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	<title>LeTransmuteur.Net &#187; Développement durable</title>
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	<description>COMPRENONS, INFORMONS, CONCEVONS ET RÉALISONS ENSEMBLE CE MONDE EN MUTATION !</description>
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		<title>Ordinateurs et écologie</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Jun 2009 10:31:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[par Jörg Becker Le paysage numérique a fait naître une nouvelle génération libérée des anciens pré­jugés et affranchie des limites de la proximité géographique comme seule base de l’amitié, de la collaboration, du jeu et du voisinage. La technologie numérique peut avoir l’effet d’une force naturelle animant les êtres vers une plus grande harmonie mondiale. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par Jörg Becker</h3>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-5222" title="ecologie" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/ecologie.jpg" alt="ecologie" width="340" height="536" />Le paysage numérique a fait naître une nouvelle génération libérée des anciens pré­jugés et affranchie des limites de la proximité géographique comme seule base de l’amitié, de la collaboration, du jeu et du voisinage. La technologie numérique peut avoir l’effet d’une force naturelle animant les êtres vers une plus grande harmonie mondiale. C’est ainsi que Nicholas Negroponte, informaticien du MIT (Massachussets Institute of Technology) exprimait son enthousiasme dans son livre «Being digital» paru en 1995. La même année, le chef de Microsoft, Bill Gates s’exprimait de la même manière dans son ouvrage devenu classique «La route du futur»: Les autoroutes de l’information transporteront leurs informations et leurs offres au-delà des frontières du monde hautement technicisé vers les pays en voie de développement. Nous assisterons finalement à une montée de la prospérité dans le monde entier qui aura un effet stabilisateur. L’écart entre les pays pauvres et les pays riches se réduira. 30 ans auparavant déjà, le Canadien Marshall MacLuhan estimait, dans ses analyses des médias, qu’aujourd’hui, après plus d’un siècle de technique électrique, nous avons nous-mêmes étendu notre système nerveux central dans le monde entier et aboli ainsi, en ce qui concerne notre planète, l’espace et le temps.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Si ces personnes n’étaient pas des managers ou des scientifiques expérimentés, il faudrait alors qualifier leurs propos soit de fantasmes pubertaires d’omnipotence, soit de slogans publicitaires pour brochures sur papier glacé ou encore d’idéologie au sens classique de Karl Marx d’erreur nécessaire d’une part et d’autre part de savoir dominateur de l’élite politique et économique destiné à maintenir et à dissimuler son statut de classe exploitante.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Même du point de vue empirique, il n’y a rien de vrai dans ces idées. Au contraire, depuis 15 ans, le monde est devenu plus instable, le fossé entre les riches et les pauvres s’est dramatiquement creusé; dans les rela­tions internationales, l’ordre des Nations Unies et le droit international ont dû reculer devant le droit darwiniste du plus fort; la catastrophe climatique prend une ampleur de plus en plus menaçante (fonte des glaciers et des calottes polaires, réchauffement global, amincissement croissant de la couche d’ozone), et on constate, au lieu de guerres hautement technicisées, un retour aux troupes mercenaires, aux combats de rues et aux combats rapprochés ainsi qu’aux meurtres et aux assassinats. A la place de la revendication, émise en 1969 par Willy Brandt, de «davantage de démocratie», on n’assiste plus, depuis le 11-Septembre 2001, après un débat hystérique sur le terrorisme et la sécurité, qu’au démantèlement de toutes les libertés civiles les plus évidentes.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">En regard de tout le baratin au goût du temps, les discours sur l’ordinateur et l’écologie représentent un retour analy­tique vers la matière, le matériel, l’industrie, les matières premières, la production, l’exploitation de la nature finie et de l’homme par l’homme.