LA 11ème HEURE (le dernier virage)
Publié par LeTransmuteur dans : Biodiversité, Culture, Développement durable, Écologie, Films, Idée
C’est à notre génération de changer le monde…
pour toujours.
Après avoir collaboré sur les courts-métrages « Global Warning » et « Water Planet », Nadia Conners, Leila Conners Petersen et Leonardo DiCaprio décidèrent d’explorer une histoire plus vaste : celle de l’homme dans sa relation à la Terre.
Mettant à contribution plus de 70 savants, architectes, historiens et penseurs, les trois cinéastes filmèrent plus de 150 heures d’entretiens couvrant l’histoire de l’humanité, l’état des océans, de la terre et de l’air, les problèmes sociaux, créatifs et politiques auxquels nous sommes exposés, et les changements qu’ils appellent.
« Nous avons fait appel à des experts indépendants qui sont en première oigne face à ce qui est sans doute LE grand challenge de notre temps : l’effondrement des écosystèmes planétaires et la recherche de solutions pour un avenir durable », explique Leonardo DiCaprio.
« De notre côté, nous souhaitions comprendre pourquoi l’homme va droit dans le mur, et comment il peut changer de cap », indique la coscénariste, coréalisatrice/productrice Leila Conners Petersen.
Et sa sœur et collaboratrice Nadia Conners d’ajouter : « Un de mes grands bonheurs aura été de rencontrer sur ce film des gens qui m’avaient inspiré et ouvert l’esprit par leur œuvre et leurs écrits. Pouvoir dialoguer avec eux a été un honneur et une expérience hautement éclairante. »
http://nous-les-dieux.org/VIDEOS/La11emeHeure.flv
LA 11ème HEURE examine la relation de l’homme à la Terre depuis ses premières inventions jusqu’aux challenges présents et aux perspectives d’avenir de l’humanité. « La clé de notre survie a toujours été l’esprit humain », déclare l’éminent savant, environnementaliste et homme de radio et télévision David Suzuki. « Lorsque nous sommes nés en Afrique, il y a 150 000 ans, nous ne faisions guère le poids face aux autres espèces animales. Nous n’étions pas très nombreux, nous n’étions pas très grands, nous ne jouissions pas de facultés sensorielles exceptionnelles. Notre atout, qui a été la clé de notre survie et de notre empire sur la planète, c’était notre cerveau. En inventant le concept d’avenir, l’homme est devenu le seul animal de la planète capable d’anticiper le futur et les conséquences de ses comportements actuels. »
Le film postule que l’humanité s’est progressivement coupée de la nature et a pris l’habitude d’user et abuser des ressources de la Terre. « La grande rupture s’est produite dans les années 1800 avec la machine à vapeur, le recours aux énergies fossiles, la révolution industrielle », explique Nathan Gardels, auteur, éditeur et « Media Fellow » du Forum de l’Économie Mondiale. « Ce fut une rupture décisive avec les formes et rythmes de vie antérieurs qui se régénéraient le plus souvent d’eux-mêmes. Avec la révolution industrielle est née l’idée que la nature est une ressource, une éternelle et inépuisable corne d’abondance. Du même coup, le progrès a été vu comme une croissance et une expansion illimitées. » « On a d’abord extrait du charbon, puis du pétrole, il y a eu la révolution agricole, et la population mondiale a continué de croître, mine de rien, jusqu’au milliard d’individus », poursuit Thom Hartmann, auteur à succès et présentateur d’un talk-show radio progressiste. « Il nous avait fallu moins de 100 000 ans pour atteindre ce seuil. Le suivant n’a demandé que 150 ans : en 1930, nous étions déjà deux milliards. Le seul du troisième milliard a été franchi 30 ans plus tard. Songez-y un pu : John Kennedy a connu un monde deux fois moins peuplé que le nôtre ! » « Au fil du temps, la technologie a gagné en puissance, tandis que s’amplifiait notre impact sur l’environnement », indique Nathan Gardels. « Ce qui signifie que nous pouvons infliger à la nature infiniment plus de dommages qu’auparavant. Et que nous devons être d’autant plus prudents. »
Deux siècles d’industrialisation ont profondément modifié les conditions atmosphériques. « La Terre engendre un effet de serre naturel et bénéfique », rappelle le Professeur Stephen H. Schneider, « Senior Fellow » au Center for Environment Science and Policy de l’Institut d’Études Internationales. « Elle élève la température de quelque 15 ° C avec ses émissions de vapeur d’eau, de dioxyde de carbone et de méthanes – tous ces braves « gaz à effet de serre » qui captent la chaleur. Ça, c’est le bon côté des choses. Malheureusement, l’homme est entré en compétition avec la nature en répandant quantité de gaz nocifs dans l’atmosphère et en faisant de celle-ci une gigantesque poubelle. C’est ainsi qu’on y retrouve en surnuméraire du gaz carbonique, du méthane, des produits chimiques en suspension, qui renforcent l’effet de serre et affectent aussi la couche d’ozone. Leurs effets combinés font monter la température à la surface du globe. »
