The synergy between the current food crisis and financial crisis has triggered a new "land grab" in the world. On the one hand, governments concerned about food insecurity rely on imports to feed their people are snatching up vast areas of farmland abroad for their own offshore food production. The other, the food companies and private investors, hungry for profits in a context of worsening financial crisis, see investment in farmland abroad an important source of income and new. As a result, fertile agricultural land is increasingly privatized and concentrated. If left unchecked, this hands on the land on a planetary scale could spell the end of small farms and rural livelihoods in many parts of the world.

GRAIN , October 2008

The land grab has existed for centuries. Just think of the "discovery" of America by Christopher Columbus and the brutal expulsion of indigenous communities that ensued, or the white settlers who have seized the territories occupied by the Maori in New Zealand or the Zulus in South Africa. This is a violent process that remains quite valid, for example in China or Peru. There is hardly a day when the press makes the echo of struggles for land, as mining companies like Barrick Gold invade the highlands of South America or where food companies such as Dole or San Miguel Filipino swindle farmers of their land rights. In many countries, private investors are buying up huge areas to be managed as nature reserves or conservation areas. And wherever one looks, one finds that the emerging biofuels industry, promoted as an answer to climate change, seems to rely on throwing people off their land.

Yet at this moment, it happens something more specific. The synergy of the two major global crises that were triggered during the last 15 months (the global food crisis and the wider financial crisis food crisis which is part (1)) gave rise to a worrying trend of buying the land for food production outsourcing. There are two parallel agendas driving two kinds of land grabbers. But while their starting point may be different, the tracks eventually converge.

Search for Food Safety

La première voie est celle de la sécurité alimentaire.Un certain nombre de pays qui dépendent des importations alimentaires et sont préoccupés des tensions sur les marchés, alors qu'ils ont des liquidités à placer, cherchent à externaliser leur production alimentaire nationale en prenant le contrôle d'exploitations agricoles dans d'autres pays. Ils l'envisagent comme une stratégie innovante à long terme pour assurer l'alimentation de leurs populations à bon marché, avec une sécurité bien supérieure à ce qu'elle était auparavant. L'Arabie saoudite, le Japon, la Chine, l'Inde, la Corée, la Libye et l'Égypte sont à placer dans cette catégorie. Des responsables de haut niveau de beaucoup de ces pays se sont engagés depuis mars 2008 dans une sorte de chasse au trésor diplomatique, à la recherche de terres agricoles fertiles dans des pays comme l'Ouganda, le Brésil, le Cambodge, le Soudan et le Pakistan. Compte tenu de la crise qui se poursuit actuellement au Darfour, où le Programme alimentaire mondial essaie de nourrir 5,6 millions de réfugiés, il peut sembler fou que des gouvernements étrangers achètent des terres agricoles au Soudan pour exporter des denrées alimentaires à l'intention de leurs propres citoyens.

On pourrait dire la même chose du Cambodge où 100 000 familles, soit un demi-million de personnes, ont actuellement une alimentation insuffisante (2) . Et pourtant, c'est ce qui se passe aujourd'hui. Convaincus que les opportunités agricoles sont limitées et qu'on ne peut se fier au marché, les gouvernements « de l'insécurité alimentaire » achètent en ce moment des terres ailleurs pour produire leur propre alimentation. À l'autre extrémité, les gouvernements courtisés pour qu'ils accordent l'utilisation des terres agricoles de leurs pays accueillent généralement favorablement ces offres d'investissements étrangers d'un nouveau type.

Spéculation

La seconde voie est celle des retombées financières. Étant donné la débâcle financière actuelle, toutes sortes d'acteurs des secteurs de la finance et de l'agro-alimentaire (des sociétés d'investissement qui gèrent les retraites des salariés, des fonds de capital investissement à la recherche d'une rotation rapide de l'argent, des fonds spéculatifs qui ont abandonné des marchés dérivés maintenant complètement effondrés, des négociants de céréales à la recherche de nouvelles stratégies de croissance) se tournent vers le foncier, à la fois pour la production alimentaire et celle des biocarburants, pour s'assurer de nouvelles sources de profit. Le foncier n'est pas, en lui-même, un investissement classique pour beaucoup de ces entreprises transnationales.

En fait, la terre représente un tel risque de conflit politique que de nombreux pays ne permettent même pas à des étrangers de la posséder. Et la terre ne prend pas de la valeur du jour au lendemain, comme la viande de porc ou l'or. Pour obtenir un bénéfice, les investisseurs doivent améliorer les capacités de production des terres, et même quelquefois se salir les mains en assurant réellement le fonctionnement d'une exploitation agricole. Mais la conjonction des crises alimentaire et financière a transformé les terres agricoles en un nouvel actif stratégique. Dans de nombreux endroits du monde, les prix alimentaires sont élevés et les prix des terres sont faibles. Et la plupart des « solutions » à la crise alimentaire proposent d'extraire plus de nourriture des terres dont nous disposons. On peut donc clairement gagner de l'argent en prenant le contrôle des meilleurs sols, proches des ressources en eau, aussi rapidement que possible.

contrôle du secteur privé

Ces deux voies se rejoignent parce que, dans les deux cas, c'est le secteur privé qui aura le contrôle. Dans la dynamique de la sécurité alimentaire, ce sont les gouvernements qui dirigent les opérations au travers d'un programme de politiques publiques. Dans la dynamique des profits financiers, ce ne sont que les investisseurs qui font leurs affaires comme d'habitude. Mais il ne faut pas se laisser abuser. Même si ce sont des responsables publics qui négocient et concluent les transactions pour les contrats d'accaparement des terres pour cause de « sécurité alimentaire », on prévoit explicitement que c'est le secteur privé qui prendra le relais et sera chargé de la mise en œuvre. Aussi, quelle que soit la voie envisagée, elles se dirigent toutes deux dans la même direction : des sociétés privées étrangères qui obtiennent de nouvelles formes de contrôle sur des terres agricoles pour produire une alimentation non pas pour les populations locales mais pour d'autres. Qui a dit que le colonialisme appartenait au passé ?

