Les origines chamaniques de la religion
Publié par Bouddha_Hindy dans : Chamanisme, Spiritualité/Ésotérisme

Les Mara’akame
Tout au long de son histoire, l’homme s’est toujours senti concerné au plus haut point par la nature des dieux, et en même temps il affirmait que cette nature est totalement inconnaissable par la conscience ordinaire. Comme résultat, le plus grand désordre règne dans les idées en ce qui concerne le sacré. Dans le même temps, nous ne faisons pas tellement attention aux imprésarios des dieux, les prophètes et les chamans, dont on pourrait pourtant vérifier le témoignage. Si nous voulons nous donner les moyens de comprendre la religion au plan psychologique, il nous faut donc examiner l’expérience personnelle du visionnaire et, au plan anthropologique, le rôle qu’il joue dans le groupe social.
Nous avons cru trop longtemps que le mysterium tremendum et fascinosum, l’Inconnu de la religion, nous était extérieur, alors qu’en fait cet Inconnu, même s’il est étranger à l’ego et échappe à la conscience ordinaire, est depuis toujours à l’intérieur de nous. Le soi-disant surnaturel est l’inconscient humain. Certes, nous existons au sein d’un cosmos rempli de mystère. Mais, pour autant que la religion soit une expérience subjective, nous avons trop regardé vers l’extérieur et pas assez vers l’intérieur. Nous n’avons guère exploré le monde de l’expérience intérieure, la « réalité séparée ». Si la niche cosmique ne nous apparaît jamais sous les traits de la loi, ou du père/mère, c’est que l’espèce projette ses intuitions enfantines et son expérience intérieure sur l’écran blanc de l’Inconnu extérieur.
Pour autant qu’on doive recourir à des concepts dualistes, la vie de l’homme se partage entre le profane et le sacré. Le profane ne se dérobe point à la vue et peut faire l’objet d’un discours commun. Au plan matériel, le profane est non seulement intersubjectif mais aussi inter-tribal, l’innovation circule au sein de l’espèce sans difficulté majeure. De l’autre côté, les différences culturelles au plan du sacré provoquent parfois des luttes à mort entre les sociétés. À bien des égards, l’homme s’adapte matériellement à l’écosystème comme l’animal, tandis que le sacré représente une adaptation psychique à l’angoisse rencontrée dans l’expérience intérieure. S’il est vrai que certaines composantes de l’angoisse existentielle sont engendrées par des types spécifiques de répression culturelle, cette angoisse (devant la naissance, la douleur et la mort) est le lot de l’espèce humaine, et tout aussi partagée est la croyance en l’indestructibilité de l’esprit humain, en sa nature éternelle et originelle. Aussi, tandis que la culture matérielle profane est facilement communicable et diffusable, la culture sacrée est souvent ineffable, inexprimable et incommunicable. De plus, le sacré ne provoque pas de modification structurelle de l’écosystème, il informe les cultures et il suscite une évolution «intérieure » – c’est-à-dire une transformation du corps, du souffle et de la conscience de l’homme qui en fait l’expérience.
Le monde profane est monde de l’objet – littéralement, la chose qui se jette en travers du chemin de notre désir. Le monde sacré est monde du sujet – sujet d’expérience souveraine. Expérience du vide, de la Voie, de l’Esprit; maîtrise de notre être conscient, des canaux de la sensation, de notre condition humaine; désapprentissage du moi. Le monde profane est bien réel – ne serait-ce que par la résistance qu’oppose l’objet à la satisfaction du désir, et il exige de nous – comme des animaux – un incessant effort d’adaptation. Le monde sacré est bien réel aussi – il est fondé par l’intuition de la vie, la vision de l’harmonie, l’éclatement de l’ego.
