Hands på jordbruksarealer verden over
Skrevet av LeTransmuteur i: Afrika , Biodiversity , Sustainable Development , økologi , brorskap , Politikk Synergien mellom den nåværende matvarekrisen og finanskrisen har utløst en ny "land grab" i verden. D'un côté, des gouvernements préoccupés par l'insécurité alimentaire qui recourent à des importations pour nourrir leurs populations s'emparent de vastes territoires agricoles à l'étranger pour assurer leur propre production alimentaire offshore. De l'autre, des sociétés agro-alimentaires et des investisseurs privés, affamés de profits dans un contexte d'aggravation de la crise financière, voient dans les investissements dans des terres agricoles à l'étranger une source de revenus importante et nouvelle. De ce fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l'échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde.
GRAIN , octobre 2008

L'accaparement des terres existe depuis des siècles. Il suffit de penser à la « découverte » de l'Amérique par Christophe Colomb et à l'expulsion brutale des communautés indigènes qui en a découlé, ou aux colons blancs qui se sont emparés des territoires occupés par les Maoris en Nouvelle Zélande ou les Zoulous en Afrique du Sud. C'est un processus violent qui reste tout à fait d'actualité, par exemple en Chine ou au Pérou. Il n'ya guère de jour sans que la presse se fasse l'écho de luttes pour la terre, lorsque des compagnies minières comme Barrick Gold envahissent les hauts plateaux d'Amérique du Sud ou lorsque des sociétés agro-alimentaires comme Dole ou San Miguel spolient des agriculteurs philippins de leurs droits fonciers. Dans de nombreux pays, des investisseurs privés acquièrent d'immenses surfaces destinées à être gérées comme des parcs naturels ou des zones de conservation. Et où que l'on regarde, on découvre que la nouvelle industrie des biocarburants, promue comme réponse au changement climatique, semble se fonder sur l'expulsion des populations de leurs terres.
Pourtant, en ce moment, il se passe quelque chose de plus particulier. La synergie des deux grandes crises mondiales qui se sont déclenchées au cours des 15 derniers mois (la crise alimentaire mondiale et plus largement la crise financière dont la crise alimentaire a fait partie (1) ) ont donné naissance à une tendance préoccupante consistant à acheter des terres pour externaliser la production alimentaire. Il existe deux stratégies parallèles qui animent deux types d'accapareurs de terres. Pourtant, si leur point de départ est peut-être différent, leurs voies finissent par converger.
Recherche de la sécurité alimentaire
La première voie est celle de la sécurité alimentaire.Un certain nombre de pays qui dépendent des importations alimentaires et sont préoccupés des tensions sur les marchés, alors qu'ils ont des liquidités à placer, cherchent à externaliser leur production alimentaire nationale en prenant le contrôle d'exploitations agricoles dans d'autres pays. Ils l'envisagent comme une stratégie innovante à long terme pour assurer l'alimentation de leurs populations à bon marché, avec une sécurité bien supérieure à ce qu'elle était auparavant. L'Arabie saoudite, le Japon, la Chine, l'Inde, la Corée, la Libye et l'Égypte sont à placer dans cette catégorie. Des responsables de haut niveau de beaucoup de ces pays se sont engagés depuis mars 2008 dans une sorte de chasse au trésor diplomatique, à la recherche de terres agricoles fertiles dans des pays comme l'Ouganda, le Brésil, le Cambodge, le Soudan et le Pakistan. Compte tenu de la crise qui se poursuit actuellement au Darfour, où le Programme alimentaire mondial essaie de nourrir 5,6 millions de réfugiés, il peut sembler fou que des gouvernements étrangers achètent des terres agricoles au Soudan pour exporter des denrées alimentaires à l'intention de leurs propres citoyens.
On pourrait dire la même chose du Cambodge où 100 000 familles, soit un demi-million de personnes, ont actuellement une alimentation insuffisante (2) . Et pourtant, c'est ce qui se passe aujourd'hui. Convaincus que les opportunités agricoles sont limitées et qu'on ne peut se fier au marché, les gouvernements « de l'insécurité alimentaire » achètent en ce moment des terres ailleurs pour produire leur propre alimentation. À l'autre extrémité, les gouvernements courtisés pour qu'ils accordent l'utilisation des terres agricoles de leurs pays accueillent généralement favorablement ces offres d'investissements étrangers d'un nouveau type.
Spéculation
La seconde voie est celle des retombées financières. Étant donné la débâcle financière actuelle, toutes sortes d'acteurs des secteurs de la finance et de l'agro-alimentaire (des sociétés d'investissement qui gèrent les retraites des salariés, des fonds de capital investissement à la recherche d'une rotation rapide de l'argent, des fonds spéculatifs qui ont abandonné des marchés dérivés maintenant complètement effondrés, des négociants de céréales à la recherche de nouvelles stratégies de croissance) se tournent vers le foncier, à la fois pour la production alimentaire et celle des biocarburants, pour s'assurer de nouvelles sources de profit. Le foncier n'est pas, en lui-même, un investissement classique pour beaucoup de ces entreprises transnationales.
En fait, la terre représente un tel risque de conflit politique que de nombreux pays ne permettent même pas à des étrangers de la posséder. Et la terre ne prend pas de la valeur du jour au lendemain, comme la viande de porc ou l'or. Pour obtenir un bénéfice, les investisseurs doivent améliorer les capacités de production des terres, et même quelquefois se salir les mains en assurant réellement le fonctionnement d'une exploitation agricole. Mais la conjonction des crises alimentaire et financière a transformé les terres agricoles en un nouvel actif stratégique. Dans de nombreux endroits du monde, les prix alimentaires sont élevés et les prix des terres sont faibles. Et la plupart des « solutions » à la crise alimentaire proposent d'extraire plus de nourriture des terres dont nous disposons. On peut donc clairement gagner de l'argent en prenant le contrôle des meilleurs sols, proches des ressources en eau, aussi rapidement que possible.
contrôle du secteur privé
Ces deux voies se rejoignent parce que, dans les deux cas, c'est le secteur privé qui aura le contrôle. Dans la dynamique de la sécurité alimentaire, ce sont les gouvernements qui dirigent les opérations au travers d'un programme de politiques publiques. Dans la dynamique des profits financiers, ce ne sont que les investisseurs qui font leurs affaires comme d'habitude. Mais il ne faut pas se laisser abuser. Même si ce sont des responsables publics qui négocient et concluent les transactions pour les contrats d'accaparement des terres pour cause de « sécurité alimentaire », on prévoit explicitement que c'est le secteur privé qui prendra le relais et sera chargé de la mise en œuvre. Aussi, quelle que soit la voie envisagée, elles se dirigent toutes deux dans la même direction : des sociétés privées étrangères qui obtiennent de nouvelles formes de contrôle sur des terres agricoles pour produire une alimentation non pas pour les populations locales mais pour d'autres. Qui a dit que le colonialisme appartenait au passé ?
