icone-environnementPublicité et Environnement

Mais que fait le BVP ?

(Bureau de Vérification de la Publicité)

(Cet article est issu de L’Alliance, regroupement d’ONGs soutenant des actions communes dans l’espoir de construire un nouveau monde).

De plus en plus de publicités font une utilisation abusive et mensongère de l’argument écologique en vantant les qualités écologiques d’activités et de produits en réalité polluants. Cet usage abusif trompe le consommateur sur la réalité du produit et vient à l’encontre des efforts des associations pour l’inciter à consommer de manière plus responsable.

Notre constat :
L’abus de l’argument écologique par le secteur publicitaire et un contrôle très insuffisant

De plus en plus de publicités font une utilisation abusive, voir mensongère, de l’argument écologique en vantant les qualités écologiques d’activités et de produits en réalité polluants. Cet usage, qui trompe le consommateur sur la réalité du produit, a plusieurs conséquences :

  • Le consommateur n’est pas orienté vers les produits les plus écologiques et ne change pas ses comportements de consommation ;
  • Les entreprises ne changent pas vraiment leurs produits et services et se contentent d’y ajouter une touche écologique qui sera mise en valeur via la publicité ;
  • Cette situation vient à l’encontre des efforts de sensibilisation faits par les associations de protection de l’environnement pour changer nos comportements de consommation.

Ces problèmes revêtent une gravité particulière à l’heure des grands bouleversements écologiques que connaît notre planète (changement climatique, disparition des espèces, impacts prévisibles sur les populations humaines…), alors même que les habitudes actuelles de consommation dans nos pays riches sont la raison principale de ces problèmes (gaspillages, pollutions, déchets, boulimie énergétique…).

Sur la base de ce constat, deux questions ont émergé :

D’une part, se pose la question de la réalité de l’engagement des entreprises en faveur du développement durable : telle grande marque de détergent vantera sa lessive utilisable à froid comme moins consommatrice d’énergie (ce qui est vrai), mais sans faire de vrai effort sur sa formule, toujours aussi polluante pour les milieux aquatiques (Ariel), alors que la marque Ecovert arrive à de bien meilleurs résultats.

D’autre part, la question, qui découle de la première, est celle de la réalité du contrôle des publicités mis en place par le secteur publicitaire lui-même.

Le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP) assure l’autodiscipline de la profession publicitaire en France. Mais pour les raisons suivantes, le BVP n’empêche pas de nombreuses publicités de véhiculer un discours trompeur :

  • Il s’agit d’une structure juge et partie
  • L’adhésion au BVP est facultative et, sauf pour les publicités télévisées, il ne contrôle que les publicités qui lui sont soumises volontairement
  • Le secteur publicitaire ne respecte pas suffisamment sa propre déontologie professionnelle
  • Le contrôle par le BVP du respect de cette déontologie est insuffisant
  • Les avis du BVP sur les publicités qui lui sont soumises sont non contraignants
  • Le BVP n’a pas de vrais moyens de coercition et de sanction
  • Le BVP n’a pas de responsabilité juridique quant aux avis qu’il donne

Les objectifs de l’Alliance, en réaction à ce constat :

  • De mettre fin à l’usage infondé de l’argument écologique dans les publicités
  • D’obtenir un changement de comportement des annonceurs et des publicitaires
  • D’obtenir une réforme en profondeur du système de contrôle des publicités
  • De faire prendre conscience de l’impact général de la publicité sur l’environnement : surconsommation, pollution, incitation à des comportements non écologiques…

Argument écologique et blanchiment écologique des entreprises.

Qu’est-ce que l’abus de l’argument écologique ?

L’argument écologique permet de vanter dans une publicité ou sur un emballage les caractéristiques écologiques d’un produit ou service, ou ses avantages pour la protection de l’environnement. Du fait de l’engouement actuel pour des produits plus respectueux, d’une part, cela permet d’orienter le consommateur dans ses choix, et d’autre part, cela pousse les entreprises à innover pour modifier leur offre.

Or, depuis quelques années, de plus en plus de produits et services sont présentés comme « écologiques », « protégeant la nature » ou « protégeant l’environnement », alors que l’intérêt du produit ou du service pour la nature est minime, voire inexistant. C’est d’autant plus critiquable que l’argument écologique est très utilisé pour les produits et par les entreprises les plus polluants : voitures, produits chimiques, sociétés pétrolières…

Cela s’appelle faire du blanchiment écologique ou de la « désinformation verte » (greenwashing en anglais), parce que cela donne une aura écologique à des entreprises et à des produits qui ne le sont pas.

La conséquence immédiate de l’abus de l’argument écologique :

Instaurer le doute et la confusion dans l’esprit du consommateur sur ce qui est vraiment écologique et sur ce qui ne l’est pas. Or, il est devenu aujourd’hui impératif de changer nos comportements de consommation, ainsi que le comportement des entreprises.

Le blanchiment écologique a donc pour effet de contrer les efforts de sensibilisation faits en ce sens par les associations.

Outre l’usage du mot « écologique », il y a d’autres manières de faire du blanchiment écologique par la publicité.

Par exemple, il s’agira de présenter le produit ou service vanté dans un cadre naturel et sain. Ainsi, les véhicules 4 x 4 sont généralement présentés au bord d’une rivière ou sur une plage. La loi interdit toute forme de publicité représentant un véhicule circulant en dehors des voies autorisées, car ce serait inciter les gens à des comportements illégaux et non-écologiques. Mais le juge interprète restrictivement ce texte en estimant qu’un véhicule qui semble garé le long d’un cours d’eau ne circule pas. C’est pourquoi vous remarquerez que les 4 x 4 sont représentés sans conducteurs, sauf lorsqu’ils sont sur une route !

Plus pernicieux encore, le message à double sens. Ainsi, la campagne actuelle de Total met en avant les moyens que l’entreprise alloue à la recherche d’énergies renouvelables : la moitié de l’image représente des éoliennes, ce qui laisse penser que Total investit une part importante de son activité dans cette activité, alors que Total ne possède que 5 éoliennes. Son slogan, « pour vous, notre énergie est inépuisable » est une insulte aux associations de protection de l’environnement qui luttent depuis des décennies contre cette croyance d’une terre inépuisable. En procédant ainsi, Total détourne le regard du consommateur de son activité principale, extrêmement polluante (le pétrole). Or, Total ne cache pas sur son site Internet son intention d’aller jusqu’à épuisement de la ressource en pétrole.

A souligner aussi, la campagne écologique dont la réalisation a nécessité des moyens tout sauf écologiques. Ainsi, la dernière campagne d’EDF qui axe sa campagne sur la pénurie prochaine des ressources fossiles, avec pour slogan « Pour les générations futures, développons les énergies de demain » : tournée à l’Ile de Pâques, la campagne a exigé des déplacements en avions fortement émetteurs de CO2, première cause du réchauffement climatique. Vous avez dit cohérence ?

Une structure d’autodiscipline inefficace

1) Un organisme interprofessionnel d’autodiscipline juge et partie

Le Bureau de Vérification de la Publicité est une association loi 1901 chargée de l’autodiscipline du secteur publicitaire en France. Ceux qui en sont membres édictent les règles déontologiques et en assurent le respect.

Notre avis : il s’agit donc d’une structure à la fois juge et partie.

Mission du BVP : selon l’article 1 des statuts de l’association, de « mener une action en faveur d’une publicité loyale, véridique et saine dans l’intérêt des professions intéressées, des consommateurs et du public« . Pour cela, il :

  • Élabore des codes de déontologie
  • En assure le respect

Objectif non dissimulé de l’autodiscipline : éviter toute réglementation plus contraignante de la part des pouvoirs publics.

Notre avis : C’EST REUSSI !! Les pouvoirs publics français se satisfont vraisemblablement de ce système d’autodiscipline sans trop y mettre le nez. Ce système est très utilisé en Europe, sous des formes variées. Mais contrairement à la France qui se contente d’encadrer la publicité par une réglementation très générale en laissant au juge de soin de l’interpréter, certains États, comme la Suède pour la publicité pour enfant, posent un cadre plus strict. C’est donc que cela est possible.

2) Le financement du BVP par le secteur publicitaire : une bonne idée à garder précieusement

Il est assuré à 80 % par les cotisations des adhérents, le reste étant issu de la facturation du service des avis avant diffusion de la publicité télévisée. Le budget annuel du BVP a été de 2,3 M d’euros en 2005.

Notre avis : MAIS QUELLE BONNE IDEE !! Le financement par la cotisation des membres doit être maintenu, même si le contrôle devait devenir légal et obligatoire (comme nous le demandons plus loin). En effet, pourquoi faire peser sur les finances publiques, et donc le citoyen, un service de contrôle généré par une activité (très) lucrative ?

3) Les membres du BVP : et vive le volontariat !

Le BVP fonctionne sur le volontariat : l’adhésion au BVP n’est pas obligatoire. Il compte à ce jour 800 membres, principalement les entreprises issues du secteur publicitaire : annonceurs, agences et conseils en publicité, supports et régies de publicité ;

L’adhérent s’engage à :

  • Respecter le droit et la déontologie publicitaire ;
  • Suivre les conseils du BVP ;
  • Modifier ou retirer toute publicité litigieuse ;
  • Participer à la chaîne de responsabilité des professionnels de la communication en exigeant la même déontologie de ses partenaires.

