<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>LeTransmuteur.Net &#187; Sociologie</title>
	<atom:link href="http://www.letransmuteur.net/categorie/politique/sociologie/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.letransmuteur.net</link>
	<description>COMPRENONS, INFORMONS, CONCEVONS ET RÉALISONS ENSEMBLE CE MONDE EN MUTATION !</description>
	<lastBuildDate>Mon, 09 Jan 2012 12:27:53 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=</generator>
		<item>
		<title>Les bulles et l&#8217;énergie conditionnée</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/les-bulles-et-l-energie-conditionnee/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/les-bulles-et-l-energie-conditionnee/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2009 07:19:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Idée]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
		<category><![CDATA[consommation]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[destruction]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[observation]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=5280</guid>
		<description><![CDATA[Celui qui a su désigner l&#8217;échec respiratoire de l&#8217;économie par l&#8217;image d&#8217;une « bulle qui éclate » a eu une riche idée. Les systèmes complexes sont définis par le fait qu&#8217;entre l&#8217;input et l&#8217;output, ce sur quoi on peut agir et les effets obtenus, le lien de cause a effet passe par des méandres telles que le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><strong>Celui qui a su désigner l&#8217;échec respiratoire de l&#8217;économie par l&#8217;image d&#8217;une « bulle qui éclate » a eu une riche idée.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-full wp-image-5281" title="auto-destruction" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/auto-destruction.jpg" alt="auto-destruction" width="350" height="263" />Les systèmes complexes sont définis par le fait qu&#8217;entre l&#8217;input et l&#8217;output, ce sur quoi on peut agir et les effets obtenus, le lien de cause a effet passe par des méandres telles que le résultat n&#8217;est pas directement prévisible. Non seulement ce lien n&#8217;est pas direct, mais aussi en raison des conditions multiples une même cause peut avoir différents effets selon le moment choisi.<br />
 De là on peut dire qu&#8217;un système « juste » dans l&#8217;idéal est celui dans lequel, pour obtenir des résultats positifs, il faut d&#8217;abord saisir les règles morales et éthiques puis les appliquer convenablement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La technologie naturelle des réflexes consiste à détecter de façon approximative mais en tendant vers l&#8217;amélioration la ou les causes qu&#8217;il faut provoquer pour obtenir les effets désirés. Ce mécanisme est complètement indépendant des facteurs moraux ou éthiques.</p>
<p>Quand on vit au sein d&#8217;un système complexe telle que l&#8217;est l&#8217;économie d&#8217;aujourd&#8217;hui, le summum de l&#8217;intelligence pour se dépatouiller consiste à saisir ce qu&#8217;il faut faire pour amasser le plus d&#8217;argent afin de se trouver en sécurité. D&#8217;ailleurs mêmes les pauvres félicitent les riches en les croyant supérieurement intelligents, là où en fait ils ne le seraient que s&#8217;ils ne faisaient pas abstraction de l&#8217;éthique.</p>
<p>D&#8217;ailleurs c&#8217;est dommage que le terme de sécurité ne soit pas compris plus généralement dans ce sens, car la principale cause d&#8217;insécurité dans le monde est précisément l&#8217;injustice d&#8217;un système dont les inputs sont trop loin de la morale si on veut obtenir en retour un résultat positif en sortie de chaîne des cause-conséquences.</p>
<p>Dans la vie il y a deux sortes de personnes (gag), ceux qui sont trop honnêtes et restent pauvres et celles qui tiennent absolument à exercer leur intelligence au service de leur sécurité, en considérant que le bien obtenu confère un caractère moral à leurs actes.</p>
<p>Ceux qui veulent faire du fric savent très bien comment s&#8217;y prendre, tandis que la plupart de la masse des gens, bien qu&#8217;ils en auraient envie, se trouvent à chaque fois bloqués par un excès de contraintes morales, comme par exemple faire en priorité un métier plaisant. Si on pollue, on contamine, si on est insouciant et dégénéré, on a bien plus de chance de se trouver « en sécurité » au sein du système injuste. C&#8217;est cela qui fait son injustice.<span id="more-5280"></span></p>
<h3 style="text-align: center;">°°°°°°°°°</h3>
<p style="text-align: justify;">Les attentats du 11/9 aux états-unis ont traumatisé et définitivement lésé ce pays. Qu&#8217;il ait été déclenché de l&#8217;intérieur ou de l&#8217;extérieur, qui est la question sur laquelle tout le monde s&#8217;interroge, importe peu en fait, car finalement ce qui compte le plus est la chaîne des conséquences qui a été déclenchée : dans le monde entier tous les pays auto-proclamés démocratiques se sont sentis en insécurité, et ont renforcé leur tendance vers la dictature en prévision d&#8217;éventuels accidents de e genre, tels des traumatisés qui bondissent au moindre claquement de porte (ce qui constitue un ressort puissant auquel peuvent se fier ceux qui cogitent des actes réellement immoraux).</p>
<p>Le traumatisme vient de ce que la vérité sur la cause première n&#8217;ait jamais été élucidée. Tant qu&#8217;on ne connaîtra pas la raison ou ce qui était voulu, on restera dans un sentiment de lésion et de douleur.<br />
 Normalement le pragmatisme consiste à ne retenir que l&#8217;existant pour définir les buts recherchés, en partant du principe que la mise en oeuvre était soigneusement étudiée afin que les effets désirés soient ceux qui ont été effectivement obtenus.</p>
<p>Mais même ceux-là sont encore flous, on tend à penser en terme de nouvel ordre mondial, de dictature mondiale, de diminution de la population mondiale dans le but de sauver le système injuste, comme le faisceau de présomptions le plus probable, vue le genre d&#8217;intelligence qu&#8217;on est en droit d&#8217;attendre en général de la part des dirigeants. C&#8217;est une intelligence uniquement fondée sur les réflexes conditionnés par la pratique au sein du système injuste, c&#8217;est juste qu&#8217;ils savent « comment faire » (du fric), indépendamment de toutes les autres questions. Ils sont obligés de suivre des formations dans des grandes écoles, pour savoir « comment faire ». (Cela est sensé prédire le genre d&#8217;absurdité d&#8217;un monde où le « comment faire » n&#8217;est pas accessible à l&#8217;être doué de sa seule raison.)</p>
<h3 style="text-align: center;">°°°°°°°°°</h3>
<p style="text-align: justify;">Dans une vision matinale j&#8217;ai vu une bulle jaillir. Si-si ! Je me demandais comment le savon allait se coller de façon à boucher le trou venant de la paille qui la gonfle. En fait c&#8217;est en tirant dessus, ça crée un tunnel qui avec le mouvement peut s&#8217;écraser et se coller, après quoi la bulle est complètement indépendante de l&#8217;environnement extérieur et se stabilise. J&#8217;avais la vision de cette bulle en train de se stabiliser quand je me suis dit qu&#8217;une fois hermétique, la quantité d&#8217;air à l&#8217;intérieur de la bulle était fixée, et la pression fluctuante.</p>
<p>Cette fluctuation de pression d&#8217;une quantité d&#8217;air fixe répond à une loi algorithmique que j&#8217;ai découverte en 2004, qui est l&#8217;algorithme du nombre Phi, qui permet d&#8217;obtenir ce nombre irrationnel à partir d&#8217;un calcul rationnel, au moyen d&#8217;un va-et-vient mécanique allant toujours en diminuant, que l&#8217;ordinateur calcule une une fraction de secondes.<br />
 Ceci est l&#8217;image de l&#8217;homéostasie, dans tout système une homéostasie a lieu et l&#8217;ensemble des objets qui concourent à un système répond le plus prioritairement à ce besoin qu&#8217;a le système global de trouver un équilibre.</p>
<p>Par exemple, voici un système injuste qui produit l&#8217;effet qu&#8217;en son sein, c&#8217;est l&#8217;immoralité qui permet d&#8217;obtenir un « output » favorable, c&#8217;est à dire que c&#8217;est l&#8217;injustice qui permet d&#8217;en sortir gagnant, j&#8217;ai nommé « le Poker » !<br />
 Dans ce jeu « jouer admirablement intelligemment » consiste à bluffer ses adversaires de la façon la plus efficace et invisible possible. Si, par éthique, on ne bluffe jamais, même en sachant très bien deviner les cartes des autres joueurs, alors sa mise de départ ne fait jamais que diminuer très progressivement mais sûrement vers la faillite complète. Car même quand on a les cartes gagnantes en main, et surtout à ce moment-là, il y a toujours un joueur pour prétendre avoir de meilleures cartes, ce à quoi on est tenté de ne pas céder (par envie de faire justice !). Mais ce bluffe étant systématique, il arrive aussi souvent qu&#8217;il n&#8217;en soit pas un. Le meilleur joueur au poker, peut prendre la « parole » au nom de tout le groupe à la vue d&#8217;un tirage, pour dire par exemple « ce tirage est pourri, je ne mise pas beaucoup ». Tout le monde étant d&#8217;accord, tout le monde mise autant, de façon à ce que les bonnes et les mauvaises cartes soient impossibles à détecter. A ce moment-là c&#8217;est une pensée de groupe qui agit, et celui qui a prit la parole a donné le ton. Mais intervient le bluffeur, qui dit « non pour moi ce tirage est merveilleux, je mise tout ! ». Alors celui qui a prit la parole peut soit révéler qu&#8217;en fait il a voulu bluffer tout le monde, soit se coucher et perdre sa mise, en pensant que le bluffeur en face a réellement un bon jeu. Après quoi les autres joueurs se couchent ou résistent selon leur jeu. Au poker si on agit de façon éthique et crédule, on perd. Et bien évidemment quand un joueur fait « tapis » à tous les coups, on se doute qu&#8217;il bluffe de façon arrogante, on voit qu&#8217;il casse toute la pensée de groupe, et le pire dans tout ça c&#8217;est qu&#8217;il remporte soit les mises de départ, soit la mise totale, bref qu&#8217;il gagne le plus souvent. En finale une fois un joueur a fait « tapis » dès le départ sans même regarder ses cartes. Les autres joueurs, stupéfaits, se sont trouvés dans une situation de combat contre l&#8217;immoralité, dans lequel ils ont d&#8217;autant plus de chances de perdre qu&#8217;ils sont nombreux à lutter.</p>
<p>C&#8217;est très pratique d&#8217;étudier le poker comme un système complexe dont la résultante dépend de facteurs sur lesquels nul n&#8217;a aucun contrôle (puisqu&#8217;en l&#8217;occurrence c&#8217;est le hasard qui décide).<br />
 Dans un vrai système complexe, les lois sont si nombreuses et contradictoires que le résultat est lui aussi très proche du hasard. <br />
 D&#8217;ailleurs c&#8217;est vraiment « par hasard » que les riches sont riches, les pauvres sont pauvres, et que les puissants et les faibles sont à la place qui est « la leur » (ce qui ne serait pas le cas dans un système compassionnel).<br />
 Et comme au poker, qui consiste à se débattre au sein d&#8217;un système injuste, plus on est puissant (en terme de richesse) plus on a de chances de provoquer la faillite des autres joueurs.<br />
 En fait toute la victoire se joue sur la pression psychologique qu&#8217;on peut exercer sur les autres, tels de cyniques sadiques.<br />
 Et si tous les joueurs s&#8217;entendent super bien, et cherchent une pureté dans le jeu est restant pragmatiques et malins, sans qu&#8217;un d&#8217;entre eux ne fasse d&#8217;interférences en se montrant arrogant, alors on observe que les gains de chaque joueurs s&#8217;équilibrent de plus en plus.</p>
<p>Au sein d&#8217;un système injuste, c&#8217;est l&#8217;injustice qui permet de s&#8217;en sortir ; c&#8217;est d&#8217;ailleurs ainsi qu&#8217;on définit la réalité de cette injustice.</p>
<h3 style="text-align: center;">°°°°°°°°°</h3>
<p style="text-align: justify;">Le système économique global est une bulle, dans laquelle on insuffle de l&#8217;air pour faire monter la pression. Au sein de ce système il y a de multiples sous-bulles qui font des échanges d&#8217;air et font varier leur pression mutuelle. Normalement ces échanges devraient se faire au sein d&#8217;un système clos dans lequel seuls les échanges occasionnent les variation de pression, de façon à ce que la quantité d&#8217;air globale soit constante et que seule la pression soit fluctuante.<br />
 Dans ce cas, c&#8217;est un système régit par l&#8217;or, qui est une quantité limitée à laquelle on affecte une valeur variable. Si il y a 1000 d&#8217;or en tout dans le monde, alors la valeur de toute chose doit s&#8217;accommoder des valeurs de toutes les autres choses pour trouver un équilibre.<br />
 Ce système semble plus saint que le système on on injecte constamment de l&#8217;argent et où la valeur de toutes les choses, du coup, ne fait qu&#8217;augmenter, sans jamais vraiment pouvoir prendre ses repères, de sorte que certaines bulles se mettent à gonfler de façon disproportionnée à la réalité des équilibres dont elle est la résultante. Le jour où on s&#8217;en rend compte cette bulle crève et l&#8217;air qu&#8217;il y a à l&#8217;intérieur est réinjectée aux bulles connectées à la première.</p>
<p>Mais ce système à quantité d&#8217;air globale fixe n&#8217;est qu&#8217;une image symbolique de la réalité qui doit être produite par un système juste. En réalité on doit se moquer, et être libres de faire varier la quantité globale, de façon à ce qu&#8217;elle s&#8217;auto-régule librement d&#8217;elle-même.<br />
 Ce qui compte le plus est le principe selon lequel la valeur de toutes choses ne s&#8217;étalonne qu&#8217;en raison de la valeur de toutes les autres choses. <br />
 Au sein d&#8217;un système « moins injuste » (on va dire) on aura prit soin d&#8217;établir des rapports entre les valeurs, de sorte à donner des grandes lignes qui ne doivent pas être franchies. Ce doivent êtres des lois proportionnelles et grossières, du type « l&#8217;énergie ne doit pas dépasser 5% des dépenses globales », « l&#8217;alimentation doit être suffisante partout et pour tous », « un produit manufacturé ne doit pas être plus de dix fois plus cher que le produit brut », etc&#8230;</p>
<p>En fait c&#8217;est un algorithme en temps réel qui doit dire, en partant d&#8217;un point fixe tel que « une baguette de pain = 1 », comment doivent s&#8217;étalonner tous les autres prix autour de ce premier repère imposé comme règle. Ainsi les coûts constitutifs de « la baguette de pain » doivent être inférieurs au prix « 1 », et les autres prix doivent s&#8217;apparenter à cette première valeur fixe, pour dire par exemple « un pain au chocolat = 1 aussi ; sachant qu&#8217;il ne peut décemment valoir « 2 ».<br />
 Ceci serait une première règle abstraite pour que les prix soient conditionnés les uns par rapport aux autres, de façon globale dans tout le système financier mondial. Un algorithme devra remplir cette tâche, et produire un prix en temps-réel, à l&#8217;instant de l&#8217;acqusition de toute marchandise.<br />
 Je ne sais pas si le lecteur suppose toute la mécanique qu&#8217;il doit y avoir derrière pour permettre ce résultat d&#8217;une confortable facilité et sécurité. Mais il est urgent et vital de se mettre en quête du système qui produit ce résultat.</p>
<h3 style="text-align: center;">°°°°°°°°°</h3>
<p style="text-align: justify;">En fait, quand un événement est sur le point de se produire, ça consiste en une énergie qui s&#8217;est condensée dans un accumulateur et qui y est restée bloquée. C&#8217;est un peu à l&#8217;image des traumatisme, il s&#8217;agit d&#8217;une énergie disponible qui n&#8217;a pas été dépensée et ne peu l&#8217;être qu&#8217;en présence d&#8217;une raison. Parfois (même souvent) au sein d&#8217;un système de haute densité énergétique, le moindre événement peut devenir le catalyseur de toute une somme d&#8217;événements qui étaient prêts à bondir.<br />
 C&#8217;est le cas dans les couples dysharmonieux qui sautent sur la moindre occasion pour s&#8217;étrangler mutuellement, c&#8217;est le cas dans les hémicycles de politiciens où, sous l&#8217;apparence d&#8217;une paisible raison un argument déclenche le feu aux poudres comme pour dire « ç&#8217;en est trop ! », et comme c&#8217;est le cas quand une bulle économique (engluée dans une illusion) prend soudain contact avec la réalité.</p>
<p>C&#8217;est pour cela que les vrais bon économistes disent que finalement, le système économique global en entier est une bulle sur le point d&#8217;éclater. Il ne s&#8217;agit pas de s&#8217;attaquer aux sous-bulles et de transférer les quantité d&#8217;air d&#8217;un point à un autres, même la sphère des ultra-riches de ce monde (qui connaît une inflation fulgurante, faut-il préciser) constitue une bulle dont l&#8217;éclatement va leur faire très mal, le jour où par exemple on considérera que l&#8217;or dans lequel ils se retranchent « par sécurité » n&#8217;est d&#8217;aucune valeur pour le système humain. Cela est largement prévisible.</p>
<p><strong>Les mécanismes de la nature, qui sont très certainement homéostasiques, permettent de laisser l&#8217;espoir qu&#8217;à un moment tout système injuste s&#8217;auto-détruise par sa propre faute, en libérant une grande quantité d&#8217;énergie condensée (opprimée) aussitôt qu&#8217;elle aura trouvé un moyen de se coordonner, et donc « une raison ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">8119</p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://w41k.info/?read=28308">http://w41k.info/?read=28308</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/les-bulles-et-l-energie-conditionnee/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La gouvernance non démocratique et illégale</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-gouvernance-non-democratique-et-illegale/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/la-gouvernance-non-democratique-et-illegale/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2009 14:06:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Idée]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvel Ordre Mondial]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[consommation]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[depression]]></category>
		<category><![CDATA[destruction]]></category>
		<category><![CDATA[developpement]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[être humain]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[insurrection]]></category>
		<category><![CDATA[liberté individuelle]]></category>
		<category><![CDATA[lobby]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[observation]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=5236</guid>
		<description><![CDATA[par Thierry Brugvin (professeur en sociologie) Introduction Depuis plus de vingt ans, la mondialisation éloigne les citoyens des lieux de décisions. Les citoyens français l’observent avec l’Union Européenne tandis qu’au plan international, le G8 impose son modèle politique dans le monde, au travers le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC en particulier. Au sein de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par  <a href="http://thierry.brugvin.over-blog.com/">Thierry  Brugvin</a> (professeur en sociologie)</h3>
<p><strong>Introduction</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><img class="alignright size-full wp-image-5229" title="manipulation" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/manipulation.jpg" alt="manipulation" width="278" height="427" />Depuis plus de vingt ans, la mondialisation éloigne les citoyens des lieux de décisions. Les citoyens français l’observent avec l’Union Européenne tandis qu’au plan international, le G8 impose son modèle politique dans le monde, au travers le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC en particulier. Au sein de ces différentes organisations, sous couvert d’un discours sur la « bonne gouvernance », les dirigeants libéraux privatisent les instances démocratiques en privilégiant le dialogue avec les entreprises au détriment des peuples, de leurs représentants, des ONG et en jouant la “société civile” contre les Etats.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ces différents mécanismes relèvent généralement de la gouvernance inégale et non démocratique, mais restent pour une large part légaux. Cependant, il y a un autre champ qui lui est encore moins analysé, il s’agit de la dimension illégale de la gouvernance publique. Ce sont donc les différentes formes de la gouvernance politique et économique non démocratique, inégale et aussi illégale que nous allons analyser ici.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Comment les forces économiques influent-t-elles sur les décisions des pouvoirs publics, via les mécanismes de la gouvernance globale illégale, inégale et non démocratique?<span> </span>Notre hypothèse est la suivante: il existe une influence, une relation dialectique, entre la force des idées (idées, acteurs et institutions), les pouvoirs publics et les forces économiques (institutions, acteurs capitalistes, capital financier, forces productives (moyens de production, techniques, connaissances, forces de travail). Cependant les forces économiques exercent une influence dominante sur les pouvoirs publics et la force des idées, par le biais de la gouvernance globale. Or, une part non négligeable de cette gouvernance nationale et globale est exercée de manière illégale, et non démocratique, même s’il ne s’agit pas d’affirmer que toutes les pratiques relevant de la gouvernance s’avèrent illégales. Il s’agit donc ici d’une typologie et non d’une description exhaustive de la gouvernance globale.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ainsi, nous présenterons les 7 pouvoirs, ou les 7 formes de gouvernance non démocratique ou illégale qui sont des obstacles fondamentaux à la démocratisation de la société. Il s’agit du pouvoir économique (productif, commercial, financier : banques, dette, paradis fiscaux) &#8211; Le pouvoir répressif et militaire &#8211; Les pouvoirs publics nationaux et internationaux non démocratique et leurs pratiques impérialistes &#8211; Le pouvoir relationnel (réseaux, lobbies…) &#8211; Le pouvoir idéologique &#8211; Le pouvoir communicationnel -Le besoin psycho-sociologique de pouvoir.<span id="more-5236"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE PAR LE POUVOIR FINANCIER:<br />
 BANQUES, DETTE ET PARADIS FISCAUX</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La dette: instrument de domination des pays riches</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Contrairement à ce que l’opinion publique pense généralement, les flux financiers les plus importants vont donc du Sud vers le Nord. C’est finalement les plus pauvres qui aident les plus riches. En 2003, l&#8217;APD l&#8217;élevait à 54 Mds $ et le remboursement à 436 Mds, soit 8 fois plus (Ziegler, 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">&laquo;&nbsp;Au moment de l’indépendance du Gabon en 1960, la Banque Mondiale a transféré à ce pays les dettes précédemment contractées par la France pour la colonisation du Gabon, ce qui est en violation complète des règles du droit international. Depuis, la mainmise des dirigeants français sur l’économie gabonaise ne s’est jamais démentie : Omar Bongo en est avant tout le garant. Une dette constituée dans ces conditions est illégitime et n’a pas à être remboursée&nbsp;&raquo; (Toussaint, 2006).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Concernant la Bolivie par exemple, selon Patrick PIRO «aucun économiste n&#8217;est dupe de ce miracle, c&#8217;est bien grâce à la coca et à la cocaïne que le pays n&#8217;a pas volé en éclat. Le trafic de la drogue a donné au pays des devises nécessaires au paiement de la dette » (Piro, 1994)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Boisgallais évalue, entre<span> </span>1 à 5%,<span> </span>l&#8217;aide publique bilatérale qui parvient réellement à la population, le reste partant en direction de construction d&#8217;infrastructure destinée à servir nos intérêts. Moins de 1% de l&#8217;APD bilatérale est consacrée aux ONG (Boisgallais, 1994). Selon Politis, le reste de l&#8217;aide bilatérale française se répartit globalement ainsi: 30 à 40% environ, pour les opérations de rééchelonnement de la dette ou révision des taux d&#8217;intérêts et parfois annulation partielle de dette &#8211; 20 à 25 % pour le salaire des coopérants pour des projets techniques, scientifiques, ou culturels, avec un salaire moyen de 4500 à 23 000 euros par mois. On comptait 3250 coopérants en 2001 &#8211; 15 à 25 % pour la promotion de la francophonie &#8211; 5 à 10 % pour l&#8217;aide financière aux projets pour l&#8217;étude et la réalisation d&#8217;équipements, d&#8217;infrastructure des transnationales françaises &#8211; 5 % destinés à l&#8217;armée, l&#8217;aide budgétaire, et le soutien aux plans d&#8217;ajustement structurels (Politis, 1998). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L&#8217;été 1994, Lissouba, le président du Congo-B confie à Elf la responsabilité de gérer la dette pétrolière du pays. On observe une totale manque d&#8217;indépendance de l&#8217;Etat. En effet, Elf devient ainsi à la fois client de l&#8217;Etat et gestionnaire de son budget. (Verschave, 2001 : 44). Une entreprise capitaliste privée a ainsi eu la main mise sur un Etat. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong> </strong></span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>Les paradis fiscaux l&#8217;accélérateur de la gouvernance libérale et des délits politico-financiers</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les paradis fiscaux et les chambres de compensation (Clearstream) sont un instrument majeur de la corruption politique et de la spoliation économique des citoyens. Selon l&#8217;office des Nations Unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime, en 1999; 50% des 4800 Mds de francs annuels dégagés par l&#8217;ensemble des activités criminelles du monde (trafics de drogue, prostitution, fausse monnaie&#8230;) seraient blanchis dans les paradis fiscaux. (ODCCP, 2000).La fraude et l’évasion fiscale représentaient, en 2003,<span> </span>environ 50 milliards d’euros pour la France, c’est à dire 17% du budget de l’Etat soit l’équivalent du déficit budgétaire (Attac, 2004). Pour les PED, l’évasion fiscale conduit à un manque à gagner dans les recettes fiscales de 50 milliards de dollars. L’équivalent de l’APD annuelle de l’ensemble des pays de l’OCDE (Foutoyet 2005). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La quasi totalité des grandes banques et entreprises européennes ou américaines a ouvert des succursales dans des paradis fiscaux. C&#8217;est par exemple le cas de la BNP Pari­bas, présente aux Bahamas et aux îles Caïman,<span> </span>idem pour le Crédit Agricole,la CIC, le Crédit Lyonnais, Natexis Ban­ques Populaires, la Société Générale, etc. Total réalise la plus grande partie de ses bénéfices dans des filiales enregistrées aux îles Bermudes et autres terri­toires off shore, etc. (Foutoyet, 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Contrairement aux idées reçues, les paradis fiscaux ne sont donc pas un « sous­ système» à la marge de la machine économique : ils en sont l&#8217;un des roua­ges. En effet, on estime que plus de la moitié des transactions financières internationales transite par les para­dis fiscaux. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En 1991, le scandale international de la BCCI (Bank of Crédit and Commerce International), enregistrée au Luxembourg, a conduit à sa fermeture par la justice, a montré la liaison pouvant exister entre le trafic de drogue, le terrorisme, la haute finance et les services spéciaux (Verschave, 2003). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Le pouvoir des banques dans la gouvernance économique et politique</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La politique monétaire permet de jouer sur les importations et exportations. C’est un outil fondamental de la souveraineté, comme l’est l’indépendance militaire par exemple. Or, les Etats africains n’ont pas cette liberté d’action et donc cette indépendance économique et politique. La Banque de France et maintenant la Banque centrale européenne avec l’euro ont décidé des dévaluations et du moment où elles ont eu lieu.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les banques et les propriétaires des grandes banques (Rockefeller, Rothschild, Morgan&#8230;) représentent un des pivots du pouvoir mondial. D’une part parce que ces propriétaires disposent de sommes énormes : Le magazine Forbes décomptait 1125 milliardaires en 2008. (Kroll, 2008). Ceci leur permet d&#8217;acheter potentiellement absolument, tout ce qui peut servir leur objectif de puissance: entreprises, médias, biens divers. Mais de plus, ils ont la capacité de corrompre les dirigeants politiques, qui sont susceptibles de se laissent soudoyer.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">D&#8217;autre part parce que les banques sont les lieux de dépôt de l&#8217;argent, et le lieu de transit des flux financiers qui sont l&#8217;énergie, le sang du système. Le blanchiment d&#8217;argent sale passait autrefois, par les banques des pays développés notamment, à présent cet argent transite plutôt préalablement par les banques des paradis fiscaux (Andorre, Caïmans, Luxembourg, Jersey&#8230;) ou encore au sein de Clearstream (la banque des banques) comme le soutien Denis Robert (2001). Ce dernier a mis à jour une des techniques de blanchiment, dans son ouvrage « Révélation », en analysant le fonctionnement des banques Clearstream et Euroclear. Ces dernières, grâce à un<span> </span>« mécanisme de compensation », font ainsi disparaître certaines transactions douteuses. Concernant, la BGPI, filiale du Crédit agricole Indosuez, il affirme, qu’elle possède elle aussi un compte S0418, chez Clearstream (Robert, 2007). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De plus, quasiment toutes les grandes banques disposent de comptes dans les paradis fiscaux (Foutoyet, 2005). Ainsi, certaines, telle la FIBA d&#8217;Elf ont blanchi de l&#8217;argent, ou participé à l&#8217;évasion fiscale (Verschave, 2001 : 73).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les banques suisses, luxembourgeoises, notamment, avec les paradis fiscaux, renforcent les dérives du capitalisme illégal et la corruption, en blanchissant de l’argent sale, notamment grâce à la culture du secret, au refus de faire la transparence sur l’ensemble des comptes présents et des virements qui s’y déroulent. C’est un accélérateur de la criminalité grâce au blanchiment de l’argent lié au trafic de drogue, à la prostitution, à la fabrication de fausse monnaie, au racket&#8230;).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE PAR LES IDÉES<br />
 (IDÉOLOGIE)</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La &laquo;&nbsp;bonne&nbsp;&raquo; gouvernance : la théorie hégémonique de la Banque Mondiale</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">A la Banque Mondiale, l’idéologie néo-libérale est hégémonique, c’est donc dans le cadre de cette politique qu’elle entend exercer ce qu’elle nomme une “bonne gouvernance”. La &laquo;&nbsp;bonne gouvernance&nbsp;&raquo;, pour la Banque mondiale est aussi synonyme de bonne gestion du développement” (World Bank, 1992). Marie Claude Smouts la qualifie “d’outil idéologique pour une politique de l’Etat minimum” (1998). Cependant, si cette politique se limite aux fonctions régaliennes, cela ne signifie pas un État faible. Il s’agit en réalité d’un “État gendarme” visant théoriquement à faire respecter les règles d’un marché concurrentiel et les libertés individuelles. Derrière la politique de “bonne gouvernance”, la Banque Mondiale cherche aussi à contraindre les pays à bas salaires à mener une bonne gestion, c&#8217;est-à-dire à appliquer les plans d’ajustements structurels (privatisations, restrictions des budgets sociaux&#8230;), basés sur une politique économique néo-libérale. Ainsi, du fait du principe de conditionnalité auquel sont soumis les États pour recevoir des prêts de la Banque Mondiale, ceux-ci perdent la souveraineté sur leur politique nationale (George, 1994 : 184). Cette entorse à la souveraineté du peuple est “camouflée par les qualificatifs “d’empowerement” (la participation) et de “consensus&nbsp;&raquo; avec la société civile (Hidouci, 2003 : 6). On observe en effet une lutte idéologique, autour du concept de société civile, visant notamment à gagner “la bataille” pour une nouvelle forme de direction politique démocratique mondiale. Tandis que pour le grand public, la société civile signifie généralement les ONG, pour les organisations internationales telle l’OMC, il s’agit aussi des représentants des entreprises tel le MEDEF ou l’UNICE.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La corruption limite la démocratisation des États. Pourtant, les institutions financières internationales (IFI) agissent peu contre la corruption des dirigeants (lorsque les prêts qu&#8217;elles octroient sont détournés) (Gueye 2003 : 38).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La libéralisation et la privatisation de la régulation internationale </span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Au cours du Forum Mondial de l’Economie de Davos, le 31 Janvier 1999, Kofi Annan, le Secrétaire Général des Nations Unies, a proposé au monde des affaires, de mettre en oeuvre le Global Compact (le pacte global). Plus de 3 700 entreprises venant de 120 pays différents, adhéraient en 2007 au Global Compact. Parmi les dix principes du Global Compact, deux<span> </span>concernent les droits de l’homme, quatre sont destinés aux droits des travailleurs, trois concernent l’environnement et le dixième porte sur la lutte contre la corruption. Le Global Compact étant une forme de<span> </span>code de conduite élaboré par les pouvoirs publics internationaux. Les transnationales, telle Nike, Nestlé, ou Total qui l’ont adopté s’engage volontairement à le respecter, mais il n’est prévu de dispositif de vérification, ni de sanction. Les Nations Unies ont autorisé les ETN Nike et Shell notamment, à adhérer au Global Compact, alors qu’elles enfreignent régulièrement leurs propres codes de conduite et les normes sociales et environnementales. Le choix consiste à déléguer, aux acteurs économiques privés, certaines des fonctions traditionnellement dévolues au service public (service des eaux, retraitement des déchets, production énergétique..). D’une part, cela représente une orientation de politique économique très spécifique. Mais d’autre part, cela transforme la nature même des organisations internationales publiques qui deviennent des partenaires des entreprises privées, plutôt que des autorités de régulation au service du peuple et de l’intérêt général (Brugvin, 2007). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La gouvernance globale s&#8217;est développée à partir de la gouvernance d&#8217;entreprise (Leach, Percy-Smith, 2001). Dans la gouvernance on observe &laquo;&nbsp;une normalisation technique envahissante&nbsp;&raquo; (Hidouci, 2003 : 7) qui tente d&#8217;évacuer la dimension politique sous le discours de la neutralité, en se cachant dernière le langage de la gouvernance des entreprises. La gouvernance conduit à substituer les normes juridiques (décidées par les pouvoirs publics représentant le peuple) par des normes techniques (crées par des intérêts privés) : codes de conduite, labels, normes comptables privées, normes ISO&#8230;). Tandis qu’une partie du code du travail est en partie votée par ce dernier, les codes de conduite liées aux conditions de travail ou les normes ISO sont souvent créées par des entreprises privés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Par ailleurs, L’OMC est le fer de lance du<span> </span>libéralisme économique, qui sont<span> </span>l’idéologie et le pouvoir politique hégémonique au plan mondial. Le mandat de l’OMC est la suppression des obstacles au commerce. Comme pour la Banque mondiale et le FMI, cela<span> </span>conduit à une privatisation de la société qui engendre une à une inégalité sociale, économique et politique<span> </span>nuisible à la démocratie. Par exemple, l’OMC a pour mandat la libéralisation des échanges commerciaux, ce qui a pour conséquence qu&#8217;elle impose les intérêts économiques des transnationales sur les droits sociaux des travailleurs et la souveraineté politique des Etats.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les pouvoirs publics tiennent leur légitimité de l’élection par le suffrage populaire et doivent donc être présents, pour garantir, théoriquement, les intérêts du peuple dans les décisions qui concernent celui-ci. Les pouvoirs publics disposent de la plus forte légitimité pour décider des règles, normes et lois, à portée générale, qui relèvent du droit positif. Les entreprises privées ne disposent pas de cette légitimité élective, ni de l&#8217;indépendance économique. Par conséquent, elles ne disposent pas de la légitimité à décider des orientations générales de la société, à légiférer.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE GLOBALE NON DEMOCRATIQUE PAR LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES PUBLIQUES:<br />
 (BM, FMI, ONU, OMC&#8230;)</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La dépendance financière des agences de l’ONU<span> </span>vis à vis des entreprises privées</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En comparaison de l&#8217;étendue de la tâche qu&#8217;on lui attribue, ses ressources sont largement insuffisantes. En 1993, le total des ressources de l’ONU s&#8217;élève donc à environ 7,3 milliards de dollars. Les grandes déclarations proclamées à l’ONU, telle &laquo;&nbsp;la santé pour tous en l&#8217;an 2000,&nbsp;&raquo; ne sont pas toujours associées de mesures suffisamment précises et de moyens conséquents. Ce verbalisme n&#8217;a alors pour but que de donner bonne conscience aux administrateurs représentants les différents pays membres et de satisfaire les attentes de l&#8217;opinion publique. De telles déclarations, lorsqu&#8217;elles sont irréalistes, aboutissent à jeter la confusion et à masquer l&#8217;impact réel des programmes mis en œuvre. Depuis la création de l’ONU, en 1945, les grandes promesses se succèdent, telle que la « santé pour tous en l’an 2000 », mais elles ne sont quasiment jamais réalisées. L’opinion est satisfaite par les promesses faites, à chaque sommet international, mais comme elle a peu de mémoire (les journalistes non plus), elle oublie les précédentes. C’est un cercle sans fin de manipulation de l’opinion publique, dans la mesure où ses dirigeants savent très bien qu’ils ne pourront atteindre les objectifs affichés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Nous allons voir que l’ONU et l’OMS subissent parfois de graves dérives. Or,<span> </span>l’Etat français dispose d’une part non négligeable de responsabilité dans la mesure où il est représenté au sein du conseil d’administration de l’OMS et qu’il dispose du droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU. Ce dernier s’avère l’organe le plus puissant de l’ONU, mais aussi le moins démocratique.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Malgré ses faiblesses, l’ONU est parvenue à de grandes réussites au service des plus pauvres. Pourtant, l’ONU, du fait de son influence, est l’objet de tentative de contrôle de la part des Etats dominants et de leurs transnationales, au sein du conseil de sécurité et de chacune de ses agences. Christian Joly rappelle les positions des organisations de solidarité internationale vis-à-vis de l&#8217;OMS : celles ci &laquo;&nbsp;continuent à voir la main des multinationales dans divers programmes de l&#8217;organisation. La collaboration de l&#8217;OMS, avec les firmes multinationales, est considérée comme une soumission aux lois du marché, au détriment de la satisfaction des besoins des populations&nbsp;&raquo; (Joly, 1987 :244-245)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">L’influence des lobbies industriels à l’ONU</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’influence des lobbies industriels, à l’ONU, ne se limite pas à l’OMS ou au FNUAP. L’affaire «du programme pétrole contre nourriture » de l’ONU a éclaté, en janvier 2004. Dans son dernier rapport, le 7 septembre, la Commission d’enquête indépendante mise en place, en avril 2004, par Kofi Annan, a dénoncé une conduite «illicite, non éthique et corrompue» au sein de l&#8217;ONU et blâmé le secrétaire général Kofi Annan, lui-même, pour ses négligences et ses erreurs. «Notre mission était de chercher des fautes de gestion, dans le programme «pétrole contre nourriture» et des preuves de corruption au sein de l&#8217;ONU et par des entreprises sous contrat. «Malheureusement, nous avons trouvé les deux», a déploré son président, Paul Volcker (Rosett, 2005). « Dans un précédent rapport, en août, la Commission avait établi que le Chypriote Benon Sevan, lorsqu’il était responsable du programme «pétrole contre nourriture», avait empoché près de 150 000 dollars en pots-de-vin » (Mauriac, 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les directeurs de la Banque Mondiale ont quant à eux aussi interrompus les prêts à différents pays, lorsqu&#8217;ils se heurtaient aux intérêts des Etats-Unis (même si officiellement il s’agissait d&#8217;autres motifs) précise Eric Toussaint. Dans le même ordre d’idée, la Banque Mondiale a systématiquement tenté de mettre en échec les régimes considérés comme des menaces pour les intérêts américains Parmi certains exemples les plus connus en Afrique, citons la dictature de Mobutu au Zaire, celle de Idi Amin Dada en Ouganda, d&#8217;Habyarimana au Rwanda à partir de 1973, d’Idris Déby au Tchad (Toussaint, 2006). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE DE LA PRODUCTION ET DU COMMERCE PAR LES ENTREPRISES:<br />
 EXPLOITATION, COMMERCE ILLÉGAL ET VIOLATION DES DROITS</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">L&#8217;exploitation légale par le capitalisme: premier facteur antidémocratique</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Marx explique que la pauvreté, l’exploitation des travailleurs permet leur domination et leur aliénation, qui<span> </span>limitent leur capacité à se former et donc leur capacité à tenir leur rôle de citoyen, c’est à dire à défendre la démocratie. Avant, de trouver d&#8217;éventuelles causes, relevant de l&#8217;illégalité, il faut en effet, chercher les causes de la pauvreté des pays en développement dans l’analyse marxiste notamment. Cette dernière explique les inégalités principalement par le rôle des infrastructures économiques, des rapports sociaux de production, les inégalités des termes de l’échange, la division internationale du travail entre le centre et la périphérie (Emmanuel, 1969)[1]. Cependant Gramsci, montre qu&#8217;il y a une interaction entre les infrastructures et les superstructures au sein &laquo;&nbsp;du bloc historique&nbsp;&raquo; et non un simple déterminisme des premières sur les secondes (Gramsci, 1975). Mais, en plus de l’exploitation inégale, il existe une exploitation illégale, que nous allons examiner.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Sous payer les matières premières d&#8217;un pays</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La production du pétrole en Afrique, par les entreprises transnationales du pétrole permet d’engranger d’énormes profits, souvent au détriment du pays et surtout de la population. A ce sujet l’exemple d’Elf Total, une autre entreprise du pétrole, au Congo est fort instructif. Le président Lissouba a bradé à Elf, les parts que l’Etat du Congo-Brazzaville détenait dans Elf Congo. Le prix officiel de la vente était de 270 millions de francs, mais les estimations de la valeur réelle de ces parts sont de 4 à 16 fois supérieures! (LDC, 1997, 1998). Sous-évaluer la qualité du pétrole représente un autre technique, pour arriver au même fin.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Les « cargaisons fantômes » : la non déclaration de la production</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le Floch Prigent, ainsi qu’un ancien Ministre de l’Economie du pays ont reconnu que le CONGO aurait bénéficié d’au moins deux « cargaisons fantômes ». Dans les faits, un tanker vient chercher du pétrole ; il repart chargé mais cette cargaison, qui échappe à toute comptabilisation, s’évanouit dans la nature au profit des compagnies pétrolières et des élites dirigeantes du pays. Il n’est pas rare que la cargaison change plusieurs fois de propriétaire pour échapper à toute traçabilité (Harel, 2006).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">S’allier les services d’un élu grâce<span> </span>aux commissions et rétro-commissions</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Loik Le Floch Prigent, affirme lui-même dans un livre intitulé “Affaires Elf, affaires d’Etat” (2001), faisant le bilan de son procès, que “l’activité industrielle classique s’accompagne nécessairement de mécanismes qui permettent le financement d’opérations opaques (&#8230;). Au sein du groupe (Elf) qui fait deux cents milliards de francs de chiffre d’affaires par an, le volume de ces opérations (occultes) varie de trois cents à huit cents millions de francs). (&#8230;) Elf dépensait notamment ces fonds pour obtenir “des permis de forage” dans les pays ou la société n’était pas encore implantée. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’ensemble de ces commissions versées aux officiels du pays, via des intermédiaires, était d’un certaine façon le prolongement de la politique étrangère de la France, notamment dans les pays africains et c’est la raison pour laquelle le président d’Elf en informait la présidence de la république (française), ainsi que les ministres des Finances et du Budget” (Prigent,<span> </span>55-56). “Disons que le président d’Elf est à la fois le président d’une société pétrolière et ministre bis de la Coopération. Et c’est justement parce ce que cette société avait un objet politique et diplomatique en Afrique qu’elle a de tout temps financé les services secrets (&#8230;). Elf a servi au financement du parti gaulliste, et a même été créé pour ça&#8230;” (&#8230;). Puis ce fut le tour du parti socialiste. Certaines de ces affaires ont défrayé la chronique judiciaire (affaire Dumas, Deviers Joncourt, Sirven, Elf Thomson, avions renifleurs, affaires des frégates, etc.). (Prigent, 2001 : 54-55 et 63-64). “L’ensemble de la classe politique savait qu’Elf faisait du financement politique”. Les rétro-commissions servaient “à mettre sous influence celui qui les percevait. Au cas où&#8230; Au cas une affaire comme l’affaire Elf leur péterait à la figure. Si tout le monde se sert du gâteau, plus personne ne plus rien dire.” (Prigent, 2001, 66-67). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> <br />
 </span></p>
<p align="center"><strong>LA CONCURRENCE DES GOUVERNANCES NATIONALISTES (IMPERIALISME)<br />
 ET LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE DE L’ETAT</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Les intérêts des entreprises cachés derrière les guerres locales et nationales</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Parallèlement à la lutte entre transnationales, se déroule une lutte entre Etats. Il s’agit de conflits déclarés (guerre) ou secrets (tels la guerre froide). Ce qui est en jeu, c’est le nationalisme, c’est à dire la volonté de puissance (Nietzsche, 1976), psychologique, politique ou économique, des dirigeants politiques, économiques et parfois même des peuples. Par leurs actions diplomatiques, militaires, politiques, les élus politiques viennent appuyer le développement des entreprises capitalistes nationales (l&#8217;impérialisme). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Derrière les conflits internes à une nation ou entre nations, il est rare qu’il n’y ait pas une quelconque influence d’un ou de plusieurs grandes puissances. En particulier, lorsqu’il s’agit des PED. Ne pas prendre en compte cette clé d’analyse, limite considérablement la compréhension du conflit en présence. Par exemple, le soutien de la France aux Hutus dans leur action de génocide envers les Tutsi (Coret, 2005) se comprend mieux lorsque l’on sait que les Tutsi étaient soutenus par les Etats-Unis notamment.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De 1945 jusqu’en 1989 (la chute du mur de Berlin) la guerre froide a été un des causes importantes des conflits. Une majorité des conflits nationaux (Burkina Faso, Angola, Chili, Bolivie&#8230;)<span> </span>étaient renforcés, attisés ou créés par la lutte entre le camp occidental, contre le camp soviétique. Malgré le discours d’indépendance de la France envers les Etats-Unis, notre pays a soutenu régulièrement ce dernier, notamment en favorisant la diffusion de l’arme atomique au camp occidental (Israël, Afrique du Sud durant l’apartheid&#8230;) (Lorentz, 2001).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le Partage amiable des zones d&#8217;influence fait aussi parti des instruments de contrôle. Durant, la guerre froide, un accord tacite entre les Etats-Unis et la France a permis à cette dernière d&#8217;exploiter et de contrôler l&#8217;Afrique francophone, tandis que les Etats Unis s&#8217;octroyaient l&#8217;Afrique anglophone et l&#8217;Amérique du Sud (Verschave, 2003). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Le soutien des Etats aux intérêts des grands propriétaires capitalistes</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’Etat sert les intérêts des ETN, notamment pour des raisons d’indépendance énergétique nationale. M. Dominique Perreau, directeur des affaires économiques et financières au ministère des Affaires étrangères a déclaré que généralement &laquo;&nbsp;le ministre des Affaires étrangères use de son influence pour défendre les projets des compagnies françaises car l&#8217;Etat doit veiller à la sécurité des approvisionnements en pétrole et gaz naturel&nbsp;&raquo; (Aubert, 1999). Les présidents de la république jouent aussi le rôle de VIP pour les grandes transnationales de leur pays. Chirac était accompagné de plusieurs PDG, lors de son voyage en Chine, en octobre 2006. Nicolas Sarkozy fit de même et a ramené pour<span> </span>20 milliards d&#8217;euros de contrats pour<span> </span>les entreprises françaises, lors de son voyage en Chine en 2007(Les Echos, 26:/11/2007). Une large partie du soutien de la cellule africaine de l&#8217;Elysée, vis à vis des dictateurs, des guerres, des déploiements de l&#8217;armée française, etc. vise à protéger les intérêts des entreprises françaises. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les gouvernements et les ministères sont parfois doublés par des officines parallèles. C&#8217;est le cas du réseau Foccart, travaillant pour Elf, qui dirigeait en sous main tout la politique africaine de la France. Le soutien de l’Etat aux transnationales renforce leur capacité d’exploitation légale et illégale. La cellule africaine de l’Elysée, le Ministère des Affaires Etrangères, de l’identité nationale et de la coopération&#8230; qui devraient normalement fonctionner dans la légalité ne respectent pas toujours l’Etat de droit. Par exemple, les observateurs du ministère de la coopération qui ont cautionné les élections truquées au Tchad en mai 2006 (Survie, 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DEMOCRATIQUE PAR LA CONTROLE ET LA VIOLENCE<br />
 (POUVOIR DE LA SÉCURITÉ ET DE RÉPRESSION)</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">Soutien militaire des grandes puissances dites démocratiques aux dictatures alliées</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les républiques qui disent faire la promotion de la démocratie dans le monde, n’hésitent pas à appuyer les dictatures, lorsque leurs intérêts sont en jeu.<span> </span>Pendant les huit ans du règne Habré, la France n’a pas cessé d’accroître son aide financière et militaire à un régime qui préférait investir toutes les ressources du pays dans des dépenses militaires inconsidérées, à l’encontre des besoins fondamentaux de la population, comme la santé ou l’éducation. L’armée et l’administration &laquo;&nbsp;d’Hissène Habré engloutissaient chacune en moyenne 200 à 250 millions par an d’aide française. L’armée française a enfoui ses possibles états d’âme face aux 40 000 personnes exécutées, 50 000 personnes emprisonnées et 200 000 personnes dépossédées de leurs biens pour cause d’opposition au régime d’Hissein Habré” (Calatayud, 1992). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>Cacher un coup d’Etat par un gouvernement étranger derrière une fausse révolte populaire nationale</strong></span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong><br />
 </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En prenant l’aspect d’une rébellion classique, les mercenaires jettent le doute sur la légitimité de tel ou tel gouvernement et introduisent l’idée que le régime est précaire et n’a pas le soutien de toute la population et donc doit être condamné. Cela contraint donc le gouvernement à entrer en conflit et il devient alors l’agresseur aux yeux de la communauté internationale.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De nombreux, putschistes et mercenaires sont financés par un Etat ou une entreprise étrangère, afin de servir leurs intérêts. Ainsi si le coup d&#8217;Etat réussit, ces derniers seront proches d&#8217;un pouvoir qui servira leurs projets économiques ou politiques. Si le coup d&#8217;Etat échoue, compte tenu du fait qu&#8217;ils ne sont pas les acteurs de ce coup de force, ils ont peu de chance d&#8217;être inquiétés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Lorsqu&#8217;un Etat A ne sert pas ou plus les intérêts des entreprises d&#8217;un Etat B, le gouvernement de ce dernier use parfois du coup d&#8217;Etat pour placer de nouveaux dirigeants au pouvoir, qui seront plus à même de servir leurs intérêts. Ce fut le cas, avec le gouvernement français qui décida de mener un coup d&#8217;Etat, via des rebelles locaux et / ou des mercenaires, notamment au Tchad, au Comores (avec Bob Denard),&#8230;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Là encore, l’Etat agresseur peut les utiliser sans être mis en cause, comme lors du coup d’Etat aux Comores en 1995 ou Bob Denard arrive avec 33 hommes pour monter à l’assaut du palais présidentiel de Saïd Djohar. L’Etat français intervient et arrête les mercenaires qui seront emprisonnés sauf Bob Denard, évacué par un appareil de l’armée française (Caminade, 2003). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La guerre au service des intérêts des entreprises nationales</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Officiellement, le départ pour la guerre contre une nation adverse est toujours légitimé par des mobiles vertueux, de hautes valeurs morales : la défense de la liberté, de la démocratie, de la justice. Mais derrière ces nobles motifs, les véritables motivations sont parfois moins claires.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les guerres permettent de contrôler économiquement un pays afin de permettre aux entrepreneurs privés d’une nation de s’accaparer les richesses (pétrole, uranium, minerais&#8230;) ou humaines du pays, Le Chili aura été terrain d’expérimentation des théories libérales de Milton<span> </span>Friedman consistant à mettre sous tutelle les pays producteurs de matière première (énergie, métaux, nourriture&#8230;) afin de garder la maîtrise de l’économie mondiale. Cela supposait de briser les gouvernements et l’économie de ce type de pays (Petras, 2001 : 114).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La colonisation de l’Asie, de l’Amérique Latine et de l’Afrique sous le couvert d’apporter la civilisation visait d’abord cela. La traite négrière en Europe et en Amérique du Nord a servi cet objectif. La guerre des Etats-Unis contre l’Irak a permis à l’industrie pétrolière américaine de faire main basse sur les hydrocarbures du pays. Si la France s’est opposée à cette guerre, ce n’est pas seulement pour défendre l’Etat de droit, mais pour défendre les échanges privilégiés de ses industries avec l’Irak. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ce fut le cas par exemple de la Guerre du Biafra, dans laquelle la France soutenait les rebelles afin de récupérer le pétrole pour ses transnationales (Elf) (Verschave, 1999). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>Le secret de la raison d’Etat : la boite de Pandore contre la transparence démocratique</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Au delà du financement pas toujours très légal, des services secrets, les Etats, sous le<span> </span>motif de la raison d’Etat, classent « top secret » certaines affaires. Le fait qu’il faille parfois, pour des raisons de défense nationale invoquer le « secret d’Etat », engendre un biais très préjudiciable dans la transparence de la démocratie. Si au départ, les motifs sont légitimes, ensuite, la pratique se développe et les élus, ou les administrateurs de l’Etat utilisent le motif de la raison d’Etat pour dissimuler des éléments dont leurs citoyens devraient légitimement être informés. En 1989, par exemple, sous les motifs officiels de ne pas inquiéter la population, les français n’ont pas été informés à temps des retombées du nuage radioactif de Tchernobyl. En réalité, on peut supposer que le lobby militaro-industriel du nucléaire n’avait pas intérêt à laisser se développer une psychose autour du danger des centrales nucléaires. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De plus, on observe parfois une collusion entre les services secrets et les intérêts économiques privés. Maurice Robert, était chef de la sécurité d&#8217;Elf et ancien chef des services secret français en Afrique, pivot du réseau Foccart-Chirac<span> </span>(Verschave, 2001, 32). Par ailleurs, certains présidents africains ont été chaperonnés par un colonel de la DGSE, soi‑disant chargé de sa sécurité, et de multiples conseillers français. Par exemple, tous les conseillers du « président » ivoirien Houphouët‑Boigny étaient français (Verschave, 2000). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;"><strong><span lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE PAR LA COMMUNICATION NON DEMOCRATIQUE</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;"><strong><span lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La communication comme instrument de propagande</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les campagnes de dénonciation des mouvements sociaux se heurtent aux campagnes de communication et de relations publiques des entreprises qui s&#8217;appuient sur une expertise et des ressources financières largement plus conséquentes. Les relations publiques sont ainsi qualifiées, dans les années 1920, &laquo;&nbsp;d&#8217;industrie du consentement&nbsp;&raquo; (Richter, 2004 : 149). Les relations publiques des entreprises sont, selon Harold D. Laswell, un de ses théoriciens, &laquo;&nbsp;la découverte que la propagande est moins coûteuse que la violence, la corruption, et autres techniques de contrôle&nbsp;&raquo; (Laswell, 1935: 524). Nous qualifierons pour notre part, de communication marketing, les pratiques de communication des entreprises qui visent à organiser le consentement du public, en s&#8217;appuyant sur des campagnes publicitaires, le packaging des produits et les relations publiques pour atteindre leurs fins, c&#8217;est à dire la maximisation de leur profit. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La novlangue : transformer la langue pour cacher une politique mal acceptée</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La novlangue, de même que le langage politiquement correct visent à transformer le mot trop connoté politiquement, pour en substituer d’autres qui n’éveilleront pas l’attention. Les dirigeants néo-libéraux sont passés maitres dans cet art. Alain Bihr, a écrit un ouvrage intitulé La novlangue néolibérale. Le rhétorique du fétichisme économique (Bihr, 2007), ou il en donnent divers exemples.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ainsi, le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l&#8217;Afrique) lancé par<span> </span>l&#8217;axe FMI – Banque Mondiale, dans sa rénovation du vocabulaire de l&#8217;ajustement structurel. Ce dernier ayant subit de nombreuses critiques, ils cherchent à travers une nouvelle formulation (la novlangue) à<span> </span>laisser penser que l’on prend mieux en compte les besoins des plus faibles. Mais étant donné que les principes fondamentaux restent de nature néo-libérale, les plus démunis restent toujours sur le bord du chemin. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La récupération conceptuelle au service de l’idéologie dominante</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Un autre instrument de l’hégémonie idéologique des néo-libéraux est leur aptitude à la récupération et à la manipulation conceptuelle, qui est relativement proche de la novlangue. La Banque utilise &laquo;&nbsp;des mots solennels et des formules magiques pour transformer la réalité (George, 1994 : 207). Face aux défenseurs de l&#8217;environnement qui risquaient de mettre un terme à la philosophie de la croissance illimitée, la Banque a utilisé la notion de développement durable en décrétant &laquo;&nbsp;la croissance durable&nbsp;&raquo;. Celle-ci n&#8217;était dès lors plus menaçante, l&#8217;idée de durabilité neutralisant le danger de destruction. &laquo;&nbsp;Le mouvement de défense de l&#8217;environnement qui craint pour son avenir s&#8217;est vu ainsi privé de ses armes conceptuelles&nbsp;&raquo;(George, 94 :208)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Enfin, les institutions de Breton Woods, exercent un pouvoir politique et culturel. Le rôle financier et économique n&#8217;est que la partie émergée de l&#8217;iceberg. La partie immergée relève donc de la foi, de la croyance, de la doctrine, du leadership intellectuel. Comme le dirait Pierre Bourdieu, la Banque est puissante parce qu&#8217;elle est capable d&#8217;échanger constamment du capital économique contre du capital symbolique et vice versa.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Susan George décrit la Banque comme « la main invisible du &laquo;&nbsp;programme&nbsp;&raquo; planétaire mis en oeuvre par le capitalisme libéral.<span> </span>Dans son livre Crédits Sans Frontières, elle attribue donc au Fond monétaire international et à la Banque des attributs et un fonctionnement quasi religieux. La doctrine remplace alors l&#8217;argumentation, malgré le discours qui se veut scientifique c&#8217;est bien d&#8217;idéologie qu&#8217;il s&#8217;agit.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE PAR LE POUVOIR RELATIONNEL ET L&#8217;IDÉOLOGIE:<br />
 LE RÔLE DES RÉSEAUX ET DES ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>Les associations professionnelles contribuant à l&#8217;élaboration des politiques internationales</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les associations professionnelles (lobbies) exercent une influence parfois plus puissante sur les élus, que les électeurs eux-mêmes. En effet, de par leur position sociale, “ leur capital économique, culturel, symbolique, social (le réseau des relations)&nbsp;&raquo;, tels que les définit Bourdieu, certains de ces individus, groupes ou lignées, influencent de façon plus ou moins indirecte, une part des décisions politiques et économiques internationales. Quelques-uns sont des leaders politiques de premier plan. Mais la plupart d&#8217;entre eux sont généralement inconnus du grand public, bien qu’ils occupent des postes hauts placés dans le secteur professionnel ou politique. Parmi, ces différentes organisations ont peu citer parmi les plus connus: CFR, Trilatérale, Bilderberg, WBRound Table, Bohemian Grove, Skulls&amp;bones&#8230; Or ces réseaux exercent une influence parfois plus puissante sur les élus que les électeurs eux-mêmes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Gramsci (1975) a souligné le rôle des intellectuels dans l&#8217;hégémonie idéologique et la puissance des think thanks. Ces derniers sont des sortes de club de réflexion qui diffusent des idées. Les think thanks les plus influents, actuellement mettent la puissance de leurs idées et leurs meilleurs intellectuels au service de l’idéologie, des politiques des classes dominantes. Le sociologue français, Michel Crozier a ainsi réalisé, avec Samuel Huntington, un rapport<span> </span>en 1975, pour la commission trilatérale (Crozier) . </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les dirigeants de la CCI, tel Maucher, ceux de l’ERT, et, des ETN telles Nestlé, Shell ou Unilever participent régulièrement aux rencontres de Davos et du groupe Bilderberg (Balanya, 2003). C&#8217;est dans ces lieux où se forgent les idées néo-libérales au plan mondial que ces derniers se réunissent tous les ans (Gill, 1990 : 127). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le groupe Bilderberg, fut créé en 1954, grâce à un cofinancement de Unilever et de la CIA.<span> </span>Selon le politologue Stephen Gill, Il a pour but “d’encourager des discussions ouvertes et confidentielles (&#8230;) entre les nations de l’axe atlantique&nbsp;&raquo; (Gill, 1990 : 127) en particulier les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest. Selon un ancien délégué du groupe, le consensus élaboré au sein de ce forum sert de base à l’évolution des politiques internationales. Bilderberg “compose la toile de fond des politiques qui sont mises en place par la suite. Ainsi, le Forum économique mondial à Davos en février, les rencontres Bilderberg et du G8 en avril-mai et la conférence annuelle du FMI et de la Banque Mondiale en septembre. Une sorte de consensus international émerge (&#8230;). Ce consensus devient la toile de fond des communiqués du G8; il inspire le FMI lorsqu’il impose le programme de réajustement à l’Indonésie, et la politique que le Président américain propose au congrès” (Armstrong, 1998).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">David Rockefeller fut le fondateur du Bilderberg, puis de la Commission Trilatérale. &laquo;&nbsp;Ces deux lobbies sont les véritables architectes de la mondialisation néo-libérale” selon M. R. Jennar (2005). D. Rockefeller a déclaré à Newsweek international, “quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire” (Rockefeller, 1999). “Ce même personnage avait déclaré huit ans plus tôt devant la Commission Trilatérale: la souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est préférable au principe d’autodétermination des peuples” (Jennar, 2005 : 17). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Certains auteurs, tel Fritz Scharpf, estiment que la légitimité par l&#8217;élection peut nuire au résultat, puisque le peuple n&#8217;est pas un expert (Scharpf, 2000), qu&#8217;il est versatile et émotif. Scharpf privilégie une gouvernance fondée surtout sur les outputs, c&#8217;est-à-dire la légitimité par le résultat notamment économique, plutôt qu’une légitimité issue de l’élection par les peuples. C&#8217;est sur ce type d&#8217;argument, fondé sur la légitimité par le résultat, que se sont appuyés les régimes autoritaires pour justifier leur autoritarisme, souligne Hermet (2003 : 21). C’est donc, pour leur éviter de commettre des erreurs nuisant à l&#8217;intérêt du peuple lui-même, que les élites proposent d’ériger la gouvernance, par les seuls experts et les élites économiques et politiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La vision de Nietzsche illustre bien celles de certaines élites, tel Rockefeller. Pour Nietzsche, la démocratie est un fléau pour l&#8217;humanité, car elle inaugure le pouvoir de la masse, du peuple ignorant (Nietzsche, 1976). Spencer, un contemporain de Darwin, considérait que la loi du plus fort était une loi naturelle, qui devait s&#8217;appliquer aux sociétés humaines. Ne favoriser que les élites est préférable pour le développement de l&#8217;humanité, car c&#8217;est le sens de l&#8217;évolution naturelle, la sélection naturelle du plus fort sur le plus faible. Par conséquent,<span> </span>l&#8217;aide sociale, les services sociaux, l&#8217;école publique, sont nuisibles à l&#8217;humanité, car ils viennent gaspiller des ressources nécessaires pour développer les qualités des élites (Spencer, 1889).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Romano Prodi figure notamment parmi ces élites. En 2006, il dirige<span> </span>l’Italie, or il a été auparavant membre du comité de direction du groupe Bilderberg. Avec Pascal Lamy, actuel directeur de l’OMC et autrefois représentant de l’UE à l’OMC, ils ont à participer aux réunions du groupe Bilderberg en 2001 et 2003. Tous les ans, les représentants de BP, Exxon, Shell, Unilever se rendent à la réunion annuelle du groupe Bilderberg (Balanya : 2005 :292). Précisons cependant, que le pouvoir des réseaux et des lobbies, n’est pas si important que certains voudraient le penser. S’ils disparaissaient, cela n’aurait qu’un impact relatif, dans la mesure, ou il ne sont qu’un aspect, parmi une bonne dizaine d’autres formes de gouvernance non démocratique. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La puissance des réseaux contre la démocratie ?</span></span><span lang="FR-CA"> </span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Après sa victoire aux élections présidentielles, Nicolas Sarkosy invite au Fouquet&#8217;s, un palace parisien, les membres les plus proches de son réseau. On y trouvait notamment: B. Arnault, Bolloré, Dassault, Decaux, Bouygues (Parain d&#8217;un de ses fils), Desseigne (Barrière), Bernheim (Generali), Desmarais (Power Corporation), Kron (Alsthom), Frère (Suez), Proglio (Véolia)&#8230; (Chemin, 2005). De même au mariage de la fille de Bernard Arnaud, le 22 septembre 2005j, le magasine Paris Match, rapporte que 6 ministres en exercice étaient présents. Michel<span> </span>et Monique Pinçon, dans leur livre sur les grandes fortunes, montre que la richesse ne repose pas seulement sur l&#8217;argent mais sur des réseaux sociaux et un capital de privilèges socioculturels transmis par des dynasties familiales (2006). Cet aspect dynastique n&#8217;est pas sans rappeler les pratiques de la noblesse et de la royauté. Les privilèges officiels de l&#8217;aristocratie ont disparu pour la plupart (excepté pour certaines familles royales), mais cette pratique dynastique se perpétue, au plan social, économique et souvent même sur le plan du sang (mariage entre nobles). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Parallèlement aux réseaux politiques, on trouve des réseaux économiques. Par exemple dans les relations entre la France et l’Afrique, les réseaux les plus influents sont ceux d’Elf-Total, Bolloré-Rivaud, Bouygues, Castel… Les réseaux religieux et ésotériques ont aussi leur place. Il y a notamment les groupes catholiques, le Vatican, l’Opus Dei, la Loge P2… </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le réseau francs-maçons, en France et dans le monde, contribue parfois à limiter l&#8217;impartialité des juges. Le magistrat, Eric de Montgolfier, a dénoncé certains agissements, puis en janvier 2004, le magistrat Bernard Bacou décide de saisir lui-même le conseil supérieur de la magistrature au sujet de doyen des juges d’instruction du tribunal de Nice, en l’accusant d’impartialité et de solidarité criminelle entre des prévenus et lui-même. En effet, ce juge était membre des francs-maçons et jugeait une affaire dans laquelle l&#8217;accusé était lui même membre des francs-maçons. Or un des premiers serments de la franc-maçonnerie est le serment de solidarité (Etchegoin, 2004).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’influence des puissances économiques sur les dirigeants politiques repose donc notamment sur les relations liées à leur statut important (capital symbolique),<span> </span>de négocier des accords ou des lois grâce à leurs poids économique (capital économique), de placer leurs anciens dirigeants dans les appareils politiques (capital social). Ou à l’inverse, les grands propriétaires capitalistes sont aussi en mesure de s’acheter les services d’ex-homme d’Etat, de se servir de leur image, de leur notoriété, de leur reconnaissance sociale (capital symbolique). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE ISSUE DE LA DIMENSION PSYCHO-SOCIOLOGIQUE<br />
 (SOCIO-IDENTITAIRE)</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Le besoin psychologique de pouvoir contre la démocratie</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">On ne peut donc pas considérer que les problèmes politiques ne relèvent pas que de déficiences de nature sociale, mais aussi de faiblesses psychologiques donc individuelles. Plus les individus s’élèvent dans les structures du pouvoir économique ou politique, plus le besoin psychologique du pouvoir est susceptible d’être stimulé. Certains y succombent, d&#8217;autres non et d’autres préfèrent s&#8217;en écarter pour éviter ce type de difficultés. Ils s&#8217;en trouvent aussi qui restent pendant un temps à des postes de pouvoir sans succomber à ces vicissitudes. En effet, les problèmes d&#8217;ego et de pouvoir, d&#8217;agressivité, d&#8217;intolérance, etc. sont les premiers pas vers les pratiques anti-démocratiques, aussi bien au sein de la gouvernance globale non-démocratique, comme des mouvements sociaux d’ailleurs. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Alfred Adler (1870-1937) est un des trois pères fondateurs de la psychanalyse avec Freud et Karl Abraham. Il va élaborer une théorie de la psychologie individuelle, fondée sur le besoin de puissance visant à compenser un sentiment d&#8217;infériorité inhérent à tout être humain névrosé. C’est à dire tout le monde… </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En effet, les meilleures lois, règlements et procédures promulguées par les organisations internationales, les Etats, les entreprises et même les associations ne suffiront pas à faire respecter la démocratie en leur sein et ni à l’extérieur. Car un comportement démocratique ne relève pas seulement d’un savoir faire. En effet, le dialogue démocratique suppose aussi le dialogue et l’écoute sincère entre les personnes, une certaine éthique de la discussion, une volonté de dialogue de chaque individu, une ouverture à l’autre dans le respect de ses limites, de ses différences&#8230; En un mot un savoir être ne se limitant pas à un savoir faire. Il y a peu d’espoir de “faire de la politique autrement” sans cette prise en mains du premier niveau politique: la conduite de chacun par lui-même. N’oublions pas ce vieil adage, “la fin ne peut justifier les moyens”. Pour cette raison l’autre pan de l’action politique, relève de l&#8217;action de soi sur soi. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Les différences de respect des règles sociales aux 3 étages de la société</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Fernand Braudel a montré que, depuis les origines de l’humanité, se sont édifiés progressivement trois étages de l’économie, auxquels correspondent trois étages de la société. Les trois étages de l’économie se sont constitués à travers un processus d’éloignement. Au rez-de-chaussée, l’étage de fondement, se développe une économie non-monétaire, de survie, de subsistance familiale. Au premier étage, est pratiquées l’économie d’échange local, c’est l’étage de la régulation légale. L’étage supérieur, étant celui de l’économie monde, celui de l’accumulation (des ressources et de la puissance), de la distance, de l’opacité&#8230; A cet étage, les acteurs font le contraire de ce qu’ils disent. Ils incitent à la pratique des règles du marché, mais grâce à leur puissance et leur éloignement de l’opinion publique, ils cherchent constamment à constituer des monopoles. Braudel montre ainsi qu’il existe un étage intermédiaire qui pratique les règles du jeu ; un premier étage qui ne les pratique pas encore et un étage supérieur qui ne les pratique plus, tout en tenant un double langage.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le même schéma se retrouve au niveau politique. au rez-de-chaussée il y a le clan et la famille. Au premier étage, l’échange, le débat public, la démocratie locale et à l’étage supérieur la macro politique qui pratique le double langage. Ainsi, au 3è étage de la pyramide, lorsque l’on appartient au groupe des élites, ou de la même classe sociale, on peut être tenté de se considérer comme supérieur, au-dessus des lois. C’est ce qui explique ainsi, que tant des dirigeants politiques et économiques, tel le PDG d’Elf, Roland Dumas, ou Charles Pasqua, par exemple, dérapent et se retrouvent devant les tribunaux.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ils estiment qu’étant membres de l’élite, ils n’ont pas à fonctionner comme les autres, et qu’à la limite, s’ils le faisaient ce serait mauvais pour eux et pour l’intérêt général tel qu’ils le conçoivent. Ainsi, certains tels Rockefeller, se prononcent contre la démocratie car elle conduit à laisser le pouvoir à des ignorants et cela ne permet pas de prendre des bonnes décisions (Rockefeller, 1999). Ce sont les experts qui doivent décider. C’est pourquoi ils considèrent que, les référendums par exemple, tel celui sur le traité constitutionnel européen, sont préjudiciables à l’intérêt général, car les électeurs ne disposent pas de connaissances suffisantes pour voter en connaissance de cause. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">La pression sociale et l’imitation contre la légalité</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Beaucoup de citoyens ordinaires, s’ils étaient placés du jour au lendemain, aux commandes d&#8217;une transnationale exerçant des pratiques illégales ou d&#8217;une dictature, deviendraient probablement des dirigeants corrompus, ou des tyrans. D’une part pour des raisons psychologiques, liées au besoin de pouvoir (plus ou moins refoulé), tel que l’analyse Adler (1918). D’autre part du fait de la pression sociale de leurs collègues et de l’imitation, par l’isomorphisme (Powel, DiiMaggio: 1983 : 152), afin de rester conforme aux pratiques de ce milieu, à cette culture et de ces codes. L&#8217;individu tend à reproduire les pratiques de sa classe sociale. C’est le phénomène de &laquo;&nbsp;reproduction&nbsp;&raquo; décrit par Bourdieu (1972). Comme l&#8217;explique Braudel, lorsqu&#8217;un dirigeant exerce au &laquo;&nbsp;3e étage de la société&nbsp;&raquo;, au sommet des responsabilités nationales et internationales, il reproduit les règles sociales, les pratiques de ses paires qui se sentent au-dessus des lois créées pour la masse des citoyens.<span> </span>Ils se considèrent être membres de l&#8217;élite, donc au-dessus de celles-ci. Les abus du pouvoir, ne sont donc ni uniquement de nature psychologique, ni uniquement liés aux structures sociales, tel que l’explique Braudel. C&#8217;est donc une erreur de penser que tous les grands dictateurs sont des psychotiques (même si cela a pu être le cas parfois), même si souvent le « le pouvoir total rend totalement fou ». Il existe donc une relation dialectique entre le besoin psychologique du pouvoir, les structures de domination politique et économique, qui nuisent à la démocratie. On doit donc considérer que les problèmes politiques relèvent aussi bien de déficiences de nature sociale, donc collectives, que de faiblesses psychologiques donc individuelles. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Dialectique de l’individu et du collectif, du psychologique et du social</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">C’est par un changement intérieur personnel (psychologique, pratique&#8230;), par le renoncement à son besoin de pouvoir sur l’autre, pour se consacrer à un véritable service des autres que la société évolue. En effet, lorsqu’une grande masse d’individus opèrent un changement de conscience, alors les règles sociétales, les lois internationales, les pouvoirs mondiaux se transforment vers plus d’équité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ces changements de conscience et ses nouvelles règles sociétales, empêchent alors certains individus placés au sommet des organisations (économique, politique, sociale, religieuse…) de dériver vers leurs faiblesses (le besoin de pouvoir sans limite) qui les conduisent à reproduire les pratiques anti-démocratiques et parfois illégales des dirigeants précédents.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">C’est donc des changements intérieurs des individus qui agissent sur la régulation globale de la société, qui en retour façonnent de nouveaux individus par l’éducation des masses. Car une éducation des masses façonnées par des élites ou des peuples empreintes du besoin de pouvoir, ne fait que reproduire la situation en place.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Car une éducation des masses façonnées par des élites ou des peuples empreintes du besoin de pouvoir, ne fait que se reproduire elle même. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA THEORIE DE LA DEMOCRATIE ET DE LA GOUVERNANCE</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Définition de la gouvernance adémocratique et illégale</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Robert Cox a développé une économie politique critique en prolongeant la pensée d’Antonio Gramsci au plan international. Cox distingue aussi « trois forces fondamentales : les forces matérielles, celle des idées, et celle des institutions. Mais, il n’y en a pas une parmi ces trois qui puisse exercer une action unidirectionnelle, car elles sont en interactions » (Cox 1996 : 96-99). Susan Strange (1196) ajoute à la tripartition de Gramsci et de Cox, un quatrième forme d&#8217;autorité, la sécurité (militaire, sociale, économique). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Il y a un secteur qui est équitable et légal et démocratique (le visage officiel des relations Nord-Sud), cependant, celui-ci est lié à un pouvoir (la gouvernance) global &#8211; inégal &#8211; illégal, &#8211; et non démocratique.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La gouvernance globale non démocratique de l&#8217;Afrique signifie donc le pouvoir (la gouvernance par les entreprises, les pouvoirs publics, l’armée&#8230;) inégal, illégal et non démocratique par des acteurs de nationalités multiples visant à perpétuer la domination et l’exploitation économique et politique en Afrique, (et non du monde).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">On observe dans la réalité, un continuum sans véritable rupture entre les pôles opposés que sont la gouvernance légale et illégale, démocratique et non démocratique, privée et publique. Provisoirement, nous définirons aussi<span> </span>la démocratie comme la participation du plus grand nombre possible d’acteurs légitimes à une décision favorisant l’intérêt général. Nous y reviendrons plus en détails dans la suite. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La gouvernance non démocratique relève<span> </span>(et/ou) :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<ul>
<li><span lang="FR-CA">de la gouvernance légale (et/ou) -non transparente (occulte) par des acteurs non légitimes du fait de leur nature, car : non indépendants économiquement, non élus démocratiquement et dont les décisions sont insuffisamment participatives.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">de la gouvernance illégale, c&#8217;est-à-dire ne respectant pas l’Etat de droit (les lois)</span></li>
<li><span lang="FR-CA">de la gouvernance inégale ne permettant pas l’égalité des conditions (Tocqueville), c’est à dire en terme bourdieusien une égalité au niveau du capital économique, social (réseaux, origines&#8230;.),<span> </span>culturel (connaissance, éducation, temps disponible pour cela&#8230;), capital symbolique (diplômes, titres, statuts&#8230;) (Bourdieu).</span></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En résumé la gouvernance non démocratique est une gouvernance illégale, (et/ou) inégale, non transparente, par des acteurs non légitimes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>La démocratie ne peut être effective si on relève notamment:</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L&#8217;inégalité dans la propriété et la gestion de l&#8217;appareil économique et financier, (pouvoir capitaliste) &#8211; L&#8217;inégalité du temps pour se former et pour militer (Braibant, 2005) &#8211; L&#8217;inégalité<span> </span>des niveaux d&#8217;éducation &#8211; L&#8217;inégalité des conditions (de vie et de biens) Tocqueville (1948) qui entraîne : Une inégalité<span> </span>dans se capacité à supporter les conséquences des lois du fait d&#8217;inégalité économique -Une<span> </span>différence de priorité politique (égalité contre liberté) dans le vote des lois du fait de l&#8217;inégalité des conditions de vie (Noberto Bobbio).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En effet l&#8217;égalité juridique n&#8217;est pas réelle sans l&#8217;égalité économique et sociale (conditions de vie, possibilité de mobilité sociale) car l&#8217;exploitation économique capitaliste engendre la domination et l&#8217;aliénation des travailleurs. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La gouvernance légale mais inégale et la gouvernance légale non démocratique</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Une grande partie de ce qui est décrit par FX Verschave, concernant ce qu&#8217;il nomme la «Françafrique», relève du légal. Par contre il s’agit de situation légale et en même temps inégale selon les partisans des politiques sociales. Par exemple lorsque Elf-Total va sous payer des ressources, tel le pétrole au Congo-Brazzaville (Verschave, 1999), une partie de ces transactions économiques s’inscrivent dans le champ légal, mais sont inégales.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">A un second niveau, on peut porter l’analyse sur le plan légal et non démocratique. Les dirigeants du G8, tels les présidents français Mitterrand, Chirac ou Sarkozy, ont généralement considéré que la gouvernance nationale et celle des organisations internationales sont légales et démocratiques. Dans une démocratie représentative, les dirigeants sont élus, donc il s’agit d’une démocratie. Cependant, un certain nombre d’auteurs Castoriadis (1996), Rosenvallon (1998) et d’associations telle Attac estiment qu’une<span> </span>démocratie représentative, si elle est bien légale, n’est pas véritablement démocratique. Sans démocratie participative, les citoyens ne peuvent plus participer aux décisions qu’une fois tous les 5 ans durant le mandat municipal ou présidentiel. De même le suffrage est censitaire au niveau de la Banque Mondiale et du FMI (George, 1994).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La gouvernance illégale : le non respect de l’Etat de droit est<span> </span>non démocratique</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">A un 3ème niveau on peut analyser la gouvernance entre les PED et les pays développés sous l’angle de l’illégalité. Le non respect de la loi généralisé signifie l&#8217;absence de l&#8217;Etat de droit. Nous retiendrons la définition première et minimum de l&#8217;Etat de droit, il s&#8217;agit d&#8217;un système institutionnel dans<span> </span>lequel les pouvoirs publics sont soumis au respect du droit[2]. Ce n&#8217;est donc pas une démocratie parfaite, mais un minimum à atteindre pour pouvoir approfondir les autres dimensions.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’illégalité est un des aspects du non démocratique. Car la démocratie suppose le respect de la légalité, c’est à dire de l’Etat de droit, mais aussi, de la transparence, de la légitimité des représentants, de la participation, etc. La définition de néo-patrimonialisme de Jean-François Médard (1995 : 325-339) vient souligner que la notion de légalité dépend aussi de la culture d’un pays. Cependant, dans un régime républicain occidental fondé sur le respect de l&#8217;état de droit, sur le respect des lois, sur une séparation claire entre les biens publics et privés, les pratiques néo-patrimoniales relèvent de l&#8217;illégalité. Les élus du peuple qui s&#8217;y adonnent devraient donc être punis par la justice, or c&#8217;est rarement le cas et lorsqu&#8217;ils sont inculpés, cela donne lieu souvent à des non-lieux ou à des légères peines, qui ne sont mêmes pas systématiquement appliquées. Concernant le procès Elf, quelques semaines après son incarcération, André Tarallo (le monsieur Afrique d&#8217;Elf), &laquo;&nbsp;en sortait pour raisons médicales&nbsp;&raquo; et ne devait plus jamais y retourner. M. Tarallo avait fait appel. Un an plus tard, en mars 2005, le jugement était encore plus sévère : sept ans d&#8217;emprisonnement ferme et toujours la même peine d&#8217;amende, 2 millions d&#8217;euros. Or, cette forte amende n&#8217;a toujours pas été acquittée (Robert, 2007).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le pire est atteint lorsque que la situation est inégale, illégale et non démocratique. C’est le cas lorsqu’un service secret (CIA, DGSE) ou une transnationale finance des mercenaires pour fomenter un coup d’Etat, comme ce fut le cas d’Elf au Congo- Brazzaville (Verschave, 2001). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Une typologie et non une description générale d’un système de gouvernance</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Précisons tout d’abord qu’il s’agit, dans un premier temps, de présenter une typologie de la gouvernance illégale et non démocratique. Ce n’est donc pas une description de l’étendue de la gouvernance illégale. Cela ne signifie aucunement que les citoyens des PED, n&#8217;aient aucune responsabilité et que la dimension illégale de la carence démocratique soit dominante. En effet, pour décrire le pouvoir (effectif) d’une forme de gouvernance illégale et non-démocratique sur la société, il faut être en mesure d’en établir :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<ul>
<li><span lang="FR-CA">Quel est le nombre et le pourcentage des décisions? </span></li>
<li><span lang="FR-CA">Les décisions illégales sont elles fondamentales ou secondaires ?<span> </span></span></li>
<li><span lang="FR-CA">Ces actions sont-elles structurelles ou conjoncturelles ? </span></li>
<li><span lang="FR-CA">Ces actions sont elles intentionnelles ou involontaires ? (Quelle est le<span> </span>degré d’intentionnalité des décisions?)</span></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Il ne s’agit donc ni d’en conclure, que les formes d’illégalité, telle la corruption sévissent partout et tout le temps ni à l’inverse d’en conclure que nous n’avons affaire qu’à un phénomène marginal. Les dirigeants politiques et économiques, qui observent le système capitaliste, repèrent les erreurs du système, mais ne les corrigent pas toujours, en particulier lorsque les dysfonctionnements (les injustices) les avantagent. Par exemple, le développement de la sous-traitance contribué à affaiblir le syndicalisme. Il n’a pas été pensé pour cela au début, mais a été utilisé pour cela ensuite. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Une majorité des acteurs appartenant aux classes dominantes ont des intérêts communs. C’est pourquoi, il n’est pas nécessaire qu’ils s’organisent systématiquement et qu’ils se téléphonent, pour fédérer ses intérêts convergents. La gouvernance capitaliste globale fonctionne majoritairement ainsi dans sa dimension légale. Cependant, certains types d’actions illégales tels les coups d’Etats, les élections truquées, elles, sont généralement pensées dès leur origine.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Est-ce un système structuré, ou des décisions éparses et sans liens entre elles qui sont le fruit des hasards de la conjoncture et donc disposant d’une importance secondaire ? On relève que les pratiques de la françafrique durent au moins depuis la décolonisation, donc depuis plus de 50 ans. Pierre Péan, Smith et Glaser, François Xavier Verschave (Françafrique (1999), Noir Silence (2000), ou Noir Chirac (2003)) notamment, montrent à travers leurs différents ouvrages, qu’il y existe un système structuré concernant certains aspects de la gouvernance illégale (le mercenariat, la corruption, le détournement des matières premières&#8230;). Cependant, cela ne signifie pas pour autant, que l’ensemble de la gouvernance de l’Afrique, relève de l’illégalité. &#8230;). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Mais un faible nombre d’actions illégales, si elles déterminent l’orientation à long terme d’un politique nationale, deviennent alors fondamentales. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>CONCLUSION</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Essayons à présent de hiérarchiser les différentes formes de<span> </span>pouvoir qui sont responsables de la situation actuelle de la pauvreté et des inégalités dans le monde.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La première cause, relève de l’éducation dans l’enfance et de la dimension psychologique. La seconde cause qui explique les inégalités sociales relève des déterminismes de la gouvernance économique, financière et idéologique. Gramsci (1975), puis Cox (1996) ont montré l&#8217;interaction entre les superstructures et les infrastructures, entre les forces productives et l&#8217;idéologie (de l&#8217;Etat, de la société civile&#8230;). Comme l’a montré Marx, les inégalités sont donc le résultat d&#8217;une lutte des classes, de l&#8217;exploitation, de la domination et de l&#8217;aliénation. Le capitalisme national et mondialisé reste donc la cause dominante, après la dimension psycho-sociologique, liée au besoin de pouvoir. Par conséquent, c&#8217;est autant le pouvoir et les causes politico idéologiques que le pouvoir et les causes économiques qui peuvent expliquer les inégalités actuelles mondiales et non la seule dimension économique. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En particulier, c&#8217;est le pouvoir politique des propriétaires des biens économiques (finance et moyens de production), (les capitalistes) qui domine largement le pouvoir politique des dirigeants des pouvoirs publics. Donc, pour reprendre notre typologie il s&#8217;agit de la gouvernance économique, financière, idéologique et<span> </span>de la gouvernance par les pouvoirs publics (nationaux et internationaux).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le 4e niveau du pouvoir ou de la gouvernance regroupe la gouvernance par la violence (policière, militaire&#8230;), le pouvoir relationnel (les réseaux) et la gouvernance nationaliste (impérialiste).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La dimension illégale vient donc renforcer les carences de la gouvernance non-démocratique, mais reste finalement secondaire, même si elle semble largement sous-estimée. En effet, les causes premières sont les insuffisances psychologiques (besoin de pouvoir égocentrique), les carences de la démocratie (politique, économique et sociale), puis les causes économiques (le capitalisme économique) et enfin l&#8217;illégalité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De même, si le capitalisme économique et politique peut expliquer la situation mondiale actuelle d&#8217;inégalité extrême, le libéralisme (avec sa dérégulation) ne vient que le renforcer, en accentuant encore les tendances vers le non respect des règles de certains des élites (la corruption). Ainsi, si le<span> </span>capitalisme libéral n&#8217;est pas la cause première des inégalités, il vient largement renforcer les faiblesses humaines (le besoin compulsif de pouvoir), le manque de démocratie<span> </span>et la tentation de la corruption et de l&#8217;illégalité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<hr style="width: 100%;" />
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">BIBLIOGRAPHIE</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<ul>
<li><span lang="FR-CA">BRAIBANT Patrick, 2005, Lettres aux anticapitalistes et aux autres sur la démocratie L&#8217;harmattan.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">ADLER Alfred, (2006) Théorie et pratique de la psychologie individuelle<span> </span>(1918), L&#8217;harmattan.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">AFRIQUE EDUCATION, &laquo;&nbsp;La fin de Sankara&nbsp;&raquo;, bimensuel international , juin 2007.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">ALAIN Mathieu, mars 2008, Il y a 20 ans Dulcie September était assassinée à Paris, Afriques en Lutte.</span></li>
<li>ARMSTRONG Alan, MCCONNACHIE Alistair, “The 1998 Bilderberg Meeting”, The Social Creation, Official Journal of the Social Secretariat, juillet-août, 1998.</li>
<li><span lang="FR-CA">ATTAC France, 2004: paradis fiscal enfer social, Mille et une nuits, Bayard.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">BOURIEU Pierre, PASSERON J. C. , 1972, La reproduction,<span> </span>Paris, Minuit.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">BRAECKMAN<span> </span>Collette, 2002, Lumumba un crime d&#8217;Etat, Eden.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">BRUGVIN Thierry, 2007, Les mouvements sociaux face au commerce éthique, Une tentative de régulation internationale du travail, Hermès, Londres.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">BRUN Thierry, Octobre 1998, n°32, &laquo;&nbsp;L&#8217;aide bilatérale française&nbsp;&raquo;, Politis.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">BUREAU D&#8217;ETUDES, 2004,<span> </span>Le gouvernement mondial, http://homnispheres.info/imprimer.php3?id_article=36..</span></li>
<li><span lang="FR-CA">Calatayud Roger-Vincent, Rapport de la mission d’observation au Tchad, d’Agir ensemble pour les droits de l’homme et de la FNUJA, du 4 au 11/02/1992.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">Caminade, 2003, Comores-Mayoette,<span> </span>une histoire néocoloniale, Marseille, Agone.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">CASTORIADIS Cornélius,<span> </span>1996, Le carrefour des labyrinthes, Seuil.</span></li>
<li>CAVANAUGH-O’KEEFE John, 1995, Introduction to Eugenics,<span> </span>éd.American Life League, USA.</li>
<li><span lang="FR-CA">Charentenay Pierre De, Le Tchad normalisé, La Croix du 22/01/94</span></li>
<li><span lang="FR-CA">CHEMIN Ariane, PERRIGNON Judith,<span> </span>2007, La nuit du Fouquet&#8217;s,<span> </span>Fayard, Paris.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">COLLOMBAT<span> </span>Benoît, 2007, Un homme à abattre. Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin Fayard, 490 p.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">CORET Laure, VERSCHAVE FX., 2005, L&#8217;horreur qui nous prend au visage- L&#8217;Etat français et le génocide du Rwanda: rapport de la commission d&#8217;enquête citoyenne, Karthala, 586 p. </span></li>
<li>CROZIER Michel, HUNTINGTON Samuel, WATANUKI M., The Crisis of Democratie, Report on the governability of Democracies to the Trilateral Commission, New York, University Press, 1975</li>
<li><span lang="FR-CA">DELOIRE Christophe,<span> </span>9/1/1999, &laquo;&nbsp;Enquête sur la France Templière&nbsp;&raquo;, Le Point.</span></li>
<li>DI MAGGIO P.J., POWELL W.W., avril 1983, « The iron cage revisited : institutional isomophism and collective rationality », Organizational fields, american sociological review, n° 48.</li>
<li><span lang="FR-CA">Drevillon Elisabeth, 8 mai 2005, reportage télé &laquo;&nbsp;grotte d&#8217;Ouvéa : autopsie d&#8217;un massacre&nbsp;&raquo;, France 2 et CAILLETET Marie, Documentaire d’Elizabeth Drévillon (France, 2008) Télérama, Samedi 3 mai 2008.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">EAEF, Collectif Editions Associations d’économie financière, Le rapport moral sur l’argent dans le monde, Paris, 2001.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">EINAUDI<span> </span>Jean Luc, La Bataille de Paris, Seuil. </span></li>
<li><span lang="FR-CA">ERDMAN M., HASQUIN M., 1990-1991, Commission d&#8217;enquête parlementaire sur l&#8217;existence d&#8217;un réseau de renseignement clandestin international, (référence : 1117-4).</span></li>
<li><span lang="FR-CA">ETCHEGOIN Marie-France, Olivier TOSCER, 28 Octobre 2004, « Les francs-maçons et la justice », Nº2086, Le nouvel Observateur.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">FOUCAULT Michel,<span> </span>1975, Surveiller et punir ,<span> </span>Naissance de la prison,<span> </span>Paris,<span> </span>Gallimard.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">FOUTOYET Samuel, 2005, Pour en finir avec les paradis fiscaux et judiciaires, Survie.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">GANSER Danièle,<span> </span>2007, Les armées secrètes de l&#8217;OTAN; Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l&#8217;Ouest, éditions Demi-Lune.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">GEORGE S., SABELLI<span> </span>F., Crédits sans frontières, la religion séculaire de la banque mondiale, La Découverte, Paris, 1994.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">GEORGES Susan, SABELLI Fabrizio, 1994, Crédits sans frontières, La religion séculière de la Banque Mondiale, Fayard.</span></li>
<li>GILL Stephen, American Hegemony and the Trilateral Commission, Cambridge University, Press, 1990.</li>
<li><span lang="FR-CA">GLOBAL WITNESS, 2003, Les Affaires sous la guerre. Armes, pétrole &amp; argent sale en Angola, par Global Witness, Dossier noir n° 18, Agone, 240 p.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">HERMET Guy, &laquo;&nbsp;Un régime àa pluralisme limité? A propos de la gouvernance démocratique&nbsp;&raquo;, Séminaire du 12/13 juin 2003 sur la Gouvernance organisé par l&#8217;UNESCO, le Colegio de Mexico et le CERI à Mexico</span></li>
<li><span lang="FR-CA">HITLER Adolf, 1934 (1925), Mein Kampf, Mon Combat, Nouvelles éditions Latines, Paris, .</span></li>
<li><span lang="FR-CA">HUXLEY Julian Sorell, 1946, La Révolution Actuelle, éd. </span>Heinemann &amp; Zsolnay Ltd, Londres.</li>
<li><span lang="FR-CA">IERE, Rapport de la Commission sur les industries extractives, décembre 2003.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">INDEPENDENTWHO, 22/03/2007, Il est urgent de demander l’amendement de l’accord OMS AIEA, http://independentwho.info.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">JENNAR Marc Raoul, &laquo;&nbsp;Le gouvernement des lobbies: la gouvernance contre la démocratie&nbsp;&raquo;, in BALANYA, 2003.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">JOLY Christian, 1987,<span> </span>in DESTEXHE Alain, Santé, médicaments et développement, Les soins primaires à l&#8217;épreuve des faits, Fondation liberté sans frontière,.</span></li>
<li>JÜRGEN SCHLAMP Hans, 02/09/02, Der Spiegel.</li>
<li>KISSINGER H., December 10, 1974, The Kissinger Report, NSSM 200, National Security Study Memorandum, Implications of Worldwide Population Growth For U.S. Security and Overseas Interests, Declassified on december 31, 1980.</li>
<li>KROLL Luisa,<span> </span>3/05/2008, The world&#8217;s billonaires,<span> </span>Forbes, USA.</li>
<li><span lang="FR-CA">LA CROIX-AFP, 7/4/2008, PSA a reçu 550.000 euros de la caisse de l&#8217;UIMM après une grève en 2007, Paris.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">LASKE Karl, 19/02/2000, « Des mercenaires français ont-ils tué<span> </span>&amp;Dulcie September ? », Libération.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">LDC (La lettre du Continent), 29.08.1991, &laquo;&nbsp;Congo, Elf: Nkossa for Ever&nbsp;&raquo;.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">LDC, (LA LETTRE DU CONTINENT), “Congo, FMI et pétrole” 6 avril 1995, “L’affaire Elf&#8230;Congo”, 27 nov. 1997, “Négociations secrètes avec Elf”, 26 fév. 1998.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">LDC, (La lettre du Continent), 16.09.1992,<span> </span>&laquo;&nbsp;Congo. Bonne surprise, au pied du mur&nbsp;&raquo;.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">LE FLOCH PRIGENT, Affaire Elf, Affaire d’Etat, Le cherche midi, 2001.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">LES ECHOS,<span> </span>26/11/2007, Plus de 20 milliards d&#8217;euros de contrats entre la France et la Chine.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">LEVINE Michaël, KAVANAU Laura, 1996, Blancs comme neige, La drôle de guerre de la cocaïne, Dagorno,.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">M6, La vie de Waleed Bin Tatal, Zone Interdite, 4 septembre 2005.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">MARTY Dick (Rapporteur), 7 juin 2007, Rapport sur les détentions secrètes et transferts illégaux de détenus impliquant des Etats membres du Conseil de l’Europe : 2e Assemblée parlementaire, Commission des questions juridiques et des droits de l&#8217;homme du Conseil de l’Europe, Bruxelles. </span></li>
<li><span lang="FR-CA">MEDARD Jean François, 1995,<span> </span>&laquo;&nbsp;l&#8217;Etat néo-patrimonial en Afrique noire&nbsp;&raquo;, Etat d&#8217;Afrique noire, Formation, mécanisme et crise, Karthala.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">MEKAY<span> </span>Emad, “Le Tchad tient la Banque mondiale à sa merci”, Washington, 8 mai 2006,<span> </span>Inter Press Service News Agency.</span></li>
<li>NIETZSCHE Friedrich, 1976, L&#8217;Antéchrist (fragment 6) in Fragments Posthumes, Gallimard.</li>
<li>ODCCP, 2000, OFFICE FOR DRUG CONTROL AND CRIME PRENVENTION,<span> </span>Annual Report,<span> </span>United Nations, Geneva.</li>
<li><span lang="FR-CA">OFFE Claus, 1997., « Les institutions démocratiques peuvent-elles faire un usage efficace des ressources morales », Les démocraties modernes à l’épreuve, Sintomer Y., Le Saout D., l’Harmattan.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">PETRAS James, VELMEYER Henry, 2001, La face cachée de la mondialisation, L&#8217;Impérialisme au XXIe siècle, Parangon 282 p.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">ROBBINS Alexandra Skull and Bones, La vérité sur l&#8217;élite secrête qui dirige les Etats Unis, Ed. Milo,<span> </span>2005.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">ROBERT-DIARD Pascale, 09/03./2007, Affaire Elf : l&#8217;amende impayée d&#8217;André Tarallo, Le Monde.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">RONGEAD, GLOBAL CITIZEN INITIATIVE, L’ALLIANCE, 2000, De l’échec de Seattle vers une gouvernance mondiale, Fondation Charles Mayer pour le Progrès de l’Homme</span></li>
<li><span lang="FR-CA">ROSENVALLON Pierre, 1998, Le peuple introuvable: Histoire de la représentation démocratique en France, Gallimard.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">SPENCER Herbert, (1889), 1907 (Trad.), Autobiographie. Naissance de l&#8217;évolutionnisme libéral, Paris, PUF.</span></li>
<li>STRANGE Susan,<span> </span>1996, The diffusion of power in the world economy, Cambridge university press.</li>
<li><span lang="FR-CA">SURVIE, 2005, Avril 2005 &#8211; Le choix volé des Togolais &#8211; Rapport sur un coup d&#8217;Etat électoral perpétré avec la complicité de la France et de la communauté internationale, L’harmattan, Paris, 110 p.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">TOCQUEVILLE Alexis, 1948, Souvernir, Tome 2, </span></li>
<li><span lang="FR-CA">TOUSSAINT Eric, Millet Damien, , juin 2007, Banque du Sud contre Banque Mondiale, Le monde Diplomatique.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">TOUSSAINT Eric, 2006, Banque mondiale : le Coup d’Etat permanent. L’agenda caché du Consensus de Washington, CADTM-Syllepse-Cetim, Liège-Paris-Genève, 310 p. </span></li>
<li><span lang="FR-CA">VERSCHAVE François X., BOISGALLAIS Anne Sophie, 1994, L&#8217;aide publique au développement, Syros.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">VERSCHAVE François Xavier, 2001, L&#8217;envers de la dette, Agone.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">VERSCHAVE François Xavier, L’envers de la dette, Criminalité politique et économique au Congo-Brasa et en Angola, coll. Dossiers Noirs, Agone, 2001.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">VERSCHAVE François-Xavier, 1999, La Françafrique, Stock.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">VERSCHAVE François-Xavier, 2000, Noir Silence, Les arènes.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">VERSCHAVE François-Xavier, 2003, Noir Chirac, Les arènes.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">WOOD Alan, 1998, « Les délocalisations et l’emploi », Alternatives économiques, Paris.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">ZIEGLER Jean, 2005, L&#8217;empire de la Honte, Ed. Fayard.<br />
 </span></li>
</ul>
<p><span lang="FR-CA"> </span></p>
<hr />
<p><em><span lang="FR-CA">[1] Emmanuel Arrighi, L&#8217;échange inégal. Essai sur les antagonismes dans les rapports économiques internationaux (Maspero, 1969)</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><em><span lang="FR-CA"> </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><em><span lang="FR-CA">[2] Dans cette seconde définition (que nous ne retiendrons pas), l&#8217;Etat de droit se compose du respect des droits fondamentaux (civils et politiques), l&#8217;Etat libéral (Etat minimum, régalien, gendarme) et la démocratie libérale (pluralisme des partis, suffrage universel). &laquo;&nbsp;L&#8217;Etat de droit apparaît comme une organisation politique et sociale destinée à mettre en oeuvre les principes de la démocratie libérale&nbsp;&raquo; (Chevalier, Jacques, 1994,<span> </span>L&#8217;Etat de droit, Paris, 2e Edition, p.54).</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right;"><em></em></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href=" http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=13555">mondialisation.ca</a>)<br />
 </em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/la-gouvernance-non-democratique-et-illegale/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ordinateurs et écologie</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/ordinateurs-et-ecologie/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/ordinateurs-et-ecologie/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2009 10:31:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Environement]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[consommation]]></category>
		<category><![CDATA[déchets]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[pollution]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=5220</guid>
