaré à l’issue de la réunion du FMI Marek Belka, directeur du département Europe de celui-ci, entérinant les divergences persistantes sur les solutions à apporter à ce problème déterminant. Il a cru devoir ajouter, pour prendre date : « Mais notre position est la suivante : soyez pragmatiques, ne vous accrochez pas à des positions idéologiques strictes et faites ce qui peut être efficace. L’implication de l’Etat ne doit pas être traitée comme la panacée mais, en même temps, elle doit être tolérée si nécessaire ».</p>
<p>Des discours prononcés devant le Comité monétaire et financier international (CMFI), l’instance politique du FMI, deux interventions peuvent être retenues. Celle de Carlos Fernandes, ministre argentin de l’économie, qui, ayant quelques comptes à régler avec le FMI et les Etats-Unis, a lancé devant une assemblée habituée à d’autres discours : « Cette crise trouve ses racines au cœur du système capitaliste moderne. Elle a été provoquée par une innovation financière sans retenue et nourrie par la création d’une richesse artificielle par des entités financières spéculatrices et non régulées ». Ainsi que celle de Li Yong, vice-ministre chinois des finances, qui n’a pas davantage mis son drapeau dans sa poche : « Nous devons attacher une grande importance à la réforme du système monétaire international (…) Les carences du système monétaire international sont les racines de la crise et un défaut majeur de la structure actuelle de gouvernance de l’économie internationale. »</p>
<p>D’une manière générale, les discussions semblent avoir été vives entre pays « émergents » et membres du G7, à propos de ce qui a été le principal sujet de discussion : la collecte des fonds destinés au FMI, suite à la décision du dernier G20 de Londres. Il est apparu que le FMI avait beaucoup de mal à boucler son nouveau budget, faute de contributions financières adéquates. Des progrès ont été enregistrés dans cette voie, a-t-il été finalement reconnu, manière diplomatique de reconnaître que l’on est toujours loin du compte et que les discussions sont acharnées. Cela augure assez mal du gigantesque plan de relance mondial annoncé en grande fanfare début de ce mois, dont le FMI doit être le grand ordonnateur.</p>
<p>Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor, s’est essayé au chantage, exhortant les pays émergents a « démontrer le rôle croissant qu’ils peuvent jouer dans l’économie mondiale en s’engageant à contribuer à un niveau répondant à la force de leur position extérieure ». Soutenu par Jörg Asmussen, secrétaire d’Etat allemand aux finances, qui a déclaré à la presse : « Nous nous attendions à ce que plus de pays participent », remarquant que les pays demandant plus de poids au sein des instances de décision du FMI ne pouvaient espérer que cela soit « à sens unique ».</p>
<p>Mais le ministre brésilien des finances, Guido Mantega a indiqué de son côté que son pays n’était pas prêt à discuter une contribution supérieure aux 4,5 milliards de dollars déjà promis « tant qu’il n’y aura pas d’instrument adéquat » du FMI, se faisant l’interprète des pays émergents qui réclament que la répartition des droits de vote en son sein soit réajustée en leur faveur. Pour faire bonne mesure, Guido Mantega a également ajouté que « Le FMI s’est repenti de nombre de ses péchés originels. Mais il doit toujours répondre au premier d’entre eux qui est son déficit démocratique ». Il a conclu son intervention, sur un terrain très sensible, en demandant la réintégration de Cuba, qui avait quitté le FMI en 1964.</p>
<p>Il serait injuste, au risque d’être complet durant ce week-end chargé, de ne pas relever les déclarations d’Alistair Darling, le chancelier de l’Echiquier britannique, tenues devant un think tank de Washington en marge des réunions officielles, sur un sujet pourtant capital et dont on aurait pu penser que, sans lui, il aurait été totalement passé à la trappe. Il s’agit des mesures de régulation du système financier international. Il a en effet considéré, afin de remettre les choses à leur juste place, que la réglementation financière devait « commencer à un niveau national » et que, peut-être, « un jour », le besoin pourrait apparaître d’une organisation de régulation supranationale. La régulation semble en marche, mais à reculons. La mondialisation sera donc réservée aux seuls flux financiers et commerciaux, ce qui augure de ce que sera la réalité de la régulation.</p>
<p>Il serait tout aussi injuste de faire silence sur les importantes déclarations de principe prises par la Banque mondiale, qui a réuni dimanche son Comité de développement : « un forum de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui contribue à bâtir le consensus intergouvernemental sur les questions de développement ». Robert Zoellick, le président de la BM a ainsi déclaré : « Alors que les pays en développement sont confrontés aux défis de la crise économique mondiale, il est vital que les plans de relance du monde développé s’accompagnent d’un soutien à ceux qui ne peuvent solliciter des prêts chiffrés en milliards ». Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement, a commenté avec sagesse ces propos devant les journalistes : « Je ne pense pas qu’on verra ce week-end des miracles, je ne m’attends pas à ce que des décisions soient prises. Mais j’espère que nous pourrons parvenir à une meilleure compréhension ». La compréhension est en bonne voie, les crédits suivront peut-être.</p>
<p>Afin de clôturer ce week-end, et pour ramener les responsables à la dure et triste réalité des chiffres, le FMI a annoncé dimanche soir avoir relevé son estimation des efforts budgétaires nécessaires cette année pour faire face à la crise, pour la porter à 5,5% du PIB de chaque pays membre du G20. Soit 3,5% de dépenses pour stabiliser le secteur financier, et 2,0% de mesures de relance. Sa précédente estimation de mars dernier chiffrait cet effort à 4,7%.</p>
<p>De nombreux observateurs se demandent désormais comment les Etats européens vont pouvoir financer ces efforts, et ceux qui vont devoir les suivre par la suite. Le marché obligataire n’est pas extensible à volonté, tout le monde ne disposant pas de la faculté de faire fonctionner sans limites la planche à billet dans une monnaie de référence mondiale. Voilà la question essentielle qui n’a pas été évoquée ce week-end à Washington. Peut-être viendra-t-elle à l’ordre du jour du prochain G20 ? Ce sera en septembre prochain, à New York.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2255</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2009 07:25:43 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2255</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : L’acte II&lt;/h2&gt;


&lt;p&gt;Une semaine sans contact ou presque avec l’actualité de la crise et que découvre-t-on au retour de cette abstinence forcée ? Sans surprise, tous les signes d’un approfondissement de la crise économique, alors qu’aucune mesure décisive n’est toujours pas prises au plan financier. Rien n’est réglé, tout empire, aucune véritable leçon n’est tirée. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, les deux principaux foyers de celle-ci. C’était déjà acquis, cela reste inchangé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, il commence à se dire qu’un deuxième épisode de la crise financière pourrait prochainement intervenir, qui toucherait cette fois-ci plus fortement l’Europe, alors qu’en Espagne, en Grande-Bretagne et même en RFA l’économie se délite pans par pans et que la récession s’amplifie. « C’est une pluie de désherbant qui s’est abattue sur les germes de la reprise », a déclaré à l’AFP de Londres, Manoj Ladwa, courtier chez ETX Capital, après une flambée boursière sans lendemain. Et, pendant ce temps-là, les politiques continuent de se raccrocher aux faibles signaux avant-coureurs des lueurs d’une possible et prochaine éclaircie, dépassant les sommets du ridicule et frisant bientôt ceux du pathétique. Ne voulant reconnaître que les nouvelles leur permettant de justifier leurs atermoiements, ignorant les autres, car elles leur commanderaient d’accomplir des actes qu’ils ne veulent pas assumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation du gouvernement allemand, qui ne parvient pas même à faire décoller son offre de rachat des actions de la banque HRE, les actionnaires lui tournant le dos, est significative d’une situation aberrante. Il faudra sans doute en venir au final à leur expropriation, après avoir tout essayé, mais que de temps perdu ! Quand au dossier des « bad banks » allemandes, il est finalement revenu à la surface, dans l’attente de la mise au point d’un