Archive pour la catégorie “Sociologie”
Celui qui a su désigner l’échec respiratoire de l’économie par l’image d’une « bulle qui éclate » a eu une riche idée.
Les systèmes complexes sont définis par le fait qu’entre l’input et l’output, ce sur quoi on peut agir et les effets obtenus, le lien de cause a effet passe par des méandres telles que le résultat n’est pas directement prévisible. Non seulement ce lien n’est pas direct, mais aussi en raison des conditions multiples une même cause peut avoir différents effets selon le moment choisi.
De là on peut dire qu’un système « juste » dans l’idéal est celui dans lequel, pour obtenir des résultats positifs, il faut d’abord saisir les règles morales et éthiques puis les appliquer convenablement.
La technologie naturelle des réflexes consiste à détecter de façon approximative mais en tendant vers l’amélioration la ou les causes qu’il faut provoquer pour obtenir les effets désirés. Ce mécanisme est complètement indépendant des facteurs moraux ou éthiques.
Quand on vit au sein d’un système complexe telle que l’est l’économie d’aujourd’hui, le summum de l’intelligence pour se dépatouiller consiste à saisir ce qu’il faut faire pour amasser le plus d’argent afin de se trouver en sécurité. D’ailleurs mêmes les pauvres félicitent les riches en les croyant supérieurement intelligents, là où en fait ils ne le seraient que s’ils ne faisaient pas abstraction de l’éthique.
D’ailleurs c’est dommage que le terme de sécurité ne soit pas compris plus généralement dans ce sens, car la principale cause d’insécurité dans le monde est précisément l’injustice d’un système dont les inputs sont trop loin de la morale si on veut obtenir en retour un résultat positif en sortie de chaîne des cause-conséquences.
Dans la vie il y a deux sortes de personnes (gag), ceux qui sont trop honnêtes et restent pauvres et celles qui tiennent absolument à exercer leur intelligence au service de leur sécurité, en considérant que le bien obtenu confère un caractère moral à leurs actes.
Ceux qui veulent faire du fric savent très bien comment s’y prendre, tandis que la plupart de la masse des gens, bien qu’ils en auraient envie, se trouvent à chaque fois bloqués par un excès de contraintes morales, comme par exemple faire en priorité un métier plaisant. Si on pollue, on contamine, si on est insouciant et dégénéré, on a bien plus de chance de se trouver « en sécurité » au sein du système injuste. C’est cela qui fait son injustice. Lire la suite de cet article… »
Mots-clefs : argent, avenir, capitalisme, civilisation, consommation, démocratie, destruction, domination, humanité, intelligence, nature, observation, opposition, paradigme, révolution, société, système
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par Thierry Brugvin (professeur en sociologie)
Introduction
Depuis plus de vingt ans, la mondialisation éloigne les citoyens des lieux de décisions. Les citoyens français l’observent avec l’Union Européenne tandis qu’au plan international, le G8 impose son modèle politique dans le monde, au travers le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC en particulier. Au sein de ces différentes organisations, sous couvert d’un discours sur la « bonne gouvernance », les dirigeants libéraux privatisent les instances démocratiques en privilégiant le dialogue avec les entreprises au détriment des peuples, de leurs représentants, des ONG et en jouant la “société civile” contre les Etats.
Ces différents mécanismes relèvent généralement de la gouvernance inégale et non démocratique, mais restent pour une large part légaux. Cependant, il y a un autre champ qui lui est encore moins analysé, il s’agit de la dimension illégale de la gouvernance publique. Ce sont donc les différentes formes de la gouvernance politique et économique non démocratique, inégale et aussi illégale que nous allons analyser ici.
Comment les forces économiques influent-t-elles sur les décisions des pouvoirs publics, via les mécanismes de la gouvernance globale illégale, inégale et non démocratique? Notre hypothèse est la suivante: il existe une influence, une relation dialectique, entre la force des idées (idées, acteurs et institutions), les pouvoirs publics et les forces économiques (institutions, acteurs capitalistes, capital financier, forces productives (moyens de production, techniques, connaissances, forces de travail). Cependant les forces économiques exercent une influence dominante sur les pouvoirs publics et la force des idées, par le biais de la gouvernance globale. Or, une part non négligeable de cette gouvernance nationale et globale est exercée de manière illégale, et non démocratique, même s’il ne s’agit pas d’affirmer que toutes les pratiques relevant de la gouvernance s’avèrent illégales. Il s’agit donc ici d’une typologie et non d’une description exhaustive de la gouvernance globale.
Ainsi, nous présenterons les 7 pouvoirs, ou les 7 formes de gouvernance non démocratique ou illégale qui sont des obstacles fondamentaux à la démocratisation de la société. Il s’agit du pouvoir économique (productif, commercial, financier : banques, dette, paradis fiscaux) – Le pouvoir répressif et militaire – Les pouvoirs publics nationaux et internationaux non démocratique et leurs pratiques impérialistes – Le pouvoir relationnel (réseaux, lobbies…) – Le pouvoir idéologique – Le pouvoir communicationnel -Le besoin psycho-sociologique de pouvoir. Lire la suite de cet article… »
Mots-clefs : argent, avenir, capitalisme, civilisation, conscience, consommation, crise, démocratie, depression, destruction, developpement, domination, éducation, être humain, évolution, humanité, insurrection, liberté individuelle, lobby, Manipulation, nouvel ordre mondial, observation, opposition, paradigme, pauvreté, réalité, révolution, société, système, USA
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par Jörg Becker
Le paysage numérique a fait naître une nouvelle génération libérée des anciens préjugés et affranchie des limites de la proximité géographique comme seule base de l’amitié, de la collaboration, du jeu et du voisinage. La technologie numérique peut avoir l’effet d’une force naturelle animant les êtres vers une plus grande harmonie mondiale. C’est ainsi que Nicholas Negroponte, informaticien du MIT (Massachussets Institute of Technology) exprimait son enthousiasme dans son livre «Being digital» paru en 1995. La même année, le chef de Microsoft, Bill Gates s’exprimait de la même manière dans son ouvrage devenu classique «La route du futur»: Les autoroutes de l’information transporteront leurs informations et leurs offres au-delà des frontières du monde hautement technicisé vers les pays en voie de développement. Nous assisterons finalement à une montée de la prospérité dans le monde entier qui aura un effet stabilisateur. L’écart entre les pays pauvres et les pays riches se réduira. 30 ans auparavant déjà, le Canadien Marshall MacLuhan estimait, dans ses analyses des médias, qu’aujourd’hui, après plus d’un siècle de technique électrique, nous avons nous-mêmes étendu notre système nerveux central dans le monde entier et aboli ainsi, en ce qui concerne notre planète, l’espace et le temps.
Si ces personnes n’étaient pas des managers ou des scientifiques expérimentés, il faudrait alors qualifier leurs propos soit de fantasmes pubertaires d’omnipotence, soit de slogans publicitaires pour brochures sur papier glacé ou encore d’idéologie au sens classique de Karl Marx d’erreur nécessaire d’une part et d’autre part de savoir dominateur de l’élite politique et économique destiné à maintenir et à dissimuler son statut de classe exploitante.
