echange-sans-argentCertains d’entre vous connaissent peut-être l’existence d’alternatives économiques, telles qu’on peut en trouver par exemple sur Ékopedia. Bien souvent, il s’agit de variantes du Monopoly : au lieu d’utiliser des billets de banques, on utilise des papiers de débit/crédit en utilisant un nouveau nom d’unité (l’euro devient le « champignon », le « blé », la « fleur », etc…); en fonction des localités. Ainsi, des dizaines de milliers de personnes pratiquent ces alternatives dans plusieurs pays, mais celles-ci sont plutôt considérées comme des compléments, des bouées de secours. En effet, rares sont les personnes qui délaissent entièrement le système bancaire pour un autre système, excepté quand elles n’ont plus le choix.

Le principe de partage du temps, dédié à la gestion des services locaux, est également un principe considérable comme une bouée de secours. Cependant, il offre également un nouvel avantage : celui de simplifier cette gestion locale, en n’imposant plus aux habitants d’utiliser une quelconque monnaie à inventer. Il n’y a donc plus de comptabilité locale à tenir à jour, avec des chiffres, des – et des +; accompagnée parfois de rappels stériles de rétablissement « nécessaire » d’un compte en positif (dans cette logique, si quelqu’un reçoit un service, il faudrait en contrepartie en rendre un également). Ce principe a été conçu en prenant en compte les erreurs de fonctionnement constatées ailleurs, afin d’éviter certaines dérives communes, tout en intégrant cette notion de Partage, en lieu et place de cette notion d’Échange qui n’est rien d’autre, généralement et selon moi, que l’expression d’une forme d’égoïsme.

Le partage du temps permet donc, de façon bien organisée par le biais d’une gestion optimale du temps, de réunir des personnes prêtes à offrir une partie de leur temps libre. À ce jour, un premier site web « Share-Time.com » (ou partage du temps) applique ce nouveau principe et fournit le nécessaire pour qu’il puisse être reproduit ailleurs : un guide de mise en place de bureaux locaux pour les habitants ne possédant pas de connexion internet, ainsi que des scripts élaborés offerts aux webmasters souhaitant dupliquer librement le site pour leur propre localité. Il ne s’agit donc plus de « système d’Échange », mais d’un simple principe de Partage. Celui qui pense toujours en terme d’échange, voulant tout de suite quelque chose en retour à son propre travail, ne pourrait donc apprécier ce principe. En pratique et de façon résumée, voici comment il fonctionne :

- « A » possédant une certaine capacité/compétence peut l’annoncer dans son bureau local, ou sur un site web dédié. Le fait d’offrir un service très basique ou spécifique, avec une expérience de débutant ou de spécialiste n’a que peu d’importance : le fait principal est qu’il est prêt à partager de son temps libre; pour offrir un service quelconque.

- « B » consulte la liste des services disponibles, et fait appel à « A ». Ce dernier lui offre son service, en sachant bien qu’il ne recevra rien en échange : ni autre service, ni argent, ni débit sur un compte virtuel. Par contre, « A » et « B » possèdent un Historique Personnel d’Activité (HPA), celui-ci étant consultable publiquement dans une parfaite transparence. N’importe qui peut donc savoir qui a offert ou reçu un service, combien de fois et quand, depuis une date d’inscription. Par le biais de ces deux HPA, tout le monde sait alors que « A » ait offert un service à une certaine date (ayant duré un certain temps, ce qui est précisé), et que « B » a reçu ce même service.

- Un jour, « A » constate que le service proposé par « C » l’intéresse. Il le contacte, et « C » vient lui offrir ce service, sans rien recevoir. Et une fois de plus, les HPA de « A » et « C » sont mis à jour publiquement.

Le fonctionnement est donc très simple car basé sur la notion du temps, une valeur naturelle de la vie si je puis dire, contrairement à l’argent, une valeur artificielle inventée par l’homme; dont l’utilisation n’est plus indispensable pour ceux étant capables de s’organiser par la Partage, plutôt que par l’échange direct. Pour tout ceux ayant un minimum de temps libre, je pense en particulier aux sans emploi, ceci représente une occasion d’instaurer une nouvelle forme d’économie plus libre dans leur localité. Par la même occasion, ils créent un nouvel espoir de changer les mentalités, en montrant l’exemple aux plus occupés. Ces derniers étant déjà fortement prisés par leur propre survie, un espoir de changement ne résiderait donc que parmi ceux ayant encore du temps libre.