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Production toxique<span id="more-5220"></span></h4>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">On attribue aux ordinateurs une image de propreté, de bon marché et de matériel économique et écologique. Or il faut briser cette image car leur fabrication est coûteuse en matériel. Selon une étude des Nations Unies, la fabrication d’un seul ordinateur nécessite plus de 240 kilos de carburants fossiles comme le pétrole et le charbon, environ 22 kilos de produits chimiques et 1500 litres d’eau. Ni le bilan écologique de cette production ni les conditions de production locales ne sont écologiques. Beaucoup des métaux nécessaires à la fabrication d’un ordinateur sont rares (notamment le cuivre, l’aluminium, le nickel, le zinc, l’or, le platine, le coltan, le cobalt), se trouvent souvent dans les pays du Tiers-monde et sont précisément exploités dans ces pays à bas coût de main-d’œuvre où les travailleurs sont exploités. Ainsi la moitié des besoins mondiaux en cobalt est extraite dans deux pays seulement, la Zambie et le Congo. Les hommes qui habitent à proximité des mines de cobalt zambiennes souffrent des sols contaminés si bien qu’ils ne peuvent plus cultiver de légumes et que l’eau potable est polluée.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Les dommages pour la santé sur les lieux de production de puces électroniques sont encore pires. La fabrication des puces ne peut avoir lieu que dans ce qu’on appelle des salles blanches. Ce sont des salles dans les­quelles la contamination des particules doit se trouver au-dessous de seuils établis strictement et qui doivent répondre à des direc­tives très sévères concernant la propreté. Pourtant, depuis longtemps, de graves problèmes de santé surviennent lors de la production des puces parce que les directives relatives à l’utilisation des nombreux dissolvants toxiques ne sont pas respectées ou bien parce qu’on manque d’instruments et d’appareils permettant un emploi non toxique. En consé­quence, on observe une augmentation des risques de cancer, de maux de tête, de douleurs musculaires, de troubles respiratoires, de problèmes de fertilité et de fausses couches.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Souvent situées dans des zones où elles ne paient pas d’impôts, ces «usines chimiques» sont un élément central de ce que des fémi­nistes comme Christa Wichterich («La femme mondialisée») ont souvent décrit, preuves à l’appui, comme le «verso» féminin d’une mondialisation forcée et dominée par le patriarcat: des paysannes pauvres vivant dans les pays en voie de développement travaillent dans des conditions de travail et de logement indignes et pour des bas salaires dans des zones clôturées, cela pour permettre la prospérité et le confort des habitants des pays du Nord. C’est particulièrement le cas de nombreuses industries de prestations de service comme l’industrie des logiciels et le travail de bureau délocalisé, de même que des industries du textile, de la chaussure, des jouets et, précisément, des puces électroniques.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">L’ONG Greenpeace International a étudié récemment des lieux de fabrication des puces électroniques comme ceux de Hewlett Packard et de leurs sous-traitants tels que les entreprises Solectrom et Fortuna en Chine, au Mexique, en Thaïlande et aux Philip­pines. Dans de nombreux cas, Greenpeace a pu constater une plus grande pollution du sol et de la nappe phréatique due à des résidus de métal (plomb, nickel, cuivre) et a pu prouver l’existence de résidus de dissolvants et d’autres substances toxiques.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Ainsi, ce ne sont pas seulement les ouvrières des usines de puces électroniques qui souffrent mais l’ensemble des habitants des périphéries et là aussi particulièrement les femmes, car dans les sociétés traditionelles ce sont elles qui assument la responsabilité sociale d’une alimentation saine et de la santé de toute la famille.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Coûts énergétiques exorbitants</h4>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Actuellement, Google – la plus grande agence publicitaire du monde liée à un petit moteur de recherche – construit un nouveau centre de serveurs à Kronstorf, commune de 3000 habitants de la République fédérale d’Autriche. Des centres de données comparables de Google se trouvent actuellement en Belgique et aux USA, en Caroline du Sud. Il s’agit ici de bâtiments industriels immenses de la taille d’environ 10 terrains de football dont les coûts d’investissement sont estimés à 150 millions de dollars. La consommation d’électricité de ces centres est considérable: on estime que leur besoin énergétique est aussi important que celui des usines d’aluminium qui sont connues pour être de grandes consommatrices d’énergie. Deux récentes déclarations à la presse du physicien de Harvard Alexander David Wissner-Gross ont montré à quel point Google était vorace en électricité et incompatible avec l’écologie: en gros, deux recherches sur Google rejettent 15 grammes de CO2, c’est-à-dire autant que lorsque l’on fait bouillir une tasse de thé.