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	<title>Commentaires sur : Crise systémique globale : Juin 2009 – Quand le monde sort définitivement du cadre de référence des soixante dernières années</title>
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	<description>COMPRENONS, INFORMONS, CONCEVONS ET RÉALISONS ENSEMBLE CE MONDE EN MUTATION !</description>
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		<title>Par : LeTransmuteur</title>
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		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2009 09:38:23 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;p&gt;Voici la version complète du &lt;a href=&quot;../wp-content/uploads/geab35-fr.pdf&quot;&gt;&lt;strong&gt;GEAB N°35&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (15 mai 2009) !!! &lt;span&gt; &lt;img class=&quot;wp-smiley&quot; src=&quot;../wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif&quot; alt=&quot;:wink:&quot; /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Voici la version complète du <a href="../wp-content/uploads/geab35-fr.pdf"><strong>GEAB N°35</strong></a> (15 mai 2009) !!! <span> <img class="wp-smiley" src="../wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=":wink:" /> </span></p>
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		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3652</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2009 13:30:24 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090616-1894.html&quot;&gt;Quand Wall Street nous plonge au coeur du jardin des 15 pierres&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu de bouddhisme et de numérologie, ça ne peut pas faire de mal...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wall Street entame la troisième semaine du mois de juin par un faux pas de -2,3% (et -3% à mi-séance), le plus spectaculaire depuis un mois. Si bien que certains traders ou gérants s&#039;interrogent sur la capacité du Nasdaq à inscrire une cinquième hausse hebdomadaire consécutive, laquelle constituerait la 14ème sur une série de 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question (objet d&#039;un bref débat entre gérants actions sur CNBC) se trouvait résumée par cette brève formule : &quot;Nasdaq : 14 sur 15 ?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà une interrogation qui nous invite à méditer sur la symbolique du célèbre jardin de pierre du temple bouddhiste Ryôan-ji de Kyoto. Ce jardin zen, qui date du 15ème siècle, propose au visiteur une interprétation du monde : il est principalement constitué d&#039;un lit de fins graviers blancs (symbolisant l&#039;océan), soigneusement ratissés (voici les vagues), au sein duquel ont été disposées 15 roches basaltiques (les îles) entourées de mousse (la forêt, la nature, les terres cultivées).
 
Ces îles sont réparties en cinq groupes comportant de deux à cinq pierres savamment disposées, de telle sorte qu&#039;il ne soit possible de n&#039;en dénombrer que 14 à la fois, quel que soit l&#039;endroit où se trouve un observateur qui prend le soin d&#039;accomplir le tour complet de ce chef-d&#039;oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que l&#039;individu ne peut embrasser la totalité du réel qu&#039;en s&#039;y intégrant, non en demeurant un observateur passif, condamné à se laisse abuser par les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines pierres sont même dissimulées au regard par des lanternes, également en pierre, censées apporter un éclairage symbolique à l&#039;ensemble -- mais il n&#039;existe pas de source de lumière conçue par l&#039;esprit de l&#039;homme qui n&#039;engendre également ses propres zones d&#039;ombre. 
 
Revenons-en au chiffre 14 : il correspond au nombre de jours moyen des phases ascendantes et descendantes de la lune... mais il faut bien y rajouter le 15 pour que le calcul du cycle -- du point de vue d&#039;un astronome vivant sur terre -- rende compte de sa durée apparente, qui est de 29 jours, 12 heures et 44 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nasdaq vient d&#039;aligner 13 semaines de hausse, plus une de consolidation (du 11 au 15 mai). Chacun peut donc affirmer sans risque d&#039;être démenti que le cycle ascendant se compose de 14 éléments successifs parfaitement identifiables... et qu&#039;il faudra patienter quatre séances de plus pour qu&#039;un éventuel rebond permette d&#039;atteindre le total sans précédent de 14 sur 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la plupart des pierres blanches hebdomadaires que les optimistes ont mises sur le compte d&#039;une reprise ressentie ou anticipée -- plutôt que constatée -- dissimulait une 15ème pierre sur laquelle est gravée la courbe de l&#039;activité du marché. Et là, mauvaise surprise : la progression des indices européens et américains s&#039;accompagne depuis six semaines d&#039;une spectaculaire contraction des volumes traités au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement le chiffre d&#039;affaires sur les marchés d&#039;actions ne progresse pas, mais il a fondu de plus de 25% à Paris en six semaines et de 50% sur le Dow Jones depuis le 23 mars dernier. Sur l&#039;indice US, il est ainsi passé de 550 millions de titres échangés à moins de 225 millions en cette mi-juin (et les indices boursiers ont commencé à décrocher le 15 : décidément, ce chiffre nous poursuit !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franchement, une hausse de 35% à 40% des indices américains ou européens accompagnée d&#039;une décrue symétrique des volumes d&#039;échanges (voir pire sur le Dow), c&#039;est une singularité qui va donner du grain à moudre aux analystes techniques. Elle va aussi fournir un intéressant sujet de thèse pour des candidats à un prix Nobel d&#039;économie consacré à la &quot;Très Grande Crise&quot; de 2007/2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne vas pas contribuer à vous rassurer, c&#039;est que des marchés qui deviennent plus étroits à mesure que les cours remontent, ce n&#039;est pas un phénomène sans précédent... mais cela n&#039;a été observé qu&#039;à l&#039;occasion de rebonds qui se sont très mal terminés : en octobre 2001, août et novembre 2002 puis au printemps 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun perçoit bien l&#039;incongruité d&#039;un discours vantant le retour en force des investisseurs, inspirés par une foi inébranlable dans un avenir économique radieux alors que les achats nets de titres se réduisent au même rythme que le VIX, le baromètre de l&#039;aversion au risque. En d&#039;autres termes, plus les gérants afficheraient leur confiance, plus les stocks de liquidités disponibles se gonfleraient (grâce aux injections massives des banques centrales dans le système financier), moins ils ramasseraient de papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a visiblement quelque chose qui ne colle pas... Même en supposant qu&#039;ils aient eu l&#039;audace de profiter de cours extrêmement bas du 19 janvier au 9 mars, le seul principe de la rotation sectorielle au sein des portefeuilles (pour optimiser le &lt;em&gt;benchmark&lt;/em&gt;) devrait générer un chiffre d&#039;affaires global stable puisque la valeur des actifs négociés a augmenté au fil des semaines.
 