Ceux qui recherchent la sécurité alimentaire
La plupart des gens ont entendu parler de l'accaparement des terres par rapport à la sécurité alimentaire, les journaux ayant rapporté que l'Arabie saoudite et la Chine sont en train d'acheter des terres agricoles dans le monde entier, que ce soit en Somalie ou au Kazakhstan. Mais beaucoup d'autres pays sont impliqués. Une analyse plus fine révèle une liste impressionnante des accapareurs de terres motivés par la sécurité alimentaire : la Chine, l'Inde, le Japon, la Malaisie et la Corée du Sud en Asie ; l'Égypte et la Libye en Afrique ; et le Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au Moyen-Orient. On trouvera en annexe une description détaillée de ceux qui cherchent des terres et où, pour quel motif et pour combien d'argent.
La Chine
La situation de chacun de ces pays est bien sûr très différente. La Chine dispose d'une remarquable autosuffisance alimentaire. Toutefois, sa population est immense, ses terres agricoles disparaissent avec le développement industriel, ses ressources en eau sont soumises à une pression considérable et le Parti communiste doit penser à l'avenir à longue échéance. Avec 40 % des agriculteurs du monde mais seulement 9 % des terres agricoles au niveau mondial, il n'est pas surprenant que la sécurité alimentaire occupe une place importante dans l'agenda politique du gouvernement chinois. Et avec des réserves de devises étrangères de 1 800 milliards de dollars US, la Chine a suffisamment d'argent sous la main pour investir dans sa propre sécurité alimentaire à l'étranger.
Comme beaucoup de dirigeants et de militants agricoles le savent en Asie du Sud-Est, Pékin a commencé à externaliser progressivement une partie de sa production alimentaire bien avant que la crise alimentaire n'éclate en 2007. Grâce à la nouvelle diplomatie géopolitique de la Chine et à la stratégie agressive d'investissement à l'étranger du gouvernement, quelque 30 accords de coopération agricole ont été conclus au cours de ces dernières années pour offrir aux entreprises chinoises un accès aux terres agricoles des « pays amis » en échange de technologies, de formation et de fonds de développement d'infrastructures chinois. Cela ne se passe pas seulement en Asie mais également dans toute l'Afrique (3) , à travers toute une série de projets très divers et complexes. Du Kazakhstan au Queensland, et du Mozambique aux Philippines, un processus continu et bien connu est en cours, avec des entreprises chinoises qui louent ou achètent des terres, créent de grandes exploitations agricoles, font venir des agriculteurs, des chercheurs et des agents de vulgarisation, et vont jusqu'à faire le travail de culture. La plus grande partie de l'activité agricole de la Chine à l'étranger est consacrée à la culture du riz, du soja et du maïs, ainsi qu'à des cultures énergétiques comme la canne à sucre, le manioc ou le sorgho (4) . Le riz produit à l'étranger est toujours du riz hybride, cultivé à partir de semences chinoises importées, et des agriculteurs et des chercheurs chinois enseignent avec enthousiasme aux Africains et à d'autres à cultiver le riz « à la chinoise ».
Toutefois, les travailleurs agricoles locaux, engagés pour travailler dans les exploitations agricoles chinoises, en Afrique par exemple, ne savent souvent pas si le riz sert à nourrir leur propre peuple ou les Chinois. Étant donné le côté secret de beaucoup des accords fonciers, la plupart des gens supposent que le riz sert à nourrir les Chinois, et un ressentiment profond s'installe (5) .
Fondamentalement, la stratégie chinoise d'accaparement des terres est une approche de prudence : le gouvernement répartit les risques et optimise ses options pour assurer l'approvisionnement alimentaire du pays à long terme. En réalité, la pression que font peser sur la Chine ses propres pertes de terres agricoles et de ressources en eau est si importante que « la Chine n'a pas d'autre choix » que d'aller à l'étranger, estime un expert de l'Académie chinoise des sciences agronomiques (6) . De fait, l'alimentation commence à occuper une place de plus en plus importante, avec l'énergie et les matières premières minérales, dans la stratégie chinoise globale d'investissement à l'extérieur. Au premier semestre 2008, le Ministère de l'Agriculture a été jusqu'à proposer une politique du gouvernement central sur l'externalisation de la production alimentaire. Le projet n'est pas public (7) , mais il indique certainement à quel point, et pendant combien de temps, le gouvernement prévoit de soutenir financièrement de tels accords. Pendant ce temps, de nombreux éléments sont apparus qui indiquent que le secteur privé devrait jouer un rôle de plus en plus important. Après des discussions en juillet, la mesure politique a été mise en veilleuse, pour le moment du moins. « C'est trop tôt », a expliqué un représentant du ministère. « Il nous faut attendre et voir comment ces investissements évoluent (8) . »
Les Etats du Golfe
Les États du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis) sont confrontés à une réalité complètement différente. En tant que nations qui se sont construites dans le désert, elles ne disposent que de peu de terres et de ressources en eau pour la culture ou l'élevage. Mais elles possèdent d'énormes quantités de pétrole et d'argent, ce qui leur donne un moyen de pression puissant pour obtenir leur alimentation auprès de pays étrangers. La crise alimentaire actuelle a constitué un choc exceptionnellement sévère pour les États du Golfe. Comme ils dépendent de l'étranger pour leurs ressources alimentaires (notamment de l'Europe) et que leurs devises sont liées au dollar américain (à l'exception du Koweït, mais seulement depuis l'année dernière), la simultanéité de la hausse des prix alimentaires sur le marché mondial et de la chute du dollar américain s'est traduite par une lourde importation « d'inflation supplémentaire ». La facture de leurs importations alimentaires est montée en flèche au cours des cinq dernières années, passant de 8 à 20 milliards de dollars. Et comme leurs populations sont largement constituées de travailleurs immigrés peu payés (9) qui construisent leurs villes et fournissent la main-d'œuvre à leurs hôpitaux, les dynasties politiques du Golfe doivent absolument fournir des denrées alimentaires à des prix raisonnables. Après tout, ils sont assis sur une bombe sociale à retardement, tout en espérant rester riches dans les 20 ans qui viennent en donnant en location de l'immobilier de prestige.