montage qui a été promis pour avant les prochaines élections législatives, en septembre prochain. Cela donne le temps de réfléchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Il y a maintenant une semaine, le ministre Irlandais des Finances Brian Lenihan a pour sa part tranché dans le vif et annoncé la création d’une « National Asset Management Agency » (NAMA), une structure chargée de racheter avec une décote « appropriée » les actifs douteux des banques et disposant d’un budget maximum de 90 milliards d’euros. Un groupe de vingt économistes a aussitôt publié dans l’Irish Times une déclaration critiquant vertement cette initiative, en raison de son coût excessif, pour préconiser une nationalisation temporaire de l’ensemble du secteur financier. Voilà bien ce que craignent les gouvernements et ce qui les paralysent, pris entre les intérêts des actionnaires des banques, qu’ils respectent, et l’opinion publique, qu’ils redoutent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes désormais de plain-pied dans l’acte II de la crise. Après la crise financière et économique, puis la crise sociale montante, dont nous ne connaissons encore que le tout début, nous voici dans l’attente de leurs conséquences politiques. Elles vont s’affirmer au fur et à mesure que va se révéler dans toute son étendue une terrible vérité : ceux qui auraient les moyens de débloquer la situation s’y refusent absolument, financiers et politiques confondus, prolongeant la crise et ses conséquences désastreuses, sans qu’une sortie de celle-ci soit devenue envisageable, en dépit de pronostics de moins en moins crédibles. La crise ne fait pas que simplement s’installer, elle va devenir de plus en plus socialement intenable, au rythme où la situation économique se détériore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un G7 suivi d’un G20 des ministres des finances se tiendra ce week-end, dont il est déjà annoncé qu’il ne faut rien en attendre de nouveau. Alors que le prochain G8, en Italie, est annoncé par Silvio Berlusconi, président du conseil Italien, comme pouvant se tenir sur les lieux-mêmes de la dernière catastrophe en Aquila, confirmant par là-même que ces réunions ne sont que des opérations de communication. Au mieux, les ministres entérineront les mesures décidées par les chefs d’Etats, dont l’application lambine. Toujours cette même croyance dans la magie des mots et la vertu du verbe chez les hommes politiques, qui feignent de croire qu’il suffit de dire pour faire. Ils discuteront aussi de leurs petites affaires, mais le communiqué final n’en fera pas état. En guise de prélude à cette réunion, Timothy Geithner, secrétaire au Trésor n’a pas craint d’écrire dans une tribune publiée par le Financial Times : « ces dernières semaines, il y a eu quelques signes encourageants montrant que la crise économique mondiale pourrait être en train de s’affaiblir. Les conditions sur certains marchés financiers se sont améliorées et la chute du commerce mondial est peut-être en voie de s’atténuer ». Navrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a une autre échéance qui s’annonce, après avoir été tant retardée, celle de la publication des résultats des stress tests des principales banques américaines. The Economist de vendredi dernier titrait son article à leur propos : « test des nerfs », donnant à ceux-ci leur seule et vraie signification. L’absurdité de la situation voulant que, après tant de spéculations à leur égard, personne ne croira en leurs résultats (sauf s’ils étaient finalement exécrables, contre toute attente) et que, pourtant, « les marchés » du monde entier, non seulement américains mais aussi européens et asiatiques, sont suspendus à cet oracle, aux dires des commentateurs boursiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans attendre, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a déclaré le 21 avril dernier que « la majorité des banques aidées par l’Etat disposaient de plus de capital que ce dont elles avaient besoin ». Sous le sceau du secret, ces dernières devraient d’ailleurs être informées ce vendredi de leurs résultats. Pour leur donner le temps d’en discuter avant la publication officielle annoncée pour le 4 mai prochain ? Selon d’autres informations, publiées par le New York Times, les conseillers économiques de Barack Obama envisageraient de renflouer certaines banques sans apport de fonds publics, en convertissant en actions les prêts déjà consentis. L’Etat américain deviendrait ainsi un actionnaire clé de certaines banques, et cette opération lui permettrait de renforcer les fonds propres des banques sans devoir redemander au Congrès de crédits supplémentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot de la fin de cette histoire incroyable revient provisoirement à Robert Gibbs, porte-parole de la présidence, qui a déclaré il y a une quinzaine de jours, lors de l’un de ses points de presse quotidien : « Le secrétaire et le département du Trésor reconnaissent depuis longtemps que la transparence est importante pour les contribuables, pour les banques, et pour la stabilité du système financier en général », ajoutant, pour enfoncer le clou, « et je crois que c’est ce que vous verrez ». Dans une dépêche datée du 18 avril, l’agence Bloomberg se délectait depuis des bagarres feutrées entre le Trésor et les organismes régulateurs à propos de l’étendue des informations qui seraient rendues publiques à l’occasion de la publication des résultats des tests, ces derniers affectant d’être effrayés par les audaces pourtant bien limitées du premier. Tout ce monde bruissant de spéculations contradictoires sur les effets possibles de telle ou telle information dans un univers où règne habituellement la loi du silence. Beaucoup de silence pour rien, en définitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls ou presque, dans ce bal masqué, le FMI et son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, continuent contre vents et marées d’expliquer sans mâcher leurs mots qu’aucune relance ne pourra intervenir tant que les bilans des banques n’auront pas été nettoyés. Les estimations chiffrées monstrueuses de ce qu’il reste à faire, le montant des dépréciations à venir, augurent d’un nouvel approfondissement de la crise financière, de la poursuite du gel du crédit, avec ses conséquences économiques de plus en plus désastreuses au fur et à mesure qu’il dure. « Là où le FMI demande des efforts considérables c’est dans le nettoyage du secteur bancaire, pour que le crédit circule de nouveau, pour que les entreprises aient les crédits pour investir, que les particuliers aient un crédit pour acheter un logement », a déclaré le 23 avril Dominique Strauss-Kahn à Washington. « Or aujourd’hui cela ne fonctionne toujours pas. On met des tas de milliards en haut, et ils n’arrivent pas en bas (…) Et pourquoi? Parce qu’entre les deux, les canaux de circulation restent gelés, et ils sont gelés à cause des fameux actifs toxiques qu’il faut nettoyer ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux USA, la crise du marché des cartes de crédit atteint les particuliers de plein fouet, alors que les émetteurs de celles-ci durcissent leurs conditions, augmentant le taux de défaut au prétexte d’y faire face, au risque de multiplier des situations insoutenables pour de très nombreux particuliers touchés par la crise et le chômage. Barack Obama annonce bien des mesures, mais elles ne vont pas à l’essentiel. Il apparaît avoir les mains aussi liées dans ce domaine que dans d’autres, dès lors qu’il s’agit des intérêts des institutions financières. « Nous voulons préserver le marché des cartes de crédit, mais nous voulons le faire en éliminant certains des abus et des problèmes que les gens connaissent bien », a-t-il dit en recevant les responsables des sociétés de cartes de crédit. Il a énoncé à cette occasion les grands principes d’une prochaine réforme d’envergure, puisqu’au terme de celle-ci tous les formulaires des sociétés de cartes de crédit devront être rédigés dans un langage compréhensible. C’est ce qui s’appelle prendre les problèmes à bras le corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une déclaration du 17 avril dernier de Ben Bernanke, président de la Fed, éclaire particulièrement les intentions officielles, dès lors qu’il s’agit de « l’industrie financière ». Il a en effet déclaré, lors d’une conférence à Washington: « Il ne faut pas tenter d’imposer des restrictions aux fournisseurs de crédit tellement lourdes qu’elles empêchent le développement de nouveaux produits et services à l’avenir (…) Je ne pense pas que quiconque veuille revenir aux années 1970. L’innovation financière a amélioré l’accès au crédit, réduit les coûts, et augmenté le choix ». Il a également considéré qu’« il serait mal avisé d’essayer d’arrêter l’innovation financière », revenant sur les progrès considérables faits depuis une quarantaine d’années. « Tous ces développements ont eu leurs aspects positifs, y compris pour les publics défavorisés », a-t-il souligné, reconnaissant tout de même qu’« il semble clair que la difficulté à gérer l’innovation lors de la période menant à la crise a été sous-estimée, et pas seulement dans le cas du prêt aux consommateurs ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : L’acte II</h2>