Même du point de vue empirique, il n’y a rien de vrai dans ces idées. Au contraire, depuis 15 ans, le monde est devenu plus instable, le fossé entre les riches et les pauvres s’est dramatiquement creusé; dans les relations internationales, l’ordre des Nations Unies et le droit international ont dû reculer devant le droit darwiniste du plus fort; la catastrophe climatique prend une ampleur de plus en plus menaçante (fonte des glaciers et des calottes polaires, réchauffement global, amincissement croissant de la couche d’ozone), et on constate, au lieu de guerres hautement technicisées, un retour aux troupes mercenaires, aux combats de rues et aux combats rapprochés ainsi qu’aux meurtres et aux assassinats. A la place de la revendication, émise en 1969 par Willy Brandt, de «davantage de démocratie», on n’assiste plus, depuis le 11-Septembre 2001, après un débat hystérique sur le terrorisme et la sécurité, qu’au démantèlement de toutes les libertés civiles les plus évidentes.
En regard de tout le baratin au goût du temps, les discours sur l’ordinateur et l’écologie représentent un retour analytique vers la matière, le matériel, l’industrie, les matières premières, la production, l’exploitation de la nature finie et de l’homme par l’homme.
Mots-clefs : avenir, capitalisme, consommation, déchets, environnement, pollution, société, système
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Introduction
De terribles bouleversements sont en train de changer notre société.
Le visage qu’elle avait, nous ne le reverrons jamais plus. Ni nos enfants, ni leurs enfants.
Certains croiront au hasard des choses, d’autres, croiront à la malversation, mais la plupart diront que c’était notre faute, notre plus grande faute.
Par ce grand dieu qui trône dans nos salons, par cette voix et ces images, qui nous dicte que penser, ils nous enseignent comment et quand avoir peur, ils nous montrent qui sont les bons et les méchants.
Déjà les coupables se font pointer du bout du doigt, et la hargne nous emplit devant ces individus, d’aussi mauvaise foi.
Bientôt, devant la douleur de nos enfants, nous réclamerons vengeance et sang, comme bien d’autres le firent bien avant.
Nous les clouerons au pilori et nous danserons et chanterons autour de leur bûcher. Et quand nous retomberons sur nos pieds, essayant de retrouver notre dignité, nous comprendrons que notre société est disparue et que le visage qu’elle avait, nous ne le reverrons jamais plus.
Ni nos enfants, ni leurs enfants.
Cette fois encore, si nous ne pouvons réfléchir par nous-mêmes, nous sommes condamnés à croire ce qu’on nous enseigne.
Pierre De Châtillon – 4 mai 2009 – www.incapabledesetaire.com
Source de l’article : La saga des crétins (pdf)
Lire la suite : La société humaine
Mots-clefs : astrologie, astronomie, atlantide, désinformation, géoclimat, nouvel ordre mondial, NWO, platon, prédiction, prophétie
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Attention, attention, la grande coterie se rencontre. Les pharaons en cravates se rencontrent, les grands esprits se retrouvent.
Tout d’abord, à Athènes, certains des plus importants hommes d’affaires et politiciens de la planète se sont rencontrés pour tenir leur rencontre annuelle secrète avec le groupe des Bilderberg, sous un contrôle de sécurité très étroit. Le luxueux hôtel, le Astir Palace, était protégé par des douzaines de policiers qui avaient pour mission de garder à l’écart la presse et le public, rapporte un journaliste de AFP.
Ensuite, le Sunday Times nous apprend qu’un club de milliardaires de l’Amérique s’était réuni pour discuter de leurs lourds soucis concernant la menace désastreuse environnementale, sociale et industrielle. Parmi les soucis les plus importants à émerger de cette rencontre est la surpopulation de la planète, ainsi que des différents moyens pour parvenir à la contrôler et la réduire. Dépopulation mondiale. Ils se sont eux aussi rencontrés en privé, à l’abri des regards indiscrets, « pour considérer comment leurs fortunes pouvaient être utilisées pour ralentir la croissance de la population mondiale et accélérer les améliorations en santé et en éducation. Les philanthropes qui ont assisté au sommet organisé par l’initiative de Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft, ont discutés de joindre leur force pour vaincre les obstacles politiques et religieux qui s’opposent au changement. »
Ce club nommé le « Good Club » par un « insider » inclue David Rockefeller Jr, le patriarche de la dynastie la plus fortuné de l’Amérique, Warren Buffett et George Soros, des financiers, Michael Bloomberg, le maire de New York, et des dirigeants de grands médias, tels que Ted Turner et Oprah Winfrey.
Mais nous ne seront pas en reste. À Montréal va se tenir une conférence du 8 au 11 juin 2009, à l’Hôtel Hilton Montréal Bonaventure, intitullée: S’adapter au nouvel ordre mondial. Le tout se passe dans le cadre de la 15e conférence annuelle du Forum économique international des Amériques. Ça va être fantastique, amener vos enfants et des sandwichs. Parmi les fiers commanditaires de cet évènement, on retrouve Power Corporation du Canada du clan Desmarais, La Banque Royale du Canada, Rio Tinto Alcan, Génome Québec, GDF Suez, la Société générale de financement du Québec, Exportation et développement Canada (EDC), VIA Rail Canada, la Banque de développement du Canada (BDC), Investissement Québec, la firme d’avocats Fraser Milner Casgrain, Deloitte, SNC Lavalin, le CRDI et la CSST, le HEC Montréal, La Presse, le National Post, le gouvernement du Québec et du Canada ainsi que de quelques banques internationales.
Au programme: Lire la suite de cet article… »
Mots-clefs : avenir, capitalisme, civilisation, domination, évolution, insurrection, liberté individuelle, menace, nouvel ordre mondial, observation, opposition, paradigme, réalité, révolution, société, système
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Publié par Alcidejet dans : Actualité, Afrique, Alimentation, Alimentation Biologique, Analyse, Biodiversité, Culture, Développement durable, Environement, Fraternité, Idée, International, Jardinage, Manipulation, Politique, Santé, Science & Technologies, Science de la vie, Sociologie, société, Écologie, Économie
Conférence Débat organisée par le CCFD avec Marc Dufumier, auteur et directeur de laboratoire à AgroParistech, et Christian Troubé, rédacteur en chef de La Vie, auteur de Les nouvelles famines, des catastrophes pas si naturelles, le 24 Avril 2009 au Centre de congrès Le Manège à Chambéry, en Savoie (73)
En partenariat avec le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le développement) et le soutien de nombreuses associations : la FMSEA (Fédération départementale des Syndicats des exploitants agricoles), la Confédération paysanne, le CMR (Chrétiens en monde rural), le Lycée agricole de Savoie et Artisans du monde, des collectivités territoriales rattachées à Peuples Solidaires.
Une manifestation dont l’engouement obligea les organisateurs à retransmettre la conférence dans une salle annexe, elle aussi remplie !
La bande est enregistrée sur plusieurs supports, elle présente donc 3 blancs de quelques seconde, mais qui n’entache en rien la qualité et l’intérêt de la conférence.