Revendez à 25 euros vos 100 titres Arcelor-Mittal achetés 15 euros pour reprendre 50 LVMH à 45 euros puis cédez-les à 60 euros pour acheter 30 Trackers Bear CAC 40 à 100 euros : vous constatez que sans beaucoup faire &quot;tourner&quot; vos positions, vous avez doublé le montant de vos cessions sans avoir injecté un seul euro de plus dans le marché.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après plusieurs semaines de vaches maigres, les volumes se sont soudain étoffés ce lundi 15 juin alors que les places boursières occidentales ont subi leur plus lourde correction (-3,1% en moyenne, -3,2% à Paris, -3,5% à Francfort) depuis le 20 mars dernier. Le mois de juin cesse ainsi d&#039;être positif puisque Paris perd 1,7% depuis le 29 mai dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repli semblait moins violent à Wall Street (-2,3% en clôture) qu&#039;en Europe alors que Barack Obama expliquait à la presse qu&#039;à moins d&#039;une réforme profonde et urgente du système de santé, les Etats-Unis vont se retrouver au bord de la banqueroute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien arranger, l&#039;indice sectoriel NAHB-Wells Fargo (baromètre du marché immobilier) ressortait en baisse, à 15 contre 16 -- au lieu d&#039;une hausse anticipée à 17 au mois de juin, ce qui infirme l&#039;hypothèse d&#039;une embellie durable après la bonne surprise du mois de mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les opérateurs invoquaient l&#039;absence d&#039;unanimité au sujet des grands axes de gestion de la crise au sein du G8 ce week-end ainsi que la publication d&#039;un indice Empire State décevant... mais ce serait oublier un peu vite que les places européennes chutaient déjà de 1,5% à 2% dès les premiers échanges, dans le sillage de places asiatiques ayant cédé jusqu&#039;à 3% tôt ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#039;indice de la Fed mesurant l&#039;évolution de l&#039;activité manufacturière dans la région de New York s&#039;est détérioré en juin. Le baromètre en question est redescendu à -9,4 ce mois-ci, contre -4,6 au mois de mai. Il était ressorti à -14,7 en avril. Beaucoup d&#039;analystes jugeaient que la remontée de l&#039;indice au mois de mai était précaire... et c&#039;est effectivement le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, décidément, nous ne croyons pas au scénario d&#039;une 14ème semaine de hausse sur une série de 15... Parce que la 15ème pierre (à peine) cachée sur laquelle ont trébuché les marchés, c&#039;est le remboursement par anticipations des 68 milliards de dollars empruntés au TARP par les banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci a été rendu possible grâce à une succession sans précédent de levées de fonds sous forme d&#039;émissions obligataires, de cessions d&#039;ABS (&lt;em&gt;asset backed securities&lt;/em&gt;, titres adossés à des crédits mobiliers) et d&#039;augmentations de capital souscrites dans une ambiance presque aussi zen qu&#039;un lever de soleil sur un jardin de pierre au pied du mont Fuji.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais devinez qui va se faire ratisser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Philippe Béchade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a href="http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090616-1894.html">Quand Wall Street nous plonge au coeur du jardin des 15 pierres</a></h2>
<p><strong>Un peu de bouddhisme et de numérologie, ça ne peut pas faire de mal&#8230;</strong></p>
<p>Wall Street entame la troisième semaine du mois de juin par un faux pas de -2,3% (et -3% à mi-séance), le plus spectaculaire depuis un mois. Si bien que certains traders ou gérants s&#8217;interrogent sur la capacité du Nasdaq à inscrire une cinquième hausse hebdomadaire consécutive, laquelle constituerait la 14ème sur une série de 15.</p>
<p>La question (objet d&#8217;un bref débat entre gérants actions sur CNBC) se trouvait résumée par cette brève formule : &laquo;&nbsp;Nasdaq : 14 sur 15 ?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Voilà une interrogation qui nous invite à méditer sur la symbolique du célèbre jardin de pierre du temple bouddhiste Ryôan-ji de Kyoto. Ce jardin zen, qui date du 15ème siècle, propose au visiteur une interprétation du monde : il est principalement constitué d&#8217;un lit de fins graviers blancs (symbolisant l&#8217;océan), soigneusement ratissés (voici les vagues), au sein duquel ont été disposées 15 roches basaltiques (les îles) entourées de mousse (la forêt, la nature, les terres cultivées).</p>
<p>Ces îles sont réparties en cinq groupes comportant de deux à cinq pierres savamment disposées, de telle sorte qu&#8217;il ne soit possible de n&#8217;en dénombrer que 14 à la fois, quel que soit l&#8217;endroit où se trouve un observateur qui prend le soin d&#8217;accomplir le tour complet de ce chef-d&#8217;oeuvre.</p>
<p>Cela signifie que l&#8217;individu ne peut embrasser la totalité du réel qu&#8217;en s&#8217;y intégrant, non en demeurant un observateur passif, condamné à se laisse abuser par les apparences.</p>
<p>Certaines pierres sont même dissimulées au regard par des lanternes, également en pierre, censées apporter un éclairage symbolique à l&#8217;ensemble &#8212; mais il n&#8217;existe pas de source de lumière conçue par l&#8217;esprit de l&#8217;homme qui n&#8217;engendre également ses propres zones d&#8217;ombre. </p>
<p>Revenons-en au chiffre 14 : il correspond au nombre de jours moyen des phases ascendantes et descendantes de la lune&#8230; mais il faut bien y rajouter le 15 pour que le calcul du cycle &#8212; du point de vue d&#8217;un astronome vivant sur terre &#8212; rende compte de sa durée apparente, qui est de 29 jours, 12 heures et 44 minutes.</p>
<p>Le Nasdaq vient d&#8217;aligner 13 semaines de hausse, plus une de consolidation (du 11 au 15 mai). Chacun peut donc affirmer sans risque d&#8217;être démenti que le cycle ascendant se compose de 14 éléments successifs parfaitement identifiables&#8230; et qu&#8217;il faudra patienter quatre séances de plus pour qu&#8217;un éventuel rebond permette d&#8217;atteindre le total sans précédent de 14 sur 15.</p>
<p>Mais la plupart des pierres blanches hebdomadaires que les optimistes ont mises sur le compte d&#8217;une reprise ressentie ou anticipée &#8212; plutôt que constatée &#8212; dissimulait une 15ème pierre sur laquelle est gravée la courbe de l&#8217;activité du marché. Et là, mauvaise surprise : la progression des indices européens et américains s&#8217;accompagne depuis six semaines d&#8217;une spectaculaire contraction des volumes traités au quotidien.</p>
<p>Non seulement le chiffre d&#8217;affaires sur les marchés d&#8217;actions ne progresse pas, mais il a fondu de plus de 25% à Paris en six semaines et de 50% sur le Dow Jones depuis le 23 mars dernier. Sur l&#8217;indice US, il est ainsi passé de 550 millions de titres échangés à moins de 225 millions en cette mi-juin (et les indices boursiers ont commencé à décrocher le 15 : décidément, ce chiffre nous poursuit !).</p>
<p>Franchement, une hausse de 35% à 40% des indices américains ou européens accompagnée d&#8217;une décrue symétrique des volumes d&#8217;échanges (voir pire sur le Dow), c&#8217;est une singularité qui va donner du grain à moudre aux analystes techniques. Elle va aussi fournir un intéressant sujet de thèse pour des candidats à un prix Nobel d&#8217;économie consacré à la &laquo;&nbsp;Très Grande Crise&nbsp;&raquo; de 2007/2012.</p>
<p>Ce qui ne vas pas contribuer à vous rassurer, c&#8217;est que des marchés qui deviennent plus étroits à mesure que les cours remontent, ce n&#8217;est pas un phénomène sans précédent&#8230; mais cela n&#8217;a été observé qu&#8217;à l&#8217;occasion de rebonds qui se sont très mal terminés : en octobre 2001, août et novembre 2002 puis au printemps 2008.</p>
<p>Chacun perçoit bien l&#8217;incongruité d&#8217;un discours vantant le retour en force des investisseurs, inspirés par une foi inébranlable dans un avenir économique radieux alors que les achats nets de titres se réduisent au même rythme que le VIX, le baromètre de l&#8217;aversion au risque. En d&#8217;autres termes, plus les gérants afficheraient leur confiance, plus les stocks de liquidités disponibles se gonfleraient (grâce aux injections massives des banques centrales dans le système financier), moins ils ramasseraient de papier.</p>
<p>Il y a visiblement quelque chose qui ne colle pas&#8230; Même en supposant qu&#8217;ils aient eu l&#8217;audace de profiter de cours extrêmement bas du 19 janvier au 9 mars, le seul principe de la rotation sectorielle au sein des portefeuilles (pour optimiser le <em>benchmark</em>) devrait générer un chiffre d&#8217;affaires global stable puisque la valeur des actifs négociés a augmenté au fil des semaines.</p>
<p>Revendez à 25 euros vos 100 titres Arcelor-Mittal achetés 15 euros pour reprendre 50 LVMH à 45 euros puis cédez-les à 60 euros pour acheter 30 Trackers Bear CAC 40 à 100 euros : vous constatez que sans beaucoup faire &laquo;&nbsp;tourner&nbsp;&raquo; vos positions, vous avez doublé le montant de vos cessions sans avoir injecté un seul euro de plus dans le marché.</p>
<p>Après plusieurs semaines de vaches maigres, les volumes se sont soudain étoffés ce lundi 15 juin alors que les places boursières occidentales ont subi leur plus lourde correction (-3,1% en moyenne, -3,2% à Paris, -3,5% à Francfort) depuis le 20 mars dernier. Le mois de juin cesse ainsi d&#8217;être positif puisque Paris perd 1,7% depuis le 29 mai dernier.</p>
<p>Le repli semblait moins violent à Wall Street (-2,3% en clôture) qu&#8217;en Europe alors que Barack Obama expliquait à la presse qu&#8217;à moins d&#8217;une réforme profonde et urgente du système de santé, les Etats-Unis vont se retrouver au bord de la banqueroute.</p>
<p>Pour ne rien arranger, l&#8217;indice sectoriel NAHB-Wells Fargo (baromètre du marché immobilier) ressortait en baisse, à 15 contre 16 &#8212; au lieu d&#8217;une hausse anticipée à 17 au mois de juin, ce qui infirme l&#8217;hypothèse d&#8217;une embellie durable après la bonne surprise du mois de mai.</p>
<p>Les opérateurs invoquaient l&#8217;absence d&#8217;unanimité au sujet des grands axes de gestion de la crise au sein du G8 ce week-end ainsi que la publication d&#8217;un indice Empire State décevant&#8230; mais ce serait oublier un peu vite que les places européennes chutaient déjà de 1,5% à 2% dès les premiers échanges, dans le sillage de places asiatiques ayant cédé jusqu&#8217;à 3% tôt ce matin.</p>
<p>L&#8217;indice de la Fed mesurant l&#8217;évolution de l&#8217;activité manufacturière dans la région de New York s&#8217;est détérioré en juin. Le baromètre en question est redescendu à -9,4 ce mois-ci, contre -4,6 au mois de mai. Il était ressorti à -14,7 en avril. Beaucoup d&#8217;analystes jugeaient que la remontée de l&#8217;indice au mois de mai était précaire&#8230; et c&#8217;est effectivement le cas.</p>
<p>Non, décidément, nous ne croyons pas au scénario d&#8217;une 14ème semaine de hausse sur une série de 15&#8230; Parce que la 15ème pierre (à peine) cachée sur laquelle ont trébuché les marchés, c&#8217;est le remboursement par anticipations des 68 milliards de dollars empruntés au TARP par les banques.</p>
<p>Ceci a été rendu possible grâce à une succession sans précédent de levées de fonds sous forme d&#8217;émissions obligataires, de cessions d&#8217;ABS (<em>asset backed securities</em>, titres adossés à des crédits mobiliers) et d&#8217;augmentations de capital souscrites dans une ambiance presque aussi zen qu&#8217;un lever de soleil sur un jardin de pierre au pied du mont Fuji.</p>
<p>Mais devinez qui va se faire ratisser !</p>
<p><strong>Par Philippe Béchade</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3628</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2009 18:19:01 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a title=&quot;Permanent Link: L’actualité de la crise : Chinamérique, deuxième épisode, par François Leclerc&quot; rel=&quot;bookmark&quot; href=&quot;http://www.pauljorion.com/blog/?p=3368&quot;&gt;L’actualité de la crise : Chinamérique, deuxième épisode&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les rendements qu’atteignent les bons du Trésor américains sont attentivement suivis au fur et à mesure des adjudications. Ils augmentent, et c’est source d’interrogation et matière à interprétations divergentes pour les commentateurs du monde entier qui les suivent fiévreusement. C’est également sujet d’inquiétude pour ce qui pourrait en découler pour l’économie américaine, si cette hausse devait se poursuivre, comme cela est probable. Toutefois, ayant gardé l’habitude qu’il va falloir perdre, que l’économie américaine tire la croissance mondiale, nous continuons d’accorder un intérêt un peu disproportionné à cette question, comme si tout en dépendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a rattrapage, disent donc les optimistes. Les bons ayant été pendant un temps un refuge qu’il n’est plus nécessaire de rejoindre, les investisseurs allant chercher leur bonne fortune ailleurs et les taux, qui avaient baissé, se retendant normalement. La crainte d’une inflation future, disent ceux qui le sont moins, écarte les investisseurs de ces bons, car elle laminerait leurs bénéfices. Le processus n’en est donc qu’à ses débuts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous doivent cependant faire les mêmes constatations : 1/ La tentative de la Fed de contrer la hausse en engageant, financé par la création monétaire, un programme d’achat de 300 milliards de dollars a échoué, et elle a par contre apporté de l’eau au moulin de ceux qui craignent que cette politique, additionnée aux autres financées de la même manière, ne déclenche une inflation incontrôlée. 2 / Pour cette même raison, la Fed s’interroge sur la possibilité d’augmenter les montants de ses engagements pour ce type d’achats et a repoussé la décision, tout en laissant ouverte la possibilité de poursuivre. 3/ Quelles que soient les raisons de la hausse des taux, les conséquences négatives de cette hausse sont identiques et immédiates, tant sur les renégociations en cours de prêts hypothécaires (accroissant leur taux de défaut), que sur les prêts à la consommation, qui y sont également souvent indexés, ou sur les prêts aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En réalité, sans avoir besoin de prendre en compte les effets d’une éventuelle inflation future, les taux des bons (courts mais surtout longs) ont toutes les raisons de monter au fur et à mesure des adjudications, vu les montants énormes empruntés - les meilleures affaires qui se présentent aux yeux des investisseurs, les amenant à s’en éloigner - ainsi que la pression désormais constante des pays du Bric. Et il n’est pas du tout certain, non plus, que l’administration Obama sera en mesure de respecter ses annonces de maîtrise des déficits, ce qui impliquera si elle n’y parvient pas de recourir davantage à l’emprunt. Contribuant à encore augmenter les taux des bons du Trésor, pour ensuite en récolter les conséquences redoublées. L’accroissement de la charge de la dette, la détérioration des conditions de crédit et ses suites, tant financières (sur les banques) qu’économiques (sur la production, la consommation et la croissance). Effet de tenailles ou spirale descendante, peu importe le choix des termes, il sera difficile d’en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’est pas très compliqué d’identifier les meilleures affaires qui se présentent actuellement aux investisseurs et peuvent les inciter à se détourner, dans leurs arbitrages, du marché de la dette américaine. Il suffit d’aller voir du côté du pétrole, dont le cours grimpe sans que cela ne provienne d’un accroissement de la demande, en attendant de voir les cours d’autres matières premières monter à leur tour, comme on peut s’y attendre. Avec toutes les conséquences qui en résultera, dont on a déjà eu un avant-goût, en prélude à l’émergence brutale de la crise, quand les capitaux ont en urgence quitté les marchés de la dette qui s’annonçaient sinistrés. Simon Johnson, ancien chef économiste du FMI, s’attend pour sa part à un redémarrage à grande échelle du « carry trade », avec comme base arrière non plus le Japon mais désormais les Etats-Unis, étant donné les taux de la Fed. Le mécanisme est simple : vous empruntez à la Fed, si vous y êtes habilités, et allez prêter sur des marchés où les taux sont bien plus élevés, comme ceux des pays dits « émergents », avec comme seul risque l’évolution de la parité de la devise de votre pays d’accueil par rapport au dollar (celui-ci étant tendanciellement baissier sur le long terme). La conséquence évidente en sera de développer l’investissement dans ces pays et de contribuer ainsi à faire basculer encore plus vite l’axe économique mondial, une tendance déjà affirmée, affaiblissant d’autant en retour l’économie américaine et le dollar. Les capitaux n’ont pas de patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant que se réalisent ces éventualités, le titre d’une dépêche d’Associated Press résumait bien la situation actuelle, au lendemain d’une nouvelle hausse des rendements des « treasuries » (les bons du Trésor): « Même pour le gouvernement américain, les temps sont durs pour obtenir des prêts à des taux peu élevés ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l’immédiat, et pour adopter le contre-champ, l’actualité va se déplacer dès mardi prochain en Russie, à l’occasion du premier sommet des chefs d’Etat du Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine). Il en est attendu des déclarations très politiques sur des sujets très sensibles. A propos du rôle accru que les pays dits émergents s’attendent à pouvoir jouer dans les organisations internationales adoubées par le dernier G20, le FMI en premier lieu. Plus à terme, concernant la réforme du système monétaire international et le rôle du dollar comme monnaie de réserve. Ces deux sujets touchent de très près les intérêts des Etats-Unis, qui jouent à leur propos désormais une véritable course de lenteur avec leurs financiers chinois. Les pays du Bric, eux, savent que le temps joue pour eux et n’ont ni les moyens ni l’intention de forcer la vapeur, ce qui serait contraire à leur intérêt bien compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils peuvent toutefois difficilement se satisfaire de la décision prise par le FMI d’attendre fin janvier 2011 (en avance de deux ans, tout de même, sur le calendrier initialement prévu), pour ne voir augmenter que de manière homéopathique leurs droits de vote au sein de l’organisation internationale, dans laquelle les Américains disposent d’un droit de veto sur les décisions les plus importantes. Il va falloir se serrer, mais personne n’y tient, ni les Américains, ni les Européens, qui ont aussi la part belle dans le partage des voix. Les membres du Bric ont ainsi déjà manifesté clairement leur mécontentement sur un autre terrain, là où leurs interlocuteurs sont demandeurs. Le dispositif a minima envisagé, comme son calendrier de réalisation pourront-ils être conservés ? Rien n’est moins sûr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l’immédiat, en application des décisions du dernier G20, ils se révèlent certes disciplinés, mais ils ont obtenu de n’apporter au FMI les fonds décidés, afin d’aider les pays les plus victimes de la crise, que sous la forme d’achat d’obligations de celui-ci. Une nouveauté rapidement négociée depuis avril dernier, qui permet aux acheteurs en dollar de ces obligations de disposer ensuite de titres libellés en DTS (droits de tirage spéciaux), indexés sur un panier plus avantageux de devises. Cette opération va donc revenir, pour les pays du Bric, à se délester d’environ 80 milliards de dollars et à faire supporter au FMI la faiblesse à venir de ce même dollar. Les Russes, pour enfoncer le clou, ont en plus annoncé qu’ils allaient vendre des bons du Trésor américain pour acheter les obligations du FMI. Faisant feu de tous bois, ce dernier devrait parvenir ainsi à boucler son budget, si tout du moins le Congrès américain autorise l’administration Obama à apporter 108 milliards de dollars de contribution. Mais il faudra tout de même que le FMI vende une partie de son stock d’or et émette des DTS, en application de la faculté dont il dispose lui aussi de créer de la monnaie (pour 250 milliards de dollars).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au FMI également, les comptes deviennent comme on le voit serrés. A défaut d’élargir la place des pays émergents autour de la table de son conseil, il doit dans un premier temps prendre à son compte des risques auparavant encourus par ceux-ci. Quelle va être la prochaine étape ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette défausse de dollars, sans que son montant soit mineur, est certes de portée plus symbolique qu’autre chose. Mais elle a déjà été précédée d’autres épisodes, qui convergent tous dans le même sens, en s’additionnant, ayant le plus souvent la Chine comme acteur. Avec pour objectif de lentement grignoter la part prépondérante du dollar dans les échanges commerciaux, tout en continuant d’affirmer à chaque occasion que celui-ci n’a plus vocation, à terme, à être la monnaie de réserve. Des accords commerciaux bilatéraux en sont l’occasion, qui prévoient d’utiliser les devises des signataires pour les échanges. Les Chinois utilisent massivement leurs excédents commerciaux, également, pour acheter d’importantes quantités de matières premières, en dollar, sans attendre la hausse des cours de celles-ci qu’ils ont anticipée. Ils sécurisent leurs approvisionnements énergétiques en finançant, également en dollars, différents programmes, le dernier en date gazier au Turkménistan (pour 3 milliards de dollars). Ils continuent de faire leur marché, avec leur fonds souverain, en diversifiant leurs investissements hors des Etats-Unis, notamment en Europe. Ayant appris à mieux reconnaître les canards boiteux.Et cela toujours en dollars. Ils viennent, aussi, de tenir avec le Japon, dont ils sont le premier partenaire commercial, en tant que deuxième et troisième puissances économiques mondiales, un sommet consacré aux questions économiques et commerciales dont étaient donc exclus les Américains et les Européens. Tout ce qui permet de dépenser les dollars provenant de leurs excédents commerciaux à bon escient est engagé, sans que ceux-ci soient obligatoirement consacrés à l’acquisition de bons du Trésor. Cette tendance est irréversible et ne peut que prendre de l’ampleur, notamment en raison de l’accroissement de ce que l’on appelle le commerce Sud-Sud (entre pays émergents, et même au-delà).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’est pas dans l’intention des Chinois, comme ils l’ont très clairement annoncé à la veille du G20, de brusquer le cours des événements. Ils donnent donc tort, par leur attitude, à tous ceux qui, observant qu’ils continuent d’acheter des bons du Trésor américain, en tirent la conclusion erroné que rien n’a changé et que cela va continuer comme avant. Ils n’ont tout simplement pas intérêt à brusquer les choses et à faire chuter la valeur des bons américains, vu la quantité qu’ils en détiennent, et ils ont choisi d’autres voies plus graduelles mais toutes aussi efficaces afin de se désengager. Quitte à annoncer encore une fois la couleur, via l’un de leurs grands banquiers de Shanghai, future grande place financière mondiale, qui proposait dernièrement et tout uniment aux américains d’envisager que leurs bons du Trésor puissent devenir libellées en yuan, la monnaie chinoise. Voulant ainsi signifier que cela pourrait un jour devenir la condition pour que la Chine continue de les acheter. La ligne d’horizon est tracée, l’atteindre est une question de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commentateurs ont pris avec des pincettes cette proposition, tellement elle est peu crédible à court terme, ne voulant pas y voir, comme dans les autres domaines monétaires, l’expression d’une politique à long terme qui va être patiemment menée. Ayant, à cause de la crise et à force de l’habitude, le nez courbé sur le court terme et l’immédiat. N’ayant pas encore intégré cette idée assez dérangeante pour eux qu’ils ne vont plus être au centre du monde. Mais, si l’on met tout bout à bout, les marges de manœuvre américaines apparaissent pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire fort réduites. Ce sont les Chinois qui vont de plus en plus mener le jeu dans cette partie, en dépit de leurs propres difficultés économiques internes. Ils y seront aidés par le retour des capitaux occidentaux, dès que la situation sera stabilisée, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a title="Permanent Link: L’actualité de la crise : Chinamérique, deuxième épisode, par François Leclerc" rel="bookmark" href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=3368">L’actualité de la crise : Chinamérique, deuxième épisode</a></h2>
<p>Les rendements qu’atteignent les bons du Trésor américains sont attentivement suivis au fur et à mesure des adjudications. Ils augmentent, et c’est source d’interrogation et matière à interprétations divergentes pour les commentateurs du monde entier qui les suivent fiévreusement. C’est également sujet d’inquiétude pour ce qui pourrait en découler pour l’économie américaine, si cette hausse devait se poursuivre, comme cela est probable. Toutefois, ayant gardé l’habitude qu’il va falloir perdre, que l’économie américaine tire la croissance mondiale, nous continuons d’accorder un intérêt un peu disproportionné à cette question, comme si tout en dépendait.</p>
<p>Il y a rattrapage, disent donc les optimistes. Les bons ayant été pendant un temps un refuge qu’il n’est plus nécessaire de rejoindre, les investisseurs allant chercher leur bonne fortune ailleurs et les taux, qui avaient baissé, se retendant normalement. La crainte d’une inflation future, disent ceux qui le sont moins, écarte les investisseurs de ces bons, car elle laminerait leurs bénéfices. Le processus n’en est donc qu’à ses débuts.</p>
<p>Tous doivent cependant faire les mêmes constatations : 1/ La tentative de la Fed de contrer la hausse en engageant, financé par la création monétaire, un programme d’achat de 300 milliards de dollars a échoué, et elle a par contre apporté de l’eau au moulin de ceux qui craignent que cette politique, additionnée aux autres financées de la même manière, ne déclenche une inflation incontrôlée. 2 / Pour cette même raison, la Fed s’interroge sur la possibilité d’augmenter les montants de ses engagements pour ce type d’achats et a repoussé la décision, tout en laissant ouverte la possibilité de poursuivre. 3/ Quelles que soient les raisons de la hausse des taux, les conséquences négatives de cette hausse sont identiques et immédiates, tant sur les renégociations en cours de prêts hypothécaires (accroissant leur taux de défaut), que sur les prêts à la consommation, qui y sont également souvent indexés, ou sur les prêts aux entreprises.</p>
<p>En réalité, sans avoir besoin de prendre en compte les effets d’une éventuelle inflation future, les taux des bons (courts mais surtout longs) ont toutes les raisons de monter au fur et à mesure des adjudications, vu les montants énormes empruntés -- les meilleures affaires qui se présentent aux yeux des investisseurs, les amenant à s’en éloigner -- ainsi que la pression désormais constante des pays du Bric. Et il n’est pas du tout certain, non plus, que l’administration Obama sera en mesure de respecter ses annonces de maîtrise des déficits, ce qui impliquera si elle n’y parvient pas de recourir davantage à l’emprunt. Contribuant à encore augmenter les taux des bons du Trésor, pour ensuite en récolter les conséquences redoublées. L’accroissement de la charge de la dette, la détérioration des conditions de crédit et ses suites, tant financières (sur les banques) qu’économiques (sur la production, la consommation et la croissance). Effet de tenailles ou spirale descendante, peu importe le choix des termes, il sera difficile d’en sortir.</p>
<p>Il n’est pas très compliqué d’identifier les meilleures affaires qui se présentent actuellement aux investisseurs et peuvent les inciter à se détourner, dans leurs arbitrages, du marché de la dette américaine. Il suffit d’aller voir du côté du pétrole, dont le cours grimpe sans que cela ne provienne d’un accroissement de la demande, en attendant de voir les cours d’autres matières premières monter à leur tour, comme on peut s’y attendre. Avec toutes les conséquences qui en résultera, dont on a déjà eu un avant-goût, en prélude à l’émergence brutale de la crise, quand les capitaux ont en urgence quitté les marchés de la dette qui s’annonçaient sinistrés. Simon Johnson, ancien chef économiste du FMI, s’attend pour sa part à un redémarrage à grande échelle du « carry trade », avec comme base arrière non plus le Japon mais désormais les Etats-Unis, étant donné les taux de la Fed. Le mécanisme est simple : vous empruntez à la Fed, si vous y êtes habilités, et allez prêter sur des marchés où les taux sont bien plus élevés, comme ceux des pays dits « émergents », avec comme seul risque l’évolution de la parité de la devise de votre pays d’accueil par rapport au dollar (celui-ci étant tendanciellement baissier sur le long terme). La conséquence évidente en sera de développer l’investissement dans ces pays et de contribuer ainsi à faire basculer encore plus vite l’axe économique mondial, une tendance déjà affirmée, affaiblissant d’autant en retour l’économie américaine et le dollar. Les capitaux n’ont pas de patrie.</p>
<p>En attendant que se réalisent ces éventualités, le titre d’une dépêche d’Associated Press résumait bien la situation actuelle, au lendemain d’une nouvelle hausse des rendements des « treasuries » (les bons du Trésor): « Même pour le gouvernement américain, les temps sont durs pour obtenir des prêts à des taux peu élevés ».</p>
<p>Dans l’immédiat, et pour adopter le contre-champ, l’actualité va se déplacer dès mardi prochain en Russie, à l’occasion du premier sommet des chefs d’Etat du Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine). Il en est attendu des déclarations très politiques sur des sujets très sensibles. A propos du rôle accru que les pays dits émergents s’attendent à pouvoir jouer dans les organisations internationales adoubées par le dernier G20, le FMI en premier lieu. Plus à terme, concernant la réforme du système monétaire international et le rôle du dollar comme monnaie de réserve. Ces deux sujets touchent de très près les intérêts des Etats-Unis, qui jouent à leur propos désormais une véritable course de lenteur avec leurs financiers chinois. Les pays du Bric, eux, savent que le temps joue pour eux et n’ont ni les moyens ni l’intention de forcer la vapeur, ce qui serait contraire à leur intérêt bien compris.</p>
<p>Ils peuvent toutefois difficilement se satisfaire de la décision prise par le FMI d’attendre fin janvier 2011 (en avance de deux ans, tout de même, sur le calendrier initialement prévu), pour ne voir augmenter que de manière homéopathique leurs droits de vote au sein de l’organisation internationale, dans laquelle les Américains disposent d’un droit de veto sur les décisions les plus importantes. Il va falloir se serrer, mais personne n’y tient, ni les Américains, ni les Européens, qui ont aussi la part belle dans le partage des voix. Les membres du Bric ont ainsi déjà manifesté clairement leur mécontentement sur un autre terrain, là où leurs interlocuteurs sont demandeurs. Le dispositif a minima envisagé, comme son calendrier de réalisation pourront-ils être conservés ? Rien n’est moins sûr.</p>
<p>Dans l’immédiat, en application des décisions du dernier G20, ils se révèlent certes disciplinés, mais ils ont obtenu de n’apporter au FMI les fonds décidés, afin d’aider les pays les plus victimes de la crise, que sous la forme d’achat d’obligations de celui-ci. Une nouveauté rapidement négociée depuis avril dernier, qui permet aux acheteurs en dollar de ces obligations de disposer ensuite de titres libellés en DTS (droits de tirage spéciaux), indexés sur un panier plus avantageux de devises. Cette opération va donc revenir, pour les pays du Bric, à se délester d’environ 80 milliards de dollars et à faire supporter au FMI la faiblesse à venir de ce même dollar. Les Russes, pour enfoncer le clou, ont en plus annoncé qu’ils allaient vendre des bons du Trésor américain pour acheter les obligations du FMI. Faisant feu de tous bois, ce dernier devrait parvenir ainsi à boucler son budget, si tout du moins le Congrès américain autorise l’administration Obama à apporter 108 milliards de dollars de contribution. Mais il faudra tout de même que le FMI vende une partie de son stock d’or et émette des DTS, en application de la faculté dont il dispose lui aussi de créer de la monnaie (pour 250 milliards de dollars).</p>
<p>Au FMI également, les comptes deviennent comme on le voit serrés. A défaut d’élargir la place des pays émergents autour de la table de son conseil, il doit dans un premier temps prendre à son compte des risques auparavant encourus par ceux-ci. Quelle va être la prochaine étape ?</p>
<p>Cette défausse de dollars, sans que son montant soit mineur, est certes de portée plus symbolique qu’autre chose. Mais elle a déjà été précédée d’autres épisodes, qui convergent tous dans le même sens, en s’additionnant, ayant le plus souvent la Chine comme acteur. Avec pour objectif de lentement grignoter la part prépondérante du dollar dans les échanges commerciaux, tout en continuant d’affirmer à chaque occasion que celui-ci n’a plus vocation, à terme, à être la monnaie de réserve. Des accords commerciaux bilatéraux en sont l’occasion, qui prévoient d’utiliser les devises des signataires pour les échanges. Les Chinois utilisent massivement leurs excédents commerciaux, également, pour acheter d’importantes quantités de matières premières, en dollar, sans attendre la hausse des cours de celles-ci qu’ils ont anticipée. Ils sécurisent leurs approvisionnements énergétiques en finançant, également en dollars, différents programmes, le dernier en date gazier au Turkménistan (pour 3 milliards de dollars). Ils continuent de faire leur marché, avec leur fonds souverain, en diversifiant leurs investissements hors des Etats-Unis, notamment en Europe. Ayant appris à mieux reconnaître les canards boiteux.Et cela toujours en dollars. Ils viennent, aussi, de tenir avec le Japon, dont ils sont le premier partenaire commercial, en tant que deuxième et troisième puissances économiques mondiales, un sommet consacré aux questions économiques et commerciales dont étaient donc exclus les Américains et les Européens. Tout ce qui permet de dépenser les dollars provenant de leurs excédents commerciaux à bon escient est engagé, sans que ceux-ci soient obligatoirement consacrés à l’acquisition de bons du Trésor. Cette tendance est irréversible et ne peut que prendre de l’ampleur, notamment en raison de l’accroissement de ce que l’on appelle le commerce Sud-Sud (entre pays émergents, et même au-delà).</p>
<p>Il n’est pas dans l’intention des Chinois, comme ils l’ont très clairement annoncé à la veille du G20, de brusquer le cours des événements. Ils donnent donc tort, par leur attitude, à tous ceux qui, observant qu’ils continuent d’acheter des bons du Trésor américain, en tirent la conclusion erroné que rien n’a changé et que cela va continuer comme avant. Ils n’ont tout simplement pas intérêt à brusquer les choses et à faire chuter la valeur des bons américains, vu la quantité qu’ils en détiennent, et ils ont choisi d’autres voies plus graduelles mais toutes aussi efficaces afin de se désengager. Quitte à annoncer encore une fois la couleur, via l’un de leurs grands banquiers de Shanghai, future grande place financière mondiale, qui proposait dernièrement et tout uniment aux américains d’envisager que leurs bons du Trésor puissent devenir libellées en yuan, la monnaie chinoise. Voulant ainsi signifier que cela pourrait un jour devenir la condition pour que la Chine continue de les acheter. La ligne d’horizon est tracée, l’atteindre est une question de temps.</p>
<p>Les commentateurs ont pris avec des pincettes cette proposition, tellement elle est peu crédible à court terme, ne voulant pas y voir, comme dans les autres domaines monétaires, l’expression d’une politique à long terme qui va être patiemment menée. Ayant, à cause de la crise et à force de l’habitude, le nez courbé sur le court terme et l’immédiat. N’ayant pas encore intégré cette idée assez dérangeante pour eux qu’ils ne vont plus être au centre du monde. Mais, si l’on met tout bout à bout, les marges de manœuvre américaines apparaissent pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire fort réduites. Ce sont les Chinois qui vont de plus en plus mener le jeu dans cette partie, en dépit de leurs propres difficultés économiques internes. Ils y seront aidés par le retour des capitaux occidentaux, dès que la situation sera stabilisée, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
<p> </p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3627</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2009 18:15:44 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3627</guid>
		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a title=&quot;Permanent Link: L’actualité de la crise : L’impardonnable est arrivé, par François Leclerc&quot; rel=&quot;bookmark&quot; href=&quot;http://www.pauljorion.com/blog/?p=3363&quot;&gt; L’actualité de la crise : L’impardonnable est arrivé&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rien d’un tant soi peu concret n’est sorti de la réunion du G8 qui vient de se terminer en Italie et qui a réuni les ministres des finances de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de la Russie et du Japon. La prudence des formulations très générales du communiqué final, comme le silence fait sur certaines questions sensibles (l’évaluation de l’état du système bancaire), illustrent ce qu’il faut bien désormais appeler la paralysie de nombreux gouvernements, en premier lieu européens quand il s’agit d’œuvrer de concert à une solution de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de s’éclaircir, la situation se complique. L’opacité financière de départ n’est pas dissipée, les crises financières et économiques se contaminent mutuellement, la globalisation de la crise générale contribue à son approfondissement et non pas à son recul, les actions des gouvernements, comme leurs déclarations, se poursuivent en ordre dispersé et, il faut bien le dire, dans une confusion accrue qui ne fait que refléter l’expression d’intérêts nationaux antagoniques faisant obstacle aux réponses communes qui sont indispensables : la crise est internationale, les solutions sont mondiales. Mais celles-ci font toujours défaut, l’improvisation continue d’être la règle. Est-ce un répit ou le début d’une accalmie porteuse de nouveaux problèmes, nul ne le sait vraiment, bien que tout le monde ou presque affecte de le laisser entendre quand il ne l’annonce pas. Mais dans tous les cas de figure, la crise et ses effets vont être de longue durée et douloureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expression de cette situation, la Banque Mondiale vient de rendre public ses dernières prévisions de croissance, revues à la baisse, annonçant pour 2009 une chute du PIB mondial de 3 %, contre 1,75 % précédemment. Cette moyenne ne devant pas masquer, comme toujours, de grandes disparités et des situations particulièrement alarmantes dans les pays en voie de développement. En revanche, le FMI a revu ses propres prévisions afin de préparer le G8 et se montre pour une fois nettement plus optimiste, il prévoit désormais une croissance mondiale de 2,4% en 2010, au lieu de 1,9% jusqu’à présent. Qui a raison ? Qui a tort ? Ces divergences d’appréciation ne sont-elles pas l’expression de l’incertitude qui continue de prévaloir, plutôt que le résultat d’analyses momentanément divergentes ? Que valent en réalité ces prévisions, comme tant d’autres, quand il n’y a plus de points de repère, quand les instruments de mesure mêmes devraient être réétalonnés ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre approche permet peut-être de trancher le débat. « La situation du commerce mondial a empiré. Et si je ne partage pas l’optimisme, parfois un peu de commande, des gouvernements ou de ceux qui cherchent à influencer les marchés financiers, c’est parce que (…) du côté du commerce international, je ne vois pas à l’heure actuelle de signe positif », a déclaré Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, vendredi dernier à Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En volume, le commerce mondial devrait en effet chuter de 9% en 2009. Il faut remonter à la Seconde guerre mondiale pour trouver une contraction d’une telle ampleur, a-t-il fait remarquer. « Il n’y a rien qui démente qu’on soit toujours en plein dans cette crise qui commence et qui continuera », a également ajouté Pascal Lamy, prédisant que ses conséquences sociales étaient encore devant nous, en particulier dans les pays en voie de développement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre image de cette situation, mais cette fois-ci de la confusion qui règne, est le débat désormais permanent qui s’est engagé des deux côtés de l’Atlantique à propos des dangers respectifs de la déflation et de l’inflation. Avec pour conséquence, selon le choix qui est fait, la poursuite de la politique de création monétaire des banques centrales (ou son affirmation s’agissant de la BCE), ou, alternativement, la préparation de mesures afin d’assécher le marché des liquidités qu’elles ont abondamment répandues. La difficulté provenant non seulement de la valeur contestable des pronostics de reprise, que l’on continue à entendre sans qu’ils soient davantage fondés sur des données établies (ou correctement analysées), mais du fait que, d’un pays à l’autre, les situations sont dissemblables. Or, encore une fois, une réponse unique est indispensable dans notre économie globalisée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De partout, nous entendons les mots de déflation et d’inflation, sans savoir trop bien où nous en sommes finalement, et surtout où nous allons. Allons-nous bientôt découvrir ceux de stagflation et, plus étrange encore, de &lt;em&gt;slumpflation&lt;/em&gt; ? Contraction de l’anglais slump (crise) et d’inflation, ce dernier terme pourrait acquérir une certaine renommée, il caractérise une situation économique marquée à la fois par une récession et une forte inflation. C’est la version détériorée de la stagflation, mélange de faible croissance nulle ou faible et toujours d’une forte inflation. Le véritable choix devant lequel nous sommes placés, et que les politiques vont devoir assumer et nous avec, est plus probablement celui qui va devoir être effectué entre ces deux dernières hypothèses. Un spectre pouvant chasser l’autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l’instant, ces mêmes politiques préfèrent évoquer une « inflation négative », toujours à l’affût d’une représentation des faits qui justifie leurs mesures ou leur inaction, afin de ne pas reconnaître la déflation que va selon toute vraisemblance connaître toute l’Europe dès ce mois de juin. Au G8, ils ont choisi de parler de « signes de stabilisation », ce qui est encore plus vague. Christine Lagarde, ministre française de l’économie, a pour sa part parlé de « repli de l’inflation » et de « signe négatif de l’inflation » dans un communiqué publié vendredi dernier, pour désigner l’inavouable, alors qu’elle confirme qu’aucune mesure de relance supplémentaire française n’est prévue (« nous n’avons pas besoin de rajouter de l’engrais à la croissance qui germe actuellement », dans son interview de vendredi dernier aux Echos). Etrange gymnastique que la sienne, destinée à justifier sa politique, quand elle en vient à expliquer que cette baisse des prix (signe précurseur d’une déflation qu’elle ne nomme pas) agit « comme un facteur de soutien à la consommation dans le contexte difficile de la remontée du chômage. » Il n’y a donc pas besoin de relance, elle se fait toute seule et cela coûte moins cher au budget de l’Etat, CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est à 1957 qu’il faut remonter, selon l’INSEE, pour retrouver une inflation annuelle négative en France. Et, si l’on voulait poursuivre dans la même veine et rechercher d’autres précédents historiques, on n’en trouverait pas à propos de la chute de la production industrielle de la zone euro enregistrée par Eurosat (l’office européen des statistiques), car cet indice n’a été crée qu’en 1990, avec cet organisme. La baisse enregistrée en avril dernier est de 21,6% sur un an, de savants calculs ayant permis de l’établir, la zone euro n’existant que depuis 1999. Voici le détail, sur un an : - 27,1 % pour les biens intermédiaires, - 26,7 % pour les biens d’investissement, - 22,4 % pour les biens de consommation durables, -12,3 % pour l’énergie et - 6,5 % pour les biens de consommation non durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir à Christine Lagarde, et essayer de comprendre la situation, était-il utile de se référer à son appréciation de la situation, dans Les Echos de vendredi dernier, selon laquelle « de multiples petits signes (…) laissent penser que la chute s’est arrêtée » ? Car, dès le lendemain, vendredi, et en marge de la réunion du G8 italien, la ministre a voulu mettre les choses au point : « Il ne faut surtout pas s’emballer sur la reprise alors que l’on est encore en train de relancer, de stimuler et de s’assurer que les plans de relance fonctionnent ». François Fillon, le premier ministre français, avait quant à lui préféré évoquer, de Paris, « une sortie de crise qui s’amorce ». Comprenne qui pourra. Quand Sophie démarrait, Charles traînait et Pierre freinait…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus prudent qu’à l’accoutumée, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a qualifié, vendredi depuis Sofia, la situation de « très difficile, et impossible à prévoir ». Dans un accès de franchise, pour ne pas dire de clairvoyance, qui ne lui ressemble pas, il ajoutait : « Il est de notre devoir de rendre plus résistant le système financier mondial et de renforcer la stabilité de l’économie réelle mondiale. Nous ne pouvons pas permettre que dans quelques années une nouvelle crise semblable à la crise actuelle apparaisse. Ce serait impardonnable ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Rendre plus résistant le système mondial », puisque même le mot de régulation semble ne plus avoir cours dans les interventions de Jean-Claude Trichet, est une préoccupation qui fait l’objet de multiples débats publics, ainsi que de batailles qui le sont moins. Il est toutefois surprenant de constater que - que l’on soit aux Etats-Unis ou en Europe - les discussions portent sur les dispositifs de surveillance et non pas sur les mesures de régulation, reléguées pour l’instant au second plan. Avec toutefois des enjeux qui ne sont pas minces. Aux Etats-Unis, il s’agit de savoir si tous les pouvoirs vont être concentrés dans les mains de la Fed, ou si la multiplicité des organismes de contrôle (dont les agences d’Etat) peuvent contribuer à l’efficacité du dispositif qui sera finalement retenu. En Europe, on attend avec curiosité de lire les termes du compromis alambiqué qui permettra de mettre d’accord les Britanniques, qui veulent à tout prix que la City garde les mains libres, avec les autres pays européens, dont les Allemands, qui voudraient l’encadrer dans un dispositif commun. A moins que, comme des voix le suggèrent outre-Manche, les Britanniques fassent un esclandre et refusent ne serait-ce même qu’un accord à minima, encore jugé trop contraignant, prenant la responsabilité d’ouvrir une grande crise européenne qui est pour l’instant larvée mais contenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, sur ces dossiers très sensibles, on est plus que jamais dans le royaume des simulacres. On dit ainsi que Tim Geithner, secrétaire américain au Trésor, pousserait les Européens à rendre public les résultats des stress tests que les banques vont devoir subir, les Allemands s’y refusant avec véhémence et les Français ne se mouillant pas, mais que faut-il en penser quand on sait la farce que ceux-ci ont été outre-Atlantique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que croire aussi, quand on lit les dernières déclarations de Larry Summers, conseiller économique en chef de Barack Obama, réfutant les attaques républicaines selon lesquelles c’est une politique industrielle « socialiste » et à l’européenne qui était menée par l’administration démocrate, assurant que les interventions dans le secteur des entreprises étaient « temporaires, basées sur les principes du marché et intrusives au minimum » ? Le pragmatisme le plus total règne, en réalité, au fur et à mesure des urgences, les mesures qui sont adoptées sont habillées pour la circonstance de manière plus ou moins convaincante. Dans les faits, les grands principes ont été balayés et l’on ne s’y réfère plus que pour la galerie. D’autant, en l’espèce, que Larry Summers a donné comme exemples de ce soi-disant respect des principes du marché le fait qu’il n’était plus nécessaire que l’Etat fasse l’acquisition des actifs toxiques présents au bilan des banques, et que la réforme du secteur financier, qui devrait être annoncée la semaine prochaine sera « l’élément central » de la révision de la régulation financière. Deux décors dressés pour masquer, sous couvert du changement, ce qui s’affirme essentiellement comme la volonté déterminée de laisser à l’oligarchie financière sa liberté d’action. En témoigne, très symboliquement, l’abandon qui vient d’intervenir de toute règle contraignante en matière de rémunération des cadres supérieurs des institutions financières bénéficiant d’aides publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G8 Finances a surtout été consacré à la situation européenne, car celle-ci est désormais considérée comme la plus fragile du moment. Non seulement parce que les banques européennes sont soupçonnées de ne pas avoir effectué autant de progrès (relatif) que leurs consœurs américaines dans le nettoyage de leur bilan, mais parce que de menaçants nuages orageux se présentent à l’horizon des semaines et des mois à venir. La crise financière dans les pays baltiques, qui menace l’édifice bancaire européen, lui-même tenté de ne plus soutenir à bout de bras ses filiales des pays de l’Est, ayant ses propres problèmes à régler. Les conséquences de la rareté et de la cherté du crédit bancaire pour les entreprises (on sait le rôle déterminant que les banques jouent à cet égard en Europe, au contraire des Etats-Unis), en premier lieu celles dont l’acquisition a été financée par l’emprunt (LBO), ainsi que sur le marché obligataire, auquel seules les grandes entreprises ont accès.