		<description><![CDATA[par Jörg Becker Le paysage numérique a fait naître une nouvelle génération libérée des anciens pré­jugés et affranchie des limites de la proximité géographique comme seule base de l’amitié, de la collaboration, du jeu et du voisinage. La technologie numérique peut avoir l’effet d’une force naturelle animant les êtres vers une plus grande harmonie mondiale. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par Jörg Becker</h3>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-5222" title="ecologie" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/ecologie.jpg" alt="ecologie" width="340" height="536" />Le paysage numérique a fait naître une nouvelle génération libérée des anciens pré­jugés et affranchie des limites de la proximité géographique comme seule base de l’amitié, de la collaboration, du jeu et du voisinage. La technologie numérique peut avoir l’effet d’une force naturelle animant les êtres vers une plus grande harmonie mondiale. C’est ainsi que Nicholas Negroponte, informaticien du MIT (Massachussets Institute of Technology) exprimait son enthousiasme dans son livre «Being digital» paru en 1995. La même année, le chef de Microsoft, Bill Gates s’exprimait de la même manière dans son ouvrage devenu classique «La route du futur»: Les autoroutes de l’information transporteront leurs informations et leurs offres au-delà des frontières du monde hautement technicisé vers les pays en voie de développement. Nous assisterons finalement à une montée de la prospérité dans le monde entier qui aura un effet stabilisateur. L’écart entre les pays pauvres et les pays riches se réduira. 30 ans auparavant déjà, le Canadien Marshall MacLuhan estimait, dans ses analyses des médias, qu’aujourd’hui, après plus d’un siècle de technique électrique, nous avons nous-mêmes étendu notre système nerveux central dans le monde entier et aboli ainsi, en ce qui concerne notre planète, l’espace et le temps.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Si ces personnes n’étaient pas des managers ou des scientifiques expérimentés, il faudrait alors qualifier leurs propos soit de fantasmes pubertaires d’omnipotence, soit de slogans publicitaires pour brochures sur papier glacé ou encore d’idéologie au sens classique de Karl Marx d’erreur nécessaire d’une part et d’autre part de savoir dominateur de l’élite politique et économique destiné à maintenir et à dissimuler son statut de classe exploitante.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Même du point de vue empirique, il n’y a rien de vrai dans ces idées. Au contraire, depuis 15 ans, le monde est devenu plus instable, le fossé entre les riches et les pauvres s’est dramatiquement creusé; dans les rela­tions internationales, l’ordre des Nations Unies et le droit international ont dû reculer devant le droit darwiniste du plus fort; la catastrophe climatique prend une ampleur de plus en plus menaçante (fonte des glaciers et des calottes polaires, réchauffement global, amincissement croissant de la couche d’ozone), et on constate, au lieu de guerres hautement technicisées, un retour aux troupes mercenaires, aux combats de rues et aux combats rapprochés ainsi qu’aux meurtres et aux assassinats. A la place de la revendication, émise en 1969 par Willy Brandt, de «davantage de démocratie», on n’assiste plus, depuis le 11-Septembre 2001, après un débat hystérique sur le terrorisme et la sécurité, qu’au démantèlement de toutes les libertés civiles les plus évidentes.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">En regard de tout le baratin au goût du temps, les discours sur l’ordinateur et l’écologie représentent un retour analy­tique vers la matière, le matériel, l’industrie, les matières premières, la production, l’exploitation de la nature finie et de l’homme par l’homme.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Production toxique<span id="more-5220"></span></h4>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">On attribue aux ordinateurs une image de propreté, de bon marché et de matériel économique et écologique. Or il faut briser cette image car leur fabrication est coûteuse en matériel. Selon une étude des Nations Unies, la fabrication d’un seul ordinateur nécessite plus de 240 kilos de carburants fossiles comme le pétrole et le charbon, environ 22 kilos de produits chimiques et 1500 litres d’eau. Ni le bilan écologique de cette production ni les conditions de production locales ne sont écologiques. Beaucoup des métaux nécessaires à la fabrication d’un ordinateur sont rares (notamment le cuivre, l’aluminium, le nickel, le zinc, l’or, le platine, le coltan, le cobalt), se trouvent souvent dans les pays du Tiers-monde et sont précisément exploités dans ces pays à bas coût de main-d’œuvre où les travailleurs sont exploités. Ainsi la moitié des besoins mondiaux en cobalt est extraite dans deux pays seulement, la Zambie et le Congo. Les hommes qui habitent à proximité des mines de cobalt zambiennes souffrent des sols contaminés si bien qu’ils ne peuvent plus cultiver de légumes et que l’eau potable est polluée.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Les dommages pour la santé sur les lieux de production de puces électroniques sont encore pires. La fabrication des puces ne peut avoir lieu que dans ce qu’on appelle des salles blanches. Ce sont des salles dans les­quelles la contamination des particules doit se trouver au-dessous de seuils établis strictement et qui doivent répondre à des direc­tives très sévères concernant la propreté. Pourtant, depuis longtemps, de graves problèmes de santé surviennent lors de la production des puces parce que les directives relatives à l’utilisation des nombreux dissolvants toxiques ne sont pas respectées ou bien parce qu’on manque d’instruments et d’appareils permettant un emploi non toxique. En consé­quence, on observe une augmentation des risques de cancer, de maux de tête, de douleurs musculaires, de troubles respiratoires, de problèmes de fertilité et de fausses couches.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Souvent situées dans des zones où elles ne paient pas d’impôts, ces «usines chimiques» sont un élément central de ce que des fémi­nistes comme Christa Wichterich («La femme mondialisée») ont souvent décrit, preuves à l’appui, comme le «verso» féminin d’une mondialisation forcée et dominée par le patriarcat: des paysannes pauvres vivant dans les pays en voie de développement travaillent dans des conditions de travail et de logement indignes et pour des bas salaires dans des zones clôturées, cela pour permettre la prospérité et le confort des habitants des pays du Nord. C’est particulièrement le cas de nombreuses industries de prestations de service comme l’industrie des logiciels et le travail de bureau délocalisé, de même que des industries du textile, de la chaussure, des jouets et, précisément, des puces électroniques.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">L’ONG Greenpeace International a étudié récemment des lieux de fabrication des puces électroniques comme ceux de Hewlett Packard et de leurs sous-traitants tels que les entreprises Solectrom et Fortuna en Chine, au Mexique, en Thaïlande et aux Philip­pines. Dans de nombreux cas, Greenpeace a pu constater une plus grande pollution du sol et de la nappe phréatique due à des résidus de métal (plomb, nickel, cuivre) et a pu prouver l’existence de résidus de dissolvants et d’autres substances toxiques.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Ainsi, ce ne sont pas seulement les ouvrières des usines de puces électroniques qui souffrent mais l’ensemble des habitants des périphéries et là aussi particulièrement les femmes, car dans les sociétés traditionelles ce sont elles qui assument la responsabilité sociale d’une alimentation saine et de la santé de toute la famille.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Coûts énergétiques exorbitants</h4>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Actuellement, Google – la plus grande agence publicitaire du monde liée à un petit moteur de recherche – construit un nouveau centre de serveurs à Kronstorf, commune de 3000 habitants de la République fédérale d’Autriche. Des centres de données comparables de Google se trouvent actuellement en Belgique et aux USA, en Caroline du Sud. Il s’agit ici de bâtiments industriels immenses de la taille d’environ 10 terrains de football dont les coûts d’investissement sont estimés à 150 millions de dollars. La consommation d’électricité de ces centres est considérable: on estime que leur besoin énergétique est aussi important que celui des usines d’aluminium qui sont connues pour être de grandes consommatrices d’énergie. Deux récentes déclarations à la presse du physicien de Harvard Alexander David Wissner-Gross ont montré à quel point Google était vorace en électricité et incompatible avec l’écologie: en gros, deux recherches sur Google rejettent 15 grammes de CO2, c’est-à-dire autant que lorsque l’on fait bouillir une tasse de thé.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">De manière générale, les différentes études relatives à la consommation d’électricité des centres informatiques donnent des résultats catastrophiques. Ainsi, selon des estimations de l’Université de Stanford, en 2005, la consommation d’électricité de tous les centres du monde s’élevait à 20 millions de mégawatts-heure et était deux fois plus élevée que 5 cinq ans auparavant. En d’autres termes, elle était aussi élevée que celle de la ville de jeux de Las Vegas, si bien que ces centres étaient les plus grands consommateurs d’électricité du monde. Les résultats d’une étude du fabricant de puces électroniques américain Advanced Micro Devices (AMD) sont tout aussi alarmants. Selon ceux-ci, 14 centrales d’une puissance de 1000 mégawatts travaillent exclusivement pour approvisionner en électricité tous les centres informatiques du monde. Dans la seule Allemagne, en 2008, les centres informatiques ont consommé un total monstrueux de 10 térawatts-heure. Cela cor­respond à la production de 4 centrales à charbon de taille moyenne. Mais on peut aussi résumer la consommation énergétique de ces centres ainsi: On pourrait en Allemagne, sans l’utilisation d’Internet, économiser la production de deux centrales nucléaires!</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Si l’on ajoute aux réseaux et aux appareils du secteur informatique et des techniques de l’information ceux des médias de masse, la consommation d’électricité de ces industries convergentes prend des proportions démesurées. Si le nouvel écran géant de Panasonic de 1 m 65 de diagonale consomme actuellement 720 watts en fonctionnement normal – cela correspond à l’énergie de 34 ampoules basse consommation très lumineuses – à l’avenir, le besoin en énergie de tous les appareils électroniques des ménages devrait même encore augmenter considérablement. Dans son étude intitulée «L’ampère riposte», l’organisation non lucrative britannique Energy Saving Trust l’estime, pour l’année 2020, à 45% de toute l’énergie électrique utilisée dans un ménage!</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Et comme si tous ces coûts énergétiques n’étaient pas assez élevés, ceux des stand-by des téléviseurs, des magnétoscopes, des lecteurs de DVD, des chaînes stéréo, etc. ne sont pas inclus dans ces calculs. Des spécialistes estiment ces coûts d’énergie cachés des appareils en veille à 4,8 milliards d’euros dans l’UE; cela correspond à un rejet de 180 millions de tonnes de CO2, donc à la moitié de l’objectif de protection du climat de l’UE dans le cadre du protocole de Kyoto.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Elimination toxique des déchets</h4>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">En octobre 2008, le magazine Wissen de la «Süddeutsche Zeitung» a publié un rapport bouleversant sur la mise à la ferraille des déchets informatiques européens au Ghana. Ce rapport intitulé «Dans le feu d’enfer de la haute technologie», décrit la vie pénible d’adolescents africains sur une décharge située derrière le marché d’Agbogbloshie, dans la capitale du Ghana. Ce marché est la plus grande décharge électronique du Ghana. Des milliers de personnes vivent de ses déchets, notamment des enfants à partir de cinq ans. Ils les trient en fonction des métaux recy­clables et peuvent gagner jusqu’à 2 euros par jour pour payer leurs frais de scolarité. Une étude du sol effectuée par Greenpeace autour de ce marché africain est arrivée à la conclusion suivante: Le contenu en plomb dépasse de 100 fois la concentration normale à d’autres endroits d’Accra; la concentration d’autres métaux lourds et toxiques se situe à plus de 12 fois au-dessus des valeurs li­mites et le sol ainsi que l’eau sont pollués par les «phtalates», c’est-à-dire les plastifiants de matières plastiques comme le PVC. Pour les gens vivant sur le marché d’Agbogbloshie et grâce à lui, ces matières toxiques provoquent des maux de tête, la stérilité, des diabètes, des cancers, des troubles respiratoires, cardiaques, hépatiques, pulmonaires et rénaux, des tumeurs du cerveau et des myoatrophies.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Selon des estimations du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), 50 millions de tonnes de déchets informatiques toxiques sont produits chaque année dans le monde entier, 1 million uniquement en Allemagne. Comme la dynamique meurtrière du capitalisme technologique s’accélère sans cesse et que les cycles de vie des produits nouveaux diminuent à chaque fois, la montagne de déchets électroniques augmente énormément chaque année. Seuls 25% des écrans d’ordinateurs et de télévision vendus dans les pays européens sont recyclés au sein de l’UE. La plus grande partie des 75% restants aboutissent en tant que déchets dans le Tiers-monde. Certes, la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination interdit l’exportation de déchets toxiques dans les pays en voie de développement. Cependant comme il n’y a pas de distinction juridique claire entre les déchets et les produits usagés, les exportateurs européens et américains déclarent leur poison de manière complètement légale comme marchandise usagée. Comme 80% des déchets informatiques mondiaux viennent des USA, ce pays n’a jamais «pratiquement» adhéré à la Convention de Bâle.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Pour les êtres vivant sur les décharges du Tiers-monde, ces mécanismes signifient, pour parler comme le groupe de rock britannique Queen et de manière tout à fait cynique, que «the show must go on».</p>
<h4 style="text-align: justify;">Evaluons de manière réaliste les conséquences de la technologie plutôt que de faire des pronostics optimistes motivés par la recherche du profit<br />
</h4>
<p style="text-align: justify;">Avant de soulever le problème des conséquences politiques de ces structures, il faut se rendre compte que les questions abordées ici ne représentent que la partie visible de l’iceberg, que bien des problèmes ne sont pas évoqués, que les dangers pour la santé, scientifiquement prouvés, liés à la pollution électromagnétique due à l’utilisation des réseaux UMTS (téléphones portables) sont négligés. Quelles conclusions tirer des réflexions critiques sur les conséquences écologiques de la société de l’information et que faut-il faire?</p>
<p style="text-align: justify;">Premièrement, il faut rappeler ici la «Divine Comédie» du grand écrivain Dante Ali­ghieri qui vivait au XIVe siècle. Au chant XX du premier livre, il envoie tous les augures en enfer. «En arrière il leur fallait marcher, étant privés de regarder devant». En d’autres termes: les bavardages des prophètes autoproclamés tels que Marshall Mac Luhan, Nicho­las Negroponte, Bill Gates et de nombreux autres doivent être condamnés. En d’autres termes: il faut, de toute urgence et dans l’intérêt de la survie de l’humanité, exiger politiquement une estimation interdisciplinaire et anticipatrice des conséquences de la technologie et l’imposer pratiquement, politiquement et législativement. Car sinon les mécanismes décrits ici se perpétueront et s’accentueront avec toutes les technologies à venir. Le dernier exemple en est la nanotechnologie, promue à coups de milliards, sur les conséquences de laquelle – immunité défaillante de l’organisme humain face à des objets de l’ordre d’un milliardième de mètre (109 m) – on ne commence à réfléchir et qu’on n’étudie qu’aujourd’hui, après quelque vingt ans pendant lesquels on l’a encouragée sans esprit critique.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxièmement, la crise financière et économique actuelle nous enseigne ce que tous les esprits critiques savent d’ailleurs, c’est-à-dire que le marché échoue en tant qu’instance régulatrice dans d’innombrables conflits. De même que le législateur japonais a interdit les machines à laver inefficaces et que la Commission européenne a interdit les ampoules à incandescence à partir de 2009, il faut interdire une multiplicité de produits informa­tiques. Il est inacceptable que des firmes technologiques empochent des profits alors que la collectivité devra payer les conséquences écologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisièmement, il existe de multiples actions imaginables visant à augmenter la pression politique sur les entreprises et les gouvernements afin qu’ils agissent enfin. Mentionnons le système de notation environnemental de Greenpeace qui publie tous les trois mois une liste où les fabricants d’électronique sont listés en fonction du degré de nocivité pour la santé des composants de leurs produits et dénoncés, ou la campagne en faveur des ordinateurs fabriqués de manière équitable des deux organisations des Eglises suisses d’aide au développement «Pain pour le prochain» et «Action de Carême».</p>
<p style="text-align: justify;">Quatrièmement, le journalisme environnemental – il est justement peu développé en Allemagne! – devra être intensifié. Un exemple éclatant en est le journaliste ghanéen Mike Anane, né en 1962. Président de la League of Environmental Journalists, auteur d’un livre sur le journalisme environnemental et adversaire peu commode de la politique de l’environnement négligente de son propre gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquièmement, il faut mettre en cause durablement et vigoureusement le théorème d’une nouvelle économie dématérialisée, voire d’une société de l’information. La prétendue nouvelle économie s’avère, à y re­garder de plus près, être un prolongement de l’ancienne économie capitaliste, avec son solide ancrage dans l’exploitation des biens matériels et naturels qui sont limités. Une fois encore, le roi est nu.</p>
<p style="text-align: justify;">Au bout du compte, une révision radicale des conceptions éthiques et politiques est nécessaire à toute politique, ce que le théologien catholique Hans Küng avait demandé, en 1990, dans son célèbre ouvrage intitulé «Projet d’éthique planétaire». Il y a établi cinq règles de sécurité en vue d’une politique d’avenir:</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1</strong><strong>.    Règle de résolution des problèmes: De nombreux progrès technologiques créent plus de problèmes qu’ils n’apportent de solutions. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2.    Règle de la charge de la preuve: Quiconque met en route une innovation technologique doit faire la preuve qu’elle ne causera pas de dommages sociaux, culturels ou écologiques. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3.    Règle du bien public: L’intérêt commun prime sur l’intérêt individuel. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4.    Règle de l’urgence: La valeur la plus urgente (la survie d’un homme ou de l’humanité) prime sur la valeur (en soi supérieure) de l’épanouissement personnel d’un individu ou d’un groupe. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>5.    Règle écologique: Le système écologique, qui ne doit pas être détruit, prime sur le système social (survivre est plus important que vivre mieux).</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source : <a href="http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1626">horizons-et-debats.ch</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/ordinateurs-et-ecologie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La saga des crétins</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-saga-des-cretins/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/la-saga-des-cretins/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2009 17:55:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alcidejet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvel Ordre Mondial]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[astrologie]]></category>
		<category><![CDATA[astronomie]]></category>
		<category><![CDATA[atlantide]]></category>
		<category><![CDATA[désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[géoclimat]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[NWO]]></category>
		<category><![CDATA[platon]]></category>
		<category><![CDATA[prédiction]]></category>
		<category><![CDATA[prophétie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=5090</guid>
		<description><![CDATA[Introduction La société humaine Des enfants Bilan de la situation mondiale L&#8217;ancienne société La création d&#8217;un motivateur universel Demeurer au sommet Transmission du savoir traditionnel Philosophie ancienne Dieu &#8211; Dei &#8211; Deis &#8211; Des &#8211; Dis &#8211; Dix Energies cosmiques Astrologie Les douze années de Jupiter Zoroastre Le géoclimat Tremblements de terre Le climat vital [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a name="menu"> </a></p>
<ul id="krishnaji">
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/">Introduction</a></li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/">La société humaine</a>
<ul>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/#enfants">Des enfants</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/#bilan">Bilan de la situation mondiale</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/#ancienne">L&#8217;ancienne société</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/#motivateur">La création d&#8217;un motivateur universel</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/#demeurer">Demeurer au sommet</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/#transmission">Transmission du savoir traditionnel</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/#philosophie">Philosophie ancienne</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/#dieu">Dieu &#8211; Dei &#8211; Deis &#8211; Des &#8211; Dis &#8211; Dix</a> </li>
</ul>
</li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/energies-cosmiques/">Energies cosmiques</a>
<ul>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/energies-cosmiques/#astrologie">Astrologie</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/energies-cosmiques/#jupiter">Les douze années de Jupiter</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/energies-cosmiques/#zoroastre">Zoroastre</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/energies-cosmiques/#geoclimat">Le géoclimat</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/energies-cosmiques/#tremblement">Tremblements de terre</a></li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/lenergies-cosmiques/#climat">Le climat vital</a> </li>
</ul>
</li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/dementi-sur-l-histoire/">Démenti sur l&#8217;histoire</a>
<ul>
<li><a href="#ecueil">L&#8217;écueil des empires</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/dementi-sur-l-histoire/#cequi">Ce qui est en haut, est en bas</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/dementi-sur-l-histoire/#atlantide">De l&#8217;Atlantide à la Terre Sainte</a> </li>
</ul>
</li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/1969-le-plan/">1969 (le plan)</a> </li>
<li><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/annexes-et-sources/">Annexes-Sources</a> </li>
</ul>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h2>Introduction</h2>
<p style="text-align: justify;">De terribles bouleversements sont en train de changer notre société.</p>
<p style="text-align: justify;">Le visage qu&#8217;elle avait, nous ne le reverrons jamais plus. Ni nos enfants, ni leurs enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains croiront au hasard des choses, d&#8217;autres, croiront à la malversation, mais la plupart diront que c&#8217;était notre faute, notre plus grande faute.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ce grand dieu qui trône dans nos salons, par cette voix et ces images, qui nous dicte que penser, ils nous enseignent comment et quand avoir peur, ils nous montrent qui sont les bons et les méchants.</p>
<p>Déjà les coupables se font pointer du bout du doigt, et la hargne nous emplit devant ces individus, d&#8217;aussi mauvaise foi.</p>
<p>Bientôt, devant la douleur de nos enfants, nous réclamerons vengeance et sang, comme bien d&#8217;autres le firent bien avant.</p>
<p>Nous les clouerons au pilori et nous danserons et chanterons autour de leur bûcher. Et quand nous retomberons sur nos pieds, essayant de retrouver notre dignité, nous comprendrons que notre société est disparue et que le visage qu&#8217;elle avait, nous ne le reverrons jamais plus.</p>
<p>Ni nos enfants, ni leurs enfants.</p>
<p>Cette fois encore, si nous ne pouvons réfléchir par nous-mêmes, nous sommes condamnés à croire ce qu&#8217;on nous enseigne.</p>
<p style="text-align: justify;">Pierre De Châtillon &#8211; 4 mai 2009 &#8211; <a href="http://www.incapabledesetaire.com">www.incapabledesetaire.com</a></p>
<p style="text-align: right;"><em>Source de l&#8217;article : <a href="http://www.incapabledesetaire.com/edito3/sagac.pdf">La saga des crétins (pdf)</a></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><strong><a href="http://www.letransmuteur.net/saga-des-cretins/la-societe-humaine/">Lire la suite : La société humaine</a></strong></em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/la-saga-des-cretins/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Conférence à ne pas manquer: s’adapter au nouvel ordre mondial!</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/conference-a-ne-pas-manquer-s%e2%80%99adapter-au-nouvel-ordre-mondial/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/conference-a-ne-pas-manquer-s%e2%80%99adapter-au-nouvel-ordre-mondial/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 May 2009 17:44:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvel Ordre Mondial]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[insurrection]]></category>
		<category><![CDATA[liberté individuelle]]></category>
		<category><![CDATA[menace]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[observation]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4675</guid>
		<description><![CDATA[Attention, attention, la grande coterie se rencontre. Les pharaons en cravates se rencontrent, les grands esprits se retrouvent. Tout d’abord, à Athènes, certains des plus importants hommes d’affaires et politiciens de la planète se sont rencontrés pour tenir leur rencontre annuelle secrète avec le groupe des Bilderberg, sous un contrôle de sécurité très étroit. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4676" title="capitalism" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/capitalism.jpg" alt="capitalism" width="340" height="426" /><strong>Attention, attention, la grande coterie se rencontre. Les pharaons en cravates se rencontrent, les grands esprits se retrouvent.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout d’abord, à Athènes, certains des plus importants hommes d’affaires et politiciens de la planète se sont rencontrés pour tenir leur <a href="http://www.letransmuteur.net/bilderberg-2009/">rencontre annuelle secrète avec le groupe des Bilderberg</a>, sous un contrôle de sécurité très étroit. Le luxueux hôtel, le Astir Palace, était protégé par des douzaines de policiers qui avaient pour mission de garder à l’écart la presse et le public, rapporte un journaliste de AFP.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, <a rel="#someid1" href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/us_and_americas/article6350303.ece">le Sunday Times</a> nous apprend qu’un club de milliardaires de l’Amérique s’était réuni pour discuter de leurs lourds soucis concernant la menace désastreuse environnementale, sociale et industrielle. Parmi les soucis les plus importants à émerger de cette rencontre est la surpopulation de la planète, ainsi que des différents moyens pour parvenir à la contrôler et la réduire. Dépopulation mondiale. Ils se sont eux aussi rencontrés en privé, à l’abri des regards indiscrets, « pour considérer comment leurs fortunes pouvaient être utilisées pour ralentir la croissance de la population mondiale et accélérer les améliorations en santé et en éducation. Les philanthropes qui ont assisté au sommet organisé par l’initiative de Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft, ont discutés de joindre leur force pour vaincre les obstacles politiques et religieux qui s’opposent au changement. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ce club nommé le « Good Club » par un « insider » inclue David Rockefeller Jr, le patriarche de la dynastie la plus fortuné de l’Amérique, Warren Buffett et George Soros, des financiers, Michael Bloomberg, le maire de New York, et des dirigeants de grands médias, tels que Ted Turner et Oprah Winfrey.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais nous ne seront pas en reste. À Montréal va se tenir une conférence du 8 au 11 juin 2009, à l’Hôtel Hilton Montréal Bonaventure, intitullée: <a rel="#someid2" href="http://www.conferencedemontreal.com/"><strong>S’adapter au nouvel ordre mondial</strong></a>. Le tout se passe dans le cadre de la 15e conférence annuelle du Forum économique international des Amériques. Ça va être fantastique, amener vos enfants et des sandwichs. Parmi les fiers commanditaires de cet évènement, on retrouve Power Corporation du Canada du clan Desmarais, La Banque Royale du Canada, Rio Tinto Alcan, Génome Québec, GDF Suez, la Société générale de financement du Québec, Exportation et développement Canada (EDC), VIA Rail Canada, la Banque de développement du Canada (BDC),  Investissement Québec, la firme d’avocats Fraser Milner Casgrain, Deloitte, SNC Lavalin, le CRDI et la CSST, le HEC Montréal, La Presse, le National Post, le gouvernement du Québec et du Canada ainsi que de quelques banques internationales.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="#someid3" href="http://www.conferencedemontreal.com/New_Program.html">Au programme</a>:<span id="more-4675"></span></p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">S’ADAPTER AU NOUVEL ORDRE MONDIAL</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">Nous traversons actuellement une période de crise économique et financière planétaire qui instaurera un nouvel ordre mondial. Les leaders internationaux et gouvernementaux, chefs d’État, gens d’affaires, universitaires, membres de syndicats et représentants de la société civile doivent se réunir et repenser leurs stratégies. Le moment est venu de développer des solutions multidisciplinaires innovatrices qui nous permettront de faire face aux nombreux défis que représente ce monde multipolaire et en améliorer l’état.</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong><br />
 LES GRANDS THÈMES DES QUATRE JOURNÉES DU FORUM :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>Lundi 8 juin 2009 :</strong> économie et gouvernance</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>Mardi 9 juin 2009 :</strong> Journée du millénaire : développement durable, santé et énergie</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>Mercredi 10 juin 2009 :</strong> le commerce international et les Amériques</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>Jeudi 11 juin 2009 :</strong> finance internationale</p>
<p style="text-align: justify;">Vous aurez la chance, vous et vos enfants, d’entendre des somptueux invités spéciaux, tels que Madeleine ALBRIGHT, ancienne secrétaire d’État des États-Unis; Mark CARNEY, gouverneur de la Banque du Canada; Stockwell DAY, ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie Pacifique, Robert B. ZOELLICK, président, Groupe de la Banque mondiale; Paul Desmarais, président du conseil et co-chef de la direction, Power Corporation du Canada; L’honorable Pierre S. Pettigrew, conseiller de la direction, Deloitte et ex-ministre des Affaires étrangères et du Commerce international (Canada); Michael Wilson, ambassadeur du Canada aux États-Unis et plusieurs autres superbes personnages.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, régalez-vous, il y en a pour tout le monde. Les prix vont de $400 par personne pour la moitié d’une journée à $1600 pour les 4 jours. Les tarifs exécutifs varient de  $1 150 à $2 850. Une aubaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Si c’est cela que ça prend pour s’adapter au <a href="http://les7duquebec.wordpress.com/2009/03/31/le-nouvel-ordre-mondial-saffiche-publiquement/">nouvel ordre mondial</a>, et bien moi, je n’hésite pas. On se retrouve là-bas!</p>
<p style="text-align: justify;">À bientôt!</p>
<p><strong>Par François Marginean</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://les7duquebec.wordpress.com/2009/05/26/oye-oye-conference-a-ne-pas-manquer-sadapter-au-nouvel-ordre-mondial/">les7duquebec.wordpress.com</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/conference-a-ne-pas-manquer-s%e2%80%99adapter-au-nouvel-ordre-mondial/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>28</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Terre peut-elle nourrir le monde aujourd&#8217;hui et demain ?</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-terre-peut-elle-nourrir-le-monde-aujourdhui-et-demain/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/la-terre-peut-elle-nourrir-le-monde-aujourdhui-et-demain/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 22 May 2009 07:22:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alcidejet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[Alimentation Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Environement]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Idée]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Jardinage]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Science & Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[Science de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[besoins humains]]></category>
		<category><![CDATA[consommation]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[developpement]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[entraide]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[nourriture]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4476</guid>
		<description><![CDATA[Conférence Débat organisée par le CCFD avec Marc Dufumier, auteur et directeur de laboratoire à AgroParistech, et Christian Troubé, rédacteur en chef de La Vie, auteur de Les nouvelles famines, des catastrophes pas si naturelles, le 24 Avril 2009 au Centre de congrès Le Manège à Chambéry, en Savoie (73) En partenariat avec le CCFD [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignright size-full wp-image-4541" title="la-terre-aux-urgences" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-terre-aux-urgences.jpg" alt="la-terre-aux-urgences" width="360" height="293" />Conférence Débat organisée par le CCFD avec Marc Dufumier, auteur et directeur de laboratoire à <a href="http://www.agroparistech.fr/">AgroParistech</a>, et Christian Troubé, rédacteur en chef de <a href="http://www.lavie.fr/">La Vie</a>, auteur de <a href="http://www.autrement.com/ouvrages.php?ouv=2746710092">Les nouvelles famines, des catastrophes pas si naturelles</a>, le 24 Avril 2009 au Centre de congrès <em>Le Manège</em> à Chambéry, en Savoie (73)</strong></p>
<p>En partenariat avec le <a href="http://www.ccfd.asso.fr/">CCFD</a> <em>(Comité Catholique contre la Faim et pour le développement)</em> et le soutien de nombreuses associations : la <a href="http://www.fnsea.fr/sites/webfnsea/">FMSEA</a> <em>(Fédération départementale des Syndicats des exploitants agricoles)</em>, la <a href="http://www.confederationpaysanne.fr/">Confédération paysanne</a>, le <a href="http://cmr.cef.fr/">CMR</a> <em>(Chrétiens en monde rural)</em>, le <a href="http://www.reinach-formations.educagri.fr/spip.php?page=rubrique">Lycée agricole de Savoie</a> et <a href="http://www.artisansdumonde.org/">Artisans du monde</a>, des collectivités territoriales rattachées à <a href="http://www.peuples-solidaires.org/">Peuples Solidaires</a>.</p>
<p>Une manifestation dont l&#8217;engouement obligea les organisateurs à retransmettre la conférence dans une salle annexe, elle aussi remplie !</p>
<p><em>La bande est enregistrée sur plusieurs supports, elle présente donc 3 blancs de quelques seconde, mais qui n&#8217;entache en rien la qualité et l&#8217;intérêt de la conférence.</em></p>
<p>
 Durée : 2h04</p>
<p style="text-align: right;"><em>Merci à Jean-François Druhen-Charnaux de nous avoir transmis ce document</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/la-terre-peut-elle-nourrir-le-monde-aujourdhui-et-demain/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
<enclosure url="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/Conference-Dufumier-Troube.mp3" length="118786435" type="audio/mpeg" />
		</item>
		<item>
		<title>Pour une maison écologique</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/pour-une-maison-ecologique/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/pour-une-maison-ecologique/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 21 May 2009 20:11:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Environement]]></category>
		<category><![CDATA[Idée]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[local]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[transformation]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4503</guid>
		<description><![CDATA[Par Jean Charles Fabre l’architecte Jean Charles Fabre propose une vision nouvelle de votre habitation et offre une véritable réflexion sur l’éco-système à choisir et à bâtir en réalisant votre maison. Approche sensible et énergétique d’un terrain Faire le choix de construire une maison vivante, c’est avant toute chose se rendre perceptif aux qualités vitales [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Par <a href="http://www.amazon.fr/Maison-entre-Terre-Jean-Charles-Fabre/dp/2858293740">Jean Charles Fabre</a><br class="spacer_" /></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/5175k5hajdl_sl500_aa240_.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-4506" title="5175k5hajdl_sl500_aa240_" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/5175k5hajdl_sl500_aa240_.jpg" alt="5175k5hajdl_sl500_aa240_" width="291" height="291" /></a>l’architecte Jean Charles Fabre propose une vision nouvelle de votre habitation et offre une véritable réflexion sur l’éco-système à choisir et à bâtir en réalisant votre maison.</strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">Approche sensible et énergétique d’un terrain</span></span></h3>
<p><!-- debut_surligneconditionnel --></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Faire le choix de construire une maison vivante, c’est avant toute chose se rendre perceptif aux qualités vitales du sol et de son environnement pour se les concilier et pouvoir s’en nourrir. Aussi le temps et l’importance de cette démarche préalable ne doivent-ils pas être minimisés. Je vous propose d’aborder le lieu, le terrain choisi, comme la &laquo;&nbsp;table des matières&nbsp;&raquo; &#8211; au sens propre &#8211; d’un livre &#8211; votre future maison &#8211; dont vous ignorez encore le contenu.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Si la situation vous le permet, ne soyez jamais pressé de construire. Ménagez-vous du temps pour aborder le lieu à plusieurs moments de l’année. Observez les arbres, leurs teintes, leur formes, et les vues que ménage la chute des feuilles à la saison hivernale. Les trouées de verdure permettent une relation nouvelle à notre environnement. Elles pourront se traduire par la suite dans la maison par le choix d’une ouverture orientée. L’arbre en tant que condensateur des énergies vitales d’un lieu (le Tchi des Chinois) vous donnera toujours une idée de potentiel énergétique à disposition sur votre terrain. Je suggère l’approche suivante :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Faites le choix d’un arbre qui, par sa forme, sa taille, son harmonie ou sa particularité vous semble l’arbre maître du lieu. Vous vous mettez dos à lui, puis mentalement vous vous identifiez à lui. Observez alors en tournant progressivement, sans perdre le contact du dos ce que l’arbre &laquo;&nbsp;voit&nbsp;&raquo; de son environnement. Vous aurez ainsi une idée des qualités particulières que &laquo;&nbsp;fixe&nbsp;&raquo; l’arbre.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Observez les mousses sur les troncs des arbres. Elles vous donneront la direction principale des pluies sur le site. Quant aux arbres penchés ils vous indiqueront la direction des vents dominants. Il se peut qu’un arbre penché ponctuellement révèle la sous-jacente d’un courant tellurique (cours d’eau, feuille). La présence d’arbres ou de sites foudroyés à proximité sont à ce titre, révélateurs.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span id="more-4503"></span>Regardez comment les animaux non domestiques se comportent sur le terrain : les traces de fourmilières importantes ou de défilés de fourmis sont l’indice de fortes influences électriques localement. Elles peuvent avoir une cause naturelIe &#8211; courant électrique tellurique &#8211; ou artificielle : lignes à haute tension. Chercher à circonscrire ces zones, non pas pour les écarter a priori mais pour situer leur importance. Placez-vous de façon à voir l’herbe au ras du sol. Vous verrez apparaître à certains endroits des zones plus lumineuses ou plus verdoyantes. Elles seront pour vous l’indice, soit de zones plus humides en surface, soit de passage d’eau souterraine.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Considérez que l’orientation solaire du terrain est un des facteurs qui vitalisera le plus votre future maison. La protection du terrain au Nord et au Nord-Ouest par un bosquet d’arbres, une remontée de terrain ou la présence de rocher faisant &laquo;&nbsp;écran&nbsp;&raquo;, contribueront également à &laquo;&nbsp;contenir&nbsp;&raquo; l’énergie vitale du site.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Faites l’expérience suivante : considérez que votre terrain est une entité vivante à part entière. Observez les axes principaux de cet enclos. Voyez s’il existe des levers ou des couchers solaires qui coïncident exactement avec un axe de votre terrain. Notez la ou les dates qui correspondent. Ces dates sont les &laquo;&nbsp;jours anniversaires&nbsp;&raquo; du lieu. A ces dates, le temps et l’espace s’épousent. Ces notions, apparemment simplistes, fondent en vérité l’opérativité du trait dans la conception des édifices sacrés traditionnels (cathédrales&#8230;). Appuyez-vous sur cette convergence de l’espace et du temps. Cela pourra se traduire dans votre maison, par le choix de direction en résonance avec celles du terrain. Faites également l’expérience des orientations sonores sur votre terrain et ce, à différentes heures de la Journée. A savoir. notez ce que votre terrain, en tant qu’oreille vivante &#8211; espace vibratoire &#8211; perçoit. des sonorités aIentours (cloches, &#8211; bruissements, bruits de moteurs, espaces de non-bruit&#8230;).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Un caractère important à relever sur un site est aussi la manière dont les gens construisent traditionnellement. (0rientation et pentes des toitures, matériaux locaux). Ces faits relevés complèteront la &laquo;&nbsp;carte énergétique&nbsp;&raquo; ou table des matières que vous vous proposez d’établir. Parlez, rencontrez les gens des lieux environnants, vous aurez toujours à gagner quelques témoignages de vie. Car si les pierres sur votre sol, les arbres, les animaux témoignent de la vitalité du lieu combien plus encore peuvent témoigner les générations de familles qui s’y sont succédées.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Après vous être imbibé du lieu, avoir &#8211; senti la terre, l’avoir malaxée, vous en être pétri, entrez dans la légende du site, son histoire. Car sitôt que vous aurez choisi un terrain (ou sitôt qu’un terrain vous aura choisi), vous en êtes l’héritier. Notez tous les éléments de votre recherche comme l’on note au réveil les lambeaux de rêves dont on ne perçoit pas le sens dans sa globalité. Ne vous méprenez pas, vous construisez déjà votre maison. Soyez avant tout ludique. Venez lire sur votre terrain, y méditer, y dormir, y rêver. Laissez-vous féconder par cette terre, votre terre, tout comme cette Terre-Mère qui, pour les aborigènes d’Australie rend fécond par le rêve le futur géniteur. Ainsi l’enfant &#8211; votre maison &#8211; sera-t-il rêvé par vous, avant de naître dans un lieu choisi et rendu sacré. Et, que je sache, le sacré, &laquo;&nbsp;ça crée&nbsp;&raquo;.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">Tellurisme et Archi-Texture du lieu</span></span></h3>
<p><!-- debut_surligneconditionnel --></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Jean-Charles Fabre, architecte géobiologique, nous parlait dans l’introduction de la manière de choisir un lieu pour bâtir une maison. Cette fois, il s’interroge sur l’orientation exacte de celle-ci sur le terrain. Le lieu où nous construisons est une image-miroir de notre terre intérieure. Entendons par là que ce lieu est virtuellement porteur de toutes nos potentialités ; la maison que nous y reconstruisons en est l’actua- lisation. Autrement dit, édifier sa maison conduit à suivre un processus de croissance personnelle. Mais c’est aussi un travail sur le couple et sur la famille qui s’engage. Une fois qu’il est entendu que nous sommes cette maison que nous construisons, nous pouvons nous exercer à rechercher sur notre lieu ses canaux d’énergie, son acupuncture terrestre. Réseaux Hartmann, Cury, Perey, cheminées cosmo-telluriques nous donneront de bonnes occasions de nous rendre disponibles à nous-mêmes.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">En rappel</h3>
<div class="spip_documents spip_documents_right" style="float: right; width: 190px; text-align: justify;"><img style="border-width: 0px;" src="http://www.nouvellescles.com/IMG/jpg/DM.jpg" alt="(JPG)" width="190" height="269" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<div class="spip_doc_descriptif" style="text-align: center;"><strong>Rencontre des forces cosmiques et telluriques. Influence du sol  et du sous-sol.</strong></div>
</div>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La nature du réseau Hartmann est essentiellement électromagnétique. Il s’exprime sous la forme d’une vaste trame réticulée orientée Nord-Sud et Est-Ouest. A la surface de la terre et des mers, chaque quadrillage, lorsque le sous-sol n’est pas perturbé, (présence souterraine d’un cours d’eau, d’une faille, d’une cavité) apparaît tous les 2,50 m dans la composante Est-Ouest et tous les 2 m dans la composante Nord-Sud. L’épaisseur de ces &laquo;&nbsp;murs&nbsp;&raquo; électromagnétiques &#8211; théoriquement &#8211; et orthogonaux est d’une vingtaine de centimètres.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce filet invisible présente 3 types de zones spécifiques : zones dites neutres dans l’espace central délimité par les champs de forces Nord-Sud et Est-Ouest ; zones de premières intensités correspondant aux lignes de forces proprement dites ; zones dites &laquo;&nbsp;radiantes&nbsp;&raquo;, au croisement des lignes de forces. Ces espaces très délimités (20 cm x 20 cm) sont encore appelés noeuds Hartmann (n.h) ou noeuds radiants. La composante verticale qui résulte de ces croisements est la plus active en particulier lorsque, conjointement au n.h, se combine la présence souterraine d’un cours d’eau ou d’une faille. Hartmann parle alors de point géopathogène. Quand un sous-sol est perturbé, on assiste à des transformations profondes du réseau Hartmann (r.h) : modification des directions Nord-Sud et Est-Ouest du réseau, diminution des zones &laquo;&nbsp;neutres&nbsp;&raquo;, contraction du réseau avec augmentation de surface des noeuds.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous verrons, lorsque nous étudierons l’intérieur de la maison, que le mauvais choix des matériaux peut entraîner des conséquences équivalentes à un &laquo;&nbsp;mauvais&nbsp;&raquo; choix de lieu. Limitons-nous pour l’instant à évoquer les influences naturelles d’un terrain sur le r.h et leurs conséquences sur le vivant. On considèrera comme perturbateur pour l’organisme la présence d’un n.h à l’aplomb d’un cours d’eau souterrain ou d’une faille, et non la seule présence d’un n.h dans une chambre, par exemple. A la verticale de telles zones, les arbres développent des sortes de protubérances anarchiques le long du tronc (type cancer). Chacun de nous en aura sans doute fait l’observation lors d’une marche en forêt ou dans des jardins publics. Ainsi, à chaque détection, je retrouve la constante d’un sous-sol perturbé à l’aplomb de l’arbre malade. Les haies végétales aux abords de ces zones sont quant à elles moins fournies.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans le règne animal, d’autres observations sont liées au parcours qu’emprunte le r.h suivant les perturbations locales. Les insectes à mode de vie grégaire recherchent spontanément les zones de plus forte activité tellurique. Ainsi, lorsque vous aurez développé l’usage du &laquo;&nbsp;lobe antenne&nbsp;&raquo; mis au point par Hartmann, vous constaterez que les fourmilières se développent essentiellement sur des n.h. Vous observerez aussi que les couloirs de fourmis dans la nature correspondent aux lignes des plus fortes activités du réseau. Guêpes et frelons affectionnent également ces zones &laquo;&nbsp;radiantes&nbsp;&raquo;. Une expérience qui m’a été suggérée et que j’ai menée avec un ami apiculteur portait sur plusieurs ruchers.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Elle consistait à matérialiser au sol à l’aide de bandes de papier, le tracé du r.h puis de positionner les ruches sur des noeuds radiants, chacune d’elles étant orientée vers l’Est ; la production en miel dans ces conditions a presque doublé de l’ordinaire. Précaution à prendre : déplacer les ru- ches de quelques centimètres en zone neutre du r.h. durant la période de non-production. A défaut, il y a risque d’épuisement de l’essaim. Au cours de l’approche que vous aurez des réseaux telluriques, vous constaterez que certains animaux domestiques affectionnent égaIement les zones radiantes alors que d’autres les évitent. Ainsi les chats recherchent volontiers ces zones du réseau H alors que les chiens s’en éloignent.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">Les orientations dans l’habitation </span></span></h3>
<p><!-- debut_surligneconditionnel --></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Avant de s’orienter dans l’espace un homme debout est axé. Ainsi appréhende-t-il spécialement six repères : le bas, le haut et les quatre directions cardinales.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Sa construction est a son image.</p>
<div class="spip_documents spip_documents_right" style="float: right; width: 150px; text-align: justify;"><img style="border-width: 0px;" src="http://www.nouvellescles.com/IMG/jpg/D1.jpg" alt="(JPG)" width="150" height="165" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<div class="spip_doc_descriptif" style="text-align: center;"><strong>Chez les Dogons, au Mali, le lit comme la façade d’entrée est orienté tête au nord.</strong></div>
</div>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Sur sa maison, c’est déterminé le lieu de la coexistence des énergies issues de la terre avec lesquelles on compose (sur lesquelles la maison &laquo;&nbsp;se greffe&nbsp;&raquo;) et des influences du ciel que l’on cherche à se concilier. Nous avons vu que sur tout terrain préexiste un certain nombre de forces qu’il convient de repérer, avant l’implantation de la maison. En termes électriques, les influences cosmiques sont des charges positives et celles qui émanent de la terre, des charges négatives. Ainsi, notre planète se comporte comme l’armature négative d’un immense condensateur dont l’autre partie, le cosmos, serait de charge positive. Sitôt que l’on s’est assuré par un repérage systématique des bonnes qualités du lieu et de son environnement, on procède au choix des orientations de la maison.Au coeur de la future construction, son &laquo;&nbsp;noeud de vie&nbsp;&raquo;, on plante un pieu vertical sur le terrain. Cet acte permet de marquer plusieurs étapes dans l’élaboration du projet :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">1. Fixation des qualités sensibles du lieu par un geste symbolique. On plante en terre la première graine de notre projet, c’est une façon de prendre possession du lieu. Tout comme en acupuncture, le choix du moment dans l’année pour cet acte, voire le jour et l’heure, nous connecte avec les forces vives de la saison.Idéalement on respecte le cycle naturel de la descente de la sève dans les arbres. La période la plus propice est donc de la fin de l’automne, au début de l’hiver.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">2. Détermination de la direction Sud-Nord au midi solaire par l’observation de l’ombre portée de ce gnomon sur le sol.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">3. Le rapport de distance entre l’ombre postée et la hauteur du repère vertical pris comme unité, peut-être utilisé pour fixer une proportion que l’on utilise dans le tracée régulateur de la maison. Ce rapport s’avère intéressant pour définir la proportion à respecter entre la hauteur du bâtiment et sa profondeur.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">4. L’observation des levants et couchants solaires sur l’horizon du site permet de noter au solles directions qu’empruntent les ombres du gnomon à ces périodes. On peut inscrire ainsi notre futur bâtiment dans des orientations solaires en fonction de dates que l’on jugera opportunes pour les habitants</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ces choix directionnels sont rendus manifestes ultérieurement soit par la porte d’entrée (axe d’un levant) soit par des orifices ou fenêtres, soit par la direction globale de la maison. Prenons un exemple dans la tradition des cathédrales. Notre Dame de Chartres est orientée de sorte que le soleil se lève précisément dans l’axe du bâtiment le jour du solstice d’été.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Par ailleurs le soleil se couche précisément sur le portail royal (occidental) le jour du solstice d’hiver, ce qui établit un rapport d’espace-temps entre les fêtes de Saint-Jean le Baptiste</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">(24 Juin) et Saint Jean l’Evangéliste (27 Décembre) qui s’inscrit dans la construction.</p>
<div class="spip_documents spip_documents_right" style="float: right; width: 200px; text-align: justify;"><img style="border-width: 0px;" src="http://www.nouvellescles.com/IMG/jpg/D2.jpg" alt="(JPG)" width="200" height="108" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<div class="spip_doc_descriptif" style="text-align: center;"><strong>La maison traditionnelle chinoise est orientée au sud. Ici, tout semble s’orienter autour de l’autel des ancêtres (centre-nord).</strong></div>
</div>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Plus modestement, lors d’une réalisation architecturale j’ai privilégié dans le bâtiment les axes correspondant aux levers et couchers solaires de la date anniversaire de la création de l’entreprise qui me commandait les travaux.Dans le cas d’une maison déjà existante, il est toujours intéressant de relever les directions principales qu’emprunte le bâtiment sur le site.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On peut ainsi le relier à des jours précis dans l’année. Ces jours marquent en quelque sorte les dates &laquo;&nbsp;d’épousailles&nbsp;&raquo; du soleil et la terre. A présent, voyons comment jouent les fonctions de la maison dans les directions de l’espace. Pour cela, référons-nous à l’ordre de l’alternance nuit-jour. Analogiquement, on associe à minuit, le Nord et l’hiver, aux premières heures du jour, l’Est et le Printemps, à midi solaire, le Sud et l’Eté, aux dernières heures du jour, l’Ouest et l’Automne.La course du soleil nous sert de référence pour positionner les fonctions des activités de la maison selon leur qualité.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">De même que le soleil ouvre le jour par l’Est, de même aussi choisit-on globalement cette direction pour y associer énergétiquement cette position qui répond, pour les habitants, à la fonction des forces vives qui pénètreront la maison. La fonction d’élaboration de la nourriture à laquelle échoit la cuisine est située de préférence à l’Est ou à l’Ouest de la maison. A l’image de la lumière solaire qui, à son levant et à son couchant transmue progressivement, ces directions générales répondent à des processus de transformation auxquels sont soumis analogiquement les aliments.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le séjour, en tant que lieu d’échange et de partage de la famille, de réception des hôtes, se positionne en partie Sud. Tout comme les forces solaires dé midi qui président à cette orientation, c’est ici que s’exprimera le plus harmonieusement le rayonnement de la famille.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On peut privilégier une ouverture au Sud-Ouest afin de bénéficier jusqu’aux dernières lueurs de la lumière naturelle au coeur de la maison. On choisit de faire coincider l’emplacement du foyer-cheminée avec le &laquo;&nbsp;noeud-de-vie&nbsp;&raquo; de la maison, initialement marqué par le gnomon. Les fonctions de la maison se développent alors depuis cette origine selon un processus de croissance identique à celui des feuilles et des fleurs autour de la tige d’une plante.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La chambre présente une double fonctions : de repos et de régénération. Pour l’homme, la phase de repos dans le cycle est lié aux premières heures de la nuit jusqu’à minuit 1/2 H. du matin. La phase de régénération la prolonge jusqu’aux premières heures du jour.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La première phase est analogiquement reliée au Nord et à la saison hivernale, la seconde renvoie à l’Est et au renouveau printanier. Afin se mettre en accord avec le cycle naturel, la chambre présentera une fenêtre orientée vers l’Est de puiser au réveilles forces vives du levant. Si la pièce le permet le lit est orienté tête au Nord. Ainsi orienté dans le champs magnétique terrestre notre corps bénéficie d’une meilleure circulation plein Nord qui deviennent vite des &laquo;&nbsp;chambres froides&nbsp;&raquo;. La fonction &laquo;&nbsp;douche&nbsp;&raquo;d’une salle d’eau présentant un caractère vitalisant et de tonicité pour l’organisme, nous pouvons lui associer une position Est-Nord-Est dans le plan de la maison. La fonction&nbsp;&raquo; bain&nbsp;&raquo; quant à elle renvoie plus à des valeurs de détente, de relaxation, proche du repos nocturne.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">C’est le moment où les tensions se déracent et où notre corps, tout comme la lumière solaire, s’apprête à rentrer dans une phase de repli. L’orientation Ouest (N.O-S.O.)se situe globalement dans cette résonnance. On choisit de placer dans la partie Nord du plan tous les volumes techniques, aires de stockage, garage. Ainsi positionnées ces fonctions jouent le rôle d’espaces tampons par rapport aux pieces d’habitation. On cherche à regrouper dans cette même partie les différentes canalisations des eaux ainsi que l’arrivée du circuit électrique.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Une fontaine d’intérieur dans une maison traduit l’âme sensible fonction complémentaire au foyer coeur de la maison. Elle joue, alors le rôle de poumon dans l’habitation (tel. l’atrium dans la villa romaine). Sa place n’est pas à sous estimer. Si l’on choisit de la placer vers l’entrée, c’est à dire vers l’Est, elle contribuera à créer une dynamique sensible et présidera à l’accueil des visiteurs.Si l’on opte pour la portée Ouest de la maison, elle sera perçue comme espace de méditation ou espace ludique quand, au coucher du soleil, l’eau jouera avec les derniers rayons de lumière. Faire le choix d’orientations précises permet d’inscrire un certain ordre céleste dans un ordre terrestre. Qu’ils soient symboliques ou énergétiques, esthétiques ou techniques les choix directionnel sous tendent la vitalité de la construction.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Mode constructif et matériaux de la maison</span></span></h3>
<p><!-- debut_surligneconditionnel --></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">Rappel :</strong> lorsqu’on s’apprête à construire une maison, une attention particulière doit être portée à l’écosystème. La coexistence des pierres, d’espèces végétales et animales nous informe de l’équilibre naturel et sensibledu site ettémoigne de sa vitalité. La mémoire du lieu &#8211; son histoire, ses légendes à travers les étymologiesdes lieux-dits, les formes culturelles locales, son climat, son relief, ses cours d’eau sont autant d’expressions de l’&nbsp;&raquo;énergie&nbsp;&raquo; qui circule sur le site (tchi des chinois). On cherchera à se concilier ses vertus dans la maison, par le choix d’orientations symboliques et/ou énergétiques, prenant en compte les données du paysage. Mode constructionet matériaux occupent à cet égard un rôle majeur. Toutefois. fairele choixde matériaux de construction parce qu’ils sont naturels ne suffit pas. Il convient de se poser quelques questions les concernant. Plusieurs critères rentrent en ligne de compte.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Critères de choix des matériaux</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les matériaux utilisés doivent permettre la respiration dela maison.Tout comme des vêtements, les matériaux régulent les échangés thermiques et hygrométriques avec l’extérieur. Un matériau trop isolant aux échanges gazeux développe à la longue une ambiance confinée : sensation comparable au port d’un vête- mentplastique qui accroît la transpiration. Ceci est le cas des bétons, des enduits et peintures plastifiés, des panneaux de façade P. V .C, isolants polystyrène et polyuréthane expansés&#8230; Dans une certaine mesure les briques de haute densité ou ayant subi un passage au feu de plus de 900°C. produisent une moindre respiration du bâtiment. Par contre les techniques mettant en oeuvre l’ossature bois, la paille (technique de remplissage d’une ossature bois, par exemple, Je tout enduit d’une coque chaux-sable), la pierre, la terre sous toutes ses formes (pisé, brique de terre crue, stabilisée à la chaux et/ou armée avec des fibres de seigle) répondent à ce critère. On peut aussi évoquer les techniques mettant en oeuvre par banchage (coffrage) sur ossature bois ou en dalle isolante sur terre battue, un composant à base de fibres végétales et de chaux, telles que le chanvre. Dans une orientation d’autoconstruction, la technique d’un &laquo;&nbsp;bois cordé&nbsp;&raquo; permet la réalisation de murs porteurs à partir de bûches maçonnées (mélange chaux, ciment sciure, sable). Le plâtre répond à ce premier critère tout en jouant un rôle de volant hygrométrique. Pour un enduit de façade, un mélange à base de chaux aérienne, de sable et de plâtre répond aussi à cette première exigence.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Matériaux vivants</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">A ce critère répondent les matériaux les plus &laquo;&nbsp;yang&nbsp;&raquo;. Les matériaux ci-dessus énoncés rentrent dans ce registre : les bois massifs, paille, bois cordé, pierre. Les techniques utilisant des fibres végétales telles que le chanvre, seigle en mixité avec la chaux, créent en séchant une minéralisation du composant. De fait, le matériau acquiert une nouvelle structure apte à répondre à ce critère. Ce qui n’est pas le cas des panneaux de particules (agglomérées) rendus rigides par des résines synthétiques qui &laquo;&nbsp;gèlent&nbsp;&raquo; la fibre. De plus les colles que renferment ces matériaux comportent des produits toxiques (voir critères de toxicité).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Parmi les matériaux les moins struccurés ou n’évoluant pas vers une nouvelle structure, citons les bétons, le verre, l’acier, l’aluminium,les isolants polystyrène, polyuréthanne ; mais aussi les produits ayant subi une structuration artificielle par le passage à haute température tels que les laines de verre, de roche&#8230; Si l’on se réfère à ce critère de structuration, le liège en vrac, la laine de cellulose (isolation) ne présentent pas les qualités requises. Par contre : fibres de coco, plaques de liège massif&#8230;</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Matériaux à faible énergie de transformation</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Rentrent dans cette catégorie Ies produits les moins dénaturés. Plus un matériau est transformé, plus il nécessite des techniques énergivores. Tel est le cas de l’aluminium très grand consommateur d’énergie, mais aussi le béton, l’acier et les produits issus de la pétrochimie. Dans ce registre, il est à prendre en compte le lieu de production tout autant que le coût environnemental du matériau, d’un point de vue humain &#8211; conséquences ethno-sociologiques &#8211; et d’un point de vue écologique. Le matériau à faible énergie de transformation est généralement celui qui est le plus respectueux de la nature, autant pendant sa phase de production que dans sa phase de recyclage.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Matéria non dioactifs</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On trouve parmi les matériaux de construccion naturels ou transformés, des produits plus ou moins radioactifs. Citons le granit, le schiste et les graviers riches en silice. Le béton présente un degré de radio-activité supérieur à celuide la terre, lié au fait qu’il est soumis dans sa phase de production à de hautes températures. La conséquence en est le dégazage de radon. D’ou l’importance de prevoir une bonne ventilation du &laquo;&nbsp;hérisson&nbsp;&raquo; en sous-face d’une dalle en terre-plein. Si nous habitons sur un terrain schisteux ou gramtique, la radloactivité naturelle sera plus importante que sur un terrain calcaire Ile st toutefois déconseillé d’utiliser une pierre d’une autre provenance : les propriétés physico-chimiques différentes de deux matériaux risquentde créer un phénomènede micro-pile électrique dans le bâtiment. D’une façon générale on utilisera des matériaux issus du lieu, mais à faible énergie. Ce choix en particulier du bois,temporisera les éffets radioactifs du site.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Adéquation de la technique du site</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le critère est ici celui de l’aéquation de la technique utilisée, eu égard aux conditions climatiques locales. Nombre de cités d’urgence édifiées dan le tiers-moude, en tôle ondulée et en parpaing de beton &laquo;&nbsp;importé&nbsp;&raquo; se sont révélées catastrophiques au regard du moded e vie de leurs habitants.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Perméabilité aux rayonnements cosmiques et telluriques</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Un matériau bio-compatible est celui qui permetl e maximum de pénétration aux radiations biologiquement fastes pour l’organisme. Celles-ci se situent dans la gamme de fréquence des 3000 mégahertz. Ainsi, on perd 75% de ce rayonnement bénéfique sous une toiture de bois recouverte d’amiante-ciment. Elle se réduit à 17% sous une couverture en tuiles, et 5 à 10% sous une toiture en bardeaux de bois. La perte est sensiblement du même ordre avec une couverture en cuivre (perte d’environ 85% avec des feuilles d’aluminium !!). Une toiture terrasse en béton-bitume ne bloque pas moins de 90% des rayons bénéfiques, avec un filtrage de 50% rien que pour la dalle en béton. Alors qu’une dalle en torchis en retient moins de 10%.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le verre est également peu perméable à la bande de fréquence biologiquement favorable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">La fée électricité </span></span></h3>
<p><!-- debut_surligneconditionnel --></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’électricité et ses conséquences électromagnétiques sont, sans conteste, parmi les sources de pollution les plus fréquentes de notre environnement quotidien.De multiples interactions jouent entre ces champs artificiels et les échanges bioélectriques et biochimiques de l’ensemble des cellules de notre corps (le champs électrodynamique où « champs de vie » tel que défini par le pr Burr vers 1948). Ce type d’influences, d’autant plus pernicieuses qu’elles sont invisibles et indolores, modifient à long terme l’équilibre psychologique de certaines personnes. On note de plus en plus de cas de personnes qui développent des allergies et des hypersensibilités aux influences électromagnétiques : sensations de picotements, rougeurs cutanées, hyperacuité auditive aux grésillements des appareils électriques, etc&#8230;</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Mais aussi troubles circulatoires, insomnies, nausées.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’installation électrique dans notre cadre domestique requiert une attention particulière. Afin de limiter les influences des champs électriques et magnétiques, quelques précautions de base sont à prévoir.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> L’ensemble du circuit électrique, tout en respectant les normes et sections requises pour chaque usage, est réalisé en câble gainé ou blindé par un feuillard métallique ou bien placé sous tube d’acier. Ces blindages sont ensuite reliés au potentiel de mise à la terre. Par là, on centralise 100% le champ électrique et, suivant la section et le nombres de fils, on limite de 60% à 80% le champ magnétique le long des parcours électriques.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Les passages des fourreaux électriques se font toujours en périphérie de chaque pièce (évitez les diagonnes ou les réseaux « en pieuvre » dans la dalle à travers une pièce).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Si la construction le permet, et sans pour autant créer un risque de puissance au niveau de l’étage, on préfère les répartitions électriques des piècesà partir du plafond. (et non à partir du sol).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Dans le cas où le compteur est indépendant de la maison, l’arrivée électrique doit être enterrée jusqu’au tableau.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Ce même tableau électrique est situé le plus loin possible d’une « zone sensible » (chambre, séjour&#8230;) et plutôt dans le local technique (garage) en portée nord de la maison.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> L’installation électrique suit de préférence les zones moins sensibles de la maison (vestibule, couloir) et se développe « en épi » pour l’alimentation de chaque pièce.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Toutes les masses métalliques sont reliées à la terre (cadres de fenêtre, poutrelles, chéneaux&#8230;), à commencer par les armatures et treillis soudés utilisés pour les fondations et dallage (le cas échéant).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> En tant qu’exutoire, la prise de terre fait l’objet d’une attention particulière et d’une vérification fréquente. Elle est positionnée, s’il y a lieu, dans le jardin, à une distance raisonnable de la maison (2-3 m ou plus) et au nord de celle-ci. Sa résistance doit être de 50 K w au moins.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ne jamais la laisser traîner par négligence à fond de fouille dans les fondations.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Toute l’installation et les différentes liaisons se font avec fil de terre, lequel, entre autre, permet les raccordements domestiques, tels que prise d’antenne T.V. (qui capte des charges électriques dans l’atmosphère et les redifuse dans la maison), les masses métalliques d’objets divers qui rayonnent le courant du 50 Htz (pied de lampe, ossature d’abat-jour.)</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Il peut s’avérer intéressant, même avec une câblerie blindée, d’étendre la protection en matière de champs électromagnétiques. Le disjoncteur différentiel général de commande et de protection permet de déconnecter réseau public et réseau domestique. Les appareils nécessitant une alimentation permanente (frigo&#8230;) seront branchés en dehors des circuits sensibles à protéger. Le disjoncteur différentiel permet d’éviter les champs induits dans l’installation durant la non utilisation des appareils. Il contribue à insérer « l’ambiance » électrique de la maison.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Les commandes électriques dans chaque pièce (interrupteur, commutateur, télérupteur) se font par l’interruption unipolaire du conducteur de phase.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> On veille toujours, dans les chambres &#8211; zones de protection maximale &#8211; à limiter l’équipement électrique. (Radio-réveil, chaîne HI-FI&#8230;) à proximité du lit. En effet, durant la phase de sommeil, l’organisme, lâchant une grande part de ses défenses, devient d’autant plus sensible aux influences immédiates de son environnement. Le lit orienté dans l’axe du champ magnétique, tête au nord, sera écarté, si le cas le permet, du mur d’appui d’environ 20 à 25 cm. Une telle disposition permet au corps de baigner dans un champs électromagnétique homogène. En effet, « l’effet falaise » (cf. travaux du pr Rocard) lié à la différence de masse gravimétrique provoque une perturbation du champ naturel de part et d’autre d’un mur sur plusieurs centimètres. D’où nécessité d’une marge de recul.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Dans le cadre d’une installation existante, et sans avoir à refaire celle-ci, il est possible d’avoir recours à un interrupteur automatique de champ (appelé aussi « relais de déconnexion » ou « biorupteur bipolaire » ) pour assaillir plusieurs chambres. Cet appareil de commande vise à déconnecter la partie du circuit électrique concerné durant la phase de non utilisation, tout en maintenant un circuit faible (6 V) suffisant pour l’éclairage nécessaire à une remise en usage du circuit à partir de la ou des pièces concernées. Ce dispositif nécessite, là aussi, de désolidariser circuit d’éclairage et appareils faisant l’objet d’une mise en tension permanente.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">En conclusion</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">D’une façon générale, tous les matériaux synthétiques (voilages synthétiques, moquettes, revêtements plastiques pour sol, murs, peintures) se chargent électriquement par simple frottement de l’air ou des pieds. Cette composante électrostatique augmente encore le confinage électrique d’origine technique trop mal identifié de nos maisons. L’ensemble de ces influences nous affectent à notre insu. N’oublions pas de mentionner que la nature des matières artificielles des vêtements que nous portons (chaussures isolantes, collants et sous-vêtements, vêtements acryliques) contribue elle aussi à cette surcharge électrique quotidienne. L’objet ici n’est pas d’éliminer la fée électricité de nos logis, mais de faire qu’avec le temps elle ne prenne pas ses habitudes à notre insu et ne devienne une marâtre tyrannique.</p>
<p class="spip" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.nouvellescles.com/rubrique.php3?id_rubrique=126">nouvellescles</a></em></p>
<p><!-- finde_surligneconditionnel --></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/pour-une-maison-ecologique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Systèmes d&#8217;Echange Locaux</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/les-systemes-d-echange-locaux/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/les-systemes-d-echange-locaux/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 07 May 2009 20:33:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Idée]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[consommation]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[échange]]></category>
		<category><![CDATA[entraide]]></category>
		<category><![CDATA[ferme]]></category>
		<category><![CDATA[local]]></category>
		<category><![CDATA[service]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4080</guid>
		<description><![CDATA[De Guide des Alternatives des Editions du Fraysse Principes et fonctionnement Principes L&#8217;argent a été conçu comme un outil pour améliorer les échanges entre les hommes. En effet, avant la création de l&#8217;argent, les échanges étaient limités au simple troc. La création de l&#8217;argent a permis d&#8217;étendre largement les échanges. Mais aujourd&#8217;hui, les échanges entre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">De <a href="http://www.editionsdufraysse.fr/">Guide des Alternatives des Editions du Fraysse</a></h3>
<h1 style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">Principes et fonctionnement</span></h1>
<p><span style="font-size: x-large;"><br />
 </span></p>
<h1 id="description" style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-large;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arton10114_1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-4082" title="arton10114_1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arton10114_1.jpg" alt="arton10114_1" width="272" height="210" /></a></span></h1>
<h2 style="text-align: justify;">Principes</h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;argent a été conçu comme un outil pour améliorer les échanges entre les hommes.<br />
 En effet, avant la création de l&#8217;argent, les échanges étaient limités au simple troc. La création de l&#8217;argent a permis d&#8217;étendre largement les échanges.<br />
 Mais aujourd&#8217;hui, les échanges entre les hommes sont limités car ils n&#8217;ont pas assez d&#8217;argent pour acheter tout ce dont ils ont besoin, créant marasme économique et chômage.<br />
 Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas assez d&#8217;argent ?<br />
 En fait, il n&#8217;y a jamais eu autant d&#8217;argent qu&#8217;aujourd&#8217;hui, mais il ne sert plus prioritairement aux échanges entre les hommes. En effet, l&#8217;argent sert à gagner de l&#8217;argent en spéculant (comme avec les assurances vie qui se développent rapidement depuis quelques années), et donc il circule dans les circuits financiers de la spéculation (95% de l&#8217;argent sert au circuit spéculatif, 5% seulement servirait au commerce). Autre cause du manque d&#8217;argent : les gens ont peur de l&#8217;avenir, donc ils sont plus prudent dans leurs dépenses et modèrent leurs achats, ralentissant ainsi la vitesse de circulation de l&#8217;argent (le fait de retarder tous les mois de 3 jours ses achats, ralentit de 10% la vitesse de circulation de l&#8217;argent et donc diminue de 10% les transactions totales effectuées). De plus les banques qui gèrent l&#8217;argent le font dans leur propre intérêt (gagner de l&#8217;argent) et pas dans l&#8217;intérêt des hommes (très peu de banques prêtent aux personnes qui veulent créer leur emploi, obligeant à passer par la collecte directe de l&#8217;argent d&#8217;amis).<br />
 De nombreuses personnes disposent de temps libre (surtout avec le chômage actuel !) ou de production excédentaire qu&#8217;elles ne peuvent vendre car il n&#8217;y a pas d&#8217;argent pour les rémunérer.<br />
 Il y a des marchandises ou des personnes disponibles pour travailler, et aussi des acheteurs potentiels pour ses services et ses marchandises, mais il manque l&#8217;outil nécessaire (l&#8217;argent) pour que ces transactions s&#8217;effectuent.<br />
 Comme aujourd&#8217;hui l&#8217;argent ne joue plus son rôle vital de vecteur des transactions entre les hommes, il est urgent de créer un nouveau système permettant les transactions sous peine d&#8217;étouffement.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-4080"></span>Naissance du L.E.T.S.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi que Michael Linton, écossais résidant dans l&#8217;île de Vancouver au Canada, imagina le LETSystem (Local Exchange and Trading System = Système d&#8217;Echange et de Commerce Local), afin d&#8217;aider les nombreuses personnes au chômage dans cette région et souvent douées d&#8217;un savoir-faire très utile pour tous. Ce système traduit en France par &laquo;&nbsp;Système d&#8217;Echange Local&nbsp;&raquo; ou SEL, s&#8217;est développé au Canada, aux USA, et en Grande Bretagne (plus de 200 groupes dans ce pays), permettant, dans les régions en crise, aux personnes utilisant ce principe de vivre normalement.<br />
 D&#8217;autres systèmes ont déjà fonctionné avec succès :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Wörgl en Autriche en 1932-33, ville de 5000 habitants avec 1500 chômeurs. Le maire créé une « monnaie franche » : au bout de 9 mois, il n&#8217;y a plus de chômeurs, de nombreux équipements sont construits, tout va pour le mieux sauf pour la Banque Nationale qui n&#8217;est pas d&#8217;accord. L&#8217;expérience s&#8217;arrête et les problèmes réapparaissent.</li>
<li>A Lignières en Berry en 56-57 et Marans en Charente Maritime en 57-58, la même chose s&#8217;est produite : le fisc est intervenu pour stopper ces réussites.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">On peut se poser la question de la légalité du Système d&#8217;Echange Local.<br />
 Se poser cette question, c&#8217;est rentrer dans le jeu de ceux qui ont fait les lois (en particulier les banquiers et les financiers).<br />
 Il faut plutôt se poser la question : <em>&laquo;&nbsp;Que nous dit notre conscience ? Faut il se laisser dépérir car nous n&#8217;avons pas les moyens d&#8217;acheter ce dont nous avons besoin, ou faut il vivre pleinement en créant les moyens pour respirer mieux, pour faire circuler l&#8217;énergie entre les hommes ?&nbsp;&raquo;</em><br />
 Actuellement, les Systèmes d&#8217;Echange Locaux sont tolérés, car les Etats ne savent pas résoudre les problèmes du système économique, et ils peuvent aider à désamorcer des violences qui inévitablement vont se produire dans le futur.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Les avantages du SEL</h3>
<p style="text-align: justify;">Ce système permet à la monnaie nationale de circuler et aux gens d&#8217;en avoir assez pour payer leurs impôts, électricité, téléphone, eau, et tous les objets manufacturés. Ce système dégage finalement plus d&#8217;argent pour les échanges nationaux (en particulier pour les taxes et impôts), donc chacun s&#8217;y retrouve.<br />
 Ce sont les productions locales qui vont être favorisées par ce système, évitant les importations lointaines et l&#8217;exploitation du tiers monde, en faisant travailler les personnes les plus proches de chez nous. Ainsi les agriculteurs et les artisans ne craignent plus les concurrences déloyales.<br />
 Ce réseau est très intéressant pour les personnes travaillant à mi-temps, ayant assez d&#8217;argent pour payer la part obligatoire en euros, le SEL permettant d&#8217;apporter la part complémentaire.<br />
 Dans le cadre économique actuel, il serait possible de faire disparaître tous les chômeurs (plus 5 millions de chômeurs, CES, RMI, stages divers&#8230;) en transformant de nombreux emplois à plein temps en emplois à mi-temps avec complément en SEL (4 millions d&#8217;emplois à plein temps transformés en 8 millions d&#8217;emplois à mi-temps). Pour l&#8217;Etat, les économies seraient considérable sur les indemnités chômage, de pré-retraite, de RMI, de CES&#8230;, et sur tous les stages de formation qui servent à cacher la misère, sans compter l&#8217;amélioration des situations psychologiques (plus de chômeurs dépressifs) diminuant les frais médicaux, les violences, les trafics de drogues&#8230;<br />
 Ce serait l&#8217;économie informelle au secours de l&#8217;économie institutionnelle. En France, l&#8217;Etat considère le SEL comme du travail au noir et donc ne veut pas la favoriser.<br />
 Certains pays comme la Nouvelle Zélande et l&#8217;Australie reconnaissent déjà l&#8217;intérêt des réseaux SEL pour permettre aux chômeurs de rester en contact avec le marché du travail, de ne pas entrer dans le circuit de l&#8217;assistanat et de maintenir des liens sociaux qui évitent la descente vers l&#8217;isolement et la marginalisation.<br />
 La création des SEL peut permettre aux hommes de continuer à vivre, même si l&#8217;économie mondiale s&#8217;écroule comme le montre les soubresauts de plus en plus importants des bourses et des monnaies.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Fonctionnement</h2>
<h3 style="text-align: justify;">La zone géographique</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour que le SEL puisse fonctionner, il faut que les gens ne soient pas trop éloignés pour que les personnes puissent se déplacer facilement les unes chez les autres pour effectuer les échanges. Cela peut être une grande ville, un département ou une partie de département.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Le choix de l&#8217;unité d&#8217;échange</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour plusieurs groupes, l&#8217;unité de compte est le &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;. Une heure de travail comptera par exemple 60 Grains de sel. Toutes les compétences au sein du SEL sont mises sur un pied d&#8217;égalité. Ainsi, une heure de ménage pourra avoir la même valeur qu&#8217;une heure de cours informatique.<br />
 Ce principe est bien sûr à adapter selon les circonstances :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Certains échanges ne mobilisent pas la personne à 100% (garde d&#8217;animaux, mise à disposition de matériel, etc.). Dans ce cas, il semble logique que le taux horaire soit sensiblement plus faible.</li>
<li>Certains échanges nécessitent un temps de préparation. Le montant de l&#8217;échange devra tenir compte de ce temps supplémentaire.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Il est rare qu&#8217;il y ait une réglementation stricte, ou que des plafonds soient fixés&#8230; Vous pouvez ainsi laisser libre court à la négociation. Il est important de privilégier la notion de plaisir, qui doit primer sur la notion de temps (plaisir à échanger, à négocier, plaisir à exécuter, à donner, à recevoir) de même que la notion de don (ne pas avoir envie d&#8217;évaluer) ou la notion de solidarité (l&#8217;évaluation de l&#8217;échange peut dépendre des moyens de chacun au moment de l&#8217;échange). Ainsi pour ne pas s&#8217;enfermer dans une échelle d&#8217;évaluation stricte, il est laissé ce plaisir de négocier, cette liberté d&#8217;accepter ou de refuser un échange.<br />
 Il s&#8217;étudie actuellement la possibilité d&#8217;avoir des échanges entre plusieurs secteurs (par exemple pour aller en vacances dans une autre région) et si les groupes utilisent la même unité comptable, les échanges seront plus faciles.</p>
<p style="text-align: justify;">Avantage du SEL : si un jour ou l&#8217;autre la monnaie nationale s&#8217;écroule suite à la spéculation des financiers, le système SEL permet toujours aux personnes d&#8217;échanger même si l&#8217;économie officielle est dans le marasme noir.</p>
<h3 style="text-align: justify;">L&#8217;établissement d&#8217;un annuaire des membres</h3>
<p style="text-align: justify;">Le SEL ne peut bien fonctionner que si chacun connaît les offres et les demandes des autres membres du réseau. Il est donc établi régulièrement un annuaire recensant toutes les offres et les demandes, les compétences, le matériel disponible, l&#8217;état des comptes&#8230;<br />
 L&#8217;état des comptes ouvert à tous, permet de donner priorité pour le travail à ceux qui sont en négatif, et d&#8217;éviter de trop grosses transactions avec ceux qui sont trop en négatif.<br />
 Toutefois, il est nécessaire d&#8217;avoir des comptes en négatif pour faire tourner le système.<br />
 L&#8217;endettement n&#8217;est pas pénalisé et montre que l&#8217;on effectue des transactions, c&#8217;est le moteur du système. Par contre, les personnes qui ont beaucoup de positif et qui ne l&#8217;utilisent pas vont bloquer le système. Ce système est justement créé pour que l&#8217;énergie circule, donc gare au comportement de thésaurisation qui tue déjà le système économique officiel.<br />
 Dans certains groupes, les compteurs de grains de sel est remis à zéro à la fin de l&#8217;année pour éviter ce problème.</p>
<h3 style="text-align: justify;">L&#8217;enregistrement des échanges</h3>
<p style="text-align: justify;">Chaque membre dispose de bons d&#8217;échanges qu&#8217;il envoie, après transaction, à la personne chargée des enregistrement des transactions. Ces transactions sont enregistrées avec un programme informatique adapté au SEL, permettant régulièrement l&#8217;édition des comptes des transactions et de les distribuer à tous les membres.<br />
 Certains échanges peuvent s&#8217;effectuer pour moitié en &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo; et pour moitié en euros (par exemple) lorsque le produit vendu est fabriqué avec des matières premières achetées en euros, car l&#8217;artisan doit pouvoir les payer lorsqu&#8217;elles viennent du circuit classique. Dans ce cas là, seul les Grains de Sel seront enregistrés, les transactions en euros n&#8217;intéressent pas le groupe.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Les frais de fonctionnement</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour payer les frais de fonctionnement du SEL (téléphone, timbres, photocopies&#8230;), une cotisation annuelle est demandée, généralement de l&#8217;ordre de 15 euros, et certains SEL ont ajouté 120 Grains de Sel pour indemniser les personnes gérant le SEL.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Les &laquo;&nbsp;marchés tout en Grain&nbsp;&raquo;</h3>
<p style="text-align: justify;">Certains groupes SEL organisent régulièrement des marchés réunissant tous les membres du groupe et où toutes les transactions s&#8217;effectuent en &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;. Ces marchés sont très utiles pour permettre aux membres du réseau de faire connaissance et de permettre, outre des échanges de produits, d&#8217;échanger des informations et de créer des liens qui vont favoriser les échanges futurs.</p>
<h3 style="text-align: justify;">La fiscalité et les assurances</h3>
<p style="text-align: justify;">Normalement toutes les transactions sont passibles de la TVA. Pour les échanges en &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;», la TVA devrait être payé en &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;. Une personne a rempli deux déclarations d&#8217;impôts, une pour les travaux en euros, une en Grain de Sel. A suivre&#8230;<br />
 Pour les personnes effectuant des travaux chez d&#8217;autres personnes, elles doivent avoir un statut et une assurance. Des études sont en cours pour trouver les meilleurs solutions.</p>
<h3 style="text-align: justify;">La coordination des SEL</h3>
<p style="text-align: justify;">Afin de résoudre les problèmes qui se posent aux SEL, une coordination nationale se réunie régulièrement. Des informations sur les groupes étrangers sont aussi échangées.<br />
 La coordination a également pour but d&#8217;aider toutes les personnes qui veulent créer des SEL.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Coordination :</strong> Sel&#8217;idaire &#8211; BP 34 &#8211; 80081 Amiens Cedex &#8211; <a href="http://www.selidaire.com/">www.selidaire.com</a></p>
<p style="text-align: justify;">A lire, le numéro 210 de &laquo;&nbsp;S!lence&nbsp;&raquo; de novembre 1996, un dossier sur le &laquo;&nbsp;SEL&nbsp;&raquo; avec les points de vue de François de Ravignan, Denis Clerc et Alain Lipietz. Deux autres articles ce dossier SEL dans le numéro 211 de décembre 1996.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le SEL et la justice</h2>
<p style="text-align: justify;"><em>Le passage en justice de 3 membres du SEL Pyrénéens, loin d&#8217;ébranler ce système, a créé de nouvelles solidarités entre les membres de ce réseau et un afflux de demandes pour développer de nouveaux SEL.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;</strong> par Alain Rollat, journal <em>Le Monde</em> du 10 janvier 1998.<br />
 LE RESPECT de la justice interdit de commenter ses jugements. Mais il n&#8217;est pas interdit de sourire à la justice quand ces jugements ridiculisent ceux qui la rende&#8230;<br />
 Par exemple, la condamnation à 300 euros d&#8217;amende avec sursis, que le tribunal de Grande Instance de Foix vient d&#8217;infliger, à la demande des professionnels ariègeois du bâtiment, à deux membres du Système d&#8217;Echange Local (SEL) pyrénéen, qu&#8217;elle a jugé coupables de travail clandestin pour avoir réparé le toit d&#8217;une voisine en échange de quelques légumes (journal Le Monde du 08.01.98), prendra assurément une place de choix dans le grand bétisier des anachronismes judiciaires.<br />
 Il est d&#8217;ailleurs dommage qu&#8217;Arte ait été, jusqu&#8217;à présent, la seule chaîne de télévision à mesurer la portée internationale de cette décision à laquelle la chaîne franco-allemande a consacré jeudi soir, l&#8217;essentiel de son journal de 19h30. Car il y a là de quoi illustrer à merveille, pour l&#8217;édification des générations futures, la difficulté chronique de la justice à vivre avec son temps.<br />
 Les magistrats en cause bénéficient, certes, comme tous les plaignants, de circonstances atténuantes. A première vue, le fonctionnement de ces réseaux d&#8217;entraide, qui remplacent l&#8217;argent par le troc, et au sein desquels on peut échanger des services contre des biens, la réparation d&#8217;un robinet contre un kilo de patate, la réfection d&#8217;un mur contre un cochon, ou une leçon de musique contre un bocal de champignons, semble procéder de la pratique moyenâgeuse remise au goût du jour par de singuliers utopistes.<br />
 La transparence qui caractérise ces échanges et la philosophie qui inspire ces communautés se traduisent par l&#8217;émergence de micro-sociétés parallèles dont les normes échappent à l&#8217;entendement de la société dominante parce qu&#8217;elles se fondent sur d&#8217;autres valeurs que les valeurs marchandes. Il en résulte donc, c&#8217;est vrai, en cas de contentieux, des situations de vide juridique.<br />
 Mais si, aujourd&#8217;hui, ces systèmes d&#8217;échange se développent partout en Europe, et pas seulement dans les campagnes, cela signifie qu&#8217;ils répondent à des besoins en remplissant un autre vide : <em>&laquo;&nbsp;Ils sont une parade contre la crise pour les gens sans argent&nbsp;&raquo;</em> souligne le sociologue Smaïn Laacher. <em>&laquo;&nbsp;Ils mettent une goutte d&#8217;huile dans les rouages de notre société de consommation&nbsp;&raquo;</em>, ajoutait jeudi soir la présentatrice du journal d&#8217;Arte. Elle concluait en souhaitant que l&#8217;Union Européenne reconnaisse vite leur utilité publique. Bonne idée ! Ces bricoleurs de solidarité sont en effet, pour l&#8217;instant, sur le terrain, les seuls à bâtir l&#8217;Europe sociale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Tribune de la Dépêche du Midi du 18 janvier 1998&#8243;</strong><br />
 &#8230; En revivifiant l&#8217;idée de lien social au sein de petits groupes locaux, en ravivant la notion de fraternité, nous ne faisons rien d&#8217;autre que de réaliser une école de solidarité et de démocratie. Qui pourrait s&#8217;en plaindre ? Surtout pas l&#8217;Etat qui sait le prix que lui coûte une carence de lien social (violence, solitude, déprime et maladie). Sans fraternité, pas de démocratie.<br />
 Cette nouvelle jurisprudence est la porte ouverte à des milliers de procès à venir visant les SEL !<br />
 Il faudrait alors aller plus loin en condamnant les &laquo;&nbsp;Restos du Coeur&nbsp;&raquo; qui font concurrence aux épiciers, la Croix Rouge qui fait concurrence aux ambulanciers&#8230; alors que les SEL existent depuis 20 ans dans de nombreux pays, il est bon de noter que le pays des Droits de l&#8217;Homme est le seul, à ce jour, a s&#8217;être permis de condamner l&#8217;entraide. Les sans-culottes peuvent aller se rhabiller&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.onpeutlefaire.com/les-systemes-d-echange-locaux">onpeutlefaire</a></em></p>
<hr />
<p>Lectures complémentaires :</p>
<div class="lectures-complementaires">
<ul>
<li><a href="http://www.onpeutlefaire.com/les-reseaux-d-echange-de-savoir">[Article] Les Réseaux d&#8217;Echange de Savoir</a></li>
<li><a href="http://selidaire.org/spip/">Site de Selidaire</a></li>
<li><a href="http://www.sel-terre.info/">Site de Sel Terre</a></li>
</ul>
</div>
<p><!-- /main --> <!-- /content --></p>
<p>
<script src="http://www.google-analytics.com/urchin.js" type="text/javascript"></script></p>
<p><script type="text/javascript"><!--
		         _uacct = "UA-172117-2";
		         urchinTracker();</p>
<p>// --></script>
</p>
<p><!-- /top --></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/les-systemes-d-echange-locaux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Qui veut inventer une conscience collective ?</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/qui-veut-inventer-une-conscience-collective/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/qui-veut-inventer-une-conscience-collective/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 05 May 2009 21:15:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[partage]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=4050</guid>
		<description><![CDATA[Par Éric Julien, Jean-François Maréchal et Patrick Levy C’est sans doute le grand défi du XXI° siècle. Si vous y prêtez attention, où que se porte votre regard &#8211; défis écologiques, élections politiques, injustices sociales, éducation à la citoyenneté, guerres de religion, exploitation néocoloniale, ou simples attitudes de consommateurs &#8211; se pose une question cruciale : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Par <span class="size-pt"><strong><a href="http://www.interdependances.org/article/810/Eric_Julien_President_de_l_ONG_Tchendukua_On_peut_tous_etre_reveilles">Éric Julien</a>, Jean-François Maréchal et </strong></span><a href="http://site.patricklevy.free.fr/"><span class="size-pt"><strong>Patrick Levy</strong></span></a></h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/oversoul.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-4056" title="oversoul" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/oversoul.jpg" alt="oversoul" width="280" height="347" /></a>C’est sans doute le grand défi du XXI° siècle. Si vous y prêtez attention, où que se porte votre regard &#8211; défis écologiques, élections politiques, injustices sociales, éducation à la citoyenneté, guerres de religion, exploitation néocoloniale, ou simples attitudes de consommateurs &#8211; se pose une question cruciale : l’humanité saurait-elle faire preuve de conscience collective ? Interrogation à la fois évidente et terriblement fugace dès que vous tentez de la cerner. L’INCONSCIENT collectif, on voit bien ce que cela recouvre, pour le meilleur comme pour le pire : chaque groupe humain dicte implicitement à ses membres, dès la naissance, un ensemble de croyances, de valeurs et de comportements, qui les déterminent ensuite à vie &#8211; la liberté individuelle consistant ensuite précisément à se défaire de cette pression du groupe. Mais la CONSCIENCE collective, qu’est-ce que cela pourrait être ?</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong>Les plus grands visionnaires, de Bouddha à Jésus, de Platon à Rousseau, de William Blake au chef Seattle, d’Aurobindo à Teilhard, de Hugo à McLuhan, ont évoqué une telle conscience, portée par la métaphore d’un cerveau global, dont chacun de nous serait un neurone. Mais concrètement ? Ce dossier n’épuise pas le sujet, loin de là. Il ouvre juste quelques pistes. Apparemment, déchirements et haines persistent, en toute inconscience. Mais lisez notre enquête : en sourdine, semble se tramer une mutation de fond. Affaire à suivre&#8230; de près !</strong></p>
<h3><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">De « l’intelligence » du monde à l’intelligence collective</span></span></h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Au détour d’un chemin, perdues au cœur des hautes vallées de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, une centaine de femmes de la communauté des indiens Kogis sont assises à l’ombre d’un manguier. Présences silencieuses, mais « habitées » qui captent l’attention. Jeunes et moins jeunes, anciennes, enfants, regroupées autour d’un chaman (Mamu), elles « pensent » l’esprit, la forme du pont que les hommes construisent quelques mètres en contre bas. Elles nourrissent la pensée, « l’esprit » de ce que devra être ce pont. Le soir, cette pensée sera partagée avec les hommes, les principes (féminin/ masculin, pensées/actions, esprit/matière&#8230;) pourront être régulés et nourrir « justement » leurs actions. Expérience du monde et de ses cycles, chaque fois réinventées, chaque fois (re) parcourue..</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce travail de « pensée » effectué avant, pendant et après la construction du pont (ou la mise en œuvre d’une action), doit permettre à la fois de nourrir la vision partagée de ce qui va être réalisé, en l’occurrence un pont, ou il doit être construit, quand et par qui, mais aussi et surtout de faire « justement » les choses à savoir, en accord avec le corps social qui a la charge de sa réalisation et l’espace naturel (vivant) dans lequel il s’inscrit.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Construit sans chef, d’une portée de plusieurs dizaines de mètres, le pont est réalisé par une centaine de Kogis en moins de 48h. Il ne comporte ni clous ni fils de fer.. Il est prévu pour rester en place pendant plusieurs dizaines d’années.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Construire une vision partagée porteuse de sens et proposer une démarche à la fois « juste » et transformatrice, qui permette d’atteindre un objectif (action, projet, situation, etc.) n’est-ce pas là, le fondement de l’intelligence collective ?</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span id="more-4050"></span>Oui, si l’on admet que l’intelligence collective englobe les règles, principes de fonctionnement (valeurs) qui permettent à un ensemble de personnes (identité) de faire émerger un projet, une action, de construire une situation (l’équilibre) qui les dépasse, tout en étant nourri de l’énergie et de la spécificité de chacun. Oui si l’on comprend que la règle précède la forme, puisque du choix et de l’animation d’un processus, d’une démarche, dépend la qualité et la « pertinence » (justesse) d’un résultat. (le tireur à l’arc dans la tradition Zen).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dernière société Précolombienne à avoir su préserver sa culture et ses modes de fonctionnement à travers les siècles de notre histoire, la société des indiens Kogis a fait de « l’intelligence collective » un art de vivre qui imprègne les pensées et les actes de ses membres. Comme nombre de sociétés « racines » ou « traditionnelles » à travers le monde, il n’est pas un acte, une parole qui ne soit pensée afin de « pouvoir gérer » et dépasser les problèmes, d’ego, de territoires, les émotions qui obscurcissent l’esprit.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Savoir canaliser le pouvoir et les énergies pour qu’elles restent source de créativité et non génératrices de violence a toujours fait partie de leurs préoccupations « essentielles ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Une préoccupation issue d’une « expérience » (posture) du monde ( et non pas d’une seule « connaissance ») qui permet de concevoir transmettre et faire vivre un ensemble de mécanismes, processus, (rituels) règles de fonctionnement qui préservent de la folie, qui tiennent à distance les déséquilibres, sources de tensions, de maladies et de mort&#8230;Car c’est bien le déséquilibre et la mort que l’intelligence collective, cette « mémoire des possibles » qui se développe entre le passé et le futur » doit permettre de tenir à distance.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Et ce n’est sans doute pas un hasard si c’est aux prémisses d’un XXIème siècle chaotique, aux inégalités criantes, en perte de sens et de repères, ou se multiplient déséquilibres, ruptures et menaces (environnementales, sociétale, politiques etc.) que (ré) apparaît l’impérative nécessité d’une intelligence collective. Car c’est la contrainte (et la menace dont elle est porteuse) qui appelle l’intelligence collective et « la conscience » issue de l’expérience, qui la permet.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous voici donc confronté à l’un des plus difficile, mais aussi des plus enthousiasmant défis de notre temps, faire vivre une « intelligence collective »adaptée aux enjeux d’une époque (territoire, culture, représentation etc.), à même de nous permettre de faire face aux déséquilibres issus du fonctionnement de nos sociétés modernes.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Si les Kogis et les peuples « racines » par l’effet miroir qu’ils nous proposent et la mémoire qu’ils ont su préserver, peuvent nous y aider, il nous appartient d’en revisiter les principes, de les (re) parcourir, pour se les réapproprier et en acquérir l’expérience. A 80% urbains, (en 2007, 50% de la population mondiale va vivre en ville),ayant perdu notre relation à l’expérience du monde, à la vie et à nous même, nous avons en grande partie perdu les clés de cette intelligence collective, indispensable à notre survie.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les Kogis n‘ont jamais rompu ce lien, cette relation au vivant. C’est la nature, et l’expérience fusionnelle qu’ils en ont, qui leur transmet les règles et les principes de vie qui régit leur société et leur permet de maintenir l’équilibre du monde. Temps cyclique, prédominance de l’expérience sur la connaissance, équilibre des contraires, mais aussi humilité, respect, partage, solidarité, circulation, sont des évidences vécues et transmises au quotidien par l’ensemble des membres de la communauté « tout est écrit dans la nature, et notamment la façon dont il convient de maintenir l’équilibre, de canaliser l’énergie entre la vie et la mort, pour éviter le chaos. C’est dans la nature que les lois, et les règles qui régissent notre société prennent leurs racines. C’est là que nous savons comment maintenir le monde en harmonie, comment penser et agir ensemble, afin d’éviter les maladies, les catastrophes naturelles, les grèves et les disputes familiales, car tout est liée. Les règles et les lois occidentales sont faites par les hommes au profit de la société humaine. La loi Kogi est cosmique elle permet de maintenir l’équilibre du monde au service de la vie ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Faire vivre cette « intelligence collective » la réinventer par choix, accepter l’ouverture qu’appelle l’altérité, quitter ce que nous connaissons pour nous risquer vers l’inconnu du partage et de la construction commune, faire « trembler nos maisons intérieures » c’est bien ce pari, car il est vital, auquel ont choisi de se confronter les membres fondateurs de « L’alliance pour la planète » officiellement crée en mars 2006 à Paris.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Forte de 63 organisations, (WWF, Green Peace, Les Amis de la Terre, la FNH (Fondation Nicola Hulot), Tchendukua Ici et Ailleurs, Ecologie sans frontière etc. L’alliance pour la planète tente de (re) parcourir ce chemin, de réinvestir pas à pas cette intelligence collective du monde, indispensable pour faire émerger ensemble les nouvelles façons d’être et d’agir qu’appelle le monde de demain.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans la continuité de la « pensée » Kogi , Il faut pouvoir recréer les champs énergétiques que forme l’interaction de tous les individus membres d’un collectif. L’appartenance à ces champs et les conséquences qui en découlent peuvent être observées à plusieurs niveaux. Le premier est celui de l’identité. Le fait de faire partie du collectif est un élément constitutif et identitaire pour chaque individu. Il ne s’agit pas d’une simple étiquette, mais d’un sentiment profond d’appartenance à un groupe et à ce qui constitue son identité. Ainsi à la question « Qui es tu ? », un Kogi répondra invariablement « nous sommes Kogis, habitants de la Sierra Nevada de Santa Marta ». Le deuxième niveau est celui des valeurs. La valeur de la solidarité par exemple, est une valeur qui relie tous les membres de la communauté Kogi. Elle organise activement toutes les formes que prend le partage au quotidien de la nourriture, du travail et des rituels. Leur « vision » de la solidarité rend possible le développement d’une intelligence collective, car elle oriente chaque individu vers la recherche du bien commun tout en donnant à comprendre les mécanismes collectifs qui permettent le développement et la survie de la communauté.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le troisième niveau est celui des capacités. Ce que l’on veut, peut et sait faire ensemble doit être en permanence travaillé et partagé par les membres du groupe. Les décisions collectives s’inscrivent alors dans la continuité de ces processus d’appropriation et de partage. Elles se prennent dans une dynamique de construction et de recherche de solution qui révèle un « haut » niveau de compréhension des enjeux d’une décision, reflet d’une vision et d’une compréhension systémique des situations. Une fois construite l’identité, partagées les valeurs et mises en place les compétences, savoir faire et savoir être nécessaire, la conduite des actions, leur exécution ainsi que le partage des informations qu’elle nécessite devient fluide. Le niveau (maturité) d’intelligence collective des situations permet de prendre rapidement des décisions « justes » et pertinentes.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong>L’intelligence collective ou l’affaiblissement du moi :</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Paradoxalement, alors qu’augmente l’urgente nécessité de nouvelles intelligences collectives, nous observons dans nos sociétés occidentales dites « développées » une montée des troubles liés aux difficultés ou aux insuffisances de structuration du moi . Les dérives les plus marquantes sont par exemple l’augmentation des problèmes d’obésité, celles des conduites addictives de tous ordres, ou encore les phénomènes de dépendance et de vassalité dans la formation des « bandes » d’adolescents. Les causes de ces troubles sont multiples et vont au delà de cette réflexion. IL est cependant possible de considérer que ces difficultés sont liées à l’insuffisance des cadres collectifs apprenants, au déficit dans la transmission des savoir faire et des savoir être et à une fuite obsessionnelle devant le risque, le manque, la souffrance de tous ordres. Or l’expérience de la confrontation réussie aux dangers, aux obstacles, source de l’apprentissage et de la structuration du moi, est l’un des facteur majeur de développement de l’intelligence collective . C’est parce que j’ai appris avec les autres à dépasser les épreuves que je peux prendre ma place dans un groupe&#8230;</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce n’est donc qu’au prix d’une intelligence collective volontairement réinvestie, que l’humain pourra réellement prétendre devenir « homo sapiens sapiens ».. ; un homme « sage « capable de choisir son avenir en conscience, et non simplement de le subir. Et comme le rappelle Marco Chaman Kogi :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">-« Seuls nous ne pouvons pas protéger la terre, ensemble nous pouvons faire quelques chose. Pour cela il faudrait que nous puissions dialoguer, nous comprendre et nous respecter pour voir ensemble ce que nous pouvons faire. Il n’est plus temps de parler mais d’agir »</p>