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
Durée : 2h04
Merci à Jean-François Druhen-Charnaux de nous avoir transmis ce document
Mots-clefs : Afrique, alimentation, amour, argent, avenir, besoins humains, consommation, croissance, developpement, éducation, entraide, environnement, humanité, nourriture, pauvreté, société, terre, vie
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l’architecte Jean Charles Fabre propose une vision nouvelle de votre habitation et offre une véritable réflexion sur l’éco-système à choisir et à bâtir en réalisant votre maison.
Approche sensible et énergétique d’un terrain
Faire le choix de construire une maison vivante, c’est avant toute chose se rendre perceptif aux qualités vitales du sol et de son environnement pour se les concilier et pouvoir s’en nourrir. Aussi le temps et l’importance de cette démarche préalable ne doivent-ils pas être minimisés. Je vous propose d’aborder le lieu, le terrain choisi, comme la « table des matières » – au sens propre – d’un livre – votre future maison – dont vous ignorez encore le contenu.
Si la situation vous le permet, ne soyez jamais pressé de construire. Ménagez-vous du temps pour aborder le lieu à plusieurs moments de l’année. Observez les arbres, leurs teintes, leur formes, et les vues que ménage la chute des feuilles à la saison hivernale. Les trouées de verdure permettent une relation nouvelle à notre environnement. Elles pourront se traduire par la suite dans la maison par le choix d’une ouverture orientée. L’arbre en tant que condensateur des énergies vitales d’un lieu (le Tchi des Chinois) vous donnera toujours une idée de potentiel énergétique à disposition sur votre terrain. Je suggère l’approche suivante :
Faites le choix d’un arbre qui, par sa forme, sa taille, son harmonie ou sa particularité vous semble l’arbre maître du lieu. Vous vous mettez dos à lui, puis mentalement vous vous identifiez à lui. Observez alors en tournant progressivement, sans perdre le contact du dos ce que l’arbre « voit » de son environnement. Vous aurez ainsi une idée des qualités particulières que « fixe » l’arbre.
Observez les mousses sur les troncs des arbres. Elles vous donneront la direction principale des pluies sur le site. Quant aux arbres penchés ils vous indiqueront la direction des vents dominants. Il se peut qu’un arbre penché ponctuellement révèle la sous-jacente d’un courant tellurique (cours d’eau, feuille). La présence d’arbres ou de sites foudroyés à proximité sont à ce titre, révélateurs.
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Mots-clefs : énergie, environnement, local, nature, transformation, vie
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Principes et fonctionnement

Principes
L’argent a été conçu comme un outil pour améliorer les échanges entre les hommes.
En effet, avant la création de l’argent, les échanges étaient limités au simple troc. La création de l’argent a permis d’étendre largement les échanges.
Mais aujourd’hui, les échanges entre les hommes sont limités car ils n’ont pas assez d’argent pour acheter tout ce dont ils ont besoin, créant marasme économique et chômage.
Pourquoi n’y a-t-il pas assez d’argent ?
En fait, il n’y a jamais eu autant d’argent qu’aujourd’hui, mais il ne sert plus prioritairement aux échanges entre les hommes. En effet, l’argent sert à gagner de l’argent en spéculant (comme avec les assurances vie qui se développent rapidement depuis quelques années), et donc il circule dans les circuits financiers de la spéculation (95% de l’argent sert au circuit spéculatif, 5% seulement servirait au commerce). Autre cause du manque d’argent : les gens ont peur de l’avenir, donc ils sont plus prudent dans leurs dépenses et modèrent leurs achats, ralentissant ainsi la vitesse de circulation de l’argent (le fait de retarder tous les mois de 3 jours ses achats, ralentit de 10% la vitesse de circulation de l’argent et donc diminue de 10% les transactions totales effectuées). De plus les banques qui gèrent l’argent le font dans leur propre intérêt (gagner de l’argent) et pas dans l’intérêt des hommes (très peu de banques prêtent aux personnes qui veulent créer leur emploi, obligeant à passer par la collecte directe de l’argent d’amis).
De nombreuses personnes disposent de temps libre (surtout avec le chômage actuel !) ou de production excédentaire qu’elles ne peuvent vendre car il n’y a pas d’argent pour les rémunérer.
Il y a des marchandises ou des personnes disponibles pour travailler, et aussi des acheteurs potentiels pour ses services et ses marchandises, mais il manque l’outil nécessaire (l’argent) pour que ces transactions s’effectuent.
Comme aujourd’hui l’argent ne joue plus son rôle vital de vecteur des transactions entre les hommes, il est urgent de créer un nouveau système permettant les transactions sous peine d’étouffement.
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Mots-clefs : avenir, consommation, crise, échange, entraide, ferme, local, service, société, système, vie
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C’est sans doute le grand défi du XXI° siècle. Si vous y prêtez attention, où que se porte votre regard – défis écologiques, élections politiques, injustices sociales, éducation à la citoyenneté, guerres de religion, exploitation néocoloniale, ou simples attitudes de consommateurs – se pose une question cruciale : l’humanité saurait-elle faire preuve de conscience collective ? Interrogation à la fois évidente et terriblement fugace dès que vous tentez de la cerner. L’INCONSCIENT collectif, on voit bien ce que cela recouvre, pour le meilleur comme pour le pire : chaque groupe humain dicte implicitement à ses membres, dès la naissance, un ensemble de croyances, de valeurs et de comportements, qui les déterminent ensuite à vie – la liberté individuelle consistant ensuite précisément à se défaire de cette pression du groupe. Mais la CONSCIENCE collective, qu’est-ce que cela pourrait être ?
Les plus grands visionnaires, de Bouddha à Jésus, de Platon à Rousseau, de William Blake au chef Seattle, d’Aurobindo à Teilhard, de Hugo à McLuhan, ont évoqué une telle conscience, portée par la métaphore d’un cerveau global, dont chacun de nous serait un neurone. Mais concrètement ? Ce dossier n’épuise pas le sujet, loin de là. Il ouvre juste quelques pistes. Apparemment, déchirements et haines persistent, en toute inconscience. Mais lisez notre enquête : en sourdine, semble se tramer une mutation de fond. Affaire à suivre… de près !
De « l’intelligence » du monde à l’intelligence collective
Au détour d’un chemin, perdues au cœur des hautes vallées de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, une centaine de femmes de la communauté des indiens Kogis sont assises à l’ombre d’un manguier. Présences silencieuses, mais « habitées » qui captent l’attention. Jeunes et moins jeunes, anciennes, enfants, regroupées autour d’un chaman (Mamu), elles « pensent » l’esprit, la forme du pont que les hommes construisent quelques mètres en contre bas. Elles nourrissent la pensée, « l’esprit » de ce que devra être ce pont. Le soir, cette pensée sera partagée avec les hommes, les principes (féminin/ masculin, pensées/actions, esprit/matière…) pourront être régulés et nourrir « justement » leurs actions. Expérience du monde et de ses cycles, chaque fois réinventées, chaque fois (re) parcourue..
