Un mot du réalisateur, Julien Colin : « La version présentée sur ce blog, récupérée depuis les réseaux de paire-à-paire (p2p), n’est pas la version finale qui vient de paraitre en DVD (modifiée, remontée, mixée, étalonnée…). Ceci constitue la première version qui a circulé par une pluralité de réseaux militants, associatifs, éducatifs et même scientifiques, entre octobre 2005 et décembre 2006. À partir de 2007 le film a circulé dans sa version finale et a parcouru quelques festivals. En 2008, notamment grace au soutien de souscripteurs, le film a été postproduit et édité en DVD.
L’autoproduction, l’autodistribution, et aujourd’hui l’autoédition de ce projet ont été accaparant en termes de temps et d’argent. La possibilité de poursuivre ce type de projet, de manière indépendante, repose sur les recettes induites par la vente des DVD et les projections publiques qui se poursuivent.
Pour plus d’information ou contacter l’auteur ou l’association « À Bout de Champ » qui gère la distribution et l’édition du film, rendez-vous sur le site. »
LeSilenceDesNanos.com

Achetez le nouveau DVD (version finale)

http://nous-les-dieux.org/VIDEOS/LeSilenceDesNanos.flv

Le Silence des Nanos (57:10)
un cyberdocumentaire sur notre avenir technologique (2005)

L’action se déroule sur l’écran d’un ordinateur connecté au réseau. Une navigation dans le cyber-espace permet de découvrir ce que recouvrent les nanotechnologies en terme de programme.
De lien en lien, de site en site, de téléchargement en téléchargement, le film révèle l’histoire de ces technologies émergentes, les visions et les rêves dont elles procèdent ou qu’elles génèrent. Les questions, qui ne sont pas nouvelles : notre rapport à la technologie, au développement, au progrès ; mais qui, devant la révolution technologique annoncée, s’imposent avec acuité.
Il ne s’agît donc pas d’un documentaire scientifique et technique, qui soit l’illustration voire la vulgarisation des recherches en cours. Mais il s’agît d’un film réflexif sur les technologies émergentes, d’une mise en questionnement critique et néanmoins rationnelle de l’activité scientifique et du développement technologique d’un point de vue anthropologique.
« La science ne pense pas », écrivait Heidegger. Il ajoutait que la philosophie ne pense pas non plus. « Pas encore ». Cependant la science rêve ; et c’est bien ce dont il est ici question.


RÉALISATION-MONTAGE : Julien COLIN | IMAGES : Jérôme COLIN interview de Jean-Pierre DUPUY | Flavia Garcia TAVARÈS interview de Dorothée BENOIT-BROWAEYS | Julien COLIN interview de Jim THOMAS et captures d’écrans | MUSIQUE : LUCRATE MILK « No Kods » (1984) | PRODUCTION-DISTRIBUTION : À Bout de Champ | DURÉE : 1H15 | ANNÉE : 2007 | PAYS : France | Format : 4/3 PAL couleur | TOUTES ZONES | AUDIO : PCM STERÉO | LANGUES : Anglais-Français | SOUSTITRES : ANGLAIS-FRANÇAIS-FRANGLAIS

AVEC : Jean-Pierre DUPUY (philosophe, Stanford), Jim THOMAS (responsable européen d’ETCgroup), Dorothée BENOIT-BROWAEYS (journaliste, Vivagora) & Richard FEYNMAN, Eric DREXLER, Bill CLINTON, Brad SHERMAN, Harry KROTO, Jim GIMZEWSKI, Carlo MONTEMAGNO, JAKE 2.0, Bill JOY, Jean-Marie LHEN, Bernadette BENSAUDE-VINCENT, Joël de ROSNAY, Jesse SULLIVAN, ASIMO, Christian JOACHIM, Simples Citoyens