Ceux qui recherchent la sécurité alimentaire

La plupart des gens ont entendu parler de l'accaparement des terres par rapport à la sécurité alimentaire, les journaux ayant rapporté que l'Arabie saoudite et la Chine sont en train d'acheter des terres agricoles dans le monde entier, que ce soit en Somalie ou au Kazakhstan. Mais beaucoup d'autres pays sont impliqués. Une analyse plus fine révèle une liste impressionnante des accapareurs de terres motivés par la sécurité alimentaire : la Chine, l'Inde, le Japon, la Malaisie et la Corée du Sud en Asie ; l'Égypte et la Libye en Afrique ; et le Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au Moyen-Orient. On trouvera en annexe une description détaillée de ceux qui cherchent des terres et où, pour quel motif et pour combien d'argent.

La Chine

La situation de chacun de ces pays est bien sûr très différente. La Chine dispose d'une remarquable autosuffisance alimentaire. Toutefois, sa population est immense, ses terres agricoles disparaissent avec le développement industriel, ses ressources en eau sont soumises à une pression considérable et le Parti communiste doit penser à l'avenir à longue échéance. Avec 40 % des agriculteurs du monde mais seulement 9 % des terres agricoles au niveau mondial, il n'est pas surprenant que la sécurité alimentaire occupe une place importante dans l'agenda politique du gouvernement chinois. Et avec des réserves de devises étrangères de 1 800 milliards de dollars US, la Chine a suffisamment d'argent sous la main pour investir dans sa propre sécurité alimentaire à l'étranger.

Comme beaucoup de dirigeants et de militants agricoles le savent en Asie du Sud-Est, Pékin a commencé à externaliser progressivement une partie de sa production alimentaire bien avant que la crise alimentaire n'éclate en 2007. Grâce à la nouvelle diplomatie géopolitique de la Chine et à la stratégie agressive d'investissement à l'étranger du gouvernement, quelque 30 accords de coopération agricole ont été conclus au cours de ces dernières années pour offrir aux entreprises chinoises un accès aux terres agricoles des « pays amis » en échange de technologies, de formation et de fonds de développement d'infrastructures chinois. Cela ne se passe pas seulement en Asie mais également dans toute l'Afrique (3) , à travers toute une série de projets très divers et complexes. Du Kazakhstan au Queensland, et du Mozambique aux Philippines, un processus continu et bien connu est en cours, avec des entreprises chinoises qui louent ou achètent des terres, créent de grandes exploitations agricoles, font venir des agriculteurs, des chercheurs et des agents de vulgarisation, et vont jusqu'à faire le travail de culture. La plus grande partie de l'activité agricole de la Chine à l'étranger est consacrée à la culture du riz, du soja et du maïs, ainsi qu'à des cultures énergétiques comme la canne à sucre, le manioc ou le sorgho (4) . Le riz produit à l'étranger est toujours du riz hybride, cultivé à partir de semences chinoises importées, et des agriculteurs et des chercheurs chinois enseignent avec enthousiasme aux Africains et à d'autres à cultiver le riz « à la chinoise ».

Toutefois, les travailleurs agricoles locaux, engagés pour travailler dans les exploitations agricoles chinoises, en Afrique par exemple, ne savent souvent pas si le riz sert à nourrir leur propre peuple ou les Chinois. Étant donné le côté secret de beaucoup des accords fonciers, la plupart des gens supposent que le riz sert à nourrir les Chinois, et un ressentiment profond s'installe (5) .

Fondamentalement, la stratégie chinoise d'accaparement des terres est une approche de prudence : le gouvernement répartit les risques et optimise ses options pour assurer l'approvisionnement alimentaire du pays à long terme. En réalité, la pression que font peser sur la Chine ses propres pertes de terres agricoles et de ressources en eau est si importante que « la Chine n'a pas d'autre choix » que d'aller à l'étranger, estime un expert de l'Académie chinoise des sciences agronomiques (6) . De fait, l'alimentation commence à occuper une place de plus en plus importante, avec l'énergie et les matières premières minérales, dans la stratégie chinoise globale d'investissement à l'extérieur. Au premier semestre 2008, le Ministère de l'Agriculture a été jusqu'à proposer une politique du gouvernement central sur l'externalisation de la production alimentaire. Le projet n'est pas public (7) , mais il indique certainement à quel point, et pendant combien de temps, le gouvernement prévoit de soutenir financièrement de tels accords. Pendant ce temps, de nombreux éléments sont apparus qui indiquent que le secteur privé devrait jouer un rôle de plus en plus important. Après des discussions en juillet, la mesure politique a été mise en veilleuse, pour le moment du moins. « C'est trop tôt », a expliqué un représentant du ministère. « Il nous faut attendre et voir comment ces investissements évoluent (8) . "

Les Etats du Golfe

Les États du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis) sont confrontés à une réalité complètement différente. En tant que nations qui se sont construites dans le désert, elles ne disposent que de peu de terres et de ressources en eau pour la culture ou l'élevage. Mais elles possèdent d'énormes quantités de pétrole et d'argent, ce qui leur donne un moyen de pression puissant pour obtenir leur alimentation auprès de pays étrangers. La crise alimentaire actuelle a constitué un choc exceptionnellement sévère pour les États du Golfe. Comme ils dépendent de l'étranger pour leurs ressources alimentaires (notamment de l'Europe) et que leurs devises sont liées au dollar américain (à l'exception du Koweït, mais seulement depuis l'année dernière), la simultanéité de la hausse des prix alimentaires sur le marché mondial et de la chute du dollar américain s'est traduite par une lourde importation « d'inflation supplémentaire ». La facture de leurs importations alimentaires est montée en flèche au cours des cinq dernières années, passant de 8 à 20 milliards de dollars. Et comme leurs populations sont largement constituées de travailleurs immigrés peu payés (9) qui construisent leurs villes et fournissent la main-d'œuvre à leurs hôpitaux, les dynasties politiques du Golfe doivent absolument fournir des denrées alimentaires à des prix raisonnables. Après tout, ils sont assis sur une bombe sociale à retardement, tout en espérant rester riches dans les 20 ans qui viennent en donnant en location de l'immobilier de prestige.

