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	<title>LeTransmuteur.Net &#187; Économie</title>
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	<description>COMPRENONS, INFORMONS, CONCEVONS ET RÉALISONS ENSEMBLE CE MONDE EN MUTATION !</description>
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		<title>La gestion de services locaux sans argent</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Jun 2009 16:18:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AnciensUtilisateurs</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
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		<description><![CDATA[Certains d&#8217;entre vous connaissent peut-être l&#8217;existence d&#8217;alternatives économiques, telles qu&#8217;on peut en trouver par exemple sur Ékopedia. Bien souvent, il s&#8217;agit de variantes du Monopoly : au lieu d&#8217;utiliser des billets de banques, on utilise des papiers de débit/crédit en utilisant un nouveau nom d&#8217;unité (l&#8217;euro devient le &#171;&#160;champignon&#160;&#187;, le &#171;&#160;blé&#160;&#187;, la &#171;&#160;fleur&#160;&#187;, etc&#8230;); en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-5323" title="Partage sans argent" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/echange-sans-argent.jpg" alt="echange-sans-argent" width="345" height="299" />Certains d&#8217;entre vous connaissent peut-être l&#8217;existence d&#8217;alternatives économiques, telles qu&#8217;on peut en trouver par exemple sur <strong><a href="http://fr.ekopedia.org/%C3%89conomie_alternative">Ékopedia</a></strong>. Bien souvent, il s&#8217;agit de variantes du Monopoly : au lieu d&#8217;utiliser des billets de banques, on utilise des papiers de débit/crédit en utilisant un nouveau nom d&#8217;unité (l&#8217;euro devient le &laquo;&nbsp;champignon&nbsp;&raquo;, le &laquo;&nbsp;blé&nbsp;&raquo;, la &laquo;&nbsp;fleur&nbsp;&raquo;, etc&#8230;); en fonction des localités. Ainsi, des dizaines de milliers de personnes pratiquent ces alternatives dans plusieurs pays, mais celles-ci sont plutôt considérées comme des compléments, des bouées de secours. En effet, rares sont les personnes qui délaissent entièrement le système bancaire pour un autre système, excepté quand elles n&#8217;ont plus le choix.</p>
<p style="text-align: justify;">Le principe de partage du temps, dédié à la gestion des services locaux, est également un principe considérable comme une bouée de secours. Cependant, il offre également un nouvel avantage : celui de simplifier cette gestion locale, en n&#8217;imposant plus aux habitants d&#8217;utiliser une quelconque monnaie à inventer. Il n&#8217;y a donc plus de comptabilité locale à tenir à jour, avec des chiffres, des &#8211; et des +; accompagnée parfois de rappels stériles de rétablissement &laquo;&nbsp;nécessaire&nbsp;&raquo; d&#8217;un compte en positif (dans cette logique, si quelqu&#8217;un reçoit un service, il faudrait en contrepartie en rendre un également). Ce principe a été conçu en prenant en compte les erreurs de fonctionnement constatées ailleurs, afin d&#8217;éviter certaines dérives communes, tout en intégrant cette notion de Partage, en lieu et place de cette notion d&#8217;Échange qui n&#8217;est rien d&#8217;autre, généralement et selon moi, que l&#8217;expression d&#8217;une forme d&#8217;égoïsme.</p>
<p style="text-align: justify;">Le partage du temps permet donc, de façon bien organisée par le biais d&#8217;une gestion optimale du temps, de réunir des personnes prêtes à offrir une partie de leur temps libre. À ce jour, un premier site web &laquo;&nbsp;<a href="http://www.share-time.com"><strong>Share-Time.com</strong></a>&nbsp;&raquo; (ou partage du temps) applique ce nouveau principe et fournit le nécessaire pour qu&#8217;il puisse être reproduit ailleurs : un <span style="text-decoration: underline;">guide de mise en place</span> de bureaux locaux pour les habitants ne possédant pas de connexion internet, ainsi que des <span style="text-decoration: underline;">scripts élaborés</span> offerts aux webmasters souhaitant dupliquer librement le site pour leur propre localité. Il ne s&#8217;agit donc plus de &laquo;&nbsp;système d&#8217;Échange&nbsp;&raquo;, mais d&#8217;un simple principe de Partage. Celui qui pense toujours en terme d&#8217;échange, voulant tout de suite quelque chose en retour à son propre travail, ne pourrait donc apprécier ce principe. En pratique et de façon résumée, voici comment il fonctionne :</p>
<p style="text-align: justify;">- &laquo;&nbsp;A&nbsp;&raquo; possédant une certaine capacité/compétence peut l&#8217;annoncer dans son bureau local, ou sur un site web dédié. Le fait d&#8217;offrir un service très basique ou spécifique, avec une expérience de débutant ou de spécialiste n&#8217;a que peu d&#8217;importance : le fait principal est qu&#8217;il est prêt à partager de son temps libre; pour offrir un service quelconque.</p>
<p style="text-align: justify;">- &laquo;&nbsp;B&nbsp;&raquo; consulte la liste des services disponibles, et fait appel à &laquo;&nbsp;A&nbsp;&raquo;. Ce dernier lui offre son service, en sachant bien qu&#8217;il ne recevra rien en échange : ni autre service, ni argent, ni débit sur un compte virtuel. Par contre, &laquo;&nbsp;A&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;B&nbsp;&raquo; possèdent un Historique Personnel d&#8217;Activité (HPA), celui-ci étant consultable publiquement dans une parfaite transparence. N&#8217;importe qui peut donc savoir qui a offert ou reçu un service, combien de fois et quand, depuis une date d&#8217;inscription. Par le biais de ces deux HPA, tout le monde sait alors que &laquo;&nbsp;A&nbsp;&raquo; ait offert un service à une certaine date (ayant duré un certain temps, ce qui est précisé), et que &laquo;&nbsp;B&nbsp;&raquo; a reçu ce même service.</p>
<p style="text-align: justify;">- Un jour, &laquo;&nbsp;A&nbsp;&raquo; constate que le service proposé par &laquo;&nbsp;C&nbsp;&raquo; l&#8217;intéresse. Il le contacte, et &laquo;&nbsp;C&nbsp;&raquo; vient lui offrir ce service, sans rien recevoir. Et une fois de plus, les HPA de &laquo;&nbsp;A&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;C&nbsp;&raquo; sont mis à jour publiquement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fonctionnement est donc très simple car basé sur la notion du temps, une valeur naturelle de la vie si je puis dire, contrairement à l&#8217;argent, une valeur artificielle inventée par l&#8217;homme; dont l&#8217;utilisation n&#8217;est plus indispensable pour ceux étant capables de s&#8217;organiser par la Partage, plutôt que par l&#8217;échange direct. Pour tout ceux ayant un minimum de temps libre, je pense en particulier aux sans emploi, ceci représente une occasion d&#8217;instaurer une nouvelle forme d&#8217;économie plus libre dans leur localité. Par la même occasion, ils créent un nouvel espoir de changer les mentalités, en montrant l&#8217;exemple aux plus occupés. Ces derniers étant déjà fortement prisés par leur propre survie, un espoir de changement ne résiderait donc que parmi ceux ayant encore du temps libre.</p>
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		<title>Crise systémique globale : Le choc cumulé des trois « vagues scélérates » de l&#8217;été 2009</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2009 08:59:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
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		<description><![CDATA[Communiqué public GEAB Spécial Eté 2009 N°36 (16 juin 2009) Comme anticipé par LEAP/E2020 dès Octobre 2008, à la veille de l&#8217;été 2009, la question de la capacité des Etats-Unis et du Royaume-Uni à financer leurs déficits publics désormais incontrôlés s&#8217;est imposée comme la question centrale dans le débat international, ouvrant de ce fait la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;"><em>Communiqué public GEAB Spécial Eté 2009 N°36 (16 juin 2009)</em></h3>
<p style="text-align: justify;">Comme anticipé par LEAP/E2020 dès Octobre 2008, à la veille de l&#8217;été 2009, la question de la capacité des Etats-Unis et du Royaume-Uni à financer leurs déficits publics désormais incontrôlés s&#8217;est imposée comme la question centrale dans le débat international, ouvrant de ce fait la voie au double phénomène d&#8217;une cessation de paiement des Etats-Unis et du Royaume-Uni d&#8217;ici la fin de l&#8217;été 2009.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-5317" title="vague-scelerate" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/vague-scelerate.gif" alt="vague-scelerate" width="360" height="248" />Ainsi, à ce stade de développement de la crise systémique globale, contrairement au discours médiatique et politique dominant actuellement, l&#8217;équipe de LEAP/E2020 n&#8217;envisage pas du tout de reprise après l&#8217;été 2009 (ni d&#8217;ailleurs dans les douze mois à venir) (1). Bien au contraire, du fait de l&#8217;absence de traitement de fond des problèmes à l&#8217;origine de la crise, nous considérons que l&#8217;été 2009 va voir la convergence de trois « vagues scélérates » (2) particulièrement destructrices qui traduisent la poursuite de l&#8217;aggravation de la crise et vont provoquer des bouleversements historiques d&#8217;ici les mois de Septembre/Octobre 2009. Comme c&#8217;est le cas depuis le début de cette crise, chaque région du monde ne sera bien entendu pas affectée de la même manière (3) ; mais, pour nos chercheurs, toutes sans exception connaîtront une forte dégradation de leur situation d&#8217;ici la fin de l&#8217;été 2009 (4).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette évolution risque ainsi de prendre à contre-pied nombre d&#8217;opérateurs économiques et financiers tentés par l&#8217;euphorisation médiatique actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce numéro spécial « Eté 2009 » du GEAB, notre équipe présente bien entendu en détail ces trois vagues destructrices convergentes et leurs conséquences. Et notre équipe détaille en conclusion ses recommandations stratégiques (or, immobilier, bons, actions, devises) pour éviter d&#8217;être emporté par cet été meurtrier. <span id="more-5301"></span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Durée (en mois) des récessions US depuis 1900 (durée moyenne : 14,43 mois) - Sources : US National Bureau of Economic Research / Trends der Zukunft" src="http://www.leap2020.eu/photo/grande-1435110-1905017.jpg" alt="Durée (en mois) des récessions US depuis 1900 (durée moyenne : 14,43 mois) - Sources : US National Bureau of Economic Research / Trends der Zukunft" width="339" height="479" /></p>
<p> <strong>Durée (en mois) des récessions US depuis 1900 (durée moyenne : 14,43 mois)</p>
<p> Sources : US National Bureau of Economic Research / Trends der Zukunft</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, pour LEAP/E2020, loin des « jeunes pousses » (« green shoots ») aperçues depuis deux mois dans tous les coins de tableaux statistiques (5) par les médias financiers internationaux, leurs experts attitrés et les politiciens qui les écoutent (6), ce sont dix vagues particulièrement destructrices pour le tissu socio-économique qui vont converger au cours de l&#8217;été 2009, traduisant la poursuite de l&#8217;aggravation de la crise et entraînant des bouleversements historiques dès la fin de l&#8217;été 2009, en particulier des situations de cessation de paiement des Etats-Unis et du Royaume-Uni, tous deux au cœur du système global en crise :</p>
<ul>
<li>La vague du chômage massif: trois dates d&#8217;impact qui varient selon les pays d&#8217;Amérique, d&#8217;Europe, d&#8217;Asie, du Moyen-Orient et d&#8217;Afrique </li>
<li>La vague déferlante des faillites en série : Entreprises, banques, immobilier, états, régions, villes</li>
<li>La vague de la crise terminale des Bons du Trésor US, du Dollar et de la Livre et du retour de l&#8217;inflation</li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Le commerce mondial s'effondre : Graphique 1 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs (1991-02/2009) / Graphique 2 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs entre février 2008 et février 2009 (la ta" src="http://www.leap2020.eu/photo/grande-1435110-1905018.jpg" alt="Le commerce mondial s'effondre : Graphique 1 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs (1991-02/2009) / Graphique 2 : Evolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs entre février 2008 et février 2009" width="680" height="441" /></p>
<p> <strong>Le commerce mondial s&#8217;effondre :</p>
<p> Graphique 1 : Évolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs (1991-02/2009)</p>
<p> Graphique 2 : Évolution annuelle des exportations de 15 grands pays exportateurs entre février 2008 et février 2009</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ces trois vagues ne sont en fait pas successives comme ces vagues scélérates appelées « trois soeurs » pourtant si destructrices ; elles sont bien plus dangereuses car elles sont simultanées, asynchrones et non parallèles. De ce fait, leur impact sur le système mondial est générateur de dislocation puisqu&#8217;elles l&#8217;atteignent sous divers angles, à différentes vitesses, avec des forces variables. La seule certitude à ce stade, c&#8217;est que le système international n&#8217;a jamais été aussi faible et démuni face à une telle situation : la réforme du FMI et des institutions de gouvernance mondiale annoncée au G20 de Londres reste lettre morte (7), le G8 ressemble de plus en plus à un club moribond dont tout le monde se demande désormais à quoi il peut bien servir (8), le leadership américain n&#8217;est déjà plus que l&#8217;ombre de lui-même qui tente désespérément de conserver des acheteurs pour ses bons du trésor (9), le système monétaire mondial est en pleine désintégration avec les Russes et les Chinois notamment qui accélèrent leur jeu pour se positionner dans l&#8217;après-Dollar, les entreprises ne voient aucune amélioration à l&#8217;horizon et accroissent leurs licenciements, des états de plus en plus nombreux vacillent sous le poids de leur dette accumulée pour « sauver les banques » et devront assumer une déferlante de faillites dès la fin de l&#8217;été (10). A l&#8217;image des banques, d&#8217;ailleurs, qui, après avoir soutiré encore une fois l&#8217;argent des épargnants crédules grâce à l&#8217;embellie des marchés financiers orchestrée ces dernières semaines, vont devoir reconnaître qu&#8217;elles sont toujours insolvables dès la fin de l&#8217;été 2009.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni en particulier, l&#8217;effort financier public colossal réalisé en 2008 et début 2009 au seul profit des grandes banques a atteint un tel degré d&#8217;impopularité qu&#8217;il était devenu impossible au Printemps 2009 d&#8217;envisager de nouvelles infusions de fonds publics au profit des banques pourtant toujours insolvables (11). Il est alors devenu impératif d&#8217;orchestrer un « beau conte de fée » pour pousser l&#8217;épargnant moyen à injecter ses propres fonds dans le système financier. A coup de « green shoots », d&#8217;indices boursiers poussés vers le haut sans fondement économique réel et de « remboursements anticipés de fonds publics », la mise en condition a été effectuée. Ainsi, pendant que les grands investisseurs des monarchies pétrolières ou des pays asiatiques (12), profitant de l&#8217;aubaine, sortaient du capital des banques en question, une multitude de nouveaux petits actionnaires y entraient pleins d&#8217;espoir. Quand ils découvriront que les remboursements de fonds publics ne sont qu&#8217;une goutte d&#8217;eau par rapport à ce que ces mêmes banques ont obtenus en terme d&#8217;aide public (notamment pour garantir leurs actifs toxiques) et que, d&#8217;ici trois à quatre mois au maximum (comme analysé dans ce GEAB N°36), ces mêmes banques seront à nouveau sur le point de s&#8217;effondrer, ils constateront, impuissants, que leurs actions ne valent à nouveau plus rien.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Accroissements respectifs du PNB (en vert) et de la dette US (en rouge) (en Milliards USD) - Sources : US Federal Reserve / US Bureau of Economic Analysis / Chris Puplava, 2008" src="http://www.leap2020.eu/photo/grande-1435110-1905020.jpg" alt="Accroissements respectifs du PNB (en vert) et de la dette US (en rouge) (en Milliards USD) Sources : US Federal Reserve / US Bureau of Economic Analysis / Chris Puplava, 2008" width="450" height="306" /></p>
<p> <strong>Accroissements respectifs du PNB (en vert) et de la dette US (en rouge) (en Milliards USD)</p>
<p> Sources : US Federal Reserve / US Bureau of Economic Analysis / Chris Puplava, 2008</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: justify;">Intoxiqués par les financiers, les dirigeants politiques de la planète vont à nouveau avoir la surprise après l&#8217;été de découvrir que tous les problèmes de l&#8217;année passée vont resurgir, démultipliés, car ils n&#8217;ont pas été traités, mais juste « enfouis » sous des masses immenses d&#8217;argent public. Une fois cet argent dilapidé par des banques insolvables, forcées à « sauver » des concurrents en pire état qu&#8217;elles-mêmes, ou dans des plans de stimulation économique mal conçus, les problèmes ressortent aggravés. Pour des centaines de millions d&#8217;habitants d&#8217;Amérique, d&#8217;Europe, d&#8217;Asie et d&#8217;Afrique, l&#8217;été 2009 va être une terrible transition vers un appauvrissement durable du fait de la perte de leur emploi sans perspective d&#8217;en retrouver un avant deux, trois ou quatre années; ou du fait de l&#8217;évaporation de leurs économies placées directement en bourse, dans des fonds de retraite par capitalisation ou des placements bancaires liés à la bourse ou libellés en Dollar US ou en Livre britannique; ou bien du fait de leur investissement dans des entreprises poussées à attendre désespérément une embellie qui ne viendra pas avant longtemps.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes:</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Pas même de reprise sans emplois («jobless recovery ») comme essayent de nous le vendre nombre d&#8217;experts. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en zone Euro, au Japon, ce sera une reprise sans reprise (« recoveryless recovery »), une pure invention destinée à essayer de faire re-consommer des consommateurs américains ou britanniques insolvables et à faire patienter le plus longtemps possible les pays acheteurs de Bons du Trésor US et de Gilts britanniques (avant qu&#8217;ils ne décident qu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;avenir pour leurs produits aux pays du Dollar et de la Livre).</p>
<p style="text-align: justify;">(2) Les « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vague_sc%C3%A9l%C3%A9rate">vagues scélérates</a> » sont des vagues océaniques très hautes, soudaines et qui étaient considérées comme très rares, même si aujourd&#8217;hui on sait qu&#8217;elles apparaissent au cours de pratiquement toutes les tempêtes d&#8217;une certaine importance. Les « vagues scélérates » peuvent atteindre des hauteurs de crête à creux de plus de 30 mètres et des pressions phénoménales. Ainsi, une vague normale de 3 mètres de haut exerce une pression de 6 tonnes/m². Une vague de tempête de 10 mètres de haut peut exercer une pression de 12 tonnes/m². Une vague scélérate de 30 mètres de haut peut exercer une pression allant jusqu&#8217;à 100 tonnes/m². Or, aucun navire n&#8217;est conçu pour résister à une telle pression. Il existe aussi le phénomène des « trois sœurs ». Il s&#8217;agit de trois « vagues scélérates » successives et d&#8217;autant plus dangereuses, car un bateau qui aurait eu le temps de réagir correctement aux deux premières, n&#8217;aurait en aucun cas les possibilités de se remettre dans une position favorable pour affronter la troisième. Selon LEAP/E2020, c&#8217;est à un phénomène de ce type que le monde va être confronté cet été ; et aucun état (navire) n&#8217;est en position favorable pour les affronter, même si certains sont plus en danger que d&#8217;autres comme l&#8217;anticipe ce GEAB N°36.</p>
<p style="text-align: justify;">(3) LEAP/E2020 considère que ses anticipations sur l&#8217;évolution socio-économique des différentes régions du monde publiées dans le GEAB N°28 (15/10/2008) sont toujours pertinentes.</p>
<p style="text-align: justify;">(4) Ou, plus exactement, dans chacune des régions, la dégradation de la situation ne pourra plus être masquée par des artifices médiatiques et boursiers.</p>
<p style="text-align: justify;">(5) Il sera d&#8217;ailleurs intéressant, en matière de statistiques économiques américaines, de suivre les conséquences de la révision par le <a href="http://www.bea.gov/scb/pdf/2009/06%20June/NIPA_%20Briefing.pdf">Bureau of Economic Analysis</a> des classifications et processus de calcul qui interviendra le 31/07/2009. En général, ce type de révisions a pour résultat de rendre plus complexe les comparaisons historiques et de modifier dans un sens favorable les statistiques importantes. Il suffit pour s&#8217;en rendre compte de constater comment les révisions précédentes ont permis de diminuer par 3 en moyenne le niveau d&#8217;inflation mesuré. Source : <a href="http://mwhodges.home.att.net/statistic-wizardry.htm">MWHodges</a>, 04/2008.</p>
<p style="text-align: justify;">(6)Les lecteurs du GEAB n&#8217;auront pas manqué de constater que ce sont exactement les mêmes personnes, médias et institutions qui, il y a 3 ans, trouvaient que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ; il y a 2 ans, qu&#8217;il n&#8217;y avait aucun risque de crise grave ; et il y a un an, que la crise était sous contrôle. Donc des avis d&#8217;une très grande fiabilité !</p>
<p style="text-align: justify;">(7) Sauf au niveau régional, où chaque entité politique s&#8217;organise à sa manière. Ainsi, profitant de l&#8217;effacement politique du Royaume-Uni englué dans la crise financière, la crise économique et la crise politique, l&#8217;UE est en train de mettre la City londonienne sous tutelle (source : <a href="http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/5508065/Calls-for-Brown-to-go-nuclear-in-City-battle-with-EU.html">Telegraph</a>, 11/06/2009). L&#8217;été 2009 risque ainsi de mettre fin à 300 ans d&#8217;histoire d&#8217;une City toute puissante au cœur du pouvoir britannique. A ce sujet, il faut lire le très instructif article de George Monbiot dans <a href="http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/jun/08/british-empire-colonies-banks-reform">The Guardian</a> du 08/06/2009 et surtout prendre le temps de lire le brillant essai de John Lanchester publié dans la <a href="http://www.lrb.co.uk/v31/n10/lanc01_.html">London Review of Books</a> du 28/05/2009 et intitulé « It&#8217;s finished ».</p>
<p style="text-align: justify;">(8) D&#8217;ailleurs qui se soucie encore des déclarations finales des G8, comme celle du G8 Finance du 13/06/2009 (source : <a href="http://www.forbes.com/2009/06/13/g8-finance-ministers-markets-economy-lecce-statement.html">Forbes</a>, 13/06/2009), à un moment où chacun agit en fait de son côté : Américains d&#8217;un côté, Canadiens et Européens de l&#8217;autre, Britanniques et Japonais au milieu, tandis que les Russes jouent un jeu différent ?</p>
<p style="text-align: justify;">(9) La mésaventure arrivée au Secrétaire d&#8217;Etat au Trésor américain, Timothy Geithner lors de son récent discours aux étudiants en économie de l&#8217;université de Shanghai est à ce titre très instructive : le public de l&#8217;amphithéâtre a éclaté de rire lorsqu’il s’est mis à expliquer doctement que les Chinois avaient fait un bon choix en investissant leurs avoirs en Bons du Trésor et en Dollars US (source : <a href="http://www.examiner.com/x-3747-Louisville-City-Hall-Examiner%7Ey2009m6d2-Chinese-laugh-at-Treasury-Secretary-Geithner?cid=exrss-Louisville-City-Hall-Examiner">Examiner/Reuters</a>, 02/06/2009) ! Or il n&#8217;est rien de pire pour un pouvoir établi que de susciter l&#8217;ironie ou le ridicule car la puissance n&#8217;est rien sans le respect (de la part à l&#8217;ami autant que de l&#8217;adversaire), surtout quand celui qui se moque est censé être « piégé » par celui qui est moqué. Cet éclat de rire vaut, selon LEAP/E2020, de longues démonstrations pour indiquer que la Chine ne sent pas du tout « piégée » par le Dollar US et que les autorités chinoises savent désormais exactement à quoi s&#8217;en tenir sur l&#8217;évolution du billet vert et des T-Bonds. Cette scène aurait été impensable il y a seulement douze mois, peut-être même il y a seulement six mois, d&#8217;abord parce que les Chinois étaient encore dupes, ensuite parce qu&#8217;ils pensaient qu&#8217;il fallait continuer à faire croire qu&#8217;ils étaient toujours dupes. Visiblement, à la veille de l&#8217;été 2009, cette préoccupation a disparu : plus besoin de feindre désormais comme l&#8217;indique ce sondage de 23 économistes chinois publié le jour de l&#8217;arrivée de Timothy Geithner à Pékin qui jugent les actifs américains « risqués » (source : <a href="http://news.xinhuanet.com/english/2009-05/31/content_11461910.htm">Xinhuanet</a>, 31/05/2009). Les mois à venir vont résonner de cet éclat de rire estudiantin…</p>
<p style="text-align: justify;">(10) Et il n&#8217;y a pas qu&#8217;aux Etats-Unis que les actionnaires seront systématiquement lésés par l&#8217;état sous prétexte de l&#8217;intérêt collectif supérieur, comme le montrent les pertes des fonds de pension qui avaient investi dans les actions de Chrysler ou GM, ou les pressions de la Fed et du gouvernement US sur Bank of America pour qu&#8217;elle cache à ses actionnaires l&#8217;état désastreux de Merrill Lynch au moment de son rachat. Sources : <a href="http://www.open.salon.com/blog/closureisamyth/2009/06/10/supreme_court_screws_chrysler_bondholders">OpenSalon</a>, 10/06/2009 / <a href="http://online.wsj.com/article/SB124045610029046349.html">WallStreetJournal</a>, 23/04/2009. Au Royaume-Uni, en Europe et en Asie, les mêmes causes produiront les mêmes effets. La « raison d&#8217;état » est depuis toujours l&#8217;excuse la plus simple pour justifier toutes les spoliations. Et les crises graves sont propices pour invoquer la « raison d&#8217;état ».</p>
<p style="text-align: justify;">(11) En Allemagne, un problème similaire se pose du fait de l&#8217;élection nationale de Septembre prochain. Après l&#8217;élection, les problèmes bancaires du pays feront la une des médias, avec plusieurs centaines de milliards d&#8217;actifs à risque dans les bilans des banques notamment régionales. On est loin de l&#8217;ampleur des problèmes des banques US ou britanniques, mais Berlin va sans aucun doute devoir faire face à des faillites potentielles. Source : <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jMrZsRd3EKDVppH2ehmQu6xJOISg">AFP/Google</a>, 25/04/2009. Et aux Etats-Unis, les banques aidées par l’état fédéral ont tout simplement diminué leurs prêts à l’économie alors qu’elles étaient censées faire le contraire. Source : <a href="http://money.cnn.com/2009/06/15/news/companies/tarp_banks_lending/index.htm?postversion=2009061516">CNNMoney</a>, 15/06/2009</p>
<p style="text-align: justify;">(12) Sources : <a href="http://www.ft.com/cms/s/6dcdae88-4ee6-11de-8c10-00144feabdc0,Authorised=false.html?_i_location=http%3A%2F%2Fwww.ft.com%2Fcms%2Fs%2F0%2F6dcdae88-4ee6-11de-8c10-00144feabdc0.html&amp;_i_referer=">Financial Times</a>, 01/06/2009; <a href="http://uk.biz.yahoo.com/04062009/323/temasek-sells-barclays-stake-1-bln-dlr-loss.html">YahooFinance</a>, 04/06/2009; <a href="http://www.streetinsider.com/Corporate+News/Temasek+Sells+Its+Bank+of+America+%28BAC%29">StreetInsider</a>+Holdings/4656921.html , 15/05/2009; <a href="http://www.ft.com/cms/s/c733052a-4ed9-11de-8c10-00144feabdc0,Authorised=false.html?_i_location=http%3A%2F%2Fwww.ft.com%2Fcms%2Fs%2F0%2Fc733052a-4ed9-11de-8c10-00144feabdc0.html&amp;_i_referer=">Financial Times</a>, 01/06/2009</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source:<a href="http://www.leap2020.eu/GEAB-N-36-est-disponible!-Crise-systemique-globale-Le-choc-cumule-des-trois-vagues-scelerates-de-l-ete-2009_a3341.html"> leap2020.eu</a>)</em></p>
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		<title>Les bulles et l&#8217;énergie conditionnée</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2009 07:19:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Celui qui a su désigner l&#8217;échec respiratoire de l&#8217;économie par l&#8217;image d&#8217;une « bulle qui éclate » a eu une riche idée. Les systèmes complexes sont définis par le fait qu&#8217;entre l&#8217;input et l&#8217;output, ce sur quoi on peut agir et les effets obtenus, le lien de cause a effet passe par des méandres telles que le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><strong>Celui qui a su désigner l&#8217;échec respiratoire de l&#8217;économie par l&#8217;image d&#8217;une « bulle qui éclate » a eu une riche idée.</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-full wp-image-5281" title="auto-destruction" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/auto-destruction.jpg" alt="auto-destruction" width="350" height="263" />Les systèmes complexes sont définis par le fait qu&#8217;entre l&#8217;input et l&#8217;output, ce sur quoi on peut agir et les effets obtenus, le lien de cause a effet passe par des méandres telles que le résultat n&#8217;est pas directement prévisible. Non seulement ce lien n&#8217;est pas direct, mais aussi en raison des conditions multiples une même cause peut avoir différents effets selon le moment choisi.<br />
 De là on peut dire qu&#8217;un système « juste » dans l&#8217;idéal est celui dans lequel, pour obtenir des résultats positifs, il faut d&#8217;abord saisir les règles morales et éthiques puis les appliquer convenablement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La technologie naturelle des réflexes consiste à détecter de façon approximative mais en tendant vers l&#8217;amélioration la ou les causes qu&#8217;il faut provoquer pour obtenir les effets désirés. Ce mécanisme est complètement indépendant des facteurs moraux ou éthiques.</p>
<p>Quand on vit au sein d&#8217;un système complexe telle que l&#8217;est l&#8217;économie d&#8217;aujourd&#8217;hui, le summum de l&#8217;intelligence pour se dépatouiller consiste à saisir ce qu&#8217;il faut faire pour amasser le plus d&#8217;argent afin de se trouver en sécurité. D&#8217;ailleurs mêmes les pauvres félicitent les riches en les croyant supérieurement intelligents, là où en fait ils ne le seraient que s&#8217;ils ne faisaient pas abstraction de l&#8217;éthique.</p>
<p>D&#8217;ailleurs c&#8217;est dommage que le terme de sécurité ne soit pas compris plus généralement dans ce sens, car la principale cause d&#8217;insécurité dans le monde est précisément l&#8217;injustice d&#8217;un système dont les inputs sont trop loin de la morale si on veut obtenir en retour un résultat positif en sortie de chaîne des cause-conséquences.</p>
<p>Dans la vie il y a deux sortes de personnes (gag), ceux qui sont trop honnêtes et restent pauvres et celles qui tiennent absolument à exercer leur intelligence au service de leur sécurité, en considérant que le bien obtenu confère un caractère moral à leurs actes.</p>
<p>Ceux qui veulent faire du fric savent très bien comment s&#8217;y prendre, tandis que la plupart de la masse des gens, bien qu&#8217;ils en auraient envie, se trouvent à chaque fois bloqués par un excès de contraintes morales, comme par exemple faire en priorité un métier plaisant. Si on pollue, on contamine, si on est insouciant et dégénéré, on a bien plus de chance de se trouver « en sécurité » au sein du système injuste. C&#8217;est cela qui fait son injustice.<span id="more-5280"></span></p>
<h3 style="text-align: center;">°°°°°°°°°</h3>
<p style="text-align: justify;">Les attentats du 11/9 aux états-unis ont traumatisé et définitivement lésé ce pays. Qu&#8217;il ait été déclenché de l&#8217;intérieur ou de l&#8217;extérieur, qui est la question sur laquelle tout le monde s&#8217;interroge, importe peu en fait, car finalement ce qui compte le plus est la chaîne des conséquences qui a été déclenchée : dans le monde entier tous les pays auto-proclamés démocratiques se sont sentis en insécurité, et ont renforcé leur tendance vers la dictature en prévision d&#8217;éventuels accidents de e genre, tels des traumatisés qui bondissent au moindre claquement de porte (ce qui constitue un ressort puissant auquel peuvent se fier ceux qui cogitent des actes réellement immoraux).</p>
<p>Le traumatisme vient de ce que la vérité sur la cause première n&#8217;ait jamais été élucidée. Tant qu&#8217;on ne connaîtra pas la raison ou ce qui était voulu, on restera dans un sentiment de lésion et de douleur.<br />
 Normalement le pragmatisme consiste à ne retenir que l&#8217;existant pour définir les buts recherchés, en partant du principe que la mise en oeuvre était soigneusement étudiée afin que les effets désirés soient ceux qui ont été effectivement obtenus.</p>
<p>Mais même ceux-là sont encore flous, on tend à penser en terme de nouvel ordre mondial, de dictature mondiale, de diminution de la population mondiale dans le but de sauver le système injuste, comme le faisceau de présomptions le plus probable, vue le genre d&#8217;intelligence qu&#8217;on est en droit d&#8217;attendre en général de la part des dirigeants. C&#8217;est une intelligence uniquement fondée sur les réflexes conditionnés par la pratique au sein du système injuste, c&#8217;est juste qu&#8217;ils savent « comment faire » (du fric), indépendamment de toutes les autres questions. Ils sont obligés de suivre des formations dans des grandes écoles, pour savoir « comment faire ». (Cela est sensé prédire le genre d&#8217;absurdité d&#8217;un monde où le « comment faire » n&#8217;est pas accessible à l&#8217;être doué de sa seule raison.)</p>
<h3 style="text-align: center;">°°°°°°°°°</h3>
<p style="text-align: justify;">Dans une vision matinale j&#8217;ai vu une bulle jaillir. Si-si ! Je me demandais comment le savon allait se coller de façon à boucher le trou venant de la paille qui la gonfle. En fait c&#8217;est en tirant dessus, ça crée un tunnel qui avec le mouvement peut s&#8217;écraser et se coller, après quoi la bulle est complètement indépendante de l&#8217;environnement extérieur et se stabilise. J&#8217;avais la vision de cette bulle en train de se stabiliser quand je me suis dit qu&#8217;une fois hermétique, la quantité d&#8217;air à l&#8217;intérieur de la bulle était fixée, et la pression fluctuante.</p>
<p>Cette fluctuation de pression d&#8217;une quantité d&#8217;air fixe répond à une loi algorithmique que j&#8217;ai découverte en 2004, qui est l&#8217;algorithme du nombre Phi, qui permet d&#8217;obtenir ce nombre irrationnel à partir d&#8217;un calcul rationnel, au moyen d&#8217;un va-et-vient mécanique allant toujours en diminuant, que l&#8217;ordinateur calcule une une fraction de secondes.<br />
 Ceci est l&#8217;image de l&#8217;homéostasie, dans tout système une homéostasie a lieu et l&#8217;ensemble des objets qui concourent à un système répond le plus prioritairement à ce besoin qu&#8217;a le système global de trouver un équilibre.</p>
<p>Par exemple, voici un système injuste qui produit l&#8217;effet qu&#8217;en son sein, c&#8217;est l&#8217;immoralité qui permet d&#8217;obtenir un « output » favorable, c&#8217;est à dire que c&#8217;est l&#8217;injustice qui permet d&#8217;en sortir gagnant, j&#8217;ai nommé « le Poker » !<br />
 Dans ce jeu « jouer admirablement intelligemment » consiste à bluffer ses adversaires de la façon la plus efficace et invisible possible. Si, par éthique, on ne bluffe jamais, même en sachant très bien deviner les cartes des autres joueurs, alors sa mise de départ ne fait jamais que diminuer très progressivement mais sûrement vers la faillite complète. Car même quand on a les cartes gagnantes en main, et surtout à ce moment-là, il y a toujours un joueur pour prétendre avoir de meilleures cartes, ce à quoi on est tenté de ne pas céder (par envie de faire justice !). Mais ce bluffe étant systématique, il arrive aussi souvent qu&#8217;il n&#8217;en soit pas un. Le meilleur joueur au poker, peut prendre la « parole » au nom de tout le groupe à la vue d&#8217;un tirage, pour dire par exemple « ce tirage est pourri, je ne mise pas beaucoup ». Tout le monde étant d&#8217;accord, tout le monde mise autant, de façon à ce que les bonnes et les mauvaises cartes soient impossibles à détecter. A ce moment-là c&#8217;est une pensée de groupe qui agit, et celui qui a prit la parole a donné le ton. Mais intervient le bluffeur, qui dit « non pour moi ce tirage est merveilleux, je mise tout ! ». Alors celui qui a prit la parole peut soit révéler qu&#8217;en fait il a voulu bluffer tout le monde, soit se coucher et perdre sa mise, en pensant que le bluffeur en face a réellement un bon jeu. Après quoi les autres joueurs se couchent ou résistent selon leur jeu. Au poker si on agit de façon éthique et crédule, on perd. Et bien évidemment quand un joueur fait « tapis » à tous les coups, on se doute qu&#8217;il bluffe de façon arrogante, on voit qu&#8217;il casse toute la pensée de groupe, et le pire dans tout ça c&#8217;est qu&#8217;il remporte soit les mises de départ, soit la mise totale, bref qu&#8217;il gagne le plus souvent. En finale une fois un joueur a fait « tapis » dès le départ sans même regarder ses cartes. Les autres joueurs, stupéfaits, se sont trouvés dans une situation de combat contre l&#8217;immoralité, dans lequel ils ont d&#8217;autant plus de chances de perdre qu&#8217;ils sont nombreux à lutter.</p>
<p>C&#8217;est très pratique d&#8217;étudier le poker comme un système complexe dont la résultante dépend de facteurs sur lesquels nul n&#8217;a aucun contrôle (puisqu&#8217;en l&#8217;occurrence c&#8217;est le hasard qui décide).<br />
 Dans un vrai système complexe, les lois sont si nombreuses et contradictoires que le résultat est lui aussi très proche du hasard. <br />
 D&#8217;ailleurs c&#8217;est vraiment « par hasard » que les riches sont riches, les pauvres sont pauvres, et que les puissants et les faibles sont à la place qui est « la leur » (ce qui ne serait pas le cas dans un système compassionnel).<br />
 Et comme au poker, qui consiste à se débattre au sein d&#8217;un système injuste, plus on est puissant (en terme de richesse) plus on a de chances de provoquer la faillite des autres joueurs.<br />
 En fait toute la victoire se joue sur la pression psychologique qu&#8217;on peut exercer sur les autres, tels de cyniques sadiques.<br />
 Et si tous les joueurs s&#8217;entendent super bien, et cherchent une pureté dans le jeu est restant pragmatiques et malins, sans qu&#8217;un d&#8217;entre eux ne fasse d&#8217;interférences en se montrant arrogant, alors on observe que les gains de chaque joueurs s&#8217;équilibrent de plus en plus.</p>
<p>Au sein d&#8217;un système injuste, c&#8217;est l&#8217;injustice qui permet de s&#8217;en sortir ; c&#8217;est d&#8217;ailleurs ainsi qu&#8217;on définit la réalité de cette injustice.</p>
<h3 style="text-align: center;">°°°°°°°°°</h3>
<p style="text-align: justify;">Le système économique global est une bulle, dans laquelle on insuffle de l&#8217;air pour faire monter la pression. Au sein de ce système il y a de multiples sous-bulles qui font des échanges d&#8217;air et font varier leur pression mutuelle. Normalement ces échanges devraient se faire au sein d&#8217;un système clos dans lequel seuls les échanges occasionnent les variation de pression, de façon à ce que la quantité d&#8217;air globale soit constante et que seule la pression soit fluctuante.<br />
 Dans ce cas, c&#8217;est un système régit par l&#8217;or, qui est une quantité limitée à laquelle on affecte une valeur variable. Si il y a 1000 d&#8217;or en tout dans le monde, alors la valeur de toute chose doit s&#8217;accommoder des valeurs de toutes les autres choses pour trouver un équilibre.<br />
 Ce système semble plus saint que le système on on injecte constamment de l&#8217;argent et où la valeur de toutes les choses, du coup, ne fait qu&#8217;augmenter, sans jamais vraiment pouvoir prendre ses repères, de sorte que certaines bulles se mettent à gonfler de façon disproportionnée à la réalité des équilibres dont elle est la résultante. Le jour où on s&#8217;en rend compte cette bulle crève et l&#8217;air qu&#8217;il y a à l&#8217;intérieur est réinjectée aux bulles connectées à la première.</p>
<p>Mais ce système à quantité d&#8217;air globale fixe n&#8217;est qu&#8217;une image symbolique de la réalité qui doit être produite par un système juste. En réalité on doit se moquer, et être libres de faire varier la quantité globale, de façon à ce qu&#8217;elle s&#8217;auto-régule librement d&#8217;elle-même.<br />
 Ce qui compte le plus est le principe selon lequel la valeur de toutes choses ne s&#8217;étalonne qu&#8217;en raison de la valeur de toutes les autres choses. <br />
 Au sein d&#8217;un système « moins injuste » (on va dire) on aura prit soin d&#8217;établir des rapports entre les valeurs, de sorte à donner des grandes lignes qui ne doivent pas être franchies. Ce doivent êtres des lois proportionnelles et grossières, du type « l&#8217;énergie ne doit pas dépasser 5% des dépenses globales », « l&#8217;alimentation doit être suffisante partout et pour tous », « un produit manufacturé ne doit pas être plus de dix fois plus cher que le produit brut », etc&#8230;</p>
<p>En fait c&#8217;est un algorithme en temps réel qui doit dire, en partant d&#8217;un point fixe tel que « une baguette de pain = 1 », comment doivent s&#8217;étalonner tous les autres prix autour de ce premier repère imposé comme règle. Ainsi les coûts constitutifs de « la baguette de pain » doivent être inférieurs au prix « 1 », et les autres prix doivent s&#8217;apparenter à cette première valeur fixe, pour dire par exemple « un pain au chocolat = 1 aussi ; sachant qu&#8217;il ne peut décemment valoir « 2 ».<br />
 Ceci serait une première règle abstraite pour que les prix soient conditionnés les uns par rapport aux autres, de façon globale dans tout le système financier mondial. Un algorithme devra remplir cette tâche, et produire un prix en temps-réel, à l&#8217;instant de l&#8217;acqusition de toute marchandise.<br />
 Je ne sais pas si le lecteur suppose toute la mécanique qu&#8217;il doit y avoir derrière pour permettre ce résultat d&#8217;une confortable facilité et sécurité. Mais il est urgent et vital de se mettre en quête du système qui produit ce résultat.</p>
<h3 style="text-align: center;">°°°°°°°°°</h3>
<p style="text-align: justify;">En fait, quand un événement est sur le point de se produire, ça consiste en une énergie qui s&#8217;est condensée dans un accumulateur et qui y est restée bloquée. C&#8217;est un peu à l&#8217;image des traumatisme, il s&#8217;agit d&#8217;une énergie disponible qui n&#8217;a pas été dépensée et ne peu l&#8217;être qu&#8217;en présence d&#8217;une raison. Parfois (même souvent) au sein d&#8217;un système de haute densité énergétique, le moindre événement peut devenir le catalyseur de toute une somme d&#8217;événements qui étaient prêts à bondir.<br />
 C&#8217;est le cas dans les couples dysharmonieux qui sautent sur la moindre occasion pour s&#8217;étrangler mutuellement, c&#8217;est le cas dans les hémicycles de politiciens où, sous l&#8217;apparence d&#8217;une paisible raison un argument déclenche le feu aux poudres comme pour dire « ç&#8217;en est trop ! », et comme c&#8217;est le cas quand une bulle économique (engluée dans une illusion) prend soudain contact avec la réalité.</p>
<p>C&#8217;est pour cela que les vrais bon économistes disent que finalement, le système économique global en entier est une bulle sur le point d&#8217;éclater. Il ne s&#8217;agit pas de s&#8217;attaquer aux sous-bulles et de transférer les quantité d&#8217;air d&#8217;un point à un autres, même la sphère des ultra-riches de ce monde (qui connaît une inflation fulgurante, faut-il préciser) constitue une bulle dont l&#8217;éclatement va leur faire très mal, le jour où par exemple on considérera que l&#8217;or dans lequel ils se retranchent « par sécurité » n&#8217;est d&#8217;aucune valeur pour le système humain. Cela est largement prévisible.</p>
<p><strong>Les mécanismes de la nature, qui sont très certainement homéostasiques, permettent de laisser l&#8217;espoir qu&#8217;à un moment tout système injuste s&#8217;auto-détruise par sa propre faute, en libérant une grande quantité d&#8217;énergie condensée (opprimée) aussitôt qu&#8217;elle aura trouvé un moyen de se coordonner, et donc « une raison ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">8119</p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://w41k.info/?read=28308">http://w41k.info/?read=28308</a>)</em></p>
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		<title>Les blessures du dollar se rouvrent</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Jun 2009 13:21:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[par W Joseph Stroupe « Faites attention aux souhaits que vous exprimez, ils pourraient se réaliser ! » Cet adage s’applique parfaitement à la Réserve Fédérale des Etats-Unis, alors que celle-ci entre dans ce qui pourrait s’avérer être une phase entièrement nouvelle et plus dangereuse de la crise économique et financière qui se concentre toujours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par W Joseph Stroupe</h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Faites attention aux souhaits que vous exprimez, ils pourraient se réaliser ! » Cet adage s’applique parfaitement à la Réserve Fédérale des Etats-Unis, alors que celle-ci entre dans ce qui pourrait s’avérer être une phase entièrement nouvelle et plus dangereuse de la crise économique et financière qui se concentre toujours sur les Etats-Unis – en dépit du rallye boursier en cours à Wall Street et des espoirs croissants que le pire est à présent derrière nous.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-5265" title="crise-du-dollar" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/crise-du-dollar.jpg" alt="crise-du-dollar" width="350" height="261" />La FED désirait que l’aversion hystérique des investisseurs mondiaux pour le risque n’existât pas, laquelle aversion atteignit son point culminant à l’automne 2008, lorsque les grandes banques de Wall Street s’effondrèrent en envoyant des secousses sismiques sur toute la planète. Après tout, la position des responsables de la FED est que cette crise a été essentiellement déclenchée par des investisseurs en proie à la panique, lesquels ont artificiellement entraîné la valeur des actifs financiers innovateurs de l’Amérique bien en dessous de leur valeur réelle, jetant injustement le discrédit sur des quantités massives de tels actifs, en les étiquetant de « toxiques » !</p>
<p style="text-align: justify;">La FED a cru pouvoir insuffler une nouvelle vie à ces actifs et à l’économie américaine basée sur la bulle des actifs, en ouvrant à nouveau les vannes du crédit et en remplaçant la peur des investisseurs par la confiance – ce qui se traduit inévitablement par un plus gros appétit pour le risque. Un certain appétit pour le risque est à présent de retour. Mais le problème est que le dollar américain n’en tire pas bénéfice. A la place, ses blessures ne font que se rouvrir.</p>
<p style="text-align: justify;">A partir du 2 juin dernier, le dollar a atteint son nouveau nadir de 2009 contre presque toutes les devises majeures, lâchant, rien que ce jour-là, un gros pour-cent contre l’euro, faisant complètement fi de la déclaration du Secrétaire au Trésor, Tim Geithner, lors de sa visite en Chine, selon laquelle les Etats-Unis privilégient un dollar fort. Le 27 mai, la courbe du rendement des Bons du Trésor a grimpé vers un nouveau sommet, alors que la différence entre les bons à deux ans et ceux à dix ans a atteint 2,75%, frôlant même les 2,78% le 2 juin.</p>
<p style="text-align: justify;">Les investisseurs mondiaux, aussi bien privés que publics (les banques centrales), expriment plus fort que jamais leurs craintes croissantes d’être exposés au dollar au-delà du court terme. Ils font également part de l’effondrement de leur confiance en cette devise, en tant que réserve sûre, au-delà du court-terme.<span id="more-5261"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Faisons un bref retour en arrière et regardons cette crise mondiale avec recul. Lorsque la bulle immobilière américaine a commencé à éclater en 2006, des actifs financiers innovateurs intrinsèquement risqués, adossés à du papier hypothécaire, ont fini par être présentés pour ce qu’ils étaient réellement (des actifs « toxiques ») et, à la fin juillet 2007, la crise des subprime désormais célèbre est apparue.</p>
<p style="text-align: justify;">La contagion de toxicité s’est répandue pour infecter pratiquement tous les actifs innovateurs de ce genre, effaçant des quantités phénoménales de richesse et plongeant les banques et autres institutions financières étasuniennes dans la crise et la ruine. Les dégâts et la destruction se sont propagés à l’économie réelle, tandis qu’un grippage sévère et persistant a pratiquement fermé le robinet du crédit à tous les niveaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette tempête grossissante, les investisseurs mondiaux paniqués et qui ont horreur du risque se sont débarrassés de ces actifs et de leurs investissements sur les marchés émergents considérés à risque, et ils se sont massivement réfugiés auprès du dollar, le faisant ainsi monter. La FED et les autres banques centrales ont commencé à dépenser des trillons [un trillon = mille milliards] de dollars dans le but de stabiliser le système financier en train de vaciller et de rétablir la confiance qui s’était complètement effondrée. Toutes ces interventions (qui se poursuivent encore aujourd’hui) ont à peine réussi à sauver d’un krach total le système financier mondial.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui ne présage rien de bon, les investisseurs mondiaux, bien qu’ils eussent salué le dollar comme monnaie refuge pendant la tempête, se sont rués sur les actifs à court-terme, dédaignant visiblement l’ensemble des actifs à plus long terme libellés en dollar. Ce fait constituait une preuve accablante que la perte bien connue d’attraction stratégique mondiale du dollar en tant que valeur refuge n’avait en aucune manière été résolue. Au contraire, elle est ignorée pour l’instant.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Des blessures qui se rouvrent</h3>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, tandis que l’aversion au risque s’estompe et que l’appétit pour le risque revient, les investisseurs mondiaux réalisent qu’ils ont vendu un peu vite leurs actifs et leurs investissements non libellés en dollars sur les marchés émergents lorsque la crise s’est intensifiée l’année dernière. Les marchés émergents sont largement considérés comme étant ceux qui sortiront en premier de la crise et les actifs sur ces marchés sont à des prix des attrayants. Par conséquent, les investisseurs vendent maintenant leurs dollars pour racheter ces actifs considérés comme étant de meilleurs refuges que le dollar face au retour inévitable de l’inflation de dollars au-delà du court-terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela fait monter le rendement sur une multitude d’actifs financiers libellés en dollars, tels que les Bons du Trésor et les bons hypothécaires, et renvoie le dollar vers les plus bas de 2009.</p>
<p style="text-align: justify;">Les indices des marchés émergents et les matières premières montent en flèche tandis que les ressources des investisseurs y affluent à nouveau. La dépense excessive de l’Amérique et ses déficits qui atteignent des sommets, la politique monétaire débridée dans cette crise et l’effondrement de la confiance en la FED qui sera réellement incapable de supprimer une telle politique et l’excès de liquidités lorsque cela sera requis, provoquent l’enracinement profond dans l’esprit des investisseurs qu’une inflation de dollars est à prévoir.</p>
<p style="text-align: justify;">La perception irrésistible des investisseurs mondiaux, que la FED, le Trésor et l’Administration sont en train de perdre le contrôle de la situation fiscale aux Etats-Unis et que l’inflation (plus probablement l’hyper-inflation) devient visiblement inévitable, menace d’infliger des dégâts irréversibles aux finances étasuniennes et au dollar lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Angela Merkel, la chancelière d’Allemagne, a lancé le 2 juin une mise en garde sévère sur ces positions, une mise en garde remarquable pour sa totale honnêteté et sa violation sans précédent de la règle cardinale de la politique allemande, selon laquelle les politiciens allemands ne commentent jamais la politique monétaire de cette banque centrale. Le fait qu’elle ait rompu cette règle indique que Berlin se sent extrêmement préoccupé par la dangereuse et risquée politique monétaire hyper-inflationniste prise dans cette crise. La Chancelière Merkel a lancé son attaque contre la Réserve Fédérale des Etats-Unis, la Banque d’Angleterre et la Banque Centrale Européenne. Voici ce qu’elle a déclaré :</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<blockquote><p>Ce que les autres banques centrales ont fait doit cesser maintenant. Je suis très sceptique à propos de la portée des actions de la FED et sur la façon dont la Banque d’Angleterre a tracé sa propre ligne en Europe.</p>
<p>Même la Banque Centrale Européenne, d’une certaine manière, a cédé à la pression internationale avec son achat d’obligations sécurisées. Nous devons revenir à une politique monétaire indépendante et sensée, autrement, dans dix ans, nous retournerons là où nous en sommes aujourd’hui.</p>
</blockquote>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le 3 juin, le président de la FED en personne, Ben Bernanke, a lancé une mise en garde en disant que les déficits à long-terme menacent la stabilité financière même des Etats-Unis. Il a ajouté :</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<blockquote><p>Ces dernières semaines, le rendement des bons du trésor à long-terme et des crédits hypothécaires à taux fixes ont augmenté […] Ces augmentations semblent refléter les inquiétudes vis-à-vis des déficits fédéraux importants …</p>
</blockquote>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, il a quelque peu minimisé le rôle de l’inquiétude des investisseurs vis-à-vis de la dépense américaine, cherchant à attribuer l’envolée record des rendements à d’autres facteurs. Il semble que les responsables de la FED ne veulent pas voir la vérité crue et entière sur le fait que les investisseurs mondiaux sont en train de perdre très vite confiance dans la situation fiscale américaine et dans le dollar.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une veine similaire, Richard Fisher, le président de la Banque de la Réserve Fédérale de Dallas, a lancé une mise en garde le 23 mai contre la monétisation de la dette américaine au moyen de l’achat de bons du Trésor, d’instruments financiers et autres actifs par la FED. Il a prévenu que cette politique risquée rend les investisseurs mondiaux de plus en plus nerveux. De plus, il a prévenu que le défi de la FED consiste à rassurer les marchés sur le fait que la FED ne se rend pas elle-même « la servante » de l’extrême prodigalité fiscale, presque comme si la promesse était suffisante en elle-même. Il a déclaré :</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<blockquote><p>Je pense que l’astuce ici est d’assister le fonctionnement des marchés privés sans signaler d’aucune façon ou d’aucune forme que la Réserve Fédérale prendra part à la monétisation de la largesse fiscale, des déficits et du programme de relance.</p>
</blockquote>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Mais les investisseurs tirent exactement cette conclusion alors qu’ils jugent la FED, non pas sur ses propos rassurants, mais plutôt sur sa politique et ses actions plus que jamais risquées. Et avec de nouvelles quantités colossales de Bons du Trésor qui inondent le marché, alors que le Trésor émet des trillons de dollars de nouvelle dette rien que pour cette année fiscale, les investisseurs, avant d’acheter ces actifs, exigent des prix plus bas et des rendements plus élevés sur ces titres.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon toute probabilité, la FED devra accroître de façon significative ses propres achats de Bons du Trésor à plus long-terme dans un effort visant à empêcher l’envolée des rendements d’échapper à tout contrôle et d’effacer totalement ses efforts à maintenir une politique monétaire hyper-débridée. Mais une telle manœuvre de dépréciation du dollar (l’émission de quantités encore plus énormes de dollars) ne fera que convaincre un peu plus les investisseurs que l’hyper-inflation est inévitable et, ce faisant, réduira encore plus l’attrait actuel pour le dollar, le tirant immédiatement plus bas.</p>
<p style="text-align: justify;">Il semble certain que la FED ne le comprend pas : ses responsables semblent penser, sans aucun doute, qu’ils peuvent rassurer les investisseurs mondiaux, simplement en réitérant les assurances citées ci-dessus, mais sans changer véritablement et sérieusement de direction. Ils n’écoutent absolument pas la sagesse de la mise en garde d’Angela Merkel et de ceux qui pensent comme elle.</p>
<p style="text-align: justify;">La question est de savoir si les banques centrales qui détiennent déjà beaucoup de dollars, à l’instar de la banque centrale chinoise, accroîtront de façon spectaculaire leur exposition au dollar risqué dans un effort d’enrayer son déclin, afin d’empêcher l’érosion de leurs avoirs actuels.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenant en considération le niveau record d’angoisse à propos de leur exposition déjà importante au dollar, il semble hautement improbable qu’ils accroîtront maintenant de façon significative leur exposition, lorsque les risques liés au dollar augmentent de façon spectaculaire. Notez le commentaire du 2 juin à ce sujet de l’organe de presse de l’Etat chinois, le <em>China Daily</em>, dans un article intitulé : « Geithner Vend un Dollar Dévalué » :</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<blockquote><p>Une autre raison à la faiblesse du dollar est la sombre perspective à laquelle sont confrontées les finances publiques des Etats-Unis. Les investisseurs sont inquiets des déficits budgétaires records du gouvernement américain. L’administration de Barack Obama pourrait être obligée d’émettre la somme gigantesque de 3.250 milliards de Bons du Trésor pour combler le trou noir financier d’un tel déficit aussi massif. Cela a toute chance de faire fuir les investisseurs en bons du trésor à long-terme libellés en dollars.</p>
<p>Lorsque les taux d’intérêts sont quasiment à zéro et que les options traditionnelles ont été épuisées, la Réserve Fédérale n’a aucun autre choix que de recourir à un « soulagement quantitatif » et d’acheter des Bons du Trésor. Mais elle gonflera l’offre de l’argent de base et accroîtra ainsi le risque d’une dévaluation du dollar. Bien que la dévaluation du dollar puisse être une bonne nouvelle pour les exportations américaines, elle érodera la confiance de l’investisseur et pourrait même conduire à l’effondrement de l’hégémonie du dollar.</p>
</blockquote>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les investisseurs qui ont de la jugeote sont en train précisément de faire ce que Bill Gross, le fondateur du plus gros fonds obligataire du monde, PIMCO (<em>Pacific Investment Management Company</em>), leur a conseillé le 3 juin de faire. Il a prévenu que les finances américaines se détériorent sérieusement et que les investisseurs devraient rapidement diversifier leurs avoirs en dollars avant que les banques centrales ne le fassent inévitablement. Gross a réduit de façon importante ses avoirs en obligations du gouvernement américain de toutes les catégories au sein de son <em>Total Return Fund</em>, suivant ainsi le propre conseil qu’il a prodigué aux investisseurs mondiaux.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Est-ce le début de la fin de cette bulle ?</h3>
<p style="text-align: justify;">Bien qu’elle soit encore naissante, la tendance actuelle consistant à vendre ses dollars pour acheter des actifs solides comporte le risque important de se transformer en une véritable débandade dans un avenir plus ou moins proche. Comment ça ? Comment cette tendance croissante à sortir du dollar pour aller vers des actifs solides pourrait-elle commencer à s’auto-alimenter pour devenir une débandade ?</p>
<p style="text-align: justify;">En supposant que le rallye en cours sur les marchés émergents est pour de vrai, comme l’indique fortement l’évidence, alors, chaque dollar vendu pour acheter dans ce rallye affaiblit un peu plus cette devise. Tandis que les investisseurs surveillent attentivement la valeur du dollar en constant déclin, ils chercheront à se prémunir des pertes en vendant des dollars pour des actifs solides, ce qui ne fera qu’accroître un peu plus l’offre de dollars et affaiblira encore plus cette devise.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu d’investisseurs auront les tripes pour faire basculer trop loin le dollar si son déclin s’accélère trop vite ou même s’il reste quelque peu progressif et qu’il ne se redresse pas rapidement. Ainsi, le cycle s’auto-alimente, devenant potentiellement une débandade pour sortir du dollar, faisant courir le risque d’un éclatement de la bulle des Bons du Trésor et une catastrophe pour les finances américaine, alors que les rendements et les taux d’intérêt se renforcent, que s’ensuivra un resserrement monétaire hors de tout contrôle et qu’un arrêt encore plus massif du crédit s’agrippera aux Etats-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">Etant donné qu’une telle richesse est à présent placée dans les Bons du Trésor à court-terme, les investisseurs qui refusent de reconduire leurs avoirs dans de nouveaux Bons du Trésor, mais exigent à la place leur remboursement afin d’acheter autre chose, pourraient placer le Trésor des Etats-Unis dans un sacré pétrin si la tendance actuelle naissante se transforme vraiment en quoi que soit ressemblant de près ou de loin à une débandade.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sera en particulier le cas si les investisseurs mondiaux continuent de refuser d’acheter les Bons du Trésor à plus long-terme, refusant ainsi au Trésor une source cruciale de dollars lui permettant d’émettre les remboursements exigés par les investisseurs qui ne reconduisent pas leurs avoirs dans de nouveaux titres ou de nouvelles obligations.</p>
<p style="text-align: justify;">La vraie question ici, lorsque l’on imagine un éclatement possible de la bulle des Bons du Trésor, est de savoir si le cycle en cours de liquidation des dollars entraînant la faiblesse du dollar s’auto-alimentera jusqu’à un degré suffisant où le déclin du dollar s’accélèrera et deviendra désordonné ou si ce déclin pourra rester plus progressif et plus régulier. La réponse à cette question dépend de la psychologie des investisseurs et des évènements qui pourraient l’affecter.</p>
<p style="text-align: justify;">Si une panique sur le dollar se met en route, alors nous assisterons à une débandade et à un éclatement à grande échelle de la bulle des Bons du Trésor, ainsi qu’à une crise concomitante du dollar, à un effondrement renouvelé des finances américaines et à une dépression économique à grande échelle subséquente.</p>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent, les enjeux sont extraordinairement élevés pour les Etats-Unis en ce qui concerne le maintien d’une confiance mondiale dans les avoirs en dollars. D’une certaine façon perverse, la crise mondiale que nous avons déjà endurée, une crise qui a émané des Etats-Unis, a produit exactement ce dont le dollar avait besoin – une aversion extrême pour le risque et une ruée massive vers le dollar. Mais cette devise commence maintenant à perdre la course à l’attrait mondial alors que les investisseurs commencent à se tourner vers les actifs solides. Le dollar peut-il contenir ses pertes et maintenir ce qui lui reste d’attrait pour les investisseurs ? Pourrait-il même refaire ses pertes ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>W Joseph Stroupe</strong> est expert en prévisions stratégiques et il est rédacteur en chef de la publication en ligne </em>Global Events Magazine</p>
<p style="text-align: justify;"><em>article original : <a href="http://atimes.com/atimes/Global_Economy/KF05Dj01.html"><em>&laquo;&nbsp;Dollar&#8217;s wounds reopen&nbsp;&raquo;</em></a></em></p>
<p style="text-align: right;"><em></em><em>(source: </em><a href="http://questionscritiques.free.fr/economie/dollar_hyper_inflation_bons_du_tresor_050609.htm">QuestionsCritiques.free.fr</a>)</p>
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		<title>Les périls de la titrisation : La plus grosse escroquerie de tous les temps ?</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Jun 2009 13:04:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Mike Whitney Est-il possible de faire des centaines de milliards de dollars de profit sur des titres qui ne sont adossés à rien d’autre que des entrées virtuelles dans un livre de prêt ? Ce n’est pas seulement possible ; cela a été fait. Et à présent, les gredins qui ont encaissé sur ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Par Mike Whitney</h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Est-il possible de faire des centaines de milliards de dollars de profit sur des titres qui ne sont adossés à rien d’autre que des entrées virtuelles dans un livre de prêt ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-5257" title="les-perils-de-la-titrisation" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/les-perils-de-la-titrisation.png" alt="les-perils-de-la-titrisation" width="338" height="255" />Ce n’est pas seulement possible ; cela a été fait. Et à présent, les gredins qui ont encaissé sur ces escroqueries ont fait la queue à l’extérieur du bâtiment de la Réserve Fédérale pour échanger leurs titres pourris contre des milliards de dollars de prêts financés par les contribuables. Pendant ce temps, l’effondrement du crédit a laissé le système financier en ruines et planté l’économie comme un piquet de tente. Les files de chômeurs s’allongent et les consommateurs réduisent leur budget sur tout, des soirées en ville aux déplacements jusqu’à l’épicerie. Et tout cela est dû à l’escroquerie financière pyramidale concoctée à Wall Street, qui s’est répandue à travers l’ensemble du système mondial comme une épidémie agressive de grippe. Ceci n’est pas une récession normale ; le système financier a explosé par le fait de banquiers avides qui se sont servis de « l’innovation financière » pour estropier le système et qui ont fait gonfler la plus grosse bulle spéculative de tous les temps. Et ils l’ont fait en toute légalité, utilisant un procédé peu connu qui s’appelle la titrisation.</p>
<p>La titrisation – qui est la conversion de fonds communs de prêts en titres vendus sur le second marché – fournit le moyen d’exercer un effet de levier massif sur les dettes. Les banques se servent d’opérations hors bilan pour créer des titres afin de pouvoir éviter les obligations normales de réserve et les opérations de contrôle dérangeantes. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la qualité des prêts n’entre pas en ligne de compte, puisque les banques gagnent leur argent sur la création des prêts et autres commissions. Ce qui importe est la quantité, la quantité et la quantité ; une ligne d’assemblage de dimension industrielle de prêts nauséabonds déversés sur des investisseurs sans méfiance pour faire grossir les résultats. Et, bon sang, comme il est facile pour Wall Street d’engranger à tour de bras ce papier pourri lorsqu’il n’y a personne pour surveiller et que la FED joue aux <em>pompom girls</em> dans les gradins ! Dans une analyse de l’économiste Gary Gorton, rédigée pour la conférence de 2009 de la Banque de la Réserve Fédérale d’Atlanta sur les marchés financiers et intitulée « Giflé par la Main Invisible ; le Secteur Bancaire et la Panique de 2007 » [<em>"Slapped in the Face by the Invisible Hand; Banking and the Panic of 2007"</em>], l’auteur montre que les titres liés aux crédits hypothécaires ont connu un véritable gonflement, passant de 492,6 milliards de dollars en 1996 à 3.071,1 milliards de dollars en 2006. En tout, plus de 20 trillions [1 trillion = 1.000 milliards] de dollars de dette titrisée ont été vendus entre 1997 et 2007. Quelle quantité de cette dette s’avèrera sans valeur au fur et à mesure que les saisies monteront en flèche et que les bilans des banques seront de plus en plus sous pression ?<span id="more-5256"></span></p>
<p>La dérégulation a ouvert la boîte de Pandore, libérant un mélange bizarre d’opérations obscures hors bilan (SPV, SIV)<a href="http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Mike_Whitney/titrisation_Wall_Street_Bernanke_050609.htm#1n">[1]</a> et de dérivés douteux aux noms étranges qui étaient utilisés pour amplifier l’effet de levier et empiler de la dette sur des fragments de capital de plus en plus petits. Il est facile de faire de l’argent lorsqu’on ne mise pas avec son pognon ! C’est ainsi que les dirigeants des fonds spéculatifs et les petits malins des fonds d’investissement privé deviennent riches. La titrisation a fourni aux banques l’occasion d’accorder des prêts de mauvaise qualité à des emprunteurs qui n’avaient aucun moyen de les rembourser et la possibilité de les transformer par magie en titres notés AAA. « Abracadabra ! » Tous les agents de relation publique de Wall Street ont claironné que la titrisation « démocratisait » le crédit parce que plus de personnes pouvaient emprunter à de meilleurs taux, étant donné que le financement provenait des investisseurs plutôt que des banques. Mais tout cela était un bobard. Le véritable objectif était de percevoir des profits colossaux en prélevant des salaires et des bonis énormes au départ, avant que les gens ne s’aperçoivent qu’ils avaient été trompés. L’ancien chef du FDIC [La <em>Federal Deposit Insurance Corporation</em>, qui préserve et favorise la confiance populaire dans le système financier des Etats-Unis] , William Seidman, avait déjà tout pigé 1993 lorsqu’il avait raflé la mise après le fiasco des prêts et de l’éparge. Voici ce qu’il disait dans ses mémoires :</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<blockquote><p>« Donnez comme instruction aux régulateurs de chercher le nouvel engouement dans l’industrie et de l’examiner attentivement. La prochaine erreur sera une nouvelle façon d’accorder un prêt qui ne sera pas remboursé. »</p>
</blockquote>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Tout est dit. Les banques n’ont jamais espéré que les prêts seraient remboursés, ce qui explique pourquoi ils les ont accordés à des emprunteurs sans revenu, sans caution, sans emploi et avec un mauvais dossier bancaire. Cela n’avait aucun sens, en particulier pour quiconque se fût jamais assis en face d’un banquier méprisant, épluchant son profil d’emprunteur. Croyez-moi, les banquiers savent comment récupérer leur argent, si c’est leur véritable intention ! Dans ce cas, cela n’avait aucune importance. Ils voulaient juste maintenir à pleine vitesse aussi longtemps que possible leur racket de fausse monnaie. Pendant ce temps, le Maestro Greenspan les encourageait sur le banc de touche, chantant les louanges de la « nouvelle économie » et le palier élevé de prospérité qui avait été atteint grâce au capitalisme du laissez-faire. Pourquoi quelqu’un aurait-il pu se préoccuper de ce que Greenspan pensait ? De toute façon, la FED n’est qu’une filiale du cartel bancaire.</p>
<p>A présent que la bulle de la titrisation a éclaté, 40% du crédit qui avait coulé dans l’économie a été supprimé, déclenchant un krach boursier comme dans les années 30. Le patron de la FED, Bernanke, a remplacé Greenspan au pied levé et apporté une protection de 13 trillions de dollars pour empêcher le système financier de s’effondrer, mais l’économie plus large a poursuivi son plongeon historique. Bernanke essaye de boucher l’abîme qui s’est ouvert lorsque la titrisation s’est arrêtée brutalement et que le gaz a commencé à s’échapper de la bulle du crédit dans un énorme fracas. La démultiplication est en cours, malgré les nombreux programmes de la FED pour faire monter en régime la titrisation et restaurer l’économie spéculative basée sur les bulles. Le dernier coup de folie de Bernanke, le <em>Term Asset-backed securities Lending Facility (TALF)</em> [ou facilité de crédit sur les titres adossés à des actifs], fournit 94% de financement public aux investisseurs désireux d’acheter des prêts adossés à de la dette sur les cartes de crédit, les prêts aux étudiants, les prêts automobiles ou les prêts immobiliers d’entreprise. C’est une situation « non perdante » pour les gros investisseurs qui pensent que la dette titrisée fera son come-back. Mais c’est le problème ; personne n’y croit. Ces prêts attractifs, assortis d’une caution (presque) sans risque, n’ont pas réussi à appâter les grosses maisons de courtage et les directeurs de fonds spéculatifs. Bernanke a engrangé moins de 30 milliards de dollars dans un programme conçu pour prêter jusqu’à 1 trillion de dollars. Cela a été un échec total.</p>
<p>Pour comprendre la titrisation, il faut penser comme un banquier. Les banquiers pensent que les profits sont limités par les obligations légales de réserve. Donc, ce qu’ils veulent vraiment est développer le crédit sans ces réserves légales ; ce qui parviennent à cet objectif. Ils créent un au-delà déroutant d’instruments aux noms étranges et de procédés bizarres qui cachent le simple fait qu’ils créent de l’argent sur du vent. C’est ce qu’est réellement la titrisation ; une camelote sous-capitalisée qu’ils font passer pour des joyaux précieux. Voici comment l’économiste Henry CK Liu le résume dans son article « Mark-to-Market vs. Mark-to-Model » [Valeur du marché c/ Valeur du modèle] :</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<blockquote><p>« Le système bancaire de l’ombre a esquivé de façon détournée les obligations légales de réserve du régime et des institutions bancaires traditionnelles régulées et a encouragé un plan pyramidal inversé – comme les chaînes de lettre – avec un effet de levier qui monte en flèche, basé dans de nombreux cas sur un coussin de réserve non-existant. Cela a été révélé par l’effondrement d’AIG en 2008, provoqué par son assurance sur les dérivés financiers, connus sous le nom de <em>credit default swaps</em> (CDS) [dérivés sur événements de crédit ou contrats de protection entre acheteurs et vendeurs] …</p>
<p>Le Bureau du Contrôleur Monétaire et la Réserve Fédérale ont autorisé conjointement les banques détenant une assurance sur les CDS à maintenir dans leurs livres des actifs à risque super-senior sans rajouter de capital, parce que le risque était assuré. Normalement, si les banques détenaient des risques super-seniors dans leurs livres, elles devaient affecter un capital égal à 8% de l’engagement financier. Mais ce capital pouvait être réduit à un cinquième du montant normal (soit 20% de 8%, c’est à dire 160 dollars pour chaque tranche de risque égale à 10.000 dollars dans les livres) si les banques pouvaient prouver aux régulateurs que le risque de défaillance sur la portion super-senior des contrats était vraiment négligeable et si les titres émis par l’intermédiaire d’une structure de CDO (<em>collateralized debt obligation</em>) [obligation adossée à des actifs] portaient une notation de crédit AAA de la part d’une « agence de notation de crédit reconnue au plan national », telle que la notation d’AIG par Standard &amp; Poor.</p>