<p>Une semaine sans contact ou presque avec l’actualité de la crise et que découvre-t-on au retour de cette abstinence forcée ? Sans surprise, tous les signes d’un approfondissement de la crise économique, alors qu’aucune mesure décisive n’est toujours pas prises au plan financier. Rien n’est réglé, tout empire, aucune véritable leçon n’est tirée. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, les deux principaux foyers de celle-ci. C’était déjà acquis, cela reste inchangé.</p>
<p>Pire, il commence à se dire qu’un deuxième épisode de la crise financière pourrait prochainement intervenir, qui toucherait cette fois-ci plus fortement l’Europe, alors qu’en Espagne, en Grande-Bretagne et même en RFA l’économie se délite pans par pans et que la récession s’amplifie. « C’est une pluie de désherbant qui s’est abattue sur les germes de la reprise », a déclaré à l’AFP de Londres, Manoj Ladwa, courtier chez ETX Capital, après une flambée boursière sans lendemain. Et, pendant ce temps-là, les politiques continuent de se raccrocher aux faibles signaux avant-coureurs des lueurs d’une possible et prochaine éclaircie, dépassant les sommets du ridicule et frisant bientôt ceux du pathétique. Ne voulant reconnaître que les nouvelles leur permettant de justifier leurs atermoiements, ignorant les autres, car elles leur commanderaient d’accomplir des actes qu’ils ne veulent pas assumer.</p>
<p>La situation du gouvernement allemand, qui ne parvient pas même à faire décoller son offre de rachat des actions de la banque HRE, les actionnaires lui tournant le dos, est significative d’une situation aberrante. Il faudra sans doute en venir au final à leur expropriation, après avoir tout essayé, mais que de temps perdu ! Quand au dossier des « bad banks » allemandes, il est finalement revenu à la surface, dans l’attente de la mise au point d’un montage qui a été promis pour avant les prochaines élections législatives, en septembre prochain. Cela donne le temps de réfléchir.</p>
<p><span></span>Il y a maintenant une semaine, le ministre Irlandais des Finances Brian Lenihan a pour sa part tranché dans le vif et annoncé la création d’une « National Asset Management Agency » (NAMA), une structure chargée de racheter avec une décote « appropriée » les actifs douteux des banques et disposant d’un budget maximum de 90 milliards d’euros. Un groupe de vingt économistes a aussitôt publié dans l’Irish Times une déclaration critiquant vertement cette initiative, en raison de son coût excessif, pour préconiser une nationalisation temporaire de l’ensemble du secteur financier. Voilà bien ce que craignent les gouvernements et ce qui les paralysent, pris entre les intérêts des actionnaires des banques, qu’ils respectent, et l’opinion publique, qu’ils redoutent.</p>
<p>Nous sommes désormais de plain-pied dans l’acte II de la crise. Après la crise financière et économique, puis la crise sociale montante, dont nous ne connaissons encore que le tout début, nous voici dans l’attente de leurs conséquences politiques. Elles vont s’affirmer au fur et à mesure que va se révéler dans toute son étendue une terrible vérité : ceux qui auraient les moyens de débloquer la situation s’y refusent absolument, financiers et politiques confondus, prolongeant la crise et ses conséquences désastreuses, sans qu’une sortie de celle-ci soit devenue envisageable, en dépit de pronostics de moins en moins crédibles. La crise ne fait pas que simplement s’installer, elle va devenir de plus en plus socialement intenable, au rythme où la situation économique se détériore.</p>
<p>Un G7 suivi d’un G20 des ministres des finances se tiendra ce week-end, dont il est déjà annoncé qu’il ne faut rien en attendre de nouveau. Alors que le prochain G8, en Italie, est annoncé par Silvio Berlusconi, président du conseil Italien, comme pouvant se tenir sur les lieux-mêmes de la dernière catastrophe en Aquila, confirmant par là-même que ces réunions ne sont que des opérations de communication. Au mieux, les ministres entérineront les mesures décidées par les chefs d’Etats, dont l’application lambine. Toujours cette même croyance dans la magie des mots et la vertu du verbe chez les hommes politiques, qui feignent de croire qu’il suffit de dire pour faire. Ils discuteront aussi de leurs petites affaires, mais le communiqué final n’en fera pas état. En guise de prélude à cette réunion, Timothy Geithner, secrétaire au Trésor n’a pas craint d’écrire dans une tribune publiée par le Financial Times : « ces dernières semaines, il y a eu quelques signes encourageants montrant que la crise économique mondiale pourrait être en train de s’affaiblir. Les conditions sur certains marchés financiers se sont améliorées et la chute du commerce mondial est peut-être en voie de s’atténuer ». Navrant.</p>
<p>Mais il y a une autre échéance qui s’annonce, après avoir été tant retardée, celle de la publication des résultats des stress tests des principales banques américaines. The Economist de vendredi dernier titrait son article à leur propos : « test des nerfs », donnant à ceux-ci leur seule et vraie signification. L’absurdité de la situation voulant que, après tant de spéculations à leur égard, personne ne croira en leurs résultats (sauf s’ils étaient finalement exécrables, contre toute attente) et que, pourtant, « les marchés » du monde entier, non seulement américains mais aussi européens et asiatiques, sont suspendus à cet oracle, aux dires des commentateurs boursiers.</p>
<p>Sans attendre, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a déclaré le 21 avril dernier que « la majorité des banques aidées par l’Etat disposaient de plus de capital que ce dont elles avaient besoin ». Sous le sceau du secret, ces dernières devraient d’ailleurs être informées ce vendredi de leurs résultats. Pour leur donner le temps d’en discuter avant la publication officielle annoncée pour le 4 mai prochain ? Selon d’autres informations, publiées par le New York Times, les conseillers économiques de Barack Obama envisageraient de renflouer certaines banques sans apport de fonds publics, en convertissant en actions les prêts déjà consentis. L’Etat américain deviendrait ainsi un actionnaire clé de certaines banques, et cette opération lui permettrait de renforcer les fonds propres des banques sans devoir redemander au Congrès de crédits supplémentaires.</p>
<p>Le mot de la fin de cette histoire incroyable revient provisoirement à Robert Gibbs, porte-parole de la présidence, qui a déclaré il y a une quinzaine de jours, lors de l’un de ses points de presse quotidien : « Le secrétaire et le département du Trésor reconnaissent depuis longtemps que la transparence est importante pour les contribuables, pour les banques, et pour la stabilité du système financier en général », ajoutant, pour enfoncer le clou, « et je crois que c’est ce que vous verrez ». Dans une dépêche datée du 18 avril, l’agence Bloomberg se délectait depuis des bagarres feutrées entre le Trésor et les organismes régulateurs à propos de l’étendue des informations qui seraient rendues publiques à l’occasion de la publication des résultats des tests, ces derniers affectant d’être effrayés par les audaces pourtant bien limitées du premier. Tout ce monde bruissant de spéculations contradictoires sur les effets possibles de telle ou telle information dans un univers où règne habituellement la loi du silence. Beaucoup de silence pour rien, en définitive.</p>
<p>Seuls ou presque, dans ce bal masqué, le FMI et son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, continuent contre vents et marées d’expliquer sans mâcher leurs mots qu’aucune relance ne pourra intervenir tant que les bilans des banques n’auront pas été nettoyés. Les estimations chiffrées monstrueuses de ce qu’il reste à faire, le montant des dépréciations à venir, augurent d’un nouvel approfondissement de la crise financière, de la poursuite du gel du crédit, avec ses conséquences économiques de plus en plus désastreuses au fur et à mesure qu’il dure. « Là où le FMI demande des efforts considérables c’est dans le nettoyage du secteur bancaire, pour que le crédit circule de nouveau, pour que les entreprises aient les crédits pour investir, que les particuliers aient un crédit pour acheter un logement », a déclaré le 23 avril Dominique Strauss-Kahn à Washington. « Or aujourd’hui cela ne fonctionne toujours pas. On met des tas de milliards en haut, et ils n’arrivent pas en bas (…) Et pourquoi? Parce qu’entre les deux, les canaux de circulation restent gelés, et ils sont gelés à cause des fameux actifs toxiques qu’il faut nettoyer ».</p>