Lorsque la crise alimentaire a explosé, et que les livraisons de riz asiatiques ont été interrompues, les dirigeants du Golfe ont fait de rapides calculs et sont parvenus à des conclusions sans appel. Les Saoudiens ont décidé que, étant donné les pénuries d'eau imminentes, il serait judicieux d'arrêter d'ici 2016 de produire du blé, qui constitue la base de leur alimentation, et de le cultiver ailleurs et de le transporter, pourvu que la totalité du processus soit clairement sous leur contrôle. Les Émirats arabes unis, dont 80 % de la population est composée de travailleurs immigrés asiatiques qui consomment pour la plupart du riz, ont été pris de panique. Sous l'égide du Conseil de coopération du Golfe (CCG), ils se sont regroupés avec Bahreïn et les autres pays du Golfe pour élaborer une stratégie collective d'externalisation de leur production alimentaire.

Leur idée est de conclure des accords, particulièrement dans les pays frères islamiques, auxquels ils fourniront des capitaux et des contrats pétroliers en échange de garanties pour que leurs grandes entreprises puissent avoir accès à des terres agricoles et réexporter la production chez eux. Les États les plus visés sont, de loin, le Soudan et le Pakistan, suivis par un certain nombre de pays en Asie du Sud-Est (Birmanie, Cambodge, Indonésie, Laos, Philippines, Thaïlande et Vietnam), la Turquie, le Kazakhstan, l'Ouganda, l'Ukraine, la Géorgie, le Brésil… et la liste n'est pas close.

Il ne faut pas sous-estimer l'importance de la démarche des États du Golfe. Entre mars et août 2008, des pays du CCG isolément, ou des consortiums industriels, ont conclu des baux pour des millions d'hectares de terres agricoles, et les récoltes devraient démarrer dès 2009. Les dirigeants du CCG prévoient d'importantes réunions en octobre 2008 et en janvier 2009 au cours desquelles ils vont finaliser la politique officielle sur cette question. Bien que les composantes visibles de la stratégie du Golfe ne soient pas critiquables en elles-mêmes (voir Encadré 1), des agences mondiales comme l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont jugé nécessaire de s'y intéresser et de s'impliquer directement dans la gestion des relations publiques autour de cette question. « Je ne vois pas d'inconvénient à ce que les Arabes fassent cet investissement », s'est exclamé Jacques Diouf, directeur de la FAO, mais la terre, dit-il, est « une patate chaude politique ». Il a envoyé plusieurs membres du personnel de la FAO qui sont actuellement en poste dans le Golfe pour éviter que des « scandales intempestifs » ne résultent des manœuvres des États du Golfe (10) .

Encadré 1 : Caractéristiques de la stratégie d'accaparement des terres des pays du Golfe

▪ governments initiate the pump (organizing agreements and developing specific terms of bilateral policy, for example by granting a special exemption vis-à-vis the export restrictions on food, or by opening embassies in countries where contracts are finalized) but they provide or even require, the transfer of projects to private companies
▪ support to Islamic traditions of helping the poor and sharing with those in greatest need, which translates into a commitment of the food will go to communities in producing countries or the domestic market, setting up Shariah banks to distribute funds locally, or technology transfer, training and jobs to make projects more attractive, etc.. ;
▪ truly long-term approach;
▪ speech clearly putting forward the attachment to the conclusion of "win-win";
▪ context barter against food-energy-to the extent that many projects include contracts for the supply of oil and gas in exchange.

Asian countries

Although China and the Gulf States are the largest players, others are actively seeking to find farmland abroad, with a new impetus for this year. Japan and South Korea, for example, are two rich countries whose governments have chosen to rely on imports rather than self-sufficiency to feed their populations. Both get about 60% of their food from abroad. (In the case of Korea, the figure exceeds 90% if we exclude rice.) In early 2008, the Korean government announced it was developing a national plan to facilitate land acquisitions abroad for production The private sector anointed as the lead role. Moreover, the Korean food companies are already buying up land in Mongolia and eastern Russia to produce food for export back home. The government, meanwhile, is studying various options itself in Sudan, Argentina and Southeast Asia.

Japan, however, seems to rely entirely on the private sector to organize food imports (see below) while the government juggles the policy guidelines through its free trade agreements, its treaties investment and bilateral cooperation pacts for development. It is not a passive role. Successive Japanese governments have resisted all pressures to restructure Japanese agriculture, where family farms reign and where large companies have no right to own land. Now that Japanese firms are buying up farmland in countries such as China and Brazil, the pressure may grow stronger.

India has also been contaminated by the virus of land grabbing. View rooms of boards of companies and government offices in New Delhi or Pune, Indian agriculture is in a mess. The country has major problems related to production costs (their biggest concern), the decline in soil fertility and water supply in the long run, to name a few. In addition, the struggles over access to land have become incredibly complicated, particularly because of the widespread social resistance to Special Economic Zones (Special Economic Zones). Spurred by the food crisis, and probably not wanting to be outdone, a number of patterns of food companies and the State Trading Corporation (STC), a public company, now see the need to produce abroad part of the power of the country. They are singling oilseeds, pulses and cotton for offshore production, while they believe it is cheaper to continue to produce wheat and rice inside the country (11).