<p>Avec une assurance sur les CDS, les banques pouvaient alors réduire le capital normal de 800 millions de dollars pour chaque tranche de 10 milliards de dollars sur leurs livres à juste 160 millions de dollars, signifiant que les banques avec une assurance sur les CDS peuvent prêter jusqu’à cinq fois plus à partir du même capital. Les contrats CDO/CDS assurés pouvaient alors contourner les règles internationales sur le capital. <em>(Henry CK Liu, &laquo;&nbsp;Mark-to-Market vs. Mark-to-Model&nbsp;&raquo;)</em></p>
</blockquote>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La même règle s’applique aux dérivés (CDS) en tant qu’instruments titrisés qui ne sont pas non plus suffisamment capitalisés, parce que mettre de côté des réserves diminue la capacité de maximiser les profits. Tout se résume à la dernière ligne du bilan. La raison pour laquelle les CDS sont si bon marché, comparés à une assurance conventionnelle, est qu’il n’y a aucun moyen de savoir si l’opérateur a la capacité de payer les indemnisations. C’est de la fraude, sur une échelle gigantesque, ce qui explique pourquoi le système financier est entré en paralysie totale lorsque Lehman Bros a fait faillite. Personne ne savait si les trillions de dollars dans les contrats de caution seraient payés ou non. Il y a tout simplement plus de demandes d’indemnisation qu’il n’y a d’argent dans le système. Les crédits hypothécaires bidons et les fausses promesses de caution ne signifient rien. « Montrez-moi l’argent ! » Le système est sous l’eau et il ne peut pas être réparé par plus de liquidités par la FED en claquant des doigts.</p>
<p>Le système bancaire de l’ombre s’est effondré, pas parce que le marché est « gelé » ou parce que les investisseurs sont en état de panique après Lehman, mais parce que les dérivés et la titrisation ont été exposés comme des fraudes soutenues par un capital insuffisant. C’est de l’huile de serpent vendue par des charlatans. Voilà pourquoi les décideurs politiques européens résistent aux demandes de la FED de créer une facilité similaire au TALF pour redémarrer la titrisation. Le boulot de Bernanke est d’intervenir et de mettre un terme aux polissonneries, pas de rajouter des problèmes en restaurant le régime générateur de crédit qui a transféré des centaines de milliards de dollars des gens qui travaillent dur vers les gros banquiers-gansters et les escrocs de Wall Street.</p>
<hr style="width: 100%; text-align: justify;" />
<p style="text-align: justify;">Note :</p>
<p>[1] SPV = <em>special purpose vehicle</em>, véhicules spéciaux. Un SPV classique acquiert des crédits, avec une petite décote. En contrepartie, il émet des tranches d’obligations de risques divers. Parmi ces SPV existent des véhicules qu’on appelle « conduits ». Ils mettent d’un côté à l’actif des tranches d’obligations triple A provenant de la titrisation des crédits. En contrepartie, ils émettent du papier commercial (des obligations à très court terme). Ce papier commercial, baptisé ABCP (asset backed commercial paper), rapporte plus que les placements à court terme classiques, car il est garanti par des obligations à long terme, qui portent des taux plus élevés.</p>
<p>Une autre forme de SPV sont les SIV <em>(structured investment vehicles)</em>. D’un côté, on a toujours ces obligations triple A résultant de la découpe des crédits. De l’autre, les SIV émettent en contrepartie des papiers à moyen terme<em>(medium term notes)</em> mais aussi des « equity », des titres qui ressemblent à des actions. Là, il y a de grands problèmes. Car si la valeur des obligations triple A à l’actif du SIV chute de 3,5 %, l’equity perd 50 % de sa valeur. Comme aujourd’hui – les décotes sur les obligations triple A sont supérieures à 3,5% &#8211; beaucoup de SIV sont obligés de vendre. Mais vendre dans des marchés peu liquides exerce une pression supplémentaire sur les obligations qui perdent encore davantage de valeur, ce qui contraint le SIV à de nouvelles ventes… C’est un cercle vicieux. Certaines banques ont finalement pris leur responsabilité et les ont réincorporés en bilan. Mais cela crée une nouvelle tension sur le marché des liquidités, car il faut financer ces reprises. HSBC, Citigroup et d’autres ont repris sur leur bilan pour plusieurs dizaines de milliards de dollars de SIV. Cela les a poussés à thésauriser leur liquidité, bloquant le fonctionnement du marché interbancaire, ce qui explique pourquoi les banques centrales ont procédé, de manière concertée, à de grosses injections de liquidités. Et puis, on a encore inventé des véhicules plus instables, dont certains, basés sur des titrisations de titrisation, ont vu leur valeur tomber à zéro…</p>
<hr style="width: 100%;" />
<p style="text-align: justify;"><em>article original : <a href="http://counterpunch.org/whitney06052009.html">&laquo;&nbsp;The Perils of Securitization: The Biggest Rip Off Ever?&nbsp;&raquo;</a></em></p>
<p style="text-align: right;"><em> </em><em>(source: </em><a href="http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Mike_Whitney/titrisation_Wall_Street_Bernanke_050609.htm">QuestionsCritiques.free.fr</a>)</p>
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		<title>La gouvernance non démocratique et illégale</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Jun 2009 14:06:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[par Thierry Brugvin (professeur en sociologie) Introduction Depuis plus de vingt ans, la mondialisation éloigne les citoyens des lieux de décisions. Les citoyens français l’observent avec l’Union Européenne tandis qu’au plan international, le G8 impose son modèle politique dans le monde, au travers le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC en particulier. Au sein de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par  <a href="http://thierry.brugvin.over-blog.com/">Thierry  Brugvin</a> (professeur en sociologie)</h3>
<p><strong>Introduction</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><img class="alignright size-full wp-image-5229" title="manipulation" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/manipulation.jpg" alt="manipulation" width="278" height="427" />Depuis plus de vingt ans, la mondialisation éloigne les citoyens des lieux de décisions. Les citoyens français l’observent avec l’Union Européenne tandis qu’au plan international, le G8 impose son modèle politique dans le monde, au travers le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC en particulier. Au sein de ces différentes organisations, sous couvert d’un discours sur la « bonne gouvernance », les dirigeants libéraux privatisent les instances démocratiques en privilégiant le dialogue avec les entreprises au détriment des peuples, de leurs représentants, des ONG et en jouant la “société civile” contre les Etats.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ces différents mécanismes relèvent généralement de la gouvernance inégale et non démocratique, mais restent pour une large part légaux. Cependant, il y a un autre champ qui lui est encore moins analysé, il s’agit de la dimension illégale de la gouvernance publique. Ce sont donc les différentes formes de la gouvernance politique et économique non démocratique, inégale et aussi illégale que nous allons analyser ici.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Comment les forces économiques influent-t-elles sur les décisions des pouvoirs publics, via les mécanismes de la gouvernance globale illégale, inégale et non démocratique?<span> </span>Notre hypothèse est la suivante: il existe une influence, une relation dialectique, entre la force des idées (idées, acteurs et institutions), les pouvoirs publics et les forces économiques (institutions, acteurs capitalistes, capital financier, forces productives (moyens de production, techniques, connaissances, forces de travail). Cependant les forces économiques exercent une influence dominante sur les pouvoirs publics et la force des idées, par le biais de la gouvernance globale. Or, une part non négligeable de cette gouvernance nationale et globale est exercée de manière illégale, et non démocratique, même s’il ne s’agit pas d’affirmer que toutes les pratiques relevant de la gouvernance s’avèrent illégales. Il s’agit donc ici d’une typologie et non d’une description exhaustive de la gouvernance globale.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ainsi, nous présenterons les 7 pouvoirs, ou les 7 formes de gouvernance non démocratique ou illégale qui sont des obstacles fondamentaux à la démocratisation de la société. Il s’agit du pouvoir économique (productif, commercial, financier : banques, dette, paradis fiscaux) &#8211; Le pouvoir répressif et militaire &#8211; Les pouvoirs publics nationaux et internationaux non démocratique et leurs pratiques impérialistes &#8211; Le pouvoir relationnel (réseaux, lobbies…) &#8211; Le pouvoir idéologique &#8211; Le pouvoir communicationnel -Le besoin psycho-sociologique de pouvoir.<span id="more-5236"></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE PAR LE POUVOIR FINANCIER:<br />
 BANQUES, DETTE ET PARADIS FISCAUX</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La dette: instrument de domination des pays riches</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Contrairement à ce que l’opinion publique pense généralement, les flux financiers les plus importants vont donc du Sud vers le Nord. C’est finalement les plus pauvres qui aident les plus riches. En 2003, l&#8217;APD l&#8217;élevait à 54 Mds $ et le remboursement à 436 Mds, soit 8 fois plus (Ziegler, 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">&laquo;&nbsp;Au moment de l’indépendance du Gabon en 1960, la Banque Mondiale a transféré à ce pays les dettes précédemment contractées par la France pour la colonisation du Gabon, ce qui est en violation complète des règles du droit international. Depuis, la mainmise des dirigeants français sur l’économie gabonaise ne s’est jamais démentie : Omar Bongo en est avant tout le garant. Une dette constituée dans ces conditions est illégitime et n’a pas à être remboursée&nbsp;&raquo; (Toussaint, 2006).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Concernant la Bolivie par exemple, selon Patrick PIRO «aucun économiste n&#8217;est dupe de ce miracle, c&#8217;est bien grâce à la coca et à la cocaïne que le pays n&#8217;a pas volé en éclat. Le trafic de la drogue a donné au pays des devises nécessaires au paiement de la dette » (Piro, 1994)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Boisgallais évalue, entre<span> </span>1 à 5%,<span> </span>l&#8217;aide publique bilatérale qui parvient réellement à la population, le reste partant en direction de construction d&#8217;infrastructure destinée à servir nos intérêts. Moins de 1% de l&#8217;APD bilatérale est consacrée aux ONG (Boisgallais, 1994). Selon Politis, le reste de l&#8217;aide bilatérale française se répartit globalement ainsi: 30 à 40% environ, pour les opérations de rééchelonnement de la dette ou révision des taux d&#8217;intérêts et parfois annulation partielle de dette &#8211; 20 à 25 % pour le salaire des coopérants pour des projets techniques, scientifiques, ou culturels, avec un salaire moyen de 4500 à 23 000 euros par mois. On comptait 3250 coopérants en 2001 &#8211; 15 à 25 % pour la promotion de la francophonie &#8211; 5 à 10 % pour l&#8217;aide financière aux projets pour l&#8217;étude et la réalisation d&#8217;équipements, d&#8217;infrastructure des transnationales françaises &#8211; 5 % destinés à l&#8217;armée, l&#8217;aide budgétaire, et le soutien aux plans d&#8217;ajustement structurels (Politis, 1998). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L&#8217;été 1994, Lissouba, le président du Congo-B confie à Elf la responsabilité de gérer la dette pétrolière du pays. On observe une totale manque d&#8217;indépendance de l&#8217;Etat. En effet, Elf devient ainsi à la fois client de l&#8217;Etat et gestionnaire de son budget. (Verschave, 2001 : 44). Une entreprise capitaliste privée a ainsi eu la main mise sur un Etat. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong> </strong></span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>Les paradis fiscaux l&#8217;accélérateur de la gouvernance libérale et des délits politico-financiers</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les paradis fiscaux et les chambres de compensation (Clearstream) sont un instrument majeur de la corruption politique et de la spoliation économique des citoyens. Selon l&#8217;office des Nations Unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime, en 1999; 50% des 4800 Mds de francs annuels dégagés par l&#8217;ensemble des activités criminelles du monde (trafics de drogue, prostitution, fausse monnaie&#8230;) seraient blanchis dans les paradis fiscaux. (ODCCP, 2000).La fraude et l’évasion fiscale représentaient, en 2003,<span> </span>environ 50 milliards d’euros pour la France, c’est à dire 17% du budget de l’Etat soit l’équivalent du déficit budgétaire (Attac, 2004). Pour les PED, l’évasion fiscale conduit à un manque à gagner dans les recettes fiscales de 50 milliards de dollars. L’équivalent de l’APD annuelle de l’ensemble des pays de l’OCDE (Foutoyet 2005). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La quasi totalité des grandes banques et entreprises européennes ou américaines a ouvert des succursales dans des paradis fiscaux. C&#8217;est par exemple le cas de la BNP Pari­bas, présente aux Bahamas et aux îles Caïman,<span> </span>idem pour le Crédit Agricole,la CIC, le Crédit Lyonnais, Natexis Ban­ques Populaires, la Société Générale, etc. Total réalise la plus grande partie de ses bénéfices dans des filiales enregistrées aux îles Bermudes et autres terri­toires off shore, etc. (Foutoyet, 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Contrairement aux idées reçues, les paradis fiscaux ne sont donc pas un « sous­ système» à la marge de la machine économique : ils en sont l&#8217;un des roua­ges. En effet, on estime que plus de la moitié des transactions financières internationales transite par les para­dis fiscaux. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En 1991, le scandale international de la BCCI (Bank of Crédit and Commerce International), enregistrée au Luxembourg, a conduit à sa fermeture par la justice, a montré la liaison pouvant exister entre le trafic de drogue, le terrorisme, la haute finance et les services spéciaux (Verschave, 2003). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Le pouvoir des banques dans la gouvernance économique et politique</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La politique monétaire permet de jouer sur les importations et exportations. C’est un outil fondamental de la souveraineté, comme l’est l’indépendance militaire par exemple. Or, les Etats africains n’ont pas cette liberté d’action et donc cette indépendance économique et politique. La Banque de France et maintenant la Banque centrale européenne avec l’euro ont décidé des dévaluations et du moment où elles ont eu lieu.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les banques et les propriétaires des grandes banques (Rockefeller, Rothschild, Morgan&#8230;) représentent un des pivots du pouvoir mondial. D’une part parce que ces propriétaires disposent de sommes énormes : Le magazine Forbes décomptait 1125 milliardaires en 2008. (Kroll, 2008). Ceci leur permet d&#8217;acheter potentiellement absolument, tout ce qui peut servir leur objectif de puissance: entreprises, médias, biens divers. Mais de plus, ils ont la capacité de corrompre les dirigeants politiques, qui sont susceptibles de se laissent soudoyer.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">D&#8217;autre part parce que les banques sont les lieux de dépôt de l&#8217;argent, et le lieu de transit des flux financiers qui sont l&#8217;énergie, le sang du système. Le blanchiment d&#8217;argent sale passait autrefois, par les banques des pays développés notamment, à présent cet argent transite plutôt préalablement par les banques des paradis fiscaux (Andorre, Caïmans, Luxembourg, Jersey&#8230;) ou encore au sein de Clearstream (la banque des banques) comme le soutien Denis Robert (2001). Ce dernier a mis à jour une des techniques de blanchiment, dans son ouvrage « Révélation », en analysant le fonctionnement des banques Clearstream et Euroclear. Ces dernières, grâce à un<span> </span>« mécanisme de compensation », font ainsi disparaître certaines transactions douteuses. Concernant, la BGPI, filiale du Crédit agricole Indosuez, il affirme, qu’elle possède elle aussi un compte S0418, chez Clearstream (Robert, 2007). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De plus, quasiment toutes les grandes banques disposent de comptes dans les paradis fiscaux (Foutoyet, 2005). Ainsi, certaines, telle la FIBA d&#8217;Elf ont blanchi de l&#8217;argent, ou participé à l&#8217;évasion fiscale (Verschave, 2001 : 73).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les banques suisses, luxembourgeoises, notamment, avec les paradis fiscaux, renforcent les dérives du capitalisme illégal et la corruption, en blanchissant de l’argent sale, notamment grâce à la culture du secret, au refus de faire la transparence sur l’ensemble des comptes présents et des virements qui s’y déroulent. C’est un accélérateur de la criminalité grâce au blanchiment de l’argent lié au trafic de drogue, à la prostitution, à la fabrication de fausse monnaie, au racket&#8230;).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE PAR LES IDÉES<br />
 (IDÉOLOGIE)</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La &laquo;&nbsp;bonne&nbsp;&raquo; gouvernance : la théorie hégémonique de la Banque Mondiale</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">A la Banque Mondiale, l’idéologie néo-libérale est hégémonique, c’est donc dans le cadre de cette politique qu’elle entend exercer ce qu’elle nomme une “bonne gouvernance”. La &laquo;&nbsp;bonne gouvernance&nbsp;&raquo;, pour la Banque mondiale est aussi synonyme de bonne gestion du développement” (World Bank, 1992). Marie Claude Smouts la qualifie “d’outil idéologique pour une politique de l’Etat minimum” (1998). Cependant, si cette politique se limite aux fonctions régaliennes, cela ne signifie pas un État faible. Il s’agit en réalité d’un “État gendarme” visant théoriquement à faire respecter les règles d’un marché concurrentiel et les libertés individuelles. Derrière la politique de “bonne gouvernance”, la Banque Mondiale cherche aussi à contraindre les pays à bas salaires à mener une bonne gestion, c&#8217;est-à-dire à appliquer les plans d’ajustements structurels (privatisations, restrictions des budgets sociaux&#8230;), basés sur une politique économique néo-libérale. Ainsi, du fait du principe de conditionnalité auquel sont soumis les États pour recevoir des prêts de la Banque Mondiale, ceux-ci perdent la souveraineté sur leur politique nationale (George, 1994 : 184). Cette entorse à la souveraineté du peuple est “camouflée par les qualificatifs “d’empowerement” (la participation) et de “consensus&nbsp;&raquo; avec la société civile (Hidouci, 2003 : 6). On observe en effet une lutte idéologique, autour du concept de société civile, visant notamment à gagner “la bataille” pour une nouvelle forme de direction politique démocratique mondiale. Tandis que pour le grand public, la société civile signifie généralement les ONG, pour les organisations internationales telle l’OMC, il s’agit aussi des représentants des entreprises tel le MEDEF ou l’UNICE.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La corruption limite la démocratisation des États. Pourtant, les institutions financières internationales (IFI) agissent peu contre la corruption des dirigeants (lorsque les prêts qu&#8217;elles octroient sont détournés) (Gueye 2003 : 38).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La libéralisation et la privatisation de la régulation internationale </span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Au cours du Forum Mondial de l’Economie de Davos, le 31 Janvier 1999, Kofi Annan, le Secrétaire Général des Nations Unies, a proposé au monde des affaires, de mettre en oeuvre le Global Compact (le pacte global). Plus de 3 700 entreprises venant de 120 pays différents, adhéraient en 2007 au Global Compact. Parmi les dix principes du Global Compact, deux<span> </span>concernent les droits de l’homme, quatre sont destinés aux droits des travailleurs, trois concernent l’environnement et le dixième porte sur la lutte contre la corruption. Le Global Compact étant une forme de<span> </span>code de conduite élaboré par les pouvoirs publics internationaux. Les transnationales, telle Nike, Nestlé, ou Total qui l’ont adopté s’engage volontairement à le respecter, mais il n’est prévu de dispositif de vérification, ni de sanction. Les Nations Unies ont autorisé les ETN Nike et Shell notamment, à adhérer au Global Compact, alors qu’elles enfreignent régulièrement leurs propres codes de conduite et les normes sociales et environnementales. Le choix consiste à déléguer, aux acteurs économiques privés, certaines des fonctions traditionnellement dévolues au service public (service des eaux, retraitement des déchets, production énergétique..). D’une part, cela représente une orientation de politique économique très spécifique. Mais d’autre part, cela transforme la nature même des organisations internationales publiques qui deviennent des partenaires des entreprises privées, plutôt que des autorités de régulation au service du peuple et de l’intérêt général (Brugvin, 2007). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La gouvernance globale s&#8217;est développée à partir de la gouvernance d&#8217;entreprise (Leach, Percy-Smith, 2001). Dans la gouvernance on observe &laquo;&nbsp;une normalisation technique envahissante&nbsp;&raquo; (Hidouci, 2003 : 7) qui tente d&#8217;évacuer la dimension politique sous le discours de la neutralité, en se cachant dernière le langage de la gouvernance des entreprises. La gouvernance conduit à substituer les normes juridiques (décidées par les pouvoirs publics représentant le peuple) par des normes techniques (crées par des intérêts privés) : codes de conduite, labels, normes comptables privées, normes ISO&#8230;). Tandis qu’une partie du code du travail est en partie votée par ce dernier, les codes de conduite liées aux conditions de travail ou les normes ISO sont souvent créées par des entreprises privés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Par ailleurs, L’OMC est le fer de lance du<span> </span>libéralisme économique, qui sont<span> </span>l’idéologie et le pouvoir politique hégémonique au plan mondial. Le mandat de l’OMC est la suppression des obstacles au commerce. Comme pour la Banque mondiale et le FMI, cela<span> </span>conduit à une privatisation de la société qui engendre une à une inégalité sociale, économique et politique<span> </span>nuisible à la démocratie. Par exemple, l’OMC a pour mandat la libéralisation des échanges commerciaux, ce qui a pour conséquence qu&#8217;elle impose les intérêts économiques des transnationales sur les droits sociaux des travailleurs et la souveraineté politique des Etats.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les pouvoirs publics tiennent leur légitimité de l’élection par le suffrage populaire et doivent donc être présents, pour garantir, théoriquement, les intérêts du peuple dans les décisions qui concernent celui-ci. Les pouvoirs publics disposent de la plus forte légitimité pour décider des règles, normes et lois, à portée générale, qui relèvent du droit positif. Les entreprises privées ne disposent pas de cette légitimité élective, ni de l&#8217;indépendance économique. Par conséquent, elles ne disposent pas de la légitimité à décider des orientations générales de la société, à légiférer.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE GLOBALE NON DEMOCRATIQUE PAR LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES PUBLIQUES:<br />
 (BM, FMI, ONU, OMC&#8230;)</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La dépendance financière des agences de l’ONU<span> </span>vis à vis des entreprises privées</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En comparaison de l&#8217;étendue de la tâche qu&#8217;on lui attribue, ses ressources sont largement insuffisantes. En 1993, le total des ressources de l’ONU s&#8217;élève donc à environ 7,3 milliards de dollars. Les grandes déclarations proclamées à l’ONU, telle &laquo;&nbsp;la santé pour tous en l&#8217;an 2000,&nbsp;&raquo; ne sont pas toujours associées de mesures suffisamment précises et de moyens conséquents. Ce verbalisme n&#8217;a alors pour but que de donner bonne conscience aux administrateurs représentants les différents pays membres et de satisfaire les attentes de l&#8217;opinion publique. De telles déclarations, lorsqu&#8217;elles sont irréalistes, aboutissent à jeter la confusion et à masquer l&#8217;impact réel des programmes mis en œuvre. Depuis la création de l’ONU, en 1945, les grandes promesses se succèdent, telle que la « santé pour tous en l’an 2000 », mais elles ne sont quasiment jamais réalisées. L’opinion est satisfaite par les promesses faites, à chaque sommet international, mais comme elle a peu de mémoire (les journalistes non plus), elle oublie les précédentes. C’est un cercle sans fin de manipulation de l’opinion publique, dans la mesure où ses dirigeants savent très bien qu’ils ne pourront atteindre les objectifs affichés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Nous allons voir que l’ONU et l’OMS subissent parfois de graves dérives. Or,<span> </span>l’Etat français dispose d’une part non négligeable de responsabilité dans la mesure où il est représenté au sein du conseil d’administration de l’OMS et qu’il dispose du droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU. Ce dernier s’avère l’organe le plus puissant de l’ONU, mais aussi le moins démocratique.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Malgré ses faiblesses, l’ONU est parvenue à de grandes réussites au service des plus pauvres. Pourtant, l’ONU, du fait de son influence, est l’objet de tentative de contrôle de la part des Etats dominants et de leurs transnationales, au sein du conseil de sécurité et de chacune de ses agences. Christian Joly rappelle les positions des organisations de solidarité internationale vis-à-vis de l&#8217;OMS : celles ci &laquo;&nbsp;continuent à voir la main des multinationales dans divers programmes de l&#8217;organisation. La collaboration de l&#8217;OMS, avec les firmes multinationales, est considérée comme une soumission aux lois du marché, au détriment de la satisfaction des besoins des populations&nbsp;&raquo; (Joly, 1987 :244-245)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">L’influence des lobbies industriels à l’ONU</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’influence des lobbies industriels, à l’ONU, ne se limite pas à l’OMS ou au FNUAP. L’affaire «du programme pétrole contre nourriture » de l’ONU a éclaté, en janvier 2004. Dans son dernier rapport, le 7 septembre, la Commission d’enquête indépendante mise en place, en avril 2004, par Kofi Annan, a dénoncé une conduite «illicite, non éthique et corrompue» au sein de l&#8217;ONU et blâmé le secrétaire général Kofi Annan, lui-même, pour ses négligences et ses erreurs. «Notre mission était de chercher des fautes de gestion, dans le programme «pétrole contre nourriture» et des preuves de corruption au sein de l&#8217;ONU et par des entreprises sous contrat. «Malheureusement, nous avons trouvé les deux», a déploré son président, Paul Volcker (Rosett, 2005). « Dans un précédent rapport, en août, la Commission avait établi que le Chypriote Benon Sevan, lorsqu’il était responsable du programme «pétrole contre nourriture», avait empoché près de 150 000 dollars en pots-de-vin » (Mauriac, 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les directeurs de la Banque Mondiale ont quant à eux aussi interrompus les prêts à différents pays, lorsqu&#8217;ils se heurtaient aux intérêts des Etats-Unis (même si officiellement il s’agissait d&#8217;autres motifs) précise Eric Toussaint. Dans le même ordre d’idée, la Banque Mondiale a systématiquement tenté de mettre en échec les régimes considérés comme des menaces pour les intérêts américains Parmi certains exemples les plus connus en Afrique, citons la dictature de Mobutu au Zaire, celle de Idi Amin Dada en Ouganda, d&#8217;Habyarimana au Rwanda à partir de 1973, d’Idris Déby au Tchad (Toussaint, 2006). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE DE LA PRODUCTION ET DU COMMERCE PAR LES ENTREPRISES:<br />
 EXPLOITATION, COMMERCE ILLÉGAL ET VIOLATION DES DROITS</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">L&#8217;exploitation légale par le capitalisme: premier facteur antidémocratique</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Marx explique que la pauvreté, l’exploitation des travailleurs permet leur domination et leur aliénation, qui<span> </span>limitent leur capacité à se former et donc leur capacité à tenir leur rôle de citoyen, c’est à dire à défendre la démocratie. Avant, de trouver d&#8217;éventuelles causes, relevant de l&#8217;illégalité, il faut en effet, chercher les causes de la pauvreté des pays en développement dans l’analyse marxiste notamment. Cette dernière explique les inégalités principalement par le rôle des infrastructures économiques, des rapports sociaux de production, les inégalités des termes de l’échange, la division internationale du travail entre le centre et la périphérie (Emmanuel, 1969)[1]. Cependant Gramsci, montre qu&#8217;il y a une interaction entre les infrastructures et les superstructures au sein &laquo;&nbsp;du bloc historique&nbsp;&raquo; et non un simple déterminisme des premières sur les secondes (Gramsci, 1975). Mais, en plus de l’exploitation inégale, il existe une exploitation illégale, que nous allons examiner.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Sous payer les matières premières d&#8217;un pays</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La production du pétrole en Afrique, par les entreprises transnationales du pétrole permet d’engranger d’énormes profits, souvent au détriment du pays et surtout de la population. A ce sujet l’exemple d’Elf Total, une autre entreprise du pétrole, au Congo est fort instructif. Le président Lissouba a bradé à Elf, les parts que l’Etat du Congo-Brazzaville détenait dans Elf Congo. Le prix officiel de la vente était de 270 millions de francs, mais les estimations de la valeur réelle de ces parts sont de 4 à 16 fois supérieures! (LDC, 1997, 1998). Sous-évaluer la qualité du pétrole représente un autre technique, pour arriver au même fin.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Les « cargaisons fantômes » : la non déclaration de la production</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le Floch Prigent, ainsi qu’un ancien Ministre de l’Economie du pays ont reconnu que le CONGO aurait bénéficié d’au moins deux « cargaisons fantômes ». Dans les faits, un tanker vient chercher du pétrole ; il repart chargé mais cette cargaison, qui échappe à toute comptabilisation, s’évanouit dans la nature au profit des compagnies pétrolières et des élites dirigeantes du pays. Il n’est pas rare que la cargaison change plusieurs fois de propriétaire pour échapper à toute traçabilité (Harel, 2006).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">S’allier les services d’un élu grâce<span> </span>aux commissions et rétro-commissions</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Loik Le Floch Prigent, affirme lui-même dans un livre intitulé “Affaires Elf, affaires d’Etat” (2001), faisant le bilan de son procès, que “l’activité industrielle classique s’accompagne nécessairement de mécanismes qui permettent le financement d’opérations opaques (&#8230;). Au sein du groupe (Elf) qui fait deux cents milliards de francs de chiffre d’affaires par an, le volume de ces opérations (occultes) varie de trois cents à huit cents millions de francs). (&#8230;) Elf dépensait notamment ces fonds pour obtenir “des permis de forage” dans les pays ou la société n’était pas encore implantée. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’ensemble de ces commissions versées aux officiels du pays, via des intermédiaires, était d’un certaine façon le prolongement de la politique étrangère de la France, notamment dans les pays africains et c’est la raison pour laquelle le président d’Elf en informait la présidence de la république (française), ainsi que les ministres des Finances et du Budget” (Prigent,<span> </span>55-56). “Disons que le président d’Elf est à la fois le président d’une société pétrolière et ministre bis de la Coopération. Et c’est justement parce ce que cette société avait un objet politique et diplomatique en Afrique qu’elle a de tout temps financé les services secrets (&#8230;). Elf a servi au financement du parti gaulliste, et a même été créé pour ça&#8230;” (&#8230;). Puis ce fut le tour du parti socialiste. Certaines de ces affaires ont défrayé la chronique judiciaire (affaire Dumas, Deviers Joncourt, Sirven, Elf Thomson, avions renifleurs, affaires des frégates, etc.). (Prigent, 2001 : 54-55 et 63-64). “L’ensemble de la classe politique savait qu’Elf faisait du financement politique”. Les rétro-commissions servaient “à mettre sous influence celui qui les percevait. Au cas où&#8230; Au cas une affaire comme l’affaire Elf leur péterait à la figure. Si tout le monde se sert du gâteau, plus personne ne plus rien dire.” (Prigent, 2001, 66-67). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> <br />
 </span></p>
<p align="center"><strong>LA CONCURRENCE DES GOUVERNANCES NATIONALISTES (IMPERIALISME)<br />
 ET LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE DE L’ETAT</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Les intérêts des entreprises cachés derrière les guerres locales et nationales</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Parallèlement à la lutte entre transnationales, se déroule une lutte entre Etats. Il s’agit de conflits déclarés (guerre) ou secrets (tels la guerre froide). Ce qui est en jeu, c’est le nationalisme, c’est à dire la volonté de puissance (Nietzsche, 1976), psychologique, politique ou économique, des dirigeants politiques, économiques et parfois même des peuples. Par leurs actions diplomatiques, militaires, politiques, les élus politiques viennent appuyer le développement des entreprises capitalistes nationales (l&#8217;impérialisme). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Derrière les conflits internes à une nation ou entre nations, il est rare qu’il n’y ait pas une quelconque influence d’un ou de plusieurs grandes puissances. En particulier, lorsqu’il s’agit des PED. Ne pas prendre en compte cette clé d’analyse, limite considérablement la compréhension du conflit en présence. Par exemple, le soutien de la France aux Hutus dans leur action de génocide envers les Tutsi (Coret, 2005) se comprend mieux lorsque l’on sait que les Tutsi étaient soutenus par les Etats-Unis notamment.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De 1945 jusqu’en 1989 (la chute du mur de Berlin) la guerre froide a été un des causes importantes des conflits. Une majorité des conflits nationaux (Burkina Faso, Angola, Chili, Bolivie&#8230;)<span> </span>étaient renforcés, attisés ou créés par la lutte entre le camp occidental, contre le camp soviétique. Malgré le discours d’indépendance de la France envers les Etats-Unis, notre pays a soutenu régulièrement ce dernier, notamment en favorisant la diffusion de l’arme atomique au camp occidental (Israël, Afrique du Sud durant l’apartheid&#8230;) (Lorentz, 2001).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le Partage amiable des zones d&#8217;influence fait aussi parti des instruments de contrôle. Durant, la guerre froide, un accord tacite entre les Etats-Unis et la France a permis à cette dernière d&#8217;exploiter et de contrôler l&#8217;Afrique francophone, tandis que les Etats Unis s&#8217;octroyaient l&#8217;Afrique anglophone et l&#8217;Amérique du Sud (Verschave, 2003). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Le soutien des Etats aux intérêts des grands propriétaires capitalistes</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’Etat sert les intérêts des ETN, notamment pour des raisons d’indépendance énergétique nationale. M. Dominique Perreau, directeur des affaires économiques et financières au ministère des Affaires étrangères a déclaré que généralement &laquo;&nbsp;le ministre des Affaires étrangères use de son influence pour défendre les projets des compagnies françaises car l&#8217;Etat doit veiller à la sécurité des approvisionnements en pétrole et gaz naturel&nbsp;&raquo; (Aubert, 1999). Les présidents de la république jouent aussi le rôle de VIP pour les grandes transnationales de leur pays. Chirac était accompagné de plusieurs PDG, lors de son voyage en Chine, en octobre 2006. Nicolas Sarkozy fit de même et a ramené pour<span> </span>20 milliards d&#8217;euros de contrats pour<span> </span>les entreprises françaises, lors de son voyage en Chine en 2007(Les Echos, 26:/11/2007). Une large partie du soutien de la cellule africaine de l&#8217;Elysée, vis à vis des dictateurs, des guerres, des déploiements de l&#8217;armée française, etc. vise à protéger les intérêts des entreprises françaises. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les gouvernements et les ministères sont parfois doublés par des officines parallèles. C&#8217;est le cas du réseau Foccart, travaillant pour Elf, qui dirigeait en sous main tout la politique africaine de la France. Le soutien de l’Etat aux transnationales renforce leur capacité d’exploitation légale et illégale. La cellule africaine de l’Elysée, le Ministère des Affaires Etrangères, de l’identité nationale et de la coopération&#8230; qui devraient normalement fonctionner dans la légalité ne respectent pas toujours l’Etat de droit. Par exemple, les observateurs du ministère de la coopération qui ont cautionné les élections truquées au Tchad en mai 2006 (Survie, 2005).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DEMOCRATIQUE PAR LA CONTROLE ET LA VIOLENCE<br />
 (POUVOIR DE LA SÉCURITÉ ET DE RÉPRESSION)</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">Soutien militaire des grandes puissances dites démocratiques aux dictatures alliées</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les républiques qui disent faire la promotion de la démocratie dans le monde, n’hésitent pas à appuyer les dictatures, lorsque leurs intérêts sont en jeu.<span> </span>Pendant les huit ans du règne Habré, la France n’a pas cessé d’accroître son aide financière et militaire à un régime qui préférait investir toutes les ressources du pays dans des dépenses militaires inconsidérées, à l’encontre des besoins fondamentaux de la population, comme la santé ou l’éducation. L’armée et l’administration &laquo;&nbsp;d’Hissène Habré engloutissaient chacune en moyenne 200 à 250 millions par an d’aide française. L’armée française a enfoui ses possibles états d’âme face aux 40 000 personnes exécutées, 50 000 personnes emprisonnées et 200 000 personnes dépossédées de leurs biens pour cause d’opposition au régime d’Hissein Habré” (Calatayud, 1992). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>Cacher un coup d’Etat par un gouvernement étranger derrière une fausse révolte populaire nationale</strong></span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong><br />
 </strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En prenant l’aspect d’une rébellion classique, les mercenaires jettent le doute sur la légitimité de tel ou tel gouvernement et introduisent l’idée que le régime est précaire et n’a pas le soutien de toute la population et donc doit être condamné. Cela contraint donc le gouvernement à entrer en conflit et il devient alors l’agresseur aux yeux de la communauté internationale.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De nombreux, putschistes et mercenaires sont financés par un Etat ou une entreprise étrangère, afin de servir leurs intérêts. Ainsi si le coup d&#8217;Etat réussit, ces derniers seront proches d&#8217;un pouvoir qui servira leurs projets économiques ou politiques. Si le coup d&#8217;Etat échoue, compte tenu du fait qu&#8217;ils ne sont pas les acteurs de ce coup de force, ils ont peu de chance d&#8217;être inquiétés.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Lorsqu&#8217;un Etat A ne sert pas ou plus les intérêts des entreprises d&#8217;un Etat B, le gouvernement de ce dernier use parfois du coup d&#8217;Etat pour placer de nouveaux dirigeants au pouvoir, qui seront plus à même de servir leurs intérêts. Ce fut le cas, avec le gouvernement français qui décida de mener un coup d&#8217;Etat, via des rebelles locaux et / ou des mercenaires, notamment au Tchad, au Comores (avec Bob Denard),&#8230;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Là encore, l’Etat agresseur peut les utiliser sans être mis en cause, comme lors du coup d’Etat aux Comores en 1995 ou Bob Denard arrive avec 33 hommes pour monter à l’assaut du palais présidentiel de Saïd Djohar. L’Etat français intervient et arrête les mercenaires qui seront emprisonnés sauf Bob Denard, évacué par un appareil de l’armée française (Caminade, 2003). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La guerre au service des intérêts des entreprises nationales</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Officiellement, le départ pour la guerre contre une nation adverse est toujours légitimé par des mobiles vertueux, de hautes valeurs morales : la défense de la liberté, de la démocratie, de la justice. Mais derrière ces nobles motifs, les véritables motivations sont parfois moins claires.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les guerres permettent de contrôler économiquement un pays afin de permettre aux entrepreneurs privés d’une nation de s’accaparer les richesses (pétrole, uranium, minerais&#8230;) ou humaines du pays, Le Chili aura été terrain d’expérimentation des théories libérales de Milton<span> </span>Friedman consistant à mettre sous tutelle les pays producteurs de matière première (énergie, métaux, nourriture&#8230;) afin de garder la maîtrise de l’économie mondiale. Cela supposait de briser les gouvernements et l’économie de ce type de pays (Petras, 2001 : 114).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La colonisation de l’Asie, de l’Amérique Latine et de l’Afrique sous le couvert d’apporter la civilisation visait d’abord cela. La traite négrière en Europe et en Amérique du Nord a servi cet objectif. La guerre des Etats-Unis contre l’Irak a permis à l’industrie pétrolière américaine de faire main basse sur les hydrocarbures du pays. Si la France s’est opposée à cette guerre, ce n’est pas seulement pour défendre l’Etat de droit, mais pour défendre les échanges privilégiés de ses industries avec l’Irak. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ce fut le cas par exemple de la Guerre du Biafra, dans laquelle la France soutenait les rebelles afin de récupérer le pétrole pour ses transnationales (Elf) (Verschave, 1999). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>Le secret de la raison d’Etat : la boite de Pandore contre la transparence démocratique</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Au delà du financement pas toujours très légal, des services secrets, les Etats, sous le<span> </span>motif de la raison d’Etat, classent « top secret » certaines affaires. Le fait qu’il faille parfois, pour des raisons de défense nationale invoquer le « secret d’Etat », engendre un biais très préjudiciable dans la transparence de la démocratie. Si au départ, les motifs sont légitimes, ensuite, la pratique se développe et les élus, ou les administrateurs de l’Etat utilisent le motif de la raison d’Etat pour dissimuler des éléments dont leurs citoyens devraient légitimement être informés. En 1989, par exemple, sous les motifs officiels de ne pas inquiéter la population, les français n’ont pas été informés à temps des retombées du nuage radioactif de Tchernobyl. En réalité, on peut supposer que le lobby militaro-industriel du nucléaire n’avait pas intérêt à laisser se développer une psychose autour du danger des centrales nucléaires. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De plus, on observe parfois une collusion entre les services secrets et les intérêts économiques privés. Maurice Robert, était chef de la sécurité d&#8217;Elf et ancien chef des services secret français en Afrique, pivot du réseau Foccart-Chirac<span> </span>(Verschave, 2001, 32). Par ailleurs, certains présidents africains ont été chaperonnés par un colonel de la DGSE, soi‑disant chargé de sa sécurité, et de multiples conseillers français. Par exemple, tous les conseillers du « président » ivoirien Houphouët‑Boigny étaient français (Verschave, 2000). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center;"><strong><span lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE PAR LA COMMUNICATION NON DEMOCRATIQUE</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: left;"><strong><span lang="FR-CA"><br />
 </span></strong></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La communication comme instrument de propagande</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les campagnes de dénonciation des mouvements sociaux se heurtent aux campagnes de communication et de relations publiques des entreprises qui s&#8217;appuient sur une expertise et des ressources financières largement plus conséquentes. Les relations publiques sont ainsi qualifiées, dans les années 1920, &laquo;&nbsp;d&#8217;industrie du consentement&nbsp;&raquo; (Richter, 2004 : 149). Les relations publiques des entreprises sont, selon Harold D. Laswell, un de ses théoriciens, &laquo;&nbsp;la découverte que la propagande est moins coûteuse que la violence, la corruption, et autres techniques de contrôle&nbsp;&raquo; (Laswell, 1935: 524). Nous qualifierons pour notre part, de communication marketing, les pratiques de communication des entreprises qui visent à organiser le consentement du public, en s&#8217;appuyant sur des campagnes publicitaires, le packaging des produits et les relations publiques pour atteindre leurs fins, c&#8217;est à dire la maximisation de leur profit. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La novlangue : transformer la langue pour cacher une politique mal acceptée</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La novlangue, de même que le langage politiquement correct visent à transformer le mot trop connoté politiquement, pour en substituer d’autres qui n’éveilleront pas l’attention. Les dirigeants néo-libéraux sont passés maitres dans cet art. Alain Bihr, a écrit un ouvrage intitulé La novlangue néolibérale. Le rhétorique du fétichisme économique (Bihr, 2007), ou il en donnent divers exemples.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ainsi, le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l&#8217;Afrique) lancé par<span> </span>l&#8217;axe FMI – Banque Mondiale, dans sa rénovation du vocabulaire de l&#8217;ajustement structurel. Ce dernier ayant subit de nombreuses critiques, ils cherchent à travers une nouvelle formulation (la novlangue) à<span> </span>laisser penser que l’on prend mieux en compte les besoins des plus faibles. Mais étant donné que les principes fondamentaux restent de nature néo-libérale, les plus démunis restent toujours sur le bord du chemin. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La récupération conceptuelle au service de l’idéologie dominante</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Un autre instrument de l’hégémonie idéologique des néo-libéraux est leur aptitude à la récupération et à la manipulation conceptuelle, qui est relativement proche de la novlangue. La Banque utilise &laquo;&nbsp;des mots solennels et des formules magiques pour transformer la réalité (George, 1994 : 207). Face aux défenseurs de l&#8217;environnement qui risquaient de mettre un terme à la philosophie de la croissance illimitée, la Banque a utilisé la notion de développement durable en décrétant &laquo;&nbsp;la croissance durable&nbsp;&raquo;. Celle-ci n&#8217;était dès lors plus menaçante, l&#8217;idée de durabilité neutralisant le danger de destruction. &laquo;&nbsp;Le mouvement de défense de l&#8217;environnement qui craint pour son avenir s&#8217;est vu ainsi privé de ses armes conceptuelles&nbsp;&raquo;(George, 94 :208)</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Enfin, les institutions de Breton Woods, exercent un pouvoir politique et culturel. Le rôle financier et économique n&#8217;est que la partie émergée de l&#8217;iceberg. La partie immergée relève donc de la foi, de la croyance, de la doctrine, du leadership intellectuel. Comme le dirait Pierre Bourdieu, la Banque est puissante parce qu&#8217;elle est capable d&#8217;échanger constamment du capital économique contre du capital symbolique et vice versa.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Susan George décrit la Banque comme « la main invisible du &laquo;&nbsp;programme&nbsp;&raquo; planétaire mis en oeuvre par le capitalisme libéral.<span> </span>Dans son livre Crédits Sans Frontières, elle attribue donc au Fond monétaire international et à la Banque des attributs et un fonctionnement quasi religieux. La doctrine remplace alors l&#8217;argumentation, malgré le discours qui se veut scientifique c&#8217;est bien d&#8217;idéologie qu&#8217;il s&#8217;agit.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE PAR LE POUVOIR RELATIONNEL ET L&#8217;IDÉOLOGIE:<br />
 LE RÔLE DES RÉSEAUX ET DES ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>Les associations professionnelles contribuant à l&#8217;élaboration des politiques internationales</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les associations professionnelles (lobbies) exercent une influence parfois plus puissante sur les élus, que les électeurs eux-mêmes. En effet, de par leur position sociale, “ leur capital économique, culturel, symbolique, social (le réseau des relations)&nbsp;&raquo;, tels que les définit Bourdieu, certains de ces individus, groupes ou lignées, influencent de façon plus ou moins indirecte, une part des décisions politiques et économiques internationales. Quelques-uns sont des leaders politiques de premier plan. Mais la plupart d&#8217;entre eux sont généralement inconnus du grand public, bien qu’ils occupent des postes hauts placés dans le secteur professionnel ou politique. Parmi, ces différentes organisations ont peu citer parmi les plus connus: CFR, Trilatérale, Bilderberg, WBRound Table, Bohemian Grove, Skulls&amp;bones&#8230; Or ces réseaux exercent une influence parfois plus puissante sur les élus que les électeurs eux-mêmes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Gramsci (1975) a souligné le rôle des intellectuels dans l&#8217;hégémonie idéologique et la puissance des think thanks. Ces derniers sont des sortes de club de réflexion qui diffusent des idées. Les think thanks les plus influents, actuellement mettent la puissance de leurs idées et leurs meilleurs intellectuels au service de l’idéologie, des politiques des classes dominantes. Le sociologue français, Michel Crozier a ainsi réalisé, avec Samuel Huntington, un rapport<span> </span>en 1975, pour la commission trilatérale (Crozier) . </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Les dirigeants de la CCI, tel Maucher, ceux de l’ERT, et, des ETN telles Nestlé, Shell ou Unilever participent régulièrement aux rencontres de Davos et du groupe Bilderberg (Balanya, 2003). C&#8217;est dans ces lieux où se forgent les idées néo-libérales au plan mondial que ces derniers se réunissent tous les ans (Gill, 1990 : 127). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le groupe Bilderberg, fut créé en 1954, grâce à un cofinancement de Unilever et de la CIA.<span> </span>Selon le politologue Stephen Gill, Il a pour but “d’encourager des discussions ouvertes et confidentielles (&#8230;) entre les nations de l’axe atlantique&nbsp;&raquo; (Gill, 1990 : 127) en particulier les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest. Selon un ancien délégué du groupe, le consensus élaboré au sein de ce forum sert de base à l’évolution des politiques internationales. Bilderberg “compose la toile de fond des politiques qui sont mises en place par la suite. Ainsi, le Forum économique mondial à Davos en février, les rencontres Bilderberg et du G8 en avril-mai et la conférence annuelle du FMI et de la Banque Mondiale en septembre. Une sorte de consensus international émerge (&#8230;). Ce consensus devient la toile de fond des communiqués du G8; il inspire le FMI lorsqu’il impose le programme de réajustement à l’Indonésie, et la politique que le Président américain propose au congrès” (Armstrong, 1998).</span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">David Rockefeller fut le fondateur du Bilderberg, puis de la Commission Trilatérale. &laquo;&nbsp;Ces deux lobbies sont les véritables architectes de la mondialisation néo-libérale” selon M. R. Jennar (2005). D. Rockefeller a déclaré à Newsweek international, “quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire” (Rockefeller, 1999). “Ce même personnage avait déclaré huit ans plus tôt devant la Commission Trilatérale: la souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est préférable au principe d’autodétermination des peuples” (Jennar, 2005 : 17). </span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Certains auteurs, tel Fritz Scharpf, estiment que la légitimité par l&#8217;élection peut nuire au résultat, puisque le peuple n&#8217;est pas un expert (Scharpf, 2000), qu&#8217;il est versatile et émotif. Scharpf privilégie une gouvernance fondée surtout sur les outputs, c&#8217;est-à-dire la légitimité par le résultat notamment économique, plutôt qu’une légitimité issue de l’élection par les peuples. C&#8217;est sur ce type d&#8217;argument, fondé sur la légitimité par le résultat, que se sont appuyés les régimes autoritaires pour justifier leur autoritarisme, souligne Hermet (2003 : 21). C’est donc, pour leur éviter de commettre des erreurs nuisant à l&#8217;intérêt du peuple lui-même, que les élites proposent d’ériger la gouvernance, par les seuls experts et les élites économiques et politiques.</span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La vision de Nietzsche illustre bien celles de certaines élites, tel Rockefeller. Pour Nietzsche, la démocratie est un fléau pour l&#8217;humanité, car elle inaugure le pouvoir de la masse, du peuple ignorant (Nietzsche, 1976). Spencer, un contemporain de Darwin, considérait que la loi du plus fort était une loi naturelle, qui devait s&#8217;appliquer aux sociétés humaines. Ne favoriser que les élites est préférable pour le développement de l&#8217;humanité, car c&#8217;est le sens de l&#8217;évolution naturelle, la sélection naturelle du plus fort sur le plus faible. Par conséquent,<span> </span>l&#8217;aide sociale, les services sociaux, l&#8217;école publique, sont nuisibles à l&#8217;humanité, car ils viennent gaspiller des ressources nécessaires pour développer les qualités des élites (Spencer, 1889).</span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Romano Prodi figure notamment parmi ces élites. En 2006, il dirige<span> </span>l’Italie, or il a été auparavant membre du comité de direction du groupe Bilderberg. Avec Pascal Lamy, actuel directeur de l’OMC et autrefois représentant de l’UE à l’OMC, ils ont à participer aux réunions du groupe Bilderberg en 2001 et 2003. Tous les ans, les représentants de BP, Exxon, Shell, Unilever se rendent à la réunion annuelle du groupe Bilderberg (Balanya : 2005 :292). Précisons cependant, que le pouvoir des réseaux et des lobbies, n’est pas si important que certains voudraient le penser. S’ils disparaissaient, cela n’aurait qu’un impact relatif, dans la mesure, ou il ne sont qu’un aspect, parmi une bonne dizaine d’autres formes de gouvernance non démocratique. </span></p>
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<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La puissance des réseaux contre la démocratie ?</span></span><span lang="FR-CA"> </span></h1>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Après sa victoire aux élections présidentielles, Nicolas Sarkosy invite au Fouquet&#8217;s, un palace parisien, les membres les plus proches de son réseau. On y trouvait notamment: B. Arnault, Bolloré, Dassault, Decaux, Bouygues (Parain d&#8217;un de ses fils), Desseigne (Barrière), Bernheim (Generali), Desmarais (Power Corporation), Kron (Alsthom), Frère (Suez), Proglio (Véolia)&#8230; (Chemin, 2005). De même au mariage de la fille de Bernard Arnaud, le 22 septembre 2005j, le magasine Paris Match, rapporte que 6 ministres en exercice étaient présents. Michel<span> </span>et Monique Pinçon, dans leur livre sur les grandes fortunes, montre que la richesse ne repose pas seulement sur l&#8217;argent mais sur des réseaux sociaux et un capital de privilèges socioculturels transmis par des dynasties familiales (2006). Cet aspect dynastique n&#8217;est pas sans rappeler les pratiques de la noblesse et de la royauté. Les privilèges officiels de l&#8217;aristocratie ont disparu pour la plupart (excepté pour certaines familles royales), mais cette pratique dynastique se perpétue, au plan social, économique et souvent même sur le plan du sang (mariage entre nobles). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Parallèlement aux réseaux politiques, on trouve des réseaux économiques. Par exemple dans les relations entre la France et l’Afrique, les réseaux les plus influents sont ceux d’Elf-Total, Bolloré-Rivaud, Bouygues, Castel… Les réseaux religieux et ésotériques ont aussi leur place. Il y a notamment les groupes catholiques, le Vatican, l’Opus Dei, la Loge P2… </span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le réseau francs-maçons, en France et dans le monde, contribue parfois à limiter l&#8217;impartialité des juges. Le magistrat, Eric de Montgolfier, a dénoncé certains agissements, puis en janvier 2004, le magistrat Bernard Bacou décide de saisir lui-même le conseil supérieur de la magistrature au sujet de doyen des juges d’instruction du tribunal de Nice, en l’accusant d’impartialité et de solidarité criminelle entre des prévenus et lui-même. En effet, ce juge était membre des francs-maçons et jugeait une affaire dans laquelle l&#8217;accusé était lui même membre des francs-maçons. Or un des premiers serments de la franc-maçonnerie est le serment de solidarité (Etchegoin, 2004).</span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’influence des puissances économiques sur les dirigeants politiques repose donc notamment sur les relations liées à leur statut important (capital symbolique),<span> </span>de négocier des accords ou des lois grâce à leurs poids économique (capital économique), de placer leurs anciens dirigeants dans les appareils politiques (capital social). Ou à l’inverse, les grands propriétaires capitalistes sont aussi en mesure de s’acheter les services d’ex-homme d’Etat, de se servir de leur image, de leur notoriété, de leur reconnaissance sociale (capital symbolique). </span></p>
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<p align="center"><strong>LA GOUVERNANCE NON DÉMOCRATIQUE ISSUE DE LA DIMENSION PSYCHO-SOCIOLOGIQUE<br />
 (SOCIO-IDENTITAIRE)</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Le besoin psychologique de pouvoir contre la démocratie</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">On ne peut donc pas considérer que les problèmes politiques ne relèvent pas que de déficiences de nature sociale, mais aussi de faiblesses psychologiques donc individuelles. Plus les individus s’élèvent dans les structures du pouvoir économique ou politique, plus le besoin psychologique du pouvoir est susceptible d’être stimulé. Certains y succombent, d&#8217;autres non et d’autres préfèrent s&#8217;en écarter pour éviter ce type de difficultés. Ils s&#8217;en trouvent aussi qui restent pendant un temps à des postes de pouvoir sans succomber à ces vicissitudes. En effet, les problèmes d&#8217;ego et de pouvoir, d&#8217;agressivité, d&#8217;intolérance, etc. sont les premiers pas vers les pratiques anti-démocratiques, aussi bien au sein de la gouvernance globale non-démocratique, comme des mouvements sociaux d’ailleurs. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Alfred Adler (1870-1937) est un des trois pères fondateurs de la psychanalyse avec Freud et Karl Abraham. Il va élaborer une théorie de la psychologie individuelle, fondée sur le besoin de puissance visant à compenser un sentiment d&#8217;infériorité inhérent à tout être humain névrosé. C’est à dire tout le monde… </span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En effet, les meilleures lois, règlements et procédures promulguées par les organisations internationales, les Etats, les entreprises et même les associations ne suffiront pas à faire respecter la démocratie en leur sein et ni à l’extérieur. Car un comportement démocratique ne relève pas seulement d’un savoir faire. En effet, le dialogue démocratique suppose aussi le dialogue et l’écoute sincère entre les personnes, une certaine éthique de la discussion, une volonté de dialogue de chaque individu, une ouverture à l’autre dans le respect de ses limites, de ses différences&#8230; En un mot un savoir être ne se limitant pas à un savoir faire. Il y a peu d’espoir de “faire de la politique autrement” sans cette prise en mains du premier niveau politique: la conduite de chacun par lui-même. N’oublions pas ce vieil adage, “la fin ne peut justifier les moyens”. Pour cette raison l’autre pan de l’action politique, relève de l&#8217;action de soi sur soi. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Les différences de respect des règles sociales aux 3 étages de la société</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Fernand Braudel a montré que, depuis les origines de l’humanité, se sont édifiés progressivement trois étages de l’économie, auxquels correspondent trois étages de la société. Les trois étages de l’économie se sont constitués à travers un processus d’éloignement. Au rez-de-chaussée, l’étage de fondement, se développe une économie non-monétaire, de survie, de subsistance familiale. Au premier étage, est pratiquées l’économie d’échange local, c’est l’étage de la régulation légale. L’étage supérieur, étant celui de l’économie monde, celui de l’accumulation (des ressources et de la puissance), de la distance, de l’opacité&#8230; A cet étage, les acteurs font le contraire de ce qu’ils disent. Ils incitent à la pratique des règles du marché, mais grâce à leur puissance et leur éloignement de l’opinion publique, ils cherchent constamment à constituer des monopoles. Braudel montre ainsi qu’il existe un étage intermédiaire qui pratique les règles du jeu ; un premier étage qui ne les pratique pas encore et un étage supérieur qui ne les pratique plus, tout en tenant un double langage.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le même schéma se retrouve au niveau politique. au rez-de-chaussée il y a le clan et la famille. Au premier étage, l’échange, le débat public, la démocratie locale et à l’étage supérieur la macro politique qui pratique le double langage. Ainsi, au 3è étage de la pyramide, lorsque l’on appartient au groupe des élites, ou de la même classe sociale, on peut être tenté de se considérer comme supérieur, au-dessus des lois. C’est ce qui explique ainsi, que tant des dirigeants politiques et économiques, tel le PDG d’Elf, Roland Dumas, ou Charles Pasqua, par exemple, dérapent et se retrouvent devant les tribunaux.</span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ils estiment qu’étant membres de l’élite, ils n’ont pas à fonctionner comme les autres, et qu’à la limite, s’ils le faisaient ce serait mauvais pour eux et pour l’intérêt général tel qu’ils le conçoivent. Ainsi, certains tels Rockefeller, se prononcent contre la démocratie car elle conduit à laisser le pouvoir à des ignorants et cela ne permet pas de prendre des bonnes décisions (Rockefeller, 1999). Ce sont les experts qui doivent décider. C’est pourquoi ils considèrent que, les référendums par exemple, tel celui sur le traité constitutionnel européen, sont préjudiciables à l’intérêt général, car les électeurs ne disposent pas de connaissances suffisantes pour voter en connaissance de cause. </span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA"> </span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">La pression sociale et l’imitation contre la légalité</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Beaucoup de citoyens ordinaires, s’ils étaient placés du jour au lendemain, aux commandes d&#8217;une transnationale exerçant des pratiques illégales ou d&#8217;une dictature, deviendraient probablement des dirigeants corrompus, ou des tyrans. D’une part pour des raisons psychologiques, liées au besoin de pouvoir (plus ou moins refoulé), tel que l’analyse Adler (1918). D’autre part du fait de la pression sociale de leurs collègues et de l’imitation, par l’isomorphisme (Powel, DiiMaggio: 1983 : 152), afin de rester conforme aux pratiques de ce milieu, à cette culture et de ces codes. L&#8217;individu tend à reproduire les pratiques de sa classe sociale. C’est le phénomène de &laquo;&nbsp;reproduction&nbsp;&raquo; décrit par Bourdieu (1972). Comme l&#8217;explique Braudel, lorsqu&#8217;un dirigeant exerce au &laquo;&nbsp;3e étage de la société&nbsp;&raquo;, au sommet des responsabilités nationales et internationales, il reproduit les règles sociales, les pratiques de ses paires qui se sentent au-dessus des lois créées pour la masse des citoyens.<span> </span>Ils se considèrent être membres de l&#8217;élite, donc au-dessus de celles-ci. Les abus du pouvoir, ne sont donc ni uniquement de nature psychologique, ni uniquement liés aux structures sociales, tel que l’explique Braudel. C&#8217;est donc une erreur de penser que tous les grands dictateurs sont des psychotiques (même si cela a pu être le cas parfois), même si souvent le « le pouvoir total rend totalement fou ». Il existe donc une relation dialectique entre le besoin psychologique du pouvoir, les structures de domination politique et économique, qui nuisent à la démocratie. On doit donc considérer que les problèmes politiques relèvent aussi bien de déficiences de nature sociale, donc collectives, que de faiblesses psychologiques donc individuelles. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Dialectique de l’individu et du collectif, du psychologique et du social</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">C’est par un changement intérieur personnel (psychologique, pratique&#8230;), par le renoncement à son besoin de pouvoir sur l’autre, pour se consacrer à un véritable service des autres que la société évolue. En effet, lorsqu’une grande masse d’individus opèrent un changement de conscience, alors les règles sociétales, les lois internationales, les pouvoirs mondiaux se transforment vers plus d’équité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Ces changements de conscience et ses nouvelles règles sociétales, empêchent alors certains individus placés au sommet des organisations (économique, politique, sociale, religieuse…) de dériver vers leurs faiblesses (le besoin de pouvoir sans limite) qui les conduisent à reproduire les pratiques anti-démocratiques et parfois illégales des dirigeants précédents.</span></p>
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">C’est donc des changements intérieurs des individus qui agissent sur la régulation globale de la société, qui en retour façonnent de nouveaux individus par l’éducation des masses. Car une éducation des masses façonnées par des élites ou des peuples empreintes du besoin de pouvoir, ne fait que reproduire la situation en place.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Car une éducation des masses façonnées par des élites ou des peuples empreintes du besoin de pouvoir, ne fait que se reproduire elle même. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>LA THEORIE DE LA DEMOCRATIE ET DE LA GOUVERNANCE</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Définition de la gouvernance adémocratique et illégale</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Robert Cox a développé une économie politique critique en prolongeant la pensée d’Antonio Gramsci au plan international. Cox distingue aussi « trois forces fondamentales : les forces matérielles, celle des idées, et celle des institutions. Mais, il n’y en a pas une parmi ces trois qui puisse exercer une action unidirectionnelle, car elles sont en interactions » (Cox 1996 : 96-99). Susan Strange (1196) ajoute à la tripartition de Gramsci et de Cox, un quatrième forme d&#8217;autorité, la sécurité (militaire, sociale, économique). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Il y a un secteur qui est équitable et légal et démocratique (le visage officiel des relations Nord-Sud), cependant, celui-ci est lié à un pouvoir (la gouvernance) global &#8211; inégal &#8211; illégal, &#8211; et non démocratique.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La gouvernance globale non démocratique de l&#8217;Afrique signifie donc le pouvoir (la gouvernance par les entreprises, les pouvoirs publics, l’armée&#8230;) inégal, illégal et non démocratique par des acteurs de nationalités multiples visant à perpétuer la domination et l’exploitation économique et politique en Afrique, (et non du monde).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">On observe dans la réalité, un continuum sans véritable rupture entre les pôles opposés que sont la gouvernance légale et illégale, démocratique et non démocratique, privée et publique. Provisoirement, nous définirons aussi<span> </span>la démocratie comme la participation du plus grand nombre possible d’acteurs légitimes à une décision favorisant l’intérêt général. Nous y reviendrons plus en détails dans la suite. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La gouvernance non démocratique relève<span> </span>(et/ou) :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<ul>
<li><span lang="FR-CA">de la gouvernance légale (et/ou) -non transparente (occulte) par des acteurs non légitimes du fait de leur nature, car : non indépendants économiquement, non élus démocratiquement et dont les décisions sont insuffisamment participatives.</span></li>
<li><span lang="FR-CA">de la gouvernance illégale, c&#8217;est-à-dire ne respectant pas l’Etat de droit (les lois)</span></li>
<li><span lang="FR-CA">de la gouvernance inégale ne permettant pas l’égalité des conditions (Tocqueville), c’est à dire en terme bourdieusien une égalité au niveau du capital économique, social (réseaux, origines&#8230;.),<span> </span>culturel (connaissance, éducation, temps disponible pour cela&#8230;), capital symbolique (diplômes, titres, statuts&#8230;) (Bourdieu).</span></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En résumé la gouvernance non démocratique est une gouvernance illégale, (et/ou) inégale, non transparente, par des acteurs non légitimes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><strong>La démocratie ne peut être effective si on relève notamment:</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L&#8217;inégalité dans la propriété et la gestion de l&#8217;appareil économique et financier, (pouvoir capitaliste) &#8211; L&#8217;inégalité du temps pour se former et pour militer (Braibant, 2005) &#8211; L&#8217;inégalité<span> </span>des niveaux d&#8217;éducation &#8211; L&#8217;inégalité des conditions (de vie et de biens) Tocqueville (1948) qui entraîne : Une inégalité<span> </span>dans se capacité à supporter les conséquences des lois du fait d&#8217;inégalité économique -Une<span> </span>différence de priorité politique (égalité contre liberté) dans le vote des lois du fait de l&#8217;inégalité des conditions de vie (Noberto Bobbio).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En effet l&#8217;égalité juridique n&#8217;est pas réelle sans l&#8217;égalité économique et sociale (conditions de vie, possibilité de mobilité sociale) car l&#8217;exploitation économique capitaliste engendre la domination et l&#8217;aliénation des travailleurs. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La gouvernance légale mais inégale et la gouvernance légale non démocratique</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Une grande partie de ce qui est décrit par FX Verschave, concernant ce qu&#8217;il nomme la «Françafrique», relève du légal. Par contre il s’agit de situation légale et en même temps inégale selon les partisans des politiques sociales. Par exemple lorsque Elf-Total va sous payer des ressources, tel le pétrole au Congo-Brazzaville (Verschave, 1999), une partie de ces transactions économiques s’inscrivent dans le champ légal, mais sont inégales.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">A un second niveau, on peut porter l’analyse sur le plan légal et non démocratique. Les dirigeants du G8, tels les présidents français Mitterrand, Chirac ou Sarkozy, ont généralement considéré que la gouvernance nationale et celle des organisations internationales sont légales et démocratiques. Dans une démocratie représentative, les dirigeants sont élus, donc il s’agit d’une démocratie. Cependant, un certain nombre d’auteurs Castoriadis (1996), Rosenvallon (1998) et d’associations telle Attac estiment qu’une<span> </span>démocratie représentative, si elle est bien légale, n’est pas véritablement démocratique. Sans démocratie participative, les citoyens ne peuvent plus participer aux décisions qu’une fois tous les 5 ans durant le mandat municipal ou présidentiel. De même le suffrage est censitaire au niveau de la Banque Mondiale et du FMI (George, 1994).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">La gouvernance illégale : le non respect de l’Etat de droit est<span> </span>non démocratique</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">A un 3ème niveau on peut analyser la gouvernance entre les PED et les pays développés sous l’angle de l’illégalité. Le non respect de la loi généralisé signifie l&#8217;absence de l&#8217;Etat de droit. Nous retiendrons la définition première et minimum de l&#8217;Etat de droit, il s&#8217;agit d&#8217;un système institutionnel dans<span> </span>lequel les pouvoirs publics sont soumis au respect du droit[2]. Ce n&#8217;est donc pas une démocratie parfaite, mais un minimum à atteindre pour pouvoir approfondir les autres dimensions.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">L’illégalité est un des aspects du non démocratique. Car la démocratie suppose le respect de la légalité, c’est à dire de l’Etat de droit, mais aussi, de la transparence, de la légitimité des représentants, de la participation, etc. La définition de néo-patrimonialisme de Jean-François Médard (1995 : 325-339) vient souligner que la notion de légalité dépend aussi de la culture d’un pays. Cependant, dans un régime républicain occidental fondé sur le respect de l&#8217;état de droit, sur le respect des lois, sur une séparation claire entre les biens publics et privés, les pratiques néo-patrimoniales relèvent de l&#8217;illégalité. Les élus du peuple qui s&#8217;y adonnent devraient donc être punis par la justice, or c&#8217;est rarement le cas et lorsqu&#8217;ils sont inculpés, cela donne lieu souvent à des non-lieux ou à des légères peines, qui ne sont mêmes pas systématiquement appliquées. Concernant le procès Elf, quelques semaines après son incarcération, André Tarallo (le monsieur Afrique d&#8217;Elf), &laquo;&nbsp;en sortait pour raisons médicales&nbsp;&raquo; et ne devait plus jamais y retourner. M. Tarallo avait fait appel. Un an plus tard, en mars 2005, le jugement était encore plus sévère : sept ans d&#8217;emprisonnement ferme et toujours la même peine d&#8217;amende, 2 millions d&#8217;euros. Or, cette forte amende n&#8217;a toujours pas été acquittée (Robert, 2007).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