<p>Aux USA, la crise du marché des cartes de crédit atteint les particuliers de plein fouet, alors que les émetteurs de celles-ci durcissent leurs conditions, augmentant le taux de défaut au prétexte d’y faire face, au risque de multiplier des situations insoutenables pour de très nombreux particuliers touchés par la crise et le chômage. Barack Obama annonce bien des mesures, mais elles ne vont pas à l’essentiel. Il apparaît avoir les mains aussi liées dans ce domaine que dans d’autres, dès lors qu’il s’agit des intérêts des institutions financières. « Nous voulons préserver le marché des cartes de crédit, mais nous voulons le faire en éliminant certains des abus et des problèmes que les gens connaissent bien », a-t-il dit en recevant les responsables des sociétés de cartes de crédit. Il a énoncé à cette occasion les grands principes d’une prochaine réforme d’envergure, puisqu’au terme de celle-ci tous les formulaires des sociétés de cartes de crédit devront être rédigés dans un langage compréhensible. C’est ce qui s’appelle prendre les problèmes à bras le corps.</p>
<p>Une déclaration du 17 avril dernier de Ben Bernanke, président de la Fed, éclaire particulièrement les intentions officielles, dès lors qu’il s’agit de « l’industrie financière ». Il a en effet déclaré, lors d’une conférence à Washington: « Il ne faut pas tenter d’imposer des restrictions aux fournisseurs de crédit tellement lourdes qu’elles empêchent le développement de nouveaux produits et services à l’avenir (…) Je ne pense pas que quiconque veuille revenir aux années 1970. L’innovation financière a amélioré l’accès au crédit, réduit les coûts, et augmenté le choix ». Il a également considéré qu’« il serait mal avisé d’essayer d’arrêter l’innovation financière », revenant sur les progrès considérables faits depuis une quarantaine d’années. « Tous ces développements ont eu leurs aspects positifs, y compris pour les publics défavorisés », a-t-il souligné, reconnaissant tout de même qu’« il semble clair que la difficulté à gérer l’innovation lors de la période menant à la crise a été sous-estimée, et pas seulement dans le cas du prêt aux consommateurs ».</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : 110</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2112</link>
		<dc:creator>110</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2009 08:27:06 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2112</guid>
		<description>&lt;a href=&quot;http://finance.blog.lemonde.fr/2009/04/16/que-signifient-les-resultats-de-goldman-sachs/&quot;&gt;Que  signifient les résultats de Goldman Sachs ?&lt;/a&gt;
Un article dont l&#039;analyse est bien trop légère mais contrebalancée par les commentaires intéressants des internautes. A lire...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://finance.blog.lemonde.fr/2009/04/16/que-signifient-les-resultats-de-goldman-sachs/">Que  signifient les résultats de Goldman Sachs ?</a><br />
Un article dont l&#8217;analyse est bien trop légère mais contrebalancée par les commentaires intéressants des internautes. A lire&#8230;</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2077</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2009 19:12:51 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2437#comment-2077</guid>
		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Méthode Coué : exercice appliqué&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l’on délaisse pour un instant Wall Street, les annonces de brillants résultats en façade provenant des plus grands banques américaines, et le feuilleton toujours sans fin de l’annonce des résultats des « stress tests » menés par le Trésor dans les comptes de ces mêmes banques, on peut porter un regard tout aussi sceptique sur les pronostiques relatifs à l’amélioration de la situation économique qui continuent de fleurir chez les hommes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d’y venir, on peut aussi remarquer, qu’à en croire les visages avenants présentés aux investisseurs par les banques, dans une sorte de danse de la séduction un peu impudique vue la crise économique, qu’il y a décidemment deux mondes avec de moins en moins de choses à voir entre eux. Celui de la finance, qui prospérerait donc dans la crise, envers et contre tout, et celui de l’économie, dont les jours sombres s’accumulent sans fin, en dépit des tentatives de faire croire le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lawrence Summers, le principal conseiller économique de Barack Obama, s’est fait ces derniers temps une réputation d’optimiste invétéré, encore alimentée par ses dernières déclarations du 14 avril à la chaîne d’informations économiques et financières CNBC. Il a exprimé à cette occasion la ferme conviction que la situation actuelle était « plus contrastée » qu’il y a deux mois, quand on ne pouvait « rien trouver de positif ». En ajoutant, pour faire contraste, « ce qui donnait l’impression que l’économie était en chute libre. Cette assertion laisse songeur, quand on lit les raisons qui le conduisent à penser ainsi: « le marché du logement est toujours faible, mais il y a un certain nombre de choses qui sont plus positives », a-t-il assené sans trop s’étendre, s’appuyant également sur la fin du processus de déstockage des entreprises, « qui peut être source de force » dans l’avenir, et des dépenses de consommations, « qui ne sont pas en chute libre ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Pour ne pas être en reste, Ben Bernanke, le président de la Fed, a affirmé le même jour, devant des étudiants d’Atlanta, percevoir des signes que la chute de l’activité économique aux Etats-Unis s’affaiblissait. En d’autres termes, on chute toujours, mais un peu moins vite. N’ayant pas eu le temps, sans doute, de consulter le communiqué du département du Commerce, indiquant au même moment que les ventes de détail aux Etats-Unis avaient baissé en mars (1,1% par rapport à février), alors que les analystes anticipaient la poursuite de leur hausse des deux mois précédents. « Une stabilisation de l’activité économique est le premier pas vers la reprise », a-t-il poursuivi, passant allégrement dans sa présentation de l’affaiblissant de la chute à la stabilisation, comme si elle était déjà acquise et pour demain matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de couper court à toutes les interrogations malvenues, le président de la Fed a également affirmé que « le dollar restait à ses yeux la monnaie de référence mondiale», tout en poursuivant : « cette situation n’a pas changé et je ne vois vraiment aucune perspective de changement dans un avenir proche ». Il semblerait qu’aucun étudiant n’ait profité de la séance de questions-réponses qui a suivi l’exposé pour lui demander : « et dans un avenir moins proche ? »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un discours prononcé toujours le même mardi à l’université Georgetown de Washington, Barack Obama a été plus prudent en déclarant apercevoir « une lueur d’espoir», avant de présenter « sa vision ». Affirmant avec clairvoyance et d’entrée de jeu qu’« une économie dans laquelle 40 % des bénéfices sont issus du secteur financier tandis que le revenu familial régresse n’est pas durable ». Annonçant les têtes de chapitre d’une « refondation », qui ne sera pas réalisée en plusieurs années a-t-il martelé, pour ne pas faire de fausses promesses. Tout en faisant le grand écart avec le présent, après s’être s’efforcé de justifier les capitaux publics apportés aux banques par l’effet multiplicateur qu’ils auront en faveur de cet avenir plus radieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les affaires continuaient sans attendre, exprimant une autre vision. Permettant de mieux comprendre comment les banques pouvaient afficher de tels résultats, dans l’attente de ceux qui sont espérés pour le prochain trimestre. JP Morgan Chase et Wells Fargo, ainsi que Fannie Mae et Freddie Mac, parmi d’autres, viennent d’informer avoir relancé leurs saisies immobilières, après les avoir suspendues durant plusieurs