The new strategy is already under way in Burma, which supplies a quarter of the 4 million tonnes of lentils that India imports each year to supplement its domestic production of 15 million tonnes. Rather than continue to buy them to Burma, the Indian traders and processors now want to enter the country and grow the lentils there themselves. This works out cheaper and they get more control over the entire process. With government support, Indian companies are getting leases to Burmese farmland to produce the crop intended for export only in India. The Indian government provides to the Burmese military junta of new special funds for modernization of their port facilities and has an insistent pressure to conclude a bilateral free trade and investment tailored to overcome the political difficulties between the two states. But that does not stop there. Indian CEOs are also buying oil palm plantations in Indonesia and now fly to Uruguay, Paraguay and Brazil to find land to grow pulses and soybeans for export to India. Meanwhile, the country's central bank, the Reserve Bank of India, is quickly trying to change India's laws so as to grant to Indian private companies, as well as the STC, the loans they need to acquire farmland abroad. Such a possibility has never been contemplated before, and the rules do not exist on this point.

"The Philippines could face a rice shortage, but it can boost UAE stocks for certain foods like bananas, pineapples, corn, vegetables and other agricultural products, and poultry products. "
Gil Herico, agricultural attaché for the Middle East, the Philippines government (12)

A giant game of Monopoly

It may sound like a giant game of Monopoly, with diplomats and investors hop from one country to another in search of new farmland to them. But, in truth, the African and Asian governments have been approached for their lands are readily accepting the proposals. After all, for them it means the fresh inflows of foreign capital to build rural infrastructure, upgrade storage facilities and transport, consolidate farms and industrialise operations. These agreements also include amounts pledged research programs and genetic improvement. In fact, the slogan "invest in agriculture" is so became the rallying cry of virtually all authorities and experts to solve the global food crisis that the explosion of land grabbing, perhaps unintended, s' well within this context. It should be abundantly clear, however, that behind the rhetoric of win-win, the real purpose of these contracts is not an agricultural development, much less rural development, but only an agro-industrial development. This is probably only when this is understood it is possible to grasp the meaning of contradictions underlying this dynamic land grab.

A few months ago, Prime Minister of Cambodia, Hun Sen has publicly announced the leasing of Khmer paddy fields to Qatar and Kuwait, so they can produce their own rice. Although the area affected was not specified, it must be fairly large, as the government gets almost 600 million U.S. dollars in exchange. At the same time, however, the World Food Programme has had to start shipping food aid worth $ 35 million to alleviate famine in the Cambodian countryside. The Philippines since March 2008 welcome many delegations from Saudi Arabia, UAE and Bahrain who want to acquire land for their own food, despite the fact that some of the Filipino people no longer eat their fill: the situation has shocked many. As to nip any controversy in the bud, President Gloria Macapagal Arroyo has managed to get the signature of the Agreement on the land grab with the UAE (where many Filipinos work to keep the Philippine economy) in As part of the new halal industry policy of his government. In this way, the UAE project appears as part of a program funded by the government to build a new domestic industry instead of what it really is: the diversion of fertile farmland and probably contested rich foreigners. The various funds being sent to Burma in exchange for the exclusive use of certain of its farmland are even more problematic. As Burma is a member of the Regional Economic Community of ASEAN, and ASEAN itself is signing agreements on free trade with the rich economies such as Australia, New Zealand and the European Union, social movements in the region are increasingly concerned about such support repressive military regime camouflaged in Burma. Agreements of land grabbing have precisely the same characteristics. In Uganda, a huge public outcry recently welcomed the announcement by Reuters of talks between the government and the Egyptian Minister of Agriculture, stating that the lease covers over 840 000 ha of farmland in Uganda (2, 2% of the total area of ​​Uganda!) to Egyptian firms for the production of wheat and maize destined for Cairo. While government officials denied the agreement, the Ugandan parliament convened a special session to investigate the matter.

Unfortunately for many of these land grabs for food production abroad, it is difficult to obtain specific information (number of acres are involved, specific purposes, terms). Governments are no doubt fearful of political backlash that occur if the public were to know what happens.

A new attraction for private investors

While governments may have strategies that focus on food security, the private sector has a very different objective: to make money. The synergy that developed between the food crisis and the broader financial crisis has turned control of the land in a new attraction for private investors. We're not talking about typical transnational agro-food sector, where Cargill might invest in a crushing plant soybeans in Mato Grosso in Brazil. This is about a new interest for the control of agricultural land themselves. There are two main players in this context: the food industry and especially the financial sector.

"The best hedge against recession for 10 to 15 years who is an investment in farmland"
Vishkai Reza, head of alternatives at Insight Investment, July 2008 (13)

In areas of the food industry, marketing companies and processing Arabic and Japanese are perhaps those currently most involved in farm acquisitions abroad. For Japanese companies, this strategy is rooted in their growth (see Box 2). In terms of companies in the Middle East, they surf the opportunities offered by their governments that open doors in the name of the food security paradigm.

Box 2: The lands seized by Japan

Five trading conglomerates dominate the agri-food Japanese Mitsubishi, Itochu, Mitsui, Marubeni and Sumitomo. They are involved in the purchase, processing, transport, trade and retail. They focus primarily on the needs of the Japanese domestic market. But as this market is declining and aging, we had to find growth elsewhere.

The Japanese food companies go abroad (to capture new markets) and upstream (production side). Marubeni and Mitsui, and to a lesser extent Mitsubishi, aim to join the ranks of the largest global grain traders, tied with Arthur Daniels Midland and Bunge. (Cargill, as they acknowledge, is too far ahead.) They buy and acquire huge new facilities and activities in Europe, the United States and Latin America. Marubeni recently bought eight grain storage facilities and two warehouses in the U.S., for U.S. $ 48 million. This way it can bypass the market and buy directly from soybeans and corn from U.S. producers. Pour ces entreprises, c'est maintenant un réelle priorité stratégique de prendre pied sur le marché chinois, où ADM, Bunge et Cargill ne sont pas très puissants.