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<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le pire est atteint lorsque que la situation est inégale, illégale et non démocratique. C’est le cas lorsqu’un service secret (CIA, DGSE) ou une transnationale finance des mercenaires pour fomenter un coup d’Etat, comme ce fut le cas d’Elf au Congo- Brazzaville (Verschave, 2001). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<h1 style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span lang="FR-CA"><span style="font-size: small;">Une typologie et non une description générale d’un système de gouvernance</span></span></h1>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Précisons tout d’abord qu’il s’agit, dans un premier temps, de présenter une typologie de la gouvernance illégale et non démocratique. Ce n’est donc pas une description de l’étendue de la gouvernance illégale. Cela ne signifie aucunement que les citoyens des PED, n&#8217;aient aucune responsabilité et que la dimension illégale de la carence démocratique soit dominante. En effet, pour décrire le pouvoir (effectif) d’une forme de gouvernance illégale et non-démocratique sur la société, il faut être en mesure d’en établir :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<ul>
<li><span lang="FR-CA">Quel est le nombre et le pourcentage des décisions? </span></li>
<li><span lang="FR-CA">Les décisions illégales sont elles fondamentales ou secondaires ?<span> </span></span></li>
<li><span lang="FR-CA">Ces actions sont-elles structurelles ou conjoncturelles ? </span></li>
<li><span lang="FR-CA">Ces actions sont elles intentionnelles ou involontaires ? (Quelle est le<span> </span>degré d’intentionnalité des décisions?)</span></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Il ne s’agit donc ni d’en conclure, que les formes d’illégalité, telle la corruption sévissent partout et tout le temps ni à l’inverse d’en conclure que nous n’avons affaire qu’à un phénomène marginal. Les dirigeants politiques et économiques, qui observent le système capitaliste, repèrent les erreurs du système, mais ne les corrigent pas toujours, en particulier lorsque les dysfonctionnements (les injustices) les avantagent. Par exemple, le développement de la sous-traitance contribué à affaiblir le syndicalisme. Il n’a pas été pensé pour cela au début, mais a été utilisé pour cela ensuite. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Une majorité des acteurs appartenant aux classes dominantes ont des intérêts communs. C’est pourquoi, il n’est pas nécessaire qu’ils s’organisent systématiquement et qu’ils se téléphonent, pour fédérer ses intérêts convergents. La gouvernance capitaliste globale fonctionne majoritairement ainsi dans sa dimension légale. Cependant, certains types d’actions illégales tels les coups d’Etats, les élections truquées, elles, sont généralement pensées dès leur origine.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Est-ce un système structuré, ou des décisions éparses et sans liens entre elles qui sont le fruit des hasards de la conjoncture et donc disposant d’une importance secondaire ? On relève que les pratiques de la françafrique durent au moins depuis la décolonisation, donc depuis plus de 50 ans. Pierre Péan, Smith et Glaser, François Xavier Verschave (Françafrique (1999), Noir Silence (2000), ou Noir Chirac (2003)) notamment, montrent à travers leurs différents ouvrages, qu’il y existe un système structuré concernant certains aspects de la gouvernance illégale (le mercenariat, la corruption, le détournement des matières premières&#8230;). Cependant, cela ne signifie pas pour autant, que l’ensemble de la gouvernance de l’Afrique, relève de l’illégalité. &#8230;). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Mais un faible nombre d’actions illégales, si elles déterminent l’orientation à long terme d’un politique nationale, deviennent alors fondamentales. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><span> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p align="center"><strong>CONCLUSION</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Essayons à présent de hiérarchiser les différentes formes de<span> </span>pouvoir qui sont responsables de la situation actuelle de la pauvreté et des inégalités dans le monde.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La première cause, relève de l’éducation dans l’enfance et de la dimension psychologique. La seconde cause qui explique les inégalités sociales relève des déterminismes de la gouvernance économique, financière et idéologique. Gramsci (1975), puis Cox (1996) ont montré l&#8217;interaction entre les superstructures et les infrastructures, entre les forces productives et l&#8217;idéologie (de l&#8217;Etat, de la société civile&#8230;). Comme l’a montré Marx, les inégalités sont donc le résultat d&#8217;une lutte des classes, de l&#8217;exploitation, de la domination et de l&#8217;aliénation. Le capitalisme national et mondialisé reste donc la cause dominante, après la dimension psycho-sociologique, liée au besoin de pouvoir. Par conséquent, c&#8217;est autant le pouvoir et les causes politico idéologiques que le pouvoir et les causes économiques qui peuvent expliquer les inégalités actuelles mondiales et non la seule dimension économique. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">En particulier, c&#8217;est le pouvoir politique des propriétaires des biens économiques (finance et moyens de production), (les capitalistes) qui domine largement le pouvoir politique des dirigeants des pouvoirs publics. Donc, pour reprendre notre typologie il s&#8217;agit de la gouvernance économique, financière, idéologique et<span> </span>de la gouvernance par les pouvoirs publics (nationaux et internationaux).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">Le 4e niveau du pouvoir ou de la gouvernance regroupe la gouvernance par la violence (policière, militaire&#8230;), le pouvoir relationnel (les réseaux) et la gouvernance nationaliste (impérialiste).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">La dimension illégale vient donc renforcer les carences de la gouvernance non-démocratique, mais reste finalement secondaire, même si elle semble largement sous-estimée. En effet, les causes premières sont les insuffisances psychologiques (besoin de pouvoir égocentrique), les carences de la démocratie (politique, économique et sociale), puis les causes économiques (le capitalisme économique) et enfin l&#8217;illégalité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"><br />
 </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA">De même, si le capitalisme économique et politique peut expliquer la situation mondiale actuelle d&#8217;inégalité extrême, le libéralisme (avec sa dérégulation) ne vient que le renforcer, en accentuant encore les tendances vers le non respect des règles de certains des élites (la corruption). Ainsi, si le<span> </span>capitalisme libéral n&#8217;est pas la cause première des inégalités, il vient largement renforcer les faiblesses humaines (le besoin compulsif de pouvoir), le manque de démocratie<span> </span>et la tentation de la corruption et de l&#8217;illégalité.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"> </p>
<hr style="width: 100%;" />
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><strong><span lang="FR-CA">BIBLIOGRAPHIE</span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><span lang="FR-CA"> </span></p>
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 </span></li>
</ul>
<p><span lang="FR-CA"> </span></p>
<hr />
<p><em><span lang="FR-CA">[1] Emmanuel Arrighi, L&#8217;échange inégal. Essai sur les antagonismes dans les rapports économiques internationaux (Maspero, 1969)</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><em><span lang="FR-CA"> </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="justify"><em><span lang="FR-CA">[2] Dans cette seconde définition (que nous ne retiendrons pas), l&#8217;Etat de droit se compose du respect des droits fondamentaux (civils et politiques), l&#8217;Etat libéral (Etat minimum, régalien, gendarme) et la démocratie libérale (pluralisme des partis, suffrage universel). &laquo;&nbsp;L&#8217;Etat de droit apparaît comme une organisation politique et sociale destinée à mettre en oeuvre les principes de la démocratie libérale&nbsp;&raquo; (Chevalier, Jacques, 1994,<span> </span>L&#8217;Etat de droit, Paris, 2e Edition, p.54).</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right;"><em></em></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href=" http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&amp;aid=13555">mondialisation.ca</a>)<br />
 </em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’illégalité de l’économie internationale</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Jun 2009 09:42:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[par Albrecht Schachtschneider (professeur de droit constitutionnel) La politique de l’OMC a rendu possible le dumping social La libre circulation des capitaux est un système injuste qui non seulement ne repose sur aucune base juridique mais détruit les principes fondamentaux des Etats constitutionnels, démocratiques et libéraux. La liberté globale de circulation des capitaux prive les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par Albrecht Schachtschneider (professeur de droit constitutionnel)</h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>La politique de l’OMC a rendu possible le dumping social</strong></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-5237" title="justice" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/justice.jpg" alt="justice" width="323" height="279" /></p>
<p style="text-align: justify;">La libre circulation des capitaux est un système injuste qui non seulement ne repose sur aucune base juridique mais détruit les principes fondamentaux des Etats constitutionnels, démocratiques et libéraux. La liberté globale de circulation des capitaux prive les Etats de leurs pouvoirs, libère l’économie de ses obligations éthiques et conduit inévitablement à des crises, comme celle que nous vivons aujourd’hui. C’est précisément cette liberté, introduite essentiellement sous la pression des grandes puissances par le biais de l’UE et de l’OMC, qui semble aujourd’hui où, suite à la crise financière, tous les pays manquent de capitaux, devenir la pierre d’achoppement de la politique de pouvoir. Mais au lieu de réfléchir aux erreurs commises et de mettre en œuvre les correctifs nécessaires, l’Allemagne tente de s’attaquer à des petits pays comme la Suisse et le Luxembourg qui, manifestement, maîtrisent mieux la crise. L’article qui suit explique les liens qui existent entre la crise financière et la libre circulation des capitaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le cadre (il)légal de l’ordre économique mondial</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Ce n’est pas seulement, ni essentiellement, la réglementation de l’Union européenne (UE) ni même les lois de ses Etats membres mais les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la libre circulation des capitaux qui constituent le cadre juridique de l’économie mondiale. L’UE est devenue une région dépendante du marché mondial.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Les accords du Cycle de l’Uruguay de 1994 (OMC) dérégulent de manière considérable la circulation mondiale des marchan­dises et des services (GATT et GATS) en supprimant les droits de douane et les autres obstacles au commerce ainsi qu’en interdisant les discriminations entre les Etats membres. Les principes directeurs sont celui du traitement de la nation la plus favorisée et celui du traitement national. Ainsi, les importations et les exportations ne rencontrent pratiquement plus d’obstacles. La majorité des Etats sont membres de l’OMC: les pays membres de l’Union européenne, la Chine, mais pas la Russie, avec laquelle les Etats-Unis sont en train de négocier. L’OMC connaît quelques instruments destinés à protéger juridiquement la concurrence, comme l’accord antidumping et l’accord antisubventions, qui ne sont pas très efficaces. Certes, les marchés agricoles sont encore largement exclus de la dérégulation. Les Etats-Unis et l’UE principalement protègent leurs agriculteurs et leur industrie agroalimentaire contre le marché mondial; ils subventionnent l’exportation de leurs produits agricoles aux dépens des pays moins développés, en particulier de ceux d’Afrique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le dumping social est un principe de l’OMC</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Le droit commercial mondial ne connaît pas d’accords relatifs aux droits de l’homme et à la politique sociale. Certes, les membres de l’OMC sont tenus de respecter la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui comprend également des droits sociaux. Mais on ne peut pas contraindre les Etats, et encore moins les individus, de les respecter, pas même dans l’UE et en Allemagne. En particulier, l’OMC ne connaît aucun accord de protection des travailleurs. Le dumping social est pour ainsi dire un principe de l’OMC, probablement dans l’intérêt de la compétitivité des pays les moins développés. Jusqu’ici, toutes les tentatives du Cycle de Doha de s’entendre sur des normes sociales ont échoué.<span id="more-5228"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La doctrine du libre-échange avantage considérablement les multinationales</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">L’idéologie de l’OMC est la doctrine du libre-échange, reprise par le Traité de Lisbonne. Actuellement, le commerce mondial repose tout au plus dans une faible mesure sur des avantages comparatifs, argument séduisant de la doctrine classique du libre-échange parce que toutes les ressources des économies impliquées ne sont pas utilisées à leur pleine capacité, ne serait-ce qu’à cause du chômage. Mais la libre circulation des capitaux elle-même ne conduit pas à des avantages réciproques. Les multinationales pro­fitent d’avantages importants que leur offrent les pays à bas coût du travail et commercialisent les produits fabriqués là-bas dans les pays à haut niveau de prix. Et leur marge bénéficiaire est élevée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Traité de Lisbonne impose aux pays membres de l’UE une circulation sans restrictions des capitaux</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">La réglementation du commerce mondial est complétée par la dérégulation nationale ou régionale de la circulation des capitaux, dans l’UE par l’art. 56-1 du Traité instituant la Communauté européenne, qui interdit «toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers». Quelques exceptions servent à protéger l’union économique et monétaire contre de graves crises (art. 60). Les détenteurs de capitaux de pays tiers, c’est-à-dire du monde entier, peuvent les investir dans l’UE et également les en retirer sans restrictions. Une taxe mondiale sur les transactions spéculatives (taxe Tobin) serait contraire au Traité, tout autant qu’un impôt national ou communautaire correspondant (art. 58).</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Les accords de l’OMC sont contraignants, également pour l’UE, bien que la pratique ne concède aux citoyens et aux entreprises aucun droit subjectif à en exiger le respect. La procédure de règlement des litiges a force de loi. Pour modifier les textes, 153 Etats doivent actuellement être d’accord. D’ailleurs, contrairement au Traité instituant la Communauté européenne, l’UE revendique la compétence exclusive en matière de politique commerciale (doctrine AETR). Même l’Etat le plus exportateur n’est pas habilité à conclure des accords commerciaux.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">C’est le lien étroit entre la réglementation du commerce mondial et la libre circulation des capitaux qui constitue le caractère illégal de l’ordre économique imposé aux peuples. Juridiquement, et de toute façon politiquement, cet ordre est dominant mais il est à l’origine, dans le monde, de constitutions incomplètes parce que ni les droits de l’homme ni les principes sociaux ne peuvent se défendre contre cet ordre néolibéral. L’Agenda 21 de 1992 par lequel les Nations Unies prônaient pour le monde entier une politique sociale et écologique ambitieuse mais à vrai dire antidémocratique n’a peut-être pas été oublié, mais on n’en parle pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le principe social est une mission de l’Etat</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">La confiance dans le sens de la responsabilité morale des entreprises justifie leur caractère largement privé. Aucun Etat n’abandonne son destin sans nécessité à des entrepreneurs qui ne promettent pas de servir l’intérêt général. Le caractère privé est le droit d’agir comme bon nous semble. Mais la liberté, c’est la morale, et la loi morale, c’est le principe d’amour. Il est pour ainsi dire exclu que les acteurs capitalistes agissent moralement. Le droit commercial mondial manque pour cela de toutes les dispositions institutionnelles et matérielles nécessaires. La responsabilité sociale présuppose l’Etat et ses lois. Certes, les Etats doivent être des républiques, systèmes garantissant les libertés et dont la forme politique est la démocratie, moteur de la justice sociale lorsque les élections sont libres et qu’elles res­pectent le principe d’égalité. Mais cette justice sociale ne peut exister que dans un authentique Etat de droit. Les entreprises qui veulent et peuvent se débarrasser de leurs devoirs sociaux violent le principe constitutionnel allemand relatif à la propriété. L’art. 14-2 de la Loi fondamentale stipule ceci: «Propriété oblige. Son usage doit contribuer en même temps au bien de la collectivité.» Aucun Etat ne peut se désintéresser de la question sociale. Ils doivent tous satisfaire au principe social s’ils veulent être des collectivités de liberté. Mais dans le monde globalisé des entreprises, les Etats individuels ont perdu leurs pouvoirs en matière de politique économique et sociale. Ceux qui comptent sur le comportement moral des entrepreneurs méconnaissent les contraintes du marché.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Seul un Etat global pourrait contraindre les détenteurs de capitaux à respecter le principe social mais l’expérience nous apprend qu’on ne peut pas s’attendre à ce qu’un tel Etat mondial repose sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Il devrait rassembler trop d’individus pour pouvoir être vraiment démocratique. L’expérience nous montre que la solidarité est une question de proximité, de petites unités et d’un degré suffisant d’homogénéité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Intérêts des entreprises et intérêts généraux</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Les entreprises permettent au peuple d’assurer leur existence et doivent par conséquent être soumises à ses lois. La conformité aux lois de leurs activités réalise le bien commun. C’est là la mission officielle des entreprises privées qui n’est rien d’autre que la réalisation de la volonté générale du peuple et donc de l’intérêt général. La recherche du profit par les entreprises doit pouvoir s’effectuer dans le cadre de l’intérêt général. Dans la mesure où les entreprises privées promettent une efficacité supérieure en agissant dans l’intérêt général, leur caractère privé est au service de cette fonction au sein de la république. L’organisation de la concurrence entre les entreprises est également l’affaire du peuple, qu’elle soit fixée dans des réglementations nationales ou internationales. Cependant les entreprises sont l’affaire du peuple: en tant que res publica, elles sont une res populi. Elles sont l’affaire non seulement des entrepreneurs mais également des salariés et par conséquent une res privata. Comme pour toutes les activités en république, les aspects étatiques et privés sont indissolublement liés, parce qu’ils sont déterminés à la fois par les intérêts de la collectivité et les intérêts particuliers.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Les activités des entreprises ne sont protégées que de manière limitée par la Constitution: dans la garantie de la propriété (art. 14 de la Loi fondamentale), la liberté de la profession (art. 12-1) et la liberté d’agir (art. 2-1). Contrairement à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la Loi fondamentale ne formule aucune liberté générale d’entreprise. La liberté de circulation des capitaux doit se soumettre aux limites imposées par le principe social. Il n’y a pas de droits libéraux, il n’y a que des droits respectueux des principes sociaux. La liberté est soumise sans exceptions à la loi morale, à l’impératif catégorique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Economie sociale de marché</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">En raison de son caractère constitutionnel, le principe social est le principe déterminant de l’ordre économique allemand. La Loi fondamentale n’a pas établi d’ordre économique précis; toutefois, avec le principe social, elle impose au législateur, en matière d’économie, un principe de fraternité et, grâce aux droits fondamentaux, elle protège l’activité commerciale. L’ordre économique doit, conformément au principe social, garantir l’indépendance, mais également la responsabilité individuelle. Ce n’est pas l’économie de marché qui est l’ordre économique correspondant le mieux à la Loi fondamentale mais l’économie sociale de marché. C’est quand elle est orientée vers le marché et la concurrence que l’économie permet le mieux la réalisation sociale parce qu’on sait par expérience que ce sont le marché et la concurrence qui garantissent le mieux l’efficacité économique, mais seulement lorsque l’Etat veille à ce que le marché et la concurrence se soumettent au principe social, quand, en particulier, la répartition des biens, modifiée par les besoins et la production et également par le principe du marché est assurée, garantie qu’elle est par la propriété.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La doctrine de la propriété individuelle et sociale est le fondement de l’indépendance libérale</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Dans l’économie sociale, la politique de l’emploi ne saurait être négligée car le travail est le moyen le plus général et le plus humain de parvenir à la propriété et par con­séquent à l’indépendance libérale sans laquelle l’homme n’est pas un citoyen. La garantie de la propriété protège non seulement le droit de posséder mais fonde un droit de tous à la propriété. Les conditions de travail sont la propriété des collaborateurs de l’entreprise. La garantie de la propriété implique un droit au travail tel qu’il est inscrit dans les textes des droits de l’homme. Seule une législation conforme à cette conception individuelle et sociale de la propriété satisfait au principe social. En Allemagne, le chômage élevé et les millions d’emplois sous-payés, en violation des droits de l’homme, sont le résultat d’une politique à la fois capitaliste et internationaliste à laquelle se sont pliées les oligarchies partisanes. Pour cela, on a essentiellement besoin d’argent et, à la rigueur, d’un peu de moralisme idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La logique de la libre circulation des capitaux est incompatible avec la responsabilité sociale</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Le principe déterminant des investisseurs globaux est le profit (shareholder value). Il commande la politique d’implantation des entreprises. Le capital et donc les entreprises peuvent être délocalisés quasiment vers n’importe quel Etat. Non seulement les entre­prises sont globales mais également les produits et les clients. Les conditions de transport notamment facilitent la délocalisation. Pour laisser une chance au travail dans leur pays, les gouvernements sont contraints de niveler leur politique fiscale et sociale et de déréguler le droit économique et environnemental. La concurrence entre Etats réduit les devoirs des entreprises à l’égard des Etats. Ce sont les principes personnels des actionnaires, la plupart du temps leur avantage, qui déterminent leur conduite. Une répartition solidaire du revenu national se ferait aux dépens des revenus du capital. La responsabilité sociale des détenteurs du capital est contraire à la «logique» de la circulation globale des capitaux. C’est le profit qui est le moteur de la globalisation et non pas, par exemple, la recherche du bien du peuple, et surtout pas de celui des pays pauvres.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Exploitation des peuples et asservissement des Etats</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">L’internationalisation de l’investissement des capitaux est un moyen efficace d’exploiter les peuples et d’asservir les Etats. Les théoriciens et les praticiens des marchés dénationalisés essaient de se disculper en invoquant le principe de la concurrence. La légitimité de la concurrence est élevée au rang d’une idéologie qui dispute sa légitimité aux Etats. La répartition optimale des ressources que les théories économiques attribuent à la concurrence globale peut éventuellement être expliquée par les modèles mathématiques de la théorie de l’équilibre, mais ces modèles n’ont rien à voir avec la réalité des marchés oligopolistes, qui sont imparfaits. Mais la concurrence, dont l’avantage en matière d’efficacité est incontestable lorsque l’Etat l’organise judicieusement, doit s’adapter à l’intérêt général. Elle ne peut être qu’un instrument des collectivités, à l’instar des entreprises. La concurrence internationale ne justifie pas le fait de «dédémocratiser» et de désocialiser les conditions de vie. Il n’y a aucune nécessité économique à cela.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">La concurrence des marchés, pour qu’elle soit honnête et légale, suppose une égalité suffisante des chances que le droit doit garantir; pour une concurrence mondiale, il s’agit du droit commercial mondial. Pour le marché global, il n’existe (outre les règlementations partielles que nous avons mentionnées) pas de droit de la concurrence. Mais même un tel droit ne dispense pas d’un droit social fondamental. L’abus d’avantages locaux spécifiques aux dépens des peuples devrait être impossible. Les marchandises produites dans des conditions contraires aux droits de l’homme ne devraient pas pouvoir être vendues légalement. Or la pratique ne connaît même pas la notion de «marchandise illégale».</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Quand les Etats entrent en concurrence, cela n’est légal que lorsque les conditions de vie sont suffisamment homogènes pour que les entreprises ne puissent pas miner l’autorité sociopolitique des Etats. Dans notre monde socialement hétérogène, la globalisation entraîne des abus sociaux qui peuvent ruiner les collectivités libérales ou en tout cas les plonger dans une crise. Elle n’apporte aucune aide aux peuples pauvres et opprimés. Seule une aide durable, avant tout le bouleversement des systèmes politiques, promet des chances de développement. Montesquieu écrivait déjà: «C’est dans les pays de la liberté que le négociant trouve des contradictions sans nombre; et il n’est jamais moins croisé par les lois que dans les pays de la servitude.» (De l’esprit des lois, XX, 2)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La réduction du coût du travail entraîne une augmentation du coût social</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Les délocalisations, décidées par des comités directeurs systématiquement corrompus par les bonus et d’autres rémunérations, dé­truisent la plupart du temps des emplois, c’est-à-dire, plus précisément, la propriété des travailleurs. Les entreprises globales cherchent à réduire au maximum les coûts du travail. Quand on congédie des travailleurs, c’est-à-dire qu’on les exproprie, on abandonne des êtres humains. L’Etat doit alors les prendre en charge et, le cas échéant, leur famille également. Les syndicats et la cogestion – la pratique l’a prouvé – ne peuvent pas vraiment empêcher cette politique d’entreprise qui contribue autant au chômage de masse ou qu’à l’exploitation des travailleurs, ce qui n’est pas moins grave. Les importations de produits bon marché n’améliorent pas le niveau de vie des peuples car les collectivités doivent financer les coûts de transfert sous forme de prestations sociales. L’économie nationale doit trouver les moyens financiers. Les multinationales exploitent aussi bien les peuples pauvres (on les fait travailler comme des esclaves) que les peuples riches (on les saigne à blanc) jusqu’à ce qu’ils tombent dans la pauvreté. Dans le monde entier, les hommes sont victimes de la globalisation de l’économie. Toutefois un petit nombre de personnes deviennent immensément riches, mais elles se désintéressent du sort actuel et futur des autres.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Violation du principe fondamental de la vie en société</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Les citoyens «possèdent» également une part des entreprises. Cette propriété n’est rien d’autre que la souveraineté du peuple qui exercice une influence sur les entreprises par le biais de ses lois, qui a droit à une part de leurs résultats mais qui a également une part de responsabilité, en tout cas en ce qui concerne les salariés. La crise économique montre nettement ce que devrait être cette responsabilité. Les intérêts des citoyens ne peuvent plus guère s’imposer. Les entreprises peuvent échapper au patrimoine commun d’un Etat et se tourner vers des «Etats faibles» pour faire leurs affaires. Maintenant, les peuples peuvent être l’objet d’un chantage. Le caractère international de l’économie a supprimé les liens de solidarité entre les membres de la collectivité. L’ordre économique libéral a largement spolié les citoyens de leur «propriété». Cela correspond à la logique du néolibéralisme anti­étatique qui, grâce à la globalité, connaît un essor qui a entraîné un capitalisme extrême bien que celui-ci n’ait pas pour lui l’appui d’un seul droit de l’homme, pas même celui de la propriété, qui est lié à la personne.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les crises sont la loi du profit</strong></p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Mais la crise du capitalisme est aussi celle de l’économie globalisée. Les mesures d’aide des différents Etats (que leurs budgets ne peuvent pas assumer), coordonnés au niveau international, sont peut-être le dernier sursaut du système capitaliste qui met en péril économies nationales et surtout les monnaies, donc la stabilité politique. Si le sauvetage réussit, il y aura un nouveau cycle – jusqu’à la prochaine crise, car les crises sont inhérentes au système capitaliste. C’est la loi du profit. En raison des sommes gigantesques représentées par les crédits spéculatifs sans valeur, les cycles sont plus rapides et les crises plus graves.<br />
 Comme il s’agit de protéger la propriété des citoyens et avant tout le droit au travail lié à la propriété, les entreprises ne doivent pas quitter les Etats et se soustraire aux lois du peuple car elles violent ainsi le principe fondamental de la vie en société, la liberté générale et le droit, qui repose uniquement sur la liberté de tous les citoyens. Sinon elles s’opposent au peuple et à l’Etat et avant tout à ses lois. Pourtant la république les y autorise, avant tout la libéralisation antisociale et la dérégulation de la circulation des capitaux. Le droit et par conséquent l’intérêt général sont encore, dans le monde actuel, l’affaire des peuples et des Etats, pour autant qu’ils respectent les droits de l’homme élémentaires. Res publica res populi.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le capitalisme international prive les hommes de leurs droits et détruit la démocratie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le capitalisme international viole les droits des citoyens parce que ceux-ci ne peuvent pas vivre leur liberté face aux entreprises et la réaliser à l’aide des lois du bien commun. En effet, la répartition libérale des biens produits par la collectivité est rendue difficile, voire empêchée parce que les actionnaires, qui sont en marge de la citoyenneté, revendiquent une grande partie des profits, parce que la mise en œuvre du principe social fondé sur la démocratie est largement entravée faute d’influence suffisante de l’Etat. La dénationalisation des entreprises réduit l’importance du principe démocratique. En effet, le caractère privé imposé aux entreprises (dénationalisation fonctionnelle) réduit (tout à fait à dessein) la portée des élections parce que les citoyens et leurs représentants dans les parlements doivent renoncer à réaliser le bien commun au moyen des lois. D’une manière générale, la république se voit considérablement «dédémocratisée», désocialisée, délibéralisée (au sens d’une perte des libertés politiques) et, de manière plus fondamentale, privée du droit parce que les entreprises échappent à la république. Les sociétés agissent ainsi parce qu’on ne les en empêche pas. Les politiques ont permis cela parce qu’ils ont été séduits par des théories économiques de l’efficacité, en particulier par une doctrine du libre-échange mal comprise et peut-être également par l’idéologie des grandes puissances.</p>
<p style="text-align: justify;">Les multinationales exigent à nouveau que les peuples soient à leur service. Elles leur font maintenant assumer les pertes occasionnées par leurs crédits aussi spéculatifs qu’excessifs. Cela bouleverse l’ordre économique. Les chefs des multinationales et des investisseurs institutionnels se pré­sentent comme les nouveaux maîtres du monde, «libres et riches» (Kenichi Ohmae). La politique de l’OMC a rendu possible le dumping social, grave dévoiement du libre-échange. Les entreprises profitent des moyens que les politiques leur ont offerts.</p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1622">horizons-et-debats.ch</a>)</em></p>
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		<title>Le Titanic Apicole &#8211; La Terreur Pesticide</title>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2009 06:44:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un film-documentaire de Dominique Guillet et d’Ananda Guillet. DVD de 2h15, sur la Disparition des Abeilles et sur la Terreur Pesticide: l’empoisonnement de l’humanité et de toute la biosphère. Achetez ce DVD Les Abeilles transhument vers le néant. Les Abeilles désertent par centaines de milliards. Les ruches se vident en moins d’une semaine. C’est une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un film-documentaire de Dominique Guillet et d’Ananda Guillet.  DVD de 2h15, sur la Disparition des Abeilles et sur la Terreur Pesticide:  l’empoisonnement de l’humanité et de toute la biosphère.</strong></p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://www.kokopelli.asso.fr/boutic/bou_list.cgi?codefam=dvd"><em>Achetez ce DVD</em></a></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4833" title="Le Titanic apicole - La terreur pesticide" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/le-titanic-apicole.jpg" alt="Le Titanic apicole - La terreur pesticide" width="220" height="312" />Les Abeilles transhument vers le néant. Les Abeilles désertent par centaines de milliards. Les ruches se vident en moins d’une semaine. C’est une nouvelle catastrophe, qui s’annonce d’amplitude planétaire, car les abeilles pollinisent 40 % des récoltes agricoles et une grande partie de la flore naturelle. Cette catastrophe se nomme “syndrome d’effondrement des colonies”. Ce film documentaire de 2h15, réalisé par Dominique Guillet et Ananda Guillet, est un cri d’alarme. Que deviendrait l’humanité sans les Abeilles? C’est aussi un réquisitoire implacable contre les empoisonneurs publics, les Monsanto, les Bayer, les Basf, les Syngenta, etc. Ainsi que le demandait Roger Heim, Président de l’Académie Nationale des Sciences, en 1965, dans son introduction au “Printemps Silencieux” de Rachel Carson: «Quand mettra-t-on les empoisonneurs publics en prison?» Dans ce premier tome du Titanic Apicole, “la Terreur Pesticide”, l’empoisonnement des abeilles, de l’humanité et de la biosphère est dénoncé par de très nombreux lanceurs d’alerte: Fabrice Nicolino (journaliste), Jean-Pierre Berlan (INRA), Christian Vélot (CNRS), Professeur Bonmatin (CNRS), Professeur Belpomme (cancérologue), Dominique Guillet (Kokopelli), Cécile Fléché (anciennement Affsa), Patrick Drajnudel (Etoiles des Abeilles) et de nombreux apiculteurs de France (Maurice Coudoin, Franck Alletru, etc), de Suisse et des USA. La partie adverse est représentée par Jean-Charles Bocquet, directeur de l’UIPP, le lobby des pesticides, et Jean-Paul Faucon, chef d’unité au laboratoire de pathologies des abeilles de l’Afssa de Sophia-Antipolis. Dans ce film-documentaire, nous exposons l’affaiblissement et l’effondrement des colonies d’abeilles suite à l’épandage massif de pesticides depuis des dizaines d’années, la corruption des hautes administrations et de l’INRA, la collusion entre ces administrations, les industriels des pesticides et les scientifiques “indépendants” (mais néanmoins à la solde de l’agro-chimie), la complicité des coopératives agricoles, les mensonges de l’UIPP (le lobby des pesticides), la lâcheté et la duplicité de l’Afssa, les fondements mortifères de l’agriculture moderne, le refus d’écouter les lanceurs d’alertes&#8230; Ce premier DVD de la trilogie “Titanic Apicole” se termine sur un appel, du journaliste Fabrice Nicolino, à la révolte, un appel à se révolter tout de suite, maintenant, contre les industriels pesticideurs, un appel à les poursuivre devant les tribunaux, un appel à dénoncer les crimes contre l’humanité perpétrés par l’industrie des pesticides.</p>
<p align="center"><object width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m00f_titanic-apicole-17_webcam[/dailymotion" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m00f_titanic-apicole-17_webcam[/dailymotion" height="336"></embed></object><strong>Partie 1/7</strong><span id="more-4832"></span></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p align="center"><object width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m04q_titanic-apicole-27_webcam[/dailymotion" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m04q_titanic-apicole-27_webcam[/dailymotion" height="336"></embed></object><strong>Partie 2/7</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p align="center"><object width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1jx_titanic-apicole-37_webcam[/dailymotion" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1jx_titanic-apicole-37_webcam[/dailymotion" height="336"></embed></object><strong>Partie 3/7</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p align="center"><object width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1mx_titanic-apicole-47_webcam[/dailymotion" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1mx_titanic-apicole-47_webcam[/dailymotion" height="336"></embed></object><strong>Partie 4/7</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p align="center"><object width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1pt_titanic-apicole-57_webcam[/dailymotion" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1pt_titanic-apicole-57_webcam[/dailymotion" height="336"></embed></object><strong>Partie 5/7</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p align="center"><object width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1sf_titanic-apicole-67_webcam[/dailymotion" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1sf_titanic-apicole-67_webcam[/dailymotion" height="336"></embed></object><strong>Partie 6/7</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p align="center"><object width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1xa_titanic-apicole-77_webcam[/dailymotion" height="336"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/width="480"" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="height="289"]http://www.dailymotion.com/video/x8m1xa_titanic-apicole-77_webcam[/dailymotion" height="336"></embed></object><strong>Partie 7/7</strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>La menace de l’invasion de la canne à sucre GM</title>
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		<pubDate>Sat, 30 May 2009 13:46:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le monde merveilleux des multinationales !!! Le boom de la production de soja dans le Cône sud de l’Amérique latine constitue l’une des évolutions agricoles les plus destructrices des vingt dernières années. Les entreprises responsables de ce boom font aujourd’hui une percée agressive dans la canne à sucre, en se concentrant sur de vastes étendues [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;"><em><img class="alignright size-full wp-image-4815" title="corporate-sugar" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/corporate-sugar.jpg" alt="corporate-sugar" width="300" height="600" /></em><strong>Le monde merveilleux des multinationales !!!</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le boom de la production de soja dans le Cône sud de l’Amérique latine constitue l’une des évolutions agricoles les plus destructrices des vingt dernières années. Les entreprises responsables de ce boom font aujourd’hui une percée agressive dans la canne à sucre, en se concentrant sur de vastes étendues de terre dans les pays du sud où ils peuvent produire du sucre à bon marché. Si ce développement ne provoque pas de réaction, l’impact risque d’être sévère : la production de nourriture locale sera écrasée, les travailleurs et leurs communautés seront déplacés et exposés encore davantage aux effets des pesticides et l’agrobusiness étrangère resserrera encore son étau sur la production sucrière. Nous essaierons dans cet article de voir le rapport entre le développement de la canne à sucre génétiquement modifiée (GM) et les transformations de l’industrie du sucre dans le monde.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En une dizaine d’années seulement, presque toute les pampas argentines et d’énormes surfaces forestières et agricoles au Brésil, en Bolivie, en Uruguay et au Paraguay ont été transformées en déserts verts de monocultures de soja. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_1">1</a>] Le boom du soja en Amérique latine a été et est toujours un filon miraculeux pour l’agrobusiness. Il a fourni à la poignée de céréaliers géants qui dominent le marché international des oléagineux et  du fourrage un terrain bon marché et fertile pour assurer l’expansion et la consolidation de leurs activités dans le monde. Ces mêmes sociétés, Cargill, ADM et Bunge pour ne citer qu’elles, ont aussi fait des milliards de profits avec les ventes d’ engrais chimiques devenus indispensables. D’autres grandes entreprises étrangères, telles qu’ AGCO et John Deere, ont profité des ventes de tracteurs. Monsanto et Sygenta, quant à eux, ont engrangé des bénéfices records avec leurs semences génétiquement modifiées et leurs pesticides chimiques.</p>
<p style="text-align: justify;">L’invasion du soja s’appuie sur un modèle de production axé sur l’utilisation de semences génétiquement modifiées qui permettent de tolérer d’énormes doses d’herbicides chimiques. C’est Monsanto qui a fourni à la fois les semences et les herbicides, tandis qu’une nouvelle génération d’exploitations agricoles, dirigées principalement par des hommes d’affaires vivant dans les villes, louait ou s’emparait de vastes zones agricoles et y organisait le travail. A chaque fois que ce modèle a été déployé, il a forcé les petits paysans à partir et les communautés locales ont été dévastées par l’exode rural et la contamination chimique.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant aux multinationales de l’agrobusiness, l’expérience du soja dans le Cône sud a montré comment exploiter avec profit l’expansion de l’agriculture industrielle dans les pays en développement. Elle a ouvert une nouvelle ère de conquête. Le sucre, qui a une longue histoire de destruction de l’environnement et de pure exploitation humaine, est probablement la prochaine récolte à être confrontée à un boom similaire à celui qu’a connu le soja, d’autant plus que de nouvelles espèces de sucre génétiquement modifiées poussent déjà dans les champs (voir encadré 1).<span id="more-4814"></span></p>
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="4" bgcolor="#cccccc">
<tbody>
<tr>
<td>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encadré 1 : La situation actuelle du sucre génétiquement  modifié </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis plus de dix ans on expérimente avec la betterave et la canne à sucre GM. La canne à sucre a une composition génétique assez complexe qui rend les modifications génétiques difficiles. En revanche, il est plus simple de travailler sur la betterave GM et l’expérimentation dans ce domaine a donc été beaucoup plus poussée. En 2008, les premières betteraves GM commerciales, une variété génétiquement modifiée par Monsanto et le  sélectionneur de semences allemand KXS pour les rendre résistantes au glyphosate (le Roundup Ready), furent introduites aux Etats-Unis, puis au Canada. Toutes les plus grands semenciers de betteraves d’Amérique du Nord vendent déjà la betterave Roundup Ready. Des personnes bien informées prédisent que la quasi-totalité de la récolte  des États-Unis sera composée de Roundup Ready en 2009, à moins que les campagnes contre la betterave GM ne parviennent à renverser la vapeur (voir encadré 4). Dans l’UE, qui est de loin le plus gros marché de semences de betterave, les betteraves GM n’ont pas encore reçu l’accord de commercialisation, quoique les betteraves Round Up Ready aient été autorisées pour l’alimentation humaine et animale.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est de la canne à sucre GM, Monsanto espère avoir une variété de Roundup Ready/Bt sur le marché d’ici 2015. D’autres grandes sociétés de biotechnologie travaillent aussi sur la canne à sucre. (1)</p>
<hr style="text-align: justify;" size="1" noshade="noshade" />
<p style="text-align: justify;">(1) Il faut signaler ici deux programmes de recherche importants sur la canne à sucre :  celui de CTC Brazil avec des variétés de canne à sucre GM à taux de saccharose élevé et un projet commun du Max Planck Institute (Allemagne) avec le Vasantdada Sugar Institute au Maharashtra (Inde) et la station de recherche (La Chacra) d’une association argentine de producteurs de canne à sucre à Santa Rosa, qui fait des essais de variétés modifiées par transformation chloroplastique.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une nouvelle carte de la production  de sucre dans le monde</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On peut  obtenir du sucre à partir de nombreuses variétés de plantes, mais aujourd’hui la production mondiale de sucre provient pour la plus grande part de la canne à sucre. Celle-ci représente en effet plus de 70% de la production mondiale de sucre et est cultivée sur environ 15 millions d’hectares dans plus de 100 pays dans les zones tropicales et subtropicales. La deuxième source de sucre la plus importante est la betterave, principalement cultivée dans l’hémisphère Nord sur 10 millions d’hectares dans au moins 50 pays. Cependant la carte de la production mondiale est en train de changer, en raison de l’expansion de ces cultures sur de nouveaux territoires.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p><strong>Tableau 1 : Autorisations pour la betterave Roundup    Ready H7-1 de Monsanto et KWS</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Statut</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Pays</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Culture/nourriture</p>
</td>
<td valign="top">
<p>USA, Canada, Japon</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Nourriture</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Colombie, UE, Australie, Mexique,    Nouvelle-Zélande, Philippines, Corée du Sud, Russie, Singapour</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Trois éléments ont particulièrement altéré la géographie de la production de sucre. Tout d’abord l’émergence du Brésil comme le premier producteur mondial de sucre et de loin le plus grand exportateur du monde. Près des trois-quarts de l’expansion de la production de canne à sucre dans les dix dernières années concernent le Brésil. La surface consacrée à la canne a sucre y a augmenté en moyenne de 300 000 hectares par an entre 2000 et 2007, un taux de progression équivalent à celui du soja dans ce pays. En 2008, la surface de canne à sucre s’est accrue de 14%. Une proportion non négligeable de la production de canne à sucre brésilienne sert à l’industrie locale d’éthanol, mais une grande part se retrouve encore sur encore le marché mondial (cf. figure 3). Aujourd’hui, plus de la moitié des exportations mondiales de sucre non raffiné proviennent du Brésil, alors que le Brésil ne représentait que 7% de ces exportations au début des années 1990.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré l’avènement d’un si gros producteur à bas coûts, l’ancienne structure de la production mondiale est restée largement inchangée jusqu’à récemment, en raison des anciens accords de protection de la production domestique dans l’UE et aux Etats-Unis et des accords commerciaux préférentiels entre l’Europe et ses anciennes colonies qui dépendent encore fortement des exportations de sucre. Cependant, un deuxième élément, la réforme européenne sur le sucre, a frappé au cœur l’industrie du sucre et fait éclater l’ancien système d’organisation.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p><strong>Tableau 2 : Investissements    de quelques sociétés biotechnologiques dans la canne à sucre</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Société</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Projets canne à sucre</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Dow Agrosciences (USA)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Décembre 2008 : a signé un accord de recherche pour deux ans avec le Cooperative Research Centre for Sugar Industry Innovation through Biotechnology (Australie)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Syngenta (Suisse)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Expérimentation sur la canne à sucre Bt au Brésil et avec le Vasantdada Sugar Institute (Inde. A créé le Syngenta Centre for Sugarcane Biofuel Development sur le campus de l’Université de Technologie de Queensland (Australie) en 2007 et travaille actuellement avec John Deere sur une technologie de plantation de la canne à sucre qui devrait « permettre aux producteurs de replanter leurs champs plus fréquemment ».</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Dupont (USA)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>La canne à sucre est un matière première pour le programme mondial de biobutonal en partenariat avec British Petroleum et Associated British Foods (British Sugar). Ils cherchent des pays pour investir dans la production de canne, en particulier la Chine et l’Inde. British Petroleum  a récemment investi de façon importante dans l’industrie du sucre brésilienne et dans un partenariat avec Verenium pour produire une « canne énergétique » qui peut pousser sur des terres impropres à la culture de canne à sucre.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Amyris (USA)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Société de biotechnologie en partenariat avec Crystalsev, une des plus grandes sociétés de sucre/éthanol brésiliennes et le conglomérat Votorantim, pour développer un biodiesel à partir de la canne à sucre.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Quand l’Australie, le Brésil et la Thaïlande ont attaqué l’UE sur les subventions et mesures de protection domestiques de son industrie du sucre à l’OMC, l’UE a décidé de profiter de l’occasion pour faire disparaître de façon unilatérale le Protocole du sucre dont elle se servait depuis longtemps avec ses anciennes colonies et de bouleverser ses régimes domestiques. Des quotas ont été maintenus pour protéger les producteurs européens mais ils ont été réduits et affaiblis, de telle sorte que la production européenne se limitera désormais de plus en plus à quelques grandes régions de production sucrière, évitant ainsi que l’Europe ne continue à inonder la marché mondial de sucre subventionné. Le marché européen a également été ouvert aux importations sans quotas et sans taxes en provenance des Pays moins avancés (PMA) et des pays ayant signé les Accords de Partenariat Economique. En d’autres termes, les anciennes colonies ne pourront plus vendre à des prix protégés par l’UE, ce qui veut dire que, parmi elles, seuls les producteurs capables de produire à coûts très bas pourront encore exporter vers l’UE. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_3">3</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Quand les réformes de l’Europe sur le sucre seront complètement appliquées en 2009, l’UE est censée passer soudainement du statut d’exportateur net, qui déversait des millions de tonnes de sucre subventionné sur le marché mondial, à celui d’importateur net. Cela provoque déjà un mouvement de délocalisation de la production sucrière de pays comme les îles Fidji, la Réunion et une bonne partie des Caraïbes, qui ont des coûts de production et de transport élevés, vers le Soudan, l’Ethiopie et le Mozambique, où les coûts de production sont bas et où l’accès à l’UE est facile, à la fois en termes d’accords commerciaux et de transport. En outre, en dehors de l’UE, les grands raffineurs de sucre, avides de sucre bon marché pour remplacer les exportations européennes, sont maintenant à la recherche de  réseaux d’approvisionnement alternatifs.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">
<p><strong>Table 3 : Les sept principaux producteurs de sucre du    monde</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Société</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Pays</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Production de sucre (en t/an) </strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Sudzucker</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Allemagne</p>
</td>
<td valign="top">
<p>4,24</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Associated    British Foods</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Royaume-Uni/UK</p>
</td>
<td valign="top">
<p>3,85</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Copersucar</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Brésil</p>
</td>
<td valign="top">
<p>3,56</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Cosan</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Brésil</p>
</td>
<td valign="top">
<p>3,15</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Eurosugar</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>France/Allemagne</p>
</td>
<td valign="top">
<p>3</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Tereos</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>France</p>
</td>
<td valign="top">
<p>2,8</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Mitr Phol</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Thaïlande</p>
</td>
<td valign="top">
<p>2,7</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>* n’inclut pas l’éthanol</p>
</td>
<td valign="top">
<p><br class="spacer_" /></p>
</td>
<td valign="top">
<p><br class="spacer_" /></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Le troisième élément qui modifie la carte de la production de sucre dans le monde est        l’ énorme avancée des agrocarburants. La canne à sucre est considérée comme l’un des matériaux de base les plus économiques, voire le plus économique, pour la production d’éthanol. Le marché mondial de l’éthanol s’étend rapidement, car un certain nombre des marchés pour les carburants dédiés au transport ont déjà mis ou vont mettre en application des décrets qui obligent à mélanger un certain pourcentage d’éthanol à l’essence. Avant la crise financière de 2008 et l’effondrement des prix du pétrole, l’industrie du sucre était submergée de projets d’investissements dans de nouvelles usines d’éthanol. Ces investissements ont beau avoir ralenti &#8211; beaucoup de projets ont été ainsi reportés ou annulés – les décrets gouvernementaux sont suffisants pour fournir un flux d’argent non négligeable aux projets de production d’éthanol. De nombreux projets à large échelle, comprenant des plantations de sucre,  sont ainsi en train de voir le jour de par le monde et forcent la production de sucre dans de nouvelles contrées. Les investissements concernent aussi les technologies qui pourraient ouvrir de nouveaux marchés pour les agrocarburants à base de canne à sucre. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_4">4</a>] En bref, le marché croissant des agrocarburants a vraiment dopé la demande de sucre et, par voie de conséquence, accru le développement de la production mondiale de sucre (voir diagrammes 1 et 2).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est la fête pour  l’agrobusiness</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont les grandes entreprises de l’agrobusiness qui sont derrière ces changements de la production mondiale de sucre et qui en empochent les profits. Les principales entreprises sucrières européennes se sont ainsi servies des réformes de l’UE sur le sucre pour consolider leur main-mise sur la production soumise à quotas en Europe même et pour s’introduire dans la production hors-frontières de l’UE dans des zones bon marché ayant un accès préférentiel à l’UE. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_5">5</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, dans les pays du Sud, les grands acteurs de l’industrie sucrière qui s’étaient traditionnellement concentrés sur leur production nationale, commencent eux aussi à investir les marchés étrangers. Ainsi Mitr Phol, la plus grande compagnie sucrière de Thaïlande, s’est installée au Laos pour produire et exporter vers l’UE, par l’intermédiaire d’un partenariat avec Tate &amp; Lyle.  De même, la société sucrière colombienne Manuelita opère maintenant au Pérou et au Brésil. Le Soudan et l’Ethiopie sont devenus des cibles particulièrement recherchées des investisseurs du Sud, avec la bénédiction de leurs gouvernements. Le gouvernement soudanais soutient qu’il veut faire passer la production de canne à sucre du pays de moins de 200 000 hectares cultivés aujourd’hui à 1,7 millions d’hectares. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_6">6</a>]</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" width="609" valign="top">
<p><strong>Tableau 4 : Principales entreprises sucrières européennes investissant dans la production et l’approvisionnement en sucre à l’étranger</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Société</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Pays</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Associated    British Foods (R-U)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Chine, Malawi, Mali, Mozambique,    Swaziland, Afrique du Sud, Tanzanie, Zambie</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Tereos (France)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Mozambique, Brésil</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Sudzucker (Allemagne)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>île Maurice</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>JL Vilgrain  (France)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Cameroun, Tchad, République du    Congo</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Tate &amp;    Lyle (R-U)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Égypte, Laos,    Zimbabwe</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>AlcoGroup (Belgique)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Brésil, Île Maurice</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">De nouveaux joueurs sont en train de rentrer sur le terrain de l’industrie du sucre, surtout pour l’éthanol. Les géants du commerce céréalier, qui jusqu’à présent n’avaient pas été très impliqués dans la production de canne à sucre ou de betterave, utilisent désormais des moyens agressifs pour se faire une place dans l’industrie. Cargill, qui contrôle déjà 15% du commerce mondial du sucre, a récemment investi lourdement dans la production de canne à sucre au Brésil et au Mexique et a lancé  de nouveaux projets de partenariat pour des raffineries et/ou d’éthanol  en Syrie, en Inde et au Salvador. Même ADM, le roi de l’éthanol de maïs américain, a lancé son premier projet d’investissement dans la canne à sucre brésilienne en 2008 ; le partenariat concerne deux usines de sucre/éthanol et de grandes plantations. Les entreprises énergétiques et les entreprises de ressources naturelles, au Nord comme au Sud, suivent le même chemin, qu’il s’agisse d’acteurs bien établis, comme BP, ou de capital-risqueurs moins connus du secteur minier.</p>
<p style="text-align: justify;">L’idée générale est donc qu’on assiste actuellement à une expansion considérable de la production de sucre dans le monde. Cette production est concentrée géographiquement et se trouve entre les mains d’un nombre assez limité d’entreprises qui travaillent avec des chaînes de production et de distribution verticalement intégrées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le boom du sucre au Brésil </strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est le Brésil qui est le plus sévèrement affecté par les transformations de la production mondiale de sucre. L’industrie du sucre y est de plus en plus concentrée entre les mains de quelques familles surnommées au Brésil « les barons du sucre » et quelques entreprises étrangères qui opèrent en partenariat les unes avec les autres. L’investissement étranger afflue dans le sucre brésilien &#8211; il a été de 9 milliards de dollars US pour la seule année 2006 &#8211; et les barons du sucre ont consolidé leurs holdings et restructuré leurs entreprises pour exploiter cet afflux de capitaux. Quelques-uns ont même mis leurs affaires familiales en Bourse (bourse du Brésil). Il arrive souvent que les investisseurs étrangers achètent une participation majoritaire ou des intérêts minoritaires en laissant les barons du sucre s’occuper des opérations agricoles. Cependant, les investisseurs étrangers commencent à prendre un rôle dominant dans les deux domaines (voir encadré 2). En 2007-2008, 12% du sucre de canne brésilien a été transformé dans des sucreries appartenant à des compagnies étrangères, contre moins de 1% au début des années 2000. Si l’on inclut les sucreries dans lesquelles les étrangers ont une part minoritaire, on obtient un chiffre encore plus important (23%).  [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_7">7</a>] Aujourd’hui on voit distinctement que quelques conglomérats – des réseaux de transnationales et les grandes familles du sucre &#8211; contrôlent la majeure partie de l’industrie. Les trois principaux s’articulent autour de Cosan, Crystalsev et Copersucar qui, selon Maurilio Biagi Filho, président de Crystalsev, possèdent presque un tiers des sucreries du Brésil. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_8">8</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le boom du sucre brésilien, la production a glissé du Nord-Est du pays au centre-sud où le terrain est mieux adapté à une production fortement mécanisée. Des millions d’hectares de cerrado (savane arborée), une région du Brésil comparable à l’Amazonie  par la richesse de sa biodiversité, ont été défrichés pour faire place aux nouvelles cultures de canne à sucre. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_9">9</a>] Environ 90% de toute la production de sucre brésilienne provient des sucreries de cette région ; à peu près 60% de cette production est convertie en éthanol. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_10">10</a>] La région est devenue le support de base de l’industrie : Fortement soutenus par le gouvernement du président Lula, les barons du sucre locaux qui ont un poids politique et leurs partenaires étrangers n’ont eu aucun mal à faire avancer leurs plans d’expansion, transformant par là-même de vastes zones agricoles et forestières en champs de canne à sucre. Et s’il est vrai que la crise économique mondiale  a provoqué un certain  ralentissement, la Société financière internationale de la Banque mondiale IFC, la Banque de développement du Brésil (BNDES) et la Banque interaméricaine de développement (IBD) sont intervenues en apportant les fonds nécessaires  pour maintenir cette expansion et la consolider. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_11">11</a>] Plusieurs fonds d’investissement privés de centaines de millions de dollars ont été récemment établis pour acheter au Brésil des terres à convertir en cultures de canne à sucre. Parmi eux, on compte le fonds  Radar Propiedades, géré par Cosan, le fonds Calyx géré par Louis Dreyfus et le fonds Brasilagro géré par Cresud, une société qui appartient au baron du soja argentin Eduardo Elsztain. Il ne faut pas s’étonner que s’exacerbent les conflits pour les terres partout où se répand la culture de canne, de même que les violences infligées à tous ceux qui osent résister. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_12">12</a>]</p>
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="4" bgcolor="#cccccc">
<tbody>
<tr>
<td>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encadré 2 : Les entreprises sucrières d’aujourd’hui au  Brésil : Guarani et CNAA </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Açúcar Guarani</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Açúcar Guarani est la filiale brésilienne de la transnationale sucrière française Tereos. L’entreprise exerce un contrôle sévère sur ses fournisseurs de sucre.<br />
 Un tiers de son approvisionnement provient de ses propres plantations, où la mécanisation des récoltes est passée de 32% en 2004 à 80% en 2008. Le reste fait l’objet de contrats avec des fournisseurs externes qui sont obligés d’utiliser les variétés de canne à sucre de Guarani et d’adhérer aux systèmes utilisés par la société pour la préparation des sols, les semis, la récolte et les soins contre les maladies. Guarani est une des rares sociétés sucrières au Brésil à avoir signé avec le producteur d’éthanol suédois Sekab un contrat d’approvisionnement en éthanol durable, qui oblige à mécaniser complètement la production. (1)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>The Companhia  Nacional de Açúcar e Álcool (CNNA)</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 2007, Goldman Sachs a acheté 19% de la deuxième sucrerie du Brésil, Santa Elisa, qui fait partie du conglomérat Crystalsev. A la même période, Santa Elisa et Goldman Sachs ont lancé un partenariat de 300 millions de dollars US avec l’entreprise commerciale internationale Global Foods Holdings et le Carlyle Group, une firme américaine privée à capitaux propres. Ce partenariat, du nom de CNNA, avait pour but de mettre en route quatre grandes sucreries et usines d’éthanol, devenant ainsi l’un des trois principaux producteurs de sucre/éthanol du Brésil. Des représentants de la société affirment qu’ils ont l’intention de s’étendre dans les «  nouvelles » zones de culture de canne à sucre du centre-sud : Crystalsev sera chargé de la distribution à l’intérieur du pays, tandis que Global Foods Holding doit organiser le commerce international.  Le partenariat de CNNA a profité récemment d’une injection de capital de 270 millions de dollars US de la Banque interaméricaine de développement ainsi que d’un financement de 200 millions de dollars US de la part de la Banque de Développement  du Brésil (BNDES). Deux des sucreries sont déjà en activité et une troisième en construction. Au début de 2009, Carlyle a augmenté sa participation dans la société, devenant l’actionnaire principal, tandis que Santa Elisa se faisait exclure de la structure de direction. La société est donc maintenant dirigée par un fonds qui appartient entièrement à des entreprises étrangères, rassemblant le Carlyle Group, Goldman Sachs, le Global Foods Holding et Discovery Capital.</p>
<p style="text-align: justify;">1 – Sekab,  « Requirements for Sustainable Ethanol » <a href="http://tinyurl.com/dd6qvp" target="_blank">http://tinyurl.com/dd6qvp</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Le modèle de production poursuivi par les conglomérats du sucre au Brésil est celui d’une grande exploitation verticalement intégrée. Les sucreries possèdent ou louent les trois-quarts des terres à canne à sucre et les 60 000 producteurs brésiliens indépendants, dont les fermes font moins de 150 hectares, représentent seulement 27% de la production nationale. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_13">13</a>]. Les conditions de travail dans les plantations sont connues pour être brutales et au fur et à mesure que les sociétés sucrières prenaient de l’ampleur, elles ont pu exiger de plus en plus de leurs ouvriers qui sont généralement payés à la quantité de canne coupée. Le tonnage moyen de canne coupé journellement dans la région de São Paulo a doublé, passant de 5 à 6 tonnes par jour dans les années 1980 à 10 à 12 tonnes aujourd’hui, ce qui correspond à 12 000 coups de machette par jour. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_14">14</a>] Depuis 2000, les coupeurs de canne à sucre de cette région ont accru leur productivité de 11,9%, mais le salaire qu’ils reçoivent n’a augmenté que de 9,8% durant la même période. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_15">15</a>] Chaque année, certains ouvriers meurent d’épuisement et le travail forcé reste une pratique courante dans l’industrie. La Commission pastorale de la terre (Comissão Pastoral de Terra  ou CPT) rapporte que 2 164 ouvriers ont été libérés du travail forcé dans les plantations de sucre du Brésil en 2008. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_16">16</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Le modèle de production est aussi de plus en plus industriel et s’appuie sur des machines, de nouveaux cultivars et des intrants chimiques fournis par l’agrobusiness. Le boom de la canne à sucre est l’une des raisons principales pour lesquelles le marché brésilien des pesticides a été multiplié par quatre entre 1992 et 2006, atteignant une valeur de plus de 5 milliards de dollars US en 2007. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_17">17</a>] Cela a aussi généré un immense nouveau marché pour les entreprises de capitaux étrangers qui contrôlent également le marché brésilien des tracteurs. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_18">18</a>]  Pour les sociétés sucrières, la mécanisation réduit les besoins en main d’œuvre manuelle, leur épargnant en partie les exigences des ouvriers et les critiques internationales qui se font de plus en plus entendre sur les conditions de travail dans les plantations de sucre brésiliennes. Cela permet aussi d’éviter la pratique courante des brûlis avant la récolte à la main, ce qui est un argument de poids quand on parle des avantages environnementaux de l’éthanol brésilien. En fait, les critères de « durabilité »  décidés par les importateurs d’éthanol européens et leurs fournisseurs brésiliens exigent cette mécanisation. Dans la même veine, le gouvernement brésilien a introduit en 2007 un protocole destiné à interdire les brûlis sur 20% des champs de canne à sucre d’ici 2010 ; ce pourcentage doit atteindre 100% d’ici 2020.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour résumer donc, ce qui caractérise l’expansion du sucre au Brésil  est le degré de contrôle des grandes entreprises, la conversion rapide et massive des terres et un modèle de production industriel, fondé sur l’exploitation de la main d’œuvre et l’usage de machines modernes et d’intrants fournis par l’agrobusiness. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_19">19</a>]  Le Brésil est sans aucun doute l’épicentre du boom mondial de la production de canne à sucre, mais un certain nombre d’autres pays sont en danger d’être eux aussi aspirés et entraînés dans le même modèle d’agrobusiness.  En effet, le Brésil est maintenant devenu le principal défenseur de l’éthanol à base de canne à sucre sur la scène internationale. Il fournit moyens financiers, investissements et technologie dans le monde entier aux pays qui acceptent de se lancer dans cette production.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">
<p><strong>Tableau 5 : Les projets de    betterave tropicale de Syngenta</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Partenaire</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Pays</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Détails</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Maquiltec S.A.,    Campos Chilenos (EDF &amp; Man)</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Colombie</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Le projet éthanol de 250 millions de dollars US a été mis en attente en janvier 2009 pour raisons financières. Une surface de 8 000 hectares de betterave est prévue. (1)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>MIDROC</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Éthiopie</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Projet de 300 millions de dollars US dans l’État d’ Amhara, impliquant une plantation de 30 000hectares et un système de producteurs sous contrat.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Vasantdada Sugar Institute (VSI),    Harneshwar Agro Products</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Inde</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Avec la sucrerie Samarth Cooperative, VSI a cultivé des betteraves à usage alimentaire sur environ 48,5 hectares de terres et les a traitées dans une usine- pilote à Ambad, près de Jalna, au  Maharashtra. Avec Harneshwar Agro Products, il a passé un contrat de production de betterave avec les 12 000  fermiers actionnaires de la société et construit une usine de bio-éthanol, au Maharastra également.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Inconnu/ n.c.</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Soudan</p>
</td>
<td valign="top">
<p>La betterave est cultivée sur environ 70 000 hectares au Soudan et la production doit être augmentée par/grâce à  la création d’une sucrerie dans le Projet Gezira par des investisseurs des Émirats Arabes Unis. Syngenta a fait faire des essais de terrain sur sa betterave dans le pays.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">