<h3><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">Une conscience globale est toujours grosse d’un impérialisme spirituel</span></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les religions produisent une conscience collective sur la question de la place de l’autre. Avec l’avènement des monothéismes, cela risque à tout moment de faire émerger un totalitarisme. Dans la tradition biblique, tout commence avec la construction de la Tour de Babel&#8230;</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! faisons des briques, cuisons-les au feu. Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom. » (Genèse 11) Ainsi commence l’histoire de Babel et de sa Tour, chronique biblique que Marie Balmary signala comme le premier cas de totalitarisme : projet et pensée unique, consensus forcené, enfermement communautaire uniformisant dans lequel les hommes renoncèrent au « je » individualiste et adoptèrent un « nous » fusionnel, qui, on peut le supposer, a dû éliminer ses dissidents. Dieu désapprouve. Il n’est pas au ciel. On ne l’atteint pas non plus dans un élan commun mais dans une relation singulière. Il éradique l’unanimisme de cette conscience collective en « confondant leur langage et les dispersant sur toute la face de la terre. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On retrouvera souvent la tentation unanimiste dans l’Histoire et récemment dans la devise du IIIe Reich : Un seul peuple, une seule nation, un seul führer. La conscience morale de chacun devait s’effacer au profit d’une conscience collective à couleur de nationalisme mystique dont le contenu était asséné par la propagande du parti et imposé par une violence sans merci.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« Tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous », proclama le Président George W Bush dans un discours qui préparait l’opinion publique au Patriot Act et préludait à la légalisation de la torture et de la détention illimitée sans procès (vote de la chambre des Représentants et du Sénat le 28 septembre 2006). « Un peuple qui veut sacrifier sa liberté à sa sécurité est un peuple d’esclave, » prévenait Thomas Jefferson qui avait juré fidélité à la même constitution que son successeur. La conscience collective du peuple Américain semble avoir choisit. Entre ce degré de sécurité et conformité il n’y a qu’un pas. Il sera vite franchit. Un animisme obligatoire. Babel n’est plus très loin.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">La place de l’autre</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Religion, dont on tire la racine de relegere / religare, signifie relier, recueillir ou relire. On y désigne un ou des Dieux et y assemble les hommes dans une même foi, autour d’une même lecture, en vue d’un même destin. Les religions sont productrices de conscience collective en cela qu’elles dictent des croyances et des valeurs auxquelles le croyant adhère.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Elles unissent, mais écartent aussi d’un même mouvement ceux qui n’ont pas la même foi, ne nomme pas Dieu du même nom, n’adhèrent pas à la même chapelle, ne lisent pas le même livre, n’ont pas le lien du sang requis, ne célèbrent pas de la même façon. Elles modèlent et recueillent les mêmes (peuple élu, ecclesia, oumma) et désigne les différents, les goyim, les païens, les infidèles. Nous et les autres.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« Tu aimeras ton prochain comme toi-même », propose le Lévitique au peuple hébreu. (Lev 19 19) Réa (Ra), qui dit prochain en hébreu, signifie autre, différent. Ce mot, aperçu pour la première fois dans l’expression « arbre de la connaissance tov va-ra », traduit trop rapidement par bien et mal, signifie plus précisément ce qui est et ce qui est autre. Le prochain est donc tous les autres, y comprit les différents.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Jésus précise le commandement du Lévitique : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, si vous réservez vos saluts pour vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? » (Mt 5 46) « Aimez vos ennemis » (Mt 5 44) « Donne aussi ton manteau&#8230; ne tourne pas le dos. » (Mt 5 40) Il nous permet de retrouver le sens de prochain étendu à toute l’humanité, sans condition de réciprocité, dans la conscience que nous sommes frères, nés d’un même père. Dans cet élan, le Dieu unique, tribal, des hébreux prend vocation universelle. On gagne la fraternité mais au prix du sacrifice des autres Dieux et de la tolérance. Le polythéisme était tolérant, par définition. Le Dieu unique est exclusif, voir totalitaire, par principe. On y a vu un progrès. Dieu unique, vérité unique, religion unique, conscience balisée, fraternité sans tolérance, croisades, inquisition, on connaît. Jésus annonçait le royaume et c’est l’Eglise qui est venue ! faisait remarquer Alfred Loisy. Fermeture. Retour à Babel. Dieu mélangea leur langue. Il redistribue les cartes.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Il n’y a de Dieu que Dieu. Mohammed et ses successeurs reprennent l’idée d’un Dieu unique à portée universelle et rassemblent ses fidèles dans la Oumma, communauté des croyants qui évoque une matrice par la racine umm, « mère », et donc une fraternité, mais seulement si Mohammed est son prophète. Tout homme qui ne s’en réclame pas pose un déni à ce Dieu et son envoyé et prend le risque d’être broyé par les ceux qui ne supportent pas la relativité de toute chose et de leur foi. Nous sommes encore frères, mais à condition d’adhérer. Et ensuite de se conformer. Caricature interdite. Blasphème à fleur de peau. Babel, le retour.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Sans la tolérance polythéiste, deux religions à Dieu unique &#8211; qui ont chacune vocation à occuper, voir à coloniser, la conscience collective &#8211; cohabitent mal. La démocratie laïque tempère encore les impérialismes religieux. « Un homme une voix » est une réponse réaliste à Tu aimeras ton prochain comme toi-même et Il n’y a de Dieu que Dieu. Préférant le respect et l’égalité à l’amour, Dieu et ses révélations, la démocratie consulte le peuple. Il n’y a pas que Dieu. Le peuple est souverain.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">En Asie</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’hindouisme et le bouddhisme poussent la frontière de la fraternité au-delà de l’espèce pour y inclure tous les êtres, l’Humain n’étant pas considéré comme une forme de vie à part mais comme un type d’être parmi les autres créatures douées de sensations.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le monisme de Shankara (Inde, VIIIe siècle) soutient que Brahman est le seul être (rien n’existe en dehors de lui) et remet ainsi en question la notion même d’individu. Il s’explique ainsi : le fil dont on se sert pour tisser une étoffe est le même avant et après qu’on ait tissé l’étoffe. Il y a une différence de forme mais non de substance. De même l’univers est Brahman bien que des formes différentes le manifeste.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’individu est présenté comme une construction mentale relative aux causes qui la suscite, ou encore comme un processus d’identification temporaire de l’être à une somme de phénomènes (un corps et des tendances faites de désirs, dégoûts, attractions, peurs etc.) qui se transforment constamment jusqu’à épuiser leur force de cohésion. Il n’a pas d’existence réelle. Tout ce qui possède une forme physique ou mentale est fondamentalement illusoire, irréel.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Lorsque Brahman, l’unique Soi-même, incarné dans un corps, s’identifie à ce corps, qu’il croit être distinct de l’univers, il devient inconscient de sa nature universelle. Cette erreur sans commencement, cette méprise, cette ignorance, cette illusion est la cause et l’effet du karma, la Loi de causalité qui enseigne que les actes produisent des effets qui se poursuivent dans une rémanence incommensurable. Mais celui qui renonce à se croire l’auteur de ses actes atteint Moksha, la délivrance, la libération, la connaissance constante et définitive de l’ultime réalité. Union avec Dieu pour les dévots, avec le sans-forme pour les philosophes. Délivrance finale de l’âme individuelle grâce à l’abandon de l’idée d’une âme et d’un être individuel.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong>Il n’y a ni moi ni autre ; nous sommes le même.</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ainsi Shankara tente-t-il de construire une conscience qui rassemble les individus dans la conscience d’un être unique.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans cette « conscience réservoir » (alayavijnana), les actes de chacun se répercutent sur tous et sur soi-même. Métaphoriquement, on dit qu’une vie est semblable à une goutte d’eau qui retourne à l’océan de la vie pour s’y dissoudre. Lorsqu’une nouvelle vie apparaît est-ce la même ou une autre ? C’est à la fois la même et une autre, puisqu’elle porte en elle quelque chose de toutes les autres. Nous sommes fils du passé, et pères de ce qui vient.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Mais le monisme de Shankara est ardu, exigeant et minoritaire. Comment penser « je n’existe pas » ? Les religions hindoues anciennes, fondée sur le Veda ont classé les individus en castes et sous castes, brahmane, kshatriya, vaisya, sûdra, paria et mlécha, le barbare (l’étranger)&#8230; L’illusion d’être soi est le point du vue qui domine largement en Inde aussi. Mais on y est tolérant. On y est libre de choisir son Dieu car Dieu est un darshan, un point de vue, une opinion.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Bouddhisme</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« Tous les êtres ont été ou seront notre propre mère », affirment à leur manière et dans leur cohérence certains bouddhistes qui croient en l’infinie renaissance de soi-même à travers les espèces, et pour ouvrir un rapport à l’autre emprunt de compassion et de bienveillance. Idéal vécu par les végétariens qui possèdent la conscience que tout ce qui vit mérite compassion et entretiennent un respect sans limite de la vie.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’enseignement et la pratique bouddhique sont centrés sur la conscience, aussi appelée esprit (semnyi).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’esprit est un mais il a deux aspects qui se manifestent par deux consciences : Namshé, la conscience ordinaire, dualiste, est le cadre dans lequel se jouent le rapport moi-autre, les émotions et les confusions, et où chacun expérimente le monde, soi-même et l’attachement à soi-même. Et Yéshé, une conscience-sagesse, libre, lucide, déprise des appropriations et des émotions, et que l’on discerne dans l’état de présence, sans élaboration, ni attachement, ni distraction. La nature de l’esprit est vacuité. Disponibilité. Non-dualité. Equilibre.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’esprit n’appartient ni à l’individu ni à la somme des individus mais il constitue le lien entre tous les individus. Dans sa pratique, le bouddhiste dédie en esprit le mérite de ses actes à tous les êtres, tous étant reliés au même et unique esprit. Point de salut sans le salut de tous. Ainsi, si l’esprit est vacuité, l’acte est compassion.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">A la recherche d’une conscience collective spirituelle</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Qu’est-ce qui nous unit ? Où est le même dans d’autre ? Comment prendre l’autre en compte ?</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’humanité se cherche une conscience collective « spirituelle » où se définit le rapport à l’autre. Dans sa quête de la vérité, elle a trouvé des différentes réponses forgées par des métaphysiques distinctes, mais un même idéal tissé d’amour et de compassion. Cependant, entre l’idéal et la réalité chacun fait des concessions à l’égoïsme, la peur, l’attachement, l’avidité&#8230; et divers autres intérêts.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Lucien Goldmann remarque que « chaque individu fait partie d’un nombre considérable de groupes, de sorte que sa conscience est un mélange unique et spécifique d’éléments de conscience collective différents et souvent contradictoires ; de plus, il subit l’influence de groupes auxquels il n’appartient pas. »</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">L’économie sans conscience</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le libéralisme est la nouvelle religion sans Dieu à vocation globale. Nous y adhérons sans conversion mais par contamination. Des forces économiques auxquels chacun participe plus ou moins directement s’affrontent dans le ciel du commerce dont la doctrine essentielle est le profit maximum.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Un exemple parmi une multitude : les salariés confient leurs économies à des fonds de pension qui font pressions sur les dirigeant des entreprises qui emploient ces mêmes salariés pour qu’ils débauchent ou délocalisent, et cela pour accroître les bénéfices. Le client est aussi la victime. Mais il n’y a aucun responsable. Et personne ne peut y remédier. Le gérant du fond doit maximiser le profit du fond, sinon les salariés porteront leurs économies ailleurs. Le salarié au chômage n’achète plus rien et ne participe donc plus à la création de richesse. A terme, cela appauvrit l’ensemble. La doctrine du profit maximum est suicidaire. Sans conscience.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ford, qui avait comprit qu’il faut rémunérer largement ses employés si on veut les transformer en clients, payait les siens presque deux fois plus que les autres constructeurs d’automobiles. Inversement, l’accumulation exagérée de richesse entre peu d’individus détruit le système économique qui a généré ces richesses.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le libéralisme ne reconnaît ni frère ni prochain, il ne discerne que le client et le concurrent. Il se soucie du droit &#8211; et abuse du droit &#8211; et aucunement de la justice. Le droit, c’est-à-dire le contrat, la commande, le client, le règlement, les traités internationaux, les concessions obtenues par corruption&#8230; sans la justice au sens de ce qui est moralement juste. La fraternité, le respect de la vie et de la Terre, et même la démocratie sont pour lui des idéologies rivales. La conscience collective qu’il promeut est l’absence de conscience. Il n’y a que des individus. Chacun pour soi et que croissent les revenus et le rendement.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Cependant, rien ne dure toujours. L’après-libéralisme n’a pas encore de nom mais il est en marche. Il s’organise autour d’une conscience collective qui s’alarme de l’aveuglement collectif. Il faut d’abord sortir de Babel. C’est toujours ainsi que cela recommence.</p>
<p class="spip" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.nouvellescles.com/rubrique.php3?id_rubrique=133">nouvellescles</a></em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/qui-veut-inventer-une-conscience-collective/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Une société sans argent</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/une-societe-sans-argent/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/une-societe-sans-argent/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 05 May 2009 07:41:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>copie69</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Bien-être]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Énergie Libre]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[consommation]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[déchets]]></category>
		<category><![CDATA[decroissance]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=3960</guid>
		<description><![CDATA[Par S.L. dans &#171;&#160;Socialisme mondial, N°28, 1985 Une Société sans argent (pdf) Les arguments en faveur d’une société sans argent dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Par S.L. dans &laquo;&nbsp;Socialisme mondial, N°28, 1985<br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/sm28.pdf">Une Société sans argent (pdf)</a></h3>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/1062744637_215b9bc9b5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3990" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/1062744637_215b9bc9b5.jpg" alt="1062744637_215b9bc9b5" width="335" height="220" /></a><strong>Les arguments en faveur d’une société sans argent dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont développées à un tel degré qu’elles pourraient fournir en abondance des biens de consommation et services à toute la population du monde, à condition qu’elles soient utilisées rationnellement pour arriver à ce but.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les problèmes d’une production en quantité suffisante pour tous sont déjà résolus. Après de longs efforts pour combattre la pénurie l’homme est venu à ses bouts et la possibilité de produire en abondance est devenue une réalité. Mais ceci ne peut être accompli dans le cadre d’une société où les moyens de production sont la propriété d’une minorité et où les richesses sont produites pour la vente en vue de profits. Le seul cadre où cette abondance serait réalisable est celui d’une société dans laquelle toutes les ressources, qu’elles soient naturelles ou industrielles, sont devenues, sous contrôle démocratique, l’héritage commun de toute l’humanité. Dans ces conditions seulement, est-il possible de décider démocratiquement ce qui sera produit et satisfaire les besoins humains? Dans une telle société, marché, salaires, profits, achat et vente seraient hors de contexte ; ils finiraient simplement d’exister.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3960"></span>Une société d’abondance n’est pas l’extension de notre prétendue société de consommation caractérisée par son énorme gaspillage de ressources ; cela ne signifie pas que les gens acquièrent de plus en plus de gadgets inutiles et qui gaspillent des ressources, mais tout simplement que les besoins matériels des gens, à la fois en tant qu’individu et en tant que communauté, soient satisfaits d’une façon rationnelle. Contrairement à la croyance générale que cultivent prudemment les défenseurs du système capitaliste, l’homme n’est pas avide par nature et les besoins humains ne sont pas sans limite. Du point de vue matériel, un être humain a besoin d’une certaine quantité et variété de nourriture, vêtements et abris et bien vite chaque individu pourra découvrir ce qu’elles sont dans son propre cas. Cela aurait lieu si les biens et les services pouvaient être utilisés librement et gratuitement.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, l’on pourrait objecter qu’avec cette utilisation libre les gens prendraient au-delà de leurs besoins. Mais au contraire, pourquoi agiraient-ils ainsi alors qu’ils seraient assurés (et ils le seraient vu la puissance productrice de l’industrie moderne et la possession en commun des moyens de production) d’une production toujours subvenant aux besoins de tous ? Après tout, aujourd’hui, l’utilisation de l’eau (ou du moins la quantité d’eau consommée à n’importe quel moment) est gratuite, et les gens n’utilisent que ce dont ils ont besoin pour laver, cuisiner, etc. Pareillement, lorsque tous les besoins de consommation et les services seront librement et gratuitement disponibles, on peut s’attendre à ce que les gens ne prennent de nourriture, vêtements, etc., que selon leurs besoins. En prendre davantage serait anormal et sans intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais est-ce que l’industrie moderne peut vraiment fournir suffisamment pour tous et ainsi permettre l’utilisation libre et gratuite des biens de consommation et des services ? Ceci est indéniable, dès que l’on aura supprimé les gaspillages du capitalisme. Citons tout d’abord les forces armées, l’armement, et en deuxième lieu tout le personnel, tous les bâtiments et tout l’équipement employés pour le marché et l’économie marchande en général : banques, assurances, services gouvernementaux à la charge des pensions et des impôts, vendeurs, contrôleurs, comptables, caissiers, etc. En vérité, on peut dire que sous le système de profit bien plus de la moitié de la population est employée dans de pareilles activités improductives. Et troisièmement la production vise à ce que les produits deviennent rapidement surannés en les fabriquant pour se casser ou s’user en comparativement peu du temps. Dans une société organisée rationnellement, les biens de consommation pourraient être fabriqués de manière à durer et cela résulterait en une énorme économie de ressources.</p>
<p style="text-align: justify;">En éliminant ces trois causes de gaspillages inhérentes au système de profit, on pourrait produire en quantité suffisante pour nourrir, vêtir et loger convenablement tout le monde, si bien que peu après l’établissement d’une société sans classe on pourrait introduire la distribution libre des biens de consommation et des services.</p>
<p style="text-align: justify;">De nos jours, le seul mot d’ordre rationnel est le suivant : “Abolition de l’argent, utilisation gratuite des richesses par tous selon les besoins individuels” ou tel que l’énonce le vieux mot d’ordre : “de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins”.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2008/08/05/socialisme-mondial-n%C2%B028-1985-une-societe-sans-argent/" target="_blank">La Bataille Socialiste</a><br />
 </em></p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<hr />
<p style="text-align: right;"><em><br />
 </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le mouvement Zeitgeist (&laquo;&nbsp;The Zeitgeist Movement&nbsp;&raquo;) est le fer de lance activiste du <em>projet Venus</em> auquel Jacques Fresco, concepteur industriel et ingénieur social, a consacré toute sa vie. À l&#8217;heure actuelle, Jacques vit à Venus, en Floride, et travaille en étroite collaboration avec son associée, Roxanne Meadows. Comprenons bien que M. Fresco sera le premier à vous dire que ses perspectives et développements ne sont pas entièrement les siens, mais qu&#8217;ils découlent de façon unique de l&#8217;évolution de la science qui s&#8217;est développée du début de l&#8217;antiquité à nos jours. En quelques mots, l&#8217;on pourrait résumer ce que représente le projet Venus et donc ce que prône le mouvement Zeitgeist par &laquo;&nbsp;l&#8217;application de la <em>méthode scientifique</em> à des fins sociales&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">À travers une application plus humaine de la science et de la technologie à la <em>conception de la société</em> et à la <em>prise de décisions</em>, nous possédons les moyens de transformer notre environnement &#8211; à l&#8217;heure actuelle divisé, ravagé par la corruption et basé sur la rareté artificielle des ressources &#8211; en quelque chose d&#8217;extrêmement plus organisé, équilibré, humain, durable et productif. Pour y arriver, nous devons comprendre qui nous sommes, où nous sommes, ce que nous avons, ce que nous voulons, et comment nous allons atteindre ces objectifs. Vu l&#8217;état actuel des choses, dont la majorité sera abordée dans la première partie de cet ouvrage, le lecteur découvrira probablement que nous ne <em>devons</em> pas simplement choisir une autre direction&#8230;<strong><em> il est tout bonnement impossible de faire autrement</em></strong>. Le système économique actuel s&#8217;effondre de plus en plus rapidement et risque de causer un chômage mondial d&#8217;une ampleur encore jamais vue auparavant. Qui plus est, nous frôlerons bientôt le &laquo;&nbsp;point de non-retour&nbsp;&raquo; quant à la destruction de l&#8217;environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la diffusion de 2 documentaires exceptionnels pour l&#8217;éveil de notre conscience:</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nous-les-dieux.org/Zeitgeist">Zeitgeist the Movie 2007</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nous-les-dieux.org/Zeitgeist_Addendum">Zeitgeist Addendum 2008</a></p>
<p style="text-align: justify;">Peter Joseph s&#8217;est consacré à revenir point par point sur l&#8217;ensemble des thèmes abordés en expliquant par exemple : la méthode scientifique à mettre en oeuvre pour dépasser le système monétaire, mettre en place une économie basée sur les ressources engendrant l&#8217;abondance plutôt que la rareté et la nécessitée de mettre fin à l&#8217;obsolescence plannifiée des biens produits par le monde industriel qui encourage la consommation cyclique et donc, une production perpétuelle des déchets.</p>
<h3 style="text-align: center;">Ce troisième documentaire s&#8217;intitule : <br />
 Présentation d&#8217;Orientation Activiste du Mouvement Zeitgeist<br />
 <a href="http://dotsub.com/view/a34fba0d-4016-4807-b255-021b58dbc9a4" target="_blank">Lire la vidéo</a></h3>
<p style="text-align: right;"><em>Source: <a href="http://www.thezeitgeistmovement.com/joomla/index.php?option=com_kunena&amp;Itemid=100023&amp;func=view&amp;catid=21&amp;id=30269" target="_blank">thezeitgeistmovement</a></em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/une-societe-sans-argent/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quand l’homme sage reste sage</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/quand-l-homme-sage-reste-sage/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/quand-l-homme-sage-reste-sage/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2009 10:30:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Science de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Gaïa]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=3589</guid>
		<description><![CDATA[par Michel Tarrier Les peuples racines, une philosophie en phase avec la Nature « Ils n’ont de vêtements, ni de laine, ni de lin, ni de coton, car ils n’en ont aucun besoin ; et il n’y a chez eux aucun patrimoine, tous les biens sont communs à tous. Ils vivent sans roi ni gouverneur, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?auteur346">Michel Tarrier</a></h3>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Les peuples racines, une philosophie en phase avec la Nature</strong><br />
</h2>
<div class="texte">
<p class="spip" style="text-align: justify;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/indien_2.png"><img class="alignright size-full wp-image-3591" title="indien_2" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/indien_2.png" alt="indien_2" width="241" height="360" /></a><em>« </em><em class="spip">Ils n’ont de vêtements, ni de laine, ni de lin, ni de coton, car ils n’en ont aucun besoin ; et il n’y a chez eux aucun patrimoine, tous les biens sont communs à tous. Ils vivent sans roi ni gouverneur, et chacun est à lui-même son propre maître. Ils ont autant d’épouses qu’il leur plaît […]. Ils n’ont ni temples, ni religion, et ne sont pas des idolâtres. Que puis-je dire de plus ? Ils vivent selon la nature. </em><em> » <br />
 <strong>Amerigo Vespucchi (<span class="spip">Mundus novus</span>)</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage.</em><em> » <br />
 <strong>Michel de Montaigne</strong><br />
 <strong class="spip"><br />
 </strong>« </em> <em class="spip">Si j’étais chef de quelqu’un des peuples de la Nigritie, je déclare que je ferais élever sur la frontière du pays une potence où je ferais pendre sans rémission le premier Européen qui oserait y pénétrer.</em><em> »<br />
 <strong>Jean-Jacques Rousseau</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Les personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques ont le droit de jouir de leur propre culture, de professer et de pratiquer leur propre religion et d’utiliser leur propre langue, en privé et en public, librement et sans ingérence ni discrimination quelconque.</em><em> »<br />
 <strong>Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 47/135 du 18 décembre 1992 (Article 2)</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Le post-colonial a partout été du bricolage d’apparence politique, des minorités favorisant le néocolonialisme, le népotisme et le clientélisme</em><em>. » <br />
 <strong>Jean Malaurie</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Voir ce qui ne paraît aux yeux de personne, c’est la seconde vue.</em><em> »<br />
 <strong>Jules Michelet</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Ils sont comme des muets ; ils souffrent, s’éteignent en silence et nous n’entendons rien. </em><em> » <br />
 <strong>Jules Michelet</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">La vie avant la domestication / l’agriculture était en fait largement une vie de plaisir, de contact avec la nature, de sagesse des sens, d’égalité sexuelle, et de bonne santé</em><em>. »<br />
 <strong>John Zerzan</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Les caractères exceptionnels de cette pensée que nous appelons sauvage tiennent surtout à l’ampleur des fins qu’elle s’assigne. Elle prétend être simultanément analytique et synthétique, aller jusqu’à son extrême dans l’une ou l’autre direction, tout en étant capable d’exercer une médiation entre ces deux pôles&#8230; La pensée sauvage se définit à la fois par une dévorante ambition symbolique, par une attention scrupuleuse entièrement tournée vers le concret, enfin par la conviction implicite que ces deux attitudes n’en font qu’une.</em><em> »<br />
 <strong>Claude Lévi Strauss</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Cinq cents types de fleurs, filles d’autant de types de pommes de terre poussent&#8230; sur la terre ; mêlées de nuit et d’or, d’argent et de jour.<br />
 Les cent fleurs des quinoas que j’ai semés au sommet, étincellent de tous leurs feux sous le soleil ; les ailes noires du condor et d’oiseaux microscopiques sont maintenant en fleurs.<br />
 Il est midi. Je suis près des montagnes, nos maîtresses, les sommets des ancêtres ; leur neige tantôt saupoudrée de jaune, tantôt tachetée de rouge, brille sous le soleil&#8230;<br />
 &#8230; regardez mon visage, mes veines ; les vents qui soufflent de nous à vous, nous les respirons tous ; la terre sur laquelle vous comptez vos livres, vos machines, vos fleurs, descend de la mienne, meilleure, débarrassée de sa colère, une terre apprivoisée&#8230;<br />
 Nous ignorons ce qu’il adviendra. Laissons la mort avancer vers nous, laissons venir ces inconnus.<br />
 Nous les attendrons ; nous sommes fils du père de toutes les montagnes, nos maîtresses ; fils du père de toutes les rivières.</em><em> »<br />
 <strong>José María Arguedas (extrait de « A call to some doctors », 1966, traduit du quechua)</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">J’ai vénéré la Terre pour comprendre le ciel <br />
 et grâce aux vers luisants, j’ai connu les étoiles.</em><em> » <br />
 <strong>Louis Aldebert</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même.</em><em> »<br />
 <strong>Élisée Reclus</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Tout est dans la nature et toute la nature est en moi. On est ensemble !</em><em> »<br />
 <strong>Parole de Pygmée</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span id="more-3589"></span>Les peuples natifs vivent en communion avec leur milieu, toutes leurs cellules sont en phase avec la Terre nourricière, éthologie qui n’a pas trop eu l’heur de nous plaire au fil des siècles passés, jusqu’à ce qu’on en fonde tant d’admiration que de contrition ces derniers temps. « <em class="spip">Le fils souhaite oublier, le petit-fils veut s’en souvenir</em> », insinuait Arthur Schlesinger. En dépit de ce vent en poupe pour la mode ethnique, nonobstant les recommandations de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Organisation des États Américains (OEA), des Organisations Indigènes d’Amazonie (COICA), de l’Union Mondiale pour la Nature (UICN) et de tant d’autres institutions mondiales, nationales et régionales, la situation de ces peuples reste des plus alarmantes : vingt cinq langues disparaissent chaque année dans le monde. Certains diront : moins de langues, moins de guerres, les langues et les religions étant, à travers le nationalisme, les principales raisons pour lesquelles on se bat.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La philosophie plurimillénaire de la naturalité des peuples premiers aurait dû, dès l’inévitable contact, participer à l’enrichissement de la pensée universelle. Nous avons, une fois de plus, raté le coche. Ce don rare, cette intelligence de l’instinct que se partagent les peuples « sauvages », ne se rencontre plus chez l’insolent <em class="spip">Homo sapiens modernicus</em>, même pas chez son prétendu naturaliste de terrain dont la dégaine et le comportement sont le plus souvent ceux d’un pathétique Nemrod de la science à la petite semaine. La noosphère &#8211; lourdement polluée par Washington, Londres, Paris, Moscou, Tokyo qui n’aspirent qu’à Broadway &#8211; se ressent fatalement de cette amputation, et l’air écologiquement irrespirable ne l’est que par le déshéritement colonial, puis technocratique, orchestré à l’égard de cette sève de l’humanité qu’était la pensée panthéiste. Loin de l’écrasant dogme abrahamique, le panthéisme n’affirme rien, il est à l’écoute, il est sublime liberté. Les peuples racines (expression que nous devons à l’école des anthropologues russes) sont en communication viscérale avec tout ce qui sous-tend le cosmos, et de ce dialogue symbiotique émane une fécondité cachée. Ce pouvoir de la périphérie correspond à la vision juste, mais nous l’avons troqué pour un pouvoir centralisateur erronément élu. Les communautés indigènes de la forêt, de la steppe ou de la montagne communiquent de façon sensorielle avec leur milieu. Nous avons ridiculisé et révoqué cette connivence homme-Nature, et remplacée par un divorce, un hiatus, une fracture. Il est vrai qu’un peu tard et fatalement blessés, nous cherchons maintenant à combler le fossé. L’esprit de l’homme naturel est charpenté par une psychologie cognitive de son environnement, dont il pressent le moindre souffle, le moindre son, la senteur la plus ténue. C’est le trésor des humbles de la poétique maeterlinckienne, où le philosophe-entomologiste parle des hommes qui ne savent pas encore que leur futur idéal sera une mangeoire, ou <em class="spip">Les rêveries d’un promeneur solitaire</em> de Rousseau, ou encore <em class="spip">Les essais</em> de Goethe sur la métamorphose des plantes et des insectes, et plus récemment <em class="spip">Le traité du rebelle</em> ou <em class="spip">Le recours aux forêts</em> de l’anarque Ernst Jünger. Quel univers contrasté avec le boutiquier nord-américain <em class="spip">globèse</em>, vacancier pédophile à ses heures, et qu’il faut soulever à la grue lorsque montent les eaux d’un tsunami imprévu, mais que le natif, en deuil de sa mangrove et de ses coraux, aurait senti venir. Comme l’ont senti les animaux sauvages.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les peuples premiers pouvaient tenir le rôle de sentinelles de notre planète. Encore aurait-il fallu les respecter, ne pas diaboliser leurs mœurs, ne pas dépecer leurs communautés. Mais notre civilisation monothéiste et monoplace ne respecte rien d’autre que le chemin qui nous mène d’un Christ millésimé jusqu’au temple du supermarché d’aujourd’hui. Tout doit combler notre ego, <em class="spip">hic et nunc</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce monde occidental a heurté, bafoué, liquidé les peuples natifs, les a plongés dans le plus total coma culturel. Il fallait et il faut encore qu’à tout prix ils déblaient le terrain. Rien de plus facile quand la raison est celle du plus fort : que peut bien faire celui qui n’a pas inventé la poudre devant le fusil envahisseur ? Le vrai choc de civilisation, c’est bien celui-là, et non l’autre allégué entre islam et chrétienté, lesquels frères ennemis – finalement – s’entendent comme larrons en foire. Et ce ne sont pas quelques 11 septembre qui risquent de faire brûler trop longtemps le torchon impérialiste commun. Aujourd’hui, capitalistes fourbes et bien-pensants, sur la repentance quand ça nous arrange, nous faisons notre <em class="spip">mea culpa</em> d’avoir biffé les peuples indigènes, ne serait-ce qu’au détriment des catalogues de nos agences de voyages qui voudraient bien tirer les derniers marrons sauvages du feu de notre jeu de massacre. Les religions du Livre n’en continuent pas moins à prescrire, à se faire admettre jusqu’à l’inadmissible, là où on ne les attend pas. L’inquisition est une manière de défaire. Étranges symboles œcuméniques que ceux qui avancent autoritaires, militaires, sanguinaires, contre les païens, les idolâtres, les sauvages, les barbares et autres « nègres ». Si le progrès, c’est seulement passer de l’étui pénien au string, du curare au nucléaire, de l’igloo au building, du morse cru à la vache folle, de la tradition orale à la lobotomie cathodique, alors nous avons perdu notre temps. Mieux que de parquer et de rééduquer les peuples indigènes, il eût fallu entrer en concertation, pratiquer l’altérité, comprendre un tant soit peu leurs rituels pour savoir qui nous étions, nous aussi. Quelle arrogance, quel manque d’empathie, tout de même !</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« <span class="spip"> Dans l’histoire de la race humaine, aucune campagne de génocide spirituel, culturel et intellectuel ne peut se comparer à celle qui fut lancée à l’encontre des gardiens des Mystères et de leurs adeptes. L’objectif meurtrier de détruire la Gnose ne se confina pas aux lieux sacrés de l’Egypte et du Levant dans lesquels les Mystères étaient préservés par les </span>Gnostokoi<span class="spip">, les experts en matières divines, incluant la divinité de la Terre elle-même. Cette destruction s’étendit à l’Europe, où la sagesse Païenne prospérait en une coalition colorée de races et de cultures, et puis vers les Amériques où des centaines de cultures tribales furent décimées du Canada au Pérou. Elle s’étend de nos jours par l’entremise d’une évangélisation agressive en Asie, particulièrement en Corée et en Chine, et en Afrique, où elle s’allie souvent avec des mouvements militaristes et elle maintient encore dans un carcan meurtrier les peuples de l’Amérique Latine et de la Méso-Amérique. Tout autour du globe, le message catholique de rédemption se répand avec une injonction à se reproduire et à essaimer sur toute la planète. Les Gnostiques rejetaient la procréation biologique inconsciente chez l’espèce humaine et la considéraient comme une marque d’esclavage au Démiurge, le faux dieu créateur qui commande à ses fidèles de se multiplier et de dominer la Terre</span>. » <strong>(John Lash,<span class="spip"> Pas en Son Image</span>, traduction de Dominique Guillet)</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Comme l’Armée du Salut possède ses pauvres, nous avons maintenant nos Indiens, nos Esquimaux, nos Pygmées, nouveaux bons sauvages, nouvelle bonne conscience. Ce soudain regard magnanime ne mange pas de pain, ne nous prive pas de nos postures, de notre prépondérance, de nos haras. Une coiffe indienne en vitrine d’une boutique déco du beau quartier (invendable dans les cités !) n’est pas une coiffe indienne, c’est un témoignage de civilisation hors de prix… Le néo-colon et le safariste de Tarascon exposent leurs trophées aux cimaises de leur salon, nostalgie de fortes sensations, on en parle entre amis, comme on regarde Thalassa. Faut pas rêver ! L’ethnologie faite de pillage justifié reste un bon filon. À l’heure ingrate des charters pour émigrés, il serait temps de restituer le pactole que nous avons indûment engrangé dans nos ethnothèques-musées. Je me suis toujours demandé pourquoi, entre Neuilly et Passy, on ne ferait pas un musée à la gloire de la misère de proximité, avec des objets témoignages d’un certain quart monde, des objets familiers aux Indigènes de la République ou aux Enfants de Don Quichotte, mettant en vitrine des totems tendance et autres fétiches crasseux, raflés dans les cités. Cette contre-culture ou anticulture exciterait la curiosité de pas mal de rombières.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Aiguillonné par l’interprétation mécaniste d’un monde qu’il explique mais qu’il ne comprend plus, l’occidental a propagé le paradigme d’une technoscience permettant un développement extrême de manipulation du Milieu et du Vivant, et une pression destructive considérable. Nous ne voyons plus dans la Nature qu’un objet mis à la disposition, non seulement de nos besoins élémentaires, mais aussi de notre propension au pouvoir, à la croissance démographique et économique, à la capitalisation, prédations techniques et non plus naturelles à travers l’organisation de marchés agro-alimentaires, industriels, miniers, immobiliers, touristiques&#8230; Au fait d’un savoir prétentieux et très relatif, nous avons tout domestiqué, y compris dans les océans, le sous-sol et l’espace. Nous nous sommes débarrassés des craintes inhérentes aux forces naturelles, nous avons révoqué les esprits immanents, nous les avons troqués par un dieu qui ne nous demande plus de prier pour nous excuser auprès de l’animal que l’on va manger, mais de prier pour remercier celui qui l’a créé et mis à notre disposition. Du dieu des agneaux, nous sommes passés à l’agneau d’un dieu. La Nature n’est plus créatrice, elle est création. <em class="spip">Made in heaven</em>. La Nature n’est plus intelligente, elle est inerte. La Nature n’est plus un tout, elle est saucissonnée. Nous avons tout débité en tranches, nous sommes les champions de la dichotomie : le naturel et le culturel, le corps et l’esprit, la gauche et la droite, le bien et le mal, le chaud et le froid, le cru et le cuit, la prose et la poésie, le beau et le laid, le jeune et le vieux, l’utile et le nuisible, le pauvre et le riche, l’honnête et le malhonnête, le civilisé et le sauvage, la ville et la campagne, le passé et l’avenir, le jour et la nuit, &#8230; Quel métropolitain se souvient même de l’aurore et du crépuscule ? Nous sommes victimes d’une obsession du rapport dual et de la scission. Pour rationaliser, nous avons compartimenté et nous ne savons plus ce qu’est un tout indissociable. On en arrive à douter que l’ensemble puisse former un tout ! Maniaco-dépressifs, comment alors être à l’écoute des interdépendances où tout s’imbrique, tout s’intrique, tout se compénètre, tout s’immisce, tout s’entrelace, tout se confond, tout est subtil, inextricable et complexe ? Et dans cette décadence, toute promiscuité est vécue comme une psychose. Cette négligence de la nuance est fondatrice d’un regard dérivant, ambitieux et borné, engendrant le chaos et le scandale. Nous avons ainsi échangé des croyances naturelles et intrinsèques contre une croyance culturelle et contre-nature. C’est à cette machination que nous devons la destruction de la Nature, au prix des lois de marchés qui l’exploitent sans crier gare. Cette rupture entre les anciens et les modernes nous renvoie aux peuples dits primitifs, qu’il est désormais de bon ton de vénérer, d’autant plus que notre progrès nous a promus dans la plus totale incapacité, non seulement de s’en inspirer, mais aussi d’en envisager, ne serait-ce qu’un instant, l’ombre d’une coexistence. La finitude de notre système n’a d’égal que la compassion que nous pouvons porter aux communautés autochtones encore épargnées. Plutôt que de les combattre et de les piller, nous aurions gagné en faisant œuvre de pacte et en nous inspirant, un tant soit peu, de leurs enseignements. C’est parce que nous n’avons fait que des affaires, encore des affaires et rien d’autre que des affaires, que notre progrès n’est que technique et nullement éthique.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le chasseur-collecteur est intègre. Le mot prière, dont nous avons affublé son rite incantatoire, correspond à une humble conversation vibratoire avec l’univers, le cosmos, les êtres vivants, l’eau, tout ce qui l’entoure de façon mêlée et indissociable, chaque sujet n’existant qu’au travers du respect de cette relation. Un peu comme l’environnement nous détruit par effet retour lorsqu’on le détruit, la Nature répond par de subtils messages à celui qui sait l’implorer et lui rendre grâce. Pour entretenir un légitime dialogue avec l’omniprésence des forces de la Nature, ils s’imposent des sacrifices, pratiquent l’offrande aux esprits, font des libations en l’honneur de leurs ancêtres.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Initiateurs de la gestion durable avant la lettre, les Aborigènes australiens, les Maori, les Kanaks, les Papous, les Punan, les Bushmen, les Pygmées, les Masaïs, les Touaregs, les Mongols, les Tibétains, les Amérindiens, les Lapons, les Inuits et tant d’autres peuples autochtones, se considèrent comme partie prenante d’une Nature dont ils ne sont pas maîtres et au sein de laquelle ils sont intrinsèquement impliqués. Pour l’homme naturel, toute forme de vie induit le plus total respect et la Terre est l’incontournable mère nourricière. On n’abuse de personne, encore moins de sa mère. C’est la générosité qui procure un statut social élevé, tandis que l’égoïsme expose à la honte. Telle est, succinctement résumée, la philosophie des peuples premiers, naturels, une éthique qui nous apparaît aujourd’hui et un peu tard comme admirable, irréprochable.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Selon l’OMS, les vertus médicales de plus de 20 000 espèces botaniques sont utilisées par ces tribus, et la majorité des plantes de base exploitées par la pharmacie du monde occidental avait été découverte antérieurement par les peuples autochtones. Il nous a fallu attendre le XXe siècle pour appréhender un minimum de notions écologiques, et le XXIe pour se rendre compte, publiquement, que les ressources n’étaient finalement pas intarissables. Ces peuples ont toujours été au fait de telles notions, notamment des interactions naturelles et de la gestion parcimonieuse qui doit présider à toute utilisation environnementale si l’on veut préserver l’avenir. Ce que les écologistes tentent aujourd’hui de prêcher et d’imposer à juste titre aux politiques, cela fait des millénaires que les ethnies de la forêt, de la montagne, de la haute plaine ou de la steppe le savent et le pratiquent au quotidien. Vous avez dit primitif ? Mais notre démographie irraisonnée, dopée par nos religions monopolistes et fondée sur le tout patriotique (Terriens-soldats, Terriens-ouvriers, Terriens-consommateurs, etc.) pouvait-elle se contenter des seules façons culturales d’un jardinage forestier, aurait-elle été capable de laisser souffler parfois la Nature ?</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le manioc, nourriture emblématique des contrées rurales, importé et cultivé en Afrique au XIXe siècle, a d’abord été cultivé par des Indiens brésiliens. Nous devons aussi aux cultures amérindiennes l’invention du maïs, dont la plante ancêtre est la téosinte, et dont la mutation effectuée dans le Sud-Ouest du Mexique, puis domestiquée de part et d’autre des contrées équatoriales de l’Amérique, date de plusieurs millénaires. Même chose pour la pomme de terre cultivée par les Quechuas sous le nom de <em class="spip">papa</em> plus de 1 000 ans av. J.-C.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’assertion prétendant que les semences de l’agriculture autochtone, comme celles du blé ou du maïs, ne tendent pas à un rendement aussi performant que les variétés importées, est loin d’être une vérité, ou du moins comporte une foule d’exceptions bien connues des agronomes libres des lobbies. En Éthiopie centrale, dans la région de Shewa, le rendement sur sept ans de champs céréaliers utilisant des sélections choisies parmi les populations naturelles de blé dur est supérieur de 25 % à celui de variétés hybrides dites à haut rendement. Mais le blé et l’orge utilisés par 4 000 agriculteurs des hautes terres éthiopiennes sont désormais gravement menacés par les variétés importées. La régression des ressources phytogénétiques traditionnelles touche une douzaine de pays africains. Et pourtant, une souche d’orge éthiopienne a sauvé une récolte atteinte de jaunisse en Amérique du Nord. Un programme mirobolant d’aide à la culture du maïs hybride (comprenant engrais et pesticides subventionnés), développé au Ghana, a donné de bons résultats durant les premières années, mais a engendré un épuisement du sol par une trop forte salinisation. En outre, le coût des fertilisants a augmenté dès que les subventions ont pris fin ! Entre-temps, les cultivateurs locaux avaient abandonné leurs semences naturelles… Au Lesotho, les paysans sont consternés par la disparition de leurs ressources génétiques, y compris celle de l’aloès spiralé, fleur nationale. La planche de salut a été fournie par un agriculteur de 83 ans, initiateur d’une culture intercalaire intensive sur des parcelles d’une acre et pouvant produire jusqu’à sept récoltes. (Clyde Sanger, <em class="spip">in</em> les archives du CRDI).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« <span class="spip">Selon nos traditions, et ce, depuis l’aube de la création, chaque matin, lorsque le soleil se lève, notre Créateur nous assigne à tous quatre tâches à accomplir durant la journée. Premièrement, nous devons apprendre au moins une chose importante aujourd’hui. Deuxièmement, nous devons enseigner au moins une chose importante à quelqu’un d’autre. Troisièmement, nous devons accomplir un bienfait vis-à-vis de quelqu’un, sans que cette personne se doute de quoi que soit. Et, quatrièmement, nous devons traiter chaque entité vivante avec respect. Ainsi, tous ces bienfaits se répandent sur la Terre.</span> » <br />
 <strong>Indien de la tribu Cree</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« <span class="spip">Souviens-toi que la maîtrise n’est pas tout ; souviens-toi de la partie la plus profonde de toi-même, encore indomptée, dont la force est celle de l’instinct ; rappelle-toi que tu saignes, que tu sens et ressens, que tu peux avoir dans ton corps une grâce animale, qu’il y a une élégance, un contrôle, qui ne sont pas imposés par l’esprit sur la nature, mais qui émanent du corps, qui émanent du fait d’être dans le monde, à chaque moment, comme si nous y étions chez nous, comme un animal est chez lui là où il est.</span> »<br />
 <strong>Starhawk</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les sociétés aborigènes sont à tel point imprégnées de leur milieu que leur éthique homéotélique leur fait ressentir une forte empathie pour la Terre quand elle est malmenée. À l’instar de tous les Amérindiens, les Wintus du Nord de la Californie ont non seulement souffert des massacres, de la persécution et de la déportation en réserves, mais tout autant du spectacle de l’exploitation éhontée de leurs terres traditionnelles par les non-natifs, arrivés avec leurs gros souliers : extractions minières causant un saccage incommensurable au paysage, pollution des cours d’eau par les prospecteurs d’or, déboisements à blanc-étoc ne laissant que d’immenses cicatrices scalpées et désolées, constructions ravageuses de voies ferrées, de routes, de barrages colossaux, aménagements de ranchs pour l’élevage à grande échelle. Pour un peuple des montagnes qui se suffisait de la pêche au saumon, de la chasse au cerf et de la récolte des glands, une telle gesticulation capitaliste correspondait à un viol environnemental. Quand les Indiens de plaine voyaient les Blancs retourner et fourrager le sol, le labourer en profondeur, massacrer les boisements, miner et exploiter les écosystèmes dans un objectif de rente, tuer un bison pour n’en manger que la langue, cela les choquait profondément. Force est maintenant de reconnaître que leur vision parcimonieuse était la bonne.</p>
<p class="spip" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1148&amp;PHPSESSID=5cf4b5571327c35e50a43b69e519c802">larevuedesressources</a></em></p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/quand-l-homme-sage-reste-sage/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Déforestation : à qui profite le désastre ?</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/deforestation-a-qui-profite-le-desastre/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/deforestation-a-qui-profite-le-desastre/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2009 14:08:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[Gaïa]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=3570</guid>
		<description><![CDATA[De Bernard Duterme L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">De <a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2849501948/new-shop-amazon-media-21/ref=asc_df_2849501948340150"><strong>Bernard Duterme</strong></a></h3>
<div class="chapo">
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-full wp-image-3572" title="sdm-gene-02-deforestation" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/sdm-gene-02-deforestation.jpg" alt="sdm-gene-02-deforestation" width="416" height="225" />L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par un questionnement radical des logiques productivistes et des inégalités.</strong></p>
</div>
<div class="texte">par    <strong>Bernard Duterme</strong></div>
<div class="texte">
<p class="spip" align="justify">Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation correspond d’abord à une évolution mondiale alarmante. Crise alimentaire, changements climatiques, impasses énergétiques… les tendances lourdes de l’actualité de ce début de 21e siècle, de par leurs connexions plus ou moins manifestes avec le déboisement et la dégradation des forêts, obligent la communauté internationale à enfin donner l’importance qu’il mérite au phénomène. Le déclin rapide des superficies boisées ne date pourtant pas de ce millénaire. A la faveur d’autres lames de fond – l’urbanisation, les pollutions, l’agro industrialisation, la pauvreté… – aux liens implicites ou explicites avec la déforestation, le constat aurait déjà dû mobiliser les consciences. Sans doute les risques apparaissaient-ils plus éloignés.</p>
<p class="spip" align="justify">Toujours est-il, on le devine, que la diminution avancée du couvert forestier à l’échelle mondiale s’avère intimement liée, dans ses logiques et dans sa portée, aux modèles de production et de consommation privilégiés ces dernières décennies, voire ces derniers siècles. S’en tenir ici à une approche strictement descriptive ou technique de la problématique ne pourra donc suffire, même si, dans un premier temps, il convient d’en prendre la mesure. Qu’entend-on par déforestation ? Quelle est son ampleur ? Quelles régions et populations du monde concerne-t-elle ? En quoi pose-t-elle problème ? Dans un deuxième temps, nous traiterons des causes évidentes et sous-jacentes de la déforestation, ainsi que de ses principaux moteurs et acteurs, pour ensuite débattre des enjeux cruciaux et des politiques auxquels elle renvoie.</p>
<p class="spip" align="justify"><span id="more-3570"></span>Importance des forêts et ampleur de la déforestation</p>
<p class="spip" align="justify">Aujourd’hui, les forêts naturelles couvrent encore un quart des terres émergées du globe (CIRAD, 2008) et remplissent toujours de multiples fonctions, tant écologiques qu’économiques, sociales et culturelles. Des fonctions notamment environnementales donc, qui, à la faveur des progrès des connaissances scientifiques, apparaissent chaque jour plus précieuses, à la fois innombrables et inestimables, indispensables à la perpétuation de la vie sur terre. Contribution au cycle de l’eau, à la régulation du climat, à la protection des sols, au stockage de carbone et plus globalement au maintien et à l’entretien de la biodiversité…, le rôle vital des forêts est avéré. Sans elles, les sécheresses ou les inondations s’amplifient, les terrains s’érodent, le climat se réchauffe, les espèces végétales et animales disparaissent [<strong><span>1</span></strong>]  .</p>
<p class="spip" align="justify">Les fonctions sociales, économiques et culturelles du couvert forestier sont elles aussi manifestes… et documentées. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 2008) – la principale agence des Nations unies active sur cette problématique –, les forêts hébergeraient quelque 350 millions de personnes dans le monde. Pour la Banque mondiale, <em class="spip">« dans les pays en développement, 1,2 milliard de personnes dépendent de systèmes d’exploitation agroforestiers qui favorisent la productivité agricole et assurent des revenus »</em> (Banque mondiale, 2004). Et selon le Pnud, plus de 2 milliards d’humains tireraient, à des degrés divers, leurs moyens d’existence, leur bois de feu, leurs plantes médicinales et leurs aliments, des forêts (Pnud, 2000). Non seulement les produits forestiers fournissent des protéines, des matières grasses, des vitamines et des minéraux que ne contiennent pas la plupart des aliments de base, mais ils permettent aussi de combattre la faim lorsque la sécheresse, les inondations, les ravageurs ou les maladies déciment les cultures.</p>
<p class="spip" align="justify">A la dendroénergie (énergie tirée du bois) sont imputables de 7 à 9% de l’énergie consommée dans le monde. Ce chiffre atteint 80% dans plusieurs pays du Sud et dépasse même les 90% au Burundi, en République dominicaine, au Bhoutan, au Népal… (FAO, 2007). Autre rôle crucial de zones boisées souvent négligées : les mangroves, ces forêts de palétuviers que l’on trouve sur les côtes tropicales et qui n’occupent plus qu’environ 150 000 km² de superficie, sont considérées comme <em class="spip">« essentielles aux cycles de vie de la majorité des espèces piscicoles vendues sur les marchés mondiaux »</em> (Banque mondiale, 2004). Au-delà, l’importance du secteur forestier dans l’économie et le commerce international (330 milliards de dollars, près de 4% des échanges de l’ensemble des matières premières, 14 millions d’emplois…) est une réalité bien établie.</p>
<p class="spip" align="justify">Qu’en est-il dès lors de l’évolution du couvert forestier ? De l’ampleur de la déforestation ? Si <em class="spip">« le monde possède aujourd’hui un peu moins de 4 milliards d’hectares de superficie boisée »</em> (ce total inclut les nouvelles plantations de monocultures d’arbres, quel que soit leur déficit en biodiversité par rapport aux forêts primaires), le déboisement <em class="spip">« se poursuit au rythme alarmant d’environ 13 millions d’hectares par an »</em>, c’est-à-dire quelque 130 000 km² annuels, plus de quatre fois la superficie de la Belgique, un quart de la France (FAO, 2007). Perte nette estimée, après régénération et nouvelles plantations (sans tenir compte donc de la qualité des « forêts » comptabilisées) : 8 millions d’hectares par année, soit 220 km² par jour…</p>
<p class="spip" align="justify">Pour alarmant qu’il soit, le phénomène est inégalement réparti. Globalement, si les superficies des forêts boréales et tempérées ont stagné ou ont légèrement progressé ces dernières décennies (après avoir plongé ces derniers siècles, particulièrement en Europe occidentale et aux Etats-Unis), c’est d’abord dans les régions tropicales que les forêts reculent à un rythme soutenu depuis le milieu du 20e siècle, rythme qui s’est encore accru au tournant des années 2000. En témoigne notamment l’évolution récente des superficies boisées des quatre pays qui possèdent à eux seuls pratiquement la moitié de toutes les forêts de la planète : alors que la Russie (1er pays forestier) perd annuellement 0,1 million d’hectares, que le Canada (3e) affiche un solde pratiquement nul et que l’étendue des forêts aux Etats-Unis (4e) progresse de 0,2 million d’hectares, celles du Brésil (2e pays forestier) en revanche régressent de 3,1 millions d’hectares chaque année.</p>
<p class="spip" align="justify">Depuis 1990, on calcule que le Brésil a perdu de la sorte quelque 50 millions d’hectares de forêts, plus de 10% de son couvert total. Les deux autres grands bassins forestiers intertropicaux – la zone Malaisie/Indonésie et l’Afrique centrale – ne sont pas en reste. Ainsi, sur la même période, l’Indonésie a perdu environ 32 millions d’hectares de surfaces boisées, plus d’un tiers de son couvert actuel. Et l’Afrique centrale, 14 millions d’hectares, quelque 6% de ses forêts.</p>
<p class="spip" align="justify">Le Soudan, la Birmanie, la Zambie, la Tanzanie, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Venezuela figurent, derrière le Brésil et l’Indonésie, dans les dix pays dont la diminution nette annuelle du couvert forestier en chiffres absolus est la plus importante. Au rythme actuel, sept Etats perdent chaque année plus de 3% de leurs forêts : les Comores (-7,4%), le Burundi (-5,2%), le Togo (-4,5%), la Mauritanie (-3,4%), le Nigeria (-3,3%), l’Afghanistan (-3,1%) et le Honduras (-3,1%). Trente autres pays affichent des reculs supérieurs à 1% par an (FAO, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">Cas particulier et de taille : la Chine. A lui seul, son reboisement soutenu explique le faible ralentissement de la déforestation planétaire enregistré entre 2000 et 2005 par rapport aux années 1990. Le couvert forestier chinois s’accroît en effet au taux annuel de 2,2% depuis 2000, ce qui équivaut tout de même à 4 millions d’hectares par an. En 2005, les nouvelles plantations de production s’étendaient déjà en Chine sur plus de 700 000 km²… Cela étant, le solde mondial annuel reste, on l’a vu, largement négatif et d’autant plus préoccupant que dans nombre de cas, les replantations qui atténuent dans les chiffres l’ampleur de l’hémorragie, diminuent de fait sur le terrain la qualité et l’utilité intrinsèques des forêts, quand elles n’aggravent pas les déséquilibres écologiques. Autre aspect non reflété par ces tendances générales : la dégradation des forêts sur pied elles-mêmes, du fait des différentes formes de pollution, des coupes sélectives mais destructrices du voisinage, etc. (World Rainforest Movement, 2007).</p>
<h3 class="spip">Causes de la déforestation</h3>
<p class="spip" align="justify">L’élucidation des causes de la déforestation est difficile et controversée. A fortiori lorsqu’il s’agit de désigner les responsabilités et, au-delà, les acteurs qui tirent effectivement profit de la tendance. Celle-ci étant désormais considérée universellement comme un « désastre » ou, pour le moins, comme un « sujet de préoccupation majeur », la mise au jour de ses logiques et le dévoilement de ses gagnants et perdants sont devenus l’enjeu politique, plus ou moins assumé, de nombre d’études et de rapports, de prises de position multiples et de luttes d’influence. La complexité du phénomène, la difficulté de le mesurer dans ses formes diverses et l’hétérogénéité des données produites ne facilitent pas le défi de l’explication causale.</p>
<p class="spip" align="justify">Pour autant, une idée fausse semble en perte de vitesse. Celle, malthusienne, qui attribue invariablement et exclusivement au fléau de la pression démographique le recul des espaces vierges. L’image dichotomique avait l’avantage de la simplicité : nous sommes tous responsables au même titre de la dégradation irrémédiable d’une nature jusque-là « intacte ». C’est elle ou nous ! Elle sans nous (Rossi et André, 2006). Conséquence logique pour les courants « conservationnistes » : il faut délimiter des « aires protégées », mettre le capital « naturel » sous cloche, le rendre imperméable aux perturbations de l’homme. Premières victimes de cette conception figée, édénique et désanthropisée de la biodiversité : les populations agroforestières, privées d’accès à leur propre environnement parce que considérées comme principales coupables de sa dégradation. Comme nous le verrons plus loin, c’est se tromper et de diagnostic et de remède.</p>
<p class="spip" align="justify">Une autre idée reçue, moins fondamentale mais répandue dans l’opinion, est à nuancer d’emblée : celle qui confond déboisement et extraction industrielle des « bois précieux ». Or les ressorts de la déforestation ne se limitent pas à l’exploitation commerciale des forêts tropicales. Légale ou illégale, elle n’en est pas même la principale cause. Elle est en quelque sorte, oserait-on dire, « l’arbre qui cache la forêt ». Certes importante et hautement problématique lorsqu’elle n’est pas durable et que les populations locales ne bénéficient pas de ses retombées, la coupe pour l’exportation vers le Nord de grumes d’Indonésie, d’Afrique centrale et d’ailleurs arrive en réalité loin derrière le moteur le plus actif du déboisement qu’est l’agriculture. L’agriculture sous toutes ses formes : agriculture vivrière bien sûr, mais surtout agroindustrie d’exportation, utilisation croissante du sol pour produire ce que réclame le marché mondial, pour l’approvisionner en céréales, en viande, en huile, en pâte à papier, en carburants&#8230; L’expansion agricole serait ainsi responsable de plus de la moitié des destructions de forêts (Delacote, 2008 ; FAO, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Agriculture de subsistance, agrobusiness et « fast wood »</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Dans certaines régions du monde, en particulier en Afrique subsaharienne, cette expansion, ce déplacement continu de « la frontière agricole » est d’abord le fait des petits paysans, en quête de parcelles à cultiver. Non pas que ceux-ci soient par nature les prédateurs inconséquents d’écosystèmes dont ils sont les premiers à payer la dégradation, mais là où le manque de perspectives, de terres et de ressources est tel qu’il n’y a pas d’autres solutions, la pression des pauvres sur les forêts s’accroît inexorablement. De situations de « cohabitation équitable » avec le milieu forestier – où l’empreinte des communautés locales sur la biodiversité participe à son nécessaire renouvellement – on passe à des situations où la marginalisation des paysans engendre une utilisation non durable des forêts. La technique itinérante du brûlis qui, dans des systèmes agraires à l’équilibre, permet de renouveler la fertilité par la friche, devient dans ces conditions de rareté un vecteur performant de destruction des forêts.</p>
<p class="spip" align="justify">Le lien pauvreté-déforestation, assimilable à un cercle vicieux – le déboisement générant lui-même une série de conséquences dramatiques pour les populations locales –, est modulé par un faisceau de facteurs contextuels, plus ou moins opérants selon les régions. Parmi ceux-ci : l’orientation des politiques agraires, d’accès à la terre, de développement, la variation des prix agricoles, le droit foncier, l’état des infrastructures, les circuits commerciaux locaux et nationaux… et au-delà, les formes d’insertion dans le marché mondial et les ajustements macroéconomiques auxquels ont été soumis ces dernières années la plupart des pays dans lesquels la pauvreté est devenue <em class="spip">« le terreau de la déforestation » (Alternatives économiques</em>, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Prendre ces facteurs en considération, c’est admettre que <em class="spip">« l’action de développement durable doit se concentrer sur l’évolution économique des populations, sur la réduction des situations de pauvreté et de vulnérabilité »</em>, plutôt que sur des <em class="spip">« solutions d’ordre strictement écologique »</em> et des <em class="spip">« politiques de conservation qui s’attaquent aux symptômes et pas aux causes »</em> (Rossi et André, 2006).</p>
<p class="spip" align="justify">Si la pauvreté prend donc sa part dans la quête de terres agricoles au détriment du couvert forestier tropical, les usages industriels axés sur l’exportation et l’accumulation de profits sous-tendent les pratiques les plus prédatrices. <em class="spip">« Il y a déforestation parce que des usages autres sont financièrement plus rentables que l’utilisation durable de la forêt, tout au moins pour les acteurs qui déboisent »</em>, explique l’économiste Alain Karsenty du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, le CIRAD. <em class="spip">« Là où les conditions économiques le permettent, il est plus profitable de faire des plantations de palmier à huile, de cacao ou de soja que d’exploiter durablement la forêt, et a fortiori de la conserver. Il est également souvent plus rentable de convertir la forêt naturelle en plantations d’arbres à croissance rapide pour la fabrication de pâte à papier. »</em> (Karsenty, 2007)</p>
<p class="spip" align="justify">En ligne de mire, l’agroindustrie, particulièrement florissante en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, qui alimente depuis plusieurs décennies le marché mondial en maïs et en soja (brésilien, argentin…) pour l’élevage européen, en viande pour les fast-foods nord-américains, en huile de palme (indonésienne, malaise, nigériane…) pour l’industrie alimentaire et cosmétique, en pâte de bois et en cellulose pour la fabrication du papier, etc. L’expansion de l’ensemble du secteur – et par conséquent la pression sur les forêts – est boostée aujourd’hui par la montée en puissance de la demande en agrocarburants, dérivés eux-mêmes, dans leurs différentes formes, de la plupart de ces cultures intensives, qu’elles soient oléifères (soja, palmiers à huile…), riches en sucre (maïs, canne…) ou autres encore (cellulose…).</p>
<p class="spip" align="justify">Si cette industrie génère d’importants bénéfices pour les Etats producteurs et les grands groupes nationaux et transnationaux de l’agrobusiness, la logique et les effets de son mode de production dominant ouvrent sur de sérieuses impasses. Des impasses qui débordent la seule problématique de la déforestation, pour embrasser notamment celle de la sécurité alimentaire. Le schéma type est celui de la monoculture homogène à perte de vue, sur d’immenses propriétés foncières, aux méthodes de travail de plus en plus mécanisées, peu coûteuses en main-d’œuvre, mais gourmandes en pesticides et généralement en eau. Socialement, elle présuppose la concentration de la terre et vise la concentration des revenus, le plus souvent au détriment d’importants secteurs du monde rural (paysans sans terre, autochtones, populations agroforestières…), parfois expropriés ou expulsés, le plus souvent laissés en marge, tenus à distance ou intégrés à la force de travail dans des conditions aléatoires, en termes de salaire, de rythme d’activité, d’exposition aux épandages chimiques…</p>
<p class="spip" align="justify">En matière d’impact environnemental, la plupart des études – militantes ou académiques, officielles et non officielles – convergent dans leurs grandes lignes : l’agroindustrie et la monoculture d’arbres à croissance rapide, ce que le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) appelle très pertinemment le fast wood, participent à la dégradation accélérée du milieu ambiant et à l’érosion de la biodiversité. Le fait est que, de multiples façons et souvent de manière irréversible, ces cultures portent atteinte aux forêts, aux prairies, à la qualité des sols, aux ressources hydriques, à la diversité biologique. Le World Rainforest Movement, principale coalition mondiale d’organisations mobilisées contre la déforestation, parle à juste titre de la création de « déserts verts » à propos de l’extension de ce type de production à haute rentabilité, mais dont les externalités négatives, en termes de pollution, d’épuisement des terres, de consommation en eau, de contamination des nappes phréatiques et de la chaîne alimentaire…, font au mieux l’objet de compensations symboliques de la part des grands noms de l’agrobusiness.</p>
<p class="spip" align="justify">A la logique du profit, le secteur sacrifie volontiers la raison écologique, en plantant par exemple nombre d’espèces exotiques hors de leur région d’origine ou de leur habitat naturel, pourvu que les rendements suivent, que les conditions favorables à la croissance rapide et au développement de l’agroindustrie soient réunies : climat atmosphérique (selon la latitude, la vitesse de pousse peut être multipliée par cinq) et social (malléabilité des acteurs sociaux et politiques) propice, facilité d’accès à la terre et aux forêts, qualité des sols, approvisionnement en eau aisé, résistance aux pollutions, réglementation locale laxiste en matière de cultures transgéniques…</p>
<p class="spip" align="justify">Ces dernières connaissent en effet une progression constante, en dépit des incertitudes et des risques. Sous la pression des multinationales du secteur, plus de la moitié du soja cultivé aujourd’hui est génétiquement modifié. Cela pourrait réduire la demande en pesticides grâce à l’utilisation de variétés moins exposées aux maladies, mais la résistance de ces variétés aux herbicides peut également encourager leur épandage massif. La tendance touche aussi les arbres et en particulier les plantations en rang d’oignons de <em class="spip">fast wood</em>, celles-là mêmes que les grands recensements du couvert forestier dans le monde, notamment ceux de la FAO, continuent à comptabiliser au même titre que les forêts naturelles ou primaires, à la richesse en faune et en flore pourtant incomparable.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi, au Brésil, la recherche s’est portée sur la modification génétique de l’eucalyptus et des essais ont été réalisés sur le terrain, avec pour objectif d’exacerber certaines caractéristiques de l’essence : la vitesse de croissance, la contenance en cellulose et la tolérance au glysophate, cet herbicide de triste réputation pour ses effets secondaires nocifs sur le vivant. Au Chili, deux défis sont en passe d’être relevés : la manipulation des gènes des pins pour les rendre résistants à un insecte (la mite du bourgeon) qui affecte les plantations ; et la modification génétique des eucalyptus pour leur permettre de mieux affronter le froid et pour pouvoir ainsi étendre les plantations – auxquelles s’opposent les indigènes mapuches – vers le Sud et plus haut dans la cordillère (World Rainforest Movement, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Plus globalement, on l’aura compris, l’expansion de l’agroindustrie exportatrice au préjudice des forêts s’inscrit au centre de la double problématique de la sécurité alimentaire et de la faim dans le monde, que l’on a vue resurgir en 2007 à la faveur de la forte hausse des prix agricoles. Hausse essentiellement provoquée par la demande accrue des économies émergentes, la faiblesse des stocks, l’envolée de la production des agrocraburants [<strong><span>2</span></strong>] et la flambée des prix du pétrole, le tout exacerbé par la spéculation. Mais hausse qui met surtout en lumière, à travers les crises sociales qu’elle génère en Afrique, en Asie et en Amérique latine, les impasses du modèle – longtemps préconisé par le FMI et la Banque mondiale [<strong><span>3</span></strong>] – du « tout à l’exportation » au détriment des cultures vivrières et des marchés locaux, ainsi que les aberrations de la mise en concurrence des paysans du Sud à la productivité faible, avec les exportations des surplus du Nord, souvent subventionnées, qui inondent les villes des pays en développement (Berthelot, 2008 ; Zacharie, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Sur fond de crise alimentaire, la pression sur la terre et donc sur les forêts tropicales a tendance à s’accroître encore. Davantage cependant pour approvisionner le marché mondial en produits agricoles, en viande, en pâte à papier et depuis peu en carburants, que pour privilégier l’agriculture paysanne locale dont dépendent pourtant plusieurs centaines de millions de familles dans les pays du Sud. Derrière le modèle productiviste dominant et non durable qui hypothèque la survie des populations agroforestières, érode la biodiversité et dope les émissions de carbone liées au déboisement, un modèle consumériste se perpétue dans les pays riches et là où la croissance économique permet aux plus fortunés de s’aligner sur les standards occidentaux.</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip"> Extraction de bois de feu et de bois rond industriel</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Si l’affectation des terres boisées à l’agriculture, à l’élevage et à l’industrie du fast wood constitue donc de fait le principal ressort de la déforestation, d’autres causes directes et indirectes ne peuvent être sous-estimées. Parmi celles-ci, bien sûr, l’usage non durable des forêts elles-mêmes, qui renvoie lui aussi, pour les régions tropicales, tantôt à la récolte de bois de feu (ou bois de chauffe) par les habitants locaux, tantôt à l’exploitation et au commerce national et international de bois rond industriel.</p>
<p class="spip" align="justify">La première serait de loin la principale consommatrice des ressources ligneuses dans les pays en développement. En Afrique, selon la FAO, 90% du bois prélevé sert de combustible, essentiellement pour le chauffage et la cuisson dans les zones rurales et les quartiers pauvres des villes. Le prélèvement qui se fait d’ordinaire par abattage d’arbres ou ramassage de branches tombées à terre, dépasse largement la coupe annuelle autorisée et apparaît comme « illégal » au regard du cadre juridique existant dans la plupart des pays…</p>
<p class="spip" align="justify">La tendance, similaire en importance dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Asie du Sud (entre 80% et 90% du bois prélevé y sert de bois de chauffe) et moins nette en Asie de l’Est et en Amérique du Sud (+- 50%), correspond à la géographie de la pauvreté dans le monde et appelle moins des explications démographiques, techniques ou ethniques que des analyses politiques des conditions socioéconomiques et culturelles qui amènent des pans entiers des populations nationales à participer activement à la disparition de leurs forêts. Si la dendroénergie est appelée à devenir, face à l’épuisement des combustibles fossiles, une composante significative des politiques énergétiques des pays riches, force est de reconnaître que dans ses formes dominantes actuelles (bois de chauffe dans les pays pauvres), elle crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.</p>
<p class="spip" align="justify">Le cas d’Haïti, développé plus loin dans ce numéro d’<em class="spip">Alternatives Sud</em> par Ilionor Louis, illustre bien l’impact calamiteux de l’inégale répartition des richesses et du dénuement d’une majorité de la population sur des forêts qui ne couvrent déjà plus que 3,7% du territoire national et continuent à disparaître au rythme d’environ 1% par an. Ces pauvres qui déboisent et produisent du charbon de bois pour alimenter les cuisines populaires de tout un pays sont aussi les premières victimes des effets de pareil désastre écologique, en particulier des dégâts des inondations qui en résultent. Au-delà, Ilionor Louis souligne le manque d’efficacité des alternatives techniques ou partielles – promotion de réchauds améliorés, utilisation de gaz de pétrole liquéfié… – et fait de la lutte contre la pauvreté et de la redistribution, les conditions préalables à un reboisement durable.</p>
<p class="spip" align="justify">A côté de la pauvreté, l’autre grand motif d’extraction réside dans l’alimentation du marché mondial par l’industrie de l’exploitation forestière. Si l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon, rejoints par la Chine ces dernières années, dominent de la tête et des épaules le commerce international du bois en tant que principaux producteurs, exportateurs et importateurs des produits de la sylviculture, là où les problèmes les plus aigus se posent en matière de déforestation, de dégradation ou de gestion non durable des forêts, c’est dans l’abattage abusif, destructeur et illégal tel qu’il a tendance à être pratiqué dans les régions tropicales.</p>
<p class="spip" align="justify">Souvent, la coupe elle-même fait déjà plus de dégâts qu’elle ne le devrait. <em class="spip">« Partout en région tropicale, les pratiques inappropriées continuent largement de prévaloir, au détriment du bien-être de la main-d’œuvre et de la population locale, de l’efficacité et de la durabilité de l’environnement »</em> (FAO, 2007). En cause donc, les dommages collatéraux de l’abattage sélectif de « bois précieux », l’absence de plans d’exploitation, les débardages dévastateurs, le manque de contrôle, la construction anarchique de routes de pénétration, etc. Les organisations internationales, comme l’OIBT (Organisation internationale des bois tropicaux) et la FAO, ainsi que les principaux centres d’étude indépendants (CIRAD, CIFOR…) en conviennent : malgré le poids relatif minoritaire des forêts tropicales dans l’approvisionnement en bois du commerce mondial [<strong><span>4</span></strong>], leur surexploitation est une réalité et l’illégalité des pratiques atteint des proportions démesurées.</p>
<p class="spip" align="justify">Le pourcentage de grumes prélevées illicitement, usinées sur place ou propulsées sur le marché international, dépasserait régulièrement les 50% (au Brésil, au Cameroun, au Ghana…), voire les 75% (en Indonésie…). Globalement, l’exploitation illégale représenterait au moins un tiers du volume du bois tropical échangé chaque année. La tendance, selon Alain Karsenty du CIRAD, connaîtrait même un essor soutenu. Si cet accroissement provient sans doute du comportement prédateur des compagnies forestières, il serait d’abord le résultat de l’introduction par les Etats locaux de tentatives de régulation de l’exploitation par des contraintes de gestion et d’organisation territoriale, les nouvelles lois créant logiquement de nouveaux hors-la-loi&#8230; Mais l’essor de l’illégalité renvoie aussi à des dynamiques plus complexes, variables selon les pays et les niveaux de développement.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi par exemple, là où les Etats ont mené des politiques volontaristes de développement de l’industrie locale du bois, appuyées sur l’interdiction d’exporter des grumes non usinées, les surcapacités de transformation atteintes <em class="spip">« produisent un effet d’irréversibilité : le coût social et politique du désinvestissement est trop élevé pour être une option retenue, et la fuite en avant dans l’exploitation illégale est une solution implicitement admise. »</em> (Karsenty, 2003) C’est notamment le cas en Indonésie et en Malaisie où les niveaux officiels de prélèvements soutenables sont constamment et copieusement dépassés pour pouvoir alimenter l’industrie à satiété.</p>
<p class="spip" align="justify">Ailleurs, c’est d’abord la quasi-absence de l’Etat ou son caractère mafieux ou les deux à la fois – absence de moyens et forte corruption – qui laissent les coudées franches aux entreprises forestières détentrices de confortables concessions. En Afrique, le secteur demeure largement dominé par les groupes européens (Rougier, Pasquet, Danzer, Alpi, Fipcam…), mais aussi malais, libanais et chinois (la Chine, premier importateur mondial de bois rond industriel depuis 2004 – et premier exportateur de meubles… –, importe à elle seule la moitié des grumes en provenance des régions tropicales). Des réformes importantes ont toutefois été entreprises ces quinze dernières années visant à doter les Etats nationaux de codes forestiers plus contraignants, de modalités d’adjudication plus équitables, d’outils de surveillance, de quotas de coupe à transformer localement, etc. Avec des résultats inégaux et parfois contradictoires.</p>
<p class="spip" align="justify">En effet, l’introduction de nouvelles exigences pour les compagnies forestières a entraîné des restructurations et une concentration accrue du secteur. D’où une marginalisation et une « informalisation » croissante des filières d’approvisionnement pour les usages nationaux. <em class="spip">« Ce phénomène est, en partie, lié à l’extraversion de l’industrie du bois, notamment en Afrique centrale, où les grandes entreprises exportent de 80% à 100% de leur production. Les consommateurs africains désargentés doivent se rabattre sur un secteur semi-artisanal en pleine expansion (il représente près du double de la production du secteur industriel au Ghana et au moins le quadruple en RDC), dont l’impact écologique peut être redoutable. Enfin, les niveaux élevés de corruption et l’implication personnelle fréquente du milieu politique et administratif dans l’économie forestière minent les systèmes de régulation. »</em> (Karsenty, 2006)</p>
<p class="spip" align="justify">Deux rapports publiés en 2008 confirment, pour la République démocratique du Congo, l’échec des réformes du domaine de la foresterie. Le premier, élaboré par Global Witness en charge de l’Observation indépendante des forêts (OIF), souligne, dans ses conclusions, <em class="spip">« l’absence complète de contrôles significatifs, une ambiguïté juridique et un manque de pratiques standardisées, laissant le secteur dans une situation d’anarchie et conférant un terrain propice aux pratiques abusives et frauduleuses »</em>. Le second, produit par le Panel d’inspection de la Banque mondiale, stigmatise surtout le manque de considération pour les populations locales et l’environnement dont ont fait preuve les réformes de l’exploitation industrielle du bois, soutenues par la Banque elle-même. Ailleurs, les experts de Greenpeace décrivent par le détail « le pillage » des forêts d’Afrique centrale par les multinationales, au mépris des autochtones, de la faune et de la flore, et du droit local&#8230;</p>
<p class="spip" align="justify">En Europe et en Amérique du Nord surtout, en amont ou en aval de la sensibilité en hausse des opinions publiques à cette facette de la déforestation – « la main basse des consommateurs des pays riches sur les bois précieux tropicaux » –, de multiples initiatives publiques et privées ont vu le jour, destinées à favoriser une exploitation forestière durable dans les pays du Sud. Notamment par le biais de la « certification ». Toutes ne se valent cependant pas. Elles varient en crédibilité selon les méthodes de vérification mises en oeuvre, selon les critères retenus quant à l’origine et la nature des produits, selon qu’elles émanent des entreprises du secteur, des Etats ou des ONG, ou encore de combinaisons de ces différents acteurs [<strong><span>5</span></strong>]… Les plus opportunistes de ces initiatives sont peu convaincantes, les plus officielles sont peu contraignantes, les plus contraignantes sont peu respectées. Certaines toutefois ont permis des améliorations sensibles.</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Urbanisation, exploitation minière, barrages, tourisme, pollutions, incendies…</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Outre la consommation non durable de bois et la pression de l’agriculture et de l’élevage sur les forêts, d’autres causes de la déforestation sont encore à mentionner. Et d’abord, d’autres usages du sol qui grignotent sensiblement le couvert forestier tropical. Des phénomènes aussi globaux et évidents que l’urbanisation et la construction d’infrastructures bien sûr – dans le sud et l’est de l’Amazonie brésilienne et le long de l’Amazone et de ses affluents, d’immenses étendues sont désormais classées « zones urbaines » et peuplées aujourd’hui d’environ 70% des 14 millions d’habitants que compte la région –, mais aussi des intrusions et des impacts plus précis et dévastateurs liés à la prospection et aux exploitations minières et pétrolières, à la construction de grands barrages, à l’établissement d’implantations touristiques, ou encore, dans les mangroves, à l’élevage industriel de crevettes…</p>
<p class="spip" align="justify">En la matière, les exemples abondent où les opérations sont conçues et réalisées par des investisseurs extérieurs, non seulement au détriment des forêts et des écosystèmes locaux, mais aussi à l’insu des populations des lieux concernés, dépossédées de leurs terres et de leurs ressources ou victimes directes des nuisances et des pollutions occasionnées. Eléments clés de ces diverses formes de pénétration dans les forêts : les routes. Encouragée par les autorités pour « mettre en valeur » de nouvelles régions, leur construction, privée ou publique, planifiée ou anarchique, signe l’arrêt de mort à terme de forêts jusque-là préservées, par les effets en chaîne qu’elle déclenche. Les conséquences d’une exploitation ciblée – d’acajou, d’or, d’argent ou d’autres ressources précieuses – sont souvent plus destructrices que l’exploitation elle-même.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi, en Amazonie, une fois les premiers exploitants passés, <em class="spip">« les routes servent de voies d’accès à un mélange détonant d’occupants sans titre, de spéculateurs, de grands propriétaires terriens et, invariablement, de bandits armés. Tous ces requins atteignent le cœur jusque-là impénétrable de la forêt, puis détruisent les pistes et changent la disposition des lieux pour faire croire qu’ils sont chez eux. L’appropriation des terres par la corruption, l’intimidation et la falsification de titres de propriété est tellement répandue qu’elle porte un nom : ‘grilagem’, du mot portugais ‘grilo’, ‘criquet’. Ceux qui s’y adonnent, les ‘grileiros’, sont depuis longtemps connus pour leur talent à faire ‘vieillir’ prématurément de prétendus titres de propriété dans un tiroir où ont été placés des criquets affamés »</em> (National Geographic, 2007). A l’exception d’un petit nombre d’autoroutes nationales et fédérales, la quasi-totalité des routes d’Amazonie ont été construites illégalement.</p>
<p class="spip" align="justify">Les feux de forêts constituent une autre menace permanente pour les régions tropicales boisées. Près de la moitié seraient volontaires, pour déboiser et par la suite, on l’a vu, pour cultiver. L’autre moitié sont accidentels et ont tendance à s’accroître, en raison de la diminution des pluies, consécutive au… déboisement des forêts pluviales. L’aggravation des sécheresses liées au réchauffement de la planète amplifie encore les risques et les effets d’incendies susceptibles de dévaster des régions entières.</p>
<p class="spip" align="justify">Les effets destructeurs de certaines pollutions, des pluies acides, des attaques de ravageurs – insectes, maladies, nématodes, parasites… – entrent aussi en ligne de compte. Selon la FAO, s’il est difficile de quantifier les impacts réels, il est avéré que <em class="spip">« la rapidité des transports et la libéralisation du commerce »</em>, ainsi que l’expansion des <em class="spip">« monocultures »</em> au préjudice de la biodiversité <em class="spip">« ont favorisé la diffusion des ravageurs »</em> (FAO, 2007). Encore une fois donc, les causes de la déforestation apparaissent intimement liées aux modèles productivistes et consuméristes dominants.</p>
<h3 class="spip">Déforestation et changements climatiques</h3>
<p class="spip" align="justify">Depuis le début des années 2000, pratiquement chaque semaine nous apporte de nouvelles données qui indiquent comment les changements climatiques affectent déjà profondément et affecteront davantage encore le couvert forestier mondial (Alternatives Sud, 2006). Ainsi, il nous a été donné de voir comment la prolifération de certains insectes consécutive à des canicules répétées en régions tempérées ou à des hivers exceptionnellement doux en zones boréales pouvait hypothéquer la survie des principaux massifs forestiers de la planète. La propagation du dendroctone du pin ponderosa dans l’ouest du Canada, par exemple, constitue l’infestation la plus importante jamais enregistrée en Amérique du Nord. Si en 2005 elle avait déjà fait perdre, en volume de bois tué, l’équivalent de six ans de récolte à la Colombie britannique, elle pourrait affecter d’ici à 2013, 80% des pins à maturité de cette province canadienne, et s’étendre vers le Nord (The Canadian Chamber of Commerce, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">A l’inverse des impacts du réchauffement de la terre sur les forêts, le rôle de ces dernières dans l’atténuation des changements climatiques, et en particulier dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre, a également pris beaucoup de relief ces dernières années. Pour devenir peut-être la bouée de sauvetage d’une communauté internationale en quête de solutions efficaces et consensuelles. Dès lors, la future politique climatique mondiale, discutée lors du Sommet de Bali en décembre 2007, va-t-elle permettre en retour de renverser la tendance en matière de déforestation ? Réussir, au nom de la réduction globale des émissions de carbone, là où les scientifiques, les mouvements écologistes, indigènes ou paysans et certaines politiques publiques ont échoué ces dernières décennies ? Bien qu’elles aient longtemps été sous-estimées, voire ignorées ou contredites, les estimations convergent enfin : la déforestation, à son rythme actuel, est responsable d’environ 20 à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principales causes du réchauffement de la planète. Plus précisément, la destruction de la forêt tropicale provoque chaque année plus de rejet que l’ensemble du secteur des transports à travers le monde. Dans les pays du Sud, 35% des émissions sont dues au déboisement et jusqu’à 65% dans les régions les plus pauvres.</p>
<p class="spip" align="justify">D’une part donc, c’est connu, les forêts absorbent et stockent naturellement du carbone en grande quantité [<strong><span>6</span></strong>], d’autre part, sous les tropiques, elles permettent aussi la formation de nuages qui contribuent à limiter le réchauffement en réfléchissant la lumière du soleil. Elles jouent un rôle crucial dans le refroidissement et l’assainissement de l’atmosphère, dans la provision d’eau douce et de pluie. La forêt amazonienne, à elle seule, emmagasine le plus grand volume d’eau douce de la planète et rejetterait dans l’air 20 milliards de tonnes de vapeur en une seule journée.</p>
<p class="spip" align="justify">Bref, la préservation des forêts apparaît aujourd’hui essentielle à l’efficacité des efforts mondiaux entrepris pour atténuer les changements climatiques. D’autant plus depuis que le rapport Stern, du nom de l’ancien vice-président de la Banque mondiale, est venu corroborer en 2006 que les initiatives de réduction de la déforestation étaient dans l’ensemble moins coûteuses que celles entreprises dans d’autres secteurs. Quatre stratégies au moins sont envisagées : la diminution de la déforestation et de la dégradation des forêts ; la reforestation ; l’augmentation de la densité de stockage de carbone du couvert forestier existant ; et enfin, la revalorisation des produits issus des forêts, visant à rendre cette forme d’occupation des sols plus rentable que d’autres…</p>
<p class="spip" align="justify">Le Protocole de Kyoto &#8211; établi par les Nations unies en 1998 et entré en vigueur en 2005 &#8211; permettait déjà aux pays développés, via le mécanisme de développement propre, de « réduire leurs émissions » en finançant des projets de reforestation dans les pays du Sud (<em class="spip">Alternatives Sud</em>, 2006). Si, à en croire la FAO, les retombées sur le secteur forestier en sont encore à ce jour très modestes, la qualité environnementale des projets financés est également pour le moins controversée. L’idée débattue fin 2007 lors du Sommet mondial de Bali sur le climat, pour donner suite au Protocole de Kyoto au-delà de 2013, consiste à ajouter à ce mécanisme des dispositifs récompensant les Etats qui luttent contre la déforestation. <em class="spip">« Il s’agirait de rémunérer ainsi les tonnes de carbone qui ne seront pas parties en fumée »</em> (<em class="spip">Alternatives économiques</em>, 2008). De rétribuer les <em class="spip">« déforestations évitées ».</em></p>
<p class="spip" align="justify">De nouveau, le projet prête le flanc à plusieurs niveaux de critiques. Techniques d’abord, de faisabilité. Comment mesurer la « déforestation évitée » ? R. Pirard et A. Karsenty identifient trois difficultés : <em class="spip">« la légitimité de l’extrapolation à partir des tendances historiques ; la capacité d’estimation des scénarios de référence de type prédictif ; enfin, la possibilité réelle d’imputer à différentes politiques publiques la baisse du taux de déforestation et, plus encore, d’en mesurer l’effet net »</em> (2007). Le risque est grand en effet qu’un tel dispositif incite à accélérer le déboisement avant l’entrée en vigueur du mécanisme, récompense de fait les pays qui ont déjà déboisé tout ce qui pouvait l’être, génère des réductions fictives d’émissions, rémunère des diminutions de déforestation qui auraient de toutes façons eu lieu, ouvre la porte à diverses formes de chantage à la coupe et nourrisse un nouveau marché d’expertise et de consultance forestières…</p>
<p class="spip" align="justify">Au-delà des problèmes de faisabilité en effet, il est à craindre que les mesures préconisées exonèrent à moindres frais les pays du Nord de leurs responsabilités et avantagent plus les entreprises forestières, leurs plantations et leurs consultants que les forêts tropicales elles-mêmes et leurs habitants. Ce point de vue, partagé par la plupart des organisations sociales internationales actives contre la déforestation, comme la Global Forest Coalition, le World Rainforest Movement, le Forest Peoples Programme et l’International Alliance of Indigenous and Tribal Peoples of the Tropical Forest, va de pair avec l’analyse selon laquelle ce nouveau système mondial d’incitants financiers à réduire la déforestation, plutôt qu’identifier et freiner ses véritables moteurs et ses principaux responsables – la pauvreté dans les régions tropicales, les intérêts de l’industrie et le consumérisme des pays riches –, risque en réalité de finir par récompenser, dans sa mise en application, les entreprises et les gouvernements qui la stimulent (Reyes, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Parmi les grands promoteurs d’initiatives et de nouveaux mécanismes visant à la « réduction des émissions dues à la déforestation (RED) », figure la Banque mondiale, mobilisée elle aussi pour une <em class="spip">« meilleure gestion forestière »</em>, susceptible d’<em class="spip">« accroître les revenus en milieu rural »</em> et d’<em class="spip">« aider l’ensemble de la planète à atténuer le changement climatique de façon plus énergique »</em>. Moyens préconisés : une activation des <em class="spip">« marchés du carbone actuels (qui) n’exploitent que très peu les bénéfices potentiels du CO2 lié aux forêts »</em> et des incitants publics et privés au déboisement évité et au reboisement (Banque mondiale, 2007). Mais, que ces politiques soient menées dans le cadre du projet de « Partenariat mondial pour les forêts », imaginé par la Banque dès 2006 de concert avec les grandes ONG conservationnistes, les Etats et les entreprises, ou à travers le « Fonds de partenariat pour le carbone forestier », lancé à Bali fin 2007, elles font aussi l’objet de sévères critiques.</p>
<p class="spip" align="justify">Des critiques qui portent d’abord sur la prééminence des approches globales fondées sur le marché… et ses vertus philanthropiques.<em class="spip"> « Bien que la Banque mondiale favorise un financement mixte pour la déforestation évitée, elle est in fine une importante pionnière et partisane de l’échange de carbone. Les économistes de la Banque insistent sur le fait que seuls les marchés pourront rapporter assez de fonds pour assurer l’efficacité des efforts mondiaux d’atténuation des changements climatiques. De fait, le plan de financement de son Fonds de partenariat pour le carbone forestier suppose que celui-ci sera financé presque entièrement par des fonds commerciaux à partir de 2014 »</em> (Griffiths, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">Les populations tributaires des forêts d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et leurs organisations représentatives nourrissent quant à elles de vives craintes à l’égard du peu de cas que les initiatives de la Banque en matière de foresterie du carbone, font des questions sociales et de droits humains. <em class="spip">« Comment une organisation si favorable ces dernières années aux industries d’extraction, à l’exploitation forestière marchande, à l’agrobusiness et aux plantations à croissance rapide tiendrait-elle compte des droits, des réalités et de l’avis des peuples autochtones ? ».</em> Plus d’un indice technique permet en effet de comprendre que, dans leurs formes actuelles, les nouveaux dispositifs de primes aux pratiques prétendument durables, à l’extraction à impact réduit et aux activités de reboisement finiront par profiter d’abord à de grands concessionnaires commerciaux, aux sociétés d’exploitation forestière et de plantation industrielle (Forest People Programme, 2008 ; Lovera, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">C’est désormais une évidence, l’apparent consensus dans la mobilisation mondiale pour atténuer le réchauffement climatique en préservant les forêts est lourd de contradictions et d’intérêts antagoniques, lorsqu’il n’aggrave pas lui-même le problème.</p>
<h3 class="spip">Solutions politiques locales, nationales ou mondiales ?</h3>
<p class="spip" align="justify">Quelles politiques dès lors mettre en œuvre aux niveaux nationaux et international pour renverser la tendance périlleuse de la déforestation, au bénéfice prioritaire tant des populations locales que de l’équilibre environnemental global ? D’apparence ingénue, la question en contient d’autres. Le principal défi à relever se situe sans doute moins dans la formulation technique idéale de ce en quoi devrait consister une gestion « durable » des forêts – une gestion qui assure leur renouvellement [<strong><span>7</span></strong>] – que dans la désignation des espaces réels de souveraineté. A qui revient-il d’énoncer, d’exécuter ou de garantir une exploitation raisonnée des terres et des ressources forestières ? A qui appartiennent-elles et au nom de quels intérêts sont-elles gérées ?</p>
<p class="spip" align="justify">Dans ce débat comme dans d’autres, une première ligne de fracture oppose les tenants d’une privatisation des forêts – au motif que le propriétaire privé est plus enclin que l’autorité étatique à garantir la reconstitution d’un bien dont il tire son revenu (<span class="spip_out">www.libres.org</span>) – aux défenseurs d’une gestion publique théoriquement seule à même d’orchestrer l’accès aux richesses forestières en privilégiant l’intérêt national. Si les premiers semblent faire peu de cas du comportement essentiellement prédateur des grands concessionnaires forestiers, particulièrement là où les velléités de régulation ne font pas le poids, les seconds nourrissent cependant peu d’illusions sur les capacités réelles d’intervention de bon nombre d’Etats du Sud et, dans les pays où les gouvernements disposent des moyens de leur politique, sur l’orientation effective des arbitrages opérés entre les intérêts de l’industrie forestière, de l’agrobusiness, des communautés locales et de l’environnement.</p>
<p class="spip" align="justify">Un deuxième clivage distingue les niveaux de pouvoir : régime international, souveraineté nationale ou gestion communautaire ? <em class="spip">« Les forêts ne sont pas considérées comme des biens publics mondiaux alors qu’elles fournissent plusieurs de ces biens publics comme le maintien de la biodiversité ou l’atténuation des changements climatiques »</em>, regrette le CIRAD. <em class="spip">« Elles sont soumises à la stricte souveraineté des Etats. Un pays peut actuellement laisser détruire ses forêts pour la production de biocarburants ou par l’exploitation illégale du bois. La question d’une gouvernance mondiale des forêts se pose de manière de plus en plus pressante »</em> (CIRAD, 2007). Ce à quoi certains pays du Sud ont tendance à répondre aujourd’hui sur le mode des déclarations du président brésilien Lula : <em class="spip">« Les pays riches sont malins, ils édictent des normes contre la déforestation, après avoir détruit leurs propres forêts »</em> (<em class="spip">Le Monde</em>, 1er mars 2007). Et de s’appuyer sur une étude réalisée par l’Institut brésilien de recherche agronomique (Embrapa), où il est démontré que l’Europe n’a conservé que 0,3% des forêts existant il y a huit mille ans, contre 69% au Brésil…</p>
<p class="spip" align="justify">Cela étant, malgré les réformes des codes forestiers nationaux et les réglementations environnementales engagées ces dernières années, souvent à l’instigation des grands bailleurs internationaux, les politiques de plusieurs Etats tropicaux restent sous le feu des critiques des défenseurs de la nature et des mouvements populaires locaux. En particulier les politiques forestières du Brésil qui, en dépit de mesures draconiennes prises par le gouvernement Lula (interdiction d’abattage dans certaines zones, conditionnalités environnementales au crédit public…), continuent à donner priorité aux appétits du secteur agroindustriel, grand pourvoyeur de devises, spécialement en période de hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires et des carburants&#8230; En face, les associations de lutte contre la déforestation y trouvent de nouvelles raisons d’appuyer l’idée d’une transmission de la propriété des forêts des Etats vers les communautés locales, probablement plus sensibles à la nécessité de maintenir leur pérennité ; « les hommes qui vivent de la forêt étant ceux qui la font vivre ».</p>
<p class="spip" align="justify">C’est dans cet esprit que s’inscrivent les douze principes de l’« Initiative de Mumbai – Porto Alegre pour les forêts », lancée en 2004 et 2005 par une convergence d’organisations sociales des cinq continents. On y plaide bien sûr pour la préservation des forêts et le respect des droits et des intérêts des populations qui les habitent ou en sont tributaires, mais on y invite aussi les gouvernements à fournir un environnement politique, juridique et social favorable à la gouvernance des forêts par les communautés elles-mêmes. On y dénonce enfin la marchandisation de la nature, l’exploitation forestière et les plantations industrielles, ainsi que les dénommés projets de développement et de conservation de certaines ONG et institutions internationales, <em class="spip">« qui provoquent la déforestation et la dégradation des forêts, le déplacement des populations forestières ou la perte de leurs moyens de subsistance ».</em></p>
<p class="spip" align="justify">Il n’y a cependant pas de solution simple pour, à la fois, lutter contre la pauvreté qui entretient un cercle vicieux avec la déforestation, et brider les intérêts des industries d’exportation et le consumérisme des pays riches. La démarche implique <em class="spip">« un ensemble de politiques locales et globales qui doivent par ailleurs être cohérentes entre elles. Cela va de la valorisation des produits issus de l’agriculture et de l’exploitation forestière durables »</em> à des politiques structurelles de redistribution foncière, de soutien aux marchés locaux, d’appui technique à l’agriculture de subsistance et à l’agroforesterie, de développement des rendements agricoles par des méthodes écologiques, de régulation drastique des fronts pionniers dédiés aux cultures d’exportation, de sécurisation juridique du statut des forêts et de leur intégration dans l’aménagement du territoire et la planification de sa gestion, de renforcement des systèmes de contrôle, etc. (Delacote, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">De multiples études indiquent que la productivité des forêts gérées durablement suffirait largement à couvrir l’ensemble de nos besoins. A condition bien sûr, touchons du bois, d’oser mettre en cause les configurations actuelles du commerce mondial, les modes de production sur lesquels il s’appuie et les modèles de consommation qu’il alimente&#8230; Le chantier est immense et complexe, mais, on l’aura compris, la lutte contre la déforestation n’a de sens que couplée aux défis de la crise alimentaire, des changements climatiques, des impasses énergétiques et des inégalités dans le monde.</p>
<h3 class="spip">Bibliographie</h3>
<p class="spip" align="justify"><em class="spip">Alternatives économiques</em> (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation », Paris, n°265.</p>
<p class="spip" align="justify"><em class="spip">Alternatives Sud</em> (2006), « Changements climatiques : impasses et perspectives », Paris-Louvain-la-Neuve, Syllepse-CETRI, Vol. XIII, n°2.</p>
<p class="spip" align="justify">Banque mondiale (2004), www.go.worldbank.org/IEG2T30IS0.</p>
<p class="spip" align="justify">Banque mondiale (2007), « La Banque mondiale recommande une meilleure gestion de la forêt et une utilisation plus soutenue des marchés de CO2 », Communiqué de presse n°2007/114/DEC.</p>
<p class="spip" align="justify">Berthelot J. (2008), « Démêler le vrai du faux sur la flambée des prix agricoles mondiaux », www.france.attac.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Carrere R. et Colchester M. (2005), « The World Bank and forests : a tissue of lies and deception », www.wrm.org.uy.</p>
<p class="spip" align="justify">CIFOR (2008), www.cifor.cgiar.org.</p>
<p class="spip" align="justify">CIRAD (2007), Atelier international sur les politiques forestières et la « déforestation évitée », www.cirad.fr/fr/presse/communique.php ?id=305.</p>
<p class="spip" align="justify">CIRAD (2008), www.cirad.fr/fr/regard_sur/foret.php.</p>
<p class="spip" align="justify">Delacote Ph. (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation », <em class="spip">Alternatives économiques</em>, n°265.</p>
<p class="spip" align="justify">Duterme B. (1999), « Comment la déforestation a aggravé l’ouragan Mitch », <em class="spip">Amérique centrale</em>, édition spéciale.</p>
<p class="spip" align="justify">FAO (2007), <em class="spip">Situation des forêts du monde 2007</em>, Rome.</p>
<p class="spip" align="justify">FAO (2008), www.fao.or/forestry.</p>
<p class="spip" align="justify">Forest People Programme (2008), <em class="spip">Le Fonds de partenariat pour le carbone forestier</em>, Moreton-in-Marsh, Briefing de FPP, février.</p>
<p class="spip" align="justify">Global Forest Watch (2008), www.globalforestwatch.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Griffiths T. (2007), ‘RED’ <em class="spip">Alerte rouge ? La ‘déforestation évitée’ et les droits des peuples autochtones et des communautés locales</em>, Moreton-in-Marsh, FPP.</p>
<p class="spip" align="justify">Houtart F. (2008), <em class="spip">Les agrocarburants</em>, manuscrit à paraître.</p>
<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2003), « Les causes sous-jacentes de l’essor de l’exploitation illégale des bois tropicaux », <em class="spip">Actes du XIIe Congrès forestier mondial</em>, Québec, Bibliothèque nationale du Québec.</p>
<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2006), « Enjeux méconnus de l’économie du bois », <em class="spip">Le Monde diplomatique</em>, juillet.</p>
<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2007), « La conférence de Bali sur le climat – interview », www.pacte-ecologique.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Lamotte Ph. (2008), « Main basse sur les forêts tropicales », <em class="spip">Le Vif/L’Express</em>, 4-10 avril.</p>
<p class="spip" align="justify">Lovera S. (2007), « La disminucion de la deforestación en el Convenio sobre el Clima : ¿se trata de financiar bosques, plantaciones o empresas forestales ? », <em class="spip">Cobertura Forestal</em>, www.globalforestcoalition.org.</p>
<p class="spip" align="justify">National Geographic (2007), « Amazonie : que reste-t-il de la forêt ? », n°89, février.</p>
<p class="spip" align="justify">OIBT (2006), www.itto.or.jp/live/PageDisplayHandler ?pageId=199, 25 mai.</p>