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">De manière générale, les différentes études relatives à la consommation d’électricité des centres informatiques donnent des résultats catastrophiques. Ainsi, selon des estimations de l’Université de Stanford, en 2005, la consommation d’électricité de tous les centres du monde s’élevait à 20 millions de mégawatts-heure et était deux fois plus élevée que 5 cinq ans auparavant. En d’autres termes, elle était aussi élevée que celle de la ville de jeux de Las Vegas, si bien que ces centres étaient les plus grands consommateurs d’électricité du monde. Les résultats d’une étude du fabricant de puces électroniques américain Advanced Micro Devices (AMD) sont tout aussi alarmants. Selon ceux-ci, 14 centrales d’une puissance de 1000 mégawatts travaillent exclusivement pour approvisionner en électricité tous les centres informatiques du monde. Dans la seule Allemagne, en 2008, les centres informatiques ont consommé un total monstrueux de 10 térawatts-heure. Cela cor­respond à la production de 4 centrales à charbon de taille moyenne. Mais on peut aussi résumer la consommation énergétique de ces centres ainsi: On pourrait en Allemagne, sans l’utilisation d’Internet, économiser la production de deux centrales nucléaires!</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Si l’on ajoute aux réseaux et aux appareils du secteur informatique et des techniques de l’information ceux des médias de masse, la consommation d’électricité de ces industries convergentes prend des proportions démesurées. Si le nouvel écran géant de Panasonic de 1 m 65 de diagonale consomme actuellement 720 watts en fonctionnement normal – cela correspond à l’énergie de 34 ampoules basse consommation très lumineuses – à l’avenir, le besoin en énergie de tous les appareils électroniques des ménages devrait même encore augmenter considérablement. Dans son étude intitulée «L’ampère riposte», l’organisation non lucrative britannique Energy Saving Trust l’estime, pour l’année 2020, à 45% de toute l’énergie électrique utilisée dans un ménage!</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Et comme si tous ces coûts énergétiques n’étaient pas assez élevés, ceux des stand-by des téléviseurs, des magnétoscopes, des lecteurs de DVD, des chaînes stéréo, etc. ne sont pas inclus dans ces calculs. Des spécialistes estiment ces coûts d’énergie cachés des appareils en veille à 4,8 milliards d’euros dans l’UE; cela correspond à un rejet de 180 millions de tonnes de CO2, donc à la moitié de l’objectif de protection du climat de l’UE dans le cadre du protocole de Kyoto.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Elimination toxique des déchets</h4>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">En octobre 2008, le magazine Wissen de la «Süddeutsche Zeitung» a publié un rapport bouleversant sur la mise à la ferraille des déchets informatiques européens au Ghana. Ce rapport intitulé «Dans le feu d’enfer de la haute technologie», décrit la vie pénible d’adolescents africains sur une décharge située derrière le marché d’Agbogbloshie, dans la capitale du Ghana. Ce marché est la plus grande décharge électronique du Ghana. Des milliers de personnes vivent de ses déchets, notamment des enfants à partir de cinq ans. Ils les trient en fonction des métaux recy­clables et peuvent gagner jusqu’à 2 euros par jour pour payer leurs frais de scolarité. Une étude du sol effectuée par Greenpeace autour de ce marché africain est arrivée à la conclusion suivante: Le contenu en plomb dépasse de 100 fois la concentration normale à d’autres endroits d’Accra; la concentration d’autres métaux lourds et toxiques se situe à plus de 12 fois au-dessus des valeurs li­mites et le sol ainsi que l’eau sont pollués par les «phtalates», c’est-à-dire les plastifiants de matières plastiques comme le PVC. Pour les gens vivant sur le marché d’Agbogbloshie et grâce à lui, ces matières toxiques provoquent des maux de tête, la stérilité, des diabètes, des cancers, des troubles respiratoires, cardiaques, hépatiques, pulmonaires et rénaux, des tumeurs du cerveau et des myoatrophies.