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9 commentaires pour “La gestion de services locaux sans argent”
  1. Vasariah dit :

    Le principe est excellent mais faut-il encore trouver du temps libre et surtout être organiser.
    J’irai faire un tour sur Ekopedia pour en savoir un peu plus.
    Merci de chercher des idées pour sortir de ce schéma économique à la con, mais qui va payer les factures ?
    Je peux te dire qu’en tant que plasticienne, je ne vends pas tous les jours une oeuvre d’art.

  2. JD dit :

    Bonsoir Vasariah, pour le problème des factures c’est très simple : tant que vous pouvez les payer vous le faites, et quand vous ne pouvez plus, vous ne le faites plus. D’ici là, si des personnes de votre localité ayant du temps libre ont mis en place le principe évoqué, vous aurez accès à cette bouée de secours. Si personne ne l’a fait, et si tout le monde a ce même problème d’argent dans votre localité, il faudra improviser ou essayer de survivre, comme les animaux sauvages.
     

  3. yoananda dit :

    Bonjour JD,

    Je salue sincèrement l’initiative ! Mais j’avoue ne pas tout comprendre…
    A quoi sert le HPA ? Je veux dire, à quoi sert de publier les comptes de services rendus / reçus ?
    Comment on fait pour obtenir des « biens » tels que nourriture ou vêtements avec ce système ?
    Est-ce que si le service rendu a été mal fait cela se reflète dans le HPA ? Du genre le gars viens refaire ma peinture, mais il salope tout et je dois tout refaire ensuite… est-ce que le HPA dit simplement il est venu 4h chez moi pour refaire la peinture ?

  4. JD dit :

    Bonjour Yoananda,

    Cela peut paraître difficile à comprendre mais en réalité c’est un peu comme un nouvel appareil électronique que l’on achète : une fois que l’on teste dans la pratique, on se rend compte que c’est plus facile qu’en apparence. Mais ce principe, aussi simplifié se veut-il être, ne peut bien sûr pas échapper à une présentation sous forme « théorique ». Pour ma facilité, je vais donc utiliser quelques liens pour expliquer de façon plus concrète.
    Concernant les HPA, voici l’exemple générique présenté sur le site.
    Un tel HPA est attribué dès l’instant où l’on propose au moins un service à offrir. Il permet simplement d’évaluer l’équilibre des services reçus/rendus, depuis une date d’inscription affichée en haut de page. En cliquant sur une date précise, une fenêtre popup s’affiche avec la possibilité d’écouter l’enregistrement audio du service référencé. Si un gars salope toute une pièce avec sa peinture, le bénéficiaire de ce service ne manquera certainement pas de le spécifier dans cet enregistrement, tout comme l’offrant ne pourra que reconnaître cette mauvaise aventure. Il faut également remarquer que pour chaque service proposé sur le site, le niveau d’expérience est précisé dès le départ, entre : initié, confirmé, ou spécialisé. Cela permet déjà d’anticiper un minimum. Le HPA spécifie donc la durée du travail effectué (au format textuel), mais également les aspects positifs ou négatifs de celui-ci (au format audio), lors de la discussion enregistrée entre les deux personnes et un opérateur du site.
    Le site gère également les biens, par la notion de transmissions, une sorte d’intermédiaire entre le prêt et le don. Voici la page qui présente cette gestion des biens.
    Pour l’alimentation, le site permet également aux propriétaires de partager leurs terres aux partageurs de temps. Il s’agit donc d’une combinaison de deux principes : le premier, reflétant un changement des mentalités, permet d’envisager le second (càd le partage gratuit des terres). Il est alors possible, à court/moyen terme, d’acquérir une nouvelle autonomie alimentaire. La présentation de cette combinaison de principes est directement disponible à même la page d’accueil des services, tout en bas de page.
     
    N’hésites pas si tu as d’autres questions (également, il y a un forum de support technique disponible).

  5. yoananda dit :

    Merci, je comprends mieux.
    Est-ce à dire qu’on comptabilise « à la louche », au feeling ? Plutôt que numérairement ?
    Que penses-tu de cela : Le prêt de main d’oeuvre entre employeurs, solution face à la crise ?