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La révision des normes engagée par l’IASB, dans la foulée des Américains (l’abandon de la comptabilisation à la valeur du marché), est désormais en cours, après avoir eu quelques difficultés de démarrage. Tout est fait pour que ce soulagement accordé aux banques, qui pourront ainsi améliorer leur bilan par de simples jeux d’écriture, intervienne à temps pour que les nouvelles normes puissent être utilisées pour l’exercice 2009. On verra d’ailleurs si tout le chemin que les banques souhaitent voir accompli par l’IASB le sera effectivement, ou s’il ne le sera seulement qu’en partie, mais il est de toute façon clair que le compte n’y sera pas et que d’autres mesures, non comptables, seront nécessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les récentes fanfaronnades de certaines banques françaises, qui laissent entendre qu’elles souhaiteraient suivre l’exemple des américaines et rembourser les fonds publics qu’elles ont reçus, ne sont pas crédibles. Elles seraient irresponsables si elles devaient connaître ne serait-ce que d’un commencement d’exécution pour certaines d’entre elles. La situation alarmante des banques régionales allemandes, des caisses d’épargne espagnoles ou de la Caisse d’Epargne-Banque Populaire en France n’est que le sommet visible de l’iceberg, étant donné ce qui peut être valablement craint de la suite des évènements, sans compter ce qui est actuellement dissimulé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’où l’important regain de pressions en cours pour que des stress tests soient systématiquement engagés en Europe. L’enjeu étant moins sur le principe, car ils ont déjà plus ou moins eu lieu, en ordre dispersé, que sur leurs modalités et, par la suite, sur la publicité donné à leurs résultats. Ce ne sera toutefois qu’un coup d’épée dans l’eau, lorsque qu’ils auront été effectués, si des mesures financières ne sont pas dès rapidement appliquées ensuite. Les Allemands y travaillent activement, bien qu’ils souhaitent faire l’économie des tests politiquement scabreux, ayant en réalité bien mesuré la désastreuse situation de leur système bancaire. Les Britanniques ont, dès la première heure ou presque, pris le taureau par les cornes en nationalisant plusieurs banques. Pour résumer les mesures déjà adoptées, les Allemands (pour leurs Landesbanken, les banques régionales), ainsi que les Irlandais, ont annoncé la création de « bad banks », les Britanniques ont préféré assurer les banques contre les éventuelles pertes occasionnées par leurs actifs toxiques. Mais cela laisse de grands trous dans le système bancaire européen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en cause, ce n’est pas seulement le risque, toujours présent, que représente un édifice financier globalement très fragilisé, susceptible de connaître des incidents ayant des répercussions en chaîne non maîtrisées. C’est aussi l’impact très négatif que va avoir cette situation d’incertitude sur la croissance future, si ce même système, incapable de jouer son rôle pendant de nombreuses années à venir (s’il parvient à échapper à de nouveaux dérapages). Justifiant les sombres pronostics de croissance atone entendu de toutes parts, lorsque la récession sera passée, avec une double et lourde conséquence : sur l’emploi et la situation sociale (et donc politique), ainsi que sur le déficit des Etats, qu’il faudra pourtant bien résorber, soit par des mesures fiscales et des coupes budgétaires claires, soit par l’inflation. Avec un effet en boucle sur la situation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition d’un député français de l’UMP de créer une « Caisse européenne d’amortissement de la crise financière », où seraient logées les dettes européennes nées de la récession, qui emprunterait sur le marché international, est sans doute fondée. Au regard de l’accroissement prévisible de la dette des pays européens et de la solidarité que l’on pourrait attendre entre eux, ainsi que des difficultés qu’elles vont inévitablement rencontrer à la financer, de son coût accru, et au final de ses conséquences quant à la solidité de la zone euro, ou de l’Europe tout court. Mais elle se heurte dès maintenant à une réalité qui ne peut que croître, sauf sursaut dont on ne voit pas l’origine. C’est de plus en plus le chacun pour soi qui domine et toute solution collective, assise sur une mutualisation des problèmes et des risques, est écartée par ceux qui pensent pouvoir s’en sortir par eux-mêmes. C’est le cas de l’Allemagne, mais aussi celui de la Grande-Bretagne, qui considérant que la City est le seul levier dont elle dispose pour se tirer d’affaire, cherche à tout prix à la prémunir de toute régulation européenne contraignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’emploi est et va être la question la plus importante en Europe dans les prochaines années, en dépit des « boucliers sociaux » des Etats. Les chiffres de « destruction » de l’emploi - la brutalité du mot évoque celle de la réalité sociale auquel il correspond - donnés tout dernièrement par l’INSEE pour la France, risquent de n’être qu’un avant-goût de la vague qui touche et va déferler sur toute l’Europe. Ce n’est pas seulement le chômage qui va grimper, c’est aussi la précarité de l’emploi, qualifiée de flexibilité par ceux qui la préconisent. C’est pour cette raison que le prochain sommet de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), du 15 au 17 juin à Genève, va être très fréquenté par les chefs d’Etat et de gouvernement, qui vont s’en servir de tribune à leur avantage. L’objectif, selon Juan Somavia, le directeur du secrétariat de l’OIT, est de réduire au maximum la durée de la crise de l’emploi, qui pourrait s’étaler sur « six à huit ans » et se prolonger bien au-delà si « on laisse les choses en l’état ». Un « Pacte mondial pour l’emploi » va être proposé à la signature des 183 membres de l’OIT, afin de mettre la lutte contre le chômage au centre de gigantesques plans de relance. Il ne restera plus qu’à mettre sur pied ceux-ci, les moyens financiers des Etats étant prioritairement consacrés au sauvetage des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chômage accru va avoir une conséquence inévitable sur la consommation, et donc sur la croissance économique. Sans que les plans de relance ne puissent y suppléer. On commence à mieux appréhender combien le coût du sauvetage du système financier, tel qu’il a été engagé, va être lourd et long à payer. Ce ne sont pas seulement les Etats-Unis qui vont devoir payer ce tribut et céder leur place de leader du monde libre, ni les Américains qui vont en subir les conséquences. Plusieurs phénomènes se conjuguent pour que le déclin des pays occidentaux s’accélère. Le vieillissement de leur population, avec ses fortes conséquences sur les comptes sociaux, le changement d’axe de la croissance mondiale (déjà bien entamé, mais qui va se poursuivre plus rapidement), et les conséquences de la crise du système financier dont ils avaient le contrôle quasi exclusif et dont le coût prohibitif est en premier lieu à leur charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a title="Permanent Link: L’actualité de la crise : L’impardonnable est arrivé, par François Leclerc" rel="bookmark" href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=3363"> L’actualité de la crise : L’impardonnable est arrivé</a></h2>
<p>Rien d’un tant soi peu concret n’est sorti de la réunion du G8 qui vient de se terminer en Italie et qui a réuni les ministres des finances de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de la Russie et du Japon. La prudence des formulations très générales du communiqué final, comme le silence fait sur certaines questions sensibles (l’évaluation de l’état du système bancaire), illustrent ce qu’il faut bien désormais appeler la paralysie de nombreux gouvernements, en premier lieu européens quand il s’agit d’œuvrer de concert à une solution de la crise.</p>
<p>Loin de s’éclaircir, la situation se complique. L’opacité financière de départ n’est pas dissipée, les crises financières et économiques se contaminent mutuellement, la globalisation de la crise générale contribue à son approfondissement et non pas à son recul, les actions des gouvernements, comme leurs déclarations, se poursuivent en ordre dispersé et, il faut bien le dire, dans une confusion accrue qui ne fait que refléter l’expression d’intérêts nationaux antagoniques faisant obstacle aux réponses communes qui sont indispensables : la crise est internationale, les solutions sont mondiales. Mais celles-ci font toujours défaut, l’improvisation continue d’être la règle. Est-ce un répit ou le début d’une accalmie porteuse de nouveaux problèmes, nul ne le sait vraiment, bien que tout le monde ou presque affecte de le laisser entendre quand il ne l’annonce pas. Mais dans tous les cas de figure, la crise et ses effets vont être de longue durée et douloureux.</p>
<p>Expression de cette situation, la Banque Mondiale vient de rendre public ses dernières prévisions de croissance, revues à la baisse, annonçant pour 2009 une chute du PIB mondial de 3 %, contre 1,75 % précédemment. Cette moyenne ne devant pas masquer, comme toujours, de grandes disparités et des situations particulièrement alarmantes dans les pays en voie de développement. En revanche, le FMI a revu ses propres prévisions afin de préparer le G8 et se montre pour une fois nettement plus optimiste, il prévoit désormais une croissance mondiale de 2,4% en 2010, au lieu de 1,9% jusqu’à présent. Qui a raison ? Qui a tort ? Ces divergences d’appréciation ne sont-elles pas l’expression de l’incertitude qui continue de prévaloir, plutôt que le résultat d’analyses momentanément divergentes ? Que valent en réalité ces prévisions, comme tant d’autres, quand il n’y a plus de points de repère, quand les instruments de mesure mêmes devraient être réétalonnés ?</p>
<p>Une autre approche permet peut-être de trancher le débat. « La situation du commerce mondial a empiré. Et si je ne partage pas l’optimisme, parfois un peu de commande, des gouvernements ou de ceux qui cherchent à influencer les marchés financiers, c’est parce que (…) du côté du commerce international, je ne vois pas à l’heure actuelle de signe positif », a déclaré Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, vendredi dernier à Paris.</p>
<p>En volume, le commerce mondial devrait en effet chuter de 9% en 2009. Il faut remonter à la Seconde guerre mondiale pour trouver une contraction d’une telle ampleur, a-t-il fait remarquer. « Il n’y a rien qui démente qu’on soit toujours en plein dans cette crise qui commence et qui continuera », a également ajouté Pascal Lamy, prédisant que ses conséquences sociales étaient encore devant nous, en particulier dans les pays en voie de développement.</p>
<p>Une autre image de cette situation, mais cette fois-ci de la confusion qui règne, est le débat désormais permanent qui s’est engagé des deux côtés de l’Atlantique à propos des dangers respectifs de la déflation et de l’inflation. Avec pour conséquence, selon le choix qui est fait, la poursuite de la politique de création monétaire des banques centrales (ou son affirmation s’agissant de la BCE), ou, alternativement, la préparation de mesures afin d’assécher le marché des liquidités qu’elles ont abondamment répandues. La difficulté provenant non seulement de la valeur contestable des pronostics de reprise, que l’on continue à entendre sans qu’ils soient davantage fondés sur des données établies (ou correctement analysées), mais du fait que, d’un pays à l’autre, les situations sont dissemblables. Or, encore une fois, une réponse unique est indispensable dans notre économie globalisée.</p>
<p>De partout, nous entendons les mots de déflation et d’inflation, sans savoir trop bien où nous en sommes finalement, et surtout où nous allons. Allons-nous bientôt découvrir ceux de stagflation et, plus étrange encore, de <em>slumpflation</em> ? Contraction de l’anglais slump (crise) et d’inflation, ce dernier terme pourrait acquérir une certaine renommée, il caractérise une situation économique marquée à la fois par une récession et une forte inflation. C’est la version détériorée de la stagflation, mélange de faible croissance nulle ou faible et toujours d’une forte inflation. Le véritable choix devant lequel nous sommes placés, et que les politiques vont devoir assumer et nous avec, est plus probablement celui qui va devoir être effectué entre ces deux dernières hypothèses. Un spectre pouvant chasser l’autre.</p>
<p>Pour l’instant, ces mêmes politiques préfèrent évoquer une « inflation négative », toujours à l’affût d’une représentation des faits qui justifie leurs mesures ou leur inaction, afin de ne pas reconnaître la déflation que va selon toute vraisemblance connaître toute l’Europe dès ce mois de juin. Au G8, ils ont choisi de parler de « signes de stabilisation », ce qui est encore plus vague. Christine Lagarde, ministre française de l’économie, a pour sa part parlé de « repli de l’inflation » et de « signe négatif de l’inflation » dans un communiqué publié vendredi dernier, pour désigner l’inavouable, alors qu’elle confirme qu’aucune mesure de relance supplémentaire française n’est prévue (« nous n’avons pas besoin de rajouter de l’engrais à la croissance qui germe actuellement », dans son interview de vendredi dernier aux Echos). Etrange gymnastique que la sienne, destinée à justifier sa politique, quand elle en vient à expliquer que cette baisse des prix (signe précurseur d’une déflation qu’elle ne nomme pas) agit « comme un facteur de soutien à la consommation dans le contexte difficile de la remontée du chômage. » Il n’y a donc pas besoin de relance, elle se fait toute seule et cela coûte moins cher au budget de l’Etat, CQFD.</p>
<p>C’est à 1957 qu’il faut remonter, selon l’INSEE, pour retrouver une inflation annuelle négative en France. Et, si l’on voulait poursuivre dans la même veine et rechercher d’autres précédents historiques, on n’en trouverait pas à propos de la chute de la production industrielle de la zone euro enregistrée par Eurosat (l’office européen des statistiques), car cet indice n’a été crée qu’en 1990, avec cet organisme. La baisse enregistrée en avril dernier est de 21,6% sur un an, de savants calculs ayant permis de l’établir, la zone euro n’existant que depuis 1999. Voici le détail, sur un an : -- 27,1 % pour les biens intermédiaires, -- 26,7 % pour les biens d’investissement, -- 22,4 % pour les biens de consommation durables, -12,3 % pour l’énergie et -- 6,5 % pour les biens de consommation non durables.</p>
<p>Pour revenir à Christine Lagarde, et essayer de comprendre la situation, était-il utile de se référer à son appréciation de la situation, dans Les Echos de vendredi dernier, selon laquelle « de multiples petits signes (…) laissent penser que la chute s’est arrêtée » ? Car, dès le lendemain, vendredi, et en marge de la réunion du G8 italien, la ministre a voulu mettre les choses au point : « Il ne faut surtout pas s’emballer sur la reprise alors que l’on est encore en train de relancer, de stimuler et de s’assurer que les plans de relance fonctionnent ». François Fillon, le premier ministre français, avait quant à lui préféré évoquer, de Paris, « une sortie de crise qui s’amorce ». Comprenne qui pourra. Quand Sophie démarrait, Charles traînait et Pierre freinait…</p>
<p>Plus prudent qu’à l’accoutumée, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a qualifié, vendredi depuis Sofia, la situation de « très difficile, et impossible à prévoir ». Dans un accès de franchise, pour ne pas dire de clairvoyance, qui ne lui ressemble pas, il ajoutait : « Il est de notre devoir de rendre plus résistant le système financier mondial et de renforcer la stabilité de l’économie réelle mondiale. Nous ne pouvons pas permettre que dans quelques années une nouvelle crise semblable à la crise actuelle apparaisse. Ce serait impardonnable ».</p>
<p>« Rendre plus résistant le système mondial », puisque même le mot de régulation semble ne plus avoir cours dans les interventions de Jean-Claude Trichet, est une préoccupation qui fait l’objet de multiples débats publics, ainsi que de batailles qui le sont moins. Il est toutefois surprenant de constater que -- que l’on soit aux Etats-Unis ou en Europe -- les discussions portent sur les dispositifs de surveillance et non pas sur les mesures de régulation, reléguées pour l’instant au second plan. Avec toutefois des enjeux qui ne sont pas minces. Aux Etats-Unis, il s’agit de savoir si tous les pouvoirs vont être concentrés dans les mains de la Fed, ou si la multiplicité des organismes de contrôle (dont les agences d’Etat) peuvent contribuer à l’efficacité du dispositif qui sera finalement retenu. En Europe, on attend avec curiosité de lire les termes du compromis alambiqué qui permettra de mettre d’accord les Britanniques, qui veulent à tout prix que la City garde les mains libres, avec les autres pays européens, dont les Allemands, qui voudraient l’encadrer dans un dispositif commun. A moins que, comme des voix le suggèrent outre-Manche, les Britanniques fassent un esclandre et refusent ne serait-ce même qu’un accord à minima, encore jugé trop contraignant, prenant la responsabilité d’ouvrir une grande crise européenne qui est pour l’instant larvée mais contenue.</p>
<p>Car, sur ces dossiers très sensibles, on est plus que jamais dans le royaume des simulacres. On dit ainsi que Tim Geithner, secrétaire américain au Trésor, pousserait les Européens à rendre public les résultats des stress tests que les banques vont devoir subir, les Allemands s’y refusant avec véhémence et les Français ne se mouillant pas, mais que faut-il en penser quand on sait la farce que ceux-ci ont été outre-Atlantique ?</p>
<p>Que croire aussi, quand on lit les dernières déclarations de Larry Summers, conseiller économique en chef de Barack Obama, réfutant les attaques républicaines selon lesquelles c’est une politique industrielle « socialiste » et à l’européenne qui était menée par l’administration démocrate, assurant que les interventions dans le secteur des entreprises étaient « temporaires, basées sur les principes du marché et intrusives au minimum » ? Le pragmatisme le plus total règne, en réalité, au fur et à mesure des urgences, les mesures qui sont adoptées sont habillées pour la circonstance de manière plus ou moins convaincante. Dans les faits, les grands principes ont été balayés et l’on ne s’y réfère plus que pour la galerie. D’autant, en l’espèce, que Larry Summers a donné comme exemples de ce soi-disant respect des principes du marché le fait qu’il n’était plus nécessaire que l’Etat fasse l’acquisition des actifs toxiques présents au bilan des banques, et que la réforme du secteur financier, qui devrait être annoncée la semaine prochaine sera « l’élément central » de la révision de la régulation financière. Deux décors dressés pour masquer, sous couvert du changement, ce qui s’affirme essentiellement comme la volonté déterminée de laisser à l’oligarchie financière sa liberté d’action. En témoigne, très symboliquement, l’abandon qui vient d’intervenir de toute règle contraignante en matière de rémunération des cadres supérieurs des institutions financières bénéficiant d’aides publiques.</p>
<p>Le G8 Finances a surtout été consacré à la situation européenne, car celle-ci est désormais considérée comme la plus fragile du moment. Non seulement parce que les banques européennes sont soupçonnées de ne pas avoir effectué autant de progrès (relatif) que leurs consœurs américaines dans le nettoyage de leur bilan, mais parce que de menaçants nuages orageux se présentent à l’horizon des semaines et des mois à venir. La crise financière dans les pays baltiques, qui menace l’édifice bancaire européen, lui-même tenté de ne plus soutenir à bout de bras ses filiales des pays de l’Est, ayant ses propres problèmes à régler. Les conséquences de la rareté et de la cherté du crédit bancaire pour les entreprises (on sait le rôle déterminant que les banques jouent à cet égard en Europe, au contraire des Etats-Unis), en premier lieu celles dont l’acquisition a été financée par l’emprunt (LBO), ainsi que sur le marché obligataire, auquel seules les grandes entreprises ont accès.</p>
<p>La révision des normes engagée par l’IASB, dans la foulée des Américains (l’abandon de la comptabilisation à la valeur du marché), est désormais en cours, après avoir eu quelques difficultés de démarrage. Tout est fait pour que ce soulagement accordé aux banques, qui pourront ainsi améliorer leur bilan par de simples jeux d’écriture, intervienne à temps pour que les nouvelles normes puissent être utilisées pour l’exercice 2009. On verra d’ailleurs si tout le chemin que les banques souhaitent voir accompli par l’IASB le sera effectivement, ou s’il ne le sera seulement qu’en partie, mais il est de toute façon clair que le compte n’y sera pas et que d’autres mesures, non comptables, seront nécessaires.</p>
<p>Les récentes fanfaronnades de certaines banques françaises, qui laissent entendre qu’elles souhaiteraient suivre l’exemple des américaines et rembourser les fonds publics qu’elles ont reçus, ne sont pas crédibles. Elles seraient irresponsables si elles devaient connaître ne serait-ce que d’un commencement d’exécution pour certaines d’entre elles. La situation alarmante des banques régionales allemandes, des caisses d’épargne espagnoles ou de la Caisse d’Epargne-Banque Populaire en France n’est que le sommet visible de l’iceberg, étant donné ce qui peut être valablement craint de la suite des évènements, sans compter ce qui est actuellement dissimulé.</p>
<p>D’où l’important regain de pressions en cours pour que des stress tests soient systématiquement engagés en Europe. L’enjeu étant moins sur le principe, car ils ont déjà plus ou moins eu lieu, en ordre dispersé, que sur leurs modalités et, par la suite, sur la publicité donné à leurs résultats. Ce ne sera toutefois qu’un coup d’épée dans l’eau, lorsque qu’ils auront été effectués, si des mesures financières ne sont pas dès rapidement appliquées ensuite. Les Allemands y travaillent activement, bien qu’ils souhaitent faire l’économie des tests politiquement scabreux, ayant en réalité bien mesuré la désastreuse situation de leur système bancaire. Les Britanniques ont, dès la première heure ou presque, pris le taureau par les cornes en nationalisant plusieurs banques. Pour résumer les mesures déjà adoptées, les Allemands (pour leurs Landesbanken, les banques régionales), ainsi que les Irlandais, ont annoncé la création de « bad banks », les Britanniques ont préféré assurer les banques contre les éventuelles pertes occasionnées par leurs actifs toxiques. Mais cela laisse de grands trous dans le système bancaire européen.</p>
<p>Ce qui est en cause, ce n’est pas seulement le risque, toujours présent, que représente un édifice financier globalement très fragilisé, susceptible de connaître des incidents ayant des répercussions en chaîne non maîtrisées. C’est aussi l’impact très négatif que va avoir cette situation d’incertitude sur la croissance future, si ce même système, incapable de jouer son rôle pendant de nombreuses années à venir (s’il parvient à échapper à de nouveaux dérapages). Justifiant les sombres pronostics de croissance atone entendu de toutes parts, lorsque la récession sera passée, avec une double et lourde conséquence : sur l’emploi et la situation sociale (et donc politique), ainsi que sur le déficit des Etats, qu’il faudra pourtant bien résorber, soit par des mesures fiscales et des coupes budgétaires claires, soit par l’inflation. Avec un effet en boucle sur la situation sociale.</p>
<p>La proposition d’un député français de l’UMP de créer une « Caisse européenne d’amortissement de la crise financière », où seraient logées les dettes européennes nées de la récession, qui emprunterait sur le marché international, est sans doute fondée. Au regard de l’accroissement prévisible de la dette des pays européens et de la solidarité que l’on pourrait attendre entre eux, ainsi que des difficultés qu’elles vont inévitablement rencontrer à la financer, de son coût accru, et au final de ses conséquences quant à la solidité de la zone euro, ou de l’Europe tout court. Mais elle se heurte dès maintenant à une réalité qui ne peut que croître, sauf sursaut dont on ne voit pas l’origine. C’est de plus en plus le chacun pour soi qui domine et toute solution collective, assise sur une mutualisation des problèmes et des risques, est écartée par ceux qui pensent pouvoir s’en sortir par eux-mêmes. C’est le cas de l’Allemagne, mais aussi celui de la Grande-Bretagne, qui considérant que la City est le seul levier dont elle dispose pour se tirer d’affaire, cherche à tout prix à la prémunir de toute régulation européenne contraignante.</p>
<p>L’emploi est et va être la question la plus importante en Europe dans les prochaines années, en dépit des « boucliers sociaux » des Etats. Les chiffres de « destruction » de l’emploi -- la brutalité du mot évoque celle de la réalité sociale auquel il correspond -- donnés tout dernièrement par l’INSEE pour la France, risquent de n’être qu’un avant-goût de la vague qui touche et va déferler sur toute l’Europe. Ce n’est pas seulement le chômage qui va grimper, c’est aussi la précarité de l’emploi, qualifiée de flexibilité par ceux qui la préconisent. C’est pour cette raison que le prochain sommet de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), du 15 au 17 juin à Genève, va être très fréquenté par les chefs d’Etat et de gouvernement, qui vont s’en servir de tribune à leur avantage. L’objectif, selon Juan Somavia, le directeur du secrétariat de l’OIT, est de réduire au maximum la durée de la crise de l’emploi, qui pourrait s’étaler sur « six à huit ans » et se prolonger bien au-delà si « on laisse les choses en l’état ». Un « Pacte mondial pour l’emploi » va être proposé à la signature des 183 membres de l’OIT, afin de mettre la lutte contre le chômage au centre de gigantesques plans de relance. Il ne restera plus qu’à mettre sur pied ceux-ci, les moyens financiers des Etats étant prioritairement consacrés au sauvetage des banques.</p>
<p>Ce chômage accru va avoir une conséquence inévitable sur la consommation, et donc sur la croissance économique. Sans que les plans de relance ne puissent y suppléer. On commence à mieux appréhender combien le coût du sauvetage du système financier, tel qu’il a été engagé, va être lourd et long à payer. Ce ne sont pas seulement les Etats-Unis qui vont devoir payer ce tribut et céder leur place de leader du monde libre, ni les Américains qui vont en subir les conséquences. Plusieurs phénomènes se conjuguent pour que le déclin des pays occidentaux s’accélère. Le vieillissement de leur population, avec ses fortes conséquences sur les comptes sociaux, le changement d’axe de la croissance mondiale (déjà bien entamé, mais qui va se poursuivre plus rapidement), et les conséquences de la crise du système financier dont ils avaient le contrôle quasi exclusif et dont le coût prohibitif est en premier lieu à leur charge.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3484</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2009 18:51:22 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3484</guid>
		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090610-1879.html&quot;&gt;Aux Etats-Unis, l&#039;immobilier et les déficits sont en chute libre !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons pas si la reprise américaine -- dont l&#039;imminence est martelée par une majorité d&#039;économistes et de chroniqueurs qui prennent quotidiennement le pouls de Wall Street -- sera au rendez-vous fin 2009. En revanche, nous avons la certitude que les plus grandes banques ressentent le besoin urgent de rembourser les sommes empruntées au TARP afin de retrouver une totale indépendance en matière de stratégie financière et de fixation du niveau de rémunération des dirigeants et collaborateurs identifiés comme stratégiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 des 19 plus grandes institutions financières américaines viennent de recevoir l&#039;autorisation de procéder à un paiement par anticipation. Le montant cumulé pourrait avoisiner les 68 milliards de dollars et servira à reconstituer le matelas de sécurité du système bancaire américain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà un bel exemple de vertu et un signe de bonne volonté que les Européens seraient bien inspirés de suivre ! Ce n&#039;est pas nous qui l&#039;affirmons mais Tim Geithner. Il compte se rendre en Italie cette semaine pour discuter de la mise en place d&#039;un &lt;em&gt;stress test&lt;/em&gt; à la mode européenne, histoire de pouvoir prouver que des pays comme l&#039;Allemagne, la Hollande ou la France -- très critiques à l&#039;égard des Etats-Unis -- auraient bien besoin de balayer devant leur porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le principe d&#039;une opération d&#039;évaluation est bien &quot;dans les tuyaux&quot;, elle serait globale : il n&#039;y aurait pas d&#039;enquête personnalisée établissement par établissement. Et si nos gouvernants choisissent d&#039;imiter le sage exemple de la Grande-Bretagne (qui a devancé l&#039;appel américain de quelques semaines), les résultats demeureront &lt;a href=&quot;http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090530-1852.html&quot;&gt;un secret bien gardé&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons déjà indiqué à de nombreuses reprises que les banques du Vieux Continent avaient délibérément pris un &quot;léger&quot; retard dans la prise en compte de leurs pertes potentielles... C&#039;est bien joué puisqu&#039;entre temps, les règles du &lt;em&gt;mark to market&lt;/em&gt; (valorisation des positions en fonction de l&#039;état présent du marché) ont été assouplies, ce qui contribue à minorer substantiellement le montant de l&#039;ardoise sur les dérivés de crédit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le principal enjeu aujourd&#039;hui pour les Etats-Unis, ce n&#039;est plus seulement le degré de confiance qu&#039;inspirent les banques mais bel bien celui qui concerne les états : avec une Californie en faillite et qui ne survit qu&#039;à coup de dotations exceptionnelles, avec une région des Grands Lacs et du Centre en pleine récession, une Floride qui voit s&#039;effondrer ses recettes fiscales (taxes foncières, tourisme) et un système de santé au bord de l&#039;apoplexie financière, c&#039;est le crédit du pays tout entier qui est menacé d&#039;un abaissement de notation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, aucune agence n&#039;osera priver ouvertement les Etats-Unis de leur triple A : comme le disaient avec humour nombre d&#039;économistes après la dégradation de la dette souveraine britannique il y a un mois, les experts de Standard &amp; Poor&#039;s, Moody&#039;s et autres Fitch auraient trop peur d&#039;aller compléter les cellules qui se libèrent à Guantanamo !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les agences de notation savent jusqu&#039;où ne pas aller trop loin, le marché, lui, est parfaitement libre d&#039;exprimer à sa façon (impitoyable et souvent brutale) sa propre évaluation de la solidité de la dette américaine. Une nouvelle vague d&#039;émissions de bons du Trésor est programmée cette semaine et l&#039;adjudication de 35 milliards de dollars de T-Notes à trois ans a été précédée ces dernières 48 heures d&#039;une flambée de 15 points du taux de rendement implicite (à 1,38%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons revenir dans quelques instants sur l&#039;état réel du moteur principal de la croissance américaine, c&#039;est-à-dire le marché immobilier qui conditionne le niveau de la consommation. Avant cela, nous ne résistons pas à l&#039;envie de vous faire part d&#039;une petite anecdote -- qui en dit plus long qu&#039;un savant discours macroéconomique émaillé de formules mathématiques alambiquées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Figurez-vous que le secrétaire américain au Trésor US s&#039;est résolu début juin à placer en location sa maison de Westchester County (état de New York) après avoir échoué à la vendre, même en ayant consenti une ristourne sur le prix de cession initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Timothy Geithner peut toujours tenter de nous convaincre que la reprise est à une portée de tir d&#039;un lanceur de tarte à la crème... nous lui attribuons d&#039;office le Prix Pinocchio : l&#039;état de New York va en effet voir son déficit fiscal exploser de 1,7 milliard de dollars en 2009, à 17,65 milliards de dollars en 2010 (+1 000%, ce sera un record national !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en 2010, le taux du déficit budgétaire de l&#039;état de New York atteindra -31,9%, juste derrière le numéro un toutes catégories confondues, à savoir le Nevada avec -32%. Mais le podium ne serait pas au complet sans l&#039;Alaska de Sarah Palin (-30%)... et deux autres prétendants sont bien placés pour remporter une médaille, moyennant quelques nouveaux déboires imprévus : il s&#039;agit de la Floride et de l&#039;Arizona (avec -28%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Californie n&#039;occuperait paradoxalement que la sixième position avec un déficit de -22,5%. Cependant, l&#039;état dirigé par Arnold le &quot;Gouvernator&quot; affichera une ardoise sans équivalent de -25 milliards de dollars (contre -14,8 milliards en 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Californie, c&#039;est un peu le laboratoire avancé des phénomènes macroéconomiques américains. Cet état peut s&#039;enorgueillir de détenir trois des cinq premières places du pays en matière de chute des prix de l&#039;immobilier (classement par zones résidentielles) en l&#039;espace de deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute atteint -46,5% à Fairfield (non, pas il ne s&#039;agit pas de Fairview ni de Wisteria Lane... mais les propriétaires -- hommes ou femmes d&#039;intérieur -- sont bel et bien désespérés). On en est à -50,8% à Modesto -- où la valeur des maisons est en effet devenue bien plus modeste. Et ce sont -51,1% à Stockton, avec en prime le second plus fort taux de &lt;em&gt;negative equity&lt;/em&gt; des Etats-Unis puisque 57,5% des acheteurs perdent de l&#039;argent par rapport à leur prix d&#039;acquisition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le numéro un toutes catégories confondues reste toutefois -- vous deviez vous en douter -- Las Vegas, dans le Nevada. On y enregistre une chute de moitié du prix des biens immobiliers (maisons, copropriétés, parts foncières dans les casinos) et un taux imbattable de 67,2% en &lt;em&gt;negative equity&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes nos excuses si cette avalanche de chiffres présente un caractère quelque peu aride : elle nous est apparue nécessaire pour redonner un caractère concret à certaines réalités qui dérangent. Aux Etats-Unis, les impasses budgétaires état par état vont enregistrer une envolée d&#039;une ampleur jamais observée durant la grande crise de 29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prix des logements vont continuer de chuter inexorablement, alors que 50% des transactions sont le fruit de ventes aux enchères de biens saisis dans une dizaine d&#039;états de l&#039;Union. Le nombre de défauts de paiement sur les cartes de crédit pourrait doubler dans l&#039;intervalle si les taux d&#039;intérêt continuent de se tendre au rythme actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors félicitons-nous de ce que Wall Street ait réussi à clôturer inchangé pour la troisième séance consécutive, avec un Dow Jones qui semble faire son nid vers 8 764 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Philippe Bechade&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a href="http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090610-1879.html">Aux Etats-Unis, l&#8217;immobilier et les déficits sont en chute libre !</a></h2>
<p>Nous ne savons pas si la reprise américaine &#8212; dont l&#8217;imminence est martelée par une majorité d&#8217;économistes et de chroniqueurs qui prennent quotidiennement le pouls de Wall Street &#8212; sera au rendez-vous fin 2009. En revanche, nous avons la certitude que les plus grandes banques ressentent le besoin urgent de rembourser les sommes empruntées au TARP afin de retrouver une totale indépendance en matière de stratégie financière et de fixation du niveau de rémunération des dirigeants et collaborateurs identifiés comme stratégiques.</p>
<p>10 des 19 plus grandes institutions financières américaines viennent de recevoir l&#8217;autorisation de procéder à un paiement par anticipation. Le montant cumulé pourrait avoisiner les 68 milliards de dollars et servira à reconstituer le matelas de sécurité du système bancaire américain.</p>
<p>Voilà un bel exemple de vertu et un signe de bonne volonté que les Européens seraient bien inspirés de suivre ! Ce n&#8217;est pas nous qui l&#8217;affirmons mais Tim Geithner. Il compte se rendre en Italie cette semaine pour discuter de la mise en place d&#8217;un <em>stress test</em> à la mode européenne, histoire de pouvoir prouver que des pays comme l&#8217;Allemagne, la Hollande ou la France &#8212; très critiques à l&#8217;égard des Etats-Unis &#8212; auraient bien besoin de balayer devant leur porte.</p>
<p>Mais si le principe d&#8217;une opération d&#8217;évaluation est bien &laquo;&nbsp;dans les tuyaux&nbsp;&raquo;, elle serait globale : il n&#8217;y aurait pas d&#8217;enquête personnalisée établissement par établissement. Et si nos gouvernants choisissent d&#8217;imiter le sage exemple de la Grande-Bretagne (qui a devancé l&#8217;appel américain de quelques semaines), les résultats demeureront <a href="http://www.la-chronique-agora.com/articles/20090530-1852.html">un secret bien gardé</a> !</p>
<p>Nous avons déjà indiqué à de nombreuses reprises que les banques du Vieux Continent avaient délibérément pris un &laquo;&nbsp;léger&nbsp;&raquo; retard dans la prise en compte de leurs pertes potentielles&#8230; C&#8217;est bien joué puisqu&#8217;entre temps, les règles du <em>mark to market</em> (valorisation des positions en fonction de l&#8217;état présent du marché) ont été assouplies, ce qui contribue à minorer substantiellement le montant de l&#8217;ardoise sur les dérivés de crédit.</p>
<p>Cependant, le principal enjeu aujourd&#8217;hui pour les Etats-Unis, ce n&#8217;est plus seulement le degré de confiance qu&#8217;inspirent les banques mais bel bien celui qui concerne les états : avec une Californie en faillite et qui ne survit qu&#8217;à coup de dotations exceptionnelles, avec une région des Grands Lacs et du Centre en pleine récession, une Floride qui voit s&#8217;effondrer ses recettes fiscales (taxes foncières, tourisme) et un système de santé au bord de l&#8217;apoplexie financière, c&#8217;est le crédit du pays tout entier qui est menacé d&#8217;un abaissement de notation.</p>
<p>Bien entendu, aucune agence n&#8217;osera priver ouvertement les Etats-Unis de leur triple A : comme le disaient avec humour nombre d&#8217;économistes après la dégradation de la dette souveraine britannique il y a un mois, les experts de Standard &amp; Poor&#8217;s, Moody&#8217;s et autres Fitch auraient trop peur d&#8217;aller compléter les cellules qui se libèrent à Guantanamo !</p>
<p>Mais si les agences de notation savent jusqu&#8217;où ne pas aller trop loin, le marché, lui, est parfaitement libre d&#8217;exprimer à sa façon (impitoyable et souvent brutale) sa propre évaluation de la solidité de la dette américaine. Une nouvelle vague d&#8217;émissions de bons du Trésor est programmée cette semaine et l&#8217;adjudication de 35 milliards de dollars de T-Notes à trois ans a été précédée ces dernières 48 heures d&#8217;une flambée de 15 points du taux de rendement implicite (à 1,38%).</p>
<p>Nous allons revenir dans quelques instants sur l&#8217;état réel du moteur principal de la croissance américaine, c&#8217;est-à-dire le marché immobilier qui conditionne le niveau de la consommation. Avant cela, nous ne résistons pas à l&#8217;envie de vous faire part d&#8217;une petite anecdote &#8212; qui en dit plus long qu&#8217;un savant discours macroéconomique émaillé de formules mathématiques alambiquées.</p>
<p>Figurez-vous que le secrétaire américain au Trésor US s&#8217;est résolu début juin à placer en location sa maison de Westchester County (état de New York) après avoir échoué à la vendre, même en ayant consenti une ristourne sur le prix de cession initial.</p>
<p>Timothy Geithner peut toujours tenter de nous convaincre que la reprise est à une portée de tir d&#8217;un lanceur de tarte à la crème&#8230; nous lui attribuons d&#8217;office le Prix Pinocchio : l&#8217;état de New York va en effet voir son déficit fiscal exploser de 1,7 milliard de dollars en 2009, à 17,65 milliards de dollars en 2010 (+1 000%, ce sera un record national !).</p>
<p>Et en 2010, le taux du déficit budgétaire de l&#8217;état de New York atteindra -31,9%, juste derrière le numéro un toutes catégories confondues, à savoir le Nevada avec -32%. Mais le podium ne serait pas au complet sans l&#8217;Alaska de Sarah Palin (-30%)&#8230; et deux autres prétendants sont bien placés pour remporter une médaille, moyennant quelques nouveaux déboires imprévus : il s&#8217;agit de la Floride et de l&#8217;Arizona (avec -28%).</p>
<p>La Californie n&#8217;occuperait paradoxalement que la sixième position avec un déficit de -22,5%. Cependant, l&#8217;état dirigé par Arnold le &laquo;&nbsp;Gouvernator&nbsp;&raquo; affichera une ardoise sans équivalent de -25 milliards de dollars (contre -14,8 milliards en 2009).</p>
<p>La Californie, c&#8217;est un peu le laboratoire avancé des phénomènes macroéconomiques américains. Cet état peut s&#8217;enorgueillir de détenir trois des cinq premières places du pays en matière de chute des prix de l&#8217;immobilier (classement par zones résidentielles) en l&#8217;espace de deux ans.</p>
<p>La chute atteint -46,5% à Fairfield (non, pas il ne s&#8217;agit pas de Fairview ni de Wisteria Lane&#8230; mais les propriétaires &#8212; hommes ou femmes d&#8217;intérieur &#8212; sont bel et bien désespérés). On en est à -50,8% à Modesto &#8212; où la valeur des maisons est en effet devenue bien plus modeste. Et ce sont -51,1% à Stockton, avec en prime le second plus fort taux de <em>negative equity</em> des Etats-Unis puisque 57,5% des acheteurs perdent de l&#8217;argent par rapport à leur prix d&#8217;acquisition.</p>
<p>Le numéro un toutes catégories confondues reste toutefois &#8212; vous deviez vous en douter &#8212; Las Vegas, dans le Nevada. On y enregistre une chute de moitié du prix des biens immobiliers (maisons, copropriétés, parts foncières dans les casinos) et un taux imbattable de 67,2% en <em>negative equity</em>.</p>
<p>Toutes nos excuses si cette avalanche de chiffres présente un caractère quelque peu aride : elle nous est apparue nécessaire pour redonner un caractère concret à certaines réalités qui dérangent. Aux Etats-Unis, les impasses budgétaires état par état vont enregistrer une envolée d&#8217;une ampleur jamais observée durant la grande crise de 29.</p>
<p>Les prix des logements vont continuer de chuter inexorablement, alors que 50% des transactions sont le fruit de ventes aux enchères de biens saisis dans une dizaine d&#8217;états de l&#8217;Union. Le nombre de défauts de paiement sur les cartes de crédit pourrait doubler dans l&#8217;intervalle si les taux d&#8217;intérêt continuent de se tendre au rythme actuel.</p>
<p>Alors félicitons-nous de ce que Wall Street ait réussi à clôturer inchangé pour la troisième séance consécutive, avec un Dow Jones qui semble faire son nid vers 8 764 points.</p>
<p><strong>Par Philippe Bechade</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3473</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2009 12:08:00 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3473</guid>