Lorsque la crise alimentaire a explosé, et que les livraisons de riz asiatiques ont été interrompues, les dirigeants du Golfe ont fait de rapides calculs et sont parvenus à des conclusions sans appel. Les Saoudiens ont décidé que, étant donné les pénuries d'eau imminentes, il serait judicieux d'arrêter d'ici 2016 de produire du blé, qui constitue la base de leur alimentation, et de le cultiver ailleurs et de le transporter, pourvu que la totalité du processus soit clairement sous leur contrôle. Les Émirats arabes unis, dont 80 % de la population est composée de travailleurs immigrés asiatiques qui consomment pour la plupart du riz, ont été pris de panique. Sous l'égide du Conseil de coopération du Golfe (CCG), ils se sont regroupés avec Bahreïn et les autres pays du Golfe pour élaborer une stratégie collective d'externalisation de leur production alimentaire.
Leur idée est de conclure des accords, particulièrement dans les pays frères islamiques, auxquels ils fourniront des capitaux et des contrats pétroliers en échange de garanties pour que leurs grandes entreprises puissent avoir accès à des terres agricoles et réexporter la production chez eux. Les États les plus visés sont, de loin, le Soudan et le Pakistan, suivis par un certain nombre de pays en Asie du Sud-Est (Birmanie, Cambodge, Indonésie, Laos, Philippines, Thaïlande et Vietnam), la Turquie, le Kazakhstan, l'Ouganda, l'Ukraine, la Géorgie, le Brésil… et la liste n'est pas close.
Il ne faut pas sous-estimer l'importance de la démarche des États du Golfe. Entre mars et août 2008, des pays du CCG isolément, ou des consortiums industriels, ont conclu des baux pour des millions d'hectares de terres agricoles, et les récoltes devraient démarrer dès 2009. Les dirigeants du CCG prévoient d'importantes réunions en octobre 2008 et en janvier 2009 au cours desquelles ils vont finaliser la politique officielle sur cette question. Bien que les composantes visibles de la stratégie du Golfe ne soient pas critiquables en elles-mêmes (voir Encadré 1), des agences mondiales comme l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont jugé nécessaire de s'y intéresser et de s'impliquer directement dans la gestion des relations publiques autour de cette question. « Je ne vois pas d'inconvénient à ce que les Arabes fassent cet investissement », s'est exclamé Jacques Diouf, directeur de la FAO, mais la terre, dit-il, est « une patate chaude politique ». Il a envoyé plusieurs membres du personnel de la FAO qui sont actuellement en poste dans le Golfe pour éviter que des « scandales intempestifs » ne résultent des manœuvres des États du Golfe (10) .
Encadré 1 : Caractéristiques de la stratégie d'accaparement des terres des pays du Golfe
O regjeringer starte pumpen (organisere avtaler og utvikle konkrete vilkårene for bilateral politikk, for eksempel ved å gi en spesiell dispensasjon vis-à-vis eksport restriksjoner på mat, eller ved å åpne ambassader i land der kontrakter er avsluttet), men de gir eller krever, overføring av prosjekter til private selskaper
▪ støtte til islamske tradisjoner med å hjelpe de fattige og dele med dem som i størst behov, noe som tilsvarer en forpliktelse av maten går til lokalsamfunn i produserende land eller det innenlandske markedet, sette opp Shariah banker for å fordele midler lokalt, eller teknologioverføring, opplæring og jobber for å gjøre prosjekter mer attraktive, etc.. ;
▪ virkelig langsiktig tilnærming;
▪ tale klart å sette frem vedlegget til avslutningen av "vinn-vinn";
▪ sammenheng byttehandel mot mat-energi-i den grad at mange prosjekter inkluderer kontrakter for levering av olje og gass i bytte.
Asiatiske land
Selv om Kina og Gulf-statene er de største aktørene, andre er aktivt søker å finne jordbruksland i utlandet, med en ny giv for dette året. Japan og Sør-Korea, for eksempel, er to rike land som regjeringer har valgt å stole på import i stedet for selvforsyning å mate sine befolkninger. Begge får omtrent 60% av maten fra utlandet. (I tilfelle av Korea, overstiger tallet 90% hvis vi ekskluderer ris.) I begynnelsen av 2008 annonserte den koreanske regjeringen ble det utviklet en nasjonal plan for å tilrettelegge tomter oppkjøp utenlands for produksjon Den private sektor salvet som hovedrollen. Videre er koreansk mat selskapene allerede kjøpe opp land i Mongolia og det østlige Russland for å produsere mat for eksport hjem. Regjeringen, i mellomtiden, studerer ulike alternativene seg i Sudan, Argentina og Sørøst-Asia.
Japan derimot, ser ut til å stole helt på den private sektor til å organisere matimport (se nedenfor), mens regjeringen sjonglerer de politiske retningslinjene gjennom sine frihandelsavtaler, dets traktater investeringer og bilaterale samarbeidsavtaler pacts for utvikling. Det er ikke en passiv rolle. Påfølgende japanske regjeringer har motstått alle press for å restrukturere japansk landbruk, der familie gårder regjeringstid og hvor store selskaper har ingen rett til eget land. Nå som japanske bedrifter kjøper opp jordbruksareal i land som Kina og Brasil, kan trykket bli sterkere.
India har også blitt forurenset av virus av landet gripe tak. Se rom i styrer i selskaper og offentlige kontorer i New Delhi eller Pune, er indisk landbruk i et rot. Landet har store problemer knyttet til produksjonskostnader (deres største bekymring), nedgangen i jordas fruktbarhet og vannforsyning i det lange løp, for å nevne noen. I tillegg har de kamper over tilgangen til land blitt utrolig komplisert, særlig på grunn av utbredt sosial motstand mot spesielle økonomiske soner (spesielle økonomiske soner). Ansporet av matvarekrisen, og sannsynligvis ikke ville være dårligere, en rekke mønstre av mat selskaper og staten Trading Corporation (STC), et offentlig selskap, nå ser behovet for å produsere i utlandet del av kraften i landet. De er singling oljefrø, belgfrukter og bomull for offshore produksjon, mens de tror det er billigere å fortsette å produsere hvete og ris inne i landet (11).
Den nye strategien er allerede i gang i Burma, som leverer en fjerdedel av de 4 millioner tonn linser som India importerer hvert år for å supplere sin innenlandske produksjonen av 15 millioner tonn. Snarere enn å fortsette å kjøpe dem til Burma, indiske handelsfolk og prosessorer vil nå komme inn i landet og vokser linsene der selv. Dette funker billigere og de får mer kontroll over hele prosessen. Med statlig støtte, er indiske selskaper får leiekontrakter til burmesiske jordbruksland til å produsere avling ment for eksport bare i India. Den indiske regjeringen gir til den burmesiske militærjuntaen om nye spesielle midler til modernisering av sine havneanlegg og har en insisterende press for å inngå en bilateral frihandel og investeringer skreddersydd for å overvinne de politiske vanskelighetene mellom to stater. Men det stopper ikke der. Indiske CEOs er også kjøper olje palm plantasjer i Indonesia og nå flyr til Uruguay, Paraguay og Brasil for å finne land å vokse pulser og soyabønner for eksport til India. Samtidig er landets sentralbank, Reserve Bank of India, raskt prøver å endre Indias lover slik at det gir til indiske private selskaper, samt STC, de lån de trenger for å tilegne jordbruksland i utlandet. En slik mulighet har aldri vært overveid før, og reglene eksisterer ikke på dette punktet.