<p class="spip" align="justify">Pirard R. et Karsenty A. (2007), « Changement climatique : faut-il récompenser la ‘déforestation évitée’ ? », <em class="spip">Nature sciences sociétés</em>, 15(4).</p>
<p class="spip" align="justify">Pnud (2000), www.undp.org/povertyreport/exec/french.html.</p>
<p class="spip" align="justify">Reyes O. (2008), « Cuando el dinero crece en los arboles », www.tni.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Rossi G. et André V. (2006), « La biodiversité : questions de perspectives », <em class="spip">Annales de géographie</em>, vol. 115, n°651.</p>
<p class="spip" align="justify">United Nations (2008), <em class="spip">Non-legally binding instrument on all types of forests</em>, Resolution adopted by the General Assembly, 62/98.</p>
<p class="spip" align="justify">The Canadian Chamber of Commerce (2007), www.chamber.ca.</p>
<p class="spip" align="justify">World Rainforest Movement (2007), <em class="spip">Transgenic Trees</em>, Montevideo, WRM Briefing.</p>
<p class="spip" align="justify">World Rainforest Movement (2008), www.wrm.org.uy.</p>
<p class="spip" align="justify">Zacharie A. (2008), « Investir dans la souveraineté alimentaire », <em class="spip">Imagine</em>, n°67, mai-juin</p>
</div>
<p><!-- finde_surligneconditionnel --></p>
<h2>Notes</h2>
<p><!-- debut_surligneconditionnel --></p>
<p class="spip_note">[<strong><span>1</span></strong>] Les forêts abriteraient plus de 80% de la biodiversité terrestre (www.worldbank.org Forests and Forestry), deux tiers de toutes les espèces vivantes et le déboisement pourrait être responsable de la disparition de 100 espèces par jour (www.fao.org/forestry).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>2</span></strong>] En mai 2008, le numéro deux du Fonds monétaire international (FMI), John Lipsky, estimait que « le développement des agrocarburants » était « responsable de 70% de la hausse des prix du maïs et de 40% de celle des graines de soja » (Le Soir, 9 mai 2008). En juillet 2008, un nouveau rapport de la Banque mondiale calculait que « le développement des agrocarburants avait provoqué une hausse des prix alimentaires de 75% depuis 2002 » (The Guardian, 5 juillet 2008).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>3</span></strong>] Ce modèle, promu dans le cadre des politiques d’ajustement structurel dès le début des années 1980 et appuyé à partir de 1995 par les règles de l’Organisation mondiale du commerce, a incité les pays en développement à se désengager de l’agriculture vivrière et à se spécialiser dans l’exportation de cultures de rente, comme le coton, le cacao, le café ou les produits miniers, afin de leur permettre d’augmenter leurs recettes, de payer leur dette extérieure et d’importer les excédents alimentaires à bas prix produits par le marché mondial (Zacharie, 2008).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>4</span></strong>] En 2004, l’extraction de bois rond industriel a atteint 50 millions de m³ en Océanie, 70 millions en Afrique, 170 millions en Amérique latine, 230 millions en Asie, 505 millions en Europe et 620 millions en Amérique du Nord, pour un total mondial de 1,65 milliard de m³.</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>5</span></strong>] Exemples : la convention Cites (1973), signée par 173 Etats, entend contrôler le commerce d’espèces menacées d’extinction ; le certificat FSC (Forest Stewarship Council, 1993), créé par des ONG, des propriétaires forestiers et des industriels du secteur, est délivré aux produits issus d’une « gestion forestière durable et responsable » ; le plan d’action FLEGT (Forest Law Enforcement on Governance and Trade, 2004) de l’Union européenne vise à interdire les importations de bois et de produits forestiers extraits illégalement ; etc.</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>6</span></strong>] Si les arbres produisent de l’oxygène et « fixent » le carbone, ils cessent d’en accumuler quand ils arrivent à maturité, voire en rejettent quand ils commencent à se décomposer, donc pas seulement lorsqu’on les coupe. On parle de forêts à bilan carbone positif ou « puits de carbone » (lorsque des jeunes pieds remplacent progressivement les anciens) et de bilan carbone négatif lorsqu’une gestion non durable ne favorise pas le renouvellement ou pire, lorsqu’on procède à des coupes à blanc ou à des déboisements par le feu.</p>
<p class="spip_note" style="text-align: justify;">[<strong><span>7</span></strong>] Certes, les définitions de la « durabilité » varient selon les acteurs… Ainsi celle de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT, organisation qui réunit une soixantaine d’Etats producteurs et consommateurs de bois tropical) peine à dissimuler ses limites : il s’agit de gérer les forêts « sans porter atteinte à leurs valeurs intrinsèques et à leur productivité future et sans entraîner trop d’effets préjudiciables à l’environnement physique et social » (OIBT, 2006).</p>
<p class="spip_note" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.cetri.be/spip.php?article847&amp;lang=fr">cetri.be</a></em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/deforestation-a-qui-profite-le-desastre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>9</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La décroissance : un modèle économique d’avenir ?</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-decroissance-un-modele-economique-d-avenir/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/la-decroissance-un-modele-economique-d-avenir/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2009 20:24:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Idée]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[bonheur]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[effort]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=3538</guid>
		<description><![CDATA[Par Guillaume Duval et Christine Mounier A en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d’avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance. Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;"><strong>Par </strong><small> <a href="http://www.wikio.fr/news/Guillaume+Duval"><span class="vcard author">Guillaume Duval</span></a></small><strong> et</strong> <a href="http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=9590">Christine Mounier</a></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/2008jsa.gif"><img class="alignright size-full wp-image-3542" title="2008jsa" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/2008jsa.gif" alt="2008jsa" width="305" height="372" /></a>A en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d’avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance.<br />
 </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent sur les réponses à apporter aux problèmes environnementaux et aux besoins de la population.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les déchets s’amoncellent, les nappes phréatiques s’épuisent ou sont polluées, le pétrole va devenir rare et son contrôle fait l’objet de conflits de plus en plus violents, que ce soit en Irak ou en Tchétchénie. Dans le même temps, la capacité du système économique à répondre aux besoins sociaux est de plus en plus contestée. Les inégalités mondiales se creusent et si une partie de l’Asie est en train de sortir du sous-développement, c’est en adoptant un mode de vie dévoreur de ressources non renouvelables. Bref, et chacun (ou presque) en convient désormais : on va dans le mur et il faut changer de mode de développement. Et pas dans un siècle, dès les prochaines années. Mais comment faire ? Un débat de plus en plus vif oppose les partisans d’une « décroissance soutenable », organisant le recul de l’économie monétaire, aux tenants d’un « développement durable » permettant de concilier croissance et écologie.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la gravité de la situation, il n’y a pas de désaccord majeur entre les tenants du développement durable et les partisans de la décroissance. <a href="http://www.zebulon.fr/communique-presse/ernst-ulrich-von-weizsacker-holger-zinke-recompenses-role-pionnier-gestion-durable-8828.html">Ernst Ulrich von Weizsäcker</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Amory_Lovins">Amory et Hunter Lovins</a>, tenants du développement durable, reprennent à leur compte, dans leur rapport « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Facteur_4">Facteur 4</a> », les très sombres prévisions établies par les <a href="http://www.manicore.com/documentation/club_rome.html">Meadows</a> dans leur célèbre rapport de 1972 au <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Rome">Club de Rome</a> sur « les limites de la croissance ». Ils envisagent notamment le risque d’un effondrement brutal des productions agricole et industrielle et de la population mondiale dans les prochaines décennies. Quant à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Lester_Brown">Lester Brown</a>, autre tenant du développement durable, il consacre, dans Eco-économie, des pages aux « signes de la tension » qui ne rassurent pas davantage sur l’avenir. Il n’y a pas non plus de divergence sur la nécessité d’une décroissance très rapide de la consommation de matières premières et d’énergie, en particulier, bien sûr, des énergies fossiles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span id="more-3538"></span>L’éco-efficience au secours de la croissance</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En revanche, les avis s’opposent sur le moyen d’y parvenir. Les tenants de l’éco-économie mettent en évidence les nombreux moyens techniques déjà connus pour consommer beaucoup moins de matières premières et d’énergie tout en produisant autant de biens et de services (à travers le recyclage et une autre conception des produits). C’est le fameux « facteur 4 » d’Ernst Ulrich von Weizsäcker : on peut produire autant avec quatre fois moins d’énergie et de matières premières. D’autres, plus ambitieux encore, parlent de facteur 10. Sans être des ennemis du marché, les tenants de l’éco-économie ne croient pas que les mécanismes marchands sont susceptibles de rétablir seuls les équilibres écologiques. Ils misent sur des politiques publiques très actives et sur une refonte des systèmes fiscaux en fonction de priorités écologiques. De plus, ils soulignent qu’il va falloir changer en un temps record l’essentiel de nos infrastructures : remodeler l’urbanisme, changer d’habitat, reconfigurer les moyens de production dans la plupart des industries, etc. Cet énorme effort d’investissement est générateur de croissance et, à la fois, nécessite de la croissance pour être mis en œuvre : la croissance faible des vingt dernières années en Europe a plus freiné la transformation écologique des modes de production et de consommation qu’elle ne l’a accélérée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Attention à l’effet rebond</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les tenants de la décroissance ne croient pas du tout à un tel scénario. Ils mettent en particulier en avant ce qu’on appelle l’effet rebond : à chaque fois qu’on a réussi à économiser telle ou telle matière première pour produire un bien ou un service, l’effet de ce gain d’éco-efficience a été plus que compensé par un accroissement encore plus important des quantités produites. Exemple avec le développement des technologies de l’information et de la communication : elles devaient permettre de limiter la consommation de papier. Or, c’est l’inverse qui est constaté : du fait de ces technologies, jamais autant de choses n’ont été imprimées. Les tenants de cette analyse soulignent également l’impossibilité d’un recyclage intégral des matières premières : pour eux, le développement durable ne fait que retarder les échéances.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cœur de leur critique ne se fonde cependant pas sur ces difficultés bien réelles. Plus fondamentalement, ils reprennent le discours de ceux qui, avec Ivan Illich ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Ellul">Jacques Ellul</a>, critiquaient radicalement la société de consommation dans les années 60 et 70. « Ce n’est pas d’abord pour éviter les effets secondaires d’une chose qui serait bonne en soi qu’il nous faut renoncer à notre mode de vie &#8211; comme si nous avions à arbitrer entre le plaisir d’un mets exquis et les risques afférents. Non, c’est que le mets est intrinsèquement mauvais, et que nous serions bien plus heureux à nous détourner de lui. Vivre autrement pour vivre mieux », disait Ivan Illich.</p>
<p style="text-align: justify;">Que l’argent ne fasse pas le bonheur et que le produit intérieur brut (PIB) par habitant mesure très mal le bien-être, cela fait aujourd’hui l’objet d’un large consensus parmi ceux qui critiquent la société actuelle. Y compris chez ceux qui sont favorables au développement durable, comme Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, qui consacrent tout un chapitre de leur livre à cette importante question. Mais, entre relativiser le PIB comme seule mesure du bien-être et prôner sa diminution, il y a un pas qu’il vaut sans doute mieux ne pas franchir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Des arguments qui ne sont pas tous bons</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les partisans de la décroissance assimilent la croissance de l’économie au seul développement des relations marchandes, agitant le spectre d’une marchandisation du monde. Si c’était le cas, ils auraient raison de vouloir faire reculer le PIB, mais ce n’est pas ce qui est observé : dans tous les pays développés, et cela malgré les discours et les efforts incessants des libéraux, la part de l’économie qui échappe à une logique purement marchande, via les prélèvements obligatoires, ne cesse d’augmenter. La croissance de l’économie monétaire n’est pas synonyme d’extension des rapports marchands : elle se traduit également par la mise en œuvre de mécanismes de solidarité non marchands et par la mutualisation de nombreux services.</p>
<p style="text-align: justify;">Les habitants des bidonvilles du Sud connaissent actuellement la marchandisation du monde : tout s’y achète et tout s’y vend (y compris souvent la justice et la police). Ce qui leur manque, et ce que la croissance peut et surtout doit leur apporter, ce sont des services non marchands comme des systèmes de santé, d’éducation, d’assainissement&#8230; Si on s’engageait sur la voie de la décroissance au Nord, il y a de fortes chances en revanche que ce soit cette partie mutualisée et non marchande de l’économie monétaire qui en fasse les frais la première. Les vingt dernières années de croissance faible en France et en Europe plaident plutôt en ce sens.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, pour résoudre les problèmes environnementaux, il n’y a guère d’autre solution que d’accroître le coût de nombreuses consommations (l’air, l’eau, le pétrole, les minerais, etc.), dont les prix actuels ne reflètent pas les dégâts causés sur l’environnement. Pour mettre fin à cette sous-tarification, cause de nombreux gaspillages, il ne s’agit pas de marchandiser encore plus le monde, mais d’imposer des taxes supplémentaires qui reflètent les coûts supportés par la collectivité. Cette indispensable extension de la sphère de l’économie monétaire est elle aussi porteuse d’une croissance de son volume.</p>
<p style="text-align: justify;">Les tenants de la décroissance dénoncent enfin les gaspillages qui caractérisent nos modes de vie par rapport à ce qui serait indispensable pour assurer nos besoins de base, se nourrir, se vêtir, se chauffer&#8230; Ils pointent notamment la mode des marques et les dépenses publicitaires qui la nourrissent. Mesurés à l’aune de nos stricts besoins physiques, le gaspillage ne fait aucun doute. Comme les profits qu’en tirent quelques multinationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci dit, le capitalisme n’a pas inventé cette forte propension des hommes et des femmes à dépenser beaucoup de temps et d’argent pour des consommations « irrationnelles ». Les plus beaux monuments que nos ancêtres ont laissés sont le plus souvent des palais, des temples ou des cathédrales, alors même que la satisfaction de leurs besoins primaires était à l’époque bien moins évidente encore qu’aujourd’hui. Il n’empêche, ils réservaient à ces constructions de prestige la meilleure part des richesses qu’ils produisaient. Les formes de consommation irrationnelles d’aujourd’hui ont perdu tout substrat religieux. Mais leur fonction psychologique de réassurance individuelle et d’affirmation de soi vis- à-vis des autres est-elle si différente d’hier ? En disant cela, il ne s’agit pas de minimiser l’impact négatif, notamment écologique, des achats compulsifs et des multiples produits jetés sans être véritablement usés. Ni de dédouaner les pouvoirs publics de leur responsabilité dans la lutte contre ces comportements, et surtout contre les offres qui les suscitent, avec notamment les effets que l’on connaît en termes de santé publique. Mais il faut souligner la difficulté d’infléchir ces habitudes dans un cadre qui respecte les libertés individuelles. De tels comportements ne tiennent en effet pas simplement à la capacité d’intoxication de la publicité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> La question centrale de la démocratie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Que peut-on faire dans un cadre démocratique ? Cette question est centrale dans le débat qui oppose les tenants du développement durable aux partisans de la décroissance. Un des risques que nous courons au XXIe siècle, c’est qu’on nous refasse, au nom de l’urgence écologique, le coup qu’on nous a fait au XXe siècle au nom de l’injustice sociale : une avant-garde auto proclamée s’arrogeant, au prétexte d’une prescience infaillible de l’avenir, la mission de faire le bonheur du peuple malgré lui et d’accoucher aux forceps d’un « homme nouveau ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est notamment parce qu’ils ne croient pas possible de « vendre » démocratiquement aux habitants du Nord une baisse de leurs biens et de leurs services que les tenants du développement durable cherchent les moyens de dissocier croissance et consommation de matières premières. Ils considèrent que, pour limiter les inégalités mondiales dans un cadre pacifique et démocratique, on ne peut se contenter de prendre aux habitants du Nord pour donner à ceux du Sud. Les tenants de la décroissance, quant à eux, sont généralement conscients de la difficulté de faire adopter démocratiquement leur projet politique. Ils refusent cependant l’idée d’imposer la décroissance par la force et ont confiance dans leur capacité à convaincre leurs concitoyens de la choisir volontairement. Le monde idéal qu’ils décrivent dans le quiz « Etes-vous développement durable ou décroissance soutenable ? », qui clôt l’ouvrage Objectif décroissance publié par <a href="http://www.revuesilence.net/">la revue Silence</a>, n’incite toutefois guère à l’optimisme quant à leurs chances de succès : monsieur ou madame « décroissance soutenable » n’a pas de téléviseur et ne regarde donc pas « certains soirs, les émissions intelligentes », il n’a pas non plus d’ordinateur personnel et de voiture, ne prend jamais l’avion et ne pratique pas le tourisme éthique, il n’achète pas de café, de thé ou de chocolat, même issus du commerce équitable et labellisés <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Havelaar_(association)">Max Havelaar</a>, et ne veut pas entendre parler de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Taxe_Tobin">taxe Tobin</a> ; il ne place pas son argent dans des fonds éthiques&#8230; Dur, dur ! Quoi qu’il en soit, et quel que soit le parti finalement choisi entre développement durable et décroissance soutenable, le temps presse : il faudra trouver les moyens de transformer profondément les modes de production et de consommation dans les années qui viennent.</p>
<h3 class="titre" style="text-align: justify;">La décroissance économique, ou la nécessaire prise de conscience de l’avenir de la planète</h3>
<p style="text-align: justify;">Parler de « décroissance économique », c’est implicitement renvoyer à deux autres notions économiques, celle d’économie libérale, et celle de développement durable, et s‘opposer à elles. Chacune de ces théories s’articule autour de quelques notions-clés.</p>
<p style="text-align: justify;">L’économie libérale repose essentiellement sur l’idée de croissance où les performances économiques sont valorisées et recherchées pour elles-mêmes, indépendamment des critères humains ou écologiques, et se mesurent à l’augmentation du produit national. Ainsi réduite à sa plus simple définition, l’économie libérale est un concept avant tout quantitatif et unidimensionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le terme de « développement durable » est apparu pour la première fois dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapport_Brundtland">le rapport Brundtland</a> (ONU, 1987), et est défini comme un « mode de développement qui satisfait les besoins du présent tout en permettant aux générations futures de satisfaire les leurs ». Or, cette définition prête à confusion, et permet à chacun de l’interpréter dans le sens qui l’arrange : ainsi, les industriels en retiennent surtout le mot « développement » et se voient autoriser en toute bonne conscience à produire toujours plus, de l’énergie, renouvelable ou non, des biens de consommation&#8230;, tout en s’assurant dans le même temps que cela ne se fait pas au détriment de l’environnement. Il s’agit alors pour eux de concilier leur exigence de croissance avec une forme de protection de l’environnement, où leur objectif de production n’est pas remis en cause, ni même limité, mais seulement assorti du souci de ne pas être trop agressif pour l’environnement. Mais les écologistes en particulier ne l’entendent pas ainsi, et récusent cette interprétation au profit d’une autre, plus contraignante pour les industriels : le développement durable permet effectivement de répondre aux besoins des générations actuelles, mais sans pour autant compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. A la différence de la manière dont le comprenaient les industriels, le second aspect de la définition l’emporte sur le premier, et la protection des diverses ressources, humaines et écologiques, devient dès lors une priorité sur la nécessité de production ou de croissance. Mais pour les tenants du développement durable, celui-ci est trop souvent réduit à sa seule dimension écologique, alors qu‘il devrait mettre en œuvre une approche globale où le développement durable, c’est-à-dire à long terme, n’est viable qu’en conciliant trois aspects indissociables : le respect de l’environnement, la justice sociale, la rentabilité économique. Car si le développement s’évalue de manière privilégiée dans le domaine économique, il s’apprécie aussi à la qualité des ressources humaines, à l’équité sociale, au bien-être des individus, mais aussi en termes d’environnement et de protection du milieu et des ressources naturelles. Mais lorsque la croissance conduit à une augmentation du produit national, mais aussi à un manque de repères identitaires, à de l’exclusion sociale ainsi qu’à une importante dégradation du milieu naturel, on peut sans doute parler de développement, mais assurément pas de développement durable. Est-il dès lors possible de concevoir une croissance qui s’assortirait en même temps d’un développement durable et général, c‘est-à-dire pas uniquement économique, qui permettrait d’assurer le mieux-être des hommes ? C’est pour cette raison que certains préfèrent parler de développement soutenable, entendant par-là ce que le milieu naturel pourrait supporter sur le long terme &#8211; ce qui revient à mettre l’accent sur la notion de durabilité (où il y a cohérence entre les besoins et les ressources naturelles globales sur le long terme) plutôt que sur la limite jusqu’à laquelle l’environnement supportera un développement économique sans dommage.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres, qui s’inspirent des travaux de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Georgescu-Roegen">Nicholas Georgescu-Roegen</a>, récusent la notion-même de développement durable et préfèrent parler de décroissance durable ou soutenable. Cette théorie est apparue à la suite d’une controverse sur la croissance du PIB. Ses tenants pensent que la croissance économique s’oppose aux valeurs qui devraient fonder la société occidentale en accentuant les déséquilibres Nord/Sud, l’inégalité sociale, la précarité et la pollution. Comme la planète ne peut soutenir le niveau de consommation actuel en particulier des pays riches, il est indispensable que les habitants de ces pays riches prennent conscience du déséquilibre économique et écologique planétaire et fassent une démarche volontaire pour voir baisser leur consommation de biens et d’énergie, ce qui doit passer, entre autres, par une politique accrue du recyclage.<em></em></p>
<p style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.dossiersdunet.com/rubrique14.html">dossiersdunet</a></em></p>
<hr />
<p style="text-align: right;"><em><a href="http://www.dossiersdunet.com/rubrique14.html"></a></em></p>
<h3 style="text-align: center;">par <a href="http://www.utopimages.org/index.php">Jean-Claude Decourt</a></h3>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;">Film sur la décroissance entièrement auto-produit.</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/decroissance.gif"><img class="alignright size-full wp-image-3747" title="decroissance" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/decroissance.gif" alt="decroissance" width="261" height="319" /></a>&lt;&lt; Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. C’est même la seule chose qui se soit jamais produite. &gt;&gt;</strong> <em>Margaret Mead</em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">Sur une planète finie, croissance infinie et « développement durable » sont impossibles, et la faiblesse de son audience est inversement proportionnelle à l’enjeu qu’elle représente.</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">20 % de la population mondiale consomme 86 % des ressources naturelles (dont la moitié a déjà disparue en un siècle&#8230; et il faudra quelques décennies seulement, pour épuiser le reste).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Non content de piller le bien commun, notre modèle économique fondé sur le développement exponentiel, détruit inexorablement la nature et l’homme, aggrave les inégalités, compromet gravement l’avenir des générations futures.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Pour sauver la planète bleue, notre unique et merveilleux vaisseau, pour retrouver notre humanité, il est urgent d’en finir avec le capitalisme et de commencer à &laquo;&nbsp;décroître&nbsp;&raquo;.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Décroître économiquement et vivre plus simplement, ne signifie pas revenir à l’âge de pierre. Il s’agit de réhabiliter toutes les dimensions humaines, de reprendre le contrôle de nos existences en compensant nos peurs et nos manques autrement que par la consommation, d’imaginer de nouvelles solidarités, de re-localiser industrie, agriculture et énergies, de se ré-approprier la politique pour décider collectivement, d’imaginer de nouveaux rapports aux autres et à la nature, de donner un sens à nos vies.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La décroissance est inéluctable, mais, nous parlons ici d’aller vers une décroissance choisie, une sobriété heureuse, des sociétés festives et fraternelles. Si nous n’y parvenons pas, le choc sera rude, des éco-totalitarismes imposeront alors &laquo;&nbsp;leur&nbsp;&raquo; décroissance, tentant vainement d’empêcher la barbarie. Nous avons encore le choix&#8230; et peu de temps !</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Et, quand bien même la Terre serait illimitée, nous serions contre la croissance, parce qu’elle détruit l’humain en nous.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous sommes bien plus que de simples &laquo;&nbsp;producteurs-consommateurs&nbsp;&raquo;. Travaillons moins, consommons moins, et à nous la vie !</p>
<p class="spip" style="text-align: center;"><!--more--></p>
<h3 style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/la-decroissance-un-modele-economique-d-avenir/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></h3>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p class="spip" style="text-align: center;"><strong>Simplicité volontaire et décroissance 1 (réflexions)</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: center;"><strong><em>Premier film (1h00) d’une série ( deux documentaires et une fiction ) </em></strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.utopimages.org/index.php">utopimages</a></em><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/la-decroissance-un-modele-economique-d-avenir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La cécité écologique</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-cecite-ecologique/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/la-cecite-ecologique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 19:50:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Spiritualité/Ésotérisme]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[Gaïa]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Monsanto]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[OGM]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[peur]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=3157</guid>
		<description><![CDATA[Par Michel Tarrier, le 20 mars 2009. « Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux. » (Karl Marx) « Le capitalisme a le pouvoir de transformer en drogue, immédiatement et continuellement, le venin qui lui est lancé au visage, et de s’en délecter. » (Bertolt Brecht) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;"><em>Par <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?auteur346&amp;PHPSESSID=e94f487da8e3df2110e86853b7f5edda" target="_blank">Michel Tarrier</a>, le 20 mars 2009.</em></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux. »</strong><br />
(Karl Marx)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Le capitalisme a le pouvoir de transformer en drogue, immédiatement et continuellement, le venin qui lui est lancé au visage, et de s’en délecter. »</strong><br />
(Bertolt Brecht)</p>
<div id="attachment_3158" class="wp-caption alignright" style="width: 350px"><img class="size-full wp-image-3158" title="exhortation-in-red-ring" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/exhortation-in-red-ring.jpg" alt="Illustration de Veer Munshi : &quot;Exhortation in red ring&quot;" width="340" height="414" /><p class="wp-caption-text">Illustration de Veer Munshi : &quot;Exhortation in red ring&quot;</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tout au long des trois derniers siècles, puis avec une acuité hors pair au fil des dernières décennies, prophète du progrès matériel, reniant toute connaissance intuitive et « illuminée », le mode occidental, l’américanisation et son image exportée, ont redéfini le monde autour d’eux.<br />
Si vivre, c’est &laquo;&nbsp;in primis&nbsp;&raquo; préférer et exclure, nous n’avons pas failli à cette interprétation.<br />
Le résultat est une désolation de la biosphère, une violation de ce monde et de nous-mêmes.<br />
Mais ceci n’est rien pour un système « mariole », fondé sur le déni, qui se gausse de tout parce qu’il a l’intime conviction que les richesses acquises dans un rapport de force des plus dégueulasses serviront de privilège à la survie.<br />
Par contre, une irréfutable leçon est donnée par le réchauffement climatique, plafonnement définitif de la notion de croissance, preuve par neuf de l’irréversibilité d’un développement empirique.<br />
C’est une claque bien méritée.<br />
Il en est donc fini de plastronner et Monsanto peut toujours envoyer sa police des gènes dans le champ du voisin qui n’avait rien demandé !<br />
Au moment où un maître du monde allait s’approprier les semences de la vie et en finir avec les abeilles et les coccinelles, dites bêtes à bon dieu, nous faisant, une fois de plus, accroire que c’était pour sauver l’humanité, le ciel nous tombe sur la tête.</strong></p>
<p align="justify">Originellement, toutes causes pouvant entraîner une crise écologique étaient évidemment naturelles. Présentement, la responsabilité anthropique se profile presque toujours à l’horizon, y compris dans ce que les journaux titrent complaisamment de catastrophes « naturelles ». Même quand la responsabilité humaine n’est pas le phénomène déclencheur, son influence suffit à conférer une plus grande amplitude au désastre. C’est un point de vue illustré par des exemples probants. Le 6 janvier 2007, une secousse de 3,1 sur l’échelle de Richter fut ressentie depuis la région suisse de Bâle jusqu’en Alsace. Elle faisait suite à un premier séisme de magnitude 3,4 datée du 8 décembre, suivi d’une réplique de magnitude 2,5 le 15 décembre suivant. Ces frémissements de l’écorce terrestre étaient liés à la construction d’une méga centrale géothermique. Les responsables ont reconnu que l’injection d’eau sous haute pression à 5000 mètres de profondeur avait provoqué ces secousses. Et reparlons des effets du dernier tsunami dans l’océan Indien, démultipliés par la dégradation côtière occasionnée par des activités spéculatives, spécialement la dommageable néantisation de la mangrove protectrice. Reparlons aussi des inondations meurtrières en Haïti ou à Madagascar, dont le déboisement et ses effets érosifs impliquent de violents lessivages ; sans omettre de citer les incendies forestiers répétitifs et sans commune mesure avec ceux naturels et sporadiques qui sont parfaitement salutaires aux écosystèmes. Il est ainsi très aisé de prédire les prochains cataclysmes favorisés par l’action humaine, et même d’en pronostiquer potentiellement l’impact de dangerosité. Nous avons tant l’habitude de jouer avec le feu que la politique de la terre brûlée est un symptôme chronique, presque familier. Stratégiquement, cette tactique de la terre brûlée est une solution de la dernière chance qui consiste à avancer en détruisant tout derrière soi, afin de ne donner aucune chance de ravitaillement à l’ennemi. Comble du crétinisme, notre ennemi est donc nous-mêmes ! On vient seulement de s’en apercevoir et de se rappeler que nous avons éthologiquement mal évolué depuis nos ancêtres les Gaulois. La sympathie que nous éprouvons pour Astérix tiendrait donc de l’effet nostalgique ?<span id="more-3157"></span></p>
<p align="justify">Les catastrophes naturelles doivent être interprétées afin de mesurer comment notre impact intentionnel y préside. Séismes, éruptions volcaniques, inondations, glissements de terrain, raz-de-marée, ouragans, tempêtes, incendies, canicules et tous phénomènes naturels de grande ampleur ayant une incidence destructrice, sont parties prenantes de nos actions, tant en amont qu’en aval. En amont, notre dégradation du milieu les induit ou les amplifie ; en aval, notre manque de prévoyance nous rend impuissants. Souvenons-nous, par exemple, des violentes et légitimes polémiques animées en leur temps par Haroun Tazieff, en matière d’absence de constructions antisismiques, ou de manque de prévision rationnelle en cas d’éruptions volcaniques. Maintenant que « nous savons », on peut s’interroger sur les raisons pour lesquelles nous nous acharnons allègrement à construire, puis reconstruire, des mégapoles en des sites exposés ? Si la pensée urbanistique des décideurs politiques se limite à la représentation du temps historique d’un mandat électoral, ou tout au plus de quelques générations, les géologues sont là pour les remettre dans la relativité géophysique. Si notre progrès à la fois détruit et ne permet pas de sauver par anticipation, il est vraiment délétère. L’habitude monothéiste à penser que la Nature est domesticable et domestiquée, taillable et corvéable à merci, a de lourdes conséquences. En matière de gouvernance environnementale, et de discrédit de l’autre sexe, de l’autre race, de l’autre espèce, le poids des religions fut vraiment celui d’une enclume. Quand ça tourne mal, c’est la légitimation morale de la sanction qui prend le relais de nos délinquances économiques et de nos coupables incompétences. On s’envole dans les égarements émotionnels, on se repend des fléaux que nous avons provoqués en invoquant malédictions et calamités d’une Terre en colère, on fait sortir de la trousse théologique un dieu courroucé et acariâtre comme s’il s’agissait d’une entité humaine ! <em>Deus ex machina</em> ! C’est l’Âge de fer, ou plus exactement un temps féodal et théocratique. Selon Michael Marcavage, directeur de l’organisation évangéliste <em>Repent America</em>, l’ouragan Katrina de 2005 était une « <em>action de Dieu</em> » visant à détruire « <em>une ville pécheresse</em> » où devait se tenir un festival homosexuel ! Quant à la vision du rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux israélien Shass, elle portait sur un châtiment de Dieu consécutif à l’approbation par George W. Bush d’un démantèlement des colonies juives de la bande de Gaza ! Les pertes occasionnées par l’ouragan portaient essentiellement sur le fait que la Nouvelle-Orléans, encerclée de trois côtés par l’eau, a été construite en dessous du niveau de la mer et que sa protection contre les inondations permanentes est assurée par un système de digues et de pompes dont la prévention était rendue inefficace par un manque chronique d’investissements, notamment au niveau des quartiers nécessiteux, tel le Lower Ninth Ward. Lors de la catastrophe, la pesanteur des secours apportés et la sempiternelle ségrégation raciale furent au banc des accusés. La grande majorité des victimes était les déshérités d’origine afro-américaine, sans possibilité de s’échapper, voire refoulés des supermarchés des quartiers blancs qui pouvaient leur servir d’abris. Un vrai désastre basé sur le mensonge et amplifié par les règles iniques du capitalisme.</p>
<p align="justify">Le sentiment de la crainte de Dieu, garant inventé de notre vie, fut probablement l’un des thèmes magistraux de la philosophie. De Kierkegaard à Heidegger, les philosophes s’en défendaient, avouant même en cherchant à s’en affranchir qu’ils n’en n’étaient pas indemnes. « <em>Avoir peur de Dieu, de la mort, de la maladie, de soi-même, n’explique en rien le phénomène de peur. La peur étant primordiale, elle peut être présente aussi sans ces objets</em> » disait Cioran. Et si au moins cette théologie de la peur et d’une punition divine nous enseignait implicitement l’obéissance aux lois de la Nature. Mais il n’en est rien et nous continuons à faire nos « <em>cochoncetés en toute quiétude sous prétexte qu’on nous a béni </em> », comme poétisait Léo Ferré. Spinoza argumentait déjà que, fondé sur l’opinion, l’objectif des religions était de tenir en respect les hommes. À l’aune d’une grande débâcle écologique, alors que la fête est finie, que les carottes sont cuites et que nous sommes tous perdants – y compris ceux qui, dans une espèce d’hébétude hilare et de prépondérance que leur confère le simple port d’un costard-cravate pensent encore tirer les ficelles &#8211; si l’on examine le comportement écologique, au moins des sociétés monothéistes, on constate que cette utilité sociale d’une règle collective a failli. On accepte donc de payer les pots cassés et on s’arrange avec la sanction. Nos recettes sont nulles et <em>Homo sapiens</em> <em>credulus</em> (et <em>perfidus</em>) a toujours fait un drôle de commerce, non seulement avec son dieu, mais aussi avec les lois naturelles. Il appréhende la catastrophe qu’il désigne comme naturelle sur le mode d’un pendant négatif du miracle, et fait la balance avec les deux. Mais à l’échelle de la Nature, la notion de destin, de fatalité bonne ou mauvaise, n’a aucun sens, les règles sont une constante. Il n’existe ni main de la providence, ni malheur, ni miracle, ni malédiction, ni bonne étoile, ni oiseau de mauvais augure, ni araignée du soir-espoir. Le déterminisme et son principe de causalités ne sont pas le fatalisme religieux. Les événements qui ont lieu dans la Nature et leurs conjonctures sont naturels, c’est tout !</p>
<p align="justify">Pour nous situer dans cette crispation écologique où nous sommes empêtrés, le mieux est de s’interroger sur la définition scientifique d’une telle crise. À la lettre, une crise écologique se manifeste lorsque le milieu de vie d’une espèce ou d’une population évolue sur un mode défavorable à sa survie. À la suite de modifications de facteurs abiotiques, par exemple d’ordre atmosphérique, l’environnement se dégrade, certaines ressources se tarissent. Ou bien ce sont les prédateurs dont la pression est trop marquée, ou bien encore la qualité de vie est hypothéquée par une acmé démographique (surpopulation). Spatialement, l’événement peut être local (marée noire, pollution d’un fleuve) ou global (réchauffement climatique). Son impact peut être parcellaire et restreint à un nombre de sujets, ou entraîner la disparition d’une espèce ou d’un groupe d’espèces (par exemple par anéantissement de l’habitat, comme c’est le cas pour les grands singes ou l’ours polaire ; ou encore par rupture de la chaîne alimentaire). Certaines grandes phases d’extinction ont vu l’éradication de la majorité des espèces vivant sur le globe. La biodiversité peut paradoxalement en sortir gagnante, lorsqu’une espèce territorialement exclusive libère sa niche écologique au profit d’une diversification. La durée d’une crise écologique est variable, d’un court laps de temps à des millions d’années. Sans produire une extinction finale, une crise écologique peut engendrer une vie difficile pour les survivants. Les affres que notre modernité impose aux peuples indigènes sont de cette catégorie. Un autre exemple est l’exode de populations ne jouissant plus des conditions adéquates de vie sédentaire ou souffrant de crises alimentaires (le cas d’école est le « suicide » collectif des lemmings). Ce sont les réfugiés de l’environnement, ou écoréfugiés, tels les Africains qui cherchent à accoster sur la rive européenne de la Méditerranée occidentale ou les Latino-américains que la pauvreté pousse, par le Mexique, à s’introduire aux États-Unis. Leur nombre est déjà évalué à 200 millions de personnes (<em>Source : Division de la population des Nations unies</em>), soit deux fois plus qu’en 1980. Il n’y en avait que 600 000 par an dans les années 1960 et leur augmentation sera exponentielle. Ils rejoignent d’autres migrants, ceux des pays en guerre, tels les 30 000 Somaliens qui, pour fuir les combats opposant les forces gouvernementales aux milices islamiques, accomplissent la périlleuse traversée du golfe d’Aden pour gagner, morts ou vifs, les côtes du Yémen où la mitraille des gardes-côtes yéménites les attend.</p>
<p align="justify">Notre crise offre le cumul de toutes les menaces d’ordres biotiques et abiotiques. Elle résulte d’une surpopulation, dominée par un système de castes et de caprices, d’une mainmise de technologies agressives et contraires aux moindres règles environnementales, d’un abus systématique d’usages illustré par une agriculture chimique et intensive qui décime les interdépendances qui nous régissent, le tout induisant une pollution à nulle autre pareille, un épuisement des ressources, une érosion galopante dont le corollaire est la désertification fatale. Il ne faut pas être très futé pour comprendre qu’un tel programme risque de faire la vie invivable à tous les Terriens, et participera à l’élimination progressive et sélective de la jeune espèce <em>Homo sapiens</em>. Comble de l’injustice pour les croyants de « bonne foi », ce seront les innocents qui se retrouveront les premiers dans la fournaise et ainsi, une fois de plus, un dieu reconnaîtra les « chiens ». La date inaugurale de ce point de non-retour pour la planète Terre serait 2050. Toutes les expertises aboutissent à cette période de milieu de notre siècle, prenant aussi en compte un événement aussi contraignant que celui de la fin de l’ère des énergies fossiles et de l’impossibilité de les remplacer à pareille échelle par des technologies alternatives. L’incontournable fascination de la croissance et du développement à tous crins, tout comme un mercantilisme porté aux nues, ont pavé le chemin qui mène au délitement planétaire. La locomotive économique sans rails écologiques n’ira pas beaucoup plus loin. Notre méconnaissance des équilibres de la Terre, nos désirs de conquêtes et d’expansion pour amasser, entasser, engranger avec cynisme et satisfaction, se retournent contre nous. Qu’avait-on appris à l’école, à l’université, au bordel, à la messe et devant le tube cathodique ? « <em>L’homme a détruit un à un les systèmes de défense de l’organisme planétaire </em> » constate Jean-Marie Pelt. Un tel constat n’empêche pas certains de continuer, en rayant ces arguments qui ne sont que des faits avérés et dont une partie de l’humanité souffre déjà cruellement. L’économie traditionnelle s’est construite sur une modélisation uniquement sociale, faisant fi du milieu écologique de notre espèce. La Terre n’était pas un grenier inépuisable, nos gestions minières des écosystèmes et des ressources étaient pour le moins erronées. Avec notre logique inversée, nos prétentions dérisoires, nous sortons perdants, les bras ballants, les yeux hagards, d’un face à face constant avec la Nature. La Terre était une île vivante, la théorie Gaïa et la marche homéostatique de la planète bleue, foyer tellurique de l’humanité, n’était pas un conte pour endormir les enfants prodiges mais pour réveiller les adultes attardés. Tout était dans tout et nous avons procédé en tranches, comme le charcutier du coin. Et des milliards de charcutiers, ça peut faire du mal à la planète ! Aujourd’hui, nous avons fait sauter la plupart des thermostats et nous sommes perdus. Il y a, entre la Terre-mère et chacun de nous, comme un cordon ombilical sacré. Et les terriens qui l’ont coupé sont des extraterrestres. Mais : « <em>L’homme a en lui le goût de détruire. Et ce n’est pas le prêchi-prêcha des bien-pensants qui mettra fin à cette malédiction que nous portons dans nos gènes&#8230; La saloperie humaine est la même partout. Fort de ce constat, je ne vois pas ce qu’on peut faire d’autre que d’injurier l’humanité, de dénoncer son absurdité et sa cruauté&#8230;</em> », écrit Patrick Declerck.</p>
<p align="justify">Le destin de l’île de la Natividad est un contre exemple à celui de l’île de Pâques, ou d’Haïti… À Trinidad, une modeste communauté autonome de 300 pêcheurs mexicains a pris les devants des quotas imposés par les autorités gouvernementales. Pêcheurs sous-marins à haut risque, ils ont aussi l’avantage d’exploiter l’ormeau, un coquillage univalve très rémunérateur parce que mets excellent et prisé. Après avoir, dans un premier temps d’aveuglement, surexploité son environnement, cette communauté a mis en place une politique de prélèvements régulés et de stricte préservation, créant ses propres réserves marines et une surveillance draconienne contre tout pillage. Par la sagacité de ses habitants, un site apparemment hostile est ainsi devenu un modèle de préservation environnemental et de gestion soucieuse des ressources, marines en l’occurrence. Il s’agit là d’une modélisation de ce que pourrait être une bienveillante dictature verte dont l’avènement (comment ?) serait le seul et unique recours pour mettre un terme à la gabegie mondiale. Mais un tel modèle ne nous intéresse qu’à la condition qu’il soit folklorisable, susceptible d’occuper le créneau télévisé d’un documentaire de bonne conscience entre deux pubs productivistes. Nous aurions trop à en craindre s’il venait à menacer globalement nos mauvaises manières.</p>
<p align="justify">Le constat n’est pas sans rappeler l’allégorie de la caverne de Platon, ces hommes immobilisés dans une grotte, tournant le dos à l’entrée et ne voyant que leurs ombres et celles projetées par des objets loin derrière eux. Écologiquement, cette impossible accession à la réalité, ce déni de l’évidence au nom des idées reçues, ne sont plus seulement métaphoriques, mais pure représentation. Plus les vitres de nos demeures sont grandes, plus nous sommes braqués sur un poste de télévision et moins nous percevons le paysage réel.</p>
<p align="justify">C’est de cette crise dont il est maintenant question. On peut toujours y ajouter un à-côté religieux et probabiliste, aller en chercher la prédiction dans une bible ou chez Nostradamus, cela ne change en rien que nous en sommes à la fois pleinement les auteurs et les victimes.</p>
<p align="justify">D’un point de vue social, le monothéisme engendre le fascisme, l’impérialisme et le capitalisme. D’un point de vue philosophique, il sous-tend la dichotomie, la dualité et l’absence de diversité. D’un point de vue psychologique, il génère des conceptions rigides, linéaires et figées. Et d’un point de vue agricole, il accouche de la monoculture et de la destruction de la diversité biologique. L’enseignement d’un anthropocentrisme révélé conduit donc, quelque part, à la négation même de la vie et d’un séjour pérenne de l’homme sur la Terre. On peut se questionner sur le pourquoi du succès des religions monothéistes !</p>
<p align="right"><em>(source: <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1145" target="_blank">LaRevueDesRessources.org</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/la-cecite-ecologique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La débâcle du monde : Quelles sont nos chances pour sur-vivre ?</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-debacle-du-monde-quelles-sont-nos-chances-pour-sur-vivre/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/la-debacle-du-monde-quelles-sont-nos-chances-pour-sur-vivre/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 14:54:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>karen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[entraide]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[ferme]]></category>
		<category><![CDATA[Gaïa]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[obama]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[peur]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2942</guid>
		<description><![CDATA[« Plutôt que d’interroger, nous nous interrogeons sur l’avenir de l’homme en général et de l’Occident en particulier puisque c’est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n’arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu’il est assoiffé de conquête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://www.carreno.monespace.be/fr/albums/Paysage/Colonisation_d__Orion.jpg" alt="" width="345" height="278" /><strong>« Plutôt que d’interroger, nous nous interrogeons sur l’avenir de l’homme en général et de l’Occident en particulier puisque c’est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n’arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu’il est assoiffé de conquête et de pouvoir, aveuglé par l’illusion de sa puissance, prônant l’argent pour Dieu. » L’Emir Abd El Kader dans &laquo;&nbsp;El Maoukef&nbsp;&raquo; (1860)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il est bien connu que les millénarismes ont eu pour but, entre autre, de faire émerger un &laquo;&nbsp;homme nouveau&nbsp;&raquo; dont le comportement moral serait plus exemplaire. Nous savons que &laquo;&nbsp;la terreur de l’an 1.000&#8243; a vu une frénésie de religion s’emparer des hommes qui s’accusant de tous les maux étaient convaincu que la fin du monde approchait , l’apocalypse et la parousie du Christ venant il fallait expier.</p>
<p style="text-align: justify;">Le XXe siècle, a été, pour la majorité des peuples des continents du Sud, celui de la tyrannie sous une forme ou sous une autre d’un Occident européen au fait de sa puissance, bardé de certitudes et imprimant au reste du monde sa marque : celle d’une façon de vivre où l’homme n’est plus au centre de la préoccupation mais un rouage, en un mot : un produit marchand.</p>
<p style="text-align: justify;">Fait nouveau, cette façon de vivre débridée fait du gaspillage des ressources de la Terre, forcément limitées, l’alpha et l’oméga du progrès. Tragique erreur s’il en est ! la Terre proteste et nous le fait savoir par des signes de plus en plus récurrents : les perturbations climatiques.</p>
<p style="text-align: justify;">« Mardi 23 septembre 2008, écrit Frédéric Joignot, retenez cette date. Ce fut &laquo;&nbsp;le jour du dépassement&nbsp;&raquo;, le earth overshoot day de l’année. La date où la population humaine a épuisé les ressources produites en un an par le mince manteau vivant qui enveloppe la Terre, la biosphère ou écosphère. Depuis, nous allons au-delà de ce que la planète nous offre, de sa biocapacité. Comment identifions-nous ce mardi fatal si précisément ? <br />
 Pour le calculer, Global Footprint Network compare le rythme auquel, chaque année, la nature produit des ressources &#8211; aliments, combustibles, etc. &#8211; et assimile les déchets, et le rythme auquel l’humanité consomme ces ressources et produit des déchets. Quand nous excédons les possibilités terrestres, nous atteignons &laquo;&nbsp;le jour du dépassement&nbsp;&raquo;.<br />
 Le premier, selon l’ONG, est tombé le 31 décembre 1986. En 1996, il se situait début novembre. En 2007, le 6 octobre. Aujourd’hui, le 23 septembre. Et dans dix ans ? Notre crédit terrestre s’épuise &#8211; après le crédit bancaire ».(1)</p>
<p style="text-align: justify;">« Les chercheurs évaluent &laquo;&nbsp;l&#8217;empreinte écologique&nbsp;&raquo; d’Homo sapiens en hectares terrestres. L’OCDE en donne cette définition : &laquo;&nbsp;La mesure de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée.&nbsp;&raquo; Nous avons largement dépassé notre quota, globalement. La Terre ne peut aujourd’hui offrir que 1,78 hectare global (hag) par habitant. Or, la consommation mondiale actuelle exige 2,23 hag productifs. Et les calculs montrent que si l’ensemble de la population humaine adoptait aujourd’hui le mode de vie des Européens et des Américains &#8211; voitures, eau chaude à volonté, viande chaque jour, énergies fossiles à la demande&#8230; -, il lui faudrait disposer en surface de quatre à cinq planètes Terre. »</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes donc avertis, nous épuisons les ressources annuelles de la Terre plus rapidement qu’elles ne se constituent. Notre démographie n’est-elle pas la cause de nos malheurs écologiques, mais aussi politiques, sociaux, militaires, comme l’affirmait déjà l’austère Thomas Malthus&#8230; en 1798 ? qui affirmait que la population humaine croît de façon exponentielle (2, 4, 8, 16, 32&#8230;) et les ressources, de manière arithmétique (1, 2, 3, 4, 5&#8230;). Inévitablement, nous irions vers l’épuisement des biens, la famine, la guerre de tous contre tous. L’empreinte écologique, le réchauffement qui s’accélère combinés à une croissance forte de la population ne ramènent-ils pas l’humanité à une situation « malthusienne » &#8211; une spirale tragique ?</p>
<p style="text-align: justify;">Prenez Ted Turner, fondateur de la chaîne d’actualités CNN, il déclarait en avril 2008 sur la chaîne PBS : « Nous sommes trop nombreux. Voilà pourquoi nous avons le réchauffement climatique. [...] Tous les habitants de la planète doivent s’engager à avoir un ou deux enfants, c’est tout. [...] Ne pas contrôler la population est un suicide. » Cette angoisse peut aussi être amplifiée par des mensonges modernes sur l’invasion venue du Sud surpeuplé. Mais, contredisant cette démagogie, un rapport publié en 2004 par le département des affaires économiques et sociales de l’ONU (World Population to 2300) indique que les immigrés venus des pays pauvres contribueront pour 4% à la croissance démographique des pays développés d’ici à 2050 &#8211; aujourd’hui pour 3% -, ce qui rajeunira une Europe vieillissante ».(1)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aurons-nous assez de ressources pour nous nourrir ?<span id="more-2942"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des angoisses et des peurs, la véritable grande question posée par le peuplement sera celle des ressources : les pays, les sols, la Terre pourront-ils nourrir &#8211; et supporter &#8211; une population de 9 ou 10 milliards d’habitants ? <br />
 Aujourd’hui, 850 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde. Les agronomes rappellent combien, depuis un demi-siècle, sans se soucier des populations locales, les pays du Nord ont financé les cultures d’exportation des pays du Sud &#8211; le coton, l’herbage d’élevage -  au détriment des cultures vivrières. Ces politiques néocoloniales ont ruiné l’agriculture de ces pays, avec l’aide de gouvernements autoritaires et corrompus. Encore une fois nous voyons un colonialisme postcolonial qui continue à faire de la « colonie » devenue formellement indépendante un appendice de la métropole qui aspire les ressources aussi bien physiques et depuis quelque temps aussi les rares cerveaux formés dans ces Suds épuisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport 2008 de l’OCDE, Perspectives de l’environnement à l’horizon 2030, est aussi alarmiste que la FAO. Il nous promet, en l’absence d’une politique mondiale volontariste, un avenir très désagréable.</p>
<p style="text-align: justify;">Un réchauffement de 1,7°C à 2,4°C en 2050 &#8211; prévision basse. Sécheresse, tempêtes, inondations, destruction des infrastructures. L’accroissement du stress hydrique pour 3 milliards d’humains, une eau mal répartie. Une pollution accrue de l’air. La croissance de la population humaine est-elle la cause première des fléaux annoncés ? Les experts de l’OCDE répondent : « Les pressions exercées sur les ressources naturelles et l’environnement ne proviennent pas du nombre d’habitants mais de leurs habitudes de consommation. »(1)</p>
<p style="text-align: justify;">On l’aura compris : le malheur viendra des modes de vie dépensiers occidentaux, des politiques industrielles, des égoïsmes nationaux, de comportements que nous pourrions changer. Selon le rapport 2008 de l’Agence internationale de l’énergie (World Energy Outlook 2008), nous passerons de 700 millions de voitures à 1.400 millions qui rouleront encore au pétrole en 2030, émettant plus de 10 milliards de tonnes de C02 qui vont stationner dans l’atmosphère et mettront 120 ans pour disparaitre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le changement climatique est en marche, cette course vers l’abîme a déjà ses victimes dans les pays démunis. Les pays industrialisés font des reformettes qui ne régleront pas le problème de fond qui est celui de donner un coup de frein rapide à l’utilisation des énergies fossiles en développant les énergies renouvelables avant que le changement ne soit irréversible. Le président Obama semble l’avoir compris mais en aura-t-il les moyens ? Sera-t-il suivi ? La crise financière et un pétrole bradé à 40 dollars sont en train de compromettre le recours urgent aux énergies renouvelables. Il est à craindre que ce seront les pays vulnérables qui ne se sont pas apprêtés qui en subiront les conséquences tragiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette détérioration de plus en plus accélérée du mode de vie n’a pas jailli du néant. Elle a été consacrée par la nouvelle forme de colonisation du monde appelée indifféremment néocolonialisme ou postcolonialisme. Le colon n’a plus de présence physique, il se contente de gérer à distance au nom de la dictature du marché, du libéralisme sauvage et d’une mondialisation que l’on nous disait inéluctable. Autre conséquence tragique, le marché n’a pas laissé intacts les fondements des sociétés. En ce temps de « délitement des valeurs » que l’on pensait immuables, beaucoup de certitudes ont été ébranlées. Le capital symbolique qui a été sédimenté et qui part par pans entiers sous les coups de boutoir du marché du libéralisme fruit d’une mondialisation sans éthique. Les sociétés qualifiées il y a si longtemps de « primitives » sont en train de perdre leur identité sous la pression d’un Occident qui série, catalogue et dicte sa norme.(2)</p>
<p style="text-align: justify;">L’Occident ne se contente pas d’imposer sa vision du monde à la fois par la science et la force, il s’attaque depuis quelques années aux identités. Au moment où même dans les pays occidentaux et à des degrés divers les nations luttent pour ne pas perdre leur identité, les pays du Sud sont en train de perdre leurs dernières défenses immunitaires constituées par leurs traditions ancestrales. Cette désymbolisation du monde mise en évidence par Dany Robert Dufour est en train de pénétrer en profondeur le tissu social. <br />
 A juste titre, la mondialisation et le néolibéralisme peuvent être tenus pour responsables de cette débâcle planétaire. Dans ce monde de plus en plus incertain, l’individu éprouve le besoin d’un retour à des « valeurs sûres » qui lui font retrouver une identité ethnique voire religieuse que la modernité avait réduite.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, un autre dégât est la fameuse « perte de repères chez les jeunes », induite par la précarité de la vie temporelle et spirituelle, n’a alors rien d’étonnant : Il est, cependant, illusoire de croire que quelques leçons de morale à « l’ancienne » même dans les pays où la tradition et la religion tentent encore de maintenir la structure sociale, pourraient suffire à enrayer les dommages causés par le libéralisme.(2) De ce fait, une servitude attend l’individu- sujet. C’est l’asservissement au marché, au libéralisme sauvage.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Pierre Bourdieu, le libéralisme est à voir comme un programme de « destruction des structures collectives » et de promotion d’un nouvel ordre fondé sur le culte de « l’individu seul mais libre ». Le néolibéralisme vise à la ruine des instances collectives construites de longue date par exemple, les syndicats, les formes politiques, mais aussi et surtout la culture en ce qu’elle a de plus structurant et de ce que nous pensions être pérennes(3). <br />
 La valeur intrinsèque de l’individu est indexée sur sa valeur marchande. Voilà le monde que nous propose l’Occident du &laquo;&nbsp;money-théisme&nbsp;&raquo;<strong>. </strong>La valeur symbolique, écrit le philosophe Dany-Robert Dufour, est ainsi démantelée au profit de la simple et neutre valeur monétaire de la marchandise de sorte que plus rien d’autre, aucune autre considération (morale, traditionnelle, transcendante&#8230;), ne puisse faire entrave à sa libre circulation(4)</p>
<p style="text-align: justify;">La crise est aujourd’hui une réalité concrète pour tous les citoyens de la planète. Elle nécessite des changements radicaux pour mettre fin au néolibéralisme qui vient de nous mener au bord du gouffre. Pourtant, que ce soit les plans de relance décidés par les gouvernements des différents pays, ou les conclusions du premier Sommet du G20 qui s’est tenu à Washington en novembre dernier, les gouvernements et les financiers semblent plus soucieux de sauver le système que de répondre véritablement aux enjeux de la crise. Voilà donc la planète des consuméristes.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos valeurs n’en sont pas sortis indemnes pour autant. Même dans les pays industrialisés cette course vers le profit a démantelé toutes les conquêtes sociales. Ainsi en France et comme l’écrivent Patrick Braouezec et Michel Onfray « (&#8230;) Retirer toutes les protections collectives, l’en-commun qui permet à chacun d’être concepteur et acteur d’un avenir humain partagé, pour livrer les individus, marchandises parmi d’autres, au service d’une économie mondialisée conçue comme source de profits financiarisés bien davantage que comme moteur de progrès. (..) L’économie ne saurait se résumer à la course au profit, au mépris des hommes et de la civilisation ; et que tout système économique et politique, pour avoir un avenir, se doit de porter un mouvement de l’humanité vers le progrès. (&#8230;) Le refus de la marchandisation générale, y compris de l’homme, est non seulement le fondement d’un humanisme contemporain, mais est aussi indispensable au mouvement de la société si on considère que ses évolutions ont pour but d’améliorer toujours la condition humaine. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chaque fois que l’organisation sociale a nié l’homme, la civilisation a reculé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« A l’inverse, les avancées de civilisation émancipatrices sont toujours le résultat de conquêtes gagnées dans les luttes et les révoltes populaires. »(5)</em> Comment sauver la planète et tous ses habitants ? Toute l’argumentation de remise en cause des vertus de la croissance, mesurée sur la base de l’évolution du produit intérieur brut (PIB), n’a de sens que dans les pays du capitalisme avancé, où existe dans certaines classes sociales assez d’aisance matérielle pour rêver d’autres paradis. <br />
 Vue dans une perspective mondiale, la décroissance est une préoccupation de riches, une petite minorité &#8211; dans sa très grande candeur, elle s’inquiète parfois de voir tous les Chinois posséder un automobile, sans aller jusqu’au bout de sa pensée : on maintient le reste du monde en sous-développement pour sauver la « planète » ? Il s’agirait, entend-on, de proclamer avec force que l’argent ne fait pas le bonheur, qu’il y a autre chose dans la vie que l’accumulation de biens matériels.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est naturellement faire abstraction des couches sociales qui, de plus en plus larges, peinent à joindre les deux bouts, qui n’ont d’autre choix que mal manger, mal se vêtir et mal se loger. Le remède miracle : le bien-être, notion subjective s’il en est. Il ne faudrait plus « maximiser » la croissance, mais le bien-être et le bonheur. Avec raison en 1997, Pierre Bourdieu avec sa lucidité coutumière se posait la question « des coûts sociaux de la violence économique et avait tenté de jeter les bases d’une économie du bonheur. »(6) C’est en fait de cela qu’il s’agit : le bonheur est-il indexé, &#8211; comme en Occident &#8211; sur la possession toujours plus boulimique des biens matériels ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ne devons-nous pas chercher une autre façon d’être heureux en consommant mieux ? en consommant moins ?. Ce qui passe , naturellement , par le partage pour éviter un bouleversement irréversible de la vie sur Terre, notre seule et unique Terre, à moins de faire comme une compagnie américaine qui vend des lots de terrain&#8230;sur la Lune !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Par </strong><strong><a class="liste_article_titre" href="http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=8669" target="_blank"><strong>chems eddine Chitour</strong></a></strong>, le vendredi 13 mars 2009.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 100%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<p style="text-align: justify;"><em>(1) Frédéric Joignot. Sommes-nous trop nombreux ? Le Monde 09.01.09 <br />
 (2) Chems Eddine Chitour : L’Occident et la désymbolisation du monde. Site mille babords 23/12/2006<br />
 (3) Pierre Bourdieu. « Le néolibéralisme comme révolution conservatrice », 1997, in Interventions 1961-2001, Agone, 2002. <br />
 (4) Dany Robert Dufour : L’Art de réduire les têtes, Editions Denoël, Paris. 2003. <br />
 (5) Patrick Braouezec et Michel Onfray, Une politique de régression. Le Monde du 21.01.08<br />
 (6) Pierre Bourdieu. L’essence du libéralisme, le Monde diplomatique mars 1998. Pr Chems Eddine CHITOUR Ecole Polytechnique Alger</em></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52881" target="_blank">agoravox.fr)</a></em> <a href="http://terresacree.org/" target="_blank"><br />
 </a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/la-debacle-du-monde-quelles-sont-nos-chances-pour-sur-vivre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le mythe du capitalisme à visage humain</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/le-mythe-du-capitalisme-a-visage-humain/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/le-mythe-du-capitalisme-a-visage-humain/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2009 15:31:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Idée]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[échange]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[observation]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2903</guid>
		<description><![CDATA[Extraits du deuxième bulletin Sortir de l&#8217;Économie : Existe-t-il une économie à visage humain ?   Extrait p 4. On connaissait déjà le contenu des dialogues entre les derniers des musiciens sur le pont du Titanic économique, sur le mode du « Comment allez-vous, madame Economie ? Très bien, le prix de la conscience est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Extraits du deuxième bulletin</span></span><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"> <a href="http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/" target="_blank">Sortir de l&#8217;Économie</a> :<br />
 <strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/existe-t-il-une-economie-a-visage-humain.pdf" target="_blank">Existe-t-il une économie à visage humain ?</a></strong></span></span></span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Extrait p     4.</span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><img class="alignright size-full wp-image-2920" title="Un capitalisme à visage humain" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/un-capitalisme-a-visage-humain.jpg" alt="Un capitalisme à visage humain" width="334" height="303" /></span></strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">On connaissait déjà le contenu des dialogues entre les     derniers des musiciens sur le pont du Titanic économique, sur le mode du <strong>« Comment allez-vous, madame Economie ?     Très bien, le prix de la conscience est déjà fortement à la hausse »</strong> : la marchandisation des pollutions par l’écocapitalisme cherchant à s’acheter une bonne conscience en compensant les émissions polluantes des pays du Nord par des transferts technologiques en vue des futures « non-émissions » des pays du Sud, se porte en effet à merveille. On voit aussi apparaître l’idée d&#8217;« un marché de crédits biodiversité », comme il existe un marché de crédits carbone pour lutter contre le réchauffement. L’idée serait de</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">payer</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">des « projets de compensation »  pour des dommages infligés à un environnement par la construction d’infrastructures (autoroutes, étalement urbain, etc.), selon « une grille fixant le prix d’un hectare de prairie, de forêt ou de zone humide ». Cette « grille » fixant la valeur de chaque habitat-type existe déjà aux Etats-Unis, où par exemple la destruction d’un hectare d’habitat à crevettes d’eau douce vous coûtera 290.000 euros. <strong>L’ingénierie     et la marchandisation environnementale tournent donc à plein régime.</strong></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><strong><br />
 </strong></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Mais la marchandisation des pollutions n’est pas seulement à l’oeuvre dans les cénacles du G8, elle est aussi à l’oeuvre dans les rangs de la militance écologiste et des économistes en chef de l&#8217;altermondialisme. Car finalement le boycott des «grandes surfaces» et de certaines «marques» pour mieux privilégier quelques formes de « commerce éthique » pour lequel on encouragera la consommation, n’est qu’un « nouveau » mode d’action qui cache une croyance naïve en la possibilité d’un capitalisme à visage humain, quand il ne fait pas de la consommation une forme d’action politique : <em>« Acheter, c’est     voter! »</em>, ce qui est le summum finalement de l’esprit marchand voulant faire jouer la concurrence, <em>« si vous n’aimez pas les pollutions, vous     achèterez »</em> et autre <em>« j’achète, donc je pense »</em>. Non seulement l’« alternative » repose simplement sur l’idée de faire toujours jouer la concurrence,     mais <strong>on marchandise aussi les mutilations incommensurables à la vie infligées par les nuisances écologiques ainsi que la simple décence de conditions de travail, par un autre calcul des prix de toujours la même mise en équivalence universelle</strong>. Et de plus en plus d’argent s’éloigne alors des sentiers battus pour s’en aller irriguer les circuits économiques « alternatifs » d’une supposée économie à visage humain. La consomm’action n’est que l’avant-garde de la mutation éco-capitaliste. <strong>Mais  partout le fluide du fric s’insinue par les moindres fissures qui s’entrouvrent à la longue dans le Rideau de fer de nos vies.</strong></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">(…)</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br />
 </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Extrait p     8.</span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">L’écologie des alternatifs est finalement l’avant-garde de l’écologie machinique de demain qui taxe, qui réglemente, qui sur-organise, qui fait décroître, partout la lutte contre les nuisances écologiques passent par leur mise en valeur, et comme toujours, «l’extension accélérée du marché oblige à y inclure, donc à tarifer ce qui lui échappe encore. Car dans la mesure où certains biens essentiels dont nul ne se préoccupe restent gratuits, ils sont exploités sans mesure. Pas besoin de se gêner puisqu’ils ne coûtent rien. C’est ainsi que la clarté des rivières, le silence des villes, l’azur de la Méditerranée, menacés de disparition, manqueront un beau jour à l’industrie elle-même. Il devient donc urgent d’en faire le décompte et d’en fixer la valeur, et la seule qui soit reconnue de tous [par nos écologistes machiniques comme alternatifs] est celle qui s’exprime en francs. Il va falloir déterminer les coûts, les indemnités à payer aux particuliers, à l’Etat et aux industriels eux-mêmes. C’est d’autant plus urgent que ce qui était donné par la nature doit être désormais fabriqué à grands frais. <strong>Demain les produits les plus chers seront l’air, l’eau, la mer ou les plages     épurées, recomposées à force de raffinements scientifiques et chimiques.</strong> La fabrication des éléments ou paysages qu’on avait autrefois pour rien sera sans doute l’industrie la plus     puissante, donc celle qui procure les plus gros profits ».<span id="more-2903"></span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br />
 </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<div style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt;">
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; padding: 0cm; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br />
 Note sur les noix de lavage et leur « commerce équitable » (p 5.)<br />
 </span></strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">« On a vu arriver sur les marchés européens, depuis quelques années, un nouveau “produit miracle” : les noix de lavage venues des Indes qu’on utilise aussi bien en lessive qu’en savon ou shampoing… De quoi s’agit-il ? De noix produites par des « arbres à savon » (Sapindus Mukorossi), actuellement sauvages, dans certains états des Indes (l’Imachal Pradesh par exemple). Azimuts-Artisans du Népal, entreprise bien connue du commerce équitable, nous précise qu’un “collecteur” achète les noix aux paysans, après cueillette manuelle, pour les revendre à un grossiste qui va permettre de fournir la demande locale (en incorporant ces noix à des lessives chimiques). Que les habitants de ces états disposent ainsi d’un produit de lavage accessible, relativement écologique, fort bien. Qu’on développe cette activité économique pour fournir un marché européen (qui ne demande pas tant !) pose certains problèmes éthiques, économiques et sociaux autant qu’écologiques. En effet, les conséquences économiques, sociales humanitaires locales, à très court terme sont parfaitement prévisibles :<br />
 &#8211; développement pour l’exportation d’une ressource vivrière sauvage<br />
 &#8211; mise en culture, sans nécessité locale ni régionale<br />
 &#8211; tendance à la monoculture d’exportation (type quinoa, café, thé, sucre…) et déséquilibre régional<br />
 &#8211; déperdition des ressources similaires dans les pays importateurs (le saponaire en Europe, par exemple)<br />
 &#8211; effet pervers d’une “mode”, d’une “tendance” : d’autant plus que ces noix de lavage ont un résultat sensiblement éloigné de nos lessives européennes produites localement et sans danger pour l’environnement… Quand les bobo en auront assez des noix de lavage que restera-t-il aux Indiens de l’Himalaya… ?</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">L’importation en Europe de ces noix de lavage (avec l’aberration écologique que constitue son transport) relève très exactement de la fausse “bonne” idée qu’on peut assimiler à du néo-colonialisme ».</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Patrice de Bonneval, <em>Faites vos cosmétiques et vos shampoings</em>, éditions de l’Encyclopédie d’utovie, 2006, p. 40-41.<br />
 </span></p>
</div>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Extrait p. 6 à propos     du &laquo;&nbsp;minimum vital&nbsp;&raquo;.</span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="background: yellow none repeat scroll 0% 0%; font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Le capitalisme     n’est pas né de lui-même, mais du travail. C’est le salaire qui a déterminé le profit.</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Le salaire porte en lui un renoncement tel au droit de consommation, que je trouve absolument utopique vouloir l’utiliser à l’agencement de l’égalité économique. Le salaire qui a fondé l’asservissement de l’homme ne saurait, en toute honnêteté, participer à sa libération.<br />
 </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">[Gaston BRITEL],</span> <em><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">La foire aux ânes ou de l’abolition du     salariat</span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">, éditions Le Coquelicot, 2007, p. 40-41     et p. 27.</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Extrait p.     20</span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">(…) <span style="background: yellow none repeat scroll 0% 0%;">se  rapportant donc à une mesure d’équivalence générale et universelle, c’est-à-dire à l’argent, ce qui est reconnu n’est en rien ce travail à chaque fois particulier, il n’est qu’un travail quelconque, universel et général, c’est le « travail social nécessaire » d’un individu abstrait de toutes individualités, particularités et situations (grand, fort, peu costaud, timide, malheureux, mal réveillé, etc.) à effectuer cette dépense de force vivante : c’est un « travail mort » ou abstrait qui est seulement reconnu car général puisque sans rapport avec le vécu</span> (voir ci-dessous « Aliénation idéologique ou aliénation réelle ? »). La valeur des marchandises échangées devant s’équivaloir pour permettre l’acte achat/vente, les travaux contenus dans chacune de ces marchandises doivent aussi être équivalents.</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Encart p.     19</span></strong></p>
<div style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt;">
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; padding: 0cm; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br />
 Aliénation idéologique ou réelle ?<br />
 </span></strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">« Le travail abstrait n’est pas une généralisation mentale, mais une réalité sociale, une abstraction qui devient réalité. Nous avons vu que, si toutes les marchandises doivent être échangeables entre elles, le travail contenu dans les marchandises doivent également être immédiatement échangeable. Il peut l’être seulement s’il est égal dans toutes les marchandises, s’il s’agit toujours du même travail. Le travail contenu dans une marchandise doit être égal au travail contenu dans toutes les autres marchandises. Dans la mesure où ils se représentent dans la valeur, tous les travaux valent seulement comme ‘‘dépenses de la force humaine de travail’’. Leur contenu concret est effacé, ils se valent tous. Ce n’est pas une opération purement mentale : en effet, leur valeur se représente dans une forme matérielle, la valeur d’échange, qui dans les conditions plus évoluées prend la forme d’une quantité déterminée d’argent. L’argent représente quelque chose d’abstrait – la valeur -, et il le représente en tant qu’abstrait. Une somme d’argent peut représenter n’importe quelle valeur d’usage, n’importe quel travail concret. Là où la circulation des biens est médiatisée par l’argent, l’abstraction est devenue bien réelle. On peut ainsi parler d’une ‘‘abstraction réelle’’. L’abstraction de toute qualité sensible, de toutes les valeurs d’usage, n’est pas un résumé mental, comme lorsqu’on fait abstraction des genres différents d’animaux pour parler de ‘‘l’animal’’ qui pourtant n’existe pas en tant que tel ».<br />
 A. Jappe, Les Aventures de la marchandise, p. 44-45.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">On sait pourtant que la compréhension nominaliste du fétichisme, conçu comme simple superstructure de « dispositifs » idéologiques, linguistiques, imaginaires, épistémologiques, etc. – et que par exemple J.-C. Michéa va rechercher jusque dans l’ « anthropologie pessimiste » de la philosophie politique du XVIIe siècle -, reste la perspective de l’ensemble des critiques actuelles de l’économie, de la «reconnaissance» d’Axel Honneth (La réification. Petit traité de théorie critique, Gallimard, 2007), en passant par Baudrillard et sa « syntaxe poétique » ou la « décolonisation de l’imaginaire » de S. Latouche, sans parler de ceux qui imaginent qu’il suffirait d’une simple critique de l’économisme pour l’équilibrer avec des paramètres écologiques, politiques ou sociaux, ou d’un rebond de la conscience et de la morale pour que la « baudruche économique » se dégonfle. <strong>Ce n&#8217;est pas parce qu’on change notre représentation du monde, que le monde change pour autant : ce n’est pas la conscience, l’imaginaire, etc., qui sont colonisés par une vision utilitariste des rapports humains ; c’est bien parce que l’échangisme marchand et son travail abstrait ont partout concrètement colonisé la possibilité même de la vie</strong>, que le monde n’est plus celui des représentations renversées, mais celui de la réalité renversée.</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; padding: 0cm;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
</div>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><em><span style="font-size: 10pt; color: maroon; font-family: Verdana;">Notre  époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre.</span></em> <span style="font-size: 10pt; color: maroon; font-family: Verdana;">[Raoul VANEIGEM]</span> <strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/nous-qui-desirons-sans-fin.pdf" target="_blank"><span style="color: #000080;">Nous qui désirons sans fin</span></a></span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Avant  de clore et afin de répondre à tout commentaire, il me semble utile d&#8217;ajouter ce petit extrait de la page 3 du deuxième bulletin</span></span> <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><a href="http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/" target="_blank">Sortir de  l&#8217;Economie</a> :  <strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/existe-t-il-une-economie-a-visage-humain.pdf" target="_blank">Existe-t-il une économie à visage humain ?</a></strong></span></span></span><span style="font-family: Verdana;"><a href="http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><br />
 </span></span></span></a></span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Mais quelle que soit la difficulté à respirer librement dans l’étouffoir de la cocotte minute planétaire qui ne cesse de monter en pression à chaque flambée du pétrole et des matières premières, <strong>nous n’avons pas besoin d’attendre d’être sortis de ce monde-là pour commencer à le critiquer sur ces bases, et au-delà des polémiques, ouvrir des débats politiques sur la nature des « compromis alternatifs » proposés et que nous devons passer &#8211; on est bien d’accord &#8211; avec lui.</strong> La rencontre chaotique de ce que nous pensons et ce que nous faisons est à ce prix là, et ce n’est avec le sentiment d’aucun plaisir que nous pouvons critiquer ici des amis, là des personnes respectables et des alternatives dans lesquelles nous avons été ou sommes encore, impliqués. <strong>Il s’agit donc en restant <span style="text-decoration: underline;">constructif</span> et pour ouvrir d’<span style="text-decoration: underline;">autres     champs</span> de lutte possibles, de mettre à jour les <span style="text-decoration: underline;">insuffisances</span>, les <span style="text-decoration: underline;">limites</span> mais aussi les     <span style="text-decoration: underline;">possibilités</span>, d’une critique passée et d’un autre faisceau de critiques</strong> qui a su ces dernières années se donner une certaine publicité – dans     tous les sens du terme.</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><em>(source: <a href="http://ploutopia.over-blog.com/article-28812694.html" target="_blank">ploutopia.over-blog.com</a>)</em></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><em><br />
 </em></span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/le-mythe-du-capitalisme-a-visage-humain/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La publicité peut nuire gravement à l’environnement</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-publicite-peut-nuire-gravement-a-l-environnement/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/la-publicite-peut-nuire-gravement-a-l-environnement/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2009 17:45:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2773</guid>
		<description><![CDATA[Publicité et Environnement Mais que fait le BVP ? (Bureau de Vérification de la Publicité) (Cet article est issu de L&#8217;Alliance, regroupement d&#8217;ONGs soutenant des actions communes dans l&#8217;espoir de construire un nouveau monde). De plus en plus de publicités font une utilisation abusive et mensongère de l&#8217;argument écologique en vantant les qualités écologiques d&#8217;activités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><span style="font-size: large;"><strong> <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/icone-environnement.gif"><img class="alignright size-full wp-image-2779" title="icone-environnement" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/icone-environnement.gif" alt="icone-environnement" width="267" height="251" /></a>Publicité et Environnement</strong></span></p>
<p align="center"><span style="font-size: large;"><strong>Mais que fait le <a href="http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_de_v%C3%A9rification_de_la_publicit%C3%A9" target="_blank">BVP</a></strong></span><a href="http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_de_v%C3%A9rification_de_la_publicit%C3%A9"><span style="font-size: large;"><strong> ?</strong></span></a></p>
<p align="center"><span style="font-size: large;">(<strong>B</strong>ureau<strong> </strong>de<strong> </strong><strong>V</strong>érification<strong> </strong>de la<strong> </strong><strong>P</strong>ublicité) </span></p>
<p><em>(Cet article est issu de <strong><a href="http://www.lalliance.fr" target="_blank">L&#8217;Alliance</a></strong>, regroupement d&#8217;ONGs soutenant des actions communes dans l&#8217;espoir de construire un nouveau monde).</em></p>
<p><strong>De plus en plus de publicités font une utilisation abusive et mensongère de l&#8217;argument écologique en vantant les qualités écologiques d&#8217;activités et de produits en réalité polluants. Cet usage abusif trompe le consommateur sur la réalité du produit et vient à l&#8217;encontre des efforts des associations pour l&#8217;inciter à consommer de manière plus responsable.</strong></p>
<h1><span style="font-size: large;">Notre constat :<br />
 L&#8217;abus de l&#8217;argument écologique par le secteur publicitaire et un contrôle très insuffisant</span></h1>
<p>De plus en plus de publicités font une utilisation abusive, voir mensongère, de l&#8217;argument écologique en vantant les qualités écologiques d&#8217;activités et de produits en réalité polluants. Cet usage, qui trompe le consommateur sur la réalité du produit, a plusieurs conséquences :</p>
<ul type="disc">
<li>Le consommateur n&#8217;est pas orienté vers les produits les plus      écologiques et ne change pas ses comportements de consommation ;</li>
<li>Les entreprises ne changent pas vraiment leurs produits et      services et se contentent d&#8217;y ajouter une touche écologique qui sera mise      en valeur via la publicité ;</li>
<li>Cette situation vient à l&#8217;encontre des efforts de      sensibilisation faits par les associations de protection de      l&#8217;environnement pour changer nos comportements de consommation.</li>
</ul>
<p>Ces problèmes revêtent une gravité particulière à l&#8217;heure des grands bouleversements écologiques que connaît notre planète (changement climatique, disparition des espèces, impacts prévisibles sur les populations humaines&#8230;), alors même que les habitudes actuelles de consommation dans nos pays riches sont la raison principale de ces problèmes (gaspillages, pollutions, déchets, boulimie énergétique&#8230;).</p>
<h2>Sur la base de ce constat, deux questions ont émergé :</h2>
<p>D&#8217;une part, se pose la question de la réalité de l&#8217;engagement des entreprises en faveur du développement durable : telle grande marque de détergent vantera sa lessive utilisable à froid comme moins consommatrice d&#8217;énergie (ce qui est vrai), mais sans faire de vrai effort sur sa formule, toujours aussi polluante pour les milieux aquatiques (Ariel), alors que la marque Ecovert arrive à de bien meilleurs résultats.</p>
<p>D&#8217;autre part, la question, qui découle de la première, est celle de la réalité du contrôle des publicités mis en place par le secteur publicitaire lui-même.</p>
<p>Le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP) assure l&#8217;autodiscipline de la profession publicitaire en France. Mais pour les raisons suivantes, le BVP n&#8217;empêche pas de nombreuses publicités de véhiculer un discours trompeur :</p>
<ul type="disc">
<li>Il s&#8217;agit d&#8217;une structure juge et partie</li>
<li>L&#8217;adhésion au BVP est facultative et, sauf pour les      publicités télévisées, il ne contrôle que les publicités qui lui sont      soumises volontairement</li>
<li>Le secteur publicitaire ne respecte pas suffisamment sa      propre déontologie professionnelle</li>
<li>Le contrôle par le BVP du respect de cette déontologie est      insuffisant</li>
<li>Les avis du BVP sur les publicités qui lui sont soumises sont      non contraignants</li>
<li>Le BVP n&#8217;a pas de vrais moyens de coercition et de sanction</li>
<li>Le BVP n&#8217;a pas de responsabilité juridique quant aux avis      qu&#8217;il donne</li>
</ul>
<h2>Les objectifs de l&#8217;Alliance, en réaction à ce constat :</h2>
<ul type="disc">
<li>De mettre fin à l&#8217;usage infondé de l&#8217;argument écologique dans      les publicités</li>
<li>D&#8217;obtenir un changement de comportement des annonceurs et des      publicitaires</li>
<li>D&#8217;obtenir une réforme en profondeur du système de contrôle      des publicités</li>
<li>De faire prendre conscience de l&#8217;impact général de la      publicité sur l&#8217;environnement : surconsommation, pollution, incitation à      des comportements non écologiques&#8230;<span id="more-2773"></span></li>
</ul>
<h1><span style="font-size: large;">Argument écologique et blanchiment écologique des entreprises.</span></h1>
<h2><span style="font-size: medium;">Qu&#8217;est-ce que l&#8217;abus de l&#8217;argument écologique ?</span></h2>
<p>L&#8217;argument écologique permet de vanter dans une publicité ou sur un emballage les caractéristiques écologiques d&#8217;un produit ou service, ou ses avantages pour la protection de l&#8217;environnement. Du fait de l&#8217;engouement actuel pour des produits plus respectueux, d&#8217;une part, cela permet d&#8217;orienter le consommateur dans ses choix, et d&#8217;autre part, cela pousse les entreprises à innover pour modifier leur offre.</p>
<p>Or, depuis quelques années, de plus en plus de produits et services sont présentés comme &laquo;&nbsp;écologiques&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;protégeant la nature&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;protégeant l&#8217;environnement&nbsp;&raquo;, alors que l&#8217;intérêt du produit ou du service pour la nature est minime, voire inexistant. C&#8217;est d&#8217;autant plus critiquable que l&#8217;argument écologique est très utilisé pour les produits et par les entreprises les plus polluants : voitures, produits chimiques, sociétés pétrolières&#8230;</p>
<p>Cela s&#8217;appelle faire du blanchiment écologique ou de la &laquo;&nbsp;désinformation verte&nbsp;&raquo; (greenwashing en anglais), parce que cela donne une aura écologique à des entreprises et à des produits qui ne le sont pas.</p>
<h2><span style="font-size: medium;">La conséquence immédiate de l&#8217;abus de l&#8217;argument écologique :</span></h2>
<p>Instaurer le doute et la confusion dans l&#8217;esprit du consommateur sur ce qui est vraiment écologique et sur ce qui ne l&#8217;est pas. Or, il est devenu aujourd&#8217;hui impératif de changer nos comportements de consommation, ainsi que le comportement des entreprises.</p>
<p>Le blanchiment écologique a donc pour effet de contrer les efforts de sensibilisation faits en ce sens par les associations.</p>
<p>Outre l&#8217;usage du mot &laquo;&nbsp;écologique&nbsp;&raquo;, il y a d&#8217;autres manières de faire du blanchiment écologique par la publicité.</p>
<p>Par exemple, il s&#8217;agira de présenter le produit ou service vanté dans un cadre naturel et sain. Ainsi, les véhicules 4 x 4 sont généralement présentés au bord d&#8217;une rivière ou sur une plage. La loi interdit toute forme de publicité représentant un véhicule circulant en dehors des voies autorisées, car ce serait inciter les gens à des comportements illégaux et non-écologiques. Mais le juge interprète restrictivement ce texte en estimant qu&#8217;un véhicule qui semble garé le long d&#8217;un cours d&#8217;eau ne circule pas. C&#8217;est pourquoi vous remarquerez que les 4 x 4 sont représentés sans conducteurs, sauf lorsqu&#8217;ils sont sur une route !</p>
<p>Plus pernicieux encore, le message à double sens. Ainsi, la campagne actuelle de Total met en avant les moyens que l&#8217;entreprise alloue à la recherche d&#8217;énergies renouvelables : la moitié de l&#8217;image représente des éoliennes, ce qui laisse penser que Total investit une part importante de son activité dans cette activité, alors que Total ne possède que 5 éoliennes. Son slogan, &laquo;&nbsp;pour vous, notre énergie est inépuisable&nbsp;&raquo; est une insulte aux associations de protection de l&#8217;environnement qui luttent depuis des décennies contre cette croyance d&#8217;une terre inépuisable. En procédant ainsi, Total détourne le regard du consommateur de son activité principale, extrêmement polluante (le pétrole). Or, Total ne cache pas <a href="http://www.total.com/fr/responsabilite-societale-environnementale/d" target="_blank">sur son site Internet</a> son intention d&#8217;aller jusqu&#8217;à épuisement de la ressource en pétrole.</p>
<p>A souligner aussi, la campagne écologique dont la réalisation a nécessité des moyens tout sauf écologiques. Ainsi, la dernière campagne d&#8217;EDF qui axe sa campagne sur la pénurie prochaine des ressources fossiles, avec pour slogan &laquo;&nbsp;Pour les générations futures, développons les énergies de demain&nbsp;&raquo; : tournée à l&#8217;Ile de Pâques, la campagne a exigé des déplacements en avions fortement émetteurs de CO2, première cause du réchauffement climatique. Vous avez dit cohérence ?</p>
<h1><span style="font-size: large;">Une structure d&#8217;autodiscipline inefficace</span></h1>
<h2><span style="font-size: medium;">1) Un organisme interprofessionnel d&#8217;autodiscipline juge et partie</span></h2>
<p>Le <a href="http://www.bvp.org/" target="_blank">Bureau de Vérification de la Publicité</a> est une association loi 1901 chargée de l&#8217;autodiscipline du secteur publicitaire en France. Ceux qui en sont membres édictent les règles déontologiques et en assurent le respect.</p>
<p>Notre avis : il s&#8217;agit donc <strong>d&#8217;une structure à la fois juge et partie</strong>.</p>
<p>Mission du BVP : selon l&#8217;article 1 des statuts de l&#8217;association, de &laquo;&nbsp;<em>mener une action en faveur d&#8217;une publicité loyale, véridique et saine dans l&#8217;intérêt des professions intéressées, des consommateurs et du public</em>&laquo;&nbsp;. Pour cela, il :</p>
<ul type="disc">
<li>Élabore des codes de déontologie</li>
<li>En assure le respect</li>
</ul>
<p>Objectif non dissimulé de l&#8217;autodiscipline : éviter toute réglementation plus contraignante de la part des pouvoirs publics.</p>
<p>Notre avis : C&#8217;EST REUSSI !! Les pouvoirs publics français se satisfont vraisemblablement de ce système d&#8217;autodiscipline sans trop y mettre le nez. Ce système est très utilisé en Europe, sous des formes variées. Mais contrairement à la France qui se contente d&#8217;encadrer la publicité par une réglementation très générale en laissant au juge de soin de l&#8217;interpréter, certains États, comme la Suède pour la publicité pour enfant, posent un cadre plus strict. C&#8217;est donc que cela est possible.</p>
<h2><span style="font-size: medium;">2) Le financement du BVP par le secteur publicitaire : une bonne idée à garder précieusement</span></h2>
<p>Il est assuré à 80 % par les cotisations des adhérents, le reste étant issu de la facturation du service des avis avant diffusion de la publicité télévisée. Le budget annuel du BVP a été de 2,3 M d&#8217;euros en 2005.</p>
<p>Notre avis : MAIS QUELLE BONNE IDEE !! Le financement par la cotisation des membres doit être maintenu, même si le contrôle devait devenir légal et obligatoire (comme nous le demandons plus loin). En effet, pourquoi faire peser sur les finances publiques, et donc le citoyen, un service de contrôle généré par une activité (très) lucrative ?</p>
<h2><span style="font-size: medium;">3) Les membres du BVP : et vive le volontariat !</span></h2>
<p>Le BVP fonctionne sur le volontariat : l&#8217;adhésion au BVP n&#8217;est pas obligatoire. Il compte à ce jour 800 membres, principalement les entreprises issues du secteur publicitaire : annonceurs, agences et conseils en publicité, supports et régies de publicité ;</p>
<p>L&#8217;adhérent s&#8217;engage à :</p>
<ul type="disc">
<li>Respecter le droit et la déontologie publicitaire ;</li>
<li>Suivre les conseils du BVP ;</li>
<li>Modifier ou retirer toute publicité litigieuse ;</li>
<li>Participer à la chaîne de responsabilité des professionnels      de la communication en exigeant la même déontologie de ses partenaires.</li>
</ul>
<p>Notre avis : La réalité de cet engagement est remise en cause par les associations de l&#8217;Alliance. Il suffit de voir notre palmarès de publicités et de lire la suite de ce document.</p>
<h2><span style="font-size: medium;">4) Les organes du BVP : le secteur publicitaire y siège&#8230;tout seul.</span></h2>
<p>Outre un conseil d&#8217;administration et une assemblée générale, au sein desquels seul le secteur publicitaire siège, le BVP a mis en place deux organes qui participent à l&#8217;autodiscipline, mais en ne donnant que des avis consultatifs, c&#8217;est à dire non contraignants pour le BVP.</p>
<p>Le comité d&#8217;éthique : créé en décembre 2005, il a pour mission d&#8217;évaluer l&#8217;efficacité de l&#8217;autodiscipline et d&#8217;aider le BVP à ajuster sa déontologie au regard de l&#8217;évolution sociale. Son premier rapport (2005) donnait un avis concernant le respect de la personne humaine et les minorités visibles.</p>
<p>Aucun expert concernant la question environnementale n&#8217;y siège !!</p>
<p>La commission de concertation des associations de consommateurs : réunissant les associations de consommateurs agréées et des professionnels de la publicité, elle a pour mission de faire des propositions pour améliorer l&#8217;autodiscipline et est depuis peu consultée en amont de la rédaction des Recommandations.</p>
<p>Mais elle n&#8217;est que consultée et n&#8217;a pas de pouvoirs réels. De plus, il semblerait que les associations de consommateurs n&#8217;y siègent plus beaucoup, faute de réels pouvoirs.</p>
<p>Les associations de protection de l&#8217;environnement ne sont pas consultées concernant l&#8217;argument écologique et le blanchiment écologique.</p>
<p>Notre avis : L&#8217;autodiscipline est souvent présentée par les professionnels comme un instrument plus efficace que la loi et qui répondrait mieux aux attentes des consommateurs. Ces allégations n&#8217;ont jamais été prouvées et sont contredites par les associations de consommateurs.</p>
<p>En effet, aucun critère, aucun instrument de mesure n&#8217;existe pour qualifier la pertinence des systèmes d&#8217;autorégulation et leur supposée supériorité face aux dispositions législatives. Il est indispensable que l&#8217;autodiscipline fasse désormais l&#8217;objet d&#8217;une évaluation indépendante. Ce rôle d&#8217;évaluation devrait être joué par les pouvoirs publics, dépositaires de la légitimité démocratique, ainsi que par les associations.</p>
<p>L&nbsp;&raquo;autorégulation peut être un élément du dispositif de régulation, à condition d&#8217;être établie en concertation avec les pouvoirs publics et les associations. Elle devient alors une véritable co-régulation.</p>
<p>En effet, l&#8217;actuel système n&#8217;est pas un vrai système de co-régulation, car les associations n&#8217;interviennent qu&#8217;à titre consultatif. Dans le cas de la co-régulation, l&#8217;autorégulation devient légale et obligatoire (ex : ordres des médecins ou des avocats) et les associations sont associées au contrôle à tout ses stades. La loi peut aussi prévoir que les pouvoirs publics approuvent les codes de conduite, ou en vérifient le respect. Cette autorégulation concertée avec les autorités publiques est de plus en plus recherchée en Europe.</p>
<p>L&#8217;existence d&#8217;une co-régulation n&#8217;exclut pas que l&#8217;on puisse parallèlement ou ultérieurement avoir recours à la loi pour encadrer la publicité dans tous les domaines concernés (enfants, obésité, argument santé&#8230;). On ne devrait donc pas accepter que les instances de l&#8217;autodiscipline s&#8217;opposent systématiquement à tout projet réglementaire, mais plutôt s&#8217;accorder sur une bonne complémentarité entre les outils d&#8217;encadrement.</p>
<p>En France, la co-régulation État/secteur publicitaire fonctionne déjà partiellement (fort bien, selon le BVP) pour la publicité télévisée (délégation des pouvoirs du CSA) ou pour l&#8217;image de la personne humaine en publicité (avec le Ministère de la Parité).</p>
<h2><span style="font-size: medium;">Nos objectifs :</span></h2>
<ul class="unIndentedList">
<li> Mettre fin à l&#8217;usage infondé de l&#8217;argument écologique dans les publicités.</li>
<li> Obtenir une limitation et un encadrement des publicités pour les produits les plus polluants ou les plus énergivores.</li>
<li> Obtenir une réforme en profondeur du système de contrôle des publicités.</li>
<li> Obtenir à cet effet la mise en place d&#8217;un organisme public indépendant doté de l&#8217;autorité et des moyens nécessaires pour sanctionner les dérives de la publicité, notamment en matière d&#8217;environnement.</li>
<li> Obtenir un changement de comportement des annonceurs et des publicitaires.</li>
<li> Faire prendre conscience de l&#8217;impact général de la publicité sur l&#8217;environnement : surconsommation, pollution, incitation à des comportements non écologiques. </li>
</ul>
<h1><span style="font-size: large;">Analyses et critiques de publicités récentes&#8230; et les plus exemplaires</span></h1>
<h2><span style="font-size: medium;">Les règles du jeu</span></h2>
<ul class="unIndentedList">
<li> Chaque publicité est commentée selon plusieurs paramètres : </li>
<li> La publicité est examinée au regard des Recommandations déontologiques du BVP en matière d&#8217;arguments écologiques (ci-après recommandations écologiques) et des Recommandations développement durable. Nos commentaires se fondent donc sur la propre déontologie professionnelle du secteur publicitaire.</li>
<li> Des documents scientifiques viennent apporter un supplément d&#8217;information en indiquant soit : </li>
<li> La réalité polluante ou énergivore du produit ou service vanté comme écologique ;</li>
<li> Que l&#8217;information indiquée dans la publicité est incomplète ou erronée.</li>
<li> D&#8217;autres documents d&#8217;expertise apportent des informations sociologiques, économiques, et des liens Internet.</li>
<li> Chaque annonceur dont la publicité est ici commentée a été personnellement interpellé, ainsi qu&#8217;un certain nombre d&#8217;agences de publicité et les organismes professionnels représentant le secteur (BVP, UDA, AACC&#8230;).</li>
</ul>
<hr size="2" />
<h2><a name="Les_transports"></a>Les voitures</h2>
<p><em>&laquo;&nbsp;La publicité doit être exempte (&#8230;) de toute incitation à des comportements préjudiciables (&#8230;) à la protection de l&#8217;environnement.</em>&laquo;&nbsp;Article 4 du décret 92-280 du 27 mars 1992, pris pour l&#8217;application des articles 27 et 33 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 sur les principes généraux définissant les obligations des éditeurs de services en matière de publicité, de parrainage et de télé-achat (Modifié par Décret 2001-1331 2001-12-28 art. 2 JORF 29 décembre 2001).</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Aucune publicité ne peut représenter des comportements contraires à la protection de l&#8217;environnement sans correctif positif, non plus qu&#8217;inciter à des comportements contraires à la protection de l&#8217;environnement&nbsp;&raquo;.</em> Article 2-14 des Recommandations écologiques du BVP.</p>
<p>Faire de la publicité pour une voiture, n&#8217;est-ce pas inciter à avoir un comportement préjudiciable à l&#8217;environnement ?Forte émettrice de gaz à effet de serre, consommatrice d&#8217;énergies fossiles non renouvelables, occupant une grande partie de l&#8217;espace public, au détriment d&#8217;autres modes de déplacement comme le vélo ou les transports en commun, la voiture a tout pour plaire&#8230;et pour devenir illégale (au moins dans la publicité), si le législateur prend enfin en main cette problématique.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les conséquences environnementales et sociales des rejets massifs de CO2 dans l&#8217;atmosphère sont connues (GIEC, rapport 2001) : augmentation des températures moyennes, élévation du niveau des mers, nature et biodiversité en danger, fonte des glaciers, événements météorologiques extrêmes plus fréquents et/ou intenses (canicules, cyclones), risques sanitaires accrus, sécurité alimentaire en péril, exodes, etc.</p>
<p>En France, c&#8217;est la Loi du 30 décembre 1996 sur l&#8217;air et l&#8217;utilisation rationnelle de l&#8217;énergie (dite loi LAURE) qui introduit dans la législation le CO2 comme polluant. Même le Ministère des transports classe le CO2 parmi les polluants.</p>
<p>Non seulement le CO2 est un polluant, mais il est aussi un gaz toxique à partir d&#8217;un certain seuil.</p>
<p>Or, les rejets de CO2 figurant sur les publicités sont sous évalués à cause d&#8217;un mode de calcul ne correspondant pas à la réalité de l&#8217;usage du véhicule (climatisation, vitesse, accessoires).<br />
 En réalité, il existe un décalage d&#8217;environ 20 à 25 % entre les chiffres officiels présentés sur les publicités et les taux réellement constatés dans le cadre d&#8217;un usage réel du véhicule.</p>
<p>Ainsi, en France, selon le climat, les véhicules climatisés consomment sur une année entière entre 3 et 5% de carburant en plus. Il est donc anormal que la climatisation puisse encore être un argument de vente.</p>
<h3>1) Le CO2 est un polluant et un gaz toxique !</h3>
<p>Concernant le CO2, on parle de pollution globale ou mondiale.</p>
<p>Les détracteurs qui minimisent ou même contestent la réalité du dérèglement climatique utilise souvent cet argument fallacieux : le CO2 ne serait pas un polluant. Au niveau mondial, la controverse est vive et on retrouve sans surprise derrière les partisans du « CO2 non polluant » l&#8217;administration Bush.</p>
<p>En Europe, les choses sont très claires. Selon la Directive européenne 96/62/CE, un polluant est une substance introduite directement ou indirectement par l&#8217;homme dans l&#8217;air ambiant et susceptible d&#8217;avoir des effets nocifs sur la santé humaine et l&#8217;environnement dans son ensemble.<br />
 La réalité du changement climatique est aujourd&#8217;hui scientifiquement établie et les conséquences environnementales et sociales des rejets massifs de CO2 dans l&#8217;atmosphère sont connues (GIEC, rapport 2001) : augmentation des températures moyennes, élévation du niveau des mers, nature et biodiversité en danger, fonte des glaciers, événements météorologiques extrêmes plus fréquents et/ou intenses (canicules, cyclones), risques sanitaires plus accrus, sécurité alimentaire en péril, exodes, etc.</p>
<p>En France, c&#8217;est la Loi du 30 décembre 1996 sur l&#8217;air et l&#8217;utilisation rationnelle de l&#8217;énergie (dite loi LAURE) qui introduit dans la législation le CO2 comme polluant avec notamment :</p>
<ul type="disc">
<li>son article 2, codifié à l&#8217;article L 220-2 du code de      l&#8217;environnement : « Constitue une pollution atmosphérique au      sens de la présente loi l&#8217;introduction par l&#8217;homme, directement ou      indirectement, dans l&#8217;atmosphère et les espaces clos, de substances ayant      des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé      humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer      sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à      provoquer des nuisances olfactives excessives. »</li>
<li>son article 24, codifié à l&#8217;article L. 8-A du code de la      route : « Art. L. 8-A. -Les véhicules doivent être construits,      commercialisés, exploités, utilisés, entretenus et, le cas échéant,      réparés de façon à assurer la sécurité de tous les usagers de la route et      à minimiser la consommation d&#8217;énergie, la création de déchets non      valorisables, les émissions de substances polluantes, notamment de dioxyde      de carbone, visées à l&#8217;article 2 de la loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996      sur l&#8217;air et l&#8217;utilisation rationnelle de l&#8217;énergie ainsi que les autres      nuisances susceptibles de compromettre la santé publique .»</li>
</ul>
<p><strong>Pour l&#8217;ADEME, le CO2 est logiquement un gaz polluant et figure dans <a href="http://www.ademe.fr/autodiag/transports/car_lab/carlabelling/EnjeuAir.asp" target="_blank">un tableau récapitulatif officiel des gaz polluants</a>.</strong></p>
<p>Même le Ministère des transports pourtant réputé peu enclin aux pamphlets écologiques classe le CO2 dans les polluants.</p>