		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pauljorion.com/blog/?p=3348&quot; title=&quot;Permanent Link: L’actualité de la crise : Le paysage de l’après-crise, comme si nous y étions déjà, par François Leclerc&quot;&gt;L’actualité de la crise : Le paysage de l’après-crise, comme si nous y étions déjà&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;« Le gouvernement veut probablement gagner du temps, tenant en vie les banques alors qu’elles luttent pour la vie, cherchant la porte afin de sortir du gâchis dans lequel elles sont. Le danger est que cela affaiblit les banques, qui vont continuer à ne pas être disposées à prêter, obérant les efforts du Président Barack Obama de sortir l’économie de la récession. » C’est ainsi que Joseph Stiglitz commente la situation, sans se laisser visiblement impressionner par la confusion entretenue qui règne à propos des banques dans les médias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux descriptions contradictoires de la même situation s’affrontent actuellement aux Etats-Unis. D’un côté, un discours officiel optimiste, relayé par les banques, pour leur part ravies, qui prend appui sur le résultat des « stress tests » ainsi que sur la réussite de l’appel au marché des banques qui l’a suivi, aboutissant hier mardi à l’annonce que dix d’entre elles sont autorisées à rembourser les fonds publics dont elles ont bénéficié. Signifiant ainsi symboliquement qu’elles n’auront plus besoin d’aide publique, étant tirées d’affaire pour l’avenir. Dans ces conditions, le partenariat public-privé (PPIP), hier grande affaire mais aujourd’hui moins indispensable, est peut-être voué à passer tout simplement à la trappe. Ce ne serait pas la première fois qu’une telle volte-face serait opérée par le Trésor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l’autre, le FMI, ainsi qu’un fort carré d’économistes américains irréductibles, et non des moindres, qui continuent de prendre leurs distances avec le renouveau proclamé sur tous les tons et maintiennent qu’il y a anguille sous roche. Ils mettent l’accent sur le fait que les banques sont toujours vulnérables, n’ayant pas fait à fond le ménage. Sans oublier des représentants plus lucides du monde de la finance, qui voient également un autre film se dérouler devant leurs yeux : « la caractérisation appropriée du marché est que le crédit était il y a deux mois en situation de détresse, il est maintenant seulement stressé » a déclaré Tad Rivelle, de Metropolitan Asset Management, à l’agence Bloomberg. Selon lui, l’économie décline désormais de manière plus modérée, mais cela ne doit pas être confondu avec une reprise proche. « Nous restons dans un environnement économiquement dur et le chômage continue d’augmenter » a-t-il poursuivi. Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, vient de son côté de déclarer avant-hier lundi à Montréal, une fois de plus puisqu’il ne parvient pas à se faire entendre, que « Le processus (d’assainissement du secteur bancaire) est beaucoup trop lent (…) c’est probablement le risque le plus important pesant sur (une reprise en 2010) ». « Il n’y a jamais de reprise tant que l’assainissement n’a pas été achevé », a-t-il insisté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Mais le geste politique le plus significatif, bien que probablement sans effet dans l’immédiat, a été effectué par « The Congressional Oversight Panel » (la Commission de surveillance du Congrès, dirigée par Elizabeth Warren) qui a recommandé au Trésor la tenue de nouveaux « stress tests » des banques américaines, si le chômage devait dépasser les niveaux adoptés lors de leur tenue. Il se trouve que c’est déjà le cas, et cela s’appelle un croc-en-jambe, alors qu’il a donc été triomphalement accordé à dix des plus grandes banques américaines leur bulletin de sortie de l’hôpital. « Le retour de ces fonds ne doit pas faire oublier les excès passé ni autoriser les inconduites à venir », a bien prévenu Barack Obama, comme une sorte de vœu pieux dont on attend la concrétisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans illusions, on pourra juger sur pièces le 17 juin prochain, date à laquelle le Trésor devrait divulguer son plan de révision de la régulation financière, rendant public le cadre dans lequel l’activité des banques et des hedge funds devrait dorénavant s’exercer, les mesures concernant les produits dérivés, ainsi que le dispositif institutionnel chargé de la surveillance anti-systémique de l’ensemble. Car « l’industrie financière » essaye désormais de se refaire une santé, par ses propres moyens et avec ses méthodes éprouvées. Cela implique qu’elle ait les coudées franches pour y parvenir, En d’autres termes, que les mesures de régulation qui seront finalement adoptées n’y fassent pas obstacle. Et qu’elle puisse également reconstituer ses marges (c’est la formule consacrée) grâce à ses activités de prêt aux entreprises et aux particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Wall Street Journal vient d’annoncer que l’administration Obama renonçait à maintenir le projet de restrictions des rémunérations des institutions financières ayant reçu une aide publique, après avoir, au contraire, envisagé d’étendre ces mesures. La loi limite certes le montant des bonus, mais elle est ouvertement contournée par des augmentations de salaire, c’est donc la finance qui impose sa loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux conséquences vont résulter de ce processus, si rien ne s’y oppose. Premièrement, la reconstitution progressive d’une nouvelle bulle spéculative privée, qui côtoiera la bulle des dettes publiques en cours de constitution. Avec, à l’arrivée, deux bulles pour le prix d’une seule ! Deuxièmement, un sérieux coup de frein au redémarrage de l’économie, expliquant la longue période de convalescence qui est annoncée de toutes parts, sans plus d’explications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas chercher ailleurs que dans la compréhension de ce processus l’origine des pronostics d’Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, reflet du consensus qui se forme à propos de l’état de l’économie dans les années à venir : « Nous étions jusqu’à maintenant en chute libre et cela s’est arrêté », vient-il de déclarer. L’actuelle récession économique mondiale va laisser « des cicatrices durables », a-t-il poursuivi lundi dernier sur la chaîne de télévision canadienne CTV, « Il se peut qu’à l’avenir, le chômage demeure à un niveau beaucoup plus élevé qu’avant la récession », la faiblesse du crédit et de l’investissement entravant la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendant public son rapport annuel sur la zone euro, le FMI a confirmé : « La reprise sera probablement lente et sa forme ainsi que le moment où elle interviendra sont fortement incertains (…) Le désendettement en cours, la restructuration des entreprises, et la montée du chômage pèseront sur la demande intérieure. La correction des déséquilibres mondiaux et le taux de change relativement fort limiteront le soutien venu de l’extérieur ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne fait désormais plus débat, nous devons au mieux nous attendre à nous retrouver, en termes de croissance, sur la branche horizontale d’un « L », d’une longueur indéfinie, tout du moins lorsque nous y serons enfin parvenus. Car les indicateurs composites avancés de l’OCDE du mois d’avril ne laissent présager dans l’immédiat qu’une simple « atténuation du rythme de détérioration » de l’économie dans la plupart des pays industrialisés. La déclaration de Barack Obama, lundi dernier à Washington, selon laquelle « … nous sommes toujours au cœur d’une récession très profonde et il nous faudra un temps considérable pour en sortir », constatant que le taux de chômage était désormais de 9,4%, son plus haut niveau depuis un quart de siècle, ne dit pas non plus autre chose. Daniel Tarullo, l’un des gouverneurs de la Fed a abondé dans le même sens, en déclarant : « la reprise pourrait être douloureusement lente, et l’économie restera inhabituellement vulnérable à de nouveaux chocs », ajoutant : « les nouvelles restent mauvaises dans deux domaines qui importent directement pour les familles américaines: le chômage continue de monter et le prix du logement continue de baisser ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conclusions de la réunion des ministres européens de l’économie et des finances de Luxembourg d’hier mardi, prélude au prochain sommet des chefs d’Etat de l’Union Européenne des 18 et 19 juin prochains, n’incitent pas d’avantage à l’optimisme. « La priorité doit être donnée à la viabilité à long terme des finances publiques », y est-il indiqué, ce qui signifie dans la langue de tous les jours : coupes sombres dans les budgets et augmentations de la fiscalité à prévoir pour demain. « Tout le monde est d’accord pour dire que nous avons besoin d’une stratégie de sortie » (de la crise et des déficits) a déclaré, dans l’optique d’une sortie de la récession au cours des 3ème ou 4ème trimestre 2010 (comme si c’était déjà fait), Joaquin Almunia, commissaire européen aux affaires économiques. Sans hélas préciser ce que les participants à la réunion entendaient exactement par là. Ce qui n’est pas étonnant, car les Français ont à nouveau cherché à obtenir un assouplissement du pacte de stabilité (imposant de ne pas dépasser la limite de 3% du PIB avec les déficits), ce que les Allemands ont catégoriquement refusé d’accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre sujet de discorde à l’ordre du jour du sommet des 18 et 19 juin, mais cette fois-ci avec les Britanniques, les propositions de Bruxelles de supervision financière en Europe. Le dispositif de surveillance financière fait l’objet d’une bataille d’amendements qui fait craindre pour sa future efficacité, car il pourrait aboutir à placer la City sous contrôle de la BCE, elle-même sous influence d’Allemands rigoristes et décidés à ne pas se laisser entraîner sur certaines pentes fâcheuses, après avoir découvert combien leurs propres banques avaient lourdement fauté. Ce désaccord prenant le pas sur tous les autres, la mise au point du panier européen de mesures de régulation n’avance pas par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les Européens ne sont pas systématiquement divisés sur tous les sujets, notamment à propos des stress tests des banques. « On veut des tests de résistance pour tout le système bancaire (…) qui ne regardent pas la situation spécifique des fonds propres des banques individuelles », a en effet déclaré mardi, sans être contredit par quiconque, Peer Steinbrück, le ministre allemand des finances. Prenant toutes ses précautions, il a ajouté : « nous sommes contre la publication des résultats » de ces tests, pouvant avoir des « effets contre-productifs » de panique. Les mauvais esprits pouvant en conclure que la situation de certaines banques est loin d’être brillante, en dépit du silence entretenu à ce propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jim Flaherty, le ministre canadien des Finances, a révélé hier à Ottawa que la question sera évoquée lors du prochain G8 de la fin de la semaine, en Italie. « Il y a déjà eu des discussions pour encourager la tenue de ’stress tests’, non seulement sur les banques américaines, mais aussi sur les banques européennes, où cela n’a pas nécessairement eu lieu », a-t-il précisé. En clair, les Américains et les Canadiens s’inquiètent dorénavant de la situation des banques européennes, considérant qu’ils ont pour leur part avancé et que les Européens traînent les pieds. Timothy Geithner vient de préciser, au sujet de ce G8, que les Etats-Unis comptaient « s’assurer que le monde marche avec eux pour élever les normes » en matière de régulation financière. On va donc assister à ce spectacle paradoxal d’Américains apparaissant comme plus régulateurs que les Européens, ayant annoncé la veille du G8 leurs propres réformes en devançant ces derniers, se décernant ainsi un brevet de bonne conduite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un autre facteur important va aussi freiner la reprise. L’un des chroniqueurs du Financial Times, Wolfgang Münchau, analysait hier mardi le cadre général d’évolution de l’économie mondiale, pour considérer que toute attente de la relance provenant des Etats-Unis était vaine. Il s’appuyait sur cette constatation, non sans de solides arguments, pour mettre en cause la politique de la chancelière allemande, Angela Merkel, estimant en conclusion, que : « L’Allemagne va être au plus bas pour une longue période, avec une énorme crise bancaire toujours non résolue, un taux de change sérieusement dopé, présidée par des politiciens paniquant devant la perspective d’une inflation à domicile. Cela ne se terminera pas bien. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux catégories de pays vont en effet particulièrement souffrir de la crise : ceux où les particuliers ont malencontreusement enfourché le balais magique de l’endettement qui leur a été avantageusement proposé, et ceux dont le modèle reposait principalement sur le commerce extérieur. Parmi les pays de l’OCDE, pour ce dernier cas, figurent l’Allemagne et le Japon. Ainsi que la Chine et le Brésil parmi les pays émergents. La énième relance des négociations du cycle de Doha, que vient de tenter Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, apparaît comme un peu dérisoire dans ce contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Zoellick, le président de la Banque Mondiale, vient pour sa part de s’accrocher à un autre espoir, en déclarant à l’occasion d’une conférence à Montréal que c’est la Chine qui allait prochainement sortir l’économie mondiale de la récession : « La Chine va surprendre positivement » a-t-il déclaré, précipitant peut-être un peu le rythme selon lequel cette surprise pourrait intervenir. Sans manifester une telle impatience, il sera toutefois instructif de suivre les travaux du premier sommet des chefs d’Etat du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), le 16 juin prochain, pour lequel le Président chinois Hu Jintao se rendra en Russie et rencontrera Wladimir Poutine et Dmitri Medvedev, respectivement premier ministre et président de la Russie. « Les dirigeants se concentreront sur la crise financière internationale, le sommet du G20, la réforme des institutions financières internationales, la sécurité alimentaire et énergétique, le changement climatique, l’aide au développement et l’avenir du dialogue au sein du BRIC » a annoncé à Pékin le vice-ministre chinois des affaires étrangères, He Yafei. Pour le moins, ce sommet va être symbolique des nouveaux rapports de force mondiaux en gestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà donc le prix prévisible qui va devoir être payé pour que le système financier redevienne florissant - s’il y parvient sans autre accident de parcours. Plus visiblement parasitaire de l’économie, dont il va freiner l’essor au prétexte de la financer. Sa propre prospérité va désormais reposer sur une croissance économique réduite, dont il va porter la responsabilité, ainsi que la contraction des échanges commerciaux mondiaux, la diminution de la consommation des ménages, sans compter quelques conséquences sociales secondaires comme un fort taux permanent de chômage, une augmentation généralisée de la précarité et un accroissement de la pauvreté. Il va falloir le justifier ou l’imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=3348" title="Permanent Link: L’actualité de la crise : Le paysage de l’après-crise, comme si nous y étions déjà, par François Leclerc">L’actualité de la crise : Le paysage de l’après-crise, comme si nous y étions déjà</a></h2>
<p>« Le gouvernement veut probablement gagner du temps, tenant en vie les banques alors qu’elles luttent pour la vie, cherchant la porte afin de sortir du gâchis dans lequel elles sont. Le danger est que cela affaiblit les banques, qui vont continuer à ne pas être disposées à prêter, obérant les efforts du Président Barack Obama de sortir l’économie de la récession. » C’est ainsi que Joseph Stiglitz commente la situation, sans se laisser visiblement impressionner par la confusion entretenue qui règne à propos des banques dans les médias.</p>
<p>Deux descriptions contradictoires de la même situation s’affrontent actuellement aux Etats-Unis. D’un côté, un discours officiel optimiste, relayé par les banques, pour leur part ravies, qui prend appui sur le résultat des « stress tests » ainsi que sur la réussite de l’appel au marché des banques qui l’a suivi, aboutissant hier mardi à l’annonce que dix d’entre elles sont autorisées à rembourser les fonds publics dont elles ont bénéficié. Signifiant ainsi symboliquement qu’elles n’auront plus besoin d’aide publique, étant tirées d’affaire pour l’avenir. Dans ces conditions, le partenariat public-privé (PPIP), hier grande affaire mais aujourd’hui moins indispensable, est peut-être voué à passer tout simplement à la trappe. Ce ne serait pas la première fois qu’une telle volte-face serait opérée par le Trésor.</p>
<p>De l’autre, le FMI, ainsi qu’un fort carré d’économistes américains irréductibles, et non des moindres, qui continuent de prendre leurs distances avec le renouveau proclamé sur tous les tons et maintiennent qu’il y a anguille sous roche. Ils mettent l’accent sur le fait que les banques sont toujours vulnérables, n’ayant pas fait à fond le ménage. Sans oublier des représentants plus lucides du monde de la finance, qui voient également un autre film se dérouler devant leurs yeux : « la caractérisation appropriée du marché est que le crédit était il y a deux mois en situation de détresse, il est maintenant seulement stressé » a déclaré Tad Rivelle, de Metropolitan Asset Management, à l’agence Bloomberg. Selon lui, l’économie décline désormais de manière plus modérée, mais cela ne doit pas être confondu avec une reprise proche. « Nous restons dans un environnement économiquement dur et le chômage continue d’augmenter » a-t-il poursuivi. Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, vient de son côté de déclarer avant-hier lundi à Montréal, une fois de plus puisqu’il ne parvient pas à se faire entendre, que « Le processus (d’assainissement du secteur bancaire) est beaucoup trop lent (…) c’est probablement le risque le plus important pesant sur (une reprise en 2010) ». « Il n’y a jamais de reprise tant que l’assainissement n’a pas été achevé », a-t-il insisté.</p>
<p><span></span>Mais le geste politique le plus significatif, bien que probablement sans effet dans l’immédiat, a été effectué par « The Congressional Oversight Panel » (la Commission de surveillance du Congrès, dirigée par Elizabeth Warren) qui a recommandé au Trésor la tenue de nouveaux « stress tests » des banques américaines, si le chômage devait dépasser les niveaux adoptés lors de leur tenue. Il se trouve que c’est déjà le cas, et cela s’appelle un croc-en-jambe, alors qu’il a donc été triomphalement accordé à dix des plus grandes banques américaines leur bulletin de sortie de l’hôpital. « Le retour de ces fonds ne doit pas faire oublier les excès passé ni autoriser les inconduites à venir », a bien prévenu Barack Obama, comme une sorte de vœu pieux dont on attend la concrétisation.</p>
<p>Sans illusions, on pourra juger sur pièces le 17 juin prochain, date à laquelle le Trésor devrait divulguer son plan de révision de la régulation financière, rendant public le cadre dans lequel l’activité des banques et des hedge funds devrait dorénavant s’exercer, les mesures concernant les produits dérivés, ainsi que le dispositif institutionnel chargé de la surveillance anti-systémique de l’ensemble. Car « l’industrie financière » essaye désormais de se refaire une santé, par ses propres moyens et avec ses méthodes éprouvées. Cela implique qu’elle ait les coudées franches pour y parvenir, En d’autres termes, que les mesures de régulation qui seront finalement adoptées n’y fassent pas obstacle. Et qu’elle puisse également reconstituer ses marges (c’est la formule consacrée) grâce à ses activités de prêt aux entreprises et aux particuliers.</p>
<p>Le Wall Street Journal vient d’annoncer que l’administration Obama renonçait à maintenir le projet de restrictions des rémunérations des institutions financières ayant reçu une aide publique, après avoir, au contraire, envisagé d’étendre ces mesures. La loi limite certes le montant des bonus, mais elle est ouvertement contournée par des augmentations de salaire, c’est donc la finance qui impose sa loi.</p>
<p>Deux conséquences vont résulter de ce processus, si rien ne s’y oppose. Premièrement, la reconstitution progressive d’une nouvelle bulle spéculative privée, qui côtoiera la bulle des dettes publiques en cours de constitution. Avec, à l’arrivée, deux bulles pour le prix d’une seule ! Deuxièmement, un sérieux coup de frein au redémarrage de l’économie, expliquant la longue période de convalescence qui est annoncée de toutes parts, sans plus d’explications.</p>
<p>Il ne faut pas chercher ailleurs que dans la compréhension de ce processus l’origine des pronostics d’Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, reflet du consensus qui se forme à propos de l’état de l’économie dans les années à venir : « Nous étions jusqu’à maintenant en chute libre et cela s’est arrêté », vient-il de déclarer. L’actuelle récession économique mondiale va laisser « des cicatrices durables », a-t-il poursuivi lundi dernier sur la chaîne de télévision canadienne CTV, « Il se peut qu’à l’avenir, le chômage demeure à un niveau beaucoup plus élevé qu’avant la récession », la faiblesse du crédit et de l’investissement entravant la croissance.</p>
<p>Rendant public son rapport annuel sur la zone euro, le FMI a confirmé : « La reprise sera probablement lente et sa forme ainsi que le moment où elle interviendra sont fortement incertains (…) Le désendettement en cours, la restructuration des entreprises, et la montée du chômage pèseront sur la demande intérieure. La correction des déséquilibres mondiaux et le taux de change relativement fort limiteront le soutien venu de l’extérieur ».</p>
<p>Cela ne fait désormais plus débat, nous devons au mieux nous attendre à nous retrouver, en termes de croissance, sur la branche horizontale d’un « L », d’une longueur indéfinie, tout du moins lorsque nous y serons enfin parvenus. Car les indicateurs composites avancés de l’OCDE du mois d’avril ne laissent présager dans l’immédiat qu’une simple « atténuation du rythme de détérioration » de l’économie dans la plupart des pays industrialisés. La déclaration de Barack Obama, lundi dernier à Washington, selon laquelle « … nous sommes toujours au cœur d’une récession très profonde et il nous faudra un temps considérable pour en sortir », constatant que le taux de chômage était désormais de 9,4%, son plus haut niveau depuis un quart de siècle, ne dit pas non plus autre chose. Daniel Tarullo, l’un des gouverneurs de la Fed a abondé dans le même sens, en déclarant : « la reprise pourrait être douloureusement lente, et l’économie restera inhabituellement vulnérable à de nouveaux chocs », ajoutant : « les nouvelles restent mauvaises dans deux domaines qui importent directement pour les familles américaines: le chômage continue de monter et le prix du logement continue de baisser ».</p>
<p>Les conclusions de la réunion des ministres européens de l’économie et des finances de Luxembourg d’hier mardi, prélude au prochain sommet des chefs d’Etat de l’Union Européenne des 18 et 19 juin prochains, n’incitent pas d’avantage à l’optimisme. « La priorité doit être donnée à la viabilité à long terme des finances publiques », y est-il indiqué, ce qui signifie dans la langue de tous les jours : coupes sombres dans les budgets et augmentations de la fiscalité à prévoir pour demain. « Tout le monde est d’accord pour dire que nous avons besoin d’une stratégie de sortie » (de la crise et des déficits) a déclaré, dans l’optique d’une sortie de la récession au cours des 3ème ou 4ème trimestre 2010 (comme si c’était déjà fait), Joaquin Almunia, commissaire européen aux affaires économiques. Sans hélas préciser ce que les participants à la réunion entendaient exactement par là. Ce qui n’est pas étonnant, car les Français ont à nouveau cherché à obtenir un assouplissement du pacte de stabilité (imposant de ne pas dépasser la limite de 3% du PIB avec les déficits), ce que les Allemands ont catégoriquement refusé d’accepter.</p>
<p>Autre sujet de discorde à l’ordre du jour du sommet des 18 et 19 juin, mais cette fois-ci avec les Britanniques, les propositions de Bruxelles de supervision financière en Europe. Le dispositif de surveillance financière fait l’objet d’une bataille d’amendements qui fait craindre pour sa future efficacité, car il pourrait aboutir à placer la City sous contrôle de la BCE, elle-même sous influence d’Allemands rigoristes et décidés à ne pas se laisser entraîner sur certaines pentes fâcheuses, après avoir découvert combien leurs propres banques avaient lourdement fauté. Ce désaccord prenant le pas sur tous les autres, la mise au point du panier européen de mesures de régulation n’avance pas par ailleurs.</p>
<p>Heureusement, les Européens ne sont pas systématiquement divisés sur tous les sujets, notamment à propos des stress tests des banques. « On veut des tests de résistance pour tout le système bancaire (…) qui ne regardent pas la situation spécifique des fonds propres des banques individuelles », a en effet déclaré mardi, sans être contredit par quiconque, Peer Steinbrück, le ministre allemand des finances. Prenant toutes ses précautions, il a ajouté : « nous sommes contre la publication des résultats » de ces tests, pouvant avoir des « effets contre-productifs » de panique. Les mauvais esprits pouvant en conclure que la situation de certaines banques est loin d’être brillante, en dépit du silence entretenu à ce propos.</p>
<p>Jim Flaherty, le ministre canadien des Finances, a révélé hier à Ottawa que la question sera évoquée lors du prochain G8 de la fin de la semaine, en Italie. « Il y a déjà eu des discussions pour encourager la tenue de ’stress tests’, non seulement sur les banques américaines, mais aussi sur les banques européennes, où cela n’a pas nécessairement eu lieu », a-t-il précisé. En clair, les Américains et les Canadiens s’inquiètent dorénavant de la situation des banques européennes, considérant qu’ils ont pour leur part avancé et que les Européens traînent les pieds. Timothy Geithner vient de préciser, au sujet de ce G8, que les Etats-Unis comptaient « s’assurer que le monde marche avec eux pour élever les normes » en matière de régulation financière. On va donc assister à ce spectacle paradoxal d’Américains apparaissant comme plus régulateurs que les Européens, ayant annoncé la veille du G8 leurs propres réformes en devançant ces derniers, se décernant ainsi un brevet de bonne conduite</p>
<p>Enfin, un autre facteur important va aussi freiner la reprise. L’un des chroniqueurs du Financial Times, Wolfgang Münchau, analysait hier mardi le cadre général d’évolution de l’économie mondiale, pour considérer que toute attente de la relance provenant des Etats-Unis était vaine. Il s’appuyait sur cette constatation, non sans de solides arguments, pour mettre en cause la politique de la chancelière allemande, Angela Merkel, estimant en conclusion, que : « L’Allemagne va être au plus bas pour une longue période, avec une énorme crise bancaire toujours non résolue, un taux de change sérieusement dopé, présidée par des politiciens paniquant devant la perspective d’une inflation à domicile. Cela ne se terminera pas bien. »</p>
<p>Deux catégories de pays vont en effet particulièrement souffrir de la crise : ceux où les particuliers ont malencontreusement enfourché le balais magique de l’endettement qui leur a été avantageusement proposé, et ceux dont le modèle reposait principalement sur le commerce extérieur. Parmi les pays de l’OCDE, pour ce dernier cas, figurent l’Allemagne et le Japon. Ainsi que la Chine et le Brésil parmi les pays émergents. La énième relance des négociations du cycle de Doha, que vient de tenter Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, apparaît comme un peu dérisoire dans ce contexte.</p>
<p>Robert Zoellick, le président de la Banque Mondiale, vient pour sa part de s’accrocher à un autre espoir, en déclarant à l’occasion d’une conférence à Montréal que c’est la Chine qui allait prochainement sortir l’économie mondiale de la récession : « La Chine va surprendre positivement » a-t-il déclaré, précipitant peut-être un peu le rythme selon lequel cette surprise pourrait intervenir. Sans manifester une telle impatience, il sera toutefois instructif de suivre les travaux du premier sommet des chefs d’Etat du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), le 16 juin prochain, pour lequel le Président chinois Hu Jintao se rendra en Russie et rencontrera Wladimir Poutine et Dmitri Medvedev, respectivement premier ministre et président de la Russie. « Les dirigeants se concentreront sur la crise financière internationale, le sommet du G20, la réforme des institutions financières internationales, la sécurité alimentaire et énergétique, le changement climatique, l’aide au développement et l’avenir du dialogue au sein du BRIC » a annoncé à Pékin le vice-ministre chinois des affaires étrangères, He Yafei. Pour le moins, ce sommet va être symbolique des nouveaux rapports de force mondiaux en gestation.</p>
<p>Voilà donc le prix prévisible qui va devoir être payé pour que le système financier redevienne florissant -- s’il y parvient sans autre accident de parcours. Plus visiblement parasitaire de l’économie, dont il va freiner l’essor au prétexte de la financer. Sa propre prospérité va désormais reposer sur une croissance économique réduite, dont il va porter la responsabilité, ainsi que la contraction des échanges commerciaux mondiaux, la diminution de la consommation des ménages, sans compter quelques conséquences sociales secondaires comme un fort taux permanent de chômage, une augmentation généralisée de la précarité et un accroissement de la pauvreté. Il va falloir le justifier ou l’imposer.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3471</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2009 12:05:32 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3471</guid>
		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.solidariteetprogres.org/article5511.html&quot;&gt;Arrêtons le « Weimar planétaire » !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
Les avertissements adressés aux banques centrales par la chancelière Angela Merkel, les alertant contre le danger d’une politique inflationniste, &lt;a href=&quot;http://www.solidariteetprogres.org/article5510.html&quot;&gt;ont provoqué – c’est le moins qu’on puisse dire – l’irritation, autant chez leurs gouverneurs que parmi les économistes et la presse financière.&lt;/a&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On voit bien que dans ces milieux, les nerfs sont à fleur de peau, car tout le monde est parfaitement conscient que ces bulles spéculatives gigantesques, que les banques centrales tentent de protéger en faisant tourner la planche à billets, ne peuvent perdurer qu’en se gonflant toujours plus, quelles qu’en soient les conséquences pour l’économie réelle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour sa part, le quotidien économique italien &lt;em class=&quot;spip&quot;&gt;Il Sole 24 Ore&lt;/em&gt; donne raison à Mme Merkel. Ainsi, nos mises en garde contre le risque d’une hyperinflation galopante, provoquée par les énormes quantités d’argent englouties dans les « plans de sauvetage bancaire », trouvent un écho dans la presse, comme en témoigne l’article paru il y a trois semaines dans l’hebdomadaire allemand Focus.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notons également &lt;a href=&quot;http://www.solidariteetprogres.org/article5494.html&quot;&gt;l’intervention de Jacques Attali le 26 janvier à Paris, devant le Forum international économique et financier (FIEF), où il évoqua le danger d’une hyperinflation semblable à celle de l’Allemagne de Weimar en 1923, mais cette fois-ci à l’échelle &lt;em&gt;« planétaire »&lt;/em&gt;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux Etats-Unis, souligna-t-il, la dette totale, public et privé confondus, représentait en janvier 2009, 500 % du PIB, soit 54 000 milliards de dollars. Ainsi, &lt;em&gt;« le scénario du pire est vraisemblable, celui d’une grave dépression et d’une inflation importante. Je le dis comme je le pense : le monde n’est pas loin de s’engager sur le chemin d’un Weimar planétaire ».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En l’état actuel des choses, il existe effectivement un énorme danger qu’on en arrive là car, d’une part, les gouvernements n’ont pas voulu examiner les origines de la crise, et d’autre part, ils ne sont pas prêts à renoncer aux &lt;em&gt;« instruments financiers novateurs »&lt;/em&gt; [LBO, dérivés, titrisations, etc.], qui sont en partie à l’origine de la crise. Ainsi, Günther Bräunig, membre du conseil de la Banque de reconstruction allemande (KfW), a déclaré lors d’une conférence sur la finance à Francfort, que le marché des &lt;em&gt;« titrisations »&lt;/em&gt; allait repartir bientôt. Et les banques recommencent à offrir des titrisations, c’est-à-dire la vente d’obligations de crédit ou des risques qui leur sont liés, tout en faisant miroiter de fortes rémunérations, qui ne sont offertes que sur les marchés à très haut risque.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Bundesbank, pour sa part, vient à nouveau de corriger à la baisse son pronostic pour le produit intérieur brut (PIB) allemand de cette année, qui devrait reculer de 6,2 %, soit bien plus que prévu. Par conséquent, les recettes fiscales sont à revoir à la baisse, avec toutes les difficultés que cela provoquera pour les villes et communes. Aux Etats-Unis, la Conférence nationale des élus des Etats vient de publier un rapport constatant la contraction alarmante de l’assiette fiscale des communes, et encore n’est-ce que le début.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En réalité, de nombreux pays sont déjà insolvables. En Allemagne, au-delà des communes, 1164 entreprises ont déjà été contraintes à faire appel à l’aide publique. La liste des dépôts de bilan s’allonge de jour en jour, y compris celui d’enseignes prestigieuses. La compagnie aérienne British Airways, par exemple, a annoncé la suppression de son fonds de pension interne pour 100 000 employés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ils ont dilapidé des fortunes au casino et on leur demande de recommencer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que penser alors des déclarations de nos hommes politiques et experts, notamment du ministre allemand de l’Economie Karl-Theodor Guttenberg, qui annoncent la fin de la crise pour l’automne ? Serait-ce parce que l’automne commence après les élections générales du 27 septembre ? Comment se fait-il que le directeur de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, voie des &lt;em&gt;« pousses vertes »&lt;/em&gt; pointer sur les marchés ? Peut-être parce que les exportations japonaises en mai n’ont reculé « que » de 40 %, contre 50 % en janvier ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le problème avec eux tous, y compris le ministre des Finances Steinbrück, c’est qu’ils n’ont pas vu venir la crise, qui les a pris par surprise. Pire encore, elle ne les a nullement poussés à remettre en question leurs critères de jugement. Certes, le quotidien économique &lt;em&gt;Handelsblatt&lt;/em&gt; écrivait en janvier qu’après un accident d’avion, on fait toujours appel à des enquêteurs extérieurs pour déterminer le plus précisément possible le déroulement de l’accident, y compris en reconstituant laborieusement, pièce par pièce, les débris, car on doit connaître les causes du crash si l’on veut éviter des accidents similaires à l’avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, dans un véritable théâtre de l’absurde, ce sont quatre économistes de la Réserve fédérale qui ont été chargés de mener l’enquête aux Etats-Unis. Ils en sont venus à la conclusion ridicule que les banques, les agences de notation et les acheteurs n’avaient pas remarqué que la qualité des crédits immobiliers sur le marché américain s’était globalement dégradée. Pourtant, si l’on invite un bouc à s’occuper du jardin, il va tout naturellement dévorer les légumes !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant au &lt;em&gt;Financial Times Deutschland&lt;/em&gt;, il a eu raison – une fois n’est pas coutume – d’écrire que nous nous trouvons dans la pire crise de l’humanité. De ce fait, le monde des économistes devrait avouer que la pensée économique dominante est un échec flagrant. Sa faillite est aussi manifeste que celle du système financier dans son ensemble. La grande majorité des économistes est incapable de comprendre les causes de la crise actuelle, pour les mêmes raisons qu’un représentant de commerce saurait difficilement expliquer pourquoi les prévisions météorologiques ont été fausses, ou qu’un programmeur sait rarement comment mener à bien une opération de pontage. Ils se trompent de méthode.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est vrai qu’un bon nombre d’entre eux ne veulent pas connaître la vérité et préfèrent répandre des contre-vérités. C’est ainsi qu’une commission d’enquête du Bundestag vient de découvrir que Jörg Asmussen, le secrétaire d’Etat au ministère des Finances, qui a toujours prétendu n’avoir été mis au courant des difficultés de la banque Hypo Real Estate qu’en septembre 2008, en avait, en fait, été informé dès février-mars de cette année.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd’hui, ce M. Asmussen fait partie des cinq membres de la commission qui décide, tout à fait indépendamment du Bundestag, qui va pouvoir bénéficier des ressources (480 milliards d’euros) du plan de sauvetage des banques. En outre, il s’occupe de mettre sur pied, pour le compte de l’UE, une autorité de surveillance (Watch Dog Institute) des marchés financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet effondrement économique et financier se poursuivra tant qu’on fera l’impasse sur une procédure de mise en redressement judiciaire ordonnée, éliminant les &lt;em&gt;« instruments financiers novateurs »&lt;/em&gt;, rejetant tous les axiomes de la mondialisation et refondant l’économie sur le progrès scientifique et technologique et la défense de l’intérêt général. C’est désormais aux citoyens de créer une véritable alternative politique et de sanctionner par leur vote tous ceux qui les ont systématiquement trompés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nouvelle Solidarité - 9 juin 2009&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a href="http://www.solidariteetprogres.org/article5511.html">Arrêtons le « Weimar planétaire » !</a></h2>
<p>Les avertissements adressés aux banques centrales par la chancelière Angela Merkel, les alertant contre le danger d’une politique inflationniste, <a href="http://www.solidariteetprogres.org/article5510.html">ont provoqué – c’est le moins qu’on puisse dire – l’irritation, autant chez leurs gouverneurs que parmi les économistes et la presse financière.</a></p>
<p class="spip">On voit bien que dans ces milieux, les nerfs sont à fleur de peau, car tout le monde est parfaitement conscient que ces bulles spéculatives gigantesques, que les banques centrales tentent de protéger en faisant tourner la planche à billets, ne peuvent perdurer qu’en se gonflant toujours plus, quelles qu’en soient les conséquences pour l’économie réelle.</p>
<p class="spip">Pour sa part, le quotidien économique italien <em class="spip">Il Sole 24 Ore</em> donne raison à Mme Merkel. Ainsi, nos mises en garde contre le risque d’une hyperinflation galopante, provoquée par les énormes quantités d’argent englouties dans les « plans de sauvetage bancaire », trouvent un écho dans la presse, comme en témoigne l’article paru il y a trois semaines dans l’hebdomadaire allemand Focus.</p>
<p class="spip">Notons également <a href="http://www.solidariteetprogres.org/article5494.html">l’intervention de Jacques Attali le 26 janvier à Paris, devant le Forum international économique et financier (FIEF), où il évoqua le danger d’une hyperinflation semblable à celle de l’Allemagne de Weimar en 1923, mais cette fois-ci à l’échelle <em>« planétaire »</em>.</a></p>
<p class="spip">Aux Etats-Unis, souligna-t-il, la dette totale, public et privé confondus, représentait en janvier 2009, 500 % du PIB, soit 54 000 milliards de dollars. Ainsi, <em>« le scénario du pire est vraisemblable, celui d’une grave dépression et d’une inflation importante. Je le dis comme je le pense : le monde n’est pas loin de s’engager sur le chemin d’un Weimar planétaire ».</em></p>
<p class="spip">En l’état actuel des choses, il existe effectivement un énorme danger qu’on en arrive là car, d’une part, les gouvernements n’ont pas voulu examiner les origines de la crise, et d’autre part, ils ne sont pas prêts à renoncer aux <em>« instruments financiers novateurs »</em> [LBO, dérivés, titrisations, etc.], qui sont en partie à l’origine de la crise. Ainsi, Günther Bräunig, membre du conseil de la Banque de reconstruction allemande (KfW), a déclaré lors d’une conférence sur la finance à Francfort, que le marché des <em>« titrisations »</em> allait repartir bientôt. Et les banques recommencent à offrir des titrisations, c’est-à-dire la vente d’obligations de crédit ou des risques qui leur sont liés, tout en faisant miroiter de fortes rémunérations, qui ne sont offertes que sur les marchés à très haut risque.</p>
<p class="spip">La Bundesbank, pour sa part, vient à nouveau de corriger à la baisse son pronostic pour le produit intérieur brut (PIB) allemand de cette année, qui devrait reculer de 6,2 %, soit bien plus que prévu. Par conséquent, les recettes fiscales sont à revoir à la baisse, avec toutes les difficultés que cela provoquera pour les villes et communes. Aux Etats-Unis, la Conférence nationale des élus des Etats vient de publier un rapport constatant la contraction alarmante de l’assiette fiscale des communes, et encore n’est-ce que le début.</p>
<p class="spip">En réalité, de nombreux pays sont déjà insolvables. En Allemagne, au-delà des communes, 1164 entreprises ont déjà été contraintes à faire appel à l’aide publique. La liste des dépôts de bilan s’allonge de jour en jour, y compris celui d’enseignes prestigieuses. La compagnie aérienne British Airways, par exemple, a annoncé la suppression de son fonds de pension interne pour 100 000 employés.</p>
<p class="spip"><strong>Ils ont dilapidé des fortunes au casino et on leur demande de recommencer ?</strong></p>
<p class="spip">Que penser alors des déclarations de nos hommes politiques et experts, notamment du ministre allemand de l’Economie Karl-Theodor Guttenberg, qui annoncent la fin de la crise pour l’automne ? Serait-ce parce que l’automne commence après les élections générales du 27 septembre ? Comment se fait-il que le directeur de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, voie des <em>« pousses vertes »</em> pointer sur les marchés ? Peut-être parce que les exportations japonaises en mai n’ont reculé « que » de 40 %, contre 50 % en janvier ?</p>
<p class="spip">Le problème avec eux tous, y compris le ministre des Finances Steinbrück, c’est qu’ils n’ont pas vu venir la crise, qui les a pris par surprise. Pire encore, elle ne les a nullement poussés à remettre en question leurs critères de jugement. Certes, le quotidien économique <em>Handelsblatt</em> écrivait en janvier qu’après un accident d’avion, on fait toujours appel à des enquêteurs extérieurs pour déterminer le plus précisément possible le déroulement de l’accident, y compris en reconstituant laborieusement, pièce par pièce, les débris, car on doit connaître les causes du crash si l’on veut éviter des accidents similaires à l’avenir.</p>
<p class="spip">Or, dans un véritable théâtre de l’absurde, ce sont quatre économistes de la Réserve fédérale qui ont été chargés de mener l’enquête aux Etats-Unis. Ils en sont venus à la conclusion ridicule que les banques, les agences de notation et les acheteurs n’avaient pas remarqué que la qualité des crédits immobiliers sur le marché américain s’était globalement dégradée. Pourtant, si l’on invite un bouc à s’occuper du jardin, il va tout naturellement dévorer les légumes !</p>
<p class="spip">Quant au <em>Financial Times Deutschland</em>, il a eu raison – une fois n’est pas coutume – d’écrire que nous nous trouvons dans la pire crise de l’humanité. De ce fait, le monde des économistes devrait avouer que la pensée économique dominante est un échec flagrant. Sa faillite est aussi manifeste que celle du système financier dans son ensemble. La grande majorité des économistes est incapable de comprendre les causes de la crise actuelle, pour les mêmes raisons qu’un représentant de commerce saurait difficilement expliquer pourquoi les prévisions météorologiques ont été fausses, ou qu’un programmeur sait rarement comment mener à bien une opération de pontage. Ils se trompent de méthode.</p>
<p class="spip">Il est vrai qu’un bon nombre d’entre eux ne veulent pas connaître la vérité et préfèrent répandre des contre-vérités. C’est ainsi qu’une commission d’enquête du Bundestag vient de découvrir que Jörg Asmussen, le secrétaire d’Etat au ministère des Finances, qui a toujours prétendu n’avoir été mis au courant des difficultés de la banque Hypo Real Estate qu’en septembre 2008, en avait, en fait, été informé dès février-mars de cette année.</p>
<p class="spip">Aujourd’hui, ce M. Asmussen fait partie des cinq membres de la commission qui décide, tout à fait indépendamment du Bundestag, qui va pouvoir bénéficier des ressources (480 milliards d’euros) du plan de sauvetage des banques. En outre, il s’occupe de mettre sur pied, pour le compte de l’UE, une autorité de surveillance (Watch Dog Institute) des marchés financiers.</p>
<p class="spip">Cet effondrement économique et financier se poursuivra tant qu’on fera l’impasse sur une procédure de mise en redressement judiciaire ordonnée, éliminant les <em>« instruments financiers novateurs »</em>, rejetant tous les axiomes de la mondialisation et refondant l’économie sur le progrès scientifique et technologique et la défense de l’intérêt général. C’est désormais aux citoyens de créer une véritable alternative politique et de sanctionner par leur vote tous ceux qui les ont systématiquement trompés.</p>
<p class="spip">Nouvelle Solidarité -- 9 juin 2009</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3422</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 10:49:31 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pauljorion.com/blog/?p=3319&quot; title=&quot;Permanent Link: L’actualité de la crise : Une question en appelle une autre, par François Leclerc&quot;&gt;L’actualité de la crise : Une question en appelle une autre&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a d’abord celle que l’on ne devrait plus avoir à se poser, à propos de la réalité des « jeunes pousses » de la relance, si fantasmée y compris dans les médias. Et pourtant ! elle reste accrochée sur le tapis, bien que sans points d’appuis. Paul Krugman y a à nouveau répondu, hier à Dublin : « Nous sommes passés de la panique à l’anxiété chronique » a-t-il assené, martelant à son auditoire pour être bien compris : « Les choses deviennent pire plus lentement (…) L’eurozone, comme les Etats-Unis, pourraient bien connaître une décade perdue ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi les questions que l’on se pose toujours, et qui sont en suspens. Allons-nous connaître une rechute aigue, alors que nous sortons à peine d’une chute libre qui n’a été reconnue comme telle que lorsqu’elle a été difficilement stoppée?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en connaître la réponse, nous restons suspendus, aux Etats-Unis, à l’observation de deux « marqueurs » annonciateurs. Une nouvelle crise des crédits hypothécaires, conséquence du prix de l’immobilier qui ne cesse de baisser, de modalités insoutenables de remboursement des prêts qui arrivent à échéance, et de baisse des revenus des ménages. Et, si cela n’était pas suffisant en soi, parallèlement, une hausse du taux de défaut sur les cartes de crédit, alors que les statistiques de l’emploi égrènent mois par mois la sinistre réalité de la destruction progressive de celui-ci, faisant basculer les « working poor » (les pauvres qui travaillent) dans la catégorie des pauvres tout court. A ce train-là, les Etats-Unis vont rejoindre dans les statistiques de la pauvreté les pays que l’on qualifie d’émergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Dans les deux cas, ce sont les banques américaines et les institutions financières qui sont en première ligne, sauvées pour le moment sur le papier, mais qui pourraient à nouveau dégringoler, sous le poids de nouvelles énormes pertes à constater. On ne fabrique pas impunément de telles quantités de dettes sans avoir à passer un jour ou l’autre à la caisse. D’autant que le grand nettoyage de printemps de leur bilan, sous les auspices du Trésor et de la FDIC, a déjà été repoussé à l’été et semble désormais mal parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le système financier américain va-t-il pouvoir encaisser les deux nouveaux chocs qui s’annoncent, s’ils se confirment ? Voilà ce que nous avons devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une toute autre question se pose en Europe, où nous savons maintenant que le vieux schéma simpliste selon lequel la crise en provenance des Etats-Unis nous en arrive avec retard mais se poursuit, alors que là-bas elle est déjà finie, ne fonctionne plus, comme tant d’autres choses d’ailleurs. La crise s’annonce prolongée aux Etats-Unis, l’Europe l’y rejoint progressivement, en ordre dispersé comme c’est désormais devenu l’habitude, à un rythme et suivant des modalités propres à chaque pays. Ayant commencé par les pays ayant le plus fauté en matière financière, c’est-à-dire ayant acheté aux Américains et même fabriqué pour leur propre compte des produits financiers issus de la titrisation de la dette, pour se poursuivre là où d’autres maux sévissent, tels de grands classiques : une énorme bulle immobilière en Espagne, une forte dépendance au commerce extérieur en République fédérale, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’interrogation est d’une autre nature en Europe : combien de temps le filet de protection social, si décrié et dorénavant si encensé, va-t-il tenir, si la crise est de longue durée comme probable ? Evoquant la situation mondiale, Juan Somavia, directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), a adressé une mise en garde, mercredi à Genève à l’occasion de sa conférence annuelle : « le monde peut avoir devant lui une crise de l’emploi et de la protection sociale d’une durée de six ou huit ans ». Remarquant ensuite que « les leaders politiques n’ont pas prêté suffisamment d’attention aux implications humaines et sociales du décalage » (entre reprise économique et redémarrage de l’emploi). Il a rappelé enfin, bien incertain présage, que « le manque d’emplois et de protection sociale nourrit l’instabilité. Les ferments de la violence, de l’agitation sociale, de la tourmente politique prolifèrent ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a au moins une question qui ne se pose pas. Ce n’est en effet pas uniquement parce que la crise financière est pour l’instant contenue, mais non résolue, sans autre perspective que de gagner du temps, que la crise économique dans laquelle nous sommes plongés est de longue durée. Elle a aussi sa propre raison d’être. Rendue publique cette semaine, une étude d’Euler Hermes SFAC, leader mondial de l’assurance crédit et filiale d’AGF, livre à cet égard un éclairage très pertinent, dont voici le résumé : la dynamique mondiale était depuis une décennie portée par la demande des pays de l’OCDE, appuyée sur le crédit, « moteur extérieur » de la croissance des pays émergents, explique-t-elle. Mais ces derniers ne vont pas trouver de relais de croissance sur leurs marchés intérieurs, car trop faibles. Or l’emballement du crédit de ces dernières années a contribué à hauteur de 0,5 à 1 point de croissance annuel dans les pays développés, qui ne va pas être retrouvé. Il n’y aura pas, la crise terminée, de relance rapide du crédit. En conséquence, la croissance de l’activité, comme celle des échanges mondiaux, seront dans les années à venir « en deçà du rythme observé ces dernières années ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà qui vient conforter, par un expert reconnu du marché du crédit, la prévision selon laquelle nous allons connaître, sauf accident de parcours toujours possible, une longue période de croissance atone et de crise rampante. Marquée sur le plan social par de fortes contradictions et des inégalités accrues, un accroissement de la précarité qui va concerner des secteurs qui, s’ils ne bénéficiaient plus de « l’ascenseur social », pouvaient se croire encore protégés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite de cette histoire en cours n’est faite que d’inconnues. Comment va-t-il être possible de gérer la dette publique ? De la financer même, pour certains pays ? D’effectivement trouver auprès du FMI, de la Banque Mondiale, des grandes banques régionales et de développement, les relais de financement des mesures de sauvetage et de relance qui vont être encore nécessaires, car eux aussi doivent être financés au préalable ? Comment le marché obligataire public, mais aussi privé, va-t-il se comporter, étant autant sollicité ? Comment, aujourd’hui, apporter des réponses à ces interrogations de demain matin, alors que le contexte même dans lequel elles vont devoir être résolues n’est pas connu ? Si ce n’est par des actes de foi. Sans préjuger du fait qu’elles trouveront ou non une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on découvre un nouveau pan de l’activité financière, à la faveur de l’annonce par la BCE de son programme d’achat de 60 milliards d’euros d’ « obligations sécurisées », encore bien flou malgré quelques nouvelles précisions données suite à la dernière réunion du conseil des gouverneurs, on comprend qu’il s’agit d’apporter une nouvelle aide aux banques de la zone euro, en pesant à la baisse sur les cours de ces obligations grâce à ces achats, afin qu’elles puissent regarnir leurs coffres. En remarquant que le marché de ces obligations bénies a fait un gigantesque bond en avril, leur donnant enfin grâce à cet argent frais, l’oxygène dont elles avaient besoin, comme si les banques avaient réagi comme un seul homme, profité de la même opportunité, répondu à une même consigne. A ce petit détail près que ce n’est pas en augmentant leurs fonds propres qu’elles ont respiré, mais en tirant des traites sur l’avenir, sous l’ombrelle protectrice de la BCE. Les banques sont ainsi en concurrence, sur le marché obligataire, avec les Etats et les grandes entreprises. Cela risque de faire beaucoup, à force. Aux Etats-Unis, l’alarme a été sonnée après la hausse enregistrée du rendement des taux longs des obligations du Trésor. Le loyer de l’argent, en général, ce n’est pas une question, c’est la certitude qu’il va être une des grandes questions de l’actualité de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question encore va apparaître, venant elle aussi des Etats-Unis. Celle de la régulation financière, qui y est ressentie comme d’autant plus importante, paradoxalement, qu’il est fondé les plus grands espoirs dans la résurrection du système bancaire. Et qu’il faut donc éviter les risques systémiques - c’est la philosophie américaine - tout en ne bridant qu’au minimum la « créativité financière ». En mettant plus l’accent sur la surveillance préventive que sur la réglementation. Sans entrer dans le détail complexe des mesures qui sont y préparées, et dont on ne connaît que les très grandes lignes, notamment à propos des produits dérivés, plusieurs constatations peuvent déjà être faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Des batailles rangées y ont actuellement lieu à propos du dispositif qui sera chargé d’effectuer cette surveillance. Elles prennent l’aspect de batailles de chiffonniers très corporatistes, chaque administration ou agence cherchant à défendre son pré carré, mais elles ont un autre enjeu plus déterminant. Il est en effet question de concentrer dans les mains de la Fed le maximum de missions, au détriment d’organismes comme la SEC, au prétexte que cette dernière a failli, mais avec comme conséquence de donner aux banques privées, qui en sont les actionnaires indirectes, via les banques centrales régionales, un maximum de prérogatives et donc de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Concernant les mesures elles-mêmes, les principales banques ont pris l’initiative de proposer à l’administration Obama un « package » de mesures, et elles développent à ce sujet un lobbying très intense, dont le Wall Street Journal a évoqué un aspect éloquent, à propos de &lt;a href=&quot;http://www.pauljorion.com/blog/?p=3280#comment-28139&quot;&gt; la modification des normes comptables de valorisation des actifs&lt;/a&gt;. D’autres échos plus assourdis ont été rapportés, toujours par le Wall Street Journal, à propos de l’obligation pour les banques de conserver à leurs bilans les actifs titrisés (c’est le cas en Europe, mais pas aux Etats-Unis), une règle prudentielle dont elles voudraient s’absoudre, car elle devrait être appliquée début 2010 et représenterait, d’après JP Morgan, quelque 145 milliards de dollars à réintégrer dans les bilans. Une somme dont ne sait pas avec quelle méthode de valorisation des actifs elle a été calculée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est patent, toujours sur cette dernière question de la régularisation, c’est que le feu de paille allumé par les Européens à propos des paradis fiscaux a flambé. Sans autre effet que la signature, en cours, de nouvelles conventions fiscales bilatérales entre Etats, laissant d’énormes trous dans la couverture géographique, où vont se précipiter les pratiquants émérites de l’évasion fiscale. Ne touchant pas à l’essentiel, à côté de cet artisanat des riches, l’utilisation à très grande échelle par « l’industrie financière » et l’industrie tout court de ces havres défiscalisés, qui permettent également toutes les manipulations comptables souhaitées, le camouflage aussi bien des pertes que des bénéfices, suivant les besoins du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Européens, qui juraient de vouloir imposer aux Américains une régulation telle que cette crise serait « la der de der », air déjà connu, se sont pris les pieds dans leur propre tapis. Celui sur lequel ils ont construit un empilage de structures, élaboré par Jacques de Larosière dans son « Rapport de supervision financière en Europe ». Ce savant montage bute pour le moment sur un « No » britannique farouche et déterminé, puisqu’il risquerait de les placer sous la supervision de la BCE. Cette question semble accaparer toutes les discussions, au détriment de celles qui devraient porter sur les mesures elles-mêmes et reflète bien l’incapacité dans laquelle l’Europe se trouve de trouver des solutions communes. Plus que tout autre facteur, cette paralysie la rend plus vulnérable à la crise. Sauf lorsque les élaborations a minima de la Commission de Bruxelles à propos de la régulation “hedge funds” lui permettent de réagir (à l’exception notable et sans surprise des Britanniques).&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=3319" title="Permanent Link: L’actualité de la crise : Une question en appelle une autre, par François Leclerc">L’actualité de la crise : Une question en appelle une autre</a></h2>