<p>1 – « Campos Chilenos paraliza proyecto de etanol en Columbia por US 270 millones por falta de financiamento », 29 January  <a href="http://tinyurl.com/bbfvdy" target="_blank">http://tinyurl.com/bbfvdy</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"><strong>Monsanto s’infiltre dans le sucre canadien. Jusqu’où  ira-t-il ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un élément essentiel dans l’histoire de l’expansion de la production sucrière brésilienne a été le développement de variétés adaptées à la région du Centre-Sud du pays et à la production d’éthanol. La plupart de ces variétés ont été développées par le Centrode Tecnologia Canavieira (CTC), un institut semi-privé qui était contrôlé par Copersucar mais appartient maintenant à un groupe rassemblant les plus grandes sucreries du Brésil. CTC avait l’habitude de faire payer des royalties aux non-membres mais refuse maintenant tout accès aux producteurs qui ne font pas partie de l’organisation et qui représentent plus de la moitié de la production de sucre du pays. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_20">20</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Un nouvel acteur, cependant, vient de faire son apparition sur la scène et est en train de grignoter la position dominante de CTC. CanaVialis, le plus grand sélectionneur privé de canne à sucre du monde, a été mis en place en 2003 par plusieurs sélectionneurs autrefois publics, avec le financement du conglomérat brésilien Votorantim. A côté de CanaVialis, une société sœur, Allelyx, est spécialisée dans la  biotechnologie de la canne à sucre. Comme CTC, CanaVialis travaille pour les principales sucreries qui leur font développer pour elles des variétés spécifiques. Canavalis a ainsi récemment signé un accord de 25 millions de dollars US avec Cosan pour ouvrir 10 stations de recherche et développer de nouvelles variétés de canne. L’entreprise a aussi développé des variétés pour la plantation de canne d’Odebrecht en Angola. Selon CanaVialis, leurs variétés occupent maintenant au moins 15% des surfaces cultivées en canne à sucre au Brésil. On peut donc dire qu’au Brésil, la sélection de canne à sucre est devenue une affaire potentiellement rentable, ce qui n’est pas encore le cas partout.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette évolution n’a pas échappé au plus grand semencier mondial, Monsanto. En 2007, Monsanto a commencé un partenariat avec CanaVialis et Allelyx dans le but de développer des variétés de canne à sucre génétiquement modifiées pour résister au glyphosate (Roundup Ready). Puis à la fin de 2008, il a décidé de racheter les deux sociétés, pour 208 millions de dollars US, devenant ainsi soudainement la plus grande entreprise au monde de sélection de canne à sucre.</p>
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="4" bgcolor="#cccccc">
<tbody>
<tr>
<td>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encadré 3 : La betterave GM descend vers le sud </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y a pas que dans l’Union européenne et en Amérique du Nord qu’on cultive la betterave sucrière. Elle est également cultivée à grande échelle en Chine, en Russie, en Europe de l’Est, en Égypte, au Soudan, en Turquie et en Argentine. En outre, Syngenta essaie de développer une betterave tropicale qui serait utilisée principalement pour faire de l’éthanol. Cette betterave peut être cultivée dans des zones où il n’y a pas suffisamment d’eau pour faire de la canne à sucre, ce qui devrait ouvrir de nouvelles contrées à la production de sucre. Syngenta prévoit une expansion à court terme de la production de betterave tropicale de 1 à 3 millions d’hectares dans le monde et a mené des essais de terrain dans de nombreux pays, parmi lesquels la Chine, l’Australie, la Thaïlande, le Vietnam, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Soudan, le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Mexique et les États-Unis. (1) Actuellement les betteraves tropicales de Syngenta n’ont pas l’appellation d’OGM, mais l’entreprise  travaille beaucoup sur les betteraves GM et sa filiale Hilleshog est l’un des principaux fournisseurs de betterave Roundup Ready.</p>
<p style="text-align: justify;">1 – Communiqué de presse de Syngenta « Syngenta’s tropical sugar beets receive World Business and Development Award”, 25 septembre 2008, <a href="http://tinyurl.com/awxnpn" target="_blank">http://tinyurl.com/awxnqn</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Monsanto ne cache pas son intention d’utiliser le réseau des clients de CanaVialis et la collection de germaplasme de ce dernier pour introduire très largement la canne à sucre GM. Contrairement au soja, la canne à sucre est une plante vivace et les paysans ne la replantent que tous les cinq ans environ ; pour ce faire, ils utilisent des boutures, et non des semences. Monsanto prévoit donc de suivre l’exemple de CanaVialis pour vendre ses variétés, c’est à dire qu’il veut établir des contrats et partenariats avec les principales sucreries qui utiliseront ces variétés dans leurs propres plantations et dans les contrats de production conclus avec leurs propres fournisseurs. CanaVialis a déjà fait du développement variétal en Angola et en Californie et les variétés de canne à sucre destinées au Centre-Sud du Brésil sont cultivées dans d’autres parties du monde, par exemple au Soudan par Kenana Sugar, la plus grande entreprise sucrière intégrée du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">La betterave Roundup Ready ouvre la voie à la canne à sucre GM de Monsanto. Elle a été introduite aux Etats-Unis et au Canada en 2008 et Monsanto a déjà l’accord des instances de réglementation pour exporter ses betteraves vers des marchés importants, tels que l’Europe et le Japon. Des autorisations réglementaires similaires pourraient être obtenues pour la canne à sucre Roundup Ready puisque, dans ce cas comme dans celui de la betterave, le produit raffiné ne contient apparemment plus trace de matériau transgénique. C’est du moins ce que prétendent les défenseurs du sucre GM. En Australie, où Dow et Syngenta collaborent avec les grands instituts de recherche sur la canne à sucre GM, l’industrie du sucre a déjà mis en place un lobby afin de faciliter l’introduction de la canne à sucre GM : le Sugarcane Gene Technology Group qui a copié le modèle du lobby américain de la betterave GM. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_21">21</a>]</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des déserts de canne à sucre GM </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme toutes les autres cultures OGM qui ont été introduites sur le marché jusqu’à présent, la première série de canne à sucre GM qui se prépare sera modifiée pour résister au Roundup, l’herbicide au glyphosate de Monsanto. Tout comme avec le soja GM, l’intérêt de ces cultures de canne à sucre GM est qu’elles simplifient la production industrielle à grande échelle. L’essor du soja GM en Amérique latine s’explique par le fait que ce soja facilitait la tâche aux investisseurs de l’agrobusiness dont le souci majeur est d’engranger des bénéfices rapides sur de vastes zones fertiles. Ce sera exactement la même chose avec la canne à sucre GM : le caractère Roundup Ready fait du contrôle des mauvaises herbes une simple affaire d’arrosage des champs avec du glyphosate de temps en temps.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p><strong>Tableau    6 : Exemples de conflits terre/eau provoqués par l’expansion de la canne    à sucre</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<h4>Pays</h4>
</td>
<td valign="top">
<h4>Conflit</h4>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Mali</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Illovo (ABF) construit actuellement une usine d’éthanol et une sucrerie sur 14 000 hectares… l’Office du Niger. La Coordination nationale des organisations de paysans (CNOP) est opposée à ce projet.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Éthiopie</p>
</td>
<td valign="top">
<p>L’expansion de la production de canne à sucre dans le bassin de l’Awash a provoqué un conflit pour les terres avec les bergers xx de l’Afar dont le mode de vie est directement menacé par les nouveaux projets de canne à sucre.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Mozambique</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Les    paysans protestent contre un projet d’éthanol mené par la compagnie minière    Camec, parce qu’il les priverait d’eau.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Soudan</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Des opposants du village d’El Wag dans l’état de White Nile ont bloqué une autoroute en juillet 2008 pour demander compensation pour la construction du nouveau projet White Nile. Des affrontements avec la police ont fait 3 morts parmi les villageois et 8 blessés.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Brésil</p>
</td>
<td valign="top">
<p>En 2007, le Mouvement des sans-terres (MST) a envahi l’usine d’éthanol Cevesa de São Paulo appartenant à Cargill et un mois plus tard 6 000 hectares de terres, également à São Paulo, où ils ont mis le feu à 30 tonnes de canne à sucre qui n’était pas encore plantée.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p>Sources : The Afar Human Rights Organisation,    “Ethiopian Givt endangers Afar pastoralists ecosystem”, 4 July 2007, <a href="http://tinyurl.com/dxa3ny" target="_blank">http://tinyurl.com/dxa3ny</a><br />
 <em>Juba Post, </em>25 October 2008, <a href="http://tinyurl.com/cgoxn7" target="_blank">http://tinyurl.com/cgoxn7</a><br />
 Ethical-Sugar, “An exclusive Engine of Growth: The    Development Model of Brazilian Sugarcane”, January 2009, <a href="http://tinyurl.com/aooogg" target="_blank">http://tinyurl.com/aooogg</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Le système est parfait pour les grandes multinationales du sucre qui accroissent ainsi leur contrôle vertical sur la production et la distribution mondiales de sucre. Il est totalement adapté à leurs stratégies d’intensification de la mécanisation de la production au Brésil comme ailleurs. Il facilitera la conversion d’encore plus de terres agricoles en terres de production de canne à sucre qui seront aux mains des grandes entreprises et serviront principalement à produire de l’éthanol. Les petits producteurs indépendants seront complètement exclus de ce système et de vastes zones qui pourraient être cultivées par des petits paysans pour leur propre production de nourriture seront transformées en de verts déserts de canne à sucre GM. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_22">22</a>] Pour donner une idée de la me sure des choses, il faut savoir que le Gouvernement brésilien prétend avoir identifié 44 millions d’hectares supplémentaires pour la production de canne à sucre, soit environ six fois la surface actuellement cultivée en canne à sucre (qui fournit déjà le tiers de la production mondiale). [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_23">23</a>]</p>
<p><a href="http://www.grain.org/seedling_files/seed-09-04-sugar-production.jpg"><img class="alignnone" style="border: 1px solid black;" src="http://www.grain.org/seedling_files/seed-09-04-sugar-product-sm.jpg" border="1" alt="sugar production graph" width="250" height="155" /><br />
 (cliquer sur l&#8217;image)</a></p>
<p style="text-align: justify;">Les effets d’un boom de la canne à sucre GM sur l’environnement et la santé seront également sévères. La canne à sucre Roundup Ready a beau simplifier les applications d’herbicides, l’expérience de l’Amérique latine avec le soja Roundup Ready montre comment il favorise l’abus de pesticides. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_24">24</a>] Parce que les cultures ont été génétiquement modifiées pour tolérer de fortes quantités de glyphosate, les champs sont noyés sous le pesticide souvent épandus par avion, sans tenir compte le moins du monde des populations environnantes. Pendant le processus d’autorisation de sa betterave GM aux Etats-Unis, le lobbying de Monsanto auprès de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a réussi à faire accepter une multiplication par cinquante des taux de résidus de glyphosate permissibles dans les racines de betterave. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_25">25</a>] Le Roundup (glyphosate) est un herbicide toxique qui présente des risques pour la santé humaine, même à des taux relativement bas. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_26">26</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, Le Roundup Ready risque d’encourager l’usage de multiples herbicides.  Dans la production mécanisée de canne à sucre, il est courant de ne pas labourer et c’est le glyphosate  qui est censé détruire les pailles sèches restantes quand vient le moment de replanter. Comme cette pratique ne sera pas possible quand les pailles seront résistantes au glyphosate, elle risque fort de nécessiter des doses d’herbicides supplémentaires. La présence croissante d’herbes tolérantes au glyphosate et de plantes spontanées Roundup Ready (maïs et soja), en particulier en Amérique latine, forcera également les opérations industrielles de culture de canne  Roundup Ready à utiliser davantage d’herbicides. Pour résoudre ce genre de problèmes avec son soja, Monsanto prétend qu’il va bientôt introduire un soja Roundup Ready qui serait également résistant à l’herbicide dicamba, de façon à ce que ces deux herbicides puissent être utilisés, pour assurer la destruction de toutes les herbes tolérantes au glyphosate. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_27">27</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont souvent les ouvriers agricoles qui sont le plus affectés par l’usage des pesticides. Jorge Chullén de l’ International Union of Food workers (IUF) affirme que le problème des pesticides pour les ouvriers des plantations de canne à sucre s’est accru dans les dernières années. Ceci est dû en particulier au fait que les sucreries ont de plus en plus tendance à sous-traiter les activités agricoles et à confier entre autres l’application des pesticides à des sous-traitants, éludant ainsi leurs responsabilités envers leurs ouvriers. Chullén décrit les conditions de travail  dans le cadre de ces opérations de sous-traitance comme « horribles » et déclare que cette pratique ne fait qu’accroître la détérioration les standards de sécurité pour les ouvriers. La canne à sucre GM pourrait donc doublement frapper les ouvriers : en augmentant leur exposition aux pesticides et en contribuant à un processus de mécanisation qui fait disparaître les emplois dans le secteur. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_28">28</a>]</p>
<p><a href="http://www.grain.org/seedling_files/seed-09-04-sugar-2-3.jpg"><img class="alignnone" style="border: 1px solid black;" src="http://www.grain.org/seedling_files/seed-09-04-sugar-2-3-sm.jpg" border="1" alt="sugar graphs 2 and 3" width="250" height="312" /><br />
 (cliquer sur l&#8217;image)</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sucre : l’envers du décor</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La production de canne à sucre est devenue si industrielle et tellement partie intégrante du système de production agroalimentaire que bien souvent les autres formes de production et d’usage ne sont pas reconnues. Pourtant, les communautés locales maintiennent des modes culturels fondés sur la canne à sucre qui sont entièrement différents –et importants. Quand elle n’est pas raffinée ni traitée chimiquement, la canne à sucre est en fait une plante très nourrissante, riche en vitamines et en minéraux. Elle représente une source alimentaire importante qui s’intègre dans un vaste système économique à petite échelle, qui va des fabricants de sucre de palme (jaggery ou gur) en Inde aux petits vendeurs de rues et leurs stands de jus de canne dans presque tous les pays tropicaux du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">En Colombie, les communautés ont une vieille tradition qui consiste à organiser des « trapiches comunitarios » (moulins communautaires), grâce auxquels ils transforment le jus de leur canne à sucre locale en un concentré qu’ils appellent panela. Comme dans d’autres régions d’Amérique latine, les paysans locaux colombiens continuent à cultiver leurs propres variétés de canne à sucre qui sont adaptées à leurs terres et à la fabrication de panela. Certaines de ces variétés traditionnelles ont fait l’objet d’études du Grand institut paysan (Instituto Mayor Campesino IMCA). Pour Erminsu Ivan David Pabón-Mincho, coordinateur de programmes à l’IMCA, les trapiches comunitarios et les variétés locales de canne à sucre sont essentiels pour la subsistance et le bien-être des communautés rurales de Colombie. Mais, poursuit-il, les récents efforts pour étendre la production de sucre dans le pays, en particulier pour en faire de l’éthanol, menacent de priver ces communautés des terres déjà très limitées qui servent à la production de leur propre canne. De plus, la réglementation gouvernementale concernant l’industrie du sucre est, selon lui, destinée à pénaliser la production artisanale de panela et à concentrer l’industrie du sucre entre les mains des grandes entreprises.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la canne à sucre GM, les communautés de ce genre constituent un obstacle à éliminer. Ce sont elles qui risquent le plus de perdre leurs terres dans l’expansion de la canne à sucre GM, de perdre leur travail à cause de la mécanisation de la production, de subir la pollution des herbicides et de voir leurs récoltes traditionnelles de canne contaminées par les OGM. Ce sont elles aussi qui risquent le plus de souffrir des effets nocifs du sucre GM, puisqu’elles consomment la canne telle quelle et en ont besoin comme source de nourriture et non pas seulement comme produit sucrant. Jusqu’à présent en effet, pour autoriser les betteraves GM, les autorités n’ont étudié que l’impact du sucre raffiné sur l’alimentation, alors que celui-ci est censé ne plus contenir de trace de matériau transgénique. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_29">29</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Il est par conséquent important de s’opposer à la canne à sucre GM et au sucre GM en général, et ce pour de nombreuses raisons. Cette prise de position fait partie d’un mouvement de résistance plus vaste qui refuse que le sucre de l’agrobusiness accapare des terres agricoles qui devraient plutôt pouvoir permettre aux paysans de produire leur propre nourriture. C’est aussi une façon de rejeter l’industrialisation et la déshumanisation d’une culture vivrière qui a une valeur culturelle et économique essentielle pour de nombreuses communautés, surtout quand on considère l’essor actuel de l’éthanol à base de canne à sucre. Aujourd’hui ces communautés sont durement affectées par la collusion entre l’agrobusiness et les gouvernements pour redessiner la carte mondiale de la production du sucre. L’introduction de canne à sucre GM ne peut qu’exacerber leurs problèmes.</p>
<hr size="1" noshade="noshade" />
<p style="text-align: justify;"><strong>Lectures complémentaires</strong></p>
<p style="text-align: justify;">ETC Group (Action Group en Erosion, Technology and Concentration), “Commodifying Nature’s Last Straw? Extreme Genetic Engineering and the Post-Petroleum Sugar Economy”, October 2008,<a href="http://tinyurl.com/dagctq" target="_blank">http://tinyurl.com/dagctq</a></p>
<p style="text-align: justify;">Javiera Rulli  (ed.), United Soy Republics: The truth about soy production in South America,  Grupo de Reflexión Rural, 2008.<br />
 <a href="http://tinyurl.com/d42upx" target="_blank">http://tinyurl.com/d42upx</a></p>
<p style="text-align: justify;">Centro de Monitoramento de Agrocombustíveis – Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar,” 2009, <a href="http://tinyurl.com/bca4ev" target="_blank">http://tinyurl.com/bca4ev</a></p>
<p style="text-align: justify;">Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos and Comissão Pastoral da Terra, October 2008, <a href="http://tinyurl.com/dbrvu2" target="_blank">http://tinyurl.com/dbrvu2</a></p>
<p style="text-align: justify;">Lilian Joensen, Stella Semino and Helena Paul, “Argentina: A Case Study on the Impact of Genetically Engineered Soya”, Gaia Foundation, 2005,<a href="http://tinyurl.com/dz927p" target="_blank">http://tinyurl.com/dz927p</a></p>
<p style="text-align: justify;">GRAIN, numéro spécial de Seedling sur  les agrocarburant, juillet 2007, <a href="http://www.grain.org/seedling/?type=70">http://www.grain.org/seedling/?type=70</a></p>
<hr size="1" noshade="noshade" />
<p><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align: justify;">1<a name="_1"></a> &#8211;  Walter Pengue and Miguel Altieri, “GM soya bean: Latin America’s new colonizer”,  Seedling, January 2006, <a href="http://www.grain.org/seedling/?id=421">http://www.grain.org/seedling/?id=421</a> <br />
 2 - <a name="_2"></a>Günther Fischer, Edmar Teixeira, Eva Tothne Hizsnyik and Harrij van Velthuizen, “Land use dynamics and sugarcane production“, in Peter Zuurbier and Jos van de Vooren (eds), Sugarcane ethanol: Contributions to climate change mitigation and the environment, Wageningen Academic Publishers, The Netherlands, 2008.<br />
 3 – <a name="_3"></a>Histoire et analyse excellentes des réformes de l’UE sur le sucre, Ben Richardson, “Restructuring the EU–ACP sugar regime: Out of the strong there came forth sweetness”, Review of International Political Economy, 28 January 2009, <a href="http://tinyurl.com/at9oax" target="_blank">http://tinyurl.com/at9oax</a> <br />
 4 – <a name="_4"></a>Pour une analyse plus détaillée, voir ETC Group, “Commodifying Nature’s Last Straw? Extreme Genetic Engineering and the Post-Petroleum Sugar Economy”, October 2008, <a href="http://tinyurl.com/cayhzo" target="_blank">http://tinyurl.com/cayhzo</a> <br />
 5 – <a name="_5"></a>L’Initiative “Tout sauf les armes”, lancée en mars 2001, ouvre l’UE aux importations en franchise de droits et de quotas en provenance de tous les pays moins avancés (PMA), avec des arrangements provisoires pour le sucre jusqu’en juillet 2009.<br />
 6 - <a name="_6"></a>“Sudan announces ambitious plan for sugar production”, Sudan  Tribune, 7 March 2008, <a href="http://tinyurl.com/apfern" target="_blank">http://tinyurl.com/apfern</a> <br />
 7 - <a name="_7"></a>União dos Produtores de Bioenergia (UDOP),  “Capital estrangeiro responde por 12% da cana moída no Brasil”, 4 February 2009,<a href="http://tinyurl.com/aalnjv" target="_blank">http://tinyurl.com/aalnjv</a> <br />
 8 - <a name="_8"></a>“Açúcar e álcool são os paradoxos da crise”,  Gazeta Mercantil, 17 November 2008, <a href="http://tinyurl.com/cntqny" target="_blank">http://tinyurl.com/cntqny</a> <br />
 9 - <a name="_9"></a>Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos and Comissão Pastoral da Terra, October 2008, disponible sur le site du Transnational Institute (TNI), <a href="http://tinyurl.com/dbrvu2" target="_blank">http://tinyurl.com/dbrvu2</a> <br />
 10 -<a name="_10"></a> Ben Richardson, “An Exclusive Engine of Growth: The  Development Model of Brazilian Sugarcane”, Ethical-Sugar, 17 January 2009,<a href="http://tinyurl.com/aooogg" target="_blank">http://tinyurl.com/aooogg</a> <br />
 11 -<a name="_11"></a> En 2008, la BNDES a investi presque 25 milliards de dollars US dans l’industrie du sucre/éthanol (Centro de Monitoramento de Agrocombustíveis–Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar”, 2009,<a href="http://tinyurl.com/bca4ev" target="_blank">http://tinyurl.com/bca4ev</a>)<br />
 Voir aussi l’ Inter-American Development Bank, “IDB backs $150 million Regional Financing Facility for Sugar and Bioenergy”, 16 January 2009,<a href="http://tinyurl.com/aatudm" target="_blank">http://tinyurl.com/aatudm</a> <br />
 12 <a name="_12"></a>–Voir par exemple le rapport de l’état du Mato Grosso do Sul, où la culture de la canne à sucre s’est récemment introduite : Mieceslau Kudlavicz and Juliana Grasiéli Mota Bueno, “A expansão canavieira em Mato Grosso do Sul,” Comissão Pastoral da Terra, 26 August 2008,<a href="http://tinyurl.com/cxnq6f" target="_blank">http://tinyurl.com/cxnq6f</a><br />
 13 &#8211; Ben<a name="_13"></a> Richardson, “An Exclusive Engine of Growth: The Development  Model of Brazilian Sugarcane”, Ethical-Sugar, 17 January 2009,<a href="http://tinyurl.com/aooogg" target="_blank">http://tinyurl.com/aooogg</a> <br />
 14 &#8211;  Silvia <a name="_14"></a>Noronha, Lúcia Ortiz and Sergio Schlesinger, “Agribusiness and Biofuels: An Explosive Mixture,” Friends of the Earth, Brazil, 2006.<br />
 15 &#8211; Centro<a name="_15"></a> de Monitoramento de Agrocombustíveis &#8211; Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar”, 2009,<a href="http://tinyurl.com/bca4ev" target="_blank">http://tinyurl.com/bca4ev</a> <br />
 16 &#8211; CPT, “<a name="_16"></a>Em ano recorde em operações, mais de 4,6  mil trabalhadores são libertados”, 19 January 2009, <a href="http://tinyurl.com/dalpyc" target="_blank">http://tinyurl.com/dalpyc</a> <br />
 17 &#8211; Friedri<a name="_17"></a>ch Berschauer, “The long-term growth trends for the Brazilian agro business remain firmly intact”, Bayer CropScience, 20 April 2007,<a href="http://tinyurl.com/bd77dv" target="_blank">http://tinyurl.com/bd77dv</a> <br />
 18 – Les rapports financiers de 2005  montrent que l’industrie du tracteur brésilienne est contrôlée par<a name="_18"></a> AGCO/Valtra (65%), New Holland (18%) and John Deere (7.5%).<br />
 19 –<a name="_19"></a> Pour une étude plus complète sur la production brésilienne de canne à sucre, voir Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos e Comissão Pastoral da Terra, October 2008, disponible sur le site du Transnational Institute (TNI), <a href="http://tinyurl.com/dbrvu2" target="_blank">http://tinyurl.com/dbrvu2</a><br />
 20 - <a name="_20"></a>Janaína Simões, “Center of Sugarcane Technology indicates the path and sets the pace for technological innovation in the sugar and alcohol sector,” State University of Campinas, UNICAMP Innovation, 5 June 2006,<a href="http://tinyurl.com/bpg8xm" target="_blank">http://tinyurl.com/bpg8xm</a> <br />
 <a name="_21">21 – Voir la Queensland Cane Growers Organisation Ltd, 2008 Annual  Report,</a> <a href="http://tinyurl.com/bw9z57" target="_blank">http://tinyurl.com/bw9z57 </a><br />
 et A. Wynne, B. Milford and E. Wall, “Advancing sugarcane: leading and managing change,” Second ISSCT management workshop, Australia, May 2008,  <a href="http://tinyurl.com/dj3v79" target="_blank">http://tinyurl.com/dj3v79 </a> <br />
 22 &#8211; UITA, “Brasil:  la Caña de Azúcar avanza también sobre la pradera”, 14 May 2008, <a href="http://tinyurl.com/arjv5m" target="_blank">http://tinyurl.com/arjv5m</a> <br />
 23 <a name="_23"></a>- Safras &amp; Mercado, “Zoneamento pode expandir área de cana-de-açúcar em 44 milhões de hectares,” Notícias Agrícolas, 23 January 2009,<a href="http://tinyurl.com/c3jtvk" target="_blank">http://tinyurl.com/c3jtvk</a> <br />
 24 &#8211; L<a name="_24"></a>ilian Joensen, “The crop-sprayed villages of Argentina,” in Javiera Rulli (ed.), United Soy Republics. The truth about soy production in South America, Grupo de Reflexión Rural, 2008, <a href="http://tinyurl.com/d42upx" target="_blank">http://tinyurl.com/d42upx</a> <br />
 25 <a name="_25"></a>- Center for Food Safety, “Tainted Sugar”, Food Safety Fact  Sheet, June 2008, <a href="http://tinyurl.com/526b8c" target="_blank">http://tinyurl.com/526b8c</a> <br />
 26<a name="_26"></a> &#8211; N. Benachour and G-E. Séralini, “Glyphosate formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells”, Chem. Res. Toxicol., 22 (1), 2009, pp. 97–105; Dr Mae-Wan Ho and Brett Cherry, “Death by Multiple Poisoning, Glyphosate and Roundup,” ISIS Press Release, 11 February 2009, <a href="http://tinyurl.com/b9phjy" target="_blank">http://tinyurl.com/b9phjy</a> <br />
 <a name="_27"></a>27 &#8211; Voir GRAIN, “Twelve years of GM soya in  Argentina”, Seedling, January 2009, <a href="http://www.grain.org/seedling/?id=578">grain.org/seedling/?id=578</a> <br />
 28<a name="_28"></a> – L’industrie du sucre brésilienne estime que la mécanisation va provoquer une perte nette de 114 000 emplois entre 2010 et 2021 dans l’état de São Paulo : Ethical-Sugar , “An Exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane,” January 2009<br />
 <a href="http://tinyurl.com/aooogg" target="_blank">http://tinyurl.com/aooogg</a>)<br />
 La mécanisation n’est pas nécessairement synonyme pour les ouvriers de plus de sûreté dans leurs conditions de travail. Une étude brésilienne conclut que les maladies chez les ouvriers sur les récoltes mécanisées sont similaires à celles des coupeurs de canne manuels. (R.A. Scopinho, F. Eid, C.E. Vian, P.R. Silva, “New technologies and workers’ health: mechanization of sugar cane harvesting,” Caderno Saúde Pública, 15 (1), January–March 1999, pp. 147–61).<br />
 29<a name="_29"></a> –  Voir par exemple Health Canada’s approval of H7-1 Roundup Ready sugar  beets, <a href="http://tinyurl.com/aszd94" target="_blank">http://tinyurl.com/aszd94</a></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<hr size="1" noshade="noshade" />
<p style="text-align: right;"><em>(source : <a href="http://www.grain.org/seedling/?id=597">grain.org</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La construction en bottes de paille</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 May 2009 17:52:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bien-être]]></category>
		<category><![CDATA[Constructions naturelles]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
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		<description><![CDATA[- Guide Illustré - Sommaire Préface Introduction Un Abri Abordable et Efficace La Super-Isolation La Botte de Paille Préparation du Site Fondation du Sol Ossature et Contreventement Pose du Toit Monter les Murs en Bottes de Paille Enduire Les Bottes de Paille Mur Porteur Approches Alternatives Finition Préface Remerciements : Je remercie profondément tous ceux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">- Guide Illustré -</h3>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4706" title="la-construction-en-bottes-de-paille" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-construction-en-bottes-de-paille.jpg" alt="la-construction-en-bottes-de-paille" width="680" height="345" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="00"></a>Sommaire</h2>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#01">Préface</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#02">Introduction</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#03">Un Abri Abordable et Efficace</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#04">La Super-Isolation</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#05">La Botte de Paille</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#06">Préparation du Site</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#07">Fondation du Sol</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#08">Ossature et Contreventement</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#09">Pose du Toit</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#10">Monter les Murs en Bottes de Paille</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#11">Enduire Les Bottes de Paille</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#12">Mur Porteur</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#13">Approches Alternatives</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#14">Finition</a><span id="more-4611"></span></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="01"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Préface</a></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Remerciements :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je remercie profondément tous ceux qui m&#8217;ont aidé à traduire ce document : Aurélien Moinier; Eymeric Magnant-Gaillou, Sylvia Wolfer; Jackie et Françoise Crémoux; Coralie de Bouter.</p>
<p><strong>Quelques conseils :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>absorbez un maximum d&#8217;information (n&#8217;ayez pas peur de l&#8217;anglais !)</li>
<li>suivez un ou plusieurs stages avant de commencer à bâtir en paille. (il y a beaucoup de temps à gagner et d&#8217;erreurs à éviter)</li>
<li>cultivez votre patience, car aller vite revient toujours cher.</li>
<li>vérifiez les références et soyez clair et précis lorsque vous travaillez avec des professionnels.</li>
<li>surtout, surtout, commencez avec un petit projet, comme un atelier ou une cabane pour qu&#8217;un projet de rêve ne devienne pas un cauchemar.</li>
</ul>
<p>J&#8217;espère que ce document vous aidera à réaliser vos projets.<br />
 Cordialement,<br />
 <em>André de Bouter, La Maison en Paille (association Loi 1901)</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="02"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Introduction</a></h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis longtemps déjà, se fait ressentir le besoin d&#8217;un guide de base concis et illustré sur l&#8217;essentiel de la construction en bottes de paille. Ce document est ma tentative pour pallier à cette lacune. J&#8217;ai eu la chance de passer sept mois à aider à enseigner les techniques de ce type de construction, aux professionnels  et novices originaires de toute la Mongolie. Cette publication est originellement issue de cette formation. Pour m&#8217;avoir aidé à réaliser tout cela, mes remerciements les plus sincères vont à Scott Christiansen, Directeur de l&#8217;ADRA de Mongolie : (l&#8217;Agence d&#8217;Aides au Développement Adventiste),  E.Purev-Erdene,   architecte et artiste reconnu de Ulannbaatar en Mongolie et Kelly Lerner, amie et architecte de Berkeley, Californie.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que cette technique d&#8217;utilisation de paille, comme matériau de construction, trouve ses racines dans les prairies du Nord des Etats-Unis, l&#8217;intérêt qu&#8217;elle suscite s&#8217;est rapidement répandu dans de nombreuses régions productrices de graines dans le monde, avec un enthousiasme grandissant. Le besoin de publier des informations accessibles à tous, même à des lecteurs non anglophones, se fait d&#8217;autant plus ressentir. J&#8217;ai donc rédigé ce livret de façon à ce qu&#8217;il soit facilement traduisible. De plus, l&#8217;utilisation d&#8217;icônes numérotées, dans certains paragraphes, oriente le lecteur vers de larges dessins ou croquis détaillés.Une nouvelle organisation, baptisée Builders Without Borders, (BWB : Les Bâtisseurs Sans Frontières) est née, à la suite d&#8217;un rassemblement de personnes animées par les mêmes sentiments d&#8217;espoir, à Kingston au Nouveau-Mexique. BWB est un réseau international de bâtisseurs utilisant des matériaux naturels. Elle crée des partenariats avec des communautés et organisations à travers le monde pour construire des logements abordables, à base de matériaux locaux, afin de travailler, ensemble, pour un futur durable. D&#8217;autres publications de BWB seront diffusées sur le site web de BWB <a href="http://www.builderswithoutborders.org">BuildersWithoutBorders.org</a>.<br />
 <em>Stephen Macdonald, Gita, New Mexico, décembre 1999.</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="03"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Un Abri Abordable &amp; Efficace</a></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Recherche d&#8217;un Toit</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un des besoins fondamentaux de l&#8217;homme (en fait, un de ses droits fondamentaux) est celui de posséder un abri. Sans être suffisamment  protégés contre les éléments, les hommes ne peuvent pas survivre longtemps. Pour un nombre de personnes, sans cesse grandissant, chercher un abri minimal est devenu un challenge délicat, au même titre que de trouver suffisamment de nourriture et d&#8217;eau potable. De plus, peu de régions ont une exploitation rationnelle et encore moins équitable, des ressources durables. Avec l&#8217;expansion de la population humaine, beaucoup de systèmes naturels mondiaux commencent à en ressentir les effets négatifs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De Simples Abris de Paille</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette augmentation de la demande, la construction en paille offre des avantages sérieux, la paille étant un matériau de construction qui se renouvelle tous les ans de façon relativement abondante. Dans la plupart des régions productrices de grain, on se débarrasse de la paille, (les tiges longues et creuses des plantes céréalières telles que le blé, l&#8217;avoine, le riz ou l&#8217;orge) car elle est considérée comme un déchet qui est souvent brûlé. Rien qu&#8217;aux Etats-Unis, environ cinq millions de maisons de paille, de taille modeste, et super isolées, auraient pu être construites, avec ce qui est brûlé chaque année : quel gâchis !<br />
 Les maisons n&#8217;ont pas besoin d&#8217;être trop chères ni trop compliquées à construire afin qu&#8217;elles soient à la portée des plus démunis. Il y a de multiples façons de construire des maisons simples et à la fois élégantes, utilisant des bottes de paille. Lorsqu&#8217;elles sont bien conçues, les maisons de paille se révèlent être des économiseurs d&#8217;énergie, donc d&#8217;argent (économie pour la construction et pour l&#8217;utilisation). Il en résulte une utilisation minimale des combustibles, un facteur important dans beaucoup de régions du globe et pour bon nombre de budgets familiaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Règles de Base pour dessiner Votre Maison</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les maisons économes en énergie et simples à construire, faites en bottes de paille, peuvent avoir beaucoup de formes. Elles vont d&#8217;une structure temporaire et rapide, comme celles utilisées pour les zones sinistrées, au système d&#8217;isolation par l&#8217;extérieur, autour des structures déjà existantes, jusqu&#8217;aux structures permanentes.</p>
<p>Pour faire des plans d&#8217;une maison en paille, adaptés aux besoins et à la situation locale, gardez à l&#8217;esprit ces règles générales :</p>
<ul>
<li>Déterminez l&#8217;espace dont vous avez réellement besoin :
<ul>
<li>Quel est le budget réaliste ?</li>
<li>Gardez une taille modeste et une conception simple, de façon à ce que ce soit facile à construire et que cela utilise le moins de matériaux possible.</li>
<li>Un projet simple permet, aux gens pourvus de bon sens, de quelques compétences en construction et d&#8217;un minimum d&#8217;outillage, de construire leur propre maison.</li>
</ul>
</li>
<li>Isolez l&#8217;extérieur du bâtiment avec des bottes et combinez cela avec de l&#8217;inertie à l&#8217;intérieur.</li>
<li>Profitez au maximum de l&#8217;énergie naturelle du soleil en étudiant l&#8217;implantation  et la conception de la façade sud (ou nord, sud de l&#8217;équateur).</li>
<li>Intégrez le plus grand nombre de vos fenêtres à cette façade pour capturer la luminosité du soleil. La surchauffe de votre maison l&#8217;été (par fenêtres accumulatrices de chaleur au Sud et Ouest) est évitée par les appentis, arbres, marquises, volets, etc. L&#8217;utilisation de volets, rideaux ou stores (isolés) est conseillée pour diminuer la perte de chaleur la nuit.</li>
<li>Utilisez des matériaux locaux, de préférence le moins travaillés possible comme des rondins de bois et de la terre. C&#8217;est non seulement du bon sens économique mais aussi du bon sens écologique.</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4617" title="la-maison-en-paille-03" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-03.jpg" alt="la-maison-en-paille-03" width="204" height="190" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="04"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">La Super-Isolation</a></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deux Approches pour Conserver la Chaleur (ou la fraîcheur)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un bâtiment super-isolé maintient des températures intérieures confortables grâce à la capacité supérieure de ses matériaux d&#8217;isolation à résister à la déperdition de chaleur.<br />
 Cette déperdition est souvent évaluée quantitativement par un indice de résistance ou valeur R (R= m².°C/W) qui, lorsque vous divisez 1 par R devient U ou valeur de conductivité.<br />
 Au contraire, un bâtiment non isolé avec des murs épais, tels que des murs moellons/pierre de taille, utilise son inertie élevée pour conduire, stocker et relâcher doucement la chaleur ou fraîcheur.</p>
<p style="text-align: justify;">On combine ces deux approches dans la stratégie &laquo;&nbsp;solaire passif&nbsp;&raquo; où des éléments de grande inertie tels que des sols en ciment, chaux ou terre, des murs en terre et enduits à l&#8217;intérieur d&#8217;une enveloppe de super-isolation comme les bottes de paille. Etant donnée la rapidité d&#8217;accroissement de la population et l&#8217;utilisation  des ressources dans le monde, appliquer des stratégies de super- isolation, de &#8216;solaire passif&#8217; en gardant les tailles des habitations modestes, peut vraiment faire la différence.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La paille comme super-isolant</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La construction en bottes de paille est un moyen efficace d&#8217;être super-isolé (*) tout en limitant les dépenses, si bien entendu, la mise en œuvre des bottes est réalisée en auto-construction suivant les règles de l&#8217;art. On peut comparer un bâtiment édifié en bottes de paille à une bouteille Thermos hermétique qui conserverait de manière efficace la chaleur (ou la fraîcheur) emmagasinée ou produite à l&#8217;intérieur.</p>
<p><em>(*) Les murs en bottes de paille enduits ont une valeur R=6. Référence paraissant dans le livre : &nbsp;&raquo; L&#8217;isolation Ecologique &laquo;&nbsp;, page 123, de JP Oliva, Terre Vivante. R=6 est comparable à un mur en agglomérés creux de 20 cm avec une isolation en laine de verre de 25 cm. En général les murs en agglomérés sont isolés avec seulement une laine de verre de 7.5 cm.</em></p>
<p>Pour bien faire fonctionner votre &laquo;&nbsp;Thermos&nbsp;&raquo;  en bottes, nous vous conseillons de suivre deux règles de bases :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>La maison doit être toute entourée de l&#8217;isolation. Ne laissez pas de trous dans l&#8217;enveloppe en bottes (ni entre les bottes). Cela pour minimiser les ponts thermiques (pont thermique = déperdition de chaleur en un endroit peu isolé). Faite en sorte d&#8217;isoler votre plafond au moins autant que les murs (gardez le bouchon du Thermos fermé). Isolez bien le sol. Les fenêtres et les ouvertures (réellement des trous dans votre Thermos)doivent être de taille modeste, de bonne qualité, si possible côté soleil et protégées, la nuit, par des rideaux ou volets isolants.</li>
<li>Gardez l&#8217;isolant sec : il sera inefficace s&#8217;il est mouillé et la paille, tout comme d&#8217;autres isolations organiques, peut pourrir, si elle reste mouillée. Protégez la, à l&#8217;extérieur, avec une toiture en bonne état, ayant, de préférence, un débord de toit. Enduisez les murs ou faites un bardage. Dans des climats de froid extrême, un pare-vapeur (toujours du côté le plus chaud) peut-être conseillé, pour protéger l&#8217;isolant contre le flux de vapeur d&#8217;eau. Toutefois, malgré vos efforts, une ventilation adéquate est toujours essentielle pour éviter des problèmes d&#8217;humidité, surtout autour des fenêtres, fondations, et au grenier.</li>
</ol>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4618" title="la-maison-en-paille-04" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-04.jpg" alt="la-maison-en-paille-04" width="229" height="163" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="05"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">La Botte de Paille</a></h2>
<p><strong>Les Caractéristiques d&#8217;une Bonne Botte</strong></p>
<p>Une Botte de qualité pour la construction :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Est entièrement sèche. Une fois en main, une botte sèche semble relativement légère quand on la soulève, s&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;humidité à l&#8217;intérieur (enfoncez profondément les doigts dans la botte pour vous en assurer)</li>
<li>Est composé de tiges fortes et flexibles. Il faut plier et tirer des tiges individuelles pour vérifier la force et la friabilité de celles-ci. Une paille mature, qui a été récoltée et stockée au sec et qui a une couleur dorée, fait les meilleures bottes.</li>
<li> Est bien compressée. Une botte compacte se déforme peu quand on la soulève par ses ficelles  (celles-ci sont plus résistantes quand elles sont en plastique).</li>
<li>A une taille relativement uniforme. La taille d&#8217;une botte peut varier, notamment au niveau de la longueur. La botte à 2 ficelles mesure environ 45 cm (18 pouces) de large, 35 cm (14 pouces) de hauteur et entre 85 à 105 cm (34-40 pouces) de long. La largeur et la hauteur des bottes dépend de la botteleuse (!)  et ne sont pas modifiables.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conseil:</strong> Vérifiez la taille et la qualité de vos bottes avant de les acheter. Prenez le temps d&#8217;éduquer ceux qui produisent vos bottes de construction avant la récolte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Manipulation  et Stockage correct</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une règle fondamentale de la construction en paille est de garder ses bottes sèches depuis la récolte jusqu&#8217;à l&#8217;achèvement de l&#8217;édifice. Cela demande aussi de les manipuler avec soin et de les stocker à l&#8217;abri de l&#8217;eau, de préférence dans un entrepôt ou bien sous une bonne bâche.<br />
 Prévoyez l&#8217;achat et le stockage de vos bottes bien à l&#8217;avance. En Mongolie, l&#8217;achat et le transport des matériaux vers le site, s&#8217;est révélé être un problème sérieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-4619" title="la-maison-en-paille-05" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-05.jpg" alt="la-maison-en-paille-05" width="228" height="248" /><strong>Les Ennemis de la Paille</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien que la paille soit bien plus résistante qu&#8217;on ne le pense, gardez bien à l&#8217;esprit ses trois principaux ennemis :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La pourriture.</strong> Des bottes mouillées,  dont la composition en moisissure est supérieure à 20%, attirent la pourriture provoquée par l&#8217;action enzymatique des champignons.</li>
<li> <strong>Le feu.</strong> Bien que des bottes bien compressées soient assez résistantes au feu, la paille tombée de ces bottes peut représenter une source d&#8217;incendie. Soyez particulièrement prudent quant à la paille perdue dans le grenier et autour des cheminées. Gardez toujours votre site propre et à l&#8217;abri des fumeurs et méfiez vous de tous les outils provoquant des étincelles. Ayez toujours un extincteur à proximité.</li>
<li><strong>Les nuisibles.</strong> Les rongeurs, les oiseaux et autres insectes peuvent également trouver la paille agréable à vivre mais l&#8217;enduit fermera tous les points d&#8217;accès aux bottes. Il n&#8217;est pas nécessaire, ni très agréable pour les travailleurs  de saupoudrer de chaux (pensez à vos poumons) tous les rangs de bottes pour repousser les rongeurs. Il n&#8217;y a pas assez de graines dans les bottes de paille pour les nourrir.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: center;"><a name="06"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Préparation du Site</a></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4620" title="la-maison-en-paille-06" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-06.jpg" alt="la-maison-en-paille-06" width="623" height="472" /></p>
<p><strong>Choisir un site</strong></p>
<p>Un bon site contient les critères suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Il respecte au maximum la zone environnante et son habitat.</li>
<li> Il est suffisamment large et relativement plat, afin d&#8217;éviter un travail excessif pour le déplacement de la terre issue des fondations.</li>
<li>Il offre un support fiable pour les fondations qui doivent être hors gel (en général hors gel en France est à -0.60 mètres).</li>
<li> Il doit permettre un bon système de drainage des eaux. Celle-ci doit s&#8217;éloigner de la maison. Il doit procurer une bonne exposition au sud, non obstruée, pour capter la chaleur du soleil (le &laquo;&nbsp;solaire passif&nbsp;&raquo;).</li>
<li> Il protège la maison contre des vents froids et autres facteurs climatiques.</li>
<li> Il donne une bonne vue.</li>
</ul>
<p><strong>Préparez le site</strong></p>
<p>Les étapes de préparation de votre site sont :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><img class="alignright size-full wp-image-4621" title="la-maison-en-paille-07" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-07.jpg" alt="la-maison-en-paille-07" width="227" height="140" />De délimiter des coins avec des piquets (chaise d&#8217;implantation). Pour respecter les angles droits, utilisez le théorème de Pythagore (simplifié par la technique 3-4-5, car 3² + 4² = 5²) voir.</li>
<li>Une fois le contour marqué au sol, terrasser la terre végétale et niveler une couche de gravier.</li>
<li>Re-vérification  des piquets d&#8217;angles pour plus de précision. Puis, attacher des ficelles (au niveau) pour l&#8217;implantation des fondations. Formule  de Pythagore A² + B² = C².<br />
 Par exemple pour une construction de 6x10m : 36 + 100 = 136 =&gt; C = 11.66 m.<br />
 Nota : Les chaises d&#8217;implantations doivent être placées à l&#8217;extérieur du contour fini de la maison, afin de ne pas avoir à les déplacer lors du terrassement.</li>
</ol>
<p><strong>Prévoir l&#8217;établissement des plans</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un projet couronné de succès demande une mise sur papier et une planification soignée, bien avant de commencer à mettre la main à la pâte. Il est fortement conseillé de demander, à la mairie, pour le permis de construire. En France, celui ci ce compose de plans détaillés, de photos du terrain et d&#8217;un formulaire à remplir. Prenez  note de ce qui suit avant de commencer à construire :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><img class="alignright size-full wp-image-4622" title="la-maison-en-paille-08" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-08.jpg" alt="la-maison-en-paille-08" width="228" height="202" />Faites un schéma directeur et des plans précis et détaillés comportant l&#8217;élévation des murs et montrant la mise en place des bottes. Vous pouvez laissez la dimension moyenne de vos bottes décider de la longueur (utilisez un échantillon de 10 balles ou plus), hauteur et largeur des murs. Cela vous évitera d&#8217;avoir à reboucher des trous ou à couper un trop grand nombre de bottes et de voir ces bottes raccourcis romprent la résistance des murs (chaque botte doit chevaucher les deux du dessous de façon quasi symétrique).</li>
<li>Ayez tous vos matériaux et outils de construction (que vous aviez déjà quantifié sur une liste de matériaux), déjà achetés et disponibles sur le site, avant le début de la construction. Assurez vous qu&#8217;ils soient transportés soigneusement et convenablement stockés.</li>
<li>Commencez la fabrication des cadres de portes/fenêtres, la préparation de charpente,… etc. le plus tôt possible, afin que tout soit prêt, quand vous en aurez besoin.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: center;"><a name="07"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Fondation et Sol</a></h2>
<p><strong>Les fondations</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Des bonnes fondations créent un support stable et durable tout en protégeant les bottes de l&#8217;humidité du sol. Dans le cas d&#8217;une ossature bois toutes les charges (dite &laquo;&nbsp;mort&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;vivant&nbsp;&raquo;) sont concentrées sur les points ou les piliers sont posés. Le rôle principal de l&#8217;armature métallique dans un béton est d&#8217;éviter l&#8217;écartement de ces points de charge, très important dans des zones de fort gel et/ou de tremblements de terre. Les fondations doivent aussi élever, du sol, les murs de paille. Pour ces fondations, il existe de multiples alternatives au béton (le ciment est grand consommateur d&#8217;énergie grise, et pas donné non plus !) : gravier ou terre pisé, dans une tranchée, par exemple. Cela dépend de l&#8217;architecture choisie, renseignez-vous.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4623" title="la-maison-en-paille-09" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-09.jpg" alt="la-maison-en-paille-09" width="227" height="190" />Des broches en bambou, bois ou métal sont parfois incorporées dans les fondations pour que le premier rang de bottes soit bien fixé sur place. Dans les structures avec une ossature, où les bottes servent de remplissage et d&#8217;isolant et non pas comme éléments porteur, les broches ne sont pas obligatoires. Il est dangereux de travailler autour : couvrez les pour vous protéger. Il est conseillé d&#8217;élargir les fondations et d&#8217;augmenter la quantité d&#8217;armature, dans le béton, sous les poteaux. En Mongolie, nous avons inséré des poteaux bois de 10X10 cm dans des fouilles créées lors du coulage des fondations. Vérifiez le placement de toute armature et raccords métalliques (pour l&#8217;ossature et les cadres, dans le cas d&#8217;une fondation en béton) avant de couler les fondations.</p>
<p><strong>Un Sol en Paille ( ! Expérimental ! )</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4624" title="la-maison-en-paille-10" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-10.jpg" alt="la-maison-en-paille-10" width="227" height="224" />Dans les climats très froids, les bottes de paille ont été utilisées pour isoler le sol en bois ou en ciment. Cette technique est nouvelle et sa fiabilité dans le temps n&#8217;est pas encore connue.<br />
 Plus d&#8217;expériences et d&#8217;évaluations sont nécessaires !<br />
 L&#8217;élément critique, pour ce système, est que les bottes ne soient pas en contact avec le sol (humidité) : une technique est de les placer sur un remblai (une couche de graviers, de 10 cm lavés, non poreux et ventilés) qui permet de bien drainer et d&#8217;arrêter la remontée de l&#8217;humidité du sol (par action capillaire). Pour des chapes en béton, comme pour un sol en bois, les bottes sont placées à plat avec un espace de 5-10 cm entre chaque botte. Cette espace peut-être rempli avec du gravier.<br />
 Pour créer une chape, le mélange, chaux-graviers,  est coulé directement sur les bottes, avec une épaisseur de 10 cm (4in.) environ. Elle est tirée avec une règle et des guides pour obtenir un sol de niveau. Pour un plancher en bois les lambourdes sont mises entre les bottes (de niveau) sur le gravier. Le plancher, bouveté si possible, est posé sur les lambourdes. Une fois le bâtiment fini, il est bon d&#8217;isoler les soubassements, par l&#8217;extérieur pour couper les ponts thermiques. En Mongolie, nous avons utilisé &laquo;&nbsp;flyash&nbsp;&raquo; (cendre de mouches) couvert d&#8217;une couche de béton, mince et en pente, autour de la maison. Il est toujours conseillé de couper le pont thermique que peuvent représenter les fondations.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4625" title="la-maison-en-paille-11" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-11.jpg" alt="la-maison-en-paille-11" width="628" height="481" /><img class="aligncenter size-full wp-image-4626" title="la-maison-en-paille-12" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-12.jpg" alt="la-maison-en-paille-12" width="622" height="463" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="08"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Ossature et Contreventement</a></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4627" title="la-maison-en-paille-13" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-13.jpg" alt="la-maison-en-paille-13" width="605" height="450" /></p>
<p><strong>Monter l&#8217;Ossature</strong></p>
<div id="attachment_4629" class="wp-caption alignright" style="width: 238px"><img class="size-full wp-image-4629" title="la-maison-en-paille-15" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-15.jpg" alt="figure 6" width="228" height="228" /><p class="wp-caption-text">figures 6</p></div>
<p>Une charpente rigide et porteuse supporte la totalité du poids de l&#8217;ensemble du toit et la transmet aux fondations. Une charpente bien conçue rend la structure en ballots de paille à étages multiples possible. Plusieurs principes d&#8217;ossatures sont possibles. Ici, nous utilisons du bois de construction de 10X10 cm, pour les poteaux verticaux comme pour les poutres horizontales.<br />
 Les poteaux peuvent être encastrés dans le ballot (figure 6 à gauche) ou simplement posés entre les ballots (figure 6 à droite) créant ainsi un espace vide que l&#8217;on rembourre avec de la paille ou bien encore positionnés à l&#8217;intérieur ou à l&#8217;extérieur du mur de ballots ce qui a l&#8217;avantage de pouvoir construire le mur sans interruption et en fournissant moins de travail. Les poutres doivent être attachées et renforcées avec soin aux poteaux pour garantir une bonne connexion  et un bon contreventement. En Mongolie, nous avons utilisées des agrafes métalliques (5a), comme des tés métalliques (5b) et des planches de bois (5c).</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<div id="attachment_4628" class="wp-caption aligncenter" style="width: 238px"><img class="size-full wp-image-4628" title="la-maison-en-paille-14" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-14.jpg" alt="la-maison-en-paille-14" width="228" height="93" /><p class="wp-caption-text">figures 5a, 5b, 5c</p></div>
<p><strong>Contreventements</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4630" title="la-maison-en-paille-16" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-16.jpg" alt="la-maison-en-paille-16" width="226" height="235" />C &#8216;est une bonne pratique que de donner du contreventement additionnel à l&#8217;ossature, surtout dans les régions où il peut y avoir des tremblements de terre et/ou de grands vents. C&#8217;est la partie diagonale que l&#8217;on voit dans une charpente ou ossature bois classique.<br />
 Des câbles en métal ont été utilisés : pour être efficaces, il faut qu&#8217;ils soient bien ancrés aux fondations et à la sablière.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est absolument impératif qu&#8217;un bâtiment soit contreventer (soit par l&#8217;ossature soit par des murs intérieurs et extérieurs) car un mur non contreventé risque de tomber. Des murs en paille peuvent servir pour contreventer, mais il n&#8217;existe pas de chiffres ou tableaux pour calculer comme pour le bois par exemple. Une ossature bois peut apporter de la solidité à votre bâtiment et permet également de construire le toit avant les murs. Ainsi vous pouvez remplir les murs en paille sous l&#8217;abri de votre toit.</p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="09"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Pose du Toit</a></h2>
<p><strong>La toiture</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4631" title="la-maison-en-paille-17" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-17.jpg" alt="la-maison-en-paille-17" width="226" height="240" />La qualité d&#8217;une maison en paille dépend surtout du toit qui la protège. En général, le toit est la partie la plus chère d&#8217;une construction, mais n&#8217;ayez pas peur, concevez le meilleur toit que vous pouvez. Les &laquo;&nbsp;fermettes&nbsp;&raquo; ont de nombreux avantages : la facilité de la pose, l&#8217;utilisation efficace du bois; elles laissent flexible, l&#8217;aménagement de l&#8217;intérieur et de l&#8217;extérieur.<br />
 La &laquo;&nbsp;fermette&nbsp;&raquo; que vous voyez dans le dessin à droite vous laisse assez de débordement de toit pour protéger votre mur en paille et aussi pour aérer les combles (attention à ne pas fermer la ventilation avec de la paille en vrac).<br />
 La toiture doit être bien fixée à l&#8217;ossature, surtout dans les régions de grands vents, d&#8217;autant plus que de larges débords de toit sont conseillés. Des tiges de fer ou de solides cordes entrelacées peuvent donner une protection supplémentaire sur les extrémités. Aussi contreventer par-dessous le faîtage (voir le dessin d&#8217;ensemble au début du chapitre suivant).</p>
<p><strong>Attention :</strong> certaines &laquo;&nbsp;fermettes&nbsp;&raquo; peuvent être lourdes et dangereuses, utilisez des cordes, guide- tobogan, l&#8217;aide de copains et le calme, pour réussir à terminer ce travail sans danger (voir le dessin d&#8217;ensemble au début du chapitre précédent).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4632" title="la-maison-en-paille-18" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-18.jpg" alt="la-maison-en-paille-18" width="227" height="178" /></p>
<p><strong>Couvertures</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de types de couvertures sont possibles. Les tôles métalliques sont appréciées, par énormément de personnes aux Etats-Unis, pour leurs durabilités et leurs capacités à capter l&#8217;eau de pluie destinée à la boisson. Pour n&#8217;importe qu&#8217;elle couverture il est impératif que celle-ci n&#8217;aie pas de fuites, surtout si vous isolez le plafond avec de la paille. Pensez également à une lame d&#8217;air entre l&#8217;isolant et le revêtement du toit (tuile/tôle etc.) pour éviter des dégâts liés à la condensation.</p>
<p><strong>Formes du toit</strong></p>
<p style="text-align: center;">Voici ci-dessous différentes formes de toit possibles :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4633" title="la-maison-en-paille-19" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-19.jpg" alt="la-maison-en-paille-19" width="430" height="186" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="10"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Monter les Murs en Bottes de Paille</a></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4634" title="la-maison-en-paille-20" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-20.jpg" alt="la-maison-en-paille-20" width="605" height="466" /></p>
<p><strong>Construire les murs</strong></p>
<p>Monter les murs en bottes est l&#8217;étape rapide et amusante de la construction en paille. Je vous propose de :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Fixez les cadres des portes au fil à plomb et ayez les cadres des fenêtres prêts à être installés avant la montée des murs.</li>
<li>Installez les guides des coins qui peuvent être permanents si vous utilisez un bardage en bois (dans ce cas vous devrez quand même enduire les bottes pour leur protection au feu et contre les rongeurs).</li>
<li>Vérifiez, tout au long de la pose du mur, qu&#8217;il reste bien d&#8217;aplomb.</li>
<li>Ne rentrez pas vos bottes avec trop de force, vous risqueriez de ne plus garder votre mur droit, d&#8217;écarter vos murs et de mettre trop de pression sur les cadres. Il vaut mieux que les bottes soient un peu trop courtes que trop longues, pour qu&#8217;elles logent dans l&#8217;espace prévu. Vous comblerez les trous avec un peu de paille en vrac; ou, encore, examinez bien votre pile de bottes et cherchez une botte avec une longueur adaptée.</li>
<li>Recouvrez les fondations avec une matière imperméable pour que les bottes ne puissent pas être en contact avec l&#8217;humidité du sol qui remonte par capillarité.</li>
<li>Déposez les premières bottes à chaque angle de mur, à côté des cadres de portes et fenêtres et continuez vers le milieu du mur.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Vous assurez que chaque rang recouvre bien le rang inférieur en quinconce. Comblez les trous au fur et à mesure que vous montez. Il est essentiel de faire les appuis de fenêtre (en béton, bois ou autre), surtout pour les façades les plus exposées aux intempéries. Placez un papier goudronné (ou autre produit imperméable) sous chaque appuis de fenêtre juste avant que celles-ci ne soient installées. C&#8217;est l&#8217;endroit où le risque d&#8217;infiltration d&#8217;eau dans le mur en paille est le plus grand.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4635" title="la-maison-en-paille-21" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-21.jpg" alt="la-maison-en-paille-21" width="217" height="343" /></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4636" title="la-maison-en-paille-22" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-22.jpg" alt="la-maison-en-paille-22" width="228" height="135" />Il peut être utile (mais j&#8217;aurai tendance à penser le contraire) de planter dans chaque rang des broches en bois (deux pieux par botte de 0,5cm X 1m à partir du troisième rang: des bâtons aiguisés ou des bambous feront très bien l&#8217;affaire). Si votre toit gène, ne vous tracassez pas, vous pouvez les supprimer, sur le dernier rang, voir même sur les 2 derniers rangs. Cette technique est de moins en moins utilisée, car, une fois la construction achevée, ces broches ne servent plus à grande chose. Un &laquo;&nbsp;brochage&nbsp;&raquo; extérieur, qui compresse le mur comme une corset, est parfois utilisé. Cette technique est laborieuse mais ajoute de la rigidité aux murs. Le mur en paille sans enduit peut sembler très mou : ne vous inquiétez pas, l&#8217;enduit stabilisera vos murs. Dans le cas d&#8217;une construction en ossature bois, il est conseillé de faire en sorte que le mur en bottes soit, de temps à autre, lié à, ou bloqué dans, l&#8217;ossature.</p>
<p><strong>Fabriquer des Bottes de Taille Adaptées</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez dessiné votre bâtiment de façon à ce que ses dimensions soient des multiples de la longueur et de la hauteur moyenne de vos bottes, afin d&#8217;en avoir qu&#8217;un minimum à retoucher.<br />
 Cependant, quelques bottes devront être redimensionnés malgré tout. Pour cela :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Fabriquez plusieurs &laquo;&nbsp;aiguilles&nbsp;&raquo; (2) d&#8217;un diamètre de 5 mm et de 1 mètre de long, en frappant pour aplatir le bout d&#8217;une tige de métal que vous affûterez ensuite à l&#8217;autre bout; puis, vous percerez un trou de 5 mm environ sur l&#8217;extrémité aplatie, pour que la ficelle à bottes s&#8217;y enfile.</li>
<li>Procédez comme sur l&#8217;illustration suivante</li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4637 aligncenter" title="la-maison-en-paille-23" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-23.jpg" alt="la-maison-en-paille-23" width="228" height="195" /></p>
<p style="text-align: justify;">Des bottes mal compressés peuvent être compactés dans une botteleuse manuelle que vous pouvez vous fabriquer (voir le dessin d&#8217;ensemble au début de ce chapitre). Pour ajuster les poteaux encastrables, la botte peut être facilement sciée à la main en faisant toutefois attention à ne pas couper la ficelle.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4638 aligncenter" title="la-maison-en-paille-24" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-24.jpg" alt="la-maison-en-paille-24" width="230" height="193" /></p>
<p><strong>Isoler le Plafond</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les bottes ont été utilisées comme isolant pour le grenier ou le toit. Evidemment, la paille compressée est plus résistante à l&#8217;épreuve du feu que de la paille en vrac. (Utilisez donc la paille en vrac, seulement pour boucher les trous entre les bottes)<br />
 Si vous utilisez des bottes :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Isolez, autour des conduits de cheminées, avec autre chose que de la paille : des isolants minéraux, donc ininflammables, comme la laine de verre ou de roches, fonctionnent très bien pour cela et sont obligatoires en France.</li>
<li>Enduisez le dessus et le dessous des bottes du plafond avec quelque chose de résistant au feu comme un enduit terre ou chaux (cela coupe aussi l&#8217;accès aux rongeurs).</li>
<li>Si vous habitez sous un climat avec des froids extrêmes, installez une barrière pare vapeur continue entre les bottes et la zone habitable.</li>
<li>Ventilez bien le grenier pour une bonne circulation de l&#8217;air et fermez toutes les ouvertures avec du grillage pour que les rongeurs n&#8217;aient pas d&#8217;accès.</li>
<li>Tenez compte du poids considérable des bottes de paille enduits et calculez votre charpente en conséquence.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: center;"><a name="11"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Enduire Les Bottes de Paille</a></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4639" title="la-maison-en-paille-25" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-25.jpg" alt="la-maison-en-paille-25" width="627" height="462" /></p>
<p><strong>Avant d&#8217;enduire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Certains bâtisseurs recouvrent leurs murs de paille avec un enduit, sans aucun renforcement/grillage. Pour un enduit collant, à base d&#8217;argile ou de chaux, cela fonctionne très bien.<br />
 Alors qu&#8217;avec un enduit à base de ciment, il est recommandé de renforcer, le plus souvent, à l&#8217;aide d&#8217;un grillage métallique. André de Bouter : « Quand la construction en paille y fut réglementée aux Etats-Unis, elle était accordée avec l&#8217;utilisation du ciment. Les enduits à la chaux étaient très peu connus à l&#8217;époque, et les enduits terre encore moins. L&#8217;enduit ciment, le plus consommateur en énergie grise, est le plus rigide (il craque ainsi le plus vite) et respire le moins, donc il entraîne le plus de risques de dégâts liés à l&#8217;humidité qui rentre et qui n&#8217;arrive pas à sortir. L&#8217;enduit ciment est déconseillé. »<br />
 Pour des constructions avec une très haute résistance sismique, le grillage doit être très bien fixé aux fondations et sablières et se trouver, de préférence, dans l&#8217;enduit. Avec son &laquo;&nbsp;cœur mou&nbsp;&raquo; et sa &laquo;&nbsp;peau rigide&nbsp;&raquo;, la construction en paille offre, effectivement, une solution très intéressante pour des zones à risques sismiques. (voir &nbsp;&raquo; Buildings of Earth and Straw &laquo;&nbsp;, par l&#8217;ingénieur Bruce King).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes sortes d&#8217;enduits il est conseillé de renforcer (avec un grillage plastique ou mattes en roseaux par exemple) les endroits à risque de fissures, tels que les endroits où l&#8217;enduit passe sur des matériaux différents ainsi qu&#8217;autour des ouvertures de portes et fenêtres (voir figure ci-dessous) (observer aussi les rebords de fenêtre en ciment coulé).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4640 aligncenter" title="la-maison-en-paille-26" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-26.jpg" alt="la-maison-en-paille-26" width="230" height="250" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un système de renforcement d&#8217;enduit (voir figure ci-dessous), développé en Mongolie (où l&#8217;on ne trouve pas de grillage), utilise de fines lattes de bois (1 cm x 3 cm x 2 mètres de long), clouées horizontalement ou en croix (tous les 3-4 cm environ) sur des poteaux (5 cm x 5 cm x 2 mètres), posés à la verticale et espacés de façon régulière. Ces poteaux droits sont encastrés à l&#8217;intérieur des bottes (vous pouvez creuser les bottes avec le côtépointu d&#8217;un marteau, cela marche très bien), et fermement ficelé tous les deux rangs de bottes aux poteaux intérieurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-4641 aligncenter" title="la-maison-en-paille-27" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-27.jpg" alt="la-maison-en-paille-27" width="227" height="219" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les guides (voir figure ci-dessous) de coins sont sécurisés de la même manière. En Europe les enduits en ciment et les grillages sont quasi non-existants et aux Etats-Unis les enduits en terre deviennent de plus en plus acceptés et utilisés.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4642" title="la-maison-en-paille-28" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-28.jpg" alt="la-maison-en-paille-28" width="223" height="231" /></p>
<p><strong>Enduire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;enduit est appliqué à la main, à l&#8217;aide d&#8217;une taloche (ou Tyrolienne), ou projeté. Pour obtenir un bon résultat, il faut un peu d&#8217;entraînement. Il existe autant de recettes pour les bons enduits qu&#8217;il y a de personnes qui les appliquent. La plupart sont efficaces avec les bottes de paille.<br />
 Les enduits à base de ciment sont plus solides, mais ils ne respirent pas assez et sont moins facile à appliquer que la chaux, le plâtre ou les enduits terre; dans beaucoup d&#8217;endroits, le ciment n&#8217;est pas forcément à la portée de tous et de toutes les bourses.<br />
 Laissez les Murs Transpirer, ne scellez pas entièrement vos murs enduits à l&#8217;extérieur pour qu&#8217;ils puissent &laquo;&nbsp;transpirer&nbsp;&raquo; vers l&#8217;extérieur la vapeur d&#8217;eau, qui (inévitablement), revient dans vos murs, et plus particulièrement sous les climats de froid extrême, où un bon pare vapeur doit-être ajouté à l&#8217;intérieur aux murs et aux plafonds.</p>
<p><strong>Enduit Chaux</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En France, la plupart des enduits des maisons en paille sont réalisés avec chaux et sable, projetés par tyrolienne ou compresseur et/ou appliqués à la taloche (directement sur la paille, sans grillage).</p>
<ul>
<li> 1ère couche (très liquide et projeté)</li>
</ul>
<p style="padding-left: 60px;">½ volume  de chaux aérienne<br />
 ½ volume  de chaux hydraulique<br />
 3 volumes de sable (0-2mm)</p>
<ul>
<li>2ème et 3ème couche</li>
</ul>
<p style="padding-left: 60px;">1 volume de chaux aérienne<br />
 3 volumes de sable (0-2mm)</p>
<p style="text-align: justify;">Eviter d&#8217;enduire en pleine chaleur (afin que l&#8217;enduit ne sèche pas trop vite) et durant les périodes de gel.</p>
<p><strong>Enduits Terre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Des enduits terre prêts à l&#8217;emploi sont disponibles sur le marché Français et vous pouvez également travailler avec des terres locales. Les enduits terre, à l&#8217;extérieur, sont protégés par l&#8217;orientation du mur, une véranda, un débord de toit, un hydrofuge, un lait/badigeon/enduit de chaux.<br />
 Attention : Evitez d&#8217;enduire en automne ou hiver car le temps de séchage peut être trop long et provoquer de la moisissure.<br />
 Dans les enduits terre, le liant c&#8217;est l&#8217;argile. Des tests sont nécessaires pour déterminer le ratio argile-sable (souvent 1 volume d&#8217;argile pour 3-5 volumes de sable). Parfois,  de la paille broyée est ajoutée au couche de corps, cela sert à prévenir les craquelures.</p>
<p><strong>Enduit Ciment (André de Bouter : Déconseillé !)</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;">1 volume de ciment portland<br />
 1 volume de chaux<br />
 8 volumes de sable propre finement tamisé</p>
<p style="text-align: justify;">Mélangez 80% du volume total de l&#8217;eau, la totalité du sable et toute la chaux et mixez pendant une minute. Puis ajoutez tout le ciment et de l&#8217;eau si besoin. Mélangez à nouveau pendant au moins dix minutes pour obtenir une consistance homogène et collante. D&#8217;habitude, on applique 2 ou 3 couches (en réduisant le nombre de volumes de sable à 6 pour la dernière couche). Conservez l&#8217;enduit ciment humide pendant plusieurs jours, le temps qu&#8217;il durcisse proprement.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Les Cloisons et Plafonds</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une technique de cloisonnage, également développée en Mongolie, utilise le même système de lattes en bois ou grillage (expliqué ci-dessus) cloués sur les deux côtés des poutres 5&#215;5 cm. On bourre doucement l&#8217;espace vide avec de la paille en vrac ou un mélange de terre-paille (plus d&#8217;inertie et moins de risque de rongeurs) et l&#8217;on enduit. Un mur en palettes rempli de terre et paille est également possible. Des plafonds enduits fournissent, aux greniers isolés avec des bottes de paille, une bonne protection contre le feu. Un grillage, plutôt que des lattes en bois, est mieux adapté, dans ce cas. Une couche, de verni imperméable, ou de peinture latex, étanche à l&#8217;eau, sur l&#8217;enduit, devrait suffire comme pare vapeur (étanche à l&#8217;eau mais pas à l&#8217;air).<img class="size-full wp-image-4643 aligncenter" title="la-maison-en-paille-29" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-29.jpg" alt="la-maison-en-paille-29" width="227" height="300" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="12"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Mur Porteur</a></h2>