"Den Filippinene kunne møte en ris mangel, men det kan øke UAE aksjer for visse matvarer som bananer, ananas, mais, grønnsaker og andre landbruksprodukter, og fjørfeprodukter. "
Gil Herico, landbruks-attaché for Midtøsten, Filippinene regjeringen (12)
Et gigantisk spill av Monopol
Det kan høres ut som en gigantisk spill av Monopol, med diplomater og investorer hop fra ett land til et annet på leting etter ny jord til dem. Men, i sannhet, har de afrikanske og asiatiske regjeringer blitt kontaktet for sine landområder er lett å akseptere forslagene. Tross alt, for dem betyr det ferske tilførsel av utenlandsk kapital til å bygge landlig infrastruktur, oppgradere lagringsanlegg og transport, konsolidere gårder og industrialisere driften. Disse avtalene omfatter også mengder pantsatte forskningsprogrammer og genetisk forbedring. Faktisk slagordet "investere i landbruket" er så ble kamprop av praktisk talt alle myndigheter og eksperter for å løse den globale matvarekrisen at eksplosjonen av landet gripe, kanskje utilsiktet, s ' godt innenfor denne konteksten. Det bør være klinkende klart, men at bak retorikk vinn-vinn, er den virkelige hensikten med disse kontraktene ikke en landbruksutvikling, mye mindre bygdeutvikling, men bare en agro-industrielle utvikling. Dette er trolig bare når dette er forstått det er mulig å forstå betydningen av motsetninger som ligger bak denne dynamiske land grab.
For noen måneder siden, statsminister i Kambodsja, har Hun Sen offentlig kunngjort leasing av Khmer rismarkene til Qatar og Kuwait, slik at de kan produsere sin egen ris. Selv om området berørt ikke var spesifisert, må det være ganske stor, fordi regjeringen får nesten 600 millioner amerikanske dollar i bytte. Samtidig har imidlertid World Food Programme måtte starte skipsfart matvarehjelp verdt $ 35 millioner for å lindre sult i den kambodsjanske landsbygda. Den Filippinene siden 2008 mars kjærkomne mange delegasjoner fra Saudi Arabia, UAE og Bahrain som ønsker å erverve land for sin egen mat, til tross for at noen av de filippinske folket ikke lenger spise seg mette: Situasjonen har sjokkert mange. Som å nappe noen kontrovers i knopp, har president Gloria Macapagal Arroyo klarte å få underskrift av avtalen på land grab med UAE (hvor mange filippinere jobbe for å beholde den filippinske økonomien) i Som en del av den nye halal bransjen politikken sin regjering. På denne måten vises UAE prosjektet som del av et program finansiert av regjeringen for å bygge en ny innenlandsk industri i stedet for hva det egentlig er: spredning av fruktbare jordbruksområder og sannsynligvis omstridte rike utlendinger. De ulike fondene blir sendt til Burma i bytte for eksklusiv bruk av enkelte av dyrket mark sin er enda mer problematisk. Som Burma er medlem av Regional Economic Community of ASEAN, og ASEAN i seg selv er å inngå avtaler om fri handel med de rike økonomier som Australia, New Zealand og Den europeiske union, sosiale bevegelser i regionen blir stadig mer bekymret slik støtte undertrykkende militærregime kamuflert i Burma. Avtaler med land griper har nettopp de samme egenskapene. I Uganda, en stor offentlig ramaskrik nylig velkommen kunngjøringen fra Reuters av forhandlingene mellom regjeringen og den egyptiske landbruksministeren om at leieavtalen dekker over 840 000 hektar jordbruksland i Uganda (2, 2% av det totale arealet av Uganda!) til egyptiske firmaer for produksjon av hvete og mais bestemt for Kairo. Mens myndigheter nektet avtalen, sammenkalt den ugandiske parlamentet en spesiell sesjon for å undersøke saken.
Dessverre for mange av disse land ta for matproduksjon i utlandet, er det vanskelig å få spesifikk informasjon (antall dekar er involvert, bestemte formål, vilkår). Regjeringer er ingen tvil redde for politisk tilbakeslag som oppstår hvis publikum skulle vite hva som skjer.
En ny attraksjon for private investorer
Mens regjeringer kan ha strategier som fokuserer på matsikkerhet, har privat sektor en helt annen målsetting: å tjene penger. Synergien som utviklet seg mellom matkrisen og den bredere økonomiske krisen har slått kontroll over landet i en ny attraksjon for private investorer. Vi snakker ikke om typiske transnasjonal agro-food sektoren, hvor Cargill kanskje investere i et knuseverk soyabønner i Mato Grosso i Brasil. Dette handler om en ny interesse for kontroll av landbruksarealer seg selv. Det er to hovedtyper spillere i denne sammenheng: næringsmiddelindustrien og spesielt finanssektoren.
"Den beste sikringen mot resesjon i 10 til 15 år som er en investering i jordbruksområder"
Vishkai Reza, leder av alternativer ved Insight Investment, juli 2008 (13)
I områder av næringsmiddelindustrien, markedsføring selskaper og prosessering arabisk og japansk er kanskje de som i dag mest involvert i gården oppkjøp i utlandet. For japanske selskaper, er denne strategien forankret i deres vekst (se boks 2). I forhold til selskaper i Midtøsten, surfe de mulighetene som tilbys av sine regjeringer at åpne dører i navnet på matsikkerhet paradigmet.
Boks 2: De lander beslaglagt av Japan
Fem handledager konglomerater dominere agri-food japanske Mitsubishi, Itochu, Mitsui, Marubeni og Sumitomo. De er involvert i kjøp, foredling, transport, handel og detaljhandel. De fokuserer primært på behovene til det japanske hjemmemarkedet. Men da dette markedet er synkende og aldring, måtte vi finne vekst andre steder.