Mais la gestion des entrepôts et des conteneurs ne suffit plus aux grands noms du commerce alimentaire japonais. Leur stratégie vise aussi à se déplacer vers l'amont. Selon plusieurs sources, des entreprises japonaises possèdent déjà 12 millions d'hectares de terres agricoles à l'étranger pour la production de denrées alimentaires et de cultures fourragères. Une partie se trouve en Chine, où en 2006 Asahi, Itochu et Sumitomo ont commencé à louer des centaines d'hectares de terres agricoles pour produire des aliments biologiques à destination des marchés chinois et coréens. En 2007, Asahi a donné une nouvelle dimension à son projet initial et a développé la première exploitation laitière japonaise en Chine. Un an plus tard, en septembre 2008, Asahi a profité de la tragédie du lait à la mélamine pour lancer son premier produit laitier liquide avec une majoration de prix de 50 % : le capitalisme du désastre dans toute sa splendeur ! Dans le même temps, Itochu a bifurqué pour former une alliance avec COFCO, la plus grande entreprise chinoise de transformation et de commerce agricoles, qui pourrait déboucher sur des acquisitions de terres agricoles.

Des entreprises japonaises creusent également du côté du Brésil. Fin 2007, Mitsui a acheté 100 000 ha de terres agricoles brésiliennes (l'équivalent de 2 % des terres cultivées au Japon) pour la production de fèves de soja par le biais de sa participation à Multigrain SA, dont il possède maintenant 40 %.

Le secteur financier, actuellement en difficulté, est celui qui se taille la part du lion. Pour beaucoup des gens au pouvoir, la crise alimentaire mondiale met à nu un problème global : de quelque côté qu'on se tourne, le changement climatique, la destruction des sols, la perte des ressources en eau et la stagnation des rendements des monocultures sont autant d'immenses menaces qui pèsent sur les ressources alimentaires futures de notre planète. Ceci se traduit par des prévisions de marchés tendus, de prix élevés et de pressions pour obtenir plus des terres agricoles. Dans le même temps, le secteur financier, qui a parié des sommes folles sur l'argent de la dette et a perdu, cherche maintenant des zones protégées. Tous ces facteurs font des terres agricoles un nouveau terrain de jeu formidable pour faire des profits. Il faut bien produire de la nourriture, les prix vont rester élevés, des terres bon marché sont disponibles, l'investissement sera rentable : voilà la formule. The result? Pendant toute l'année 2008, une armée de sociétés d'investissement, de fonds de capital-investissement, de fonds spéculatifs et d'autres du même type se sont emparés de terres agricoles dans le monde entier, avec l'aide précieuse d'agences comme la Banque mondiale, sa Société financière internationale ou la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, qui toutes préparent la voie à ces investissements et « persuadent » les gouvernements de changer les lois foncières pour permettre la réussite de ce processus (voir Encadré 3). De ce fait, les prix des terres commencent à monter, ce qui incite à agir encore plus vite.

« L'astuce ici est de ne pas se contenter de moissonner des récoltes mais de moissonner de l'argent. "
Mikhail Orlov, fondateur de Black Earth Farming et ancien directeur Capital-investissement chez Carlyle et Invesco, septembre 2008 (14)

La ruée du secteur privé sur les acquisitions de terres agricoles cette année a été vertigineuse. La Deutsche Bank et Goldman Sachs, par exemple, sont en train de prendre le contrôle du secteur chinois de l'élevage. À un moment où tous les regards se tournaient nerveusement vers Wall Street fin septembre 2008, ces deux sociétés mettaient de côté leur argent dans certaines des plus grandes porcheries, exploitations de volailles et usines de transformation de viande chinoises, et même dans des terres agricoles. La société new-yorkaise BlackRock Inc., l'un des plus grands gestionnaires de portefeuilles du monde avec presque 1 500 milliards de dollars US dans ses comptes, vient de mettre sur pied un énorme fonds spéculatif agricole de 200 millions de dollars, dont 30 millions seront utilisés pour acheter des terres agricoles dans le monde entier. Morgan Stanley, qui s'est glissé récemment dans la file d'attente pour obtenir son renflouement par le Département américain au Trésor, a récemment acheté 40 000 ha de terres agricoles en Ukraine. Cet achat fait pâle figure en comparaison des 300 000 ha de terres ukrainiennes dont Renaissance Capital, une société d'investissement russe, a acquis les droits de propriété, mais tout de même…

En fait, dans la très fertile région qui s'étend de l'Ukraine jusqu'au sud de la Russie, la concurrence est rude. Black Earth Farming, un groupe d'investissement suédois, a pris le contrôle de 331 000 ha de terres agricoles dans la région des Terres Noires russes. Alpcot-Agro, une autre société suédoise d'investissement, a acquis les droits sur 128 000 ha dans cette même région. Landkom, un groupe d'investissement britannique, a acheté 100 000 ha de terres agricoles en Ukraine et s'engage à porter ce chiffre à 350 000 ha d'ici 2011. Toutes ces acquisitions foncières vont servir à produire des céréales, des huiles et de la viande pour rassasier le marché mondial… c'est-à-dire ceux qui peuvent payer.

La rapidité et le moment où intervient cette nouvelle tendance des investissements sont étonnants. Tout comme la liste des pays ciblés : Malawi, Sénégal, Nigeria, Ukraine, Russie, Géorgie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Brésil, Paraguay, et même Australie. Ils ont tous été identifiés comme des pays qui offrent des terrains fertiles, une relative disponibilité de l'eau et un certain potentiel de croissance de la productivité agricole. L'horizon de placement dont parlent les investisseurs est, en moyenne, de 10 ans (étant bien entendu qu'ils doivent assurer la productivité des terres et construire des infrastructures de commercialisation, et ne pas rester sans rien faire) avec des taux de rendement annuels prévus de 10 à 40 % en Europe et qui pourraient atteindre 400 % en Afrique. Là encore, ce qui est nouveau et particulier ici c'est que ces groupes financiers acquièrent la propriété effective des terres et que toutes ces évolutions sont intervenues en l'espace de quelques mois seulement, au moment où les marchés financiers commençaient à s'effondrer. Ce qu'elles signifient véritablement pour l'avenir de l'agriculture dans ces pays est une vaste inconnue.