<p style="text-align: justify;">Il est possible de construire, avec des bottes de paille, sans utiliser d&#8217;ossature (poutres et poteaux) supportant toutes les charges (toiture, neige, intempéries, etc.) de la structure. A la place de l&#8217;ossature, ce sont les murs, en bottes de paille, eux-mêmes, qui supportent toutes les charges : les murs sont porteurs. Ce style de construction est parfois appelé &laquo;&nbsp;style Nebraska&nbsp;&raquo; car le développement de cette technique a fait ses preuves, depuis le début du 20éme siècle, dans les grandes zones de pâturage de l&#8217;Amérique  du Nord, particulièrement dans la zone de Sand Hills, au Nebraska. La toiture, relativement légère, mais de haute qualité, a une forme qui distribue les charges équitablement (une forme pyramidale est idéale).<br />
 En suivant cette approche du mur porteur, il faut considérer les points suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> Taille modeste de la structure (environ 140m² ou moins), pas d&#8217;étage.</li>
<li> Qualité des bottes : secs, bien compressés, uniformes.</li>
<li>Les murs : 8 rangs de bottes ou moins (si ce sont des bottes à 2 ficelles), bien plantés en quinconce, bien de niveau et d&#8217;aplomb.</li>
<li>Les cadres de portes et fenêtres doivent être suffisamment solides pour supporter les charges.</li>
<li>Une sablière rigide, attachée aux fondations par du fil de fer, des câbles, des sangles ou du grillage afin d&#8217;éviter que le vent ne puisse soulever le toit</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Attention :</strong> Dans le cas d&#8217;un construction porteuse, n&#8217;enduisez pas avant que le tassement soit terminé (grâce aux poids du toit et du mur lui-même), cela peut prendre de deux à six semaines et représenter un tassement entre zéro et vingt centimètres, voir plus, si les bottes sont trop peu denses. Prévoyez donc un vide au dessus des cadres des portes et fenêtres. Il existe aussi des moyens pour pré-compresser, partiellement, les murs, (par exemple avec une sangle à cliquet passé dans la fondation et autour de la sablière). Mesurez la hauteur d&#8217;origine et son tassement pour voir quand elle ne se tasse plus, afin de pouvoir commencer à enduire les murs.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4695" title="la-maison-en-paille-30" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-30.jpg" alt="la-maison-en-paille-30" width="463" height="216" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="13"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Approches Alternatives</a></h2>
<p><strong>Rénover en formant une enveloppe de paille</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vous n&#8217;avez pas beaucoup de temps, peu d&#8217;argent, vous ne pouvez pas vous permettre un autre projet de construction ou d&#8217;agrandissement ? Alors améliorez ce que vous avez déjà :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>En posant une couche de bottes enduits sur une nouvelle fondation autour de l&#8217;extérieur de votre maison.</li>
<li>En posant un bon pare vapeur au-dessous du plafond, puis en ajoutant une couche de bottes dans votre grenier (bottes couverts, de haut en bas, avec un enduit, pour les protéger du feu et des rongeurs). Ventilez mais évitez l&#8217;entrée des souris. Vérifiez que votre plafond et votre charpente peuvent supporter le poids considérable des bottes enduit.</li>
<li>En remplaçant vos vieilles menuiseries (cadres inclus) par des nouvelles, de meilleure qualité et qui économiseront l&#8217;énergie.</li>
<li>En réfléchissant au fait de déplacer la majorité de vos ouvertures (fenêtres plein sud pour un gain d&#8217;énergie solaire). En ajoutant une véranda fermée, serre ou sas devant la porte d&#8217;entrée.</li>
</ul>
<p><strong>Structures combinées</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un abri à base de bottes de paille peut inclure plusieurs techniques (ossature et murs porteurs).<br />
 Une des combinaisons possibles possède les paramètres suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> Un poteau central. (ossature)</li>
<li> Des murs de paille sans charpente (murs porteurs)</li>
<li>Une simple fondation faite de sacs de gravier bien tassés et ancrés dans le sol aplani, en appliquant un mélange de terre-paille pour remplir les trous.</li>
<li>Autres options : Contreventements, planches au plafond qui peuvent être enduites, pare vapeur, isolation du toit avec des bottes, dessus enduit, chevrons ficelés aux poutres à travers les bottes, tôles fixées sur les chevrons.</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4645" title="la-maison-en-paille-31" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-31.jpg" alt="la-maison-en-paille-31" width="574" height="356" /></p>
<p style="text-align: left;"> </p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="14"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Finitions</a></h2>
<p><strong>Touches finales</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;amusement que procure la réalisation de murs en paille est éphémère. Il vous reste encore beaucoup de tâches à accomplir, telles que l&#8217;installation  du chauffage, de l&#8217;électricité,  de la plomberie, le recouvrement des sols, l&#8217;agencement des cloisons intérieures, la mise en peinture….<br />
 La liste peut être longue !<br />
 Une attention particulière doit être portée aux :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> <strong>Système électrique</strong><br />
 Avant et pendant l&#8217;installation, gardez toujours à l&#8217;esprit les normes de sécurité contre les risques d&#8217;incendies. Il vous faut suffisamment de circuits munis d&#8217;interrupteur; utilisez des conduits ou encastrez simplement les fils électriques (interdit en France !!) entre deux couches d&#8217;enduit. Envisagez l&#8217;installation d&#8217;un système photovoltaïque avec un réseau en basse voltage.</li>
<li> <strong>Chauffage</strong><br />
 Installez un système de chauffage avec une performance appropriée à votre construction super isolée et donc facile à chauffer. L&#8217;installation  du chauffage demande aussi une grande précaution pour éviter, au maximum, les risques de dommage par le feu ou l&#8217;eau.</li>
<li> <strong>Objets suspendus</strong><br />
 Une fois l&#8217;enduit appliqué, des crochets ou des chevilles peuvent y être introduits, mais seulement pour des objets légers. Pensez à pré installer, à l&#8217;intérieur de vos murs, des bois (chevrons, poutres ou supports quelconques) pour éventuellement y fixer des objets lourds tels  que les radiateurs, la tuyauterie, les placards de cuisine, les étagères,&#8230; etc.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Infiltrations  d&#8217;eau et vapeur d&#8217;eau</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Evitez les fuites d&#8217;air excessives en utilisant des fenêtres et des portes de bonne qualité et étanches.<br />
 Des vérandas fermées ou des serres sont très utiles pour cela. Dans les climats de froid extrême, appliquez sur les murs intérieurs et les plafonds une bonne peinture (ou freine vapeur) qui coupe la vapeur d&#8217;eau pour garder au sec, les murs les plafonds en paille ainsi que les installations.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4646" title="la-maison-en-paille-32" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-32.jpg" alt="la-maison-en-paille-32" width="228" height="195" /></p>
<p><strong>De la maison au foyer</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un foyer n&#8217;est pas seulement une maison. Vous pouvez avoir d&#8217;autres projets, en dehors de la maison, faciles à faire avec la construction en paille, tels que :</p>
<ul>
<li> Une serre à potager, un local à légumes.</li>
<li> Une grange, un garage.</li>
<li> Un poulailler ou autre cage à animal.</li>
<li> Une palissade.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Pensez également à :</p>
<ul>
<li> Des plantations d&#8217;arbres fruitiers, des haies.</li>
<li> La récupération des eaux de pluie.</li>
<li>Des terrasses et trottoirs en pourtour de maison pour contrôler et diriger l&#8217;écoulement de l&#8217;eau de pluie.</li>
</ul>
<p><strong>Toilettes à compost</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vos déjections sont de l&#8217;engrais. Recyclez vos &laquo;&nbsp;engrais&nbsp;&raquo; et les déchets organiques à l&#8217;aide d&#8217;une toilette sèche et de sciure de bois mis en un tas de compost. C&#8217;est aussi très pratique sur le chantier quant l&#8217;assainissement n&#8217;est pas encore installé. Il suffit d&#8217;ajouter une petite dose de sciure, après chaque visite aux toilettes. Vous videz le seau sur le tas de compost. Un an plus tard vous avez du bon compost.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4647" title="la-maison-en-paille-33" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-33.jpg" alt="la-maison-en-paille-33" width="340" height="399" /></p>
<p><strong>Maintenance  et Réparation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une construction n&#8217;est jamais, à proprement parler, terminée. Cela continue avec sa maintenance et d&#8217;éventuelles réparations; voici une liste non exhaustive de points à vérifier :</p>
<ul>
<li> Fuites du toit, corrosion, peintures.</li>
<li> L&#8217;enduit se craquelle et se brise-t-il ? faut-il enduire de nouveau ?</li>
<li> La paille dans les murs et au grenier est-elle sèche ?</li>
<li> Il a-t-il des animaux nuisibles ?</li>
<li>Les fenêtres et les portes sont-elles en bon état ? Doivent elles être repeintes ? Ont-elles des entrées d&#8217;air ? Sont-elles toujours en place ? (aplomb, niveaux).</li>
<li>La jonction, entre menuiserie et enduit, est-elle toujours étanche ?</li>
<li>Au grenier, l&#8217;isolation est-elle complète ? il a-t-il un dégât des eaux ? La cheminée est-elle étanche ? Y a-t-il suffisamment de ventilation ?</li>
<li>Le système de chauffage et la plomberie sont-ils en bon état ? Sécurisés ?</li>
<li>Le sol est-il en bon état ? Les sols en paille sont-ils en bon état ?</li>
<li>Le système de drainage du périmètre est-il toujours opérationnel ?</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4648" title="la-maison-en-paille-34" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-34.jpg" alt="la-maison-en-paille-34" width="642" height="475" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-4615" title="la-maison-en-paille-01" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-01.jpg" alt="la-maison-en-paille-01" width="235" height="175" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Ecrit par :<br />
 S.O. MacDonald</p>
<p>Version française réalisée par:<br />
 &laquo;&nbsp;La Maison en Paille&nbsp;&raquo;, association loi 1901<br />
 <a href="http://www.lamaisonenpaille.com">LaMaisonEnPaille.com</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: right;"><img class="alignright size-full wp-image-4616" title="la-maison-en-paille-02" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-02.jpg" alt="la-maison-en-paille-02" width="250" height="156" /></p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<p style="text-align: right;">Illustré par :<br />
 E. Purev-Erdene</p>
<p style="text-align: right;">Original réalisé par :<br />
 Builders Without Borders &#8211; BWB<br />
 <a href="http://www.builderswithoutborders.org">BuildersWithoutBorders.org</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Conférence à ne pas manquer: s’adapter au nouvel ordre mondial!</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/conference-a-ne-pas-manquer-s%e2%80%99adapter-au-nouvel-ordre-mondial/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/conference-a-ne-pas-manquer-s%e2%80%99adapter-au-nouvel-ordre-mondial/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 May 2009 17:44:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Attention, attention, la grande coterie se rencontre. Les pharaons en cravates se rencontrent, les grands esprits se retrouvent. Tout d’abord, à Athènes, certains des plus importants hommes d’affaires et politiciens de la planète se sont rencontrés pour tenir leur rencontre annuelle secrète avec le groupe des Bilderberg, sous un contrôle de sécurité très étroit. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4676" title="capitalism" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/capitalism.jpg" alt="capitalism" width="340" height="426" /><strong>Attention, attention, la grande coterie se rencontre. Les pharaons en cravates se rencontrent, les grands esprits se retrouvent.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout d’abord, à Athènes, certains des plus importants hommes d’affaires et politiciens de la planète se sont rencontrés pour tenir leur <a href="http://www.letransmuteur.net/bilderberg-2009/">rencontre annuelle secrète avec le groupe des Bilderberg</a>, sous un contrôle de sécurité très étroit. Le luxueux hôtel, le Astir Palace, était protégé par des douzaines de policiers qui avaient pour mission de garder à l’écart la presse et le public, rapporte un journaliste de AFP.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, <a rel="#someid1" href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/us_and_americas/article6350303.ece">le Sunday Times</a> nous apprend qu’un club de milliardaires de l’Amérique s’était réuni pour discuter de leurs lourds soucis concernant la menace désastreuse environnementale, sociale et industrielle. Parmi les soucis les plus importants à émerger de cette rencontre est la surpopulation de la planète, ainsi que des différents moyens pour parvenir à la contrôler et la réduire. Dépopulation mondiale. Ils se sont eux aussi rencontrés en privé, à l’abri des regards indiscrets, « pour considérer comment leurs fortunes pouvaient être utilisées pour ralentir la croissance de la population mondiale et accélérer les améliorations en santé et en éducation. Les philanthropes qui ont assisté au sommet organisé par l’initiative de Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft, ont discutés de joindre leur force pour vaincre les obstacles politiques et religieux qui s’opposent au changement. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ce club nommé le « Good Club » par un « insider » inclue David Rockefeller Jr, le patriarche de la dynastie la plus fortuné de l’Amérique, Warren Buffett et George Soros, des financiers, Michael Bloomberg, le maire de New York, et des dirigeants de grands médias, tels que Ted Turner et Oprah Winfrey.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais nous ne seront pas en reste. À Montréal va se tenir une conférence du 8 au 11 juin 2009, à l’Hôtel Hilton Montréal Bonaventure, intitullée: <a rel="#someid2" href="http://www.conferencedemontreal.com/"><strong>S’adapter au nouvel ordre mondial</strong></a>. Le tout se passe dans le cadre de la 15e conférence annuelle du Forum économique international des Amériques. Ça va être fantastique, amener vos enfants et des sandwichs. Parmi les fiers commanditaires de cet évènement, on retrouve Power Corporation du Canada du clan Desmarais, La Banque Royale du Canada, Rio Tinto Alcan, Génome Québec, GDF Suez, la Société générale de financement du Québec, Exportation et développement Canada (EDC), VIA Rail Canada, la Banque de développement du Canada (BDC),  Investissement Québec, la firme d’avocats Fraser Milner Casgrain, Deloitte, SNC Lavalin, le CRDI et la CSST, le HEC Montréal, La Presse, le National Post, le gouvernement du Québec et du Canada ainsi que de quelques banques internationales.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="#someid3" href="http://www.conferencedemontreal.com/New_Program.html">Au programme</a>:<span id="more-4675"></span></p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">S’ADAPTER AU NOUVEL ORDRE MONDIAL</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;">Nous traversons actuellement une période de crise économique et financière planétaire qui instaurera un nouvel ordre mondial. Les leaders internationaux et gouvernementaux, chefs d’État, gens d’affaires, universitaires, membres de syndicats et représentants de la société civile doivent se réunir et repenser leurs stratégies. Le moment est venu de développer des solutions multidisciplinaires innovatrices qui nous permettront de faire face aux nombreux défis que représente ce monde multipolaire et en améliorer l’état.</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong><br />
 LES GRANDS THÈMES DES QUATRE JOURNÉES DU FORUM :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>Lundi 8 juin 2009 :</strong> économie et gouvernance</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>Mardi 9 juin 2009 :</strong> Journée du millénaire : développement durable, santé et énergie</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>Mercredi 10 juin 2009 :</strong> le commerce international et les Amériques</p>
<p style="padding-left: 30px; text-align: justify;"><strong>Jeudi 11 juin 2009 :</strong> finance internationale</p>
<p style="text-align: justify;">Vous aurez la chance, vous et vos enfants, d’entendre des somptueux invités spéciaux, tels que Madeleine ALBRIGHT, ancienne secrétaire d’État des États-Unis; Mark CARNEY, gouverneur de la Banque du Canada; Stockwell DAY, ministre du Commerce international et ministre de la porte d’entrée de l’Asie Pacifique, Robert B. ZOELLICK, président, Groupe de la Banque mondiale; Paul Desmarais, président du conseil et co-chef de la direction, Power Corporation du Canada; L’honorable Pierre S. Pettigrew, conseiller de la direction, Deloitte et ex-ministre des Affaires étrangères et du Commerce international (Canada); Michael Wilson, ambassadeur du Canada aux États-Unis et plusieurs autres superbes personnages.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, régalez-vous, il y en a pour tout le monde. Les prix vont de $400 par personne pour la moitié d’une journée à $1600 pour les 4 jours. Les tarifs exécutifs varient de  $1 150 à $2 850. Une aubaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Si c’est cela que ça prend pour s’adapter au <a href="http://les7duquebec.wordpress.com/2009/03/31/le-nouvel-ordre-mondial-saffiche-publiquement/">nouvel ordre mondial</a>, et bien moi, je n’hésite pas. On se retrouve là-bas!</p>
<p style="text-align: justify;">À bientôt!</p>
<p><strong>Par François Marginean</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://les7duquebec.wordpress.com/2009/05/26/oye-oye-conference-a-ne-pas-manquer-sadapter-au-nouvel-ordre-mondial/">les7duquebec.wordpress.com</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Bilderberg 2009</title>
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		<pubDate>Sat, 23 May 2009 10:12:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comme chaque année, la réunion du Groupe de Bilderberg a rassemblé dans le plus grand secret l&#8217;élite de la finance, de l&#8217;économie, de la politique et des médias. Elle s&#8217;est tenue du 14 au 17 mai en Grèce à Vouliagmeni, à 20 km au sud d&#8217;Athènes, au Nafsika Astir Palace, un palace 5 étoiles sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana,sans-serif;">Comme chaque année, la réunion du <a href="http://www.syti.net/Organisations/Bilderberg.html" target="_blank">Groupe de Bilderberg</a> a rassemblé dans le plus grand secret l&#8217;élite de la finance, de l&#8217;économie, de la politique et des médias. Elle s&#8217;est tenue du 14 au 17 mai en Grèce à Vouliagmeni, à 20 km au sud d&#8217;Athènes, au <a href="http://www.astir-palace.com/" target="_blank">Nafsika Astir Palace</a>, un palace 5 étoiles sur une presqu&#8217;ile, avec plages privées et port privé pour yachts.</span></p>
<p><span style="font-family: verdana,sans-serif;"><img class="aligncenter" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/bilderberg2009_nafsikaastirpalace.jpg" alt="Bilderberg 2009: Nafsika Astir Palace" width="600" height="176" /></span></p>
<p>Parmi les participants de cette année, on remarque le nombre élevé d&#8217;invités turcs (banquiers, industriels, ministres, et responsables de médias), signe que l&#8217;adhésion de la Turquie à l&#8217;UE est vraiment &laquo;&nbsp;dans les tuyaux&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Comme on pouvait s&#8217;y attendre, le secteur financier est encore plus présent que d&#8217;habitude.</p>
<p>Pour la France, on notera la présence du secrétaire général de l&#8217;UMP, Xavier Bertrand, de la ministre de l&#8217;économie et des finances Christine Lagarde, et pour la Suisse la présence étonnante du leader populiste Christoph Blocher.</p>
<p>Etaient également présents les deux principaux responsables de l&#8217;équipe économique d&#8217;Obama, Timothy Geithner et Lawrence Summers.</p>
<p>Enfin les absents les plus remarqués: Etienne Davignon (président de la Société Générale de Belgique), pourtant présent à toutes les réunions précédentes du Bilderberg, et celle de Maurice Lippens, ex-président de la Banque Fortis, récemment rachetée en partie par BNP et en partie nationalisée provisoirement par l&#8217;état belge.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: verdana,sans-serif;"><br />
 </span><span style="font-family: verdana,sans-serif;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/bilderberg-diagramme-2009.jpg" target="_blank"><img class="aligncenter" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/bilderberg-diagramme-2009-small.jpg" alt="Bilderberg 2009: diagramme des participants" width="680" height="508" /></a><br />
 Le diagramme des connexions de quelques participants de la réunion 2009&#8230;<br />
 Cliquez sur l&#8217;image pour la télécharger en grand (fichier jpeg 3 Mo).</span><span style="font-family: verdana,sans-serif;"> <br />
 </span></p>
<h3>Voici la liste des participants :<span id="more-4554"></span></h3>
<p><span style="font-family: verdana,sans-serif;">Beatrix &#8211; <em>reine des Pays-Bas</em><br />
 Sofia &#8211; <em>reine d&#8217;Espagne</em><br />
 Konstantin &#8211; <em>ancien roi de Grèce</em><br />
 Prince Philipp &#8211; <em>prince de Belgique, membre du Club de Rome</em><br />
 Joseph Ackerman &#8211; <em>président de la <strong>Deutsche Bank</strong></em><br />
 Kieth Alexander &#8211; <em>directeur de le la <strong>NSA</strong></em><br />
 Georgios Alogoskoufis &#8211; <em>ancien ministre grec des finances</em><br />
 Roger Altman &#8211; <em>directeur de la banque d’affaires Evercore Partners, vice-ministre des finances sous la présidence de Clinton</em><br />
 Takis Arapoglou &#8211; <em>Président de la banque centrale de Grèce</em><br />
 <strong>Ali Babacan</strong> &#8211; <em>ministre turc des Affaires étrangères, coordonnateur des négociations d&#8217;adhésion de la Turquie à l&#8217;UE</em><br />
 Dora Bakoyannis &#8211; <em>ministre des affaires étrangères en Grèce</em><br />
 Jon Frederik Baksaas &#8211; <em>Président de Telenor Norvège</em><br />
 Francisco Pinto Balsemão &#8211; <em>ex premier ministre portugais, actuel PDG de la principale holding de presse écrite et adio-visuelle portugaise, Impresa </em><br />
 <strong>Nicolas Baverez</strong> &#8211; <em>éditorialiste de l&#8217;hebdomadaire <strong>Le Point</strong> (propriété du Groupe Pinault)</em><br />
 Franco Bernabè &#8211; <em>président de Telecom Italia, vice-président de <strong>Rothschild Europe</strong></em><br />
 <strong>Xavier Bertrand</strong> &#8211; <em>Secrétaire général de l&#8217;<strong>UMP</strong></em><br />
 Carl Bildt &#8211; <em>ministre des affaires étrangères de Suède, ancien Premier ministre, ex envoyé spécial de l’ONU dans les Balkans</em><br />
 Jan Arne Björklund &#8211; <em>ministre de l&#8217;éducation et président du parti Folkpartiet en Suède</em><br />
 <strong>Christoph Blocher</strong> &#8211; <em>ancien conseiller fédéral et ancien chef du parti de l&#8217;UDC (parti de droite autoritaire et xénophobe en Suisse)</em><br />
 Alexandre Bompard &#8211; <em>PDG de <strong>Europe 1</strong> (propriété du Groupe Lagardère)</em><br />
 Vendeline von Bredow &#8211; <em>journaliste économique à <strong>The Economist</strong></em><br />
 Oscar Bronner &#8211; <em>patron de presse autrichien</em><br />
 Max Boot &#8211; <em>auteur, historien, membre du CFR</em><br />
 Ana Botín &#8211; <em>directrice de la Banco Español de Credito, fille du président de la Banco de Santander, Emilio Botín</em><br />
 <strong>Henri de Castries</strong> &#8211; <em>président d&#8217;<strong>AXA</strong></em><br />
 Juan Luis Cebrián &#8211; <em>président de PRISA, groupe de médias espagnol, et co-fondateur d&#8217;El Païs (premier quotidien espagnol)</em><br />
 W. Edmund Clark &#8211; <em>président de Toronto-Dominion Bank (Canada)</em><br />
 Kenneth Harry Clarke &#8211; <em>député conservateur de Grande-Bretagne et ministre des finances dans le gouvernement fantôme de David Cameron</em><br />
 Luc Coene &#8211; <em>gouverneur adjoint de la Banque Nationale de Belgique</em><br />
 Sami Cohen &#8211; <em>directeur du quotidien turc Milliyet</em><br />
 Timothy C. Collins &#8211; <em>président Ripplewood Holdings</em><br />
 George David &#8211; <em>président de Coca Cola en Grèce</em><br />
 Sir Richard Billing Dearlove &#8211; <em>ex-directeur du <strong>MI6</strong> (services secrets britanniques)</em><br />
 Anna Diamantopoulou &#8211; <em>député du PASOK (parti socialiste grec)</em><br />
 Mario Draghi &#8211; <em>gouverneur de la Banque centrale italienne</em><br />
 Nicolas Eberstadt &#8211; <em>président  de l&#8217;<strong>American Enterprise Institute</strong> (think tank américain)</em><br />
 Anders Eldrup &#8211; <em>président de DONG Energy Danemark</em><br />
 John Jacob Philip Elkann &#8211; <em>vice-président du groupe Fiat</em><br />
 Thomas Enders &#8211; <em>co-président d&#8217;<strong>EADS</strong>, président d&#8217;<strong>Airbus</strong></em><br />
 José Manuel Entrecanales &#8211; <em>président Acciona (groupe de BTP espagnol)</em><br />
 Werner Faymann &#8211; <em>chancelier autrichien, président du SPÖ (parti social-démocrate autrichien)</em><br />
 Isidro Fainé Casas &#8211; <em>président de <strong>Caixa Bank</strong></em><br />
 Niall Ferguson &#8211; <em>professeur d&#8217;histoire à la <strong>Harvard Business School</strong>, historien officiel des Rothschild</em><br />
 <strong>Timothy Geithner</strong> &#8211; <em>secrétaire au Trésor (ministres des finances) des États-Unis</em><br />
 Dermot Gleeson &#8211; <em><strong>conseiller du gouvernement irlandais</strong> et avocat d&#8217;affaires</em><br />
 Donald E. Graham &#8211; <em>PDG du <strong>Washinton Post</strong></em><br />
 Alfred Gusenbauer &#8211; <em>ex-chancelier d&#8217;Autriche</em><br />
 Victor Halberstadt &#8211; <em>professeur de sciences économiques Université de Leiden</em><br />
 Ernst Hirsch Ballin &#8211; <em>ministre de la Justice des Pays-Bas</em><br />
 <strong>Richard Holbrooke</strong> &#8211; <em>représentant spécial d&#8217;Obama pour le Pakistan et l&#8217;Afghanistan</em><br />
 Jan HM Hommen &#8211; <em>président <strong>ING Bank</strong></em><br />
 Jaap de Hoop Scheffer &#8211; <em>secrétaire général de l&#8217;<strong>OTAN</strong></em><br />
 James Logan Jones Jr. &#8211; <em>conseiller à la sécurité nationale d&#8217;Obama</em><br />
 Vernon Jordan &#8211; <em>ancien conseiller à la sécurité nationale du président Clinton, ancien membre de la Commission Baker-Hamilton sur l’Irak, directeur-associé de la <strong>banque d’affaire Lazard Frères</strong></em><br />
 Robert Kagan &#8211; <em>conseiller d&#8217;Obama pour la politique de sécurité, le terrorisme et les Balkans</em><br />
 Jyrki Katainen &#8211; <em>mministre des finances de la Finlande</em><br />
 <strong>Henry Kissinger</strong> &#8211; <em>ex ministre des affaires étrangères des Etats-Unis sous Nixon, président de Kissinger Associates</em><br />
 John M. Keane &#8211; <em>président de SCP Partner, ex-général américain</em><br />
 Muhtar Kent &#8211; <em>président de <strong>Coca-Cola</strong> Turquie</em><br />
 John Kerr &#8211; <em>vice-président de <strong>Royal Dutch Shell</strong>, membre de la Chambre des Lords</em><br />
 Baron Kerr of Kinlochard &#8211; vice-président de la Royal Dutch Shell, président du Centre for European Reform<br />
 Eckart von Klaeden &#8211; <em>porte-parole de la <strong>CDU</strong> (parti d&#8217;Angela Merkel, droite libérale allemande)</em><br />
 Klaus Kleinfed &#8211; <em>président de Alcoa</em><br />
 Mustafa Koç &#8211; <em>président de Koç Holding le plus grand conglomérat turc</em><br />
 Roland Koch &#8211; <em>vice-président de la <strong>CDU</strong>, ministre-président du Land de Hesse</em><br />
 Sami Kohen &#8211; <em>chroniqueur de politique extérieure du journal turc Milliyet</em><br />
 Henry Kravis &#8211; <em>président du <strong>Hudson Institute</strong> (think tank américain), président du fonds d’investissements Kohlberg Kravis Roberts &amp; Co</em><br />
 Marie-Josee Kravis &#8211; <em>membre du Hudson Institute et épouse de Henry Kravis</em><br />
 <strong>Neelie Kroes</strong> &#8211; <em>commissaire européen chargé de la concurrence</em><br />
 Odysseas Kyriakopoulos &#8211; <em>président de l&#8217;Association grecque des industriels, PDG des mines S&amp;B Group</em><br />
 <strong>Christine Lagarde</strong> &#8211; <em>ministre de l&#8217;économie, de l&#8217;industrie et du travail en France</em><br />
 <strong>Pascal Lamy</strong> &#8211; <em>directeur général de l&#8217;<strong>OMC</strong>, ex commissaire européen chargé du commerce, ex négociateur européen pour les accords du GATT, de l&#8217;AGCS et de l&#8217;AMI</em><br />
 Manuela Ferreira Leite &#8211; <em>président du PSD, parti social-démocrate portugais</em><br />
 Bernardino León &#8211; <em>secrétaire général du cabinet du premier ministre Zapatero</em><br />
 Peter Löscher &#8211; <em>président de <strong>Siemens</strong></em><br />
 <strong>Peter Mandelson</strong> &#8211; <em>ministre de l&#8217;économie de Grande-Bretagne, ex commissaire européen chargé du commerce</em><br />
 Jessica Tuchman Mathews &#8211; <em>présidente de <strong>Carnegie Endowment for International Peace</strong> (think tank américain)</em><br />
 Philippe Maystadt &#8211; <em>président de la Banque européenne d&#8217;investissement (BEI, basée au Luxembourg)</em><br />
 Edward McBride &#8211; <em>journaliste à <strong>The Economist</strong></em><br />
 Frank McKenna &#8211; <em>président du conseil d&#8217;administration de la Toronto Dominion Bank</em><br />
 John Micklethwait &#8211; <em>directeur de <strong>The Economist</strong></em><br />
 <strong>Thierry Montbrial</strong> &#8211; <em>President de l&#8217;IFRI (Institut français des relations internationales)</em><br />
 <strong>Mario Monti</strong> &#8211; <em>ex-commissaire européen chargé du marché intérieur, puis de la concurrence, actuellement président de l&#8217;Université Luigi Bocconi de Milan</em><br />
 Miguel Ángel Moratinos &#8211; <em>ministre des affaires étrangères d&#8217;Espagne</em><br />
 Craig Mundie &#8211; <em>stratège en chef de <strong>Microsoft</strong></em><br />
 Egil Myklebust &#8211; <em>président de la compagnie d’aviation SAS, Norsk Hydro ASA, membre du Conseil économique mondial pour le développement durable, ancien président du patronat norvégien</em><br />
 Matthias Nass &#8211; <em>rédacteur en chef adjoint du premier quotidien allemand <strong>Die Zeit</strong></em><br />
 Juan Maria Nin Génova &#8211; <em>président de la <strong>Caixa Bank</strong></em><br />
 <strong>Denis Olivennes</strong> &#8211; <em>directeur général du <strong>Nouvel Observateur</strong></em><br />
 Jorma Ollila &#8211; <em>ex-président de <strong>Nokia</strong> (membre du comité de direction du Bilderberg Group)</em><br />
 George Osboren &#8211; <em>chancelier de l&#8217;Échiquier (ministre des finances) de Grande-Bretabne</em><br />
 Frederic Oudea &#8211; <em>président de la <strong>Société Générale</strong></em><br />
 Cem Özdemir &#8211; <em>co-président du parti Alliance 90/Les Verts en Allemagne</em><br />
 Tommaso Padoa-Schioppa &#8211; <em>ex-ministre des finances italien, ex-membre du directoire de la BCE, président du comité directeur du <strong>FMI</strong></em><br />
 Alexis Papahelas &#8211; <em>journaliste de Kathimerini (journal grec)</em><br />
 Dimitris Papalexopoulos &#8211; <em>président de Titan Cement Company</em><br />
 Jannos Papathanasiou &#8211; <em>ministre grec des finances</em><br />
 <strong>Richard Perle</strong> &#8211; <em>ex conseiller à la sécurité de George W. Bush, l&#8217;un des concepteur de la guerre en Irak, membre important de l&#8217;<strong>American Enterprise Institute</strong> (think tank américain néo-conservateur)</em><br />
 David Petraeus &#8211; <em>général quatre étoiles américain, commandant en chef de l&#8217;US Central Command pour le Moyen-Orient et en Asie centrale</em><br />
 Manuel Pinho &#8211; <em>ministre de l&#8217;économie et Inovation au Portugal</em><br />
 Jean Pisani-Ferry &#8211; <em>directeur de Bruegel</em><br />
 Robert S. Prichard &#8211; <em>directeur du groupe de médias Toronto Star (Torstar), Canada</em><br />
 <strong>Romano Prodi</strong> &#8211; <em>ex-président de la Commission européenne, ex-premier ministre de l&#8217;Italie, responsable des opérations conjointes ONU-UA de maintien de la paix en Afrique</em><br />
 Hanna Rajalahti &#8211; <em>rédacteur en chef de Talouselämä</em><br />
 <strong>Olli Rehn</strong> &#8211; <em>commissaire européenne chargée de l&#8217;élargissement</em><br />
 Heather Reisman &#8211; <em>président de Indigo Books &amp; Music Inc, Canada</em><br />
 Eivind Reiten &#8211; <em>directeur général du groupe Norsk Hydro Petroleum</em><br />
 Michael Ringier &#8211; <em>président du Conseil d&#8217;administration de Ringier Holding AG, principal holding de presse et d&#8217;édition en Suisse</em><br />
 <strong>David Rockefeller</strong> &#8211; <em>banquier, fondateur du <strong>CFR</strong> (Council on Foreign Relations) et de la <strong>Commission Trilatérale</strong>, co-fondateur du Bilderberg Group</em><br />
 Dennis B. Ross &#8211; <em>Directeur du <strong>Washington Institute for Near East Policy</strong> (think tank américain spécialisé sur la géopolitique au Proche-Orient), conseiller spécial d’Hillary Clinton pour le Proche-Orient et l’Asie du Sud</em><br />
 Barnett R. Rubin &#8211; <em>directeur d&#8217;études et &laquo;&nbsp;senior fellow&nbsp;&raquo; du <strong>Centre of International Cooperation</strong>, politologue spécialiste de l’Afghanistan</em><br />
 Alberto Ruiz-Gallardòn &#8211; <em>maire de Madrid</em><br />
 Suzan Sabanci Dinçer &#8211; <em>président de Akbank (banque turque)</em><br />
 Indira Samarasekera &#8211; <em>présidente de l&#8217;université d&#8217;Alberta</em><br />
 Rudolf Scholten &#8211; <em>administrateur de Österreichische Kontrollbank AG</em><br />
 Jürgen Schrempp &#8211; <em>ex-président du directoire de DaimlerChrysler AG</em><br />
 Josette Sheeran &#8211; <em>directrice du <strong>Programme alimentaire mondial</strong> des <strong>Nations Unies</strong></em><br />
 Domenico Siniscalco &#8211; <em>vice-président de <strong>Morgan Stanley</strong></em><br />
 Pedro Solbes Mira &#8211; <em>ex ministre des finances d&#8217;Espagne</em><br />
 Sampatzi Saraz &#8211; <em>banquier turc</em><br />
 Sanata Seketa &#8211; <em>université du Canada</em><br />
 James B. Steinberg &#8211; <em>vice-ministre américain des affaires étrangères</em><br />
 Björn Stigson &#8211; <em>président de World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) </em><br />
 Yannis Stournaras &#8211; <em>directeur de la Foundation for Economic &amp; Industrial Research (IOBE)</em><br />
 <strong>Dominique Strauss-Kahn</strong> &#8211; <em>directeur du <strong>FMI</strong>, Fonds monétaire international</em><br />
 <strong>Lawrence Summers</strong> &#8211; <em>ex-économiste en chef de la Banque mondiale, ex-ministre des Finances sous Clinton, conseiller économique d&#8217;Obama</em><br />
 <strong>Peter Sutherland</strong> &#8211; <em>actuel président de <strong>BP</strong>, ex-commissaire européen chargé de la concurrence, ancien directeur du FMI, ex dirigeant de la banque d&#8217;affaires <strong>Goldman Sachs</strong> International</em><br />
 Nobuo Tanaka &#8211; <em>directeur de l&#8217;Organisation de coopération et de développement économiques</em><br />
 Martin Taylor &#8211; <em>président de Syngenta, ex-président de <strong>Barclays Bank</strong>, ex-secrétaire général du Bilderberg Group</em><br />
 Peter Thiel &#8211; <em>ex-président de <strong>PayPal</strong>, président de Clarium Capital Management</em><br />
 Helle Thorning-Schmidt &#8211; <em>président du parti social-démocrate au Danemark</em><br />
 Thomas Thune Andersen &#8211; <em>président de Maersk Oil, Danemark</em><br />
 Andreas Treichl &#8211; <em>président de Erste Group Bank AG </em><br />
 <strong>Jean-Claude Trichet</strong> &#8211; <em>président du directoire de de la <strong>Banque centrale européenne</strong></em><br />
 Loukas Tsoukalis &#8211; <em>conseiller spécial du président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, président de ELIAMEP (Hellenic Foundation for European &amp; Foreign Policy, think tank grec de politique étrangère)</em><br />
 Agah Ugur &#8211; <em>président de Borusan Holding, Turquie</em><br />
 Matti Vanhanen &#8211; <em>premier ministre de Finlande</em><br />
 <strong>Daniel Vasella</strong> &#8211; <em>président de la multinationale pharmaceutique <strong>Novartis</strong></em><br />
 <strong>Jeroen van der Veer</strong> &#8211; <em>président de <strong>Royal Dutch Shell</strong></em><br />
 <strong>Guy Verhofstadt</strong> &#8211; <em>ancien Premier ministre de Belgique</em><br />
 <strong>Paul Volcker</strong> &#8211; <em>ancien président de la <strong>Fed</strong>, conseiller économique de Barack Obama</em><br />
 Jacob Wallenberg &#8211; <em>banquier et grand industriel de Suède, administrateur du fonds d’investissements Investor AB</em><br />
 Marcus Wallenberg &#8211; <em>banquier et grand industriel de Suède, directeur du fonds d’investissements Investor AB</em><br />
 Nout Wellink &#8211; <em>gouverneur de la banque centrale néerlandaise, membre de la <strong>Banque centrale européenne</strong></em><br />
 Gerardus Johannes Wijers &#8211; <em>ex-ministre de l&#8217;économie des Pays-Bas</em><br />
 Martin Wolf &#8211; <em>rédacteur en chef au <strong>Financial Times</strong></em><br />
 <strong>James Wolfensohn</strong> &#8211; <em>ancien président de la <strong>Banque mondiale</strong>, président du conseil international de Citigroup</em><br />
 <strong>Paul Wolfowitz</strong> &#8211; <em>ancien président de la <strong>Banque mondiale</strong>, ex conseiller de George W. Bush, ex-vice-ministre de la défense des États-Unis, principal responsable de la guerre en Irak</em><br />
 Fareed Zakaria &#8211; <em>rédacteur en chef de <strong>Newsweek International</strong>, commentateur politique sur <strong>ABC News</strong>, au <strong>New York Times</strong>, au <strong>Wall Street Journal</strong>, au New Yorker et sur <strong>CNN</strong></em><br />
 <strong>Robert Zoellick</strong> &#8211; <em>président de la Banque mondiale, ex négociateur américain pour les accords du GATT, de l&#8217;AGCS et de l&#8217;AMI</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="font-family: verdana,sans-serif;">(source: <a href="http://blog.syti.net/index.php?article=137">Sity.Net &#8211; Le Blog</a>)</span></em></p>
<h3>Voici le communiqué officiel :</h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: verdana,sans-serif;"><strong>COMMUNIQUÉ DE PRESSE</strong><br />
 BILDERBERG MEETINGS<br />
 17 mai 2009</span></p>
<p>Le 57è Bilderberg Meeting se tiendra à Vouliagmeni, en Grèce, du 14 au 17 mai 2009. La conférence traitera principalement de la crise financière, des gouvernements et du marché, du rôle des institutions, des économies de marché et des démocraties, de l&#8217;Irak et de l&#8217;Afghanistan, des Etats-Unis et du monde, du cyber-terrorisme, des nouveaux impérialismes, du protectionisme, et des défis post-Kyoto.</p>
<p>Environ 130 participants sont attendus dont les deux tiers viennent d&#8217;Europe et les autres d&#8217;Amérique du Nord. Environ un tiers d&#8217;entre eux viennent de la politique et des gouvernements, et les deux tiers viennent de la finance, de l&#8217;industrie, des services, de l&#8217;éducation et des communications. Le meeting est privé afin d&#8217;encourager les discussions franches et ouvertes.</p>
<p>Le Bilderberg tient son nom de l&#8217;hôtel en Hollande où s&#8217;est tenu le premier meeting, en mai 1954. Ce meeting pionnier pris forme autour de la préoccupation exprimée par des citoyens leaders des deux cotés de l&#8217;Atlantique, alors que l&#8217;Europe de l&#8217;Ouest et l&#8217;Amérique du Nord travaillaient ensemble aussi étroitement que possible sur les problèmes communs d&#8217;importance critique. Il fut ressenti que des discussions régulières et &laquo;&nbsp;off the record&nbsp;&raquo; pourraient aider à une meilleure compréhension des forces complexes et des tendances majeures affectant les nations occidentales dans la difficile période de l&#8217;après-guerre.</p>
<p>La Guerre Froide est maintenant terminée. Mais à presque tous les égards, il y a davantage, pas moins, de problèmes communs &#8211; du commerce à l&#8217;emploi, de la politique monétaire à l&#8217;investissement, des défis écologiques à la tâche de promouvoir la sécurité internationale. Il est difficile de penser à n&#8217;importe quelle question aussi bien en Europe qu&#8217;en Amérique du Nord pour lesquelles des solutions multilatérales n&#8217;auraient pas (&#8230;) <em>[ligne manquante sur le fax]</em></p>
<p>Ce qui est unique à propos du Bilderberg en tant que forum est le large éventail de citoyens leaders qui sont rassemblés pour environ trois jours de discussions informelles et &laquo;&nbsp;off the record&nbsp;&raquo; à propos de thèmes liés aux préoccupations présentes, en particulier dans le domaine des affaires étrangères et de l&#8217;économie internationale. Le sentiment fort parmi les participants qu&#8217;au vu des différentes attitudes et expériences des nations occidentales, il demeure un besoin clair de développer encore plus loin une compréhension qui intègre ces préoccupations. Le caractère privé du meeting n&#8217;a pas d&#8217;autre propos que de permettre aux participants de parler librement et avec l&#8217;esprit ouvert.</p>
<p>En résumé, Le Bilderberg est un forum international petit, flexible, informel et &laquo;&nbsp;off the record&nbsp;&raquo; dans lequel différents points de vue peuvent être exprimées et la compréhension mutuelle améliorée.</p>
<p>La seule activité du Bilderberg est cette Conférence annuelle. Durant le meeting, aucune conclusion n&#8217;est atteinte, aucune recommandation n&#8217;est faite, et aucune déclaration politique n&#8217;est formulée. Les noms des participants sont rendus disponibles à la presse. Les participants sont choisis en fonction de leur expérience, leur connaissance, et leur statut; tous les participants assistent au Bilderberg dans un cadre privé et non officiel.</p>
<p style="text-align: right;"><em><span style="font-family: verdana,sans-serif;">(source: <a href="http://blog.syti.net/index.php?article=138">Sity.Net &#8211; Le Blog</a>)</span></em></p>
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		<title>La Terre peut-elle nourrir le monde aujourd&#8217;hui et demain ?</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2009 07:22:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alcidejet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Conférence Débat organisée par le CCFD avec Marc Dufumier, auteur et directeur de laboratoire à AgroParistech, et Christian Troubé, rédacteur en chef de La Vie, auteur de Les nouvelles famines, des catastrophes pas si naturelles, le 24 Avril 2009 au Centre de congrès Le Manège à Chambéry, en Savoie (73) En partenariat avec le CCFD [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignright size-full wp-image-4541" title="la-terre-aux-urgences" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-terre-aux-urgences.jpg" alt="la-terre-aux-urgences" width="360" height="293" />Conférence Débat organisée par le CCFD avec Marc Dufumier, auteur et directeur de laboratoire à <a href="http://www.agroparistech.fr/">AgroParistech</a>, et Christian Troubé, rédacteur en chef de <a href="http://www.lavie.fr/">La Vie</a>, auteur de <a href="http://www.autrement.com/ouvrages.php?ouv=2746710092">Les nouvelles famines, des catastrophes pas si naturelles</a>, le 24 Avril 2009 au Centre de congrès <em>Le Manège</em> à Chambéry, en Savoie (73)</strong></p>
<p>En partenariat avec le <a href="http://www.ccfd.asso.fr/">CCFD</a> <em>(Comité Catholique contre la Faim et pour le développement)</em> et le soutien de nombreuses associations : la <a href="http://www.fnsea.fr/sites/webfnsea/">FMSEA</a> <em>(Fédération départementale des Syndicats des exploitants agricoles)</em>, la <a href="http://www.confederationpaysanne.fr/">Confédération paysanne</a>, le <a href="http://cmr.cef.fr/">CMR</a> <em>(Chrétiens en monde rural)</em>, le <a href="http://www.reinach-formations.educagri.fr/spip.php?page=rubrique">Lycée agricole de Savoie</a> et <a href="http://www.artisansdumonde.org/">Artisans du monde</a>, des collectivités territoriales rattachées à <a href="http://www.peuples-solidaires.org/">Peuples Solidaires</a>.</p>
<p>Une manifestation dont l&#8217;engouement obligea les organisateurs à retransmettre la conférence dans une salle annexe, elle aussi remplie !</p>
<p><em>La bande est enregistrée sur plusieurs supports, elle présente donc 3 blancs de quelques seconde, mais qui n&#8217;entache en rien la qualité et l&#8217;intérêt de la conférence.</em></p>
<p>
 Durée : 2h04</p>
<p style="text-align: right;"><em>Merci à Jean-François Druhen-Charnaux de nous avoir transmis ce document</em></p>
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		<title>Pour une maison écologique</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/pour-une-maison-ecologique/</link>
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		<pubDate>Thu, 21 May 2009 20:11:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Jean Charles Fabre l’architecte Jean Charles Fabre propose une vision nouvelle de votre habitation et offre une véritable réflexion sur l’éco-système à choisir et à bâtir en réalisant votre maison. Approche sensible et énergétique d’un terrain Faire le choix de construire une maison vivante, c’est avant toute chose se rendre perceptif aux qualités vitales [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Par <a href="http://www.amazon.fr/Maison-entre-Terre-Jean-Charles-Fabre/dp/2858293740">Jean Charles Fabre</a><br class="spacer_" /></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/5175k5hajdl_sl500_aa240_.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-4506" title="5175k5hajdl_sl500_aa240_" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/5175k5hajdl_sl500_aa240_.jpg" alt="5175k5hajdl_sl500_aa240_" width="291" height="291" /></a>l’architecte Jean Charles Fabre propose une vision nouvelle de votre habitation et offre une véritable réflexion sur l’éco-système à choisir et à bâtir en réalisant votre maison.</strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">Approche sensible et énergétique d’un terrain</span></span></h3>
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<p class="spip" style="text-align: justify;">Faire le choix de construire une maison vivante, c’est avant toute chose se rendre perceptif aux qualités vitales du sol et de son environnement pour se les concilier et pouvoir s’en nourrir. Aussi le temps et l’importance de cette démarche préalable ne doivent-ils pas être minimisés. Je vous propose d’aborder le lieu, le terrain choisi, comme la &laquo;&nbsp;table des matières&nbsp;&raquo; &#8211; au sens propre &#8211; d’un livre &#8211; votre future maison &#8211; dont vous ignorez encore le contenu.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Si la situation vous le permet, ne soyez jamais pressé de construire. Ménagez-vous du temps pour aborder le lieu à plusieurs moments de l’année. Observez les arbres, leurs teintes, leur formes, et les vues que ménage la chute des feuilles à la saison hivernale. Les trouées de verdure permettent une relation nouvelle à notre environnement. Elles pourront se traduire par la suite dans la maison par le choix d’une ouverture orientée. L’arbre en tant que condensateur des énergies vitales d’un lieu (le Tchi des Chinois) vous donnera toujours une idée de potentiel énergétique à disposition sur votre terrain. Je suggère l’approche suivante :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Faites le choix d’un arbre qui, par sa forme, sa taille, son harmonie ou sa particularité vous semble l’arbre maître du lieu. Vous vous mettez dos à lui, puis mentalement vous vous identifiez à lui. Observez alors en tournant progressivement, sans perdre le contact du dos ce que l’arbre &laquo;&nbsp;voit&nbsp;&raquo; de son environnement. Vous aurez ainsi une idée des qualités particulières que &laquo;&nbsp;fixe&nbsp;&raquo; l’arbre.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Observez les mousses sur les troncs des arbres. Elles vous donneront la direction principale des pluies sur le site. Quant aux arbres penchés ils vous indiqueront la direction des vents dominants. Il se peut qu’un arbre penché ponctuellement révèle la sous-jacente d’un courant tellurique (cours d’eau, feuille). La présence d’arbres ou de sites foudroyés à proximité sont à ce titre, révélateurs.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span id="more-4503"></span>Regardez comment les animaux non domestiques se comportent sur le terrain : les traces de fourmilières importantes ou de défilés de fourmis sont l’indice de fortes influences électriques localement. Elles peuvent avoir une cause naturelIe &#8211; courant électrique tellurique &#8211; ou artificielle : lignes à haute tension. Chercher à circonscrire ces zones, non pas pour les écarter a priori mais pour situer leur importance. Placez-vous de façon à voir l’herbe au ras du sol. Vous verrez apparaître à certains endroits des zones plus lumineuses ou plus verdoyantes. Elles seront pour vous l’indice, soit de zones plus humides en surface, soit de passage d’eau souterraine.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Considérez que l’orientation solaire du terrain est un des facteurs qui vitalisera le plus votre future maison. La protection du terrain au Nord et au Nord-Ouest par un bosquet d’arbres, une remontée de terrain ou la présence de rocher faisant &laquo;&nbsp;écran&nbsp;&raquo;, contribueront également à &laquo;&nbsp;contenir&nbsp;&raquo; l’énergie vitale du site.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Faites l’expérience suivante : considérez que votre terrain est une entité vivante à part entière. Observez les axes principaux de cet enclos. Voyez s’il existe des levers ou des couchers solaires qui coïncident exactement avec un axe de votre terrain. Notez la ou les dates qui correspondent. Ces dates sont les &laquo;&nbsp;jours anniversaires&nbsp;&raquo; du lieu. A ces dates, le temps et l’espace s’épousent. Ces notions, apparemment simplistes, fondent en vérité l’opérativité du trait dans la conception des édifices sacrés traditionnels (cathédrales&#8230;). Appuyez-vous sur cette convergence de l’espace et du temps. Cela pourra se traduire dans votre maison, par le choix de direction en résonance avec celles du terrain. Faites également l’expérience des orientations sonores sur votre terrain et ce, à différentes heures de la Journée. A savoir. notez ce que votre terrain, en tant qu’oreille vivante &#8211; espace vibratoire &#8211; perçoit. des sonorités aIentours (cloches, &#8211; bruissements, bruits de moteurs, espaces de non-bruit&#8230;).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Un caractère important à relever sur un site est aussi la manière dont les gens construisent traditionnellement. (0rientation et pentes des toitures, matériaux locaux). Ces faits relevés complèteront la &laquo;&nbsp;carte énergétique&nbsp;&raquo; ou table des matières que vous vous proposez d’établir. Parlez, rencontrez les gens des lieux environnants, vous aurez toujours à gagner quelques témoignages de vie. Car si les pierres sur votre sol, les arbres, les animaux témoignent de la vitalité du lieu combien plus encore peuvent témoigner les générations de familles qui s’y sont succédées.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Après vous être imbibé du lieu, avoir &#8211; senti la terre, l’avoir malaxée, vous en être pétri, entrez dans la légende du site, son histoire. Car sitôt que vous aurez choisi un terrain (ou sitôt qu’un terrain vous aura choisi), vous en êtes l’héritier. Notez tous les éléments de votre recherche comme l’on note au réveil les lambeaux de rêves dont on ne perçoit pas le sens dans sa globalité. Ne vous méprenez pas, vous construisez déjà votre maison. Soyez avant tout ludique. Venez lire sur votre terrain, y méditer, y dormir, y rêver. Laissez-vous féconder par cette terre, votre terre, tout comme cette Terre-Mère qui, pour les aborigènes d’Australie rend fécond par le rêve le futur géniteur. Ainsi l’enfant &#8211; votre maison &#8211; sera-t-il rêvé par vous, avant de naître dans un lieu choisi et rendu sacré. Et, que je sache, le sacré, &laquo;&nbsp;ça crée&nbsp;&raquo;.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">Tellurisme et Archi-Texture du lieu</span></span></h3>
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<p class="spip" style="text-align: justify;">Jean-Charles Fabre, architecte géobiologique, nous parlait dans l’introduction de la manière de choisir un lieu pour bâtir une maison. Cette fois, il s’interroge sur l’orientation exacte de celle-ci sur le terrain. Le lieu où nous construisons est une image-miroir de notre terre intérieure. Entendons par là que ce lieu est virtuellement porteur de toutes nos potentialités ; la maison que nous y reconstruisons en est l’actua- lisation. Autrement dit, édifier sa maison conduit à suivre un processus de croissance personnelle. Mais c’est aussi un travail sur le couple et sur la famille qui s’engage. Une fois qu’il est entendu que nous sommes cette maison que nous construisons, nous pouvons nous exercer à rechercher sur notre lieu ses canaux d’énergie, son acupuncture terrestre. Réseaux Hartmann, Cury, Perey, cheminées cosmo-telluriques nous donneront de bonnes occasions de nous rendre disponibles à nous-mêmes.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">En rappel</h3>
<div class="spip_documents spip_documents_right" style="float: right; width: 190px; text-align: justify;"><img style="border-width: 0px;" src="http://www.nouvellescles.com/IMG/jpg/DM.jpg" alt="(JPG)" width="190" height="269" /></p>
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<div class="spip_doc_descriptif" style="text-align: center;"><strong>Rencontre des forces cosmiques et telluriques. Influence du sol  et du sous-sol.</strong></div>
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<p class="spip" style="text-align: justify;">La nature du réseau Hartmann est essentiellement électromagnétique. Il s’exprime sous la forme d’une vaste trame réticulée orientée Nord-Sud et Est-Ouest. A la surface de la terre et des mers, chaque quadrillage, lorsque le sous-sol n’est pas perturbé, (présence souterraine d’un cours d’eau, d’une faille, d’une cavité) apparaît tous les 2,50 m dans la composante Est-Ouest et tous les 2 m dans la composante Nord-Sud. L’épaisseur de ces &laquo;&nbsp;murs&nbsp;&raquo; électromagnétiques &#8211; théoriquement &#8211; et orthogonaux est d’une vingtaine de centimètres.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce filet invisible présente 3 types de zones spécifiques : zones dites neutres dans l’espace central délimité par les champs de forces Nord-Sud et Est-Ouest ; zones de premières intensités correspondant aux lignes de forces proprement dites ; zones dites &laquo;&nbsp;radiantes&nbsp;&raquo;, au croisement des lignes de forces. Ces espaces très délimités (20 cm x 20 cm) sont encore appelés noeuds Hartmann (n.h) ou noeuds radiants. La composante verticale qui résulte de ces croisements est la plus active en particulier lorsque, conjointement au n.h, se combine la présence souterraine d’un cours d’eau ou d’une faille. Hartmann parle alors de point géopathogène. Quand un sous-sol est perturbé, on assiste à des transformations profondes du réseau Hartmann (r.h) : modification des directions Nord-Sud et Est-Ouest du réseau, diminution des zones &laquo;&nbsp;neutres&nbsp;&raquo;, contraction du réseau avec augmentation de surface des noeuds.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous verrons, lorsque nous étudierons l’intérieur de la maison, que le mauvais choix des matériaux peut entraîner des conséquences équivalentes à un &laquo;&nbsp;mauvais&nbsp;&raquo; choix de lieu. Limitons-nous pour l’instant à évoquer les influences naturelles d’un terrain sur le r.h et leurs conséquences sur le vivant. On considèrera comme perturbateur pour l’organisme la présence d’un n.h à l’aplomb d’un cours d’eau souterrain ou d’une faille, et non la seule présence d’un n.h dans une chambre, par exemple. A la verticale de telles zones, les arbres développent des sortes de protubérances anarchiques le long du tronc (type cancer). Chacun de nous en aura sans doute fait l’observation lors d’une marche en forêt ou dans des jardins publics. Ainsi, à chaque détection, je retrouve la constante d’un sous-sol perturbé à l’aplomb de l’arbre malade. Les haies végétales aux abords de ces zones sont quant à elles moins fournies.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans le règne animal, d’autres observations sont liées au parcours qu’emprunte le r.h suivant les perturbations locales. Les insectes à mode de vie grégaire recherchent spontanément les zones de plus forte activité tellurique. Ainsi, lorsque vous aurez développé l’usage du &laquo;&nbsp;lobe antenne&nbsp;&raquo; mis au point par Hartmann, vous constaterez que les fourmilières se développent essentiellement sur des n.h. Vous observerez aussi que les couloirs de fourmis dans la nature correspondent aux lignes des plus fortes activités du réseau. Guêpes et frelons affectionnent également ces zones &laquo;&nbsp;radiantes&nbsp;&raquo;. Une expérience qui m’a été suggérée et que j’ai menée avec un ami apiculteur portait sur plusieurs ruchers.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Elle consistait à matérialiser au sol à l’aide de bandes de papier, le tracé du r.h puis de positionner les ruches sur des noeuds radiants, chacune d’elles étant orientée vers l’Est ; la production en miel dans ces conditions a presque doublé de l’ordinaire. Précaution à prendre : déplacer les ru- ches de quelques centimètres en zone neutre du r.h. durant la période de non-production. A défaut, il y a risque d’épuisement de l’essaim. Au cours de l’approche que vous aurez des réseaux telluriques, vous constaterez que certains animaux domestiques affectionnent égaIement les zones radiantes alors que d’autres les évitent. Ainsi les chats recherchent volontiers ces zones du réseau H alors que les chiens s’en éloignent.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">Les orientations dans l’habitation </span></span></h3>
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<p class="spip" style="text-align: justify;">Avant de s’orienter dans l’espace un homme debout est axé. Ainsi appréhende-t-il spécialement six repères : le bas, le haut et les quatre directions cardinales.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Sa construction est a son image.</p>
<div class="spip_documents spip_documents_right" style="float: right; width: 150px; text-align: justify;"><img style="border-width: 0px;" src="http://www.nouvellescles.com/IMG/jpg/D1.jpg" alt="(JPG)" width="150" height="165" /></p>
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<div class="spip_doc_descriptif" style="text-align: center;"><strong>Chez les Dogons, au Mali, le lit comme la façade d’entrée est orienté tête au nord.</strong></div>
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<p class="spip" style="text-align: justify;">Sur sa maison, c’est déterminé le lieu de la coexistence des énergies issues de la terre avec lesquelles on compose (sur lesquelles la maison &laquo;&nbsp;se greffe&nbsp;&raquo;) et des influences du ciel que l’on cherche à se concilier. Nous avons vu que sur tout terrain préexiste un certain nombre de forces qu’il convient de repérer, avant l’implantation de la maison. En termes électriques, les influences cosmiques sont des charges positives et celles qui émanent de la terre, des charges négatives. Ainsi, notre planète se comporte comme l’armature négative d’un immense condensateur dont l’autre partie, le cosmos, serait de charge positive. Sitôt que l’on s’est assuré par un repérage systématique des bonnes qualités du lieu et de son environnement, on procède au choix des orientations de la maison.Au coeur de la future construction, son &laquo;&nbsp;noeud de vie&nbsp;&raquo;, on plante un pieu vertical sur le terrain. Cet acte permet de marquer plusieurs étapes dans l’élaboration du projet :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">1. Fixation des qualités sensibles du lieu par un geste symbolique. On plante en terre la première graine de notre projet, c’est une façon de prendre possession du lieu. Tout comme en acupuncture, le choix du moment dans l’année pour cet acte, voire le jour et l’heure, nous connecte avec les forces vives de la saison.Idéalement on respecte le cycle naturel de la descente de la sève dans les arbres. La période la plus propice est donc de la fin de l’automne, au début de l’hiver.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">2. Détermination de la direction Sud-Nord au midi solaire par l’observation de l’ombre portée de ce gnomon sur le sol.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">3. Le rapport de distance entre l’ombre postée et la hauteur du repère vertical pris comme unité, peut-être utilisé pour fixer une proportion que l’on utilise dans le tracée régulateur de la maison. Ce rapport s’avère intéressant pour définir la proportion à respecter entre la hauteur du bâtiment et sa profondeur.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">4. L’observation des levants et couchants solaires sur l’horizon du site permet de noter au solles directions qu’empruntent les ombres du gnomon à ces périodes. On peut inscrire ainsi notre futur bâtiment dans des orientations solaires en fonction de dates que l’on jugera opportunes pour les habitants</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ces choix directionnels sont rendus manifestes ultérieurement soit par la porte d’entrée (axe d’un levant) soit par des orifices ou fenêtres, soit par la direction globale de la maison. Prenons un exemple dans la tradition des cathédrales. Notre Dame de Chartres est orientée de sorte que le soleil se lève précisément dans l’axe du bâtiment le jour du solstice d’été.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Par ailleurs le soleil se couche précisément sur le portail royal (occidental) le jour du solstice d’hiver, ce qui établit un rapport d’espace-temps entre les fêtes de Saint-Jean le Baptiste</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">(24 Juin) et Saint Jean l’Evangéliste (27 Décembre) qui s’inscrit dans la construction.</p>
<div class="spip_documents spip_documents_right" style="float: right; width: 200px; text-align: justify;"><img style="border-width: 0px;" src="http://www.nouvellescles.com/IMG/jpg/D2.jpg" alt="(JPG)" width="200" height="108" /></p>
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<div class="spip_doc_descriptif" style="text-align: center;"><strong>La maison traditionnelle chinoise est orientée au sud. Ici, tout semble s’orienter autour de l’autel des ancêtres (centre-nord).</strong></div>
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<p class="spip" style="text-align: justify;">Plus modestement, lors d’une réalisation architecturale j’ai privilégié dans le bâtiment les axes correspondant aux levers et couchers solaires de la date anniversaire de la création de l’entreprise qui me commandait les travaux.Dans le cas d’une maison déjà existante, il est toujours intéressant de relever les directions principales qu’emprunte le bâtiment sur le site.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On peut ainsi le relier à des jours précis dans l’année. Ces jours marquent en quelque sorte les dates &laquo;&nbsp;d’épousailles&nbsp;&raquo; du soleil et la terre. A présent, voyons comment jouent les fonctions de la maison dans les directions de l’espace. Pour cela, référons-nous à l’ordre de l’alternance nuit-jour. Analogiquement, on associe à minuit, le Nord et l’hiver, aux premières heures du jour, l’Est et le Printemps, à midi solaire, le Sud et l’Eté, aux dernières heures du jour, l’Ouest et l’Automne.La course du soleil nous sert de référence pour positionner les fonctions des activités de la maison selon leur qualité.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">De même que le soleil ouvre le jour par l’Est, de même aussi choisit-on globalement cette direction pour y associer énergétiquement cette position qui répond, pour les habitants, à la fonction des forces vives qui pénètreront la maison. La fonction d’élaboration de la nourriture à laquelle échoit la cuisine est située de préférence à l’Est ou à l’Ouest de la maison. A l’image de la lumière solaire qui, à son levant et à son couchant transmue progressivement, ces directions générales répondent à des processus de transformation auxquels sont soumis analogiquement les aliments.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le séjour, en tant que lieu d’échange et de partage de la famille, de réception des hôtes, se positionne en partie Sud. Tout comme les forces solaires dé midi qui président à cette orientation, c’est ici que s’exprimera le plus harmonieusement le rayonnement de la famille.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On peut privilégier une ouverture au Sud-Ouest afin de bénéficier jusqu’aux dernières lueurs de la lumière naturelle au coeur de la maison. On choisit de faire coincider l’emplacement du foyer-cheminée avec le &laquo;&nbsp;noeud-de-vie&nbsp;&raquo; de la maison, initialement marqué par le gnomon. Les fonctions de la maison se développent alors depuis cette origine selon un processus de croissance identique à celui des feuilles et des fleurs autour de la tige d’une plante.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La chambre présente une double fonctions : de repos et de régénération. Pour l’homme, la phase de repos dans le cycle est lié aux premières heures de la nuit jusqu’à minuit 1/2 H. du matin. La phase de régénération la prolonge jusqu’aux premières heures du jour.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La première phase est analogiquement reliée au Nord et à la saison hivernale, la seconde renvoie à l’Est et au renouveau printanier. Afin se mettre en accord avec le cycle naturel, la chambre présentera une fenêtre orientée vers l’Est de puiser au réveilles forces vives du levant. Si la pièce le permet le lit est orienté tête au Nord. Ainsi orienté dans le champs magnétique terrestre notre corps bénéficie d’une meilleure circulation plein Nord qui deviennent vite des &laquo;&nbsp;chambres froides&nbsp;&raquo;. La fonction &laquo;&nbsp;douche&nbsp;&raquo;d’une salle d’eau présentant un caractère vitalisant et de tonicité pour l’organisme, nous pouvons lui associer une position Est-Nord-Est dans le plan de la maison. La fonction&nbsp;&raquo; bain&nbsp;&raquo; quant à elle renvoie plus à des valeurs de détente, de relaxation, proche du repos nocturne.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">C’est le moment où les tensions se déracent et où notre corps, tout comme la lumière solaire, s’apprête à rentrer dans une phase de repli. L’orientation Ouest (N.O-S.O.)se situe globalement dans cette résonnance. On choisit de placer dans la partie Nord du plan tous les volumes techniques, aires de stockage, garage. Ainsi positionnées ces fonctions jouent le rôle d’espaces tampons par rapport aux pieces d’habitation. On cherche à regrouper dans cette même partie les différentes canalisations des eaux ainsi que l’arrivée du circuit électrique.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Une fontaine d’intérieur dans une maison traduit l’âme sensible fonction complémentaire au foyer coeur de la maison. Elle joue, alors le rôle de poumon dans l’habitation (tel. l’atrium dans la villa romaine). Sa place n’est pas à sous estimer. Si l’on choisit de la placer vers l’entrée, c’est à dire vers l’Est, elle contribuera à créer une dynamique sensible et présidera à l’accueil des visiteurs.Si l’on opte pour la portée Ouest de la maison, elle sera perçue comme espace de méditation ou espace ludique quand, au coucher du soleil, l’eau jouera avec les derniers rayons de lumière. Faire le choix d’orientations précises permet d’inscrire un certain ordre céleste dans un ordre terrestre. Qu’ils soient symboliques ou énergétiques, esthétiques ou techniques les choix directionnel sous tendent la vitalité de la construction.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: medium;">Mode constructif et matériaux de la maison</span></span></h3>
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<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">Rappel :</strong> lorsqu’on s’apprête à construire une maison, une attention particulière doit être portée à l’écosystème. La coexistence des pierres, d’espèces végétales et animales nous informe de l’équilibre naturel et sensibledu site ettémoigne de sa vitalité. La mémoire du lieu &#8211; son histoire, ses légendes à travers les étymologiesdes lieux-dits, les formes culturelles locales, son climat, son relief, ses cours d’eau sont autant d’expressions de l’&nbsp;&raquo;énergie&nbsp;&raquo; qui circule sur le site (tchi des chinois). On cherchera à se concilier ses vertus dans la maison, par le choix d’orientations symboliques et/ou énergétiques, prenant en compte les données du paysage. Mode constructionet matériaux occupent à cet égard un rôle majeur. Toutefois. fairele choixde matériaux de construction parce qu’ils sont naturels ne suffit pas. Il convient de se poser quelques questions les concernant. Plusieurs critères rentrent en ligne de compte.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Critères de choix des matériaux</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les matériaux utilisés doivent permettre la respiration dela maison.Tout comme des vêtements, les matériaux régulent les échangés thermiques et hygrométriques avec l’extérieur. Un matériau trop isolant aux échanges gazeux développe à la longue une ambiance confinée : sensation comparable au port d’un vête- mentplastique qui accroît la transpiration. Ceci est le cas des bétons, des enduits et peintures plastifiés, des panneaux de façade P. V .C, isolants polystyrène et polyuréthane expansés&#8230; Dans une certaine mesure les briques de haute densité ou ayant subi un passage au feu de plus de 900°C. produisent une moindre respiration du bâtiment. Par contre les techniques mettant en oeuvre l’ossature bois, la paille (technique de remplissage d’une ossature bois, par exemple, Je tout enduit d’une coque chaux-sable), la pierre, la terre sous toutes ses formes (pisé, brique de terre crue, stabilisée à la chaux et/ou armée avec des fibres de seigle) répondent à ce critère. On peut aussi évoquer les techniques mettant en oeuvre par banchage (coffrage) sur ossature bois ou en dalle isolante sur terre battue, un composant à base de fibres végétales et de chaux, telles que le chanvre. Dans une orientation d’autoconstruction, la technique d’un &laquo;&nbsp;bois cordé&nbsp;&raquo; permet la réalisation de murs porteurs à partir de bûches maçonnées (mélange chaux, ciment sciure, sable). Le plâtre répond à ce premier critère tout en jouant un rôle de volant hygrométrique. Pour un enduit de façade, un mélange à base de chaux aérienne, de sable et de plâtre répond aussi à cette première exigence.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Matériaux vivants</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">A ce critère répondent les matériaux les plus &laquo;&nbsp;yang&nbsp;&raquo;. Les matériaux ci-dessus énoncés rentrent dans ce registre : les bois massifs, paille, bois cordé, pierre. Les techniques utilisant des fibres végétales telles que le chanvre, seigle en mixité avec la chaux, créent en séchant une minéralisation du composant. De fait, le matériau acquiert une nouvelle structure apte à répondre à ce critère. Ce qui n’est pas le cas des panneaux de particules (agglomérées) rendus rigides par des résines synthétiques qui &laquo;&nbsp;gèlent&nbsp;&raquo; la fibre. De plus les colles que renferment ces matériaux comportent des produits toxiques (voir critères de toxicité).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Parmi les matériaux les moins struccurés ou n’évoluant pas vers une nouvelle structure, citons les bétons, le verre, l’acier, l’aluminium,les isolants polystyrène, polyuréthanne ; mais aussi les produits ayant subi une structuration artificielle par le passage à haute température tels que les laines de verre, de roche&#8230; Si l’on se réfère à ce critère de structuration, le liège en vrac, la laine de cellulose (isolation) ne présentent pas les qualités requises. Par contre : fibres de coco, plaques de liège massif&#8230;</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Matériaux à faible énergie de transformation</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Rentrent dans cette catégorie Ies produits les moins dénaturés. Plus un matériau est transformé, plus il nécessite des techniques énergivores. Tel est le cas de l’aluminium très grand consommateur d’énergie, mais aussi le béton, l’acier et les produits issus de la pétrochimie. Dans ce registre, il est à prendre en compte le lieu de production tout autant que le coût environnemental du matériau, d’un point de vue humain &#8211; conséquences ethno-sociologiques &#8211; et d’un point de vue écologique. Le matériau à faible énergie de transformation est généralement celui qui est le plus respectueux de la nature, autant pendant sa phase de production que dans sa phase de recyclage.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Matéria non dioactifs</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On trouve parmi les matériaux de construccion naturels ou transformés, des produits plus ou moins radioactifs. Citons le granit, le schiste et les graviers riches en silice. Le béton présente un degré de radio-activité supérieur à celuide la terre, lié au fait qu’il est soumis dans sa phase de production à de hautes températures. La conséquence en est le dégazage de radon. D’ou l’importance de prevoir une bonne ventilation du &laquo;&nbsp;hérisson&nbsp;&raquo; en sous-face d’une dalle en terre-plein. Si nous habitons sur un terrain schisteux ou gramtique, la radloactivité naturelle sera plus importante que sur un terrain calcaire Ile st toutefois déconseillé d’utiliser une pierre d’une autre provenance : les propriétés physico-chimiques différentes de deux matériaux risquentde créer un phénomènede micro-pile électrique dans le bâtiment. D’une façon générale on utilisera des matériaux issus du lieu, mais à faible énergie. Ce choix en particulier du bois,temporisera les éffets radioactifs du site.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Adéquation de la technique du site</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le critère est ici celui de l’aéquation de la technique utilisée, eu égard aux conditions climatiques locales. Nombre de cités d’urgence édifiées dan le tiers-moude, en tôle ondulée et en parpaing de beton &laquo;&nbsp;importé&nbsp;&raquo; se sont révélées catastrophiques au regard du moded e vie de leurs habitants.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">Perméabilité aux rayonnements cosmiques et telluriques</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Un matériau bio-compatible est celui qui permetl e maximum de pénétration aux radiations biologiquement fastes pour l’organisme. Celles-ci se situent dans la gamme de fréquence des 3000 mégahertz. Ainsi, on perd 75% de ce rayonnement bénéfique sous une toiture de bois recouverte d’amiante-ciment. Elle se réduit à 17% sous une couverture en tuiles, et 5 à 10% sous une toiture en bardeaux de bois. La perte est sensiblement du même ordre avec une couverture en cuivre (perte d’environ 85% avec des feuilles d’aluminium !!). Une toiture terrasse en béton-bitume ne bloque pas moins de 90% des rayons bénéfiques, avec un filtrage de 50% rien que pour la dalle en béton. Alors qu’une dalle en torchis en retient moins de 10%.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le verre est également peu perméable à la bande de fréquence biologiquement favorable.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><span style="color: #000000;">La fée électricité </span></span></h3>