semaines. L’activité de « carry trade », quant à elle, repart de plus belle, après avoir été quasi paralysée ces derniers temps. L’agence de presse Bloomberg donne ainsi l’exemple d’achats en dollars, en euros ou en yen de devises Brésiliennes, Hongroises, Indonésiennes ou Sud Africaines, produisant de forts beaux rendements, en raison des forts différentiels des taux d’intérêts dans ces pays. A l’occasion d’une conférence téléphonique à propos de ses résultats, David Viniar, le directeur financier de Goldman Sachs, reconnaissait avoir activement racheté des actifs sur le marché , « car il y avait beaucoup de bonnes opportunités » (de la part de vendeurs comme les hedge funds, à la recherche désespérée de liquidités). D’autres s’annoncent, comme on l’a abondamment relevé, grâce au financement public de l’achat des actifs toxiques, ou par le biais du « big bang » des CDS dont la mise en place a été annoncée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fort déphasage peut être constaté entre la santé retrouvée des grandes banques, à coup de cosmétiques et à force de bonnes affaires, et la crise économique dans laquelle le pays baigne tout entier. Il semble que le rôle attribué à Barack Obama soit de crédibiliser l’idée que « l’industrie financière » est le fer de lance de l’aggiornamento qu’il annonce. Rude tâche.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Méthode Coué : exercice appliqué</h2>
<p>Si l’on délaisse pour un instant Wall Street, les annonces de brillants résultats en façade provenant des plus grands banques américaines, et le feuilleton toujours sans fin de l’annonce des résultats des « stress tests » menés par le Trésor dans les comptes de ces mêmes banques, on peut porter un regard tout aussi sceptique sur les pronostiques relatifs à l’amélioration de la situation économique qui continuent de fleurir chez les hommes politiques.</p>
<p>Avant d’y venir, on peut aussi remarquer, qu’à en croire les visages avenants présentés aux investisseurs par les banques, dans une sorte de danse de la séduction un peu impudique vue la crise économique, qu’il y a décidemment deux mondes avec de moins en moins de choses à voir entre eux. Celui de la finance, qui prospérerait donc dans la crise, envers et contre tout, et celui de l’économie, dont les jours sombres s’accumulent sans fin, en dépit des tentatives de faire croire le contraire.</p>
<p>Lawrence Summers, le principal conseiller économique de Barack Obama, s’est fait ces derniers temps une réputation d’optimiste invétéré, encore alimentée par ses dernières déclarations du 14 avril à la chaîne d’informations économiques et financières CNBC. Il a exprimé à cette occasion la ferme conviction que la situation actuelle était « plus contrastée » qu’il y a deux mois, quand on ne pouvait « rien trouver de positif ». En ajoutant, pour faire contraste, « ce qui donnait l’impression que l’économie était en chute libre. Cette assertion laisse songeur, quand on lit les raisons qui le conduisent à penser ainsi: « le marché du logement est toujours faible, mais il y a un certain nombre de choses qui sont plus positives », a-t-il assené sans trop s’étendre, s’appuyant également sur la fin du processus de déstockage des entreprises, « qui peut être source de force » dans l’avenir, et des dépenses de consommations, « qui ne sont pas en chute libre ».</p>
<p><span></span>Pour ne pas être en reste, Ben Bernanke, le président de la Fed, a affirmé le même jour, devant des étudiants d’Atlanta, percevoir des signes que la chute de l’activité économique aux Etats-Unis s’affaiblissait. En d’autres termes, on chute toujours, mais un peu moins vite. N’ayant pas eu le temps, sans doute, de consulter le communiqué du département du Commerce, indiquant au même moment que les ventes de détail aux Etats-Unis avaient baissé en mars (1,1% par rapport à février), alors que les analystes anticipaient la poursuite de leur hausse des deux mois précédents. « Une stabilisation de l’activité économique est le premier pas vers la reprise », a-t-il poursuivi, passant allégrement dans sa présentation de l’affaiblissant de la chute à la stabilisation, comme si elle était déjà acquise et pour demain matin.</p>
<p>Afin de couper court à toutes les interrogations malvenues, le président de la Fed a également affirmé que « le dollar restait à ses yeux la monnaie de référence mondiale», tout en poursuivant : « cette situation n’a pas changé et je ne vois vraiment aucune perspective de changement dans un avenir proche ». Il semblerait qu’aucun étudiant n’ait profité de la séance de questions-réponses qui a suivi l’exposé pour lui demander : « et dans un avenir moins proche ? »</p>
<p>Dans un discours prononcé toujours le même mardi à l’université Georgetown de Washington, Barack Obama a été plus prudent en déclarant apercevoir « une lueur d’espoir», avant de présenter « sa vision ». Affirmant avec clairvoyance et d’entrée de jeu qu’« une économie dans laquelle 40 % des bénéfices sont issus du secteur financier tandis que le revenu familial régresse n’est pas durable ». Annonçant les têtes de chapitre d’une « refondation », qui ne sera pas réalisée en plusieurs années a-t-il martelé, pour ne pas faire de fausses promesses. Tout en faisant le grand écart avec le présent, après s’être s’efforcé de justifier les capitaux publics apportés aux banques par l’effet multiplicateur qu’ils auront en faveur de cet avenir plus radieux.</p>
<p>Pendant ce temps, les affaires continuaient sans attendre, exprimant une autre vision. Permettant de mieux comprendre comment les banques pouvaient afficher de tels résultats, dans l’attente de ceux qui sont espérés pour le prochain trimestre. JP Morgan Chase et Wells Fargo, ainsi que Fannie Mae et Freddie Mac, parmi d’autres, viennent d’informer avoir relancé leurs saisies immobilières, après les avoir suspendues durant plusieurs semaines. L’activité de « carry trade », quant à elle, repart de plus belle, après avoir été quasi paralysée ces derniers temps. L’agence de presse Bloomberg donne ainsi l’exemple d’achats en dollars, en euros ou en yen de devises Brésiliennes, Hongroises, Indonésiennes ou Sud Africaines, produisant de forts beaux rendements, en raison des forts différentiels des taux d’intérêts dans ces pays. A l’occasion d’une conférence téléphonique à propos de ses résultats, David Viniar, le directeur financier de Goldman Sachs, reconnaissait avoir activement racheté des actifs sur le marché , « car il y avait beaucoup de bonnes opportunités » (de la part de vendeurs comme les hedge funds, à la recherche désespérée de liquidités). D’autres s’annoncent, comme on l’a abondamment relevé, grâce au financement public de l’achat des actifs toxiques, ou par le biais du « big bang » des CDS dont la mise en place a été annoncée.</p>
<p>Un fort déphasage peut être constaté entre la santé retrouvée des grandes banques, à coup de cosmétiques et à force de bonnes affaires, et la crise économique dans laquelle le pays baigne tout entier. Il semble que le rôle attribué à Barack Obama soit de crédibiliser l’idée que « l’industrie financière » est le fer de lance de l’aggiornamento qu’il annonce. Rude tâche.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2061</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2009 11:36:22 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : La guerre feutrée du dollar a commencé &lt;/h2&gt;
La bataille que les Chinois ont engagée contre la suprématie du dollar en tant que principale monnaie de réserve et d’échange commercial ne fait que commencer. En réalité, elle a débuté avant le dernier G20, en Asie, à la suite de la précédente crise des années 1997 et 1998. Tous les commentateurs avisés s’accordent à penser qu’il va s’agir d’une nouvelle longue marche, durant probablement plusieurs décennies. Sans attendre sa conclusion, de premiers pions ont été avancés, une fois réalisé le coup d’éclat initial de la publication de l’article du gouverneur de la banque centrale, qui sera retenu par l’histoire, avec comme objectif, qui a été atteint, de polariser l’attention à la veille de la tenue du G20.
Ce qui est sorti de ce sommet n’était pas à la hauteur du débat que les Chinois souhaitaient engager, ayant pourtant clairement expliqué qu’ils n’étaient pas pressés et que des étapes pouvaient être envisagées, en vue de progressivement établir les DTS dans leur nouveau statut de monnaie de réserve, au détriment du dollar. Le veto absolu des Américains à ce sujet, ainsi que la timidité excessive des européens, ont eu pour conséquence son escamotage, tout du moins dans les propos tenus en public, ainsi que dans les déclarations finales.