De japanske næringsmiddelbedrifter dra utenlands (for å erobre nye markeder) og oppstrøms (produksjon side). Marubeni og Mitsui, og i mindre grad Mitsubishi, tar sikte på å slutte rekkene av de største globale korn handelsfolk, bundet med Arthur Daniels Midland og Bunge. (Cargill, som de erkjenner, er for langt fram.) De kjøper og tilegne seg store nye anlegg og aktiviteter i Europa, USA og Latin-Amerika. Marubeni nylig kjøpte åtte korn lagerhall og to varehus i USA, for US $ 48 millioner. På denne måten kan omgå markedet og kjøpe direkte fra soyabønner og mais fra amerikanske produsenter. For disse selskapene, er det nå en reell prioritet strategisk fotfeste i det kinesiske markedet, der ADM, Bunge og Cargill er ikke veldig kraftig.
Men administrerende lagerbygninger og containere ikke lenger nok for store navn i den japanske handel med mat. Deres strategi har også som mål å flytte oppstrøms. Flere kilder til japanske selskaper allerede har 12 millioner hektar jordbruksland i utlandet for produksjon av næringsmidler og fôr avlinger. En part som er i Kina, der i 2006 Asahi, Itochu og Sumitomo begynte leasing hundre hektar jordbruksland til å produsere økologisk mat forutbestemt for kinesiske og koreanske markedet. I 2007 har Asahi gitt en ny dimensjon til sin opprinnelige prosjektet og utviklet den første japanske melkegård i Kina. Et år senere, i september 2008, tok Asahi tragedien av melk med melamin for å lansere sin første flytende melk produkt med en prisøkning på 50%: katastrofe kapitalisme på sitt beste! I mellomtiden har Itochu forgrenet seg å danne en allianse med COFCO, den største kinesiske selskapet foredling og handel med landbruksprodukter, noe som kan føre til oppkjøp av jordbruksland.
Japanske bedrifter også grave den neste Brasil. I slutten av 2007 kjøpte Mitsui 100.000 dekar jordbruksland i Brasil (tilsvarende 2% av dyrket mark i Japan) for produksjon av soyabønner gjennom sin deltakelse i multigrain AG, som han nå eier 40%.
Finanssektoren, for tiden i vanskeligheter, er at brorparten størrelse. For mange mennesker i kraft, utsetter verden matkrisen et globalt problem: Uansett hvordan vi snur, klimaendringer, jord ødeleggelse, tap av vannressurser og stagnasjon Avlingene av monokulturer er ned som store trusler mot fremtidige mat ressurser på planeten vår. Dette resulterer i prognoser for trange markeder, høye priser og press for mer jordbruksland. I mellomtiden, finanssektoren, som har gamblet så mye penger på gjeld og mistet, på jakt etter trygge havner. Alle disse faktorene gjør jordbruksland en flott ny lekeplass for profitt. Vi må produsere mat, vil prisene forbli høye, er billig land tilgjengelig, vil det lønne seg: dette er formelen. Resultatet? Gjennom året 2008 har en hær av investeringsselskaper, fond av private equity, hedgefond og lignende overtatt jordbruksland i verden, med uvurderlig hjelp av byråer som Verdensbanken, International Finance Corporation eller den europeiske banken for gjenoppbygging og utvikling for å berede veien for alle disse investeringene og "overtale" regjeringer til å endre land lover å tillate lykkes med denne prosessen (se boks 3). Som et resultat land prisene begynner å stige, spørre for å handle enda raskere.
"Trikset her er ikke bare å høste avlinger, men å høste penger. "
Mikhail Orlov, grunnleggeren av Black Earth Farming og tidligere private equity leder med Carlyle og Invesco, september 2008 (14)
Den private sektor hastverket på jordbruksarealer oppkjøp i år har vært svimlende. Deutsche Bank og Goldman Sachs, for eksempel, tar kontroll over Kinas oppdrett. I en tid da alle øyne var rettet nervøst på Wall Street i slutten av september 2008, la begge selskapene til side pengene sine i noen av de største piggeries, fjørfe gårder og kjøtt prosesseringsanlegg i Kina, og selv jordbruksland. The New York-baserte BlackRock Inc.., En av de største pengene ledere i verden med nesten 1 500 milliarder amerikanske dollar i sine regnskaper, har satt nettopp opp en stor landbruks hedgefond $ 200 millioner, hvorav 30 millioner vil bli brukt til å kjøpe jordbruksland hele verden. Morgan Stanley, som har glidd nylig i køen for bailout sin ved det amerikanske finansdepartementet, har nylig kjøpt 40.000 hektar jordbruksland i Ukraina. Dette blekner i forhold til de 300.000 hektar med ukrainsk jordbruksland som Renaissance Capital, et russisk investeringsselskap, har kjøpt rettigheter, men likevel ...
Faktisk, i den fruktbare regionen strekker seg fra Ukraina tvers sørlige Russland, er konkurransen tøff. Black Earth Farming, en svenske investeringsselskapet gruppe, tok kontroll over 331 000 hektar jordbruksland i den svarte jorda regionen i Russland. Alpcot-Agro, en annen svensk verdipapirforetak, har kjøpt rettighetene til 128 000 hektar i samme region. Landkom, en britisk investeringsselskap, har kjøpt 100.000 dekar jordbruksland i Ukraina og er forpliktet til å øke dette til 350 000 hektar innen 2011. Alle disse land oppkjøpene brukes til å produsere korn, oljer og kjøtt for sultne verdensmarkedet ... det vil si de som kan betale.
Hastigheten og tidspunktet for denne nye investeringen trenden er fantastisk. Som listen over målet land: Malawi, Senegal, Nigeria, Ukraina, Russland, Georgia, Kasakhstan, Usbekistan, Brasil, Paraguay, og enda Australia. Alle ble identifisert som land som tilbyr grobunn, en på vann tilgjengelighet og et potensial for vekst i produktivitet i landbruket. Investeringshorisonten investorer snakker om er i gjennomsnitt 10 år (med den forståelse at de må sikre produktiviteten til land og bygge markedsføring infrastruktur, og ikke stå passivt) med avkastningsrater Forventet årlig 10 til 40% i Europa og kunne nå 400% i Afrika. Igjen, hva er nytt og spesielt her er at disse økonomiske gruppene anskaffe eierskap av land og at alle disse trekkene ble gjort i løpet av bare noen få måneder, da finansmarkedene begynte å smuldre . Hva de egentlig betyr for fremtiden for landbruket i disse landene er en stor ukjent.