Encadré 3 Les bouleversements des politiques foncières

De nombreux pays changent actuellement leur législation, leurs politiques et leurs pratiques en matière de propriété foncière pour faire face à la crise alimentaire et à la crise du crédit, et aux pressions qui en résultent sur les terres agricoles. La Chine poursuit une grande réforme pour permettre aux paysans de négocier plus facilement leur droit d'utilisation des terres, qui sont d'ailleurs la propriété de l'État, au nom du peuple. Cette réforme permettrait à des agriculteurs individuels de vendre ou de louer leurs droits sur les terres, et d'utiliser ces titres fonciers comme garantie pour des prêts. Beaucoup prédisent que cela facilitera une énorme restructuration des exploitations agricoles chinoises, les faisant passer d'une multitude de petites fermes (qu'on accuse injustement d'avoir été récemment à l'origine des problèmes de sécurité sanitaire), à un petit nombre de grandes exploitations sur lesquelles les sociétés auront plus facilement la possibilité de renforcer leurs droits. Le gouvernement kazakh, dans ses efforts pour rendre ses terres agricoles attractives aux yeux des investisseurs étrangers, a mis en place des politiques de répartition et de droits permanents d'utilisation des terres. On s'attend à ce que l'Ukraine supprime très bientôt son interdiction de vente des terres agricoles aux étrangers. Le Soudan, où la plus grande partie des terres appartient au gouvernement, accorde des baux de 99 ans à un coût très faible, sinon gratuitement.

Le Brésil est en train de s'engager dans l'autre voie. Comme la crise alimentaire, qui a immédiatement suivi l'engouement pour les biocarburants, a suscité l'intérêt de nombreux investisseurs étrangers pour l'achat de terres agricoles brésiliennes, le Parlement envisage une Loi pour introduire de la transparence dans ce processus. La loi obligerait les opérateurs brésiliens qui achètent des terres à déclarer le montant de la participation étrangère à leur capital et à mettre en place un registre spécial pour les achats impliquant des capitaux étrangers. (Depuis 1971, les sociétés étrangères ne peuvent acheter des terres au Brésil que par l'intermédiaire de partenaires brésiliens ou en s'installant dans le pays. Mais cette loi a été peu appliquée.) Même si certains investisseurs font mine de considérer que cette mesure vise essentiellement à lutter contre les spéculateurs, la loi bénéficie d'un fort soutien et pourrait être adoptée d'ici la fin 2008. Le Paraguay envisage une démarche similaire : en octobre 2008, le gouvernement a annoncé qu'il commencerait à mettre en application une loi qui existe de longue date et interdit aux étrangers d'acheter des terres agricoles du pays. Le Pakistan, en revanche, a des règles claires qui permettent aux investisseurs étrangers de posséder et d'exploiter des exploitations qui entrent dans la catégorie des « corporate farms » (fermes industrielles), mais le droit du travail du pays ne s'applique pas dans ce cas. Il semblerait qu'on envisage actuellement de la modifier.

En arrière-plan, la Banque mondiale et la BERD, entre autres, conseillent activement aux gouvernements de modifier les politiques et les pratiques de propriété foncière de façon à ce que les investisseurs étrangers bénéficient de plus d'incitations à des investissements dans des terres agricoles à l'étranger. Selon des responsables de la Banque mondiale, le changement des lois foncières fait partie des objectifs du « paquet » de 1,2 milliard de dollars US mis en place par la Banque pour faire face à la crise alimentaire en Afrique (15) . La BERD tire les ficelles de la réforme de la politique foncière en réponse à la crise alimentaire en Europe et en Asie centrale, avec un intérêt particulier pour les exportateurs de céréales potentiellement importants, à savoir la Russie, l'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie et le Kazakhstan.

Qu'est ce que tout cela signifie ?

This boom in land grabbing shows one thing: that governments have lost faith in the market. This faith has been shaken by the global food crisis, when countries were suddenly thrown into a situation of artificial scarcity driven by speculation rather than by law of supply and demand. The Gulf States, including land grabbers, are quite clear about their intentions (a) ensure the safety of their food supplies through direct control or ownership of farmland abroad, and (b) exclude as much as possible traders and other intermediaries to reduce from 20 to 25% of the bill for their food imports. Moreover, they had to travel to places like Islamabad and Bangkok and ask these governments to lift their bans on exports of rice just for their farms. All this vividly reflects a profound contempt for open markets and free trade so much lauded by Western advisers over the past four decades.

Food sovereignty compromised

Another fundamental problem is that workers, farmers and local communities will inevitably lose access to land for a local production of food. This is the foundation on which to build food sovereignty is simply being bartered away. Governments, investors and development agencies involved in these projects will argue that jobs will be created and will remain a part of food production in the country.

But this does not replace the land and the opportunity for people to work and use the land to support themselves. In fact, it should be obvious is that the real problem with the current phenomenon of land grabbing is not only the question of giving foreigners control of domestic farmlands. This is the restructuring. For these lands, from smallholdings or forests, as appropriate, will be transformed into large industrial estates connected to large distant markets. Farmers do not return to more real farmers, with or without work. That is probably the most important consequence.

A model of development south / south?