Le rôle grandissant du FMI, résultant de l’accroissement de ses ressources a seul été relevé, ainsi que l’adoption d’une date butoir de modification à dose homéopathique des droits de vote en son sein en faveur des pays émergents. Sans remettre en cause son contrôle de fait par les USA. Avec comme hochet la possibilité que le prochain président du FMI soit choisi dans les rangs de ces derniers pays.
Ce qui a été une véritable fin de non-recevoir à leur égard n’a certainement pas surpris les autorités chinoises, engagées dans une partie complexe, à la fois à court et à long terme. Cherchant à combattre la brutale décélération de sa croissance économique, et ses effets sociaux dévastateurs, à relancer en interne la machine, tout en poursuivant des objectifs fondamentaux, le développement de son commerce et de ses échanges extérieurs, la sûreté de ses approvisionnements en matières premières, ainsi que la préservation de ses avoirs en devises étrangères, principalement en dollars.
Que s’est-il passé depuis ? L’interprétation des données relatives aux transactions sur les bons du Trésor américains étant pour le moins complexe, cette question ne sera pas évoquée dans l’immédiat, afin de se concentrer sur d’autres aspects de la situation, non moins décisifs à terme bien que moins brûlants dans l’immédiat.
De multiples accords de swaps de devises ont été annoncés en un très court laps de temps. Ils concernent pour l’essentiel l’Amérique Latine et l’Asie. Tous ont en commun d’écarter l’utilisation du dollar des transactions commerciales bilatérales entre la Chine et un nombre de plus en plus grand de pays. En Amérique Latine, l’Argentine et le Brésil, les deux piliers du Mercosur, se sont engagés dans cette voie. En Asie, il s’agit de l’Indonésie, de la Corée du Sud, de la Malaisie et de Hong Kong (qui a pour monnaie le dollar de Hong Kong). Le Bélarus a également adopté un tel accord de swap de devises. Il s’agit, exprimé en dollars, de montants potentiels atteignant déjà un montant de près d’une centaine de milliards de mise en œuvre de devises.
Ces accords contribuent non seulement à écarter le dollar d’un nombre grandissant de transactions commerciales, prémunissant les pays qui les activent des problèmes de change qui en résultent, mais ils ont également pour conséquence de faire progressivement émerger le yuan comme monnaie de référence des échanges commerciaux internationaux, à un niveau certes encore modeste. Porté par le développement du commerce international chinois, à l’export comme à l’import, qui ne peut que reprendre lorsque la crise actuelle ne sera plus dans son stade aigu actuel, le yuan va petit à petit devenir une sorte de yuan international, ce qui de facto posera à terme la question de sa convertibilité aux autorités chinoises. La voie du grignotage de la position hégémonique du dollar est désormais toute tracée. L’euro n’y contribue plus seul.
D’autres accords ont déjà été signés par les Chinois, adaptés à l’économie de pays détenteurs de matières premières. C’est le cas avec l’Equateur, membre de l’OPEP et producteur de pétrole, qui vient de signer un accord lui permettant de bénéficier d’un financement d’un milliard de dollars, qu’il va progressivement rembourser avec des livraisons de pétrole à la Chine.
Les autorités chinoises, enfin, ont crée un fonds d’investissement et de coopération, doté de dix milliards de dollars, destiné à développer avec les pays de l’ASEAN des infrastructures favorisant les échanges entre ceux-ci et la Chine, tandis qu’ils ont alloué une somme de quinze milliards de dollars, afin de consentir aux mêmes pays des prêts à 3 ou 5 ans, offrant à ces derniers, qui gardent un souvenir cuisant du FMI, une alternative financière.
Mais ce panorama serait tout à fait incomplet, s’il n’était pas fait mention d’un autre phénomène majeur touchant aux échanges commerciaux. En Amérique Latine, l’ALADI, qui regroupe 12 Etats membres du sous-continent, a été fondée en 1980 afin de développer les échanges commerciaux entre ceux-ci et d’engager la mise en place progressive d’une zone de libre-échange. L’Argentine ayant passé en 2008 un accord avec le Brésil en vue de se passer du dollar dans ses échanges commerciaux (dont il va falloir examiner de près la réalisation), il est question que cette procédure soit étendue, question qui sera mise à l’étude lors de la prochaine réunion, en mai ou juin prochain, de l’ALADI.
Beaucoup plus avancé en Asie, le projet d’un FMI régional pourrait prendre corps assez rapidement. Il s’appuierait sur l’initiative de Chiang Mai (une ville de Thaïlande), la création en 2000, aux lendemains de la crise asiatique de 1997-1998, d’un réseau d’accords multilatéraux de swaps de devises, qui avait pour vocation la création d’une zone de libre-échange asiatique. La décision en avait été prise par ce que l’on appelle l’ASEAN+ 3, le regroupement avec les Etats membres d’Asie du Sud-Est de l’association de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud.
A l’époque, l’initiative de Chiang Mai a été barrée par les Etats-Unis et n’a pas connu beaucoup de concrétisation, la Chine ayant eu à son égard une attitude ambiguë, notamment en raison de ses rapports avec le Japon. Aujourd’hui, la réactivation de ce qui pourrait devenir un FMI asiatique est envisagée. Sans que tous les contours de cet organisme n’aient encore été discutés, il aurait été déjà décidé de le doter ultérieurement d’un budget de 120 milliards de dollars.
La question est bien entendu de savoir à quel rythme ce projet pourrait avancer, ainsi que l’attitude que les Etats-Unis pourraient adopter à son égard. Certains experts prédisent un assouplissement de leur politique, considérant que les Américains pourraient voir d’un bon œil l’apparition d’un pôle financier venant renforcer l’action du FMI. Si c’était le cas, cela permettrait aux pays principaux pays membres de ce pôle, à commencer par la Chine (qui serait avec le Japon le principal pourvoyeur de fonds), d’obtenir en son sein un pouvoir que les Américains se refusent à lui accorder au sein du FMI.
Tous ces accords avancent à leur rythme, mais la machine est en marche et le dollar est nécessairement sur la défensive.