<p>Il y a d’abord celle que l’on ne devrait plus avoir à se poser, à propos de la réalité des « jeunes pousses » de la relance, si fantasmée y compris dans les médias. Et pourtant ! elle reste accrochée sur le tapis, bien que sans points d’appuis. Paul Krugman y a à nouveau répondu, hier à Dublin : « Nous sommes passés de la panique à l’anxiété chronique » a-t-il assené, martelant à son auditoire pour être bien compris : « Les choses deviennent pire plus lentement (…) L’eurozone, comme les Etats-Unis, pourraient bien connaître une décade perdue ».</p>
<p>Mais il y a aussi les questions que l’on se pose toujours, et qui sont en suspens. Allons-nous connaître une rechute aigue, alors que nous sortons à peine d’une chute libre qui n’a été reconnue comme telle que lorsqu’elle a été difficilement stoppée?</p>
<p>Pour en connaître la réponse, nous restons suspendus, aux Etats-Unis, à l’observation de deux « marqueurs » annonciateurs. Une nouvelle crise des crédits hypothécaires, conséquence du prix de l’immobilier qui ne cesse de baisser, de modalités insoutenables de remboursement des prêts qui arrivent à échéance, et de baisse des revenus des ménages. Et, si cela n’était pas suffisant en soi, parallèlement, une hausse du taux de défaut sur les cartes de crédit, alors que les statistiques de l’emploi égrènent mois par mois la sinistre réalité de la destruction progressive de celui-ci, faisant basculer les « working poor » (les pauvres qui travaillent) dans la catégorie des pauvres tout court. A ce train-là, les Etats-Unis vont rejoindre dans les statistiques de la pauvreté les pays que l’on qualifie d’émergents.</p>
<p><span></span>Dans les deux cas, ce sont les banques américaines et les institutions financières qui sont en première ligne, sauvées pour le moment sur le papier, mais qui pourraient à nouveau dégringoler, sous le poids de nouvelles énormes pertes à constater. On ne fabrique pas impunément de telles quantités de dettes sans avoir à passer un jour ou l’autre à la caisse. D’autant que le grand nettoyage de printemps de leur bilan, sous les auspices du Trésor et de la FDIC, a déjà été repoussé à l’été et semble désormais mal parti.</p>
<p>Comment le système financier américain va-t-il pouvoir encaisser les deux nouveaux chocs qui s’annoncent, s’ils se confirment ? Voilà ce que nous avons devant nous.</p>
<p>Une toute autre question se pose en Europe, où nous savons maintenant que le vieux schéma simpliste selon lequel la crise en provenance des Etats-Unis nous en arrive avec retard mais se poursuit, alors que là-bas elle est déjà finie, ne fonctionne plus, comme tant d’autres choses d’ailleurs. La crise s’annonce prolongée aux Etats-Unis, l’Europe l’y rejoint progressivement, en ordre dispersé comme c’est désormais devenu l’habitude, à un rythme et suivant des modalités propres à chaque pays. Ayant commencé par les pays ayant le plus fauté en matière financière, c’est-à-dire ayant acheté aux Américains et même fabriqué pour leur propre compte des produits financiers issus de la titrisation de la dette, pour se poursuivre là où d’autres maux sévissent, tels de grands classiques : une énorme bulle immobilière en Espagne, une forte dépendance au commerce extérieur en République fédérale, etc.</p>
<p>L’interrogation est d’une autre nature en Europe : combien de temps le filet de protection social, si décrié et dorénavant si encensé, va-t-il tenir, si la crise est de longue durée comme probable ? Evoquant la situation mondiale, Juan Somavia, directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), a adressé une mise en garde, mercredi à Genève à l’occasion de sa conférence annuelle : « le monde peut avoir devant lui une crise de l’emploi et de la protection sociale d’une durée de six ou huit ans ». Remarquant ensuite que « les leaders politiques n’ont pas prêté suffisamment d’attention aux implications humaines et sociales du décalage » (entre reprise économique et redémarrage de l’emploi). Il a rappelé enfin, bien incertain présage, que « le manque d’emplois et de protection sociale nourrit l’instabilité. Les ferments de la violence, de l’agitation sociale, de la tourmente politique prolifèrent ».</p>
<p>Mais il y a au moins une question qui ne se pose pas. Ce n’est en effet pas uniquement parce que la crise financière est pour l’instant contenue, mais non résolue, sans autre perspective que de gagner du temps, que la crise économique dans laquelle nous sommes plongés est de longue durée. Elle a aussi sa propre raison d’être. Rendue publique cette semaine, une étude d’Euler Hermes SFAC, leader mondial de l’assurance crédit et filiale d’AGF, livre à cet égard un éclairage très pertinent, dont voici le résumé : la dynamique mondiale était depuis une décennie portée par la demande des pays de l’OCDE, appuyée sur le crédit, « moteur extérieur » de la croissance des pays émergents, explique-t-elle. Mais ces derniers ne vont pas trouver de relais de croissance sur leurs marchés intérieurs, car trop faibles. Or l’emballement du crédit de ces dernières années a contribué à hauteur de 0,5 à 1 point de croissance annuel dans les pays développés, qui ne va pas être retrouvé. Il n’y aura pas, la crise terminée, de relance rapide du crédit. En conséquence, la croissance de l’activité, comme celle des échanges mondiaux, seront dans les années à venir « en deçà du rythme observé ces dernières années ».</p>
<p>Voilà qui vient conforter, par un expert reconnu du marché du crédit, la prévision selon laquelle nous allons connaître, sauf accident de parcours toujours possible, une longue période de croissance atone et de crise rampante. Marquée sur le plan social par de fortes contradictions et des inégalités accrues, un accroissement de la précarité qui va concerner des secteurs qui, s’ils ne bénéficiaient plus de « l’ascenseur social », pouvaient se croire encore protégés.</p>
<p>La suite de cette histoire en cours n’est faite que d’inconnues. Comment va-t-il être possible de gérer la dette publique ? De la financer même, pour certains pays ? D’effectivement trouver auprès du FMI, de la Banque Mondiale, des grandes banques régionales et de développement, les relais de financement des mesures de sauvetage et de relance qui vont être encore nécessaires, car eux aussi doivent être financés au préalable ? Comment le marché obligataire public, mais aussi privé, va-t-il se comporter, étant autant sollicité ? Comment, aujourd’hui, apporter des réponses à ces interrogations de demain matin, alors que le contexte même dans lequel elles vont devoir être résolues n’est pas connu ? Si ce n’est par des actes de foi. Sans préjuger du fait qu’elles trouveront ou non une solution.</p>
<p>Quand on découvre un nouveau pan de l’activité financière, à la faveur de l’annonce par la BCE de son programme d’achat de 60 milliards d’euros d’ « obligations sécurisées », encore bien flou malgré quelques nouvelles précisions données suite à la dernière réunion du conseil des gouverneurs, on comprend qu’il s’agit d’apporter une nouvelle aide aux banques de la zone euro, en pesant à la baisse sur les cours de ces obligations grâce à ces achats, afin qu’elles puissent regarnir leurs coffres. En remarquant que le marché de ces obligations bénies a fait un gigantesque bond en avril, leur donnant enfin grâce à cet argent frais, l’oxygène dont elles avaient besoin, comme si les banques avaient réagi comme un seul homme, profité de la même opportunité, répondu à une même consigne. A ce petit détail près que ce n’est pas en augmentant leurs fonds propres qu’elles ont respiré, mais en tirant des traites sur l’avenir, sous l’ombrelle protectrice de la BCE. Les banques sont ainsi en concurrence, sur le marché obligataire, avec les Etats et les grandes entreprises. Cela risque de faire beaucoup, à force. Aux Etats-Unis, l’alarme a été sonnée après la hausse enregistrée du rendement des taux longs des obligations du Trésor. Le loyer de l’argent, en général, ce n’est pas une question, c’est la certitude qu’il va être une des grandes questions de l’actualité de demain.</p>
<p>Une autre question encore va apparaître, venant elle aussi des Etats-Unis. Celle de la régulation financière, qui y est ressentie comme d’autant plus importante, paradoxalement, qu’il est fondé les plus grands espoirs dans la résurrection du système bancaire. Et qu’il faut donc éviter les risques systémiques -- c’est la philosophie américaine -- tout en ne bridant qu’au minimum la « créativité financière ». En mettant plus l’accent sur la surveillance préventive que sur la réglementation. Sans entrer dans le détail complexe des mesures qui sont y préparées, et dont on ne connaît que les très grandes lignes, notamment à propos des produits dérivés, plusieurs constatations peuvent déjà être faites.</p>
<p>1/ Des batailles rangées y ont actuellement lieu à propos du dispositif qui sera chargé d’effectuer cette surveillance. Elles prennent l’aspect de batailles de chiffonniers très corporatistes, chaque administration ou agence cherchant à défendre son pré carré, mais elles ont un autre enjeu plus déterminant. Il est en effet question de concentrer dans les mains de la Fed le maximum de missions, au détriment d’organismes comme la SEC, au prétexte que cette dernière a failli, mais avec comme conséquence de donner aux banques privées, qui en sont les actionnaires indirectes, via les banques centrales régionales, un maximum de prérogatives et donc de pouvoir.</p>
<p>2/ Concernant les mesures elles-mêmes, les principales banques ont pris l’initiative de proposer à l’administration Obama un « package » de mesures, et elles développent à ce sujet un lobbying très intense, dont le Wall Street Journal a évoqué un aspect éloquent, à propos de <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=3280#comment-28139"> la modification des normes comptables de valorisation des actifs</a>. D’autres échos plus assourdis ont été rapportés, toujours par le Wall Street Journal, à propos de l’obligation pour les banques de conserver à leurs bilans les actifs titrisés (c’est le cas en Europe, mais pas aux Etats-Unis), une règle prudentielle dont elles voudraient s’absoudre, car elle devrait être appliquée début 2010 et représenterait, d’après JP Morgan, quelque 145 milliards de dollars à réintégrer dans les bilans. Une somme dont ne sait pas avec quelle méthode de valorisation des actifs elle a été calculée.</p>
<p>Ce qui est patent, toujours sur cette dernière question de la régularisation, c’est que le feu de paille allumé par les Européens à propos des paradis fiscaux a flambé. Sans autre effet que la signature, en cours, de nouvelles conventions fiscales bilatérales entre Etats, laissant d’énormes trous dans la couverture géographique, où vont se précipiter les pratiquants émérites de l’évasion fiscale. Ne touchant pas à l’essentiel, à côté de cet artisanat des riches, l’utilisation à très grande échelle par « l’industrie financière » et l’industrie tout court de ces havres défiscalisés, qui permettent également toutes les manipulations comptables souhaitées, le camouflage aussi bien des pertes que des bénéfices, suivant les besoins du moment.</p>
<p>Les Européens, qui juraient de vouloir imposer aux Américains une régulation telle que cette crise serait « la der de der », air déjà connu, se sont pris les pieds dans leur propre tapis. Celui sur lequel ils ont construit un empilage de structures, élaboré par Jacques de Larosière dans son « Rapport de supervision financière en Europe ». Ce savant montage bute pour le moment sur un « No » britannique farouche et déterminé, puisqu’il risquerait de les placer sous la supervision de la BCE. Cette question semble accaparer toutes les discussions, au détriment de celles qui devraient porter sur les mesures elles-mêmes et reflète bien l’incapacité dans laquelle l’Europe se trouve de trouver des solutions communes. Plus que tout autre facteur, cette paralysie la rend plus vulnérable à la crise. Sauf lorsque les élaborations a minima de la Commission de Bruxelles à propos de la régulation “hedge funds” lui permettent de réagir (à l’exception notable et sans surprise des Britanniques).</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
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	</item>
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		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3421</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2009 10:47:12 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3421</guid>
		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pauljorion.com/blog/?p=3305&quot; title=&quot;Permanent Link: L’actualité de la crise : Les élégants dessous de la finance, par François Leclerc&quot;&gt;L’actualité de la crise : Les élégants dessous de la finance&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plan Geithner de nettoyage des actifs toxiques détenus par les banques vient de prendre un sacré coup dans l’aile et la blogosphère américaine s’interroge sur son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vient en effet d’apprendre, grâce au New York Times d’hier jeudi, que la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), cet organisme chargé aux Etats-Unis de garantir les dépôts bancaires des épargnants et de gérer les faillites bancaires, vient de suspendre « pour une durée indéfinie » un programme pilote de sauvetage des banques, le Legacy Loans Program, doté d’un milliard de dollars. Celui-ci prévoyait de contribuer à l’achat auprès des banques d’actifs hypothécaires par des investisseurs privés, grâce à des prêts consentis à ces derniers à des conditions très avantageuses. Ce programme avait été lancé en prélude et sous forme de test du célèbre partenariat public-privé du Trésor (PPIP) - qui faisait en attendant du sur place - censé permettre la vente par les banques de centaines de milliards de dollars d’actifs toxiques, afin de les libérer. Dans des conditions qui ont déjà fait couler beaucoup d’encre, puisqu’elles reviennent indirectement, a-t-il été abondamment relevé, à faire supporter la charge financière de l’opération aux contribuables. Cette suspension indéfinie est loin d’être un excellent signal pour la suite des opérations et pourrait signifier leur suspension, ou au minimum de nouveaux délais d’ajustement de ses modalités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s’est-il passé ? Tout simplement que les banques n’ont pas voulu vendre ces actifs aux prix qu’étaient prêts à payer les investisseurs, afin de ne pas avoir à procéder à des dépréciations, même limitées. Deux importantes modifications de leur environnement ont contribué à ce refus, devant lequel la FDIC a du s’incliner. La modification des fameuses normes comptables, qui imposaient de valoriser au prix du marché les actifs en question, ainsi que le « bon pour le service » qu’elles ont obtenues, pour les principales d’entre elles, à l’issue des stress tests. Dans la foulée, elles ont pu améliorer leur bilan, faire en conséquence valoir d’appréciables résultats, puis facilement lever des fonds sur le marché, tout en faisant au final l’économie de toute dépréciation. Plus que jamais, les banques cherchent à être totalement exonérées de leurs pertes colossales et veulent croire à un retour à meilleur fortune. Une perspective toute aussi illusoire que la prétendue absence de risques dont elles se prévalaient précédemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Il semble bien que le bras de fer permanent et feutré engagé entre les banques et l’administration Obama, à la recherche d’une délicate issue négociée à la crise financière, s’amplifie, et que le plan de sauvetage du Trésor, qui était pourtant à l’avantage incontestable des banques, soit considéré comme ne l’étant pas encore assez. Cette intransigeance n’est pas réellement nouvelle, puisqu’elle se manifeste sur de très nombreux autres dossiers. On a vu ces derniers temps, illustration de la même attitude, comment les limitations imposées aux rémunérations des dirigeants des banques (primes, bonus, etc…), sont ouvertement contournées par le biais d’augmentations de salaires, qui ne font l’objet d’aucun mystère. Quelle va être la prochaine étape de ce feuilleton insensé ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis Tokyo, à l’occasion d’une conférence donnée à la Bank of Japan, la banque centrale japonaise, Paul Tucker, gouverneur-adjoint de la Banque of England, nouvellement promu, a dressé un tout autre tableau de ce qui serait, selon lui, nécessaire de mettre en œuvre. Il a proposé ni plus ni moins que de faire contribuer, par différents mécanismes, les actionnaires des banques et les détenteurs des dettes qu’elles ont émises au coût de leur sauvetage, une fois l’orage passé grâce à l’apport de fonds publics. Considérant qu’il fallait envisager une sorte de « mutualisation » des pertes du système bancaire, une façon inédite de faire jouer la « solidarité de place » qui risque fort de recevoir un accueil assez mitigé à la City.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ces comptes-là ne seront pas nécessairement faits, d’autres devront l’être d’une manière ou d’une autre, et tôt ou tard. Il fallait assister hier, à une conférence de l’Association française des trésoriers d’entreprise, à Paris cette fois-ci, pour entendre un représentant de la BCE, en charge des opérations de marché, expliquer que cette dernière était préoccupée par la qualité des actifs qu’elle récupérait en garantie des prêts qu’elle octroie sans limites aux banques. Il n’a en effet pas échappé à ces vigilants gardiens de l’orthodoxie financière et monétaire, qui ont accepté d’accueillir au bilan de la BCE des actifs notés BBB (et non plus seulement A), que la proportion d’ABS (Asset Backed Securities) utilisés dans les opérations menées par les banques avaient beaucoup augmenté. Les ABS sont comme chacun sait de dangereux packages d’actifs à la valeur incertaine. Vu la rapidité avec laquelle le bilan de la BCE enfle, ce qui n’est rien en comparaison avec celui de la Fed mais quand même, on peut se demander ce qu’il va advenir de ces actifs dans l’avenir et, surtout, jusqu’à quand et pour quelle quantité la BCE va pouvoir continuer d’accepter de telles « garanties », au risque que de voir atteinte à son tour sa crédibilité. Qui sera le prêteur en derniers recours des banques centrales ? C’est une question que l’on peut aussi se poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ne va pas toutefois au plus mal, puisque Morgan Stanley vient de lever 2,2 milliards de dollars, une très modeste opération destinée à satisfaire aux conditions que la Fed, qui veut la preuve préalable à toute acceptation que les banques ayant l’intention de rembourser les fonds du TARP sont capables de lever des fonds sur le marché, sans garantie gouvernementale. La démonstration a été aussitôt faite, avec le concours remarqué de la China Investment Corporation (CIC), le fonds souverain chinois. Deux remarques peuvent être faites à propos de cette brillante opération financière. 1/ En exigeant des banques de montrer patte blanche, en imposant des conditions supplémentaires, alors qu’elles ont passé avec succès les stress tests, la Fed montre en réalité le peu de crédit qu’elle accorde elle-même à ces derniers. 2/ Les Chinois ont appris de la crise et jouent désormais les gagnants, après s’être fourvoyés en investissant dans Freddie Mac et Fannie Mae, sauvés à l’époque de justesse par Henry Paulson, alors secrétaire du Trésor de l’administration Bush.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait prématuré, toutefois, de tirer de trop rapides conclusions de cet épisode, en concluant à une nouvelle lune de miel entre les gouvernements américain et chinois. La partie, qui se jouait aussi à Pékin en début de semaine, à l’occasion d’une visite de Timothy Geithner, l’actuel secrétaire au Trésor, est de longue haleine, à rebondissements multiples et à tiroirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habitué à vivre dans un confortable monde feutré, où tous les coups sont permis à condition d’agir dans la discrétion et de ne pas se faire prendre, le monde de la finance se révèle incapable de s’amender, sans que cela soit étonnant. Mais cette confirmation appellerait des mesures de régulation, annoncées avec fracas par le G20, qui se font beaucoup attendre et s’annoncent à minima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, les actifs toxiques sont toujours détenus par les banques, le crédit est toujours rare et cher, les bilans des banques centrales enflent, les déficits des Etats augmentent, la récession sévit, les taux des obligations d’Etat montent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne nouvelle, il est vrai, le Baltic Dry Index est en hausse. Mais les experts en trafic maritime considèrent que cela résulte de la constitution de stocks de minéraux par les Chinois, qui profitent des bas cours de ceux-ci. Ils n’ont pas tort, puisque la prochaine étape attendue sera l’apparition de nouvelles hausses spéculatives sur l’ensemble des matières premières.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=3305" title="Permanent Link: L’actualité de la crise : Les élégants dessous de la finance, par François Leclerc">L’actualité de la crise : Les élégants dessous de la finance</a></h2>
<p>Le plan Geithner de nettoyage des actifs toxiques détenus par les banques vient de prendre un sacré coup dans l’aile et la blogosphère américaine s’interroge sur son avenir.</p>
<p>On vient en effet d’apprendre, grâce au New York Times d’hier jeudi, que la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), cet organisme chargé aux Etats-Unis de garantir les dépôts bancaires des épargnants et de gérer les faillites bancaires, vient de suspendre « pour une durée indéfinie » un programme pilote de sauvetage des banques, le Legacy Loans Program, doté d’un milliard de dollars. Celui-ci prévoyait de contribuer à l’achat auprès des banques d’actifs hypothécaires par des investisseurs privés, grâce à des prêts consentis à ces derniers à des conditions très avantageuses. Ce programme avait été lancé en prélude et sous forme de test du célèbre partenariat public-privé du Trésor (PPIP) -- qui faisait en attendant du sur place -- censé permettre la vente par les banques de centaines de milliards de dollars d’actifs toxiques, afin de les libérer. Dans des conditions qui ont déjà fait couler beaucoup d’encre, puisqu’elles reviennent indirectement, a-t-il été abondamment relevé, à faire supporter la charge financière de l’opération aux contribuables. Cette suspension indéfinie est loin d’être un excellent signal pour la suite des opérations et pourrait signifier leur suspension, ou au minimum de nouveaux délais d’ajustement de ses modalités.</p>
<p>Que s’est-il passé ? Tout simplement que les banques n’ont pas voulu vendre ces actifs aux prix qu’étaient prêts à payer les investisseurs, afin de ne pas avoir à procéder à des dépréciations, même limitées. Deux importantes modifications de leur environnement ont contribué à ce refus, devant lequel la FDIC a du s’incliner. La modification des fameuses normes comptables, qui imposaient de valoriser au prix du marché les actifs en question, ainsi que le « bon pour le service » qu’elles ont obtenues, pour les principales d’entre elles, à l’issue des stress tests. Dans la foulée, elles ont pu améliorer leur bilan, faire en conséquence valoir d’appréciables résultats, puis facilement lever des fonds sur le marché, tout en faisant au final l’économie de toute dépréciation. Plus que jamais, les banques cherchent à être totalement exonérées de leurs pertes colossales et veulent croire à un retour à meilleur fortune. Une perspective toute aussi illusoire que la prétendue absence de risques dont elles se prévalaient précédemment.</p>
<p><span></span>Il semble bien que le bras de fer permanent et feutré engagé entre les banques et l’administration Obama, à la recherche d’une délicate issue négociée à la crise financière, s’amplifie, et que le plan de sauvetage du Trésor, qui était pourtant à l’avantage incontestable des banques, soit considéré comme ne l’étant pas encore assez. Cette intransigeance n’est pas réellement nouvelle, puisqu’elle se manifeste sur de très nombreux autres dossiers. On a vu ces derniers temps, illustration de la même attitude, comment les limitations imposées aux rémunérations des dirigeants des banques (primes, bonus, etc…), sont ouvertement contournées par le biais d’augmentations de salaires, qui ne font l’objet d’aucun mystère. Quelle va être la prochaine étape de ce feuilleton insensé ?</p>
<p>Depuis Tokyo, à l’occasion d’une conférence donnée à la Bank of Japan, la banque centrale japonaise, Paul Tucker, gouverneur-adjoint de la Banque of England, nouvellement promu, a dressé un tout autre tableau de ce qui serait, selon lui, nécessaire de mettre en œuvre. Il a proposé ni plus ni moins que de faire contribuer, par différents mécanismes, les actionnaires des banques et les détenteurs des dettes qu’elles ont émises au coût de leur sauvetage, une fois l’orage passé grâce à l’apport de fonds publics. Considérant qu’il fallait envisager une sorte de « mutualisation » des pertes du système bancaire, une façon inédite de faire jouer la « solidarité de place » qui risque fort de recevoir un accueil assez mitigé à la City.</p>
<p>Mais si ces comptes-là ne seront pas nécessairement faits, d’autres devront l’être d’une manière ou d’une autre, et tôt ou tard. Il fallait assister hier, à une conférence de l’Association française des trésoriers d’entreprise, à Paris cette fois-ci, pour entendre un représentant de la BCE, en charge des opérations de marché, expliquer que cette dernière était préoccupée par la qualité des actifs qu’elle récupérait en garantie des prêts qu’elle octroie sans limites aux banques. Il n’a en effet pas échappé à ces vigilants gardiens de l’orthodoxie financière et monétaire, qui ont accepté d’accueillir au bilan de la BCE des actifs notés BBB (et non plus seulement A), que la proportion d’ABS (Asset Backed Securities) utilisés dans les opérations menées par les banques avaient beaucoup augmenté. Les ABS sont comme chacun sait de dangereux packages d’actifs à la valeur incertaine. Vu la rapidité avec laquelle le bilan de la BCE enfle, ce qui n’est rien en comparaison avec celui de la Fed mais quand même, on peut se demander ce qu’il va advenir de ces actifs dans l’avenir et, surtout, jusqu’à quand et pour quelle quantité la BCE va pouvoir continuer d’accepter de telles « garanties », au risque que de voir atteinte à son tour sa crédibilité. Qui sera le prêteur en derniers recours des banques centrales ? C’est une question que l’on peut aussi se poser.</p>
<p>Tout ne va pas toutefois au plus mal, puisque Morgan Stanley vient de lever 2,2 milliards de dollars, une très modeste opération destinée à satisfaire aux conditions que la Fed, qui veut la preuve préalable à toute acceptation que les banques ayant l’intention de rembourser les fonds du TARP sont capables de lever des fonds sur le marché, sans garantie gouvernementale. La démonstration a été aussitôt faite, avec le concours remarqué de la China Investment Corporation (CIC), le fonds souverain chinois. Deux remarques peuvent être faites à propos de cette brillante opération financière. 1/ En exigeant des banques de montrer patte blanche, en imposant des conditions supplémentaires, alors qu’elles ont passé avec succès les stress tests, la Fed montre en réalité le peu de crédit qu’elle accorde elle-même à ces derniers. 2/ Les Chinois ont appris de la crise et jouent désormais les gagnants, après s’être fourvoyés en investissant dans Freddie Mac et Fannie Mae, sauvés à l’époque de justesse par Henry Paulson, alors secrétaire du Trésor de l’administration Bush.</p>
<p>Il serait prématuré, toutefois, de tirer de trop rapides conclusions de cet épisode, en concluant à une nouvelle lune de miel entre les gouvernements américain et chinois. La partie, qui se jouait aussi à Pékin en début de semaine, à l’occasion d’une visite de Timothy Geithner, l’actuel secrétaire au Trésor, est de longue haleine, à rebondissements multiples et à tiroirs.</p>
<p>Habitué à vivre dans un confortable monde feutré, où tous les coups sont permis à condition d’agir dans la discrétion et de ne pas se faire prendre, le monde de la finance se révèle incapable de s’amender, sans que cela soit étonnant. Mais cette confirmation appellerait des mesures de régulation, annoncées avec fracas par le G20, qui se font beaucoup attendre et s’annoncent à minima.</p>
<p>En attendant, les actifs toxiques sont toujours détenus par les banques, le crédit est toujours rare et cher, les bilans des banques centrales enflent, les déficits des Etats augmentent, la récession sévit, les taux des obligations d’Etat montent.</p>
<p>Une bonne nouvelle, il est vrai, le Baltic Dry Index est en hausse. Mais les experts en trafic maritime considèrent que cela résulte de la constitution de stocks de minéraux par les Chinois, qui profitent des bas cours de ceux-ci. Ils n’ont pas tort, puisque la prochaine étape attendue sera l’apparition de nouvelles hausses spéculatives sur l’ensemble des matières premières.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3420</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 21:59:23 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3420</guid>
		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pauljorion.com/blog/?p=3280&quot; title=&quot;Permanent Link: L’actualité de la crise : Visions inabouties de huit défis pour demain, par François Leclerc&quot;&gt;L’actualité de la crise : Visions inabouties de huit défis pour demain&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois n’est pas coutume, c’est dans la presse française que j’ai hier trouvé matière à commentaire. Plus précisément dans la lecture de la chronique de Nicolas Baverez, intitulée « Huit défis pour demain » (Le Monde daté du 3 juin). Après avoir lu une synthèse de sa pensée qui justifie de s’y attarder : comment cet économiste, qui n’est jamais passé pour un pourfendeur du capitalisme financier, voit-il donc l’avenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croissance faible, chômage de masse, hyper dette des Etats, bulle financière des banques centrales, inflation, système monétaire international, conversion des modèles économiques et politique économique, voici au mot près les intitulés des défis qu’il annonce, déjà en soi éloquents pour les premiers d’entre eux. Sans être totalement surprenantes pour tout observateur assidu de la crise en cours. A remarquer que l’hypothèse d’un rebondissement de la crise financière n’est, quant à elle, même pas envisagée, ce qui n’est pas étonnant, vu que ses causes sont proprement escamotées. Là n’était pas le sujet, assurément.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait en premier lieu remarquer, non sans céder à la polémique, que cette prospective devient paradoxalement plus intéressante quand elle s’interrompt et appelle des prolongements. Pas un seul mot n’est en effet consacré à l’assainissement et à la régulation du système financier, sauf pour évoquer la nécessité de « doter la mondialisation d’institutions et de règles », ce qui est d’autant plus court que la mission qui leur est assignée est toute autre, nous le verrons. Il est par contre expliqué, de manière quelque peu énigmatique, que l’activité « restera durablement molle (…) durant la reconstitution des fonds propres des banques et la normalisation des politiques monétaire et budgétaire. » Et, plus loin, laissant cette fois-ci poindre une certaine circonspection, que « les banques centrales sont devenues de gigantesques fonds spéculatifs qui ne pourront plus jouer leur rôle de prêteur en dernier ressort tant que leur bilan n’aura pas été assaini » (il considère que les 2/3 du bilan actuel de la Fed sont constitués d’actifs toxiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Sur ces deux éléments-clé de la situation, nous n’en saurons malheureusement pas plus. Comment les banques vont-elles reconstituer leurs fonds propres et les banques centrales vont-elles pouvoir assainir leur bilan, cela ne pas partie des questions justifiant un éclairage. Faute de mieux, on croit comprendre que c’est l’opération du Saint Esprit qui sera à chaque fois appelé à la rescousse. Le temps aidant, mais l’on ne sait pas trop bien non plus comment. Nicolas Baverez élude cette question primordiale, pourquoi donc ? Tout simplement parce que ce n’est pas le sujet, sans aucun doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle amélioration des comptes ne peut résulter que de deux facteurs, en plus des résultats financiers de l’activité traditionnelle des banques, dont on comprend qu’elle se doit de générer de fortes marges pour que le processus ne soit pas trop long. Soit, à un moment ou à un autre, les actifs toxiques sont cédés, soit ils reprennent de la valeur. S’il est concevable que certains d’entre eux, mais nul n’est capable d’en déterminer à l’avance la proportion, pourraient effectivement reprendre des couleurs, une fois l’économie relancée, même à faible vitesse, il n’est pas besoin de longuement s’interroger pour deviner l’identité d’éventuels repreneurs, dans un cas comme dans l’autre. Les Etats, bien entendu, qui devront emprunter pour ce faire. Auprès de qui ? Mais des investisseurs privés, qui d’autres ? qui ne voudront jamais se fourvoyer dans une telle affaire à haut risque, à moins de bénéficier de la garantie de l’Etat, ce qui est précisément le modèle déployé par le Trésor US (dont on attend de voir comment il va fonctionner). Sans faire de mauvais procès à Nicolas Baverez, ni injure à ses capacités d’analyse, n’est-ce pas parce que cette conclusion est la seule possible qu’il a choisi de ne pas en faire état ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un phénomène majeur est par ailleurs enregistré, une fois admis la faiblesse de la croissance attendue, ainsi que le chômage durable, « qui va s’installer ». « La déflation n’a été arrêtée – explique au présent Nicolas Baverez comme si on y était déjà – qu’au prix d’un vaste et dangereux transfert des dettes du secteur financier vers les Etats » (Il oublie de préciser du secteur financier privé). Puis, il poursuit, en analysant les conséquences : « A terme, seul un délicat équilibre entre la croissance, les hausses des prélèvements et l’inflation pourra réduire la dette publique ». Cette fois-ci, tout est dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, encore fidèle sur ce point à sa conception monétariste, il voit bien menacée « la suprématie du dollar », reprenant doctement à son compte la thèse américaine de la surévaluation du yuan chinois, qui a « joué un grand rôle dans le déséquilibres mondiaux », il considère toutefois que ni la Chine ni l’Europe ne pourront supplanter le dollar dans son rôle actuel, éludant pour la commodité de l’exposé la proposition chinoise que ce soient les droits de tirage spéciaux (DTS), c’est-à-dire un panier de devises, qui puissent jouer dans l’avenir ce rôle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout à sa vision, il préconise « une réindustrialisation basée sur l’économie de la connaissance au Nord » ainsi que sur la « …dynamisation de la demande intérieure au Sud ». Si cette dernière prendra du temps, mais peut être en effet considérée comme un remède envisageable, l’effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie du Nord du seul secteur dit des « technologies de l’information » (ou de la connaissance) est une sorte d’incantation que l’on répète sans trop réfléchir, comme pour mieux s’en convaincre. Il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent, une fois que l’on a parlé des autoroutes à péage, de la grande distribution et des aides aux personnes âgées, dont le potentiel de croissance n’est tout de même pas infini… Même aux Etats-Unis, où ce secteur des « NTI » est pourtant, avec « l’industrie financière », un des phares et des piliers de l’activité économique et de sa croissance, on constate, lorsque l’on considère sa contribution effective au PIB, qu’il ne suffit pas à la tâche, surtout si la part de la consommation des ménages dans la croissance devait décroître comme c’est très probable. Cette impasse mériterait quand même que l’on s’y attarde un peu. Passons, également, sur cette facilité déconcertante de langage qui place la Chine dans l’hémisphère Sud…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Il faut réhabiliter des politiques budgétaire, fiscale, industrielle… » conclut Nicolas Baverez, envisageant de confier cette mission à des institutions mondiales, dotées de règles, est-il bien précisé à notre grand soulagement. Hélas, la nature de cette nouvelle gouvernance mondiale n’est pas évoquée, et c’est bien dommage. Car, là aussi, le débat devrait être engagé quand Nicolas Baverez l’arrête. Il est clair que si le modèle de la gouvernance de demain devait être recherché auprès des institutions internationales actuelles, FMI, Banque Mondiale, OMC, etc. on serait en droit de s’interroger sur le « déficit démocratique » prononcé de ce qui nous est proposé. De se demander si ces futures institutions ne risqueraient pas d’être aussi opaques dans leur fonctionnement que ne le sont actuellement les banques centrales et la Banque des Règlements Internationaux (BRI), ce saint du saint qui les réunit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats n’ont certes jamais été un modèle de transparence, mais il était devenu de tradition qu’ils soient, en Occident tout du moins, gérés par des gouvernements issus du suffrage universel. Pour le meilleur et pour le pire. Devons-nous comprendre que ce qui est déjà largement acquis, à savoir que les gouvernements sont dépassés et le reconnaissent d’ailleurs du bout des lèvres, va être ultérieurement officialisé ? Que l’oligarchie financière mondiale envisage de se doter d’un instrument de pouvoir à sa mesure ?&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=3280" title="Permanent Link: L’actualité de la crise : Visions inabouties de huit défis pour demain, par François Leclerc">L’actualité de la crise : Visions inabouties de huit défis pour demain</a></h2>
<p>Une fois n’est pas coutume, c’est dans la presse française que j’ai hier trouvé matière à commentaire. Plus précisément dans la lecture de la chronique de Nicolas Baverez, intitulée « Huit défis pour demain » (Le Monde daté du 3 juin). Après avoir lu une synthèse de sa pensée qui justifie de s’y attarder : comment cet économiste, qui n’est jamais passé pour un pourfendeur du capitalisme financier, voit-il donc l’avenir ?</p>
<p>Croissance faible, chômage de masse, hyper dette des Etats, bulle financière des banques centrales, inflation, système monétaire international, conversion des modèles économiques et politique économique, voici au mot près les intitulés des défis qu’il annonce, déjà en soi éloquents pour les premiers d’entre eux. Sans être totalement surprenantes pour tout observateur assidu de la crise en cours. A remarquer que l’hypothèse d’un rebondissement de la crise financière n’est, quant à elle, même pas envisagée, ce qui n’est pas étonnant, vu que ses causes sont proprement escamotées. Là n’était pas le sujet, assurément.</p>
<p>On pourrait en premier lieu remarquer, non sans céder à la polémique, que cette prospective devient paradoxalement plus intéressante quand elle s’interrompt et appelle des prolongements. Pas un seul mot n’est en effet consacré à l’assainissement et à la régulation du système financier, sauf pour évoquer la nécessité de « doter la mondialisation d’institutions et de règles », ce qui est d’autant plus court que la mission qui leur est assignée est toute autre, nous le verrons. Il est par contre expliqué, de manière quelque peu énigmatique, que l’activité « restera durablement molle (…) durant la reconstitution des fonds propres des banques et la normalisation des politiques monétaire et budgétaire. » Et, plus loin, laissant cette fois-ci poindre une certaine circonspection, que « les banques centrales sont devenues de gigantesques fonds spéculatifs qui ne pourront plus jouer leur rôle de prêteur en dernier ressort tant que leur bilan n’aura pas été assaini » (il considère que les 2/3 du bilan actuel de la Fed sont constitués d’actifs toxiques).</p>
<p><span></span>Sur ces deux éléments-clé de la situation, nous n’en saurons malheureusement pas plus. Comment les banques vont-elles reconstituer leurs fonds propres et les banques centrales vont-elles pouvoir assainir leur bilan, cela ne pas partie des questions justifiant un éclairage. Faute de mieux, on croit comprendre que c’est l’opération du Saint Esprit qui sera à chaque fois appelé à la rescousse. Le temps aidant, mais l’on ne sait pas trop bien non plus comment. Nicolas Baverez élude cette question primordiale, pourquoi donc ? Tout simplement parce que ce n’est pas le sujet, sans aucun doute.</p>
<p>Une telle amélioration des comptes ne peut résulter que de deux facteurs, en plus des résultats financiers de l’activité traditionnelle des banques, dont on comprend qu’elle se doit de générer de fortes marges pour que le processus ne soit pas trop long. Soit, à un moment ou à un autre, les actifs toxiques sont cédés, soit ils reprennent de la valeur. S’il est concevable que certains d’entre eux, mais nul n’est capable d’en déterminer à l’avance la proportion, pourraient effectivement reprendre des couleurs, une fois l’économie relancée, même à faible vitesse, il n’est pas besoin de longuement s’interroger pour deviner l’identité d’éventuels repreneurs, dans un cas comme dans l’autre. Les Etats, bien entendu, qui devront emprunter pour ce faire. Auprès de qui ? Mais des investisseurs privés, qui d’autres ? qui ne voudront jamais se fourvoyer dans une telle affaire à haut risque, à moins de bénéficier de la garantie de l’Etat, ce qui est précisément le modèle déployé par le Trésor US (dont on attend de voir comment il va fonctionner). Sans faire de mauvais procès à Nicolas Baverez, ni injure à ses capacités d’analyse, n’est-ce pas parce que cette conclusion est la seule possible qu’il a choisi de ne pas en faire état ?</p>
<p>Un phénomène majeur est par ailleurs enregistré, une fois admis la faiblesse de la croissance attendue, ainsi que le chômage durable, « qui va s’installer ». « La déflation n’a été arrêtée – explique au présent Nicolas Baverez comme si on y était déjà – qu’au prix d’un vaste et dangereux transfert des dettes du secteur financier vers les Etats » (Il oublie de préciser du secteur financier privé). Puis, il poursuit, en analysant les conséquences : « A terme, seul un délicat équilibre entre la croissance, les hausses des prélèvements et l’inflation pourra réduire la dette publique ». Cette fois-ci, tout est dit.</p>
<p>Si, encore fidèle sur ce point à sa conception monétariste, il voit bien menacée « la suprématie du dollar », reprenant doctement à son compte la thèse américaine de la surévaluation du yuan chinois, qui a « joué un grand rôle dans le déséquilibres mondiaux », il considère toutefois que ni la Chine ni l’Europe ne pourront supplanter le dollar dans son rôle actuel, éludant pour la commodité de l’exposé la proposition chinoise que ce soient les droits de tirage spéciaux (DTS), c’est-à-dire un panier de devises, qui puissent jouer dans l’avenir ce rôle.</p>
<p>Tout à sa vision, il préconise « une réindustrialisation basée sur l’économie de la connaissance au Nord » ainsi que sur la « …dynamisation de la demande intérieure au Sud ». Si cette dernière prendra du temps, mais peut être en effet considérée comme un remède envisageable, l’effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie du Nord du seul secteur dit des « technologies de l’information » (ou de la connaissance) est une sorte d’incantation que l’on répète sans trop réfléchir, comme pour mieux s’en convaincre. Il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent, une fois que l’on a parlé des autoroutes à péage, de la grande distribution et des aides aux personnes âgées, dont le potentiel de croissance n’est tout de même pas infini… Même aux Etats-Unis, où ce secteur des « NTI » est pourtant, avec « l’industrie financière », un des phares et des piliers de l’activité économique et de sa croissance, on constate, lorsque l’on considère sa contribution effective au PIB, qu’il ne suffit pas à la tâche, surtout si la part de la consommation des ménages dans la croissance devait décroître comme c’est très probable. Cette impasse mériterait quand même que l’on s’y attarde un peu. Passons, également, sur cette facilité déconcertante de langage qui place la Chine dans l’hémisphère Sud…</p>
<p>« Il faut réhabiliter des politiques budgétaire, fiscale, industrielle… » conclut Nicolas Baverez, envisageant de confier cette mission à des institutions mondiales, dotées de règles, est-il bien précisé à notre grand soulagement. Hélas, la nature de cette nouvelle gouvernance mondiale n’est pas évoquée, et c’est bien dommage. Car, là aussi, le débat devrait être engagé quand Nicolas Baverez l’arrête. Il est clair que si le modèle de la gouvernance de demain devait être recherché auprès des institutions internationales actuelles, FMI, Banque Mondiale, OMC, etc. on serait en droit de s’interroger sur le « déficit démocratique » prononcé de ce qui nous est proposé. De se demander si ces futures institutions ne risqueraient pas d’être aussi opaques dans leur fonctionnement que ne le sont actuellement les banques centrales et la Banque des Règlements Internationaux (BRI), ce saint du saint qui les réunit ?</p>
<p>Les Etats n’ont certes jamais été un modèle de transparence, mais il était devenu de tradition qu’ils soient, en Occident tout du moins, gérés par des gouvernements issus du suffrage universel. Pour le meilleur et pour le pire. Devons-nous comprendre que ce qui est déjà largement acquis, à savoir que les gouvernements sont dépassés et le reconnaissent d’ailleurs du bout des lèvres, va être ultérieurement officialisé ? Que l’oligarchie financière mondiale envisage de se doter d’un instrument de pouvoir à sa mesure ?</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : la truie qui file</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3229</link>
		<dc:creator>la truie qui file</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 21:30:31 +0000</pubDate>
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		<description>@ rocher,