Boks 3 Endringene i land politikk
Mange land endrer sine lover, retningslinjer og praksis for eiendomsretten til land for å avhjelpe matvarekrisen og finanskrisen, og de resulterende presset på dyrka mark. Kina arbeider med en stor reform slik at bønder lettere forhandle sin rett til arealbruk, som også eies av staten på vegne av folket. Denne reformen vil gi den enkelte bønder til å selge eller lease sine landrettigheter, og bruke landet tittelen som sikkerhet for lån. Mange spår at dette vil rette en stor omstrukturering av kinesiske gårder, flytte dem fra et mangfold av små gårdsbruk (som er anklaget urettmessig å ha nylig vært årsak til sikkerhet), et lite antall av store gårder på hvilke selskaper vil ha bedre muligheter til å styrke deres rettigheter. Den kasakhstanske regjeringen i arbeidet med å gjøre sitt jordbruksland attraktivt for utenlandske investorer, har etablerte rutiner og fordeling av permanente rettigheter til arealbruk. Det forventes at Ukraina snart fjerner forbudet mot salg av jord til utlendinger. Sudan, der de fleste land eies av staten, gir 99-års leieavtaler på en svært lav kostnad hvis ikke gratis.
Brasil er for tiden engasjert i det andre kjørefeltet. Som matkrisen, som umiddelbart fulgte mani for biodrivstoff, har tiltrukket seg mange utenlandske investorer for kjøp av Brasils dyrket mark, er parlamentet vurderer en lov til å innføre åpenhet i denne prosessen. Loven skulle tvinge brasilianske aktører som kjøper land til å erklære mengden av utenlandsk deltakelse i deres kapital og å etablere en egen register for kjøp involverer utenlandsk kapital. (Siden 1971, kan utenlandske selskaper kjøpe jord i Brasil gjennom brasilianske partnere eller ved å flytte til landet. Men denne loven ble sjelden håndhevet.) Mens enkelte investorer opplever at at mine Tiltaket er ment primært for å kjempe mot spekulantene, har loven sterke støtte og kan bli vedtatt innen utgangen 2008. Paraguay vurderer en lignende tilnærming: i oktober 2008, regjeringen kunngjorde at de ville begynne å implementere en lov som lenge har eksistert og forbyr utlendinger fra å kjøpe jordbruksland i landet. Pakistan har imidlertid klare regler som tillater utenlandske investorer til å eie og drive gårder som faller inn i kategorien "Corporate gårder" (gårder), men landets arbeidsrett gjelder ikke i dette tilfellet. Det virker som for tiden vurderer endringen.
I bakgrunnen, Verdensbanken og EBRD, bl.a. aktivt gi råd regjeringer til å endre politikk og praksis på land slik at utenlandske investorer har flere incentiver til å investere i jordbruksområder utlandet. Tjenestemenn sa Verdensbanken, garderober land lover er blant målene i "pakken" på US $ 1.2 milliarder etablert av banken for å løse matkrisen i Afrika (15). EBRD trekker i trådene i reformen av landet politikk som svar på matkrisen i Europa og Sentral-Asia, med spesiell interesse for potensielt viktige korn eksportører, nemlig Russland, Ukraina, Romania, Bulgaria og Kasakhstan.
Hva betyr alt dette?
Dette boom i landet gripe viser én ting: at regjeringene har mistet troen på markedet. Denne troen er blitt rystet av den globale matkrisen, da landene ble plutselig kastet inn i en situasjon med kunstig knapphet drevet av spekulasjoner snarere enn ved loven om tilbud og etterspørsel. The Gulf-statene, inkludert land grabbers, er ganske klare om deres intensjoner (a) sørge for sikkerheten til sine matforsyninger gjennom direkte kontroll eller eierskap av dyrket mark i utlandet, og (b) ekskludere så mye som mulig tradere og andre mellommenn for å redusere 20-25% av regningen for sine matimport. Dessuten måtte de reise til steder som Islamabad og Bangkok og be disse regjeringene å løfte sine forbud mot eksport av ris bare for gårdene sine. Alt dette gjenspeiler levende en dyp forakt for åpne markeder og fri handel så mye hyllet av vestlige rådgivere de siste fire tiår.
Matsuverenitet kompromittert
Et annet grunnleggende problem er at arbeidere, bønder og lokalsamfunn vil uunngåelig miste tilgangen til land for en lokal produksjon av mat. Dette er grunnlaget for å bygge matsuverenitet er rett og slett byttet bort. Regjeringer, vil investorer og utviklingsorganisasjoner involvert i disse prosjektene hevder at arbeidsplasser vil bli skapt og vil fortsatt være en del av matproduksjonen i landet.
Men dette betyr ikke erstatte land og mulighet for folk å arbeide og bruke landet til å forsørge seg selv. En fait, ce qui devrait être évident, c'est que le problème réel lié au phénomène actuel d'accaparement des terres ne tient pas seulement à la question de donner à des étrangers le contrôle sur des terres agricoles nationales. C'est la restructuration. Parce que ces terres, actuellement des petites exploitations ou des forêts, selon les cas, se transformeront en grandes propriétés agricoles reliées à de grands marchés lointains. Les agriculteurs ne redeviendront plus jamais de vrais fermiers, avec ou sans travail. Ce sera probablement la conséquence la plus importante.
Un modèle de développement sud/sud ?
Un troisième message qu'il est important de dégager découle du fait que les investissements dans l'agriculture sont bons et que ce qu'il est convenu d'appeler la dynamique Sud-Sud qui préside à ces accords agricoles à l'étranger est bonne. Nous avons effectivement besoin d'investir plus dans l'agriculture. La solidarité Sud-Sud et la construction d'une économie coopérative, hors d'atteinte de l'impérialisme (de l'Occident ou du Sud), peuvent être une bonne manière de le faire. Mais quelle agriculture ? Et quelles types d'économies ? Qui va contrôler ces investissements et qui va en bénéficier ? Il existe un risque tout à fait réel de voir non seulement les denrées alimentaires mais aussi les profits générés par ces activités agricoles à l'étranger détournés vers d'autres pays, vers d'autres consommateurs qui peuvent payer, ou simplement vers des élites étrangères. Ces activités ne vont pas nécessairement réduire le moins du monde la crise alimentaire. Pas plus qu'elles ne vont nécessairement apporter du « développement » aux communautés locales.
Et nous ne devons pas oublier que beaucoup de ces investissements agricoles à l'étranger seront facilités par des traités d'investissements bilatéraux et des accords de libre-échange plus globaux, ce qui rendra plus difficile encore la résolution des futurs problèmes. Même si l'idéologie dans laquelle les pays du Golfe enveloppent leurs projets est un peu plus humaine que l'idéologie du capitalisme chinois (et que ces investissements sont imprégnés de visées idéologiques et géopolitiques), c'est de la poudre aux yeux. Après tout, à travers ces transactions, les États du Golfe soutiennent le régime de Khartoum, tout comme l'Inde soutient la dictature militaire birmane. Pékin apporte sa propre main-d'œuvre et ses propres technologies lorsqu'il vient cultiver à l'étranger, en remplaçant la biodiversité d'origine et en court-circuitant les syndicats locaux. Aussi, en dépit de la nécessité d'avoir des investissements et une politique Sud-Sud, la question de savoir à qui cela va réellement bénéficier est à la fois redoutable et sans réponse.