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Selon des estimations du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), 50 millions de tonnes de déchets informatiques toxiques sont produits chaque année dans le monde entier, 1 million uniquement en Allemagne. Comme la dynamique meurtrière du capitalisme technologique s’accélère sans cesse et que les cycles de vie des produits nouveaux diminuent à chaque fois, la montagne de déchets électroniques augmente énormément chaque année. Seuls 25% des écrans d’ordinateurs et de télévision vendus dans les pays européens sont recyclés au sein de l’UE. La plus grande partie des 75% restants aboutissent en tant que déchets dans le Tiers-monde. Certes, la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination interdit l’exportation de déchets toxiques dans les pays en voie de développement. Cependant comme il n’y a pas de distinction juridique claire entre les déchets et les produits usagés, les exportateurs européens et américains déclarent leur poison de manière complètement légale comme marchandise usagée. Comme 80% des déchets informatiques mondiaux viennent des USA, ce pays n’a jamais «pratiquement» adhéré à la Convention de Bâle.</p>
<p class="bodytext" style="text-align: justify;">Pour les êtres vivant sur les décharges du Tiers-monde, ces mécanismes signifient, pour parler comme le groupe de rock britannique Queen et de manière tout à fait cynique, que «the show must go on».</p>
<h4 style="text-align: justify;">Evaluons de manière réaliste les conséquences de la technologie plutôt que de faire des pronostics optimistes motivés par la recherche du profit<br />
</h4>
<p style="text-align: justify;">Avant de soulever le problème des conséquences politiques de ces structures, il faut se rendre compte que les questions abordées ici ne représentent que la partie visible de l’iceberg, que bien des problèmes ne sont pas évoqués, que les dangers pour la santé, scientifiquement prouvés, liés à la pollution électromagnétique due à l’utilisation des réseaux UMTS (téléphones portables) sont négligés. Quelles conclusions tirer des réflexions critiques sur les conséquences écologiques de la société de l’information et que faut-il faire?</p>
<p style="text-align: justify;">Premièrement, il faut rappeler ici la «Divine Comédie» du grand écrivain Dante Ali­ghieri qui vivait au XIVe siècle. Au chant XX du premier livre, il envoie tous les augures en enfer. «En arrière il leur fallait marcher, étant privés de regarder devant». En d’autres termes: les bavardages des prophètes autoproclamés tels que Marshall Mac Luhan, Nicho­las Negroponte, Bill Gates et de nombreux autres doivent être condamnés. En d’autres termes: il faut, de toute urgence et dans l’intérêt de la survie de l’humanité, exiger politiquement une estimation interdisciplinaire et anticipatrice des conséquences de la technologie et l’imposer pratiquement, politiquement et législativement. Car sinon les mécanismes décrits ici se perpétueront et s’accentueront avec toutes les technologies à venir. Le dernier exemple en est la nanotechnologie, promue à coups de milliards, sur les conséquences de laquelle – immunité défaillante de l’organisme humain face à des objets de l’ordre d’un milliardième de mètre (109 m) – on ne commence à réfléchir et qu’on n’étudie qu’aujourd’hui, après quelque vingt ans pendant lesquels on l’a encouragée sans esprit critique.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxièmement, la crise financière et économique actuelle nous enseigne ce que tous les esprits critiques savent d’ailleurs, c’est-à-dire que le marché échoue en tant qu’instance régulatrice dans d’innombrables conflits. De même que le législateur japonais a interdit les machines à laver inefficaces et que la Commission européenne a interdit les ampoules à incandescence à partir de 2009, il faut interdire une multiplicité de produits informa­tiques. Il est inacceptable que des firmes technologiques empochent des profits alors que la collectivité devra payer les conséquences écologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisièmement, il existe de multiples actions imaginables visant à augmenter la pression politique sur les entreprises et les gouvernements afin qu’ils agissent enfin. Mentionnons le système de notation environnemental de Greenpeace qui publie tous les trois mois une liste où les fabricants d’électronique sont listés en fonction du degré de nocivité pour la santé des composants de leurs produits et dénoncés, ou la campagne en faveur des ordinateurs fabriqués de manière équitable des deux organisations des Eglises suisses d’aide au développement «Pain pour le prochain» et «Action de Carême».</p>
<p style="text-align: justify;">Quatrièmement, le journalisme environnemental – il est justement peu développé en Allemagne! – devra être intensifié. Un exemple éclatant en est le journaliste ghanéen Mike Anane, né en 1962. Président de la League of Environmental Journalists, auteur d’un livre sur le journalisme environnemental et adversaire peu commode de la politique de l’environnement négligente de son propre gouvernement.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinquièmement, il faut mettre en cause durablement et vigoureusement le théorème d’une nouvelle économie dématérialisée, voire d’une société de l’information. La prétendue nouvelle économie s’avère, à y re­garder de plus près, être un prolongement de l’ancienne économie capitaliste, avec son solide ancrage dans l’exploitation des biens matériels et naturels qui sont limités. Une fois encore, le roi est nu.</p>