Notre avis : La réalité de cet engagement est remise en cause par les associations de l’Alliance. Il suffit de voir notre palmarès de publicités et de lire la suite de ce document.

4) Les organes du BVP : le secteur publicitaire y siège…tout seul.

Outre un conseil d’administration et une assemblée générale, au sein desquels seul le secteur publicitaire siège, le BVP a mis en place deux organes qui participent à l’autodiscipline, mais en ne donnant que des avis consultatifs, c’est à dire non contraignants pour le BVP.

Le comité d’éthique : créé en décembre 2005, il a pour mission d’évaluer l’efficacité de l’autodiscipline et d’aider le BVP à ajuster sa déontologie au regard de l’évolution sociale. Son premier rapport (2005) donnait un avis concernant le respect de la personne humaine et les minorités visibles.

Aucun expert concernant la question environnementale n’y siège !!

La commission de concertation des associations de consommateurs : réunissant les associations de consommateurs agréées et des professionnels de la publicité, elle a pour mission de faire des propositions pour améliorer l’autodiscipline et est depuis peu consultée en amont de la rédaction des Recommandations.

Mais elle n’est que consultée et n’a pas de pouvoirs réels. De plus, il semblerait que les associations de consommateurs n’y siègent plus beaucoup, faute de réels pouvoirs.

Les associations de protection de l’environnement ne sont pas consultées concernant l’argument écologique et le blanchiment écologique.

Notre avis : L’autodiscipline est souvent présentée par les professionnels comme un instrument plus efficace que la loi et qui répondrait mieux aux attentes des consommateurs. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et sont contredites par les associations de consommateurs.

En effet, aucun critère, aucun instrument de mesure n’existe pour qualifier la pertinence des systèmes d’autorégulation et leur supposée supériorité face aux dispositions législatives. Il est indispensable que l’autodiscipline fasse désormais l’objet d’une évaluation indépendante. Ce rôle d’évaluation devrait être joué par les pouvoirs publics, dépositaires de la légitimité démocratique, ainsi que par les associations.

L »autorégulation peut être un élément du dispositif de régulation, à condition d’être établie en concertation avec les pouvoirs publics et les associations. Elle devient alors une véritable co-régulation.

En effet, l’actuel système n’est pas un vrai système de co-régulation, car les associations n’interviennent qu’à titre consultatif. Dans le cas de la co-régulation, l’autorégulation devient légale et obligatoire (ex : ordres des médecins ou des avocats) et les associations sont associées au contrôle à tout ses stades. La loi peut aussi prévoir que les pouvoirs publics approuvent les codes de conduite, ou en vérifient le respect. Cette autorégulation concertée avec les autorités publiques est de plus en plus recherchée en Europe.

L’existence d’une co-régulation n’exclut pas que l’on puisse parallèlement ou ultérieurement avoir recours à la loi pour encadrer la publicité dans tous les domaines concernés (enfants, obésité, argument santé…). On ne devrait donc pas accepter que les instances de l’autodiscipline s’opposent systématiquement à tout projet réglementaire, mais plutôt s’accorder sur une bonne complémentarité entre les outils d’encadrement.

En France, la co-régulation État/secteur publicitaire fonctionne déjà partiellement (fort bien, selon le BVP) pour la publicité télévisée (délégation des pouvoirs du CSA) ou pour l’image de la personne humaine en publicité (avec le Ministère de la Parité).

Nos objectifs :

  • Mettre fin à l’usage infondé de l’argument écologique dans les publicités.
  • Obtenir une limitation et un encadrement des publicités pour les produits les plus polluants ou les plus énergivores.
  • Obtenir une réforme en profondeur du système de contrôle des publicités.
  • Obtenir à cet effet la mise en place d’un organisme public indépendant doté de l’autorité et des moyens nécessaires pour sanctionner les dérives de la publicité, notamment en matière d’environnement.
  • Obtenir un changement de comportement des annonceurs et des publicitaires.
  • Faire prendre conscience de l’impact général de la publicité sur l’environnement : surconsommation, pollution, incitation à des comportements non écologiques.

Analyses et critiques de publicités récentes… et les plus exemplaires

Les règles du jeu

  • Chaque publicité est commentée selon plusieurs paramètres :
  • La publicité est examinée au regard des Recommandations déontologiques du BVP en matière d’arguments écologiques (ci-après recommandations écologiques) et des Recommandations développement durable. Nos commentaires se fondent donc sur la propre déontologie professionnelle du secteur publicitaire.
  • Des documents scientifiques viennent apporter un supplément d’information en indiquant soit :
  • La réalité polluante ou énergivore du produit ou service vanté comme écologique ;
  • Que l’information indiquée dans la publicité est incomplète ou erronée.
  • D’autres documents d’expertise apportent des informations sociologiques, économiques, et des liens Internet.
  • Chaque annonceur dont la publicité est ici commentée a été personnellement interpellé, ainsi qu’un certain nombre d’agences de publicité et les organismes professionnels représentant le secteur (BVP, UDA, AACC…).

Les voitures

« La publicité doit être exempte (…) de toute incitation à des comportements préjudiciables (…) à la protection de l’environnement.« Article 4 du décret 92-280 du 27 mars 1992, pris pour l’application des articles 27 et 33 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 sur les principes généraux définissant les obligations des éditeurs de services en matière de publicité, de parrainage et de télé-achat (Modifié par Décret 2001-1331 2001-12-28 art. 2 JORF 29 décembre 2001).

« Aucune publicité ne peut représenter des comportements contraires à la protection de l’environnement sans correctif positif, non plus qu’inciter à des comportements contraires à la protection de l’environnement ». Article 2-14 des Recommandations écologiques du BVP.

Faire de la publicité pour une voiture, n’est-ce pas inciter à avoir un comportement préjudiciable à l’environnement ?Forte émettrice de gaz à effet de serre, consommatrice d’énergies fossiles non renouvelables, occupant une grande partie de l’espace public, au détriment d’autres modes de déplacement comme le vélo ou les transports en commun, la voiture a tout pour plaire…et pour devenir illégale (au moins dans la publicité), si le législateur prend enfin en main cette problématique.

Aujourd’hui, les conséquences environnementales et sociales des rejets massifs de CO2 dans l’atmosphère sont connues (GIEC, rapport 2001) : augmentation des températures moyennes, élévation du niveau des mers, nature et biodiversité en danger, fonte des glaciers, événements météorologiques extrêmes plus fréquents et/ou intenses (canicules, cyclones), risques sanitaires accrus, sécurité alimentaire en péril, exodes, etc.

En France, c’est la Loi du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (dite loi LAURE) qui introduit dans la législation le CO2 comme polluant. Même le Ministère des transports classe le CO2 parmi les polluants.

Non seulement le CO2 est un polluant, mais il est aussi un gaz toxique à partir d’un certain seuil.

Or, les rejets de CO2 figurant sur les publicités sont sous évalués à cause d’un mode de calcul ne correspondant pas à la réalité de l’usage du véhicule (climatisation, vitesse, accessoires).
En réalité, il existe un décalage d’environ 20 à 25 % entre les chiffres officiels présentés sur les publicités et les taux réellement constatés dans le cadre d’un usage réel du véhicule.

Ainsi, en France, selon le climat, les véhicules climatisés consomment sur une année entière entre 3 et 5% de carburant en plus. Il est donc anormal que la climatisation puisse encore être un argument de vente.

1) Le CO2 est un polluant et un gaz toxique !

Concernant le CO2, on parle de pollution globale ou mondiale.

Les détracteurs qui minimisent ou même contestent la réalité du dérèglement climatique utilise souvent cet argument fallacieux : le CO2 ne serait pas un polluant. Au niveau mondial, la controverse est vive et on retrouve sans surprise derrière les partisans du « CO2 non polluant » l’administration Bush.

En Europe, les choses sont très claires. Selon la Directive européenne 96/62/CE, un polluant est une substance introduite directement ou indirectement par l’homme dans l’air ambiant et susceptible d’avoir des effets nocifs sur la santé humaine et l’environnement dans son ensemble.
La réalité du changement climatique est aujourd’hui scientifiquement établie et les conséquences environnementales et sociales des rejets massifs de CO2 dans l’atmosphère sont connues (GIEC, rapport 2001) : augmentation des températures moyennes, élévation du niveau des mers, nature et biodiversité en danger, fonte des glaciers, événements météorologiques extrêmes plus fréquents et/ou intenses (canicules, cyclones), risques sanitaires plus accrus, sécurité alimentaire en péril, exodes, etc.

En France, c’est la Loi du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (dite loi LAURE) qui introduit dans la législation le CO2 comme polluant avec notamment :

  • son article 2, codifié à l’article L 220-2 du code de l’environnement : « Constitue une pollution atmosphérique au sens de la présente loi l’introduction par l’homme, directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives. »
  • son article 24, codifié à l’article L. 8-A du code de la route : « Art. L. 8-A. -Les véhicules doivent être construits, commercialisés, exploités, utilisés, entretenus et, le cas échéant, réparés de façon à assurer la sécurité de tous les usagers de la route et à minimiser la consommation d’énergie, la création de déchets non valorisables, les émissions de substances polluantes, notamment de dioxyde de carbone, visées à l’article 2 de la loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie ainsi que les autres nuisances susceptibles de compromettre la santé publique .»