Réformes agraires
Et en ce qui concerne la réforme foncière ? Il est difficile d'imaginer comment, en donnant des terres agricoles en concession à d'autres pays ou à des investisseurs privés pour qu'ils puissent produire des denrées alimentaires qui seront expédiées à d'autres populations, cela pourrait faire autre chose que nous emmener dans la direction opposée et infliger un coup aux luttes de nombreux mouvements en faveur d'une véritable réforme agraire et des droits des populations autochtones. C'est particulièrement vrai dans la mesure où beaucoup des pays ciblés sont eux-mêmes des importateurs nets de denrées alimentaires qui connaissent des conflits fonciers extrêmement graves. Au Pakistan, des mouvements d'agriculteurs alertent déjà l'opinion sur le sort d'environ 25 000 villages qui seront amenés à être déplacés en cas d'approbation de la proposition des Qataris qui vise à externaliser une partie de leur production alimentaire dans la province du Penjab (16) .
En Égypte, des petits agriculteurs du district de Qena se sont battus becs et ongles pour récupérer 1 600 ha qui ont récemment été accordés à Kobebussan, un conglomérat agro-industriel japonais, pour produire des denrées alimentaires à destination du Japon (17) . En Indonésie, des militants s'attendent à ce que le domaine de riziculture prévu pour les Saoudiens dans le district de Merauke, où 1,6 million d'hectares seront transmis à un consortium de 15 entreprises pour produire du riz à destination de Riyad, passe outre le droit de veto des populations papoues locales sur le projet (18) . Étant donné la ténacité de l'impulsion donnée par la Banque mondiale et d'autres pour rendre beaucoup plus facile le contrôle des terres agricoles et assouvir l'appétit des investisseurs étrangers, en guise de solution biaisée à la crise alimentaire, ceci pourrait s'achever par un conflit explosif.
Agriculture tournée vers l'exportation
Un autre gros problème qui ne peut être ignoré est que ces transactions vont contribuer à renforcer encore une agriculture tournée vers l'exportation.Une telle orientation est tout simplement inadaptée à la plupart des pays ciblés. Si la crise alimentaire de 2007-2008 a éprouvé si durement autant de gens, particulièrement en Asie et en Afrique, c'est que des efforts importants ont été déployés au cours des récentes décennies pour produire des denrées alimentaires pour les marchés extérieurs plutôt que pour les marchés intérieurs. Tout le monde ne peut pas se permettre d'acheter son alimentation sur le marché mondial, tout particulièrement parce que les salaires et les revenus réels de la plupart des gens n'ont pas progressé au cours des dernières années. Dans la mesure où la plupart de ces acquisitions de terres visent à mettre en place de grandes exploitations agricoles industrielles (que ce soit au Laos, au Pakistan ou au Nigeria) pour produire des denrées alimentaires pour l'exportation, elles aggravent le problème. Il est vrai que certaines des transactions réservent une partie de l'alimentation produite pour les communautés locales de la zone ou le marché national. Certaines prévoient même des programmes sociaux comme la construction d'hôpitaux ou d'écoles. Elles favorisent néanmoins un modèle industriel de l'agriculture qui a engendré pauvreté et destruction de l'environnement, et a exacerbé la perte de biodiversité, la pollution par les produits chimiques agricoles et une contamination des cultures par des organismes génétiquement modifiés. Si une simple observation ne suffisait pas, toute une série de statistiques témoigneraient du fossé croissant entre les riches et les pauvres, les bien nourris et les affamés, qui résulte de cette situation.
Finalement, la question la plus évidente de toutes est celle-ci : qu'est-ce qui se passe à long terme quand vous accordez le contrôle des terres agricoles de votre pays à des pays et des investisseurs étrangers ?
Version PDF : Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière
Lire aussi : Tableau des cas d'accaparement des terres
Notes :
(1) Se GRAIN, "Å gjøre en killing fra sult" ("Food Crisis: Handel fra sult"), mot korn, april 2008. http://www.grain.org/articles/?id=39
(2) "World No-matdag: CEDAC Said at rundt 100.000 familier i Kambodsja mangler tilstrekkelig mat", The Mirror, Phnom Penh, 18 oktober 2008. http://tinyurl.com/58xxgg
(3) Den kinesiske regjeringen har nylig annonsert en forpliktelse av 5 milliarder USD for kinesiske selskaper å investere i afrikansk jordbruk i løpet av de neste 50 årene gjennom Utviklingsfondet Kina-Afrika. Utviklingsfondet er et private equity fond som eier er Kina Development Bank. Se T. Michael Johnny, "Kina earmarks 5 milliarder USD til matproduserende ett kontinent," The News, Monrovia, 23. april 2008. http://allafrica.com/stories/200804230844.html
(4) Kina er opprinnelseslandet av soyabønner, og det er forbrukeren verden, men i dag importerer 60% av sine behov. Når det gjelder mais, vil Kina snart bli en netto importør. Begge kulturer er nøkkelen til kjøttbransjen og meieriprodukter bransjer ekspanderende i Kina.
(5) Se "Oryza hybrida", GRAIN sin blogg på hybrid ris, for å finne mye bevis på overtagelse av Kina på hybrid ris utlandet: http://www.grain.org/hybridrice/ ? blogg . En undersøkende rapport om fransk TV om hvordan ting fungerer i Kamerun ble produsert i mai 2008 for TF1: http://tinyurl.com/6ful9s (video og tekst, bare på fransk).
(6) Notert av Li Ping, "Håp og belastninger i Kinas oversjøiske landbruk plan", Economic Observer, Beijing, 3. juli 2008. http://tinyurl.com/5hkzb6
(7) Den mest detaljerte opplysninger er gitt ved Li Ping (ibid.).
(8) "Kinesiske Debatt fordeler og ulemper med utenlandske landbruk Investments," Guardian, 11. mai 2008. http://tinyurl.com/66zhq4
(9) I 2007 utgjorde utlendinger for 63% av den totale befolkningen i Gulfstatene. I UAE, representerer de over 82%. Disse tallene er forventet å vokse mye lenger i de kommende årene i den grad at mange fremmedarbeidere kommer, flyktet økonomisk motgang og arbeidsledighet i sine land.