<p>Non seulement le CO2 est un polluant mais (l&#8217;erreur est souvent faite) il est aussi un gaz toxique à partir d&#8217;un certain seuil.</p>
<p>La concentration actuelle en CO2 dans l&#8217;air est de 380 ppm (0,038 %). Au-delà d&#8217;une concentration de 1000 ppm (0,1 %), le CO2 est un facteur déclenchant de l&#8217;asthme ou du syndrome des bâtiments humides. Mais c&#8217;est surtout à partir du seuil de 0.5% que le CO2 devient réellement toxique comme l&#8217;indiquent <a href="http://www.inrs.fr/htm/intoxication_par_inhalation_de_dioxyde_de_carbone.html" target="_blank">les fiches toxicologiques de l&#8217;INRS</a>. C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour cette raison que les principales agences sanitaires mondiales, à l&#8217;exception de la France, ont limité le seuil maximum d&#8217;exposition professionnelle au CO2 à 0.5%.</p>
<p>Du fait des rejets très importants des véhicules ou des industries, les niveaux de CO2 atteints dans les villes, peuvent dépasser ce seuil d&#8217;alerte, notamment quand les conditions météorologiques sont défavorables à la dilution de ce gaz. Par exemple, à Bordeaux en été, des mesures ont montré pendant quelques jours des concentrations en CO2 supérieures à 0.8 % (soit 20 fois plus que la concentration normale)</p>
<p>À forte concentration, le CO2 présente même un risque mortel pour l&#8217;homme (concentration supérieure à 10% et durée d&#8217;exposition supérieure à 10 minutes).</p>
<h3>2) Les rejets de CO2 figurant sur les publicités sont sous évalués à cause d&#8217;un mode de calcul ne correspondant pas à la réalité de l&#8217;usage du véhicule.</h3>
<p>Les chiffres d&#8217;émissions de CO2 figurant sur les publicités en gramme de CO2/km (obligation provenant de la Directive européenne 1999/94/CE) en minuscule dans la série des éléments techniques sont mesurés selon une base normalisée correspondant à un cycle de conduite standard. Pourtant, celle-ci exclut la mise en route des accessoires de sécurité et de confort et le respect des limitations de vitesse. On sait pourtant qu&#8217;un accessoire comme la climatisation engendre lors de son fonctionnement une surconsommation assez importante de carburants (voir paragraphe suivant). Quant aux limitations de vitesse, on sait très bien qu&#8217;elles ne sont pas toujours respectées, loin s&#8217;en faut. Au final, ce double constat conduit à un décalage assez net estimé à -20 à 25 % entre les chiffres officiels présentés sur les publicités et les taux constatés dans le cadre d&#8217;un usage réel.(sources : <em>A mMcNutt, B.D., et al., Comparison of EPA and On-Road Fuel Economy � Analysis Approaches, Trends and Imports, SAE Paper 820788, June 1982. Ets Bonin, S., Estimated Fuel Consumption Rates from Laboratory and On-Road Tests, 1994-1996: First Results with NaNPVUS+, Technical Memorandum No. N99-0393a, Natural Resources Canada, March 2000.</em></p>
<h3>3) Bannir la climatisation comme argument de vente</h3>
<p>Les 3/4 des véhicules neufs vendus sont à présent équipés de la climatisation du fait d&#8217;une politique commerciale agressive (« la climatisation pour un euro de plus »).</p>
<p>Premièrement, l&#8217;ajout de cet équipement de confort commence par alourdir le poids du véhicule, et donc sa consommation de carburant, que la climatisation soit utilisée ou non. Ensuite, son fonctionnement augmente très fortement la consommation : + 31% en ville et + 16 sur route/autoroute pour un véhicule essence, + 35% en ville et + 20% sur route/autoroute pour un véhicule diesel. (Source : <a href="http://www.ademe.fr/htdocs/publications/publipdf/clim_auto.htm" target="_blank">La climatisation automobile : impacts consommation et pollution</a>)</p>
<p>En France, selon le climat, les véhicules climatisés consomment ainsi sur une année entière entre 3 et 5% de carburant en plus, ce qui accroît d&#8217;autant leurs émissions de CO2. De surcroît, le fluide frigorigène présent dans les équipements de climatisation est aussi un GES, le R134a, 1300 fois plus puissant que le CO2 : les fuites qui se produisent pendant la durée de vie de l&#8217;équipement (usage, maintenance, accidents) ou après (non-récupération) augmentent encore la contribution de la climatisation au dérèglement climatique. Au total, un véhicule de gamme moyenne voit ainsi ses émissions de GES augmenter de 10 à 15% du seul fait de la climatisation. Signalons enfin que les consommateurs auront de moins en moins le choix d&#8217;échapper à la clim&#8217; puisque progressivement c&#8217;est l&#8217;ensemble du parc automobile français qui en sera équipé. L&#8217;ADEME estime que 2/3 du parc sera équipé en 2010 et 9/10 en 2020.</p>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/jeep_ours.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/jeep-grand-cherokee.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2784" title="jeep-grand-cherokee" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/jeep-grand-cherokee.jpg" alt="jeep-grand-cherokee" width="201" height="292" /></a></p>
<p>Jeep Grand Cherokee</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Les 4*4 sont, en   moyenne, les véhicules particuliers mis sur le marché qui émettent le plus de   CO2 : 223 g de CO2/km (les berlines : 141 g de CO2) &#8211; Chiffre Ademe 2005. La   Jeep Grand Cherokee rejette 255 g de CO2/km (de plus, elle est équipée de la   climatisation qui n&#8217;est pas intégrée dans le calcul).</p>
<ul type="disc">
<li>1. Jeep Grand Cherokee &#8211; Le message est un grand        classique : « <em>L&#8217;homme a toujours rêvé d&#8217;apprivoiser la Nature </em>».        En effet, les vendeurs de 4&#215;4 représentent systématiquement leur        véhicule dans la nature et son conducteur comme un aventurier ou sportif        très proche d&#8217;une Nature sauvage qu&#8217;il est possible de maîtriser,        d&#8217;humaniser voire d&#8217;asservir. Même le nom du véhicule donne une touche        &laquo;&nbsp;sauvage&nbsp;&raquo; au produit.</li>
</ul>
<p>Or, non seulement l&#8217;homme ne maîtrisera rien s&#8217;il   ne réduit pas significativement ses émissions de GES (occurrence d&#8217;événements   météorologiques extrêmes type canicule, cyclones, inondations, etc.) mais en   plus, il risque de détruire l&#8217;environnement et faire disparaître de   nombreuses espèces (dont peut être l&#8217;ours). Une étude parue dans la revue   Nature affirme que le changement climatique pourrait provoquer la disparition   de plus d&#8217;un million d&#8217;espèces d&#8217;ici 2050. Entre 15 et 37 % des espèces   terrestres seraient ainsi menacées d&#8217;extinction.</p>
<p>En représentant le véhicule en présence d&#8217;un   élément de la nature (ici l&#8217;ours, mais aussi la mer ou une forêt), cette   publicité ainsi que les deux suivantes ne respectent pas l&#8217;article 2-12 des   recommandations écologiques.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/land_rover_surf.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/freelander.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2785" title="freelander" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/freelander.jpg" alt="freelander" width="204" height="263" /></a></p>
<p>Freelander de Land Rover</p>
</td>
<td valign="top">
<ul type="disc">
<li>2 .Land Rover Freelander &#8211; Le slogan : « <em>Imaginez        un nouvel horizon </em>» est quelque peu annonciateur mais pas forcément        dans le bon sens. Il est redouté une élévation du niveau moyen des        océans d&#8217;environ 50 cm d&#8217;ici 2100, les saisons seront déréglées, le        cycle de l&#8217;eau perturbé et les évènements extrêmes plus intenses        (cyclones). En représentant le véhicule en pleine mer, cette publicité        ne respecte pas les articles 2-12 et 2-14 des recommandations écologiques.        (Cf. les explications ci-dessus et ci-après)</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/land_rover_magellan.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/freelander-magellan.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2786" title="freelander-magellan" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/freelander-magellan.jpg" alt="freelander-magellan" width="202" height="300" /></a></p>
<p>Freelander Mageland de Land Rover</p>
</td>
<td valign="top">
<ul type="disc">
<li>3. Land Rover Freelander Mageland &#8211; &laquo;&nbsp;Trouvez        le chemin même s&#8217;il n&#8217;y en pas&nbsp;&raquo;. La représentation d&#8217;un 4&#215;4 hors        des voies de circulation autorisées est interdite par la loi (Article        L362-4 du code de l&#8217;environnement), car ce serait inciter les gens à des        comportements illégaux et non-écologiques. Mais le juge interprète        restrictivement ce texte en estimant qu&#8217;un véhicule qui semble garé le        long d&#8217;un cours d&#8217;eau ne circule pas. C&#8217;est pourquoi vous remarquerez        que les 4 x 4 sont représentés sans conducteurs, sauf lorsqu&#8217;ils sont        sur une route ! Ce texte de loi qui n&#8217;arrive pas à jouer son rôle        serait en cours de modification.<br />
 Quoiqu&#8217;il en soit, en incitant à utiliser un véhicule hors des voies de        circulation autorisées, cette publicité, ainsi que les deux précédentes        ne respectent par l&#8217;article 2-14 des recommandations écologiques qui        interdit (Cf. les explications ci-dessus et ci-après).</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/peugeot_fleurs.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/peugeot-206.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2787" title="peugeot-206" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/peugeot-206.jpg" alt="peugeot-206" width="206" height="138" /></a></p>
<p>Peugeot 206</p>
</td>
<td>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité,   ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer   des vertus écologiques que le produit ne posséderait pas&nbsp;&raquo; </em>(art. 2-12 des recommandations   écologiques du BVP).</p>
<p><strong>SANS COMMENTAIRE.</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/peugeot_poumons.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/peugeot-307.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2788" title="peugeot-307" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/peugeot-307.jpg" alt="peugeot-307" width="201" height="154" /></a></p>
<p>Peugeot 307 Hdi</p>
</td>
<td>
<p>Cette pub   pour la 307 Hdi (diesel) ne mise pas que sur les arguments &laquo;&nbsp;Nature&nbsp;&raquo;   mais aussi sur les illusoires effets positifs de   l&#8217;achat et l&#8217;usage du véhicule sur notre santé, en l&#8217;occurrence les poumons.   De qui se moque-t-on ?</p>
<p>Plusieurs   choses sont contestables :</p>
<ol type="1">
<li>Il est reconnu scientifiquement que les véhicules diesel rejettent des micro-particules        provoquant de nombreux décès par maladies cardio-pulmonaires. Une        étude de l&#8217;AFSSE datant de 2004 montre que le nombre total de décès dû        aux particules fines dans l&#8217;atmosphère (provenant essentiellement des        moteurs diesel) est évalué à 31 700 morts en 2000 en France (à méditer si        on compare aux 30 000 morts causés par le tabac ou aux 7 000 décès des        accidents de la route). La présence de deux poumons d&#8217;apparence saine        sur cette pub est inadmissible.<br />
 <strong>Cela va à        l&#8217;encontre des recommandations écologiques du BVP : art 1.2</strong><strong><br />
 Cela va à l&#8217;encontre de la recommandation        Développement Durable du BVP : art 1.1.1, art 1.2.5</strong></li>
<li>L&#8217;argument écologique mis en avant est        le CO2, or cela n&#8217;a rien à voir avec les micro-particules. Le        message n&#8217;est pas clair du tout. <br />
 <strong>Cela va à        l&#8217;encontre des recommandations écologiques du BVP : art 2.1</strong><strong><br />
 Cela va à l&#8217;encontre de la recommandation        Développement Durable du BVP : art 1.1.1</strong></li>
<li>99,9 % d&#8217;émissions de CO2 en moins ! Ce        chiffre est faux, quelle que soit son interprétation.        A quoi se réfère-t-on ? Par rapport aux émissions moyennes des véhicules        particuliers neufs ? par rapport aux rejets des véhicules diesel ? Si        tel est le cas, les rejets moyens des véhicules diesel mis sur le marché        sont de 149 g de CO2/km (source ADEME). Une réduction de 99,9 % nous        amènerait à un rejet de 0,015 g de CO2/km pour ce véhicule qui en émet        en réalité entre 120 et 148 g suivant le modèle.<br />
 <strong>Cela va à        l&#8217;encontre de la recommandation arguments écologiques du BVP : art 1.1,        art 2.1, art 2.6</strong><strong><br />
 Cela va à l&#8217;encontre de la recommandation        Développement Durable du BVP : art 1.2.4</strong></li>
</ol>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/volvo_scarabee.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/volvo-xc-90.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2789" title="volvo-xc-90" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/volvo-xc-90.jpg" alt="volvo-xc-90" width="204" height="258" /></a></p>
<p>Volvo XC90</p>
</td>
<td>
<p>Un   scarabée luit de beaux reflets dans lesquels on peut voir une Volvo tout   terrain.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>La nature est si belle, lorsqu&#8217;elle se pare   de ses plus beaux reflets </em>&laquo;&nbsp;, autrement dit &laquo;&nbsp;<em>La Volvo est un des reflets de la nature</em>&nbsp;&raquo;   ou &laquo;&nbsp;<em>la nature est si belle qu&#8217;il   faut la préserver et c&#8217;est ce que fait la Volvo tout-terrain».</em></p>
<p>Pourtant, cette voiture est une des moins écologiques du marché puisqu&#8217;il   s&#8217;agit d&#8217;une grosse cylindrée. Les critiques exposées pour les autres   véhicules ci-dessus s&#8217;appliquent donc pour la Volvo : fortes émissions de gaz   à effet de serre, consommation d&#8217;énergies fossiles &#8230;</p>
<p>On ne voit donc pas quel lien il peut exister   entre cette voiture et la beauté de la nature, si ce n&#8217;est le pouvoir   qu&#8217;elle donne à ses passagers de pénétrer dans des zones naturelles   difficilement accessibles en voiture (mais qui seraient facilement   accessibles à pied !).Elle permet par ce fait de   perturber des écosystèmes fragiles. D&#8217;ailleurs, l&#8217;image de la voiture   qui se reflète sur le scarabée laisse supposer qu&#8217;elle se situe à faible   distance de l&#8217;insecte et qu&#8217;il est possible qu&#8217;elle roule vers lui. Et l&#8217;on peut facilement imaginer la suite : le conducteur ne le   voit pas et l&#8217;écrase sans état d&#8217;âme !!!</p>
<p>« Son système &nbsp;&raquo; Preémair &nbsp;&raquo;   transforme l&#8217;ozone en oxygène » :</p>
<p><strong>Cette   publicité va à l&#8217;encontre de l&#8217;article 2-12 des recommandations écologiques   du BVP : </strong><br />
 la voiture proposée n&#8217;a pas de vertus écologiques, mais la publicité fait   croire le contraire par des signes, des termes ou des couleurs. <br />
 De plus, cette publicité incite à des comportements contraires à la protection   de l&#8217;environnement, <strong>ce qui va à l&#8217;encontre de l&#8217;article 2-14</strong><strong>.<br />
 </strong>- Enfin, <strong>l&#8217;article   2-7 n&#8217;est pas respecté</strong><span style="text-decoration: underline;"> </span>car   l&#8217;annonceur n&#8217;indique pas<em> «en quoi   le produit présente les qualités qu&#8217;on lui attribue et éventuellement dans   quel contexte&nbsp;&raquo;.</em></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/honda_sobriete.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/honda.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2790" title="honda" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/honda.jpg" alt="honda" width="202" height="241" /></a></p>
</td>
<td>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Émission de CO2 : 177 gr/km = RESPECT DE   L&#8217;ENVIRONNEMENT</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>C&#8217;est faux   : une telle émission n&#8217;est pas écologique. Aucun document scientifique ne   permet d&#8217;affirmer cela. Les voitures les moins   émettrices, gamme de voiture équivalente, tournent autour de 110 à 130 gr/km   de CO2 (voire la sélection sur la page <a href="http://www.wwf.fr/campagnes/dossiers/topten" target="_blank">http://www.wwf.fr/campagnes/dossiers/topten</a>).   Mais même ces efforts sont encore insuffisants.</p>
<p>En effet,   le protocole de Kyoto a montré que pour rétablir l&#8217;équilibre climatique, nous   devons réduire rapidement et massivement les émissions de CO2, notamment   celles liées aux transports, qui représentent 25 % des émissions. Voir les   explications plus haut sur la pollution par le CO2.</p>
<p>Ce faisant,   cette publicité ne respecte pas <strong>les articles 1-2, 2-1 et surtout 2-2</strong> (&laquo;&nbsp;L&#8217;annonceur   doit être en mesure de produire tous les éléments propres à justifier ses   allégations, indications ou présentations publicitaires&nbsp;&raquo;).</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/lexus_changer_la_planete.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/lexus.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2791" title="lexus" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/lexus.jpg" alt="lexus" width="197" height="267" /></a></p>
</td>
<td>
<p>« <em>Changer le monde sans changer la planète </em>»   :</p>
<p>Bien   qu&#8217;hybride, ce véhicule rejette 186 g de CO2/km, alors que la TOYOTA PRIUS,   autre véhicule hybride sur le marché ne rejette que 104 g/km. D&#8217;autre part,   186 g/km est une émission largement supérieur à l&#8217;objectif européen affiché   par les constructeurs à savoir 140 g de CO2/km. Avec ce niveau d&#8217;émission, la   Lexus serait dotée d&#8217;une étiquette énergie E (en 5e position d&#8217;un classement   qui va de A à G).</p>
<p><strong>En   conséquence, cette publicité ne respecte pas les articles 1-2, 1-3, 2-1, 2-6   des recommandations écologiques du BVP.</strong><strong> </strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<h2><a name="tribal"></a>Images des peuples premiers</h2>
<p>Voici trois publicités qui utilisent l&#8217;image des peuples premiers pour vanter certains produits de notre modernité (voitures et tourisme) alors que ces mêmes produits sont à l&#8217;origine de la destruction des milieux dans lesquels ces peuples vivent (vivaient) en harmonie avec la nature.</p>
<p>Dans beaucoup de domaines, l&#8217;image et les symboles des dernières communautés autochtones de la planète sont utilisés dans un but commercial ou de marketing, sans que les personnes ou tribus concernées n&#8217;en aient été informées, voire rémunérées pour leur contribution à la promotion du ou des produits. Tout se passe comme si les membres des tribus autochtones n&#8217;étaient pas concernées par le droit international, qu&#8217;ils n&#8217;ont ni réputation à préserver, ni vie privée à défendre. Or, le fait d&#8217;utiliser des photos d&#8217;individus issus de tribus autochtones, leur art ou des symboles de leur culture, sans que ces derniers n&#8217;en aient été informés, constitue une violation du droit international à être informé ou même une intrusion dans la vie privée, deux domaines régis par le Droit de la Personne selon le droit international.</p>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/citroen_tribale.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/citroen.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2792" title="citroen" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/citroen.jpg" alt="citroen" width="204" height="260" /></a></p>
<p>Citroën C3 X-TR &laquo;&nbsp;Tribale&nbsp;&raquo;</p>
</td>
<td>
<p>Cette mis   en scène se veut sans doute humoristique : un Amérindien qui, après avoir eu   la vision de la Citroën, fait du stop. Le produit est   présenté comme permettant à son possesseur d&#8217;accéder à une vie plus riche   &laquo;&nbsp;d&#8217;aventure et d&#8217;évasion&nbsp;&raquo;. Deux mondes sont représentés : le   monde moderne, représenté par la voiture, symbole de la modernité triomphante   et outil indispensable, même à l&#8217;Amérindien, pauvre attardé qui ne peut   qu&#8217;aspirer à troquer ses traditions éculées pour ce véhicule.</p>
<p>Tout   d&#8217;abord, force est de constater que cette publicité   présente un Amérindien de manière dévalorisante, l&#8217;image de ce dernier   étant axée uniquement sur le caractère folklorique ou archaïque de sa personne :   nu pieds, avec des arcs et des flèches, ayant des croyances et des pratiques   éculées : recours à des visions, vie tribale, conseil des anciens (Lire le   texte sous l&#8217;image).</p>
<p>Ensuite,   cette publicité suggère que la conduite de cette automobile permettra   d&#8217;accéder à une vie plus riche d&#8217;aventure et d&#8217;évasion que ne pourrait le   faire le mode de vie ancestral des Amérindiens.</p>
<p>Or, le monde moderne, et tout particulièrement la voiture, a des   conséquences désastreuses pour le mode de vie des Amérindiens, respectueux de   la nature, les seuls aujourd&#8217;hui à respecter les fragiles équilibres pourtant   nécessaires à la survie de la race humaine. En effet : la création de   routes goudronnées et l&#8217;exploitation du pétrole, deux activités nécessaires,   voire indispensables, à la conduite automobile, sont directement responsables   de la destruction irréversible et accélérée des forêts primaires de la   planète et de la forêt amazonienne en particulier, ainsi que des peuples   autochtones qui vivent sur ces territoires.</p>
<p>En   valorisant la conduite automobile par rapport à l&#8217;Amérindien allant à pied et   dont le mode de vie est en parfaite harmonie avec l&#8217;écosystème dans lequel il   évolue, cette publicité porte atteinte à l&#8217;image de ces   peuples fragiles, et incite à des comportements contraires à la protection de   l&#8217;environnement. <strong>Cela est contraire à l&#8217;article 2-14 des recommandations écologiques</strong> <strong>des recommandations   du BVP</strong>.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/cherokee_ecoutez_votre_ame.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/jeep-cherokee.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2793" title="jeep-cherokee" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/jeep-cherokee.jpg" alt="jeep-cherokee" width="203" height="262" /></a></p>
<p>Jeep Cherokee <em>Wild Dream</em></p>
</td>
<td>
<p>Une femme   occidentale, visiblement issue de la bourgeoisie, arbore des peintures   faciales qui font penser à un masque rituel et tribal. <em>&laquo;&nbsp;Écoutez votre âme&nbsp;&raquo; </em>nous   dit-on. L&#8217;évocation de la vie sauvage dans cette   publicité est quasi subliminale, mais joue néanmoins habilement sur le nom de   série du produit vanté : la Cherokee &laquo;&nbsp;Rêve sauvage&nbsp;&raquo;. Là   encore, c&#8217;est la confrontation entre le &laquo;&nbsp;sauvage&nbsp;&raquo; (l&#8217;Amérindien) et   un contexte &laquo;&nbsp;civilisé&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Or, en   valorisant la conduite des véhicules tout terrain en ville, en faisant croire   au conducteur que ce produit va lui permettre d&#8217;accéder à une dimension plus   profonde et sauvage de son être, le message occulte le   fait que le produit est inadapté à la conduite en ville et gros émetteur de   gaz à effet de serre, <strong>ce qui est contraire à l&#8217;article 2.12 des recommandations écologiques   du BVP</strong><span style="text-decoration: underline;">.</span></p>
<p>Cette   publicité est particulièrement révoltante quant à l&#8217;usage qu&#8217;il y est fait   des symboles et des valeurs associées aux peuples et cultures amérindiennes   qui ont aujourd&#8217;hui pratiquement disparu. Après avoir exterminé les tribus   autochtones durant la conquête de l&#8217;Ouest au motif que les premiers habitants   des Amériques ne possédaient pas d&#8217;âme, on assiste aujourd&#8217;hui à l&#8217;exploitation ultime de ces peuples amérindiens via   l&#8217;utilisation de leur image dans le but précis de donner un &laquo;&nbsp;supplément   d&#8217;âme&nbsp;&raquo; à des produits industriels !</p>
<p>L&#8217;utilisation d&#8217;un nom de peuple comme nom   de voiture (Jeep Wild Cherokee, Porsche Cheyenne ou Volkswagen Touareg) est   choquante : ces   peuples sont aujourd&#8217;hui soit disparus, soit en situation précaire du fait de   la déforestation et d&#8217;exactions dont ils sont victimes à cause du pétrole, se trouvent sur leurs territoires.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/nouvelles_frontieres_afrique.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/kenya.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2794" title="kenya" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/kenya.jpg" alt="kenya" width="203" height="268" /></a></p>
<p>Nouvelles Frontières Kenya</p>
</td>
<td>
<p>Comme pour   les voitures, vanter les voyages n&#8217;est-il pas une incitation à <strong>avoir un comportement   non écologique, au détriment de l&#8217;article 2-14 des recommandations   écologiques du BVP ?</strong><strong></strong></p>
<p>Que penser   en effet du fait qu&#8217;un voyage aller-retour Paris-Nairobi émet plus de 12   tonnes de CO2, gaz à effet de serre responsables du changement climatique ?   Alors que les peuples traditionnels et leur environnement sont touchés de   plein fouet par ce dérèglement du climat.</p>
<p>Ici, les   rituels sacrés, aujourd&#8217;hui pratiquement disparus, sont dévalorisés et   détournés. Ils ne servent qu&#8217;à animer des divertissements pour enfants   délaissés par leurs parents. On cherche désormais à tirer profit de ce qu&#8217;il   reste encore de vivant dans leur culture.</p>
<p>L&#8217;agence de voyage invite à consommer des   vacances au Kenya comme on consomme les ressources naturelles africaines,   dans une digne continuité d&#8217;un colonialisme ravageur&#8230;</p>
<p>La culture   traditionnelle kenyane se désagrège au même rythme que son environnement, et   pour ne pas voir cela, finalement, quoi de mieux que de se réfugier dans un   hôtel-club où l&#8217;on ne « sort pas de chez soi ».</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<h2><a name="energie"></a>L&#8217;énergie</h2>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<h3><a name="total"></a>Campagne TOTAL : &laquo;&nbsp;Pour vous, notre   énergie est inépuisable&nbsp;&raquo;</h3>
<p><strong>Cette   campagne dans son ensemble va à l&#8217;encontre de l&#8217;article 2-1 de la   recommandation écologique du BVP</strong><em> « La publicité doit proscrire toute   déclaration de nature à tromper directement ou indirectement les consommateur   sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que   sur la réalité des actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur de   l&#8217;environnement ».</em></p>
<p>Le slogan   générique de cette campagne, déclinée en plusieurs visuels, <em>« Pour vous, notre énergie est inépuisable   »</em>, laisse entendre que l&#8217;énergie est inépuisable (malgré le jeu   de mot), alors que « leur » énergie (celle que commercialise Total) est   essentiellement composée de ressources fossiles. Or, les ressources fossiles   ne sont justement pas inépuisables. Total l&#8217;indique bien dans son site <a href="http://www.total.com/static/fr/medias/topic1492/CSR-TOTAL-2005.pdf" target="_blank">rapport   sociétal et environnemental 2005</a> (p.8) : « les réserves prouvées et   probables représentent une durée de vie de près de 22 ans ». L&#8217;activité de   Total dans le développement d&#8217;énergies renouvelables est en fait très faible   comparée à son activité pétrolière et gazière. Par exemple, les carburants issus de la biomasse ne représentaient en 2005   pour Total que 1,2 % de son offre de carburant en France (<a href="http://www.total.com/static/fr/medias/topic1492/CSR-TOTAL-2005.pdf" target="_blank">rapport   sociétal et environnemental 2005</a>, p. 71).</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/total_inepuisable.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/total.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2795" title="total" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/total.jpg" alt="total" width="118" height="157" /></a></p>
<p>Total</p>
</td>
<td>
<p>Concernant   l&#8217;énergie éolienne, Total veut nous faire croire que son activité en ce   domaine est importante. Or, l&#8217;entreprise n&#8217;a mis en service en France, en   tout, que cinq éoliennes, en 2003 sur le site de la raffinerie des Flandres,   près de Dunkerque. Et c&#8217;est tout ! (<a href="http://www.total.com/" target="_blank">www.total.com</a>)</p>
<p>Ce visuel   nous trompe sur <em>la réalité   des actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur de l&#8217;environnement et du   développement durable.</em><strong> Il contrevient donc à l&#8217;article 2-1 de la recommandation écologique</strong><strong> et à l&#8217;<a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/docs/BVP_dev_durable.pdf" target="_blank">article 1-1.1</a> de la recommandation   développement durable.</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><br class="spacer_" /></p>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/total_profondeurs.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/total1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2796" title="total1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/total1.jpg" alt="total1" width="203" height="134" /></a></p>
<p>Total</p>
</td>
<td>
<p><strong>Cette   publicité contrevient aux articles 2-1 et 2-6 </strong>de la recommandation «   arguments écologiques » du BVP.</p>
<p>Cette   phrase et le montage montrant côte à côte un engin de prospection pétrolière   et un poisson occultent les effets catastrophiques de la prospection et de   l&#8217;exploitation pétrolière (déversements, fuites, etc.) sur les milieux   côtiers et marins (voir par exemple ce qu&#8217;en dit <a href="http://www.unep.org/geo/geo3/french/330.htm" target="_blank">le programme des Nations   Unies pour l&#8217;environnement</a>)</p>
<p>En outre, <strong>cette publicité   contrevient aussi à l&#8217;article 2-3</strong> de la recommandation écologique   du BVP qui précise : <em>« la   publicité ne peut recourir à des démonstrations ou à des conclusions   scientifiques relatives à l&#8217;environnement qui ne seraient pas conformes à des   travaux scientifiques reconnus. » </em></p>
<p>Or, le   poisson décrit dans cette publicité est un tétrodon (famille des   Tetraodontidae dans laquelle il existe de nombreux genres et espèces). On   parle aussi de &laquo;&nbsp;poisson-coffre&nbsp;&raquo;, uniquement présent en zone tropicale,   plutôt dans les récifs coralliens mais jamais dans les   zones profondes où l&#8217;on effectue la prospection et les forages.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/france_telecom_ozone.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/france-telecom.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2797" title="france-telecom" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/france-telecom.jpg" alt="france-telecom" width="186" height="265" /></a></p>
<p>France Telecom :</p>
</td>
<td>
<p>Cette   publicité postule un lien de cause à effet entre les économies d&#8217;énergie   produites par l&#8217;extinction de lampes électriques et la couche d&#8217;ozone. Or, ce   lien n&#8217;existe pas. Il y a ici une énorme erreur de la   part des concepteurs de cette publicité, qui ont confondu couche d&#8217;ozone et   effet de serre ! Les économies d&#8217;énergie réduisent les combustions de   manière générale, donc les gaz à effet de serre mais pas du tout le trou dans   la couche d&#8217;ozone. Celui-ci est du à la présence de composés chlorofluorocarbonés   (CFC) qui étaient présents notamment dans les circuits de refroidissement des   réfrigérateurs. Depuis la mise en place de mesures anti-CFC, le trou semble   se stabiliser. Cette publicité provoque la confusion dans les esprits à   l&#8217;heure où il est demandé aux citoyens d&#8217;être de plus en plus attentifs aux   questions d&#8217;environnement. En outre, elle démontre parfaitement l&#8217;incapacité   des annonceurs et du BVP à vérifier les messages diffusés.</p>
<p><strong>Cette   publicité entre en contradiction avec les articles 2-1</strong> («<em> La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à   tromper directement ou indirectement les consommateurs sur la réalité des   avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des   actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur de l&#8217;environnement</em> » et   <strong>2-7</strong><strong>/</strong> (« <em>L&#8217;annonceur devra indiquer en quoi le produit présente les qualités   qu&#8217;on lui attribue et éventuellement dans quel contexte </em>»)   de la recommandation écologique du BVP.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/veolia_environnement.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/veolia.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2798" title="veolia" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/veolia.jpg" alt="veolia" width="202" height="139" /></a></p>
<p>Veolia : <em>L&#8217;environnement est un défi   industriel</em></p>
</td>
<td>
<p>&laquo;&nbsp;Si   on vous dit environnement, vous voyez quoi ? Vous voyez un arbre. Mais   paradoxalement, il faut y voir un défit industriel. Parce qu&#8217;il faut savoir   concilier activité humaine et environnement. L&#8217;augmentation de la   consommation d&#8217;eau et d&#8217;énergie, de la production des déchets et   l&#8217;encombrement des villes nécessite une solution industrielle. Une grande   entreprise en a fait son métier. C&#8217;est le métier de Véolia   environnement&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Grâce à   Véolia, &laquo;&nbsp;l&#8217;environnement&nbsp;&raquo; devient <em>&laquo;&nbsp;un défi industriel». </em>Il s&#8217;agit bien ici de   faire passer l&#8217;activité industrielle de la firme pour une activité   écologique. Mais cette vision de l&#8217;environnement par Véolia est très   personnelle.</p>
<p>En effet,   Véolia élimine une bonne part de ses déchets dans l&#8217;un de ses 70   incinérateurs. De plus, pour 8,6 millions de tonnes de déchets collectés, 4   sont éliminées dans l&#8217;un de ses 130 centres d&#8217;enfouissement technique   (décharges). Heureusement, Véolia possède aussi 157 centres de tri et   recyclage et 62 centres de compostage. Allez, encore un   effort !</p>
<p>Concernant   le traitement des déchets, la France possède le plus grand parc   d&#8217;incinérateurs d&#8217;Europe (130 et 16 projets en cours), alors qu&#8217;une récente étude vient encore de confirmer le risque accru   de développer un cancer à proximité d&#8217;un incinérateur (Floret et Al,   Environnement, Sciences et Technologies, 2006).</p>
<p>Pour ces   raisons, <strong>ce   message contrevient à l&#8217;article 2-1 de la recommandation &laquo;&nbsp;arguments   écologiques&nbsp;&raquo; du BVP</strong><strong> :</strong> <em>&laquo;&nbsp;La publicité doit   proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement   les consommateur sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des   produits ainsi que sur la réalité des actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur   de l&#8217;environnement&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Pour   rappel :</p>
<p>En 2002,   une campagne Veolia clamait que <em>&nbsp;&raquo; la   filiale de Veolia (Onyx) a traité, en 2002, plus de 54 millions de tonnes de   déchets issus de cinq continents, un poids qui ne pèsera plus sur la   nature&nbsp;&raquo;,</em> un message alors très critiqué par le WWF. En   effet, le message sous-entendait que l&#8217;énorme quantité de déchets était   réduite à néant. Mais Véolia <em>&laquo;&nbsp;oubliait&nbsp;&raquo; </em>de dire que, pour se débarrasser des déchets, l&#8217;entreprise a   recours principalement à l&#8217;incinération. Or, un incinérateur qui brûle 110   000 tonnes de déchets, émet 102 500 tonnes de gaz carbonique. Sur son site Véolia-propreté, l&#8217;entreprise indique pourtant   &laquo;&nbsp;Nous maîtrisons les rejets et préservons l&#8217;environnement&nbsp;&raquo;.</p>
<p>De plus, l&#8217;utilisation du symbole de   l&#8217;arbre parfaitement intégré dans l&#8217;environnement, suggère l&#8217;absence d&#8217;impact de   l&#8217;activité de l&#8217;entreprise sur la nature. Or, les infrastructures   industrielles de Véolia supportent les activités industrielles d&#8217;une   multinationale : incinérateurs, usines, installations de traitement de l&#8217;eau,   décharges&#8230;<br />
 La beauté du paysage n&#8217;en est que rehaussée !</p>
<p>Pour cette   raison, <strong>elle   contrevient à l&#8217;article 2-12 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le   choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des   couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus   écologiques que le produit ne posséderait pas&nbsp;&raquo;</em>.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/areva_inepuisable.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arava.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2799" title="arava" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arava.jpg" alt="arava" width="204" height="272" /></a></p>
<p>Areva</p>
</td>
<td>
<p><strong>Cette   publicité contrevient à l&#8217;article 2.6 des recommandations BVP</strong> <em>« La publicité ne doit pas donner ou paraître donner une   garantie totale ou complète d&#8217;innocuité dans le domaine de l&#8217;environnement,   lorsque les qualités écologiques du produit ne concernent qu&#8217;un seul stade de   la vie du produit ou qu&#8217;une seule de ses propriétés. »</em></p>
<p>En effet,   elle occulte les autres problèmes environnementaux liés à la production   d&#8217;énergie nucléaire (déchets radioactifs, risques, production des minerais   d&#8217;uranium &#8230;).</p>
<p><strong>En outre,   cette publicité contrevient à l&#8217;article 2-1 des recommandations écologiques</strong> car l&#8217;utilisation de la   formule<em> « un avenir sans CO2 » </em>laisse   entendre que le nucléaire va régler le problème des émissions de CO2 dans   l&#8217;avenir. Or, ce n&#8217;est pas la réalité. D&#8217;une part, de nombreux usages de   l&#8217;énergie ne seront pas couverts par l&#8217;électricité nucléaire, et d&#8217;autre   part, la ressource nucléaire est limitée et les capacités de développement du   secteur également.</p>
<p>Pour plus   d&#8217;informations sur le nucléaire : <a href="http://www.greenpeace.org/france/campaigns/nucleaire" target="_blank">http://www.greenpeace.org/france/campaigns/nucleaire</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/leroy_merlin_maison_econome.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leroy-merlin.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2800" title="leroy-merlin" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leroy-merlin.jpg" alt="leroy-merlin" width="203" height="153" /></a></p>
<p>Leroy-Merlin</p>
</td>
<td>
<p>« Vous voulez une maison plus économe en   énergie &#8211; nous aussi ». Mais encore ? En n&#8217;indiquant pas <em>« en quoi le produit présente les qualités   qu&#8217;on lui attribue et éventuellement dans quel contexte », </em><strong>cette publicité est   en contradiction avec l&#8217;article 2-7 des recommandations écologiques du BVP</strong> <strong>et donc aussi en   contradiction avec l&#8217;article 1-1 des mêmes recommandations</strong>, l&#8217;annonceur   devant<em> « présenter avec précision la   ou les actions significatives entreprises en matière d&#8217;environnement »</em>.</p>
<p>En effet, pourquoi   ce lampadaire rendrait-il notre maison plus économe en énergie ? Leroy-Merlin   n&#8217;a pas la réputation de commercialiser des produits écologiques, même si,   devant l&#8217;engouement des consommateurs (et leurs inquiétudes quand à la   toxicité des produits de peinture, de traitement du bois, etc.), cette   enseigne fait comme les autres : elle se met aussi à proposer quelques   produits écologiques.</p>
<p>En fait,   le lampadaire présenté ici ressemble plutôt à un halogène, connu pour être   vorace en électricité. Si c&#8217;est le cas, <strong>cela contreviendrait à l&#8217;article 2-1 des   recommandations écologiques du BVP</strong> (Indications de nature à   tromper le consommateur sur la réalité des avantages écologiques du produit).</p>
<p>Mais   réflexion faite, ce lampadaire ressemble plutôt à un soleil. Or, ce montage   induit la confusion entre l&#8217;objet vendu par Leroy-Merlin, et l&#8217;énergie   solaire, énergie propre mais dont la production n&#8217;est pas du tout le métier   de cette entreprise. <strong>Cela va à l&#8217;encontre de l&#8217;article 2-12 des recommandations   écologiques</strong> (<em>« Le choix   des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs   qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques   que le produit ne posséderait pas ».</em>)</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/leroy_merlin_maison_propre.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leroy-merlin1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2801" title="leroy-merlin1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leroy-merlin1.jpg" alt="leroy-merlin1" width="203" height="153" /></a></p>
<p>Leroy-Merlin</p>
</td>
<td>
<p>La   publicité entre <strong>en   contradiction avec l&#8217;article 2-7 (et avec l&#8217;article 1-1)</strong> des   recommandations écologiques du BVP :<em> «   L&#8217;annonceur devra indiquer en quoi le produit présente les qualités qu&#8217;on lui   attribue et éventuellement dans quel contexte »</em>.<br />
 En effet, on ne voit pas bien en quoi un parc pour bébé placé au milieu d&#8217;un   champ de fleurs va rendre l&#8217;air de notre maison plus sain&#8230;</p>
<p>De plus, <strong>cette publicité   contrevient à l&#8217;article 2-1</strong><strong> des recommandations écologiques du BVP</strong> car l&#8217;utilisation de la formule<em> « Vous voulez une maison où l&#8217;air est plus   sain, nous aussi » </em>laisse entendre que les produits en vente dans   ce magasin (par exemple les peintures) sont tous conçus pour rendre l&#8217;air des   maisons plus sain. Or, l&#8217;offre de produits réellement écologiques chez   Leroy-Merlin est quasi-inexistante.</p>
<p>En effet,   sur le site de l&#8217;enseigne (leroymerlin.fr), lorsque vous entrez dans le   moteur de recherche le mot « écologique » ou « environnement », il est   répondu qu&#8217; « il n&#8217;y a pas de produits correspondant à votre recherche ». Le   site vend quelques livres sur le bricolage écologique. Un lien vers « Un   salon écolo » nous renseigne sur « une pièce pour vivre naturellement l&#8217;air   du temps ». Et tous les produits proposés pour y parvenir sont tout sauf   écologiques et sains (Marque Ripolain, peinture acrylique Leroy Merlin&#8230;).</p>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/publicites.html#menu_pub"></a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a name="edf"></a><br />
 <a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/edf_paques.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/edf.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2802" title="edf" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/edf.jpg" alt="edf" width="203" height="279" /></a></p>
<p>EDF</p>
</td>
<td>
<p><em>« Pour préparer l&#8217;avenir, nous mettrons en service dès 2012 la   nouvelle génération de centrale nucléaire, l&#8217;EPR. EDF, leader européen des   énergies de demain ».</em></p>
<p><strong>Contrevient   à l&#8217;article 2-9</strong> des recommandations écologiques du BVP : <em>« L&#8217;allégation ne doit pas induire une   fausse supériorité et/ou permettre à un produit de se distinguer abusivement   d&#8217;autres produits similaires ou possédant des caractéristiques analogues en   ce qui concerne leur contribution à la protection de l&#8217;environnement »</em>.</p>
<p>Le texte   de cette publicité laisse entendre que le nucléaire constitue l&#8217;énergie de   demain. Or, d&#8217;autres énergies sont développées actuellement, qui, à tous   points de vue (rentabilité, risques, emploi, etc.), ont autant d&#8217;avenir que   l&#8217;énergie nucléaire. Le nucléaire est ici placé abusivement en situation de supériorité   par rapport aux énergies renouvelables.</p>
<p><strong>Contrevient   à l&#8217;article 2-12</strong> des recommandations écologiques du BVP :<em> « Le choix des signes ou des termes   utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être   associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne   posséderait pas »</em>.</p>
<p>En   montrant le décor de l&#8217;île de Pâques, la publicité nous suggère que les   énergies d&#8217;aujourd&#8217;hui nous mènent à la catastrophe, par analogie avec le   processus de quasi extinction de la population de l&#8217;île de Pâques entre le   XIVe et le XVIIe siècle. Pour éviter ça, EDF prépare donc les énergies de   demain, autrement dit l&#8217;énergie nucléaire. Cette   analogie a pour effet de montrer l&#8217;énergie nucléaire comme une énergie   inoffensive alors qu&#8217;il existe de nombreux problèmes environnementaux liés à   sa production : déchets radioactifs, pollutions liées à la production   de minerais d&#8217;uranium, sans oublier les risques inhérents à cette   technologie. Sans remonter jusqu&#8217;au XIVe siècle et sans aller jusqu&#8217;au   Pacifique-sud, il suffit de se rappeler 1986 et la catastrophe de Tchernobyl.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a name="suez"></a><br />
 <a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/suez_arbre.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/suez.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2803" title="suez" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/suez.jpg" alt="suez" width="203" height="266" /></a></p>
<p>Suez</p>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/suez_eau.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/suez1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2804" title="suez1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/suez1.jpg" alt="suez1" width="204" height="266" /></a></p>
<p>Suez</p>
</td>
<td>
<p><em>« &laquo;&nbsp;Notre nouveau nom symbolise notre volonté de nous   engager dans le développement durable&nbsp;&raquo;. ».</em></p>
<p>Peut-on   avoir une explication de texte, SVP ? Là encore, comme Carrefour (voir plus   bas), l&#8217;information donnée sur la réalité de l&#8217;engagement de l&#8217;entreprise   dans le développement durable est&#8230; inexistante.</p>
<p>Or, <em>&laquo;&nbsp;La publicité doit exprimer exactement   l&#8217;action d&#8217;un annonceur ou les propriétés de ses produits ou services&nbsp;&raquo; </em><strong>(article 1-2.2 des   recommandations développement durable)</strong>, et<em> &laquo;&nbsp;si l&#8217;effort ne porte que sur un   produit ou service ou sur un ou des éléments limités, la publicité ne peut   exprimer un engagement total&nbsp;&raquo; </em><strong>(art. 1-2.1</strong><strong>)</strong>.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<h2><a name="Produits_chimiques"></a>Produits chimiques</h2>
<p>Les publicités pour pesticides ne respectent généralement pas les recommandations déontologiques du BVP pour les raisons suivantes :</p>
<p>Elles ne présentent pas &laquo;&nbsp;<em>avec précision la ou les caractéristiques positives en matière d&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; (<strong>art. 1-2</strong>) et n&#8217; &laquo;&nbsp;<em>informent pas sur le bilan positif véritable du produit en matière d&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; (<strong>art. 1-3</strong>).</p>
<p>Leurs déclarations n&#8217;indiquent pas la réalité des avantages (qui sont plutôt des désavantages) du produit pour l&#8217;environnement (<strong>non respect <a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/docs/BVP_arg_ecolo.pdf" target="_blank">art. 2-1</a></strong>).</p>
<p>Elles donnent une garantie une garantie totale d&#8217;innocuité du produit par rapport à l&#8217;environnement (<strong>non respect <a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/docs/BVP_arg_ecolo.pdf" target="_blank">art. 2-6</a></strong>), sans indiquer en quoi le produit présente les qualités qu&#8217;on lui attribue et dans quel contexte (<strong>art. 2-7</strong>).</p>
<p>Les vendeurs de pesticides mettent en avant le fait que leurs produits ont passé des tests réglementaires garantissant leur innocuité pour l&#8217;environnement : alors à quoi sert <strong>l&#8217;<a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/docs/BVP_arg_ecolo.pdf" target="_blank">article 2-8</a></strong> qui demande de ne pas présenter &laquo;&nbsp;<em>des caractéristiques particulières au regard de la réglementation et des usages dès lors que tous les produits similaires présenteraient ces mêmes caractéristiques relatives à la protection de l&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; ?</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<table border="1" cellpadding="0" width="80%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<h3>Peut-on encore faire de la publicité   pour les produits les plus dangereux ?</h3>
<h4>Des produits polluants et dangereux   pour la santé :</h4>
<p>La   difficulté est la suivante : nous sommes face à des produits dangereux qui   ont obtenu une autorisation de mise sur le marché sur la base d&#8217;une   réglementation dont l&#8217;insuffisance est dénoncée par les associations et <a href="http://www.mdrgf.org/212pesticides.html" target="_blank">par de nombreux scientifiques</a>.</p>
<p>Il suffit de   regarder la réalité en face : même de faibles quantités de pesticides ont des   effets nocifs et l&#8217;exposition à ces produits pendant des périodes longues   pose de nombreux problèmes de santé. L&#8217;épidémiologie nous montre ainsi que   les personnes exposées aux pesticides peuvent développer <a href="http://www.mdrgf.org/210pesticides.html" target="_blank">cancer</a>, <a href="http://www.mdrgf.org/28pesticides.html" target="_blank">malformations congénitales</a>,   <a href="http://www.mdrgf.org/27pesticides.html" target="_blank">problèmes d infertilité</a>,   <a href="http://www.mdrgf.org/211pesticides.html" target="_blank">problèmes neurologiques</a> ou encore <a href="http://www.mdrgf.org/29pesticides.html" target="_blank">affaiblissement du   système immunitaire</a>.</p>
<p>D&#8217;autre part, on retrouve des résidus de   pesticides partout : dans l&#8217;eau, dans <a href="http://www.mdrgf.org/22pesticides.html" target="_blank">l&#8217;air, les brouillards et la   pluie</a> et dans nos aliments : plus de 50% des fruits et des légumes   produits par l&#8217;agriculture intensive en contiennent. Ils finissent dans <a href="http://www.mdrgf.org/24pesticides.html" target="_blank">nos organismes</a>, qui   hébergent ainsi des centaines de molécules toxiques.</p>
<p>Face à la prise de conscience, la   contre-attaque publicitaire du secteur des phytosanitaires s&#8217;organise :</p>
<p>Comme   notre société prend conscience de la gravité de ces pollutions et des risques   pour la santé humaine, la profession des produits phytosanitaires s&#8217;organise   pour redorer son image, jusqu&#8217;à présenter ses produits comme inoffensifs pour   l&#8217;environnement et l&#8217;être humain.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<p>Voici quelques morceaux choisis.</p>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/UIPP_femme1.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/pesticides.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2805" title="pesticides" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/pesticides.jpg" alt="pesticides" width="201" height="264" /></a></p>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/UIPP_femme2.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/pesticides1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2806" title="pesticides1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/pesticides1.jpg" alt="pesticides1" width="201" height="264" /></a></p>
<p>Union des Industries de la Protection des   Plantes <em>(versions 2005 et 2006)</em></p>
</td>
<td>
<p>En 2005,   l&#8217;Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) sort sa campagne   &laquo;&nbsp;<em>Pesticides et si on en parlait   ?</em>&laquo;&nbsp;, indiquant : &laquo;&nbsp;<em>On les   connaît mal, et pourtant les pesticides (ou produits phytosanitaires), </em><em>contribuent à la production d&#8217;aliments sains</em><em> et de récoltes régulières. Ils sont conçus   pour protéger les cultures agricoles contre les maladies, les insectes   nuisibles et les mauvaises herbes </em><em>dans   le respect de la santé de l&#8217;Homme et de son environnement</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Suite à   une levée de boucliers des associations pour l&#8217;environnement et de la filière   biologique, l&#8217;UIPP a introduit à ce texte la phrase ci-après : Les pesticides   sont &laquo;&nbsp;<em>utilisés selon des conditions   d&#8217;emploi strictes et règlementées</em>&nbsp;&raquo; (les deux versions 2005   et 2006 sont exposées ci-contre).</p>
<p>Que dit la loi ?</p>
<p>Selon la   législation européenne et française, les produits phytosanitaires (dits aussi   biocides) doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour   être commercialisés. Cette autorisation exige que le produit soit testé, afin   de &laquo;&nbsp;<em>protéger l&#8217;homme et   l&#8217;environnement contre les risques qui peuvent résulter des substances et   préparations dangereuses</em>&nbsp;&raquo; (article L521-1 du code de   l&#8217;environnement).</p>
<p>Il est   donc facile de conclure que tout produit qui obtient une AMM est inoffensif   pour l&#8217;homme ou la nature. Or, en réalité, les produits   ne sont réellement &laquo;&nbsp;inoffensifs&nbsp;&raquo; que lorsqu&#8217;ils sont utilisés avec   certaines précautions clairement définies&#8230; et si celles-ci sont   parfaitement respectées, ce qui est assez rare et souvent impossible (à cause   de la variation des conditions climatiques notamment).</p>
<p>Des tests très insuffisants remis en cause</p>
<p>D&#8217;autre   part, comme le reconnaissent des toxicologues comme <a href="http://www.stop-pesticides.fr/" target="_blank">Jean-François Narbonne</a> ou des   chercheurs en biologie moléculaire comme <a href="http://www.stop-pesticides.fr/" target="_blank">Gilles-Eric Séralini</a>, la plupart   des tests passés par les produits phytosanitaires sont obsolètes et très   insuffisants pour nous protéger de leur toxicité.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, que dit la loi sur la publicité   ?</p>
<p>Article L   522-14 du code de l&#8217;environnement : &laquo;&nbsp;<em>Sans   préjudice de l&#8217;article L 121-1 du code de la consommation (NB : loi sur la   publicité mensongère) un décret en Conseil d&#8217;Etat précise les mentions   imposées et celles ne pouvant figurer dans les publicités pour les produits   biocides</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Mais le   Décret d&#8217;application reste introuvable. Si vous avez des informations à ce   sujet faites-le savoir !!</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/uipp_lobbying_enfants.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/enfants.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2807" title="enfants" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/enfants.jpg" alt="enfants" width="200" height="132" /></a></p>
<p><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/enfants1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2808" title="enfants1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/enfants1.jpg" alt="enfants1" width="200" height="136" /></a></p>
<p>Dépliant UIPP   Enfants</p>
</td>
<td>
<p>Plus   pernicieux et scandaleux, l&#8217;UIPP fait ici de la publicité pour ses produits   auprès des enfants en distribuant le dépliant ci-contre dans les foires et   salons qui apprend aux enfants combien les insectes du jardin sont des   ennemis horribles dont il faut se débarrasser. Aucune mise en garde   concernant la toxicité des produits pour l&#8217;environnement et la santé n&#8217;est   indiquée, l&#8217;UIPP se contentant d&#8217;écrire dans un coin : &laquo;&nbsp;<em>Le sais-tu ? Les pesticides sont des   produits que seuls les adultes peuvent manipuler. Si tu en trouves, n&#8217;y touche   pas !</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Non   contente de ne pas respecter la déontologie en matière d&#8217;écologie, cette   publicité ne respecte pas non plus la déontologie applicable aux publicités   pour enfants, car :</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> La publicité doit pouvoir être identifiée comme telle (<strong>Art. 1-1</strong>)   et rapidement identifiable comme tel (<strong>Art. 1-2</strong>). </li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> La publicité ne doit pas légitimer des comportements contraires   à la protection de l&#8217;environnement (<strong>Art. 2-2</strong>) </li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/twist_fongicide.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/fongicide.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2809" title="fongicide" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/fongicide.jpg" alt="fongicide" width="204" height="142" /></a></p>
<p>Fongicide   Twist</p>
</td>
<td>
<p>Voici une   autre méthode pour faire croire à l&#8217;innocuité d&#8217;un fongicide : la   présentation du produit en symbiose avec la nature. La publicité montre deux   animaux en parfaite symbiose et coopération. &laquo;&nbsp;<em>Tout comme certaines espèces s&#8217;associent   naturellement pour la vie, les fongicides mésostémiques protègent la plante   en fonction de ses besoins. Nouvelle trifloxystrobine, Twist est la base du   traitement fongicide à très large spectre qui vous offre les meilleures   performances jamais atteintes. Twist, </em><em>c&#8217;est   la synthèse réussie entre la plante et la protection, entre l&#8217;Homme et la   Nature</em><em>.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>Sauf que   ces deux animaux ne nuisent pas, alors que TWIST est un fongicide à base de   trifloxystrobine, classé Xi-Dangereux pour   l&#8217;environnement et la santé.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Pour plus d&#8217;information sur la toxicité des produits phytosanitaires, consulter <a href="http://www.mdrgf.org/" target="_blank">le site Internet du MDRGF</a>, association spécialisée sur ces questions, et lire le rapport &laquo;&nbsp;<em>Chaîne de contamination, le maillon aliment</em>&nbsp;&raquo; &#8211; WWF &#8211; 2006.</p>
<hr size="2" />
<h2><a name="Grande_distribution"></a>Grande distribution</h2>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/lingettes_futees_et_environnement.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leclerc.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2810" title="leclerc" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leclerc.jpg" alt="leclerc" width="194" height="276" /></a></p>
<p>E. Leclerc</p>
</td>
<td>
<p>Alors là, bravo ! Leclerc a le chic de présenter   sur une même page, à droite ses actions en faveur de l&#8217;environnement   (produits bios, matériaux recyclables, je cite), et à gauche des lingettes,   pourtant un des symboles de l&#8217;ère du jetable et une cible des associations.</p>
<p>Dans sa   revue &laquo;&nbsp;Du jetable au durable&nbsp;&raquo;, le WWF indique que les lingettes   sont 16 fois plus chères et font 20 fois plus de déchets que le nettoyage   traditionnel !</p>
<p>Selon   l&#8217;ADEME, si les lingettes présentent bien un avantage en termes de   consommation d&#8217;eau (3 fois moins que le liquide pur ou dilué) et de   dégradation de la qualité de l&#8217;eau, l&#8217;analyse confirme qu&#8217;elles génèrent 3   fois plus de déchets ménagers que le spray et 6 fois plus que le liquide.</p>
<p>Enfin,   elles peuvent être toxiques, quand elles sont imprégnées d&#8217;un produit classé   comme tel (lingette dissolvant, lingette pour nettoyage à sec, lingette pour   entretien des sanitaires,&#8230;).</p>
<p>Cette   publicité ne contrevient pas aux recommandations écologiques du BVP, mais   elle montre le peu de cohérence et la sincérité douteuse de la démarche   écologique de E. Leclerc, ceci étant confirmé par les propos de son directeur   : &laquo;&nbsp;<em>C&#8217;est vrai, [le développement   durable] est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que   dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps, les marchands ont su   récupérer les bons slogans</em>&nbsp;&raquo; (Michel-Édouard Leclerc, Le   Nouvel économiste, 26 mars 2004). Vous avez-dit sincérité ?</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/carrefour_mieux_consommer.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/carrefour.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2811" title="carrefour" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/carrefour.jpg" alt="carrefour" width="202" height="129" /></a></p>
<p>Carrefour</p>
</td>
<td>
<p>Cette publicité manque de précision concernant &laquo;&nbsp;<em>les actions significatives entreprises en   matière d&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; par Carrefour, comme l&#8217;exige   pourtant <strong>l&#8217;article   1-1</strong> des recommandations écologiques du BVP.</p>
<p>En effet,   nous ne comprenons pas en quoi &laquo;&nbsp;<em>proposer   les prix les plus bas, le meilleur rapport qualité prix, des informations sur   ce que vous achetez, et rendre les courses plus rapides et plus agréables</em>&laquo;&nbsp;,   permet de &laquo;&nbsp;<em>respecter   l&#8217;homme et l&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; (et la femme alors ?).</p>
<p>Car   attention : &laquo;&nbsp;<em>si l&#8217;effort   ne porte que sur un produit ou service ou sur un ou des éléments limités, la   publicité ne peut exprimer un engagement total</em>&nbsp;&raquo; (<strong>art. 1-2.1</strong> des recommandations développement durable du BVP).</p>
<p>Pourtant,   Carrefour a des engagements concrets qu&#8217;il pourrait mettre en avant :   approvisionnement en bois labellisés FSC pour son mobilier de jardins &#8230;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<h2><a name="Publicites_diverses">Publicités Diverses</a></h2>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<h2>Le Bloc Béton</h2>
<p>BLOCALIANS</p>
<p>Dans sa   campagne TV, radio et presse, le &laquo;&nbsp;Blocalians&nbsp;&raquo; &#8211; regroupement   d&#8217;industriels du Bloc béton - met en avant les avantages de son produit   (le fameux &laquo;&nbsp;parpaing&nbsp;&raquo;), et les compare à ses concurrents tels que   la brique Monomur ou les Ossature-bois, à travers un écobilan consultable sur   Internet (http://www.blocalians.fr/)</p>
<p>D&#8217;une   part, <strong>cette   campagne contrevient à l&#8217;article 2-9 de la recommandation écologiques du BVP </strong>:   « <em>L&#8217;allégation ne doit pas   induire une fausse supériorité et/ou  permettre à un produit de se   distinguer abusivement d&#8217;autres produits similaires  ou possédant des   caractéristiques analogues en ce qui concerne leur contribution  à la   protection de l&#8217;environnement</em> », pour les raisons suivantes   :</p>
<p>Les   données de l&#8217;écobilan de la terre cuite mur doublé et de l&#8217;ossature bois +   isolation n&#8217;apparaissent par sur le site, sous prétexte que les fiches de   données environnementales sont &laquo;&nbsp;non publiées par les   intéressés&nbsp;&raquo;.  Or, ces données existent chez les fabricants et   démontrent l&#8217;infériorité du Bloc Béton sur ses concurrents dans plusieurs   domaines (cf. ci-dessous).</p>
<p>Le   groupement évoque &laquo;&nbsp;Les 7 raisons capitales de préférer le Bloc   Béton&nbsp;&raquo;. Or, le Bloc Béton n&#8217;est pas supérieur à ses concurrents sur les   7 critères évoqués.</p>
<p><strong>Confort   thermique</strong> : dans sa   comparaison aux autres solutions, Blocalians prend le cas d&#8217;un mur en bloc   béton doublé d&#8217;un isolant. Le matériau béton n&#8217;ayant aucune qualité   thermique, il est effectivement nécessaire de faire appel à une isolation   rapportée. La brique monomur, elle, ne demande aucune isolation   complémentaire, ce qui rend son impact environnemental global plus   intéressant.</p>
<p><strong>Confort   acoustique</strong> : un mur   de parpaing nu produit une acoustique réverbérante, contrairement à l&#8217;ossature-bois.   Pour bénéficier d&#8217;un confort acoustique, le Bloc Béton doit être associé à un   isolant &laquo;&nbsp;mou&nbsp;&raquo; (laine de verre par exemple).</p>
<p><strong>Qualité de   l&#8217;air intérieur</strong> : les seuls critères évoqués   sont les COV et les moisissures, qui ne constituent qu&#8217;une infime partie de   la pollution intérieure, et pour lesquels les produits concurrents font jeu   égal avec le Bloc Béton.</p>
<p><strong>Le confort   hygrothermique</strong> : le fait que le béton soit   imperméable à l&#8217;humidité amène de la condensation et des moisissures dans des   maisons insuffisamment ventilées. Les matériaux &laquo;&nbsp;respirants&nbsp;&raquo; comme   la terre crue, la terre cuite et le bois sont à ce niveau, plus performants   car ils laissent passer la vapeur de l&#8217;intérieur vers l&#8217;extérieur de la   maison tout en étant imperméable à l&#8217;eau liquide à l&#8217;extérieur.</p>
<p><strong>Les   ressources naturelles</strong> : les ressources utilisées pour   fabriquer un bloc (granulat, sable,&#8230;) peuvent effectivement être considérées   comme naturelles, mais leur traitement, lui, ne l&#8217;est pas : extraction,   concassage, séchage, préchauffage à 800°C, pré-calcinateur entre 800 et   1000°C, parfois alimenté par des pneus usagés, production du clinker à   1450°C, chauffage à 1800°C, etc&#8230; Les voisins de carrières ou de cimenteries   peuvent en témoigner ! Par ailleurs, contrairement au bois, les ressources   nécessaires à la fabrication de béton ne sont pas renouvelables, comme le   montrent les efforts des industriels pour aller chercher toujours plus loin   des matériaux (prospection en roche dure, en mer,&#8230;).</p>
<p><strong>Entretien   et maintenance</strong> : le bloc béton n&#8217;est pas   spécialement plus simple à entretenir que les autres matériaux. Quand au   caractère incombustible, les autres matériaux font jeu égal, y compris le   bois, qui ne présente pas plus de risque d&#8217;incendie qu&#8217;une autre   construction, et dont la combustion lente en cas d&#8217;incendie dégage moins de   produits toxiques et permet d&#8217;évacuer les occupants en toute sécurité sans risque d&#8217;effondrement.</p>
<p><strong>Qualité du   recyclage</strong> : les autres matériaux sont aussi   recyclables que le Bloc Béton. Et recyclable ne veut pas dire recyclé : peu   de fabricants assurent effectivement ce recyclage (Lafarge par exemple   annonce 9,8 % seulement de matières premières recyclées dans sa branche   Ciment).</p>
<p>D&#8217;autre part,   <strong>la campagne   bafoue l&#8217;article 2-1 de la même recommandation :</strong><span style="text-decoration: underline;"> </span>(&laquo;&nbsp;<em>La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à   tromper directement ou indirectement les consommateurs sur la réalité des   avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des   actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur de l&#8217;environnement</em>&laquo;&nbsp;)   en affirmant que le Bloc Béton ne nécessite &laquo;&nbsp;ni cuisson ni   traitement&nbsp;&raquo;. En effet, le Bloc Béton est fait à partir de ciment, qui   nécessite un traitement industriel lourd (fours à cimenterie à 1800 ° C) et   polluant (l&#8217;industrie cimentière est à l&#8217;origine de 5% des émissions   mondiales de gaz à effet de serre : source Rapport Développement Durable de   Lafarge).</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<h2><a name="Foret">Forêts &#8230; et papier</a></h2>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/lire_preserve_la_foret.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/papier.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2812" title="papier" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/papier.jpg" alt="papier" width="195" height="255" /></a></p>
<p>Industriels   du papier</p>
</td>
<td width="57%">
<p>En janvier 2006, l&#8217;industrie papetière a   acheté des pages entières de publicité dans la plupart des quotidiens   nationaux pour expliquer que la consommation de papier était bénéfique pour   la forêt. &laquo;&nbsp;<em>En lisant ce journal, vous préservez la   forêt</em> !&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Rassurez-vous,   lorsque vous utilisez du papier, vous ne participez pas à la déforestation</em> !&nbsp;&raquo;</p>
<p>En effet,   le papier serait issu exclusivement de bois d&#8217;éclaircies des forêts   françaises et de déchets de scieries. Or, ce faisant, ces   publicités contreviennent à plusieurs articles des recommandations   écologiques du BVP :</p>
<p>- La   publicité n&#8217;informe pas sur &laquo;&nbsp;<em>le bilan   véritable du produit en matière d&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; (<strong>Art. 1-3</strong>).</p>
<p>- La   publicité trompe &laquo;&nbsp;<em>directement   le consommateur sur la réalité des avantages ou propriété écologiques</em>&nbsp;&raquo;   du produit (<strong>Art.   2-1</strong>)</p>
<p>- La publicité   donne &laquo;&nbsp;<em>une garantie totale d&#8217;innocuité   dans le domaine de l&#8217;environnement</em>&laquo;&nbsp;, alors que &laquo;&nbsp;<em>les qualités écologiques du produit ne   concernent qu&#8217;un seul stade de la vie du produit ou qu&#8217;une seule de ses   propriétés</em>&nbsp;&raquo; (<strong>Art. 2-6</strong>).</p>
<p>En effet, encourager la surconsommation de papier menace les forêts.   Voici les arguments des Amis de la Terre,   qui ont analysé les propres chiffres de la <a href="http://www.copacel.fr/" target="_blank">Confédération   française de l&#8217;industrie des Papiers, Cartons et Celluloses (COPACEL)</a>, à   l&#8217;origine de cette campagne.</p>
<p>Plus de la moitié du papier consommé par   les Français est importé</p>
<p>Ces publicités oublient de dire que le bois   est une ressource renouvelable mais limitée.</p>
<p>L&#8217;industrie   papetière doit s&#8217;adapter, non pas en augmentant les importations de pâte à   papier issue de la destruction scandaleuse des forêts tropicales ou boréales   mais en encourageant la diminution de la consommation   de papier et en favorisant la consommation de papier 100% recyclé plus   économe en eau et en énergie, d&#8217;après l&#8217;Agence de l&#8217;environnement et de la   maîtrise de l&#8217;énergie.</p>
<p>Voir la   totalité de <a href="http://www.amisdelaterre.org/rubrique.php3?id_rubrique=361" target="_blank">l&#8217;analyse   des Amis de la Terre</a>.</p>
<hr size="2" />
</td>
</tr>
<tr>
<td width="41%" valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/portables_sauver_des_forets.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/tele2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2813" title="tele2" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/tele2.jpg" alt="tele2" width="200" height="282" /></a></p>
<p>Télé 2</p>
</td>
<td width="57%" valign="top">
<p>Télé 2   fait sa publicité en claironnant que « <em>Réduire les factures de portables, c&#8217;est sauver des forêts</em> »   et en lançant le site <a href="http://www.frontdeliberationdesmobiles.org/" target="_blank">www.frontdeliberationdesmobiles.org</a>,   qui n&#8217;est qu&#8217;un site promotionnel pour lutter contre les factures de   portables trop chères.</p>
<p>Ici, nous pourrions bien passer la barre de la publicité mensongère,   pour ne pas dire la publicité du n&#8217;importe quoi, car ni la publicité, ni le   site n&#8217;informent sur les fameuses « réductions » annoncées. Sans   doute, y-a-t-il ici un fumeux jeu de mots qui ne fait rire personne.</p>
<p><strong>Cette   publicité ne respecte pas les articles 1-1, 1-2, 1-3, 2-1, 2-6 des   recommandations écologiques du BVP</strong><strong>.</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<h2><a name="Cristaline">Cristaline   &#8230; et l&#8217;eau du robinet</a></h2>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/cristaline.png"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/cristaline.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2814" title="cristaline" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/cristaline.jpg" alt="cristaline" width="182" height="268" /></a></p>
<p>Cristaline &laquo;&nbsp;Pas d&#8217;économie   sur l&#8217;eau que je bois&nbsp;&raquo; !</p>
</td>
<td width="58%">
<h2>Cristaline   : une campagne en eaux troubles</h2>
<p>Le WWF approuve et soutient la démarche du <strong>Ministère de l&#8217;Ecologie et du   Développement Durable, d&#8217;Agir pour l&#8217;Environnement, de FNE, de Résistance à   l&#8217;Agression Publicitaire, de la Confédération Générale du Logement et de Eau   de Paris</strong> qui dénonce la campagne de publicité de Cristaline.</p>
<p>L&#8217;accès à   une eau potable est un droit fondamental et vital. Pourtant, dans le monde,   avoir accès à de l&#8217;eau potable est un véritable privilège : sur Terre, moins   de 0.001% de cette ressource précieuse est accessible à la consommation   humaine. Dans de nombreux pays, l&#8217;eau potable est particulièrement rare et   chère. Les structures d&#8217;assainissement de l&#8217;eau y sont souvent peu performantes,   voire inexistantes ! D&#8217;ici 2025, si les modes de consommation actuels ne   changent pas, près de cinq milliards de personnes vivront dans des régions où   il sera difficile, voire impossible, de satisfaire leurs besoins en eau   douce. Leur vendra-t-on alors de l&#8217;eau en bouteille ?</p>
<p>Cette   campagne affirme de façon indécente que l&#8217;eau du robinet en France est   impropre à la consommation alors que c&#8217;est l&#8217;une des eaux les plus contrôlées   au monde, grâce à des structures de traitement de l&#8217;eau complexes et   perfectionnées. Cela signifie-t-il qu&#8217;en dehors de l&#8217;eau en bouteille, point   de salut ? <br />
 Pour convaincre le consommateur d&#8217;acheter prioritairement de l&#8217;eau en   bouteille, Cristaline joue d&#8217;un amalgame insinuant que l&#8217;eau du robinet   proviendrait des toilettes (« qui prétend que l&#8217;eau du robinet a bon goût ne   doit pas en boire souvent »). C&#8217;est fallacieux et scandaleux !</p>
<p>Le WWF rappelle que, en France,   contrairement à certaines idées reçues, et sauf exception locale, l&#8217;eau du   robinet est parfaitement potable et extrêmement contrôlée sur tout le réseau   de distribution jusqu&#8217;au robinet.</p>
<p>L&#8217;eau du   robinet et les eaux en bouteille sont issues des mêmes milieux naturels   (rivières, sources&#8230;). Les zones humides, en particulier, sont des zones de   stockage et des filtres naturels de l&#8217;eau. Or, elles sont fortement menacées   : 50% ont déjà disparu, et elles sont régulièrement polluées par nos modes de   vie (pesticides, pollution domestiques&#8230;). La qualité de toutes les eaux est   mise en danger ! Il est donc primordial de les préserver.</p>
<p>Pour Serge   ORRU, Directeur Général du WWF : « l&#8217;eau en bouteille ne représente pas une   solution aux besoins en eau des Français. Cette eau coûte en moyenne 150 fois   plus cher que l&#8217;eau du robinet ! Une bonne part de ce surcoût est imputable à   la fabrication et au recyclage de ses emballages, à son transport et à sa   publicité.<br />
 De 5 à 7 milliards de bouteilles d&#8217;eau sont ainsi vendues en France chaque   année, ce qui représente un coût de recyclage considérable. De plus,   seulement 47% de ces bouteilles en PET sont recyclées. L&#8217;industrie de l&#8217;eau   en bouteille contribue donc à augmenter l&#8217;émission de gaz à effet de serre   qui participe au réchauffement de la planète. »</p>
<p>Et   pourtant, Cristaline, à travers cette publicité, souhaite l&#8217;imposer comme la   solution à la crise de l&#8217;eau, en vantant ses qualités gustatives mais en   omettant de préciser son coût écologique.</p>
<p>Les   publicitaires en charge de cette campagne avaient sollicité à son sujet, le   BVP, organe d&#8217;autodiscipline de la profession. <br />
 Le BVP a rendu un avis défavorable, ce qui n&#8217;a pas empêché l&#8217;annonceur de   lancer sa campagne d&#8217;affichage. Cela illustre une   nouvelle fois l&#8217;incapacité du BVP à empêcher les débordements publicitaires   de tous ordres !</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>Communiqué   de Presse.</strong><br />
 <strong>16 janvier 2007</strong><br />
 <strong>« Stop à la campagne Cristaline,</strong><br />
 <strong>oui à l&#8217;eau du robinet ! »</strong><br />
 <strong>« <em>Qui prétend que l&#8217;eau du robinet a mauvais goût</em></strong><br />
 <strong><em>ne doit pas en boire souvent !</em></strong><em> »</em></p>
<p><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/logos.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2815" title="logos" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/logos.jpg" alt="logos" width="220" height="112" /></a></p>
<p>Avec sa   toute dernière campagne de communication et son slogan : « <em>Qui prétend que   l&#8217;eau du robinet a bon goût ne doit pas en boire souvent</em> », la marque   Cristaline a dépassé les bornes ! Et le pire reste à venir : la prochaine   vague d&#8217;affiches publicitaires assimile l&#8217;eau du robinet à l&#8217;eau des   toilettes : Cristaline pousse le bouchon vraiment trop loin !</p>
<p>Alors même   que le comité de déontologie du Bureau de Vérification de la Publicité a   donné un avis défavorable à cette publicité, Cristaline a opté pour le   maintien de sa stratégie, reposant sur de fausses informations et allant à   l&#8217;encontre des politiques publiques visant la réduction des déchets.</p>
<p>Se sentant   probablement visée par la campagne nationale de réduction des déchets menée   par le Ministère de l&#8217;Ecologie et du Développement Durable et l&#8217;ADEME, la   marque Cristaline sous-entendrait-elle que les services des Directions des   Affaires Sanitaires et Sociales et que les syndicats de gestion et de   distribution des eaux remplissent mal leurs missions ?</p>
<p>La   fédération France Nature Environnement souhaite rappeler que l&#8217;eau du robinet   est tout à fait potable, qu&#8217;elle est contrôlée un grand nombre de fois avant   d&#8217;arriver chez le consommateur et qu&#8217;elle coûte cinquante fois moins cher que   l&#8217;eau de source que l&#8217;on trouve en magasin. D&#8217;ailleurs, l&#8217;eau de source n&#8217;a   souvent pas de grande différence avec la plupart des eaux du robinet qui   parfois proviennent des mêmes nappes (c&#8217;est le cas pour Cristaline dans la   région de Saint-Nazaire). Pire, de nombreuses dérogations sont octroyées aux   eaux de source embouteillées, lesquelles contiennent parfois de l&#8217;antimoine   (dû au PET constituant leur emballage), et les conditions ainsi que la durée   de leur stockage avant consommation ont des incidences sur le contenu (ce qui   est d&#8217;ailleurs rappelé sur les étiquettes). La fédération France Nature   Environnement précise également que les bouteilles en plastique sont   fabriquées à partir de pétrole, matière première en voie d&#8217;épuisement et que   leur transport par camion à travers notre pays contribue à l&#8217;émission de   bruit, de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre, donc au   dérèglement climatique. La fédération France Nature Environnement alerte sur   le fait qu&#8217;encore aujourd&#8217;hui, une grande partie des bouteilles plastique ne   sont pas recyclées, qu&#8217;elles viennent alimenter les nombreuses décharges qui   jalonnent notre pays, ou pire se retrouvent directement dans la nature.</p>
<p><strong>Afin de montrer que l&#8217;eau du robinet a réellement bon goût, la   fédération France</strong> <strong>Nature   Environnement réalisera demain, mercredi 17 janvier 2007, avec Eau de Paris,   une conférence de presse au Café Le Petit Ney (10 av Porte de</strong> <strong>Montmartre   ­ 75 018 Paris) au cours de laquelle les journalistes et les dirigeants de   Cristaline seront invités à goûter en aveugle de l&#8217;eau du robinet et</strong> <strong>de   l&#8217;eau de Cristaline.</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong> </strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/la-publicite-peut-nuire-gravement-a-l-environnement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>The Corporation (la poursuite pathologique du profit et du pouvoir)</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/the-corporation-la-poursuite-pathologique-du-profit-et-du-pouvoir/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/the-corporation-la-poursuite-pathologique-du-profit-et-du-pouvoir/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2009 12:12:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[Gaïa]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[Monsanto]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[OGM]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[transmutation]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2755</guid>
		<description><![CDATA[Il y a 150 ans, la société par action était une institution peu importante. Aujourd&#8217;hui elle est omniprésente. Comme l&#8217;église, la monarchie et le parti communiste en leur temps, la société est l&#8217;institution prédominante. Ce documentaire étudie la nature, l&#8217;évolution, l&#8217;impact et le probable avenir de la société moderne. Dotée d&#8217;un mandat légal limité, qu&#8217;est-ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a 150 ans, la société par action était une institution peu importante. Aujourd&#8217;hui elle est omniprésente. Comme l&#8217;église, la monarchie et le parti communiste en leur temps, la société est l&#8217;institution prédominante. Ce documentaire étudie la nature, l&#8217;évolution, l&#8217;impact et le probable avenir de la société moderne. Dotée d&#8217;un mandat légal limité, qu&#8217;est-ce qui lui a permis d&#8217;obtenir un pouvoir et une influence tel sur notre vie ? Notre enquête commence alors que les scandales ouvrent le débat sur l&#8217;absence de contrôle sur les grandes sociétés.<br />
 </strong></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2759" title="The Corporation (Winner of the best documentary - Genie Award)" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/the-corporation-award-1.gif" alt="The Corporation (Winner of the best documentary - Genie Award)" width="120" height="65" /><img class="alignnone size-full wp-image-2760" title="The Corporation (Winner of 26 International awards)" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/the-corporation-award-2.gif" alt="The Corporation (Winner of 26 International awards)" width="120" height="65" /><img class="alignnone size-full wp-image-2761" title="The Corporation (Winner of 10 International audience choice awards)" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/the-corporation-award-3.gif" alt="The Corporation (Winner of 10 International audience choice awards)" width="120" height="65" /></p>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/the-corporation-la-poursuite-pathologique-du-profit-et-du-pouvoir/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://thecorporation.com/" target="_blank">The Corporation</a> (2:24:03)  (version sous-titrée en français)<br />
 Un documentaire de : Mark Achbar, Jennifer Abbott &amp; Joel Bakan</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Georges W.Bush</strong><br />
 Je pense qu&#8217;il y a une mauvaise perception sur le marché&#8230; une méfiance. 95%, dans ces eaux là, un gros pourcentage des entreprises sont honnêtes et divulguent leur actif. Leur système de rémunération est équilibré. Mais il y a des pommes véreuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette image n&#8217;est pas appropriée (la pomme véreuse)? Y a-t-il une meilleure métaphore pour décrire l&#8217;institution dominante ? En donnant la parole à des PDG, des dénonciateurs, des courtiers, des gourous et des espions, en place ou en marge, nous présentons la société comme un paradoxe qui génère l&#8217;opulence mais aussi d&#8217;innombrables maux, souvent camouflés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ira Jackson</strong> (Directeur, Center for Business and Government Kennedy School, Harvard University)<br />
 La société est une pièce du puzzle qu&#8217;est notre monde. Si on la retire, le tableau est incomplet. De même, si c&#8217;est la seule pièce du puzzle, ça ne fonctionnera pas. Une équipe sportive. Certains bloquent, interceptent. D&#8217;autres courent, d&#8217;autres lancent le ballon. Mais on a tous le même mais, réussir en tant qu&#8217;organisation. C&#8217;est comme une cellule familiale. Les gens travaillent ensemble avec un objectif commun. Comme le réseau téléphonique, elle tisse sa toile. Elle est extrêmement puissante. Il est difficile d&#8217;y échapper. Elle transforme la vie des gens, tout compte fait, pour le mieux. L&#8217;aigle&#8230; il plane, l&#8217;oeil vif, prêt à se mesurer aux autres, à frapper mais ce n&#8217;est pas un vautour. Noble, visionnaire, majestueux, de manière à ce que les gens croient en lui, s&#8217;en inspire, de manière à donner un coup de fouet, à s&#8217;élever. Ca serait un bon logo pour une compagnie qui a des principes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Keyes</strong> (Président et directeur général, Conseil canadien pour le commerce international)<br />
 Le mot anglais &laquo;&nbsp;corporate&nbsp;&raquo; a pris un sens péjoratif&#8230; Il est associé à &laquo;&nbsp;l&#8217;ordre du jour&nbsp;&raquo;. On parle de l&#8217;ordre du jour d&#8217;une grande société comme si c&#8217;était diabolique. Comme si l&#8217;ordre du jour essayait de dominer le monde entier. Je n&#8217;utilise pas le mot &laquo;&nbsp;société&nbsp;&raquo;, mais plutôt le mot &laquo;&nbsp;entreprise&nbsp;&raquo;, le mot &laquo;&nbsp;compagnie&nbsp;&raquo;, l&#8217;expression &laquo;&nbsp;milieu des affaires&nbsp;&raquo;. Parce que je trouve que ça donne une vision plus juste que de se limiter au mot &laquo;&nbsp;société&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Joe Badaracco</strong> (Professeur d&#8217;éthique des affaires, de la Harvard Business School)<br />
 Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une société ? J&#8217;enseigne dans une école de commerce et on ne m&#8217;a jamais demandé ma définition d&#8217;une société. C&#8217;est une forme de propriété commerciale. C&#8217;est un groupe d&#8217;individus qui poursuit ensemble toutes sortes d&#8217;objectifs. Le principal est de faire des bénéfices importants, croissants, constants, en toute légalité, pour les propriétaires de l&#8217;affaire.</p>
<p><a href="http://www.letransmuteur.net/the-corporation-la-poursuite-pathologique-du-profit-et-du-pouvoir/"><strong>Transcription de l&#8217;intégralité des dialogues du film&#8230;</strong></a><span id="more-2755"></span></p>
<h2>NAISSANCE</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 La société moderne est née de l&#8217;ère industrielle qui a débuté en 1712 quand un Anglais, Thomas Newcomen, a inventé une pompe à vapeur pour pomper l&#8217;eau de la mine de charbon afin que les mineurs extraient plus de charbon au lieu de sortir des seaux d&#8217;eau. C&#8217;était une question de productivité. Plus de charbon à l&#8217;heure. C&#8217;était le début de l&#8217;ère industrielle. Puis, c&#8217;est devenu, plus de fer, plus de textile à l&#8217;heure, plus d&#8217;automobiles à l&#8217;heure. Et de nos jours, c&#8217;est plus de microprocesseurs à l&#8217;heure. Le système n&#8217;a pratiquement pas changé, on produit des produits plus sophistiqués.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 La place prépondérante des sociétés dans notre vie est essentiellement un produit du siècle passé. A l&#8217;origine, c&#8217;était un groupe de gens constitué en société pour accomplir une tâche précise, comme construire un pont au-dessus du fleuve Charles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mary Zepernick</strong> (Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 Il y avait peu de sociétés à la fondation des États-Unis. Celles qui existaient devaient se plier aux stipulations des chartes délivrées par l&#8217;État. La durée de production, le montant de la capitalisation, ce qu&#8217;elles construisaient, entretenaient, une route, disons étaient dans la charte. Elles ne faisaient rien d&#8217;autre, ne pouvaient posséder une autre société. Leurs actionnaires étaient financièrement responsables.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 D&#8217;un point de vue juridique et culturel, la société était une entité subordonnée, un cadeau du peuple dont le but était de servir le bien public. Il ne faut pas se laisser fourvoyer par l&#8217;histoire. Ce n&#8217;était pas paradisiaque quand elles étaient au service du public. Mais on peut en tirer des leçons.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mary Zepernick</strong> (Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 La guerre de sécession et la révolution industrielle ont fait croître les sociétés. On a assisté à l&#8217;explosion du chemin de fer, -grâce aux terres allouées par l&#8217;État- des banques, de l&#8217;industrie lourde. Il y a un siècle et demi, les avocats d&#8217;entreprise ont compris qu&#8217;ils leur fallait plus de pouvoir et ont voulu supprimer certaines contraintes imposées aux sociétés par le passé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Howard Zinn</strong> (Écrivain, A people&#8217;s History of the United States)<br />
 Le 14e amendement a été voté à la fin de la guerre de Sécession pour donner l&#8217;égalité des droits aux Noirs. Donc, on y spécifiait : &laquo;&nbsp;Aucun État ne peut priver quiconque de sa vie, de sa liberté ou de ces biens sans procédure légal.&nbsp;&raquo; Afin d&#8217;empêcher les États de prendre la vie, la liberté ou les biens des Noirs comme on l&#8217;avait fait par le passé. Les sociétés vont devant les tribunaux. Leurs avocats sont malins et disent : &laquo;&nbsp;Vous ne pouvez priver quiconque de sa vie, de sa liberté&#8230; La société est une personne à part entière.&nbsp;&raquo; Et la Cour Suprême accepte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mary Zepernick</strong> (Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 Et le plus grotesque dans tout ça, c&#8217;est que le 14e amendement avait été voté pour protéger les esclaves libérés depuis peu. Par exemple, entre 1890 et 1910, il y a eu 307 affaires portées devant les tribunaux en vertu du 14e amendement. 288 émanaient des sociétés, 19 d&#8217;Afro-Américains.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 600 000 personnes ont perdu la vie en luttant pour des droits. Et de traits de plumes, les 30 années qui suivirent, les juges ont appliqué ces droits au capital et à la propriété alors qu&#8217;il en dépouillaient les gens.</p>
<h2>UNE &laquo;&nbsp;PERSONNE MORALE&nbsp;&raquo;</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait d&#8217;un vieux documentaire</strong><br />
 Tout le monde fait des erreurs. Je ne peux pas être tenu pour responsable. Ce sont les faiblesses du partenariat. N&#8217;est-ce pas, Sid ?<br />
 Tu devrais constituer ton magasin en société.<br />
 En société ?<br />
 Oui. Ca te permettrait d&#8217;obtenir ce que tu veux : la responsabilité limitée.<br />
 Tu réunis des gens qui souhaitent investir leur argent. Puis vous demandez une charte en tant que société.<br />
 Le gouvernement délivre une charte à cette société. Légalement, cette société fonctionne comme une personne. Ce n&#8217;est pas un groupe de gens. Aux yeux de la loi, c&#8217;est une personne morale.<br />
 L&#8217;imperial Steel Inc. bénéficie des droits légaux d&#8217;un individu. Elle peut vendre et acheter des biens. Elle peut emprunter de l&#8217;argent. Elle peut poursuivre en justice et être poursuivi. Elle fait des affaires. L&#8217;imperial Steel, comme des milliers d&#8217;autres personnes morales, fait partie de notre quotidien. C&#8217;est un membre de notre société.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Après avoir obtenu les droits d&#8217;une personne, une question se pose : &laquo;&nbsp;Quelle sorte de personne est cette société ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Les sociétés ont les droits des personnes immortelles. mais pas de n&#8217;importe lesquelles. De celles dénuées de conscience morale. C&#8217;est un genre de personne très particulier créée par le loi pour ne s&#8217;occuper que de ses actionnaires. Mais pas de ses partenaires sociaux, telles que la communauté ou la population active.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 Le gros problème de ces citoyens corporatifs, c&#8217;est qu&#8217;ils sont différent de nous. Comme aurait dit le baron Thurlow : &laquo;&nbsp;Ils n&#8217;ont pas d&#8217;âme à sauver, ni de corps à incarcérer.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Les gens se méprennent sur les sociétés, ils pensent qu&#8217;elles sont comme nous. On les croit sensibles, politisés, intègres. Mais leur seul intérêts se sont les bénéfices. Comment faire le maximum d&#8217;argent en un trimestre. C&#8217;est tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sir Mark Moody-Stuart</strong> (Ancien président de la Royal Dutch Shell)<br />
 On nous reproche de ne penser qu&#8217;à l&#8217;aspect économique. On croit qu&#8217;un homme d&#8217;affaires est obnubilé par l&#8217;argent. Ce n&#8217;est pas le cas. Les hommes d&#8217;affaires que nous sommes savent que nous devons tenir compte de l&#8217;environnement mais aussi que nous devons être perçus comme des membres constructifs de la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Certaines compagnies sont bénéfiques aux communautés. Elles produisent des services et des biens qui nous sont utiles, qui améliorent la vie. C&#8217;est une bonne chose. Le problème réside dans la course aux bénéfices. Parce que pour elles, ce n&#8217;est jamais assez.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sir Mark Moody-Stuart</strong> (Ancien président de la Royal Dutch Shell)<br />
 Je rétorque toujours en faisant remarquer qu&#8217;aucune organisation sur cette planète ne peut négliger les fondements économiques. Même quelqu&#8217;un qui vit sous un figuier banian dépend du soutien d&#8217;autrui. Tout le monde doit se préoccuper de l&#8217;économie. Ce n&#8217;est pas que du commerce.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Contrairement à quelqu&#8217;un qui vit sous un figuier banian, la structure même d&#8217;une société commerciale, de par la loi, lui donne une caractéristique étrange et dérangeante. La loi l&#8217;oblige à placer les intérêts de ses actionnaires au-dessus des autres intérêts. Elle doit, juridiquement, faire passer ses résultat financier avant tout, même le bien public.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Ce n&#8217;est pas une loi de la nature, mais une décision judiciaire. Elles ne s&#8217;intéressent qu&#8217;aux bénéfices à court termes de leurs actionnaires qui sont une minorité de la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 Envers qui ces compagnies doivent-elles être loyales ? Qu&#8217;est-ce que la loyauté ? C&#8217;est un concept plutôt naïf puisque les sociétés ont envers elles-mêmes une obligation de croissance et de rentabilité. Ce faisant, elle est d&#8217;autant plus rentable qu&#8217;elle fait payer ses factures par d&#8217;autres, ce qui lui donne plus d&#8217;influence sur la société. Les économistes ont pour ça un mot terrible : externalités.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Milton Friedman</strong> (Prix Nobel d&#8217;économie)<br />
 Une externalité est la conséquence d&#8217;une transaction entre deux individus sur une tierce personne qui n&#8217;a ni consenti ni joué un rôle quelconque dans l&#8217;établissement de cette transaction. Cela pose de gros problèmes, c&#8217;est évident.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Diriger une entreprise n&#8217;est pas une mince affaire. Les coûts doivent être minimisés à tout bout de champ. Et il arrive un moment où la société délègue certaines choses. Que quelqu&#8217;un d&#8217;autre procure les forces armées au Moyen-Orient pour veiller sur le pétrole, que quelqu&#8217;un d&#8217;autre construise les routes pour y faire rouler les voitures, que quelqu&#8217;un d&#8217;autre prenne ces problèmes en charge. C&#8217;est ça l&#8217;origine des externalités, cette notion de : &laquo;&nbsp;Que quelqu&#8217;un d&#8217;autre s&#8217;en occupe.&nbsp;&raquo; J&#8217;ai déjà assez à faire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 Une société est une machine à externaliser tout comme un requin est une machine à tuer. Tous deux sont conçus de manière très efficace pour atteindre des objectifs précis. Pour y parvenir, la question de malveillance ou de volonté ne se pose pas. L&#8217;entreprise a en elle, comme le requin, ces caractéristiques qui la poussent à remplir ses fonctions.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 La société est contrainte d&#8217;avoir des résultat immédiats et d&#8217;externaliser les coûts qu&#8217;un public naïf lui permettra d&#8217;externaliser.</p>
<h2>ÉTUDES DE CAS</h2>
<p style="text-align: justify;"><em>Pour savoir ce qui pousse la société à devenir une machine à externaliser, on peut l&#8217;analyser, comme un psychiatre analyserait son patient. on peut même la diagnostiquer en se basant sur les études de cas des maux infligés à d&#8217;autres, choisis dans l&#8217;univers des sociétés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préjudice aux travailleurs :</strong> Licenciements, démantèlement des syndicats, incendie d&#8217;usines.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Charles Kernaghan</strong> (Comité National des travailleurs)<br />
 Pour que les choses soient concrètes nous achetons des produits de toutes les usines dont nous parlons. Cette chemise se vend à 14,99 dollars. Les femmes qui les font, gagnent 3 sous. Les vestes Liz Clairbone, faites au Salvador. Elles coûtent 178 dollars et les ouvriers gagnent 74 sous pour la veste. Les autoradios Alpine, 31 sous de l&#8217;heure. Il n&#8217;y a pas que les chaussures de tennis, tout y passe.<br />
 Nous étions au Honduras. Des travailleurs qui nous connaissaient nous on contactés. Parce que leurs conditions de travail étaient atroces. Ils voulaient nous rencontrer. On a accepté. Mais, ce n&#8217;est pas aisé. On ne peut pas entrer dans l&#8217;usine pour les interroger. Il y a des gros bras, la police. On fait tout en cachette. La réunion commence et trois types entrent. Des types menaçants. L&#8217;entreprise avait eu vent de la réunion. On a dû annuler. Les jeunes filles étaient futées. En partant, elles ont glissé leurs mains sous la table, en douce. J&#8217;ai fait la même chose et elles m&#8217;ont donné leurs fiches de paies pour qu&#8217;on connaisse leur nom, leur salaire et les étiquettes des marques qu&#8217;elles fabriquaient. Une fois seul, j&#8217;ai regardé dans ma main et il y avait la photo de Kathy Lee Gifford. Le plus intéressant, c&#8217;est ce qu&#8217;il y avait écris en bas de la carte : &nbsp;&raquo; Une part des recettes de la vente sera versé à des oeuvres de bienfaisance.&nbsp;&raquo; C&#8217;est très touchant. Ca vous va droit au coeur. D&#8217;après Wal-Mart et Kathy Lee, si vous achetez ce pantalon, vous aiderez des enfants. Mais, ceux qui nous ont donné l&#8217;étiquette n&#8217;avaient que 13 ans.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michael Walker</strong> (Institut Fraser, comité d&#8217;experts pour des solutions de marché)<br />
 Regardons les choses d&#8217;un point de vue différent, de celui des gens au Bangladesh qui meurent de faim, des Chinois qui meurent de faim. La seule chose qu&#8217;ils ont à offrir à quiconque, qui a une valeur quelconque, c&#8217;est leur main-d&#8217;oeuvre bon marché. En conséquence, ils brandissent un grand drapeau sur lequel est écrit : &laquo;&nbsp;Venez nous embaucher, nous travaillons pour 10 sous de l&#8217;heure, parce qu&#8217;avec ça nous achèterons du riz pour ne pas mourir de faim. Venez nous sortir de la misère.&nbsp;&raquo; Alors quand Nike s&#8217;installe là-bas, toute la communauté le perçoit comme un don du ciel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Charles Kernaghan</strong> (Comité National des travailleurs)<br />
 On a fouillé une décharge en République Dominicaine. On fait toujours ça, on fouille. un jour, on a trouvé des documents internes de tarification de Nike. Chaque opération a un temps d&#8217;exécution. Pas en minutes. Ils fractionnent ce temps en 10 000e de seconde. 22 opérations sont effectuées pour faire une chemise en 6,6141 minutes. A 70 sous de l&#8217;heure, ces 6,6 minutes sont payées 8 sous. Les salaires représentent un tiers d&#8217;un pour cent du prix de vente. C&#8217;est la réalité. C&#8217;est l&#8217;art d&#8217;exploiter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michael Walker</strong> (Institut Fraser, comité d&#8217;experts pour des solutions de marché)<br />
 Que font ces sociétés une fois prospères ? Elles se rendent compte qu&#8217;elles ne peuvent plus faire de profit parce que les salaires ont augmenté. Les gens ne sont plus désespérés. On a épuisé le stock de désespérés, ils sont tous dodus, en bonne santé et riches. Partons chercher d&#8217;autres désespérés ailleurs et augmentons leur niveau de vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Naomi Klein</strong> (Écrivain)<br />
 La zone industrielle travaillant pour l&#8217;exportation est la première étape vers un fantastique nouveau développement. L&#8217;investissement aura un effet de diffusion dans les communautés. Mais comme de nombreux pays se mettent à créer ces enclaves de libre-échange, ils doivent motiver de plus en plus les compagnies à venir dans leur petite zone dénationalisée. La durée d&#8217;exonération fiscale s&#8217;allonge et les ouvriers ont rarement de quoi s&#8217;acheter trois repas en encore moins de quoi alimenter l&#8217;économie locale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préjudice à la santé :</strong> Les produits dangereux, les déchets toxiques,  la pollution, les produits chimiques de synthèse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Samuel Epstein, M.D.</strong> (Professeur émérite de médecine environnementale, U. of Illinois)<br />
 Il s&#8217;est passé quelque chose en 1940 qui a marqué le début d&#8217;une nouvelle ère. L&#8217;ère de la capacité à synthétiser et à créer, sur une échelle illimitée, de nouveaux produits chimiques. Il est possible de fabriquer de nouveaux produits chimiques comme il n&#8217;en avait jamais existé pour tous les usages et pour un coût dérisoire. On peut aller demander au chimiste, &laquo;&nbsp;Je voudrais un pesticide qui résiste à la chaîne alimentaire et je ne veux pas m&#8217;en servir souvent. Je voudrais qu&#8217;il soit indestructible.&nbsp;&raquo; Alors, il met 2 molécules de benzine sur le tableau, ajoute un peu de chlore&#8230; et c&#8217;est du DDT.<br />
 Alors que l&#8217;ère pétrochimique se développait de plus en plus, des signaux d&#8217;alarme sont apparus. Certains de ces produits chimiques pouvaient présenter des risques. Les données étaient, au départ, futiles, anecdotiques. Mais, petit à petit, les données se sont accumulées à tel point que nous savons maintenant que les produits chimiques de synthèse qui ont investi nos bureaux ,nos produits de consommation, notre air, notre eau, donnent le cancer et aussi des anomalies congénitales et d&#8217;autres effets toxiques.<br />
 De plus, les industries étaient au courant -la plupart était au courant- et ont essayé de banaliser ces risques.<br />
 Si je vous tue avec un revolver, c&#8217;est un crime. Si je vous expose à des produits chimiques que je sais mortels, quelle différence y a-t-il ? Vous mourrez plus lentement.<br />
 Nous sommes au beau milieu d&#8217;une épidémie de cancer et je suis convaincu -j&#8217;ai des preuves à l&#8217;appui- que l&#8217;industrie est en grande partie responsable de cette épidémie de cancer qui nous submerge, qui fait qu&#8217;un homme sur deux contracte le cancer et qu&#8217;une femme sur trois contracte le cancer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préjudices aux animaux :</strong> Destruction de l&#8217;habitat, élevage industriel, expérimentations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Samuel Epstein, M.D.</strong> (Professeur émérite de médecine environnementale, U. of Illinois)<br />
 Vers la fin de l&#8217;année 1989, une boite de documents est arrivée à mon bureau. Rien n&#8217;indiquait sa provenance. Je l&#8217;ai ouverte et j&#8217;ai trouvé plein de dossiers Monsanto et certains traitaient de tests toxicologiques sur des vaches auxquelles on avait donné du rBGH (Posilac). A l&#8217;époque Monsanto disait : &laquo;&nbsp;Rien ne prouve que c&#8217;est nocif, on n&#8217;utilise pas d&#8217;antibiotiques.&nbsp;&raquo; Et ceci a clairement prouvé qu&#8217;ils avaient menti effrontément. Les dossiers révélaient des inflammations du coeur, des poumons, des reins, des problèmes de reproduction et plein d&#8217;autres problèmes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>ITN News, UK</strong><br />
 <em>Le BST, commercialisé sous le nom Posilac, est utilisé dans plus d&#8217;un quart des laiteries Américaines. Ce lait est bu par de nombreux Américains depuis que l&#8217;office de contrôle pharmaceutique l&#8217;a déclaré sans danger&#8230;</em><br />
 <em>Plus tard</em><br />
 <em>Ce compte-rendu détaillé sur ce médicament conclut que le BST fait souffrir inutilement les vaches. C&#8217;est inacceptable pour un médicament conçu pour augmenter la production laitière.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jeremy rifkin</strong> (Président de la Fondation sur les tendances économiques)<br />
 C&#8217;est un produit ridicule. Le monde industriel est inondé de lait. Nous surproduisons du lait. certains gouvernements paient les fermiers pour ne plus en produire. Et Monsanto sort un produit qui permet de produire plus quelque chose d&#8217;inutile.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vidéo promotionnelle Monsanto Vous injecterez du posilac à toutes les vaches. Celles non traitées représenterons une perte d&#8217;argent.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Steve Wilson</strong> (Reporter d&#8217;investigation)<br />
 L&#8217;utilisation de l&#8217;hormone artificielle avait des effets secondaires sur les vaches. Ca leur donnait la mastite, une infection très douloureuse des pis. Quand on trait une vache qui a la mastite, le pus provenant de l&#8217;infection coule avec le lait. Et le taux de cellules somatique (le taux de bactéries) du lait augmente.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jane Akre</strong> (Reporter d&#8217;investigation)<br />
 Les vaches en souffrent. Elles tombent malades quand on leur injecte du rBGH. On leur injecte des antibiotiques. On sait que les aliments contiennent des antibiotiques qui créent des bactéries et des maladies résistantes aux antibiotiques. La situation est critique quand on va à l&#8217;hôpital et qu&#8217;on contracte une infection incurable et qu&#8217;on meurt. C&#8217;est une crise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jeremy rifkin</strong> (Président de la Fondation sur les tendances économiques)<br />
 Nocif pour la vache, pour le fermier et pour le consommateur. Le jury délibère. Il y a des preuves contradictoire quant aux risques. Pourquoi le consommateur devrait prendre des risques ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;Europe et le Canada ont interdit le rBGH mais il est présent dans le lait américain.</strong><br />
 <em>Les vaches n&#8217;ont pas été les seules victimes des produits Monsanto. L&#8217;armée américaine a déboisée des régions du Vietnam avec l&#8217;agent orange de Monsanto. L&#8217;herbicide toxique a entraîné 50 000 anomalies congénitales et des centaines de milliers de cancer chez les Vietnamiens et dans toute les troupes américaines basées en Asie du Sud-Est.</em><br />
 <em>Contrairement aux Vietnamiens, les vétérans américains exposés à l&#8217;agent orange ont pu poursuivre Monsanto en justice. Celle-ci a réglé l&#8217;affaire à l&#8217;amiable en versant 80 millions de dollars de dommages et intérêts. Mais elle n&#8217;a jamais reconnu sa culpabilité.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préjudice à la biosphère :</strong> Coupe à blanc, émission de CO2, déchets nucléaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 J&#8217;ai dormi dans un motel à Brewer dans le Maine. J&#8217;ai eu le rhume des fions et les yeux irrités. Et j&#8217;ai vu des monceaux de mousse blanche descendre le fleuve. Au matin, je suis allé me renseigner. On m&#8217;a répondu &laquo;&nbsp;C&#8217;est le fleuve. L&#8217;usine de papier déverse tout dans le fleuve.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Comment ça ?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;C&#8217;est simple. On se débarrasse des effluents de la fabrique.&nbsp;&raquo; A l&#8217;époque je traitais avec eux. J&#8217;avais vendu du pétrole aux patrons des fabriques. Je faisais de la politique. Personne dans les fabriques de papier, ne voulait polluer le fleuve. Et pourtant, on le polluait. On avait créé une machine de mort. Dans notre quête de richesse et de prospérité, on a créé quelque chose pour nous détruire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Carlton Brown</strong> (Vendeur d&#8217;actions)<br />
 Les courtiers impliqués dans le marché quand il s&#8217;agit de l&#8217;environnement, ne se laissent pas ébranler. Ils font de l&#8217;argent. On ne s&#8217;interdit pas d&#8217;acheter du cuivre parce que c&#8217;est contre notre religion ou que ça va à l&#8217;encontre des lois environnementales. Parfois on y pense, mais ça ne dure pas. Ca dure une fraction de seconde. On se dit, &laquo;&nbsp;Une ville est polluée au Pérou mais ce type a besoin d&#8217;acheter du cuivre et en plus il touche une commission.&nbsp;&raquo; L&#8217;information qu&#8217;on reçoit ne tient pas compte de l&#8217;environnement parce que tant qu&#8217;il n&#8217;est pas considéré comme une marchandise alors, on n&#8217;en tient pas du tout compte. Ca ne nous traverse même pas l&#8217;esprit. C&#8217;est hors de portée, on n&#8217;en entend pas parler. N&#8217;oubliez pas, il se passe des choses tout près de chez nous. On vend des porcs vivants. Il y a tellement de porcs en Caroline qui polluent les fleuves. On ne parle pas souvent de ce genre de choses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Weissman</strong> (Éditeur, Multinational Monitor)<br />