Le monde des objets se présente à nos cinq sens (six, avec la conscience) de façon insistante, opiniâtre, importune tant que nous sommes dans la conscience éveillée ordinaire (qui n’est pas nécessairement la condition normale du corps et de l’esprit). L’expérience intérieure exige toujours que l’on ferme portes et fenêtres (que l’on agisse en vue du non-agir) et que l’on laisse faire. Progressivement – ou tout d’un coup – l’ego se décante et l’on peut trouver son moi profond, et même, au-delà, sa conscience originelle, son esprit éternel. Sur le chemin, l’écran de la conscience aura vu défiler des fantasmes peuplant le Vide, cortèges issus de l’inconscient. Il est possible de provoquer chez un sujet des projections hallucinatoires on le place dans une matrice préfabriquée hermétiquement close, et on le prive de toute perception visuelle ou auditive. Le même phénomène se produit en nous lorsque nous rêvons dans le sommeil profond, lorsque l’esprit, coupé des cinq sens, du corps de l’ego, est occupé avec lui-même.
Quant à la schizophrénie, il semble bien que ce soit, à la base, comme un état chronique de rêve éveillé, où le sujet conserve certes ses perceptions extérieures, mais demeure concentré sur le « processus primaire intérieur. Le monde sacré et le monde profane sont l’un et l’autre aussi réels que le monde du sommeil ou de l’état éveillé. Le sacré et le profane s’opposent souvent, comme le désir et la volonté. La double expérience du rêve et de l’éveil a toujours été pour l’homme une clef de la sagesse. Qu’est-ce que la réalité? Telle est bien la question. Un organisme qui abandonnerait le contrôle subjectif de son homéostasie cesserait d’être un organisme vivant pour dégrader son énergie et perdre sa conscience dans le flux de l’entropie. D’un autre côté, aucun système ouvert, comme l’est un organisme, ne peut maintenir son improbable existence sans s’adapter au milieu et emprunter constamment de l’énergie à l’environnement. Peut-être le sommeil et 1′ état d’éveil sont-ils en dernier recours des réponses au cycle écologique de la nuit et du jour sur notre planète; sur la terre, tous les êtres vivants à sang chaud passent par des phases alternées de sommeil et de veille, ils connaissent tous le sommeil profond et donc le rêve. Peut-être même est-ce le sommeil qui rend possible notre complexe vie éveillée.
Parmi les conduites humaines, la science est la plus proche de l’adaptation animale consciente. L’approche scientifique véritable part de l’objet et dépouille le savant des projections de son moi. Par le discours scientifique nous tâchons d’opérer une communication touchant la nature de ce que nous voyons et sentons. Mais, pour voir et pour communiquer, les savants ont besoin de formuler des hypothèses, d’avoir recours à un langage symbolique – qui sont autant d’artifices humains. La science est-elle dès lors une conscience cumulative de l’adaptation, ou un schéma fantasmatique plaqué sur le réel ? La pensée scientifique est muable au plus haut point, et il est fort probable que la démarche scientifique, en elle-même, n’atteint jamais l’objet de sa quête, qui est le réel.
Parmi les conduites humaines, les pratiques rituelles du sacré représentent sans doute la forme la plus accomplie d’une démarche qui part du sujet, traverse l’univers objectif et parvient à une « autre réalité ». Une religion est un fantasme collectif, un rêve à quoi le groupe doit croire pour survivre. Les fidèles des religions de temps de crise comme la Ghost Dance des Indiens des Plaines ou le culte du dieu Cargo, en Mélanésie, s’obstinent à croire en quelque chose que rejette le sens commun, quelque chose qui « n’arrivera jamais ». De même, les chrétiens attendent le retour d’un homme qui est mort mais n’est pas mort, un homme-Dieu, un dieu qui s’est sacrifié Lui-même en rémission des péchés commis par les hommes contre lui (ou Lui). Il n’y a rien là de probable, ni même de possible aux yeux du bon sens rationnel. La religion colmate la perte irréparable de l’Éden matriciel. Par-dessus les abîmes de l’angoisse de l’être-au-monde, elle dresse un pont entre l’état prénatal ou la pureté native, et l’inconnu de la mort. L’expérience religieuse est celle de l’équation vie/mort, rêve/éveil.