<p><!-- debut_surligneconditionnel --></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’électricité et ses conséquences électromagnétiques sont, sans conteste, parmi les sources de pollution les plus fréquentes de notre environnement quotidien.De multiples interactions jouent entre ces champs artificiels et les échanges bioélectriques et biochimiques de l’ensemble des cellules de notre corps (le champs électrodynamique où « champs de vie » tel que défini par le pr Burr vers 1948). Ce type d’influences, d’autant plus pernicieuses qu’elles sont invisibles et indolores, modifient à long terme l’équilibre psychologique de certaines personnes. On note de plus en plus de cas de personnes qui développent des allergies et des hypersensibilités aux influences électromagnétiques : sensations de picotements, rougeurs cutanées, hyperacuité auditive aux grésillements des appareils électriques, etc&#8230;</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Mais aussi troubles circulatoires, insomnies, nausées.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’installation électrique dans notre cadre domestique requiert une attention particulière. Afin de limiter les influences des champs électriques et magnétiques, quelques précautions de base sont à prévoir.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> L’ensemble du circuit électrique, tout en respectant les normes et sections requises pour chaque usage, est réalisé en câble gainé ou blindé par un feuillard métallique ou bien placé sous tube d’acier. Ces blindages sont ensuite reliés au potentiel de mise à la terre. Par là, on centralise 100% le champ électrique et, suivant la section et le nombres de fils, on limite de 60% à 80% le champ magnétique le long des parcours électriques.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Les passages des fourreaux électriques se font toujours en périphérie de chaque pièce (évitez les diagonnes ou les réseaux « en pieuvre » dans la dalle à travers une pièce).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Si la construction le permet, et sans pour autant créer un risque de puissance au niveau de l’étage, on préfère les répartitions électriques des piècesà partir du plafond. (et non à partir du sol).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Dans le cas où le compteur est indépendant de la maison, l’arrivée électrique doit être enterrée jusqu’au tableau.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Ce même tableau électrique est situé le plus loin possible d’une « zone sensible » (chambre, séjour&#8230;) et plutôt dans le local technique (garage) en portée nord de la maison.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> L’installation électrique suit de préférence les zones moins sensibles de la maison (vestibule, couloir) et se développe « en épi » pour l’alimentation de chaque pièce.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Toutes les masses métalliques sont reliées à la terre (cadres de fenêtre, poutrelles, chéneaux&#8230;), à commencer par les armatures et treillis soudés utilisés pour les fondations et dallage (le cas échéant).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> En tant qu’exutoire, la prise de terre fait l’objet d’une attention particulière et d’une vérification fréquente. Elle est positionnée, s’il y a lieu, dans le jardin, à une distance raisonnable de la maison (2-3 m ou plus) et au nord de celle-ci. Sa résistance doit être de 50 K w au moins.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ne jamais la laisser traîner par négligence à fond de fouille dans les fondations.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Toute l’installation et les différentes liaisons se font avec fil de terre, lequel, entre autre, permet les raccordements domestiques, tels que prise d’antenne T.V. (qui capte des charges électriques dans l’atmosphère et les redifuse dans la maison), les masses métalliques d’objets divers qui rayonnent le courant du 50 Htz (pied de lampe, ossature d’abat-jour.)</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Il peut s’avérer intéressant, même avec une câblerie blindée, d’étendre la protection en matière de champs électromagnétiques. Le disjoncteur différentiel général de commande et de protection permet de déconnecter réseau public et réseau domestique. Les appareils nécessitant une alimentation permanente (frigo&#8230;) seront branchés en dehors des circuits sensibles à protéger. Le disjoncteur différentiel permet d’éviter les champs induits dans l’installation durant la non utilisation des appareils. Il contribue à insérer « l’ambiance » électrique de la maison.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Les commandes électriques dans chaque pièce (interrupteur, commutateur, télérupteur) se font par l’interruption unipolaire du conducteur de phase.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> On veille toujours, dans les chambres &#8211; zones de protection maximale &#8211; à limiter l’équipement électrique. (Radio-réveil, chaîne HI-FI&#8230;) à proximité du lit. En effet, durant la phase de sommeil, l’organisme, lâchant une grande part de ses défenses, devient d’autant plus sensible aux influences immédiates de son environnement. Le lit orienté dans l’axe du champ magnétique, tête au nord, sera écarté, si le cas le permet, du mur d’appui d’environ 20 à 25 cm. Une telle disposition permet au corps de baigner dans un champs électromagnétique homogène. En effet, « l’effet falaise » (cf. travaux du pr Rocard) lié à la différence de masse gravimétrique provoque une perturbation du champ naturel de part et d’autre d’un mur sur plusieurs centimètres. D’où nécessité d’une marge de recul.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img class="spip_puce" src="http://www.nouvellescles.com/puce.gif" alt="-" /> Dans le cadre d’une installation existante, et sans avoir à refaire celle-ci, il est possible d’avoir recours à un interrupteur automatique de champ (appelé aussi « relais de déconnexion » ou « biorupteur bipolaire » ) pour assaillir plusieurs chambres. Cet appareil de commande vise à déconnecter la partie du circuit électrique concerné durant la phase de non utilisation, tout en maintenant un circuit faible (6 V) suffisant pour l’éclairage nécessaire à une remise en usage du circuit à partir de la ou des pièces concernées. Ce dispositif nécessite, là aussi, de désolidariser circuit d’éclairage et appareils faisant l’objet d’une mise en tension permanente.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">En conclusion</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">D’une façon générale, tous les matériaux synthétiques (voilages synthétiques, moquettes, revêtements plastiques pour sol, murs, peintures) se chargent électriquement par simple frottement de l’air ou des pieds. Cette composante électrostatique augmente encore le confinage électrique d’origine technique trop mal identifié de nos maisons. L’ensemble de ces influences nous affectent à notre insu. N’oublions pas de mentionner que la nature des matières artificielles des vêtements que nous portons (chaussures isolantes, collants et sous-vêtements, vêtements acryliques) contribue elle aussi à cette surcharge électrique quotidienne. L’objet ici n’est pas d’éliminer la fée électricité de nos logis, mais de faire qu’avec le temps elle ne prenne pas ses habitudes à notre insu et ne devienne une marâtre tyrannique.</p>
<p class="spip" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.nouvellescles.com/rubrique.php3?id_rubrique=126">nouvellescles</a></em></p>
<p><!-- finde_surligneconditionnel --></p>
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		<title>Crise systémique globale : Juin 2009 – Quand le monde sort définitivement du cadre de référence des soixante dernières années</title>
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		<pubDate>Fri, 15 May 2009 17:09:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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		<description><![CDATA[Communiqué public GEAB N°35 (15 mai 2009) Le surréalisme financier qui aura présidé aux évolutions boursières et aux indicateurs financiers et commentaires politiques de ces deux derniers mois est le chant du cygne du cadre de référence dans lequel le monde vit depuis 1945. De la même manière que, en Janvier 2007, dans le GEAB [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 class="access" style="text-align: center;"><em><img class="size-full wp-image-4325 alignleft" title="Crise systemique globale" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/geab35-crise-systemique-globale.jpg" alt="Crise systemique globale" width="100" height="78" /></em><em>Communiqué public GEAB N°35 (15  mai 2009)</em></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le surréalisme financier qui aura présidé aux évolutions boursières et aux indicateurs financiers et commentaires politiques de ces deux derniers mois est le chant du cygne du cadre de référence dans lequel le monde vit depuis 1945. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">De la même manière que, en Janvier 2007, dans le GEAB N°11, LEAP/E2020 avait décrit la charnière 2006/2007 comme caractérisée par un « brouillard statistique » typique de l’entrée en récession et conçue pour faire douter les passagers que le Titanic était bien en train de couler (1), notre équipe considère aujourd&#8217;hui que cette fin de Printemps 2009 marque la sortie définitive du référentiel utilisé depuis une soixantaine d&#8217;années par les acteurs économiques, financiers et politiques mondiaux pour effectuer leurs prises de décisions, et en particulier de sa version « simplifiée », utilisée massivement depuis la chute du bloc communiste en 1989 (le référentiel étant alors devenu purement américano-centré). Au-delà de tout aspect théorique, cela signifie concrètement que les indicateurs que chacun a l&#8217;habitude d&#8217;utiliser pour ses décisions d&#8217;investissement, de rentabilité, de localisation, de partenariat, etc… sont devenus obsolètes, et qu&#8217;il faut désormais chercher ailleurs les indices pertinents si l’on veut éviter de prendre des décisions désastreuses.</p>
<p>Ce phénomène d&#8217;obsolescence s&#8217;est accentué fortement depuis quelques mois sous la pression de deux tendances :</p>
<p>. d&#8217;une part, les tentatives désespérées de sauvetage du système financier mondial, et en particulier des systèmes américain et britannique, ont de facto « brisé les instruments de navigation » du fait des manipulations en tout genre effectuées par les établissements financiers eux-mêmes et par les Etats et banques centrales concernées. Parmi ces indicateurs affolés et affolants, les bourses sont le meilleur exemple. Nous y revenons d&#8217;ailleurs plus largement dans les recommandations de ce GEAB N°35. Et les deux graphiques ci-dessous illustrent magistralement comment ces efforts désespérés n&#8217;ont pas empêché un bouleversement majeur du classement des grandes banques mondiales (c&#8217;est essentiellement depuis 2007 que s&#8217;est enclenchée la fin de la domination historique américano-britannique de ce classement)</p>
<p>. d&#8217;autre part, les quantités astronomiques de liquidités injectées en une année dans le système financier mondial, et en particulier dans le système financier américain, ont conduit l&#8217;ensemble des acteurs financiers et politiques à une perte totale de contact avec la réalité. De fait, à ce stade, ils semblent tous atteints du syndrome de l&#8217;ivresse des profondeurs &#8211; qui déclenche chez ceux qu&#8217;il affecte une impossibilité à se repérer dans les profondeurs marines et les conduit à s&#8217;enfoncer toujours plus profondément en croyant en fait remonter vers la surface. L&#8217;ivresse des profondeurs financières a visiblement les mêmes effets que son homologue aquatique.</p>
<p>Capteurs détruits ou pervertis, perte du sens de l&#8217;orientation des dirigeants financiers et politiques, voilà les deux facteurs-clés qui accélèrent la sortie du système international hors du référentiel de ces dernières décennies.<span id="more-4324"></span></p>
<div id="attachment_4326" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><img class="size-full wp-image-4326" title="Les 20 institutions financieres mondiales les plus importantes en 1999" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/geab35-les-20-institutions-financieres-mondiales.jpg" alt="Les 20 institutions financieres mondiales" width="450" height="389" /><p class="wp-caption-text">Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 1999 (en Milliards USD) - Source : Financial Times, 05/2009</p></div>
<p style="text-align: left;"> </p>
<div id="attachment_4327" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><img class="size-full wp-image-4327" title="geab35-les-20-institutions-financieres-mondiales-2009" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/geab35-les-20-institutions-financieres-mondiales-2009.jpg" alt="Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 2009 (en Milliards USD) - Source : Financial Times, 05/2009" width="450" height="392" /><p class="wp-caption-text">Les vingt institutions financières mondiales les plus importantes par capitalisation boursière en 2009 (en Milliards USD) - Source : Financial Times, 05/2009</p></div>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est bien entendu l&#8217;une des caractéristiques de toute crise systémique. On peut d&#8217;ailleurs aisément constater que le système international auquel nous sommes habitués voit se multiplier les évènements ou les tendances qui sortent de cadres de référence multi-séculaires, prouvant à quel point cette crise est d&#8217;une nature sans équivalent dans l&#8217;histoire moderne. Et le seul moyen de mesurer l&#8217;ampleur des mouvements en cours est de prendre le recul de plusieurs siècles. A se limiter aux statistiques sur quelques décennies, on ne perçoit en fait que les détails de cette crise systémique globale ; on n&#8217;a pas la vue d&#8217;ensemble.</p>
<p>LEAP/E2020 citera ici pour l&#8217;exemple trois cas qui montrent que nous vivons une époque de rupture comme il n&#8217;en survient qu&#8217;une fois tous les deux ou trois siècles :</p>
<p>1. En 2009, le taux d&#8217;intérêt de la <a class="liens" href="http://www.bankofengland.co.uk/about/history/index.htm">Banque d&#8217;Angleterre</a> a atteint son plus bas niveau depuis la création de cette vénérable institution (0,5%), soit depuis 1694 (en 315 ans).</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<div id="attachment_4328" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><img class="size-full wp-image-4328" title="bank-of-england-evolution-taux-interet" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/bank-of-england-evolution-taux-interet.jpg" alt="Evolution du principal taux d'intérêt de la Banque d'Angleterre depuis sa création en 1694 - Source : Banque d'Angleterre, 05/2009" width="450" height="239" /><p class="wp-caption-text">Evolution du principal taux d&#39;intérêt de la Banque d&#39;Angleterre depuis sa création en 1694 - Source : Banque d&#39;Angleterre, 05/2009</p></div>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: justify;">2. En 2008, la <a class="liens" href="http://www.caissedesdepots.fr/spip.php?article19">Caisse des Dépôts et Consignations</a>, bras financier de l&#8217;état français depuis 1816 sous tous les régimes (royauté, empire, république, &#8230;), a connu sa première perte annuelle (en 193 ans) (2).</p>
<p>3. En Avril 2009, la Chine est devenu le premier partenaire commercial du Brésil, une position qui depuis des siècles anticipe fidèlement les ruptures majeures de leadership mondial. En effet, depuis que, il y a deux cents ans, le Royaume-Uni avait mis fin à trois siècles d&#8217;hégémonie portugaise, c&#8217;est seulement la deuxième fois qu&#8217;un pays accède à cette position. Les Etats-Unis, avaient en effet supplanté le Royaume-Uni au début des années 1930 comme premier partenaire du Brésil (3).</p>
<p>Nous ne reviendrons pas ici sur la multiplication des tendances propres aux Etats-Unis qui sortent également des référentiels nationaux de ces cent dernières années (au-delà, le pays n&#8217;a pas vraiment de référentiel utilisable pour des comparaisons pertinentes) : perte de valeur du Dollar, déficits publics, dette publique cumulée, déficits commerciaux cumulés, effondrement du marché immobilier, pertes des établissements financiers, … (4)</p>
<p>Mais, bien entendu, dans le pays au cœur de la crise systémique globale, les exemples de cette nature sont légions et largement commentés dans les numéros du GEAB depuis 2006. C&#8217;est en fait la multiplication de pays et de zones concernés qui est symptomatique de cette sortie de référentiel global : s&#8217;il y avait un seul pays concerné ou un seul secteur touché, il ne s&#8217;agirait que d&#8217;une période hors norme pour le pays ou le secteur considéré ; mais aujourd&#8217;hui, ce sont de nombreux pays, au cœur du système international, et une multitude de secteurs économiques et financiers qui sont affectés simultanément, par cette « sortie de route multi-séculaire ».</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<div id="attachment_4329" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><img class="size-full wp-image-4329" title="geab35-evolution-des-marches-boursiers" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/geab35-evolution-des-marches-boursiers.jpg" alt="Evolution des marchés boursiers, corrigée de l'inflation, au cours des quatre dernières grandes crises économiques (en gris : 1929, en rouge : 1973, en vert : 2000, et en bleu : crise actuelle) - Source : Dshort/Commerzbank, 17/04/2009" width="450" height="327" /><p class="wp-caption-text">Evolution des marchés boursiers, corrigée de l&#39;inflation, au cours des quatre dernières grandes crises économiques (en gris : 1929, en rouge : 1973, en vert : 2000, et en bleu : crise actuelle) - Source : Dshort/Commerzbank, 17/04/2009</p></div>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, pour conclure sur cette perspective historique, nous nous contenterons de souligner que cette sortie de référentiels multi-séculaires est graphiquement visible sous la forme d&#8217;une courbe qui, tout simplement, sort du cadre qui permettait pourtant depuis des siècles de représenter l&#8217;évolution du phénomène ou de la valeur concernée. Et, la tendance à la sortie de ces cadres de référence traditionnels s&#8217;accélère, touchant un nombre de secteurs et de pays de plus en plus important. Ce phénomène renforce automatiquement la perte de signification des indicateurs utilisés quotidiennement ou mensuellement par les bourses, les gouvernements ou les instituts de statistiques, et accélère la prise de conscience généralisée du fait que les « indicateurs usuels » ne permettent plus de comprendre, ni même de représenter, l&#8217;évolution actuelle du monde. La planète abordera donc l&#8217;été 2009 sans aucun référentiel fiable disponible.</p>
<p>Bien entendu, chacun est libre de penser que la variation mensuelle de quelques points, en plus ou en moins, de tel ou tel indicateur économique ou financier, lui-même largement affecté par les interventions multiples des pouvoirs publics et des banques, est beaucoup plus porteuse de sens et d&#8217;information sur l&#8217;évolution de la crise actuelle, que ces sorties de référentiels multi-séculaires. Chacun est aussi libre de croire que ceux qui n&#8217;avaient prévu ni la crise ni son intensité sont aujourd&#8217;hui en mesure d’en connaître précisément la date de fin.</p>
<p>Notre équipe conseille à ces derniers d&#8217;aller voir (ou revoir) le film Matrix et de réfléchir aux conséquences de la manipulation des capteurs et indicateurs d’un environnement sur la perception de cet environnement. Cela ne sera pas inutile car, à l&#8217;image de Matrix (5), comme nous le détaillerons dans le GEAB N°36, spécial Eté 2009, les mois à venir pourront s&#8217;intituler « Crisis Reloaded » (6).</p>
<p>Dans ce GEAB N°35, nous formulons par ailleurs nos conseils concernant les indicateurs qui, dans cette période de transition entre deux référentiels, sont en mesure de fournir des informations pertinentes sur l&#8217;évolution de la crise et de l&#8217;environnement économique et financier.</p>
<p>Les deux autres grands thèmes de ce numéro de GEAB du mois de mai 2009 sont, d&#8217;une part, l&#8217;échec programmé des deux principaux plans de stimulation économique, à savoir les plans américain et chinois ; et, d&#8217;autre part, le recours du Royaume-Uni au FMI d&#8217;ici la fin de l&#8217;été 2009.</p>
<p>Enfin, en matière de recommandations, notre équipe anticipe dans ce GEAB N°35 l&#8217;évolution des principaux marchés immobiliers mondiaux, ainsi que celle du marché des bons du trésor.</p>
<p class="spip" align="justify"> </p>
<p class="spip" align="justify"><em><strong>Notes:</strong></em></p>
<p class="spip" align="justify">(1) Notre équipe ajoutait à l&#8217;époque, « <span style="font-style: italic;">comme dans tout changement de phase, le passage par le point zéro est caractérisé par ce qu’on peut appeler le « brouillard statistique », qui voit les indicateurs pointer dans de directions opposées et les mesures donner des résultats contradictoires, avec des marges d’erreur désormais supérieures ou égales aux mesures elles-mêmes. En l’occurrence pour la planète en 2007, le naufrage qui va préoccuper tout le monde est celui des Etats-Unis, que LEAP/E2020 a décidé d’appeler la « Très Grande Dépression », d’une part parce que le nom « Grande Dépression » est déjà utilisé pour faire référence à la crise de 1929 et aux années qui ont suivi ; d’autre part car pour nos chercheurs, la nature et l’ampleur de ce qui va se passer est d’une tout autre dimension</span> ». Source : <a class="liens" href="http://www.leap2020.eu/GEAB-N-11-est-disponible-%21-Phase-d-Impact-de-la-Crise-Systemique-Globale-Les-six-aspects-de-la-Tres-Grande-Depression-US_a376.html">GEAB N°11</a>, 15/01/2007</p>
<p>(2) Source : <a class="liens" href="http://www.france24.com/fr/20090416-cdc-caisse-depots-enregistre-premiere-perte-200-ans-histoire-milliard-euro">France24</a>, 16/04/2009</p>
<p>(3) Source : <a class="liens" href="http://ourlatinamerica.blogspot.com/2009/05/china-becomes-brazils-top-trade-partner.html">TheLatinAmericanist</a>, 06/05/2009</p>
<p>(4) Les dirigeants politiques et les experts continuent à essayer de comparer la crise actuelle à la crise de 1929 comme si c&#8217;était un référentiel indépassable. Pourtant, aux Etats-Unis notamment, les tendances en cours ont dépassé dans de nombreux secteurs les évolutions qui ont caractérisé la « Grande Dépression ». LEAP/E2020 a d&#8217;ailleurs rappelé dans le <a class="liens" href="http://www.leap2020.eu/GEAB-N-31-Sommaire_a2681.html">GEAB N°31</a> qu&#8217;il fallait désormais cherché des références dans la grande crise mondiale de 1873-1896, soit plus d&#8217;un siècle en arrière.</p>
<p>(5) Dans la série des films <a class="liens" href="http://en.wikipedia.org/wiki/The_Matrix">Matrix</a>, les êtres humains vivent dans un environnement dont leur perception est manipulée informatiquement. Ils s&#8217;imaginent vivre une vie cossue alors qu&#8217;ils vivent dans une misère noire, mais toute leurs perceptions (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) sont manipulées.</p>
<p>(6) A l&#8217;image du titre du second épisode de la série Matrix, littéralement « Crise rechargée ».</p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://www.leap2020.eu/GEAB-N-35-est-disponible!-Crise-systemique-globale-Juin-2009-Quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference_a3240.html" target="_blank">leap2020.eu</a>)</em></p>
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		<title>Les Systèmes d&#8217;Echange Locaux</title>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2009 20:33:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[De Guide des Alternatives des Editions du Fraysse Principes et fonctionnement Principes L&#8217;argent a été conçu comme un outil pour améliorer les échanges entre les hommes. En effet, avant la création de l&#8217;argent, les échanges étaient limités au simple troc. La création de l&#8217;argent a permis d&#8217;étendre largement les échanges. Mais aujourd&#8217;hui, les échanges entre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">De <a href="http://www.editionsdufraysse.fr/">Guide des Alternatives des Editions du Fraysse</a></h3>
<h1 style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;">Principes et fonctionnement</span></h1>
<p><span style="font-size: x-large;"><br />
 </span></p>
<h1 id="description" style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-large;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arton10114_1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-4082" title="arton10114_1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arton10114_1.jpg" alt="arton10114_1" width="272" height="210" /></a></span></h1>
<h2 style="text-align: justify;">Principes</h2>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;argent a été conçu comme un outil pour améliorer les échanges entre les hommes.<br />
 En effet, avant la création de l&#8217;argent, les échanges étaient limités au simple troc. La création de l&#8217;argent a permis d&#8217;étendre largement les échanges.<br />
 Mais aujourd&#8217;hui, les échanges entre les hommes sont limités car ils n&#8217;ont pas assez d&#8217;argent pour acheter tout ce dont ils ont besoin, créant marasme économique et chômage.<br />
 Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas assez d&#8217;argent ?<br />
 En fait, il n&#8217;y a jamais eu autant d&#8217;argent qu&#8217;aujourd&#8217;hui, mais il ne sert plus prioritairement aux échanges entre les hommes. En effet, l&#8217;argent sert à gagner de l&#8217;argent en spéculant (comme avec les assurances vie qui se développent rapidement depuis quelques années), et donc il circule dans les circuits financiers de la spéculation (95% de l&#8217;argent sert au circuit spéculatif, 5% seulement servirait au commerce). Autre cause du manque d&#8217;argent : les gens ont peur de l&#8217;avenir, donc ils sont plus prudent dans leurs dépenses et modèrent leurs achats, ralentissant ainsi la vitesse de circulation de l&#8217;argent (le fait de retarder tous les mois de 3 jours ses achats, ralentit de 10% la vitesse de circulation de l&#8217;argent et donc diminue de 10% les transactions totales effectuées). De plus les banques qui gèrent l&#8217;argent le font dans leur propre intérêt (gagner de l&#8217;argent) et pas dans l&#8217;intérêt des hommes (très peu de banques prêtent aux personnes qui veulent créer leur emploi, obligeant à passer par la collecte directe de l&#8217;argent d&#8217;amis).<br />
 De nombreuses personnes disposent de temps libre (surtout avec le chômage actuel !) ou de production excédentaire qu&#8217;elles ne peuvent vendre car il n&#8217;y a pas d&#8217;argent pour les rémunérer.<br />
 Il y a des marchandises ou des personnes disponibles pour travailler, et aussi des acheteurs potentiels pour ses services et ses marchandises, mais il manque l&#8217;outil nécessaire (l&#8217;argent) pour que ces transactions s&#8217;effectuent.<br />
 Comme aujourd&#8217;hui l&#8217;argent ne joue plus son rôle vital de vecteur des transactions entre les hommes, il est urgent de créer un nouveau système permettant les transactions sous peine d&#8217;étouffement.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-4080"></span>Naissance du L.E.T.S.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi que Michael Linton, écossais résidant dans l&#8217;île de Vancouver au Canada, imagina le LETSystem (Local Exchange and Trading System = Système d&#8217;Echange et de Commerce Local), afin d&#8217;aider les nombreuses personnes au chômage dans cette région et souvent douées d&#8217;un savoir-faire très utile pour tous. Ce système traduit en France par &laquo;&nbsp;Système d&#8217;Echange Local&nbsp;&raquo; ou SEL, s&#8217;est développé au Canada, aux USA, et en Grande Bretagne (plus de 200 groupes dans ce pays), permettant, dans les régions en crise, aux personnes utilisant ce principe de vivre normalement.<br />
 D&#8217;autres systèmes ont déjà fonctionné avec succès :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Wörgl en Autriche en 1932-33, ville de 5000 habitants avec 1500 chômeurs. Le maire créé une « monnaie franche » : au bout de 9 mois, il n&#8217;y a plus de chômeurs, de nombreux équipements sont construits, tout va pour le mieux sauf pour la Banque Nationale qui n&#8217;est pas d&#8217;accord. L&#8217;expérience s&#8217;arrête et les problèmes réapparaissent.</li>
<li>A Lignières en Berry en 56-57 et Marans en Charente Maritime en 57-58, la même chose s&#8217;est produite : le fisc est intervenu pour stopper ces réussites.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">On peut se poser la question de la légalité du Système d&#8217;Echange Local.<br />
 Se poser cette question, c&#8217;est rentrer dans le jeu de ceux qui ont fait les lois (en particulier les banquiers et les financiers).<br />
 Il faut plutôt se poser la question : <em>&laquo;&nbsp;Que nous dit notre conscience ? Faut il se laisser dépérir car nous n&#8217;avons pas les moyens d&#8217;acheter ce dont nous avons besoin, ou faut il vivre pleinement en créant les moyens pour respirer mieux, pour faire circuler l&#8217;énergie entre les hommes ?&nbsp;&raquo;</em><br />
 Actuellement, les Systèmes d&#8217;Echange Locaux sont tolérés, car les Etats ne savent pas résoudre les problèmes du système économique, et ils peuvent aider à désamorcer des violences qui inévitablement vont se produire dans le futur.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Les avantages du SEL</h3>
<p style="text-align: justify;">Ce système permet à la monnaie nationale de circuler et aux gens d&#8217;en avoir assez pour payer leurs impôts, électricité, téléphone, eau, et tous les objets manufacturés. Ce système dégage finalement plus d&#8217;argent pour les échanges nationaux (en particulier pour les taxes et impôts), donc chacun s&#8217;y retrouve.<br />
 Ce sont les productions locales qui vont être favorisées par ce système, évitant les importations lointaines et l&#8217;exploitation du tiers monde, en faisant travailler les personnes les plus proches de chez nous. Ainsi les agriculteurs et les artisans ne craignent plus les concurrences déloyales.<br />
 Ce réseau est très intéressant pour les personnes travaillant à mi-temps, ayant assez d&#8217;argent pour payer la part obligatoire en euros, le SEL permettant d&#8217;apporter la part complémentaire.<br />
 Dans le cadre économique actuel, il serait possible de faire disparaître tous les chômeurs (plus 5 millions de chômeurs, CES, RMI, stages divers&#8230;) en transformant de nombreux emplois à plein temps en emplois à mi-temps avec complément en SEL (4 millions d&#8217;emplois à plein temps transformés en 8 millions d&#8217;emplois à mi-temps). Pour l&#8217;Etat, les économies seraient considérable sur les indemnités chômage, de pré-retraite, de RMI, de CES&#8230;, et sur tous les stages de formation qui servent à cacher la misère, sans compter l&#8217;amélioration des situations psychologiques (plus de chômeurs dépressifs) diminuant les frais médicaux, les violences, les trafics de drogues&#8230;<br />
 Ce serait l&#8217;économie informelle au secours de l&#8217;économie institutionnelle. En France, l&#8217;Etat considère le SEL comme du travail au noir et donc ne veut pas la favoriser.<br />
 Certains pays comme la Nouvelle Zélande et l&#8217;Australie reconnaissent déjà l&#8217;intérêt des réseaux SEL pour permettre aux chômeurs de rester en contact avec le marché du travail, de ne pas entrer dans le circuit de l&#8217;assistanat et de maintenir des liens sociaux qui évitent la descente vers l&#8217;isolement et la marginalisation.<br />
 La création des SEL peut permettre aux hommes de continuer à vivre, même si l&#8217;économie mondiale s&#8217;écroule comme le montre les soubresauts de plus en plus importants des bourses et des monnaies.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Fonctionnement</h2>
<h3 style="text-align: justify;">La zone géographique</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour que le SEL puisse fonctionner, il faut que les gens ne soient pas trop éloignés pour que les personnes puissent se déplacer facilement les unes chez les autres pour effectuer les échanges. Cela peut être une grande ville, un département ou une partie de département.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Le choix de l&#8217;unité d&#8217;échange</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour plusieurs groupes, l&#8217;unité de compte est le &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;. Une heure de travail comptera par exemple 60 Grains de sel. Toutes les compétences au sein du SEL sont mises sur un pied d&#8217;égalité. Ainsi, une heure de ménage pourra avoir la même valeur qu&#8217;une heure de cours informatique.<br />
 Ce principe est bien sûr à adapter selon les circonstances :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Certains échanges ne mobilisent pas la personne à 100% (garde d&#8217;animaux, mise à disposition de matériel, etc.). Dans ce cas, il semble logique que le taux horaire soit sensiblement plus faible.</li>
<li>Certains échanges nécessitent un temps de préparation. Le montant de l&#8217;échange devra tenir compte de ce temps supplémentaire.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Il est rare qu&#8217;il y ait une réglementation stricte, ou que des plafonds soient fixés&#8230; Vous pouvez ainsi laisser libre court à la négociation. Il est important de privilégier la notion de plaisir, qui doit primer sur la notion de temps (plaisir à échanger, à négocier, plaisir à exécuter, à donner, à recevoir) de même que la notion de don (ne pas avoir envie d&#8217;évaluer) ou la notion de solidarité (l&#8217;évaluation de l&#8217;échange peut dépendre des moyens de chacun au moment de l&#8217;échange). Ainsi pour ne pas s&#8217;enfermer dans une échelle d&#8217;évaluation stricte, il est laissé ce plaisir de négocier, cette liberté d&#8217;accepter ou de refuser un échange.<br />
 Il s&#8217;étudie actuellement la possibilité d&#8217;avoir des échanges entre plusieurs secteurs (par exemple pour aller en vacances dans une autre région) et si les groupes utilisent la même unité comptable, les échanges seront plus faciles.</p>
<p style="text-align: justify;">Avantage du SEL : si un jour ou l&#8217;autre la monnaie nationale s&#8217;écroule suite à la spéculation des financiers, le système SEL permet toujours aux personnes d&#8217;échanger même si l&#8217;économie officielle est dans le marasme noir.</p>
<h3 style="text-align: justify;">L&#8217;établissement d&#8217;un annuaire des membres</h3>
<p style="text-align: justify;">Le SEL ne peut bien fonctionner que si chacun connaît les offres et les demandes des autres membres du réseau. Il est donc établi régulièrement un annuaire recensant toutes les offres et les demandes, les compétences, le matériel disponible, l&#8217;état des comptes&#8230;<br />
 L&#8217;état des comptes ouvert à tous, permet de donner priorité pour le travail à ceux qui sont en négatif, et d&#8217;éviter de trop grosses transactions avec ceux qui sont trop en négatif.<br />
 Toutefois, il est nécessaire d&#8217;avoir des comptes en négatif pour faire tourner le système.<br />
 L&#8217;endettement n&#8217;est pas pénalisé et montre que l&#8217;on effectue des transactions, c&#8217;est le moteur du système. Par contre, les personnes qui ont beaucoup de positif et qui ne l&#8217;utilisent pas vont bloquer le système. Ce système est justement créé pour que l&#8217;énergie circule, donc gare au comportement de thésaurisation qui tue déjà le système économique officiel.<br />
 Dans certains groupes, les compteurs de grains de sel est remis à zéro à la fin de l&#8217;année pour éviter ce problème.</p>
<h3 style="text-align: justify;">L&#8217;enregistrement des échanges</h3>
<p style="text-align: justify;">Chaque membre dispose de bons d&#8217;échanges qu&#8217;il envoie, après transaction, à la personne chargée des enregistrement des transactions. Ces transactions sont enregistrées avec un programme informatique adapté au SEL, permettant régulièrement l&#8217;édition des comptes des transactions et de les distribuer à tous les membres.<br />
 Certains échanges peuvent s&#8217;effectuer pour moitié en &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo; et pour moitié en euros (par exemple) lorsque le produit vendu est fabriqué avec des matières premières achetées en euros, car l&#8217;artisan doit pouvoir les payer lorsqu&#8217;elles viennent du circuit classique. Dans ce cas là, seul les Grains de Sel seront enregistrés, les transactions en euros n&#8217;intéressent pas le groupe.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Les frais de fonctionnement</h3>
<p style="text-align: justify;">Pour payer les frais de fonctionnement du SEL (téléphone, timbres, photocopies&#8230;), une cotisation annuelle est demandée, généralement de l&#8217;ordre de 15 euros, et certains SEL ont ajouté 120 Grains de Sel pour indemniser les personnes gérant le SEL.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Les &laquo;&nbsp;marchés tout en Grain&nbsp;&raquo;</h3>
<p style="text-align: justify;">Certains groupes SEL organisent régulièrement des marchés réunissant tous les membres du groupe et où toutes les transactions s&#8217;effectuent en &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;. Ces marchés sont très utiles pour permettre aux membres du réseau de faire connaissance et de permettre, outre des échanges de produits, d&#8217;échanger des informations et de créer des liens qui vont favoriser les échanges futurs.</p>
<h3 style="text-align: justify;">La fiscalité et les assurances</h3>
<p style="text-align: justify;">Normalement toutes les transactions sont passibles de la TVA. Pour les échanges en &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;», la TVA devrait être payé en &laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;. Une personne a rempli deux déclarations d&#8217;impôts, une pour les travaux en euros, une en Grain de Sel. A suivre&#8230;<br />
 Pour les personnes effectuant des travaux chez d&#8217;autres personnes, elles doivent avoir un statut et une assurance. Des études sont en cours pour trouver les meilleurs solutions.</p>
<h3 style="text-align: justify;">La coordination des SEL</h3>
<p style="text-align: justify;">Afin de résoudre les problèmes qui se posent aux SEL, une coordination nationale se réunie régulièrement. Des informations sur les groupes étrangers sont aussi échangées.<br />
 La coordination a également pour but d&#8217;aider toutes les personnes qui veulent créer des SEL.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Coordination :</strong> Sel&#8217;idaire &#8211; BP 34 &#8211; 80081 Amiens Cedex &#8211; <a href="http://www.selidaire.com/">www.selidaire.com</a></p>
<p style="text-align: justify;">A lire, le numéro 210 de &laquo;&nbsp;S!lence&nbsp;&raquo; de novembre 1996, un dossier sur le &laquo;&nbsp;SEL&nbsp;&raquo; avec les points de vue de François de Ravignan, Denis Clerc et Alain Lipietz. Deux autres articles ce dossier SEL dans le numéro 211 de décembre 1996.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Le SEL et la justice</h2>
<p style="text-align: justify;"><em>Le passage en justice de 3 membres du SEL Pyrénéens, loin d&#8217;ébranler ce système, a créé de nouvelles solidarités entre les membres de ce réseau et un afflux de demandes pour développer de nouveaux SEL.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Grain de Sel&nbsp;&raquo;</strong> par Alain Rollat, journal <em>Le Monde</em> du 10 janvier 1998.<br />
 LE RESPECT de la justice interdit de commenter ses jugements. Mais il n&#8217;est pas interdit de sourire à la justice quand ces jugements ridiculisent ceux qui la rende&#8230;<br />
 Par exemple, la condamnation à 300 euros d&#8217;amende avec sursis, que le tribunal de Grande Instance de Foix vient d&#8217;infliger, à la demande des professionnels ariègeois du bâtiment, à deux membres du Système d&#8217;Echange Local (SEL) pyrénéen, qu&#8217;elle a jugé coupables de travail clandestin pour avoir réparé le toit d&#8217;une voisine en échange de quelques légumes (journal Le Monde du 08.01.98), prendra assurément une place de choix dans le grand bétisier des anachronismes judiciaires.<br />
 Il est d&#8217;ailleurs dommage qu&#8217;Arte ait été, jusqu&#8217;à présent, la seule chaîne de télévision à mesurer la portée internationale de cette décision à laquelle la chaîne franco-allemande a consacré jeudi soir, l&#8217;essentiel de son journal de 19h30. Car il y a là de quoi illustrer à merveille, pour l&#8217;édification des générations futures, la difficulté chronique de la justice à vivre avec son temps.<br />
 Les magistrats en cause bénéficient, certes, comme tous les plaignants, de circonstances atténuantes. A première vue, le fonctionnement de ces réseaux d&#8217;entraide, qui remplacent l&#8217;argent par le troc, et au sein desquels on peut échanger des services contre des biens, la réparation d&#8217;un robinet contre un kilo de patate, la réfection d&#8217;un mur contre un cochon, ou une leçon de musique contre un bocal de champignons, semble procéder de la pratique moyenâgeuse remise au goût du jour par de singuliers utopistes.<br />
 La transparence qui caractérise ces échanges et la philosophie qui inspire ces communautés se traduisent par l&#8217;émergence de micro-sociétés parallèles dont les normes échappent à l&#8217;entendement de la société dominante parce qu&#8217;elles se fondent sur d&#8217;autres valeurs que les valeurs marchandes. Il en résulte donc, c&#8217;est vrai, en cas de contentieux, des situations de vide juridique.<br />
 Mais si, aujourd&#8217;hui, ces systèmes d&#8217;échange se développent partout en Europe, et pas seulement dans les campagnes, cela signifie qu&#8217;ils répondent à des besoins en remplissant un autre vide : <em>&laquo;&nbsp;Ils sont une parade contre la crise pour les gens sans argent&nbsp;&raquo;</em> souligne le sociologue Smaïn Laacher. <em>&laquo;&nbsp;Ils mettent une goutte d&#8217;huile dans les rouages de notre société de consommation&nbsp;&raquo;</em>, ajoutait jeudi soir la présentatrice du journal d&#8217;Arte. Elle concluait en souhaitant que l&#8217;Union Européenne reconnaisse vite leur utilité publique. Bonne idée ! Ces bricoleurs de solidarité sont en effet, pour l&#8217;instant, sur le terrain, les seuls à bâtir l&#8217;Europe sociale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Tribune de la Dépêche du Midi du 18 janvier 1998&#8243;</strong><br />
 &#8230; En revivifiant l&#8217;idée de lien social au sein de petits groupes locaux, en ravivant la notion de fraternité, nous ne faisons rien d&#8217;autre que de réaliser une école de solidarité et de démocratie. Qui pourrait s&#8217;en plaindre ? Surtout pas l&#8217;Etat qui sait le prix que lui coûte une carence de lien social (violence, solitude, déprime et maladie). Sans fraternité, pas de démocratie.<br />
 Cette nouvelle jurisprudence est la porte ouverte à des milliers de procès à venir visant les SEL !<br />
 Il faudrait alors aller plus loin en condamnant les &laquo;&nbsp;Restos du Coeur&nbsp;&raquo; qui font concurrence aux épiciers, la Croix Rouge qui fait concurrence aux ambulanciers&#8230; alors que les SEL existent depuis 20 ans dans de nombreux pays, il est bon de noter que le pays des Droits de l&#8217;Homme est le seul, à ce jour, a s&#8217;être permis de condamner l&#8217;entraide. Les sans-culottes peuvent aller se rhabiller&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.onpeutlefaire.com/les-systemes-d-echange-locaux">onpeutlefaire</a></em></p>
<hr />
<p>Lectures complémentaires :</p>
<div class="lectures-complementaires">
<ul>
<li><a href="http://www.onpeutlefaire.com/les-reseaux-d-echange-de-savoir">[Article] Les Réseaux d&#8217;Echange de Savoir</a></li>
<li><a href="http://selidaire.org/spip/">Site de Selidaire</a></li>
<li><a href="http://www.sel-terre.info/">Site de Sel Terre</a></li>
</ul>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Une société sans argent</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/une-societe-sans-argent/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/une-societe-sans-argent/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 05 May 2009 07:41:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>copie69</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
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		<category><![CDATA[Énergie Libre]]></category>
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		<description><![CDATA[Par S.L. dans &#171;&#160;Socialisme mondial, N°28, 1985 Une Société sans argent (pdf) Les arguments en faveur d’une société sans argent dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Par S.L. dans &laquo;&nbsp;Socialisme mondial, N°28, 1985<br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/sm28.pdf">Une Société sans argent (pdf)</a></h3>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/1062744637_215b9bc9b5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3990" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/1062744637_215b9bc9b5.jpg" alt="1062744637_215b9bc9b5" width="335" height="220" /></a><strong>Les arguments en faveur d’une société sans argent dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont développées à un tel degré qu’elles pourraient fournir en abondance des biens de consommation et services à toute la population du monde, à condition qu’elles soient utilisées rationnellement pour arriver à ce but.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les problèmes d’une production en quantité suffisante pour tous sont déjà résolus. Après de longs efforts pour combattre la pénurie l’homme est venu à ses bouts et la possibilité de produire en abondance est devenue une réalité. Mais ceci ne peut être accompli dans le cadre d’une société où les moyens de production sont la propriété d’une minorité et où les richesses sont produites pour la vente en vue de profits. Le seul cadre où cette abondance serait réalisable est celui d’une société dans laquelle toutes les ressources, qu’elles soient naturelles ou industrielles, sont devenues, sous contrôle démocratique, l’héritage commun de toute l’humanité. Dans ces conditions seulement, est-il possible de décider démocratiquement ce qui sera produit et satisfaire les besoins humains? Dans une telle société, marché, salaires, profits, achat et vente seraient hors de contexte ; ils finiraient simplement d’exister.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3960"></span>Une société d’abondance n’est pas l’extension de notre prétendue société de consommation caractérisée par son énorme gaspillage de ressources ; cela ne signifie pas que les gens acquièrent de plus en plus de gadgets inutiles et qui gaspillent des ressources, mais tout simplement que les besoins matériels des gens, à la fois en tant qu’individu et en tant que communauté, soient satisfaits d’une façon rationnelle. Contrairement à la croyance générale que cultivent prudemment les défenseurs du système capitaliste, l’homme n’est pas avide par nature et les besoins humains ne sont pas sans limite. Du point de vue matériel, un être humain a besoin d’une certaine quantité et variété de nourriture, vêtements et abris et bien vite chaque individu pourra découvrir ce qu’elles sont dans son propre cas. Cela aurait lieu si les biens et les services pouvaient être utilisés librement et gratuitement.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, l’on pourrait objecter qu’avec cette utilisation libre les gens prendraient au-delà de leurs besoins. Mais au contraire, pourquoi agiraient-ils ainsi alors qu’ils seraient assurés (et ils le seraient vu la puissance productrice de l’industrie moderne et la possession en commun des moyens de production) d’une production toujours subvenant aux besoins de tous ? Après tout, aujourd’hui, l’utilisation de l’eau (ou du moins la quantité d’eau consommée à n’importe quel moment) est gratuite, et les gens n’utilisent que ce dont ils ont besoin pour laver, cuisiner, etc. Pareillement, lorsque tous les besoins de consommation et les services seront librement et gratuitement disponibles, on peut s’attendre à ce que les gens ne prennent de nourriture, vêtements, etc., que selon leurs besoins. En prendre davantage serait anormal et sans intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais est-ce que l’industrie moderne peut vraiment fournir suffisamment pour tous et ainsi permettre l’utilisation libre et gratuite des biens de consommation et des services ? Ceci est indéniable, dès que l’on aura supprimé les gaspillages du capitalisme. Citons tout d’abord les forces armées, l’armement, et en deuxième lieu tout le personnel, tous les bâtiments et tout l’équipement employés pour le marché et l’économie marchande en général : banques, assurances, services gouvernementaux à la charge des pensions et des impôts, vendeurs, contrôleurs, comptables, caissiers, etc. En vérité, on peut dire que sous le système de profit bien plus de la moitié de la population est employée dans de pareilles activités improductives. Et troisièmement la production vise à ce que les produits deviennent rapidement surannés en les fabriquant pour se casser ou s’user en comparativement peu du temps. Dans une société organisée rationnellement, les biens de consommation pourraient être fabriqués de manière à durer et cela résulterait en une énorme économie de ressources.</p>
<p style="text-align: justify;">En éliminant ces trois causes de gaspillages inhérentes au système de profit, on pourrait produire en quantité suffisante pour nourrir, vêtir et loger convenablement tout le monde, si bien que peu après l’établissement d’une société sans classe on pourrait introduire la distribution libre des biens de consommation et des services.</p>
<p style="text-align: justify;">De nos jours, le seul mot d’ordre rationnel est le suivant : “Abolition de l’argent, utilisation gratuite des richesses par tous selon les besoins individuels” ou tel que l’énonce le vieux mot d’ordre : “de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins”.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2008/08/05/socialisme-mondial-n%C2%B028-1985-une-societe-sans-argent/" target="_blank">La Bataille Socialiste</a><br />
 </em></p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<hr />
<p style="text-align: right;"><em><br />
 </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le mouvement Zeitgeist (&laquo;&nbsp;The Zeitgeist Movement&nbsp;&raquo;) est le fer de lance activiste du <em>projet Venus</em> auquel Jacques Fresco, concepteur industriel et ingénieur social, a consacré toute sa vie. À l&#8217;heure actuelle, Jacques vit à Venus, en Floride, et travaille en étroite collaboration avec son associée, Roxanne Meadows. Comprenons bien que M. Fresco sera le premier à vous dire que ses perspectives et développements ne sont pas entièrement les siens, mais qu&#8217;ils découlent de façon unique de l&#8217;évolution de la science qui s&#8217;est développée du début de l&#8217;antiquité à nos jours. En quelques mots, l&#8217;on pourrait résumer ce que représente le projet Venus et donc ce que prône le mouvement Zeitgeist par &laquo;&nbsp;l&#8217;application de la <em>méthode scientifique</em> à des fins sociales&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">À travers une application plus humaine de la science et de la technologie à la <em>conception de la société</em> et à la <em>prise de décisions</em>, nous possédons les moyens de transformer notre environnement &#8211; à l&#8217;heure actuelle divisé, ravagé par la corruption et basé sur la rareté artificielle des ressources &#8211; en quelque chose d&#8217;extrêmement plus organisé, équilibré, humain, durable et productif. Pour y arriver, nous devons comprendre qui nous sommes, où nous sommes, ce que nous avons, ce que nous voulons, et comment nous allons atteindre ces objectifs. Vu l&#8217;état actuel des choses, dont la majorité sera abordée dans la première partie de cet ouvrage, le lecteur découvrira probablement que nous ne <em>devons</em> pas simplement choisir une autre direction&#8230;<strong><em> il est tout bonnement impossible de faire autrement</em></strong>. Le système économique actuel s&#8217;effondre de plus en plus rapidement et risque de causer un chômage mondial d&#8217;une ampleur encore jamais vue auparavant. Qui plus est, nous frôlerons bientôt le &laquo;&nbsp;point de non-retour&nbsp;&raquo; quant à la destruction de l&#8217;environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la diffusion de 2 documentaires exceptionnels pour l&#8217;éveil de notre conscience:</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nous-les-dieux.org/Zeitgeist">Zeitgeist the Movie 2007</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nous-les-dieux.org/Zeitgeist_Addendum">Zeitgeist Addendum 2008</a></p>
<p style="text-align: justify;">Peter Joseph s&#8217;est consacré à revenir point par point sur l&#8217;ensemble des thèmes abordés en expliquant par exemple : la méthode scientifique à mettre en oeuvre pour dépasser le système monétaire, mettre en place une économie basée sur les ressources engendrant l&#8217;abondance plutôt que la rareté et la nécessitée de mettre fin à l&#8217;obsolescence plannifiée des biens produits par le monde industriel qui encourage la consommation cyclique et donc, une production perpétuelle des déchets.</p>
<h3 style="text-align: center;">Ce troisième documentaire s&#8217;intitule : <br />
 Présentation d&#8217;Orientation Activiste du Mouvement Zeitgeist<br />
 <a href="http://dotsub.com/view/a34fba0d-4016-4807-b255-021b58dbc9a4" target="_blank">Lire la vidéo</a></h3>
<p style="text-align: right;"><em>Source: <a href="http://www.thezeitgeistmovement.com/joomla/index.php?option=com_kunena&amp;Itemid=100023&amp;func=view&amp;catid=21&amp;id=30269" target="_blank">thezeitgeistmovement</a></em></p>
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		<title>Crise systémique : les solutions</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Apr 2009 12:32:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Gilles Bonafi KRACH : LE PIRE EST DEVANT NOUS ! Nouriel Roubini un des rares économistes avec Paul Jorion à avoir prédit le krach économique d&#8217;aujourd&#8217;hui annonce que le pire est devant nous ! Nous assistons en ce moment à un débat pitoyable pour savoir si nous sommes oui ou non en récession. En fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Par <a href="http://www.apophtegme.com/COUPS%20DE%20GUEULE/krach.htm">Gilles  Bonafi</a></h3>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: large;"><strong><span style="color: #000000;">KRACH : LE PIRE EST DEVANT NOUS !</span></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arton8424-98465.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3714" title="arton8424-98465" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arton8424-98465.jpg" alt="arton8424-98465" width="355" height="158" /></a>Nouriel Roubini un des rares économistes avec Paul Jorion à avoir prédit le krach économique d&#8217;aujourd&#8217;hui annonce que <em> le pire est devant nous</em> ! Nous assistons en ce moment à un débat pitoyable pour savoir si nous sommes oui ou non en récession. En fait il ne s&#8217;agit ni d&#8217;une récession, ni d&#8217;un krach, mais d&#8217;une crise systémique. De quel système s&#8217;agit-il ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le fonctionnement de notre économie possède en effet deux tares majeures : la croissance perpétuelle et la création de la monnaie à partir de dettes.</p>
<p><span style="font-size: large;"> <span style="color: #000000;">I) La croissance perpétuelle </span></span></p>
<p style="text-align: justify;">Kenneth Boulding, économiste affirme :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>«Toute personne croyant qu&#8217;une croissance exponentielle peut continuer à l&#8217;infini dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.»</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il est en effet impossible de continuer à produire des biens de façon croissante sans détruire la planète. Ainsi, certains écologistes devraient méditer sur le fait que c&#8217;est la façon dont fonctionne ce système économique qui est responsable de la destruction de notre environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ailleurs Albert A. Bartlett, physicien en conclut :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>«La plus grande déficience de la race humaine est notre incapacité à comprendre la fonction exponentielle.»</em></p>
<p><span style="font-size: large;"> <span style="color: #000000;">II) La création de la monnaie à partir de dettes </span></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les habitants de la planète sont persuadés que l&#8217;on crée de la monnaie à partir des dépôts et des placements. C&#8217;est faux ! Il existe une vérité qui doit être révélée : l&#8217;argent est créé à partir de la dette.</p>
<p style="text-align: justify;">Graham F. Towers, gouverneur de la Banque du Canada de 1934 à 1954 a dit :</p>
<p style="text-align: justify;"><em> «Chaque fois qu&#8217;une banque fait un prêt, un nouveau crédit bancaire est créé. De l&#8217;argent tout neuf.»</em></p>
<p style="text-align: justify;">Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques (1988) affirme :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>«Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n&#8217;hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents. </em></p>
<p style="text-align: justify;">John Kenneth Galbraith, économiste :</p>
<p style="text-align: justify;"><em> Le procédé par lequel les banques créent de l&#8217;argent est tellement simple que l&#8217;esprit en est dégoûté. </em></p>
<p style="text-align: justify;">Donc, sans dette, pas d&#8217;argent, et sans argent, pas de dette. La crise des subprimes a d&#8217;ailleurs posé un problème fondamental puisque les crédits n&#8217;étaient pas honorés.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3713"></span>Lorsque l&#8217;on analyse le krach actuel sous cet angle, tout s&#8217;éclaire. Une économie fonctionnant sur la dette est contraire à l&#8217;évolution de l&#8217;espèce humaine car elle génère non seulement du malheur, mais, de plus, elle détruit la planète en l&#8217;obligeant à créer de la croissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi donc, tout est lié, et nous assistons aujourd&#8217;hui à la fin d&#8217;un système, avec en point d&#8217;orgue, la cessation de paiement (hyperinflation) des USA au deuxième trimestre 2009. La destruction du dollar est en cours et l&#8217;on devra remplacer cette monnaie par une autre (peut être l&#8217;<em>Améro</em> !</p>
<p style="text-align: justify;">Cette crise systémique va générer de grands drames (chômage, fonds de pensions détruits, guerres, etc).</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes à la croisée des chemins et il n&#8217;existe malheureusement que 2 solutions.</p>
<p style="text-align: justify;">Je reprends ainsi l&#8217;analyse d&#8217;Immanuel Wallerstein chercheur au département de sociologie de l&#8217;université de Yale, ex-président de l&#8217;Association internationale de sociologie :</p>
<p style="text-align: justify;"><em> Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l&#8217;impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd&#8217;hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d&#8217;influencer l&#8217;avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s&#8217;imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé.<br />
 Je crois qu&#8217;il est tout aussi possible de voir s&#8217;installer un système d&#8217;exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif. </em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est en cause ici, pour reprendre l&#8217;expression de Paul Jorion, <em> c&#8217;est la survie de l&#8217;espèce. </em> Nous avons l&#8217;opportunité historique de changer les choses et faire en sorte que cette forme d&#8217;esclavagisme cesse. Les élites par cupidité et faiblesse nous ont abandonnés, mais je sais qu&#8217;une grande partie d&#8217;entre elles ne veulent plus de ce fonctionnement stupide. Il faut donc que chaque citoyen et surtout ceux qui ont du pouvoir (Francs maçons, militaires, journalistes, religieux, etc) se lèvent et construisent un monde nouveau dans lequel l&#8217;homme, et non l&#8217;argent, retrouvera sa place.</p>
<p style="text-align: justify;">Mahatma Gandhi nous a prévenus :</p>
<p style="text-align: justify;"><em> <strong>Vous participez à un système machiavélique de manière plus efficace en obéissant à ses ordres et décrets. Un tel système ne mérite pas l&#8217;allégeance. L&#8217;obéissance à ce système équivaut à s&#8217;associer à l&#8217;enfer. Une personne intelligente résistera de toute son âme à ce système diabolique.</strong></em></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;"><strong>LES SOLUTIONS</strong></span><em><br />
 </em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: medium;">N°1 : l’euro</span></span></h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’économie mondiale est entrée dans ce que je nomme la phase II. En effet, la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 avait déclenché le début de la plus grande crise économique de l’histoire humaine. Or, les gouvernements ont réagi en injectant des milliers de milliards de dollars ce qui a eu pour conséquence de ralentir pour quelques mois les effets destructeurs d’une crise systémique colossale.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Il ne manque plus que la défaillance d’une entreprise majeure (constructeurs automobiles US ou Citigroup par exemple) pour déclencher un tsunami qui sera autrement plus violent qu’en septembre. Celà se produira bientôt.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En effet, la plupart des états sont en faillite (USA, Royaume-Uni, France, etc) ce qui peut être illustré par cette phrase du gouverneur de la banque centrale de Lettonie : « L’économie lettone est en état de mort clinique et nous n’avons que trois ou quatre minutes pour la ranimer. » (Figaro du 2 février).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Pour les USA le WorldNetDaily (mercredi 28 janvier) annonçait que « La Californie ne sera plus en mesure de régler ses factures à partir du 1er février. » ce que j’avais annoncé en septembre 2008.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Quant à notre pays, l’économiste Jean-Christophe Mounicq a déclaré le 10 février 2009 sur Reichman TV :&nbsp;&raquo;Beaucoup d’Etats, dont la France, vont faire faillite !&nbsp;&raquo;</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nombreux sont ceux qui croient à la fin des Etats-Unis et du système capitaliste actuel et tous les spécialistes s’accordent aujourd’hui pour souligner la gravité de la situation mais personne ne donne de réponses pour en sortir. Il existe pourtant des solutions et, je vais ici analyser celles qui vont nous être proposées et qui ne résoudront pas le problème de fond.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">I. L’Euro.</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le quotidien britannique The Daily Telegraph (12 février) affirme avoir consulté un document confidentiel de la Commission européenne qui évalue le montant total des « actifs toxiques » des banques européennes à 18000 milliards d’euros ! L’économiste et anthropologue Paul Jorion, visionnaire (il a été un des premiers à prédire la crise actuelle), avait d’ailleurs déclaré sur son blog, le 11 février 2009 :« Les pertes causées par les bulles financières quand elles éclatent dépassent désormais en taille la capacité d’absorption des États et le monde découvre les conséquences à long terme de la privatisation des profits alors que l’issue de secours si pratique autrefois de la collectivisation des pertes a disparu de l’horizon des possibles. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">D’ailleurs, il convient de mettre l’accent sur une information que peu de médias ont relayée : l’Allemagne qui désirait lever (emprunts d’Etat à 10 ans) mercredi 11 février, 6 milliards d’euros, n‘a reçu des investisseurs que 4,2 milliards. N’oublions pas que ces emprunts sont la source de financement de son plan de relance.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Stephen Jen (Morgan Stanley ) a ainsi déclaré récemment : « Le statut de l’euro comme monnaie de réserve internationale est remis en cause . »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">The Daily Telegraph va plus loin et fait une déclaration fracassante : « Les ministres et les autorités de l’UE craignent que le gouffre qui se creuse puisse engendrer une spirale vicieuse capable d’emporter aussi bien l’euro que l’UE elle-même. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">De nombreux économistes mettent actuellement l’accent sur les dangers planant sur l’euro. Je rappelle que la BCE n’émet pas l’Euro. Ce sont les banques centrales nationales qui émettent la monnaie. Elles contrôlent donc leur dette nationale. Le système de l’euro est en effet instable (surtout en période de crise) à cause des divergences économiques au sein des différents pays de l’union européenne.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le 3 février, l’économiste Jean Claude Werrebrouck dans son article (contreinfo) a brillamment résumé la situation :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« La solution serait, en Europe, de contourner la très dangereuse divergence croissante des taux d’intérêt sur la dette souveraine en mutualisant les risques. Ce contournement suppose la création d’une agence commune d’émission faisant disparaître les « spreads ». Mais cela suppose des stratégies de coopération interétatiques aboutissants à des règles contraignantes pour les Etats menacés de dépôt de bilan. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">A vrai dire, cette idée n’est pas nouvelle et l’on peut d’ailleurs remonter à Erik Robert Lindahl qui parlait dejà d’un trésor européen en 1930 et, en 1989, Carlo Ciampi (banquier et 10ème président de la République Italienne) avait fait une proposition qui désirait donner le monopole de l’émission de l’euro à la BCE (proposition Ciampi). Le rapport Lamfalussy (2004) avait été plus précis et démontrait la nécessité d’un régulateur unique. Un article récent de Bruegel (think tank oeuvrant pour le développement économique de l’europe) parle ainsi de la création d’un régulateur financier unique en Europe.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Or, l’urgence de la situation nous oblige à créer une « structure de défaisance » nous permettant de racheter les créances douteuses ce qui est pour le moment impossible car nous ne possédons pas un trésor européen. Ceci est confirmé par Anton Brender, chef économiste de la banque Dexia : « Il faut quelqu’un qui achète les dettes, or, même à l’échelle de la zone euro, il n’existe pas de Trésor commun. Voilà toute l’ambiguïté de l’Union monétaire européenne. Elle est dotée d’une même monnaie, mais la Banque centrale européenne ne dispose d’aucune autorité en matière prudentielle vis-à-vis des banques ». Source : Le Figaro.fr du 24 09 08. Plus récemment, l’économiste Michel Aglietta a démontré que le système de l’euro était fragile car il ne pouvait pas (contrairement à la FED) se positionner comme prêteur central en dernier ressort car la BCE n’émettait pas l’euro et possédait peu de fonds propres.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Pourtant, la mise en place de ce trésor européen a toujours été perçue comme politiquement irréalisable. M. Maurice Blin avait ainsi souligné l’impossibilité de créer une autorité internationale unique, chargée de la régulation financière. Source : Bienvenue au Sénat (rapport d’information du mercredi 22 mars 2000).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Mais, peu à peu, l’ampleur de la crise a modifié les points de vue. Ainsi, Christian de Boissieu, Professeur d’économie à l’Université de Paris I et Président du Conseil d’Analyse économique auprès du Premier Ministre a ainsi déclaré :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« Du point de vue de la gouvernance, cette crise est apparue comme un nouveau défi pour une Europe en manque d’institutions politiques. » Nicolas Sarkozy a par ailleurs, devant le Parlement de Strasbourg, appelé, « à la lumière de la crise financière », à la création d’un &laquo;&nbsp;gouvernement économique clairement identifié&nbsp;&raquo; dans la zone euro, travaillant aux côtés de la Banque centrale européenne. Source : Le Point.fr (21/10/2008).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous le voyons donc, contrairement à ce que pensent certains, l’Europe sortira renforcée par cette crise car elle se dotera d’une BCE renforcée ayant le monopole de l’émission de l’euro, de fonds propres (création d’un impôt européen), d’un trésor européen, d’un « gouvernement économique » mais surtout s’élargira.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En effet, les pays indépendants comme le Royaume-Uni et la Suisse  n’auront pas d’autres choix que d’intégrer la zone euro.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Jean-Pierre Jouyet directeur du Trésor au ministère des finances (de 2000 à 2004) a d’ailleurs affirmé le 21 octobre 2008 :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« Soit la Grande-Bretagne reste à côté et la zone euro avancera, avec un maximum de coopération avec les Britanniques. Soit, lorsque les conditions seront réunies, elle rejoindra la zone euro. Celle-ci en serait alors plus forte pour affronter les défis de la régulation économique et financière. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les conditions sont aujourd’hui réunies car le Royaume-Uni est ruiné et sa devise s’effondre de jour en jour.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Quant à la Suisse, l’on peut résumer son problème à une expression « too big to save » car UBS et Crédit Suisse, ses deux principales banques possèdent des bilans de 3000 milliards de dollars soit 10 fois le PIB du pays. L’euro sera là aussi la seule planche de salut. Je n’aborde même pas le problème de l’Irlande qui a littéralement « un revolver sur la tempe » et ratifiera le traité de Lisbonne pour s’en sortir.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Voilà, les adeptes de la « démondialisation » seront déçus ainsi que ceux qui pensaient pouvoir profiter de la crise pour changer ce système. Dans mon prochain article (N°2) je démontrerai de façon précise comment les autres pays seront obligés de s’intégrer dans des pôles continentaux (North American Union pour les USA par exemple) et surtout comment, face à la dislocation du système monétaire actuel, sera créée la nouvelle monnaie globale qui sera totalement déconnectée des états-nations.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Il reste cependant quelques esprits brillants comme Paul Jorion qui ont compris que cette crise est le révélateur de problèmes structurels plus importants. Il va falloir ainsi s’interroger sur notre système économique basé sur la consommation à partir de dettes qui détruit notre planète et l’humanité qui est en nous.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La grande crise actuelle est surtout celle de l’esprit, une faillite intellectuelle majeure car nous sommes face à des problèmes (surpopulation, pollution, problèmes de l’eau, captation des richesses par quelques « seigneurs financiers ») que seule « une constitution pour l’économie » qui implique des changements radicaux pourra résoudre.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La sagesse des anciens peut nous éclairer, comme cette phrase de Sitting Bull, grand chef des sioux :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong>“Après que le dernier arbre aura été coupé, après que la dernière rivière aura été empoisonnée, après que le dernier poisson aura été attrapé, alors seulement vous vous rendrez compte que l’argent ne peut être mangé.”</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: medium;"><strong>N°2 : des monnaies continentales</strong></span></span></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans mon article <span class="spip_out">Crise systémique : les solutions (n°1 : l’euro)</span>, j’ai tenté d’expliquer les solutions qui seront apportées dans le cadre européen :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">- stabilisation de la monnaie européenne avec une BCE ayant le monopole de l’émission de l’euro.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">- création d’un trésor européen permettant de mettre en place une structure de défaisance permettant de sauver les banques.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">- création d’un gouvernement économique, ce qui répond à la célèbre boutade de Kissinger : « l’Europe, quel numéro de téléphone ? ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">- intégration des pays en difficultés (Royaume-Uni et Suisse).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Je n’avais pas, volontairement, abordé le problème de l’Europe centrale et orientale qui va donc être étudié ici.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La crise systémique actuelle va ainsi totalement bouleverser le monde en détruisant les monnaies nationales et donc par conséquence, les états-nations, ce qui peut être illustré par cette phrase essentielle de Paul Jorion (sur son blog du 11 février 2009) : « Les pertes causées par les bulles financières quand elles éclatent dépassent désormais en taille la capacité d’absorption des États. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Face à la crise, les différents pays du monde n’auront en effet qu’une seule solution, s’associer au sein d’unions continentales et mettre en place de nouvelles monnaies communes. Nous assistons donc, et cela va être analysé ici, à la mise en place accélérée de ce que certains nomment « le nouvel ordre mondial ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">I. Les pays d’Europe de l’Est.</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ils sont en ce moment, au cœur de l’actualité. Ainsi, mardi 17 février, les agences Moody’s et Standard &amp; Poors ont indiqué que la crise en « Europe de l’Est » pourrait provoquer des problèmes aux banques occidentales qui ont prêté 1500 milliards de dollars (chiffre avancé par le rapport de Morgan Stanley). Moody’s prévoit donc de baisser la note des banques exposées sur l’Europe de l’Est. Source : Bloomberg, dimanche 22 février.