A third message that is important to draw from the fact that investment in agriculture is good and that this so-called South-South agreements behind these overseas farming is good . We do need to invest more in agriculture. The South-South solidarity and building a cooperative economy, beyond the reach of imperialism (of the West or South), can be a good way to do it. But what agriculture? And what kinds of economies? Who will control the investment and who will benefit? There is a very real risk of seeing not only food but also the profits generated by these agricultural activities abroad were diverted to other countries, to other consumers who can pay, or simply to foreign elites . These activities will not necessarily reduce at all the food crisis. Nor do they necessarily will bring "development" to local communities.

And we must not forget that many of these agricultural investments abroad will be facilitated by bilateral investment treaties and free trade agreements increasingly global, making it more difficult to resolve future problems. While the ideology in which the Gulf countries package their projects is a little more human than the ideology of Chinese capitalism (and that these investments are drenched in ideology and geopolitical), this is window dressing. After all, through these deals, the Gulf States supported the regime in Khartoum, just as India is supporting Burma's military dictatorship. Beijing brings its own workforce and its own technology when it goes farming abroad, replacing native biodiversity and bypassing local unions. Also, despite the need for investment and a South-South politics, the question of who will really benefit is both formidable and unanswered.

Land reforms

And as regards land reform? It is difficult to imagine how, by giving farmland concession to other countries or to private investors so they can produce food to be shipped to other populations, this could be something else we take in the opposite direction and strike the struggles many movements for genuine land reform and indigenous rights. This is especially true since many countries targeted are themselves net importers of food that are experiencing very serious land disputes. In Pakistan, farmers' movements have alerted public opinion on the fate of about 25,000 villages will have to be moved in case of approval of the proposal that the Qataris is to outsource some of their food production in the province of Punjab (16).

In Egypt, small farmers in Qena district have fought tooth and nail to recover 1,600 acres that were recently granted to Kobebussan, an agro-industrial conglomerate of Japan, to produce food to Japan (17). In Indonesia, activists expect that the area of ​​rice intended for the Saudis in the district of Merauke, where 1.6 million hectares will be transferred to a consortium of 15 companies to produce rice to Riyadh, override the veto of the local Papuan people on the project (18). Given the tenacity of the impetus provided by the World Bank and others to make it much easier to control farmland and satisfy the appetite of foreign investors, as a biased solution to the food crisis, this could s' completed by an explosive conflict.

Export-oriented agriculture

Another big problem that can not be ignored is that these deals will help to further an export-oriented agriculture. Such an orientation is simply not appropriate in most countries targeted. If the food crisis of 2007-2008 has proven so hard so many people, particularly in Asia and Africa, is that significant efforts have been made in recent decades to produce food for export markets rather than domestic markets. Everyone can not afford to purchase food on the world market, especially because wages and real incomes of most people have not progressed in recent years. To the extent that most of these land acquisitions are meant to establish large industrial farms (whether in Laos, Pakistan and Nigeria) to produce food for export, they aggravate the problem. It is true that some of the deals reserve some of the food produced for local area or the national market. Some even include social programs such as building hospitals or schools. They nevertheless promote an industrial model of agriculture that led to poverty and environmental destruction, and has exacerbated the loss of biodiversity, pollution from agricultural chemicals and contamination of crops by genetically modified organisms. If a single observation was not enough, a series of statistics testify to the growing gap between rich and poor, well fed and the hungry, the result of this situation.

Finally, the most obvious question of all is this: what happens long term when you give control of agricultural land in your country to country and foreign investors?

PDF Version: Seized on farmland in food and financial crisis

Read also: Table of cases of land grabbing

Notes:

(1) See GRAIN, "Making a killing from hunger" ("Food Crisis: Trade from hunger"), Against the grain, April 2008. http://www.grain.org/articles/?id=39

(2) "World No-Food Day: CEDAC Said That around 100.000 families in Cambodia LACK Sufficient food", The Mirror, Phnom Penh, October 18, 2008. http://tinyurl.com/58xxgg

(3) The Chinese government recently announced a commitment of U.S. $ 5 billion for Chinese corporations to invest in African agriculture over the next 50 years through the Development Fund China-Africa. The development fund is a private equity fund whose shareholder is the China Development Bank. See T. Michael Johnny, "China earmarks U.S. $ 5 billion for food producing one continent," The News, Monrovia, 23 April 2008. http://allafrica.com/stories/200804230844.html

(4) China is the country of origin of soybean and it is the consumer world, but today it imports 60% of its needs. Regarding corn, China will soon be a net importer. Both cultures are key to the meat industry and dairy industries expanding in China.

(5) See "Oryza hybrida", GRAIN's blog on hybrid rice, to find much evidence of the takeover of China on hybrid rice abroad: http://www.grain.org/hybridrice/ ? blog . An investigative report of the French television about how things work in Cameroon was produced in May 2008 for TF1: http://tinyurl.com/6ful9s (video and text, French only).

(6) Quoted by Li Ping, "Hopes and strains in China's overseas farming plan", Economic Observer, Beijing, July 3, 2008. http://tinyurl.com/5hkzb6

(7) The most detailed information is given by Li Ping (ibid.).

(8) "Chinese Debate pros and cons of overseas farming Investments," Guardian, May 11, 2008. http://tinyurl.com/66zhq4

(9) In 2007, foreigners accounted for 63% of the total population of the Gulf States. In the UAE, they represent over 82%. These figures are expected to grow much further in the coming years to the extent that many migrant workers come, fleeing economic hardship and unemployment in their countries.

(10) Margaret Coker, "UN food chief warns on buying farms", Wall Street Journal, September 10, 2008. http://tinyurl.com/5uahmp

(11) India consumes 11 million tonnes of edible oil every year and importing half its needs. Imports consist mainly of palm oil from Indonesia and Malaysia, most of the soya oil from Brazil, Paraguay and Uruguay. As regards pulses, India consumes 18-19 million tonnes of lentils each year, importing a quarter.