<p style="text-align: justify;">Au bout du compte, une révision radicale des conceptions éthiques et politiques est nécessaire à toute politique, ce que le théologien catholique Hans Küng avait demandé, en 1990, dans son célèbre ouvrage intitulé «Projet d’éthique planétaire». Il y a établi cinq règles de sécurité en vue d’une politique d’avenir:</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1</strong><strong>.    Règle de résolution des problèmes: De nombreux progrès technologiques créent plus de problèmes qu’ils n’apportent de solutions. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2.    Règle de la charge de la preuve: Quiconque met en route une innovation technologique doit faire la preuve qu’elle ne causera pas de dommages sociaux, culturels ou écologiques. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3.    Règle du bien public: L’intérêt commun prime sur l’intérêt individuel. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>4.    Règle de l’urgence: La valeur la plus urgente (la survie d’un homme ou de l’humanité) prime sur la valeur (en soi supérieure) de l’épanouissement personnel d’un individu ou d’un groupe. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>5.    Règle écologique: Le système écologique, qui ne doit pas être détruit, prime sur le système social (survivre est plus important que vivre mieux).</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source : <a href="http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1626">horizons-et-debats.ch</a>)</em></p>
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		<title>Périple d&#8217;habitats alternatifs</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2009 07:47:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Hello à tous ! Comme promis voici mon compte-rendu de périple qui dura Un mois dans la région de la Drôme, de l&#8217;Ardèche etc (la géographie c&#8217;est pas mon truc, donc vous aurez compris le coin, c&#8217;est l&#8217;essentiel !) Après un mois de déconnexion du web, de l&#8217;actualité et du flux ambiant constant du « [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Hello à tous !</p>
<p>Comme promis voici mon compte-rendu de périple qui dura Un mois dans la région de la Drôme, de l&#8217;Ardèche etc (la géographie c&#8217;est pas mon truc, donc vous aurez compris le coin, c&#8217;est l&#8217;essentiel !)</p>
<p>Après un mois de déconnexion du web, de l&#8217;actualité et du flux ambiant constant du « une info en remplace une autre quotidiennement et on a pas le temps de suivre ou de réfléchir avec du recul » , j&#8217;en profite pour vous annoncer ma prise de recul du web.</p>
<p>J&#8217;ai décidé (et compris) que la virtualité ne m&#8217;aide pas et ai compris qu&#8217;il y à un moment où une réelle déconnexion des médias est vraiment salvatrice et permet de sortir du flux constant afin de reconnecter avec son rythme naturel (qui est le rythme de la nature tout simplement).<br />
 (précisons aussi qu&#8217;après un mois, quand on se retrouve devant un PC, on a mal aux yeux, et aussi le wi-fi nous tape sur le système et nous empêche de dormir !)</p>
<p>C&#8217;est sans aucun regret qu&#8217;en rentrant à la maison j&#8217;ai pris un GRAND plaisir à effacer la tonne de mail qui m&#8217;informait des dernières « crasses » de la société SANS les lire (seulement les titres).</p>
<p>C&#8217;est sans aucun regret et avec un GRAND plaisir que je n&#8217;ai PAS regardé les derniers articles qui étaient sortis sur mes « sites préférés ».</p>
<p>C&#8217;est sans aucun regret et avec un GRAND plaisir que je n&#8217;ai PAS regardé les derniers commentaires sur mes vidéos de daily et que j&#8217;ai « coupé » les commentaires (afin d&#8217;éviter les futurs éventuels commentaires odieux … pour ne pas avoir à faire la police).</p>
<p>C&#8217;est avec un grand plaisir que je coupe la radio dès qu&#8217;il y a les infos et passe à de la musique. J&#8217;ai néanmoins quelques bribes de « news » mais seulement par le biais de Radio Ici et Maintenant … ce qui n&#8217;est pas comparable, car EUX, ils parlent plusieurs heures sur les sujets, et prennent le temps (et il n&#8217;y a pas de pubs !!!)</p>