En définitive, le mysterium tremendum et fascinosum de la religion, c’est l’homme. Une religion est un ensemble de conduites exprimant les croyances d’un groupe d’hommes donné. Le champ du sacré est accessible à l’investigation profane. Les sociologues et les anthropologues étudient les conduites de groupes, tandis que les psychiatres et psychanalystes étudient le sujet religieux. Toute bribe d’« information » religieuse qui parvient au monde profane provient de la bouche d’un sujet inspiré, chaman, prophète, visionnaire ou mystique – et l’information qu’il donne est sur lui-même autant que sur le cosmos. Lorsqu’il parle du système cosmique, le sujet inspiré parle aussi, en termes symboliques, de l’expérience qu’il fait dans son corps et dans son esprit. Portes et fenêtres fermées dans la maison de son corps, au sein de la nuit obscure, il fait l’expérience de l’énergie cosmique. Coupé de ses sens, il est confronté à son visage originel, il connaît sa vraie nature.
Le mythe est donc aussi une expérience particulière du monde et le chaman ou le prophète en est le sujet. Et les rites fonctionnent comme un test projectif du groupe social. La religion a toujours une dimension millénariste, parousiaque ou apocalyptique, visionnaire en tout cas. Ce visage de la religion en marque l’origine, aussi bien chez le sujet individuel que dans l’histoire des groupes humains. La religion est une conduite collective de fin du monde – même si, avec le temps, elle s’établit en Église et si les fonctionnaires du culte succèdent aux chamans et aux prophètes. Une religion a toujours pour acte de naissance la « révélation » ou l’« illumination » qui fond sur un être humain. Le fondateur a toujours un pied dans 1′» autre réalité », il est possédé par un Esprit, il entre dans une transe, il connaît l’extase, il voit Dieu en face, il est « semblable à du bois mort », il traverse la nuit obscure, il connaît sa nature originelle, etc. Quelles que soient les modalités de la révélation et le degré atteint dans l’illumination, le scénario a toujours la même trame et c’est lui qui informe la pratique religieuse. Le rite véhicule et occulte à la fois l’information, au mieux il est la structure par où circule, telle une énergie, la communication, avec soi, autrui et le cosmos – qui sont un seul et même Inconnu.
La religion fonctionne souvent comme un mécanisme de défense d’une société angoissée et en crise. Ce qu’il faut au peuple, le prophète le sait, le chaman peut l’obtenir. La personnalité de Yahvé ressemble fort à celle du cheikh-chaman Moïse. Moïse parle par la voix de Yahvé autant que Yahvé par la voix de Moïse. Bien sûr, le visionnaire n’a pas toujours la vie facile – il lui arrive d’être banni par le groupe social et traité de fou. Mais si son angoisse colle à celle de son peuple, c’est un sauveur. C’est de l’intérieur de la société seulement que l’on peut faire la différence entre le fou dangereux et le personnage charismatique.
Le leader charismatique parle à la part de rêves enfouie en chacun, il s’adresse à l’inconscient. La vibration de « fin du monde » qu’il déclenche est, en un sens, déjà là chez l’auditeur; mais celui-ci est submergé par l’autorité numineuse du langage du désir et de la loi. Le leader charismatique libère l’auditeur – et, s’il est lui-même un psychopathe, il libère des tendances perverses, refoulées par l’individu, mais que la foule peut épouser. Lorsque les individus abdiquent leur ego au profit d’une foi, il leur arrive de perdre en même temps leur surmoi – mais c’est alors pour être captés par un ego de groupe, ou de foule… La puissance charismatique du leader est reconnue par ceux-là mêmes qui sont « libérés ». Pour l’étranger au groupe, cette libération est un rêve, et souvent un vieux rêve. Mais qu’il exprime cette opinion à ses risques et périls. Il se peut qu’animés d’une fureur divine les sectateurs de la vérité lui fassent justice de ses blasphèmes! Le fanatisme est l’aveu de l’échec d’une foi, l’impossibilité d’affronter le sens commun.