(12) Cleofe Maceda, "UAE signs MoU with Philippines to Ensure food supply," Gulf News, July 22, 2008. http://tinyurl.com/5uts7a

(13) Quoted in AgCapita Newsletter, AgCapita Partners, Calgary, July 25, 2008. http://tinyurl.com/6e9zjb

(14) Quoted in Catherine Belton, "Agriculture: The battle to bring more land Into Production", Financial Times, London, September 30, 2008. http://tinyurl.com/6yxebd

(15) Herbert Boh, Communications Coordinator, World Bank, interviewed by Howard Lesser, Voice of America, October 14, 2008. http://tinyurl.com/6knzgq . IFC (a World Bank organization) claims to have changed the laws last year in Sierra Leone on the land so that foreigners can take control of farmland. See the report of the Foreign Investment Advisory Service on Sub-Saharan Africa on http://tinyurl.com/6bp4bk

(16) "Pakistan eyeing corporate farming amid rising wheat crisis", Kuwait News Agency, October 11, 2008. http://tinyurl.com/63dhlh

(17) Land Centre for Human Rights, "Once More The Farmers of the village of El-Mrashda are standing in the face of the wind blowing ... Who will Protect Their Rights", Cairo, October 15, 2008. http://www .lchr-eg.org/112/08-36.htm

(18) "Merauke mega-project food Raises Fears," Down to Earth, No. 78, London, August 2008. http://dte.gn.apc.org/78dpad.htm

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2 comments for "Hands Over the farmland in the world"
  1. Melodia says:

    Il est impératif, aujourd'hui plus que jamais, que chacun protège ses capacités en droit, de gérer son propre territoire. Non tant pour des raisons de propriétés qu'économiques, mais pour se préserver une autonomie vitale, pour réduire les conséquences néfastes écologiques qu'impliquent la sur-exportation, et également parce qu'il est plus sain de consommer les produits issus des terres sur lesquelles nous vivons, aussi bien pour notre propre santé que pour celle de la terre à laquelle nous devons rendre nos déchets alimentaires biologiques en compost, afin d'y réinstaurer le cycle naturel, bénéfique à l'enrichissement des sols.
    La terre n'a pas d'appartenance particulière, elle est le bien commun de toutes espèces, aussi l'être humain en a, à présent, la responsabilité de la gestion pour l'ensemble, et avant tout celle d'en respecter la pureté originelle, ce dont nous sommes bien loin à ce jour, mais vers quoi nous devons tendre, et tout mettre en oeuvre pour la retrouver, autant que faire se peut.

    Autonomie, respect, liberté, bien-être, sont autant vitaux pour notre mère la terre que pour nous-mêmes.
    Cette planète sublime est notre lieu de vie, la préserver est capitale pour la qualité de notre existence incarnée.
    Sachons reconnaitre, apprécier, et perpétuer la beauté de ce qu'elle nous donne.
    Remercions-là en s'appliquant à l'embellir plutôt que la détruire impunément.
    C'est un cadeau paradisiaque, ce que nous en faisons est aussi ce que nous faisons de nous-mêmes.

    Et la qualité vibratoire qu'il émane de notre être, a autant d'importance que le reste, aussi est-il capitale également que nous prenions conscience de l'impact immense qu'a cet aspect là sur l'ensemble.
    Les pollutions ne sont pas seulement matérielles, car notre état intérieur influe de part les énergies qu'il en émane sur tout ce qui nous entoure.
    Plus nous serons ajustés, plus nous guérissons nos peurs, nos colères, nos émotions, plus nous serons dans la joie et connectés à notre essence, plus il émanera des énergies positives qui à leur tour guériront la terre et toutes formes de vie qui s'y trouvent, jusqu'à l'univers.

    Car nous sommes tous reliés. Et la responsabilité de l'ensemble nous incombe, tout en chacun.
    Alors réjouissons-nous et reprenons notre pouvoir le plus noble, de création et d'unité à notre essence même et au grand tout! : Lol:

    QUE L'AMOUR SOIT !!!

  2. Alcidejet said:

    Mardi 2/12/2008 un documentaire très intéressant sur le sujet est passé sur Arte,
    Il est visionable pendant 7 jours sur leur site, après… il faudra faire autrement.

    Vers un crash alimentaire

    Conjuguées au dérèglement climatique, les logiques économiques actuelles conduisent à brève échéance à une catastrophe alimentaire planétaire. Est-il trop tard pour inverser la tendance ?

    La récente flambée des prix agricoles a été un coup de semonce : jamais le monde n'avait affronté une crise alimentaire d'une telle ampleur. Mais comme le montre l'enquête d'Yves Billy et Richard Prost, les difficultés ne font que commencer. Les stocks mondiaux de céréales baissent depuis huit années consécutives et n'assurent plus à la population mondiale qu'une avance de vingt jours d'alimentation, bien en deçà du niveau officiel de sécurité fixé à soixante-dix jours. Aujourd'hui, rappellent-ils, 925 millions de personnes souffrent de la faim sur la planète et leur nombre croît de plus en plus vite. À la hausse du prix des matières premières, à la raréfaction de l'eau et des surfaces arables et aux ravages causés par les dérèglements climatiques se sont ajoutés deux phénomènes ré-cents : au moment même où la demande chinoise en céréales s'accélérait brutalement, les biocarburants ont commencé à redessiner la carte de l'agriculture mondiale. Par exemple, la production américaine d'éthanol à base de maïs, qui engloutit le tiers des récoltes du pays, devrait passer de 80 millions de tonnes en 2007 à 120 millions cette année. Quant au productivisme agricole, qui en un demi-siècle a épuisé les sols et pollué l'environnement, il a atteint ses limites. Tout comme le dogme néolibéral, qui a poussé les pays du Sud à tout miser sur des cultures d'exportation, mettant la survie des populations locales à la merci des cours mondiaux.

    (France, 2008, 90mn)
    ARTE F
    Réalisateur: Richard Prost, Yves Billy
    Auteur: Richard Prost, Yves Billy
    Producteur: Auteurs Associes

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