Merci, les secrets de la Terre, ils sont autant à toi qu&#039;à tous les enfants de la Terre !</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>@ rocher,</p>
<p>Merci, les secrets de la Terre, ils sont autant à toi qu&#8217;à tous les enfants de la Terre !</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : rocher</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3227</link>
		<dc:creator>rocher</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 21:25:19 +0000</pubDate>
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		<description>Très super ta Terre, &quot;truie qui file&quot; ! Connais-tu les secrets de la Terre.

httpv://www.youtube.com/watch?v=6yXRGdZdonM&amp;feature=related</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Très super ta Terre, &laquo;&nbsp;truie qui file&nbsp;&raquo; ! Connais-tu les secrets de la Terre.</p>
<p><p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=6yXRGdZdonM">http://www.youtube.com/watch?v=6yXRGdZdonM</a></p><p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=6yXRGdZdonM"><img src="http://img.youtube.com/vi/6yXRGdZdonM/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : la truie qui file</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3187</link>
		<dc:creator>la truie qui file</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 05:22:53 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3187</guid>
		<description>@ Jérôme,

Il y a des milliers d&#039;hypothèses et encore plus de personnes qui se servent de ces théories qu&#039;ils enseignent en montant au sommet d&#039;un amas de celles-ci en étant convaincu d&#039;avoir atteint les cimes !
Et à partir de leur position enviable (pour eux), ils mettent des barrières pour pouvoir prétendre de leur point de vue invérifiable que c&#039;est le point le plus élevé : un dogme pour convaincre les naïfs.
Ensuite la &quot;politique&quot; est inventée comme consensus entre ceux qui aperçoivent les autres tas de fumiers et ceux qui sont perchés au sommet et aussi ceux qui sont tentés de s&#039;accaparer la taupinière la plus proche ou éventuellement d&#039;en bâtir une à leur mesure avec l&#039;aide de quelqu&#039;un sachant qu&#039;à la fin il n&#039;y aura pas de place pour tout le monde au sommet...