« Ce jeu de mot est le titre d’un film d’un genre nouveau. Entièrement réalisé à partir d’images glanées sur internet, ce documentaire auto-produit est pourtant un projet audacieux. Les applications des nanotechnologies ne vont plus tarder à pointer le bout de leur nez dans notre vie quotidienne. Et les risques qui en sont inhérents ne sont pas connus. Ce documentaire -militant- a le mérite de poser les questions que personne ne pose. »
Autour des sciences, blog Le Monde (nov 2007) Benjamin Godard & Jonathan Parienté

« Film-réflexion sur les nanotechnologies que Julien Colin a monté en téléchargeant des images sans bouger de son ordinateur. Un vrai documentaire, mais réalisé sans argent, sans production, et même sans caméra. Peut-être le premier-né d’une génération de “films-Google” ? »
Les camisards du documentaire, Charlie Hebdo (août 2007) Antonio Fischetti

« Le silence des nanos est l’un des meilleurs films d’épouvante de l’année. C’est un film qui fait écho aux inquiétudes des écrivains de science-fiction les plus radicaux, ceux pour qui le futur, trop mis à mal, semble se retourner contre nous pour se venger. Pourtant Julien Colin ne met pas en scène ses personnages dans un proche futur. Il ne spécule par sur ce qui va être, mais filme ce qui est, ici et maintenant. »
La Gazette du Ciné Rive Gauche (déc 2005) Jordi Vidal & Stéphane Goxe


Premier article (pdf) de qualité écrit sur le film, souvent repris, il a été publié par Jordi Vidal et Stéphane Goxe qui ont organisé la deuxième projection publique de la version bêta du film, le 20 décembre 2005 au cinéma Le Castillet à Perpignan.

Le silence des nanos est un film entièrement auto-produit qui a été réalisé à la marge de toute logique de production. C’est son contenu, sa forme comme son caractère underground, qui ont amené Tiers-Cinéma à s’y intéresser et à organiser cette « avant avant-première ».

Le silence des nanos est l’un des meilleurs films d’épouvante de l’année. C’est un film qui fait écho aux inquiétudes des écrivains de science-fiction les plus radicaux, ceux pour qui le futur, trop mis à mal, semble se retourner contre nous pour se venger.

Pourtant, Julien Colin ne met pas en scène ses personnages dans un proche futur. Il ne spécule pas sur ce qui va être, mais filme ce qui est, ici et maintenant. L’horreur n’est pas pour demain : cette « mort vivante » nous est contemporaine.

Le film se déroule sur l’écran d’un ordinateur. Au fil d’une cyber-enquête virtuelle, de liens en liens, avec des séquences audiovisuelles glanées sur la toile, il dévoile les applications et les implications des technologies émergentes. Celles qui sont en passe de transformer radicalement la nature, la société et l’homme ; celles qu’on nous vend comme une troisième révolution industrielle.

Film terrifiant qui ne lorgne jamais du côté de la fiction, Le silence des nanos est une plongée talentueuse et nauséeuse au coeur de l’aberration scientifique, lorsque la science est instrumentalisée, de manière totalitaire, par les pouvoirs marchands, policiers et militaires.

Le silence des nanos dénonce, sur un mode polyphonique, la perte de l’humain et l’absolutisme du contrôle de l’identité comme du vivant. C’est un film où l’on retrouve, de manière récurrente, et comme sujet d’actualité, la thématique du Frankestein de Mary Shelley.

Biodéfense, biométrie, nanotechnologie… Démiurges et assassins en blouse blanche développent, souvent au nom du bien commun et toujours dans la discrétion sinon le secret, des technologies proliférantes, duales et mortifères. Que se trame-t-il en notre nom, mais en l’absence de tout débat public, dans les arcanes de la recherche scientifique ? Qui décide de ce dont nous avons besoin ? Qui définit les termes du progrès scientifiques ?

La société techno-marchande nous est imposée comme une évidence. Son projet : asseoir définitivement la domination totale de l’économie sur la vie. Sa devise : ordre, progrès et rentabilité. Ses moyens : artificialisation de la vie, généralisation du contrôle social, dévastation de l’environnement.