Ce travail de « pensée » effectué avant, pendant et après la construction du pont (ou la mise en œuvre d’une action), doit permettre à la fois de nourrir la vision partagée de ce qui va être réalisé, en l’occurrence un pont, ou il doit être construit, quand et par qui, mais aussi et surtout de faire « justement » les choses à savoir, en accord avec le corps social qui a la charge de sa réalisation et l’espace naturel (vivant) dans lequel il s’inscrit.
Construit sans chef, d’une portée de plusieurs dizaines de mètres, le pont est réalisé par une centaine de Kogis en moins de 48h. Il ne comporte ni clous ni fils de fer.. Il est prévu pour rester en place pendant plusieurs dizaines d’années.
Construire une vision partagée porteuse de sens et proposer une démarche à la fois « juste » et transformatrice, qui permette d’atteindre un objectif (action, projet, situation, etc.) n’est-ce pas là, le fondement de l’intelligence collective ?
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Mots-clefs : avenir, conscience, humanité, partage, réalité, société, système, vie
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Les arguments en faveur d’une société sans argent dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont développées à un tel degré qu’elles pourraient fournir en abondance des biens de consommation et services à toute la population du monde, à condition qu’elles soient utilisées rationnellement pour arriver à ce but.
Les problèmes d’une production en quantité suffisante pour tous sont déjà résolus. Après de longs efforts pour combattre la pénurie l’homme est venu à ses bouts et la possibilité de produire en abondance est devenue une réalité. Mais ceci ne peut être accompli dans le cadre d’une société où les moyens de production sont la propriété d’une minorité et où les richesses sont produites pour la vente en vue de profits. Le seul cadre où cette abondance serait réalisable est celui d’une société dans laquelle toutes les ressources, qu’elles soient naturelles ou industrielles, sont devenues, sous contrôle démocratique, l’héritage commun de toute l’humanité. Dans ces conditions seulement, est-il possible de décider démocratiquement ce qui sera produit et satisfaire les besoins humains? Dans une telle société, marché, salaires, profits, achat et vente seraient hors de contexte ; ils finiraient simplement d’exister.
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Mots-clefs : avenir, capitalisme, consommation, crise, croissance, déchets, decroissance, humanité, société, système
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Les peuples racines, une philosophie en phase avec la Nature
« Ils n’ont de vêtements, ni de laine, ni de lin, ni de coton, car ils n’en ont aucun besoin ; et il n’y a chez eux aucun patrimoine, tous les biens sont communs à tous. Ils vivent sans roi ni gouverneur, et chacun est à lui-même son propre maître. Ils ont autant d’épouses qu’il leur plaît […]. Ils n’ont ni temples, ni religion, et ne sont pas des idolâtres. Que puis-je dire de plus ? Ils vivent selon la nature. »
Amerigo Vespucchi (Mundus novus)
« Il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. »
Michel de Montaigne
« Si j’étais chef de quelqu’un des peuples de la Nigritie, je déclare que je ferais élever sur la frontière du pays une potence où je ferais pendre sans rémission le premier Européen qui oserait y pénétrer. »
Jean-Jacques Rousseau
« Les personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques ont le droit de jouir de leur propre culture, de professer et de pratiquer leur propre religion et d’utiliser leur propre langue, en privé et en public, librement et sans ingérence ni discrimination quelconque. »
Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 47/135 du 18 décembre 1992 (Article 2)
« Le post-colonial a partout été du bricolage d’apparence politique, des minorités favorisant le néocolonialisme, le népotisme et le clientélisme. »
Jean Malaurie
« Voir ce qui ne paraît aux yeux de personne, c’est la seconde vue. »
Jules Michelet
« Ils sont comme des muets ; ils souffrent, s’éteignent en silence et nous n’entendons rien. »
Jules Michelet
« La vie avant la domestication / l’agriculture était en fait largement une vie de plaisir, de contact avec la nature, de sagesse des sens, d’égalité sexuelle, et de bonne santé. »
John Zerzan
« Les caractères exceptionnels de cette pensée que nous appelons sauvage tiennent surtout à l’ampleur des fins qu’elle s’assigne. Elle prétend être simultanément analytique et synthétique, aller jusqu’à son extrême dans l’une ou l’autre direction, tout en étant capable d’exercer une médiation entre ces deux pôles… La pensée sauvage se définit à la fois par une dévorante ambition symbolique, par une attention scrupuleuse entièrement tournée vers le concret, enfin par la conviction implicite que ces deux attitudes n’en font qu’une. »
Claude Lévi Strauss
« Cinq cents types de fleurs, filles d’autant de types de pommes de terre poussent… sur la terre ; mêlées de nuit et d’or, d’argent et de jour.
Les cent fleurs des quinoas que j’ai semés au sommet, étincellent de tous leurs feux sous le soleil ; les ailes noires du condor et d’oiseaux microscopiques sont maintenant en fleurs.
Il est midi. Je suis près des montagnes, nos maîtresses, les sommets des ancêtres ; leur neige tantôt saupoudrée de jaune, tantôt tachetée de rouge, brille sous le soleil…
… regardez mon visage, mes veines ; les vents qui soufflent de nous à vous, nous les respirons tous ; la terre sur laquelle vous comptez vos livres, vos machines, vos fleurs, descend de la mienne, meilleure, débarrassée de sa colère, une terre apprivoisée…
Nous ignorons ce qu’il adviendra. Laissons la mort avancer vers nous, laissons venir ces inconnus.
Nous les attendrons ; nous sommes fils du père de toutes les montagnes, nos maîtresses ; fils du père de toutes les rivières. »
José María Arguedas (extrait de « A call to some doctors », 1966, traduit du quechua)
« J’ai vénéré la Terre pour comprendre le ciel
et grâce aux vers luisants, j’ai connu les étoiles. »
Louis Aldebert
« L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même. »
Élisée Reclus
« Tout est dans la nature et toute la nature est en moi. On est ensemble ! »
Parole de Pygmée
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Mots-clefs : civilisation, conscience, Gaïa, humanité, nature, paradigme, société, système, terre, vie
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L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par un questionnement radical des logiques productivistes et des inégalités.
par Bernard Duterme
Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation correspond d’abord à une évolution mondiale alarmante. Crise alimentaire, changements climatiques, impasses énergétiques… les tendances lourdes de l’actualité de ce début de 21e siècle, de par leurs connexions plus ou moins manifestes avec le déboisement et la dégradation des forêts, obligent la communauté internationale à enfin donner l’importance qu’il mérite au phénomène. Le déclin rapide des superficies boisées ne date pourtant pas de ce millénaire. A la faveur d’autres lames de fond – l’urbanisation, les pollutions, l’agro industrialisation, la pauvreté… – aux liens implicites ou explicites avec la déforestation, le constat aurait déjà dû mobiliser les consciences. Sans doute les risques apparaissaient-ils plus éloignés.
Toujours est-il, on le devine, que la diminution avancée du couvert forestier à l’échelle mondiale s’avère intimement liée, dans ses logiques et dans sa portée, aux modèles de production et de consommation privilégiés ces dernières décennies, voire ces derniers siècles. S’en tenir ici à une approche strictement descriptive ou technique de la problématique ne pourra donc suffire, même si, dans un premier temps, il convient d’en prendre la mesure. Qu’entend-on par déforestation ? Quelle est son ampleur ? Quelles régions et populations du monde concerne-t-elle ? En quoi pose-t-elle problème ? Dans un deuxième temps, nous traiterons des causes évidentes et sous-jacentes de la déforestation, ainsi que de ses principaux moteurs et acteurs, pour ensuite débattre des enjeux cruciaux et des politiques auxquels elle renvoie.