Pour l’ADEME, le CO2 est logiquement un gaz polluant et figure dans un tableau récapitulatif officiel des gaz polluants.

Même le Ministère des transports pourtant réputé peu enclin aux pamphlets écologiques classe le CO2 dans les polluants.

Non seulement le CO2 est un polluant mais (l’erreur est souvent faite) il est aussi un gaz toxique à partir d’un certain seuil.

La concentration actuelle en CO2 dans l’air est de 380 ppm (0,038 %). Au-delà d’une concentration de 1000 ppm (0,1 %), le CO2 est un facteur déclenchant de l’asthme ou du syndrome des bâtiments humides. Mais c’est surtout à partir du seuil de 0.5% que le CO2 devient réellement toxique comme l’indiquent les fiches toxicologiques de l’INRS. C’est d’ailleurs pour cette raison que les principales agences sanitaires mondiales, à l’exception de la France, ont limité le seuil maximum d’exposition professionnelle au CO2 à 0.5%.

Du fait des rejets très importants des véhicules ou des industries, les niveaux de CO2 atteints dans les villes, peuvent dépasser ce seuil d’alerte, notamment quand les conditions météorologiques sont défavorables à la dilution de ce gaz. Par exemple, à Bordeaux en été, des mesures ont montré pendant quelques jours des concentrations en CO2 supérieures à 0.8 % (soit 20 fois plus que la concentration normale)

À forte concentration, le CO2 présente même un risque mortel pour l’homme (concentration supérieure à 10% et durée d’exposition supérieure à 10 minutes).

2) Les rejets de CO2 figurant sur les publicités sont sous évalués à cause d’un mode de calcul ne correspondant pas à la réalité de l’usage du véhicule.

Les chiffres d’émissions de CO2 figurant sur les publicités en gramme de CO2/km (obligation provenant de la Directive européenne 1999/94/CE) en minuscule dans la série des éléments techniques sont mesurés selon une base normalisée correspondant à un cycle de conduite standard. Pourtant, celle-ci exclut la mise en route des accessoires de sécurité et de confort et le respect des limitations de vitesse. On sait pourtant qu’un accessoire comme la climatisation engendre lors de son fonctionnement une surconsommation assez importante de carburants (voir paragraphe suivant). Quant aux limitations de vitesse, on sait très bien qu’elles ne sont pas toujours respectées, loin s’en faut. Au final, ce double constat conduit à un décalage assez net estimé à -20 à 25 % entre les chiffres officiels présentés sur les publicités et les taux constatés dans le cadre d’un usage réel.(sources : A mMcNutt, B.D., et al., Comparison of EPA and On-Road Fuel Economy � Analysis Approaches, Trends and Imports, SAE Paper 820788, June 1982. Ets Bonin, S., Estimated Fuel Consumption Rates from Laboratory and On-Road Tests, 1994-1996: First Results with NaNPVUS+, Technical Memorandum No. N99-0393a, Natural Resources Canada, March 2000.

3) Bannir la climatisation comme argument de vente

Les 3/4 des véhicules neufs vendus sont à présent équipés de la climatisation du fait d’une politique commerciale agressive (« la climatisation pour un euro de plus »).

Premièrement, l’ajout de cet équipement de confort commence par alourdir le poids du véhicule, et donc sa consommation de carburant, que la climatisation soit utilisée ou non. Ensuite, son fonctionnement augmente très fortement la consommation : + 31% en ville et + 16 sur route/autoroute pour un véhicule essence, + 35% en ville et + 20% sur route/autoroute pour un véhicule diesel. (Source : La climatisation automobile : impacts consommation et pollution)

En France, selon le climat, les véhicules climatisés consomment ainsi sur une année entière entre 3 et 5% de carburant en plus, ce qui accroît d’autant leurs émissions de CO2. De surcroît, le fluide frigorigène présent dans les équipements de climatisation est aussi un GES, le R134a, 1300 fois plus puissant que le CO2 : les fuites qui se produisent pendant la durée de vie de l’équipement (usage, maintenance, accidents) ou après (non-récupération) augmentent encore la contribution de la climatisation au dérèglement climatique. Au total, un véhicule de gamme moyenne voit ainsi ses émissions de GES augmenter de 10 à 15% du seul fait de la climatisation. Signalons enfin que les consommateurs auront de moins en moins le choix d’échapper à la clim’ puisque progressivement c’est l’ensemble du parc automobile français qui en sera équipé. L’ADEME estime que 2/3 du parc sera équipé en 2010 et 9/10 en 2020.


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Jeep Grand Cherokee

Les 4*4 sont, en moyenne, les véhicules particuliers mis sur le marché qui émettent le plus de CO2 : 223 g de CO2/km (les berlines : 141 g de CO2) – Chiffre Ademe 2005. La Jeep Grand Cherokee rejette 255 g de CO2/km (de plus, elle est équipée de la climatisation qui n’est pas intégrée dans le calcul).

  • 1. Jeep Grand Cherokee – Le message est un grand classique : « L’homme a toujours rêvé d’apprivoiser la Nature ». En effet, les vendeurs de 4×4 représentent systématiquement leur véhicule dans la nature et son conducteur comme un aventurier ou sportif très proche d’une Nature sauvage qu’il est possible de maîtriser, d’humaniser voire d’asservir. Même le nom du véhicule donne une touche « sauvage » au produit.

Or, non seulement l’homme ne maîtrisera rien s’il ne réduit pas significativement ses émissions de GES (occurrence d’événements météorologiques extrêmes type canicule, cyclones, inondations, etc.) mais en plus, il risque de détruire l’environnement et faire disparaître de nombreuses espèces (dont peut être l’ours). Une étude parue dans la revue Nature affirme que le changement climatique pourrait provoquer la disparition de plus d’un million d’espèces d’ici 2050. Entre 15 et 37 % des espèces terrestres seraient ainsi menacées d’extinction.

En représentant le véhicule en présence d’un élément de la nature (ici l’ours, mais aussi la mer ou une forêt), cette publicité ainsi que les deux suivantes ne respectent pas l’article 2-12 des recommandations écologiques.


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Freelander de Land Rover

  • 2 .Land Rover Freelander – Le slogan : « Imaginez un nouvel horizon » est quelque peu annonciateur mais pas forcément dans le bon sens. Il est redouté une élévation du niveau moyen des océans d’environ 50 cm d’ici 2100, les saisons seront déréglées, le cycle de l’eau perturbé et les évènements extrêmes plus intenses (cyclones). En représentant le véhicule en pleine mer, cette publicité ne respecte pas les articles 2-12 et 2-14 des recommandations écologiques. (Cf. les explications ci-dessus et ci-après)

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Freelander Mageland de Land Rover

  • 3. Land Rover Freelander Mageland – « Trouvez le chemin même s’il n’y en pas ». La représentation d’un 4×4 hors des voies de circulation autorisées est interdite par la loi (Article L362-4 du code de l’environnement), car ce serait inciter les gens à des comportements illégaux et non-écologiques. Mais le juge interprète restrictivement ce texte en estimant qu’un véhicule qui semble garé le long d’un cours d’eau ne circule pas. C’est pourquoi vous remarquerez que les 4 x 4 sont représentés sans conducteurs, sauf lorsqu’ils sont sur une route ! Ce texte de loi qui n’arrive pas à jouer son rôle serait en cours de modification.
    Quoiqu’il en soit, en incitant à utiliser un véhicule hors des voies de circulation autorisées, cette publicité, ainsi que les deux précédentes ne respectent par l’article 2-14 des recommandations écologiques qui interdit (Cf. les explications ci-dessus et ci-après).

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Peugeot 206

« Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne posséderait pas » (art. 2-12 des recommandations écologiques du BVP).

SANS COMMENTAIRE.


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Peugeot 307 Hdi

Cette pub pour la 307 Hdi (diesel) ne mise pas que sur les arguments « Nature » mais aussi sur les illusoires effets positifs de l’achat et l’usage du véhicule sur notre santé, en l’occurrence les poumons. De qui se moque-t-on ?