L’élévation de la température devrait être un signal d’alerte : « Elle a suffi à faire fondre en peu de temps 20 % des glaces arctiques », observe l’auteur, journaliste et environnementaliste Bill McKibben. « Elle a suffi à augmenter de moitié l’intensité et la durée des ouragans. Elle a suffi pour que commence à fondre le permafrost de la toundra. » « L’une des conséquences les plus sérieuses de notre activité est le réchauffement climatique engendré par l’élévation du niveau de CO2, lié à la combustion d’énergies fossiles », explique le physicien Stephen Hawking, professeur de mathématiques à Cambridge, dont les essais font autorité à travers le monde entier. « Le risque serait de voir le phénomène se nourrir de lui-même – si ce n’est déjà le cas. La sécheresse et les déforestations réduisent en effet le volume de gaz carbonique recyclé dans l’atmosphère, et le réchauffement des océans pourrait libérer de grandes quantités de CO2 contenues dans les profondeurs marines. Autre facteur aggravant, la fonte des glaces polaires réduira la quantité d’énergie solaire renvoyée dans l’espace, et fera encore s’élever les températures. Nous ne savons pas quand le réchauffement climatique s’arrêtera, mais le scénario catastrophe est connu : la Terre deviendra, comme sa sœur Vénus, une planète à 250° C sur laquelle se répandront des pluies d’acide sulfurique. L’espèce humaine ne pourrait y survivre. »
La Terre, ou régnèrent si longtemps le vert et le bleu, a également souffert du déclin de cette précieuse source de vie que sont les forêts tropicales. « Soixante-dix pays du monde n’ont plus de forêts intactes ou dans leur état originel », note Tzeporah Berman, Directeur des programmes de ForestEthics. « Aux États-Unis, 95 % des forêts anciennes ont déjà disparu. Cette perte contribue au changement climatique car les forêts sont le plus grand réservoir terrestre de carbone. Les coupes de bois pratiquées au Canada répandent dans l’atmosphère autant de carbone que toutes les voitures de Californie en un an. » Wangari Maathai, qui reçut le Prix Nobel de la Paix 2004 pour son travail avec le mouvement « Green Belt » du Kenya, ajoute : « Je dis toujours aux gens de mon pays : « Ne coupons pas nos arbres de façon irresponsable. Préservons tout spécialement les forêts de nos montagnes, car si nous les détruisons, nous tarirons les rivières, les pluies deviendront irrégulières, nous perdrons nos récoltes, et nous mourrons de faim et de soif. L’ennui, c’est que les gens ont du mal à faire le rapprochement. »
Mais l’ingéniosité l’optimisme propres à l’espèce humaine peuvent nous permettre de développer des systèmes alternatifs qui, au lieu de dégrader la terre, lui permettent de se régénérer. « Toutes les forces que nous voyons se répandre à travers la planète ont été créées par l’homme », commente l’explorateur Wade Davis de la National Geographic Society. « Et si l’humanité est la source du problème, elle peut aussi en devenir la solution. » Et l’entrepreneur social, auteur, journaliste et cinéaste Kenny Ausubel d’ajouter : « Avec les connaissances et technologies existantes ou susceptibles d’être développées à court terme, nous pourrions réduire de 90 % notre impact sur la planète. Ce serait un immense changement par rapport à la situation actuelle. »
Qu’est-ce qui peut piloter un tel changement ? La nature détient-elle les solutions qui aideraient à restaurer les ressources de la planète, à protéger l’atmosphère et à perpétuer la vie sur terre ? « Je pense que ce sera le prochain grand mouvement social, comparable à celui des droits civils il y a 40 ans », dit Nadia Conners. « Nous devons nous unir pour mener une action concertée en faveur de l’environnement et faire savoir à nos dirigeants que nous exigeons un changement. » Car l’humanité, quelle que soit sa supériorité sur les autres espèces animales, est confrontée aux mêmes dangers que des générations et des générations d’organismes vivants. « Au départ », indique Leila Conners Petersen, « LA 11ÈME HEURE se voulait une vue panoramique de la relation de l’homme à la nature et un état des lieux de notre planète. Cela me paraît aujourd’hui tout à fait évident, mais j’ai été surprise d’apprendre que l’espèce humaine était menacée d’extinction au même titre que toutes les autres formes de vie ; que nous ne sommes pas à l’abri d’événements catastrophiques ; que nous sommes même les plus exposés, en dépit de notre technologie. Nous avons aussi appris que la Terre s’en tirerait plutôt bien, mais que nous autres humains courrions un sérieux danger. »
« Nous autres, citoyens, dirigeants, consommateurs et électeurs, pouvons aider à ce que l’écologie s’inscrive dans la politique gouvernementale et dans notre mode de vie quotidienne », conclut Leonardo DiCaprio. « Notre génération doit, en cette période critique de l’histoire humaine, réparer les dégâts de l’industrialisation. Notre réponse dépendra de la prise de conscience de l’espèce humaine, et elle pourrait fort bien sauver la belle planète bleue pour les générations futures. »
(source: cdurable.info)
Mots-clefs :avenir, évolution, Gaïa, humanité, terre



















































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AFP - Le changement climatique a déjà des conséquences largement irréversibles pour un millénaire et les décisions prises aujourd’hui seront cruciales pour en minimiser l’ampleur, mettent en garde des scientifiques dans une étude publiée lundi aux Etats-Unis.