 Multinational Monitor a établi une liste des sociétés criminelles des années 1990. On a recherché les amendes payées par ces sociétés sur dix ans. Exxon a plaidé coupable, inculpé de crimes fédéraux suite au déversement de Valdez et a payé 125 millions de dollars d&#8217;amende. La General Electric a escroqué le gouvernement fédéral et a payé 9,5 million de dollars d&#8217;amende. Chevron a violé les lois sur l&#8217;environnement et a payé 6,5 millions de dollars d&#8217;amende. Mitsubishi a violé les lois antitrust : 1,8 millions. IBM reconnue coupable d&#8217;exportation illégale : 8,5 millions. Eastman Kodak a violé les lois sur l&#8217;environnement ; 1 million. Le laboratoire Pfizer a violé les lois antitrust : 20 millions. Odwalla, les lois sur les produits pharmaceutiques et alimentaires : 1,5 millions. Sears a été reconnue coupable de fraude fiscale : 60 millions. Hoffman-La-Roche a violé les lois antitrust et a payé 500 millions de dollars d&#8217;amende. Etc&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 Le problème récurrent d&#8217;obéir ou non à la loi est lié aux conséquences. Si le risque encouru et la pénalité reviennent moins cher que de suivre les règles alors, ça se réduit à une décision commerciale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Utilisons la métaphore des premiers essais de vol. L&#8217;homme en avion, prend son envol d&#8217;une très haute colline. L&#8217;avion bat des ailes, et l&#8217;homme est aux commandes, le vent souffle et le pauvre bougre croit voler alors qu&#8217;il est en chute libre. Il ne le sait pas encore parce que la terre est loin, mais l&#8217;engin va inéluctablement s&#8217;écraser. C&#8217;est pareil pour notre civilisation. La très haute colline représente les ressources illimitées qu&#8217;on croyait avoir au début du voyage. L&#8217;avion ne vole pas parce qu&#8217;on n&#8217;a pas tenu compte des lois de l&#8217;aérodynamique et il est soumis aux lois de la gravité. Notre civilisation ne vole pas car elle fait fi des lois de l&#8217;aérodynamique des civilisations qui voleraient. Et l&#8217;endroit où on va s&#8217;écraser est loin mais certaines personnes l&#8217;ont vu bien avant tout le monde. Les visionnaires l&#8217;ont vu et nous ont prévenus qu&#8217;on en approchait. Pas une seule revue scientifique, publiée durant ces 25 dernières années, ne contredirait ce scénario. Tous les organismes vivants sont sur le déclin, tous les équipements de survie de la terre sont sur le déclin. Et ensemble, ils constituent la biosphère. Elle fait vivre et nourrit toute forme de vie, pas seulement la nôtre mais celle de 30 millions d&#8217;espèces qui partagent la planète avec nous.<br />
 La compagnie type du 20e siècle : extractive, gaspilleuse, abusive, linéaire dans tous ses procédés. Elle pille la terre, fabrique, gaspille, renvoie ses produits dans la biosphère, fait enfouir les déchets.<br />
 J&#8217;ai moi même été estomaqué d&#8217;apprendre tout ce que la terre devait produire pour qu&#8217;une fois extrait par nos soins (il parle de sa propre société), ça rapporte un dollar à la compagnie. Quand je l&#8217;ai appris, ça m&#8217;a sidéré. Nous laissons derrière nous un héritage abominable de poison et de diminution de l&#8217;environnement aux petits-enfants de nos petits-enfants. Des générations pas encore nées. Cette tyrannie inter générationnelle serait un impôt sans représentation prélevé sur les générations à venir. Ce n&#8217;est pas la chose à faire.</p>
<h2>LA PATHOLOGIE DU COMMERCE</h2>
<p><strong>Dr. Robert Hare, Ph.D.</strong> (Consultant to the FBI on psychopats)<br />
 Une des question récurrentes est : dans quelle mesure une société (industrie) peut être perçue comme un psychopathe ? Si on la considère comme une personne morale, il ne doit pas être difficile de rapprocher la psychopathie de l&#8217;individu de celle de la société. On peut examiner les particularités de cette maladie et voir comment elles s&#8217;appliquent aux sociétés.</p>
<ul>
<li> Indifférence inhumaine aux sentiments d&#8217;autrui </li>
<li> Incapacité à maintenir des relations durables </li>
<li> Désintérêt imprudent de la sécurité d&#8217;autrui </li>
<li> Elle en auraient toutes les caractéristiques. Ce genre de société est le psychopathe type. </li>
</ul>
<p><strong>Si l&#8217;institution prédominante a été créée à l&#8217;image d&#8217;un psychopathe, qui assume la responsabilité morale de ses actions?</strong></p>
<p><strong>Milton Friedman</strong> (Prix Nobel d&#8217;économie)<br />
 Un immeuble peut-il avoir une éthique ? Peut-il avoir des responsabilités sociales ? Si un immeuble ne peut pas en avoir, pourquoi une société en aurait ? Une société n&#8217;est qu&#8217;une structure artificielle juridique mais les gens impliqués, que ce soit les actionnaires, que ce soit les cadres, les employés, ils ont tous des responsabilités morales.</p>
<h2>OBLIGATIONS MONSTRUEUSES</h2>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Je pense que chaque être humain, les vrais, de chair et de sang,  pas les sociétés, que chacun est une personne morale. Nous avons les  mêmes gènes, nous nous ressemblons, mais notre nature, la nature des  êtres humains permet de nombreux comportements. Chacun c&#8217;entre nous,  suivant les circonstances, peut être un préposé à la chambre à gaz ou  un saint.</p>
<p><strong>Sam Gibara</strong> (Président, ancien chef de la direction, Pneu Goodyear)<br />
 Aucun poste, de mes années passées chez Goodyear, ne m&#8217;a autant  déçu que le poste de PDG. Car, bien qu&#8217;on ait l&#8217;impression d&#8217;avoir un  pouvoir sans limite, en réalité on ne l&#8217;a pas. Parfois, si on avait  vraiment carte blanche, si on agissait en accord avec nos idées  personnelles, et nos priorités, on agirait autrement. Le PDG ne le peut  pas. Les licenciements étant monnaies courantes, les gens ont tendance  à croire que les PDG prennent des décisions sans tenir compte des  conséquences humaines. Aucun PDG ne prend jamais cette décision à la  légère. C&#8217;est une décision difficile. C&#8217;est le capitalisme qui  l&#8217;impose.</p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 On juge une société comme on juge un propriétaire d&#8217;esclaves. On  veut distinguer l&#8217;institution de l&#8217;individu. L&#8217;esclavage ou d&#8217;autres  formes de tyrannie sont monstrueux de par leur nature mais les  individus impliqués sont peut-être les meilleurs au monde,  bienveillants, amicaux, gentils avec leurs enfants, même avec leurs  esclaves, compatissants. Les possibilités sont illimitées. Dans leur  rôle institutionnel, ce sont des monstres parce que l&#8217;institution est  monstrueuse.</p>
<p><strong>Sir Mark Moody-Stuart</strong> (Ancien président de la Royal Dutch Shell)<br />
 Ma femme et moi, il y a quelques années, avons eu chez nous, une manifestation. 25 personnes ont accroché une grande banderole sur notre  maison : &laquo;&nbsp;assassins&nbsp;&raquo; Ils ont dansé dehors avec des masques à gaz. Cette  manifestation n&#8217;a eu aucun impact car on était à la campagne, nous deux  et le chien, et la maison est petite. Ca les a surpris. On s&#8217;est assis  et on a discuté avec eux quelques heures. on leur a offert du thé , du  café. Ils ont déjeuné sur la pelouse. Au bout de 20 minutes, ils ont  dit, &laquo;&nbsp;C&#8217;est Shell le problème, pas vous.&nbsp;&raquo; J&#8217;ai dit, &laquo;&nbsp;Attendez, de quoi  est composé Shell&nbsp;&raquo; De gens comme moi ? On s&#8217;est rendu compte en  discutant que tout ce qui les préoccupait, me préoccupait aussi. Le  climat, les régimes totalitaires, les droits de l&#8217;homme. La grande  différence entre nous, c&#8217;est que je sens que je peux changer les  choses. Ils étaient frustrés parce qu&#8217;ils se sentaient impuissants.</p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Un PDG en particulier peut très bien se soucier de l&#8217;environnement. Comme il ont des ressources incommensurables, ils  peuvent y consacrer des ressources sans manquer à leur responsabilité  d&#8217;être totalement inhumain.</p>
<p><em>C&#8217;est pourquoi, pendant que les manifestants boivent du thé, au  Niger, Shell peut brûler de l&#8217;essence en quantité et en faire une des  pires sources de pollution au monde. Et le soi-disant intérêts porté à  l&#8217;environnement ne sauve pas Ken Saro Wiwa et huit activistes de la  pendaison pour s&#8217;être opposés aux pratiques de Shell dans le delta du  Niger.</em></p>
<h2>MENTALITÉ</h2>
<p><strong>Dr. Vandana Shiva</strong> (Physicien, écologiste, militant de semences)<br />
 La société ne pense pas. Ses dirigeants pensent. Ils sont en  droit de créer une technologie destructrice. De façon à ce que les  fermiers ne gardent pas les graines. Des graines qui s&#8217;autodétruiront  avec un gène suicidaire. des graines programmées pour ne produire  qu&#8217;une seule récolte. Il faut vraiment avoir un fond cruel. C&#8217;est une  guerre à l&#8217;évolution rien que de penser de cette façon. Mais il est  clair que, pour eux, les bénéfices passent avant tout.</p>
<p><strong>Marc Barry</strong> (Competitive Intelligence Professional)<br />
 J&#8217;ai travaillé dans tous les secteurs. J&#8217;ai travaillé dans un  quart des 500 compagnies de Fortune. Je me suis fait passer pour un  banquier d&#8217;affaires, pour un capital risqueur. J&#8217;ai monté des  compagnies fictives, soi-disant de recrutement de cadres. En fait, je  suis un espion. Je retrouve vos employés, et je leur dis que je suis  une société de recrutement et que j&#8217;ai un travail beaucoup mieux payé à  leur proposer. Est-ce qu&#8217;ils accepteraient de me rencontrer ? Le cadre  se pointe et ne se rend pas compte que je lui soutire des informations  pour un concurrent. Je n&#8217;ai pas de poste à lui offrir, je le reçois  dans un bureau loué et la photo de ma famille sur le bureau est bidon.  C&#8217;est une ruse minutieusement mis au point pour lui soutirer des  informations juteuses. Je ne me sens pas coupable. Il faut s&#8217;attendre à  trouver des types comme moi. On est des prédateurs.<br />
 Tout n&#8217;est que concurrence, parts de marché, de dynamisme, de valeur  actionnariale. Combien vaut votre action ? Si vous êtes PDG,  croyez-vous que les actionnaires se soucient de savoir si vous êtes ou  non une bonne pâte ? Croyez-vous qu&#8217;ils préféreraient que vous soyez un  type sympa plutôt que d&#8217;avoir de l&#8217;argent en poche ? Je ne le crois  pas. Les gens veulent de l&#8217;argent. Point final.</p>
<p><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Comme ces compagnies sont dirigées par des blancs, riches, ça  signifie qu&#8217;ils ont perdu le contact avec le monde. Car le monde n&#8217;est  pas fait d&#8217;une bande de blancs riches. La majorité est faite de gens  d&#8217;autres couleurs. Les femmes sont plus nombreuses. Les travailleurs  pauvres sont les plus nombreux sur cette planète. Les décisions qu&#8217;ils  prennent sont décalées par rapport à la réalité du monde.<br />
 Quand j&#8217;ai acheté les billets pour Phil Knight (Founder and CEO, Nike  Inc) et moi-même, pour aller en Indonésie, je m&#8217;attendais à ce qu&#8217;il  dise, &laquo;&nbsp;Allons-y&nbsp;&raquo;. Il a refusé. C&#8217;est un type intelligent. Il vaut mieux  être préparé. C&#8217;étaient des billets de première classe. Au moins, le  voyage serait agréable. Et il me dit, alors qu&#8217;on filme&#8230; &laquo;&nbsp;Je n&#8217;y suis  jamais allé&nbsp;&raquo;. Je suis interloqué. C&#8217;est le PDG et il n&#8217;a jamais vu ses  usines. Quelques semaines après, il m&#8217;appelle, &laquo;&nbsp;Je vais peut-être  pouvoir vous accompagner aux usines. Je vais à l&#8217;Open d&#8217;Australie.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Pendant 21 ans, pas une fois je n&#8217;ai pensé à ce qu&#8217;on prenait à  la terre, ou à ce qu&#8217;on lui faisait en fa briquant nos produits. Puis,  l&#8217;été 1994, nos clients nous ont posé des questions inhabituelles. &laquo;&nbsp;Que  faites-vous pour l&#8217;environnement ?&nbsp;&raquo; On avait pas de réponse. La réponse  était, &laquo;&nbsp;pas grand-chose&nbsp;&raquo;. Et ça a troublé beaucoup d&#8217;employés. Eux,  plus que moi. Un groupe au sein du service de la recherche a réunis des  gens de nos compagnies du monde entier pour évaluer notre attitude  vis-à-vis de l&#8217;environnement, pour formuler des réponses à ces clients.  On m&#8217;a demandé de venir parler au groupe pour les motiver et leur  donner mon idée de l&#8217;environnement. Je n&#8217;avais pas de vision  environnementale et je ne voulais pas faire ce discours.<br />
 A un moment on ne peut plus propice, un livre a atterri sur mon bureau.  De Paul Wawkins, &laquo;&nbsp;L&#8217;Écologie du marché&nbsp;&raquo;. Je me suis mis à le lire car  j&#8217;étais à court d&#8217;inspiration. Et très vite, dans ce livre, j&#8217;ai trouvé  la phrase, &laquo;&nbsp;la mort de la naissance&nbsp;&raquo;. Pour E.O. Wilson, ça désigne  l&#8217;extinction des espèces. J&#8217;ai reçu ça comme une flèche dans la  poitrine. Plus je lisais, plus la flèche s&#8217;enfonçait. Ce fut une  expérience foudroyante, un changement radical de ma façon de voir les  choses, une nouvelle vision.<br />
 Peut-on faire des produits recyclables ? Pas tous les produits. peut-on  fabriquer des mines recyclables ? Je ne crois pas. C&#8217;est une question  bien plus fondamentale qui se pose. Certains produits ne devraient pas  exister. A moins de pouvoir faire de la moquette recyclable, on ne peut  peut-être pas vivre dans un monde recyclable, ni n&#8217;importe qui d&#8217;autre  qui fabrique des produits non recyclables.<br />
 Un jour, au début de cette aventure, j&#8217;ai soudain compris pourquoi je  dirigeais Interface comme un pillard. Ce que je pille ne m&#8217;appartient  pas, ça appartient à toute les créatures de la terre. Et je me suis  dit, &laquo;&nbsp;Mon Dieu, il faut qu&#8217;un jour tout cela soit illégal, que le  pillage soit illégal. Il faut que ça arrive.&nbsp;&raquo; Je me suis dit, &laquo;&nbsp;Un jour  des gens comme moi finiront en prison.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Carlton Brown</strong> (Vendeur d&#8217;actions)<br />
 Je vais être franc avec vous. Après les événements du 11  septembre, je ne savais pas que&#8230; Je veux en parler parce que c&#8217;est&#8230;  Je ne veux pas en parler à la légère. C&#8217;est grave. C&#8217;est un acte  horrifiant. C&#8217;était vraiment une chose horrible. Une des plus horribles  que j&#8217;aie jamais vue. Mais je vais vous dire, comme tous les courtiers  qui n&#8217;y étaient pas et qui achetaient de l&#8217;or et qui en détenaient, que  quand c&#8217;est arrivé, on a pensé tout de suite, &laquo;&nbsp;L&#8217;or a augmenté ?&nbsp;&raquo; J&#8217;ai  tout de suite pensé, &laquo;&nbsp;L&#8217;or doit exploser.&nbsp;&raquo; Par chance, tous nos clients  avaient de l&#8217;or. Quand il a augmenté, leurs actions ont doublé. Toutes  les actions ont doublé. A quelque chose, malheur est bon. Dévastateur,  accablant, bouleversant, mais du point de vue financier, mes clients  ont fait de l&#8217;argent. Je ne courais pas après ce genre d&#8217;aide. Mais  c&#8217;est arrivé. Quand les États-Unis ont bombardé l&#8217;Irak en 1991, le prix  du pétrole est passé de 13 dollars à 40 dollars le baril, bon sang ! On  avait hâte que les bombes pleuvent sur Saddam Hussein. On était tout  excités. On voulait que Saddam résiste. &laquo;&nbsp;Mets le feu aux puits de  pétrole, ça fera flamber les prix.&nbsp;&raquo; Les courtiers le criaient sur les  toits. Tus étaient sur des charbons ardents. C&#8217;était horrible, c&#8217;était  une véritable catastrophe. Les bombardements, les guerres&#8230; La  destruction crée des perspectives.</p>
<p><em>La quête du profit ne date pas d&#8217;aujourd&#8217;hui. Il fut un temps où  beaucoup de choses étaient trop sacrées ou indispensable pour le bien  public pour être des opportunités financières. Elles étaient protégées  par la tradition et les lois.</em></p>
<h2>PROBLÈMES DE FRONTIÈRES</h2>
<p><strong>Jeremy Rifkin</strong> (Président de la Fondation sur les tendances économiques)<br />
 On peut situer le début de l&#8217;ère moderne avec le mouvement des  &laquo;&nbsp;enclosures&nbsp;&raquo; dans l&#8217;Europe des 14, 15, et 16e siècles. Au Moyen-âge, on  vivait tous ensemble. Un monde de brutes mais avec une responsabilité  partagée. Les gens appartenaient à la terre et non l&#8217;inverse. Dans ce  monde européen, on exploitait le terre ensemble,c&#8217;était un bien commun  qui était à Dieu. Puis l&#8217;église, l&#8217;aristocratie l&#8217;ont gérée,puis les  seigneurs, en ayant qu&#8217;intendants de la création de Dieu. Avec  l&#8217;Angleterre des Tudor, un phénomène voit le jour,le découpage des  terres,voté par le parlement anglais puis européen. On a pris de  grandes étendues de terre,des terrains communaux,et on en a fait des  propriétés privées. Puis, on s&#8217;en est pris aux océans,on a fait des  lois et des réglementations afin que les pays revendiquent une portion  d&#8217;eau au -delà de leurs côtes. Notre siècle a vu l&#8217;air être divisé en  couloirs qui peuvent être achetés et vendus aux avions. Puis on connaît  le suite.</p>
<h2>ACCORD GENERAL SUR LE TARIF DOUANIERS ET LE COMMERCE</h2>
<p><strong>Elaine Bernard</strong> (Executive Director, Trade Union Program, Harvard)<br />
 Avec la dérégulation, la privatisation, le libre-échange, on  assiste à une nouvelle &laquo;&nbsp;enclosure&nbsp;&raquo;, et en quelque sorte, une mainmise  privée des terrains communaux. Une des choses qui me fascine dans nos  débats, c&#8217;est ce concept de savoir qui crée les richesses. Que la  richesse n&#8217;est créée que si elle est privée.<br />
 Comment qualifieriez-vous de l&#8217;eau propre, de l&#8217;air pur? Ne sont-ils  pas une richesse? Pourquoi ça devient une richesse quand un organisme  l&#8217;entoure d&#8217;une clôture et décrète que c&#8217;est à lui? ça ne s&#8217;appelle pas  création de richesse mais une usurpation de richesse.</p>
<p><strong>Mark Kingwell</strong> (Philosophe)<br />
 Au fil des siècles, on a alimenté le domaine public et très  récemment, ces 30 ou 40 dernières années, on le dépouille. Par exemple, les pompiers :</p>
<p><strong>Ancien documentaire</strong><br />
 <em>Cet homme a besoin des pompiers. Au début c&#8217;étaient des compagnies privées. Beaucoup d&#8217;autres en ont besoin. Si vous n&#8217;aviez pas le médaillon d&#8217;une caserne précise sur votre maison et qu&#8217;elle  était en feu, les pompiers passaient devant sans s&#8217;arrêter parce que  vous n&#8217;aviez pas de contrat.</em><br />
 <em>Puis, c&#8217;est devenu un organisme public de sécurité sur ce plan  précis. C&#8217;est important. Il ne faudrait pas régresser et dire &laquo;&nbsp;si on le  remettait sur le marché, il serait plus efficace.&nbsp;&raquo;</em></p>
<h2>PRIVATISATION DE 20 ÉCOLES</h2>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Privatiser, ce n&#8217;est pas donner une entreprise publique à une  personne sympa. C&#8217;est donner une entreprise publique à une tyrannie  inattaquable. Les entreprises publiques ont des aspects avantageux.  Elles peuvent volontairement travailler à perte. Le profit n&#8217;est pas  leur but. Elles jonglent avec les bénéfices parallèles. Si une  industrie d&#8217;acier publique travaille à perte, elle fournit de l&#8217;acier  bon marché aux industries. C&#8217;est peut-être bien. Ces entreprises  peuvent avoir une propriété anticyclique. Elles peuvent maintenir  l&#8217;emploi pendant les récessions. Ca augmente la demande et permet de  sortir de la récession. Les compagnies privées licencient le personnel  pour gagner de l&#8217;argent.</p>
<p><strong>Maude Barlow</strong> (Présidente, Conseil des Canadiens)<br />
 Certaines personnes souhaitent que tout soit possédé. Pas  seulement les biens, mais aussi les droits de l&#8217;homme et les services  essentiels. L&#8217;éducation, la santé publique, l&#8217;aide sociale, les  retraites, le logement. Il s&#8217;agit aussi de la survie de la planète. Des  régions qui, d&#8217;après nous, doivent rester sous contrôle commun sinon  nous mourons tous.</p>
<h2>L&#8217;EAU ET L&#8217;AIR</h2>
<p><strong>Michael Walker</strong> (Institut Fraser, comité d&#8217;experts pour des solutions de marché)<br />
 Même pour l&#8217;air, des progrès ont été faits. Si on ne peut pas éviter le déversement du dioxyde de carbone, ni celui des oxydes de  soufre, on ne peut pas se permettre de les arrêter. On en déverse un peu dans l&#8217;environnement et on déclare que le volume actuel des oxydes  de soufre, par exemple, sera la limite. On établira des permis pour ce volume et on les donnera aux pollueurs pour les autoriser à être  échangés. Maintenant, polluer l&#8217;environnement a un prix. Ca ne serait  pas idyllique si tout avait un prix? Vous préconisez la propriété  privée pour chaque centimètre de la planète. Absolument. Chaque mètre  cube d&#8217;air, d&#8217;eau.<br />
 C&#8217;est bizarre de dire qu&#8217;on désire que l&#8217;univers soit à quelqu&#8217;un. Ca  ne signifie pas que J. Bloggs doit posséder ce mètre carré mais que les intérêts en jeu dans ce ruisseau appartiennent à un groupe ou à des  gens qui ont intérêt à les protéger. Ce n&#8217;est pas une idée saugrenue,  c&#8217;est la solution à bon nombre de ces problèmes.</p>
<h2>FAIRE SES CLASSES</h2>
<p><em>Imaginez un monde où une société posséderait la chanson &laquo;&nbsp;bon  anniversaire&nbsp;&raquo;. Il se trouve qu&#8217;une filiale d&#8217;AOL TIME WARNER en possède  les droits. Il lui est arrivé d&#8217;exiger plus de 10 000 dollars pour nous  permettre d&#8217;entendre cette chanson dans un film. On n&#8217;a pas payé.</em></p>
<p><strong>Susan Linn</strong> (Professor of Psychiatry, Baker Children&#8217;s Center, Harvard)<br />
 Comparer le marketing d&#8217;hier et d&#8217;aujourd&#8217;hui, revient à comparer une carabine à air comprimé à une bombe guidée. Ce n&#8217;était pas  pareil quand j&#8217;étais enfant ou quand les jeunes adultes de maintenant étaient enfants. C&#8217;est beaucoup plus sophistiqué et omniprésent. Ce ne sont pas les produits eux-mêmes qui sont bons ou mauvais. C&#8217;est la façon dont les enfants sont manipulés pour acheter les produits.<br />
 En 1998, Western International Média,Century City et Lieberman Research Worldwide ont fait une étude sur le harcèlement.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong> (Vice Président, Initiative Média; Co-créator, The Nag Facto)<br />
 Pendant 3 semaines, les parents notaient chaque fois que leur enfant les harcelait pour acheter un produit. On leur a demandé de noter la date, le lieu et la raison.</p>
<p><strong>Susan Linn</strong><br />
 Le but n&#8217;était pas d&#8217;aider les parents à supporter le harcèlement mais d&#8217;aider les sociétés afin que le harcèlement concernant leurs produits soit plus efficace.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong><br />
 Entre 20 et 40% des achats ont eu lieu parce que l&#8217;enfant a  harcelé ses parents. On a découvert par exemple, qu&#8217;un quart des  visiteurs des parcs d&#8217;attractions viennent parce que leur enfant les a harcelés. 4 personnes sur 10 ne seraient pas allées à Chuck E. Cheese. Surtout pas les parents. Quand je pense, mon Dieu, quel bruit. C&#8217;est  plein d&#8217;enfants. Pourquoi y passer 2 heures? Si l&#8217;enfant vous harcèle, vous irez. On a remarqué la même chose avec les films, les fast-food.  On doit franchir cet obstacle où ils nous disent qu&#8217;ils n&#8217;aimaient pas  être harcelés par leurs enfants. C&#8217;est la réaction habituelle des  parents. Ca ne signifie pas qu&#8217;ils vont se comporter ainsi tout le temps. On peut manipuler les consommateurs pour qu&#8217;ils veuillent et  achètent vos produits. C&#8217;est un jeu.</p>
<p><strong>Susan Linn</strong><br />
 Les enfants ne sont pas des petits adultes, leur esprit n&#8217;est pas développé. Alors, les vendeurs jouent avec leur vulnérabilité. La  publicité à laquelle sont exposés les enfants est mise au point par des psychologues, réhaussée par la technologie des médias qu&#8217;on croyait impossible.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong><br />
 Plus on arrive à cerner le consommateur, meilleur on est en stratégie de communication. Si pour y arriver, il faut un psychologue, on en embauchera.</p>
<p><strong>Susan Linn</strong><br />
 Il faut fabriquer des choses pour les enfants. Il faut aussi distinguer les psychologues qui travaillent sur les produits destinés aux enfants et aident les fabricants à concevoir des jouets éducatifs. C&#8217;est bien. On ne vend pas directement les jouets à l&#8217;enfant.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong><br />
 Initiative est immense. Aux États-Unis, on achète pour 12  milliards de dollars d&#8217;espace publicitaire. En télé, en presse écrite, en publicité extérieure, en temps de radio. On est les plus gros acheteurs de temps et d&#8217;espace publicitaires des États-Unis et du monde.</p>
<p><strong>Susan Linn</strong><br />
 Une famille seule ne peut combattre une industrie qui dépense tant pour conquérir leurs enfants. C&#8217;est impossible.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong><br />
 Ce sont les consommateurs de demain. Alors, on s&#8217;adresse à eux maintenant. On crée un lien, et une fois adultes, on les tient. On m&#8217;a demandé: &laquo;&nbsp;Est-ce bien moral ? tu manipules ces enfants.&nbsp;&raquo; J&#8217;ignore si c&#8217;est moral. Mais notre rôle à Initiative est de vendre des produits. Et si on sait qu&#8217;on en a vendu en faisant preuve de créativité, par la voie d&#8217;un média, alors on a fait notre boulot.</p>
<p><strong>Mark Kingwell</strong><br />
 Toutes les institutions donnent au personnel qui la compose un  rôle social à remplir. En général, les institutions qui sont dynamiques et qui ont beaucoup de pouvoir, définiront ce rôle, dans un certain sens, comme une liste de qualités.</p>
<p><em>C&#8217;est vrai pour les églises, les écoles, pour toute institution qui a un pouvoir sur les gens et les façonne. La société (l&#8217;entreprise), elle aussi, nous donne une liste de qualités, le rôle social du &laquo;&nbsp;bon consommateur&nbsp;&raquo;.</em><br />
 <em>Comme les eaux de l&#8217;océan, les gens représentent une force phénoménale. Le comprendre compte beaucoup dans notre mode de vie. Cette force s&#8217;appelle &laquo;&nbsp;le pouvoir du consommateur&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Le but des sociétés est de maximaliser le profit et la part de marché et elles ont aussi un but pour leur cible, à savoir la  population. Les gens doivent être transformés en consommateur abrutis de produits dont ils n&#8217;ont pas besoin. Il faut susciter ce qu&#8217;on appelle des &laquo;&nbsp;besoins créés&nbsp;&raquo;. Il faut créer des besoins, inculquer aux gens la philosophie du futile. Les obliger à se focaliser sur les choses futiles de la vie comme les produits à effet de mode. Je ne fait que citer des ouvrages sur la pub. C&#8217;est logique. L&#8217;idéal est d&#8217;avoir des individus complètement dissociés les uns des autres dont la vision  u&#8217;ils ont d&#8217;eux-mêmes, l&#8217;appréciation, se réduisent à combien de besoins créés je peux satisfaire ?<br />
 On a d&#8217;énormes industries. L&#8217;industrie des relations publiques est monstrueuse. La publicité et tout le reste débutent dès la petite enfance pour essayer de façonner les gens, pour qu&#8217;ils aient la forme souhaitée.</p>
<p><strong>Chris Barrett et Luke McCabe</strong> (Corporate-sponsored university students)<br />
 On a vu Tiger Woods à la télé avec une casquette Nike et on s&#8217;est dit qu&#8217;il touchait des millions pour la porter devant la presse. On a voulu faire pareil et obtenir de l&#8217;argent pour payer nos études. C&#8217;est comme ça qu&#8217;on a été sponsorisés. On l&#8217;a annoncé au Today Show, le 18 juin.</p>
<p><strong>Les 2 étudiants Dans une émission télévisée</strong><br />
 <em>On est sponsorisés par First USA. On est ravis de travailler pour eux et ils paient nos études. On est fiers de travailler avec eux. On donne une bonne image de First USA.</em></p>
<p><strong>Présentateur TV</strong><br />
 Ils ne devront pas répondre aux désirs de leurs parents mais à ceux d&#8217;une société soucieuse de son image.</p>
<p><strong>Chris Barrett et Luke McCabe</strong><br />
 Ils ne courent pas après l&#8217;argent, ils veulent travailler avec  nous, nous aider et vice-versa. on est homme-sandwich pour payer nos études. Cool site of the day et yahoo nous ont choisis et on est passés à USA Today. Nos parents parlaient de la guerre, et nous, on parle de la société. Je crois en la société (l&#8217;entreprise), elle sera toujours là. Il faut avoir foi en elle, sinon ce n&#8217;est pas bien.</p>
<p><em>Des génies créatifs sont employés pour que nous ayons foi en les sociétés. Ils nous leurrent avec des illusions pour détourner notre  esprit et fabriquer notre assentiment.</em></p>
<h2>GESTION DE LA PERCEPTION</h2>
<p><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 Les sociétés ne vendent pas des produits mais un mode de vie. Une histoire qui raconte qui nous sommes, comment on en est arrivé là, d&#8217;où vient notre soi-disant liberté. On a derrière nous des décennies et des décennies de propagande et d&#8217;éducation qui nous disent comment penser. Si on l&#8217;applique à une société, elle est perçue comme étant inévitable, indispensable, d&#8217;une efficacité à toute épreuve, et garante du progrès et d&#8217;une belle vie.</p>
<p><strong>Chris Komisarjevsky</strong> (Président Directeur Général, Burson Marsteller, une firme de relations publiques)<br />
 Gérer la perception est un concept intéressant. C&#8217;est en fait une méthodologie qui nous aide à travailler avec nos clients suivant un procédé méthodique et mis au point pour pouvoir les aider à identifier leurs ressources, les obstacles qui les empêchent de réussir, et à utiliser la communication pour atteindre leurs objectifs.<br />
 Si Michael ou Angelica venaient me demander :<br />
 &laquo;&nbsp;Papa, pourquoi ton travail est important ?&nbsp;&raquo; Je leur répondrais que j&#8217;aide les sociétés à se faire entendre. J&#8217;aide les sociétés à faire  connaître leur point de vue.</p>
<p><strong>Des résultats qui créent une réputation</strong></p>
<p>Anciens clients:</p>
<ul>
<li> Union Carbide : Fuite de gaz à Bhopal: 20 000 morts </li>
<li> Philip Morris : Organise l&#8217;Alliance National des fumeurs pour lutter contre les lois antitabac. </li>
<li> Canadian forestry corporations : Créé le British Columbia Forest Alliance pour lutter contre les campagnes environnementales. </li>
</ul>
<p><em>Des résultats qui changent notre mode de vie</em></p>
<p><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 Elles se vendent, elles vendent leur suprématie, leurs règles et se créent une image, comme tout un chacun.</p>
<p><strong>caméra dans la rue</strong> :d<em>ans un quartier où les logements sont subventionnés par la société Pfizer</em></p>
<p><strong>Interview de Tom Kline</strong> (Senior Vice Président, PfizerInc. World&#8217;s largest pharmaceutical corporation)<br />
 Salut, comment allez-vous ? Content de vous voir.<br />
 Comment allez-vous ? On vient de Pfizer.<br />
 Vous habitez les nouvelles maisons ?<br />
 Ce sont des voisins.<br />
 On peut se dire bonjour ? Juste un instant ?<br />
 Que pensez-vous du quartier?</p>
<p><strong>Réponse d&#8217;un couple:</strong><br />
 Le quartier s&#8217;est amélioré ces 20 dernières années.</p>
<p><strong>Tom Kline</strong><br />
 Ensemble, en travaillant avec vous, Pfizer et nos associés, on peut améliorer ce quartier. Au revoir, Mme Frasier.</p>
<p><strong>Dans le métro</strong> :</p>
<p><strong>Tom Kline</strong><br />
 Il y avait ici des crimes. Une nuit, je rentrais chez moi, j&#8217;ai failli me faire agresser. On a décidé de changer les choses au sein de la communauté.<br />
 On est devant des tourniquets qui empêchent de frauder. Avant, on  pouvait sauter par-dessus. Alors Pfizer et les transports publics ont acheté ces machines.<br />
 Ceci est un micro de réponse qui permet de joindre le gardien de Pfizer qui est à environ 500 mètres d&#8217;ici. Je ne l&#8217;ai pas vu aujourd&#8217;hui, je vais l&#8217;appeler. Ca permet aux voyageurs d&#8217;entrer en contact avec le bureau Pfizer pour demander de l&#8217;aide. Puis le gardien appelle la police de transit et la police intervient pour toutes sortes de crimes. Ce qui fait que la criminalité à diminué. La communauté court moins de risques.</p>
<p><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 C&#8217;est dur. Avec l&#8217;argent des contribuables et des actionnaires, ils aident&#8230; on ignore quoi. Les contribuables devraient décider de l&#8217;emploi de cet argent. Et pendant qu&#8217;ils font ces trucs sympa, ils diminuent les impôts des sociétés et des gens riches et remanient la politique nationale. On ne voit pas ces remaniements, ni l&#8217;argent se faire aspirer, le coeur des procédés se faire aspirer, mais on voit l&#8217;apparence sympathique.</p>
<h2>UNE FÊTE PRIVÉE</h2>
<p><strong>Naomi Klein</strong> (Écrivain)<br />
 J&#8217;étudiais l&#8217;acquisition des espaces publics. Je me suis dit, &laquo;&nbsp;C&#8217;est de la publicité, on en a toujours fait. C&#8217;est encore de la  publicité.&nbsp;&raquo; Mais ce que j&#8217;ai commencé à comprendre c&#8217;est qu&#8217;établir une image de marque était différent. Et des sociétés prospères, les sociétés du futur, ne produisent pas des produits mais des identités de marque. La diffusion de l&#8217;opinion d&#8217;elles-mêmes est un acte de production. La diffusion de l&#8217;opinion d&#8217;elles-mêmes est un projet extrêmement envahissant. Comment rendre l&#8217;opinion véridique ? Un bon début c&#8217;est de commencer par construire un objet en trois dimensions de  votre marque. Pour une compagnie comme Disney, ça va plus loin. Elle construit une ville : Celebration, en Floride. Leur inspiration, leur image de marque est la famille américaine type et une ville américaine d&#8217;antan.</p>
<p><strong>Andrea Finger</strong> (Porte-parole, Celebration, en Floride)<br />
 Il y a 5.000 résidents qui se sont installés ici. Il y a environ 1.300 logements, un centre-ville où les gens se retrouvent. Il y a 4 ou 5 restaurants et une dizaine de boutiques.</p>
<p><strong>Clay Timon</strong> (CEO Landor and Associates, Branding and design consultants)<br />
 Leur moteur de marque est &laquo;&nbsp;la magie de la famille&nbsp;&raquo;. Et tout ce que fait cette compagnie est dans ces mots et tourne autour de ces mots. Si vous prenez ça, un environnement de marque comme Disney World ou Disney Land est le prolongement logique de cette marque. Les films, les dessins animés, les films pour la famille sont un prolongement tout à fait logique. En tant qu&#8217;entreprise, ils savent aussi que s&#8217;ils veulent explorer d&#8217;autres formes de divertissement, qui sort du cadre de &laquo;&nbsp;la magie de la famille&nbsp;&raquo;, ils ne l&#8217;estampillent pas Disney. S&#8217;ils veulent aborder des sujets plus graves, pour les films c&#8217;est  Touchstone.</p>
<p><strong>Andrea Finger</strong> (Porte-parole, Celebration, en Floride)<br />
 La marque Disney parle de réconfort, de tradition, de qualité. Ca se vérifie dans cette communauté que nous avons construite.</p>
<p><strong>Naomi Klein</strong> (Écrivain)<br />
 C&#8217;est là qu&#8217;on se rend compte des réelles aspirations impérialiste des marques qui sont de construire des cocons privés. On commence par y faire ses courses puis on y passe ses vacances. Pourquoi ne pas s&#8217;y installer ?</p>
<p><em>Qu&#8217;arriverait-il si un matin on découvrait que presque toutes nos relations entre nous et nos semblables étaient commerciales ? On  découvrirait que toutes nos relations sont arbitrées commercialement avec notre semblables. Est-ce que la nation peut survivre avec cette définition étriquée de nos rapports ?</em></p>
<h2>TRIOMPHE DU COMPLICE</h2>
<p><strong>Jonathan Ressler</strong> (CEO Big Fat Inc. Undercover marketing specialist)<br />
 Je peux vous donner le jour dans la vie de quelqu&#8217;un qui pourrait être la cible de marketing clandestin. Certaines de ces choses sont en train de se passer.<br />
 Vous sortez de votre immeuble et vous dites bonjours au portier. Il y a des boîtes à ces pieds provenant de vente en ligne ou par correspondance. Des boîtes avec le nom de la marque en gros. Vous vous dites, &laquo;&nbsp;Cette compagnie vend beaucoup.&nbsp;&raquo; En fait, on a payé le portier pour laisser ces boîtes vides.<br />
 Vous marchez dans la rue et vous entendez des gens parler d&#8217;un groupe ou d&#8217;un CD. Ils se passent et se repassent les écouteurs. C&#8217;est super ! &laquo;&nbsp;J&#8217;ai entendu dire que ce CD était difficile à trouver. Mais ils l&#8217;ont chez X.&nbsp;&raquo; Je vais aller l&#8217;acheter. C&#8217;est bien. Vous enregistrez la conversation et plus tard vous vous demanderez, Ils écoutaient quoi ?&nbsp;&raquo;<br />
 Au bureau, il y a une marque d&#8217;eau particulière. &laquo;&nbsp;C&#8217;est quoi ça ?&nbsp;&raquo; Vous buvez. Elle est là, vous n&#8217;y penser pas. &laquo;&nbsp;Elle est super bonne !&nbsp;&raquo; Quelqu&#8217;un l&#8217;a peut-être mise là.<br />
 Vous sortez dîner dans le parc et vous entendez des gens parler, et bang, un autre message.<br />
 Quand vous allez vous coucher, vous avez peut-être ingurgité 8 à 9  messages clandestins. On croit que le placement des produits est dans les films. c&#8217;est un placement classique. Le placement c&#8217;est mettre des  choses dans les films mais le film, c&#8217;est votre vie.<br />
 On (Big Fat Inc) prend des gens à qui on aimerait ressembler, pas des gens inaccessibles, des gens comme vous. Ils font quelque chose pour nous, ils utilisent une marque de lessive particulière&#8230; On peut les comparer à des cafards de motel. Les gens vont s&#8217;approcher d&#8217;eux et seront appâtés par la marque. Avec une phrase racoleuse, un rituel. Les consommateurs mordront à l&#8217;appât, &laquo;&nbsp;C&#8217;est sympa&nbsp;&raquo;, et en parleront à leur amis.<br />
 Si vous voulez critiquer toute votre vie, critiquez tous les gens que vous croisez. Mais s&#8217;ils vous proposent un produit qui améliore votre vie quelle importance ? Dites merci.</p>
<p><em>La construction de la nation, géographiquement, est achevée. Nous n&#8217;avons plus de frontières à conquérir. Vers quels nouveaux horizons pouvons-nous nous tourner ? Où sont les opportunités futures ? Que vous  réserve l&#8217;avenir ? Celui de vos enfants ? Les frontières du futur ne  sont sur aucune carte mais dans les éprouvettes et les laboratoires des industries.</em></p>
<h2>ALLER DE L&#8217;AVANT</h2>
<p><strong>Jeremy Rifkin</strong> (Président de la Fondation sur les tendances économiques)<br />
 L&#8217;affaire Chakrabarty est un grand moment de l&#8217;Histoire. Les gens n&#8217;étaient pas au courant que le processus était engagé. La General Electric et le Pr. Chakrabarty ont amené au bureau des brevets un  microbe qui engloutit les déversements d&#8217;hydrocarbures. Ils disaient l&#8217;avoir modifié en laboratoire et que c&#8217;était une invention. Le Bureau des Brevets et le gouvernement ont dit, &laquo;&nbsp;Pas question. Les êtres vivants ne sont pas pris en compte. Ce n&#8217;est pas une invention.&nbsp;&raquo; Ca a été rejeté. Ils ont fait appel auprès de la Cour d&#8217;appel des brevets et à la surprise générale, ils l&#8217;ont emporté sur le Bureau des Brevets.<br />
 Ils ont déclaré, &laquo;&nbsp;Ce microbe ressemble plus à un détergent qu&#8217;à un cheval ou une abeille.&nbsp;&raquo; Ca me fait rire parce qu&#8217;ils l&#8217;ont pris pour un  produit chimique. S&#8217;il avait eu des yeux, des ailes, des pattes, il n&#8217;aurait pas fini sur leur table et n&#8217;aurait pas été breveté.<br />
 Le Bureau des Brevets a fait appel. Le Bureau des Brevets n&#8217;acceptait pas de breveter la vie. Mon organisation a monté le dossier &laquo;&nbsp;amicus curiae&nbsp;&raquo;. On a dit, &laquo;&nbsp;Si ce microbe est breveté, ça signifie que sans l&#8217;avis du Congrès ou débat public, les sociétés posséderont la vie.&nbsp;&raquo; Ils ont tranché. On a perdu à 5 contre 4. Le juge Warren Burger a dit,  &laquo;&nbsp;Ce sont des questions graves, mais c&#8217;est une décision sans conséquence.&nbsp;&raquo; Sept ans plus tard, le Bureau des Brevets a sorti un décret. Vous pouvez breveter tous les êtres vivants sauf un être humain mis au monde.<br />
 Tout le monde sait que la carte du génome humain a été établie. Ce que le public ignore, c&#8217;est que c&#8217;est la course entre les compagnies génomiques, de biotechnologie, des sciences de la vie pour trouver le trésor : les gènes qui forment le schéma de la race humaine. Chaque fois qu&#8217;elles isolent un gène, ces compagnies le déclarent propriété intellectuelle. Le gène du cancer du sein, de la fibrose kystique. C&#8217;est sans fin. Si personne ne conteste dans le monde, dans moins de dix ans, quelques compagnies mondiales posséderont directement ou pas les gènes qui constituent l&#8217;évolution de notre espèce. Et ils font breveter les génomes de toutes les créature de la planète. Dans l&#8217;ère biologique, s&#8217;opposeront ceux qui pensent que la vie a une valeur intrinsèque, qu&#8217;on doit choisir des technologies et des juridictions commerciales qui respectent cette valeur intrinsèque. D&#8217;autres diront, &laquo;&nbsp;La vie est utilitaire, un bien commercialisable.&nbsp;&raquo; Ils voudront que le  marché soit l&#8217;arbitre suprême de l&#8217;ère biologique.</p>
<p><em>Dans une économie où l&#8217;information est filtrée par des sociétés en  osmose totale avec les publicitaires, qui défendra notre droit à être  informé ? A quel prix garderons-nous notre aptitude à faire des choix  avisés ?</em></p>
<h2>DES COMPTES DERANGEANTS</h2>
<p><strong>Steve Wilson et Jane Akre</strong> (Reporters d&#8217;investigation)<br />
 L&#8217;histoire étant difficile à retranscrire, je vous conseille de regarder le documentaire. Je vais toutefois vous en faire un petit résumé.<br />
 Steve et Jane, sont employés par Fox 13 pour effectuer des enquêtes qui seraient ensuite diffusées dans une émission intitulée &laquo;&nbsp;Les enquêteurs&nbsp;&raquo;.<br />
 Une de leurs enquêtes a portée sur le Posilac, cette fameuse hormone de croissance dont nous avons déjà parlé plus haut (rGBH), ils nous racontent dans ce documentaire les pressions subies par Fox et émanant de Monsanto afin que le reportage ne soit pas diffusé. Fox 13, par peur de perdre le budget publicitaire des chaînes du groupe de Rupert Murdoch (22 chaînes) a décider de ne pas diffuser le reportage.<br />
 Après de multiples palabres et le licenciement de nos enquêteurs, l&#8217;affaire c&#8217;est terminé devant les tribunaux qui ont accordés 425.000 dollars de dommages et intérêts aux deux journalistes. 3 ans plus tard aux JT :<br />
 Jane Akre, une ancienne journaliste, avait poursuivi Fox 13 en justice qui l&#8217;aurait licenciée pour avoir refusé de falsifier son reportage. La Cour d&#8217;Appel a cassé le jugement, arguant que sa plainte en tant que dénonciatrice n&#8217;était pas recevable.</p>
<h2>PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT</h2>
<p><em>Que 2/3 de la population mondiale n&#8217;aura pas accès à l&#8217;eau potable d&#8217;ici 2025 provoque déjà un conflit mondial pour contrôler la  ressource vitale de la planète. La Bolivie a cherché un refinancement pour son réseau d&#8217;eau potable et la Banque Mondiale a demandé sa privatisation. C&#8217;est ainsi que la société Bechtel de San-Francisco a obtenu le contrôle de l&#8217;eau de Cochabamba, même de celle qui tombe du ciel.</em></p>
<p><strong>Oscar Olivera</strong> (Coalition pour la défense de l&#8217;eau et de la vie)<br />
 Ces lois interdisaient aux gens de ramasser de l&#8217;eau de pluie. Elle aussi était privatisée. Suite aux factures impayées, la compagnie a saisi les logements des débiteurs et les a vendus. Les gens ont été obligés de faire des choix : manger moins, payer l&#8217;eau et les services vitaux, ne pas envoyer les enfants à l&#8217;école, ne pas aller à l&#8217;hôpital et se soigner chez soi. Et les retraités qui avaient un revenu très bas, ont dû aller travailler dans la rue.<br />
 Scandant le slogan : &laquo;&nbsp;L&#8217;eau est à nous !&nbsp;&raquo; les gens sont descendus dans les rues pour manifester.<br />
 L&#8217;emprunt à la Banque Mondiale leur a coûté la privatisation de l&#8217;industrie pétrolière, des compagnies aériennes, du chemin de fer, de l&#8217;électricité et du téléphone.<br />
 Le gouvernement n&#8217;a pas convaincu le peuple que l&#8217;eau était une marchandise.<br />
 Puis, on a vu comment le gouvernement a défendu les intérêts transnationaux de Bechtel. Les gens voulaient de l&#8217;eau, pas des gaz lacrymogènes, que justice soit faite, pas qu&#8217;on leur titre dessus.<br />
 La Bolivie défendait le droit de Bechtel de prendre aux familles gagnant 2 dollars par jour 1/4 de leur salaire pour payer l&#8217;eau. Plus la population s&#8217;opposait à la privatisation, plus leur opposants étaient virulents.<br />
 Des centaines de jeunes de 16, 17 ans ont perdu des bras ou des jambes ou ont été handicapés à vie suite à des lésions cérébrales. Et Victor Hugo Daza est mort.<br />
 Les sociétés transnationales ont un sombre et lourd passé et soutiennent les gouvernements tyranniques. Cherchent-elles leur reflet, par narcissisme, dans les structures militaires des régimes fascistes ?</p>
<p><strong>Howard Zinn</strong> (Écrivain, A people&#8217;s History of the United States)<br />
 Il y a un lien intéressant entre la montée du fascisme en Europe et la position des radicaux vis-à-vis du pouvoir des sociétés. Parce qu&#8217;il a été reconnu que la montée du fascisme en Europe s&#8217;est faites grâce aux sociétés.</p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Mussolini était idolâtré par toutes les classes sociales. Le milieu des affaires l&#8217;adorait. Quand Hitler a pris le pouvoir, en  Allemagne, les investissements sont aussi montés en flèche. Il contrôlait la main-d&#8217;oeuvre, se débarrassait des gens de gauche. Les conditions d&#8217;investissement s&#8217;amélioraient. Ce sont des pays  merveilleux.</p>
<p><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Une des histoires passées sous silence du 20e siècle, est la connivence des sociétés &#8211; surtout des américaines &#8211; avec l&#8217;Allemagne nazie. D&#8217;abord, comment les sociétés américaines ont aidé à reconstruire l&#8217;Allemagne et épaulé le régime nazi à ses débuts. Puis, quand la guerre a éclaté, comment elles ont réussi à continuer de tourner. La General Motors a gardé Opel, Ford a continué à faire tourner ses usines mais pour Coca-Cola, c&#8217;était impossible alors ils  ont inventé le Fanta Orange pour les Allemands. C&#8217;est comme ça que Coca-Cola a pu continuer à faire des bénéfices. Quand vous buvez du Fanta Orange, c&#8217;est la boisson des nazis créée pour que Coca-Cola fasse de l&#8217;argent pendant que des millions de gens mouraient.</p>
<p><strong>Edwin Black</strong> (Author, IBM and the Holocaust)<br />
 Quand Hitler a pris le pouvoir en 1933, son but était de détruire la communauté juive. Une entreprise d&#8217;une telle envergure exigeait un ordinateur. Mais en 1933, ça n&#8217;existait pas. Il y avait le système des cartes perforées d&#8217;IBM qui contrôlait et mémorisait des renseignements en faisant des trous dans des rangées et des colonnes. Il n&#8217;existait pas de logiciels disponibles en magasin. Chaque application était personnalisée et un ingénieur, en personne, devait la configurer. Des millions de gens de toutes religions et nationalités confondues sont passés par le système des camps. La gestion de cette circulation phénoménale exigeait un système IBM pour toute les voies ferrées, et un système IBM pour tous les camps de concentration.<br />
 Voilà une carte type de prisonnier. Les informations sont perforées dans les cadres. Si on les compare avec le feuille de programmation, on voit que :<br />
 Auschwitz a le N°1,<br />
 Buchenwald 2,<br />
 Dachau 3.<br />
 Quel genre de prisonnier était-ce ?<br />
 Le témoin de Jéhova portait le N°2,<br />
 l&#8217;homosexuel le 3,<br />
 un communiste portait le N°6<br />
 et un juif le 8.<br />
 Qu&#8217;était-ils devenus ?<br />
 1 pour relâché,<br />
 2 pour transféré,<br />
 4 pour exécuté,<br />
 5 pour suicide<br />
 et 6&#8230; Le code 6 : Sonderbehandlung, traitement spécial, c&#8217;est-à-dire la chambre à gaz ou parfois une balle.<br />
 Ils perforaient ce chiffre, classaient les données. Les machines étaient prêtes. Les cartes perforées devaient être imprimées, par millions.<br />
 Elles étaient imprimées exclusivement par IBM qui a récupéré ses bénéfices après la guerre.</p>
<p><strong>Irving Wladawsky-Berger</strong> (Vice President, IBM Technology and Strategy Group)<br />
 Je crois vraiment que cette accusation a été complètement discréditée. Le fait qu&#8217;ils aient utilisé ce matériel. C&#8217;est un fait. Comment ils l&#8217;ont obtenu, s&#8217;ils ont coopéré, si IBM a sympathisé, on invente des liens inexistants. C&#8217;est ça qui est discrédité.<br />
 D&#8217;habitude, on vend des ordinateurs destinés à toute sorte d&#8217;usage et on espère qu&#8217;on s&#8217;en sert à des fins honorables. Si vous découvrez que ce n&#8217;est pas le cas, vous aimeriez qu&#8217;on y mette un terme. Mais, est-ce qu&#8217;on est toujours au courant ? Peut-on le découvrir ?</p>
<p><strong>Edwin Black</strong> (Auteur, &laquo;&nbsp;IBM and the Holocaust&nbsp;&raquo;)<br />
 Pour IBM, sa filiale Allemande était autonome. Mais, le 9 octobre 1941, une lettre a été envoyées à Thomas J. Watson donnant le détail des agissements de la filiale allemande. Les machines n&#8217;étaient pas vendues mais louées par IBM et révisées une fois par mois même dans les camps de concentration comme Dachau et Buchenwald.<br />
 Voilà un contrat type d&#8217;IBM avec le Troisième Reich qui a été établi en 1942, non pas avec la filiale hollandaise, ni avec la filiale allemande mais avec la société IBM de New York.</p>
<p><strong>Peter Drucker</strong> (Founder, Drucker School of Management)<br />
 Il se trouve que je suis au courant de cette histoire. J&#8217;en ai discuté plus d&#8217;une fois avec M. Watson, PDG et fondateur d&#8217;IBM. Je ne dis pas que Watson ignorait que les Allemands utilisaient les cartes perforées. Il était sûrement au courant. Il avait très peu de clients. Watson refusait de le faire, pas parce que c&#8217;était immoral mais parce que, avec son sens aigu des relations publiques, il trouvait que c&#8217;était risqué.</p>
<p><em>On devrait trouver normal que l&#8217;allégeance aux profits surpasse l&#8217;allégeance à n&#8217;importe quel drapeau. Un rapport du Ministère des  Finances a révélé qu&#8217;en une semaine, 57 sociétés américaines ont été condamnées pour avoir traité avec des ennemis, y compris des terroristes, des tyrans et des régimes totalitaires.</em></p>
<h2>PRISE DE POUVOIR HOSTILE</h2>
<p><em>Les entreprises se sont servies du despotisme pour consolider les  marchés et faire des bénéfices. Un des généraux les plus décorés des US Marines, Smedley Darlington Butler, d&#8217;après ses dires, a pacifié Mexico pour des compagnies pétrolières, Haïti et Cuba pour la National City Bank, le Nicaragua pour les courtiers Brown Brothers, la république Dominicaine pour des sucreries, le Honduras pour des compagnies  fruitières, et la Chine pour la Standard Oil.</em><br />
 <em>On a aussi requis les services du général aux États-Unis dans les années 30, quand le Président Roosevelt a voulu remédier au calvaire de  la dépression avec l&#8217;aide de l&#8217;État et en durcissant la réglementation des compagnies.</em><br />
 <em>Mais tout le pays ne suivait pas le Président populiste. La majorité de l&#8217;élite des compagnies méprisait son &laquo;&nbsp;new deal&nbsp;&raquo;. Et donc, en 1934, des conspirateurs ont incité le Général Butler à le trahir. Le plan consistait à former une association de vétérans, pour s&#8217;en servir comme matraque pour intimider le gouvernement. Mais la cabale avait mal choisi. Butler en avait assez d&#8217;être le &laquo;&nbsp;gangster du capitalisme&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Universal Newsreel Le Général Butler révèle &laquo;&nbsp;le complot&nbsp;&raquo; des fascistes.</strong><br />
 <em>Je témoigne devant la commission du Congrès représentative du peuple américain, avec l&#8217;ordre de vous parler des activités qui auraient conduit à la mise en place d&#8217;une dictature fasciste. Tout ceci m&#8217;aurait amené à être à la tête d&#8217;un groupe de 500.000 hommes qui aurait pu renverser le gouvernement.</em><br />
 <em>Le Congrès a fini par trouver la preuve d&#8217;un complot pour renverser Roosevelt. D&#8217;après Butler, même des représentants de grandes sociétés étaient impliqués, dont JP Morgan, DuPont et Goodyear Tire.</em><br />
 <em>L&#8217;actuel Président de Goodyear sait que pour dominer le gouvernement, on n&#8217;a plus besoin d&#8217;un coup d&#8217;État.</em></p>
<p><strong>Sam Gibara</strong> (Président, ancien chef de la direction, Pneu Goodyear)<br />
 Les sociétés sont mondiales. Et de ce fait les gouvernements ont perdu le contrôle sur les sociétés. Qu&#8217;elles soient dignes de confiance ou non, les gouvernements n&#8217;ont plus sur les sociétés le pouvoir ni l&#8217;influence qu&#8217;ils avaient il y a 50 ou 60 ans. C&#8217;est un changement radical. Les gouvernements sont devenus impuissants par rapport à ce qu&#8217;ils étaient.</p>
<p><strong>Ira Jackson</strong> (Director, Center for Business and Government Kennedy School, Harvard University)<br />
 Le capitalisme, aujourd&#8217;hui, commande les hautes sphères et a supplanté les politiciens en tant que grands prêtres et oligarques qui dominent notre système. Le capitalisme et ses principaux protagonistes et acteurs, les PDG des sociétés, ont obtenu un pouvoir et des droits inouïs. Je ne nie pas l&#8217;importance du gouvernement mais ce sont les nouveaux grands prêtres.</p>
<p><strong>Marc Barry</strong><br />
 J&#8217;ai été invité à Washington pour assister à une réunion organisée par l&#8217;agence de sécurité pour la pensée critique. J&#8217;étais debout dans cette pièce et dans un coin, il y avait la CIA, la NSA, la  DIA, le FBI, les douanes, les services secrets. De l&#8217;autre coté, il y avait Coca-Cola, Mobil, GTE et Kodak. Je me suis dit, &laquo;&nbsp;Je suis dans l&#8217;épicentre de l&#8217;industrie des renseignements.&nbsp;&raquo; La frontière n&#8217;est pas floue, elle n&#8217;existe plus. Pour moi, ça en disait long sur la façon dont l&#8217;industrie et le gouvernement se concertait et travaillait main dans la main.</p>
<h2>DÉMOCRATIE LIÉE</h2>
<p><strong>Robert Keyes</strong> (Président et directeur général, Conseil canadien pour le commerce international)<br />
 Doit-il y avoir une responsabilité ? Oui. Le milieu des affaires l&#8217;admet. Mais cette responsabilité est liée au marché, aux actionnaires, à la perception du public et à l&#8217;image qu&#8217;ils renvoient. Si les entreprises ne font pas ce qu&#8217;elle devraient faire, elles seront punies et aucune entreprise ne le souhaite.</p>
<p><strong>Ira Jackson</strong><br />
 Il y a un nouveau marché. Ces gens ne font pas ça parce que le gouvernement les menaces ou parce qu&#8217;ils ont par hasard lu un livre sur la méditation transcendantale et la moralité mondiale. Elles sont là parce qu&#8217;elles savent que le marché exige qu&#8217;elles le soient, qu&#8217;il existe un avantage concurrentiel.</p>
<p><strong>Sir Mark Moody-Stuart</strong> (Ancien président de la Royal Dutch Shell)<br />
 J&#8217;écoute vos inquiétudes, je m&#8217;inquiète pour le climat pour la pollution. Je n&#8217;ai pas toutes les réponses mais on va travailler avec  vous, avec la société, les ONG, les gouvernements. On reconstruit la confiance pour que s&#8217;établisse une nouvelle sorte de confiance. Et le but ultime, est de devenir une société de choix.</p>
<p><strong>Publicité</strong><br />
 <em>Il croit que la moitié de notre énergie est renouvelable. On l&#8217;a qualifié de rêveur, d&#8217;excentrique et de hippie. Et dernièrement, de directeur de projet pour Shell.</em></p>
<p><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Je me demande souvent pourquoi tant d&#8217;entreprises endossent des responsabilités sociales. Pas parce qu&#8217;elles souhaitent être responsables, en fin de compte. Mais parce qu&#8217;elles veulent être identifiées et perçues comme responsables. Mais de quel droit je les juges ? Il vaut mieux qu&#8217;elles prennent cette position. Il vaut mieux qu&#8217;elles aient ces convictions plutôt que le contraire.</p>
<p><strong>Elaine Bernard</strong> (Executive Director, Trade Union Program, Harvard)<br />
 La responsabilité n&#8217;est pas un changement radical parce que c&#8217;est une tactique voulue. Une tactique, une réaction vis-à-vis d&#8217;un marché précis, à ce stade-là. comme la société voit le marché sous un autre angle, elle peut redresser. Un jour, c&#8217;est Bambi, le lendemain, c&#8217;est Godzilla.</p>
<p><strong>Milton friedman</strong> (Prix Nobel d&#8217;économie)<br />
 C&#8217;est quoi, être socialement responsable ? pourquoi la société jugerait ce qui est socialement responsable ? Ce n&#8217;est pas leur domaine. Ce n&#8217;est pas ce que leur demande leur actionnaires. Elles s&#8217;écartent de leur mission et ce n&#8217;est pas du tout démocratique.</p>
<p><strong>Robert Monks</strong> (Shareholders Activist)<br />
 Peu m&#8217;importe ce que le président de la General Motors juge être un niveau convenable d&#8217;émissions de CO2 pour ses voitures. Bien qu&#8217;il ait des chercheurs et qu&#8217;il soit sympa, je ne l&#8217;ai pas élu, il ne peut pas parler en mon nom. Le gouvernement doit prendre ces décisions pas les sociétés.</p>
<p><strong>Naomi Klein</strong> (Écrivain)<br />
 La conclusion logique voudrait que l&#8217;image&#8230; qu&#8217;on en serait  arrivés à : la fin du monde est proche. On nous a fait subir un lavage de cerveau. tout est obstrué. Je ne crois pas qu&#8217;on en soit déjà là. Il ne faut surtout pas dramatiser les choses et admettre que toutes ces structures ont des failles. Il arrive, quand une société se concentre sur un projet, qu&#8217;elle passe à coté de choses intéressantes.</p>
<p><strong>Dr. Vandana Shiva</strong> (Physicien, écologiste, militant de semences)<br />
 L&#8217;Histoire se répète. L&#8217;injustice qui repose sur le mensonge, sur le retrait des droits et de la liberté de vivre dignement, si elle est mise au pied du mur, la situation se retourne.</p>
<p><strong>Elaine Bernard</strong> (Executive Director, Trade Union Program, Harvard)<br />
 Le capital finit par poser le pied quelque part. Et où qu&#8217;il le pose, il peut être tenu pour responsable.</p>
<p><strong>Charles Kernaghan</strong> (Comité National des travailleurs)<br />
 Au départ, Wal-Mart et Kathy Lee Gifford disaient, &laquo;&nbsp;Prouvez-nous que des enfants travaillent.&nbsp;&raquo; Ils ignoraient que Wendy Diaz (une enfant  indonésienne) arrivait par avion aux États-Unis. Elle est venue. Rien ne l&#8217;arrête.<br />
 Le Congrès a entendu des enfants qui ont été exploités dans des ateliers à l&#8217;étranger. Kathy Lee Gifford lui a fait des excuses. C&#8217;était inouï ! Cette célébrité influente s&#8217;est penchée en avant et a dit, &laquo;&nbsp;Wendy, il faut me croire, j&#8217;ignorais ces injustices. Maintenant je vais travailler avec vous et ça n&#8217;arrivera plus jamais.&nbsp;&raquo; Le soir  même, on signait un accord avec elle.<br />
 Quand à Wal-Mart, ses ateliers exploitent de nouveau les gens. Mais comme ça s&#8217;est réglé à la télévision, cet incident a soulevé la question de ces ateliers dans tous le pays. Depuis, plus personne n&#8217;ignore le travail des enfants, les salaires de misère.</p>
<p><em>Plusieurs années après cette controverse, les sacs Kathy Lee étaient fabriqués en Chine par des ouvriers payés 3 sous de l&#8217;heure.  Grâce au Comité National des Travailleurs, les usines de GAP, au  Salvador, sont surveillées. C&#8217;est la première société à l&#8217;accepter.</em></p>
<p><strong>Elaine Bernard</strong> (Executive Director, Trade Union Program, Harvard)<br />
 Ce qu&#8217;il faut faire, c&#8217;est regarder les fondements de cette forme légale qui ont créé ce monstre et il faut trouver qui peut les rendre responsables.</p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Elles ne sont pas gravées dans la pierre. Elles peuvent être démantelées. Et il se trouve que la plupart des États ont des lois qui exigent leur démantèlement.</p>
<p><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Pour mon malheur, comme j&#8217;ai fait des documentaires, j&#8217;ai vu qu&#8217;ils pouvaient avoir un impact, alors je suis contraint de continuer. Je suis allé à Littleton, où la fusillade de Columbine a eu lieu. Je l&#8217;ignorais. Quand je suis arrivé, j&#8217;ai appris où travaillaient les parents des enfants qui fréquente l&#8217;école. Le premier employeur à Littleton : Lockheed Martin, qui,fabrique des armes de destruction massives. Mais ils ne font pas le lien entre leur gagne-pain et ce que leurs enfants font, ou faisaient à l&#8217;école. Je réfléchis à tout ça. Je dis à ma femme&#8230; On est tous les deux des enfants d&#8217;ouvriers de l&#8217;industrie automobile de Flint&#8230; Aucun d&#8217;entre nous qui vivions là-bas, personne, même pas nous, ne s&#8217;est dit, &laquo;&nbsp;Ce qu&#8217;on fait pour gagner notre vie, la construction de voitures est probablement la raison majeure pour laquelle les calottes glaciaires vont fondre et mettre fin à la civilisation.&nbsp;&raquo; Il n&#8217;y a pas de lien entre, &laquo;&nbsp;Je ne suis qu&#8217;un assembleur qui fabrique une voiture, c&#8217;est bien, ça permet aux gens de circuler.&nbsp;&raquo; On ne pense jamais à une plus grande échelle, à l&#8217;étendue de la responsabilité de ce qu&#8217;on fait. Nous devons, en tant qu&#8217;individus, accepter la responsabilité de nos actes collectifs et des dommages importants qu&#8217;ils occasionnent dans notre monde.</p>
<p><em>Les villes de Licking et Porter ont écrit l&#8217;Histoire en adoptant une ordonnance qui interdit aux sociétés de revendiquer les droits  constitutionnels d&#8217;une personne.</em></p>
<p><strong>Dr. Vandana Shiva</strong> (Physicien, écologiste, militant de semences)<br />
 Aux cours des dix dernières années, nous avons gagné du terrain. Nous, c&#8217;est-à-dire les gens ordinaires qui se consacrent au bien de l&#8217;humanité tout entière, sans distinction de sexe, de classe, de race, de religion, toutes les espèces de la planète, nous avons réussi à poursuivre en justice un gouvernement et une société tout-puissants pour l&#8217;affaire neem. Et nous l&#8217;avons emporté. Le brevet de la Grâce et des USA sur neem a été révoqué suite à un procès intenté par nous, les  Verts et le Mouvement International de l&#8217;Agriculture Biologique. On a gagné parce qu&#8217;on s&#8217;était unis. On a renversé 99% du brevet basmati de Rice Teck parce qu&#8217;on a formé une coalition mondiale : des vieilles femmes du Texas, des savants de l&#8217;inde, des activistes de Vancouver, un groupe d&#8217;action Basmati. On a montré que le Tiers Monde n&#8217;était pas des pirates, mais que les sociétés l&#8217;étaient.<br />
 Il n&#8217;a pas fallu grand-chose à Gandhi pour faire annuler les lois sur le sel. Les Britanniques, pour agrandir leurs armées et la police, voulaient taxer le sel. Gandhi a marché jusqu&#8217;à la plage, a ramassé le sel, et a dit, &laquo;&nbsp;La nature nous le donne, on le récolte. On violera vos lois, on continuera à le récolter.&nbsp;&raquo; On a eu des cas similaire ces dix dernières années. Si une loi interdit de stocker des graines, il ne faut pas la suivre. Parce que stocker des graines est un devoir vis-à-vis de la terre et des génération futures. On pensait que se  serait symbolique. C&#8217;est bien plus que ça. Ca devient un choix pour  survivre. Les fermiers qui font pousser leurs graines, les stockent,  n&#8217;achètent pas de pesticides, triplent leur revenus comparés à ceux des  fermes chimiques qui dépendent de Monsanto et Cargill. On a réussi à créer des alternatives pour les gens.</p>
<p><em>De nombreux outils peuvent ressusciter la communauté. Les outils ne comptent pas. Il y a le litige, la législation, l&#8217;action directe, l&#8217;éducation, les boycotts, les investissements sociaux. Il y a beaucoup de façons d&#8217;aborder les problèmes du pouvoir des sociétés. Mais ce qui  compte, c&#8217;est la vision de l&#8217;avenir. Il faut proposer mieux.</em></p>
<p><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Devant une assemblé de PDG<br />
 Est-ce que je vous connais assez pour vous appeler collègues pillards ? Pas une compagnie industrielle sur terre, pas une institution d&#8217;aucune sorte, ni la mienne, ni la vôtre, ni celle de quiconque n&#8217;est durable. Je me reconnais coupable, moi même, personne ne m&#8217;accuse d&#8217;être un pillard de la terre, mais pas d&#8217;après notre définition de la civilisation. D&#8217;après elle, je suis un capitaine de l&#8217;industrie, un héros moderne selon l&#8217;avis général. Mais franchement, la première Révolution Industrielle a des défauts, ne fonctionne pas. Elle n&#8217;est pas durable. C&#8217;est une erreur en soi. Nous devons nous diriger vers une autre et une meilleure révolution industrielle et ne pas nous tromper, cette fois.<br />
 On pourrait imaginer un groupe de gens qui poursuivrait un but. Ce but serait de ne pas causer de tort. Une compagnie qui coupe le cordon ombilical qui la lie à la terre, lui laisse ses matières premières, prend celles déjà extraites et les réutilise à l&#8217;infini en se servant des énergie renouvelables. C&#8217;est notre projet, ça le reste, d&#8217;escalader le Mont Renouvelable. Qui est plus haut que l&#8217;Everest. Bien plus haut que l&#8217;Everest, bien plus difficile à escalader. Le point au sommet symbolisant &laquo;&nbsp;pas de trace&nbsp;&raquo;.</p>
<p><em>Depuis 1995 Interface a réduit sa &laquo;&nbsp;trace&nbsp;&raquo; écologique d&#8217;un tiers. Son but est de devenir renouvelable en 2020.</em></p>
<p><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 On va défaire beaucoup de chose pour se donner les moyens de faire ce travail très dangereux et risqué du mieux possible. Les gens devront se réunir et apprendre plein de choses qui ont été balayées de la culture, de la société, de nos esprit. C&#8217;est le plus passionnant. C&#8217;est en train de se passer dans le monde.</p>
<p><strong>Oscar Olivera</strong> (Coalition pour la défense de l&#8217;eau et de la vie)<br />
 Au plus fort du combat, l&#8217;armée s&#8217;est barricadée. Les policiers sont restés dans les postes de police, les membres du Congrès sont devenus invisible, le Gouvernement s&#8217;est caché puis a démissionné. Il n&#8217;y avait plus aucune autorité. La seule autorité légitime, c&#8217;était le peuple rassemblé dans le square qui prenait des décisions. Ils prirent des décisions concernant l&#8217;eau. Je crois que nous tous, les jeunes et les vieux, avons pu savourer&#8230; étancher notre soif de démocratie.<br />
 On a hérité d&#8217;une compagnie nationalisée qui avait des problèmes techniques, financiers, juridiques et administratifs. Nous y faisons face. Si on peut prouver que des gens ordinaires sont capables de résoudre leurs problèmes, on pourrait imaginer que tout ce qui a été  privatisé, vendu, tout ce qui est entre les mains des sociétés retourne  entre les mains du peuple. A l&#8217;époque j&#8217;en ai tiré une grande leçon, qu&#8217;il ne faut pas sous-estimer le pouvoir du peuple. Voir que le slogan martelé pendant les manifestations, &laquo;&nbsp;Le peuple, uni, jamais ne sera vaincu&nbsp;&raquo;, est devenu une réalité, c&#8217;était incroyable.</p>
<p><em>La victoire de Cochabamba a fait 6 morts et 175 blessés dont deux enfants rendus aveugles par des gaz lacrymogènes. Suivant l&#8217;exemple de Cochabamba, des mouvements populaires à travers le monde réussissent à s&#8217;opposer à la privatisation de l&#8217;eau.</em></p>
<h2>PRONOSTIQUES</h2>
<p><strong>Charles Kernaghan</strong> (Comité National des travailleurs)</p>
<p>Parfois, notre efficacité me surprend. On a battu GAP. Et quand je passe devant, je me dis, &laquo;&nbsp;2000 magasins dans le pays. Tout ce béton, tout ce verre, tous ces employés, ces vêtements, ce pouvoir.&nbsp;&raquo; On peut encore les atteindre. On a un impact.</p>
<p><strong>Oscar Olivera</strong> (Coalition pour la défense de l&#8217;eau et de la vie)<br />
 De petites batailles sont gagnées dans le monde mais je crois que les gens perdent. Je vois le présent et l&#8217;avenir de nos enfants très sombres. Mais je crois les gens capables de réflexion, de rage et de rébellion.</p>
<p><strong>Dr. Vandana Shiva</strong> (Physicien, écologiste, militant de semences)<br />
 15 sociétés voudraient contrôler nos conditions de vie et des millions de gens disent, &laquo;&nbsp;On n&#8217;a pas besoin de vous et on peut faire mieux. On va créer de systèmes qui nourrissent la terre et les être humains.&nbsp;&raquo; Ce ne sont pas des expériences marginales, ce sont les pivots d&#8217;un grand nombre de communautés dans le monde. C&#8217;est là que réside notre avenir.</p>
<p><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 J&#8217;ai toujours trouvé ironique de pouvoir faire ça. Pour qui je travaille ? La télé. Ces studios appartiennent à de grandes sociétés. Pourquoi est-ce qu&#8217;ils me laisse faire alors que je suis contre tout ce qu&#8217;ils représentent ? Et ils me paient pour que je lutte contre leur convictions. C&#8217;est parce qu&#8217;ils ne croient en rien. Parce qu&#8217;ils savent que des millions de gens veulent voir mon film ou mon émission de télé. Ils vont faire de l&#8217;argent. J&#8217;ai réussi à y pénétrer parce que je fonce avec mon camion dans cette faille du capitalisme : l&#8217;avidité. C&#8217;est-à-dire : l&#8217;homme riche vous vendra la corde pour le pendre s&#8217;il peut en tirer 1 dollar. Je suis cette corde. Je l&#8217;espère. Du moins en  partie. Ils croient aussi que quand les gens regardent mon film, ou celui-ci, ils se disent, &laquo;&nbsp;Ils vont le regarder mais n&#8217;agiront pas parce qu&#8217;on leur a ramolli le cerveau, on les a rendus abrutis. Ca n&#8217;aura aucune incidence. Les gens ne vont pas s&#8217;impliquer politiquement.&nbsp;&raquo; Ils en sont convaincus. Je suis convaincu du contraire, qu&#8217;une poignée de gens va sortir du cinéma, se lever du canapé et faire quelque chose, n&#8217;importe quoi et remettre ce monde entre nos mains.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/the-corporation-la-poursuite-pathologique-du-profit-et-du-pouvoir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
<enclosure url="http://nous-les-dieux.org/VIDEOS/TheCorporation.flv" length="484698810" type="video/x-flv" />
		</item>
		<item>
		<title>Une alternative de société: l’écosociétalisme</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2009 12:21:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Idée]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[bonheur]]></category>
		<category><![CDATA[cocréation]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[échange]]></category>
		<category><![CDATA[enchantement]]></category>
		<category><![CDATA[entraide]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvel-Age]]></category>
		<category><![CDATA[paradigme]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[service]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
		<category><![CDATA[terre]]></category>
		<category><![CDATA[transmutation]]></category>
		<category><![CDATA[vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2133</guid>
		<description><![CDATA[Où l&#8217;intérêt particulier rejoint l&#8217;intérêt collectif Par André-Jacques Holbecq Editions Yves Michel (octobre 2005) Achetez ce livre En France, depuis début 2003, le Groupe de REcherche pour un Système SOciétal &#8211; GRESSO &#8211; initie un projet à la fois politique, le SOCIÉTALISME, mais aussi économique et monétaire, l&#8217;ÉCOSOCIÉTALISME. Les lignes qui suivent synthétisent les grandes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;">Où l&#8217;intérêt particulier rejoint l&#8217;intérêt collectif</h2>
<h3 style="text-align: center;"><em>Par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9-Jacques_Holbecq" target="_blank">André-Jacques Holbecq</a></em></h3>
<h4 style="text-align: center;"><em><a href="http://www.yvesmichel.org" target="_blank">Editions Yves Michel</a> (octobre 2005)</em></h4>
<p style="text-align: right;"><em><a href="http://www.amazon.fr/Une-alternative-société-lécosociétalisme-particulier/dp/2913492347" target="_blank">Achetez ce livre</a></em></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-2134" title="Une alternative de société : l'écosociétalisme - Où l'intérêt particulier rejoint l'intérêt collectif" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/ecosocietalisme.jpg" alt="Une alternative de société : l'écosociétalisme - Où l'intérêt particulier rejoint l'intérêt collectif" width="281" height="500" /></p>
<p>En France, depuis début 2003, le <strong>G</strong>roupe de <strong>RE</strong>cherche pour un <strong>S</strong>ystème <strong>SO</strong>ciétal &#8211; <strong>GRESSO</strong> &#8211; initie un projet à la fois politique, le SOCIÉTALISME,  mais aussi économique et monétaire, l&#8217;ÉCOSOCIÉTALISME.    Les lignes qui suivent synthétisent les grandes idées de ce projet développé dans les pages du <a href="http://tiki.societal.org" target="_blank">site de l&#8217;écosociétalisme</a> et auquel chacun est invité à participer sur le forum <a href="http://forum.societal.org" target="_blank">Destination Sociétale</a></p>
<p><strong>Le sociétalisme</strong> expose un projet démocratique réalisable et envisage les modalités de son avènement.<br />
 Il implique une organisation sociale post-capitaliste et son institutionnalisation par voie démocratique.</p>
<p><strong>L&#8217; éco</strong><strong>sociétalisme</strong> propose une alternative économique post-libérale, implique le déclin des systèmes financiers, boursiers et bancaires actuels.<br />
 Il répartit équitablement le pouvoir d&#8217;achat individuel, libère la  monnaie en fonction des biens et services produits, récupère  immédiatement la monnaie lors de son utilisation finale.</p>
<p><strong>Le sociétalisme a pour finalité</strong> :</p>
<ul>
<li>L&#8217;existence harmonieuse de &laquo;&nbsp;la société humaine&nbsp;&raquo;.</li>
<li>L&#8217;épanouissement de chacun des individus la composant.</li>
</ul>
<p><strong>Le </strong><strong>sociétalisme</strong><strong> veut </strong>:</p>
<ul>
<li>Orienter et réguler la consommation des ressources naturelles.</li>
<li> éviter l&#8217;effondrement des civilisations compte tenu des impasses  énergétiques, écologiques, alimentaires, climatiques, que nous  connaissons.</li>
</ul>
<p><strong>Le </strong><strong>sociétalisme</strong><strong> est  un mouvement d&#8217;idées qui préconise l&#8217;instauration d&#8217;un système économique et politique basé sur :</strong></p>
<ul>
<li>Les Droits de l&#8217;Homme et le respect de l&#8217;environnement.</li>
<li>La ré-appropriation de la création monétaire par la collectivité.</li>
<li>La gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie.</li>
<li>La répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen.</li>
<li>La démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité.</li>
</ul>
<p><strong>Le </strong><strong>sociétalisme</strong><strong> n&#8217;est</strong> :</p>
<ul>
<li>Ni un nouveau communisme.</li>
<li>Ni une adaptation boiteuse du capitalisme.</li>
</ul>
<p><strong>L&#8217;éco</strong><strong>sociétalisme</strong><strong> est :</strong></p>
<ul>
<li>Un système économique adapté aux exigences éthiques du sociétalisme.</li>
<li>Un outil monétaire &#8211; l&#8217;écomonétarisme qui, substitué au système  actuel, modifie la nature même de la monnaie et le circuit monétaire.</li>
</ul>
<p><strong>L&#8217;éco</strong><strong>sociétalisme</strong><strong>, nouveau moteur de développement, permet d&#8217;obtenir :</strong></p>
<ul>
<li>Plus de confort pour tous.</li>
<li>Plus de services.</li>
<li>Moins de consommation d&#8217;énergie.</li>
<li>Moins d&#8217;utilisation de matières premières.</li>
<li>Moins de production de déchets.</li>
</ul>
<p><strong>L&#8217;éco</strong><strong>sociétalisme</strong><strong>, outil de gestion équilibrée des ressources, instaure :</strong></p>
<ul>
<li>L&#8217;impossibilité d&#8217;accumulation individuelle de capital productif ou  financier (accumulation toujours effectuée au détriment des autres).</li>
<li>Des revenus fonctions de l&#8217;apport sociétal de chaque acteur (avec un  seuil permettant la satisfaction des besoins fondamentaux).</li>
<li>Des comptabilités nationales basées sur des indices de &laquo;&nbsp;Satisfaction  Individuelle et Collective&nbsp;&raquo; (et non plus sur un &laquo;&nbsp;Produit Intérieur&nbsp;&raquo;)..</li>
</ul>
<h2 style="text-align: center;"><a id="sommaire" name="sommaire" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#sommaire">SOMMAIRE</a><br />
 <span id="more-2133"></span></h2>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Introduction" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#introduction">Introduction</a></strong><br />
 Préface de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret" target="_blank">Patrick Viveret</a><br />
 Avant Propos<br />
 Préambule</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 1 : l'écosociétalisme" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre01">Chapitre 1 : L&#8217;écosociétalisme</a></strong><br />
 1.1 &#8211; Qu&#8217;est ce que l&#8217;écosociétalisme ?<br />
 1.2 &#8211; Pourquoi ce nom ?<br />
 1.3 &#8211; Hypothèse et projet<br />
 1.4 &#8211; La fin du capitalisme&#8230; et après ?</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 2: les bases" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre02">Chapitre 2 : Les bases</a></strong><br />
 2.1 &#8211; Bases d&#8217;une &laquo;&nbsp;économie sociétale&nbsp;&raquo;<br />
 2.2 &#8211; Quatre questions primordiales</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 3: les revenus dans l'écosociétalisme" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre03">Chapitre 3 : Les revenus dans l&#8217;écosociétalisme</a></strong><br />
 3.1 &#8211; Deux types de revenus<br />
 3.2 &#8211; Conséquences diverses<br />
 3.3 &#8211; Comment serait déterminée la Rémunération d&#8217;Activité ?</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 4:  la circulation monétaire" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre04">Chapitre 4 :  La circulation monétaire</a></strong><br />
 4.1 &#8211; La CES ou SOCIETAXE<br />
 4.2 &#8211; Les critères déterminants le montant de la CES<br />
 4.3 &#8211; La répartition globale des revenus</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 5: la consommation" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre05">Chapitre 5 : La consommation</a></strong><br />
 5.1 &#8211; Les prix<br />
 5.2 &#8211; Les revenus<br />
 5.3 &#8211; Le crédit</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 6 : l'habitation, la revente, la succession" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre06">Chapitre 6 : L&#8217;habitation, la revente, la succession</a></strong><br />
 6.1 &#8211; La valeur du sol<br />
 6.2 &#8211; Plus value immobilière à  la revente ?<br />
 6.3 &#8211; A propos de la succession</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 7 : la production et la distribution de biens et services" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre07">Chapitre 7 : La production et la distribution de biens et services</a></strong><br />
 7.1 &#8211; Le prix de vente d&#8217;un &laquo;&nbsp;objet&nbsp;&raquo; dans l&#8217;écosociétalisme.<br />
 7.2 &#8211; Le cas général d&#8217;une production de biens ou de services.<br />
 7.3 &#8211; Principe de détermination du montant de la sociétaxe</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 8  : Synthétisation des échanges" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre08">Chapitre 8  : Synthétisation des échanges</a></strong><br />
 8.1 &#8211; Les acteurs collectifs<br />
 8.2 &#8211; Les acteurs individuels<br />
 8.3 &#8211; Les transferts monétaires entre acteurs<br />
 8.4 &#8211; Les services et productions non-marchands<br />
 8.5 &#8211; La sociétaxe dans les services et productions non-marchands</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 9 : questions et réponses" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre09">Chapitre 9 : Questions et réponses</a></strong></p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 10 : en guise de conclusion" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre10">Chapitre 10 : En guise de conclusion</a></strong><br />
 10.1 &#8211; Le sociétalisme dans son aspect économique<br />
 10.2 &#8211; Bases d&#8217;un système de comptabilité nationale<br />
 10.3 &#8211; Les apports de l&#8217;écosociétalisme</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Annexes" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#annexes">Annexes</a></strong></p>
<ol>
<li><a title="Resume" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Resume" target="_blank">Résumé synthétique</a></li>
<li><a title="Comment pousse la monnaie" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=CreationMonetaire" target="_blank"> La création monétaire</a></li>
<li><a title="ChangerDeParadigme" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=ChangerDeParadigme" target="_blank"> Changer de paradigme</a></li>
<li><a title="proposition de fonctionnement du système politique dans l'éco-sociétalisme" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Organisation+Politique1" target="_blank"> Suggestion utopique d&#8217;organisation du système sociétal</a></li>
<li><a rel="external" href="http://www.societal.org/acs/" target="_blank">L&#8217;Association de Coopération Sociétale</a></li>
</ol>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<h2 style="text-align: center;">Résumé des particularités de l&#8217;écosociétalisme&#8230;</h2>
<p><strong>MONNAIE</strong> :</p>
<ul>
<li> La monnaie écosociétale est appelée le &laquo;&nbsp;merci&nbsp;&raquo; et représente la Rémunération d&#8217;Activité perçue pour 6 minutes de travail au Coefficient d&#8217;Utilité Sociétale moyen.</li>
<li> Les &laquo;&nbsp;mercis&nbsp;&raquo; sont créés à la production des biens et services.</li>
<li> Les &laquo;&nbsp;mercis&nbsp;&raquo; sont détruits du compte des bénéficiaires lors de la consommation des biens et services.</li>
<li> L&#8217;épargne individuelle est la seule propriété financière.</li>
<li> L&#8217;intérêt est aboli.</li>
</ul>
<p><strong>DEUX CATÉGORIES DE REVENUS</strong> :</p>
<p><strong>(1) &#8211; Le Revenu Social (R.S.) ou &laquo;&nbsp;viatique&nbsp;&raquo;:</strong></p>
<ul>
<li> C&#8217;est un revenu inaliénable attribué égalitairement à chaque individu.</li>
<li> Il doit permettre de vivre et de satisfaire tous les besoins de base.</li>
<li> Il remplace toutes les aides et allocations actuelles.</li>
<li><em>S&#8217;y ajoutent suivant le cas :</em>
<ul>
<li> Le Revenu Social de retraite (RSr), fonction de l&#8217;apport sociétal au cours de l&#8217;activité professionnelle antérieure.</li>
<li> Le Revenu Social d&#8217;allocation (RSa), rétribution complémentaire éventuellement nécessaire (étudiants, malades, handicapés, etc.)</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p><strong>(2) &#8211; La Rémunération d&#8217;Activité (R.A.) ou &laquo;&nbsp;salaire&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<ul>
<li> Il rétribue soit l&#8217;activité marchande ( RAm &#8211; Rémunération d&#8217;Activité marchande), soit la fonction publique (RAnm &#8211; Rémunération d&#8217;Activité non marchande) en fonction de l&#8217;effet sociétal de l&#8217;activité (Coefficient d&#8217;Utilité Sociétale) qui module le montant du R.A..</li>
<li> L&#8217;échelle des Rémunération d&#8217;Activité sera démocratiquement déterminée par la Nation sociétale, néanmoins nous proposons de la limiter de zéro à trois.</li>
</ul>
<p><strong>COEFFICIENT D’UTILITÉ SOCIÉTALE </strong>:</p>
<ul>
<li> Chaque actif se voit attribuer un &laquo;&nbsp;Coefficient d’Utilité Sociétale&nbsp;&raquo; moyenne de plusieurs facteurs propres au travailleur, à la production et aux besoins, toujours déterminé dans l&#8217;optique de l&#8217;effet sociétal de l&#8217;activité.</li>
<li> Ce &laquo;&nbsp;Coefficient d’Utilité Sociétale&nbsp;&raquo; est le multiplicateur de la Rémunération d&#8217;Activité de base (10 mercis par heure de travail au Coefficient d’Utilité Sociétale moyen), qui permet de faire évoluer une Rémunération d’Activité dans des limites au choix de la société (échelle des Rémunération d&#8217;Activité).</li>
</ul>
<p><strong>PRIX</strong> :</p>
<ul>
<li> Le prix hors taxe d&#8217;une production de bien ou service est la somme :
<ul>
<li>1) des Rémunération d&#8217;Activités (donc du travail humain) ayant permis à cette production d&#8217;exister et d&#8217;être distribuée.</li>
<li> 2) de la quote-part des frais généraux et des amortissements comptables qui s&#8217;y rattachent.</li>
</ul>
</li>
<li> La C.E.S. (Contribution Eco Sociétale) est ajoutée au prix hors taxe pour former le prix de vente d&#8217;une production.</li>
<li> Le montant de ce prix de vente est simplement déduit du compte de l&#8217;acquéreur lors de l&#8217;achat.</li>
</ul>
<p><strong>ENTREPRISE</strong> :</p>
<ul>
<li> Les participants à la production ou à la distribution (&laquo;&nbsp;commerçants&nbsp;&raquo;) sont rémunérés par les Rémunérations d&#8217;Activités.</li>
<li> La liberté d&#8217;entreprendre reste pleine et entière, mais les moyens de production sont confiés, à ceux qui en font la demande, par procédure de dotation.</li>
<li> Les moyens de production sont gérés par des coopératives ou des individus entrepreneurs.</li>
<li> La création des moyens de production ne nécessite pas de capital financier puisqu&#8217;ils sont eux même la somme des R.A. amonts.</li>
<li> La propriété des moyens de production, et des sols ou bâtiments  (agricoles ou industriels) est collective (nationale).</li>
<li> Les moyens de production sont confiés gracieusement à l&#8217;exploitant (agriculteur, industriel, distributeur).</li>
<li> Il n&#8217;existe pas de &laquo;&nbsp;marge bénéficiaire&nbsp;&raquo; sur les ventes.</li>
</ul>
<p><strong>PROPRIÉTÉ INDIVIDUELLE</strong> :</p>
<ul>
<li> La propriété est limitée aux biens meubles et à l&#8217;habitation,  lesquels sont transmissibles ou revendables sans droits fiscaux.</li>
<li> Nul n&#8217;est propriétaire des terrains construits ou constructibles, mais seulement locataire du sol auprès de la collectivité par un bail de durée indéfinie.</li>
<li> Le bâti reste propriété privée et familiale. Il est à ce titre transmissible aux héritiers sous réserve que ceux ci s&#8217;acquittent de l&#8217;écoloyer.</li>
<li> Un propriétaire peut vendre son habitation au montant du coût de revient ou transférer le solde de sa dotation.</li>
<li> Un propriétaire qui aurait nécessité ou envie de changer de lieu de résidence peut néanmoins louer son bien sous réserve que le loyer reçu soit au plus équivalent au loyer auquel il sera lui même tenu (il ne peut y avoir aucun enrichissement).</li>
</ul>
<p><strong>ÉCOLOYER</strong> :</p>
<ul>
<li> L&#8217;écoloyer représente un &laquo;&nbsp;droit d&#8217;occupation&nbsp;&raquo; du foncier aux occupants des logements individuels.</li>
<li> Son montant est déterminé localement.</li>
<li> Son montant est mensuellement détruit sur le compte de l&#8217;occupant.</li>
</ul>
<p><strong>TRANSMISSION DE PATRIMOINE</strong> :</p>
<ul>
<li> L&#8217;épargne monétaire n&#8217;est transmissible qu&#8217;une seule fois: elle n&#8217;est pas cumulable sur plusieurs générations.</li>
<li> La résidence familiale est transmissible sans limitation et reste affectée aux héritiers sous réserve de payement de l&#8217;écoloyer par ceux-ci.</li>
</ul>
<p><strong>CONTRIBUTION ÉCO SOCIÉTALE (C.E.S.)</strong> :</p>
<ul>
<li> La CES (Contribution Eco Sociétale) peut être considérée comme une taxe. Elle augmente le prix de chaque produit ou service d&#8217;un pourcentage de son coût de production, pourcentage variant selon l&#8217;impact écologique et sociétal du produit ou service et de sa chaîne de production.</li>
<li> La CES sert à orienter la production de biens et services vers les productions les plus sociétales et écologiques en terme de bilan global énergétique, matières premières non renouvelables et pollution.</li>
<li> La CES sert également à ABSORBER la monnaie déjà émise et distribuée aux individus sous forme de R.S et de R.A. Aucune autre taxe ni aucun autre impôt ne sont perçus, si on excepte l&#8217;écoloyer.</li>
</ul>
<p><strong>DOTATION</strong> :</p>
<ul>
<li> La dotation est :
<ul>
<li> 1)  une prévision de dépense autorisée programmée dans le temps.</li>
<li> 2)  une autorisation d&#8217;utilisation de bâtiments, matériels, outillages, etc.</li>
<li> 3)  une autorisation d&#8217;acquisition (remplace le crédit bancaire)</li>
</ul>
</li>
<li> La dotation supprime le recours aux formes traditionnelles de prêts et de crédits financiers.</li>
<li> Elle ne comporte aucune forme d&#8217;agios ou d&#8217;intérêts.</li>
</ul>
<p><em>On distingue trois formes principales de DOTATIONS</em> :</p>
<ul>
<li>1) Dotation aux organismes publics pour la création ou le fonctionnement des services publics nationaux ou locaux, accordée en fonction des besoins collectifs.</li>
<li> 2) Dotation aux organismes économiques productifs (entrepreneurs) sur vérification de leur projet économique (comparable à une autorisation de crédit d&#8217;un projet industriel ou commercial actuel).</li>
<li> 3) Dotation aux particuliers pour l&#8217;acquisition de biens mobiliers ou immobiliers, attribuée en fonction de la &laquo;&nbsp;capacité moyenne de remboursement&nbsp;&raquo;. Elle représente l&#8217;actuel &laquo;&nbsp;crédit&nbsp;&raquo; à la consommation ou immobilier.</li>
</ul>
<p><strong>CRITÈRES SOCIÉTAUX</strong> :</p>
<ul>
<li> Ces critères servent à estimer l&#8217;impact écosociétal d&#8217;une activité et donc le montant de la CES.</li>
<li> Ils guident la régulation politique de l&#8217;économie.</li>
<li> Ils déterminent, en conséquence, la Rémunération d&#8217;Activité (RA) de chaque personne en faisant intervenir au moins, dans le calcul du &laquo;&nbsp;Coefficient d&#8217;Utilité Sociétale&nbsp;&raquo; :
<ul>
<li> La production dans un secteur donné.</li>
<li>L&#8217;impact environnemental, l&#8217;utilité sociale.</li>
<li> Le déséquilibre de production/compétence par région.</li>
<li>La compétence particulière de la personne à l&#8217;activité exercée.</li>
<li> Ses autres compétences complémentaires reconnues.</li>
<li>Sa productivité et l&#8217;assiduité comparative.</li>
<li>L&#8217;âge.</li>
<li> L&#8217;utilité sociétale, collective ou particulière de la production.</li>
<li>Le gain ou la sauvegarde écologique.</li>
<li>La pénibilité et dangerosité du travail.</li>
<li>Les besoins locaux dans une profession donnée.</li>
<li>L&#8217;activité vitale pour la personne humaine.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<h1><a id="introduction" name="introduction">Introduction</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>Préface de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret" target="_blank">Patrick Viveret</a></h2>
<p align="justify">Le livre d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9-Jacques_Holbecq" target="_blank">André-Jacques Holbecq</a> appartient à cette littérature bien exprimée par les promoteurs historiques de l&#8217;économie sociale et solidaire, les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Owen" target="_blank">Owen</a>, les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon" target="_blank">Proudhon</a>, les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier" target="_blank">Fourier</a> ou les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Andr%C3%A9_Godin" target="_blank">Godin</a>, celle de l&#8217;utopie concrète.</p>
<p align="justify">Utopie au sens originel d&#8217;un autre lieu permettant un autre regard sur le monde et cet autre regard permettant lui même de penser d&#8217;autres solutions à des problèmes vus sous un angle neuf. Mais utopie concrète car la radicalité de cette autre approche est au service de propositions extrêmement précises, détaillées voire chiffrées. Cette méthode a l&#8217;avantage de permettre la discussion démocratique : sur la monnaie, le capital, les revenus, les modalités de création d&#8217;une nouvelle « societaxe » très originale, cette approche permet d&#8217;ouvrir des questionnements, des adhésions souvent, des désaccords parfois. Dans tous les cas on y trouvera un stimulant passionnant pour toutes celles et ceux qui ne se satisfont pas des dégâts écologiques et humains que produit ce que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_E._Stiglitz" target="_blank">Joseph Stiglitz</a> a nommé le « fondamentalisme marchand » dans son livre « <a href="http://www.amazon.fr/Grande-D%C3%A9sillusion-Joseph-Eugene-Stiglitz/dp/2253155381" target="_blank">la grande Désillusion</a> ».</p>
<p align="justify">Un lecteur qui n&#8217;aurait pas lu d&#8217;autres textes d&#8217;André-Jacques Holbecq pourra certes se trouver quelque peu désarçonné par le propos presque technique de l&#8217;auteur. C&#8217;est en effet que celui-ci a choisi dans cet ouvrage de s&#8217;affronter aussi précisément que possible à la concrétisation des formes d&#8217;alternative à promouvoir au cœur de ce projet qu&#8217;il nomme l&#8217;écosocietalisme. Le terme renvoie à la dimension tout à la fois écologique et sociétale d&#8217;un projet alternatif plus large que la vision trop souvent étroite que nous nous faisons du domaine « social ». L&#8217;économie sociale et solidaire l&#8217;utilise de plus en plus souvent par exemple par la pratique du « bilan sociétal » qui permet une évaluation de l&#8217;activité de l&#8217;entreprise sur des critères écologiques et sociaux et pas seulement économiques et financiers ou par l&#8217;expérimentation en démarrage, dans le cadre d&#8217;un programme Equal européen, d&#8217;un projet de monnaie d&#8217;utilité écologique et sociale, le &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_compl%C3%A9mentaire_Sol" target="_blank">sol</a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p align="justify">Si ce type d&#8217;ouvrage vient à son heure c&#8217;est que nous sommes dans une période historique critique où nous avons besoin de traiter les racines des principaux problèmes auxquels est confrontée l&#8217;humanité.</p>
<p align="justify">Souvenons-nous de la phrase d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Gramsci" target="_blank">Antonio Gramsci</a> : <em>l&#8217;ancien monde est en train de mourir, un nouveau monde est en train de naître, mais dans cette période intermédiaire, des monstres peuvent apparaître</em>. Nous sommes en train de vivre cette période, et les monstres sont apparus, avec des logiques irrationnelles et de grands dérapages collectifs, comme les guerres, les fondamentalismes et les terrorismes qui y sont associés.</p>
<p align="justify">Rappelons-nous les analyses prophétiques des années Trente, applicables à notre crise actuelle. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Maynard_Keynes" target="_blank">Keynes</a> avait parlé non pas d&#8217;une crise économique mais d&#8217;une crise de l&#8217;économique, car nos sociétés sont structurées autour de la lutte contre la pénurie et la rareté, alors que le problème actuel est souvent celui d&#8217;une abondance, qu&#8217;on ne sait pas gérer et qui génère ce que Keynes osait nommer, dans ses « Essais sur l&#8217;économie et la monnaie » une dépression nerveuse collective.</p>
<p align="justify">Les symptômes de la crise sont particulièrement visibles dans nos sociétés matériellement sur-développées, mais en voie de sous-développement sur le plan affectif, éthique et spirituel. En effet, nos sociétés, de plus en plus fascinées par les technologies de communication souffrent en réalité d&#8217;une triple rupture de communication : avec le cosmos et la nature, dans le rapport avec nous-mêmes (intériorité, sagesse, méditation) et dans le rapport à autrui.</p>
<p align="justify">Il faut entendre les grands dérèglements actuels, et y voir la nécessité de changer de paradigmes, de paramètres sociaux et économiques. Par exemple, l&#8217;essentiel de l&#8217;activité humaine est pensé autour de l&#8217;activité économique, une économie réduite à sa composante productiviste et industrielle, dont les effets destructeurs &#8211; sur l&#8217;environnement, et le tissu social &#8211; sont avérés. Ce modèle n&#8217;offre aux hommes qu&#8217;une seule perspective, devenir un producteur compétitif, l&#8217;autre étant un rival dans cette compétition. C&#8217;est la logique guerrière de la domination, de la captation des savoirs et du sens, de la possession des biens, et de l&#8217;autre. Dans ce modèle, on compense la pauvreté du projet de vie par une excitation dans l&#8217;ordre de l&#8217;<em>avoir</em> (consommer, posséder, dominer) et par le divertissement au sens pascalien du terme.</p>
<p align="justify">A cette logique en impasse s&#8217;oppose une autre logique, celle de ce que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rabhi" target="_blank">Pierre Rahbi</a> nomme la « sobriété heureuse » ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Majid_Rahnema" target="_blank">Majid Rahnema</a> « la simplicité volontaire ». C&#8217;est une logique de l&#8217;art de vivre et du bien être en entendant pleinement le terme &laquo;&nbsp;être&nbsp;&raquo; dans ce terme trop souvent banalisé.</p>
<p align="justify">La logique de l&#8217;avoir est illustrée par cette phrase de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi" target="_blank">Gandhi</a> : <em>Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun</em>. Cette logique a une limite écologique évidente. En termes d&#8217;empreinte écologique, on a mesuré que si les pays en développement adoptent le mode de vie des pays riches, il faudrait l&#8217;équivalent de plusieurs planètes en 2050 ! On comprend bien que le vieux monde ne peut plus continuer sur de telles bases.</p>
<p align="justify">En matière de climat, au lieu des petits pas du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocole_de_Kyoto" target="_blank">protocole de Kyoto</a> &#8211; que l&#8217;on n&#8217;applique pas alors qu&#8217;il est déjà insuffisant &#8211; il faut des politiques publiques qui disent la vérité, et mettent en place les conditions démocratiques et culturelles pour examiner ensemble ce qu&#8217;il faut faire, si nous voulons éviter le désastre.</p>
<p align="justify">Nous parlons là d&#8217;une cure de désintoxication radicale : il ne s&#8217;agit pas de &laquo;&nbsp;verdir&nbsp;&raquo; le mode de développement actuel, mais d&#8217;en changer totalement la nature.<br />
 Il faut aussi changer nos modes de comptabilité nationale, car nos calculs des richesses sont en grande partie contre-productifs. C&#8217;est une erreur de penser qu&#8217;il y a d&#8217;une part des entreprises productrices de richesses, et d&#8217;autre part des activités qui ponctionnent ou prélèvent les richesses. Une entreprise serait impuissante dans un monde où l&#8217;eau serait devenue inconsommable, la terre empoisonnée et l&#8217;air irrespirable. Le non sens est le même si la population est illettrée et en mauvaise santé, du fait du démantèlement des services publics, ou si l&#8217;incivilité se développe. Ce qui veut dire que les biens communs essentiels (environnement, santé publique, morale civique&#8230;) sont aussi fondamentaux que la création et la transformation de richesses réalisée au sein de l&#8217;entreprise.</p>
<p align="justify">Voilà quelques unes des raisons qui nous poussent à écouter ceux qui, comme <a title="André-Jacques Holbecq" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=UserPageAJH" target="_blank">André-Jacques Holbecq</a> et les membres de son collectif, le &laquo;&nbsp;<a href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Charte" target="_blank">GRESSO</a>&laquo;&nbsp;, cherchent à donner un contenu concret aux projets alternatifs. C&#8217;est le mérite de ce livre que d&#8217;y contribuer avec force.</p>
<p align="justify"><strong><a href="http://viveret.over-blog.com/" target="_blank">Patrick Viveret</a></strong><br />
 <em>Philosophe, Magistrat à la Cours des Comptes</em>.<br />
 <em>Auteur, entre autres, du rapport &laquo;&nbsp;<a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/reconsiderer-la-richesse.pdf" target="_blank">Reconsidérer la Richesse</a>&nbsp;&raquo; (éditions de l&#8217;Aube) et de &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/Pourquoi-%C3%A7a-pas-plus-mal/dp/2213622078" target="_blank">Pourquoi ça ne va pas plus mal ?</a>&nbsp;&raquo; (Editions Fayard)</em>.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>Avant-propos</h2>
<p align="justify">Pour changer cette société par l&#8217;utilisation de l&#8217;outil économique, il y a deux manières de procéder. La première consiste à progressivement mettre plus d&#8217;écologie et de social dans l&#8217;économie (taxes diverses, émission monétaire, etc.), la seconde c&#8217;est de dire : « Faisons table rase et voyons&#8230; »</p>
<p align="justify">C&#8217;est la seconde que nous vous proposons ici. Mais pour en apprécier toute la « substantifique moelle » il est important de changer votre regard, il est important de changer de paradigme, de rester critique vis-à-vis de la « pensée unique » et du « économiquement correct ». Il est donc indispensable de lire le rapport « <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/reconsiderer-la-richesse.pdf" target="_blank">Reconsidérer la Richesse</a> » réalisé en janvier 2002 par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret" target="_blank">Patrick Viveret</a>, Conseiller référendaire à la Cour des Comptes, et dont l&#8217;introduction commence par ces paragraphes :</p>
<p align="justify">« Nous avons la preuve permanente que notre représentation actuelle de la richesse, et l&#8217;usage contre-productif que nous faisons de la monnaie, aggrave les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre. Dans la plupart des dossiers qui ont été au cœur des débats publics de ces derniers mois, de la vache folle à l&#8217;Erika, de l&#8217;amiante aux accidents de la route, des conséquences de la grande tempête de décembre 1999 à la crise des carburants de l&#8217;automne 2000, il y a toujours un élément commun que l&#8217;on oublie curieusement de rappeler : ces catastrophes sont des bénédictions pour notre Produit Intérieur Brut, ce chiffre magique dont la progression s&#8217;exprime par un mot qui résume à lui seul la grande ambition de nos sociétés matériellement développées et éthiquement sous développées : LA CROISSANCE !</p>
<p align="justify"><strong>Plus de destructions = plus de PIB</strong></p>
<p align="justify">Car les centaines de milliards que coûtent à la collectivité ces destructions humaines et environnementales ne sont pas comptabilisées comme des destructions mais comme des apports de richesse dans la mesure où elles génèrent des activités économiques exprimées en monnaie. À supposer que nous n&#8217;ayons aucun accident matériel ou corporel, ni morts ni blessés sur les routes de France l&#8217;année prochaine, notre PIB baisserait de manière significative, la France perdrait une ou plusieurs places dans le classement des puissances économiques et l&#8217;on verrait nombre d&#8217;économistes nous annoncer d&#8217;un ton grave que la crise est de retour.</p>
<p align="justify"><strong>Les activités bénévoles font baisser le PIB</strong></p>
<p align="justify">Dans le même temps, toutes les activités bénévoles qui, grâce en particulier aux associations loi 1901, dont nous nous apprêtons à fêter le centenaire, ont permis d&#8217;éviter ou de limiter une partie des effets de ces catastrophes, par exemple en allant nettoyer les plages polluées ou en aidant gratuitement des handicapés, n&#8217;ont, elles, permis aucune progression de richesse et ont même contribué à faire baisser le produit intérieur brut en développant des activités bénévoles plutôt que rémunérées. Autant dire que nous marchons sur la tête et que dans le même temps où l&#8217;on va célébrer le rôle éminent des associations, nous continuerons à les traiter comptablement, non comme des productrices de richesses sociales mais comme des « ponctionneuses de richesse économiques » au titre des subventions qu&#8217;elles reçoivent.</p>
<p align="justify"><strong>Il est temps de changer de représentation</strong></p>
<p align="justify">Il est donc plus que temps de nous atteler à ce chantier considérable du changement de représentation de la richesse et de la fonction que joue la monnaie dans nos sociétés. Définir l&#8217;évaluation comme une délibération sur les valeurs. La question des « indicateurs » qui relève des outils ne peut donc être dissociée de celle des « critères » qui relève du débat sur les fins. « Oui à l&#8217;économie de marché, non à la société de marché. » Il s&#8217;agit, on l&#8217;a compris, de retrouver, à l&#8217;aube de ce siècle, la force originelle du principe associatif, celle qui cherche, à travers et au-delà l&#8217;économie, à substituer la logique coopérative des jeux gagnants/gagnants à la logique guerrière des jeux gagnants/perdants. »</p>
<p align="justify">Deux richesses fondamentales sont oubliées par l&#8217;économie dominante : les humains et leur environnement naturel. C&#8217;est pourquoi, note le rapport du <a href="http://www.undp.org/french/" target="_blank">PNUD</a>, « les biens ne doivent pas être valorisés intrinsèquement, mais considérés comme les instruments de la réalisation de certaines potentialités telles que la santé, la connaissance, l&#8217;estime de soi et l&#8217;aptitude à participer activement à la vie de la communauté ».</p>
<p align="justify">Ce sont ces idées qui ont guidé notre travail, et nous espérons que même si vous n&#8217;en approuvez pas toutes les suggestions, il aura au moins le mérite de vous faire réfléchir en vous montrant que d&#8217;autres voies sont possibles.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2><strong>Préambule</strong></h2>
<h3 style="color:#FFFFFF">‡</h3>
<h3><strong>A. Changer de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradigme" target="_blank">paradigme</a></strong></h3>
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong> 1) Les problèmes économiques : problèmes d&#8217;économie ou problèmes d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pist%C3%A9mologie" target="_blank">épistémologie</a> ?</strong></h4>
<p align="justify">Un changement de paradigme nécessite le plus souvent de surmonter des obstacles épistémologiques qui désignent « des représentations induites en particulier par les expériences premières que nous avons associées à un concept » (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Bachelard" target="_blank">Bachelard</a>). Cette notion d&#8217;obstacle permet de comprendre les raisons qui ont fait rejeter pendant plus de 100 ans la théorie de la circulation sanguine. Face à un changement de paradigme, les partisans d&#8217;un ancien paradigme ne sont pas sensibles aux caractéristiques d&#8217;un nouveau ni aux démonstrations qui réfutent l&#8217;ancien.</p>
<p align="justify">Les effets des dysfonctionnements économiques actuels, qui contribuent à plonger notre société dans le désarroi, ont autant une origine épistémologique qu&#8217;économique, car les applications du dogme des théories économiques actuelles sont toutes fondées sur la gestion des ressources rares.</p>
<p align="justify">Le paradigme actuel ne nous propose que la guerre comme seule solution trouvée à ce jour pour permettre à l&#8217;économie de dépasser ses propres contradictions</p>
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong>2) Le concept de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie" target="_blank">monnaie</a>&#8230;</strong></h4>
<p align="justify">Il a évolué et s&#8217;est transformé au cours des siècles, des coquillages à l&#8217;or, pour aboutir à une totale dématérialisation (depuis 1978) qui a pour conséquence qu&#8217;aucune monnaie n&#8217;a de contrepartie en matières précieuses ou rares.</p>
<p align="justify"><strong>Or, si une collectivité a :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Un besoin,</li>
<li>La volonté de le satisfaire,</li>
<li>Les moyens techniques et énergétiques,</li>
<li>La main d&#8217;œuvre et le savoir-faire nécessaires,</li>
</ul>
<p align="justify"><strong>&#8230; pourquoi ne peut-elle réaliser ce besoin par faute de financement ?</strong></p>
<p align="justify">L&#8217;obstacle épistémologique est que la monnaie reste conçue comme une réalité matérielle (précieuse) de quantité finie donc rare et épuisable, alors qu&#8217;elle ne l&#8217;est plus puisqu&#8217;elle est dématérialisée.</p>
<p align="justify"><strong>Il faut donc assimiler un nouveau paradigme dans lequel :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Aucune loi physique n&#8217;empêche un État, une Banque centrale ou de second rang de créer toute la monnaie nécessaire. Ne pas le faire est la conséquence d&#8217;actes volontaires, de lois humaines.</li>
<li>Contrairement à l&#8217;ancienne prémisse (ressources rares), la nouvelle est : comment écouler nos surplus pour mieux satisfaire nos désirs et nos besoins dans le respect de l&#8217;écologie planétaire (abondance permise par le progrès technologique).</li>
<li>La création monétaire peut être ajustée de telle manière à ce que l&#8217;ensemble du pouvoir d&#8217;achat soit équivalent à l&#8217;ensemble des productions susceptibles d&#8217;être vendues, et ceci en fonction de trois paramètres :
<ul style="text-align: justify;">
<li>1)  Le potentiel de production</li>
<li>2)  Les désirs d&#8217;achat</li>
<li>3)  Les conséquences écologiques</li>
</ul>
</li>
<li>L&#8217;équilibre des balances commerciales est à prendre en compte car il ne faut ni affaiblir les autres pays qui sont nos clients potentiels, ni s&#8217;affaiblir, pour éviter le risque de dépendance.</li>
<li>Le déficit budgétaire est signe que les créations monétaires relatives aux échanges économiques possibles à l&#8217;intérieur du pays sont insuffisantes.</li>
</ul>
<p align="justify"><strong>Le lecteur trouvera en annexe cinq réflexions complémentaires sur le changement de paradigme :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La « monnaie fondante » ou « monnaie franche » : comment une solution simple a amené à relancer l&#8217;économie.</li>
<li>En pleine guerre&#8230;</li>
<li>Un « plan Marshall européen ».</li>
<li>Endettement public et idées préconçues.</li>
<li>Changer la présentation des comptes de la Nation.</li>
</ul>
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong>3) Dix <a href="http://www.universalis.fr/encyclopedie/T323977/PONCIF_esthetique.htm" target="_blank">poncifs</a> sur la richesse (extraits du rapport de Patrick Viveret)</strong></h4>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le PIB est un bon indicateur de la richesse créée</strong><br />