Plusieurs choses sont contestables :

  1. Il est reconnu scientifiquement que les véhicules diesel rejettent des micro-particules provoquant de nombreux décès par maladies cardio-pulmonaires. Une étude de l’AFSSE datant de 2004 montre que le nombre total de décès dû aux particules fines dans l’atmosphère (provenant essentiellement des moteurs diesel) est évalué à 31 700 morts en 2000 en France (à méditer si on compare aux 30 000 morts causés par le tabac ou aux 7 000 décès des accidents de la route). La présence de deux poumons d’apparence saine sur cette pub est inadmissible.
    Cela va à l’encontre des recommandations écologiques du BVP : art 1.2
    Cela va à l’encontre de la recommandation Développement Durable du BVP : art 1.1.1, art 1.2.5
  2. L’argument écologique mis en avant est le CO2, or cela n’a rien à voir avec les micro-particules. Le message n’est pas clair du tout.
    Cela va à l’encontre des recommandations écologiques du BVP : art 2.1
    Cela va à l’encontre de la recommandation Développement Durable du BVP : art 1.1.1
  3. 99,9 % d’émissions de CO2 en moins ! Ce chiffre est faux, quelle que soit son interprétation. A quoi se réfère-t-on ? Par rapport aux émissions moyennes des véhicules particuliers neufs ? par rapport aux rejets des véhicules diesel ? Si tel est le cas, les rejets moyens des véhicules diesel mis sur le marché sont de 149 g de CO2/km (source ADEME). Une réduction de 99,9 % nous amènerait à un rejet de 0,015 g de CO2/km pour ce véhicule qui en émet en réalité entre 120 et 148 g suivant le modèle.
    Cela va à l’encontre de la recommandation arguments écologiques du BVP : art 1.1, art 2.1, art 2.6
    Cela va à l’encontre de la recommandation Développement Durable du BVP : art 1.2.4

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Volvo XC90

Un scarabée luit de beaux reflets dans lesquels on peut voir une Volvo tout terrain.

« La nature est si belle, lorsqu’elle se pare de ses plus beaux reflets « , autrement dit « La Volvo est un des reflets de la nature » ou « la nature est si belle qu’il faut la préserver et c’est ce que fait la Volvo tout-terrain».

Pourtant, cette voiture est une des moins écologiques du marché puisqu’il s’agit d’une grosse cylindrée. Les critiques exposées pour les autres véhicules ci-dessus s’appliquent donc pour la Volvo : fortes émissions de gaz à effet de serre, consommation d’énergies fossiles …

On ne voit donc pas quel lien il peut exister entre cette voiture et la beauté de la nature, si ce n’est le pouvoir qu’elle donne à ses passagers de pénétrer dans des zones naturelles difficilement accessibles en voiture (mais qui seraient facilement accessibles à pied !).Elle permet par ce fait de perturber des écosystèmes fragiles. D’ailleurs, l’image de la voiture qui se reflète sur le scarabée laisse supposer qu’elle se situe à faible distance de l’insecte et qu’il est possible qu’elle roule vers lui. Et l’on peut facilement imaginer la suite : le conducteur ne le voit pas et l’écrase sans état d’âme !!!

« Son système  » Preémair  » transforme l’ozone en oxygène » :

Cette publicité va à l’encontre de l’article 2-12 des recommandations écologiques du BVP :
la voiture proposée n’a pas de vertus écologiques, mais la publicité fait croire le contraire par des signes, des termes ou des couleurs.
De plus, cette publicité incite à des comportements contraires à la protection de l’environnement, ce qui va à l’encontre de l’article 2-14.
- Enfin, l’article 2-7 n’est pas respecté car l’annonceur n’indique pas «en quoi le produit présente les qualités qu’on lui attribue et éventuellement dans quel contexte ».


honda

« Émission de CO2 : 177 gr/km = RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT« 

C’est faux : une telle émission n’est pas écologique. Aucun document scientifique ne permet d’affirmer cela. Les voitures les moins émettrices, gamme de voiture équivalente, tournent autour de 110 à 130 gr/km de CO2 (voire la sélection sur la page http://www.wwf.fr/campagnes/dossiers/topten). Mais même ces efforts sont encore insuffisants.

En effet, le protocole de Kyoto a montré que pour rétablir l’équilibre climatique, nous devons réduire rapidement et massivement les émissions de CO2, notamment celles liées aux transports, qui représentent 25 % des émissions. Voir les explications plus haut sur la pollution par le CO2.

Ce faisant, cette publicité ne respecte pas les articles 1-2, 2-1 et surtout 2-2 (« L’annonceur doit être en mesure de produire tous les éléments propres à justifier ses allégations, indications ou présentations publicitaires »).


lexus

« Changer le monde sans changer la planète » :

Bien qu’hybride, ce véhicule rejette 186 g de CO2/km, alors que la TOYOTA PRIUS, autre véhicule hybride sur le marché ne rejette que 104 g/km. D’autre part, 186 g/km est une émission largement supérieur à l’objectif européen affiché par les constructeurs à savoir 140 g de CO2/km. Avec ce niveau d’émission, la Lexus serait dotée d’une étiquette énergie E (en 5e position d’un classement qui va de A à G).

En conséquence, cette publicité ne respecte pas les articles 1-2, 1-3, 2-1, 2-6 des recommandations écologiques du BVP.


Images des peuples premiers

Voici trois publicités qui utilisent l’image des peuples premiers pour vanter certains produits de notre modernité (voitures et tourisme) alors que ces mêmes produits sont à l’origine de la destruction des milieux dans lesquels ces peuples vivent (vivaient) en harmonie avec la nature.

Dans beaucoup de domaines, l’image et les symboles des dernières communautés autochtones de la planète sont utilisés dans un but commercial ou de marketing, sans que les personnes ou tribus concernées n’en aient été informées, voire rémunérées pour leur contribution à la promotion du ou des produits. Tout se passe comme si les membres des tribus autochtones n’étaient pas concernées par le droit international, qu’ils n’ont ni réputation à préserver, ni vie privée à défendre. Or, le fait d’utiliser des photos d’individus issus de tribus autochtones, leur art ou des symboles de leur culture, sans que ces derniers n’en aient été informés, constitue une violation du droit international à être informé ou même une intrusion dans la vie privée, deux domaines régis par le Droit de la Personne selon le droit international.

citroen

Citroën C3 X-TR « Tribale »

Cette mis en scène se veut sans doute humoristique : un Amérindien qui, après avoir eu la vision de la Citroën, fait du stop. Le produit est présenté comme permettant à son possesseur d’accéder à une vie plus riche « d’aventure et d’évasion ». Deux mondes sont représentés : le monde moderne, représenté par la voiture, symbole de la modernité triomphante et outil indispensable, même à l’Amérindien, pauvre attardé qui ne peut qu’aspirer à troquer ses traditions éculées pour ce véhicule.

Tout d’abord, force est de constater que cette publicité présente un Amérindien de manière dévalorisante, l’image de ce dernier étant axée uniquement sur le caractère folklorique ou archaïque de sa personne : nu pieds, avec des arcs et des flèches, ayant des croyances et des pratiques éculées : recours à des visions, vie tribale, conseil des anciens (Lire le texte sous l’image).

Ensuite, cette publicité suggère que la conduite de cette automobile permettra d’accéder à une vie plus riche d’aventure et d’évasion que ne pourrait le faire le mode de vie ancestral des Amérindiens.

Or, le monde moderne, et tout particulièrement la voiture, a des conséquences désastreuses pour le mode de vie des Amérindiens, respectueux de la nature, les seuls aujourd’hui à respecter les fragiles équilibres pourtant nécessaires à la survie de la race humaine. En effet : la création de routes goudronnées et l’exploitation du pétrole, deux activités nécessaires, voire indispensables, à la conduite automobile, sont directement responsables de la destruction irréversible et accélérée des forêts primaires de la planète et de la forêt amazonienne en particulier, ainsi que des peuples autochtones qui vivent sur ces territoires.

En valorisant la conduite automobile par rapport à l’Amérindien allant à pied et dont le mode de vie est en parfaite harmonie avec l’écosystème dans lequel il évolue, cette publicité porte atteinte à l’image de ces peuples fragiles, et incite à des comportements contraires à la protection de l’environnement. Cela est contraire à l’article 2-14 des recommandations écologiques des recommandations du BVP.


jeep-cherokee

Jeep Cherokee Wild Dream

Une femme occidentale, visiblement issue de la bourgeoisie, arbore des peintures faciales qui font penser à un masque rituel et tribal. « Écoutez votre âme » nous dit-on. L’évocation de la vie sauvage dans cette publicité est quasi subliminale, mais joue néanmoins habilement sur le nom de série du produit vanté : la Cherokee « Rêve sauvage ». Là encore, c’est la confrontation entre le « sauvage » (l’Amérindien) et un contexte « civilisé ».

Or, en valorisant la conduite des véhicules tout terrain en ville, en faisant croire au conducteur que ce produit va lui permettre d’accéder à une dimension plus profonde et sauvage de son être, le message occulte le fait que le produit est inadapté à la conduite en ville et gros émetteur de gaz à effet de serre, ce qui est contraire à l’article 2.12 des recommandations écologiques du BVP.

Cette publicité est particulièrement révoltante quant à l’usage qu’il y est fait des symboles et des valeurs associées aux peuples et cultures amérindiennes qui ont aujourd’hui pratiquement disparu. Après avoir exterminé les tribus autochtones durant la conquête de l’Ouest au motif que les premiers habitants des Amériques ne possédaient pas d’âme, on assiste aujourd’hui à l’exploitation ultime de ces peuples amérindiens via l’utilisation de leur image dans le but précis de donner un « supplément d’âme » à des produits industriels !