Après Le silence des nanos, la très virtuelle ménagère de moins de 50 ans observera ses produits de beauté avec suspicion et s’interrogera sur la nature exacte des « étranges machines » entrant dans leur composition. La tranquille domination du téléphone portable apparaîtra moins naturelle. Et nos rêves, et plus souvent nos cauchemars, seront peuplés de « nano-machines », quasi invisibles, indifférenciant le vivant du non-vivant.

Le récent mouvement des chercheurs s’est battu pour exiger davantage de crédits, bénéficiant d’un réel courant de sympathie dans l’opinion publique. « Des crédits, pour quoi faire ? » ont alors demandé des chercheurs dissidents dénonçant l’irresponsabilité du milieu scientifique, son aveuglement, ses servitudes. Et déplorant l’indigence du débat public, ils écrivent encore : « L’ignorance est une des bases du consentement. Plus que jamais, nous avons besoin de radicalité, c’est-à-dire d’aller à la racine des choses. »

Le film de Julien Colin s’achève sur le témoignage de Jean-Pierre Dupuy, philosophe et professeur à Polytechnique qui est à la fois fasciné et effrayé par le futur induit par les nanotechnologies. Il termine son propos, comme hors caméra, sur une violente critique du corps des Mines, qui est aussi une auto-critique (il en est issu) et une attaque contre le CEA : « Il n’y a pas plus antidémocratique que ces gens-là ».

Jordi Vidal et Stéphane Goxe



Sur le site de Regards, un montage de mon intervention après la séance du 21 mai 2007 au Festival Images Mouvementées d’Attac.

Sur zalea.tv, cette émission réalisée ou plutôt improvisée par Salvo Manzone dans le studio de Zalea, en juin 2007. On peut y voir NanoPravda.

Quelques lignes sur le film dans l’article rédigé par Antonio Fischetti (pdf) sur le Festival de Lussas pour Charlie Hebdo. Ce qui est dit autour surtout est intéressant.

Sur le Blog Sciences du Monde, ce billet écrit par Benjamin Godard, étudiant en sciences, et Jonathan Parienté, journaliste.

« Cyber auteur » : un article que je trouve très bon, qui traite le rapport de la forme et du fond et qui rend raison de l’expression « cyberdocumentaire ».

L’émission Grille Ouverte du 18 février 2007, sur la radio du même nom, RGO à Alès. Interviewé par Jérôme Bauzon.

Cet essai de Dominique Sistach, sur le site, en construction, des Fragments sur les Temps Présent « La Vie dissolue de l’humanité : une solitude sans avenir au royaume des nanos »


Curiosité  : ci-dessous, la « Une » du Nouvel Économiste en date du 24 mai 2007.

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4 commentaires pour “Le Silence des Nanos”
  1. Orphys dit :

    Le danger est grand,  inéluctable le développement des NBIC ,  cela confirme que le peuple doit  se  dépêcher de reprendre le pouvoir au détriment de la sacrosainte multinationale  aux capitaux invisibles et souvent prédateur de la richesse des pays faibles. Ils ne faut pas leur laisser le contrôle, au nom d’une idéologie capitaliste, dont tout le monde s’accorde a dire que c’est un système qui va dans le mur.
    Ce sont des mini-dictatures qui usurpent et annihilent la démocratie des nations.
    Quant est t-il des systèmes de mise à feu des engins nucléaires, au regard de ces NBIC.
    Reprendre au plus vite le contrôle démocratique, de toutes les institutions et organisations d’échanges dits commerciaux, car plus on attend plus sera difficile la reprise  en main par le peuple de ces outils de gestions de la communauté humaine.
    L’adaptation et la transformation de ces mêmes outils est bien sûr primordial pour la réussite de ce pas vers une nouvelle civilisation. Nous n’avons plus le temps d’attendre et de regarder, beaucoup d’individus  femmes et  hommes  ayant pris conscience de la gravité de la situation, dans presque tout les aspects de la vie humaine ont déjà levés le pied pour accomplir ce pas, en nous révélant ce que les puissances d’argent ont intérêt à nous cacher.
    Le devoir de tout individu est d’ouvrir les yeux de son voisin, afin de contrer l’omerta organisé par le système actuel, ne baissons pas les bras, nous n’en avons pas le droit.