Ces travaux menés par Susan Solomon principale scientifique de l’Administration océanique et atmosphérique américaine (NOAA), montrent comment le changement de la température à la surface des océans, des précipitations dans certaines régions du globe et la montée du niveau des océans « sont largement irréversibles pour plus de mille ans après que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) auront complètement cessé ».
Cette étude paraît dans les Annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 26 janvier.
« Notre recherche nous persuade que les choix faits actuellement concernant les émissions de CO2 auront des retombées qui changeront irrémédiablement notre planète », déclare Susan Solomon, une des principales scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec).
« On savait que le CO2 provenant des activités humaines et émis dans l’atmosphère peut y rester pendant des milliers d’années », ajoute cette climatologue.
« Mais cette nouvelle étude permet de faire avancer la compréhension de la manière dont ce phénomène affecte le système climatique », poursuit-elle.
Le réchauffement de la planète est freiné par les océans qui, tel un gigantesque radiateur, absorbent une grande quantité de la chaleur de l’atmosphère faisant monter leur température et fondre les glaces arctiques et antarctiques.
Non seulement cet effet va s’atténuer avec le temps mais les océans contribueront à maintenir des températures plus chaudes en dégageant la chaleur emmagasinée et ce pendant très longtemps, expliquent ces scientifiques.
Cette recherche examine les conséquences de laisser le CO2 s’accumuler dans l’atmosphère selon différents niveaux au-delà de la teneur actuelle moyenne de 385 parties par million (ppm) de CO2 et ce avant un arrêt complet de ces émissions.
Avant le début de l’ère industrielle l’atmosphère contenait seulement 280 parties par million de CO2 .
Les auteurs de ces travaux, basés sur de nombreuses mesures et plusieurs modèles informatiques, ont conclu que les preuves scientifiques étaient suffisamment solides pour d’ores et déjà quantifier certaines conséquences irréversibles du réchauffement dont le changement de la pluviosité dans plusieurs régions clé du globe ainsi que la montée du niveau des océans.
Laisser le CO2 atteindre de 450 à 600 ppm aurait pour conséquence une diminution persistante des précipitations en été comparable à la sécheresse du « Dust Bowl » en Amérique du Nord dans les années 30, en Europe du Sud, en Afrique du Nord, dans le sud-ouest des Etats-Unis, l’Afrique septentrionale et l’ouest de l’Australie.
Cette diminution des pluies qui persistera plusieurs siècles aura différentes conséquences selon les zones géographiques. Ces chercheurs citent une diminution de l’eau disponible, une plus grande fréquence des incendies, des changements de l’écosystème et une plus grande désertification.
Avec une teneur de 600 ppm de CO2, les océans monteraient de façon irréversible en moyenne de 40 centimètres à un mètre d’ici l’an 3.000 et du double, si le CO2 atmosphérique atteignait 1.000 ppm, selon ces scientifiques.
Cette étude est publiée le jour même où le président Barack Obama a annoncé plusieurs décisions inversant la politique de son prédécesseur et qui visent à lutter sérieusement contre le réchauffement.
Il a notamment demandé un réexamen immédiat du rejet par l’administration Bush de la décision de la Californie (ouest) d’imposer des normes plus strictes que celles de l’Etat fédéral pour réduire les émissions de CO2 des automobiles.