L’utilisation d’un nom de peuple comme nom de voiture (Jeep Wild Cherokee, Porsche Cheyenne ou Volkswagen Touareg) est choquante : ces peuples sont aujourd’hui soit disparus, soit en situation précaire du fait de la déforestation et d’exactions dont ils sont victimes à cause du pétrole, se trouvent sur leurs territoires.


kenya

Nouvelles Frontières Kenya

Comme pour les voitures, vanter les voyages n’est-il pas une incitation à avoir un comportement non écologique, au détriment de l’article 2-14 des recommandations écologiques du BVP ?

Que penser en effet du fait qu’un voyage aller-retour Paris-Nairobi émet plus de 12 tonnes de CO2, gaz à effet de serre responsables du changement climatique ? Alors que les peuples traditionnels et leur environnement sont touchés de plein fouet par ce dérèglement du climat.

Ici, les rituels sacrés, aujourd’hui pratiquement disparus, sont dévalorisés et détournés. Ils ne servent qu’à animer des divertissements pour enfants délaissés par leurs parents. On cherche désormais à tirer profit de ce qu’il reste encore de vivant dans leur culture.

L’agence de voyage invite à consommer des vacances au Kenya comme on consomme les ressources naturelles africaines, dans une digne continuité d’un colonialisme ravageur…

La culture traditionnelle kenyane se désagrège au même rythme que son environnement, et pour ne pas voir cela, finalement, quoi de mieux que de se réfugier dans un hôtel-club où l’on ne « sort pas de chez soi ».


L’énergie

Campagne TOTAL : « Pour vous, notre énergie est inépuisable »

Cette campagne dans son ensemble va à l’encontre de l’article 2-1 de la recommandation écologique du BVP « La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement les consommateur sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des actions que l’annonceur conduit en faveur de l’environnement ».

Le slogan générique de cette campagne, déclinée en plusieurs visuels, « Pour vous, notre énergie est inépuisable », laisse entendre que l’énergie est inépuisable (malgré le jeu de mot), alors que « leur » énergie (celle que commercialise Total) est essentiellement composée de ressources fossiles. Or, les ressources fossiles ne sont justement pas inépuisables. Total l’indique bien dans son site rapport sociétal et environnemental 2005 (p.8) : « les réserves prouvées et probables représentent une durée de vie de près de 22 ans ». L’activité de Total dans le développement d’énergies renouvelables est en fait très faible comparée à son activité pétrolière et gazière. Par exemple, les carburants issus de la biomasse ne représentaient en 2005 pour Total que 1,2 % de son offre de carburant en France (rapport sociétal et environnemental 2005, p. 71).

total

Total

Concernant l’énergie éolienne, Total veut nous faire croire que son activité en ce domaine est importante. Or, l’entreprise n’a mis en service en France, en tout, que cinq éoliennes, en 2003 sur le site de la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque. Et c’est tout ! (www.total.com)

Ce visuel nous trompe sur la réalité des actions que l’annonceur conduit en faveur de l’environnement et du développement durable. Il contrevient donc à l’article 2-1 de la recommandation écologique et à l’article 1-1.1 de la recommandation développement durable.


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Total

Cette publicité contrevient aux articles 2-1 et 2-6 de la recommandation « arguments écologiques » du BVP.

Cette phrase et le montage montrant côte à côte un engin de prospection pétrolière et un poisson occultent les effets catastrophiques de la prospection et de l’exploitation pétrolière (déversements, fuites, etc.) sur les milieux côtiers et marins (voir par exemple ce qu’en dit le programme des Nations Unies pour l’environnement)

En outre, cette publicité contrevient aussi à l’article 2-3 de la recommandation écologique du BVP qui précise : « la publicité ne peut recourir à des démonstrations ou à des conclusions scientifiques relatives à l’environnement qui ne seraient pas conformes à des travaux scientifiques reconnus. »

Or, le poisson décrit dans cette publicité est un tétrodon (famille des Tetraodontidae dans laquelle il existe de nombreux genres et espèces). On parle aussi de « poisson-coffre », uniquement présent en zone tropicale, plutôt dans les récifs coralliens mais jamais dans les zones profondes où l’on effectue la prospection et les forages.


france-telecom

France Telecom :

Cette publicité postule un lien de cause à effet entre les économies d’énergie produites par l’extinction de lampes électriques et la couche d’ozone. Or, ce lien n’existe pas. Il y a ici une énorme erreur de la part des concepteurs de cette publicité, qui ont confondu couche d’ozone et effet de serre ! Les économies d’énergie réduisent les combustions de manière générale, donc les gaz à effet de serre mais pas du tout le trou dans la couche d’ozone. Celui-ci est du à la présence de composés chlorofluorocarbonés (CFC) qui étaient présents notamment dans les circuits de refroidissement des réfrigérateurs. Depuis la mise en place de mesures anti-CFC, le trou semble se stabiliser. Cette publicité provoque la confusion dans les esprits à l’heure où il est demandé aux citoyens d’être de plus en plus attentifs aux questions d’environnement. En outre, elle démontre parfaitement l’incapacité des annonceurs et du BVP à vérifier les messages diffusés.

Cette publicité entre en contradiction avec les articles 2-1 La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement les consommateurs sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des actions que l’annonceur conduit en faveur de l’environnement » et 2-7/L’annonceur devra indiquer en quoi le produit présente les qualités qu’on lui attribue et éventuellement dans quel contexte ») de la recommandation écologique du BVP.


veolia

Veolia : L’environnement est un défi industriel

« Si on vous dit environnement, vous voyez quoi ? Vous voyez un arbre. Mais paradoxalement, il faut y voir un défit industriel. Parce qu’il faut savoir concilier activité humaine et environnement. L’augmentation de la consommation d’eau et d’énergie, de la production des déchets et l’encombrement des villes nécessite une solution industrielle. Une grande entreprise en a fait son métier. C’est le métier de Véolia environnement ».

Grâce à Véolia, « l’environnement » devient « un défi industriel». Il s’agit bien ici de faire passer l’activité industrielle de la firme pour une activité écologique. Mais cette vision de l’environnement par Véolia est très personnelle.

En effet, Véolia élimine une bonne part de ses déchets dans l’un de ses 70 incinérateurs. De plus, pour 8,6 millions de tonnes de déchets collectés, 4 sont éliminées dans l’un de ses 130 centres d’enfouissement technique (décharges). Heureusement, Véolia possède aussi 157 centres de tri et recyclage et 62 centres de compostage. Allez, encore un effort !

Concernant le traitement des déchets, la France possède le plus grand parc d’incinérateurs d’Europe (130 et 16 projets en cours), alors qu’une récente étude vient encore de confirmer le risque accru de développer un cancer à proximité d’un incinérateur (Floret et Al, Environnement, Sciences et Technologies, 2006).

Pour ces raisons, ce message contrevient à l’article 2-1 de la recommandation « arguments écologiques » du BVP : « La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement les consommateur sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des actions que l’annonceur conduit en faveur de l’environnement ».

Pour rappel :

En 2002, une campagne Veolia clamait que  » la filiale de Veolia (Onyx) a traité, en 2002, plus de 54 millions de tonnes de déchets issus de cinq continents, un poids qui ne pèsera plus sur la nature », un message alors très critiqué par le WWF. En effet, le message sous-entendait que l’énorme quantité de déchets était réduite à néant. Mais Véolia « oubliait » de dire que, pour se débarrasser des déchets, l’entreprise a recours principalement à l’incinération. Or, un incinérateur qui brûle 110 000 tonnes de déchets, émet 102 500 tonnes de gaz carbonique. Sur son site Véolia-propreté, l’entreprise indique pourtant « Nous maîtrisons les rejets et préservons l’environnement ».

De plus, l’utilisation du symbole de l’arbre parfaitement intégré dans l’environnement, suggère l’absence d’impact de l’activité de l’entreprise sur la nature. Or, les infrastructures industrielles de Véolia supportent les activités industrielles d’une multinationale : incinérateurs, usines, installations de traitement de l’eau, décharges…
La beauté du paysage n’en est que rehaussée !

Pour cette raison, elle contrevient à l’article 2-12 : « Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne posséderait pas ».


arava

Areva

Cette publicité contrevient à l’article 2.6 des recommandations BVP « La publicité ne doit pas donner ou paraître donner une garantie totale ou complète d’innocuité dans le domaine de l’environnement, lorsque les qualités écologiques du produit ne concernent qu’un seul stade de la vie du produit ou qu’une seule de ses propriétés. »

En effet, elle occulte les autres problèmes environnementaux liés à la production d’énergie nucléaire (déchets radioactifs, risques, production des minerais d’uranium …).

En outre, cette publicité contrevient à l’article 2-1 des recommandations écologiques car l’utilisation de la formule « un avenir sans CO2 » laisse entendre que le nucléaire va régler le problème des émissions de CO2 dans l’avenir. Or, ce n’est pas la réalité. D’une part, de nombreux usages de l’énergie ne seront pas couverts par l’électricité nucléaire, et d’autre part, la ressource nucléaire est limitée et les capacités de développement du secteur également.