Et le jugement respectif des uns et des autres est de même nature, basée sur une appréciation particulière et enseignée par l&#039;éducation  et les connaissances officielles pour justifier les positions respectives et les luttes inutiles qu&#039;elles suscitent.

Il a tellement d&#039;écoles de pensées que maintenant si Siddartha Gautam revenait faire un tour ici, il mettrait du temps pour retrouver le figuier de l&#039;illumination et surtout pour tester toutes les écoles une par une.
Merlin l&#039;enchanteur en cherchant la foret de Broceliande trouverait une décharge industrielle à coté de Paimpont...
................... 
L&#039;été pendant mon enfance,  j&#039;avais la chance de pouvoir me promener dans un grand jardin familial séculaire consacrée par la patience et hélas tombant à l&#039;abandon pour des raisons qui se confondent avec la raison politique et historique. Dernier acte... mise en vente et expropriation. 
Le parc est devenu celui d&#039;une mairie qui a installé ses locaux et loti une partie pour remplir ses coffres.
C&#039;est une autre version de Broceliande : pavillonite et jardin vu par un jardiniste sorti d&#039;une école populiste de rentabilité ou d&#039;esthétique de magazine pour citadin.
Quel beau  progrès de répartition !

Alors dans le cas de Broceliande, cherchez y  Merlin et la fée Viviane ! Vous trouverez des cars de touristes avec leurs appareils photos, leurs papiers gras et la grande décharge industrielle à coté.

Le parc de mes ancêtres... la source qui y jaillissait est bouchée et une annexe de la compagnie des eaux locale a installé un bac de décantation pas très loin. Les puits d&#039;eau gratuites foré par mes ancêtres et offert aux riverains sont fermés, l&#039;eau comme le reste doit être source de revenu pour le collectivisme de certain et la cerise qu&#039;ils se réservent.

Quand je suis arrivé là ou je suis, il y a 20 ans autour de la maison c&#039;était des cultures intensives sur les champs dont je dispose. Il a fallu trois ans pour que sur cette terre épuisée, plus un brin d&#039;herbe ne puisse repousser.
Ensuite avec de la patience, maintenant la nature reprend peu à peu ses droits en donnant les conseils subtils pour l&#039;aider. Et maintenant il y a déjà des arbres d&#039;une quinzaine de mètres, des orchidées sauvages, des papillons et toutes sortes d&#039;animaux sauvages. Parfois on peut apercevoir aussi à la limite du champ visuel les êtres de ce monde élémentaire mystérieux. Et tout ceci sans aide humaine, sans grand moyens, et avec quelques outils comme ceux des anciens...
Alors Brocéliande ou le parc familial, on le porte en partie avec soi chez certains... Et le détenteur qui participe à cette non-école peut replanter un jardin qui sera regardé et convoité par des collectivités ou des particuliers pour le transformer à son bon gout lucratif.
Peut-être aussi que certains enfants qui y viennent seront à leur tour inspiré un jour de planter eux-même leur petite extension de la foret de Brocéliande et c&#039;est de cette manière intemporelle qu&#039;elle dure, ainsi que tout ce qui s&#039;y rapporte. Enfant, j&#039;ai cueilli des fruits, alors je plante des arbres pour ceux qui viendront et pourtant moi-même je n&#039;ai pas d&#039;enfants...
Quand je suis dans ce jardin, les animaux ne fuient pas comme s&#039;ils étaient apprivoisés ... 
Suis-je pessimiste mon ami ?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>@ Jérôme,</p>
<p>Il y a des milliers d&#8217;hypothèses et encore plus de personnes qui se servent de ces théories qu&#8217;ils enseignent en montant au sommet d&#8217;un amas de celles-ci en étant convaincu d&#8217;avoir atteint les cimes !<br />
Et à partir de leur position enviable (pour eux), ils mettent des barrières pour pouvoir prétendre de leur point de vue invérifiable que c&#8217;est le point le plus élevé : un dogme pour convaincre les naïfs.<br />
Ensuite la &laquo;&nbsp;politique&nbsp;&raquo; est inventée comme consensus entre ceux qui aperçoivent les autres tas de fumiers et ceux qui sont perchés au sommet et aussi ceux qui sont tentés de s&#8217;accaparer la taupinière la plus proche ou éventuellement d&#8217;en bâtir une à leur mesure avec l&#8217;aide de quelqu&#8217;un sachant qu&#8217;à la fin il n&#8217;y aura pas de place pour tout le monde au sommet&#8230;</p>
<p>Et le jugement respectif des uns et des autres est de même nature, basée sur une appréciation particulière et enseignée par l&#8217;éducation  et les connaissances officielles pour justifier les positions respectives et les luttes inutiles qu&#8217;elles suscitent.</p>
<p>Il a tellement d&#8217;écoles de pensées que maintenant si Siddartha Gautam revenait faire un tour ici, il mettrait du temps pour retrouver le figuier de l&#8217;illumination et surtout pour tester toutes les écoles une par une.<br />
Merlin l&#8217;enchanteur en cherchant la foret de Broceliande trouverait une décharge industrielle à coté de Paimpont&#8230;<br />
&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<br />
L&#8217;été pendant mon enfance,  j&#8217;avais la chance de pouvoir me promener dans un grand jardin familial séculaire consacrée par la patience et hélas tombant à l&#8217;abandon pour des raisons qui se confondent avec la raison politique et historique. Dernier acte&#8230; mise en vente et expropriation.<br />
Le parc est devenu celui d&#8217;une mairie qui a installé ses locaux et loti une partie pour remplir ses coffres.<br />
C&#8217;est une autre version de Broceliande : pavillonite et jardin vu par un jardiniste sorti d&#8217;une école populiste de rentabilité ou d&#8217;esthétique de magazine pour citadin.<br />
Quel beau  progrès de répartition !</p>
<p>Alors dans le cas de Broceliande, cherchez y  Merlin et la fée Viviane ! Vous trouverez des cars de touristes avec leurs appareils photos, leurs papiers gras et la grande décharge industrielle à coté.</p>
<p>Le parc de mes ancêtres&#8230; la source qui y jaillissait est bouchée et une annexe de la compagnie des eaux locale a installé un bac de décantation pas très loin. Les puits d&#8217;eau gratuites foré par mes ancêtres et offert aux riverains sont fermés, l&#8217;eau comme le reste doit être source de revenu pour le collectivisme de certain et la cerise qu&#8217;ils se réservent.</p>
<p>Quand je suis arrivé là ou je suis, il y a 20 ans autour de la maison c&#8217;était des cultures intensives sur les champs dont je dispose. Il a fallu trois ans pour que sur cette terre épuisée, plus un brin d&#8217;herbe ne puisse repousser.<br />
Ensuite avec de la patience, maintenant la nature reprend peu à peu ses droits en donnant les conseils subtils pour l&#8217;aider. Et maintenant il y a déjà des arbres d&#8217;une quinzaine de mètres, des orchidées sauvages, des papillons et toutes sortes d&#8217;animaux sauvages. Parfois on peut apercevoir aussi à la limite du champ visuel les êtres de ce monde élémentaire mystérieux. Et tout ceci sans aide humaine, sans grand moyens, et avec quelques outils comme ceux des anciens&#8230;<br />
Alors Brocéliande ou le parc familial, on le porte en partie avec soi chez certains&#8230; Et le détenteur qui participe à cette non-école peut replanter un jardin qui sera regardé et convoité par des collectivités ou des particuliers pour le transformer à son bon gout lucratif.<br />
Peut-être aussi que certains enfants qui y viennent seront à leur tour inspiré un jour de planter eux-même leur petite extension de la foret de Brocéliande et c&#8217;est de cette manière intemporelle qu&#8217;elle dure, ainsi que tout ce qui s&#8217;y rapporte. Enfant, j&#8217;ai cueilli des fruits, alors je plante des arbres pour ceux qui viendront et pourtant moi-même je n&#8217;ai pas d&#8217;enfants&#8230;<br />
Quand je suis dans ce jardin, les animaux ne fuient pas comme s&#8217;ils étaient apprivoisés &#8230;<br />
Suis-je pessimiste mon ami ?</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Jerome59-21</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3186</link>
		<dc:creator>Jerome59-21</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 00:26:31 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3186</guid>
		<description>@ la truie qui file,

Peut-être suis-je naïf mais je ne suis pas aussi pessimiste. Bien sûr il y a beaucoup d&#039;envieux qui utilisent le terme de répartition pour revendiquer plus mais heureusement il existe également une catégorie qui a compris que la course au toujours plus est stupide. Le bonheur n&#039;est pas dans les biens matériels et les rêves consuméristes. Avec la crise les loisirs gratuits commencent à reprendre le pas sur la consommation et redeviennent à la mode. La redistribution n&#039;est pas tout, il faut aussi moins consommer et respecter la planète. La taxation des plus-values et des salaires astronomiques n&#039;a pas seulement pour but de prendre à l&#039;un pour donner à l&#039;autre mais surtout de décourager les bulles spéculatives et les tentations d&#039;accaparer le résultat d&#039;un travail collectif. Il faut y croire sinon c&#039;est perdu d&#039;&#039;avance.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>@ la truie qui file,</p>
<p>Peut-être suis-je naïf mais je ne suis pas aussi pessimiste. Bien sûr il y a beaucoup d&#8217;envieux qui utilisent le terme de répartition pour revendiquer plus mais heureusement il existe également une catégorie qui a compris que la course au toujours plus est stupide. Le bonheur n&#8217;est pas dans les biens matériels et les rêves consuméristes. Avec la crise les loisirs gratuits commencent à reprendre le pas sur la consommation et redeviennent à la mode. La redistribution n&#8217;est pas tout, il faut aussi moins consommer et respecter la planète. La taxation des plus-values et des salaires astronomiques n&#8217;a pas seulement pour but de prendre à l&#8217;un pour donner à l&#8217;autre mais surtout de décourager les bulles spéculatives et les tentations d&#8217;accaparer le résultat d&#8217;un travail collectif. Il faut y croire sinon c&#8217;est perdu d&nbsp;&raquo;avance.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : LeTransmuteur</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3419</link>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2009 10:43:01 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3419</guid>
		<description>&lt;br /&gt;
&lt;h2 class=&quot;posttitle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pauljorion.com/blog/?p=3272&quot; title=&quot;Permanent Link: L’actualité de la crise : Il n’y a pas de sauveur suprême, par François Leclerc&quot;&gt;L’actualité de la crise : Il n’y a pas de sauveur suprême&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la recherche de repères dans cette crise toujours aussi opaque, nous méfiant particulièrement des moments d’accalmie de ces derniers jours, craignant qu’ils soient particulièrement trompeurs pour n’être rien d’autre qu’une absence d’information, nous nous en remettons faute de mieux aux réunions et annonces des banques centrales, ces Dieux de la finance drapés dans leurs voiles et perchés sur leurs Olympes. Non pas parce qu’ils ont particulièrement fait preuve de clairvoyance dans leurs prédictions, ou bien parce qu’il peut leur être accordé le bénéfice d’une franchise faisant défaut par ailleurs, mais parce qu’ils apparaissent comme les derniers gardiens du temple. Ce lieu ultime du sauvetage en cours d’une finance toujours en déroute et d’une économie en subissant sans véritable recours les lourdes conséquences. En nous disant qu’ils savent ce qu’ils font, ou tout du moins en l’espérant. En nous raccrochant, non pas à leurs certitudes affichées, mais aux indices qu’ils pourraient laisser par inadvertance échapper, nous permettant de mieux cerner la réalité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouverneurs des banques centrales, pourtant, ne sont pas les oracles que l’on voudrait nous faire croire, tout empreints de leur importance mise en scène. Ils auraient plutôt tendance à se démonétiser même, en quelque sorte, au fur et à mesure qu’ils monétisent les dettes des autres en les prenant à leur compte. Mais en attendant, leurs paroles valant de l’or sur les marchés, elles sont donc comptées, est-ce ce qui finalement fait leur seule valeur, cette rareté ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous sommes donc suspendus à ces apparitions, qui font l’objet de tant de supputations, et dont notre sort semblerait dépendre, il vient d’apparaître que ces Dieux présumés sont aussi perplexes que nous pouvons l’être, en dépit de l’assurance professionnelle et de façade dont ils ne peuvent se défaire, sauf à déchoir. A quels saints, alors, pourrions-nous encore nous vouer s’il devait en être ainsi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;Dans le fouillis des indices qui sont exhumés et abusivement sollicités par les uns et par les autres pour justifier cette fameuse relance, comme autant de tentatives dérisoires de se rassurer ou de faire comme si, il en est certains qui, eux, ne trompent pas. Il ne s’agit plus des cours de la bourse, dont tout le monde comprend désormais qu’ils ont leur vie spéculative bien à eux, ni de ce miraculeux Baltic Dry Index (BDI), qui serait d’autant plus probant qu’il est mystérieux pour les non-initiés, mais des simples rendements des obligations d’Etat, on en viendrait presque à s’excuser d’aussi peu d’imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces taux ne pardonnent pas, et il a été abondamment relevé que ceux des bons du Trésor US à 10 ans viennent de faire un bond à l’occasion des dernières adjudications, donnant un coup au cœur des observateurs dont nous sommes. Mais les experts, ceux de la Fed ou bien ces Dieux de second rang chargés de décrypter la parole des Dieux de premier rang, quand ils cultivent l’ambiguïté dans leur propos, sont profondément perplexes. Et cela commence fâcheusement à se savoir. Ils ne savent pas à quoi il faut attribuer cette grosse grimpette des taux. Au fait que les investisseurs, reprenant confiance, délaissent cette valeur refuge que représentent les « treasuries » ? Qu’au contraire, ils n’acceptent de souscrire aux nouvelles émissions de ceux-ci qu’à condition d’être mieux rétribués, jugeant plus préoccupante la qualité de la dette américaine au fur et à mesure qu’elle s’accroît ? Ou, enfin, aux fourberies supposées de la banque centrale chinoise, suspectée de vendre ses obligations à 10 ans pour les remplacer par des obligations à plus court terme, dont il lui sera plus facile de se défaire ? Nos Dieux s’y perdent, nos Dieux sont perdus et ne savent plus quoi faire. Ils ne font donc plus rien. Mais nous, alors, comment allons-nous y retrouver ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu merci, en Europe, nous avons nos piliers de sagesse. Nous ne les cherchons pas du côté des gouverneurs de ces petits pays, comme la Grèce, dont on sent qu’ils pourraient vite capituler aux sirènes de la monétisation de la dette des entreprises et des Etats. Rejoignant dans la précipitation leurs confrères de la Fed, de la Banque of Japan ou de la BoE, pour un résultat dont on commence à mesurer aux Etats-Unis le danger potentiel, avec cette élévation des taux aboutissant au surenchérissement de leur dette. Non, nous trouvons ces piliers en Allemagne, avec la chancelière Angela Merkel qui vient de faire savoir aujourd’hui à Berlin, à deux jours de la prochaine réunion de la BCE, qu’il était hors de question que celle-ci capitule, abandonnant sa primordiale indépendance vis à vis des Etats en s’engageant dans de nouvelles mesures dites « non conventionnelles » (de création monétaire afin de financer de la dette privée ou publique). Elle a même appelé la Fed et la BoE à mettre fin aux dispositions qu’elles ont déjà prises dans ce domaine, en grand, sachant bien qu’elle n’a aucune chance d’être entendue par les responsables de ces dernières, mais que ses propos ne vont pas passer inaperçus au sein du conseil des gouverneurs de la BCE. La BCE doit être indépendante des Etats, mais il faudrait mieux qu’elle en suive les recommandations, si l’on comprend bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les très timides mesures arrachées lors de la dernière réunion de la BCE, l’achat pour un montant de 60 milliards d’euros d’obligations sécurisées (à faible risque) devraient en effet faire l’objet de nouvelles annonces plus détaillées dès ce jeudi. Les Dieux de second rang estimant que cette enveloppe est très modeste, au regard de la situation économique européenne et du risque de déflation qui grandit, ne représentant que 0,4% du PIB de la zone euro. Les achats d’actifs financiers de la Fed et de la BoE représentent, pour comparaison, environ 10% des PIB de leurs pays respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, devant quel délicat choix sont placées les puissances divinatoires ? Financer la relance européenne par une politique de création monétaire, écartant ainsi le spectre de la déflation si celle-ci réussit, mais faisant craindre en contrepartie une forte inflation pour demain ? Ou laisser les Etats assumer ce financement en accroissant outre mesure la dette publique, qui ne pourra être ultérieurement gérable que si une forte inflation vient la réduire ? Ou bien encore, ne pas bouger, espérant que la reprise interviendra aux USA et nous entraînera magiquement à sa suite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait que les Dieux sachent ce qu’ils veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par François Leclerc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p></p>
<h2 class="posttitle"><a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=3272" title="Permanent Link: L’actualité de la crise : Il n’y a pas de sauveur suprême, par François Leclerc">L’actualité de la crise : Il n’y a pas de sauveur suprême</a></h2>
<p>A la recherche de repères dans cette crise toujours aussi opaque, nous méfiant particulièrement des moments d’accalmie de ces derniers jours, craignant qu’ils soient particulièrement trompeurs pour n’être rien d’autre qu’une absence d’information, nous nous en remettons faute de mieux aux réunions et annonces des banques centrales, ces Dieux de la finance drapés dans leurs voiles et perchés sur leurs Olympes. Non pas parce qu’ils ont particulièrement fait preuve de clairvoyance dans leurs prédictions, ou bien parce qu’il peut leur être accordé le bénéfice d’une franchise faisant défaut par ailleurs, mais parce qu’ils apparaissent comme les derniers gardiens du temple. Ce lieu ultime du sauvetage en cours d’une finance toujours en déroute et d’une économie en subissant sans véritable recours les lourdes conséquences. En nous disant qu’ils savent ce qu’ils font, ou tout du moins en l’espérant. En nous raccrochant, non pas à leurs certitudes affichées, mais aux indices qu’ils pourraient laisser par inadvertance échapper, nous permettant de mieux cerner la réalité.</p>
<p>Les gouverneurs des banques centrales, pourtant, ne sont pas les oracles que l’on voudrait nous faire croire, tout empreints de leur importance mise en scène. Ils auraient plutôt tendance à se démonétiser même, en quelque sorte, au fur et à mesure qu’ils monétisent les dettes des autres en les prenant à leur compte. Mais en attendant, leurs paroles valant de l’or sur les marchés, elles sont donc comptées, est-ce ce qui finalement fait leur seule valeur, cette rareté ?</p>
<p>Si nous sommes donc suspendus à ces apparitions, qui font l’objet de tant de supputations, et dont notre sort semblerait dépendre, il vient d’apparaître que ces Dieux présumés sont aussi perplexes que nous pouvons l’être, en dépit de l’assurance professionnelle et de façade dont ils ne peuvent se défaire, sauf à déchoir. A quels saints, alors, pourrions-nous encore nous vouer s’il devait en être ainsi ?</p>
<p><span></span>Dans le fouillis des indices qui sont exhumés et abusivement sollicités par les uns et par les autres pour justifier cette fameuse relance, comme autant de tentatives dérisoires de se rassurer ou de faire comme si, il en est certains qui, eux, ne trompent pas. Il ne s’agit plus des cours de la bourse, dont tout le monde comprend désormais qu’ils ont leur vie spéculative bien à eux, ni de ce miraculeux Baltic Dry Index (BDI), qui serait d’autant plus probant qu’il est mystérieux pour les non-initiés, mais des simples rendements des obligations d’Etat, on en viendrait presque à s’excuser d’aussi peu d’imagination.</p>
<p>Car ces taux ne pardonnent pas, et il a été abondamment relevé que ceux des bons du Trésor US à 10 ans viennent de faire un bond à l’occasion des dernières adjudications, donnant un coup au cœur des observateurs dont nous sommes. Mais les experts, ceux de la Fed ou bien ces Dieux de second rang chargés de décrypter la parole des Dieux de premier rang, quand ils cultivent l’ambiguïté dans leur propos, sont profondément perplexes. Et cela commence fâcheusement à se savoir. Ils ne savent pas à quoi il faut attribuer cette grosse grimpette des taux. Au fait que les investisseurs, reprenant confiance, délaissent cette valeur refuge que représentent les « treasuries » ? Qu’au contraire, ils n’acceptent de souscrire aux nouvelles émissions de ceux-ci qu’à condition d’être mieux rétribués, jugeant plus préoccupante la qualité de la dette américaine au fur et à mesure qu’elle s’accroît ? Ou, enfin, aux fourberies supposées de la banque centrale chinoise, suspectée de vendre ses obligations à 10 ans pour les remplacer par des obligations à plus court terme, dont il lui sera plus facile de se défaire ? Nos Dieux s’y perdent, nos Dieux sont perdus et ne savent plus quoi faire. Ils ne font donc plus rien. Mais nous, alors, comment allons-nous y retrouver ?</p>
<p>Dieu merci, en Europe, nous avons nos piliers de sagesse. Nous ne les cherchons pas du côté des gouverneurs de ces petits pays, comme la Grèce, dont on sent qu’ils pourraient vite capituler aux sirènes de la monétisation de la dette des entreprises et des Etats. Rejoignant dans la précipitation leurs confrères de la Fed, de la Banque of Japan ou de la BoE, pour un résultat dont on commence à mesurer aux Etats-Unis le danger potentiel, avec cette élévation des taux aboutissant au surenchérissement de leur dette. Non, nous trouvons ces piliers en Allemagne, avec la chancelière Angela Merkel qui vient de faire savoir aujourd’hui à Berlin, à deux jours de la prochaine réunion de la BCE, qu’il était hors de question que celle-ci capitule, abandonnant sa primordiale indépendance vis à vis des Etats en s’engageant dans de nouvelles mesures dites « non conventionnelles » (de création monétaire afin de financer de la dette privée ou publique). Elle a même appelé la Fed et la BoE à mettre fin aux dispositions qu’elles ont déjà prises dans ce domaine, en grand, sachant bien qu’elle n’a aucune chance d’être entendue par les responsables de ces dernières, mais que ses propos ne vont pas passer inaperçus au sein du conseil des gouverneurs de la BCE. La BCE doit être indépendante des Etats, mais il faudrait mieux qu’elle en suive les recommandations, si l’on comprend bien.</p>
<p>Les très timides mesures arrachées lors de la dernière réunion de la BCE, l’achat pour un montant de 60 milliards d’euros d’obligations sécurisées (à faible risque) devraient en effet faire l’objet de nouvelles annonces plus détaillées dès ce jeudi. Les Dieux de second rang estimant que cette enveloppe est très modeste, au regard de la situation économique européenne et du risque de déflation qui grandit, ne représentant que 0,4% du PIB de la zone euro. Les achats d’actifs financiers de la Fed et de la BoE représentent, pour comparaison, environ 10% des PIB de leurs pays respectifs.</p>
<p>Somme toute, devant quel délicat choix sont placées les puissances divinatoires ? Financer la relance européenne par une politique de création monétaire, écartant ainsi le spectre de la déflation si celle-ci réussit, mais faisant craindre en contrepartie une forte inflation pour demain ? Ou laisser les Etats assumer ce financement en accroissant outre mesure la dette publique, qui ne pourra être ultérieurement gérable que si une forte inflation vient la réduire ? Ou bien encore, ne pas bouger, espérant que la reprise interviendra aux USA et nous entraînera magiquement à sa suite ?</p>
<p>Il faudrait que les Dieux sachent ce qu’ils veulent.</p>
<p><strong>Par François Leclerc</strong></p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : rocher</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3155</link>
		<dc:creator>rocher</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2009 08:26:04 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3155</guid>
		<description>Je crois qu&#039;à force de sortir plusieurs systèmes de penser, plusieurs système politique, plusieurs système d&#039;équilibre de l&#039;être humain, plusieurs créations utopistes. Après plusieurs dégénérescence des ces divers systèmes novateurs appliqué au quotidien sortira un vrai système adapté à notre temps, à l&#039;être humain, et à l&#039;univers au centre duquel il vit. Et ça je ne douterais point ! C&#039;est comme en grimpe, faut grimper et encore grimper, pour grimper super bien après !