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Mots-clefs : avenir, conscience, domination, évolution, Gaïa, humanité, intelligence, opposition, paradigme, réalité, vie
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A en croire les principaux média, le bien-être de tous passe par une croissance soutenue. Pourtant, pour un nombre croissant de personnes, un modèle économique d’avenir et responsable ne passe plus forcément par la croissance économique, mais au contraire par la décroissance.
Décroissance ou développement durable ? : Deux camps s’opposent sur les réponses à apporter aux problèmes environnementaux et aux besoins de la population.
Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les déchets s’amoncellent, les nappes phréatiques s’épuisent ou sont polluées, le pétrole va devenir rare et son contrôle fait l’objet de conflits de plus en plus violents, que ce soit en Irak ou en Tchétchénie. Dans le même temps, la capacité du système économique à répondre aux besoins sociaux est de plus en plus contestée. Les inégalités mondiales se creusent et si une partie de l’Asie est en train de sortir du sous-développement, c’est en adoptant un mode de vie dévoreur de ressources non renouvelables. Bref, et chacun (ou presque) en convient désormais : on va dans le mur et il faut changer de mode de développement. Et pas dans un siècle, dès les prochaines années. Mais comment faire ? Un débat de plus en plus vif oppose les partisans d’une « décroissance soutenable », organisant le recul de l’économie monétaire, aux tenants d’un « développement durable » permettant de concilier croissance et écologie.
Sur la gravité de la situation, il n’y a pas de désaccord majeur entre les tenants du développement durable et les partisans de la décroissance. Ernst Ulrich von Weizsäcker, Amory et Hunter Lovins, tenants du développement durable, reprennent à leur compte, dans leur rapport « Facteur 4 », les très sombres prévisions établies par les Meadows dans leur célèbre rapport de 1972 au Club de Rome sur « les limites de la croissance ». Ils envisagent notamment le risque d’un effondrement brutal des productions agricole et industrielle et de la population mondiale dans les prochaines décennies. Quant à Lester Brown, autre tenant du développement durable, il consacre, dans Eco-économie, des pages aux « signes de la tension » qui ne rassurent pas davantage sur l’avenir. Il n’y a pas non plus de divergence sur la nécessité d’une décroissance très rapide de la consommation de matières premières et d’énergie, en particulier, bien sûr, des énergies fossiles.
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Mots-clefs : argent, avenir, bonheur, conscience, effort, société, système, vie
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« Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux. »
(Karl Marx)
« Le capitalisme a le pouvoir de transformer en drogue, immédiatement et continuellement, le venin qui lui est lancé au visage, et de s’en délecter. »
(Bertolt Brecht)
 Illustration de Veer Munshi : "Exhortation in red ring"
Tout au long des trois derniers siècles, puis avec une acuité hors pair au fil des dernières décennies, prophète du progrès matériel, reniant toute connaissance intuitive et « illuminée », le mode occidental, l’américanisation et son image exportée, ont redéfini le monde autour d’eux.
Si vivre, c’est « in primis » préférer et exclure, nous n’avons pas failli à cette interprétation.
Le résultat est une désolation de la biosphère, une violation de ce monde et de nous-mêmes.
Mais ceci n’est rien pour un système « mariole », fondé sur le déni, qui se gausse de tout parce qu’il a l’intime conviction que les richesses acquises dans un rapport de force des plus dégueulasses serviront de privilège à la survie.
Par contre, une irréfutable leçon est donnée par le réchauffement climatique, plafonnement définitif de la notion de croissance, preuve par neuf de l’irréversibilité d’un développement empirique.
C’est une claque bien méritée.
Il en est donc fini de plastronner et Monsanto peut toujours envoyer sa police des gènes dans le champ du voisin qui n’avait rien demandé !
Au moment où un maître du monde allait s’approprier les semences de la vie et en finir avec les abeilles et les coccinelles, dites bêtes à bon dieu, nous faisant, une fois de plus, accroire que c’était pour sauver l’humanité, le ciel nous tombe sur la tête.
Originellement, toutes causes pouvant entraîner une crise écologique étaient évidemment naturelles. Présentement, la responsabilité anthropique se profile presque toujours à l’horizon, y compris dans ce que les journaux titrent complaisamment de catastrophes « naturelles ». Même quand la responsabilité humaine n’est pas le phénomène déclencheur, son influence suffit à conférer une plus grande amplitude au désastre. C’est un point de vue illustré par des exemples probants. Le 6 janvier 2007, une secousse de 3,1 sur l’échelle de Richter fut ressentie depuis la région suisse de Bâle jusqu’en Alsace. Elle faisait suite à un premier séisme de magnitude 3,4 datée du 8 décembre, suivi d’une réplique de magnitude 2,5 le 15 décembre suivant. Ces frémissements de l’écorce terrestre étaient liés à la construction d’une méga centrale géothermique. Les responsables ont reconnu que l’injection d’eau sous haute pression à 5000 mètres de profondeur avait provoqué ces secousses. Et reparlons des effets du dernier tsunami dans l’océan Indien, démultipliés par la dégradation côtière occasionnée par des activités spéculatives, spécialement la dommageable néantisation de la mangrove protectrice. Reparlons aussi des inondations meurtrières en Haïti ou à Madagascar, dont le déboisement et ses effets érosifs impliquent de violents lessivages ; sans omettre de citer les incendies forestiers répétitifs et sans commune mesure avec ceux naturels et sporadiques qui sont parfaitement salutaires aux écosystèmes. Il est ainsi très aisé de prédire les prochains cataclysmes favorisés par l’action humaine, et même d’en pronostiquer potentiellement l’impact de dangerosité. Nous avons tant l’habitude de jouer avec le feu que la politique de la terre brûlée est un symptôme chronique, presque familier. Stratégiquement, cette tactique de la terre brûlée est une solution de la dernière chance qui consiste à avancer en détruisant tout derrière soi, afin de ne donner aucune chance de ravitaillement à l’ennemi. Comble du crétinisme, notre ennemi est donc nous-mêmes ! On vient seulement de s’en apercevoir et de se rappeler que nous avons éthologiquement mal évolué depuis nos ancêtres les Gaulois. La sympathie que nous éprouvons pour Astérix tiendrait donc de l’effet nostalgique ? Lire la suite de cet article… »
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« Plutôt que d’interroger, nous nous interrogeons sur l’avenir de l’homme en général et de l’Occident en particulier puisque c’est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n’arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu’il est assoiffé de conquête et de pouvoir, aveuglé par l’illusion de sa puissance, prônant l’argent pour Dieu. » L’Emir Abd El Kader dans « El Maoukef » (1860)
Il est bien connu que les millénarismes ont eu pour but, entre autre, de faire émerger un « homme nouveau » dont le comportement moral serait plus exemplaire. Nous savons que « la terreur de l’an 1.000″ a vu une frénésie de religion s’emparer des hommes qui s’accusant de tous les maux étaient convaincu que la fin du monde approchait , l’apocalypse et la parousie du Christ venant il fallait expier.