Nous avons tellement l’habitude de croire aux dieux ou en Dieu que nous oublions trop souvent que ceci nous rappelle Durkheim : « les projections surnaturelles d’un groupe social sont le reflet d’un état de l’expérience historique concrète de ce groupe ». Le Pantocrator constantinien n’aurait pu être conçu dans la Grotte des trois-frères, parce que les chasseurs magdaléniens ne connaissaient pas encore les États-Empires. Le Sorcier dansant de la Grotte des trois-frères est le chaman d’un peuple de chasseurs de la préhistoire. C’est le Maître des animaux, qui correspond aux besoins de petits groupes de chasseurs, dans des conditions écologiques et sociales déterminées. Le Sorcier dansant est un homme qui a revêtu la dépouille d’un animal, et qui exprime et résout l’angoisse du groupe il a le pouvoir de danser magiquement le succès de la chasse, en invoquant la pitié de l’Animal qui sera sacrifié (qu’Il daigne venir s’offrir) et en garantissant la fécondité du Gibier (qu’il ne manque jamais). Le Sorcier dansant est un homme qui contrôle la situation, un chaman. Il prend le monde tel qu’il est et ne vise à rien d’autre qu’à contrôler la circulation des éléments, le feu et l’eau, l’animal et l’homme, la vie et la mort.
Le Sorcier dansant est comme l’homme de Lascaux qui perçoit une irrégularité sur la paroi et y fait naître une forme animale. Il est comme le chaman californien, ou comme le tunga océanien, qui par son chant fait subtilement naître un canoë, et produit une nouvelle forme dans l’agencement du cosmos par la magie de son souffle. De même, Çiva danse la création et la destruction des mondes. Et Zeus fut un jour un chaman qui pouvait faire pleuvoir avec l’aide de l’Aigle, son Esprit familier. Zeus se transforme en animal comme de nos jours encore les chamans indiens. Son frère Poséidon, Maître des animaux marins, tient l’antique trident du chaman eurasien, que l’on trouvait encore dans certaines tribus sibériennes au XVIIe siècle. Les dieux grecs sont anthropomorphes pour la bonne raison qu’ils ont une origine humaine. Chacun a son animal totem, Zeus a l’Aigle, Apollon le Loup, Athéna la Chouette, Artémis l’Ours, Hermès le Serpent, etc. À leur mort, les chamans devenaient immortels et résidaient dans la Montagne sacrée, comme les chamans aryens du Rig-Véda.
Selon la tradition biblique, Sarah, la femme d’Abraham, fut rendue féconde au soir de sa vie par un mystérieux visiteur; et au gué de Jabbok, Jacob lutta toute une nuit avec un être « surnaturel » qui lui promit finalement une descendance abondante pour Israël. Cet Esprit du lieu, habitant des gorges de Jabbok, est appelé «époux de la terre ». Il tient du chaman intercesseur de la fécondité, en même temps qu’il a la puissance du serpent chtonien.
Dans le Pentateuque, Moïse et Aaron sont dépeints comme des chamans à la cour de Pharaon, roi de la pluie, rivalisant avec ses magiciens. Moïse avait le pouvoir de transformer son bâton de chaman en serpent. Il envoya la peste sur l’Égypte, et encore d’autres plaies. Il sépara la mer Rouge en deux avec son bâton, il produisit au désert un serpent d’airain Nehushtam, son animal totémique, et fit jaillir l’eau du rocher. Moïse devint le mandataire du Très-Haut lorsqu’Israël se développa comme un royaume uni sous l’autorité de la lignée de David et Salomon, avec l’aide du chaman Samuel et d’une chamane de Canaan, « une femme qui avait un esprit familier », et « vit des dieux monter de la terre » (I Samuel 28, 7 et 13), la sorcière d’Endor. Le développement de Yahvé en Jéhovah se fit de la façon la plus durkheimienne, c’est-à-dire que Dieu se moulait au fur et à mesure sur les nouvelles structures politiques.