(10) Margaret Coker, "FNs mat sjef advarer på å kjøpe gårder", Wall Street Journal, 10. september 2008. http://tinyurl.com/5uahmp
(11) India forbruker 11 millioner tonn spiselig olje hvert år og importerer halvparten dens behov. Importen består i hovedsak av palmeolje fra Indonesia og Malaysia, mesteparten av soyaolje fra Brasil, Paraguay og Uruguay. Når det gjelder pulser, forbruker India 18-19 millioner tonn linser hvert år, importere en fjerdedel.
(12) Cleofe Maceda, "UAE skilt MoU med Filippinene å sikre matforsyning," Gulf News, 22. juli 2008. http://tinyurl.com/5uts7a
(13) Sitert i AgCapita Newsletter, AgCapita Partners, Calgary, 25 juli 2008. http://tinyurl.com/6e9zjb
(14) Sitert i Catherine Belton, "Landbruk: Kampen for å få mer land i produksjon", Financial Times, London, 30. september, 2008. http://tinyurl.com/6yxebd~~V
(15) Herbert Boh, Coordinateur de la Communication, Banque mondiale, interviewé par Howard Lesser, Voice of America, le 14 octobre 2008. http://tinyurl.com/6knzgq . L'IFC (une organisation de la Banque mondiale) se vante d'avoir changé l'année dernière la législation du Sierra Leone sur la propriété foncière de façon à ce que les étrangers puissent prendre le contrôle de terres agricoles. Voir le rapport du Foreign Investment Advisory Service sur l'Afrique sub-saharienne sur http://tinyurl.com/6bp4bk
(16) « Pakistan eyeing corporate farming amid rising wheat crisis », Kuwait News Agency, 11 octobre 2008. http://tinyurl.com/63dhlh
(17) Land Centre for Human Rights, « Once more the farmers of the village of El-Mrashda are standing in the face of the blowing wind… Who will protect their rights », Le Caire, 15 octobre 2008. http://www.lchr-eg.org/112/08-36.htm
(18) “Merauke mega-project raises food fears”, Down to Earth, n° 78, Londres, août 2008. http://dte.gn.apc.org/78dpad.htm
Mots-clefs : Afrique





















































Il est impératif, aujourd'hui plus que jamais, que chacun protège ses capacités en droit, de gérer son propre territoire. Non tant pour des raisons de propriétés qu'économiques, mais pour se préserver une autonomie vitale, pour réduire les conséquences néfastes écologiques qu'impliquent la sur-exportation, et également parce qu'il est plus sain de consommer les produits issus des terres sur lesquelles nous vivons, aussi bien pour notre propre santé que pour celle de la terre à laquelle nous devons rendre nos déchets alimentaires biologiques en compost, afin d'y réinstaurer le cycle naturel, bénéfique à l'enrichissement des sols.
La terre n'a pas d'appartenance particulière, elle est le bien commun de toutes espèces, aussi l'être humain en a, à présent, la responsabilité de la gestion pour l'ensemble, et avant tout celle d'en respecter la pureté originelle, ce dont nous sommes bien loin à ce jour, mais vers quoi nous devons tendre, et tout mettre en oeuvre pour la retrouver, autant que faire se peut.
Autonomie, respect, liberté, bien-être, sont autant vitaux pour notre mère la terre que pour nous-mêmes.
Cette planète sublime est notre lieu de vie, la préserver est capitale pour la qualité de notre existence incarnée.
Sachons reconnaitre, apprécier, et perpétuer la beauté de ce qu'elle nous donne.
Remercions-là en s'appliquant à l'embellir plutôt que la détruire impunément.
C'est un cadeau paradisiaque, ce que nous en faisons est aussi ce que nous faisons de nous-mêmes.
Et la qualité vibratoire qu'il émane de notre être, a autant d'importance que le reste, aussi est-il capitale également que nous prenions conscience de l'impact immense qu'a cet aspect là sur l'ensemble.
Les pollutions ne sont pas seulement matérielles, car notre état intérieur influe de part les énergies qu'il en émane sur tout ce qui nous entoure.
Plus nous serons ajustés, plus nous guérissons nos peurs, nos colères, nos émotions, plus nous serons dans la joie et connectés à notre essence, plus il émanera des énergies positives qui à leur tour guériront la terre et toutes formes de vie qui s'y trouvent, jusqu'à l'univers.
Car nous sommes tous reliés. Et la responsabilité de l'ensemble nous incombe, tout en chacun.
Alors réjouissons-nous et reprenons notre pouvoir le plus noble, de création et d'unité à notre essence même et au grand tout!
QUE L'AMOUR SOIT !!!
Mardi 2/12/2008 un documentaire très intéressant sur le sujet est passé sur Arte,
Il est visionable pendant 7 jours sur leur site, après… il faudra faire autrement.
Vers un crash alimentaire
Conjuguées au dérèglement climatique, les logiques économiques actuelles conduisent à brève échéance à une catastrophe alimentaire planétaire. Est-il trop tard pour inverser la tendance ?
La récente flambée des prix agricoles a été un coup de semonce : jamais le monde n'avait affronté une crise alimentaire d'une telle ampleur. Mais comme le montre l'enquête d'Yves Billy et Richard Prost, les difficultés ne font que commencer. Les stocks mondiaux de céréales baissent depuis huit années consécutives et n'assurent plus à la population mondiale qu'une avance de vingt jours d'alimentation, bien en deçà du niveau officiel de sécurité fixé à soixante-dix jours. Aujourd'hui, rappellent-ils, 925 millions de personnes souffrent de la faim sur la planète et leur nombre croît de plus en plus vite. À la hausse du prix des matières premières, à la raréfaction de l'eau et des surfaces arables et aux ravages causés par les dérèglements climatiques se sont ajoutés deux phénomènes ré-cents : au moment même où la demande chinoise en céréales s'accélérait brutalement, les biocarburants ont commencé à redessiner la carte de l'agriculture mondiale. Par exemple, la production américaine d'éthanol à base de maïs, qui engloutit le tiers des récoltes du pays, devrait passer de 80 millions de tonnes en 2007 à 120 millions cette année. Quant au productivisme agricole, qui en un demi-siècle a épuisé les sols et pollué l'environnement, il a atteint ses limites. Tout comme le dogme néolibéral, qui a poussé les pays du Sud à tout miser sur des cultures d'exportation, mettant la survie des populations locales à la merci des cours mondiaux.
(France, 2008, 90mn)
ARTE F
Réalisateur: Richard Prost, Yves Billy
Auteur: Richard Prost, Yves Billy
Producteur: Auteurs Associes