 De la vache folle à l&#8217;Erika, de la tempête de décembre 1999 aux accidents de la route ou à l&#8217;explosion de l&#8217;usine AZF à Toulouse : toutes ces catastrophes sont des bénédictions pour notre produit intérieur brut ! Les centaines de milliards de francs qu&#8217;elles coûtent à la collectivité ne sont pas comptabilisées comme des destructions, mais comme des créations de richesse : dès lors qu&#8217;il faut payer des garagistes pour réparer les voitures endommagées, des cimentiers pour brûler les farines animales ou des médecins pour soigner les victimes de la pollution, des valeurs ajoutées monétaires sont enregistrées dans les comptes. Ce qui contribue à gonfler le PIB (produit intérieur brut).</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Seules les entreprises produisent de la richesse</strong><br />
 Notre système économique repose sur la stricte séparation entre, d&#8217;un côté, des entreprises considérées comme seules productrices de richesse et, de l&#8217;autre, des activités sociales et écologiques financées par prélèvement sur cette richesse. Un tel mythe condamne les associations à quémander leurs moyens d&#8217;existence à l&#8217;État ou à les rechercher sur le marché, faute de disposer de ressources directement liées aux richesses sociales qu&#8217;elles contribuent à créer ou à préserver. En termes de comptabilité nationale, les associations concourent à faire baisser le PIB en développant des activités bénévoles plutôt que rémunérées. Ce système pervers fait des services publics un secteur suspecté en permanence de parasitisme.</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Les indicateurs de productivité de l&#8217;ère industrielle sont toujours valables</strong><br />
 Nous disposons d&#8217;outils de mesure de la productivité forgés pour favoriser une croissance matérielle de nature industrielle. Ceux-ci s&#8217;avèrent largement contre-productifs lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;affronter les trois grands défis de l&#8217;avenir : entrée dans l&#8217;ère informationnelle, enjeux écologiques, rôle des services relationnels (éducation, santé&#8230;) dans notre développement. Ainsi, en matière de santé, ce qui compte n&#8217;est pas le nombre de visites chez le médecin, mais le fait de savoir si l&#8217;on est guéri ou, mieux, si l&#8217;on échappe à tel ou tel risque. Or, dans la comptabilité actuelle, plus on fait de prévention, plus on casse la croissance (puisqu&#8217;on consomme moins de médicaments et d&#8217;heures d&#8217;hospitalisation) !</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La monnaie sert d&#8217;abord à faciliter l&#8217;échange</strong><br />
 Exact, mais pour une part seulement. Le mot « payer » vient du latin pacare, qui signifie pacifier et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Montesquieu" target="_blank">Montesquieu</a> a développé une théorie du « doux commerce » comme alternative à la guerre. Mais, si la monnaie remplit cette fonction lorsqu&#8217;elle facilite l&#8217;échange entre partenaires, elle devient facteur de violence quand elle se fait outil de domination d&#8217;un capitalisme relevant plus de la volonté de puissance que du désir d&#8217;échange. Que des personnes désireuses d&#8217;échanger et de créer des activités ne puissent le faire au motif qu&#8217;elles sont insolvables est en contradiction avec la théorie de la monnaie comme outil d&#8217;échange.</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&#8217;argent reste le fondement de tout système d&#8217;échange</strong><br />
 Le système d&#8217;échange le plus universel entre les êtres humains est en réalité celui du temps. Celui-ci remplit d&#8217;autant mieux les rôles d&#8217;unité de compte et de moyen d&#8217;échange traditionnellement dévolus à la monnaie que ses unités (heures, minutes, secondes) ont l&#8217;avantage, contrairement à l&#8217;argent, d&#8217;être universellement reconnues et invariables. Bref, ce qu&#8217;on appelle l&#8217;argent, et qui n&#8217;est en fait que la « monnaie de marché », n&#8217;est qu&#8217;un cas particulier de l&#8217;échange de temps. Il serait plus judicieux de dire que « l&#8217;argent, c&#8217;est du temps » plutôt que « le temps, c&#8217;est de l&#8217;argent ».</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>C&#8217;est la rareté qui fait la vraie valeur d&#8217;un bien</strong><br />
 Nous définissons la valeur, au sens économique, par la rareté. Mais cette intuition devient fausse lorsqu&#8217;elle dénie toute valeur à des biens non rares mais dont la perte serait irréparable : l&#8217;air est abondant et gratuit, mais sa disparition condamnerait l&#8217;espèce humaine. Ce qui montre que la valeur marchande est un sous-ensemble d&#8217;un système de valeurs plus élevé, dont il suffit de simuler la perte pour découvrir l&#8217;importance.</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Les ressources planétaires sont insuffisantes pour satisfaire tous les besoins</strong><br />
 La guerre économique actuelle, que l&#8217;on nous présente comme liée à des logiques de rareté et de survie, se situe dans un contexte où les besoins fondamentaux des six milliards d&#8217;êtres humains peuvent être satisfaits. Les chiffres du <a href="http://www.undp.org/french/" target="_blank">PNUD</a> (Programme des Nations unies pour le développement) sont éloquents : il faudrait environ 40 milliards de dollars par an pour éradiquer la faim, permettre l&#8217;accès à l&#8217;eau potable pour tous, pour les loger décemment et combattre les grandes épidémies. Soit dix fois moins que pour les dépenses mondiales de publicité !</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&#8217;économie est née de la nécessité d&#8217;affecter des ressources rares</strong><br />
 Dans la plupart des cas, ce n&#8217;est pas la rareté mais l&#8217;abondance qui caractérise la nature : que l&#8217;on pense à l&#8217;abondance des espèces, des cellules et, de manière générale, à la formidable profusion dont témoigne le phénomène de la vie&#8230; Loin que l&#8217;économie apparaisse comme l&#8217;activité de base, condition de toute survie, elle est beaucoup plus, à partir de sa réinvention moderne au XIXe siècle, l&#8217;idéologie dominante de la société industrielle.</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&#8217;économie joue un rôle central dans toutes les sociétés humaines</strong><br />
 S&#8217;il est un trait commun à la plupart des civilisations, c&#8217;est la subordination du travail, de la production et, plus largement, de la sphère économique à des activités ou des valeurs jugées plus fondamentales comme la politique, la culture, la philosophie. Même <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_Smith" target="_blank">Adam Smith</a>, le père de notre économie politique, estimait que le vrai rôle de l&#8217;économie était, en organisant l&#8217;abondance, de réunir les conditions pour construire ensuite une « république philosophique ». Quant à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Maynard_Keynes" target="_blank">Keynes</a>, il considérait que l&#8217;économie devrait occuper, à terme, une place réduite dans l&#8217;activité sociale et les économistes accepter que leur rôle ne soit pas plus important que celui des « dentistes ».</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Il n&#8217;y a pas d&#8217;alternative au plan international sur ces questions</strong><br />
 Dès aujourd&#8217;hui, on peut s&#8217;appuyer sur un courant de recherche international pour faciliter la transformation de nos systèmes de représentation de la richesse. En témoignent les indicateurs de développement humain et de pauvreté élaborés par le <a href="http://www.undp.org/french/" target="_blank">PNUD</a>, ceux de l&#8217;Union européenne sur des indicateurs environnementaux et sociaux, le débat récent sur la « responsabilité sociale de l&#8217;entreprise » et même certaines études de la <a href="http://www.banquemondiale.org/" target="_blank">Banque mondiale</a> et de l&#8217;<a href="http://www.oecd.org/home/0,3305,fr_2649_201185_1_1_1_1_1,00.html" target="_blank">OCDE</a> sur « le capital social » et le « capital naturel ». Enfin et surtout, l&#8217;exigence croissante de la société civile mondiale pousse les acteurs institutionnels et économiques à bouger sur cette question : la rencontre de Québec « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/PALMIERI/" target="_blank">globaliser la solidarité</a> », organisée par les <a href="http://www.tessolidaire.com/" target="_blank">acteurs de l&#8217;économie sociale et solidaire</a>, et le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_social_mondial" target="_blank">Forum social mondial de Porto Alegre</a> ont tous inscrit la reconsidération de la richesse à leur ordre du jour. Du coup, il devient difficile d&#8217;arguer du fait que la France ne saurait s&#8217;engager seule dans une stratégie de transformation pour justifier l&#8217;immobilisme.<br />
 Hors des circuits commerciaux et financiers traditionnels, des réseaux informels de solidarité se mettent en place dans nombre de pays. Loin d&#8217;être négligeable, leur action est aujourd&#8217;hui prise en compte par les autorités.</li>
</ul>
<h3 style="color:#FFFFFF">‡</h3>
<h3><strong>B. Changer son regard sur le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Travail" target="_blank">travail</a></strong></h3>
<p align="justify"><strong>Pourquoi travaille-t-on ?</strong><br />
 Pour gagner de l&#8217;argent qui permet de satisfaire les besoins élémentaires et superflus, mais aussi pour s&#8217;occuper, satisfaire un besoin de réalisation de soi, créer, « faire » et pour pouvoir être fier du travail réalisé, et éventuellement par amour, pour aider les gens qui nous entourent.</p>
<p align="justify"><strong>Est-ce que c&#8217;est le travail qui crée la monnaie ?</strong><br />
 Non, évidemment, mais c&#8217;est le travail qui est « payé » en monnaie, laquelle n&#8217;est qu&#8217;un « signe » et facilite les échanges de biens ou services divers. Par le travail, l&#8217;invention, la création, chacun participe selon ses capacités à la vie de la société.</p>
<p align="justify">Cette monnaie est le plus souvent virtuelle. Elle peut n&#8217;être que des chiffres sur un compte en banque, sur un chèque (monnaie scripturale). Le papier monnaie (les pièces et billets) n&#8217;est absolument pas nécessaire pour les échanges.</p>
<p align="justify">« On » nous dit : « Il faut augmenter en permanence le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/PIB" target="_blank">PIB</a>, sinon il y aura de plus en plus de chômeurs » ou bien : « Si l&#8217;on ne crée pas des emplois, comment payer les retraites ? ». Pour augmenter cette croissance, il est nécessaire (dans l&#8217;esprit capitaliste) de créer et de vendre de plus en plus de biens&#8230; et c&#8217;est le rôle, actuellement, de la publicité et des « faux progrès » (tous les besoins dont on n&#8217;a pas réellement besoin, le packaging, la mode, la fragilisation volontaire du matériel vendu qui oblige à un remplacement plus rapide, etc.).</p>
<p align="justify">Alors évidemment, empêtrés dans leur logique financière, « ils » ne veulent pas entendre parler de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_soutenable" target="_blank">décroissance</a>. Mais en fait, de quelle décroissance parlons-nous ? De ne plus fabriquer tout ce qui est inutile, polluant ou fragile ? Est-ce que ça peut vraiment avoir un effet « négatif » sur notre confort (alors que ça en a un sur le PIB) ? Car il est aussi de vrais progrès (la facilité de la vie, le confort, les inventions utiles) ; il s&#8217;agira de savoir les différencier.</p>
<p align="justify">Si nous ne devions plus fabriquer ces objets ou ces services inutiles, évidemment qu&#8217;il y aurait réduction du nombre d&#8217;emplois. Mais vous voyez bien que l&#8217;on crée des besoins pour maintenir des emplois&#8230; qui ne servent à rien, seulement à justifier de donner un pouvoir d&#8217;achat à des gens qui vont inutilement travailler au prix de déplacements inutiles et de la pollution conséquente (« tu te réveilles très vite le matin, pour aller très vite te raser, pour ensuite partir très vite fabriquer des rasoirs ultra perfectionnés qui raseront très vite des gens qui ont besoin de se raser très vite le matin pour aller fabriquer des rasoirs qui rasent très vite des gens qui&#8230; »).</p>
<p align="justify">À titre d&#8217;hypothèse, pensons à une société où tous les biens facturés (entrant dans le PIB) seraient produits par des robots lesquels également produits par des robots, etc&#8230;. donc dans lequel il n&#8217;y aurait plus de « travail humain ». Il n&#8217;y aurait évidemment plus de salaires et les compensations seraient limitées (puisqu&#8217;il n&#8217;y aurait quasiment plus d&#8217;impôts sur le revenu, plus de charges salariales ou patronales), donc plus aucune possibilité de « pouvoir d&#8217;achat » de la population&#8230; une société à 100 % de chômage dans laquelle tous les biens seraient disponibles&#8230; mais dans laquelle aucun bien ne pourrait être acheté faute de revenus.</p>
<p align="justify">Cette évolution qui semble utopique est quand même celle qui prévaut depuis 100 ans&#8230; disons qu&#8217;au lieu d&#8217;être à 100% on n&#8217;en n&#8217;est qu&#8217;à 60% (rapport de la population totale inoccupée sur le nombre d&#8217;actifs). Imaginez ce que serait le taux de « chômage » si on ne produisait que ce qui est seulement nécessaire ou souhaitable !&#8230;</p>
<p align="justify">Nous sommes donc (collectivement) les acteurs actifs et passifs d&#8217;un système complètement stupide. Non seulement les acteurs, mais aussi les esclaves !</p>
<p align="justify">Ne vous êtes vous jamais retrouvé devant le problème suivant : un appareil ménager de moins de deux ans qui tombe en panne ? On vous dit : « Ah ! c&#8217;est l&#8217;électronique ; la réparation, c&#8217;est 2/3 du prix d&#8217;un neuf, il vaut mieux changer&#8230; »</p>
<p align="justify">Il faut donc favoriser les valeurs de durabilité, de solidité, d&#8217;économie d&#8217;énergie à l&#8217;utilisation. Il faut obtenir pour chaque bien produit un bilan des coûts énergétiques et écologiques à la fabrication, à l&#8217;utilisation moyenne pour la durée de vie de l&#8217;appareil, au retraitement de ses composants lors de sa mise à la destruction.</p>
<p align="justify">Vous allez nous dire : « Oui, mais si on fabrique plus économique, plus solide, réparable, ce sont des pans entiers de nos usines qui vont tourner au ralenti, et donc le chômage qui va augmenter ». Plutôt que d&#8217;essayer de vous démontrer que c&#8217;est justement ce raisonnement qui nous emmène vers le gouffre, pouvez-vous, amis lecteurs, réfléchir quelques secondes en essayant d&#8217;imaginer une société dans laquelle tout serait jetable à la suite de la première utilisation&#8230; une société sans doute de plein emploi (emplois de fabrication, mais aussi emplois nombreux d&#8217;enfouissement des déchets), une société dans laquelle le PIB serait extraordinaire, mais serez-vous plus heureux de devoir en échange marcher sur des décharges ?&#8230; Le meilleur déchet est celui que l&#8217;on ne produit pas !</p>
<p align="justify">On nous dit, « mais cette société utopique de production durable serait la cause probable d&#8217;une nouvelle augmentation prévisible (et conséquente) du chômage : elle va créer des besoins énormes de monnaie pour payer des gens qui ne travaillent pas. Où trouver cette monnaie alors qu&#8217;il y a moins de production ?&#8230; Les travailleurs payent déjà des charges et des impôts trop importants qui sont répercutés sur la consommation des biens et services ». Nous rajoutons qu&#8217;il n&#8217;y a pas que les productions de biens inutiles, il y a aussi celles des services inutiles, qu&#8217;ils soient dans la fonction publique (des pans entiers des services des impôts qui n&#8217;auraient plus de raison d&#8217;être dans un système simplifié) ou dans le privé.</p>
<p align="justify">La seule réponse qu&#8217;il semble possible d&#8217;apporter sera développée dans ce livre. Mais souvenons-nous que la monnaie actuelle n&#8217;est que la représentation symbolique d&#8217;une créance auprès d&#8217;une banque : c&#8217;est la demande de crédit qui permet la création de monnaie et non pas la monnaie existante qui permet le crédit. Cette phrase est très importante. Comme le précise la <a href="http://www.banque-france.fr/" target="_blank">Banque de France</a> dans un opuscule de 1971, La Monnaie et la Politique monétaire, dans lequel se trouve écrit « <em>Les particuliers – même paraît-il certains banquiers – ont du mal à comprendre que les banques aient le pouvoir de créer de la monnaie ! Pour eux, une banque est un endroit où ils déposent de l&#8217;argent en compte et c&#8217;est ce dépôt qui permettrait à la banque de consentir un crédit à un autre client. Les dépôts permettraient les crédits. Or, cette vue n&#8217;est pas conforme à la réalité car ce sont les crédits qui font les dépôts.</em> »</p>
<p align="justify">Et puis souvenons-nous aussi qu&#8217;il y a seulement 150 ans le temps de travail représentait 70 % des heures d&#8217;une vie, de la naissance à la mort. À ce jour il ne représente plus que 12 % alors que le confort global n&#8217;est même plus comparable. L&#8217;avènement maintenant proche (à 20 ans ?) des nanotechnologies va, on ne peut en douter, nous faire faire un nouveau bond vers plus de temps libre. Nous ne pourrons régler le problème du chômage et des retraites dans notre système actuel, sauf à avoir besoin de créer de plus en plus de « productions inutiles ». Pour 8 ou 9 milliards d&#8217;individus, ce n&#8217;est plus cinq « Terres » qu&#8217;il faudrait (estimation actuelle pour un niveau de vie mondial équivalent à celui des Européens et des Américains), mais dix ! Ceci dit, nous n&#8217;en arriverons pas là : la solution évidente pour le grand capital est celui de destructions massives permettant la reconstruction : c&#8217;est ainsi que fonctionne l&#8217;économie pour le bonheur de quelques-uns !</p>
<p align="justify">Donc : ce n&#8217;est pas seulement pour vivre que nous travaillons mais aussi pour permettre au système de se maintenir. Il faudra donc travailler moins, mais mieux ; travailler utilement, pour produire mieux, plus utile, plus sociétal.</p>
<p align="justify"><strong>À ce qui précède nous pouvons rajouter :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Depuis toujours, certains revenus ne sont pas exclusivement lié au travail humain&#8230; il en est qui sont liés au « travail du temps » (et non au temps de travail) dans le système financier (les intérêts) pour les inactifs qui ne laissent que des miettes du gâteau à ceux qui les font vivre. Dans cette catégorie également la « grande propriété » transmise par héritage, souvent conséquence d&#8217;attitudes brigandes d&#8217;ancêtres.</li>
<li>Les services sociétalement les plus utiles sont souvent les moins bien rémunérés (pensons aux soins aux aînés ou aux malades) alors que notre société n&#8217;a pas réussi à empêcher les truands (même en cols blancs) de se remplir les poches.</li>
</ul>
<h3 style="color:#FFFFFF">‡</h3>
<h3><strong>C. Changer son regard sur « le capital » </strong></h3>
<p align="justify">Comprendre et admettre ce qui précède est absolument nécessaire pour la bonne compréhension de l&#8217;ensemble du système écosociétal que nous développons dans la suite de ce livre.</p>
<p align="justify">Le système actuel est tellement ancré dans notre manière de raisonner que nous estimons « le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Capital" target="_blank">capital</a> » (définition : montant financier nécessaire pour organiser la production) comme l&#8217;un des éléments indispensables pour « produire » (que ce soit des biens ou des services). Nous allons tenter de vous démontrer le contraire, mais il faudra laisser de coté vos idées préconçues.</p>
<p align="justify">En fait, nous affirmons que « la nature ne se faisant pas payer » (en monnaie), toute production ne nécessite que du travail, qu&#8217;il soit celui de l&#8217;homme, de la machine (ou du robot), ou parfois des deux ensembles.</p>
<p align="justify"><strong>Prenons un exemple. Pour fabriquer une voiture il faut :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Extraire des matières premières (du minerai de fer pour fabriquer de l&#8217;acier)</li>
<li>Transporter ce minerai, le traiter dans des hauts fourneaux</li>
<li>Le « travailler » pour en faire des tôles</li>
<li>Le transporter à nouveau</li>
<li>Le mettre en forme</li>
<li>L&#8217;assembler, le souder</li>
<li>Le peindre</li>
<li>Le transporter à nouveau</li>
<li>L&#8217;assembler avec d&#8217;autres matériaux ou produits finis qui auront suivi un circuit identique</li>
<li>De l&#8217;énergie</li>
</ul>
<p align="justify">Nous avons sûrement oublié de multiples étapes, de multiples intermédiaires, mais nous sommes certains que vous voyez très bien ce que nous voulons dire. À tous les niveaux il y a du travail à réaliser pour que les différentes branches du réseau se rejoignent afin de permettre la fabrication et la distribution d&#8217;un « produit fini ».</p>
<p align="justify">De plus, nous savons ce que vous allez nous dire, nous l&#8217;avons souvent entendu : « Mais il faut du capital pour acheter les matières premières, les camions ou les wagons de transport, les bâtiments, les robots, l&#8217;outillage, etc. ».</p>
<p align="justify">Il faut du capital parce que jamais nous n&#8217;avons essayé de concevoir une société moderne dans laquelle le capital n&#8217;était pas nécessaire. Mais prenez chacun de ces éléments individuellement, ou bien imaginez que la production complète de tout ce qu&#8217;il faut pour construire une voiture, y compris les productions en amont (les bâtiments, les robots, etc.), soient extraites et fabriquées par la même entreprise. Où est le capital nécessaire (si ce n&#8217;est dans cette hypothèse celui servant éventuellement à payer une redevance au propriétaire de la mine, mais c&#8217;est un sujet sur lequel nous reviendrons parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une appropriation illégale d&#8217;un bien commun qui n&#8217;est pas « payant » à la nature qui nous l&#8217;offre) ?</p>
<p align="justify">Évidemment, vous pourrez argumenter qu&#8217;il faut pouvoir payer les salaires en attendant que les biens produits soient vendus. Nous verrons que cette argumentation ne tient plus dans l&#8217;écosociétalisme.</p>
<p align="justify">En analysant chaque poste, nous voyons bien qu&#8217;il n&#8217;y a que du travail. Du travail pour extraire, du travail pour transformer, du travail pour déplacer&#8230; y compris pour fabriquer chacun des « outils » nécessaires (les bâtiments, les moyens de transport, les ordinateurs, le mobilier, l&#8217;outillage, etc.), du travail pour assembler ensemble des constituants avec d&#8217;autres matériaux ou produits finis qui auront suivi un circuit identique, de l&#8217;énergie pour tout cela, extraite, transportée et transformée, par et avec le travail des hommes ou des machines.</p>
<p align="justify"><strong>=&gt; Si nous avons besoin de capital, créé par le système bancaire contre rémunération, c&#8217;est que le « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme" target="_blank">capitalisme</a> » s&#8217;est approprié les moyens de production, les accès aux matières premières et même la création monétaire, et qu&#8217;il fonctionne grâce à ce système qu&#8217;il a lui-même mis en place.</strong></p>
<p align="justify"><strong>Nous pouvons nous en passer !</strong></p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre01" name="chapitre01">Chapitre 1 : L&#8217;écosociétalisme</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>1.1 &#8211; Qu&#8217;est ce que l&#8217;écosociétalisme ?</h2>
<p align="justify">C&#8217;est la théorie d&#8217;un système économique et monétaire sans capital financier ni intérêt, sans propriété privée des moyens de production, sans appropriation privée des biens communs.</p>
<p align="justify">Nous démontrons qu&#8217;il n&#8217;y a nul besoin de capital pour produire. Nous affirmons que la monnaie ne doit plus être payante (comme elle l&#8217;est actuellement, car fabriquée par le système bancaire privé) mais correspondre à tout moment à la production . La monnaie, mise en circulation lors de la production de biens et services, est détruite lors de son utilisation.</p>
<p align="justify">Seul importe le travail réalisé, qu&#8217;il soit celui des hommes, des machines ou des robots.</p>
<p align="justify">Les revenus des personnes sont la somme d&#8217;un revenu social égalitaire entre tous (permettant de satisfaire tous les besoins de base) et d&#8217;un revenu d&#8217;activité équitable établi sur l&#8217;effet sociétal de cette activité.</p>
<p align="justify">La notion même de P.I.B. n&#8217;a plus de sens en tant qu&#8217;indice de richesse&#8230; mais en a t-elle jamais eu ? (voir le <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/reconsiderer-la-richesse.pdf" target="_blank">rapport</a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret" target="_blank">Patrick Viveret</a>)<br />
 Nous tentons de développer une première approche d&#8217;une échelle de revenus plus équitable et d&#8217;étudier globalement les conséquences de la mise en place d&#8217;un tel système &laquo;&nbsp;écosociétal&nbsp;&raquo; sur les revenus individuels et la production.</p>
<p align="justify">Nous tenterons de montrer qu&#8217;un tel système simplifie considérablement l&#8217;ensemble des structures monétaires et administratives (un seul &laquo;&nbsp;impôt&nbsp;&raquo; ou taxe)<br />
 Nous estimons que le système écosociétal peut être un candidat à une alternative au système capitaliste libéral sans tomber dans les travers de systèmes étatiques centralisés.</p>
<p align="justify">Une nouvelle approche telle que celle-ci ne sera possible qu&#8217;accompagnée d&#8217;un <strong>changement de paradigme.</strong></p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>1.2 &#8211; Pourquoi ce nom ?</h2>
<p align="justify">Simplement parce que la proposition que nous faisons entre totalement dans la définition du &laquo;&nbsp;sociétalisme&nbsp;&raquo; qui est : &laquo;&nbsp;Mouvement citoyen mondial qui préconise, pour l&#8217;essentiel, l&#8217;instauration d&#8217;un système économique et politique basé sur les Droits de l&#8217;Homme et le respect de l&#8217;environnement, la réappropriation de la création monétaire par la collectivité, la gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie, la répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen, la démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité. La finalité est l&#8217;existence de &laquo;&nbsp;la société humaine&nbsp;&raquo; au travers de son épanouissement, ce qui conditionne réciproquement l&#8217;épanouissement de chacun des individus la composant. &laquo;&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>Certaines idées développées dans ce site ne sont pas totalement nouvelles. Elles ont été appelé &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Distributisme" target="_blank">distributisme</a>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Abondancisme" target="_blank">abondancisme</a>&nbsp;&raquo; ou par d&#8217;autres noms. Mais il existe deux anciennes tendances principales:</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L&#8217;une lie le &laquo;&nbsp;revenu citoyen&nbsp;&raquo; à ce qui est appelé &laquo;&nbsp;Contrat Social&nbsp;&raquo;, imposant un certain nombre d&#8217;heures de travail social pour obtenir un minimum vital.</li>
<li>L&#8217;autre considère que le partage des richesses doit être totalement équivalent, nonobstant le travail ou l&#8217;apport de chacun à la société.</li>
</ul>
<p align="justify">N&#8217;étant totalement d&#8217;accord avec aucune de ces deux optiques qui ne nous semblent pas assez pragmatiques (trop utopiques), et bien que de nombreux points soient similaires au distributisme, c&#8217;est une autre proposition que nous faisons ici, ce qui justifie un nouveau nom. Mais le nom n&#8217;est pas l&#8217;important; quel qu&#8217;il soit, l&#8217;important reste que ces idées (ou certaines) puissent un jour être mises en application à travers la Planète. Nous allons dans un mur, chacun le sait&#8230; l&#8217;urgence est de trouver une solution !</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>1.3 &#8211; Hypothèse et projet</h2>
<p align="justify">Notre hypothèse est que le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_capitalisme" target="_blank">capitalisme libéral</a> vit ses dernières années, une crise majeure imposera de le remettre en question. Cette analyse est partagée par beaucoup, qu&#8217;ils soient économistes, politiques ou même banquiers.</p>
<p align="justify"><strong>Les &laquo;&nbsp;rustines&nbsp;&raquo; ne permettront pas d&#8217;éviter son éclatement due à deux causes principales :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les limites écologiques, en recyclage ou en disponibilité de matières premières, sur notre planète rendent impossible le &laquo;&nbsp;rêve&nbsp;&raquo; capitaliste de voir 7 ou 8 milliards d&#8217;individus accéder à une consommation sans limite. Il s&#8217;agit donc de proposer la mise en place d&#8217;un système auto correcteur et orientant la consommation vers les productions les plus sociétales en surtaxant celles qui sont néfastes.</li>
<li>La spirale sans fin de la création monétaire basée sur le crédit lequel doit être remboursé avec intérêt, lui-même créateur de nouveaux crédits et intérêts. On en arrive à l&#8217;aberration que 95% des échanges financiers sur la planète n&#8217;ont plus rien à voir avec les échanges de biens et de services, rôle principal de la monnaie.</li>
</ul>
<p align="justify">Le projet qui suit est de présenter une alternative complète à ce système économique et monétaire actuel, sous forme d&#8217;un modèle qui pourra (peut-être) inspirer les instances dirigeantes lorsqu&#8217;elles devront remettre à plat le système actuel.</p>
<p align="justify">Il semble qu&#8217;il soit possible de « synthétiser » dans un document unique l&#8217;ensemble de ces réflexions, dans un cadre d&#8217;application futur européen, si ce n&#8217;est mondial. En effet, un système économique quel qu&#8217;il soit ne peut fonctionner indépendamment à une échelle trop restreinte. Il est nécessaire que la zone englobante soit au moins relativement autonome en ce qui concerne la production de biens et de services, et, si elle ne l&#8217;est pas, qu&#8217;elle soit capable d&#8217;exporter ce que d&#8217;autres ne peuvent ou ne savent pas produire.</p>
<p align="justify">La question fondamentale est : quel système monétaire, économique et social mettrions nous en place si nous en avions le pouvoir ou si nous avions à conseiller les dirigeants ?</p>
<p align="justify">Il nous semble inutile de refaire une énième critique du système économique ultra libéral, de son lot d&#8217;injustice et de pauvreté dans un environnement d&#8217;abondance. Ces critiques existent partout pour ceux qui veulent se donner la peine de se renseigner, il suffit de lire les <a href="rapports du PNUD" target="_blank">rapports du PNUD</a>&#8230; souvenons nous seulement que dans notre société d&#8217;abondance, dans l&#8217;Europe des 25, il y a plus de 40 millions de pauvres.<br />
 Il s&#8217;agit donc de faire œuvre de construction.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>1.4 &#8211; La fin du capitalisme&#8230; et après ?</h2>
<p align="justify">Lorsque l&#8217;on réfléchit à ce que nous avons appelé &laquo;&nbsp;écosociétalisme&nbsp;&raquo; on aboutit à un certain nombre de réflexions qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours simple de faire partager, le système marchand et monétaire actuel semblant tellement &laquo;&nbsp;évident&nbsp;&raquo; à la majorité de nos populations.</p>
<p align="justify">Dans la lignée du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Distributisme" target="_blank">distributisme</a>, d&#8217;autres s&#8217;y sont déjà essayés, plus ou moins; <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Clifford_Hugh_Douglas" target="_blank">Douglas</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Even" target="_blank">Even</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon" target="_blank">Proudhon</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Silvio_Gesell" target="_blank">Gessel</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Duboin" target="_blank">Duboin</a>, Dartan, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Mounier" target="_blank">Mounier</a>, par exemple. Mais il était sans doute un peu trop tôt, il manquait les moyens techniques de gestion de la monnaie. Peut-on relancer et améliorer cette grande idée ?</p>
<p align="justify">Les objections qui viennent naturellement à l&#8217;esprit des lecteurs ou des interlocuteurs sont : &laquo;&nbsp;quoi, vous pensez qu&#8217;il faut remplacer le capitalisme, source de progrès ? et le remplacer par quoi ? par le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Communisme" target="_blank">communisme</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Collectivisme_%C3%A9conomique" target="_blank">collectiviste</a> ? vous avez vu où ça a mené les pays de l&#8217;Est !&nbsp;&raquo; et ils rajoutent souvent &laquo;&nbsp;même si le capitalisme est injuste, il est un formidable moteur de développement&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="justify"><strong>La question est : peut-on trouver un moteur au moins aussi performant mais nettement plus &laquo;&nbsp;sociétal&nbsp;&raquo; ?</strong></p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre02" name="chapitre02">Chapitre 2 : Les bases</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>2.1 &#8211; Bases d&#8217;une &laquo;&nbsp;économie sociétale&nbsp;&raquo;</h2>
<p align="justify">Le secteur marchand, par définition, n&#8217;a qu&#8217;un but: enrichir l&#8217;entreprise et ses actionnaires.</p>
<p align="justify">L&#8217;enrichissement de l&#8217;entreprise est censée rendre les salariés plus riches, les retraités plus riches, et même l&#8217;État plus riche au travers de la privatisation des services publics !</p>
<p align="justify">A ce titre, on justifie la suppression des frontières pour les marchandises et les capitaux, on déréglemente, on dénie aux générations futures le droit à un environnement vivable, on appauvrit les services publics et on les privatise ensuite, on démantèle le droit du travail et les droits sociaux, on justifie la politique des bas salaires et des emplois précaires, on enrichit les détenteurs de capitaux au détriment des travailleurs, et on spécule à tout va&#8230; etc&#8230;</p>
<p align="justify"><strong>Mais de quelles richesses parlons-nous ?</strong></p>
<p align="justify"><strong>Le premier constat</strong> est que l&#8217;indicateur de richesse, le dieu PIB (voir notes) &#8211; lequel n&#8217;est pas, et de loin, représentatif du bonheur et de la qualité de vie d&#8217;une population &#8211; fausse totalement l&#8217;analyse que peuvent faire les décideurs.</p>
<p align="justify"><strong>Il suffit de réfléchir à deux exemples :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Une catastrophe (naturelle comme celle de la tempête de 1999) ou artificielle (la pollution de l&#8217;Erika) va augmenter le PIB. Les populations sont-elles plus heureuses après ces deux catastrophes ?</li>
<li>Pour &laquo;&nbsp;faire consommer&nbsp;&raquo; les aliments produits; le packaging, la publicité et la distribution ont des budgets trois fois supérieurs aux prix des aliments eux-mêmes.</li>
</ul>
<p align="justify"><strong>Le second constat</strong> est que l&#8217;individu et sa remarquable puissance d&#8217;imagination et d&#8217;invention, son naturel qui le pousse à se tourner vers les autres lorsqu&#8217;on lui en donne les moyens et sous réserve qu&#8217;il ne soit pas mis, par le peu de considération porté à son travail, au ban de la société, reste le centre de la préoccupation du sociétalisme mais aussi d&#8217;autres philosophies humanistes qui sont malheureusement écrasées par le libéralisme marchand.</p>
<p align="justify">Nous pensons que l&#8217;État ou accessoirement les collectivités locale ne peuvent et ne doivent que s&#8217;occuper de l&#8217;enrichissement (en biens réels: et il ne s&#8217;agit pas seulement des &laquo;&nbsp;biens matériels&nbsp;&raquo; mais également des &laquo;&nbsp;biens immatériels&nbsp;&raquo; c&#8217;est-à-dire les services) de la collectivité. Il ne peut être qu&#8217;un &laquo;&nbsp;donneur d&#8217;ordre&nbsp;&raquo; (ce qui n&#8217;exclue pas un secteur public d&#8217;entreprises, tels l&#8217;énergie, les transports, la poste, l&#8217;éducation, la santé, etc.) et le régulateur dans une société où l&#8217;individu doit garder toute liberté d&#8217;entreprendre&#8230; mais entreprendre pour le bien être de la société en même temps que le sien, et pas seulement pour celui-ci en se moquant des conséquences.</p>
<p align="justify"><strong>Le troisième constat</strong> est que nous vivons, sans nous en rendre encore réellement compte, dans une société d&#8217;abondance. Mais que nous continuons à nous comporter comme si demain, d&#8217;un seul coup, nous allions revenir à cette société de disette et de pauvreté de biens qui l&#8217;a précédé, laquelle pouvait justifier l&#8217;accumulation de capital.</p>
<p align="justify"><strong>Le quatrième constat</strong> a trait à l&#8217;état du monde, au limites de la croissance et au &laquo;&nbsp;développement&nbsp;&raquo; durable :</p>
<p align="justify">Comme <a href="http://www.fondation-nicolas-hulot.org/" target="_blank">Nicolas Hulot</a> qui écrit dans &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/syndrome-du-Titanic-Nicolas-Hulot/dp/2702134181" target="_blank">Le syndrome du Titanic</a>&nbsp;&raquo; :</p>
<p align="justify"><em>&laquo;&nbsp;Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu&#8217;aux immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même voyage – et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l&#8217;iceberg approche et que le bateau devrait dévier de son cap, l&#8217;orchestre continue de jouer, les passagers de se distraire, et l&#8217;équipage de passer de groupe en groupe afin de rassurer tout le monde&nbsp;&raquo;</em></p>
<p align="justify">Nous estimons que quatre impasses principales (l&#8217;impasse énergétique, l&#8217;impasse climatique, l&#8217;impasse alimentaire et l&#8217;impasse monétaire), IMPOSENT de modifier d&#8217;urgence non seulement notre modèle de développement, mais également notre modèle de civilisation.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>2.2 &#8211; Quatre questions primordiales</h2>
<ol>
<li><strong>En ce qui concerne la création monétaire :</strong> Comment créer et faire circuler une monnaie qui ne soit plus &laquo;&nbsp;payante&nbsp;&raquo;, qui soit la représentation des richesses réelles, tout en permettant la poursuite du progrès et du bien être qu&#8217;a permis le crédit pour une partie (limitée) de la population ? (voir notes)</li>
<li><strong>En ce qui concerne les motivations individuelles :</strong> Comment offrir le revenu le plus juste qui soit ? Loin de nous l&#8217;idée parfois soutenue que l&#8217;homme est par nature paresseux. Nous pensons au contraire que s&#8217;il ne devait pas se battre chaque jour dans un monde où la compétition est la règle d&#8217;or, il pourrait au contraire mieux développer toutes ses facultés dont profiterait la collectivité. Mais, et sans doute pour les quelques générations à venir, il restera parfois des obligations &laquo;&nbsp;sociales&nbsp;&raquo; pas toujours plaisantes, ou fatiguantes. Alors le revenu, transformable en pouvoir d&#8217;achat et de confort, reste pour nous la meilleure des motivations et le moyen le plus juste qu&#8217;a la société de remercier ceux qui font, pour le bien de la collectivité, le travail que peu ont envie de faire.</li>
<li><strong>En ce qui concerne les motivations collectives :</strong> Comment laisser une planète vivable à nos descendants sans revenir au niveau de &laquo;&nbsp;confort&nbsp;&raquo; du 19° siécle ? Comment satisfaire néanmoins les besoins immenses d&#8217;une majorité des populations terrestres ? Nous pensons que c&#8217;est possible.</li>
<li><strong>En ce qui concerne le calcul de la richesse et de la comptabilité nationale :</strong> Comment donner une valorisation positive ou négative (qui ne soit pas seulement une « valeur marchande ») aux productions (secteur marchand mais aussi non marchand tels; éducation parentale, associatif, culture, etc.), compte tenu de leurs impacts sociétal et écologique ? Comment ensuite calculer cette valorisation qui n&#8217;est plus le PIB, mais un indicateur de &laquo;&nbsp;l&#8217;Activité&nbsp;&raquo; sous toutes ses formes ?</li>
</ol>
<blockquote><p align="justify"><strong>Notes :</strong></p>
<p align="justify"><strong>- Qu&#8217;est ce que le PIB (Produit Intérieur Brut) ?</strong><br />
 C&#8217;est la somme des valeurs ajoutées de toutes les productions effectuées au cours de l&#8217;année.<br />
 La &laquo;&nbsp;valeur ajoutée&nbsp;&raquo; est la différence entre le prix d&#8217;achat et le prix de revente (ne pas confondre avec le bénéfice qui est une part de la valeur ajoutée: celle qui reste lorsque tous les frais de la production ont été comptablisés).<br />
 En 2000, le PIB français était de 1405 milliards d&#8217;euros</p>
<p align="justify"><span style="text-decoration: underline;">Composants du PIB:</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>758 milliards d&#8217;euros : &laquo;&nbsp;sociétés&nbsp;&raquo; &#8211; la valeur ajoutée de la production marchande.</li>
<li>226 milliards d&#8217;euros : &laquo;&nbsp;administrations&nbsp;&raquo; &#8211; certaines productions non marchande (des services qui ne sont pas vendus comme: la défense, l&#8217;éducation publique ou la justice). La valeur est calculée en fonction des coûts de production principalement constitué par des salaires.</li>
<li>69 milliards d&#8217;euros : &laquo;&nbsp;ménages&nbsp;&raquo; &#8211; Production pour compte final propre (valeur du loyer du logement, production du jardin potager familial), y compris les entreprises individuelles et les institutions sans but lucratif au service des ménages.</li>
<li>152 milliards d&#8217;euros : &laquo;&nbsp;impôts&nbsp;&raquo; &#8211; Sur les produits nets de subventions.</li>
</ul>
<p align="justify"><strong>- L&#8217;article 104 du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Maastricht" target="_blank">Traité de Maastricht</a>&#8230; comment a t&#8217;on pu signer cet article ?</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Il est interdit à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_centrale_europ%C3%A9enne" target="_blank">BCE</a> et aux banques centrales des états membres, ci-après dénomées &laquo;&nbsp;banques centrales nationales&nbsp;&raquo; d&#8217;accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres; l&#8217;acquisition directe, auprès d&#8217;eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.</li>
<li>Le paragraphe 1 ne s&#8217;applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la BCE, du même traitement que les établissements privés de crédit.</li>
</ul>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Note sur le paragraphe 1 :</span> La masse monétaire sert à rémunérer la production nationale, elle est constituée par:</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Soit le cumul des découverts accordés par la banque centrale, ils sont accordés sans taux d&#8217;intérêt. La rémunération est nette. L&#8217;État n&#8217;est pas endetté.</li>
<li>Soit le cumul des emprunts auprès des banques. En ce cas la rémunération de la production nationale est amputée des taux d&#8217;intérêt. C&#8217;est le système que nous subissons. L&#8217;Etat et les citoyens sont artificiellement surendettés (l&#8217;endettement représente plus de 6 mois de PIB, soit environ 700 milliards d&#8217;euros. Le seul intérêt de la dette représente annuellement 85% du total de l&#8217;impôt sur le revenu).</li>
<li>Soit par la combinaison des deux systèmes (situation jusqu&#8217;en 1973).</li>
</ul>
</blockquote>
<blockquote><p align="justify">L&#8217;article 104 a ceci de monstrueux qu&#8217;il interdit le premier cas de figure pour imposer le second qui est fondé sur une gigantesque malversation.</p>
</blockquote>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Note sur le paragraphe 2 :</span> Il stipule que les établissements publics ayant une fonction bancaire sont soumis au même traitement que les banques privées.</p>
</blockquote>
</blockquote>
<p align="justify"><strong>- La création monétaire</strong> !<br />
 La première chose, c&#8217;est qu&#8217;il faut rejeter complètement une idée sans doute enfouie au fond de votre esprit lorsque vous allez voir un banquier en disant &laquo;&nbsp;j&#8217;ai besoin d&#8217;un prêt&nbsp;&raquo;, ou &laquo;&nbsp;j&#8217;ai besoin d&#8217;un découvert&nbsp;&raquo;. Cette idée, c&#8217;est celle de penser que pour qu&#8217;un banquier puisse vous proposer un crédit, il FAUT qu&#8217;un épargnant soit passé avant vous à la banque pour y déposer des économies correspondantes au prêt que vous allez demander, et que, quasiment, c&#8217;est l&#8217;épargne d&#8217;un autre que le banquier va vous prêter, en prenant sa commission au passage (l&#8217;intérêt)&#8230; C&#8217;est FAUX, ce n&#8217;est pas ainsi que ça se passe.</p>
<p align="justify">Ce n&#8217;est pas de la monnaie épargnée ou déposée que vous prête un banquier&#8230; d&#8217;ailleurs, si vous avez la chance d&#8217;être plutôt en positif sur votre compte, vous pouvez vous apercevoir que jamais votre banque vous a dit &laquo;&nbsp;On a utilisé l&#8217;argent que vous aviez en dépot chez nous pour le préter à Monsieur Untel&#8230; désolé, votre compte est maintenant à zéro, jusqu&#8217;à ce que Monsieur Untel rembourse&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p align="justify">Il y a une phrase que connaissent bien les économistes (pas tous, hélas), mais qu&#8217;oublient très souvent les banquiers (le feraient-ils exprès ?), et qui est &laquo;&nbsp;Ce ne sont pas les dépôts qui permettent les crédits, mais ce sont les crédits qui permettent les dépôts&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="justify"><strong>Du chinois ? &#8230;.</strong></p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre03" name="chapitre03">Chapitre 3 : Les revenus dans l&#8217;écosociétalisme</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>3.1 &#8211; Deux types de revenus</h2>
<p align="justify">L&#8217;écosociétalisme se fonde sur l&#8217;évidence essentielle que, pour qu&#8217;une production (de biens ET de services) puisse être acquise, il faut que les acheteurs disposent de la monnaie correspondant au prix de la vente de cette production augmenté des taxes éventelles. C&#8217;est donc son montant global calculé mensuellement qui doit être distribué aux citoyens pour utilisation dans la &laquo;&nbsp;consommation&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="justify"><strong>L&#8217;écosociétalisme propose que cette monnaie soit distribuée équitablement sous deux formes :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify"><strong>a) Le Revenu Social (R.S.)</strong><br />
 Le RS est versé d&#8217;une manière égalitaire à chaque citoyen adulte, sans condition :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Il doit permettre de vivre et de satisfaire tous les besoins de base.</li>
<li>Il est le &laquo;&nbsp;Revenu Citoyen&nbsp;&raquo; d&#8217;autres réflexions d&#8217;économistes.</li>
<li>Il est inaliénable, égal pour tous les adultes.</li>
<li>Pour les enfants il est proportionnel à l&#8217;âge (voir note).</li>
<li>Il est complété par un <strong>complément de retraite</strong> fonction de l&#8217;apport sociétal au cours de l&#8217;activité professionnelle antérieure, et à ce titre est un pourcentage de la somme des R.A. percus dans la vie professionnelle active. A celui ci peut être inclus un bonus pour activités associatives non rémunérées mais reconnues.</li>
<li>Complété par une rétribution éventuellement nécessaire (étudiants, malades, handicapés, etc.).</li>
</ul>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify">Au fil des gains de productivité dus à la robotique, il pourra évoluer afin de satisfaire le confort moral minimum (de telle manière à ce qu&#8217;aucun citoyen ne se sente rejeté ou humilié par l&#8217;absence d&#8217;un élément qui ne soit pas nécessairement considéré comme un besoin de base, mais qui, par son absence, pourrait lui donner le sentiment d&#8217;être marginalisé). Ce Revenu Social pourrait être versé en partie sous forme de &laquo;&nbsp;bons d&#8217;achats&nbsp;&raquo; de tous les produits de base nécessaires.</p>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify">Le Revenu Social ne doit pas se substituer à la juste rémunération d&#8217;une activité que nous appelons &laquo;&nbsp;Revenu d&#8217;Activité&nbsp;&raquo; (R.A.).</p>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify"><strong>b) Le Revenu (Rémunération) d&#8217;Activité (R.A.)</strong><br />
 Il est versé d&#8217;une manière équitable à chaque citoyen actif qui apporte ses capacités et son travail à la société. Le Revenu d&#8217;Activité s&#8217;ajoute à son Revenu Social pour lui permettre d&#8217;améliorer le confort dont il peut jouir, lui et les siens. C&#8217;est démocratiquement qu&#8217;est déterminé le revenu maximum, et pour des raisons d&#8217;éthique, il est compris dans notre approche entre 0 et 3 RS, mais il n&#8217;y a pas de lien entre eux.</p>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify">Il existe deux catégories de R.A. :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li><strong>R.A.m &#8211; Revenu d&#8217;Activité marchand</strong> &#8211; Revenu d&#8217;Activité versé à un citoyen participant à la production de produits et services vendus. (Il a parfois été noté R.A.p pour &laquo;&nbsp;productif&nbsp;&raquo;)</li>
<li><strong>R.A.nm &#8211; Revenu d&#8217;Activité non-marchand</strong> &#8211; Revenu d&#8217;Activité correspondant à des activités générant des biens et services d&#8217;intéret collectif. (Il a parfois été noté R.A.np pour &laquo;&nbsp;non productif&nbsp;&raquo;)</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>3.2 &#8211; Conséquences diverses</h2>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Le Revenu Social PLUS le Revenu d&#8217;Activité forment ensemble la Rémunération Individuelle versé mensuellement sur le compte de chaque citoyen sous forme d&#8217;une monnaie (garder l&#8217;euro ou envisager une nouvelle monnaie ? Vous verrez apparaître parfois dans la suite de cette présentation le terme de &laquo;&nbsp;MERCIS&nbsp;&raquo; qui représente la rémunération de 6 minutes de travail au coefficient 1).</li>
<li>Un porte monnaie électronique <strong>PIP</strong> et gestion bancaire enregistrent tous les mouvements.</li>
<li>Lors de chaque acte d&#8217;achat final (voir note) la monnaie utilisée correspondante est détruite.</li>
<li>Dans la pratique écosociétale :
<ul style="text-align: justify;">
<li>L&#8217;entrepreneur (celui qui a projet d&#8217;entreprendre) fait connaître son projet,</li>
<li>ceux qui veulent y participer s&#8217;y investissent par leur travail,</li>
<li>Tous ceux qui participent à la production reçoivent un Revenu d&#8217;Activité,</li>
<li>L&#8217;entrepreneur &laquo;&nbsp;n&#8217;achète pas&nbsp;&raquo; formellement le matériel ou l&#8217;équipement dont il peut avoir besoin pour produire; Il le commande simplement à qui le produit.</li>
</ul>
</li>
<li>C&#8217;est au moment de la vente finale, c&#8217;est à dire à la vente au consommateur d&#8217;une production finalisée, que la monnaie est détruite sur le compte de l&#8217;acheteur final.</li>
<li>Le calcul du solde de la richesse crée par l&#8217;activité remplace le système de comptabilité national actuel qu&#8217;est le PIB et devient le véritable indicateur de la richesse collective :
<ul style="text-align: justify;">
<li>porte en actif les créations humaines de la période donnée,</li>
<li>porte en passif les destructions (naturelles ou artificielles), y compris l&#8217;usure et l&#8217;amortissement.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>3.3 &#8211; Comment serait déterminé le Revenu d&#8217;Activité ?</h2>
<p style="text-align: justify;">A cette question nous apportons trois alternatives (mais il peut y en avoir d&#8217;autres).</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on désire réguler ce marché de l&#8217;emploi, la principale difficulté réside dans le mode de calcul conduisant à l&#8217;appréciation d&#8217;une rémunération équitable pour chaque profession.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;efficacité de l&#8217;écosociétalisme à résoudre les problèmes sociaux dépendra essentiellement de ses modalités d&#8217;application et, en tout premier lieu, du choix des valeurs qui lui seront attachées. Nous ne voudrions pas ici nous substituer à l&#8217;opinion publique qui doit être souveraine dans leur hiérarchisation mais simplement avancer quelques éléments d&#8217;information.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous n&#8217;avons pas la prétention de définir seuls ce projet global. Lorsque les états-majors politiques seront acquis à l&#8217;idée de l&#8217;écosociétalisme ils développeront vraisemblablement leurs propres priorités. La sagesse conduit à leur présenter un projet original à partir duquel ils pourront se situer.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;aborder la suite, nous voudrions désamorcer par avance l&#8217;argument selon lequel il serait impossible ou arbitraire de quantifier l&#8217;utilité sociale d&#8217;une profession. Si vous réunissez cent personnes au hasard, vous n&#8217;en trouverez pas deux qui perçoivent la même rémunération mais nul ne s&#8217;en offusque. Il serait d&#8217;autant plus stupide d&#8217;éluder la réflexion en évoquant une impossibilité pratique d&#8217;aboutir à un consensus sur les niveaux de rémunération.</p>
<p style="text-align: justify;">Le but du sociétalisme est le bien-être de la personne humaine au sein d&#8217;une société la plus équilibrée possible. L&#8217;aspect économique du sociétalisme (l&#8217;écosociétalisme) est un des outils.</p>
<p style="text-align: justify;">La première démarche à accomplir est donc de se demander ce qui concourt ou fait obstacle à ce bien-être. La deuxième est de peser l&#8217;impact positif ou négatif de chaque activité professionnelle sur ce bien-être.</p>
<p style="text-align: justify;">La première opération consiste à fixer une rémunération de base pour une activité professionnelle à intérêt social minimal (cette rémunération de base s&#8217;ajoutant évidemment au &laquo;&nbsp;Revenu Social&nbsp;&raquo; distribué sans condition).</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde opération consiste, à partir de cette rémunération de base, à déterminer la rémunération des différentes activités en la protégeant de l&#8217;arbitraire. Imaginons ici que la loi, ou n&#8217;importe quelle structure démocratique ou citoyenne, détermine l&#8217;échelle maximale de la Rémunération d&#8217;Activité entre 1 et X d&#8217;un équivalent actuel du &laquo;&nbsp;revenu minimum&nbsp;&raquo; (base de revenu pour un travail de 35 h par semaine).</p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 70%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong><span style="text-decoration: underline;">Alternative 1 :</span></strong></h4>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>C&#8217;est &laquo;&nbsp;l&#8217;offre et la demande&nbsp;&raquo; de main d&#8217;œuvre qui régulent le montant de cette Rémunération d&#8217;Activité</strong>, en sachant, et nous le verrons plus loin, qu&#8217;un produit ou un service peu sociétal sera frappé d&#8217;une forte Contribution (la C.E.S.: Contribution Eco Sociétale, ou Sociétaxe).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Donc un produit (ou un service) peu sociétal coûtera relativement plus cher et en conséquence il aura moins d&#8217;acheteur, donc il y aura moins de travail dans cette branche, donc les Rémunérations d&#8217;Activité proposées par les entreprises baisseront par l&#8217;excès de l&#8217;offre de main d&#8217;œuvre.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Par contre un produit (ou un service) très sociétal coûtera moins cher (régulation du prix de vente par la C.E.S. / Sociétaxe) et se vendra donc mieux, donc aura besoin de plus de producteurs qui de ce fait verront leurs Rémunérations d&#8217;Activité augmenter par l&#8217;effet de la demande de main d&#8217;œuvre.</p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 70%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong><span style="text-decoration: underline;">Alternative 2 :</span></strong></h4>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>La Rémunération d&#8217;Activité est dépendante de trois indices, dont la moyenne dans la population considérée est de 50% :</strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>- un Indice Personnel,</strong> détermine l&#8217;adéquation entre les compétences de l&#8217;individu et le travail effectué.<br />
 Cet indice est un garde-fou :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Il empêche des personnes sans réelle formation de dévaloriser les compétences acquises par d&#8217;autres dans le domaine d&#8217;activité considéré.</li>
<li>Il freine l&#8217;emploi de personnes sur-qualifiées à des postes requérant de faibles compétences.</li>
<li>Il varie suivant l&#8217;adéquation ou l&#8217;inadéquation entre compétences proposées et compétences requises.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Une personne qui exerce exactement dans le domaine où sont requises ses compétences pourra prétendre à une rémunération maximale.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Les autres critères qui déterminent l&#8217;indice personnel seront :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Les compétences particulières reconnues</li>
<li>La productivité comparative</li>
<li>L&#8217;âge du travailleur</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>- un Indice d&#8217;Impact sociétal</strong>, défini l&#8217;aspect plus ou moins sociétal de l&#8217;activité exercée :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Il augmente avec l&#8217;effet bénéfique de l&#8217;activité.</li>
<li>Il est défini pour chaque production ou activité de service par une structure locale compétente et démocratique, selon :</li>
<li>L&#8217;adéquation de l&#8217;activité proposée avec les besoins locaux, </li>
<li>Une grille établie nationalement pour juger de l&#8217;impact environnemental de l&#8217;activité.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Les critères de la grille servant à l&#8217;évaluation de la qualité de la production sont principalement :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Utilité sociétale ou collective de la production</li>
<li>Gain écologique</li>
<li>Pénibilité et dangerosité du travail</li>
<li>Besoins locaux dans une profession donnée</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Mais aussi, la réponse aux questions suivantes concernant l&#8217;activité considérée :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Est-elle d&#8217;une importance vitale pour la personne humaine ?</li>
<li>Implique-t-elle un risque vital pour celui qui l&#8217;exerce ?</li>
<li>Est-elle au service de tous sans distinctions ?</li>
<li>Est-elle directement en rapport avec la personne humaine ?</li>
<li>Se situe-t-elle à un moment délicat (fragilité, souffrance) de la vie humaine ?</li>
<li>Répond-elle à un besoin de base de la personne humaine ?</li>
<li>Est-elle au service d&#8217;une des valeurs de base de notre société ? Si oui, à quel rang ?</li>
<li>N&#8217;a-t-elle des effets positifs supérieurs aux effets négatifs ? Dans quelle proportion ?</li>
<li>Concourt-elle à réduire la fracture sociale ?</li>
<li>Est-elle compatible avec l&#8217;essor économique, la création de richesses nécessaires à la société ou aux besoins des particuliers?</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>- un Indice de Satisfaction de la clientèle</strong> (par exemple obtenue par sondage ou au moment de l&#8217;achat : Sur une échelle de 1 à 10 quel est votre niveau de satisfaction pour cette transaction ?)</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>=&gt; La Rémunération d&#8217;Activité obtenue s&#8217;établit donc comme suit :</strong><br />
 <strong>=  k+ (X * (Indice Personnel * Indice d&#8217;Impact sociétal * Indice de Satisfaction de la clientèle))</strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>Note :</strong> dans lequel &laquo;&nbsp;k&nbsp;&raquo; représente le plancher de Rémunération d&#8217;Activité admis par la société (il est imaginable que cet indice soit de 0, afin de ne pas rémunérer, en plus du Revenu Social, des activés anti sociales) et dans lequel &laquo;&nbsp;X&nbsp;&raquo; représente le choix de la société concernant la Rémunération d&#8217;Activité maximale.</p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 70%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong><span style="text-decoration: underline;">Alternative 3</span></strong> <em>(cette présentation est issue des réflexions de Jean- Marc Flament)</em> :</h4>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Considérant que le bien-être de la personne humaine est primordial, la première démarche à accomplir est donc de se demander ce qui concourt ou fait obstacle à ce bien-être. La deuxième est de peser l&#8217;impact positif ou négatif de chaque activité professionnelle sur ce bien-être et sur la société dans son ensemble.<br />
 Parmi les valeurs &laquo;&nbsp;marchandes&nbsp;&raquo; constitutives du bien-être, on notera certainement la santé, la liberté, la sécurité, la justice et le plaisir, mais il ne s&#8217;agit bien, dans cette présentation, que d&#8217;un exemple.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>A &#8211; La santé</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>L&#8217;accès aux soins urgents suite à un accident ou à une crise. Dans ces moments de grande détresse, l&#8217;imminence des secours atteint pour la personne humaine une valeur considérable. La vie en dépend très souvent (Professions concernées: Pompier, sauveteur, ambulancier, infirmier, chirurgien, brancardier, médecin, anesthésiste, garde-malade, secouriste,&#8230; Le fait qu&#8217;aucun critère financier ou autre n&#8217;est requis avant intervention en rehausse encore la valeur sociale).</li>
<li>L&#8217;accès aux soins ordinaires assure une plus grande longévité et une meilleure qualité de vie à la personne humaine.</li>
<li>L&#8217;accès à une alimentation saine et variée est une condition au maintien en bonne santé. Trop souvent, des questions de rentabilité conduisent à une baisse qualitative des produits d&#8217;alimentation.</li>
<li>L&#8217;accès à l&#8217;hygiène et à la protection contre les intempéries regroupe un ensemble assez vaste de métiers et professions en rapport avec l&#8217;habitat</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>B &#8211; La liberté</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>La liberté est avant tout une question de compétence. Je ne serai jamais libre de piloter un avion si je n&#8217;ai pas appris à le faire, jamais libre d&#8217;écrire un livre pour communiquer mes convictions si je ne sais pas écrire, jamais libre de contester une addition si je ne peux compter, jamais libre de visiter tel pays lointain si j&#8217;ignore son existence&#8230;</li>
<li>L&#8217;égalité des chances devant l&#8217;instruction est donc un paramètre important de notre liberté, le seul qui puisse un jour permettre à un enfant issu d&#8217;un milieu défavorisé de progresser socialement. La profession d&#8217;enseignant s&#8217;accompagne d&#8217;une grande responsabilité.</li>
<li>Le droit à l&#8217;information objective est un élément capital pour l&#8217;exercice de la liberté.</li>
<li>Les moyens de locomotion et les personnes qui les construisent ou participent à leur mise à la disposition du public remplissent une autre condition à l&#8217;usage de la liberté.</li>
<li>Les moyens de communication garantissent la liberté d&#8217;exprimer et d&#8217;échanger des opinions, de nouer des contacts, de s&#8217;associer&#8230;</li>
<li>Les moyens d&#8217;entreprendre conditionnent la liberté d&#8217;entreprendre.</li>
<li>L&#8217;accès à la culture et à la liberté d&#8217;expression qu&#8217;elle véhicule est un élément du bien-être.</li>
<li>L&#8217;accès à la connaissance, donc d&#8217;une manière générale, les &laquo;&nbsp;chercheurs &nbsp;&raquo; (sciences en général), les &laquo;&nbsp;penseurs&nbsp;&raquo; (philosophes, sociologues, etc), certains écrivains et éditeurs (sauf ceux qui produisent du &laquo;&nbsp;loisir&nbsp;&raquo;, classé dans la catégorie &laquo;&nbsp;plaisir&nbsp;&raquo;).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>C &#8211; La sécurité</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>C&#8217;est un concept également vaste parce qu&#8217;il englobe, à des degrés d&#8217;importance différents, la sécurité des personnes et celle des biens.</li>
<li>Le droit à la protection des personnes est le premier élément auquel on songe en matière de sécurité.</li>
<li>Le droit à la protection des biens implique à peu près les mêmes catégories professionnelles mais aussi quelques autres: services de gardiennage, techniciens en systèmes d&#8217;alarme, assurances&#8230;</li>
<li>Mais la sécurité, c&#8217;est également le droit d&#8217;approvisionnement. Nous plaçons donc dans cette catégorie les commerçants, les transporteurs, les grossistes, etc..</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>D &#8211; La Justice</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Le besoin de justice est une aspiration commune au genre humain. Il s&#8217;exprime cependant sur des terrains divers, en matière pénale comme en matière sociale.</li>
<li>Le souci n°1 de l&#8217;ensemble des justiciables, quelle que soit l&#8217;action en cause, est l&#8217;égalité des chances devant la Justice.</li>
<li>La notion de justice ne se circonscrit pas uniquement dans le secteur du même nom. La justice sociale, par exemple, exige que chacun soit récompensé selon son mérite (« A travail égal, salaire égal »). C&#8217;est la tâche des responsables syndicaux et des personnes qu&#8217;ils emploient.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>E &#8211; Le plaisir</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Le bien-être de la personne humaine dépend aussi des plaisirs qui lui sont accessibles. Sans doute, dans l&#8217;urgence, la valeur « plaisir » cède-t-elle le pas aux autres valeurs ci-dessus commentées &#8211; et qui d&#8217;ailleurs la conditionnent &#8211; mais on peut se demander avec les psychologues si le plaisir n&#8217;est pas la finalité de tous les choix d&#8217;une existence.</li>
<li>Le plaisir, c&#8217;est aussi le loisir actif.</li>
<li>Le plaisir, c&#8217;est enfin le loisir passif et donc l&#8217;ensemble des acteurs, travailleurs et organisateurs de spectacles, et nous y mettons toutes les formes d&#8217;art.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Après ce tour d&#8217;horizon qui nous a permis de mieux cerner les justifications de rémunération dans la société du 21e siècle, il reste à quantifier son montant à attribuer à chacun en fonction de formules qui nous protégeront de l&#8217;arbitraire, et à partir de la rémunération de base à déterminer la rémunération des différentes activités par l&#8217;importance sociale du secteur en fonction de la hiérarchie des valeurs. En supposant que celle-ci corresponde en ordre décroissant à la présentation, les métiers et professions verraient par exemple leur rémunération établie comme suit, en admettant que la décision soit prise d&#8217;une échelle des Rémunérations d&#8217;Activité de 1 à 3 :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Santé : la rémunération de base multipliée par 2 à 3</li>
<li>Liberté : la rémunération de base multipliée par 1,8 à 2,8</li>
<li>Sécurité : la rémunération de base multipliée par 1,6 à 2,6</li>
<li>Justice : la rémunération de base multipliée par 1,4 à 2,4</li>
<li>Plaisir : la rémunération de base multipliée par 1,2 à 2,2</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Les fonctions ne pouvant être reprises dans aucune de ces rubriques restent à la rémunération de base soit 1.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>Dans le cadre d&#8217;une entreprise,</strong> c&#8217;est l&#8217;entreprise qui reçoit les montants cumulés des rémunérations et qui les distribue en son sein (accord direction-syndicats) en fonction des critères de l&#8217;écosociétalisme, à savoir :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Temps de travail &laquo;&nbsp;productif&nbsp;&raquo;</li>
<li>Pénibilité interne du travail</li>
<li>Besoins en main d&#8217;œuvre dans une spécialité donnée (offre et demande) interne à l&#8217;entreprise</li>
<li>Niveau de formation</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Tous ces réglages supplémentaires doivent d&#8217;ailleurs être confiés au débat démocratique. Ce qui est véritablement important, c&#8217;est de poser une évaluation claire des aspects utiles et nocifs d&#8217;une activité en fonction du projet de société espéré. C&#8217;est également le rôle des partis politiques et des assemblées de citoyens.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Le débat sur les différentes méthodes de détermination de la Rémunération d&#8217;Activité reste ouvert.</p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 70%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre04" name="chapitre04">Chapitre 4 : La circulation monétaire</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>4.1 &#8211; La C.E.S (Contribution Eco Sociétale ou  SOCIETAXE)</h2>
<p style="text-align: justify;">Théoriquement le prix de revient d&#8217;un bien ou d&#8217;un service est déterminé &laquo;&nbsp;hors taxe&nbsp;&raquo; par le cumul des Revenus d&#8217;Activités de tous les participants ou intervenants (rapporté à l&#8217;unité produite et distribuée). Évidemment, ce montant global correspond exactement aux coûts de production de ces biens ou services, et ne permet donc pas de financer le &laquo;&nbsp;Revenu Social&nbsp;&raquo; qui lui est &laquo;&nbsp;non productif&nbsp;&raquo; de biens (alors qu&#8217;il peut l&#8217;être de &laquo;&nbsp;bien être&nbsp;&raquo;), de même tout ce qui n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;vendu&nbsp;&raquo; (la fonction publique, la recherche, la justice, l&#8217;armée, la police, les services sociaux, les retraites, etc.), mais qui néanmoins induit des Revenus d&#8217;Activités que nous appellons &laquo;&nbsp;non marchands&nbsp;&raquo; (RAnm).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un complément, ajouté au prix de production, est donc nécessaire. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Notre proposition va vers une unique taxe, perçue au moment de l&#8217;acte final d&#8217;achat et inclue dans les prix de vente. Afin qu&#8217;elle soit totalement dans l&#8217;esprit du sociétalisme, cette taxe serait proportionnelle à l&#8217;impact de la fabrication (ou du service) sur l&#8217;environnement ou la santé (donc variable suivant l&#8217;impact sociétal de chaque production). Tel objet dont la fabrication demande plus de matières premières qu&#8217;il ne faut pas gâcher sera ainsi vendu plus cher qu&#8217;un objet semblable dont la fabrication a eu le même &laquo;&nbsp;coût&nbsp;&raquo; humain mais ayant moins compromis l&#8217;environnement, la santé ou les réserves non renouvelables. C&#8217;est bien une taxe &laquo;&nbsp;écologique&nbsp;&raquo; permettant d&#8217;une part de moduler le coût des produits, les plus polluants ou les moins &laquo;&nbsp;sociétaux&nbsp;&raquo; devenant les plus chers, d&#8217;autre part de couvrir monétairement la &laquo;&nbsp;redistribution&nbsp;&raquo; nécessaire au RS.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous proposons d&#8217;appeler cette taxe la &laquo;&nbsp;C.E.S&nbsp;&raquo; (Contribution Eco Sociétale) ou SOCIETAXE applicable avec une forte proportionnalité en fonction des arguments écologiques et sociétaux. Ce serait, nous le redisons, la seule taxe, mais qui pourrait être modulée de zéro à l&#8217;infini. Il n&#8217;y en a pas besoin d&#8217;autre (sauf cas de l&#8217;importation que nous verrons plus en détail dans la seconde partie), il n&#8217;y a pas non plus d&#8217;autres impôts. A cette taxe seraient seulement rajoutés les &laquo;&nbsp;loyers&nbsp;&raquo;, droits d&#8217;occupation privée des sols (voir chapitre 6).</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut bien comprendre que même si nous parlons de &laquo;&nbsp;perception&nbsp;&raquo; de cette contribution et du loyer, il n&#8217;y a aucun transfert de cette monnaie perçue vers un quelconque compte administratif. Non, c&#8217;est seulement une destruction de la monnaie correspondante sur le compte de l&#8217;acheteur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au niveau de la circulation monétaire, nous aurions donc le schéma suivant :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone" style="border: 0pt none;" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/ecosocietalisme-schema1.png" border="0" alt="Ecosociétalisme - Schéma 1" width="500" height="326" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelques indications :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>IEM (IEDM) est l&#8217; Institut d&#8217;Emission de la Monnaie; il s&#8217;agit en fait d&#8217;une Banque Centrale qui régule l&#8217;émission de la monnaie et sa distribution à la population suivant la Rémunération Sociétale Individuelle (Revenu Social + Revenu d&#8217;Activité), et détruit la monnaie électroniquement lors de son utilisation finale. Elle travaille en relation étroite avec les administrations de planification des territoires.</li>
<li>La &laquo;&nbsp;population passive&nbsp;&raquo; est l&#8217;ensemble de la population. Tous les individus reçoivent au moins le Revenu Social.</li>
<li>La &laquo;&nbsp;population active &nbsp;&raquo; est l&#8217;ensemble des producteurs du pays. Le montant global est l&#8217;ensemble des Revenus d&#8217;Activités.</li>
<li>RA1, RA2, RA3, RAnm représentent les Revenus d&#8217;Activités qui se cumulent à partir d&#8217;une production amont).</li>
<li>La C.E.S (SOCIETAXE),  plus les loyers qui n&#8217;ont pas été isolés dans ce schéma de principe, est estimée à 40% en moyenne.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Réflexions complémentaires :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le traçage de la monnaie, unité par unité, alourdirait considérablement le système, en obligeant à une centralisation immédiate des infos d&#8217;échange (gros débit d&#8217;information). Connaître seulement les volumes monétaires détruits est beaucoup plus simple, puisqu&#8217;il est possible d&#8217;imaginer un système hiérarchique pyramidal, avec à la base des serveurs locaux, qui transmettent les informations (volumes de monnaie détruite) à des serveurs régionaux, puis nationaux (puis mondiaux ?). Il est également possible que des serveurs intermédiaires soient autorisés à créer la monnaie, et ne transmettent aux serveurs centraux que le bilan de leur activité, à échéance régulière. Ainsi, le bilan national annuel est simple à faire, et l&#8217;ensemble du système est facile à gérer. Basé sur une philosophie de division des tâches, le système est moins sensible à la panne générale qu&#8217;un système instantanément centralisé. De plus, en prévision d&#8217;un cas de panne informatique, les citoyen disposeront d&#8217;un carnet de chèques en secours.</p>
<p style="text-align: justify;">Le système le plus simple et le plus sûr fait appel à deux clés, qui signent mutuellement l&#8217;acte de vente. Le client authentifie la paiement par son code, lié comme aujourd&#8217;hui à son moyen de paiement électronique (et d&#8217;ici peu il n&#8217;y aura plus besoin de code; les cartes monétaires disposeront d&#8217;un verrou sous forme d&#8217;une reconnaissance de l&#8217;empreinte digitale du pouce qui tient la carte). Le vendeur, lui, certifie la vente (donc l&#8217;acte de consommation finale) par l&#8217;envoi de son code professionnel (connu auprès des autorités, comme aujourd&#8217;hui avec les n° SIRET et autres) lors d&#8217;une connexion journalière ou hebdomadaire reprenant tous les transferts. Dans ce cas, il y a ordre de destruction de la monnaie.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre particuliers maintenant (par exemple sur la revente d&#8217;un bien d&#8217;occasion qui n&#8217;est plus soumis à une C.E.S.). C&#8217;est très simple aussi : chacun s&#8217;identifie, confirme son identité par son code, et l&#8217;acheteur indique quelle somme doit être rétirée de son compte. Cette somme est immédiatement versée sur le compte du vendeur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une autre manière de présenter cette circulation monétaire : </strong>&laquo;&nbsp;<a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/le-flux-monetaire-ecosocietal.pdf" target="_blank">le flux monétaire écosociétal</a>&nbsp;&raquo; (par Brieuc Le Fèvre)</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>4.2 &#8211; Les critères déterminants le montant de la C.E.S (ou SOCIETAXE)</h2>
<p style="text-align: justify;">Sans être certain d&#8217;avoir listé la totalité des critères qui pourraient entrer dans la détermination du montant de la C.E.S., en voici une liste (il est important de comprendre que ces critères ne peuvent avoir de &laquo;&nbsp;valeur absolue&nbsp;&raquo;, c&#8217;est les uns par rapport aux autres qu&#8217;il sera possible de donner un &laquo;&nbsp;pourcentage&nbsp;&raquo;. Ils peuvent être variables dans le temps également) :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Quantité de matières premières utilisées (une faible quantité nécessaire induit une C.E.S plus faible).</li>
<li>Rareté des matières premières (au plus les matières premières sont rares, au plus la C.E.S est élevée).</li>
<li>Quantité d&#8217;énergie utilisée (exemple: la consommation des véhicules ou des types de chauffage).</li>
<li>&laquo;&nbsp;Qualité&nbsp;&raquo; de l&#8217;énergie utilisée (une énergie &laquo;&nbsp;propre&nbsp;&raquo; ne sera que peu taxée).</li>
<li>Quantité de déchets induits (la C.E.S est proportionnelle à la quantité de déchets induits par la production).</li>
<li>&laquo;&nbsp;Qualité&nbsp;&raquo; des déchets (recyclabilité, dangerosité, etc.) (des déchets parfaitement recyclables sont peu taxés : la durée nécessaire pour un complet recyclage naturel peut aussi être prise en compte).</li>
<li>Utilité sociale (un fort impact positif sur la qualité positive de la vie collective).</li>
<li>Utilité individuelle (la C.E.S est plus élevée sur un produit apportant peu d&#8217;avantages en terme de confort individuel).</li>
<li>Impact environnemental global (esthétique du paysage, par exemple).</li>
<li>Impact sur la santé des agents de production (participants) (le bruit, un produit chimique néfaste, un environnement pollué, etc.).</li>
<li>Impact sur la santé des consommateurs (que ce soient des produits agricoles ou industriels).</li>
<li>Durabilité (un produit plus durable ou fiable qu&#8217;un autre sera moins taxé).</li>
<li>Economie d&#8217;utilisation (d&#8217;éventuels autres critères que l&#8217;énergie consommée).</li>
<li>Substitut aux importations (un produit permettant d&#8217;éviter les importations d&#8217;un autre (même usage) sera moins taxé.</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>4.3. La répartition globale</h2>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons tenter d&#8217;apporter un premier exemple de ce que serait la répartition des Revenus (Les données de ce chapitre correspondent aux statistiques officielles françaises arrondies).</p>
<p style="text-align: justify;">Le but est d&#8217;effectuer un partage de la richesse le plus équitable possible en tenant compte des critères développés précédemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous reprenons les données officielles : Le PIB est de 1.400 milliards d&#8217;euros. Au recensement 1999, il y a 23 millions &laquo;&nbsp;d&#8217;actifs&nbsp;&raquo; occupés et 3,5 millions de &laquo;&nbsp;chômeurs&nbsp;&raquo; (au sens du recensement, c&#8217;est à dire qui ont formulé le souhait de travailler) pour une population totale de 60 millions.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque actif &laquo;&nbsp;produit&nbsp;&raquo; chacun en moyenne 1.400 milliards d&#8217;euros divisé par 23 millions, 60.869 euros par an, ce qui représente, pour une durée moyenne de travail de 37 h par semaine et 47 semaines, soit 1.740 h par an, environ 35 euros de l&#8217;heure.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y a en fait un total de 26,5 millions de personnes souhaitant en principe travailler (actifs + chômeurs).</p>
<p style="text-align: justify;">Admettons que tous ces gens travaillent en moyenne 37 heures par semaine dans la &laquo;&nbsp;production&nbsp;&raquo; de biens ou de services proprement dit (tel que décompté actuellement) et qu&#8217;ils passent en plus 8 heures dans des activités &laquo;&nbsp;secondaires&nbsp;&raquo; rémunérés d&#8217;utilité sociétale et/ou éducatives (une activité sociétale externe à la famille est considérée comme une production dans l&#8217;écosociétalisme, telles les activités associatives, alors qu&#8217;elle est bénévole et non comptabilisée dans le PIB), ce qui fait donc un total de 45 heures d&#8217;activité par semaine.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8230; et qu&#8217;il y a toujours, en moyenne, 47 semaines d&#8217;activité dans l&#8217;année.</p>
<p style="text-align: justify;">Le total des heures d&#8217;activité qu&#8217;il faudrait prendre en compte pour cette catégorie active de la population est donc de 56 milliards d&#8217;heures.<br />
 Prenons maintenant les autres catégories de population dont les activités ne sont pas comptabilisées dans le PIB (activités associatives ou sociales bénévoles) et estimons quelles peuvent être les heures.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> 8 millions de 18/60 ans &laquo;&nbsp;non actifs&nbsp;&raquo; ; estimé à 2 h par semaine, soit, arrondis, 100 h par an, total 800 millions.</li>
<li> 5 millions de 61 à 74 ans dont la moitié (2,5) gardent ce genre d&#8217;activité, à 50%, soit 1.000 h par an, total 2,5 milliards d&#8217;heures.<br />
 Le total des heures d&#8217;activité qu&#8217;il faudrait prendre en compte pour l&#8217;ensemble de la population est donc de 56 + 0,8 + 2,5 = 59,3 milliards d&#8217;heures, arrondis à 60 milliards).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">&#8230; ce qui, multiplié par la même valeur moyenne de production horaire de 35 euros, donne un montant de l&#8217;actif de &laquo;&nbsp;l&#8217;Activité Globale Nationale&nbsp;&raquo; de 2.100 Milliards d&#8217;euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais de l&#8217;actif, il faut déduire le passif : l&#8217;usure ou l&#8217;amortissement des biens publics et de production, les destructions naturelles ou artificielles qui ne sont pas &laquo;&nbsp;consommation individuelle&nbsp;&raquo;. Nous ne disposons pas de chiffres précis concernant cela mais on peut les estimer à environ 550 milliards d&#8217;euros. Nous devons avouer que nous avons aussi arrondi cette estimation à un montant qui nous arrangeait pour la suite des calculs, mais s&#8217;il devait être inférieur dans la réalité, ce ne serait que &laquo;&nbsp;bonus&nbsp;&raquo; pour le calcul qui suit.</p>
<p style="text-align: justify;">Il reste donc 1.450 milliards d&#8217;euros (arrondis), valorisation du solde de l&#8217;activité humaine nationale sous forme de création de biens et de services marchands et non-marchands.</p>
<p style="text-align: justify;">Admettons que nous acceptions une répartition globale de ce solde d&#8217;Activité Globale sous forme de Rémunération sur une échelle de 1 à 4 (mais il peut être de 1 à N, ce n&#8217;est pas aux économistes d&#8217;en décider) suivant &laquo;&nbsp;l&#8217;activité sociétale&nbsp;&raquo; de chacun. Cette &laquo;&nbsp;échelle des Rémunérations&nbsp;&raquo; peut sembler étroite, mais n&#8217;oublions pas qu&#8217;il s&#8217;agit de &laquo;&nbsp;net&nbsp;&raquo; (puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;impôt sur le revenu) et qu&#8217;il ne reste que la C.E.S. en tant que taxe.</p>
<p style="text-align: justify;">Indice 1 pour le Revenu Social, sans aucune activité. Dans ce groupe nous incluons les enfants, suivant la répartition de la note du chapitre 3.</p>
<p style="text-align: justify;">Indice 1 à 3 pour la Rémunération d&#8217;Activité y compris la retraite. Mais le fait que nous choisissions ici l&#8217;indice &laquo;&nbsp;1&#8243; du Revenu Social équivalent à l&#8217;indice de la Rémunération d&#8217;Activité la plus basse n&#8217;est pour nous qu&#8217;une facilité de calcul, il n&#8217;y a pas de lien entre les deux.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour pouvoir avoir une idée de la répartition, nous allons établir une &laquo;&nbsp;population équivalente&nbsp;&raquo; en regard de chacune des catégories, ce qui donnera une population équivalente globale en considérant des moyennes.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La &laquo;&nbsp;population équivalente productive&nbsp;&raquo; est celle qui a une activité rémunérée et reçoit la Rémunération d&#8217;Activité.</li>
<li>La &laquo;&nbsp;population équivalente non-productive&nbsp;&raquo; est celle qui reçoit le Revenu Social et/ou un complément de retraite, reconnaissance de son activité passée.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Mais quel que soit la manière dont on veut présenter les choses, une partie de la population qui travaille le fait, et pour elle-même, et aussi par solidarité afin de permettre à ceux qui ne sont pas productifs de vivre dignement. On ne peut distribuer ce qui n&#8217;a pas été produit.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous obtenons donc le tableau résumé suivant :</strong></p>
<table border="1" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="20%" align="center"><strong>Tranche</strong></td>
<td width="10%" align="center"><strong>Population</strong></td>
<td width="10%" align="center"><strong>Population équivalente productive</strong></td>
<td width="10%" align="center"><strong>Population équivalente non productive</strong></td>
<td width="10%" align="center"><strong>Population équivalente Totale</strong></td>
<td width="40%" align="center"><strong>Notes et explications</strong></td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">Enfants et adolescents (0/18 ans).</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">14 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">0</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">7 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">7 millions</td>
<td width="40%">Voir note 4 : la moyenne du Revenu Social équivaut à 50% en considérant une répartition équilibrée des tranches d&#8217;âge.</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">Adultes qui travaillent (ou travailleraient dans un système sociétal) (18/60 ans).</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">26.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">53 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">26.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">79.5 millions</td>
<td width="40%">Ils reçoivent d&#8217;une part le revenue social (indice 1), d&#8217;autre part le revenu d&#8217;activité de 1 à 3 (moyenne prise à 2). Le total est donc de &laquo;&nbsp;3&#8243;</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">Adultes ne travaillant pas (18/60 ans).</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">8 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">0</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">8 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">8 millions</td>
<td width="40%">Revenu Social d&#8217;indice 1 uniquement</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">La moitié des 60 à 74 ans dont on peut considérer qu&#8217;ils gardent une activité sociétale partielle et bénéficient d&#8217;une &laquo;&nbsp;retraite&nbsp;&raquo; au prorata de leur activité sociétale passée.</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">2.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">2.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">7.5 millions</td>
<td width="40%">Ils reçoivent d&#8217;une part le revenu social (indice 1), d&#8217;autre part le revenu d&#8217;activité de 1 à 3 (moyenne prise à 2, mais sur 50%, soit &laquo;&nbsp;1&#8243;). Le total est donc de &laquo;&nbsp;2&#8243;, auquel il faut ajouter le revenu d&#8217;activité, moyenne de leurs activités passées, qui leur fait bénéficier d&#8217;un complément sous forme de &laquo;&nbsp;retraite&nbsp;&raquo; de 1. Total &laquo;&nbsp;3&#8243;</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">L&#8217;autre moitié des 60 à 74 ans, inactifs.</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">2.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">0</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">5 millions</td>
<td width="40%">Revenu d&#8217;activité, moyenne de leurs activités passées, qui leur fait bénéficier d&#8217;un complément sous forme de &laquo;&nbsp;retraite&nbsp;&raquo; estimé à 1 ajouté au revenu social 1, soit &laquo;&nbsp;2&#8243;</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">seniors de plus de 75 ans inactifs</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">6.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">0</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">13 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">13 millions</td>
<td width="40%">Revenu social + revenu d&#8217;activité (En considérant que la moyenne de leurs activités passées leur fait bénéficier d&#8217;un complément sous forme de &laquo;&nbsp;retraite&nbsp;&raquo;), de 1. Total &laquo;&nbsp;2&#8243;.</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">POPULATION</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">60 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">55.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">64.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">120 millions</td>
<td width="40%"></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Chaque &laquo;&nbsp;part de rémunération&nbsp;&raquo; (indice 1) vaut donc en réalité 1.450 milliards divisés par 120 millions, soit 12.000 euros par an (Rémunération d&#8217;indice 1 = 1.000 euros par mois).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, nous le redisons, ce n&#8217;est pas aux économistes de déterminer l&#8217;échelle des Rémunérations ; c&#8217;est au peuple, aux politiques ou à des structures démocratiques spécialisées, sachant que si l&#8217;échelle de la Rémunération d&#8217;Activité s&#8217;élargit, toutes choses restant égales par ailleurs, chaque part d&#8217;indice 1 diminue. Mais en aucun cas d&#8217;éventuels cumuls de Rémunérations d&#8217;Activités ne pourront permettre de dépasser le seuil maximum fixé par la loi, car c&#8217;est aussi un des fondements de la philosophie et de la morale sociétale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Revenu  Social doit permettre de vivre et de satisfaire tous les besoins de base.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ici que pourrait éventuellement intervenir, si la société le souhaite, une notion d&#8217;Engagement de Participation Citoyen : la collectivité pourrait demander, en échange du Revenu Social, une participation sociétale sous forme d&#8217;un &laquo;&nbsp;service civil&nbsp;&raquo; de deux ou trois ans par exemple, pas nécessairement consécutifs.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre05" name="chapitre05">Chapitre 5 : La consommation</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>5.1. Les prix</h2>
<p style="text-align: justify;">Les prix, dans l&#8217;écosociétalisme, se calculent à partir du temps de travail humain utilisé pour fabriquer un bien ou apporter un service. L&#8217;idéal théorique, que nous avons vu dans ce qui précède, est de sommer les Rémunérations d&#8217;Activité amonts à une fabrication. Néanmoins une forte simplification est possible en prenant la moyenne nationale des Rémunérations d&#8217;Activité.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc pour la détermination d&#8217;un prix, le temps de travail est multiplié par l&#8217;indice moyen de Rémunération d&#8217;Activité de la population nationale. Par ce biais, le prix brut de production est immédiatement dérivé du temps de travail nécessaire pour assurer la production, et la valeur de production des produits et services consommables est égale au nombre de monnaies/heure émises pour assurer cette même production.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Prix de Vente au Public (PVP) sont cependant supérieurs aux Prix de Production (PP), du fait de la ventilation sur les prix de production de la masse monétaire émise (la Contribution Eco Sociétale / C.E.S.) pour assurer les Revenus Sociaux (R.S.) et les Rémunérations d&#8217;Activité non_marchands (RA.nm).</p>
<p style="text-align: justify;">On a donc : PVP= PP + C.E.S.</p>
<p style="text-align: justify;">Le taux de base de la C.E.S. est égal au complément à 100 du facteur d&#8217;impact de la production (donc base %= 100 &#8211; facteur d&#8217;impact).</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, l&#8217;équilibre monétaire implique que la masse monétaire détruite par la C.E.S. soit égale à la somme des RS (Revenus Sociaux) et RAnm (Rémunération d&#8217;Activité non_marchand).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour atteindre cet équilibre, la base de la C.E.S. sur chaque produit vendu est multipliée par un facteur d&#8217;équilibrage, défini nationalement sur la base des statistiques de la période précédente, et après projection des tendances passées sur l&#8217;avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce travail incombe par exemple à un Bureau des Statistiques Economiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le Prix de Vente au Public d&#8217;un bien ou service est calculé comme suit :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PVP= Temps de travail * RA horaire moyen * (1 + (1-facteur d&#8217;impact/100) * facteur d&#8217;équilibrage)</strong></p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>5.2. Les Revenus</h2>
<p style="text-align: justify;">Nous avons vu que tout citoyen touchait un Revenu Social permettant de vivre correctement auquel s&#8217;ajoute, s&#8217;il a une activité, sa Rémunération d&#8217;Activité. Nous avons pris, pour des facilités de calcul, la base de la Rémunération d&#8217;Activité équivalente à celle du Revenu Social, mais nous le répétons, les deux ne doivent pas être liés.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons quelques exemples :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Famille de deux enfants de 5 et 8 ans :</strong><br />
 Cas d&#8217;une famille de deux enfants de 5 et 8 ans dont l&#8217;un des parents reste au foyer afin de participer à l&#8217;éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;autre parent travaille dans un secteur de la justice et touche son Revenu Social de 1.000 euros par mois, plus une Rémunération d&#8217;Activité de base 2,1 relative à son activité de 2.100 euros, soit un total de 3.100 euros par mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Le conjoint qui ne travaille pas touche une rémunération de 1, soit 1.000 euros par mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l&#8217;enfant de 5 ans, la répartition donnerait 1.000 * 5/18, soit 278 euros par mois sur l&#8217;année en cours. Pour l&#8217;enfant de 8 ans, la répartition donnerait 1000 * 8/18, soit 444 euros par mois sur l&#8217;année en cours. Ceci fait un total d&#8217;environ 4.800 euros par mois pour cette famille.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Famille sans enfant :</strong><br />
 Cas d&#8217;une famille sans enfant dont les deux conjoints travaillent dans le spectacle en bénéficiant d&#8217;une rémunération de base 1,4 et 1,7 respectivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier conjoint qui travaille touche son &laquo;&nbsp;Revenu Social&nbsp;&raquo; de 1.000 euros par mois, plus une Rémunération d&#8217;Activité de base 1,7 relative à son activité artistique de 1.700 euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Le second conjoint touche son Revenu Social de 1.000 euros, plus une Rémunération d&#8217;Activité de base 1,4 relative à son activité artistique de 1.400 euros.<br />
 Ceci fait un total de 5.100 euros par mois pour cette famille.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Célibataire médecin :</strong><br />
 Cas d&#8217;un célibataire médecin travaillant beaucoup et bénéficiant d&#8217;une rémunération de base 2,9.</p>
<p style="text-align: justify;">Celui-ci touche son Revenu Social de 1.000 euros, plus une Rémunération d&#8217;Activité de base 2,9 relative à son activité de 2.900 euros, soit un total de 3.900 euros par mois.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Le retraité sans activité complémentaire :</strong><br />
 Cas d&#8217;un retraité seul qui n&#8217;a pu justifier que d&#8217;une faible activité sociétale pendant sa vie active et dont la Rémunération d&#8217;Activité antérieure est établie en moyenne à 1,2.</p>
<p style="text-align: justify;">Son Revenu Social est de 1.000 euros, et sa retraite de 1.200 soit un total de 2.200 euros par mois.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>5.3. Le crédit</h2>
<p style="text-align: justify;">Le principe général veut qu&#8217;il n&#8217;y ait plus de &laquo;&nbsp;propriété privée&nbsp;&raquo; mais richesse collective. Cette richesse collective est pour nous celle de la terre, de l&#8217;air, de l&#8217;eau, du sous-sol, de la monnaie, des outils de production. La propriété de la résidence de famille, aussi bien que des biens de consommation sont &laquo;&nbsp;privés&nbsp;&raquo; : d&#8217;ailleurs l&#8217;accès à une meilleure &laquo;&nbsp;qualité de vie&nbsp;&raquo; est une motivation à trouver et à fournir une activité mieux rémunérée (donc plus sociétale).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;une de ces familles peut avoir besoin ou envie d&#8217;accéder au crédit pour, par exemple, faire construire une résidence principale. Dans l&#8217;écosociétalisme, puisque qu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;intérêts sur les prêts et mieux, plus de &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; à prêter, comment ce problème peut-il se résoudre ?</p>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;oublions pas que chaque unité monétaire doit être détruite après son utilisation finale. Chaque unité monétaire correspond qui plus est à une part d&#8217;activité, une &laquo;&nbsp;production&nbsp;&raquo;&#8230; y compris la production d&#8217;une habitation&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;oublions pas non plus que toute la &laquo;&nbsp;chaîne de production&nbsp;&raquo; qui abouti à la construction (matériaux, transformation, transport, construction proprement dite) ne sera pas payée par l&#8217;accédant à la propriété mais par la collectivité. Néanmoins, cet accédant se doit de rembourser la collectivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons le cas de la famille 2 qui dispose d&#8217;un total de 5.100 euros par mois et souhaite utiliser 1.500 euros en remboursements mensuels pour son achat dont le temps de fabrication cumulé représentent des Rémunérations d&#8217;Activité cumulés plus &laquo;&nbsp;C.E.S.&nbsp;&raquo; (Sociétaxe) de 200.000 euros. N&#8217;oublions pas que les matériaux nécessaires à la construction et l&#8217;équipement ont eux-même une valeur qui est le cumul des Rémunérations des différents intervenants nécessaires pour l&#8217;extraction, la transformation, le transport, le stockage, etc. , augmenté, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de consommation finale, de la seule Contribution &laquo;&nbsp;C.E.S.&nbsp;&raquo; (Sociétaxe).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette famille décide de payer sur 10 ans, ce qui représente 20.000 euros par an, ce qui est raisonnable compte tenu de ses Rémunérations cumulées de 61.200 euros par an.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;y a aucun intérêt évidemment. &laquo;&nbsp;On&nbsp;&raquo; ne lui prête pas d&#8217;argent dans la réalité, &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; lui autorise seulement l&#8217;accession à la propriété à crédit. Ce &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; est l&#8217;Institut d&#8217;Emission Monétaire ou sa succursale locale.</p>
<p style="text-align: justify;">La collectivité va lui autoriser cette transaction en émettant une quantité de monnaie supplémentaire de 200.000 euros qu&#8217;elle va devoir récupérer de cette famille, puis la détruire au cours des 10 ans à raison du 1/10° par an.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Plusieurs cas peuvent se présenter :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La famille peut voir ses revenus diminuer et se retrouve dans l&#8217;incapacité de rembourser. On peut parer à ce risque par une &laquo;&nbsp;assurance mutuelle&nbsp;&raquo;, comme c&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas actuellement.</li>
<li>La famille désire revendre. C&#8217;est l&#8217;acheteur qui reprendra le solde de la dette (comptant ou à crédit). Nous verrons cela dans la page suivante qui soulève la question du prix des terrains constructibles et de la transmission successorale.</li>
</ul>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre06" name="chapitre06">Chapitre 6 : L&#8217;habitation, la revente, la succession</a></h1>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;oublions pas que chaque unité monétaire (euro ou MERCI) doit être détruit après son utilisation finale. Qui plus est, chacune correspond à une activité, une &laquo;&nbsp;production&nbsp;&raquo; mais ne peut être représentative d&#8217;un &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; ou des intérêts d&#8217;un capital.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a d&#8217;autre part, présent dans les fondements même du sociétalisme, la notion de &laquo;&nbsp;biens collectifs communs&nbsp;&raquo;, ce que la nature nous donne sans se faire payer :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les sous sols (pétrole, uranium, eau, sources, mines, etc.).</li>
<li>L&#8217;air, l&#8217;eau, le sol.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le problème du sol, puisqu&#8217;il est le plan qui nous permet de vivre et de produire, fait donc l&#8217;objet d&#8217;un traitement particulier. Les terrains pour y construire sont un cas particulier dans celui-ci. C&#8217;est un euphémisme de dire que le système actuel n&#8217;est pas satisfaisant : la mise en place d&#8217;un P.O.S. (Plan d&#8217;Occupation des Sols) communal est fondamentalement d&#8217;une injustice criante. Un propriétaire d&#8217;un terrain en bordure d&#8217;une zone constructible peut, aujourd&#8217;hui, voir le prix de son terrain valoir des dizaines de fois plus que celui de son voisin qui ne l&#8217;est pas, toutes choses restant égales par ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un problème complexe et difficile. Nous n&#8217;avons pas la prétention de détenir LA solution, mais ce qui est présenté à la suite est sans doute une des solutions possibles.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>6.1 &#8211; La valeur du sol</h2>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;il soit propriété par transmission, achat préalable à la mise en oeuvre de l&#8217;écosociétalisme, pour soi ou pour spéculation ou &laquo;&nbsp;réserves foncières&nbsp;&raquo; on a l&#8217;habitude de considérer que le sol puisse être &laquo;&nbsp;propriété privée transmissible&nbsp;&raquo; que ce soit par vente ou leg.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la &laquo;&nbsp;rareté relative&nbsp;&raquo; de certains terrain constructibles qui en font leur valeur (centre ville, bords de mer, etc.). L&#8217;administration communale ou autre doit rester juge de ce qui peut être construit ou non.</p>
<p style="text-align: justify;">La meilleure solution envisageable est de considérer les terrains comme exclus de la propriété privée et de considérer une valeur locative que le &laquo;&nbsp;locataire&nbsp;&raquo; payera sur ses Rémunération sous forme d&#8217;un loyer avec bail emphytéotique. Oui, mais à qui ?</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il le payait à un &laquo;&nbsp;propriétaire privé&nbsp;&raquo; nous serions en dehors du système économique proposé. Ce &laquo;&nbsp;loyer d&#8217;utilisation&nbsp;&raquo; doit donc être payé à la communauté&#8230; sous forme de monnaie qui sera détruite, la consommation finale étant justement l&#8217;utilisation de ce terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Se pose également le problème de l&#8217;accès à la location de ce terrain sur lequel sera construit un immeuble ou une habitation individuelle. Là aussi un exemple sera plus parlant. Imaginons un magnifique terrain avec vue mer. La municipalité a décidé d&#8217;y autoriser la construction. Le &laquo;&nbsp;loyer&nbsp;&raquo; du bail emphytéotique du terrain est fixé, mais il va y avoir des dizaines de prétendants qui tous ont des revenus sensiblement équivalents leur permettant de payer celui ci et de construire. A ce jour, le problème s&#8217;autorégule par la loi de l&#8217;offre et de la demande, favorisant bien évidemment ceux qui ont le plus de capital ou de moyens financiers, quelle que soit l&#8217;origine des fonds, y compris illégale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La solution qui nous semble la plus juste est la suivante :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Une large &laquo;&nbsp;information&nbsp;&raquo; est faite pendant un délai assez long, permettant à chacun d&#8217;être également informé.</li>
<li>Lorsque les prétendants se sont fait connaître, et après vérification de leurs capacités de satisfaire au paiement de la &laquo;&nbsp;location&nbsp;&raquo; suivant les montants définis par la municipalité, et de la construction, c&#8217;est un tirage au sort qui déterminera le bénéficiaire afin d&#8217;éviter tout passe-droit.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Proposition, par exemple au niveau d&#8217;une commune, d&#8217;une agglomération de commune ou d&#8217;une ville :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Un quota réservé à des métiers précis permettant de vivre harmonieusement dans une autarcie maximale (dans une zone géographiquement limitée).</li>
<li>Un quota réservé aux &laquo;&nbsp;enfants du pays&nbsp;&raquo;.</li>
<li>Un quota ouvert, parce que le brassage &laquo;&nbsp;hasardeux&nbsp;&raquo; est source de vitalité.</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>6.2 &#8211; Plus value immobilière à la revente ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Nous nous posions la question de savoir ce que devient une éventuelle plus value sur la revente et que devient le montant déjà versé ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut considérer qu&#8217;il n&#8217;y a plus possibilité de &laquo;&nbsp;travail au noir&nbsp;&raquo; (puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus de monnaie &laquo;&nbsp;non tracée&nbsp;&raquo;). Néanmoins il ne peut être question de faire la &laquo;&nbsp;chasse au troc&nbsp;&raquo;, qu&#8217;il soit représenté par des objets ou du temps de travail : le système séliste est tout à fait compatible avec l&#8217;écosociétalisme et même le bienvenu. Qui plus est, un propriétaire ou locataire d&#8217;une habitation peut améliorer de lui même son habitat&#8230; et il est logique que de ce fait sa valeur augmente; comme dans l&#8217;actuel système fiscal de détermination des &laquo;&nbsp;plus values&nbsp;&raquo;, s&#8217;il peut en justifier.</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenons notre exemple précédent et imaginons qu&#8217;au terme de 4 ans cette famille désire changer de logement. Elle a déjà remboursé 80.000 euros (qui ont été détruits) sur un total &laquo;&nbsp;emprunté&nbsp;&raquo; &#8211; mais nous préférerons utiliser le terme &laquo;&nbsp;avancé&nbsp;&raquo; &#8211; de 200.000. Elle peut justifier de 30.000 euros de &laquo;&nbsp;travaux et embellissements&nbsp;&raquo;. Comme la spéculation immobilière n&#8217;est pas envisageable dans le sociétalisme puisque nous considérons que la valeur de l&#8217;habitation est totalement liée au travail effectué pour la fabrication, son &laquo;&nbsp;autorisation de prix de vente&nbsp;&raquo; sera de 230.000 euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Si plus d&#8217;un acheteur se présente, nous pourrons utiliser le même système qu&#8217;en ce qui concerne les terrains, c&#8217;est-à-dire le recours éventuel au &laquo;&nbsp;tirage au sort&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Le remboursement déjà effectué majoré des travaux réalisés, soit un total de 110.000 euros correspond au &laquo;&nbsp;cash&nbsp;&raquo; que va devoir lui remettre l&#8217;acheteur (qu&#8217;il l&#8217;ait disponible ou qu&#8217;il l&#8217;emprunte), et sera donc une épargne utilisable dans le futur pour cette famille. Si l&#8217;acheteur dispose du solde, ce montant sera remis à l&#8217;institut d&#8217;émission monétaire pour destruction : sinon, il prendra lui aussi un crédit qu&#8217;il remboursera sur la période choisie et acceptée par l&#8217;Institut d&#8217;Emission Monétaire (via éventuellement des structures locales de celui ci). En conclusion : il ne peut y avoir de &laquo;&nbsp;plus values&nbsp;&raquo; injustifiées et la stabilisation du prix de l&#8217;immobilier ancien sera total (hors loyer d&#8217;occupation du sol décidé par la commune).</p>
<p style="text-align: justify;">Et si par hasard les indices de la construction montrent une augmentation, celui çi est appliqué sur la somme restant à payer par l&#8217;acheteur.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>6.3 &#8211; A propos de la succession</h2>
<p style="text-align: justify;">Le rôle des économistes est de tenter d&#8217;analyser les conséquences économiques et sociales du système qu&#8217;ils proposent. Ce sera aux politiques, aux autres spécialistes et au peuple de poursuivre avec eux cette réflexion dans les détails pour adapter si nécessaire les principes de base.</p>
<p style="text-align: justify;">Les biens successoraux peuvent être &laquo;&nbsp;mobiliers&nbsp;&raquo; (y compris monétaires), ou &laquo;&nbsp;immobiliers&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenons le cas de notre famille en imaginant cette fois qu&#8217;elle a deux enfants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L&#8217;un des conjoint décède: la famille hérite de l&#8217;habitation et il n&#8217;y a aucune taxe à la succession.</li>
<li>Les deux conjoints décèdent: les enfants héritent, il n&#8217;y a aucune taxe.</li>