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En effet, la plupart des emprunts réalisés sont accordés en Franc-Suisse (60% pour la Hongrie selon la Banque Nationale Suisse) ce qui pose un problème gigantesque car les monnaies nationales s’effondrant, les remboursements explosent (plus de 30% en Roumanie par exemple).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement) évalue un volume de défaillance qui devrait atteindre 10% ! Or, selon le quotidien « Le Monde » du 14 février 2009 : « Engagée à hauteur de 230 milliards d’euros, l’Autriche est le premier investisseur européen de la région ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le quotidien Der Standard de Vienne a d’ailleurs déclaré : « Un taux de défaillance de 10% conduirait à l’effondrement du secteur financier autrichien ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Mais, au-delà du problème Autrichien, nous assistons dans cette région à la destruction des monnaies nationales.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le zloty polonais a ainsi perdu 36% de sa valeur depuis juillet, le forint hongrois 25% et la couronne tchèque près de 22% (Source : La Presse Affaire du 23 février 2009). Les économistes de la banque Dresner ont ainsi déclaré « les devises d’Europe de l’Est sont engluées dans une spirale de dépréciation », et « pour l’euro, c’est une bombe à retardement ». Source : Le Monde du 21 février 2009.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Je n’hésite pas à l’écrire ici, ces monnaies sont condamnées et seront remplacées par l’euro car il n’y a pas d’autres alternatives. Ceci est d’ailleurs confirmé par les discussions du gouvernement polonais concernant le taux de change ERM-2 qui est surnommé l’anti-chambre de l’Euro.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous allons de plus assister à une redistribution géopolitique de la région car une partie des pays de l’Est ne se tourneront pas vers l’Europe mais vers la Russie au sein de la CEEA.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">II. La CEEA</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La Communauté économique eurasienne est une organisation internationale de coopération économique qui a été créée en 2000. Elle est l’organisation économique de la CEI (regroupant 11 anciens pays du bloc soviétique) dont la Russie et la Biélorussie sont les acteurs principaux. Or, le 3 février, a eu lieu une réunion au Kremlin au cours de laquelle la création d’une monnaie unique : le rouble, ainsi que d’un espace économique commun ont été débattus. (Source : Courrier International du 4 février 2009).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Un fond anticrise de 10 milliards de dollars a par ailleurs été créé. Le quotidien Vremia Novosteï a souligné l’importance de ce sommet en déclarant qu’il mettait en place : « Quelque chose comme l’OTAN et le FMI sous l’égide russe ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine a affirmé : « nous aidons nos plus proches pays qui ne peuvent tellement compter sur l’assistance d’autres Etats. La Russie ressent sa grande responsabilité dans l’espace de la CEI et en premier lieu de la Communauté économique eurasiatique (CEEA) ». Nous le voyons, cette crise est en train d’accélérer la coopération autour de la Russie. Le Kazakhstan, la Biélorussie, le Kirghizstan, l’Arménie, et le Tadjikistan sont déjà soutenus et un prêt à l’Ukraine ne saurait tarder.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les conséquences géopolitiques de la crise sont énormes. La Russie profite ainsi de la fragilité économique des USA pour renforcer son hégémonie et seule la Géorgie reste pour le moment la chasse gardée américaine. N’oublions pas que les USA doivent évacuer la grande base de Manas (Kirghizistan) et désirent donc s’installer en Géorgie afin de conserver une présence dans le Caucase du Sud.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Certains déclareront que la Russie ne pourra pas aider ses voisins car sa monnaie, le rouble est en difficulté. Elle a ainsi dépensé plus de 36% de ses réserves de change pour défendre sa monnaie. (Source : Contreinfo du 21 février 2009).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Or, il faut le rappeler, le cours du rouble dépend étroitement du cours du baril de pétrole (qui est au plus bas actuellement à 40 dollars). Il existe cependant un sauveur providentiel pour la Russie : la guerre. En effet, Benyamin Netanyahou a dit : « Quand je formerai le nouveau gouvernement israélien, nous ferons ce que nous avons fait par le passé avec le réacteur de Saddam, ce qui nous a rapporté 20 ans de tranquilité. » Source Norman Salomon (antiwar) le 7 janvier 2006. Sans parler d’Avidgor Lieberman qui a insisté sur le fait que « l’Iran était l’ennemi public numéro 1 ».Source : Jerusalem Post du 10 février 2009.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Fin janvier, 3000 tonnes de munitions (ce qui est totalement inhabituel) envoyées par les USA sont arrivées en Israël. Reuters a ainsi affirmé le 10 janvier 2009 que « ce genre d’affrètement vers Israël est rare. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le cours du baril explosera alors bien au-delà des 150 dollars, un scénario idéal pour le rouble !</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La guerre en Iran (et plus tard au Pakistan) aura donc pour effet de « sauver » l’économie russe, un paradoxe (ordo ab chaos).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous le voyons ici, le lien entre la guerre et l’économie est direct. Il va falloir, et je le répète à chacun de mes articles, créer ce que Paul Jorion nomme « une constitution pour l’économie » qui nous préserve des monstruosités à venir.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans mon prochain article (n°3), je me pencherai sur le cas de l’Asie et surtout des Etats-Unis, tout un programme !</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En conclusion, il est toujours intéressant d’avoir un regard extérieur sur ce que nous sommes et ce regard-là est impitoyable.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong>« <em class="spip">Fort étrangement, ils ont dans l’esprit la volonté de cultiver le sol, et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.</em> »</strong> <em>(Sitting Bull grand chef des sioux)</em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="font-size: medium;">N°3 : un nouveau dollar</span></strong></span></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans mes articles (n°<span class="spip_out">1</span> et <span class="spip_out">2</span>), je me suis attaché à démontrer que la crise actuelle ne pourrait pas avoir de solution économique. Elle nécessite en effet une réponse politique forte (une réponse insuffisante sera choisie), capable de bouleverser de fond en comble les structures monétaires et étatiques actuelles.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Henri Guaino conseiller spécial de Nicolas Sarkozy  a ainsi déclaré :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« <em class="spip">Si les experts ont du mal à imaginer un autre monde que celui dans lequel ils ont vécu, les responsables politiques sont davantage conscients de la nécessité du changement. Pour refonder le capitalisme, ils doivent imposer des solutions non pas techniques mais politiques.</em> » Source : Le Monde du 17 février 2009.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">J’ai ainsi pointé du doigt le fait qu’au final, les grands ensembles continentaux sortiraient renforcés au détriment des nations. Ma réflexion s’était surtout focalisée sur l’Europe (l’euro) et le bloc euro-asiatique (CEEA). L’objectif sera ici de tenter de vous éclairer sur les solutions qui seront apportées en Asie dans le cadre de l’ASEAN et surtout aux USA.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">I. L’ASEAN</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le 14ème sommet de l’ASEAN (Association des Nations d’Asie du Sud-Est créée en 1967 comprenant : Indonésie, Malaisie, les Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Viêt Nam, Laos, Myanmar et Cambodge) confirme ce que j’affirme depuis des mois.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En effet, au-delà du fond d’entraide de 120 milliards de dollars (comme prévu par les accords de Chiang Mai), il convient de noter son élargissement en créant une zone de libre échange avec la Nouvelle-Zélande et l’Australie. De plus, la décision de créer une communauté économique (sur le modèle européen) a été confirmée (charte de l’ASEAN de décembre 2008). Source : AFP du 01 mars 2009.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">N’oublions pas que cette communauté économique comprendra la Chine (accords de 2001 et déclaration de Dunhuang de septembre 2004). Source CCTV.Com du 28 février 2009. L’Inde, ayant pour principal partenaire commercial les pays d’Asie de l’Est, désire aussi intégrer l’ASEAN.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">D’ailleurs, un prochain sommet doit avoir lieu (10 et 12 avril 2009) entre l’ASEAN et ses partenaires qui sont : la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Corée du Sud, l’Inde, le Japon et la Chine. Source : XINHUA du 28 février 2009.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’élargissement et le renforcement d’AFTA (accord de libre-échange opérationnel depuis le 01 janvier 2003) seront au programme. Nous le voyons donc, la crise va rapprocher les pays d’Asie sinistrés par la crise économique en cours et nous aurons très prochainement un grand pôle asiatique avec une monnaie unique.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Robert Mundell, économiste, inventeur de la théorie des « zones monétaires optimales » (et partisan d’une monnaie mondiale) a donné son analyse à l’université Nankai de Tianjin en juin 2002. Il a déclaré que l’Asie devrait créer une organisation de monnaie unifiée, le dollar asiatique, qui devrait être établi au plus tôt, et que la Chine pourrait jouer le premier rôle dans cette organisation.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En effet, en mars 2006, la Banque asiatique de développement (ADB) a annoncé l’idée d’une monnaie asiatique commune virtuelle : l’ACU (Asian currency Unit). N’oublions pas que sa valeur serait calculée à partir de la valeur moyenne (une « monnaie panier ») des principaux pays d’Asie (Chine, Corée du Sud, Japon et membres de l’ASEAN). Je vous rappelle au passage que l’ECU (unité monétaire européenne) est devenu l’euro et nous aurons là aussi un glissement d’une monnaie virtuelle vers une monnaie réelle. Bruno Jetin, économiste à Institut de recherche pour le développement (IRD, France) possède la même analyse et déclare : « Ces progrès rendent encore plus nécessaire la création d’une monnaie asiatique commune voire unique à l’instar de l’écu puis de l’euro. » Source : Le Réseau Asie du 01 juillet 2008.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Il existe cependant des preuves plus flagrantes de la montée en puissance de cette communauté asiatique. En effet, le 14 janvier 2009, la France a nommé Philippe Zeller ambassadeur auprès du secrétariat de l’ASEAN (le Royaume-Uni, la Chine et les USA ont eux aussi nommé des ambassadeurs).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Sur le site officiel du gouvernement, on peut d’ailleurs lire la déclaration de la présidence au nom de l’Union européenne :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« <em class="spip">L’Union européenne se félicite de l’entrée en vigueur (15 décembre 2008) de la Charte de l’ASEAN. Ce texte, qui définit un nouveau cadre institutionnel, marque une étape importante dans le processus d’intégration régionale en Asie du Sud-Est.</em> »  Source : diplomatie.gouv.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">N’oublions pas qu’elle représentera un marché de plus de 2 milliards de personnes et surtout, sera la première puissance économique mondiale.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ainsi, les états, qui ne sont plus capables d’assumer seuls les coûts faramineux de la crise, sont obligés de s’intégrer au sein d’unions continentales. Il en sera de même pour les USA qui devront s’associer avec le Mexique et le Canada dans le cadre de l’Union Nord Américaine (North American Union).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">II. La NAU (North American Union).</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">J’avais, il y a quelques mois, déjà abordé le sujet de la NAU. Je vais ici en retracer l’historique.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’histoire de l’unification du continent nord-américain débute en 1912, dans un ouvrage intitulé « Philip Dru administrateur » écrit par le conseiller du président Wilson, le colonel House.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">1er janvier 1994 est signé l’Aléna, un traité créant une zone de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord : le Mexique, les Etats-Unis et le Canada.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Henry A. Kissinger, dans le Los Angeles Times du 18 juillet 1993 (p. M2) avait d’ailleurs déclaré :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« <em class="spip">L’ALENA sera l’avancée la plus constructive vers un nouvel ordre mondial faite par un groupe de pays depuis la fin de la guerre froide, et le premier pas vers une vision encore plus large de la zone de libre-échange pour l’hémisphère ouest&#8230; L’ALENA n’est pas un accord commercial traditionnel mais l’architecture d’un nouveau système international.</em> »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">- Septembre 1999, l’économiste canadien G. Herbert Grubel publie un livre intitulé « The Case for Amero » qui reprend la même idée et annonce même une monnaie unique pour les trois pays : l’Améro.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">- Août 2001, les choses se précisent lorsque Robert A. Pastor écrit « Toward North american community ». Dans cet ouvrage, il s’agit de créer une entité politique avec une monnaie unique qui remplacerait le dollar américain, le peso et le dollar canadien.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">- Le 23 mars 2005 est signé à Waco, au Texas, le Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) dans le cadre de l’ALENA, de facto l’acte de naissance officieux de la NAU. Il existe des preuves de la création de cette nouvelle communauté que vous pouvez trouver sur le site du CFR (Council on Foreign Relations). Il suffit de cliquer sur « Publication type », ensuite « Task force reports » et vous trouverez 2 documents : Creating a North American Community et Building a North American Community. Comme vous pouvez le constater, je n’avance rien au hasard.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Face à l’ampleur de la crise, les USA n’ont plus le choix et doivent accélérer le processus d’intégration du continent nord américain et surtout changer de monnaie. Un petit tour d’horizon de la situation économique américaine permettra de mieux cerner le problème. Le PIB US a ainsi chuté de 6,2% au quatrième trimestre 2008 et « l<em class="spip">es statistiques publiées jusqu’ici pour le premier trimestre (2009) montrent que nous sommes partis pour un autre film d’horreur</em> », résume Rob Carnell, de la banque ING. Source : Libération.fr du 28 février 2009.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Je rappelle que le dernier chiffre du nombre de chômeurs indemnisés (26 février) dénombre 5 112 000 personnes auquel il faut ajouter les 650 000 chômeurs du seul mois de février. Nous aurons donc au mieux, 8 000 000 de personnes indemnisées fin juin. Et cela ne concerne que les chiffres officiels qui, nous le savons tous, sont inexacts et largement sous-évalués.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Pour rappel, la Maison Blanche a réalisé son budget sur une prévision de chute du PIB de 1,2% et il faudra donc trouver, si tout va bien, 700 milliards de dollars supplémentaires. Or, je le rappelle, le PIB des USA devrait baisser de plus de 10 % en 2009 (le PIB des USA a chuté de 9% de 1929 à 1930) ce qui équivaudrait à créer « ex nihilo » 1400 milliards de dollars. Ceci n’a pas été comptabilisé par Paul Craig Roberts (économiste et sous secrétaire au trésor dans l’administration Reagan) qui déclarait le 3 mars sur Contreinfo : « <em class="spip"> Les mesures économiques de Bush et Obama totalisent 1 600 milliards de dollars, et chaque dollar devra être emprunté, sans que personne ne sache où. Cette somme gigantesque va compromettre la valeur de la devise américaine, son rôle en tant que monnaie de réserve, la capacité du gouvernement des États-Unis d’honorer sa dette, ainsi que le niveau des prix</em>. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">N’oublions pas que les ventes d’automobiles se sont totalement effondrées aux USA. Ford a ainsi enregistré une baisse de 48% de ses ventes en février, Chrysler 44 % et General Motors 52,9 %.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">D’ailleurs, le compte à rebours a commencé pour General Motors et Chrysler qui devraient se déclarer très bientôt en faillite. Ce sera alors le krach ultime (la plus grosse faillite de tous les temps) qui entraînera la bourse et le chômage vers des profondeurs abyssales ce que démontrent différentes études, évaluant entre 2 et 3 millions le nombre de chômeurs supplémentaires (qu’il faudra ajouter aux 8 millions du mois de juin).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Mais, le plus inquiétant concerne le versement des pensions. Raymond Van der Putten a ainsi démontré que le système US de retraite ne pouvait faire face à une crise économique majeure. Source : « La crise du système de retraite américain », BNP Paribas Conjoncture, janvier 2007.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La Pension Benefit Guarantee Corporation (PBGC) qui a déjà un déficit de 13 milliards de dollars (évaluation de la cour des comptes américaines : GAO) devra garantir les pensions de millions d’américains, ce qui lui est impossible. Par exemple, General Motors doit verser 12,3 milliards de dollars pour les retraites avant 2014 (source : Moneynews.com du 6 mars 2009). L’état devra là aussi intervenir pour éviter l’effondrement de son système de retraite.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Je vous invite de plus à consulter le rapport explosif (tout va mal !) du GAO de janvier 2008 dont voici le lien : rapport GAO du 17 janvier 2008.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le gouvernement fédéral devra aussi aider ses états dont la plupart sont au bord de la faillite (Californie par exemple).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">De plus, le LEAP/E2020 évalue à 10 000 milliards de dollars les « actifs fantômes » des banques que le gouvernement US devra « éponger ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Lorsque l’on additionne l’ensemble des dépenses supplémentaires qui devront être effectuées on se trouve donc très loin des 5000 milliards de l’économiste Nouriel Roubini. Le dollar ne survivra pas à cette épreuve (hyperinflation) et sa chute démarrera bientôt. Les USA changeront alors de monnaie, s’associeront avec le Canada et le Mexique. Une nouvelle devise apparaîtra (dollar nord américain ou améro) qui sera fortement dévaluée par rapport au dollar US (peut être un rapport de 1 à 1O) et qui permettra d’effacer les dettes.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Barack Obama aura ainsi raison car « L’Amérique sortira plus forte de la crise » et comme le phoenix (son emblème) renaîtra de ses cendres.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous assistons donc à un vaste remodelage du monde. Je n’ai pas parlé de l’Amérique du Sud, qui, pourtant, suivra le même chemin de l’unité dans le cadre du Mercosur avec là aussi une monnaie unique. L’Afrique, quant à elle, mettra plus de temps à s’unifier au sein de l’Union Africaine. Il reste bien évidemment le problème du Proche-Orient, un problème qui sera bientôt résolu par un conflit gigantesque : la troisième guerre mondiale qui permettra de redistribuer les cartes. N’oublions pas que l’Union Européenne est directement issue du second conflit mondial (Ordo ab Chao).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans mon quatrième et dernier article, j’étudierai les bouleversements qui seront apportés à notre système monétaire. Des changements fondamentaux qui vous surprendront à plus d’un titre et qui mélangeront monnaies locales, monnaies continentales et surtout monnaie mondiale.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En conclusion, j’ai démontré que la crise actuelle détruit les monnaies nationales et donc par voie de conséquence, les Etats-nations qui se retrouvent dans l’obligation de s’intégrer à de grands ensembles continentaux. Pourtant, toutes ces réformes ne résoudront pas les problèmes fondamentaux : la concentration du capital (les 250 plus riches possèdent autant que les 2,5 milliards les plus pauvres), la destruction de notre planète par notre société de consommation et la surpopulation.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La destruction des retraites (15 millions de Britanniques n’auront que le minimum versé par l’état, soit 540 livres sterling) et le chômage de masse perdureront. Partout, la protection sociale reculera et se soigner deviendra un luxe. Quant à notre liberté, elle risque fort de disparaître au profit d’états de plus en plus sécuritaires.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’idée de Paul Jorion de créer une nouvelle « constitution pour l’économie » s’impose donc. Je laisse ici ces pensées remarquables de Raoul Vaneigem (« Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l’opportunité de s’en défaire ») :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« <em class="spip">A l’heure où la faillite de l’économie comme système de survie frappe de dérision tant d’efforts investis dans la rage de gagner plus, d’être le meilleur, de posséder davantage, peut-être un revirement d’attitude est-il prévisible, peut-être l’opiniâtreté mise à se délabrer dans le travail va-t-elle redécouvrir la création des êtres, des choses, de l’environnement comme plaisir d’exister ?</em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em class="spip">L’économie propage ainsi la subversion mieux et plus vite qu’une horde d’agitateurs spécialisés. Il suffit de jeter un regard sur les vitrines spectaculaires où la société exhibe les modèles de sa respectabilité et de son infamie ; il n’y traîne plus guère que des spécimens défraîchis de rois, prêtres, papes, policiers, militaires, noblions, bourgeois, bureaucrates, prolétaires, riches, miséreux, exploiteurs, exploités&#8230; et l’on a peine à croire qu’autour de tels magots s’élevèrent, il n’y a pas si longtemps, les ardeurs de la haine et de l’admiration. Jamais une époque n’a été à ce point soldée à des prix défiant toute concurrence.</em> »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: medium;"><strong>N°4 : régions et monnaies complémentaires</strong></span></span></p>
<div class="article-chapo" style="text-align: justify;">Dans mon dernier article (n°3), j’ai tenté de démontrer que le dollar ne survivrait pas à la crise. Or, le 18 mars, la FED (banque centrale US) a décidé de racheter des bons du trésor, ce qui revient à monétiser la dette (je l’avais annoncé l’année dernière). Cette information a fait quelques lignes dans les quotidiens nationaux (rien à la télévision) qui, pour l’essentiel, ont commenté cela de façon positive. Pourtant, cette date restera dans les livres d’histoire et sera plus importante que le fameux jeudi noir (krach de 1929) car elle marque la fin, à plus ou moins brève échéance du dollar et donc des USA. Il est donc temps d’éteindre votre télévision et de vous informer sur le net.</div>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce jour là Paul Jorion annonçait sur son blog que c’était « la fin du capitalisme », les analystes de la banque Standard Chartered ont intitulé une note : &laquo;&nbsp;le jour où le dollar est mort&nbsp;&raquo; et Alan Ruskin, analyste chez RBS, déclarait : « Nous sommes témoins de la chute de Rome ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Face à l’ampleur de la crise, des experts de plus en plus nombreux, avancent l’idée que l’Europe et les USA risquent l’éclatement. J’ai démontré par ailleurs que de grands pôles continentaux (ASEAN, CEI, North American Union) sont en train d’émerger. Cela peut paraître contradictoire et pourtant ces deux phénomènes auront lieu. Nous assistons donc à la fin des nations avec l’apparition de grands ensembles qui auront pour échelon administratif les régions. Les monnaies nationales peu à peu seront remplacées par des monnaies complémentaires.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">La région, nouvel échelon administratif.</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Peu d’experts ont compris l’importance du rapport Balladur sur les régions et surtout sa pertinence en pleine crise systémique. Pourtant, il est au cœur des solutions qui vont être apportées. Pour comprendre, il faut remonter en 1966.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En effet, Herbert Marshall McLuhan, philosophe, sociologue, spécialiste des médias et conseiller du vatican écrit à cette époque là un livre fondamental « War and Peace in the global Village » publié en 1967 et qui signe l’acte de naissance d’un nouveau concept : le glocal. (wikipédia doit modifier sa base de donnée sur le glocal). Un monde bouleversé par les nouvelles technologies.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le glocal est en effet un mélange de global et de local qui sera l’architecture fondamentale du nouvel ordre mondial avec d’un côté, les continents (dans un premier temps car eux aussi disparaîtront), de l’autre, des régions et de grands pôles urbains. Le sociologue Blaise Galland a d’ailleurs démontré le bouleversement majeur des technologies de l’information et l’impact économique qu’elles provoquent au niveau de l’aménagement du territoire. Il a déclaré :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« <em class="spip">le processus double par lequel la ville se décharge de sa fonction de production, d’échange et de traitement de l’information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant, conséquemment, de nouvelles formes d’organisations socio-spatiales au niveau local.</em> »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Je suis d’ailleurs surpris que personne n’étudie le krach sous l’angle des nouvelles technologies qui sont en train de bouleverser la « vieille économie ».</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’information est en effet fondamentale et elle possède une part de responsabilité majeure dans la crise actuelle car elle a permis d’accélérer les flux financiers de façon colossale et sur l’ensemble de la planète (crise mondiale). L’information, qui évolue de façon exponentielle pose ainsi le problème du contrôle, un contrôle totalement défaillant que certains ont appelé « la crise de la régulation » et que l’on va tenter de résoudre en renforçant les structures du FMI.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Bernard Lietaer, économiste, spécialiste des monnaies (il a écrit « <em class="spip">The Future of Money</em> »), membre du club de Rome et surtout un des créateurs de l’euro a d’ailleurs brillamment étudié les liens existants entre information et économie. Pour lui, « T<em class="spip">out système complexe en forme de réseau, comme sont les écosystèmes, les organismes vivants, et les économies peut être perçu comme des systèmes de flux de matière, énergie et d’information.</em> » Je vais d’ailleurs démontrer que le rapport Balladur et les travaux de Lietaer sont intimement liés.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Je vous invite à vous procurer le livre blanc de Bernard Lietaer intitulé « Toutes les options pour gérer une crise bancaire systémique » que vous pouvez télécharger en pdf car c’est un document fondamental.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Bernard Lietaer, ainsi, pense que le fonctionnement en réseau de l’économie doit reposer sur les régions. Il a d’ailleurs écrit « Pour une Europe des Régions : les Régions, compléments nécessaires à l’Euro », (Paris : Fondation Mayer, 2008).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La même idée se retrouve dans le rapport Balladur qui déclare à la page 10 (rapport Balladur : Il est temps de décider) :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« <em class="spip">L’échelon régional est apparu au Comité comme le mieux adapté aux conditions nouvelles de la compétitivité étant observé, au surplus, qu’il existe un consensus européen sur l’importance du niveau régional dans les politiques de développement.</em> » Les régions vont de plus en plus se retrouver seules face à des Etats-nations ruinés. Par ailleurs les articles 2 et 3 de la Charte européenne de l’autonomie locale précisent :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« <em class="spip">l’autonomie locale doit être reconnu dans la législation interne » et que « par autonomie locale, on entend le droit et la capacité effective pour les collectivités locales de régler et de gérer, dans le cadre de la loi, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, une part effective des affaires publiques</em> »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Bernard Lietaer, lui, va plus loin : « <em class="spip"> Une décision importante de la part des gouvernements sera de permettre aux villes et aux gouvernements locaux de choisir eux &#8211; mêmes les monnaies complémentaires qu’il leur semble intéressant d’encourager en les acceptant en paiement de taxes de la ville ou de l’état.</em> » ( Livre blanc p 28).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Vous avez bien lu, les villes et les régions pourront créer des monnaies complémentaires. Certains pensent que cela est impossible et pourtant des expériences fonctionnent un peu partout comme en Suisse (WIR), ou en Allemagne (Chiemagauer).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En 1971 Jaime Lerner, le maire de Curitiba au Brésil a créé une monnaie sous forme de jeton de bus que les gens gagnaient en ramassant les ordures ce qui a permis à cette ville d’être une des plus prospère du Brésil. Jean-François Noubel parle même de monnaies libres qui permettraient un troisième niveau d’organisation économique dont la clé serait le travail collaboratif (comme Wikipédia par exemple).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Bernard Lietaer propose ainsi de créer des systèmes « Business-to-Business (B2B) » au niveau des entreprises (livre blanc p 27).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ceci n’est pas une hypothèse mais une réalité que Guerman Sterligov homme d’affaires russe est en train d’exploiter. Il a mis en place, dans toutes les grandes capitales (il a investi des millions d’euros dans ce projet à Londres, Paris, Bruxelles, Hongkong) un centre anticrise qui permet aux entreprises d’organiser des paiements à base de troc. Il a ainsi déclaré :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« <em class="spip">Adieu argent, crédit, taux d’intérêt&#8230; Le système capitaliste a atteint ses limites, il faut trouver de nouvelles règles du jeu</em> », « <em class="spip">Il ne s’agit pas seulement de troc mais d’un nouveau système de paiement, d’une nouvelle comptabilité.</em> » (Le Monde du 11.03.09).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La réalité dépasse la fiction et prouve que la crise systémique actuelle est bien plus grave que celle de 1929.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Face à l’ampleur du désastre économique, certains pourtant se posent la question de savoir si cette « régionalisation » du monde ne se fera pas dans la violence. Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l’automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. RIA Novosti du 24.11.2008.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le 13 mars, Chuck Norris a ainsi organisé une rencontre des délégués de centaines de groupes armés texans pour discuter d’une éventuelle sécession du Texas. Face aux risques de guerre civile la FEMA a rapatrié un bataillon de l’armée US qui était en poste en Irak pour le déployer sur le sol US. (Source : Army news).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nathan Freier professeur au US Army War College, la principale institution de formation de l’armée pour les futurs officiers, conseiller et expert de politiques et d’analyse à la sécurité et à la défense a d’ailleurs rédigé un rapport qui met l’accent sur les risques de guerre civile aux USA (pages 31, 32 et 33 : <a class="spip_out" href="http://www.strategicstudiesinstitute.army.mil/pdffiles/PUB890.pdf">www.strategicstudiesinstitute.army.mil/pdffiles/PUB890.pdf</a>)</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Quoi qu’il en soit l’Union nord américaine du Canada et des USA est déjà une réalité et les régions (états désunis) qui seront créées par la violence ou sans violence s’intègreront au sein de cette union.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">N’oublions pas que le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada a reconnu que le Québec formait une « nation » au sein du Canada. Vous pouvez d’ailleurs trouver des cartes du Canada sur les sites officiels comprenant 5 régions : Le Canada atlantique, le Nord, l’Ontario, l’Ouest canadien et le Québec. Nous aurons donc une North American Union organisée dans un premier temps autour d’une dizaine de régions et qui intègrera le Mexique plus tard.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En ce qui nous concerne, nous assistons au même phénomène et le rapport Balladur qui prévoit dans sa proposition numéro 1 de « favoriser les regroupements volontaires de régions et la modification de leurs limites territoriales pour en réduire le nombre à une quinzaine » n’est qu’un épisode local qui se répètera partout en Europe.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous sommes en train de changer de monde et pourtant pour reprendre la célèbre formule du Comte de Lampedusa : « <em class="spip">il faut que tout change pour que rien ne change</em> ». En effet, toutes ces réformes ne résoudront pas les problèmes fondamentaux d’un système économique obsolète. Francis Neri (spécialiste de l’éducation, de la formation et du conseil, Président de l’Institut Européen de socialisation et d’éducation) a pourtant dit l’essentiel : « <em class="spip">Les crises : économique, sociale, écologique, énergétique, des matières premières, alimentaires, sont inter reliées et l’on ne peut considérer l’une sans se préoccuper des autres</em>. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Il faut donc analyser le problème dans sa globalité et à différents niveaux.</p>
<ul>
<li> Le premier niveau d’analyse, celui de la finance et de la titrisation a déjà été abondamment débattu.</li>
<li>Le deuxième niveau qui sera l’objet de ma prochaine étude (n°5 : une monnaie mondiale) car malheureusement, nos dirigeants sont incapables d’aller plus loin (ils servent le système), concerne le problème de notre système monétaire dont le pilier (le dollar) est en train de s’effondrer.</li>
<li>Le troisième niveau concerne l’adaptation de notre système économique aux nouvelles technologies de l’information qui détruisent les emplois par millions. Une réflexion profonde doit être engagée sur la notion de travail (le chômage explose) qui est ne l’oublions pas une invention tardive de l’homme. Les tribus dites « primitives » estiment que c’est une aberration. Smohalla, chef indien Sokulls déclarait : « <em class="spip"> Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves</em>. »</li>
<li> Le quatrième niveau concerne l’énergie. La fin du pétrole est programmée et nous n’avons encore pas trouvé d’alternatives valables. Or, il faut le rappeler, toute notre économie repose sur cette énergie encore bon marché et facile d’utilisation (mais polluante).</li>
<li> Le cinquième niveau concerne le capitalisme lui-même qui est basé sur la consommation à partir de dettes. Un système totalement injuste que les plus grands économistes américains comme John Maynard Keynes ont critiqué : « <em class="spip">nous commençons à le mépriser</em>. » (L’autosuffisance nationale, 1933).</li>
<li>Le sixième niveau concerne la démocratie et notre liberté qui sont en danger. Par accumulation du capital (l’argent appelle l’argent), une petite poignée d’hommes finissent par avoir la réalité du pouvoir. J. K. Galbraith économiste et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy nous a pourtant mis en garde :</li>
</ul>
<p class="spip" style="text-align: justify; padding-left: 60px;">« <em class="spip">En fait, il peut n’y avoir qu’un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent</em> ». Source : « Les nouveaux mensonges du capitalisme » Publié dans le Nouvel Observateur (4/11/05) Interview de John Kenneth Galbraith par François Armanet.</p>
<ul>
<li> Le septième niveau concerne l’écocide que provoque notre système économique (Un écocide est un acte de destruction d’un écosystème, notamment par l’exploitation excessive de celui-ci).Certains parlent même d’écophagie. Je signale au passage que l’eau potable, élément essentiel de la vie commence à manquer.</li>
</ul>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Au final nos élites « <em class="spip">s’efforcent de réduire notre malheur plutôt que de construire notre bonheur</em> » pour reprendre la célèbre phrase de Bernard Weber et nous avons, nous intellectuels, un rôle majeur à jouer. La crise systémique actuelle est une opportunité unique pour changer de monde, mais il faut tout d’abord changer nous-mêmes et nous remettre en question.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« Le boulot des intellectuels du courant dominant, c’est de servir en quelque sorte de « clergé laïque », de s’assurer du maintien de la foi doctrinale. Si vous remontez à une époque où l’Église dominait, c’est ce que faisait le clergé : c’étaient eux qui guettaient et traquaient l’hérésie. Et lorsque les sociétés sont devenues plus laïques [...], les mêmes contrôles sont restés nécessaires : les institutions devaient continuer à se défendre, après tout, et si elles ne pouvaient pas le faire en brûlant les gens sur le bûcher [...], il leur fallait trouver d’autres moyens. Petit à petit, cette responsabilité a été transférée vers la classe intellectuelle &#8211; être les gardiens de la vérité politique sacrée, des hommes de main en quelque sorte. » (Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, Noam Chomsky éd. éditions Aden, 2006, p. 187)</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: medium;"><strong>N°5 : une constitution pour l’économie</strong></span></span></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On peut lire actuellement dans l’ensemble de la presse que l’économie mondiale redémarre, que la crise est sur le point de s’achever. C’est faux et voici pourquoi.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Abderrahmane MEBTOUL, expert international et surtout un des plus grands économiste d’Algérie a déclaré : « <em class="spip">de l’avis de tous, la crise actuelle est la pire que le monde ait connu depuis la grande dépression avec une perte en sous capitalisation, évaluée par le FMI, fin février 2009, à 52.000 milliards de dollars.</em> »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Face aux catastrophes à venir, il a d’ailleurs lancé un appel, afin de mettre en place une cellule de crise en Algérie.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Selon l’agence Bloomberg, l’ensemble des dépenses, prêts et garanties offerts par l’Etat américain atteignent désormais les 12.800 milliards de dollars (PIB des USA : 14 000 milliards). <em class="spip">Boursier.com 31/03/2009</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’OCC (Office of the Controler of the Currency), l’agence de tutelle des banques Us a publié un rapport explosif (avril 2009).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">On apprend ainsi que la situation des prêts immobiliers est devenue incontrôlable avec 10 % de défaillances et surtout 694 056 procédures de saisies en cours au 4ème trimestre 2008. Vous pouvez d’ailleurs avoir le résumé de ces chiffres en consultant le tableau page 13 du rapport dont voici le lien : <a class="spip_out" href="http://www.occ.treas.gov/ftp/release/2009-37a.pdf">http://www.occ.treas.gov/ftp/release/2009-37a.pdf</a>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le département du Commerce a signalé que les mises en chantier ont chuté de 10,8% (510 000 au mois de mars) aux USA et que le nombre de permis de construire a reculé de 9% (513.000). <em class="spip">Source : Le Figaro.fr du 16/04/2009</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les 1000 milliards de dollars du G20 ont donc déjà été dépensés et je ne parle même pas de la faillite prochaine de General Motors et Chrysler (que j’avais annoncée l’année dernière).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Heureusement, il y a <a class="spip_out" href="http://robertreich.blogspot.com/2009/04/its-depression.html">Robert Reich</a>, ancien ministre du travail de Bill Clinton qui s’est « réveillé » le 3 avril et a indiqué sur son blog que la crise actuelle était comme en 1929 « une dépression » . Ouf, nous sommes sauvés !</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Bernard Lietaer (qui a mis en place l’euro et spécialiste des questions monétaires) avait donné une image exacte de l’ampleur de la crise aux USA, dans son livre blanc en novembre 2008 :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« L’opération de sauvetage américaine coûtera plus que la somme de toutes les activités historiques suivantes du gouvernement américain, ajustée pour l’inflation : prix de l’achat de la Louisiane, le New Deal et le Plan Marshall, les guerres de Corée, du Vietnam, la débâcle de S&amp;L, la NASA et la course à lune réunis. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Face à cette pyramide de problèmes nos gouvernements mettent en place des solutions provisoires qui n’auront pour effet que d’aggraver encore plus la situation. Quelles sont ces solutions :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">- le « bidouillage » de la comptabilité des banques.<br />
 &#8211; différer l’échéance fatale des prêts immobiliers aux USA.<br />
 &#8211; développer l’émission de DTS (droits de tirage spéciaux).</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">I. « Magouilles » comptables et prêts immobiliers US</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le 02 avril, en plein G20, les USA ont changé leurs normes comptables ce qui va permettre d’après Robert Willens, un ancien directeur de Lehman Brothers Holdings Inc. d’améliorer le bilan des banques de 20 %. Un « miracle » a donc eu lieu qui permet désormais aux entreprises financières de fixer elles-mêmes le prix de leurs produits financiers (car il n’y a plus d’acheteurs) et tout cela sous la contrainte et les menaces. Arthur Levitt, ancien président de la SEC a dit :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« ce qui me perturbe le plus à propos de l’initiative de la FASB (l’organisme qui fixe les règles en matière de comptabilité, à l’origine de la nouvelle réglementation) est qu’elle semble résulter de menaces indignes de membres du Congrès, qui sont redevables à des représentants d’entreprises ».<em class="spip">Source : Bloomberg du 29 mars 2009 : « Mark-to-Market Lobby Buoys Bank Profits 20% as FASB May Say Yes »</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En Europe, Christine Lagarde (ministre de l’économie) indique « qu’il faut quand même que tout le monde soit placé sur un pied d’égalité », et donc, dans la liesse générale, les ministres européens des Finances réunis à Prague ont « appelé l’IASB (Bureau des standards comptables internationaux) à coopérer étroitement avec le FASB (américain) pour répondre immédiatement à ces problèmes. » Nous aurons ainsi droit nous aussi à notre « bidouillage » comptable. Nous vivons décidément une époque formidable.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En ce qui concerne les prêts immobiliers US nous assistons au même phénomène. Je l’ai indiqué ci-dessus, 10 % des prêts immobiliers US ne sont pas remboursés. On renégocie donc à tour de bras et on retarde l’échéance qui sera fatale car la majeure partie de ces emprunteurs sont insolvables et la situation s’aggrave de jour en jour avec le chômage. D’ailleurs, un américain sur dix reçoit une aide en bons d’alimentation (<em class="spip">Reuters du vendredi 3 avril</em>) et 5,1 millions d’emplois ont été détruits depuis le début de la récession selon le journal Le Monde du vendredi 3 avril. C’est vrai, tout va bien ! Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez consulter l’excellent article de Paul Jorion du 12 avril (sur son blog) intitulé <a class="spip_out" href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=2778">La reprise aux États–Unis (non, je plaisante)</a>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En conclusion de cette première partie, je reprends les propos de Paul Krugman, prix nobel d’économie : « J’ai l’impression qu’elle [l’administration, ndlr] ne cherche qu’à gagner du temps au lieu d’admettre la réalité des pertes essuyées par les banques et de faire ce qui est nécessaire pour nettoyer ce foutoir. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Il ose même une phrase digne d’un théoricien du complot : « Le problème est que nous avons une administration qui va chercher conseil chez ceux qui ont créé cette crise ». <em class="spip">Source : Libération.fr du 15 avril 2009</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Au-delà de ce déni de réalité, nous nous apercevons que nos dirigeants sont face au problème de notre système monétaire dont le pilier (le dollar) est en train de s’effondrer et tentent d’apporter des solutions que le G 20 a concrétisé en développant les DTS. Lorsque je lis certaines études sur la crise systémique actuelle, je suis stupéfait du manque de profondeur de certaines analyses. Ainsi, étudier le krach actuel en se focalisant sur les « dysfonctionnements » de la finance revient à donner une vision parcellaire du problème.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En effet, il faut l’analyser dans sa globalité et notamment sur le plan monétaire.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La destruction du dollar en cours pose un problème fondamental au monde. En effet, quelle sera la monnaie de référence des échanges mondiaux ? Ainsi, cette crise est une crise systémique car, sur le plan strictement économique, nous assistons à la faillite de notre système monétaire. De nombreux économistes ont une vision étroite du krach actuel et désignent la finance comme seule responsable de nos malheurs. Or, certains commencent à aborder le problème structurel que pose notre système monétaire. Il est temps de faire un petit rappel historique.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: justify;">II. Analyse de la crise et DTS</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En juillet 1944, les USA imposaient au monde le dollar comme monnaie de référence. C’était la mise en place de la charte monétaire dite de Bretton Woods. Or, il faut le rappeler, le dollar était à l’époque convertible en or (35 dollars l’once). Jacques Rueff, économiste, et surtout clairvoyant, avait alors déclaré que c’était pour le monde « le secret d’un déficit sans larmes. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Puis, par étapes successives, le dollar a cessé d’être convertible en or (1971), pire encore, il est devenu « flottant » (1973), c’est-à-dire déconnecté de toute réalité économique. D’ailleurs, John Connally, secrétaire au trésor, déclarait en 1971 : « Le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Cerise sur le gâteau, on a abandonné le système de change fixe par les accords de Kingston de janvier 1976 (les plantes jamaïcaines peut-être !).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Georges Pompidou qui a travaillé à la banque Rothschild de 1954 à 1962 (donc un spécialiste des questions monétaires) avait à l’époque donné un bon aperçu de la situation :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« il n’y a pas de système monétaire international valable sans parités fixes ». Nous nous sommes donc peu à peu acheminés vers un « non système monétaire ». Une étude récente de la banque mondiale a ainsi démontré que nous avons eu 176 crises monétaires depuis 1971.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Comment les USA ont-ils pu maintenir ce système si longtemps ? Par la violence, bien sûr. Thomas Friedman, conseiller spécial de la secrétaire d’État Madeleine Albright sous l’administration Clinton, avait été très explicite :</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">« La main cachée qui tire les ficelles du marché a besoin d’un poing caché pour être efficace. McDonald’s ne saurait prospérer sans McDonnell Douglas&#8230; Et le poing caché qui assure un monde propice au développement des technologies de la Silicon Valley, c’est l’armée, les forces aériennes, la Marine et le Marine Corps américains ». <em class="spip">Source : Thomas Friedman, The Lexus and the Olive Tree : Understanding Globalization, Farrar, Strauss and Giroux, New York, 1999, p. 373</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">C’est d’ailleurs lui qui a promu les taux de change flottants en 1953 dans son article « The Case for Flexible Exchange Rates ». Il affirmait à l’époque qu’il fallait laisser les marchés déterminer la valeur des monnaies nationales. Cette vision anarcho-capitaliste de l’économie s’est diffusée partout dans le monde grâce à l’école de Chicago mais surtout au travers de la Société du Mont-Pèlerin (étrange pèlerinage !). Pascal Salin, ancien président de cette société, économiste et philosophe écrivait à l’époque : « Dans une période où le marxisme et l’interventionnisme étatique dominaient les esprits, Friedman a joué, à contre-courant, un rôle absolument irremplaçable. » Irremplaçable en effet car il a contribué à détruire l’économie mondiale après 176 crises monétaires !</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ceux qui recherchent les coupables, feraient mieux de regarder de ce côté. L’idéologie libertarienne a été une catastrophe que nous payons très cher aujourd’hui. Karl Popper, qui a participé à la création de la société du Mont- Pèlerin prosélyte de l’ultra libéralisme, savait très bien ce qu’il faisait : « La liberté, si elle est illimitée, conduit à son contraire ; car si elle n’est pas protégée et restreinte par la loi, la liberté conduit nécessairement à la tyrannie du plus fort sur le plus faible. » <em class="spip">Karl Popper « La société ouverte », ch.12, section 2</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Face au vide institutionnel, la finance a donc pris le dessus et la valeur de chaque monnaie a été déterminée par les marchés, une application directe des idées libertariennes de Milton Friedman qui a d’ailleurs obtenu un prix Nobel d’économie en 1976.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">D’ailleurs, James D Grant membre du CFR dans une discussion avec Paul Volcker (directeur du conseil pour la reconstruction économique) et Lawrence Summers (responsable actuel du conseil économique d’Obama), le 23 mai 2007, a dit : « <em class="spip">le dollar est basé sur la foi, nous émettons 850 milliards de dollar par an… Donc quelqu’un pense-t-il que c’est</em> …(inaudible) ». J’aime beaucoup la censure discrète (inaudible !). Nous sommes au mois de mai 2007 et ils savent que le système va dans le mur. Pour ceux qui comprennent l’anglais, un pur bijou ! Source : <a class="spip_out" href="http://www.cfr.org/publication/13468/bretton_woods_ii.html">http://www.cfr.org/publication/13468/bretton_woods_ii.html</a>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous connaissons la suite, une montagne de dette pour soutenir les USA, ce qui s’apparente à une taxe impériale, et nous avons laissé « <em class="spip">circuler 1000 fois plus d’argent qu’il n’existe d’actifs sous-jacents</em> » comme l’affirme Pierre Pascalon dans son étude pour l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques :« Il faut un véritable Bretton Woods II »).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Or, le 18 mars (« le jour où le dollar est mort », pour reprendre la célèbre phrase des analystes de la banque Standard Chartered) la FED (banque centrale US) a décidé de racheter des bons du trésor, ce qui revient à monétiser la dette.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Igor Panarin ancien expert des USA au KGB enfonce le clou en déclarant : « Le dollar n’est garanti par rien. » Le journal russe Izvestia affirme quant à lui : « La dette étrangère du pays a grandi comme une avalanche ; c’est une pyramide, qui doit s’effondrer. » <em class="spip">Source : Bloomberg.com du 25 novembre 2008</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Nous le voyons, notre système monétaire basé sur le dollar n’est plus viable.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le problème de la monnaie est donc au cœur de cette crise et vous avez remarqué que j’insiste lourdement sur ce point car les solutions qui seront « trouvées » seront d’ordre monétaire. J’ai expliqué dans mes quatre précédents articles que les monnaies nationales étaient en phase avancée de destruction (dollar, livre sterling par exemple) et que de nouvelles monnaies continentales (dollar nord-américain, <em class="spip">Acu</em> pour l’Asie, <em class="spip">Sucre</em> pour l’Amérique du sud, l’<em class="spip">Arabo</em> lancé par le Conseil de Coopération du Golfe), virtuelles dans un premier temps, étaient en train de naître. Ainsi, nous assistons à la destruction des nations écartelées entre de grands pôles continentaux d’une part et des régions d’autre part. Des monnaies complémentaires apparaissent comme les comptes Hour gérés par la Bank of Ithaca dans l’état de New York par exemple. Le dollar s’effondre donc et avec lui l’Empire US car le cœur économique du monde s’est déplacé vers l’Asie (Chine et Inde).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le 19 février, le quotidien du peuple (<em class="spip">People’s Daily</em>) annonçait que « la Chine autorisait les pays en déficit commercial avec elle à produire des obligations en yuans (et non en dollars). »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Elle a de plus signé un accord avec l’Argentine lui permettant de payer en yuan et « a conclu des accords d’échange de devises d’une valeur totale de 95 milliards de dollars, avec la Malaisie, la Corée du Sud, Hong Kong, la Biélorussie, l’Indonésie, et maintenant l’ Argentine ». <em class="spip">Source : China Economic Review du 31 Mars 2009</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’AFP, le 26 mars, a affirmé « qu’un groupe d’experts de l’ONU dirigé par l’économiste américain Joseph Stiglitz a préconisé un nouveau système monétaire international pour remplacer l’actuel, basé sur le dollar. Un nouveau système monétaire international, ressemblant à des droits de tirage spéciaux (DTS) très élargis » La Chine a enfoncé le clou en proposant que les droits de tirage spéciaux (DTS ou SDR en anglais) puissent jouer le rôle « de monnaie de réserve supra- souveraine. »</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Georges Soros a confirmé : « la monnaie américaine pourrait finalement être remplacée comme devise mondiale de réserve, éventuellement par les Droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international ». <em class="spip">Source : Reuters  le 06 avril 2009</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les DTS ont été créés en 1966 par le FMI en complément des réserves officielles des pays membres, c’est un droit qui permet de « tirer » des devises. Les DTS sont déterminés en fonction d’un panier de valeur de 4 monnaies : le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling. Il manque donc le yuan et le rouble.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Or, le 28 mars 2009, l’agence Reuters nous apprend que « la Russie est favorable à une extension du droit de tirage spécial (DTS) du Fonds monétaire international afin qu’il inclue le rouble, le yuan et l’or. » Ceci est dans le droit fil des propositions chinoises et confirmé par le Quotidien du peuple du samedi 11 avril.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Certains parlent même d’élargir le système à d’autres monnaies comme Arkadi Dvorkovitch, conseiller économique au Kremlin. Il faut cependant rappeler que le fonctionnement des droits de tirage spéciaux pose problème car il va falloir fixer de nouvelles quotités des monnaies qui constituent un DTS. Voici par exemple le panier de devises composant un DTS en octobre 2005 (Wikipédia) : 0,5770 USD &#8211; 0,4260 EUR &#8211; 21,000 JPY &#8211; 0,0984 GBP.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les quotités dépendent des quotes-parts des membres et vous l’avez deviné, les USA sont majoritaires avec 16, 77% des voix. Que va-t-il se passer lorsque la Russie et la Chine entreront dans le système ? Il faut rappeler que de par son fonctionnement, le droit de tirage spécial favorise celui qui fournit les liquidités et, je vous le rappelle, les USA sont ruinés (ils devront fournir 100 milliards de dollar pour le plan de relance du G20). La Chine devrait donc logiquement devenir un acteur majeur de cet instrument monétaire.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">De plus, il s’agit d’un crédit et il faudra donc payer des intérêts .D’ailleurs, face aux besoins croissants de liquidités et la défaillance prochaine de nombreux états il est à craindre que le FMI ne laisse se développer les droits de tirage de manière anarchique. De nouveaux emprunts obligataires libellés en DTS apparaîtront, du crédit pour résoudre la crise du crédit, ubuesque.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce système est appelé à être provisoire et comme l’Ecu, monnaie virtuelle qui s’est transformée en euro, nous aurons dans un premier temps des monnaies continentales (Sucre, Acu, etc) qui deviendront réelles pour, au final, être regroupées au sein d’une monnaie unique mondiale dont plusieurs noms circulent (Global, Phoenix, Terra). Je désirais écrire un article au sujet de la monnaie mondiale (prochain opus) mais l’actualité des DTS a pris le dessus.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Voilà, j’espère vous avoir éclairé sur le fonctionnement de notre pauvre petite planète. Il manque cependant une analyse, et ce sera ma conclusion.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">J’ai été très surpris de ce qui a été écrit concernant l’arrestation de Bernard Madoff. Il a d’ailleurs été très étonné lui-même des accusations de monstre lancées contre lui. Sa ligne de défense est simple et elle devrait vous en dire long sur notre système économique. Il a ainsi déclaré que l’économie mondiale était une vaste pyramide de Ponzi et qu’il ne comprenait pas pourquoi il devenait le bouc émissaire d’un système alors qu’il en était le révélateur. Ce système qui fonctionne sur la dette et la captation par quelques-uns de l’essentiel des intérêts impose au fil des ans d’élargir la base de crédit. Et, lorsque l’on commence à prêter à des gens qui ne peuvent rembourser (les pauvres), le système s’écroule. Voilà, c’est aussi simple et stupide que cela. Le chômage va donc exploser, les retraites se transformeront en revenu minimum, la sécurité sociale sera réservée à quelques-uns. Dans les pays pauvres, on mourra de faim par millions.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La solution classique consiste à provoquer un gros conflit mondial, en attisant les haines, ce qui permet de se débarrasser des chômeurs et des stocks d’armes et ensuite de reconstruire. J’invite d’ailleurs ceux qui tiennent des propos virulents envers Israël ou les arabes à avoir en tête cet axe d’analyse. Le sentiment diffus que quelque chose de très grave est en préparation est omniprésent. Il reste cependant un petit espoir. Paul Jorion, sur son blog, réfléchit à l’élaboration d’une constitution pour l’économie qui se ferait sur le net et accessible par tous. J’invite donc ceux qui peuvent nous aider concrètement à prendre contact avec lui afin de changer ce monde abominable car il est temps de nous prendre en charge.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em class="spip">Jean Guéhenno :<strong>« Nous rêvons une vie, nous en vivons une autre, mais celle que nous rêvons est la vraie. »</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: right;"><em class="spip">Source : <a href="http://www.legrandsoir.info/">legrandsoir</a><strong><br />
 </strong></em></p>
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		<title>Quand l’homme sage reste sage</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Apr 2009 10:30:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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		<description><![CDATA[par Michel Tarrier Les peuples racines, une philosophie en phase avec la Nature « Ils n’ont de vêtements, ni de laine, ni de lin, ni de coton, car ils n’en ont aucun besoin ; et il n’y a chez eux aucun patrimoine, tous les biens sont communs à tous. Ils vivent sans roi ni gouverneur, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?auteur346">Michel Tarrier</a></h3>
<h2 style="text-align: center;"><strong>Les peuples racines, une philosophie en phase avec la Nature</strong><br />
</h2>
<div class="texte">
<p class="spip" style="text-align: justify;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/indien_2.png"><img class="alignright size-full wp-image-3591" title="indien_2" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/indien_2.png" alt="indien_2" width="241" height="360" /></a><em>« </em><em class="spip">Ils n’ont de vêtements, ni de laine, ni de lin, ni de coton, car ils n’en ont aucun besoin ; et il n’y a chez eux aucun patrimoine, tous les biens sont communs à tous. Ils vivent sans roi ni gouverneur, et chacun est à lui-même son propre maître. Ils ont autant d’épouses qu’il leur plaît […]. Ils n’ont ni temples, ni religion, et ne sont pas des idolâtres. Que puis-je dire de plus ? Ils vivent selon la nature. </em><em> » <br />
 <strong>Amerigo Vespucchi (<span class="spip">Mundus novus</span>)</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage.</em><em> » <br />
 <strong>Michel de Montaigne</strong><br />
 <strong class="spip"><br />
 </strong>« </em> <em class="spip">Si j’étais chef de quelqu’un des peuples de la Nigritie, je déclare que je ferais élever sur la frontière du pays une potence où je ferais pendre sans rémission le premier Européen qui oserait y pénétrer.</em><em> »<br />
 <strong>Jean-Jacques Rousseau</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Les personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques ont le droit de jouir de leur propre culture, de professer et de pratiquer leur propre religion et d’utiliser leur propre langue, en privé et en public, librement et sans ingérence ni discrimination quelconque.</em><em> »<br />
 <strong>Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 47/135 du 18 décembre 1992 (Article 2)</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Le post-colonial a partout été du bricolage d’apparence politique, des minorités favorisant le néocolonialisme, le népotisme et le clientélisme</em><em>. » <br />
 <strong>Jean Malaurie</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Voir ce qui ne paraît aux yeux de personne, c’est la seconde vue.</em><em> »<br />
 <strong>Jules Michelet</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Ils sont comme des muets ; ils souffrent, s’éteignent en silence et nous n’entendons rien. </em><em> » <br />
 <strong>Jules Michelet</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">La vie avant la domestication / l’agriculture était en fait largement une vie de plaisir, de contact avec la nature, de sagesse des sens, d’égalité sexuelle, et de bonne santé</em><em>. »<br />
 <strong>John Zerzan</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Les caractères exceptionnels de cette pensée que nous appelons sauvage tiennent surtout à l’ampleur des fins qu’elle s’assigne. Elle prétend être simultanément analytique et synthétique, aller jusqu’à son extrême dans l’une ou l’autre direction, tout en étant capable d’exercer une médiation entre ces deux pôles&#8230; La pensée sauvage se définit à la fois par une dévorante ambition symbolique, par une attention scrupuleuse entièrement tournée vers le concret, enfin par la conviction implicite que ces deux attitudes n’en font qu’une.</em><em> »<br />
 <strong>Claude Lévi Strauss</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Cinq cents types de fleurs, filles d’autant de types de pommes de terre poussent&#8230; sur la terre ; mêlées de nuit et d’or, d’argent et de jour.<br />
 Les cent fleurs des quinoas que j’ai semés au sommet, étincellent de tous leurs feux sous le soleil ; les ailes noires du condor et d’oiseaux microscopiques sont maintenant en fleurs.<br />
 Il est midi. Je suis près des montagnes, nos maîtresses, les sommets des ancêtres ; leur neige tantôt saupoudrée de jaune, tantôt tachetée de rouge, brille sous le soleil&#8230;<br />
 &#8230; regardez mon visage, mes veines ; les vents qui soufflent de nous à vous, nous les respirons tous ; la terre sur laquelle vous comptez vos livres, vos machines, vos fleurs, descend de la mienne, meilleure, débarrassée de sa colère, une terre apprivoisée&#8230;<br />
 Nous ignorons ce qu’il adviendra. Laissons la mort avancer vers nous, laissons venir ces inconnus.<br />
 Nous les attendrons ; nous sommes fils du père de toutes les montagnes, nos maîtresses ; fils du père de toutes les rivières.</em><em> »<br />
 <strong>José María Arguedas (extrait de « A call to some doctors », 1966, traduit du quechua)</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">J’ai vénéré la Terre pour comprendre le ciel <br />
 et grâce aux vers luisants, j’ai connu les étoiles.</em><em> » <br />
 <strong>Louis Aldebert</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même.</em><em> »<br />
 <strong>Élisée Reclus</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« </em><em class="spip">Tout est dans la nature et toute la nature est en moi. On est ensemble !</em><em> »<br />