    Le partage d’employé entre entreprises pour faire face à la crise…

  6. JD dit :

    Oui, c’est plutôt à la louche qu’au centime près. Car de toutes façons, avec ce principe il est peu probable que chacun soit sollicité pour ses services 7h/jour, 35h/semaine. Par conséquent, le temps passé à rendre un service est de bien moindre importance (d’autant plus si l’on aime pratiquer les services que l’on propose), et il reste donc de nombreuses heures de temps libre à côté. Généralement, on a rarement besoin des services des autres, même lorsqu’ils sont payants avec des euros. Le but premier de ce principe est donc surtout de pouvoir réunir ceux qui ont cette mentalité d’offrir sans recevoir (et vice-versa), afin d’augmenter leurs chances d’acquérir une nouvelle autonomie alimentaire. C’est-à-dire qu’au lieu d’acheter dans les supermarchés, ils cultivent eux-même les terres pour leurs propres besoins personnels ou familiaux.
    Le propriétaire de la terre, lui, est assuré de partager sa terre avec des gens honnêtes, qui ne comptent pas leur temps passé à rendre service, ce qu’il aura pu vérifier sur leurs HPA respectifs avant de les inviter à sa terre. En partageant sa terre il acquiert l’avantage d’une culture plus agréable (rotations, triages,…), et surtout l’avantage de baigner dans une communauté possédant diverses compétences (compétences qu’il aura donc choisies, en fonction de ce que chacun propose sur le site share-time ou ailleurs). S’il a par exemple besoin d’un dépannage quelconque, d’une plombier, d’un thérapeute, un soigneur, etc… il sait qu’il peut faire appel aux services de ses « cultivateurs autonomes », tout comme ces derniers se rendent déjà service entre eux.
    Concernant l’article, je ne sais pas si ce que j’en pense a de l’importance, mais je l’ai lu et cette « mobilisation professionnelle » n’est selon moi qu’une nouvelle dérive de cette esclavagisme déguisé. Il y a surtout certaines phrases comme  « les salariés concernés apprécieront les termes employés … » ou encore celle-ci : « (…) le salarié aurait la possibilité de refuser de travailler dans l’autre entreprise sans s’exposer à un licenciement. Encore une chance … » qui donnent cette impression aux lecteurs qu’ils vivent dans un monde où ils n’ont pas le choix de changer les règles. Ils ne pourraient que subir les changements de lois opérés par « en haut », et s’estimer heureux que ceux-ci ne soient pas trop à leur désavantage. Or il y a toujours possibilité de choisir, du moins tant que des alternatives économiques sont disponibles et pratiquables librement. Mais si toutes ces formes de flicages continuent d’opérer et de prendre de l’ampleur, ce choix risque de disparaître pour de bon.

  7. la truie qui file dit :

    Il y a effectivement des solutions qui ont été testées dans les domaines qui sont cités plus haut mais il semble qu’on omette un certain nombre de choses avec ces systèmes .

    Et ce manque laisse encore le pouvoir aux banques pour tous les investissements de fond comme la terre à cultiver par exemple. Je crois qu’il faut regarder l’expérience de Kolkozes en URSS. La qualité d’une production était meilleure dans le jardin privé que dans la ferme collective…

    Alors il existe un système tout simple qui peut contourner un certain nombre de difficultés:

    Ce système existe déjà sur le net sous forme d’unités monétaires « prépayées  » composées de bons échangeables par tranche de valeur  pour acheter des petits services comme les sms, des horoscopes, des sonneries ou autres gadgets « impalpables »… Mais qu’on peut tout à fait étendre à une grande gamme de produits/services/investissements de basele pas

    L’inconvénient actuel est que les émetteurs ponctionnent les « prépayés » à l’émission d’une manière qui est disproportionnée au service rendu.

    Prenons le cas de PayPal par exemple. On peut tout vendre et tout acheter même une maison ou un terrain..

    Supposons par exemple qu’on crée plusieurs systèmes équivalents à paypal en intégrant la valeur « travail/service » dans le système d’échange et délibérément sans lui donner le statut de banque (comme paypal…)

    Supposons que ces systèmes ne soient pas à  en concurrence mais au contraire en autorégulation non plus par la  notion de bénéfices-valeur ajoutée mais au contraire  par la minimisation des couts de fonctionnement . Ceci pour boycotter d’entrée toute tentative individuelle ou collective amenant les spéculations par positionnement dominant d’un émetteur de tickets au détriment de tous les participants ou des autres réseaux …

    Le deuxieme critère c’est l’interopérabilité. C’est à dire une charte à laquelle toute association s’engage en lançant une émission de tickets échangeables à leur garantir leur libre échange dans tout autre association du même type .