&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : La guerre feutrée du dollar a commencé </h2>
<p>La bataille que les Chinois ont engagée contre la suprématie du dollar en tant que principale monnaie de réserve et d’échange commercial ne fait que commencer. En réalité, elle a débuté avant le dernier G20, en Asie, à la suite de la précédente crise des années 1997 et 1998. Tous les commentateurs avisés s’accordent à penser qu’il va s’agir d’une nouvelle longue marche, durant probablement plusieurs décennies. Sans attendre sa conclusion, de premiers pions ont été avancés, une fois réalisé le coup d’éclat initial de la publication de l’article du gouverneur de la banque centrale, qui sera retenu par l’histoire, avec comme objectif, qui a été atteint, de polariser l’attention à la veille de la tenue du G20.<br />
Ce qui est sorti de ce sommet n’était pas à la hauteur du débat que les Chinois souhaitaient engager, ayant pourtant clairement expliqué qu’ils n’étaient pas pressés et que des étapes pouvaient être envisagées, en vue de progressivement établir les DTS dans leur nouveau statut de monnaie de réserve, au détriment du dollar. Le veto absolu des Américains à ce sujet, ainsi que la timidité excessive des européens, ont eu pour conséquence son escamotage, tout du moins dans les propos tenus en public, ainsi que dans les déclarations finales.<br />
Le rôle grandissant du FMI, résultant de l’accroissement de ses ressources a seul été relevé, ainsi que l’adoption d’une date butoir de modification à dose homéopathique des droits de vote en son sein en faveur des pays émergents. Sans remettre en cause son contrôle de fait par les USA. Avec comme hochet la possibilité que le prochain président du FMI soit choisi dans les rangs de ces derniers pays.<br />
Ce qui a été une véritable fin de non-recevoir à leur égard n’a certainement pas surpris les autorités chinoises, engagées dans une partie complexe, à la fois à court et à long terme. Cherchant à combattre la brutale décélération de sa croissance économique, et ses effets sociaux dévastateurs, à relancer en interne la machine, tout en poursuivant des objectifs fondamentaux, le développement de son commerce et de ses échanges extérieurs, la sûreté de ses approvisionnements en matières premières, ainsi que la préservation de ses avoirs en devises étrangères, principalement en dollars.<br />
Que s’est-il passé depuis ? L’interprétation des données relatives aux transactions sur les bons du Trésor américains étant pour le moins complexe, cette question ne sera pas évoquée dans l’immédiat, afin de se concentrer sur d’autres aspects de la situation, non moins décisifs à terme bien que moins brûlants dans l’immédiat.<br />
De multiples accords de swaps de devises ont été annoncés en un très court laps de temps. Ils concernent pour l’essentiel l’Amérique Latine et l’Asie. Tous ont en commun d’écarter l’utilisation du dollar des transactions commerciales bilatérales entre la Chine et un nombre de plus en plus grand de pays. En Amérique Latine, l’Argentine et le Brésil, les deux piliers du Mercosur, se sont engagés dans cette voie. En Asie, il s’agit de l’Indonésie, de la Corée du Sud, de la Malaisie et de Hong Kong (qui a pour monnaie le dollar de Hong Kong). Le Bélarus a également adopté un tel accord de swap de devises. Il s’agit, exprimé en dollars, de montants potentiels atteignant déjà un montant de près d’une centaine de milliards de mise en œuvre de devises.<br />
Ces accords contribuent non seulement à écarter le dollar d’un nombre grandissant de transactions commerciales, prémunissant les pays qui les activent des problèmes de change qui en résultent, mais ils ont également pour conséquence de faire progressivement émerger le yuan comme monnaie de référence des échanges commerciaux internationaux, à un niveau certes encore modeste. Porté par le développement du commerce international chinois, à l’export comme à l’import, qui ne peut que reprendre lorsque la crise actuelle ne sera plus dans son stade aigu actuel, le yuan va petit à petit devenir une sorte de yuan international, ce qui de facto posera à terme la question de sa convertibilité aux autorités chinoises. La voie du grignotage de la position hégémonique du dollar est désormais toute tracée. L’euro n’y contribue plus seul.<br />
D’autres accords ont déjà été signés par les Chinois, adaptés à l’économie de pays détenteurs de matières premières. C’est le cas avec l’Equateur, membre de l’OPEP et producteur de pétrole, qui vient de signer un accord lui permettant de bénéficier d’un financement d’un milliard de dollars, qu’il va progressivement rembourser avec des livraisons de pétrole à la Chine.<br />
Les autorités chinoises, enfin, ont crée un fonds d’investissement et de coopération, doté de dix milliards de dollars, destiné à développer avec les pays de l’ASEAN des infrastructures favorisant les échanges entre ceux-ci et la Chine, tandis qu’ils ont alloué une somme de quinze milliards de dollars, afin de consentir aux mêmes pays des prêts à 3 ou 5 ans, offrant à ces derniers, qui gardent un souvenir cuisant du FMI, une alternative financière.<br />
Mais ce panorama serait tout à fait incomplet, s’il n’était pas fait mention d’un autre phénomène majeur touchant aux échanges commerciaux. En Amérique Latine, l’ALADI, qui regroupe 12 Etats membres du sous-continent, a été fondée en 1980 afin de développer les échanges commerciaux entre ceux-ci et d’engager la mise en place progressive d’une zone de libre-échange. L’Argentine ayant passé en 2008 un accord avec le Brésil en vue de se passer du dollar dans ses échanges commerciaux (dont il va falloir examiner de près la réalisation), il est question que cette procédure soit étendue, question qui sera mise à l’étude lors de la prochaine réunion, en mai ou juin prochain, de l’ALADI.<br />
Beaucoup plus avancé en Asie, le projet d’un FMI régional pourrait prendre corps assez rapidement. Il s’appuierait sur l’initiative de Chiang Mai (une ville de Thaïlande), la création en 2000, aux lendemains de la crise asiatique de 1997-1998, d’un réseau d’accords multilatéraux de swaps de devises, qui avait pour vocation la création d’une zone de libre-échange asiatique. La décision en avait été prise par ce que l’on appelle l’ASEAN+ 3, le regroupement avec les Etats membres d’Asie du Sud-Est de l’association de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud.<br />
A l’époque, l’initiative de Chiang Mai a été barrée par les Etats-Unis et n’a pas connu beaucoup de concrétisation, la Chine ayant eu à son égard une attitude ambiguë, notamment en raison de ses rapports avec le Japon. Aujourd’hui, la réactivation de ce qui pourrait devenir un FMI asiatique est envisagée. Sans que tous les contours de cet organisme n’aient encore été discutés, il aurait été déjà décidé de le doter ultérieurement d’un budget de 120 milliards de dollars.<br />
La question est bien entendu de savoir à quel rythme ce projet pourrait avancer, ainsi que l’attitude que les Etats-Unis pourraient adopter à son égard. Certains experts prédisent un assouplissement de leur politique, considérant que les Américains pourraient voir d’un bon œil l’apparition d’un pôle financier venant renforcer l’action du FMI. Si c’était le cas, cela permettrait aux pays principaux pays membres de ce pôle, à commencer par la Chine (qui serait avec le Japon le principal pourvoyeur de fonds), d’obtenir en son sein un pouvoir que les Américains se refusent à lui accorder au sein du FMI.<br />
Tous ces accords avancent à leur rythme, mais la machine est en marche et le dollar est nécessairement sur la défensive.<br />
<strong>Par François Leclerc</strong></p>
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		<title>Par : Bouddha_Hindy</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/phase-5-de-la-crise-systemique-dislocation-geopolitique-mondiale/#comment-2040</link>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2009 07:29:31 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;L’actualité de la crise : Dr. Folamour donne la Chine gagnante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On apprend avec retard que dans une « war room » du Pentagone située dans une « safe house » du Maryland, des galonnés se sont essayés à un nouveau jeu de simulation, pour se préparer à toutes les éventualités de la guerre économique qui s’annonce. L’un d’entre eux reconnaîtra à la sortie, selon CBS News, qu’il s’est senti pour l’occasion être devenu une sorte de docteur Folamour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Différents membres de la communauté du renseignement, dont le nombre même est classifié, ont fait preuve d’une impressionnante démonstration d’unité en restant dans la même pièce durant les deux jours qu’a duré le jeu. Ils ont assisté au déroulement du jeu devant un parterre d’universitaires, de responsables de hedge funds (d’autres hommes de l’ombre) et de dirigeants de banques d’investissement (ceux d’UBS, la banque suisse prise la main dans le pot à confiture, avaient été chaudement recommandés par l’administration fiscale, pour bien connaître la musique), prétexte afin de prendre note des réactions de ces derniers, le vrai but de l’opération.