<li>Les conjoints décèdent après la vente. Leurs biens monétaires sont donc de 110.000 euros : les enfants héritent &#8230; toujours aucune taxe.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Si cette famille n&#8217;avait pas d&#8217;enfants et qu&#8217;elle ait désigné un ou des héritiers, notre réflexion nous amène à penser qu&#8217;elle doit avoir la possibilité de transmettre à qui elle veut ses économies, son épargne (laquelle, nous le rappellons, n&#8217;est pas productive d&#8217;intérêt et sera détruite lors d&#8217;actes d&#8217;achats), sans qu&#8217;il n&#8217;y ait besoin de percevoir aucune taxe, laquelle intervient seulement lors de l&#8217;achat final.</p>
<p style="text-align: justify;">Par contre l&#8217;accumulation au cours de plusieurs générations va à l&#8217;encontre de l&#8217;idée de l&#8217;écosociétalisme. On peut réguler le problème de la manière suivante: seuls sont transmissibles les valeurs épargnées au cours d&#8217;une vie, c&#8217;est-à-dire les biens représentant la différence entre ceux dont dispose une personne à la fin de son existence et ceux dont elle a disposé par héritage.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voyons donc que le système successoral est très simple mais se posera le problème de la transition du système capitaliste au système écosociétal. Quid des fortunes (et des biens immobiliers, des terrains, de l&#8217;or, de la monnaie, des actions, des brevets, etc.) accumulés et transmises par quelques familles au cours des générations, hormis la résidence familiale ? Notre avis sur cette question serait que ces biens doivent être rendus à la collectivité, les seuls transmissibles étant ceux acquis &laquo;&nbsp;écosociétalement&nbsp;&raquo; au cours d&#8217;une vie d&#8217;activité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne risque t&#8217;on pas une fuite, une exportation illégale par exemple des oeuvres d&#8217;art détenues par ces familles fortunées qui voudront monayer ces accumulations de capital et éviter une &laquo;&nbsp;nationalisation&nbsp;&raquo; au décès de leur propriétaire, sans indemnisation ? Sans doute, mais c&#8217;est une décision politique qu&#8217;il faudra sans doute prendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque dans le système écosociétal toute la monnaie est &laquo;&nbsp;tracée&nbsp;&raquo; il ne peut y avoir de monnaie &laquo;&nbsp;noire&nbsp;&raquo;. De toute façon celle ci ne pourrait être considérée que comme de la &laquo;&nbsp;fausse monnaie&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;y a plus &laquo;&nbsp;d&#8217;actions&nbsp;&raquo; (ni aucune forme de &laquo;&nbsp;capitaux mobiliers&nbsp;&raquo;) à transmettre, puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;actionnaires (inutiles, puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;investissements financiers nécessaires à la création d&#8217;unités de production).</p>
<p style="text-align: justify;">Reste juste la transmission de &laquo;&nbsp;biens mobiliers&nbsp;&raquo; : ayant été fabriqués, achetés et la monnaie correspondante détruite, leur valeur résiduelle est &laquo;&nbsp;revendable&nbsp;&raquo; à un particulier quelconque. Celui-ci ne pourra s&#8217;en rendre acquéreur qu&#8217;en transmettant au vendeur une partie de son épargne issue de la répartition sociétale nationale. Il n&#8217;y a donc aucune raison de taxer là non plus, ni sur la succession, ni sur une éventuelle transaction entre particuliers.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous rendez vous compte à quel point l&#8217;écosociétalisme peut &laquo;&nbsp;simplifier&nbsp;&raquo; toute la gestion nationale et les relations entre l&#8217;État et les citoyens ?</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous avez eu le courage de lire ces pages jusqu&#8217;ici, vous avez maintenant une bonne idée de ce qui est proposé dans l&#8217;écosociétalisme, forme moderne du distributisme</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre07" name="chapitre07">Chapitre 7 : La production et la distribution de biens et services</a>&gt;</h1>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;Rémunération d&#8217;Activité&nbsp;&raquo;, correspondant à la rémunération des citoyens actifs, sera déterminé soit par un libre choix entre les demandeurs et les offreurs de travail, dans les limites de l&#8217;échelle de Rémunérations fixée par la loi (échelle des Rémunérations d&#8217;Activité), soit dans un système plus &laquo;&nbsp;dirigiste&nbsp;&raquo;, par l&#8217;application d&#8217;un certain nombre de variables (ou de critères) que nous avons listé précédemment. Dans ce cas ces critères devront faire l&#8217;objet, préalablement à leur détermination, d&#8217;un large débat de société réunissant des économistes, des politiques, des syndicalistes, des sociologues, des représentants associatifs, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un système capitaliste la production et la productivité sont les premiers indices de la bonne santé d&#8217;une entreprise ou disons d&#8217;un &laquo;&nbsp;producteur&nbsp;&raquo; dans le sens général. Comment régler ce problème dans une société écosociétaliste ? On pourrait se retrouver dans le cas extrême d&#8217;une structure dans laquelle les employés et les dirigeants font &laquo;&nbsp;acte de présence&nbsp;&raquo; afin de recevoir leur Rémunération d&#8217;Activité, mais dans lequel ils ne produiraient quasiment rien. Nous reverrons donc ce problème, mais il faut d&#8217;abord bien comprendre comment est déterminé le prix de vente d&#8217;un bien fabriqué.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>7.1 – Rappel de la détermination d&#8217;un prix de vente dans l&#8217;écosociétalisme</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>C&#8217;est :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>1) La somme des Rémunérations d&#8217;Activité (ou d&#8217;un R.A. national moyen), ramenés à l&#8217;unité produite, de :
<ul>
<li>Toutes les productions intermédiaires nécessaires en amont (extraction des matières premières, transformations, transports, outillages, équipements, services extérieurs, bâtiments, etc.).</li>
<li>La production proprement dite (études, fabrication, mais aussi services généraux nécessaires au fonctionnement de l&#8217;entreprise).</li>
<li>L&#8217;énergie.</li>
<li>La distribution (incluant le stockage).</li>
</ul>
</li>
<li>2) Augmenté d&#8217;une Contribution (C.E.S. ou sociétaxe) dont le montant est proportionnellement inverse à &laquo;&nbsp;l&#8217;effet sociétal&nbsp;&raquo; de la production. Le montant global de cette Contribution doit couvrir l&#8217;ensemble des Revenus Sociaux distribué à toute la population, des Revenus d&#8217;Activités des productions de biens et services publics gratuits, et des retraites.<br />
 Plutôt qu&#8217;employé, nous préférons le terme de &laquo;&nbsp;participant&nbsp;&raquo; qui correspond mieux à l&#8217;esprit de l&#8217;écosociétalisme. Tout employé est un participant à la production.</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>7.2 &#8211; Le cas général d&#8217;une production de biens ou de services.</h2>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu&#8217;une production (au sens très large de bien ou service) est achetée ou utilisée par le consommateur final, c&#8217;est à dire qu&#8217;elle ne doit plus être transformée par une quelconque structure commerciale, c&#8217;est que son cycle de fabrication et de distribution est terminé. Le consommateur final va donc l&#8217;acheter, mais la monnaie de cet achat, au lieu de s&#8217;accumuler dans une trésorerie devenue inutile (celle du fournisseur), sera électroniquement transférée à l&#8217;Institut d&#8217;Émission (et de Distribution) Monétaire, et détruite (ou détruite sans transfert).</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, une première question : Le &laquo;&nbsp;coût&nbsp;&raquo;, bien qu&#8217;en main d&#8217;oeuvre, des équipements de production, des bâtiments, du matériel de gestion, c&#8217;est-à-dire ce qui est à l&#8217;heure actuelle comptabilisé comme &laquo;&nbsp;immobilisations&nbsp;&raquo; et amorti, doit-il être répercuté proportionnellement sur le prix de vente, ou bien l&#8217;entreprise doit elle être considérée comme utilisateur final et payer cet achat&#8230; et si oui, avec quels fonds ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est dans ce cas dans une notion &laquo;&nbsp;d&#8217;acte final d&#8217;achat virtuel&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;utilisation par l&#8217;entreprise est bien un &laquo;&nbsp;acte final d&#8217;achat&nbsp;&raquo; puisque les immobilisations ne seront plus transformées pour être revendues. Mais les entreprises ne disposent d&#8217;aucune trésorerie (dont elles n&#8217;ont d&#8217;ailleurs pas besoin) pour &laquo;&nbsp;acheter&nbsp;&raquo; ces biens nécessaires à leur activité. Alors ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notre proposition est la suivante : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lors de la création d&#8217;un équipement nécessaire au fonctionnement d&#8217;une entreprise en aval (un outil de production, un bâtiment, un équipement), la monnaie équivalente va être émise et les participants à sa fabrication seront donc payés avec cette monnaie qu&#8217;à leur tour ils dépenseront dans le circuit de consommation ce qui permettra de détruire cette monnaie. Ces coûts des différentes chaînes en amont vont s&#8217;inclure proportionnellement dans le prix de l&#8217;objet fini sous forme d&#8217;une quôte part d&#8217;amortissement. Par exemple : un outillage qui a couté 100 en Rémunérations d&#8217;Activités cumulées amont, est amortissable sur 10 ans à raison de 10 par an. La chaîne amont de ceux qui l&#8217;ont fabriqué a touché 100, l&#8217;entreprise qui s&#8217;en sert pour créer 10 &laquo;&nbsp;objets&nbsp;&raquo; dans l&#8217;année rajoutera 1 à chaque objet produit. Donc, au terme de 100 objets produits (sur 10 ans) l&#8217;équilibre monétaire est récupéré.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur cette production des outils de production (immobilisations), la &laquo;&nbsp;C.E.S.&nbsp;&raquo; (Sociétaxe) est applicable, mais elle est &laquo;&nbsp;virtuelle&nbsp;&raquo; et n&#8217;interviendra donc que comptablement dans le &laquo;&nbsp;prix de vente&nbsp;&raquo; à l&#8217;entreprise utilisatrice. Cette entreprise utilisatrice amortira ces immobilisations suivant les régles d&#8217;amortissement en vigueur et répercutera la quôte part de cette C.E.S. virtuelle sur chaque unité produite.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc : le montant variable de cette C.E.S. &laquo;&nbsp;virtuelle&nbsp;&raquo; régulera les prix d&#8217;un outil de travail moins &laquo;&nbsp;sociétal&nbsp;&raquo; qu&#8217;un autre (on imagine que c&#8217;est pour une utilité équivalente), afin d&#8217;éviter d&#8217;arriver à l&#8217;inverse du but recherché, c&#8217;est-à-dire un outil au final moins cher qu&#8217;un autre, alors qu&#8217;il est moins sociétal. Il faut rajouter qu&#8217;une production par une entreprise moins sociétale se verra imposer une C.E.S. qui rendra ses produits plus chers que la concurrence et parallèlement des Rémunérations d&#8217;Activité moins élevés pour ses participants, autorégulant sa difficulté à trouver ceux-ci. En effet, dans le système écosociétal le but n&#8217;est pas de vendre n&#8217;importe quoi à n&#8217;importe quel prix et ce n&#8217;est pas la vente d&#8217;un produit bon marché qui fait sa force (un des cas du capitalisme actuel), mais bien la motivation de ses participants, donc des R.A. qu&#8217;ils peuvent obtenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Exemple :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul le R.A. est pris en compte dans le calcul non pas du prix de vente mais du coût de fabrication (prix de revient). Le prix de vente est modulé par le pourcentage de C.E.S. qui s&#8217;y applique plus les RA des intermédiaires (transports, distributeurs, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">Le but d&#8217;une entreprise n&#8217;est plus spécialement de &laquo;&nbsp;vendre moins cher&nbsp;&raquo;, mais de produire dans le meilleur rapport &laquo;&nbsp;qualité sociétale/coût de fabrication&nbsp;&raquo; et c&#8217;est la C.E.S. qui ajuste le prix de vente pour tenir compte qu&#8217;à l&#8217;évidence, une entreprise, au plus elle produit sociétal, au plus son coût de fabrication sera élevé.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est évidemment un changement de paradigme difficile à assimiler et nous sommes bien dans une économie &laquo;&nbsp;dirigiste&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors on se retrouve effectivement devant le dilemme suivant :</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons l&#8217;exemple de trois fabriquants de lave-linge, A , B, C :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>A) Produit des lave linges qui présentent un faible coefficient sociétal (lors de tests) de 30&#8230; (mauvaise fiabilité, pollution environnante, gros consommateurs, etc.).</li>
<li>B) C&#8217;est beaucoup mieux, son coefficient est de 70.</li>
<li>C) On ne sait pas faire mieux actuellement : coef 100.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Les participants (employés) de A auront un R.A. de 1.5, par exemple, 1.7 pour B, et 2.0 pour C. Et les autres paramétres sont identiques par ailleurs (temps nécessaire à la fabrication, frais généraux, amortissements, R.A. amont, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">Admettons donc que la somme des R.A. + autres frais soit de 150 (euros, par exemple) pour A, il sera de 170 pour B et de 200 pour C pour fabriquer une machine.</p>
<p style="text-align: justify;">La C.E.S. interviendra pour le prix de vente de la manière suivante (c&#8217;est une suggestion, évidemment) :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Pour A : 150 + C.E.S. 70 % = 255</li>
<li>Pour B : 170 + C.E.S. 30 % = 221</li>
<li>Pour C : 200 + C.E.S. 0% = 200</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Donc, une modulation de la C.E.S. (qui est essentiellement variable au long du temps et révisable à tout moment) permet de moduler également le prix de vente de manière à orienter la production vers de plus en plus d&#8217;effets sociétaux (et écologiques).</p>
<p style="text-align: justify;">Les R.A. non plus ne sont pas &laquo;&nbsp;fixés&nbsp;&raquo; mais évoluent &laquo;&nbsp;par comparaison&nbsp;&raquo; (il sera évidemment nécessaire de &laquo;&nbsp;lisser&nbsp;&raquo; les variations de manière à les rendre progressives).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cet exemple, si une des entreprises performait pour les temps de production , le prix de revient unitaire baisserait sur cette variable, mais comme le RA des participants augmenterait il est possible que le prix de revient unitaire baisse, reste stable ou augmente&#8230; ce qui induirait une correction des C.E.S. de chaque produit similaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;régle&nbsp;&raquo; proposée pour les consommables (exemples : énergie, papier, équipement de bureau, etc.) est identique à celle des &laquo;&nbsp;amortissables&nbsp;&raquo;. Ils entrent évidemment pour leur quôte part dans le prix de vente.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous savons que l&#8217;ensemble de cette notion et de cette explication est difficile à saisir, toute notre &laquo;&nbsp;éducation économique&nbsp;&raquo; s&#8217;insurgeant contre le fait qu&#8217;une entreprise puisse &laquo;&nbsp;bénéficier&nbsp;&raquo; d&#8217;un outil de travail sans avoir à le &laquo;&nbsp;payer&nbsp;&raquo;&#8230; mais n&#8217;oublions pas que dans l&#8217;éco-sociétalisme le but d&#8217;une entreprise n&#8217;est plus de faire du bénéfice, mais de produire les biens (ou services) nécessaires au confort et aux vrais besoins de la population.</p>
<p style="text-align: justify;">En définitive, l&#8217;entreprise reçoit l&#8217;accord d&#8217;une dotation comptable ou &laquo;&nbsp;enveloppe&nbsp;&raquo; suivant les différents critères sociétaux définis, et correspondant d&#8217;une part à son propre indice sociétal déterminé suivant son type de production, d&#8217;autre part au nombre de ses &laquo;&nbsp;employés-participants&nbsp;&raquo;. Cest à l&#8217;I.E.M. que revient le soin de créditer les participants de l&#8217;entreprise, sur &laquo;&nbsp;ordre&nbsp;&raquo; de l&#8217;entreprise dans le cadre de son &laquo;&nbsp;enveloppe&nbsp;&raquo; globale. Pour l&#8217;évolution de la valeur sociétale produite on peut envisager qu&#8217;en cours d&#8217;année, si l&#8217;entreprise (le participant-directeur) estime que l&#8217;entreprise a fait une avancée sociétale, elle convoque les &laquo;&nbsp;inspecteurs&nbsp;&raquo; qui décident du nouveau taux sociétal et transmettent leurs conclusions à I.E.M. (ou à sa représentation locale). C&#8217;est ensuite au sein de l&#8217;entreprise que sont décidés les répartions des Rémunérations d&#8217;Acivité des différents participants, mais toujours dans les fourchettes autorisées .</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nota :</strong> Pour répondre d&#8217;une autre manière au problème que nous nous posions (à savoir &laquo;&nbsp;on pourrait se retrouver dans le cas extrême d&#8217;une structure dans laquelle les employés et les dirigeants font &laquo;&nbsp;acte de présence&nbsp;&raquo; afin de recevoir leur Rémunération d&#8217;Activité, mais dans lequel ils ne produiraient quasiment rien&nbsp;&raquo;)&#8230; et qui est dans le champ du possible (nul doute que les adversaires de l&#8217;écosociétalisme le soulèveront) voici quelques pistes, mais nous laissons aussi le soin à ceux qui poursuivront notre travail de recherche d&#8217;apporter d&#8217;autres solutions.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est de toute façon la C.E.S. qui régulera les prix de ventes en dernier ressort, mais en plus :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Par comparaison avec la moyenne des entreprises produisant des biens similaires à qualité comparable, divisé par le nombre d&#8217;employés. Les employés d&#8217;une entreprise déviant trop des limites fixées dans une courbe de Gauss verraient diminuer leur coefficient de la variable 1 (utilité sociétale ou collective de la production) de la Rémunération d&#8217;activité.</li>
<li>Pour les services, la provenance du client. En effet, entre deux entreprises qui offrent le même service, celle qui attirera le plus de client, qui sera préférée à une autre entreprise plus proche, voilà celle qui a certainement droit à un bonus de productivité inclus dans la variable de la productivité comparative.</li>
<li>Par le bilan d&#8217;activité. Une entreprise doit justifier de son utilité en vendant sa production. Quand elle se crée elle a une activité prévisionnelle. Le bilan d&#8217;activité doit se rapprocher de près de cette prévision.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>=&gt; Le prix de vente &laquo;&nbsp;public&nbsp;&raquo; d&#8217;un bien fabriqué par une entreprise (consommation finale) est donc la somme sur laquelle s&#8217;applique au final la C.E.S. choisie, de :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>A l&#8217;amont : Rémunérations d&#8217;activités + quôte part d&#8217;amortissements + quôte part consommables + C.E.S. fictive.</li>
<li>Au dernier transformateur : Rémunérations d&#8217;activités + quôte part d&#8217;amortissements + quôte part consommables + C.E.S. fictive.</li>
<li>Au &laquo;&nbsp;distributeur&nbsp;&raquo;, dernier intermédiaire : Rémunérations d&#8217;activités + quôte part d&#8217;amortissements + quôte part consommables.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">&#8230; rapporté à l&#8217;unité produite et vendue.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>7.3 &#8211; Principe de détermination du montant de la C.E.S. et de la C.E.S. &laquo;&nbsp;fictive&nbsp;&raquo;</h2>
<p style="text-align: justify;">Ce sont des fonctionnaires, suivant les consignes de proportionnalité données par les choix de la société civile (aidée par des économistes, sociologues, politiques, etc.), qui déterminent le montant de cette Contribution Eco Sociétale (C.E.S). Le montant de cette Contribution est toujours &laquo;&nbsp;par rapport à &#8230;&nbsp;&raquo; et donc évolutive et ajustable à tout moment, sous la réserve que le montant global de la C.E.S. issu de la commercialisation des biens et services de consommation (rajouté au loyer d&#8217;occupation résidentielle des sols) permette l&#8217;émission monétaire équivalente aux Revenus Sociaux (R.S.) et aux Rémunérations d&#8217;Activité (R.A.) non-marchands de l&#8217;ensemble de la population.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre08" name="chapitre08">Chapitre 8 : Synthétisation des échanges</a></h1>
<p style="text-align: justify;">Le terme &laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo; sera utilisé dans la suite. Il doit être entendu comme &laquo;&nbsp;autorisation budgétaire&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;autorisation d&#8217;engagement/autorisation de fonctionnement&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;autorisation de dépenses&nbsp;&raquo;. C&#8217;est l&#8217;Institut d&#8217;Emission Monétaire (l&#8217;I.E.M.) qui régule ces autorisations aux différents acteurs en fonction de l&#8217;activité globale et donc de la masse monétaire en circulation. Les demandes d&#8217;autorisation présentées par les acteurs sous forme de &laquo;&nbsp;budgets prévisionnels&nbsp;&raquo; qui pourront être diminués ou augmentés selon les besoins et les demandes de la société, les nécessités sociétales ou le risque inflationniste en cas d&#8217;excès de demande. Les dotations permettront également de limiter d&#8217;éventuels excès de &laquo;&nbsp;dépenses pharaoniques&nbsp;&raquo;. Bien évidemment, il n&#8217;y a pas de transfert réel de monnaie entre les acteurs, juste comptabilisation des prix de revient cumulés pour rester dans le cadre de cette dotation.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.1 &#8211; Les acteurs collectifs</h2>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong style="text-align: justify;">L&#8217;autorité monétaire (ou I.E.M.)</strong> : L&#8217;I.E.M. travaille en collaboration étroite avec un organisme de statistiques et un organisme d&#8217;aménagement du territoire.</li>
<li><strong style="text-align: justify;">Les organismes publics</strong> (gouvernements, régions, municipalités, hôpitaux, écoles, etc.) : Chacun a un compte achats/ventes où l&#8217;I.E.M. autorise un montant global de dépenses (&laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo;) au début de chaque exercice, sur présentation d&#8217;un budget prévisionnel correspondant aux investissements et aux dépenses de fonctionnement prévus.<br />
 Ces dotations ne sont pas cumulatives.</li>
<li><strong style="text-align: justify;">Les entreprises privées :</strong> Chacune a un compte achats/ventes où l&#8217;I.E.M. autorise un montant global de dépenses (&laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo;) au début de chaque exercice, sur présentation d&#8217;un budget prévisionnel correspondant aux investissements et aux dépenses de fonctionnement prévus.<br />
 Ces dotations ne sont pas cumulatives.</li>
<li><strong style="text-align: justify;">Les coopératives d&#8217;achats, coopératives de vente et autres associations de personnes :</strong> Comme la gestion de ces coopératives ou associations exige du temps de travail, elles sont considérées comme des entreprises privées et traitées comme telles par le système monétaire (voir plus haut).</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.2 : Les acteurs individuels</h2>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong style="text-align: justify;">Les personnes travaillant dans une entreprise privée :</strong> Chacune a un compte où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats inclus Contribution Eco Sociétale.</li>
</ul>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative (1) :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L&#8217;entreprise peut distribuer ou faire distribuer par l&#8217;I.E.M. sa &laquo;&nbsp;dotation mensuelle de RA » correspondant à son activité globale suivant une répartition entre les participants qui ne peut pas dépasser, à temps de travail égal, le minimum et le maximum dans sa catégorie écosociétale globale correspondant à sa production.</li>
<li>Pour les personnes travaillant dans un organisme public : Chacune a un compte où l&#8217;I.E.M. dépose R.S. + R.A. et retire le montant des achats, C.E.S. comprise.</li>
<li><strong>Les personnes ne produisant pas</strong> (enfants, retraités, étudiants, handicapés, etc.) : Chacune a un compte où l&#8217;I.E.M. dépose le Revenu Social (y compris, le cas échéant, le complément comme les retraites par exemple) et retire le montant des achats inclus Contribution Eco Sociétale&#8230;</li>
<li><strong>Les artisans :</strong> personnes produisant seules (artistes, artisans, consultants et autres travailleurs à leur propre compte) : Chaque artisan crée une entreprise privée qui vend les biens et services produits et comptabilise les biens et services consommés ou usés par cette production; cette entreprise artisanale est traitée par le système monétaire comme toute autre entreprise privée (voir plus haut). Chaque artisan, de même que les éventuels participants qui travaillent avec lui, a un compte personnel où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats, inclus Contribution Eco Sociétale&#8230;</li>
</ul>
</blockquote>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative (2)</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est l&#8217;artisan qui fixe le prix de sa main-d&#8217;œuvre dans les limites de la catégorie sociétale dont il fait partie. Dans ce cas, il achète ses matériels et matériaux (donc paye la C.E.S.). La facture au client comporte deux parties distinctes :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Le poste fournitures du chantier et amortissement du matériel. La dette de la C.E.S. est annulée sur le compte de l&#8217;artisan (ou remboursée s&#8217;il a déjà été débité).</li>
<li>La main d&#8217;œuvre. Le client est prélevé du montant total (heures d&#8217;activité correspondantes au R.A. des différents participants-employés de l&#8217;artisan + C.E.S. déterminée suivant le type d&#8217;activité), donc détruit en tant que consommation finale sur le compte du client.</li>
</ul>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>- les professions agricoles :</strong> Chaque agriculteur crée une entreprise privée qui vend les biens et services produits et comptabilise les biens et services consommés ou usés par cette production; cette entreprise est traitée par le système monétaire comme toute autre entreprise privée (voir plus haut). Les achats de bêtes dans le cas de l&#8217;éleveur sont assimilables à un amortissement du cas général. Chaque agriculteur, de même que les éventuels participants qui travaillent avec lui, a un compte personnel où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats, inclus Contribution Eco Sociétale.<br />
 La &laquo;&nbsp;terre cultivable&nbsp;&raquo; doit être gratuite et distribuée en fonction des capacités de chacun (ou dans le cas d&#8217;une installation sur étude du dossier). Il n&#8217;y a aucun loyer à payer, donc aucune répercussion d&#8217;un loyer qui serait inclus dans les prix de vente des produits. Il est évident que la Rémunération d&#8217;Activité propre du cultivateur et de ses employés sont variables dans les limites de la catégorie sociétale dont il fait partie, suivant là aussi son propre choix, ce qui laissera une &laquo;&nbsp;marge de concurrence&nbsp;&raquo;. Mais à notre sens le rôle de l&#8217;agriculteur doit être élargi à celui de &laquo;&nbsp;gardien du paysage&nbsp;&raquo;, ce travail générant (comme d&#8217;ailleurs pour quelques autres professions) une Rémunération d&#8217;Activité non_marchande (il est &laquo;&nbsp;fonctionnarisé&nbsp;&raquo; sur cette part), complémentaire à sa Rémunération d&#8217;Activité marchande.</p>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>(complément possible)</strong> L&#8217;agriculteur, la paysan reçoit une terre qu&#8217;il peut considérer comme sienne tant qu&#8217;il est capable de la travailler. Si par hasard il est efficace, et que d&#8217;autres terres sont disponibles alentour, il peut aussi les réclamer pour lui. Si au contraire il perd sa capacité à la travailler (par exemple parce que ses enfants ont décidé d&#8217;abandonner la ferme et qu&#8217;il vieillit), alors la terre est concédé à quelqu&#8217;autre personne qui peut et veut en assumer l&#8217;exploitation.<br />
 Le sociétalisme étant par nature humaniste, et comme nous connaissons l&#8217;attachement, l&#8217;amour du paysan pour sa terre nous proposons qu&#8217;il soit possible de pratiquer &laquo;&nbsp;l&#8217;adoption&nbsp;&raquo; de son successeur. L&#8217;usufruit serait donc transférable par donation, à tout moment et sans droits ni taxes à acquitter. Ainsi, un paysan qui a passé sa vie à mettre sa terre en valeur, et qui n&#8217;a pas de successeurs familiaux (qu&#8217;elle qu&#8217;en soit la raison), peut choisir de la laisser quand il le souhaite à une personne qu&#8217;il sait capable de poursuivre son oeuvre.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>- les professions libérales :</strong> Chaque professionnel libéral crée une entreprise privée. Il dispose, de même que les éventuels participants qui travaillent avec lui, d&#8217;un compte où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats, inclus Contribution Eco Sociétale&#8230; Chaque acte de profession libérale fait l&#8217;objet d&#8217;un « ticket modérateur » déduit du compte du client, lequel ticket modérateur est un prorata des revenus totaux des clients.</p>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative 1</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Prenons le cas de la médecine : il s&#8217;agit d&#8217;éviter deux excès en fonction des qualifications initiales d&#8217;un libéral, qui par ses qualifications mériterait un R.A. élevé mais aurait une activité très faible, ou au contraire, si la variable temps de travail intervient, une activité excessive au détriment des patients.<br />
 Il est d&#8217;abord déterminé un &laquo;&nbsp;indice&nbsp;&raquo; correspondant aux qualifications et à l&#8217;activité du professionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons le cas de deux médecins spécialistes du secteur libéral qui ont les mêmes qualifications et doivent disposer d&#8217;un RA de 2,5 pour une activité reconnue normale (nombre d&#8217;actes mensuels) :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>A) est 20% au-dessous de cette normale, mais c&#8217;est peut être parce qu&#8217;il prend plus de temps avec ses clients, son R.A. passe à 2,3 par exemple.</li>
<li>B) est 20% au-dessus, il &laquo;&nbsp;fait du chiffre&nbsp;&raquo;, mais son R.A. passe à 2,7.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Si le &laquo;&nbsp;ticket modérateur&nbsp;&raquo; fait intervenir le R.A. des praticiens, il sera 17% plus élevé pour le praticien B. L&#8217;autorégulation devrait, dans ce cas, pousser les patients à aller consulter de préférence le praticien A.</p>
</blockquote>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative 2</strong><br />
 Les professions libérales pourraient être considérées comme faisant partie du service public</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Les professions commerciales :</strong> Chaque distributeur crée une entreprise privée qui vend les biens et services produits et comptabilise les biens et services consommés ou usés par cette production; cette entreprise est traitée par le système monétaire comme toute autre entreprise privée. Le distributeur dispose, de même que les éventuels participants qui travaillent avec lui, d&#8217;un compte où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats inclus Contribution Eco Sociétale&#8230;<br />
 Quel est l&#8217;indice sociétal final d&#8217;un distributeur ou d&#8217;une société privée commerciale? La question est difficile. Si un distributeur vend un produit d&#8217;une grande valeur sociétale positive alors que c&#8217;est l&#8217;inverse pour un autre (mais le besoin et la demande existent quand même, prenons simplement le cas des cigarettes), le distributeur qui a un rôle antisociétal mais indispensable peut-il en être tenu responsable? Nous ne le pensons pas, c&#8217;est la raison pour laquelle nous avons précédemment classé les distributeurs dans une catégorie intermédiaire: la sécurité. Car c&#8217;est bien la sécurité d&#8217;approvisionnement qu&#8217;ils assurent.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.3 &#8211; Les transferts monétaires entre acteurs</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Transferts entre acteurs individuels :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Tout échange de monnaie de personne à personne (achat de bien d&#8217;occasion, par exemple) se fait de gré à gré et hors C.E.S., mais est enregistré à l&#8217;I.E.M. à des fins statistiques.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Tansferts entre acteurs collectifs :</strong></p>
<ul>
<li>Les échanges de monnaie entre acteurs collectifs sont interdits.</li>
<li>L&#8217;I.E.M. collecte les informations des transactions entre acteurs collectifs et autorise à intervalles fixes une &laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo; aux organismes publics et aux entreprises privées. Ces autorisations de dépenses ne sont pas cumulatives.</li>
<li>Tout achat de biens ou services par un acteur collectif à un autre acteur collectif est comptabilisé comme achat (au montant calculé par le fournisseur – voir plus loin) servant à la production mais ne donne lieu à aucun paiement.</li>
<li>Toute vente de biens ou services par une entreprise privée à un autre acteur collectif est comptabilisée au prorata à l&#8217;unité produite comme vente au montant de la somme des achats effectués pour produire ces biens ou services (y compris amortissements et frais de fonctionnement) plus le R.A. des employés pour la durée de ce travail mais ne donne lieu à aucun paiement.</li>
<li>Les organismes publics peuvent fournir gratuitement certains services essentiels (service de pompiers, par exemple) à d&#8217;autres acteurs collectifs.</li>
<li>Toute vente de biens ou services par un organisme public à un acteur collectif est chargée au montant d&#8217;un &laquo;&nbsp;ticket modérateur&nbsp;&raquo; fixé par règlement mais ne donnant lieu à aucun paiement.</li>
<li>On appellera &laquo;&nbsp;loyer&nbsp;&raquo; le &laquo;&nbsp;ticket modérateur&nbsp;&raquo; chargé à un acteur collectif par le service d&#8217;affectation/occupation/usage des sols.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Tansferts entre acteurs individuels et collectifs :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les versements de Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité à un acteur individuel par l&#8217;I.E.M. se font à intervalles fixes (mensuels ou bi-hebdomadaires).</li>
<li>Les retraits correspondant aux achats + C.E.S. à un acteur individuel par l&#8217;I.E.M. sont calculés et effectués à chaque transaction de cet acteur.</li>
<li>L&#8217;I.E.M. collecte les informations de toutes les transactions des acteurs individuels.</li>
<li>L&#8217;I.E.M. ne procède à aucune autre transaction avec des acteurs individuels.</li>
<li>Toute vente de biens ou services par une entreprise privée à un acteur individuel se fait au montant de la somme des achats effectués pour produire ces biens ou services (y compris amortissement et frais de fonctionnement) plus la Rémunération d&#8217;Activité des employés pour la durée de ce travail et plus la C.E.S. (le total de ces trois montants est retourné à l&#8217;I.E.M.).</li>
<li>Les organismes publics peuvent fournir gratuitement certains services essentiels (service de pompiers et d&#8217;ambulance, par exemple) aux acteurs individuels.</li>
<li>Toute vente de biens ou services par un organisme public à un acteur individuel est chargée au montant d&#8217;un &laquo;&nbsp;ticket modérateur&nbsp;&raquo; fixé par règlement et comptabilisé comme une C.E.S., donc retourné à l&#8217;I.E.M..</li>
<li>On appellera &laquo;&nbsp;écoloyer&nbsp;&raquo; la C.E.S. chargée à un acteur individuel par le service d&#8217;affectation/occupation/usage des sols à titre résidentiel.</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.4 &#8211; Les services et productions non-marchands</h2>
<p style="text-align: justify;">Dans le calcul actuel du PIB, les économistes considèrent comme &laquo;&nbsp;productions non_marchandes&nbsp;&raquo; par exemple: l&#8217;éducation, la justice, la police, l&#8217;armée (on y trouve même le jardin potager personnel ou le logement !). Dans le capitalisme, concernant ces productions non_marchandes, c&#8217;est le coût en travail qui détermine la valeur et non pas l&#8217;utilité du service fourni. Ainsi, l&#8217;activité associative n&#8217;intervient pas dans le PIB.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais en fait, le PIB n&#8217;est pas notre souci. Ce qui importe c&#8217;est le &laquo;&nbsp;bonheur individuel et collectif&nbsp;&raquo; et il n&#8217;existe pas encore d&#8217;indices fiables permettant de le calculer. Mais quoique ces indices n&#8217;existent pas, nous savons très bien qu&#8217;une société plus juste, plus confortable, plus tranquille, qui s&#8217;occupe mieux de ses malades et de ses personnes âgées, de même que de l&#8217;éducation de ses enfants, dans laquelle les transports sont facilités, etc, est une société où il fait bon vivre. N&#8217;est ce pas cela l&#8217;important ?</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque participant à la société, par son activité sociétale, apporte un petit plus à la qualité de vie générale. Comment donner une &laquo;&nbsp;valeur&nbsp;&raquo; à ceci, de telle manière à ce que ceux qui y participent le mieux ou le plus voient leur Rémunération d&#8217;activité améliorée, en remerciement de la part de toute la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Une proposition de classement des différentes activités a été donnée précédemment, nous n&#8217;y reviendrons pas considérant que ce n&#8217;est pas à nous de &laquo;&nbsp;décider&nbsp;&raquo; sauf à entrer dans le champ politique ou sociologique. Mais, exemple: une personne qui &laquo;&nbsp;donne&nbsp;&raquo; plusieurs heures de son temps pour apporter du &laquo;&nbsp;bienfait&nbsp;&raquo; au sein d&#8217;une association doit, à notre avis, recevoir un complément en &nbsp;&raquo; Rémunération d&#8217;Activité&nbsp;&raquo;. Bien, on le paye pour ses heures de travail&#8230; il a effectivement produit un service sociétal. Vous me direz, avec raison, qu&#8217;il va vite y avoir trop de monnaie en circulation par rapport aux biens produits et &laquo;&nbsp;à la vente&nbsp;&raquo; sauf à considérer ces activités comme étant &laquo;&nbsp;fonctionnarisées&nbsp;&raquo; et donc prises en charge par la communauté par le biais de la C.E.S.. Il nous semble donc qu&#8217;il faille que sur le compte du bénéficiaire soit déduit l&#8217;équivalent d&#8217;une Rémunération correspondante au service, éventuellement avec une C.E.S. égale à zéro. Il s&#8217;agit bien d&#8217;un payement, d&#8217;un transfert de monnaie (Il est évident que le bénévolat n&#8217;est toujours pas rémunéré: nous parlons ici de services rendus &laquo;&nbsp;payants&nbsp;&raquo;).</p>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative</strong><br />
 Lorsqu&#8217;un service aux particuliers est considéré comme une production sociétale collective indispensable, elle peut très bien être décidée &laquo;&nbsp;gratuite&nbsp;&raquo;. Dans ce cas, elle est considérée comme non_marchande et prise en charge par la société. Ceux qui la produisent sont donc considérés comme fonctionnaires. Si une quote-part est demandée au bénéficiaire (ticket modérateur), cette quote-part est considérée comme une C.E.S. et retranchée du compte du bénéficiaire.</p>
</blockquote>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.5 &#8211; la Sociétaxe dans les services et productions non-marchands</h2>
<p style="text-align: justify;">Celle ci doit permettre non seulement de partager le &laquo;&nbsp;Revenu social&nbsp;&raquo; au prorata de la consommation, mais également de couvrir les montants des Rémunérations d&#8217;activité de tous les fonctionnaires (employés de l&#8217;État et des collectivités locales), lesquels représentent près de 25% des salariés en France (4,5 millions), et dont le rôle est de satisfaire les besoins communs non-marchands : et nous revenons ici à la police, la justice, l&#8217;armée, l&#8217;éducation, etc&#8230; mais aussi, dans la recherche, l&#8217;équipement, et enfin la santé publique (hôpitaux et cliniques). Soit ces services et productions &laquo;&nbsp;fonctionnarisés&nbsp;&raquo; deviennent payants, soit ils restent une &laquo;&nbsp;charge collective&nbsp;&raquo; : c&#8217;est un choix politique mais surtout citoyen. L&#8217;usager doit-il payer individuellement pour ces services ou bien sont-ils à charge collective, les Rémunérations d&#8217;Activités (des fonctionnaires), étant dans cette dernière hypothèse couverts par la C.E.S.. ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dis autrement: doit-on les considérer comme une &laquo;&nbsp;consommation finale&nbsp;&raquo; ?</p>
<p style="text-align: justify;">Notre avis est que &laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo; : une collectivité locale peut facturer certains services rendus à des particuliers (pensons seulement au droit de stationnement ou aux parkings) dans la mesure où ce service ne bénéficie qu&#8217;à une partie de la population. Dans ce cas, le bénéficiaire n&#8217;aura qu&#8217;une C.E.S. à payer, par déduction sur son compte. Il n&#8217;y a aucun transfert monétaire vers la collectivité locale qui offre le service.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre09" name="chapitre09">Chapitre 9 : Questions et réponses</a></h1>
<p style="text-align: justify;"><em>Voici un petit jeu de réponses, à partir des questions qui nous ont été posées : Il peut évidemment y avoir quelques redites de certaines explications des chapitres qui précèdent. Le lecteur voudra bien nous en excuser.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q1 &#8211; Possibilité d&#8217;une écotaxe en tant qu&#8217;outil supplémentaire pour accélérer le mouvement ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi pas, mais nous ne sommes pas certains de son utilité puisque de toute façon la C.E.S. (SOCIÉTAXE) tiens compte des données écologiques; le système devrait s&#8217;autoréguler vers de plus en plus de biens &laquo;&nbsp;écologiques&nbsp;&raquo; en remplacement de ceux &laquo;&nbsp;anti-écologiques&nbsp;&raquo;.<br />
 Il reste néanmoins un outil qui est celui proposé dans le chapitre &laquo;&nbsp;utopie économique&nbsp;&raquo; p.178 et suivante du livre &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/Un-regard-citoyen-sur-l%C3%A9conomie/dp/2913492118" target="_blank">Un regard citoyen sur l&#8217;économie</a>&nbsp;&raquo; : imposer aux fabricants la responsabilité finale du recyclage et du stockage des produits polluants qu&#8217;ils ont mis &laquo;&nbsp;sur le marché&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q2 &#8211; Définition de &laquo;&nbsp;l&#8217;activité sociétale&nbsp;&raquo; : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est une activité dont les conséquences sont les plus bénéfiques pour l&#8217;ensemble de la société. On peut re-préciser : plus économe pour les ressources, plus économe en temps de travail, plus écologique, plus sociale, plus &laquo;&nbsp;humaine&nbsp;&raquo;, et qui permettra d&#8217;orienter la production pour favoriser l&#8217;épanouissement humain dans le respect des équilibres naturels, &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q3 &#8211; Qui va payer toutes les études et recherche nécessaires au progrès ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette idée écosociétaliste les revenus sont un partage (mensuel) à tous les citoyens de la valeur de l&#8217;ensemble de l&#8217;activité d&#8217;une zone donnée (pays ou fédération de pays) suivant les variables citées. Il n&#8217;y a plus aucune notion de &laquo;&nbsp;recette&nbsp;&raquo;, juste une notion de &laquo;&nbsp;valeur sociétale&nbsp;&raquo;. Donc si un entrepreneur estime que mettre à l&#8217;étude un nouveau gadget sur une automobile est une avancée sociétale, ceux qui en sont capables viendront travailler avec lui et si la valeur sociétale est effectivement &laquo;&nbsp;meilleure&nbsp;&raquo; que celle dans laquelle ils travaillaient jusque là ils verront leur Rémunération d&#8217;Activité augmenter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q4 &#8211; Comment feront les propriétaires des grands appartements des quartiers chics et les belles villas pour les entretenir ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On pourra peut être faire 4 appartements à la place d&#8217;un grand&#8230; ce qui permettra de loger immédiatement les 80.000 sans abris français, non ?<br />
 Mais il n&#8217;y a aucune raison de vouloir déposséder un propriétaire de son &laquo;&nbsp;grand appartement&nbsp;&raquo;&#8230; il n&#8217;y a aucune intention de toucher à la propriété privée d&#8217;usage personnel dans l&#8217;idée sociétaliste.<br />
 Si les propriétaires ont des Rémunérations importantes, conséquence de leur niveau de rémunération déterminé par les variables (et donc de leur &laquo;&nbsp;engagement sociétal&nbsp;&raquo;) ils pourront les entretenir ou les acheter et payer l&#8217;écoloyer (droit &laquo;&nbsp;d&#8217;occupation du sol&nbsp;&raquo;). Ceux qui auront les meilleures Rémunérations sociétales pourront avoir les moyens d&#8217;acheter les plus belles choses&#8230; La valeur des biens est une fonction de leur rareté et des capacités d&#8217;achat d&#8217;une clientèle c&#8217;est bien dans la finalité de cette idée : ne plus lier les Rémunérations au &laquo;&nbsp;capital détenu&nbsp;&raquo; ou a une activité &laquo;&nbsp;destructrice&nbsp;&raquo;, mais à l&#8217;utilité sociale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q5 &#8211; A qui seraient payés les loyers d&#8217;habitation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un des points de discussion difficile. Si on part de l&#8217;état actuel de la propriété privée, un propriétaire peut louer son ou ses biens immobiliers, mais dans ce cas son revenu n&#8217;aurait plus aucun rapport avec une rémunération sociétale.<br />
 Imaginons deux cas qui peuvent se poser au moment de la mise en place de l&#8217;écosociétalisme; une des solutions pourrait être la suivante :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Un propriétaire dispose d&#8217;un ou plusieurs biens immobiliers qu&#8217;il loue. Ces biens deviennent par décret &laquo;&nbsp;propriété de la nation&nbsp;&raquo;. Comme dans le système actuel (expropriation), le propriétaire doit être indemnisé. Son indemnisation consiste à lui assurer par exception, et jusqu&#8217;à la fin de sa vie, une Rémunération d&#8217;Activité non-marchande. Ce &laquo;&nbsp;droit&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas transmissible.</li>
<li>Même cas de figure mais les propriétés appartiennent à des sociétés (S.C&#8230;I, S.A., S.A.R.L.) : Chaque actionnaire est indemnisé de la même manière proportionnellement à sa mise de fond dans le système capitaliste jusqu&#8217;à un revenu d&#8217;activité non-marchand d&#8217;indice maximal.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Nous pensons que ces montants d&#8217;indemnisation en &laquo;&nbsp;Revenus d&#8217;Activité non-marchand&nbsp;&raquo; (qui seront évidemment payés par tous les citoyens consommateurs par l&#8217;intermédiaire des C.E.S. qu&#8217;ils payent lors de l&#8217;achat d&#8217;un bien ou sevice) devraient être déterminés par la Justice qui s&#8217;appuiera sur des lois votées par le Parlement. Evidemment les structures légales de propriété privée dans des structures de &laquo;&nbsp;sociétés commerciales&nbsp;&raquo; sont dissoutes puisque leur objet même est de faire des bénéfices. Néanmoins des formules de &laquo;&nbsp;propriété associative&nbsp;&raquo; pourraient les remplacer.<br />
 Les locataires payeront un écoloyer (celui du marché) par une simple destruction sur leur compte du montant, avec information à l&#8217;&nbsp;&raquo;Institut d&#8217;Émission Monétaire&nbsp;&raquo; (I.E.M.). L&#8217;équilibre de la monnaie par rapport à l&#8217;activité nationale n&#8217;est qu&#8217;un problème comptable de la valeur/durée retenue des biens. De toute façon ces biens feront l&#8217;objet d&#8217;une possibilité de vente aux particuliers qui désirent les acquérir pour leur résidence. Ceux qui ne trouvent pas acquéreurs entreront dans le &laquo;&nbsp;patrimoine national&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q6 &#8211; Qui va acheter les objets d&#8217;arts qui coûtent jusqu&#8217;à des millions d&#8217;euros ou d&#8217;autres biens et services coûteux ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est aussi à chacun de déterminer l&#8217;utilisation qu&#8217;il fait de ses revenus.<br />
 On pourra dire &laquo;&nbsp;mais personne ne pourra acheter des biens très chers avec des revenus seulement issus du travail et ils risquent de quitter la zone sociétale !&nbsp;&raquo;. Nous répondons : et alors ?<br />
 Ceci dit l&#8217;exportation d&#8217;objets d&#8217;arts sans autorisation est déjà interdite. Il n&#8217;y a pas d&#8217;empêchement d&#8217;achat, il suffit d&#8217;avoir les Rémunérations sociétales nécessaires (conséquence eux même d&#8217;une forte implication sociétale)&#8230; la valeur d&#8217;un objet rare suivra néanmoins la loi de l&#8217;offre et de la demande. S&#8217;il y avait exportation illégale d&#8217;un objet d&#8217;art, l&#8217;exportateur ne pourrait utiliser son argent étranger qu&#8217;à l&#8217;extérieur de la &laquo;&nbsp;zone sociétaliste&nbsp;&raquo;.<br />
 Quant à &laquo;&nbsp;c&#8217;est à chacun de dire ce qu&#8217;il trouve utile pour lui !&nbsp;&raquo;&#8230; Oui sous réserve qu&#8217;ils soient produits, mais l&#8217;autorégulation permise par l&#8217;augmentation des Rémunérations de ceux qui produisent d&#8217;une manière sociétale en opposition aux faibles Rémunérations de ceux qui produisent des produits inutiles amènera progressivement à ce que seuls les produits sociétaux seront fabriqués&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q7 &#8211; Qui va travailler pour effectuer des travaux qui n&#8217;ont guère d&#8217;intérêt ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si des services ou des productions marchandes ou non-marchandes sont sociétalement utiles ceux qui y participeront seront les mieux payés. Là encore nous restons dans la loi de l&#8217;offre et de la demande au niveau des Rémunérations d&#8217;Activité, même si ces Rémunérations sont déterminées par une structure &laquo;&nbsp;démocratique&nbsp;&raquo;. Si personne, pour des raisons de pénibilité ou autre, ne veut travailler à produire ces biens ou services pour une Rémunération d&#8217;Activité initiale donnée, l&#8217;augmentation de la Rémunération d&#8217;Activité pour cette catégorie d&#8217;emploi peut être un outil permettant de les y inciter.<br />
 Si des travaux sont sociétalement inutiles on abandonnera leur fabrication puisque personne ne souhaitera travailler à les produire pour une Rémunération faible.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q8 &#8211; Qui décidera ce qui est sociétalement utile ou pas ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nos concitoyens seront capables de déterminer ce qui est le plus sociétal, soit par des commissions citoyennes spécialisées, soit par référendum d&#8217;initiative citoyenne, soit par une structure administrative ou législative. Cette question deviendra le sujet politique prioritaire; elle modifiera le paysage politique et donnera un vrai sens à la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q9 &#8211; L&#8217;utilité sociétale de nombreuses associations sera difficile à justifier et cela est fait en LOISIR, pas en travail !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il ne semble pas normal de faire supporter par la collectivité de quelconques Rémunérations d&#8217;Activité au sein d&#8217;associations de &laquo;&nbsp;loisir&nbsp;&raquo;, sauf s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une demande collective (associations sociétalement utiles) : un animateur d&#8217;une association sociétalement utile serait bien évidemment rémunéré par un Revenu d&#8217;Activité non_marchand.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q10 &#8211; Il est à craindre que les Français les plus actifs ou inventifs quittent la France et l&#8217;U.E ce qui ne me semble pas très bon pour la société.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est pas certain du tout car il semble certain qu&#8217;on vivra mieux dans un système écosociétaliste, sauf peut être pour quelques &laquo;&nbsp;gros capitalistes&nbsp;&raquo; qui actuellement vivent sur le dos du reste de la société. Ca dépendrait aussi sans doute de l&#8217;échelle de Rémunération, mais quel intérêt de vivre dans un pays de &laquo;&nbsp;compétition économique&nbsp;&raquo; alors qu&#8217;on peut vivre dans un pays où celle ci a disparu et où la liberté d&#8217;entreprendre, de réfléchir ou de travailler n&#8217;est pas lié à la performance commerciale et compétitive mais l&#8217;amélioration du bien être de toute la société. La performance serait ainsi bien récompensée par la différence de Rémunération, mais cette différence ne serait plus la conséquence de la capacité à &laquo;&nbsp;enfoncer&nbsp;&raquo; son voisin ou voler la société, mais de mettre ses capacités à apporter plus d&#8217;humanisme dans la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q11 &#8211; Il n&#8217;empêche que le problème restera que les inactifs auront des ressources très proches des actifs; cela pose déjà un gros problème il ne devrait qu&#8217;augmenter.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement&#8230; l&#8217;échelle des Revenus d&#8217;Activité peut être de 1 à 3, de 1 à 5 ou de 1 à 10&#8230; ce n&#8217;est pas aux économistes d&#8217;en décider, mais c&#8217;est à eux d&#8217;expliquer qu&#8217;une échelle plus large diminue proportionnellement le niveau le plus bas du Revenu Social, puisque c&#8217;est l&#8217;ensemble de la production marchande qui est la base de calcul du montant de la C.E.S. (SOCIÉTAXE) qui peut être réparti.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q12 &#8211; Avec ce système en Europe comment échanger avec le reste du monde ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans un système de type distributiste, on ne peut importer plus que ce qu&#8217;on exporte&#8230; dans un système qui ne serait pas mondialement sociétal devrait exister une &laquo;&nbsp;monnaie d&#8217;échange internationale&nbsp;&raquo; Cela pourrait être tel que Keynes l&#8217;avait proposé à Bretton Wood en 1944 sous forme d&#8217;une union de compensation internationale (The International Clearing Union) et une nouvelle unité de compte internationale qu&#8217;il avait appelé le &laquo;&nbsp;bancor&nbsp;&raquo;.<br />
 Le troc à l&#8217;import export est également une solution viable mais qui, pour des facilités comptables, amènera à une chambre de compensation et donc à l&#8217;établissement d&#8217;une unité de compte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q13 &#8211; Un étranger peut-il acheter chez nous ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un étranger pourrait acheter chez nous avec la monnaie qu&#8217;il aurait &laquo;&nbsp;gagné&nbsp;&raquo; en action sociétale dans notre pays, mais plus logiquement payer en devises (puisque de toute façon, nous aurons besoin de devises pour certaines importations). Il en est de même si c&#8217;est pour passer des vacances en Europe par exemple&#8230; chaque monnaie a de toute façon un &laquo;&nbsp;taux de change&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q14 &#8211; Rôle de la publicité ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;publicité informative&nbsp;&raquo; (tel &laquo;&nbsp;60 millions de consommateurs&nbsp;&raquo;) doit garder son rôle. La publicité en tant que moteur à la consommation n&#8217;a plus de raison d&#8217;être puisque la finalité n&#8217;est plus de vendre toujours plus et de créer des besoins dont personne n&#8217;a besoin, et que vendre plus n&#8217;augmentera que peu la Rémunération de ceux qui fabriquent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q15 &#8211; Quid des taxes et impôts ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La simple réflexion concernant le système écosociétal démontre qu&#8217;il n&#8217;est plus nécessaire de lever taxes et impôts à part la C.E.S. (SOCIÉTAXE), uniquement &laquo;&nbsp;perçue&nbsp;&raquo; sur la consommation.<br />
 On peut considérer &laquo;&nbsp;l&#8217;écoloyer&nbsp;&raquo; comme une &laquo;&nbsp;Contribution d&#8217;habitation&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q16 &#8211; Serons-nous tous fonctionnaires ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non ! Dans notre esprit, puisque ces discussions sont parties d&#8217;un &laquo;&nbsp;modèle&nbsp;&raquo; que nous tentons de théoriser :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La production doit être comprise de manière globale (marchande et non-marchande si on reste dans les définitions actuelles). Dire à ce moment là qu&#8217;elles sont issues d&#8217;un travail fonctionnarisé n&#8217;a plus réellement &laquo;&nbsp;de sens&nbsp;&raquo;, car ce qui importe c&#8217;est l&#8217;effet sociétal qu&#8217;induit toute forme de production. Mais il restera évidemment des fonctionnaires employés de l&#8217;État ou des collectivités locales.</li>
<li>Ce n&#8217;est pas l&#8217;État qui devient l&#8217;employeur sur tout le système productif car il n&#8217;y a pas de changement concernant les structures productrices privées, mis à part l&#8217;actionnariat qui disparait ainsi que les notions même de bénéfice et d&#8217;investissement&#8230; mais c&#8217;est bien l&#8217;État, par l&#8217;intermédiaire de l&#8217;Institut d&#8217;Emission Monétaire qui distribue les revenus (Revenu Social et Rémunération d&#8217;Activité), cette distribution pouvant tout à fait être très décentralisée.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Il faut donc plutôt dire que c&#8217;est l&#8217;État qui est chargé du calcul de l&#8217;&nbsp;&raquo;activité nationale&nbsp;&raquo; et qui émet la monnaie correspondante&#8230; mais comme la monnaie n&#8217;est &laquo;&nbsp;qu&#8217;un signe&nbsp;&raquo; il peut très bien y avoir des intermédiaires de distribution qui seraient des structures collectives locales.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autre part la monnaie distribuée mensuellement est détruite à l&#8217;acte d&#8217;achat (ce qui n&#8217;est qu&#8217;une simple extrapolation du système de crédit bancaire actuel, sauf qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;intérêts) et le travail et ses effets productifs induisent des Rémunérations complémentaires au Revenu social. Le revenu total comporte donc deux éléments : d&#8217;une part un Revenu de base versé sans aucune condition à tous (Revenu Social), d&#8217;autre part une Rémunération complémentaire (Rémunération d&#8217;Activité)&#8230; l&#8217;ensemble des revenus ne pouvant être que le partage de la valeur globale de la production de biens et services &laquo;&nbsp;vendable&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q17 &#8211; Propriété du sol et du sous-sol ? indemnisation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Hormis le cas particulier de l&#8217;habitation principale dont nous avons parlé, la propriété privée du sol et du sous-sol devient collective. Il n&#8217;y a aucune raison, si ce n&#8217;est une appropriation historique, que des particuliers (ou des sociétés) se soient &laquo;&nbsp;appropriés&nbsp;&raquo; (même légalement), par exemple des sources ou des mines pour tirer bénéfice de l&#8217;extraction de biens communs. Dans une période de transition, puisque l&#8217;écosociétalisme ne permet pas l&#8217;accumulation de capital si ce n&#8217;est celui de l&#8217;épargne individuelle (consommation différée), et jusqu&#8217;au décès des actuels propriétaires, une rémunération complémentaire pourrait leur être servie. Ce seraient les derniers &laquo;&nbsp;rentiers&nbsp;&raquo; d&#8217;une nouvelle société, et seulement limité à une génération.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q18 &#8211; Une monnaie uniquement électronique présente de gros risques.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Guère plus qu&#8217;actuellement les systèmes de cartes bancaires&#8230; mais pour ceux qui seraient allergiques, ou en cas de panne du système informatique, ou de perte de la &laquo;&nbsp;carte de monnaie électronique&nbsp;&raquo;, les chèques pourraient être autorisés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q19 &#8211; Qui détermine le montant des C.E.S. (SOCIÉTAXE), et sur quelles bases ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont des fonctionnaires, suivant les consignes de proportionnalité données par les choix de la société civile (aidée par des économistes, sociologues, politiques, etc.). Le montant de cette Contribution est toujours &laquo;&nbsp;par rapport à &#8230;&nbsp;&raquo; et donc évolutive et ajustable à tout moment, sous la réserve que le montant global issu de la commercialisation des biens et services de consommation (rajouté au loyer d&#8217;occupation résidentielle des sols) permette l&#8217;émission monétaire équivalente aux Revenus Sociaux et aux Rémunérations d&#8217;Activité non-marchande de l&#8217;ensemble de la population.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q20 &#8211; Je veux réaliser un objet artisanal pour un voisin : dois-je payer une C.E.S. (SOCIÉTAXE) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;exonération de C.E.S. dans le cas d&#8217;activités ponctuelles ne pose pas de gros problème, et peut même favoriser l&#8217;initiative individuelle et la micro-économie de proximité (système séliste), en simplifiant les démarches. Par contre, dès qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une activité permanente, d&#8217;un &laquo;&nbsp;métier&nbsp;&raquo;, d&#8217;une entreprise artisanale qui commence à embaucher, alors les règles changent, car il y a des salariés, qui doivent avoir un Revenu d&#8217;Activité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q 21: Peut-on dire que le système écosociétaliste est un intégrateur monétaire ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le système écosociétaliste est bien un intégrateur qui tend à ramenerà zéro l&#8217;écart entre Somme des R.S. + Somme des R.A. + Somme des C.E.S. par le taux de C.E.S.. La valeur-cible de Somme des C.E.S pour le prochain cycle est une projection faite depuis l&#8217;erreur sur le cycle terminé, la valeur réelle dépendra des ventes en consommation finale (dont le détail est non-prédictible), ce qui garantit une erreur à la fin du prochain cycle, erreur qu&#8217;il faudra compenser au cycle suivant, etc. C&#8217;est le schéma classique d&#8217;un oscillateur, ce qui veut dire que l&#8217;existence d&#8217;un régime d&#8217;oscillation est garantie et que celle d&#8217;un régime chaotique est très probable.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, dans le cas de notre société, il y aurait chaque année un grand déballage, qui amènerait à &laquo;&nbsp;faire les compte&nbsp;&raquo; (le &laquo;&nbsp;bilan de la richesse nationale&nbsp;&raquo;). Donc, à la fin de chaque exercice annuel, ce qui représente un cycle assez long pour enregistrer les dérives, mais trop court pour ne pas pouvoir rattraper les écarts, il y aura publication de la masse monétaire émise et de la masse monétaire détruite. Par ailleurs, les données industrielles seront publiées en même temps, donnant une estimation, que l&#8217;on espère peu biaisée, de la valeur de la production.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ensemble de ces paramètres sera le point de départ de la nouvelle grille de la C.E.S (SOCIÉTAXE). C&#8217;est à dire que les taux de C.E.S seront ou augmentés ou diminués d&#8217;un même facteur, de façon à compenser l&#8217;écart monétaire à la fin de l&#8217;année suivante, par exemple en tablant sur une consommation et des révenus identiques. Bien sûr, des projections multi-factorielles sur les tendances évolutives des différents secteurs d&#8217;activités pourront être utilisées en tant qu&#8217;outil limitant les écarts entre prévision et réalité à la fin d&#8217;un cycle. Pourra aussi être prise en compte une évolution différenciée de la grille de la C.E.S, ainsi que de l&#8217;échelle des revenus, en fonction des changements sociaux attendus, ou voulus.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout cela pour dire que nous aurons affaire certes à un oscillateur, mais à un oscillateur entretenu, et en plus guidé dans des limites étroites par un processus de contrôle externe, ce qui étend considérablement son champ de stabilité. Cela implique par force un système centralisé de contrôle des activités économiques, mais, comme je l&#8217;avais déjà fait remarqué, le système physique réel peut être très décentralisé. Au sommet, un calculateur ne fait qu&#8217;intégrer les bilans comptables des comptes dont chaque serveur est gestionnaire, sans jamais entrer dans le détail des données individuelles. Ceci, outre l&#8217;avantage de protéger mieux la vie privée, garantit une forte indépendance aux événements extraordinaires, et donc une plus grande insensibilité à la paralysie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la mesure où toute destruction monétaire est le résultat d&#8217;un acte final d&#8217;achat par un individu, ou groupement d&#8217;individu titulaire d&#8217;un compte unique (cf. une coopérative de logement), il suffit pour chaque compte de faire le bilan (monnaie créé ou gagné par le commerce) &#8211; (monnaie dépensée). La somme de toutes les sommes donne le bilan global de l&#8217;activité monétaire. Par ailleurs, le sytème étant simplifié, l&#8217;utilité d&#8217;avoir plusieurs comptes est réduite, et donc la comptabilité est plus aisée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q22 &#8211; Puisque les municipalités (ou les régions) n&#8217;ont aucune rentrées fiscales propres, elles pourraient décider des travaux pharaoniques (ou une inflation de services) payés par la collectivité !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">De la même manière qu&#8217;existent actuellement les dotations (c&#8217;est le terme officiel) aux communes et aux régions, l&#8217;I.E.M. (ou une administration rattachée) pourrait donner à ces structures une &laquo;&nbsp;dotation fictive&nbsp;&raquo; annuelle (&laquo;&nbsp;vous avez tel budget autorisé&nbsp;&raquo;) en fonction du nombre d&#8217;habitants ou d&#8217;autres critères tendant à des rééquilibrages dans les équipements des communes. Les municipalités choisissent ensuite, la répartition de la &laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo; comme maintenant en fonctionnement ou équipement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q23 &#8211; Que se passerait-il dans le cas d&#8217;une production totalement robotisée (y compris en amont) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce cas le prix de vente ne serait &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; les Rémunérations d&#8217;Activité des intermédiaires (distributeurs) + la C.E.S. (qui prend en compte l&#8217;appauvrissement du pays en matières premières).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q24 &#8211; In fine, à qui appartient une entreprise et quel serait son statut légal ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une entreprise, quelle qu&#8217;elle soit, n&#8217;a aucune &laquo;&nbsp;appartenance privée&nbsp;&raquo; légale : elle appartient à l&#8217;ensemble de la collectivité et il ne lui est pas attribué de &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; dont elle n&#8217;a nul besoin. Elle est néanmoins &laquo;&nbsp;personne morale&nbsp;&raquo; et à ce titre une nouvelle forme de statut, probablement proche de statuts associatifs (ou coopératifs), devra être établie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q25 – La  C.E.S. ( SOCIÉTAXE) est-elle un prélèvement?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes plus ou moins dans le cas de la poule et de l&#8217;œuf. C&#8217;est à dire que d&#8217;une certaine manière, les Revenus Sociaux plus les Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands (R.S. et R.A.nm) sont payés par les &laquo;&nbsp;prélèvements&nbsp;&raquo; de C.E.S., mais le montant de la C.E.S. est justement adapté pour pouvoir payer/absorber ces rémunérations/revenus improductifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est donc invalide de penser en terme de &laquo;&nbsp;de la C.E.S. en plus permet de payer plus de Revenus&nbsp;&raquo;, ou au contraire &laquo;&nbsp;la baisse de production diminue les Revenus des non productifs&nbsp;&raquo;. Le système réel est de fixer a priori le montant de C.E.S. qui doit être distribué pour assurer les Revenus Sociaux et Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands, puis de ventiler ce montant sur la production en fonction des critères écosociétaux. Ensuite, le choix des variations est politique: ou bien on choisit de maintenir les revenus des non productifs en cas de baisse de la production, et donc on augmente proportionnellement le &laquo;&nbsp;prélèvement&nbsp;&raquo; sur chaque unité vendue, soit on choisit de maintenir les prix, mais ce faisant on diminue les Revenus Sociaux et Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les deux cas, une baisse de la production se traduit par une perte globale de pouvoir d&#8217;achat, ce qui devrait inciter les gens à travailler, et donc favoriser la production. C&#8217;est une boucle automatique de régulation.<br />
 Le terme &laquo;&nbsp;prélèvement&nbsp;&raquo; de C.E.S. est usurpé, puisque la C.E.S. est le puits monétaire, le pendant négatif de la création des Revenus Sociaux et Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands, tout autant que leur source ! Ce n&#8217;est donc pas à proprement parler un prélèvement en vue d&#8217;une redistribution, mais aussi un compensateur à posteriori de la masse monétaire émise pour payer les Revenus Sociaux et Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands du cycle précédent. D&#8217;où l&#8217;image de la poule et de l&#8217;œuf&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q26 &#8211; L&#8217;écosociétalisme n&#8217;est-il pas un nouvel habillage du marxisme, du socialisme, du communisme ou du collectivisme ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;écosociétalisme pourrait effectivement être un avatar du collectivisme si les &laquo;&nbsp;décisions de fonctionnement&nbsp;&raquo; étaient le fait non pas de la population à chaque niveau de subsidiarité, mais décrétées au sommet.<br />
 Dans l&#8217;esprit des sociétalistes, la collectivité n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;l&#8217;État&nbsp;&raquo; (un système administratif pyramidal) mais bien chacun des citoyens<br />
 Le système est proposé très décentralisé. Il n&#8217;y a pas d&#8217;entité supérieure (ou administrative) qui décide tout sur tout. Il reste un équilibre avec l&#8217;économie de marché puisque la demande (et la production) d&#8217;un produit ou d&#8217;un service, même s&#8217;il est peu sociétal, reste possible : ce n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;l&#8217;État&nbsp;&raquo; qui décide.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;État n&#8217;est pas la communauté et la communauté est plus que l&#8217;État. En ce sens l&#8217;État actuel outrepasse ses droits sur ceux de la communauté.<br />
 Il n&#8217;en reste pas moins évident que l&#8217;avènement du sociétalisme dans un État démocratique ne peut se concevoir sans qu&#8217;une majorité ne l&#8217;adopte.<br />
 Le sociétalisme prône la responsabilité individuelle : être responsable, cela veut dire assumer soi-même les conséquences de ses propres actes.<br />
 Il prône également la liberté individuelle, et cette liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. De ce fait, toute production destructrice étant nuisante, il est naturel que l&#8217;écosociétalisme propose de diminuer les revenus de ceux qui participent à ces productions et donc d&#8217;augmenter relativement ceux qui oeuvrent pour l&#8217;épanouissement de &laquo;&nbsp;la société humaine&nbsp;&raquo; à travers son environnement de biens et de services.</p>
<p style="text-align: justify;">Les biens du domaine privé (l&#8217;habitation par exemple), l&#8217;épargne individuelle, les biens mobiliers restent du domaine privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le but d&#8217;une entreprise n&#8217;est plus de faire du bénéfice, mais de produire les biens (ou services) nécessaires au confort et aux vrais besoins de la population. Il n&#8217;est pas non plus spécialement de &laquo;&nbsp;vendre moins cher&nbsp;&raquo;, mais de produire dans le meilleur rapport &laquo;&nbsp;qualité sociétale/coût de fabrication&nbsp;&raquo; et c&#8217;est la Contribution Eco Sociétale (C.E.S.) qui ajuste le prix de vente pour tenir compte que le coût de fabrication sera plus élevé au moins sur une partie de la production si elle est plus sociétale, puisque les Rémunérations d&#8217;Activité individuelles (R.A.) de ceux qui produisent seront plus élevées.</p>
<p style="text-align: justify;">Le collectivisme prône la propriété des moyens de production (capital productif) et d&#8217;échange (la monnaie) à la collectivité. Donc, à ce niveau, c&#8217;est exact, on peut dire que l&#8217;écosociétalisme est collectiviste. Néanmoins, tout &laquo;&nbsp;capital productif&nbsp;&raquo; est une richesse communautaire qui doit être préservé de l&#8217;appropriation individuelle dans le respect des générations à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le marxisme considère &laquo;&nbsp;De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins&nbsp;&raquo;, le sociétalisme envisage &laquo;&nbsp;A chacun sans condition suivant les besoins fondamentaux, et à chacun, en plus, selon son activité pour le bien commun&nbsp;&raquo;. Ce n&#8217;est plus collectiviste car l&#8217;effort individuel vers des effets sociétaux est récompensé et &laquo;&nbsp;l&#8217;échelle de récompense&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas fixée elle-même par le système (l&#8217;échelle des Rémunérations d&#8217;Activité est prise dans nos exemples de 0 à 3, mais elle pourrait l&#8217;être de 0 à X), mais bien par un choix démocratique.<br />
 L&#8217;économie écosociétale est si originale et innovante qu&#8217;elle constitue une véritable alternative au système économique établi mais il est vrai que sans des notions éthiques, morales et philosophiques l&#8217;écosociétalisme ne serait qu&#8217;un superbe mais inutile exercice de style.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q27 &#8211; Bien; le prix de vente intègre le prix des productions amonts et le coût du travail. Mais la monnaie qui sert à payer ce prix n&#8217;est pas reversée au producteur pour couvrir les frais induits : elle est détruite. Si les productions restent invendues, les finances de la coopérative de production ne s&#8217;en trouvent en rien pénalisées. Par contre il va alors se créer un déséquilibre entre la masse monétaire disponible et la richesse sociale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette observation est tout à fait pertinente. De ce fait nous apportons deux réponses sous deux angles de vue différents :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>1) – Tout ce qui est production invendue peut être considérée comme &laquo;&nbsp;production non-marchande&nbsp;&raquo;. Elle va donc être financée dans un premier temps par une augmentation de la C.E.S. sur l&#8217;ensemble des biens vendus.<br />
 A ce titre, cette production pourra, si c&#8217;est possible et nécessaire, être proposé sur le marché à un prix &laquo;&nbsp;soldé&nbsp;&raquo; jusqu&#8217;à ce que les stocks soient épuisés.<br />
 Dans le même temps, la coopérative de production sera informée (comme l&#8217;est actuellement une entreprise qui voit ses stocks augmenter) et si ses participants souhaitent garder chacun leur Rémunération d&#8217;Activité ils vont devoir réduire la production.<br />
 Que la masse monétaire ne soit pas &laquo;&nbsp;exactement&nbsp;&raquo; équilibrée à un instant &laquo;&nbsp;t&nbsp;&raquo; avec la richesse sociale n&#8217;est pas très important. Nous avons ce genre de déséquilibre dans le système actuel. Le principal est que l&#8217;inadéquation production-vente induise des correctifs les plus rapides possibles</li>
<li>2) – Comme toute entreprise, les entreprises coopératives écosociétales auront à tenir une comptabilité, qui tiendra compte de la valeur des entrées (machines, matières premières, fournitures annexes), et des sorties (amortissement, écoulement des stocks).<br />
 Il existe un principe assez simple à mettre en oeuvre, c&#8217;est celui qui consiste à suivre la monnaie sur chaque compte électronique des entreprises.<br />
 Lorsque le compte reçoit beaucoup plus de monnaie pour travail déclaré qu&#8217;il n&#8217;est enregistré de destruction de monnaie correspondant à l&#8217;achat de sa production, le compte est rééquilibré par des dotations diminuées jusqu&#8217;à épuisement du déséquilibre, autrement dit l&#8217;entreprise coopérative écosociétale ou l&#8217;artisan travaille en recevant un Revenu d&#8217;Activité réduit jusqu&#8217;à ce que la production excédentaire soit écoulée.<br />
 Deux cas de figure se présentent alors : soit la production est poursuivie, mais avec un prix décroissant par unité (puisque le Revenu d&#8217;Activité diminue pour une ou plusieurs étapes de fabrication), soit la production cesse ou se transforme pour correspondre à une véritable demande naturelle de la population.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q28 &#8211; Que deviennent les &laquo;&nbsp;professions&nbsp;&raquo; médiatiques à fort revenu (acteurs, mannequins, chanteurs, show-biz en général et les sportifs médiatisés tels footballeurs, pilotes de F1, ou autres) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelle société voulons-nous ? Une société spectacle, une société du paraître, une société des inégalités, une société dans lesquels les revenus sont le plus souvent l&#8217;effet de la chance (qu&#8217;elle soit celle de la naissance, de l&#8217;héritage ou des gènes), ou une société dans laquelle chacun est rémunéré en fonction de son apport à cette même société et de l&#8217;effort individuel vers des effets sociétaux ?<br />
 L&#8217;échelle des Rémunérations d&#8217;Activité est bien un choix démocratique. Si ce choix démocratique décide qu&#8217;il faut permettre l&#8217;accès à 100 fois le revenu de base à ces gens, pourquoi pas, nous l&#8217;accepterons. Mais ce n&#8217;est pas notre choix !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q29 &#8211; Si j&#8217;ai bien compris, le sociétalisme propose de changer la logique de l&#8217;économie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui ! Et si l&#8217;objectif fondamental de l&#8217;Economie était l&#8217;être humain, son épanouissement, le profit collectif en lieu et place du profit individuel ?<br />
 Cela est possible en plus d&#8217;être souhaitable.<br />
 Comme la monnaie n&#8217;est qu&#8217;un déclencheur d&#8217;activité dans la mesure où ceux qui vont produire ont confiance dans l&#8217;émetteur qui leur garanti ainsi de pouvoir participer au partage des richesses produites, ne pourrais t-on avoir autant confiance dans l&#8217;État que dans les banques privées, dans une monnaie produite symétriquement à la production et détruite de la même manière lors de la consommation ? Evidemment que oui.<br />
 Dans l&#8217;entreprise sociétale, les résultats iront en partie aux apporteurs de travail, d&#8217;intelligence, d&#8217;imagination créatrice et pour une autre partie à l&#8217;ensemble de la société. Le coût des outils de production s&#8217;imputera dans les prix de revient. N&#8217;ayant plus besoin de capitaux, il ne restera plus que des apporteurs d&#8217;industrie. Leur risque sera celui du montant de leur rémunération et de la pérénité de leur activité.<br />
 Les statuts très libres de ces &laquo;&nbsp;entreprises sociétales&nbsp;&raquo; définiront l&#8217;objet social, le mode de désignation des dirigeants (partenaires généraux), le mode de prise de décision collective, le mode de répartition des Rémunérations d&#8217;Activité.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre10" name="chapitre10">Chapitre 10 : en guise de conclusion</a></h1>
<p style="text-align: justify;">Nous avons, dans les pages de ce livre, développé l&#8217;écosociétalisme, système monétaire et économique. Plusieurs fois nous avons fait allusion à un &laquo;&nbsp;système sociétal&nbsp;&raquo;, sans le définir plus avant qu&#8217;un &laquo;&nbsp;Mouvement&nbsp;&raquo; qui préconise, pour l&#8217;essentiel, l&#8217;instauration d&#8217;un système économique et politique basé sur les Droits de l&#8217;Homme et le respect de l&#8217;environnement, la réappropriation de la création monétaire par la collectivité, la gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie, la répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen, la démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité. La finalité du sociétalisme étant l&#8217;existence de &laquo;&nbsp;la société humaine&nbsp;&raquo; au travers de son épanouissement, ce qui conditionne réciproquement l&#8217;épanouissement de chacun des individus la composant.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;écosociétalisme ne pourra s&#8217;épanouir qu&#8217;au sein d&#8217;un système politique, moral, juridique et pénal qui reste encore à inventer, au sein d&#8217;un système de relations mondiales dans lequel chaque Nation ou même communauté sera amenée à penser &laquo;&nbsp;coopération&nbsp;&raquo; au lieu de &laquo;&nbsp;compétition&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons donc, puisque nous sommes dans la conclusion de ce livre, tenter de résumer simplement ce qu&#8217;est le sociétalisme dans son aspect économique, l&#8217;écosociétalisme, que nous avons développé tout au long de ces pages.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>10.1 &#8211; Le sociétalisme dans son aspect économique</h2>
<p style="text-align: justify;">Le sociétalisme considère que toute production de biens ou de service est, en tout et pour tout, la somme du travail des hommes, des machines ou des robots, aussi loin en amont qu&#8217;est analysée la production.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rôle principal de la monnaie est de permettre l&#8217;échange des biens et services produits par les différents acteurs de la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on veut pouvoir échanger les productions, il faut donc qu&#8217;à tout moment il y ait une quantité de monnaie disponible correspondant à la valeur des biens et des services à vendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ainsi le Sociétalisme considère que chaque acte de travail &laquo;&nbsp;doit&nbsp;&raquo; être suivi d&#8217;une création monétaire équivalente, ce qui garanti la future vente du dit travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque c&#8217;est le travail qui induit la création de la monnaie, un entrepreneur n&#8217;a plus besoin d&#8217;un capital financier préalable à la production ou de trésorerie.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ainsi une entreprise commande ce dont elle a besoin auprès d&#8217;un fabricant en amont, sans avoir à l&#8217;acheter. Le fabricant amont sera rémunéré pour son travail (qui induit la création de la monnaie correspondante) et non pas par l&#8217;entreprise cliente.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;investissement financier ainsi que la propriété du capital productif ne sont donc pas une nécessité économique, mais une conséquence de notre système de fonctionnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Et dans cette logique sociétale, si la production crée la monnaie, alors la consommation détruit la monnaie.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet une production représente un montant de monnaie. Il est donc logique que la somme représentant le produit ou le service disparaisse quand le produit ou le service est consommé (plus de pomme, plus d&#8217;argent pour la représenter).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous avons donc un nouveau schéma :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les salaires (et donc la monnaie correspondante) sont créés par le travail lui-même.</li>
<li>Une vente est une destruction de monnaie.</li>
<li>Les outils de productions ne se vendent pas.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Pas évident au premier abord, ce système a ceci de formidable qu&#8217;il intègre en lui-même le &laquo;&nbsp;financement&nbsp;&raquo; des services publics et autres productions non commercialisables (non vendables, et donc ne générant pas de destruction de monnaie) par la simple introduction d&#8217;une contribution lors de chaque vente.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, en simplifiant, si un producteur a été payé 10 euros pour une production et si le prix de vente est de 15 euros, c&#8217;est bien 5 euros de plus qui seront détruit sur le compte de l&#8217;acheteur au moment de l&#8217;achat de la production. Il manquerait donc 5 euro dans notre économie. C&#8217;est donc ces 5 euros, destinés à rémunérer les producteurs de biens ou services publics non commercialisés, qui seront créés lors de cette vente.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci est donc une &laquo;&nbsp;anti-taxe&nbsp;&raquo; (plutôt que de cumuler de la monnaie, elle la détruit). Cette &laquo;&nbsp;anti-taxe&nbsp;&raquo; (Contribution Eco Sociétale) peut être appliqué à des taux différents suivant la &laquo;&nbsp;qualité sociétale&nbsp;&raquo; d&#8217;une production. C&#8217;est à la collectivité de décider démocratiquement de l&#8217;intérêt plus ou moins sociétal d&#8217;une production.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons donc orienter l&#8217;économie vers des produits de qualité (moins chers car moins anti-taxé) tout en permettant aux services publics d&#8217;exister pleinement et ce, en totale compatibilité avec une économie de libre entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">La notion de marge commerciale n&#8217;a plus de sens, puisque c&#8217;est le travail du distributeur qui sera rémunéré, non pas un quelconque capital investi pour un achat de stock, du fond ou du local : les prix ne seront donc pas gonflé arbitrairement.</p>
<p style="text-align: justify;">La notion de prêt bancaire avec intérêt n&#8217;a également plus de sens : les prix de vente n&#8217;auront donc pas à intégrer le remboursement de quelconques intérêts (à ce jour les intérêts bancaires cumulés dans chaque production correspondent en moyenne à 50% du prix de vente H.T.).</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, les bases sont si différentes de ce que l&#8217;on connaît, que peut-être devrait-on se demander : &laquo;&nbsp;De quel bord est le Sociétalisme : Gauche ou Droite ?&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Et la réponse est &laquo;&nbsp;Ni l&#8217;un ni l&#8217;autre évidemment&nbsp;&raquo;. L&#8217;argent créé par le travail, c&#8217;est du jamais vue depuis&#8230; que le troc n&#8217;existe plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Voyons cela !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans tous les systèmes existants :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La monnaie est créée (plus ou moins) arbitrairement.</li>
<li>La monnaie est (plus ou moins) échangeable, épargnable et productive d&#8217;intérêts.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le troc :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La monnaie n&#8217;existe pas, la production est elle-même la monnaie.</li>
<li>La &laquo;&nbsp;monnaie&nbsp;&raquo; est donc directement créée par la production et directement détruite par la consommation.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le sociétalisme :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La création de la monnaie est en rapport direct avec la production et sa destruction est en rapport direct avec la consommation.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le sociétalisme c&#8217;est donc les avantages de la monnaie, avec les avantages du troc.<br />
 Et vu sous cet angle, aucun système ne peut y être comparé !</p>
<p style="text-align: justify;">Le Sociétalisme est bien &laquo;&nbsp;le&nbsp;&raquo; nouvel axe à prendre.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>10.2 &#8211; Bases d&#8217;un système de comptabilité nationale</h2>
<p style="text-align: justify;">Dans le système écosociétal que nous vous avons proposé, toute activité est valorisée suivant son effet sociétal, en plus ou en moins.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous proposons donc la mise en place progressive d&#8217;une autre comptabilité nationale en remplacement du PIB qui est actuellement le seul &laquo;&nbsp;indicateur&nbsp;&raquo; pris en compte par le politique dans lequel ce PIB est censé déterminer le &laquo;&nbsp;confort&nbsp;&raquo; et l&#8217;activité d&#8217;une population (et même le bonheur).</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, en quoi devrait consister la comptabilité nationale et quelle serait son utilité. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;on veut mesurer ? La richesse potentielle d&#8217;un pays ? La richesse sous forme de produits et services utilisables ou utilisés sur une période donnée ? Non, pas seulement ! Ce que nous voulons mesurer c&#8217;est l&#8217;importance de l&#8217;activité sociétale, c&#8217;est-à-dire celle qui s&#8217;avère globalement positive pour la société, l&#8217;individu et l&#8217;environnement. Un pays qui n&#8217;aurait aucun habitant et serait laissé totalement à l&#8217;état sauvage aurait un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; égal à zéro, mais un pays qui produirait toute sorte de choses en quantité industrielle tout en devenant globalement de moins en moins habitable, que ce soit par la destruction de ses forêts, la pollution ou la violence, aurait aussi un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; approchant de zéro.</p>
<p style="text-align: justify;">Un pays qui produirait seulement le nécessaire pour sa population mais qui offrirait beaucoup de services bénéfiques aussi bien nationalement qu&#8217;internationalement, se soucierait réellement de l&#8217;environnement et participerait de façon importante à l&#8217;évolution des connaissances pour mieux comprendre le monde et tout ce qu&#8217;il contient, un tel pays devrait avoir un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; par habitant maximum.</p>
<p style="text-align: justify;">Un pays qui se détériore globalement aurait un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; négatif alors qu&#8217;un pays qui s&#8217;améliore globalement (toujours dans le sens écosociétaliste) aurait un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; positif proportionnel à cette amélioration.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avions vu que l&#8217;important était d&#8217;abord de pouvoir &laquo;&nbsp;valoriser&nbsp;&raquo; l&#8217;activité globale d&#8217;un pays ou d&#8217;un groupe de pays (actif) et d&#8217;en déduire les &laquo;&nbsp;usures&nbsp;&raquo;, les pollutions, les amortissements (passif).</p>
<p style="text-align: justify;">En fonction de ce qui précède, nous pouvons déjà remarquer que la somme nationale des Rémunérations d&#8217;Activité (R.A.) est un bon indicateur de l&#8217;activité sociétale; en effet, les R.A. sont régulés par les variables et au plus les Rémunérations sont élevées au plus l&#8217;activité EST sociétale. Nous pouvons remarquer également que dans le système écosociétal ils représentent la somme des productions en &laquo;&nbsp;biens de capital&nbsp;&raquo; (machines, outils, réseaux de communication, hôpitaux, écoles, etc.) et en &laquo;&nbsp;biens de consommation&nbsp;&raquo; (objets ou services). Il s&#8217;agit bien de l&#8217;enrichissement du pays auquel il faut ajouter les importations. Il nous semble également indispensable de rajouter une valorisation &laquo;&nbsp;fictive&nbsp;&raquo; de tous les services collectifs issus des actions de bénévolat.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;opposé, nous pouvons considérer l&#8217;appauvrissement du pays. Entrent dans cette catégorie les dépréciations annuelles des biens de capital, qui sont en fait les amortissements ou les destructions naturelles, et la consommation. A ceci (appauvrissement) il faut également ajouter les utilisations non renouvelables (extractions du sous-sol, utilisation d&#8217;énergies non renouvelables). Enfin, on doit y rajouter les exportations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voici, à titre d&#8217;exemple, quelques indicateurs de développement qu&#8217;il faudrait prendre en compte :</strong><br />
 ( le (+) est écosociétal, le (-) produit un effet inverse )</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Espérance de vie à la naissance (+)</li>
<li>Taux d&#8217;alphabétisation des adultes (+)</li>
<li>Taux brut de scolarisation (+)</li>
<li>PIB par habitant et croissance annuelle (+)</li>
<li>Mortalité infantile (-)</li>
<li>Dépenses publiques consacrées à l&#8217;éducation et à l&#8217;enseignement en % PIB (+)</li>
<li>Nombre de médecins et d&#8217;infirmiers en % de population (+)</li>
<li>Consommation de cigarettes par adulte (-)</li>
<li>Taux de scolarisation (primaire, secondaire, supérieur) (+)</li>
<li>Inégalité en terme de revenus ou de consommation (10% les plus riches, 10% les plus pauvres) (-)</li>
<li>Dépenses militaires (-)</li>
<li>Service de la dette (-)</li>
<li>Chômage (jeunes, femmes et longue durée) (-)</li>
<li>Consommation de combustibles par habitant (-)</li>
<li>Consommation d&#8217;électricité par habitant (-)</li>
<li>Pourcentage d&#8217;équivalent pétrole produit par les énergies renouvelables sur la totalité de la consommation d&#8217;énergie (+)</li>
<li>Emission de dioxyde de carbone par habitant (-)</li>
<li>Quantité de déchets par habitant (-)</li>
<li>Ratification des traités sur l&#8217;environnement (+)</li>
<li>Production d&#8217;armes (importation, exportation) (-)</li>
<li>Effectif des forces armées (-)</li>
<li>Pourcentage de la population totale victime de crimes et délits (-)</li>
<li>Taux de participation des femmes à la vie publique (+)</li>
<li>Taux de satisfaction des travailleurs (+)</li>
<li>Abstentions moyennes aux élections (-)</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>10.3 – Les apports de l&#8217;écosociétalisme :</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour l&#8217;ensemble de la société :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La suppression de toutes les magouilles et trafics permis par l&#8217;existence même de la monnaie fiduciaire (billets) dont il est impossible de suivre la trace au sein même du pays ou vers les paradis fiscaux (vol, drogue, banditisme, financements politiques, passes-droits, commissions occultes, pots de vins, etc.). Comme il est impossible d&#8217;amasser des billets de banque qui n&#8217;existent pas, il est donc impossible de transférer un montant &laquo;&nbsp;anonyme&nbsp;&raquo; à qui que ce soit. Toutes les transactions deviennent ainsi limpides et vérifiables soit par l&#8217;État soit par n&#8217;importe quel organisme vérificateur local.<br />
 Il devient aussi impossible d&#8217;échanger des &laquo;&nbsp;merci&nbsp;&raquo; contre une monnaie étrangère et ceci élimine donc toute spéculation sur la monnaie.</li>
<li>L&#8217;orientation vers une société plus écologique, respectueuse de l&#8217;utilisation des bien communs, mais surtout plus globalement sociétale</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour le citoyen salarié et/ou consommateur :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Pas d&#8217;intérêt sur les prêts individuels.</li>
<li>Pas d&#8217;impôts directs.</li>
<li>Pas d&#8217;impôts locaux.</li>
<li>Pas de prélèvements sociaux (charges salariales).</li>
<li>Un seul impôt indirect : la C.E.S. ou SOCIETAXE permettant de distribuer le Revenu Social (viatique) et de retraite, de payer la fonction publique, mais ayant en même temps un rôle régulateur sur la qualité de la production.</li>
<li>Le payement d&#8217;un &laquo;&nbsp;loyer&nbsp;&raquo; de jouissance privée d&#8217;un bien commun: le sol.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour l&#8217;entreprise en tant qu&#8217;entité morale :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Pas de bénéfices.</li>
<li>Pas de budgets publicitaires qui gonflent les prix.</li>
<li>Pas de &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; nécessaire (trésorerie ou investissement), donc d&#8217;intérêt qui s&#8217;ajoutent au prix de revient, et de propriété actionnariale ou individuelle.</li>
<li>Pas de prélèvements sociaux (charges patronales).</li>
<li>Pas de &laquo;&nbsp;salaires&nbsp;&raquo; (mais un partage équitable d&#8217;une &laquo;&nbsp;masse monétaire&nbsp;&raquo; allouée chaque mois en fonction de sa production).</li>
<li>Pas de taxe professionnelle</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour l&#8217;État ou les Collectivités :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Diminution importante de toutes les fonctions administratives (établissement et perception des impôts et taxes).</li>
<li>Plus besoin d&#8217;emprunter sur des marchés financiers pour décider de la mise en oeuvre de biens communs (la seule limite est la disponibilité de main d&#8217;œuvre, de machines ou de robots sur toute la chaîne de fabrication, mais aussi de décisions collectives pour éviter le gâchis, ce qui imposera les &laquo;&nbsp;autorisations de dépenses&nbsp;&raquo; gérées par l&#8217;I.E.M. &#8211; Institut d&#8217;Emission de la Monnaie).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Puisque le coût à la fabrication d&#8217;un produit ou d&#8217;un service payant ne sera plus que le cumul, proportionnellement au temps passé et aux indices sociétaux affectés, des Rémunérations des participants à la chaîne globale de fabrication (extraction, transport, transformation, distribution), à l&#8217;exclusion des intérêts bancaires qui interviennent actuellement pour près de 50% en moyenne dans les prix hors taxes des productions (Etude de l&#8217;économiste allemande Margritt Kennedy : &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/Lib%C3%A9rer-largent-linflation-taux-dint%C3%A9r%C3%AAts/dp/2880581613" target="_blank">Libérer l&#8217;argent des taux d&#8217;inflation et de l&#8217;intérêt</a>&nbsp;&raquo; aux éditions &laquo;&nbsp;Vivez Soleil&nbsp;&raquo; &#8211; éditions Tourmaline, 37 ter Rue des Tournelles, 74100 Ville la Grand, Tel: +33(0)4.50.87.27.09). C&#8217;est probablement une division par deux du temps de travail nécessaire pour acquérir les mêmes biens que nous pourrions espérer.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="annexes" name="annexes">Annexes</a></h1>
<ol>
<li><a title="Resume" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Resume" target="_blank">Résumé synthétique</a></li>
<li><a title="Comment pousse la monnaie" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=CreationMonetaire" target="_blank"> La création monétaire</a></li>
<li><a title="ChangerDeParadigme" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=ChangerDeParadigme" target="_blank"> Changer de paradigme</a></li>
<li><a title="proposition de fonctionnement du système politique dans l'éco-sociétalisme" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Organisation+Politique1" target="_blank"> Suggestion utopique d&#8217;organisation du système sociétal</a></li>
<li><a rel="external" href="http://www.societal.org/acs/" target="_blank">L&#8217;Association de Coopération Sociétale</a><br class="spacer_" /> </li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>42</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L’affaire de Tarnac : symptôme d’une société psychotique</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/l-affaire-de-tarnac-symptome-d-une-societe-psychotique/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/l-affaire-de-tarnac-symptome-d-une-societe-psychotique/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2009 07:28:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
		<category><![CDATA[opposition]]></category>
		<category><![CDATA[peur]]></category>
		<category><![CDATA[réalité]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.letransmuteur.net/?p=2517</guid>
		<description><![CDATA[Par Jean-Claude Paye Le 11 novembre 2008, les policiers français ont procédé à la spectaculaire interpellation d’un groupe de « terroristes présumés » dans un petit village de Corrèze. Deux mois plus tard, il apparaît qu’il s’agit en réalité de jeunes gens réfractaires à la société de consommation et de surveillance, et que l’instruction ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;"><em>Par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Paye_(sociologue)" target="_blank">Jean-Claude Paye</a></em></h3>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-2518" title="L'affaire de Tarnac" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/affaire-de-tarnac.jpg" alt="L'affaire de Tarnac" width="400" height="300" /><strong>Le 11 novembre 2008, les policiers français ont procédé à la spectaculaire interpellation d’un groupe de « terroristes présumés » dans un petit village de Corrèze. Deux mois plus tard, il apparaît qu’il s’agit en réalité de jeunes gens réfractaires à la société de consommation et de surveillance, et que l’instruction ne dispose d’aucune preuve à charge. Le sociologue Jean-Claude Paye, qui étudie depuis plusieurs années la dérive autoritaire des sociétés occidentales, analyse ici cet étrange usage des lois anti-terroristes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire de Tarnac est exemplaire d’un processus rapide de subjectivation de l’ordre juridique. On est poursuivi pour terrorisme, non pas sur base d’un délit matériel déterminé, mais en fonction d’une virtualité construite par l’imaginaire du pouvoir. Le 11 novembre 2008, dans le cadre de « l’opération Taïga », 150 policiers ont encerclé Tarnac. Simultanément, des perquisitions étaient menées à Rouen, Paris, Limoges et Metz. L’interpellation de 10 jeunes gens est avant tout un spectacle destiné à créer l’effroi.</p>
<p>Leur arrestation serait en rapport avec des actes de sabotages de lignes de chemin de fer, qui ont causé, le 8 novembre, le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Les actes malveillants, l’arrachage de plusieurs caténaires, ont été qualifiés de terroristes, alors qu’ils n’ont, à aucun moment, menacé la vie humaine. L’accusation, qui dit disposer de nombreux indices, notamment des écrits et la présence de cinq suspects près de lignes sabotées au moment des faits, reconnaît n’avoir aucune élément matériel de preuve.</p>
<p>C’est leur profil qui justifie leur inculpation. Ils ont été arrêtés car « ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers » et nombre d’entre eux « participaient de façon régulière à des manifestations politiques », par exemple : « aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration » (1) Quant à leur logement, il est désigné comme un « lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes ».</p>
<p>Bien qu’ils seraient le « noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée » (2), la plupart seront rapidement libérées, certains sous condition, d’autres assignés à résidence, mais ils resteront inculpés. Seul le « chef » et sa compagne demeureront emprisonnés. Le 26 décembre, la Cour d’Appel de Paris, a, à la requête du parquet, annulé l’ordonnance de mise en liberté de Julien Coupat (3). Le 16 janvier, la Cour d’Appel de Paris a ordonné la remise en liberté, sous contrôle judiciaire, d’Yldune Lévy. Sa remise en liberté devra être confirmée vendredi 23 par la chambre de l’instruction de Paris, qui examinera, sur le fond, l’appel du parquet.</p>
<p style="text-align: justify;">Le discours du pouvoir procède à un double déplacement : de simples actes de sabotages, comme il peut, par exemple, y en avoir dans un mouvement social, sont qualifiés de terroristes et ces actes sont nécessairement attribués aux jeunes de Tarnac, malgré que la police reconnaît l’absence de tout élément matériel de preuve. L’image du terrorisme érigée par le pouvoir crée un réel qui se substitue aux faits. Ceux-ci ne sont pas niés, mais toute capacité explicative leur est déniée. Les actes de sabotage ne peuvent être que le fait de personnes désignées comme terroristes. L’acte de nommer, antérieur à toute procédure d’évaluation objective, renverse celle-ci et enferme dans l’image, dans une forme vide.<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une reconstruction du langage<span id="more-2517"></span></strong></p>
<p>L’absence d’éléments matériels permettant de poursuivre les inculpés n’est pas niée, mais la nécessaire prévalence des faits est renversée au profit de la primauté de l’image construite par le pouvoir. La position du ministre de l’intérieur, Michèlle Alliot-Marie, reprise au sein d’un rapport de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur, est particulièrement intéressante : « Ils ont adopté la méthode de la clandestinité, assure la ministre. Ils n’utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient les prévenir de la présence d’étrangers. » Mais la ministre en convient : « Il n’y a pas de trace d’attentats contre des personnes. » (4)</p>
<p>Ces déclarations résument bien l’ensemble de l’affaire. Ce qui fait de ces jeunes gens des terroristes, c’est leur mode de vie, le fait qu’ils tentent d’échapper à la machine économique et qu’ils n’adoptent pas un comportement de soumission « proactive » aux procédures de contrôle. Ne pas avoir de téléphone portable devient un indice établissant des intentions terroristes. Rétablir le lien social est également un comportement incriminé, puisque cette pratique reconstruit le lien symbolique et permet de poser un cran d’arrêt au déploiement de la toute puissance de l’État.</p>
<p>Dans les déclarations de Mme Alliot-Marie la référence aux faits, en l’absence de tout indice matériel probant, ne peut être intégrée rationnellement et engendre la phase du délire, une reconstruction du réel avec l’image du terrorisme comme support.</p>
<p>Ce processus est également visible dans les rapports de police, dans lesquels s’opère, au niveau du langage, toute une reconstruction fantasmatique de la réalité. Ainsi, comme indice matériel prouvant la culpabilité des inculpés, la police parle « de documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares » (5) Un horaire de la SNCF devient ainsi un document particulièrement inquiétant, dont la possession implique nécessairement la participation à des dégradations contre la compagnie de chemins de fer. De même, une échelle devient du « matériel d’escalade » et, ainsi, sa possession est un élément à charge.</p>
<p>Cette construction psychotique n’est pas le seul fait des autorités françaises. Elle est partagée par la Belgique. Le 27 novembre, a eu lieu une arrestation, des perquisitions et des saisies chez des membres du comité belge de soutien aux inculpés de Tarnac. Le mandat de perquisition portait la mention « association de malfaiteurs et détériorations en réunion » (6) Détenir des documents relatifs à un comité de soutien peut, selon le rapport de forces du moment, autoriser des poursuites et, en tout cas, associe ses détenteurs à l’enquête menée en France.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un ordre social psychotique</strong></p>
<p>La mise en scène de l’arrestation et de l’inculpation des « autonomes de Tarnac » est un phénomène qui révèle non seulement un bouleversement de l’ordre juridique, mais aussi une mutation plus profonde, celle de l’ordre symbolique de la société. Le renversement du rôle de la loi est lui-même le phénomène d’une « père-version » de la Loi symbolique.</p>
<p>Les procédures mises en place représentent un des aspects les plus significatifs de la tendance imprimée par la « lutte contre le terrorisme », à savoir qu’un individu est désigné comme terroriste, non pas parce qu’il a commis des actes déterminés, mais simplement parce qu’il est nommé comme tel.</p>
<p>Le pouvoir a la possibilité de créer un nouveau réel, une virtualité qui ne supprime pas, mais qui supplante les faits. La faiblesse du mouvement social, la faillite de la fonction symbolique explique l’absence de frein à la toute puissance de l’État qui se montre en tant qu’image englobante, en tant que figure maternelle. À un ordre social névrotique qui se révèle contradictoire, se substitue une structure psychotique, un ordre qui supprime tout conflit, toute possibilité de confrontation subjective.</p>
<p>L’affaire des « autonomes » de Tarnac n’a pas grand chose à voir avec la vieille notion d’ennemi intérieur et la stigmatisation traditionnelle des opposants politiques. Ici, on ne s’attaque pas à une idéologie déterminée, à une forme de conscience, mais simplement au corps, à des comportements, au refus de s’abandonner à la machine de mort. Il ne s’agit donc pas de démanteler une avant-garde, mais de montrer que le refus de faire de l’argent, d’éviter les dispositifs de contrôle ou la volonté de refaire du lien social constituent une forme d’infraction, la plus grave qui existe dans notre société, un acte terroriste. Cela concerne tout un chacun et non seulement une minorité.</p>
<p style="text-align: right;"><em>(Un première version de cet article est parue dans </em><em><a href="http://www.humanite.fr/2008-12-29_Tribune-libre_L-affaire-de-Tarnac-un-ordre-psychotique" target="_blank">L’Humanité du 29 décembre 2008</a>)</em></p>
<h4><em>Notes :</em></h4>
<p><em>(1) « Terrorisme ou tragi-comédie », par Giorgio Agamben, Libération, 19 novembre 2008.<br />
 (2) « Au village, sans prétention », par Marie-Noëlle Bertrand et Sébastien Homer, L’Humanité, 28 novembre 2008.<br />
 (3) « Sabotages à la SNCF : Julien coupat maintenu en détention », Le Monde, 27 février 2008.<br />
 (4) Isabelle Mandraud, « L’obsession de l’ultra gauche », Le Monde, 3 décembre 2008.<br />
 (5) Agamben, Op. Cit.<br />
 (6) <a href="http://soutien11novembre.org/" target="_blank">Soutien aux inculpés du 11 Novembre</a></em></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source : <a href="http://www.voltairenet.org/article159010.html" target="_blank">voltairenet.org</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.letransmuteur.net/l-affaire-de-tarnac-symptome-d-une-societe-psychotique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>12</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