Pour plus d’informations sur le nucléaire : http://www.greenpeace.org/france/campaigns/nucleaire


leroy-merlin

Leroy-Merlin

« Vous voulez une maison plus économe en énergie – nous aussi ». Mais encore ? En n’indiquant pas « en quoi le produit présente les qualités qu’on lui attribue et éventuellement dans quel contexte », cette publicité est en contradiction avec l’article 2-7 des recommandations écologiques du BVP et donc aussi en contradiction avec l’article 1-1 des mêmes recommandations, l’annonceur devant « présenter avec précision la ou les actions significatives entreprises en matière d’environnement ».

En effet, pourquoi ce lampadaire rendrait-il notre maison plus économe en énergie ? Leroy-Merlin n’a pas la réputation de commercialiser des produits écologiques, même si, devant l’engouement des consommateurs (et leurs inquiétudes quand à la toxicité des produits de peinture, de traitement du bois, etc.), cette enseigne fait comme les autres : elle se met aussi à proposer quelques produits écologiques.

En fait, le lampadaire présenté ici ressemble plutôt à un halogène, connu pour être vorace en électricité. Si c’est le cas, cela contreviendrait à l’article 2-1 des recommandations écologiques du BVP (Indications de nature à tromper le consommateur sur la réalité des avantages écologiques du produit).

Mais réflexion faite, ce lampadaire ressemble plutôt à un soleil. Or, ce montage induit la confusion entre l’objet vendu par Leroy-Merlin, et l’énergie solaire, énergie propre mais dont la production n’est pas du tout le métier de cette entreprise. Cela va à l’encontre de l’article 2-12 des recommandations écologiques (« Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne posséderait pas ».)


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Leroy-Merlin

La publicité entre en contradiction avec l’article 2-7 (et avec l’article 1-1) des recommandations écologiques du BVP : « L’annonceur devra indiquer en quoi le produit présente les qualités qu’on lui attribue et éventuellement dans quel contexte ».
En effet, on ne voit pas bien en quoi un parc pour bébé placé au milieu d’un champ de fleurs va rendre l’air de notre maison plus sain…

De plus, cette publicité contrevient à l’article 2-1 des recommandations écologiques du BVP car l’utilisation de la formule « Vous voulez une maison où l’air est plus sain, nous aussi » laisse entendre que les produits en vente dans ce magasin (par exemple les peintures) sont tous conçus pour rendre l’air des maisons plus sain. Or, l’offre de produits réellement écologiques chez Leroy-Merlin est quasi-inexistante.

En effet, sur le site de l’enseigne (leroymerlin.fr), lorsque vous entrez dans le moteur de recherche le mot « écologique » ou « environnement », il est répondu qu’ « il n’y a pas de produits correspondant à votre recherche ». Le site vend quelques livres sur le bricolage écologique. Un lien vers « Un salon écolo » nous renseigne sur « une pièce pour vivre naturellement l’air du temps ». Et tous les produits proposés pour y parvenir sont tout sauf écologiques et sains (Marque Ripolain, peinture acrylique Leroy Merlin…).



edf

EDF

« Pour préparer l’avenir, nous mettrons en service dès 2012 la nouvelle génération de centrale nucléaire, l’EPR. EDF, leader européen des énergies de demain ».

Contrevient à l’article 2-9 des recommandations écologiques du BVP : « L’allégation ne doit pas induire une fausse supériorité et/ou permettre à un produit de se distinguer abusivement d’autres produits similaires ou possédant des caractéristiques analogues en ce qui concerne leur contribution à la protection de l’environnement ».

Le texte de cette publicité laisse entendre que le nucléaire constitue l’énergie de demain. Or, d’autres énergies sont développées actuellement, qui, à tous points de vue (rentabilité, risques, emploi, etc.), ont autant d’avenir que l’énergie nucléaire. Le nucléaire est ici placé abusivement en situation de supériorité par rapport aux énergies renouvelables.

Contrevient à l’article 2-12 des recommandations écologiques du BVP : « Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne posséderait pas ».

En montrant le décor de l’île de Pâques, la publicité nous suggère que les énergies d’aujourd’hui nous mènent à la catastrophe, par analogie avec le processus de quasi extinction de la population de l’île de Pâques entre le XIVe et le XVIIe siècle. Pour éviter ça, EDF prépare donc les énergies de demain, autrement dit l’énergie nucléaire. Cette analogie a pour effet de montrer l’énergie nucléaire comme une énergie inoffensive alors qu’il existe de nombreux problèmes environnementaux liés à sa production : déchets radioactifs, pollutions liées à la production de minerais d’uranium, sans oublier les risques inhérents à cette technologie. Sans remonter jusqu’au XIVe siècle et sans aller jusqu’au Pacifique-sud, il suffit de se rappeler 1986 et la catastrophe de Tchernobyl.



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Suez

suez1

Suez

« « Notre nouveau nom symbolise notre volonté de nous engager dans le développement durable ». ».

Peut-on avoir une explication de texte, SVP ? Là encore, comme Carrefour (voir plus bas), l’information donnée sur la réalité de l’engagement de l’entreprise dans le développement durable est… inexistante.

Or, « La publicité doit exprimer exactement l’action d’un annonceur ou les propriétés de ses produits ou services » (article 1-2.2 des recommandations développement durable), et « si l’effort ne porte que sur un produit ou service ou sur un ou des éléments limités, la publicité ne peut exprimer un engagement total » (art. 1-2.1).


Produits chimiques

Les publicités pour pesticides ne respectent généralement pas les recommandations déontologiques du BVP pour les raisons suivantes :

Elles ne présentent pas « avec précision la ou les caractéristiques positives en matière d’environnement » (art. 1-2) et n’ « informent pas sur le bilan positif véritable du produit en matière d’environnement » (art. 1-3).

Leurs déclarations n’indiquent pas la réalité des avantages (qui sont plutôt des désavantages) du produit pour l’environnement (non respect art. 2-1).

Elles donnent une garantie une garantie totale d’innocuité du produit par rapport à l’environnement (non respect art. 2-6), sans indiquer en quoi le produit présente les qualités qu’on lui attribue et dans quel contexte (art. 2-7).

Les vendeurs de pesticides mettent en avant le fait que leurs produits ont passé des tests réglementaires garantissant leur innocuité pour l’environnement : alors à quoi sert l’article 2-8 qui demande de ne pas présenter « des caractéristiques particulières au regard de la réglementation et des usages dès lors que tous les produits similaires présenteraient ces mêmes caractéristiques relatives à la protection de l’environnement » ?


Peut-on encore faire de la publicité pour les produits les plus dangereux ?

Des produits polluants et dangereux pour la santé :

La difficulté est la suivante : nous sommes face à des produits dangereux qui ont obtenu une autorisation de mise sur le marché sur la base d’une réglementation dont l’insuffisance est dénoncée par les associations et par de nombreux scientifiques.

Il suffit de regarder la réalité en face : même de faibles quantités de pesticides ont des effets nocifs et l’exposition à ces produits pendant des périodes longues pose de nombreux problèmes de santé. L’épidémiologie nous montre ainsi que les personnes exposées aux pesticides peuvent développer cancer, malformations congénitales, problèmes d infertilité, problèmes neurologiques ou encore affaiblissement du système immunitaire.

D’autre part, on retrouve des résidus de pesticides partout : dans l’eau, dans l’air, les brouillards et la pluie et dans nos aliments : plus de 50% des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive en contiennent. Ils finissent dans nos organismes, qui hébergent ainsi des centaines de molécules toxiques.

Face à la prise de conscience, la contre-attaque publicitaire du secteur des phytosanitaires s’organise :

Comme notre société prend conscience de la gravité de ces pollutions et des risques pour la santé humaine, la profession des produits phytosanitaires s’organise pour redorer son image, jusqu’à présenter ses produits comme inoffensifs pour l’environnement et l’être humain.


Voici quelques morceaux choisis.

pesticides

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Union des Industries de la Protection des Plantes (versions 2005 et 2006)

En 2005, l’Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) sort sa campagne « Pesticides et si on en parlait ?« , indiquant : « On les connaît mal, et pourtant les pesticides (ou produits phytosanitaires), contribuent à la production d’aliments sains et de récoltes régulières. Ils sont conçus pour protéger les cultures agricoles contre les maladies, les insectes nuisibles et les mauvaises herbes dans le respect de la santé de l’Homme et de son environnement« .

Suite à une levée de boucliers des associations pour l’environnement et de la filière biologique, l’UIPP a introduit à ce texte la phrase ci-après : Les pesticides sont « utilisés selon des conditions d’emploi strictes et règlementées » (les deux versions 2005 et 2006 sont exposées ci-contre).

Que dit la loi ?

Selon la législation européenne et française, les produits phytosanitaires (dits aussi biocides) doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour être commercialisés. Cette autorisation exige que le produit soit testé, afin de « protéger l’homme et l’environnement contre les risques qui peuvent résulter des substances et préparations dangereuses » (article L521-1 du code de l’environnement).

Il est donc facile de conclure que tout produit qui obtient une AMM est inoffensif pour l’homme ou la nature. Or, en réalité, les produits ne sont réellement « inoffensifs » que lorsqu’ils sont utilisés avec certaines précautions clairement définies… et si celles-ci sont parfaitement respectées, ce qui est assez rare et souvent impossible (à cause de la variation des conditions climatiques notamment).