Le XXe siècle, a été, pour la majorité des peuples des continents du Sud, celui de la tyrannie sous une forme ou sous une autre d’un Occident européen au fait de sa puissance, bardé de certitudes et imprimant au reste du monde sa marque : celle d’une façon de vivre où l’homme n’est plus au centre de la préoccupation mais un rouage, en un mot : un produit marchand.
Fait nouveau, cette façon de vivre débridée fait du gaspillage des ressources de la Terre, forcément limitées, l’alpha et l’oméga du progrès. Tragique erreur s’il en est ! la Terre proteste et nous le fait savoir par des signes de plus en plus récurrents : les perturbations climatiques.
« Mardi 23 septembre 2008, écrit Frédéric Joignot, retenez cette date. Ce fut « le jour du dépassement », le earth overshoot day de l’année. La date où la population humaine a épuisé les ressources produites en un an par le mince manteau vivant qui enveloppe la Terre, la biosphère ou écosphère. Depuis, nous allons au-delà de ce que la planète nous offre, de sa biocapacité. Comment identifions-nous ce mardi fatal si précisément ?
Pour le calculer, Global Footprint Network compare le rythme auquel, chaque année, la nature produit des ressources – aliments, combustibles, etc. – et assimile les déchets, et le rythme auquel l’humanité consomme ces ressources et produit des déchets. Quand nous excédons les possibilités terrestres, nous atteignons « le jour du dépassement ».
Le premier, selon l’ONG, est tombé le 31 décembre 1986. En 1996, il se situait début novembre. En 2007, le 6 octobre. Aujourd’hui, le 23 septembre. Et dans dix ans ? Notre crédit terrestre s’épuise – après le crédit bancaire ».(1)
« Les chercheurs évaluent « l’empreinte écologique » d’Homo sapiens en hectares terrestres. L’OCDE en donne cette définition : « La mesure de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée. » Nous avons largement dépassé notre quota, globalement. La Terre ne peut aujourd’hui offrir que 1,78 hectare global (hag) par habitant. Or, la consommation mondiale actuelle exige 2,23 hag productifs. Et les calculs montrent que si l’ensemble de la population humaine adoptait aujourd’hui le mode de vie des Européens et des Américains – voitures, eau chaude à volonté, viande chaque jour, énergies fossiles à la demande… -, il lui faudrait disposer en surface de quatre à cinq planètes Terre. »
Nous sommes donc avertis, nous épuisons les ressources annuelles de la Terre plus rapidement qu’elles ne se constituent. Notre démographie n’est-elle pas la cause de nos malheurs écologiques, mais aussi politiques, sociaux, militaires, comme l’affirmait déjà l’austère Thomas Malthus… en 1798 ? qui affirmait que la population humaine croît de façon exponentielle (2, 4, 8, 16, 32…) et les ressources, de manière arithmétique (1, 2, 3, 4, 5…). Inévitablement, nous irions vers l’épuisement des biens, la famine, la guerre de tous contre tous. L’empreinte écologique, le réchauffement qui s’accélère combinés à une croissance forte de la population ne ramènent-ils pas l’humanité à une situation « malthusienne » – une spirale tragique ?
Prenez Ted Turner, fondateur de la chaîne d’actualités CNN, il déclarait en avril 2008 sur la chaîne PBS : « Nous sommes trop nombreux. Voilà pourquoi nous avons le réchauffement climatique. [...] Tous les habitants de la planète doivent s’engager à avoir un ou deux enfants, c’est tout. [...] Ne pas contrôler la population est un suicide. » Cette angoisse peut aussi être amplifiée par des mensonges modernes sur l’invasion venue du Sud surpeuplé. Mais, contredisant cette démagogie, un rapport publié en 2004 par le département des affaires économiques et sociales de l’ONU (World Population to 2300) indique que les immigrés venus des pays pauvres contribueront pour 4% à la croissance démographique des pays développés d’ici à 2050 – aujourd’hui pour 3% -, ce qui rajeunira une Europe vieillissante ».(1)
Aurons-nous assez de ressources pour nous nourrir ? Lire la suite de cet article… »
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Extraits du deuxième bulletin Sortir de l’Économie :
Existe-t-il une économie à visage humain ?
Extrait p 4.
On connaissait déjà le contenu des dialogues entre les derniers des musiciens sur le pont du Titanic économique, sur le mode du « Comment allez-vous, madame Economie ? Très bien, le prix de la conscience est déjà fortement à la hausse » : la marchandisation des pollutions par l’écocapitalisme cherchant à s’acheter une bonne conscience en compensant les émissions polluantes des pays du Nord par des transferts technologiques en vue des futures « non-émissions » des pays du Sud, se porte en effet à merveille. On voit aussi apparaître l’idée d’« un marché de crédits biodiversité », comme il existe un marché de crédits carbone pour lutter contre le réchauffement. L’idée serait de payer des « projets de compensation » pour des dommages infligés à un environnement par la construction d’infrastructures (autoroutes, étalement urbain, etc.), selon « une grille fixant le prix d’un hectare de prairie, de forêt ou de zone humide ». Cette « grille » fixant la valeur de chaque habitat-type existe déjà aux Etats-Unis, où par exemple la destruction d’un hectare d’habitat à crevettes d’eau douce vous coûtera 290.000 euros. L’ingénierie et la marchandisation environnementale tournent donc à plein régime.
Mais la marchandisation des pollutions n’est pas seulement à l’oeuvre dans les cénacles du G8, elle est aussi à l’oeuvre dans les rangs de la militance écologiste et des économistes en chef de l’altermondialisme. Car finalement le boycott des «grandes surfaces» et de certaines «marques» pour mieux privilégier quelques formes de « commerce éthique » pour lequel on encouragera la consommation, n’est qu’un « nouveau » mode d’action qui cache une croyance naïve en la possibilité d’un capitalisme à visage humain, quand il ne fait pas de la consommation une forme d’action politique : « Acheter, c’est voter! », ce qui est le summum finalement de l’esprit marchand voulant faire jouer la concurrence, « si vous n’aimez pas les pollutions, vous achèterez » et autre « j’achète, donc je pense ». Non seulement l’« alternative » repose simplement sur l’idée de faire toujours jouer la concurrence, mais on marchandise aussi les mutilations incommensurables à la vie infligées par les nuisances écologiques ainsi que la simple décence de conditions de travail, par un autre calcul des prix de toujours la même mise en équivalence universelle. Et de plus en plus d’argent s’éloigne alors des sentiers battus pour s’en aller irriguer les circuits économiques « alternatifs » d’une supposée économie à visage humain. La consomm’action n’est que l’avant-garde de la mutation éco-capitaliste. Mais partout le fluide du fric s’insinue par les moindres fissures qui s’entrouvrent à la longue dans le Rideau de fer de nos vies.
(…)
Extrait p 8.