Les vérités révélées viennent de chamans-visionnaires-inspirés, et même le Dieu judéo-hellénistique de Paul de Tarse. Jésus lui-même fut au moins autant un Messie-Sauveur que Moïse, premier chaman-messie des Hébreux, dans une période de crise antérieure. Pour accepter, au plan profane, la profonde réalité de l’expérience chamanique, il suffit d’accepter l’idée que le visionnaire ou le chaman est branché sur l’inconscient, qu’il peut tomber en transe, ou que, fermant ses cinq sens à la perception extérieure, il peut appréhender l’«autre réalité ». Il est fort probable que la plus grande partie des expériences dites surnaturelles puisse être ramenée à l’expérience de tels élargissements du champ de la conscience, d’états de « réalité non ordinaire ». L’expérience religieuse néolithique de toute l’Eurasie, par exemple, s’enracine dans la pratique visionnaire de certaines plantes psychédéliques. Il est certain que le recours à des substances psychédéliques naturelles a été un puissant véhicule de l’extase chamanique, sur toute la surface de la planète et depuis la plus lointaine préhistoire.
Il n’est que de consulter les travaux des chercheurs dans le domaine du chamanisme – et pas seulement les ethnologues, mais aussi les préhistoriens, les botanistes, les esprits curieux. Les auteurs de ce livre se sont précisément réunis autour de ce thème l’usage des substances psychédéliques naturelles comme véhicule de l’extase, qui donne accès à l’« autre réalité » de l’expérience chamanique. La contribution exceptionnelle de R. Gordon Wasson sur les champignons hallucinogènes dans l’Ancien et le Nouveau Monde recoupe tout à fait certaines hypothèses. L’usage des plantes psychédéliques par l’homme remonte aux temps lointains de l’âge de pierre – l’âge de la forêt, de la chasse et de la cueillette, du bois et du feu, avant l’agriculture, avant l’écriture et l’histoire. Wasson montre comment l’emploi de l’amanite tue-mouches dans la ceinture forestière de l’Eurasie, par exemple, est d’une origine assez ancienne pour informer sur les pratiques chamaniques sibériennes, proto-aryennes, indiennes, américaines, et sur les mythes du croissant fertile. Quant à l’ambroisie de l’Olympe, c est encore le vieux breuvage chamanique de l’hydromel et le nectar tiré d’une espèce de champignon psychédélique. Wasson se garde de conclure, mais fait le parallèle entre le soma des Aryens et le breuvage des dieux, des initiés d’Éleusis.
Le chamanisme est étroitement associé à un mode de vie qui est aussi un état de l’humanité – et de la planète Terre la vie de petits groupes d’êtres humains, qui s’adonnent à la cueillette, à la pêche et à la chasse, au sein d’un univers écologiquement vierge. Lorsque l’homme entreprend de violer la terre (c’est-à-dire de travailler), lorsqu’il devient agriculteur et éleveur, c’est la révolution néolithique, le début de la Ville, l’apparition de la Religion, le tout commencement de l’Histoire. Bien sûr, les préoccupations d’un peuple de paysans et de bergers1 ne sont pas celles de groupes de chasseurs. Le rite devient Religion, le Sacré s’institutionnalise. La religion reste liée à son origine chamanique, mais en l’occultant. Même une fois devenu agriculteur, l’Indien d’Amérique garde une âme de chasseur Sa pratique religieuse garde les caractéristiques profondes de l’expérience chamanique en ce que le sujet cherche activement à « voir ». Pour un Indien d’Amérique, la pierre de touche du réel est l’expérience psychique personnelle directe des forces de la nature – et il ne s’engage pas dans cette aventure sans les « alliés » que sont les plantes psychédéliques. Peut-être que la carte du savoir des Indiens coïncide avec la géographie spirituelle des mystiques. Il reste qu’elle s’appuie sur une pratique concrète, le recours systématique à des plantes susceptibles d’élargir le champ de la conscience, la pratique de l’expérience psychédélique.
Weston La Barre: « Les Plantes psychédéliques et les origines chamaniques de la religion », traduit de l’américain par Vincent Bardet.
Mots-clefs :chaman, conscience, nature, réalité, religion, terre



















































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