Des tests très insuffisants remis en cause

D’autre part, comme le reconnaissent des toxicologues comme Jean-François Narbonne ou des chercheurs en biologie moléculaire comme Gilles-Eric Séralini, la plupart des tests passés par les produits phytosanitaires sont obsolètes et très insuffisants pour nous protéger de leur toxicité.

D’ailleurs, que dit la loi sur la publicité ?

Article L 522-14 du code de l’environnement : « Sans préjudice de l’article L 121-1 du code de la consommation (NB : loi sur la publicité mensongère) un décret en Conseil d’Etat précise les mentions imposées et celles ne pouvant figurer dans les publicités pour les produits biocides« .

Mais le Décret d’application reste introuvable. Si vous avez des informations à ce sujet faites-le savoir !!


enfants

enfants1

Dépliant UIPP Enfants

Plus pernicieux et scandaleux, l’UIPP fait ici de la publicité pour ses produits auprès des enfants en distribuant le dépliant ci-contre dans les foires et salons qui apprend aux enfants combien les insectes du jardin sont des ennemis horribles dont il faut se débarrasser. Aucune mise en garde concernant la toxicité des produits pour l’environnement et la santé n’est indiquée, l’UIPP se contentant d’écrire dans un coin : « Le sais-tu ? Les pesticides sont des produits que seuls les adultes peuvent manipuler. Si tu en trouves, n’y touche pas !« .

Non contente de ne pas respecter la déontologie en matière d’écologie, cette publicité ne respecte pas non plus la déontologie applicable aux publicités pour enfants, car :

  • La publicité doit pouvoir être identifiée comme telle (Art. 1-1) et rapidement identifiable comme tel (Art. 1-2).
  • La publicité ne doit pas légitimer des comportements contraires à la protection de l’environnement (Art. 2-2)

fongicide

Fongicide Twist

Voici une autre méthode pour faire croire à l’innocuité d’un fongicide : la présentation du produit en symbiose avec la nature. La publicité montre deux animaux en parfaite symbiose et coopération. « Tout comme certaines espèces s’associent naturellement pour la vie, les fongicides mésostémiques protègent la plante en fonction de ses besoins. Nouvelle trifloxystrobine, Twist est la base du traitement fongicide à très large spectre qui vous offre les meilleures performances jamais atteintes. Twist, c’est la synthèse réussie entre la plante et la protection, entre l’Homme et la Nature.« 

Sauf que ces deux animaux ne nuisent pas, alors que TWIST est un fongicide à base de trifloxystrobine, classé Xi-Dangereux pour l’environnement et la santé.

Pour plus d’information sur la toxicité des produits phytosanitaires, consulter le site Internet du MDRGF, association spécialisée sur ces questions, et lire le rapport « Chaîne de contamination, le maillon aliment » – WWF – 2006.


Grande distribution

leclerc

E. Leclerc

Alors là, bravo ! Leclerc a le chic de présenter sur une même page, à droite ses actions en faveur de l’environnement (produits bios, matériaux recyclables, je cite), et à gauche des lingettes, pourtant un des symboles de l’ère du jetable et une cible des associations.

Dans sa revue « Du jetable au durable », le WWF indique que les lingettes sont 16 fois plus chères et font 20 fois plus de déchets que le nettoyage traditionnel !

Selon l’ADEME, si les lingettes présentent bien un avantage en termes de consommation d’eau (3 fois moins que le liquide pur ou dilué) et de dégradation de la qualité de l’eau, l’analyse confirme qu’elles génèrent 3 fois plus de déchets ménagers que le spray et 6 fois plus que le liquide.

Enfin, elles peuvent être toxiques, quand elles sont imprégnées d’un produit classé comme tel (lingette dissolvant, lingette pour nettoyage à sec, lingette pour entretien des sanitaires,…).

Cette publicité ne contrevient pas aux recommandations écologiques du BVP, mais elle montre le peu de cohérence et la sincérité douteuse de la démarche écologique de E. Leclerc, ceci étant confirmé par les propos de son directeur : « C’est vrai, [le développement durable] est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps, les marchands ont su récupérer les bons slogans » (Michel-Édouard Leclerc, Le Nouvel économiste, 26 mars 2004). Vous avez-dit sincérité ?


carrefour

Carrefour

Cette publicité manque de précision concernant « les actions significatives entreprises en matière d’environnement » par Carrefour, comme l’exige pourtant l’article 1-1 des recommandations écologiques du BVP.

En effet, nous ne comprenons pas en quoi « proposer les prix les plus bas, le meilleur rapport qualité prix, des informations sur ce que vous achetez, et rendre les courses plus rapides et plus agréables« , permet de « respecter l’homme et l’environnement » (et la femme alors ?).

Car attention : « si l’effort ne porte que sur un produit ou service ou sur un ou des éléments limités, la publicité ne peut exprimer un engagement total » (art. 1-2.1 des recommandations développement durable du BVP).

Pourtant, Carrefour a des engagements concrets qu’il pourrait mettre en avant : approvisionnement en bois labellisés FSC pour son mobilier de jardins …


Publicités Diverses

Le Bloc Béton

BLOCALIANS

Dans sa campagne TV, radio et presse, le « Blocalians » – regroupement d’industriels du Bloc béton - met en avant les avantages de son produit (le fameux « parpaing »), et les compare à ses concurrents tels que la brique Monomur ou les Ossature-bois, à travers un écobilan consultable sur Internet (http://www.blocalians.fr/)

D’une part, cette campagne contrevient à l’article 2-9 de la recommandation écologiques du BVP : « L’allégation ne doit pas induire une fausse supériorité et/ou  permettre à un produit de se distinguer abusivement d’autres produits similaires  ou possédant des caractéristiques analogues en ce qui concerne leur contribution  à la protection de l’environnement », pour les raisons suivantes :

Les données de l’écobilan de la terre cuite mur doublé et de l’ossature bois + isolation n’apparaissent par sur le site, sous prétexte que les fiches de données environnementales sont « non publiées par les intéressés ».  Or, ces données existent chez les fabricants et démontrent l’infériorité du Bloc Béton sur ses concurrents dans plusieurs domaines (cf. ci-dessous).

Le groupement évoque « Les 7 raisons capitales de préférer le Bloc Béton ». Or, le Bloc Béton n’est pas supérieur à ses concurrents sur les 7 critères évoqués.

Confort thermique : dans sa comparaison aux autres solutions, Blocalians prend le cas d’un mur en bloc béton doublé d’un isolant. Le matériau béton n’ayant aucune qualité thermique, il est effectivement nécessaire de faire appel à une isolation rapportée. La brique monomur, elle, ne demande aucune isolation complémentaire, ce qui rend son impact environnemental global plus intéressant.

Confort acoustique : un mur de parpaing nu produit une acoustique réverbérante, contrairement à l’ossature-bois. Pour bénéficier d’un confort acoustique, le Bloc Béton doit être associé à un isolant « mou » (laine de verre par exemple).

Qualité de l’air intérieur : les seuls critères évoqués sont les COV et les moisissures, qui ne constituent qu’une infime partie de la pollution intérieure, et pour lesquels les produits concurrents font jeu égal avec le Bloc Béton.

Le confort hygrothermique : le fait que le béton soit imperméable à l’humidité amène de la condensation et des moisissures dans des maisons insuffisamment ventilées. Les matériaux « respirants » comme la terre crue, la terre cuite et le bois sont à ce niveau, plus performants car ils laissent passer la vapeur de l’intérieur vers l’extérieur de la maison tout en étant imperméable à l’eau liquide à l’extérieur.

Les ressources naturelles : les ressources utilisées pour fabriquer un bloc (granulat, sable,…) peuvent effectivement être considérées comme naturelles, mais leur traitement, lui, ne l’est pas : extraction, concassage, séchage, préchauffage à 800°C, pré-calcinateur entre 800 et 1000°C, parfois alimenté par des pneus usagés, production du clinker à 1450°C, chauffage à 1800°C, etc… Les voisins de carrières ou de cimenteries peuvent en témoigner ! Par ailleurs, contrairement au bois, les ressources nécessaires à la fabrication de béton ne sont pas renouvelables, comme le montrent les efforts des industriels pour aller chercher toujours plus loin des matériaux (prospection en roche dure, en mer,…).

Entretien et maintenance : le bloc béton n’est pas spécialement plus simple à entretenir que les autres matériaux. Quand au caractère incombustible, les autres matériaux font jeu égal, y compris le bois, qui ne présente pas plus de risque d’incendie qu’une autre construction, et dont la combustion lente en cas d’incendie dégage moins de produits toxiques et permet d’évacuer les occupants en toute sécurité sans risque d’effondrement.

Qualité du recyclage : les autres matériaux sont aussi recyclables que le Bloc Béton. Et recyclable ne veut pas dire recyclé : peu de fabricants assurent effectivement ce recyclage (Lafarge par exemple annonce 9,8 % seulement de matières premières recyclées dans sa branche Ciment).

D’autre part, la campagne bafoue l’article 2-1 de la même recommandation : (« La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement les consommateurs sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des actions que l’annonceur conduit en faveur de l’environnement« ) en affirmant que le Bloc Béton ne nécessite « ni cuisson ni traitement ». En effet, le Bloc Béton est fait à partir de ciment, qui nécessite un traitement industriel lourd (fours à cimenterie à 1800 ° C) et polluant (l’industrie cimentière est à l’origine de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre : source Rapport Développement Durable de Lafarge).