L’écologie des alternatifs est finalement l’avant-garde de l’écologie machinique de demain qui taxe, qui réglemente, qui sur-organise, qui fait décroître, partout la lutte contre les nuisances écologiques passent par leur mise en valeur, et comme toujours, «l’extension accélérée du marché oblige à y inclure, donc à tarifer ce qui lui échappe encore. Car dans la mesure où certains biens essentiels dont nul ne se préoccupe restent gratuits, ils sont exploités sans mesure. Pas besoin de se gêner puisqu’ils ne coûtent rien. C’est ainsi que la clarté des rivières, le silence des villes, l’azur de la Méditerranée, menacés de disparition, manqueront un beau jour à l’industrie elle-même. Il devient donc urgent d’en faire le décompte et d’en fixer la valeur, et la seule qui soit reconnue de tous [par nos écologistes machiniques comme alternatifs] est celle qui s’exprime en francs. Il va falloir déterminer les coûts, les indemnités à payer aux particuliers, à l’Etat et aux industriels eux-mêmes. C’est d’autant plus urgent que ce qui était donné par la nature doit être désormais fabriqué à grands frais. Demain les produits les plus chers seront l’air, l’eau, la mer ou les plages épurées, recomposées à force de raffinements scientifiques et chimiques. La fabrication des éléments ou paysages qu’on avait autrefois pour rien sera sans doute l’industrie la plus puissante, donc celle qui procure les plus gros profits ». Lire la suite de cet article… »
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Publicité et Environnement
Mais que fait le BVP ?
(Bureau de Vérification de la Publicité)
(Cet article est issu de L’Alliance, regroupement d’ONGs soutenant des actions communes dans l’espoir de construire un nouveau monde).
De plus en plus de publicités font une utilisation abusive et mensongère de l’argument écologique en vantant les qualités écologiques d’activités et de produits en réalité polluants. Cet usage abusif trompe le consommateur sur la réalité du produit et vient à l’encontre des efforts des associations pour l’inciter à consommer de manière plus responsable.
Notre constat :
L’abus de l’argument écologique par le secteur publicitaire et un contrôle très insuffisant
De plus en plus de publicités font une utilisation abusive, voir mensongère, de l’argument écologique en vantant les qualités écologiques d’activités et de produits en réalité polluants. Cet usage, qui trompe le consommateur sur la réalité du produit, a plusieurs conséquences :
- Le consommateur n’est pas orienté vers les produits les plus écologiques et ne change pas ses comportements de consommation ;
- Les entreprises ne changent pas vraiment leurs produits et services et se contentent d’y ajouter une touche écologique qui sera mise en valeur via la publicité ;
- Cette situation vient à l’encontre des efforts de sensibilisation faits par les associations de protection de l’environnement pour changer nos comportements de consommation.
Ces problèmes revêtent une gravité particulière à l’heure des grands bouleversements écologiques que connaît notre planète (changement climatique, disparition des espèces, impacts prévisibles sur les populations humaines…), alors même que les habitudes actuelles de consommation dans nos pays riches sont la raison principale de ces problèmes (gaspillages, pollutions, déchets, boulimie énergétique…).
Sur la base de ce constat, deux questions ont émergé :
D’une part, se pose la question de la réalité de l’engagement des entreprises en faveur du développement durable : telle grande marque de détergent vantera sa lessive utilisable à froid comme moins consommatrice d’énergie (ce qui est vrai), mais sans faire de vrai effort sur sa formule, toujours aussi polluante pour les milieux aquatiques (Ariel), alors que la marque Ecovert arrive à de bien meilleurs résultats.
D’autre part, la question, qui découle de la première, est celle de la réalité du contrôle des publicités mis en place par le secteur publicitaire lui-même.
Le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP) assure l’autodiscipline de la profession publicitaire en France. Mais pour les raisons suivantes, le BVP n’empêche pas de nombreuses publicités de véhiculer un discours trompeur :
- Il s’agit d’une structure juge et partie
- L’adhésion au BVP est facultative et, sauf pour les publicités télévisées, il ne contrôle que les publicités qui lui sont soumises volontairement
- Le secteur publicitaire ne respecte pas suffisamment sa propre déontologie professionnelle
- Le contrôle par le BVP du respect de cette déontologie est insuffisant
- Les avis du BVP sur les publicités qui lui sont soumises sont non contraignants
- Le BVP n’a pas de vrais moyens de coercition et de sanction
- Le BVP n’a pas de responsabilité juridique quant aux avis qu’il donne
Les objectifs de l’Alliance, en réaction à ce constat :
- De mettre fin à l’usage infondé de l’argument écologique dans les publicités
- D’obtenir un changement de comportement des annonceurs et des publicitaires
- D’obtenir une réforme en profondeur du système de contrôle des publicités
- De faire prendre conscience de l’impact général de la publicité sur l’environnement : surconsommation, pollution, incitation à des comportements non écologiques… Lire la suite de cet article… »
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Il y a 150 ans, la société par action était une institution peu importante. Aujourd’hui elle est omniprésente. Comme l’église, la monarchie et le parti communiste en leur temps, la société est l’institution prédominante. Ce documentaire étudie la nature, l’évolution, l’impact et le probable avenir de la société moderne. Dotée d’un mandat légal limité, qu’est-ce qui lui a permis d’obtenir un pouvoir et une influence tel sur notre vie ? Notre enquête commence alors que les scandales ouvrent le débat sur l’absence de contrôle sur les grandes sociétés.
  
http://www.nous-les-dieux.org/VIDEOS/TheCorporation.flv
The Corporation (2:24:03) (version sous-titrée en français)
Un documentaire de : Mark Achbar, Jennifer Abbott & Joel Bakan
Georges W.Bush
Je pense qu’il y a une mauvaise perception sur le marché… une méfiance. 95%, dans ces eaux là, un gros pourcentage des entreprises sont honnêtes et divulguent leur actif. Leur système de rémunération est équilibré. Mais il y a des pommes véreuses.
Cette image n’est pas appropriée (la pomme véreuse)? Y a-t-il une meilleure métaphore pour décrire l’institution dominante ? En donnant la parole à des PDG, des dénonciateurs, des courtiers, des gourous et des espions, en place ou en marge, nous présentons la société comme un paradoxe qui génère l’opulence mais aussi d’innombrables maux, souvent camouflés.
Ira Jackson (Directeur, Center for Business and Government Kennedy School, Harvard University)
La société est une pièce du puzzle qu’est notre monde. Si on la retire, le tableau est incomplet. De même, si c’est la seule pièce du puzzle, ça ne fonctionnera pas. Une équipe sportive. Certains bloquent, interceptent. D’autres courent, d’autres lancent le ballon. Mais on a tous le même mais, réussir en tant qu’organisation. C’est comme une cellule familiale. Les gens travaillent ensemble avec un objectif commun. Comme le réseau téléphonique, elle tisse sa toile. Elle est extrêmement puissante. Il est difficile d’y échapper. Elle transforme la vie des gens, tout compte fait, pour le mieux. L’aigle… il plane, l’oeil vif, prêt à se mesurer aux autres, à frapper mais ce n’est pas un vautour. Noble, visionnaire, majestueux, de manière à ce que les gens croient en lui, s’en inspire, de manière à donner un coup de fouet, à s’élever. Ca serait un bon logo pour une compagnie qui a des principes.