    Si quelques uns sont intéressés pourquoi ne pas créer un collectif de réflexion pour commencer ?

    Les premiers objectifs pourraient être :

    1 ) Formuler les objections et y répondre

    2) Rédiger une charte pour la création libre de structure d’échanges en état d’interopérabilité qui doivent être absolument transparente pour tout utilisateur …

    A vos co-créations les amis ! :cool:

  8. Melodia dit :

    Beau programme pour nos « devoirs de vacances »! R.D.V.à la rentrée pour rendre nos copies!  ;-)

    Bravo pour ces propositions concrètes, surtout pour la motivation de désir de changement et de volonté d’y participer, qui en émerge!

    Pardonnez-moi si c’est avant tout cela que j’en retiens, mais j’aurais plutôt tendance à penser que la solution à ce sujet émergera d’elle-même dans le cours naturel des choses, quand nous aurons tout simplement retrouvé la confiance en nous, en notre capacité individuelle de réalisation, et en guérissant nos peurs de manquer de quoi que ce soit, en se détachant des besoins illusoires, en entrant dans la totale confiance de ce qui arrive, et à temps.

    Ne croyez-vous pas que quand tout ceci sera clair et serein en nous, chacun fera tout simplement ce qu’il a de mieux à faire, ce qu’il sait le mieux faire et le fera dans la synchronicité du besoin de l’autre et de la communauté?

    N’est-ce pas en se penchant sur cet aspect intérieur en nous-mêmes que nous allons trouver la plus juste et simple solution, plutôt qu’intellectualiser avant même d’en avoir toutes les données?

    Nous ne savons ce qu’il va être exactement…

    Laissons la porte ouverte à ce que les choses ne soient pas telles qu’on se l’imagine actuellement…

    Alors, entrons simplement dans la confiance que la solution se dévoile pas à pas, au fur et à mesure de notre avancement. Acceptons de ne pas savoir ce qu’il va être…

    Faisons-nous suffisamment confiance, nous sommes capables de gérer notre quotidien sans nous encombrer de règles inutiles, qui risqueraient de nous figer.

    Ainsi, seule notre intuition juste et naturelle nous guidera…

    Soyons généreux et sans attente… Ainsi tout ce dont nous avons besoin arrivera.  :idea:

    Ah oui, ça fait peur, parce qu’on n’en a pas l’habitude, et pourtant, ça peut être aussi simple que cela…

    Croyons-le, faisons-nous confiance, et ce sera… :razz:

     

  9. Alcidejet dit :

    J’ai vu le monde idéal !!

    Copiant celui des animaux, celui des fourmis, nous sommes tous connectés au divin, par l’intuition, le respect et l’intégrité. Avec cette « sauce » tout est possible, on ne va pas commencer à se restreindre non ? !
    Dans ce système il y a des chefs, des spécialistes, des laxistes, des bardes… Mais personne n’a à gagner sa place, car il n’y a plus de mérite. On est chef si tel est le but de notre être et nous ne tirons pas avantage de notre situation au détriment de quelque autre, qu’il soit minéral, végétal, animal, humain, esprit… Quand l’Homme n’a plus à se battre pour être, alors sa société idéale prend vie, naturellement…

    J’ai vu ce monde ! J’ai vu ce monde qui n’est pas une histoire improbable, mais seulement inconcevable. Nous sommes ici, pantins au bout des fils de nos égos, des Acrobates de l’inconcevable. C’est de ce semblant-de-rien que nous ferons émerger, par la force de nos convictions intuitives, de nous-même, un monde guéri de nos blessures et éclairé de nos espoirs.

    Nous devons respecter nos intégrités, respecter cette petite voix où résonne notre être libéré du temps, de l’espace et du poids du passé, respecter nos élans, nos émotions, nos sentiments car quand nous l’aurons fait, c’est l’autre, dans sa très grande richesse que nous respecterons ! Alors, notre paradigme n’aura plus rien d’utopique. Les temps changent, arrivent, et arriverons quoi que l’on fasse et pourtant, il arrivera ce que nous avons décidé, ici ou ailleurs…

    Recevez toute mon affection, et si on ne se recroise pas et pour résumer : gardez confiance en Nous Tous !

    Amitié
    Jérôme

  10.  
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