Une dernière. Je crois aussi que l&#039;uniformisation systémique est une solution de &quot;l&#039;égo altéré&quot;. C&#039;est une vraie utopie, de vouloir mettre tout les êtres humain derrière une seule bannière et un seul costume idéologique.
Car c&#039;est de la diversité que renaitra une vraie unité !
Alors à chaque être humain de vivre sa particularité et de créer à partir de sa particularité, parce que c&#039;est de l&#039;intérieur que renaitra un monde équilibré ! Ancré dans la réel et non plus sur des systèmes artificiels !
A bon entendeur ! Wesh ! Hein mon petit Transmuteur !  
T pas un vrai type si tu supprimes ce commentaire.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je crois qu&#8217;à force de sortir plusieurs systèmes de penser, plusieurs système politique, plusieurs système d&#8217;équilibre de l&#8217;être humain, plusieurs créations utopistes. Après plusieurs dégénérescence des ces divers systèmes novateurs appliqué au quotidien sortira un vrai système adapté à notre temps, à l&#8217;être humain, et à l&#8217;univers au centre duquel il vit. Et ça je ne douterais point ! C&#8217;est comme en grimpe, faut grimper et encore grimper, pour grimper super bien après !</p>
<p>Une dernière. Je crois aussi que l&#8217;uniformisation systémique est une solution de &laquo;&nbsp;l&#8217;égo altéré&nbsp;&raquo;. C&#8217;est une vraie utopie, de vouloir mettre tout les êtres humain derrière une seule bannière et un seul costume idéologique.<br />
Car c&#8217;est de la diversité que renaitra une vraie unité !<br />
Alors à chaque être humain de vivre sa particularité et de créer à partir de sa particularité, parce que c&#8217;est de l&#8217;intérieur que renaitra un monde équilibré ! Ancré dans la réel et non plus sur des systèmes artificiels !<br />
A bon entendeur ! Wesh ! Hein mon petit Transmuteur !<br />
T pas un vrai type si tu supprimes ce commentaire.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : La truie qui file</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3152</link>
		<dc:creator>La truie qui file</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2009 04:13:41 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3152</guid>
		<description>Répartition !!! Oui le mot serait &quot;bon&quot; mais les intentions qui poussent à l&#039;exprimer le sont bien moins :
Pas dans le sens militant oh non !
Regardez la &lt;a href=&quot;http://mydago.com/2009/03/rajoelina-presente-la-hat-de-madagascar-ce-31-mars/&quot;&gt;dernière révolution a Madagascar&lt;/a&gt;, une pitrerie sordide. La même que la précédente et probablement que la suivante ! 
Et dans bien d&#039;autres pays c&#039;est la même chose des révolutions d&#039;hypocrites, des changements dans la continuité, en changeant de pantins et les fioritures du décors et la marque des fers aux pieds. Cela hélas ne fait rire personne sauf  les poseurs de fers qui oublient de constater la cangue qui les enserrent eux-mêmes.
 
On regarde la disproportion, on la condamne mais avec un rêve détestable (conscient ou inconscient) de se trouver à la place du profiteur. Ensuite un jour celui-ci disparait et, issu d&#039;un milieu qu&#039;on dit modeste mais qui est en fait pétri d&#039;envie honteuse, d&#039;arrivisme et  d&#039;acceptation de  toutes les ignominies. Porté par la foule, un autre  individu s&#039;emparent de la position convoitée et évidemment en abuse comme son prédécesseur et même pire. Maintenant comme par le passé, il invente des nouvelles règles pour éviter le siège éjectable. Il triche.

Et pourquoi ces abus ? 
Simplement à cause d&#039;une majorité d&#039;individus qui critiquent et même détestent leur patron en souhaitant en réalité être à sa place.
Et le comble dans cette histoire c&#039;est que leurs attitudes individuelles conforte le tyran qui se régale de leurs oppositions et de leur luttes intestines implacables pour la promotion sociale.

Sur un plan abstrait, les fausses victimes alimentent l&#039;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gr%C3%A9gore&quot;&gt;égrégore&lt;/a&gt; du pouvoir qui maintient cette situation à leur détriment.

Le &quot;bon&quot; ou la &quot;bonne&quot; mère de famille participent dans leur progéniture à son expression future d&#039;une génération pire :

&quot;Je n&#039;ai pas fait des études, je n&#039;ai pas réussi, alors toi mon fils ou ma fille tu va réussir ce que papa, maman n&#039;a pas pu faire. Et il faut que tu arrives à tout prix ! A tout prix ! Il ne faut reculer devant rien n&#039;est-ce pas !&quot;

Et c&#039;est comme cela qu&#039;un petit tyran naît même au rang de chef d&#039;atelier, d&#039;infirmière chef, de chef de bureau ! On dit un, en réalité il en nait des milliers en même temps et les uns seront esclaves des autres tyrans pour avoir subi le même carcan éducatif de l&#039;arrivisme, de l&#039;envie, de la jalousie, de l&#039;ego hypertrophié, de la négation de l&#039;autre, de l&#039;absence de coeur et d&#039;une ambition implacable qui détruit tout sur son passage... pour la &quot;bonne&quot; cause.

Et voyez-vous tout ceci pour un &quot;naturaliste&quot; c&#039;est une &lt;strong&gt;maladie&lt;/strong&gt; et qui laisse pressentir la &lt;strong&gt;présence de quelque chose de monstrueux comme un parasite de l&#039;esprit&lt;/strong&gt; extrêmement répandu et qui transforme l&#039;&lt;strong&gt;espèce en source alimentaire de sa prolifération anarchique&lt;/strong&gt;.
Maintenant &lt;strong&gt;si vous pensez &quot;Eux... ils ont trop, Moi je mériterais ceci, cela et de prendre leur place... &quot;  vous êtes aussi soumis au diktat de ce parasite et vous méritez votre condition misérable&lt;/strong&gt; ! 

La plupart diront &quot;non pas moi&quot;, exactement comme le toxicomane, l&#039;alcoolique en phase de déclin &quot;mais non, je ne bois pas, mais non ma drogue c&#039;est juste pour me détendre, pour m&#039;aider a travailler... &quot;.
L&#039;addiction à la forme d&#039;adhésion sociale basée sur l&#039;ambition, l&#039;envie et l&#039;oubli de l&#039;autre ne peut aboutir qu&#039;à une affection terrible, on appelle cela &quot;crise&quot; mais c&#039;est la somme exacte des infections individuelles ! Et le remède est indiqué par la maladie, et comme pour les addictions, il ne faut plus les nourrir pour qu&#039;elles disparaissent peu à peu ! 

Demandez à un alcoolique ou drogué repenti, il vous expliquera la difficultés du problème...

... GM, c&#039;est l&#039;histoire de l&#039;une des premières voitures électriques satisfaisante à en devenir mythique mais mise au rebut, à la casse  délibérément pour préserver des profits titanesques du réseau d&#039;entretien, et celui des  carburants fossiles.
Une voiture électrique qui s&#039;use 4 fois moins vite, sans entretien, sans pollution. GM a fait cela et l&#039;a détruit sciemment !
Alors il y la cause, il y a ensuite l&#039;effet et un jour les corolaires qu&#039;on appelle jugement... 

Non il y a beaucoup de gens sur Terre qui ne rêve que du tiroir-caisse et de la position sociale frelatée par leurs écrans TV.
Ils en sont malades, ils en crèvent au lieu d&#039;essayer de vivre en trouvant en eux-même ce que le créateur leur a accordé, les merveilles de la nature, et ils osent espérer un monde meilleur alors qu&#039;ils font tout chaque jours pour rendre celui-ci détestable par leurs pensées individuelles et leurs comportements égoïstes ?

Alors cette crise, elle n&#039;existe que parce que vous y croyez, que vous  la craignez, que vous avez encore des pensées et un comportement probablement peu louable vis-à-vis de ce qui vous entoure. Alors si quelque chose vous déplait changez-le en vous-même !

Traduit pour &lt;em&gt;la Rumeur Soupirante des Eaux Profondes&lt;/em&gt;.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Répartition !!! Oui le mot serait &laquo;&nbsp;bon&nbsp;&raquo; mais les intentions qui poussent à l&#8217;exprimer le sont bien moins :<br />
Pas dans le sens militant oh non !<br />
Regardez la <a href="http://mydago.com/2009/03/rajoelina-presente-la-hat-de-madagascar-ce-31-mars/">dernière révolution a Madagascar</a>, une pitrerie sordide. La même que la précédente et probablement que la suivante !<br />
Et dans bien d&#8217;autres pays c&#8217;est la même chose des révolutions d&#8217;hypocrites, des changements dans la continuité, en changeant de pantins et les fioritures du décors et la marque des fers aux pieds. Cela hélas ne fait rire personne sauf  les poseurs de fers qui oublient de constater la cangue qui les enserrent eux-mêmes.</p>
<p>On regarde la disproportion, on la condamne mais avec un rêve détestable (conscient ou inconscient) de se trouver à la place du profiteur. Ensuite un jour celui-ci disparait et, issu d&#8217;un milieu qu&#8217;on dit modeste mais qui est en fait pétri d&#8217;envie honteuse, d&#8217;arrivisme et  d&#8217;acceptation de  toutes les ignominies. Porté par la foule, un autre  individu s&#8217;emparent de la position convoitée et évidemment en abuse comme son prédécesseur et même pire. Maintenant comme par le passé, il invente des nouvelles règles pour éviter le siège éjectable. Il triche.</p>
<p>Et pourquoi ces abus ?<br />
Simplement à cause d&#8217;une majorité d&#8217;individus qui critiquent et même détestent leur patron en souhaitant en réalité être à sa place.<br />
Et le comble dans cette histoire c&#8217;est que leurs attitudes individuelles conforte le tyran qui se régale de leurs oppositions et de leur luttes intestines implacables pour la promotion sociale.</p>
<p>Sur un plan abstrait, les fausses victimes alimentent l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gr%C3%A9gore">égrégore</a> du pouvoir qui maintient cette situation à leur détriment.</p>
<p>Le &laquo;&nbsp;bon&nbsp;&raquo; ou la &laquo;&nbsp;bonne&nbsp;&raquo; mère de famille participent dans leur progéniture à son expression future d&#8217;une génération pire :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je n&#8217;ai pas fait des études, je n&#8217;ai pas réussi, alors toi mon fils ou ma fille tu va réussir ce que papa, maman n&#8217;a pas pu faire. Et il faut que tu arrives à tout prix ! A tout prix ! Il ne faut reculer devant rien n&#8217;est-ce pas !&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et c&#8217;est comme cela qu&#8217;un petit tyran naît même au rang de chef d&#8217;atelier, d&#8217;infirmière chef, de chef de bureau ! On dit un, en réalité il en nait des milliers en même temps et les uns seront esclaves des autres tyrans pour avoir subi le même carcan éducatif de l&#8217;arrivisme, de l&#8217;envie, de la jalousie, de l&#8217;ego hypertrophié, de la négation de l&#8217;autre, de l&#8217;absence de coeur et d&#8217;une ambition implacable qui détruit tout sur son passage&#8230; pour la &laquo;&nbsp;bonne&nbsp;&raquo; cause.</p>
<p>Et voyez-vous tout ceci pour un &laquo;&nbsp;naturaliste&nbsp;&raquo; c&#8217;est une <strong>maladie</strong> et qui laisse pressentir la <strong>présence de quelque chose de monstrueux comme un parasite de l&#8217;esprit</strong> extrêmement répandu et qui transforme l&#8217;<strong>espèce en source alimentaire de sa prolifération anarchique</strong>.<br />
Maintenant <strong>si vous pensez &nbsp;&raquo;Eux&#8230; ils ont trop, Moi je mériterais ceci, cela et de prendre leur place&#8230; &laquo;&nbsp;  vous êtes aussi soumis au diktat de ce parasite et vous méritez votre condition misérable</strong> ! </p>
<p>La plupart diront &laquo;&nbsp;non pas moi&nbsp;&raquo;, exactement comme le toxicomane, l&#8217;alcoolique en phase de déclin &laquo;&nbsp;mais non, je ne bois pas, mais non ma drogue c&#8217;est juste pour me détendre, pour m&#8217;aider a travailler&#8230; &laquo;&nbsp;.<br />
L&#8217;addiction à la forme d&#8217;adhésion sociale basée sur l&#8217;ambition, l&#8217;envie et l&#8217;oubli de l&#8217;autre ne peut aboutir qu&#8217;à une affection terrible, on appelle cela &laquo;&nbsp;crise&nbsp;&raquo; mais c&#8217;est la somme exacte des infections individuelles ! Et le remède est indiqué par la maladie, et comme pour les addictions, il ne faut plus les nourrir pour qu&#8217;elles disparaissent peu à peu ! </p>
<p>Demandez à un alcoolique ou drogué repenti, il vous expliquera la difficultés du problème&#8230;</p>
<p>&#8230; GM, c&#8217;est l&#8217;histoire de l&#8217;une des premières voitures électriques satisfaisante à en devenir mythique mais mise au rebut, à la casse  délibérément pour préserver des profits titanesques du réseau d&#8217;entretien, et celui des  carburants fossiles.<br />
Une voiture électrique qui s&#8217;use 4 fois moins vite, sans entretien, sans pollution. GM a fait cela et l&#8217;a détruit sciemment !<br />
Alors il y la cause, il y a ensuite l&#8217;effet et un jour les corolaires qu&#8217;on appelle jugement&#8230; </p>
<p>Non il y a beaucoup de gens sur Terre qui ne rêve que du tiroir-caisse et de la position sociale frelatée par leurs écrans TV.<br />
Ils en sont malades, ils en crèvent au lieu d&#8217;essayer de vivre en trouvant en eux-même ce que le créateur leur a accordé, les merveilles de la nature, et ils osent espérer un monde meilleur alors qu&#8217;ils font tout chaque jours pour rendre celui-ci détestable par leurs pensées individuelles et leurs comportements égoïstes ?</p>
<p>Alors cette crise, elle n&#8217;existe que parce que vous y croyez, que vous  la craignez, que vous avez encore des pensées et un comportement probablement peu louable vis-à-vis de ce qui vous entoure. Alors si quelque chose vous déplait changez-le en vous-même !</p>
<p>Traduit pour <em>la Rumeur Soupirante des Eaux Profondes</em>.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Jerome59-21</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3150</link>
		<dc:creator>Jerome59-21</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 22:18:58 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3150</guid>
		<description>Apparemment je me suis mal exprimé puisque je n&#039;ai pas été compris. La répartition est une partie du problème, l&#039;autre étant la volonté de certains de toujours avoir plus. Et je ne casse pas du sucre sur ceux qui gagnent de l&#039;argent. Il en faut et c&#039;est le moteur de l&#039;économie. Quoi que l&#039;on en pense le capitalisme est le seul système ayant jamais permis de progresser. Seulement ce système a été perverti. Il n&#039;est plus question de &quot;à chacun selon ses mérites&quot; mais seulement de &quot;je veux plus parce que je le vaux bien&quot;.
Ensuite, je n&#039;ai jamais parlé d&#039;aller voter pour qui que ce soit seulement d&#039;un changement dans la morale de cette société. Et puis on a les dirigeants qu&#039;on mérite !!! C&#039;est un peu simple de rejeter les fautes sur la loi et ceux qui votent la loi. Ce n&#039;est pas la loi qui a fait investir les ouvriers américains dans des fonds de pension qui ont pressuré les entreprises dans lesquelles ils travaillaient jusqu&#039;à ce qu&#039;ils soit licenciés. Ni la loi qui les a incité à spéculer sur l&#039;immobilier avec de l&#039;argent qu&#039;ils n&#039;avaient pas. 
Enfin, il est clair que la solution n&#039;est sûrement pas individuelle elle est collective. A bas le &quot;toujours plus&quot;, à bas le &quot;tout pour Moi&quot;. Il faut d&#039;urgence revenir à la solidarité et au partage.

J&#039;allais oublier, GM n&#039;a pas fait faillite parce qu&#039;elle a joué le jeu mais parce que depuis 30 ans elle produit des voitures de mauvaises qualités non adaptées au marché sans que les dirigeants n&#039;aient jamais remis en cause leur gestion ni investi dans les moyens de productions.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Apparemment je me suis mal exprimé puisque je n&#8217;ai pas été compris. La répartition est une partie du problème, l&#8217;autre étant la volonté de certains de toujours avoir plus. Et je ne casse pas du sucre sur ceux qui gagnent de l&#8217;argent. Il en faut et c&#8217;est le moteur de l&#8217;économie. Quoi que l&#8217;on en pense le capitalisme est le seul système ayant jamais permis de progresser. Seulement ce système a été perverti. Il n&#8217;est plus question de &laquo;&nbsp;à chacun selon ses mérites&nbsp;&raquo; mais seulement de &laquo;&nbsp;je veux plus parce que je le vaux bien&nbsp;&raquo;.<br />
Ensuite, je n&#8217;ai jamais parlé d&#8217;aller voter pour qui que ce soit seulement d&#8217;un changement dans la morale de cette société. Et puis on a les dirigeants qu&#8217;on mérite !!! C&#8217;est un peu simple de rejeter les fautes sur la loi et ceux qui votent la loi. Ce n&#8217;est pas la loi qui a fait investir les ouvriers américains dans des fonds de pension qui ont pressuré les entreprises dans lesquelles ils travaillaient jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils soit licenciés. Ni la loi qui les a incité à spéculer sur l&#8217;immobilier avec de l&#8217;argent qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas.<br />
Enfin, il est clair que la solution n&#8217;est sûrement pas individuelle elle est collective. A bas le &laquo;&nbsp;toujours plus&nbsp;&raquo;, à bas le &laquo;&nbsp;tout pour Moi&nbsp;&raquo;. Il faut d&#8217;urgence revenir à la solidarité et au partage.</p>
<p>J&#8217;allais oublier, GM n&#8217;a pas fait faillite parce qu&#8217;elle a joué le jeu mais parce que depuis 30 ans elle produit des voitures de mauvaises qualités non adaptées au marché sans que les dirigeants n&#8217;aient jamais remis en cause leur gestion ni investi dans les moyens de productions.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Alcidejet</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3149</link>
		<dc:creator>Alcidejet</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 19:50:43 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3149</guid>
		<description>@ Jérôme,

Entre mine et chèvre, certains pourraient faire un choix qui t&#039;étonne, nous n&#039;avons pas tous les même gouts et peut-être même que certains préfèreraient simplement mourir que de choisir...
La répartition est le problème central, si on ne cherche qu&#039;un autre moyen de répartition on n&#039;avance pas beaucoup je pense...
GM fait faillite car elle a joué le jeu. Si elle ne l&#039;avait pas fait, elle serait morte encore plus tôt.
Casser du sucre sur ceux qui gagnent de l&#039;argent et rêver qu&#039;en changeant les règles qu&#039;ils ont écrites et qu&#039;il modifient en fonctions de leurs besoins, nous arriverons à changer le monde, c&#039;est une façon de ne pas voir plus loin que le bout de son nez ! Je m&#039;insurge face à ce genre de réflexion ! Allez donc voter ! pour ce que ça changera...
L&#039;impôt... l&#039;impôt... et qui se charge de le collecter, de le redistribuer, de le voter et de le faire appliquer d&#039;après toi ? 
Une chose est sûre, ce n&#039;es pas UN individu ni DES individus, mais un systèmes complexe, répandu, asphyxiant, incontrôlable qui est au coeur et qui est le coeur du plus grand spectacle vivant jamais orchestré (aux vues du nombre de spectateurs : 6 Milliards !!)

La solution n&#039;est pas dans le loi, ni dans ceux qui l&#039;écrivent ou la lise, elle n&#039;est pas dans les autres, elle n&#039;est même pas là, la preuve on la vit toujours la crise, alors elle est où ? Où est-ce que l&#039;on rechigne à chercher ? Alors même que l&#039;on SAIT avec impertinence parfois que la réponse y est ! Cette clé de notre bonheur individuel, qui n&#039;inclue pas l&#039;autre et l&#039;environnement mais qui est intimement marié avec TOUT...

Je pense donc je suis - Je crois être - Je crois ce qu&#039;on m&#039;a dit - Dans l&#039;action la croyance disparait - Dans l&#039;action je suis vrai - Je suis vrai en vivant ma foi - Ma foi en moi.

(&quot;c&#039;est clair il a pas de gosses lui !!&quot; &lt;span&gt;:razz:&lt;/span&gt;)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>@ Jérôme,</p>
<p>Entre mine et chèvre, certains pourraient faire un choix qui t&#8217;étonne, nous n&#8217;avons pas tous les même gouts et peut-être même que certains préfèreraient simplement mourir que de choisir&#8230;<br />
La répartition est le problème central, si on ne cherche qu&#8217;un autre moyen de répartition on n&#8217;avance pas beaucoup je pense&#8230;<br />
GM fait faillite car elle a joué le jeu. Si elle ne l&#8217;avait pas fait, elle serait morte encore plus tôt.<br />
Casser du sucre sur ceux qui gagnent de l&#8217;argent et rêver qu&#8217;en changeant les règles qu&#8217;ils ont écrites et qu&#8217;il modifient en fonctions de leurs besoins, nous arriverons à changer le monde, c&#8217;est une façon de ne pas voir plus loin que le bout de son nez ! Je m&#8217;insurge face à ce genre de réflexion ! Allez donc voter ! pour ce que ça changera&#8230;<br />
L&#8217;impôt&#8230; l&#8217;impôt&#8230; et qui se charge de le collecter, de le redistribuer, de le voter et de le faire appliquer d&#8217;après toi ?<br />
Une chose est sûre, ce n&#8217;es pas UN individu ni DES individus, mais un systèmes complexe, répandu, asphyxiant, incontrôlable qui est au coeur et qui est le coeur du plus grand spectacle vivant jamais orchestré (aux vues du nombre de spectateurs : 6 Milliards !!)</p>
<p>La solution n&#8217;est pas dans le loi, ni dans ceux qui l&#8217;écrivent ou la lise, elle n&#8217;est pas dans les autres, elle n&#8217;est même pas là, la preuve on la vit toujours la crise, alors elle est où ? Où est-ce que l&#8217;on rechigne à chercher ? Alors même que l&#8217;on SAIT avec impertinence parfois que la réponse y est ! Cette clé de notre bonheur individuel, qui n&#8217;inclue pas l&#8217;autre et l&#8217;environnement mais qui est intimement marié avec TOUT&#8230;</p>
<p>Je pense donc je suis -- Je crois être -- Je crois ce qu&#8217;on m&#8217;a dit -- Dans l&#8217;action la croyance disparait -- Dans l&#8217;action je suis vrai -- Je suis vrai en vivant ma foi -- Ma foi en moi.</p>
<p>(&laquo;&nbsp;c&#8217;est clair il a pas de gosses lui !!&nbsp;&raquo; <span> <img src='http://www.letransmuteur.net/wp-includes/images/smilies/icon_razz.gif' alt=':razz:' class='wp-smiley' /> </span>)</p>
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		<title>Par : Jerome59-21</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/crise-systemique-globale-juin-2009-quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference-des-soixante-dernieres-annees/#comment-3148</link>
		<dc:creator>Jerome59-21</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 19:09:21 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4324#comment-3148</guid>
		<description>Je me permets d&#039;apporter ma pierre à ce site très intéressant que je découvre aujourd&#039;hui.

Je ne pense pas que la solution soit d&#039;oublier notre système de valeur, il est logique dans une société non utopique (c&#039;est à dire où les individus œuvreraient sans contrainte au mieux de leurs capacités pour le bien être commun) que ceux qui ont un talent particulier, ou savent effectuer une tache importante que peu d&#039;autres peuvent faire, aient une compensation (statut et niveau de vie). Si on me paie la même chose pour garder des moutons que pour travailler à la mine je préfère garder les moutons (comme tout le monde) donc personne ne fera les travaux difficiles. Par contre, cette compensation doit être cohérente. C&#039;est l&#039;incohérence de la compensation qui est inique. Comment peut-on raisonnablement penser que le travail d&#039;un grand patron vaut le travail de dix mille hommes (sans parler de certains &quot;artistes&quot;, footballeurs,...). Surtout le travail du patron de General Motors par exemple qui a réussi ce que n&#039;importe quel débile profond aurait pu faire c&#039;est à dire conduire à la faillite un groupe qui a été le premier constructeur américain pendant 77 ans.
Actuellement une ultra minorité de personnes de connivence, sans compétence particulière, accapare la majorité des richesses de la planète en exploitant le reste du monde. 
C&#039;est cela qu&#039;il faut changer. L&#039;impôt devrait être progressif de 0 à 100% car au dessus d&#039;un certain montant les revenus ne sont plus justifiés et ne peuvent être atteints que par la spoliation. Il ne faut pas oublier qu&#039;un homme seul ne saurait même pas fabriquer un crayon de papier. Si un individu réussit, il doit être récompensé, mais il doit aussi être reconnaissant à la société qui lui a fourni les moyens de réussir (alimentation, médecine, éducation, routes, électricité, infrastructures, travail des employés, ...).  
Il faudrait également taxer très fortement les plus-values c&#039;est à dire les revenus obtenus sans travail ou plutôt sans production de richesse.
La crise actuelle donne une bonne occasion de mettre à plat la répartition des richesses mais cela ne se fera pas tout seul.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je me permets d&#8217;apporter ma pierre à ce site très intéressant que je découvre aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Je ne pense pas que la solution soit d&#8217;oublier notre système de valeur, il est logique dans une société non utopique (c&#8217;est à dire où les individus œuvreraient sans contrainte au mieux de leurs capacités pour le bien être commun) que ceux qui ont un talent particulier, ou savent effectuer une tache importante que peu d&#8217;autres peuvent faire, aient une compensation (statut et niveau de vie). Si on me paie la même chose pour garder des moutons que pour travailler à la mine je préfère garder les moutons (comme tout le monde) donc personne ne fera les travaux difficiles. Par contre, cette compensation doit être cohérente. C&#8217;est l&#8217;incohérence de la compensation qui est inique. Comment peut-on raisonnablement penser que le travail d&#8217;un grand patron vaut le travail de dix mille hommes (sans parler de certains &laquo;&nbsp;artistes&nbsp;&raquo;, footballeurs,&#8230;). Surtout le travail du patron de General Motors par exemple qui a réussi ce que n&#8217;importe quel débile profond aurait pu faire c&#8217;est à dire conduire à la faillite un groupe qui a été le premier constructeur américain pendant 77 ans.<br />
Actuellement une ultra minorité de personnes de connivence, sans compétence particulière, accapare la majorité des richesses de la planète en exploitant le reste du monde.<br />
C&#8217;est cela qu&#8217;il faut changer. L&#8217;impôt devrait être progressif de 0 à 100% car au dessus d&#8217;un certain montant les revenus ne sont plus justifiés et ne peuvent être atteints que par la spoliation. Il ne faut pas oublier qu&#8217;un homme seul ne saurait même pas fabriquer un crayon de papier. Si un individu réussit, il doit être récompensé, mais il doit aussi être reconnaissant à la société qui lui a fourni les moyens de réussir (alimentation, médecine, éducation, routes, électricité, infrastructures, travail des employés, &#8230;). <br />
Il faudrait également taxer très fortement les plus-values c&#8217;est à dire les revenus obtenus sans travail ou plutôt sans production de richesse.<br />
La crise actuelle donne une bonne occasion de mettre à plat la répartition des richesses mais cela ne se fera pas tout seul.</p>
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