Forêts … et papier

papier

Industriels du papier

En janvier 2006, l’industrie papetière a acheté des pages entières de publicité dans la plupart des quotidiens nationaux pour expliquer que la consommation de papier était bénéfique pour la forêt. « En lisant ce journal, vous préservez la forêt ! », « Rassurez-vous, lorsque vous utilisez du papier, vous ne participez pas à la déforestation ! »

En effet, le papier serait issu exclusivement de bois d’éclaircies des forêts françaises et de déchets de scieries. Or, ce faisant, ces publicités contreviennent à plusieurs articles des recommandations écologiques du BVP :

- La publicité n’informe pas sur « le bilan véritable du produit en matière d’environnement » (Art. 1-3).

- La publicité trompe « directement le consommateur sur la réalité des avantages ou propriété écologiques » du produit (Art. 2-1)

- La publicité donne « une garantie totale d’innocuité dans le domaine de l’environnement« , alors que « les qualités écologiques du produit ne concernent qu’un seul stade de la vie du produit ou qu’une seule de ses propriétés » (Art. 2-6).

En effet, encourager la surconsommation de papier menace les forêts. Voici les arguments des Amis de la Terre, qui ont analysé les propres chiffres de la Confédération française de l’industrie des Papiers, Cartons et Celluloses (COPACEL), à l’origine de cette campagne.

Plus de la moitié du papier consommé par les Français est importé

Ces publicités oublient de dire que le bois est une ressource renouvelable mais limitée.

L’industrie papetière doit s’adapter, non pas en augmentant les importations de pâte à papier issue de la destruction scandaleuse des forêts tropicales ou boréales mais en encourageant la diminution de la consommation de papier et en favorisant la consommation de papier 100% recyclé plus économe en eau et en énergie, d’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Voir la totalité de l’analyse des Amis de la Terre.


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Télé 2

Télé 2 fait sa publicité en claironnant que « Réduire les factures de portables, c’est sauver des forêts » et en lançant le site www.frontdeliberationdesmobiles.org, qui n’est qu’un site promotionnel pour lutter contre les factures de portables trop chères.

Ici, nous pourrions bien passer la barre de la publicité mensongère, pour ne pas dire la publicité du n’importe quoi, car ni la publicité, ni le site n’informent sur les fameuses « réductions » annoncées. Sans doute, y-a-t-il ici un fumeux jeu de mots qui ne fait rire personne.

Cette publicité ne respecte pas les articles 1-1, 1-2, 1-3, 2-1, 2-6 des recommandations écologiques du BVP.


Cristaline … et l’eau du robinet

cristaline

Cristaline « Pas d’économie sur l’eau que je bois » !

Cristaline : une campagne en eaux troubles

Le WWF approuve et soutient la démarche du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, d’Agir pour l’Environnement, de FNE, de Résistance à l’Agression Publicitaire, de la Confédération Générale du Logement et de Eau de Paris qui dénonce la campagne de publicité de Cristaline.

L’accès à une eau potable est un droit fondamental et vital. Pourtant, dans le monde, avoir accès à de l’eau potable est un véritable privilège : sur Terre, moins de 0.001% de cette ressource précieuse est accessible à la consommation humaine. Dans de nombreux pays, l’eau potable est particulièrement rare et chère. Les structures d’assainissement de l’eau y sont souvent peu performantes, voire inexistantes ! D’ici 2025, si les modes de consommation actuels ne changent pas, près de cinq milliards de personnes vivront dans des régions où il sera difficile, voire impossible, de satisfaire leurs besoins en eau douce. Leur vendra-t-on alors de l’eau en bouteille ?

Cette campagne affirme de façon indécente que l’eau du robinet en France est impropre à la consommation alors que c’est l’une des eaux les plus contrôlées au monde, grâce à des structures de traitement de l’eau complexes et perfectionnées. Cela signifie-t-il qu’en dehors de l’eau en bouteille, point de salut ?
Pour convaincre le consommateur d’acheter prioritairement de l’eau en bouteille, Cristaline joue d’un amalgame insinuant que l’eau du robinet proviendrait des toilettes (« qui prétend que l’eau du robinet a bon goût ne doit pas en boire souvent »). C’est fallacieux et scandaleux !

Le WWF rappelle que, en France, contrairement à certaines idées reçues, et sauf exception locale, l’eau du robinet est parfaitement potable et extrêmement contrôlée sur tout le réseau de distribution jusqu’au robinet.

L’eau du robinet et les eaux en bouteille sont issues des mêmes milieux naturels (rivières, sources…). Les zones humides, en particulier, sont des zones de stockage et des filtres naturels de l’eau. Or, elles sont fortement menacées : 50% ont déjà disparu, et elles sont régulièrement polluées par nos modes de vie (pesticides, pollution domestiques…). La qualité de toutes les eaux est mise en danger ! Il est donc primordial de les préserver.

Pour Serge ORRU, Directeur Général du WWF : « l’eau en bouteille ne représente pas une solution aux besoins en eau des Français. Cette eau coûte en moyenne 150 fois plus cher que l’eau du robinet ! Une bonne part de ce surcoût est imputable à la fabrication et au recyclage de ses emballages, à son transport et à sa publicité.
De 5 à 7 milliards de bouteilles d’eau sont ainsi vendues en France chaque année, ce qui représente un coût de recyclage considérable. De plus, seulement 47% de ces bouteilles en PET sont recyclées. L’industrie de l’eau en bouteille contribue donc à augmenter l’émission de gaz à effet de serre qui participe au réchauffement de la planète. »

Et pourtant, Cristaline, à travers cette publicité, souhaite l’imposer comme la solution à la crise de l’eau, en vantant ses qualités gustatives mais en omettant de préciser son coût écologique.

Les publicitaires en charge de cette campagne avaient sollicité à son sujet, le BVP, organe d’autodiscipline de la profession.
Le BVP a rendu un avis défavorable, ce qui n’a pas empêché l’annonceur de lancer sa campagne d’affichage. Cela illustre une nouvelle fois l’incapacité du BVP à empêcher les débordements publicitaires de tous ordres !


Communiqué de Presse.
16 janvier 2007
« Stop à la campagne Cristaline,
oui à l’eau du robinet ! »
« Qui prétend que l’eau du robinet a mauvais goût
ne doit pas en boire souvent ! »

logos

Avec sa toute dernière campagne de communication et son slogan : « Qui prétend que l’eau du robinet a bon goût ne doit pas en boire souvent », la marque Cristaline a dépassé les bornes ! Et le pire reste à venir : la prochaine vague d’affiches publicitaires assimile l’eau du robinet à l’eau des toilettes : Cristaline pousse le bouchon vraiment trop loin !

Alors même que le comité de déontologie du Bureau de Vérification de la Publicité a donné un avis défavorable à cette publicité, Cristaline a opté pour le maintien de sa stratégie, reposant sur de fausses informations et allant à l’encontre des politiques publiques visant la réduction des déchets.

Se sentant probablement visée par la campagne nationale de réduction des déchets menée par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable et l’ADEME, la marque Cristaline sous-entendrait-elle que les services des Directions des Affaires Sanitaires et Sociales et que les syndicats de gestion et de distribution des eaux remplissent mal leurs missions ?

La fédération France Nature Environnement souhaite rappeler que l’eau du robinet est tout à fait potable, qu’elle est contrôlée un grand nombre de fois avant d’arriver chez le consommateur et qu’elle coûte cinquante fois moins cher que l’eau de source que l’on trouve en magasin. D’ailleurs, l’eau de source n’a souvent pas de grande différence avec la plupart des eaux du robinet qui parfois proviennent des mêmes nappes (c’est le cas pour Cristaline dans la région de Saint-Nazaire). Pire, de nombreuses dérogations sont octroyées aux eaux de source embouteillées, lesquelles contiennent parfois de l’antimoine (dû au PET constituant leur emballage), et les conditions ainsi que la durée de leur stockage avant consommation ont des incidences sur le contenu (ce qui est d’ailleurs rappelé sur les étiquettes). La fédération France Nature Environnement précise également que les bouteilles en plastique sont fabriquées à partir de pétrole, matière première en voie d’épuisement et que leur transport par camion à travers notre pays contribue à l’émission de bruit, de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre, donc au dérèglement climatique. La fédération France Nature Environnement alerte sur le fait qu’encore aujourd’hui, une grande partie des bouteilles plastique ne sont pas recyclées, qu’elles viennent alimenter les nombreuses décharges qui jalonnent notre pays, ou pire se retrouvent directement dans la nature.

Afin de montrer que l’eau du robinet a réellement bon goût, la fédération France Nature Environnement réalisera demain, mercredi 17 janvier 2007, avec Eau de Paris, une conférence de presse au Café Le Petit Ney (10 av Porte de Montmartre ­ 75 018 Paris) au cours de laquelle les journalistes et les dirigeants de Cristaline seront invités à goûter en aveugle de l’eau du robinet et de l’eau de Cristaline.



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