  2. Kohlan dit :

    Chère Orphys

    Je voulais compléter ton témoignage.  C’est un cri d’alarme qu’il faut faire entendre !! Vraiment que faudra-t-il pour nous réveiller enfin ? Nous ne sommes pas obligés de participer à ce système, je crois qu’un certain Gandhi nous a donné un outil , c’est la « non coopération ». C’est à nous de nous dresser, si personne ne le fait, nous , toi, moi, (d’autres ensuite,) nous le ferons.
    Observons-nous nous-même dans notre vie de tous les jours. Au bout d’un an, enfin, j’ai changé mes habitudes, ce n’est pas facile, j’ai aussi un projet concret mais je peux tout aussi bien rejoindre un projet similaire, ce qui compte pour moi c’est d’agir en être libre et courageux. L’heure est à l’action. Sincère amitié envers vous tous car l’amitié des amis et amies dans la foi et dans l’action  pour nous élever tous ensemble, cela a un sens sacré pour moi sans jamais une arrière pensée. A bientôt.

  3. Je réagis à vos coms ci-dessus. Tout à fait ! Et une partie de la solution est dans ce court extrait du film Gandhi : Gandhi et la Marche du Sel !
    A voir où à revoir en Urgence.
    Action OUI, mais NON-VIOLENTE !!!
    Amitiés ;-)

  4. la truie qui file dit :

    Danger oui si on veut bien toujours vivre avec la peur de l’inconnu.
    Si par hasard vous avez une petite idée de la mécanique quantique, rassurez vous, la matière est baignée par le champ de conscience cosmique et très précisément bien plus sensibles aux interactions qu’une machine ordinaire.
    Le « phénomène » est étudié (ou constaté) sous le nom de « Global Consciousness » avec des ordinateurs. Des logiciels générateurs aléatoires (*) voient leurs fonctionnement modifiés par les événements tels qu’ils sont perçus par les humains…
    Bien plus simple : de l’ouvre-boite à l’ordinateur vous avez le choix « quantique » de Mr Jourdain.
    Soit vous dites « saleté d’ouvre-boite qui ne marche jamais », deux coup sur trois il va falloir aller chercher une cisaille dans l’atelier pour ouvrir cette « saleté de boite » et parfois il y même des risque de blessures (par boite ou par bêtise ?).
    Soit vous considérez affectueusement cette géniale trouvaille en fer conçue pour vous simplifier la vie, la boite de conserve sera ouverte sans aucun problème le plus souvent (sauf si la conserve n’est pas bonne éventuellement…).
    Alors ouvre-boite ou nano-techno c’est la même chose sauf que pour les nanos-machine ce sera pire/meilleur. Si vous « pensez efficacement » la nano-bestiole ne sera opérationnelle que pour le fabriquant et il en perdra immédiatement le contrôle qui du fait de sa conception rejoint le domaine quantique de la conscience et par là de l’opinion que vous en avez…

    N’abusez pas des conserves, des ouvres-boites et des modèles quantiques. Par contre l’ouverture de conscience c’est plutôt conseillé. Mais si cela vous fait plaisir de hurler contre les ouvre-boites vous serez obligé de cultiver tôt ou tard votre jardin et ceci est bien mieux pour vous…

    La truie qui file

    (*) aléatoire : c’est bien cela le casse-tête des ingénieurs, trouver un soft qui basé sur un modèle qui se veut parfaitement « certain et prédictif » sert à simuler et évaluer le résultat d’un ensemble d’interactions dont les résultats ne sont connues que par l’incertitude… le modèle quantique est une tentative de raisonnement inverse et les nanos-machines sont prise entre les deux (à part si cela vous fais plaisir d’être prisonniers dans la boite de conserve sans ouvre boite à l’intérieur…).

  5.  
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