Robert Keyes (Président et directeur général, Conseil canadien pour le commerce international)
Le mot anglais « corporate » a pris un sens péjoratif… Il est associé à « l’ordre du jour ». On parle de l’ordre du jour d’une grande société comme si c’était diabolique. Comme si l’ordre du jour essayait de dominer le monde entier. Je n’utilise pas le mot « société », mais plutôt le mot « entreprise », le mot « compagnie », l’expression « milieu des affaires ». Parce que je trouve que ça donne une vision plus juste que de se limiter au mot « société ».
Joe Badaracco (Professeur d’éthique des affaires, de la Harvard Business School)
Qu’est-ce qu’une société ? J’enseigne dans une école de commerce et on ne m’a jamais demandé ma définition d’une société. C’est une forme de propriété commerciale. C’est un groupe d’individus qui poursuit ensemble toutes sortes d’objectifs. Le principal est de faire des bénéfices importants, croissants, constants, en toute légalité, pour les propriétaires de l’affaire.
Transcription de l’intégralité des dialogues du film… Lire la suite de cet article… »
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Où l’intérêt particulier rejoint l’intérêt collectif
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En France, depuis début 2003, le Groupe de REcherche pour un Système SOciétal – GRESSO – initie un projet à la fois politique, le SOCIÉTALISME, mais aussi économique et monétaire, l’ÉCOSOCIÉTALISME. Les lignes qui suivent synthétisent les grandes idées de ce projet développé dans les pages du site de l’écosociétalisme et auquel chacun est invité à participer sur le forum Destination Sociétale
Le sociétalisme expose un projet démocratique réalisable et envisage les modalités de son avènement.
Il implique une organisation sociale post-capitaliste et son institutionnalisation par voie démocratique.
L’ écosociétalisme propose une alternative économique post-libérale, implique le déclin des systèmes financiers, boursiers et bancaires actuels.
Il répartit équitablement le pouvoir d’achat individuel, libère la monnaie en fonction des biens et services produits, récupère immédiatement la monnaie lors de son utilisation finale.
Le sociétalisme a pour finalité :
- L’existence harmonieuse de « la société humaine ».
- L’épanouissement de chacun des individus la composant.
Le sociétalisme veut :
- Orienter et réguler la consommation des ressources naturelles.
- éviter l’effondrement des civilisations compte tenu des impasses énergétiques, écologiques, alimentaires, climatiques, que nous connaissons.
Le sociétalisme est un mouvement d’idées qui préconise l’instauration d’un système économique et politique basé sur :
- Les Droits de l’Homme et le respect de l’environnement.
- La ré-appropriation de la création monétaire par la collectivité.
- La gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie.
- La répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen.
- La démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité.
Le sociétalisme n’est :
- Ni un nouveau communisme.
- Ni une adaptation boiteuse du capitalisme.
L’écosociétalisme est :
- Un système économique adapté aux exigences éthiques du sociétalisme.
- Un outil monétaire – l’écomonétarisme qui, substitué au système actuel, modifie la nature même de la monnaie et le circuit monétaire.
L’écosociétalisme, nouveau moteur de développement, permet d’obtenir :
- Plus de confort pour tous.
- Plus de services.
- Moins de consommation d’énergie.
- Moins d’utilisation de matières premières.
- Moins de production de déchets.
L’écosociétalisme, outil de gestion équilibrée des ressources, instaure :
- L’impossibilité d’accumulation individuelle de capital productif ou financier (accumulation toujours effectuée au détriment des autres).
- Des revenus fonctions de l’apport sociétal de chaque acteur (avec un seuil permettant la satisfaction des besoins fondamentaux).
- Des comptabilités nationales basées sur des indices de « Satisfaction Individuelle et Collective » (et non plus sur un « Produit Intérieur »)..
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Le 11 novembre 2008, les policiers français ont procédé à la spectaculaire interpellation d’un groupe de « terroristes présumés » dans un petit village de Corrèze. Deux mois plus tard, il apparaît qu’il s’agit en réalité de jeunes gens réfractaires à la société de consommation et de surveillance, et que l’instruction ne dispose d’aucune preuve à charge. Le sociologue Jean-Claude Paye, qui étudie depuis plusieurs années la dérive autoritaire des sociétés occidentales, analyse ici cet étrange usage des lois anti-terroristes.
L’affaire de Tarnac est exemplaire d’un processus rapide de subjectivation de l’ordre juridique. On est poursuivi pour terrorisme, non pas sur base d’un délit matériel déterminé, mais en fonction d’une virtualité construite par l’imaginaire du pouvoir. Le 11 novembre 2008, dans le cadre de « l’opération Taïga », 150 policiers ont encerclé Tarnac. Simultanément, des perquisitions étaient menées à Rouen, Paris, Limoges et Metz. L’interpellation de 10 jeunes gens est avant tout un spectacle destiné à créer l’effroi.
Leur arrestation serait en rapport avec des actes de sabotages de lignes de chemin de fer, qui ont causé, le 8 novembre, le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Les actes malveillants, l’arrachage de plusieurs caténaires, ont été qualifiés de terroristes, alors qu’ils n’ont, à aucun moment, menacé la vie humaine. L’accusation, qui dit disposer de nombreux indices, notamment des écrits et la présence de cinq suspects près de lignes sabotées au moment des faits, reconnaît n’avoir aucune élément matériel de preuve.
C’est leur profil qui justifie leur inculpation. Ils ont été arrêtés car « ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers » et nombre d’entre eux « participaient de façon régulière à des manifestations politiques », par exemple : « aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration » (1) Quant à leur logement, il est désigné comme un « lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes ».
Bien qu’ils seraient le « noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée » (2), la plupart seront rapidement libérées, certains sous condition, d’autres assignés à résidence, mais ils resteront inculpés. Seul le « chef » et sa compagne demeureront emprisonnés. Le 26 décembre, la Cour d’Appel de Paris, a, à la requête du parquet, annulé l’ordonnance de mise en liberté de Julien Coupat (3). Le 16 janvier, la Cour d’Appel de Paris a ordonné la remise en liberté, sous contrôle judiciaire, d’Yldune Lévy. Sa remise en liberté devra être confirmée vendredi 23 par la chambre de l’instruction de Paris, qui examinera, sur le fond, l’appel du parquet.
Le discours du pouvoir procède à un double déplacement : de simples actes de sabotages, comme il peut, par exemple, y en avoir dans un mouvement social, sont qualifiés de terroristes et ces actes sont nécessairement attribués aux jeunes de Tarnac, malgré que la police reconnaît l’absence de tout élément matériel de preuve. L’image du terrorisme érigée par le pouvoir crée un réel qui se substitue aux faits. Ceux-ci ne sont pas niés, mais toute capacité explicative leur est déniée. Les actes de sabotage ne peuvent être que le fait de personnes désignées comme terroristes. L’acte de nommer, antérieur à toute procédure d’évaluation objective, renverse celle-ci et enferme dans l’image, dans une forme vide.
Une reconstruction du langage Lire la suite de cet article… »
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