 <strong>Parole de Pygmée</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span id="more-3589"></span>Les peuples natifs vivent en communion avec leur milieu, toutes leurs cellules sont en phase avec la Terre nourricière, éthologie qui n’a pas trop eu l’heur de nous plaire au fil des siècles passés, jusqu’à ce qu’on en fonde tant d’admiration que de contrition ces derniers temps. « <em class="spip">Le fils souhaite oublier, le petit-fils veut s’en souvenir</em> », insinuait Arthur Schlesinger. En dépit de ce vent en poupe pour la mode ethnique, nonobstant les recommandations de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Organisation des États Américains (OEA), des Organisations Indigènes d’Amazonie (COICA), de l’Union Mondiale pour la Nature (UICN) et de tant d’autres institutions mondiales, nationales et régionales, la situation de ces peuples reste des plus alarmantes : vingt cinq langues disparaissent chaque année dans le monde. Certains diront : moins de langues, moins de guerres, les langues et les religions étant, à travers le nationalisme, les principales raisons pour lesquelles on se bat.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La philosophie plurimillénaire de la naturalité des peuples premiers aurait dû, dès l’inévitable contact, participer à l’enrichissement de la pensée universelle. Nous avons, une fois de plus, raté le coche. Ce don rare, cette intelligence de l’instinct que se partagent les peuples « sauvages », ne se rencontre plus chez l’insolent <em class="spip">Homo sapiens modernicus</em>, même pas chez son prétendu naturaliste de terrain dont la dégaine et le comportement sont le plus souvent ceux d’un pathétique Nemrod de la science à la petite semaine. La noosphère &#8211; lourdement polluée par Washington, Londres, Paris, Moscou, Tokyo qui n’aspirent qu’à Broadway &#8211; se ressent fatalement de cette amputation, et l’air écologiquement irrespirable ne l’est que par le déshéritement colonial, puis technocratique, orchestré à l’égard de cette sève de l’humanité qu’était la pensée panthéiste. Loin de l’écrasant dogme abrahamique, le panthéisme n’affirme rien, il est à l’écoute, il est sublime liberté. Les peuples racines (expression que nous devons à l’école des anthropologues russes) sont en communication viscérale avec tout ce qui sous-tend le cosmos, et de ce dialogue symbiotique émane une fécondité cachée. Ce pouvoir de la périphérie correspond à la vision juste, mais nous l’avons troqué pour un pouvoir centralisateur erronément élu. Les communautés indigènes de la forêt, de la steppe ou de la montagne communiquent de façon sensorielle avec leur milieu. Nous avons ridiculisé et révoqué cette connivence homme-Nature, et remplacée par un divorce, un hiatus, une fracture. Il est vrai qu’un peu tard et fatalement blessés, nous cherchons maintenant à combler le fossé. L’esprit de l’homme naturel est charpenté par une psychologie cognitive de son environnement, dont il pressent le moindre souffle, le moindre son, la senteur la plus ténue. C’est le trésor des humbles de la poétique maeterlinckienne, où le philosophe-entomologiste parle des hommes qui ne savent pas encore que leur futur idéal sera une mangeoire, ou <em class="spip">Les rêveries d’un promeneur solitaire</em> de Rousseau, ou encore <em class="spip">Les essais</em> de Goethe sur la métamorphose des plantes et des insectes, et plus récemment <em class="spip">Le traité du rebelle</em> ou <em class="spip">Le recours aux forêts</em> de l’anarque Ernst Jünger. Quel univers contrasté avec le boutiquier nord-américain <em class="spip">globèse</em>, vacancier pédophile à ses heures, et qu’il faut soulever à la grue lorsque montent les eaux d’un tsunami imprévu, mais que le natif, en deuil de sa mangrove et de ses coraux, aurait senti venir. Comme l’ont senti les animaux sauvages.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les peuples premiers pouvaient tenir le rôle de sentinelles de notre planète. Encore aurait-il fallu les respecter, ne pas diaboliser leurs mœurs, ne pas dépecer leurs communautés. Mais notre civilisation monothéiste et monoplace ne respecte rien d’autre que le chemin qui nous mène d’un Christ millésimé jusqu’au temple du supermarché d’aujourd’hui. Tout doit combler notre ego, <em class="spip">hic et nunc</em>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce monde occidental a heurté, bafoué, liquidé les peuples natifs, les a plongés dans le plus total coma culturel. Il fallait et il faut encore qu’à tout prix ils déblaient le terrain. Rien de plus facile quand la raison est celle du plus fort : que peut bien faire celui qui n’a pas inventé la poudre devant le fusil envahisseur ? Le vrai choc de civilisation, c’est bien celui-là, et non l’autre allégué entre islam et chrétienté, lesquels frères ennemis – finalement – s’entendent comme larrons en foire. Et ce ne sont pas quelques 11 septembre qui risquent de faire brûler trop longtemps le torchon impérialiste commun. Aujourd’hui, capitalistes fourbes et bien-pensants, sur la repentance quand ça nous arrange, nous faisons notre <em class="spip">mea culpa</em> d’avoir biffé les peuples indigènes, ne serait-ce qu’au détriment des catalogues de nos agences de voyages qui voudraient bien tirer les derniers marrons sauvages du feu de notre jeu de massacre. Les religions du Livre n’en continuent pas moins à prescrire, à se faire admettre jusqu’à l’inadmissible, là où on ne les attend pas. L’inquisition est une manière de défaire. Étranges symboles œcuméniques que ceux qui avancent autoritaires, militaires, sanguinaires, contre les païens, les idolâtres, les sauvages, les barbares et autres « nègres ». Si le progrès, c’est seulement passer de l’étui pénien au string, du curare au nucléaire, de l’igloo au building, du morse cru à la vache folle, de la tradition orale à la lobotomie cathodique, alors nous avons perdu notre temps. Mieux que de parquer et de rééduquer les peuples indigènes, il eût fallu entrer en concertation, pratiquer l’altérité, comprendre un tant soit peu leurs rituels pour savoir qui nous étions, nous aussi. Quelle arrogance, quel manque d’empathie, tout de même !</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« <span class="spip"> Dans l’histoire de la race humaine, aucune campagne de génocide spirituel, culturel et intellectuel ne peut se comparer à celle qui fut lancée à l’encontre des gardiens des Mystères et de leurs adeptes. L’objectif meurtrier de détruire la Gnose ne se confina pas aux lieux sacrés de l’Egypte et du Levant dans lesquels les Mystères étaient préservés par les </span>Gnostokoi<span class="spip">, les experts en matières divines, incluant la divinité de la Terre elle-même. Cette destruction s’étendit à l’Europe, où la sagesse Païenne prospérait en une coalition colorée de races et de cultures, et puis vers les Amériques où des centaines de cultures tribales furent décimées du Canada au Pérou. Elle s’étend de nos jours par l’entremise d’une évangélisation agressive en Asie, particulièrement en Corée et en Chine, et en Afrique, où elle s’allie souvent avec des mouvements militaristes et elle maintient encore dans un carcan meurtrier les peuples de l’Amérique Latine et de la Méso-Amérique. Tout autour du globe, le message catholique de rédemption se répand avec une injonction à se reproduire et à essaimer sur toute la planète. Les Gnostiques rejetaient la procréation biologique inconsciente chez l’espèce humaine et la considéraient comme une marque d’esclavage au Démiurge, le faux dieu créateur qui commande à ses fidèles de se multiplier et de dominer la Terre</span>. » <strong>(John Lash,<span class="spip"> Pas en Son Image</span>, traduction de Dominique Guillet)</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Comme l’Armée du Salut possède ses pauvres, nous avons maintenant nos Indiens, nos Esquimaux, nos Pygmées, nouveaux bons sauvages, nouvelle bonne conscience. Ce soudain regard magnanime ne mange pas de pain, ne nous prive pas de nos postures, de notre prépondérance, de nos haras. Une coiffe indienne en vitrine d’une boutique déco du beau quartier (invendable dans les cités !) n’est pas une coiffe indienne, c’est un témoignage de civilisation hors de prix… Le néo-colon et le safariste de Tarascon exposent leurs trophées aux cimaises de leur salon, nostalgie de fortes sensations, on en parle entre amis, comme on regarde Thalassa. Faut pas rêver ! L’ethnologie faite de pillage justifié reste un bon filon. À l’heure ingrate des charters pour émigrés, il serait temps de restituer le pactole que nous avons indûment engrangé dans nos ethnothèques-musées. Je me suis toujours demandé pourquoi, entre Neuilly et Passy, on ne ferait pas un musée à la gloire de la misère de proximité, avec des objets témoignages d’un certain quart monde, des objets familiers aux Indigènes de la République ou aux Enfants de Don Quichotte, mettant en vitrine des totems tendance et autres fétiches crasseux, raflés dans les cités. Cette contre-culture ou anticulture exciterait la curiosité de pas mal de rombières.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Aiguillonné par l’interprétation mécaniste d’un monde qu’il explique mais qu’il ne comprend plus, l’occidental a propagé le paradigme d’une technoscience permettant un développement extrême de manipulation du Milieu et du Vivant, et une pression destructive considérable. Nous ne voyons plus dans la Nature qu’un objet mis à la disposition, non seulement de nos besoins élémentaires, mais aussi de notre propension au pouvoir, à la croissance démographique et économique, à la capitalisation, prédations techniques et non plus naturelles à travers l’organisation de marchés agro-alimentaires, industriels, miniers, immobiliers, touristiques&#8230; Au fait d’un savoir prétentieux et très relatif, nous avons tout domestiqué, y compris dans les océans, le sous-sol et l’espace. Nous nous sommes débarrassés des craintes inhérentes aux forces naturelles, nous avons révoqué les esprits immanents, nous les avons troqués par un dieu qui ne nous demande plus de prier pour nous excuser auprès de l’animal que l’on va manger, mais de prier pour remercier celui qui l’a créé et mis à notre disposition. Du dieu des agneaux, nous sommes passés à l’agneau d’un dieu. La Nature n’est plus créatrice, elle est création. <em class="spip">Made in heaven</em>. La Nature n’est plus intelligente, elle est inerte. La Nature n’est plus un tout, elle est saucissonnée. Nous avons tout débité en tranches, nous sommes les champions de la dichotomie : le naturel et le culturel, le corps et l’esprit, la gauche et la droite, le bien et le mal, le chaud et le froid, le cru et le cuit, la prose et la poésie, le beau et le laid, le jeune et le vieux, l’utile et le nuisible, le pauvre et le riche, l’honnête et le malhonnête, le civilisé et le sauvage, la ville et la campagne, le passé et l’avenir, le jour et la nuit, &#8230; Quel métropolitain se souvient même de l’aurore et du crépuscule ? Nous sommes victimes d’une obsession du rapport dual et de la scission. Pour rationaliser, nous avons compartimenté et nous ne savons plus ce qu’est un tout indissociable. On en arrive à douter que l’ensemble puisse former un tout ! Maniaco-dépressifs, comment alors être à l’écoute des interdépendances où tout s’imbrique, tout s’intrique, tout se compénètre, tout s’immisce, tout s’entrelace, tout se confond, tout est subtil, inextricable et complexe ? Et dans cette décadence, toute promiscuité est vécue comme une psychose. Cette négligence de la nuance est fondatrice d’un regard dérivant, ambitieux et borné, engendrant le chaos et le scandale. Nous avons ainsi échangé des croyances naturelles et intrinsèques contre une croyance culturelle et contre-nature. C’est à cette machination que nous devons la destruction de la Nature, au prix des lois de marchés qui l’exploitent sans crier gare. Cette rupture entre les anciens et les modernes nous renvoie aux peuples dits primitifs, qu’il est désormais de bon ton de vénérer, d’autant plus que notre progrès nous a promus dans la plus totale incapacité, non seulement de s’en inspirer, mais aussi d’en envisager, ne serait-ce qu’un instant, l’ombre d’une coexistence. La finitude de notre système n’a d’égal que la compassion que nous pouvons porter aux communautés autochtones encore épargnées. Plutôt que de les combattre et de les piller, nous aurions gagné en faisant œuvre de pacte et en nous inspirant, un tant soit peu, de leurs enseignements. C’est parce que nous n’avons fait que des affaires, encore des affaires et rien d’autre que des affaires, que notre progrès n’est que technique et nullement éthique.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le chasseur-collecteur est intègre. Le mot prière, dont nous avons affublé son rite incantatoire, correspond à une humble conversation vibratoire avec l’univers, le cosmos, les êtres vivants, l’eau, tout ce qui l’entoure de façon mêlée et indissociable, chaque sujet n’existant qu’au travers du respect de cette relation. Un peu comme l’environnement nous détruit par effet retour lorsqu’on le détruit, la Nature répond par de subtils messages à celui qui sait l’implorer et lui rendre grâce. Pour entretenir un légitime dialogue avec l’omniprésence des forces de la Nature, ils s’imposent des sacrifices, pratiquent l’offrande aux esprits, font des libations en l’honneur de leurs ancêtres.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Initiateurs de la gestion durable avant la lettre, les Aborigènes australiens, les Maori, les Kanaks, les Papous, les Punan, les Bushmen, les Pygmées, les Masaïs, les Touaregs, les Mongols, les Tibétains, les Amérindiens, les Lapons, les Inuits et tant d’autres peuples autochtones, se considèrent comme partie prenante d’une Nature dont ils ne sont pas maîtres et au sein de laquelle ils sont intrinsèquement impliqués. Pour l’homme naturel, toute forme de vie induit le plus total respect et la Terre est l’incontournable mère nourricière. On n’abuse de personne, encore moins de sa mère. C’est la générosité qui procure un statut social élevé, tandis que l’égoïsme expose à la honte. Telle est, succinctement résumée, la philosophie des peuples premiers, naturels, une éthique qui nous apparaît aujourd’hui et un peu tard comme admirable, irréprochable.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Selon l’OMS, les vertus médicales de plus de 20 000 espèces botaniques sont utilisées par ces tribus, et la majorité des plantes de base exploitées par la pharmacie du monde occidental avait été découverte antérieurement par les peuples autochtones. Il nous a fallu attendre le XXe siècle pour appréhender un minimum de notions écologiques, et le XXIe pour se rendre compte, publiquement, que les ressources n’étaient finalement pas intarissables. Ces peuples ont toujours été au fait de telles notions, notamment des interactions naturelles et de la gestion parcimonieuse qui doit présider à toute utilisation environnementale si l’on veut préserver l’avenir. Ce que les écologistes tentent aujourd’hui de prêcher et d’imposer à juste titre aux politiques, cela fait des millénaires que les ethnies de la forêt, de la montagne, de la haute plaine ou de la steppe le savent et le pratiquent au quotidien. Vous avez dit primitif ? Mais notre démographie irraisonnée, dopée par nos religions monopolistes et fondée sur le tout patriotique (Terriens-soldats, Terriens-ouvriers, Terriens-consommateurs, etc.) pouvait-elle se contenter des seules façons culturales d’un jardinage forestier, aurait-elle été capable de laisser souffler parfois la Nature ?</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le manioc, nourriture emblématique des contrées rurales, importé et cultivé en Afrique au XIXe siècle, a d’abord été cultivé par des Indiens brésiliens. Nous devons aussi aux cultures amérindiennes l’invention du maïs, dont la plante ancêtre est la téosinte, et dont la mutation effectuée dans le Sud-Ouest du Mexique, puis domestiquée de part et d’autre des contrées équatoriales de l’Amérique, date de plusieurs millénaires. Même chose pour la pomme de terre cultivée par les Quechuas sous le nom de <em class="spip">papa</em> plus de 1 000 ans av. J.-C.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’assertion prétendant que les semences de l’agriculture autochtone, comme celles du blé ou du maïs, ne tendent pas à un rendement aussi performant que les variétés importées, est loin d’être une vérité, ou du moins comporte une foule d’exceptions bien connues des agronomes libres des lobbies. En Éthiopie centrale, dans la région de Shewa, le rendement sur sept ans de champs céréaliers utilisant des sélections choisies parmi les populations naturelles de blé dur est supérieur de 25 % à celui de variétés hybrides dites à haut rendement. Mais le blé et l’orge utilisés par 4 000 agriculteurs des hautes terres éthiopiennes sont désormais gravement menacés par les variétés importées. La régression des ressources phytogénétiques traditionnelles touche une douzaine de pays africains. Et pourtant, une souche d’orge éthiopienne a sauvé une récolte atteinte de jaunisse en Amérique du Nord. Un programme mirobolant d’aide à la culture du maïs hybride (comprenant engrais et pesticides subventionnés), développé au Ghana, a donné de bons résultats durant les premières années, mais a engendré un épuisement du sol par une trop forte salinisation. En outre, le coût des fertilisants a augmenté dès que les subventions ont pris fin ! Entre-temps, les cultivateurs locaux avaient abandonné leurs semences naturelles… Au Lesotho, les paysans sont consternés par la disparition de leurs ressources génétiques, y compris celle de l’aloès spiralé, fleur nationale. La planche de salut a été fournie par un agriculteur de 83 ans, initiateur d’une culture intercalaire intensive sur des parcelles d’une acre et pouvant produire jusqu’à sept récoltes. (Clyde Sanger, <em class="spip">in</em> les archives du CRDI).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« <span class="spip">Selon nos traditions, et ce, depuis l’aube de la création, chaque matin, lorsque le soleil se lève, notre Créateur nous assigne à tous quatre tâches à accomplir durant la journée. Premièrement, nous devons apprendre au moins une chose importante aujourd’hui. Deuxièmement, nous devons enseigner au moins une chose importante à quelqu’un d’autre. Troisièmement, nous devons accomplir un bienfait vis-à-vis de quelqu’un, sans que cette personne se doute de quoi que soit. Et, quatrièmement, nous devons traiter chaque entité vivante avec respect. Ainsi, tous ces bienfaits se répandent sur la Terre.</span> » <br />
 <strong>Indien de la tribu Cree</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em>« <span class="spip">Souviens-toi que la maîtrise n’est pas tout ; souviens-toi de la partie la plus profonde de toi-même, encore indomptée, dont la force est celle de l’instinct ; rappelle-toi que tu saignes, que tu sens et ressens, que tu peux avoir dans ton corps une grâce animale, qu’il y a une élégance, un contrôle, qui ne sont pas imposés par l’esprit sur la nature, mais qui émanent du corps, qui émanent du fait d’être dans le monde, à chaque moment, comme si nous y étions chez nous, comme un animal est chez lui là où il est.</span> »<br />
 <strong>Starhawk</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les sociétés aborigènes sont à tel point imprégnées de leur milieu que leur éthique homéotélique leur fait ressentir une forte empathie pour la Terre quand elle est malmenée. À l’instar de tous les Amérindiens, les Wintus du Nord de la Californie ont non seulement souffert des massacres, de la persécution et de la déportation en réserves, mais tout autant du spectacle de l’exploitation éhontée de leurs terres traditionnelles par les non-natifs, arrivés avec leurs gros souliers : extractions minières causant un saccage incommensurable au paysage, pollution des cours d’eau par les prospecteurs d’or, déboisements à blanc-étoc ne laissant que d’immenses cicatrices scalpées et désolées, constructions ravageuses de voies ferrées, de routes, de barrages colossaux, aménagements de ranchs pour l’élevage à grande échelle. Pour un peuple des montagnes qui se suffisait de la pêche au saumon, de la chasse au cerf et de la récolte des glands, une telle gesticulation capitaliste correspondait à un viol environnemental. Quand les Indiens de plaine voyaient les Blancs retourner et fourrager le sol, le labourer en profondeur, massacrer les boisements, miner et exploiter les écosystèmes dans un objectif de rente, tuer un bison pour n’en manger que la langue, cela les choquait profondément. Force est maintenant de reconnaître que leur vision parcimonieuse était la bonne.</p>
<p class="spip" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1148&amp;PHPSESSID=5cf4b5571327c35e50a43b69e519c802">larevuedesressources</a></em></p>
</div>
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		<title>Déforestation : à qui profite le désastre ?</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2009 14:08:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[De Bernard Duterme L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">De <a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2849501948/new-shop-amazon-media-21/ref=asc_df_2849501948340150"><strong>Bernard Duterme</strong></a></h3>
<div class="chapo">
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-full wp-image-3572" title="sdm-gene-02-deforestation" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/sdm-gene-02-deforestation.jpg" alt="sdm-gene-02-deforestation" width="416" height="225" />L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par un questionnement radical des logiques productivistes et des inégalités.</strong></p>
</div>
<div class="texte">par    <strong>Bernard Duterme</strong></div>
<div class="texte">
<p class="spip" align="justify">Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation correspond d’abord à une évolution mondiale alarmante. Crise alimentaire, changements climatiques, impasses énergétiques… les tendances lourdes de l’actualité de ce début de 21e siècle, de par leurs connexions plus ou moins manifestes avec le déboisement et la dégradation des forêts, obligent la communauté internationale à enfin donner l’importance qu’il mérite au phénomène. Le déclin rapide des superficies boisées ne date pourtant pas de ce millénaire. A la faveur d’autres lames de fond – l’urbanisation, les pollutions, l’agro industrialisation, la pauvreté… – aux liens implicites ou explicites avec la déforestation, le constat aurait déjà dû mobiliser les consciences. Sans doute les risques apparaissaient-ils plus éloignés.</p>
<p class="spip" align="justify">Toujours est-il, on le devine, que la diminution avancée du couvert forestier à l’échelle mondiale s’avère intimement liée, dans ses logiques et dans sa portée, aux modèles de production et de consommation privilégiés ces dernières décennies, voire ces derniers siècles. S’en tenir ici à une approche strictement descriptive ou technique de la problématique ne pourra donc suffire, même si, dans un premier temps, il convient d’en prendre la mesure. Qu’entend-on par déforestation ? Quelle est son ampleur ? Quelles régions et populations du monde concerne-t-elle ? En quoi pose-t-elle problème ? Dans un deuxième temps, nous traiterons des causes évidentes et sous-jacentes de la déforestation, ainsi que de ses principaux moteurs et acteurs, pour ensuite débattre des enjeux cruciaux et des politiques auxquels elle renvoie.</p>
<p class="spip" align="justify"><span id="more-3570"></span>Importance des forêts et ampleur de la déforestation</p>
<p class="spip" align="justify">Aujourd’hui, les forêts naturelles couvrent encore un quart des terres émergées du globe (CIRAD, 2008) et remplissent toujours de multiples fonctions, tant écologiques qu’économiques, sociales et culturelles. Des fonctions notamment environnementales donc, qui, à la faveur des progrès des connaissances scientifiques, apparaissent chaque jour plus précieuses, à la fois innombrables et inestimables, indispensables à la perpétuation de la vie sur terre. Contribution au cycle de l’eau, à la régulation du climat, à la protection des sols, au stockage de carbone et plus globalement au maintien et à l’entretien de la biodiversité…, le rôle vital des forêts est avéré. Sans elles, les sécheresses ou les inondations s’amplifient, les terrains s’érodent, le climat se réchauffe, les espèces végétales et animales disparaissent [<strong><span>1</span></strong>]  .</p>
<p class="spip" align="justify">Les fonctions sociales, économiques et culturelles du couvert forestier sont elles aussi manifestes… et documentées. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 2008) – la principale agence des Nations unies active sur cette problématique –, les forêts hébergeraient quelque 350 millions de personnes dans le monde. Pour la Banque mondiale, <em class="spip">« dans les pays en développement, 1,2 milliard de personnes dépendent de systèmes d’exploitation agroforestiers qui favorisent la productivité agricole et assurent des revenus »</em> (Banque mondiale, 2004). Et selon le Pnud, plus de 2 milliards d’humains tireraient, à des degrés divers, leurs moyens d’existence, leur bois de feu, leurs plantes médicinales et leurs aliments, des forêts (Pnud, 2000). Non seulement les produits forestiers fournissent des protéines, des matières grasses, des vitamines et des minéraux que ne contiennent pas la plupart des aliments de base, mais ils permettent aussi de combattre la faim lorsque la sécheresse, les inondations, les ravageurs ou les maladies déciment les cultures.</p>
<p class="spip" align="justify">A la dendroénergie (énergie tirée du bois) sont imputables de 7 à 9% de l’énergie consommée dans le monde. Ce chiffre atteint 80% dans plusieurs pays du Sud et dépasse même les 90% au Burundi, en République dominicaine, au Bhoutan, au Népal… (FAO, 2007). Autre rôle crucial de zones boisées souvent négligées : les mangroves, ces forêts de palétuviers que l’on trouve sur les côtes tropicales et qui n’occupent plus qu’environ 150 000 km² de superficie, sont considérées comme <em class="spip">« essentielles aux cycles de vie de la majorité des espèces piscicoles vendues sur les marchés mondiaux »</em> (Banque mondiale, 2004). Au-delà, l’importance du secteur forestier dans l’économie et le commerce international (330 milliards de dollars, près de 4% des échanges de l’ensemble des matières premières, 14 millions d’emplois…) est une réalité bien établie.</p>
<p class="spip" align="justify">Qu’en est-il dès lors de l’évolution du couvert forestier ? De l’ampleur de la déforestation ? Si <em class="spip">« le monde possède aujourd’hui un peu moins de 4 milliards d’hectares de superficie boisée »</em> (ce total inclut les nouvelles plantations de monocultures d’arbres, quel que soit leur déficit en biodiversité par rapport aux forêts primaires), le déboisement <em class="spip">« se poursuit au rythme alarmant d’environ 13 millions d’hectares par an »</em>, c’est-à-dire quelque 130 000 km² annuels, plus de quatre fois la superficie de la Belgique, un quart de la France (FAO, 2007). Perte nette estimée, après régénération et nouvelles plantations (sans tenir compte donc de la qualité des « forêts » comptabilisées) : 8 millions d’hectares par année, soit 220 km² par jour…</p>
<p class="spip" align="justify">Pour alarmant qu’il soit, le phénomène est inégalement réparti. Globalement, si les superficies des forêts boréales et tempérées ont stagné ou ont légèrement progressé ces dernières décennies (après avoir plongé ces derniers siècles, particulièrement en Europe occidentale et aux Etats-Unis), c’est d’abord dans les régions tropicales que les forêts reculent à un rythme soutenu depuis le milieu du 20e siècle, rythme qui s’est encore accru au tournant des années 2000. En témoigne notamment l’évolution récente des superficies boisées des quatre pays qui possèdent à eux seuls pratiquement la moitié de toutes les forêts de la planète : alors que la Russie (1er pays forestier) perd annuellement 0,1 million d’hectares, que le Canada (3e) affiche un solde pratiquement nul et que l’étendue des forêts aux Etats-Unis (4e) progresse de 0,2 million d’hectares, celles du Brésil (2e pays forestier) en revanche régressent de 3,1 millions d’hectares chaque année.</p>
<p class="spip" align="justify">Depuis 1990, on calcule que le Brésil a perdu de la sorte quelque 50 millions d’hectares de forêts, plus de 10% de son couvert total. Les deux autres grands bassins forestiers intertropicaux – la zone Malaisie/Indonésie et l’Afrique centrale – ne sont pas en reste. Ainsi, sur la même période, l’Indonésie a perdu environ 32 millions d’hectares de surfaces boisées, plus d’un tiers de son couvert actuel. Et l’Afrique centrale, 14 millions d’hectares, quelque 6% de ses forêts.</p>
<p class="spip" align="justify">Le Soudan, la Birmanie, la Zambie, la Tanzanie, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Venezuela figurent, derrière le Brésil et l’Indonésie, dans les dix pays dont la diminution nette annuelle du couvert forestier en chiffres absolus est la plus importante. Au rythme actuel, sept Etats perdent chaque année plus de 3% de leurs forêts : les Comores (-7,4%), le Burundi (-5,2%), le Togo (-4,5%), la Mauritanie (-3,4%), le Nigeria (-3,3%), l’Afghanistan (-3,1%) et le Honduras (-3,1%). Trente autres pays affichent des reculs supérieurs à 1% par an (FAO, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">Cas particulier et de taille : la Chine. A lui seul, son reboisement soutenu explique le faible ralentissement de la déforestation planétaire enregistré entre 2000 et 2005 par rapport aux années 1990. Le couvert forestier chinois s’accroît en effet au taux annuel de 2,2% depuis 2000, ce qui équivaut tout de même à 4 millions d’hectares par an. En 2005, les nouvelles plantations de production s’étendaient déjà en Chine sur plus de 700 000 km²… Cela étant, le solde mondial annuel reste, on l’a vu, largement négatif et d’autant plus préoccupant que dans nombre de cas, les replantations qui atténuent dans les chiffres l’ampleur de l’hémorragie, diminuent de fait sur le terrain la qualité et l’utilité intrinsèques des forêts, quand elles n’aggravent pas les déséquilibres écologiques. Autre aspect non reflété par ces tendances générales : la dégradation des forêts sur pied elles-mêmes, du fait des différentes formes de pollution, des coupes sélectives mais destructrices du voisinage, etc. (World Rainforest Movement, 2007).</p>
<h3 class="spip">Causes de la déforestation</h3>
<p class="spip" align="justify">L’élucidation des causes de la déforestation est difficile et controversée. A fortiori lorsqu’il s’agit de désigner les responsabilités et, au-delà, les acteurs qui tirent effectivement profit de la tendance. Celle-ci étant désormais considérée universellement comme un « désastre » ou, pour le moins, comme un « sujet de préoccupation majeur », la mise au jour de ses logiques et le dévoilement de ses gagnants et perdants sont devenus l’enjeu politique, plus ou moins assumé, de nombre d’études et de rapports, de prises de position multiples et de luttes d’influence. La complexité du phénomène, la difficulté de le mesurer dans ses formes diverses et l’hétérogénéité des données produites ne facilitent pas le défi de l’explication causale.</p>
<p class="spip" align="justify">Pour autant, une idée fausse semble en perte de vitesse. Celle, malthusienne, qui attribue invariablement et exclusivement au fléau de la pression démographique le recul des espaces vierges. L’image dichotomique avait l’avantage de la simplicité : nous sommes tous responsables au même titre de la dégradation irrémédiable d’une nature jusque-là « intacte ». C’est elle ou nous ! Elle sans nous (Rossi et André, 2006). Conséquence logique pour les courants « conservationnistes » : il faut délimiter des « aires protégées », mettre le capital « naturel » sous cloche, le rendre imperméable aux perturbations de l’homme. Premières victimes de cette conception figée, édénique et désanthropisée de la biodiversité : les populations agroforestières, privées d’accès à leur propre environnement parce que considérées comme principales coupables de sa dégradation. Comme nous le verrons plus loin, c’est se tromper et de diagnostic et de remède.</p>
<p class="spip" align="justify">Une autre idée reçue, moins fondamentale mais répandue dans l’opinion, est à nuancer d’emblée : celle qui confond déboisement et extraction industrielle des « bois précieux ». Or les ressorts de la déforestation ne se limitent pas à l’exploitation commerciale des forêts tropicales. Légale ou illégale, elle n’en est pas même la principale cause. Elle est en quelque sorte, oserait-on dire, « l’arbre qui cache la forêt ». Certes importante et hautement problématique lorsqu’elle n’est pas durable et que les populations locales ne bénéficient pas de ses retombées, la coupe pour l’exportation vers le Nord de grumes d’Indonésie, d’Afrique centrale et d’ailleurs arrive en réalité loin derrière le moteur le plus actif du déboisement qu’est l’agriculture. L’agriculture sous toutes ses formes : agriculture vivrière bien sûr, mais surtout agroindustrie d’exportation, utilisation croissante du sol pour produire ce que réclame le marché mondial, pour l’approvisionner en céréales, en viande, en huile, en pâte à papier, en carburants&#8230; L’expansion agricole serait ainsi responsable de plus de la moitié des destructions de forêts (Delacote, 2008 ; FAO, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Agriculture de subsistance, agrobusiness et « fast wood »</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Dans certaines régions du monde, en particulier en Afrique subsaharienne, cette expansion, ce déplacement continu de « la frontière agricole » est d’abord le fait des petits paysans, en quête de parcelles à cultiver. Non pas que ceux-ci soient par nature les prédateurs inconséquents d’écosystèmes dont ils sont les premiers à payer la dégradation, mais là où le manque de perspectives, de terres et de ressources est tel qu’il n’y a pas d’autres solutions, la pression des pauvres sur les forêts s’accroît inexorablement. De situations de « cohabitation équitable » avec le milieu forestier – où l’empreinte des communautés locales sur la biodiversité participe à son nécessaire renouvellement – on passe à des situations où la marginalisation des paysans engendre une utilisation non durable des forêts. La technique itinérante du brûlis qui, dans des systèmes agraires à l’équilibre, permet de renouveler la fertilité par la friche, devient dans ces conditions de rareté un vecteur performant de destruction des forêts.</p>
<p class="spip" align="justify">Le lien pauvreté-déforestation, assimilable à un cercle vicieux – le déboisement générant lui-même une série de conséquences dramatiques pour les populations locales –, est modulé par un faisceau de facteurs contextuels, plus ou moins opérants selon les régions. Parmi ceux-ci : l’orientation des politiques agraires, d’accès à la terre, de développement, la variation des prix agricoles, le droit foncier, l’état des infrastructures, les circuits commerciaux locaux et nationaux… et au-delà, les formes d’insertion dans le marché mondial et les ajustements macroéconomiques auxquels ont été soumis ces dernières années la plupart des pays dans lesquels la pauvreté est devenue <em class="spip">« le terreau de la déforestation » (Alternatives économiques</em>, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Prendre ces facteurs en considération, c’est admettre que <em class="spip">« l’action de développement durable doit se concentrer sur l’évolution économique des populations, sur la réduction des situations de pauvreté et de vulnérabilité »</em>, plutôt que sur des <em class="spip">« solutions d’ordre strictement écologique »</em> et des <em class="spip">« politiques de conservation qui s’attaquent aux symptômes et pas aux causes »</em> (Rossi et André, 2006).</p>
<p class="spip" align="justify">Si la pauvreté prend donc sa part dans la quête de terres agricoles au détriment du couvert forestier tropical, les usages industriels axés sur l’exportation et l’accumulation de profits sous-tendent les pratiques les plus prédatrices. <em class="spip">« Il y a déforestation parce que des usages autres sont financièrement plus rentables que l’utilisation durable de la forêt, tout au moins pour les acteurs qui déboisent »</em>, explique l’économiste Alain Karsenty du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, le CIRAD. <em class="spip">« Là où les conditions économiques le permettent, il est plus profitable de faire des plantations de palmier à huile, de cacao ou de soja que d’exploiter durablement la forêt, et a fortiori de la conserver. Il est également souvent plus rentable de convertir la forêt naturelle en plantations d’arbres à croissance rapide pour la fabrication de pâte à papier. »</em> (Karsenty, 2007)</p>
<p class="spip" align="justify">En ligne de mire, l’agroindustrie, particulièrement florissante en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, qui alimente depuis plusieurs décennies le marché mondial en maïs et en soja (brésilien, argentin…) pour l’élevage européen, en viande pour les fast-foods nord-américains, en huile de palme (indonésienne, malaise, nigériane…) pour l’industrie alimentaire et cosmétique, en pâte de bois et en cellulose pour la fabrication du papier, etc. L’expansion de l’ensemble du secteur – et par conséquent la pression sur les forêts – est boostée aujourd’hui par la montée en puissance de la demande en agrocarburants, dérivés eux-mêmes, dans leurs différentes formes, de la plupart de ces cultures intensives, qu’elles soient oléifères (soja, palmiers à huile…), riches en sucre (maïs, canne…) ou autres encore (cellulose…).</p>
<p class="spip" align="justify">Si cette industrie génère d’importants bénéfices pour les Etats producteurs et les grands groupes nationaux et transnationaux de l’agrobusiness, la logique et les effets de son mode de production dominant ouvrent sur de sérieuses impasses. Des impasses qui débordent la seule problématique de la déforestation, pour embrasser notamment celle de la sécurité alimentaire. Le schéma type est celui de la monoculture homogène à perte de vue, sur d’immenses propriétés foncières, aux méthodes de travail de plus en plus mécanisées, peu coûteuses en main-d’œuvre, mais gourmandes en pesticides et généralement en eau. Socialement, elle présuppose la concentration de la terre et vise la concentration des revenus, le plus souvent au détriment d’importants secteurs du monde rural (paysans sans terre, autochtones, populations agroforestières…), parfois expropriés ou expulsés, le plus souvent laissés en marge, tenus à distance ou intégrés à la force de travail dans des conditions aléatoires, en termes de salaire, de rythme d’activité, d’exposition aux épandages chimiques…</p>
<p class="spip" align="justify">En matière d’impact environnemental, la plupart des études – militantes ou académiques, officielles et non officielles – convergent dans leurs grandes lignes : l’agroindustrie et la monoculture d’arbres à croissance rapide, ce que le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) appelle très pertinemment le fast wood, participent à la dégradation accélérée du milieu ambiant et à l’érosion de la biodiversité. Le fait est que, de multiples façons et souvent de manière irréversible, ces cultures portent atteinte aux forêts, aux prairies, à la qualité des sols, aux ressources hydriques, à la diversité biologique. Le World Rainforest Movement, principale coalition mondiale d’organisations mobilisées contre la déforestation, parle à juste titre de la création de « déserts verts » à propos de l’extension de ce type de production à haute rentabilité, mais dont les externalités négatives, en termes de pollution, d’épuisement des terres, de consommation en eau, de contamination des nappes phréatiques et de la chaîne alimentaire…, font au mieux l’objet de compensations symboliques de la part des grands noms de l’agrobusiness.</p>
<p class="spip" align="justify">A la logique du profit, le secteur sacrifie volontiers la raison écologique, en plantant par exemple nombre d’espèces exotiques hors de leur région d’origine ou de leur habitat naturel, pourvu que les rendements suivent, que les conditions favorables à la croissance rapide et au développement de l’agroindustrie soient réunies : climat atmosphérique (selon la latitude, la vitesse de pousse peut être multipliée par cinq) et social (malléabilité des acteurs sociaux et politiques) propice, facilité d’accès à la terre et aux forêts, qualité des sols, approvisionnement en eau aisé, résistance aux pollutions, réglementation locale laxiste en matière de cultures transgéniques…</p>
<p class="spip" align="justify">Ces dernières connaissent en effet une progression constante, en dépit des incertitudes et des risques. Sous la pression des multinationales du secteur, plus de la moitié du soja cultivé aujourd’hui est génétiquement modifié. Cela pourrait réduire la demande en pesticides grâce à l’utilisation de variétés moins exposées aux maladies, mais la résistance de ces variétés aux herbicides peut également encourager leur épandage massif. La tendance touche aussi les arbres et en particulier les plantations en rang d’oignons de <em class="spip">fast wood</em>, celles-là mêmes que les grands recensements du couvert forestier dans le monde, notamment ceux de la FAO, continuent à comptabiliser au même titre que les forêts naturelles ou primaires, à la richesse en faune et en flore pourtant incomparable.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi, au Brésil, la recherche s’est portée sur la modification génétique de l’eucalyptus et des essais ont été réalisés sur le terrain, avec pour objectif d’exacerber certaines caractéristiques de l’essence : la vitesse de croissance, la contenance en cellulose et la tolérance au glysophate, cet herbicide de triste réputation pour ses effets secondaires nocifs sur le vivant. Au Chili, deux défis sont en passe d’être relevés : la manipulation des gènes des pins pour les rendre résistants à un insecte (la mite du bourgeon) qui affecte les plantations ; et la modification génétique des eucalyptus pour leur permettre de mieux affronter le froid et pour pouvoir ainsi étendre les plantations – auxquelles s’opposent les indigènes mapuches – vers le Sud et plus haut dans la cordillère (World Rainforest Movement, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Plus globalement, on l’aura compris, l’expansion de l’agroindustrie exportatrice au préjudice des forêts s’inscrit au centre de la double problématique de la sécurité alimentaire et de la faim dans le monde, que l’on a vue resurgir en 2007 à la faveur de la forte hausse des prix agricoles. Hausse essentiellement provoquée par la demande accrue des économies émergentes, la faiblesse des stocks, l’envolée de la production des agrocraburants [<strong><span>2</span></strong>] et la flambée des prix du pétrole, le tout exacerbé par la spéculation. Mais hausse qui met surtout en lumière, à travers les crises sociales qu’elle génère en Afrique, en Asie et en Amérique latine, les impasses du modèle – longtemps préconisé par le FMI et la Banque mondiale [<strong><span>3</span></strong>] – du « tout à l’exportation » au détriment des cultures vivrières et des marchés locaux, ainsi que les aberrations de la mise en concurrence des paysans du Sud à la productivité faible, avec les exportations des surplus du Nord, souvent subventionnées, qui inondent les villes des pays en développement (Berthelot, 2008 ; Zacharie, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Sur fond de crise alimentaire, la pression sur la terre et donc sur les forêts tropicales a tendance à s’accroître encore. Davantage cependant pour approvisionner le marché mondial en produits agricoles, en viande, en pâte à papier et depuis peu en carburants, que pour privilégier l’agriculture paysanne locale dont dépendent pourtant plusieurs centaines de millions de familles dans les pays du Sud. Derrière le modèle productiviste dominant et non durable qui hypothèque la survie des populations agroforestières, érode la biodiversité et dope les émissions de carbone liées au déboisement, un modèle consumériste se perpétue dans les pays riches et là où la croissance économique permet aux plus fortunés de s’aligner sur les standards occidentaux.</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip"> Extraction de bois de feu et de bois rond industriel</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Si l’affectation des terres boisées à l’agriculture, à l’élevage et à l’industrie du fast wood constitue donc de fait le principal ressort de la déforestation, d’autres causes directes et indirectes ne peuvent être sous-estimées. Parmi celles-ci, bien sûr, l’usage non durable des forêts elles-mêmes, qui renvoie lui aussi, pour les régions tropicales, tantôt à la récolte de bois de feu (ou bois de chauffe) par les habitants locaux, tantôt à l’exploitation et au commerce national et international de bois rond industriel.</p>
<p class="spip" align="justify">La première serait de loin la principale consommatrice des ressources ligneuses dans les pays en développement. En Afrique, selon la FAO, 90% du bois prélevé sert de combustible, essentiellement pour le chauffage et la cuisson dans les zones rurales et les quartiers pauvres des villes. Le prélèvement qui se fait d’ordinaire par abattage d’arbres ou ramassage de branches tombées à terre, dépasse largement la coupe annuelle autorisée et apparaît comme « illégal » au regard du cadre juridique existant dans la plupart des pays…</p>
<p class="spip" align="justify">La tendance, similaire en importance dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Asie du Sud (entre 80% et 90% du bois prélevé y sert de bois de chauffe) et moins nette en Asie de l’Est et en Amérique du Sud (+- 50%), correspond à la géographie de la pauvreté dans le monde et appelle moins des explications démographiques, techniques ou ethniques que des analyses politiques des conditions socioéconomiques et culturelles qui amènent des pans entiers des populations nationales à participer activement à la disparition de leurs forêts. Si la dendroénergie est appelée à devenir, face à l’épuisement des combustibles fossiles, une composante significative des politiques énergétiques des pays riches, force est de reconnaître que dans ses formes dominantes actuelles (bois de chauffe dans les pays pauvres), elle crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.</p>
<p class="spip" align="justify">Le cas d’Haïti, développé plus loin dans ce numéro d’<em class="spip">Alternatives Sud</em> par Ilionor Louis, illustre bien l’impact calamiteux de l’inégale répartition des richesses et du dénuement d’une majorité de la population sur des forêts qui ne couvrent déjà plus que 3,7% du territoire national et continuent à disparaître au rythme d’environ 1% par an. Ces pauvres qui déboisent et produisent du charbon de bois pour alimenter les cuisines populaires de tout un pays sont aussi les premières victimes des effets de pareil désastre écologique, en particulier des dégâts des inondations qui en résultent. Au-delà, Ilionor Louis souligne le manque d’efficacité des alternatives techniques ou partielles – promotion de réchauds améliorés, utilisation de gaz de pétrole liquéfié… – et fait de la lutte contre la pauvreté et de la redistribution, les conditions préalables à un reboisement durable.</p>
<p class="spip" align="justify">A côté de la pauvreté, l’autre grand motif d’extraction réside dans l’alimentation du marché mondial par l’industrie de l’exploitation forestière. Si l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon, rejoints par la Chine ces dernières années, dominent de la tête et des épaules le commerce international du bois en tant que principaux producteurs, exportateurs et importateurs des produits de la sylviculture, là où les problèmes les plus aigus se posent en matière de déforestation, de dégradation ou de gestion non durable des forêts, c’est dans l’abattage abusif, destructeur et illégal tel qu’il a tendance à être pratiqué dans les régions tropicales.</p>
<p class="spip" align="justify">Souvent, la coupe elle-même fait déjà plus de dégâts qu’elle ne le devrait. <em class="spip">« Partout en région tropicale, les pratiques inappropriées continuent largement de prévaloir, au détriment du bien-être de la main-d’œuvre et de la population locale, de l’efficacité et de la durabilité de l’environnement »</em> (FAO, 2007). En cause donc, les dommages collatéraux de l’abattage sélectif de « bois précieux », l’absence de plans d’exploitation, les débardages dévastateurs, le manque de contrôle, la construction anarchique de routes de pénétration, etc. Les organisations internationales, comme l’OIBT (Organisation internationale des bois tropicaux) et la FAO, ainsi que les principaux centres d’étude indépendants (CIRAD, CIFOR…) en conviennent : malgré le poids relatif minoritaire des forêts tropicales dans l’approvisionnement en bois du commerce mondial [<strong><span>4</span></strong>], leur surexploitation est une réalité et l’illégalité des pratiques atteint des proportions démesurées.</p>
<p class="spip" align="justify">Le pourcentage de grumes prélevées illicitement, usinées sur place ou propulsées sur le marché international, dépasserait régulièrement les 50% (au Brésil, au Cameroun, au Ghana…), voire les 75% (en Indonésie…). Globalement, l’exploitation illégale représenterait au moins un tiers du volume du bois tropical échangé chaque année. La tendance, selon Alain Karsenty du CIRAD, connaîtrait même un essor soutenu. Si cet accroissement provient sans doute du comportement prédateur des compagnies forestières, il serait d’abord le résultat de l’introduction par les Etats locaux de tentatives de régulation de l’exploitation par des contraintes de gestion et d’organisation territoriale, les nouvelles lois créant logiquement de nouveaux hors-la-loi&#8230; Mais l’essor de l’illégalité renvoie aussi à des dynamiques plus complexes, variables selon les pays et les niveaux de développement.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi par exemple, là où les Etats ont mené des politiques volontaristes de développement de l’industrie locale du bois, appuyées sur l’interdiction d’exporter des grumes non usinées, les surcapacités de transformation atteintes <em class="spip">« produisent un effet d’irréversibilité : le coût social et politique du désinvestissement est trop élevé pour être une option retenue, et la fuite en avant dans l’exploitation illégale est une solution implicitement admise. »</em> (Karsenty, 2003) C’est notamment le cas en Indonésie et en Malaisie où les niveaux officiels de prélèvements soutenables sont constamment et copieusement dépassés pour pouvoir alimenter l’industrie à satiété.</p>
<p class="spip" align="justify">Ailleurs, c’est d’abord la quasi-absence de l’Etat ou son caractère mafieux ou les deux à la fois – absence de moyens et forte corruption – qui laissent les coudées franches aux entreprises forestières détentrices de confortables concessions. En Afrique, le secteur demeure largement dominé par les groupes européens (Rougier, Pasquet, Danzer, Alpi, Fipcam…), mais aussi malais, libanais et chinois (la Chine, premier importateur mondial de bois rond industriel depuis 2004 – et premier exportateur de meubles… –, importe à elle seule la moitié des grumes en provenance des régions tropicales). Des réformes importantes ont toutefois été entreprises ces quinze dernières années visant à doter les Etats nationaux de codes forestiers plus contraignants, de modalités d’adjudication plus équitables, d’outils de surveillance, de quotas de coupe à transformer localement, etc. Avec des résultats inégaux et parfois contradictoires.</p>
<p class="spip" align="justify">En effet, l’introduction de nouvelles exigences pour les compagnies forestières a entraîné des restructurations et une concentration accrue du secteur. D’où une marginalisation et une « informalisation » croissante des filières d’approvisionnement pour les usages nationaux. <em class="spip">« Ce phénomène est, en partie, lié à l’extraversion de l’industrie du bois, notamment en Afrique centrale, où les grandes entreprises exportent de 80% à 100% de leur production. Les consommateurs africains désargentés doivent se rabattre sur un secteur semi-artisanal en pleine expansion (il représente près du double de la production du secteur industriel au Ghana et au moins le quadruple en RDC), dont l’impact écologique peut être redoutable. Enfin, les niveaux élevés de corruption et l’implication personnelle fréquente du milieu politique et administratif dans l’économie forestière minent les systèmes de régulation. »</em> (Karsenty, 2006)</p>
<p class="spip" align="justify">Deux rapports publiés en 2008 confirment, pour la République démocratique du Congo, l’échec des réformes du domaine de la foresterie. Le premier, élaboré par Global Witness en charge de l’Observation indépendante des forêts (OIF), souligne, dans ses conclusions, <em class="spip">« l’absence complète de contrôles significatifs, une ambiguïté juridique et un manque de pratiques standardisées, laissant le secteur dans une situation d’anarchie et conférant un terrain propice aux pratiques abusives et frauduleuses »</em>. Le second, produit par le Panel d’inspection de la Banque mondiale, stigmatise surtout le manque de considération pour les populations locales et l’environnement dont ont fait preuve les réformes de l’exploitation industrielle du bois, soutenues par la Banque elle-même. Ailleurs, les experts de Greenpeace décrivent par le détail « le pillage » des forêts d’Afrique centrale par les multinationales, au mépris des autochtones, de la faune et de la flore, et du droit local&#8230;</p>
<p class="spip" align="justify">En Europe et en Amérique du Nord surtout, en amont ou en aval de la sensibilité en hausse des opinions publiques à cette facette de la déforestation – « la main basse des consommateurs des pays riches sur les bois précieux tropicaux » –, de multiples initiatives publiques et privées ont vu le jour, destinées à favoriser une exploitation forestière durable dans les pays du Sud. Notamment par le biais de la « certification ». Toutes ne se valent cependant pas. Elles varient en crédibilité selon les méthodes de vérification mises en oeuvre, selon les critères retenus quant à l’origine et la nature des produits, selon qu’elles émanent des entreprises du secteur, des Etats ou des ONG, ou encore de combinaisons de ces différents acteurs [<strong><span>5</span></strong>]… Les plus opportunistes de ces initiatives sont peu convaincantes, les plus officielles sont peu contraignantes, les plus contraignantes sont peu respectées. Certaines toutefois ont permis des améliorations sensibles.</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Urbanisation, exploitation minière, barrages, tourisme, pollutions, incendies…</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Outre la consommation non durable de bois et la pression de l’agriculture et de l’élevage sur les forêts, d’autres causes de la déforestation sont encore à mentionner. Et d’abord, d’autres usages du sol qui grignotent sensiblement le couvert forestier tropical. Des phénomènes aussi globaux et évidents que l’urbanisation et la construction d’infrastructures bien sûr – dans le sud et l’est de l’Amazonie brésilienne et le long de l’Amazone et de ses affluents, d’immenses étendues sont désormais classées « zones urbaines » et peuplées aujourd’hui d’environ 70% des 14 millions d’habitants que compte la région –, mais aussi des intrusions et des impacts plus précis et dévastateurs liés à la prospection et aux exploitations minières et pétrolières, à la construction de grands barrages, à l’établissement d’implantations touristiques, ou encore, dans les mangroves, à l’élevage industriel de crevettes…</p>
<p class="spip" align="justify">En la matière, les exemples abondent où les opérations sont conçues et réalisées par des investisseurs extérieurs, non seulement au détriment des forêts et des écosystèmes locaux, mais aussi à l’insu des populations des lieux concernés, dépossédées de leurs terres et de leurs ressources ou victimes directes des nuisances et des pollutions occasionnées. Eléments clés de ces diverses formes de pénétration dans les forêts : les routes. Encouragée par les autorités pour « mettre en valeur » de nouvelles régions, leur construction, privée ou publique, planifiée ou anarchique, signe l’arrêt de mort à terme de forêts jusque-là préservées, par les effets en chaîne qu’elle déclenche. Les conséquences d’une exploitation ciblée – d’acajou, d’or, d’argent ou d’autres ressources précieuses – sont souvent plus destructrices que l’exploitation elle-même.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi, en Amazonie, une fois les premiers exploitants passés, <em class="spip">« les routes servent de voies d’accès à un mélange détonant d’occupants sans titre, de spéculateurs, de grands propriétaires terriens et, invariablement, de bandits armés. Tous ces requins atteignent le cœur jusque-là impénétrable de la forêt, puis détruisent les pistes et changent la disposition des lieux pour faire croire qu’ils sont chez eux. L’appropriation des terres par la corruption, l’intimidation et la falsification de titres de propriété est tellement répandue qu’elle porte un nom : ‘grilagem’, du mot portugais ‘grilo’, ‘criquet’. Ceux qui s’y adonnent, les ‘grileiros’, sont depuis longtemps connus pour leur talent à faire ‘vieillir’ prématurément de prétendus titres de propriété dans un tiroir où ont été placés des criquets affamés »</em> (National Geographic, 2007). A l’exception d’un petit nombre d’autoroutes nationales et fédérales, la quasi-totalité des routes d’Amazonie ont été construites illégalement.</p>
<p class="spip" align="justify">Les feux de forêts constituent une autre menace permanente pour les régions tropicales boisées. Près de la moitié seraient volontaires, pour déboiser et par la suite, on l’a vu, pour cultiver. L’autre moitié sont accidentels et ont tendance à s’accroître, en raison de la diminution des pluies, consécutive au… déboisement des forêts pluviales. L’aggravation des sécheresses liées au réchauffement de la planète amplifie encore les risques et les effets d’incendies susceptibles de dévaster des régions entières.</p>
<p class="spip" align="justify">Les effets destructeurs de certaines pollutions, des pluies acides, des attaques de ravageurs – insectes, maladies, nématodes, parasites… – entrent aussi en ligne de compte. Selon la FAO, s’il est difficile de quantifier les impacts réels, il est avéré que <em class="spip">« la rapidité des transports et la libéralisation du commerce »</em>, ainsi que l’expansion des <em class="spip">« monocultures »</em> au préjudice de la biodiversité <em class="spip">« ont favorisé la diffusion des ravageurs »</em> (FAO, 2007). Encore une fois donc, les causes de la déforestation apparaissent intimement liées aux modèles productivistes et consuméristes dominants.</p>
<h3 class="spip">Déforestation et changements climatiques</h3>
<p class="spip" align="justify">Depuis le début des années 2000, pratiquement chaque semaine nous apporte de nouvelles données qui indiquent comment les changements climatiques affectent déjà profondément et affecteront davantage encore le couvert forestier mondial (Alternatives Sud, 2006). Ainsi, il nous a été donné de voir comment la prolifération de certains insectes consécutive à des canicules répétées en régions tempérées ou à des hivers exceptionnellement doux en zones boréales pouvait hypothéquer la survie des principaux massifs forestiers de la planète. La propagation du dendroctone du pin ponderosa dans l’ouest du Canada, par exemple, constitue l’infestation la plus importante jamais enregistrée en Amérique du Nord. Si en 2005 elle avait déjà fait perdre, en volume de bois tué, l’équivalent de six ans de récolte à la Colombie britannique, elle pourrait affecter d’ici à 2013, 80% des pins à maturité de cette province canadienne, et s’étendre vers le Nord (The Canadian Chamber of Commerce, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">A l’inverse des impacts du réchauffement de la terre sur les forêts, le rôle de ces dernières dans l’atténuation des changements climatiques, et en particulier dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre, a également pris beaucoup de relief ces dernières années. Pour devenir peut-être la bouée de sauvetage d’une communauté internationale en quête de solutions efficaces et consensuelles. Dès lors, la future politique climatique mondiale, discutée lors du Sommet de Bali en décembre 2007, va-t-elle permettre en retour de renverser la tendance en matière de déforestation ? Réussir, au nom de la réduction globale des émissions de carbone, là où les scientifiques, les mouvements écologistes, indigènes ou paysans et certaines politiques publiques ont échoué ces dernières décennies ? Bien qu’elles aient longtemps été sous-estimées, voire ignorées ou contredites, les estimations convergent enfin : la déforestation, à son rythme actuel, est responsable d’environ 20 à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principales causes du réchauffement de la planète. Plus précisément, la destruction de la forêt tropicale provoque chaque année plus de rejet que l’ensemble du secteur des transports à travers le monde. Dans les pays du Sud, 35% des émissions sont dues au déboisement et jusqu’à 65% dans les régions les plus pauvres.</p>
<p class="spip" align="justify">D’une part donc, c’est connu, les forêts absorbent et stockent naturellement du carbone en grande quantité [<strong><span>6</span></strong>], d’autre part, sous les tropiques, elles permettent aussi la formation de nuages qui contribuent à limiter le réchauffement en réfléchissant la lumière du soleil. Elles jouent un rôle crucial dans le refroidissement et l’assainissement de l’atmosphère, dans la provision d’eau douce et de pluie. La forêt amazonienne, à elle seule, emmagasine le plus grand volume d’eau douce de la planète et rejetterait dans l’air 20 milliards de tonnes de vapeur en une seule journée.</p>
<p class="spip" align="justify">Bref, la préservation des forêts apparaît aujourd’hui essentielle à l’efficacité des efforts mondiaux entrepris pour atténuer les changements climatiques. D’autant plus depuis que le rapport Stern, du nom de l’ancien vice-président de la Banque mondiale, est venu corroborer en 2006 que les initiatives de réduction de la déforestation étaient dans l’ensemble moins coûteuses que celles entreprises dans d’autres secteurs. Quatre stratégies au moins sont envisagées : la diminution de la déforestation et de la dégradation des forêts ; la reforestation ; l’augmentation de la densité de stockage de carbone du couvert forestier existant ; et enfin, la revalorisation des produits issus des forêts, visant à rendre cette forme d’occupation des sols plus rentable que d’autres…</p>
<p class="spip" align="justify">Le Protocole de Kyoto &#8211; établi par les Nations unies en 1998 et entré en vigueur en 2005 &#8211; permettait déjà aux pays développés, via le mécanisme de développement propre, de « réduire leurs émissions » en finançant des projets de reforestation dans les pays du Sud (<em class="spip">Alternatives Sud</em>, 2006). Si, à en croire la FAO, les retombées sur le secteur forestier en sont encore à ce jour très modestes, la qualité environnementale des projets financés est également pour le moins controversée. L’idée débattue fin 2007 lors du Sommet mondial de Bali sur le climat, pour donner suite au Protocole de Kyoto au-delà de 2013, consiste à ajouter à ce mécanisme des dispositifs récompensant les Etats qui luttent contre la déforestation. <em class="spip">« Il s’agirait de rémunérer ainsi les tonnes de carbone qui ne seront pas parties en fumée »</em> (<em class="spip">Alternatives économiques</em>, 2008). De rétribuer les <em class="spip">« déforestations évitées ».</em></p>
<p class="spip" align="justify">De nouveau, le projet prête le flanc à plusieurs niveaux de critiques. Techniques d’abord, de faisabilité. Comment mesurer la « déforestation évitée » ? R. Pirard et A. Karsenty identifient trois difficultés : <em class="spip">« la légitimité de l’extrapolation à partir des tendances historiques ; la capacité d’estimation des scénarios de référence de type prédictif ; enfin, la possibilité réelle d’imputer à différentes politiques publiques la baisse du taux de déforestation et, plus encore, d’en mesurer l’effet net »</em> (2007). Le risque est grand en effet qu’un tel dispositif incite à accélérer le déboisement avant l’entrée en vigueur du mécanisme, récompense de fait les pays qui ont déjà déboisé tout ce qui pouvait l’être, génère des réductions fictives d’émissions, rémunère des diminutions de déforestation qui auraient de toutes façons eu lieu, ouvre la porte à diverses formes de chantage à la coupe et nourrisse un nouveau marché d’expertise et de consultance forestières…</p>
<p class="spip" align="justify">Au-delà des problèmes de faisabilité en effet, il est à craindre que les mesures préconisées exonèrent à moindres frais les pays du Nord de leurs responsabilités et avantagent plus les entreprises forestières, leurs plantations et leurs consultants que les forêts tropicales elles-mêmes et leurs habitants. Ce point de vue, partagé par la plupart des organisations sociales internationales actives contre la déforestation, comme la Global Forest Coalition, le World Rainforest Movement, le Forest Peoples Programme et l’International Alliance of Indigenous and Tribal Peoples of the Tropical Forest, va de pair avec l’analyse selon laquelle ce nouveau système mondial d’incitants financiers à réduire la déforestation, plutôt qu’identifier et freiner ses véritables moteurs et ses principaux responsables – la pauvreté dans les régions tropicales, les intérêts de l’industrie et le consumérisme des pays riches –, risque en réalité de finir par récompenser, dans sa mise en application, les entreprises et les gouvernements qui la stimulent (Reyes, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Parmi les grands promoteurs d’initiatives et de nouveaux mécanismes visant à la « réduction des émissions dues à la déforestation (RED) », figure la Banque mondiale, mobilisée elle aussi pour une <em class="spip">« meilleure gestion forestière »</em>, susceptible d’<em class="spip">« accroître les revenus en milieu rural »</em> et d’<em class="spip">« aider l’ensemble de la planète à atténuer le changement climatique de façon plus énergique »</em>. Moyens préconisés : une activation des <em class="spip">« marchés du carbone actuels (qui) n’exploitent que très peu les bénéfices potentiels du CO2 lié aux forêts »</em> et des incitants publics et privés au déboisement évité et au reboisement (Banque mondiale, 2007). Mais, que ces politiques soient menées dans le cadre du projet de « Partenariat mondial pour les forêts », imaginé par la Banque dès 2006 de concert avec les grandes ONG conservationnistes, les Etats et les entreprises, ou à travers le « Fonds de partenariat pour le carbone forestier », lancé à Bali fin 2007, elles font aussi l’objet de sévères critiques.</p>
<p class="spip" align="justify">Des critiques qui portent d’abord sur la prééminence des approches globales fondées sur le marché… et ses vertus philanthropiques.<em class="spip"> « Bien que la Banque mondiale favorise un financement mixte pour la déforestation évitée, elle est in fine une importante pionnière et partisane de l’échange de carbone. Les économistes de la Banque insistent sur le fait que seuls les marchés pourront rapporter assez de fonds pour assurer l’efficacité des efforts mondiaux d’atténuation des changements climatiques. De fait, le plan de financement de son Fonds de partenariat pour le carbone forestier suppose que celui-ci sera financé presque entièrement par des fonds commerciaux à partir de 2014 »</em> (Griffiths, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">Les populations tributaires des forêts d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et leurs organisations représentatives nourrissent quant à elles de vives craintes à l’égard du peu de cas que les initiatives de la Banque en matière de foresterie du carbone, font des questions sociales et de droits humains. <em class="spip">« Comment une organisation si favorable ces dernières années aux industries d’extraction, à l’exploitation forestière marchande, à l’agrobusiness et aux plantations à croissance rapide tiendrait-elle compte des droits, des réalités et de l’avis des peuples autochtones ? ».</em> Plus d’un indice technique permet en effet de comprendre que, dans leurs formes actuelles, les nouveaux dispositifs de primes aux pratiques prétendument durables, à l’extraction à impact réduit et aux activités de reboisement finiront par profiter d’abord à de grands concessionnaires commerciaux, aux sociétés d’exploitation forestière et de plantation industrielle (Forest People Programme, 2008 ; Lovera, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">C’est désormais une évidence, l’apparent consensus dans la mobilisation mondiale pour atténuer le réchauffement climatique en préservant les forêts est lourd de contradictions et d’intérêts antagoniques, lorsqu’il n’aggrave pas lui-même le problème.</p>
<h3 class="spip">Solutions politiques locales, nationales ou mondiales ?</h3>
<p class="spip" align="justify">Quelles politiques dès lors mettre en œuvre aux niveaux nationaux et international pour renverser la tendance périlleuse de la déforestation, au bénéfice prioritaire tant des populations locales que de l’équilibre environnemental global ? D’apparence ingénue, la question en contient d’autres. Le principal défi à relever se situe sans doute moins dans la formulation technique idéale de ce en quoi devrait consister une gestion « durable » des forêts – une gestion qui assure leur renouvellement [<strong><span>7</span></strong>] – que dans la désignation des espaces réels de souveraineté. A qui revient-il d’énoncer, d’exécuter ou de garantir une exploitation raisonnée des terres et des ressources forestières ? A qui appartiennent-elles et au nom de quels intérêts sont-elles gérées ?</p>
<p class="spip" align="justify">Dans ce débat comme dans d’autres, une première ligne de fracture oppose les tenants d’une privatisation des forêts – au motif que le propriétaire privé est plus enclin que l’autorité étatique à garantir la reconstitution d’un bien dont il tire son revenu (<span class="spip_out">www.libres.org</span>) – aux défenseurs d’une gestion publique théoriquement seule à même d’orchestrer l’accès aux richesses forestières en privilégiant l’intérêt national. Si les premiers semblent faire peu de cas du comportement essentiellement prédateur des grands concessionnaires forestiers, particulièrement là où les velléités de régulation ne font pas le poids, les seconds nourrissent cependant peu d’illusions sur les capacités réelles d’intervention de bon nombre d’Etats du Sud et, dans les pays où les gouvernements disposent des moyens de leur politique, sur l’orientation effective des arbitrages opérés entre les intérêts de l’industrie forestière, de l’agrobusiness, des communautés locales et de l’environnement.</p>
<p class="spip" align="justify">Un deuxième clivage distingue les niveaux de pouvoir : régime international, souveraineté nationale ou gestion communautaire ? <em class="spip">« Les forêts ne sont pas considérées comme des biens publics mondiaux alors qu’elles fournissent plusieurs de ces biens publics comme le maintien de la biodiversité ou l’atténuation des changements climatiques »</em>, regrette le CIRAD. <em class="spip">« Elles sont soumises à la stricte souveraineté des Etats. Un pays peut actuellement laisser détruire ses forêts pour la production de biocarburants ou par l’exploitation illégale du bois. La question d’une gouvernance mondiale des forêts se pose de manière de plus en plus pressante »</em> (CIRAD, 2007). Ce à quoi certains pays du Sud ont tendance à répondre aujourd’hui sur le mode des déclarations du président brésilien Lula : <em class="spip">« Les pays riches sont malins, ils édictent des normes contre la déforestation, après avoir détruit leurs propres forêts »</em> (<em class="spip">Le Monde</em>, 1er mars 2007). Et de s’appuyer sur une étude réalisée par l’Institut brésilien de recherche agronomique (Embrapa), où il est démontré que l’Europe n’a conservé que 0,3% des forêts existant il y a huit mille ans, contre 69% au Brésil…</p>
<p class="spip" align="justify">Cela étant, malgré les réformes des codes forestiers nationaux et les réglementations environnementales engagées ces dernières années, souvent à l’instigation des grands bailleurs internationaux, les politiques de plusieurs Etats tropicaux restent sous le feu des critiques des défenseurs de la nature et des mouvements populaires locaux. En particulier les politiques forestières du Brésil qui, en dépit de mesures draconiennes prises par le gouvernement Lula (interdiction d’abattage dans certaines zones, conditionnalités environnementales au crédit public…), continuent à donner priorité aux appétits du secteur agroindustriel, grand pourvoyeur de devises, spécialement en période de hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires et des carburants&#8230; En face, les associations de lutte contre la déforestation y trouvent de nouvelles raisons d’appuyer l’idée d’une transmission de la propriété des forêts des Etats vers les communautés locales, probablement plus sensibles à la nécessité de maintenir leur pérennité ; « les hommes qui vivent de la forêt étant ceux qui la font vivre ».</p>
<p class="spip" align="justify">C’est dans cet esprit que s’inscrivent les douze principes de l’« Initiative de Mumbai – Porto Alegre pour les forêts », lancée en 2004 et 2005 par une convergence d’organisations sociales des cinq continents. On y plaide bien sûr pour la préservation des forêts et le respect des droits et des intérêts des populations qui les habitent ou en sont tributaires, mais on y invite aussi les gouvernements à fournir un environnement politique, juridique et social favorable à la gouvernance des forêts par les communautés elles-mêmes. On y dénonce enfin la marchandisation de la nature, l’exploitation forestière et les plantations industrielles, ainsi que les dénommés projets de développement et de conservation de certaines ONG et institutions internationales, <em class="spip">« qui provoquent la déforestation et la dégradation des forêts, le déplacement des populations forestières ou la perte de leurs moyens de subsistance ».</em></p>
<p class="spip" align="justify">Il n’y a cependant pas de solution simple pour, à la fois, lutter contre la pauvreté qui entretient un cercle vicieux avec la déforestation, et brider les intérêts des industries d’exportation et le consumérisme des pays riches. La démarche implique <em class="spip">« un ensemble de politiques locales et globales qui doivent par ailleurs être cohérentes entre elles. Cela va de la valorisation des produits issus de l’agriculture et de l’exploitation forestière durables »</em> à des politiques structurelles de redistribution foncière, de soutien aux marchés locaux, d’appui technique à l’agriculture de subsistance et à l’agroforesterie, de développement des rendements agricoles par des méthodes écologiques, de régulation drastique des fronts pionniers dédiés aux cultures d’exportation, de sécurisation juridique du statut des forêts et de leur intégration dans l’aménagement du territoire et la planification de sa gestion, de renforcement des systèmes de contrôle, etc. (Delacote, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">De multiples études indiquent que la productivité des forêts gérées durablement suffirait largement à couvrir l’ensemble de nos besoins. A condition bien sûr, touchons du bois, d’oser mettre en cause les configurations actuelles du commerce mondial, les modes de production sur lesquels il s’appuie et les modèles de consommation qu’il alimente&#8230; Le chantier est immense et complexe, mais, on l’aura compris, la lutte contre la déforestation n’a de sens que couplée aux défis de la crise alimentaire, des changements climatiques, des impasses énergétiques et des inégalités dans le monde.</p>
<h3 class="spip">Bibliographie</h3>
<p class="spip" align="justify"><em class="spip">Alternatives économiques</em> (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation », Paris, n°265.</p>
<p class="spip" align="justify"><em class="spip">Alternatives Sud</em> (2006), « Changements climatiques : impasses et perspectives », Paris-Louvain-la-Neuve, Syllepse-CETRI, Vol. XIII, n°2.</p>
<p class="spip" align="justify">Banque mondiale (2004), www.go.worldbank.org/IEG2T30IS0.</p>
<p class="spip" align="justify">Banque mondiale (2007), « La Banque mondiale recommande une meilleure gestion de la forêt et une utilisation plus soutenue des marchés de CO2 », Communiqué de presse n°2007/114/DEC.</p>
<p class="spip" align="justify">Berthelot J. (2008), « Démêler le vrai du faux sur la flambée des prix agricoles mondiaux », www.france.attac.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Carrere R. et Colchester M. (2005), « The World Bank and forests : a tissue of lies and deception », www.wrm.org.uy.</p>
<p class="spip" align="justify">CIFOR (2008), www.cifor.cgiar.org.</p>
<p class="spip" align="justify">CIRAD (2007), Atelier international sur les politiques forestières et la « déforestation évitée », www.cirad.fr/fr/presse/communique.php ?id=305.</p>
<p class="spip" align="justify">CIRAD (2008), www.cirad.fr/fr/regard_sur/foret.php.</p>
<p class="spip" align="justify">Delacote Ph. (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation », <em class="spip">Alternatives économiques</em>, n°265.</p>
<p class="spip" align="justify">Duterme B. (1999), « Comment la déforestation a aggravé l’ouragan Mitch », <em class="spip">Amérique centrale</em>, édition spéciale.</p>
<p class="spip" align="justify">FAO (2007), <em class="spip">Situation des forêts du monde 2007</em>, Rome.</p>
<p class="spip" align="justify">FAO (2008), www.fao.or/forestry.</p>
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<p class="spip" align="justify">Global Forest Watch (2008), www.globalforestwatch.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Griffiths T. (2007), ‘RED’ <em class="spip">Alerte rouge ? La ‘déforestation évitée’ et les droits des peuples autochtones et des communautés locales</em>, Moreton-in-Marsh, FPP.</p>
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<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2003), « Les causes sous-jacentes de l’essor de l’exploitation illégale des bois tropicaux », <em class="spip">Actes du XIIe Congrès forestier mondial</em>, Québec, Bibliothèque nationale du Québec.</p>
<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2006), « Enjeux méconnus de l’économie du bois », <em class="spip">Le Monde diplomatique</em>, juillet.</p>
<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2007), « La conférence de Bali sur le climat – interview », www.pacte-ecologique.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Lamotte Ph. (2008), « Main basse sur les forêts tropicales », <em class="spip">Le Vif/L’Express</em>, 4-10 avril.</p>
<p class="spip" align="justify">Lovera S. (2007), « La disminucion de la deforestación en el Convenio sobre el Clima : ¿se trata de financiar bosques, plantaciones o empresas forestales ? », <em class="spip">Cobertura Forestal</em>, www.globalforestcoalition.org.</p>
<p class="spip" align="justify">National Geographic (2007), « Amazonie : que reste-t-il de la forêt ? », n°89, février.</p>
<p class="spip" align="justify">OIBT (2006), www.itto.or.jp/live/PageDisplayHandler ?pageId=199, 25 mai.</p>
<p class="spip" align="justify">Pirard R. et Karsenty A. (2007), « Changement climatique : faut-il récompenser la ‘déforestation évitée’ ? », <em class="spip">Nature sciences sociétés</em>, 15(4).</p>
<p class="spip" align="justify">Pnud (2000), www.undp.org/povertyreport/exec/french.html.</p>
<p class="spip" align="justify">Reyes O. (2008), « Cuando el dinero crece en los arboles », www.tni.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Rossi G. et André V. (2006), « La biodiversité : questions de perspectives », <em class="spip">Annales de géographie</em>, vol. 115, n°651.</p>
<p class="spip" align="justify">United Nations (2008), <em class="spip">Non-legally binding instrument on all types of forests</em>, Resolution adopted by the General Assembly, 62/98.</p>
<p class="spip" align="justify">The Canadian Chamber of Commerce (2007), www.chamber.ca.</p>
<p class="spip" align="justify">World Rainforest Movement (2007), <em class="spip">Transgenic Trees</em>, Montevideo, WRM Briefing.</p>
<p class="spip" align="justify">World Rainforest Movement (2008), www.wrm.org.uy.</p>
<p class="spip" align="justify">Zacharie A. (2008), « Investir dans la souveraineté alimentaire », <em class="spip">Imagine</em>, n°67, mai-juin</p>
</div>
<p><!-- finde_surligneconditionnel --></p>
<h2>Notes</h2>
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<p class="spip_note">[<strong><span>1</span></strong>] Les forêts abriteraient plus de 80% de la biodiversité terrestre (www.worldbank.org Forests and Forestry), deux tiers de toutes les espèces vivantes et le déboisement pourrait être responsable de la disparition de 100 espèces par jour (www.fao.org/forestry).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>2</span></strong>] En mai 2008, le numéro deux du Fonds monétaire international (FMI), John Lipsky, estimait que « le développement des agrocarburants » était « responsable de 70% de la hausse des prix du maïs et de 40% de celle des graines de soja » (Le Soir, 9 mai 2008). En juillet 2008, un nouveau rapport de la Banque mondiale calculait que « le développement des agrocarburants avait provoqué une hausse des prix alimentaires de 75% depuis 2002 » (The Guardian, 5 juillet 2008).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>3</span></strong>] Ce modèle, promu dans le cadre des politiques d’ajustement structurel dès le début des années 1980 et appuyé à partir de 1995 par les règles de l’Organisation mondiale du commerce, a incité les pays en développement à se désengager de l’agriculture vivrière et à se spécialiser dans l’exportation de cultures de rente, comme le coton, le cacao, le café ou les produits miniers, afin de leur permettre d’augmenter leurs recettes, de payer leur dette extérieure et d’importer les excédents alimentaires à bas prix produits par le marché mondial (Zacharie, 2008).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>4</span></strong>] En 2004, l’extraction de bois rond industriel a atteint 50 millions de m³ en Océanie, 70 millions en Afrique, 170 millions en Amérique latine, 230 millions en Asie, 505 millions en Europe et 620 millions en Amérique du Nord, pour un total mondial de 1,65 milliard de m³.</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>5</span></strong>] Exemples : la convention Cites (1973), signée par 173 Etats, entend contrôler le commerce d’espèces menacées d’extinction ; le certificat FSC (Forest Stewarship Council, 1993), créé par des ONG, des propriétaires forestiers et des industriels du secteur, est délivré aux produits issus d’une « gestion forestière durable et responsable » ; le plan d’action FLEGT (Forest Law Enforcement on Governance and Trade, 2004) de l’Union européenne vise à interdire les importations de bois et de produits forestiers extraits illégalement ; etc.</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>6</span></strong>] Si les arbres produisent de l’oxygène et « fixent » le carbone, ils cessent d’en accumuler quand ils arrivent à maturité, voire en rejettent quand ils commencent à se décomposer, donc pas seulement lorsqu’on les coupe. On parle de forêts à bilan carbone positif ou « puits de carbone » (lorsque des jeunes pieds remplacent progressivement les anciens) et de bilan carbone négatif lorsqu’une gestion non durable ne favorise pas le renouvellement ou pire, lorsqu’on procède à des coupes à blanc ou à des déboisements par le feu.</p>
<p class="spip_note" style="text-align: justify;">[<strong><span>7</span></strong>] Certes, les définitions de la « durabilité » varient selon les acteurs… Ainsi celle de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT, organisation qui réunit une soixantaine d’Etats producteurs et consommateurs de bois tropical) peine à dissimuler ses limites : il s’agit de gérer les forêts « sans porter atteinte à leurs valeurs intrinsèques et à leur productivité future et sans entraîner trop d’effets préjudiciables à l’environnement physique et social » (OIBT, 2006).</p>
<p class="spip_note" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.cetri.be/spip.php?article847&amp;lang=fr">cetri.be</a></em></p>
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