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine a tiré les marrons du feu des continuels affrontements opposant les USA et la Russie : c’est le triste enseignement majeur des opérations qui ont été simulées, qu’il faut annoncer sans attendre. De nouveaux plans ont été immédiatement mis à étude au sein de l’état-major inter-armées, dans le cadre d’une commission mixte, dont l’existence été démentie avant même que son existence ne soit révélée. Deux précautions valent mieux qu’une. L’équivalant des « réserves sur les réserves » du héros d’Albert Cohen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Les acronymes de deux redoutables armes de simulation massive ont été dévoilés aux participants triés sur le volet : WALRUS (Warfare Analysis Laboratory Registration and User Website), qui désigne le système informatique permettant de conduire en temps réel les opérations de guerre, et WOPR (War Operation Plan Response), le lourd et volumineux manuel destiné au paquetage des GI’s en opération qui, tradition militaire oblige, détaillait à chaque instant les consignes quant à la conduite qu’il fallait tenir dans chaque situation imprévue. Et il était prévu, c’est déjà un point d’acquis, qu’il y en aurait de nombreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Redescendu sur terre, l’un des participants a déclaré que l’ensemble était « étonnement réaliste », sans doute parce que le jeu n’opposait pas les « blancs » et les « rouges », une disposition classique de la guerre froide, mais pas moins de cinq équipes : Etats-Unis, Chine, Russie, Asie du sud-est et « autres », ce qui en dit long sur l’intérêt stratégique présumé de l’Europe occidentale, soit dit en passant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S’exprimant « off », en civil et sous le couvert du plus strict anonymat, l’un des participants au jeu, dont la condition militaire était trahie par sa coupe de cheveux et son embonpoint, a déclaré : « Pourquoi l’Armée s’intéresse-t-elle aux flux des capitaux ? Parce que le déroulement de la crise financière globale pourrait avoir des conséquences dans le monde réel, y compris la chute d’Etats. Nous avons déjà enregistré des émeutes en Grande-Bretagne et dans les Balkans ». Ce qui en dit à nouveau long sur le rôle assigné à l’Europe dans cette affaire ainsi que sur la fibre profondément sociale qui anime les militaires de tout temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un reporter de Politico, un blog de qualité, bien qu’il ne s’aventure jamais à évoquer les questions les plus épineuses que soulève la philosophie, a habilement fait preuve de ses capacités de journaliste d’investigation et de résistance à l’alcool à la fois, obtenant des informations complémentaires d’un insider. Le jeu a consisté en une série précipitée de crises successives, effondrement de la Corée du Nord, manipulation du prix du gaz naturel par les Russes, fortes tensions entre Taiwan et la Chine, blocus naval de l’Iran, etc… « Ce qui était attendu de nous, c’était de savoir qui serait susceptible dans chacune de ces situations de nous aider financièrement», confirmant que les fins stratèges du Pentagone avaient clairement analysé la situation et déterminé le point faible de leur propre camp. Ayant au moins compris que c’est le peuple chinois qui, par son dur labeur, et les consommateurs américains, par les dettes qu’ils ont contractées, ont financé l’effort de guerre irakien. Et que l’on ne peut plus trop compter sur eux pour la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis (entendez : ses hauts représentants militaires) sont à la recherche d’une approche intégrée de riposte, l’exemple donné étant celui de la conjugaison d’un blocus naval et de sanctions économiques concernant l’Iran. On connaissait déjà l’importance des relations entre Wall Street et Main Street (le commerce de détail), il apparaît qu’un renforcement des liens doit être désormais opéré, non pas entre les industriels de l’armement et le Pentagone (c’est déjà fait depuis longtemps), mais entre ce dernier et les milieux financiers, identifiés comme un allié, certes civil, mais indispensable à la victoire. Des milieux qui savent décidément se rendre indispensables et flairer les bonnes affaires.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<h2 class="posttitle">L’actualité de la crise : Dr. Folamour donne la Chine gagnante</h2>
<p>On apprend avec retard que dans une « war room » du Pentagone située dans une « safe house » du Maryland, des galonnés se sont essayés à un nouveau jeu de simulation, pour se préparer à toutes les éventualités de la guerre économique qui s’annonce. L’un d’entre eux reconnaîtra à la sortie, selon CBS News, qu’il s’est senti pour l’occasion être devenu une sorte de docteur Folamour.</p>
<p>Différents membres de la communauté du renseignement, dont le nombre même est classifié, ont fait preuve d’une impressionnante démonstration d’unité en restant dans la même pièce durant les deux jours qu’a duré le jeu. Ils ont assisté au déroulement du jeu devant un parterre d’universitaires, de responsables de hedge funds (d’autres hommes de l’ombre) et de dirigeants de banques d’investissement (ceux d’UBS, la banque suisse prise la main dans le pot à confiture, avaient été chaudement recommandés par l’administration fiscale, pour bien connaître la musique), prétexte afin de prendre note des réactions de ces derniers, le vrai but de l’opération.</p>
<p>La Chine a tiré les marrons du feu des continuels affrontements opposant les USA et la Russie : c’est le triste enseignement majeur des opérations qui ont été simulées, qu’il faut annoncer sans attendre. De nouveaux plans ont été immédiatement mis à étude au sein de l’état-major inter-armées, dans le cadre d’une commission mixte, dont l’existence été démentie avant même que son existence ne soit révélée. Deux précautions valent mieux qu’une. L’équivalant des « réserves sur les réserves » du héros d’Albert Cohen.</p>
<p><span></span>Les acronymes de deux redoutables armes de simulation massive ont été dévoilés aux participants triés sur le volet : WALRUS (Warfare Analysis Laboratory Registration and User Website), qui désigne le système informatique permettant de conduire en temps réel les opérations de guerre, et WOPR (War Operation Plan Response), le lourd et volumineux manuel destiné au paquetage des GI’s en opération qui, tradition militaire oblige, détaillait à chaque instant les consignes quant à la conduite qu’il fallait tenir dans chaque situation imprévue. Et il était prévu, c’est déjà un point d’acquis, qu’il y en aurait de nombreuses.</p>
<p>Redescendu sur terre, l’un des participants a déclaré que l’ensemble était « étonnement réaliste », sans doute parce que le jeu n’opposait pas les « blancs » et les « rouges », une disposition classique de la guerre froide, mais pas moins de cinq équipes : Etats-Unis, Chine, Russie, Asie du sud-est et « autres », ce qui en dit long sur l’intérêt stratégique présumé de l’Europe occidentale, soit dit en passant.</p>
<p>S’exprimant « off », en civil et sous le couvert du plus strict anonymat, l’un des participants au jeu, dont la condition militaire était trahie par sa coupe de cheveux et son embonpoint, a déclaré : « Pourquoi l’Armée s’intéresse-t-elle aux flux des capitaux ? Parce que le déroulement de la crise financière globale pourrait avoir des conséquences dans le monde réel, y compris la chute d’Etats. Nous avons déjà enregistré des émeutes en Grande-Bretagne et dans les Balkans ». Ce qui en dit à nouveau long sur le rôle assigné à l’Europe dans cette affaire ainsi que sur la fibre profondément sociale qui anime les militaires de tout temps.</p>
<p>Un reporter de Politico, un blog de qualité, bien qu’il ne s’aventure jamais à évoquer les questions les plus épineuses que soulève la philosophie, a habilement fait preuve de ses capacités de journaliste d’investigation et de résistance à l’alcool à la fois, obtenant des informations complémentaires d’un insider. Le jeu a consisté en une série précipitée de crises successives, effondrement de la Corée du Nord, manipulation du prix du gaz naturel par les Russes, fortes tensions entre Taiwan et la Chine, blocus naval de l’Iran, etc… « Ce qui était attendu de nous, c’était de savoir qui serait susceptible dans chacune de ces situations de nous aider financièrement», confirmant que les fins stratèges du Pentagone avaient clairement analysé la situation et déterminé le point faible de leur propre camp. Ayant au moins compris que c’est le peuple chinois qui, par son dur labeur, et les consommateurs américains, par les dettes qu’ils ont contractées, ont financé l’effort de guerre irakien. Et que l’on ne peut plus trop compter sur eux pour la suite.</p>
<p>Les Etats-Unis (entendez : ses hauts représentants militaires) sont à la recherche d’une approche intégrée de riposte, l’exemple donné étant celui de la conjugaison d’un blocus naval et de sanctions économiques concernant l’Iran. On connaissait déjà l’importance des relations entre Wall Street et Main Street (le commerce de détail), il apparaît qu’un renforcement des liens doit être désormais opéré, non pas entre les industriels de l’armement et le Pentagone (c’est déjà fait depuis longtemps), mais entre ce dernier et les milieux financiers, identifiés comme un allié, certes civil, mais indispensable à la victoire. Des milieux qui savent décidément se rendre indispensables et flairer les bonnes affaires.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
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