<p>Je prend en ce moment même beaucoup sur moi afin de vous livrer ce compte rendu, car j&#8217;ai conscience qu&#8217;il peut donner envie à certains et participer à un changement à l&#8217;échelle individuelle … car j&#8217;aurais plus tendance à ouvrir mon dernier bouquin qu&#8217;il me tarde de retrouver (« la culture des plantes aromatiques et médicinales en Bio »de Wicki Gerbranda aux éditions du Fraysse)</p>
<p>Bref je vous passe ces observations personnelles qui dans le fond relèvent plus de l&#8217;exhibitionnisme des sentiments qu&#8217;autre chose …</p>
<p>Voici le compte-rendu en question … on va faire de manière chronologique &#8230;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">1/ Le Pré aux Yourtes</span></span></span><span id="more-5187"></span><br />
 Alors voici LE constructeur de yourtes par excellence !<br />
 Non non, je ne suis pas payé pour dire ça (je pense que vous savez que ce n&#8217;est pas du tout mon genre !)<br />
 Pourtant j&#8217;ai eu l&#8217;occasion d&#8217;en voir des yourtes et des constructeurs, et de surfer sur les site, mais là … là … c&#8217;est le must du top du top …<br />
 En toute humilité, il a su magnifier et optimiser au maximum le concept de yourte !<br />
 Ingénieux et pratique, ce sont les seules yourtes où j&#8217;ai pu voir des innovations telles que des yourtes entièrement transparentes, des yourtes de bains avec l&#8217;eau qui se réchauffe sur le toit, des caves sous le plancher, des isolations déplaçables à volonté comme des rideaux, des piliers centraux rétractables, des baignoires encastrées dans le sol .. une trappe, et « hop » une baignore &#8230;etc..etc..</p>
<p>Un génie, et je vous le dit en toute objectivité !</p>
<p>Voici donc le résumé en photo de cette rencontre qui sera évidemment impossible de retransmettre en totalité tellement elle fut condensée et fructueuse (d&#8217;aspect pratique, technique ET aussi spirituel !)</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3558.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Regardez moi ce site fabuleux !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3560.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Une cave intégrée à une yourte … où « comment se passer de frigo? » et c&#8217;est pas une cave bidon … fraîche et TRES grande avec plus de 2 M de hauteur une fois en dessous !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3573.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Toilettes sèches … on ne va plus « chier » mais « composter » !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3631.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Autre vue des toilettes sèches (TLB = Toilettes à Litière Bio-maitrisée)</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3575.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Intérieur des toilettes&#8230;sobre et efficace !</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3574.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Vue d&#8217;une yourte avec le paysage en arrière-plan … remarquez la « fenêtre » en plastic … il fonctionne sous forme de « panneaux » maintenus avec des « scratchs » très résistants … vous pouvez mettre alors votre fenêtre selon vos goûts !</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3576.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Une source en amont rempli une grosse cuve (pas visible sur la photo) et permet d&#8217;avoir l&#8217;eau courante dans la yourte avec la pression idéale .. et petite précision … c&#8217;est une cuve contenant de l&#8217;eau diamant ..donc de l&#8217;eau diamant qui sort dirrectement du robinet … c&#8217;est ti pas génial tout de même ?!!</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3578.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Il fait TOUT de A à Z, les portes, les fenêtres, y compris la toile … donc pour coudre ces toiles extrèmement longues, il a trouvé un système ingénieux, le poste de couture est « incrusté » dans le sol de la yourte et tout le plancher de la yourte devient la « table de travail » !!! génial !!!</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3579.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Qui a dit qu&#8217;on ne pouvait pas avoir l&#8217;eau courante dans une yourte (eau diamant je le re-précise !) notez qu&#8217;il cuisine au gaz (bien-que crudivore à 75 %) et que la plupart des personnes rencontrées font de même en été &#8230;en hiver c&#8217;est la cuisson au poêle à bois &#8230;</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3586.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 La Yourte de bain (ou « serre de bain ») remarquez les 200 mètres de tuyau qui réchauffent l&#8217;eau sur le toit de la yourte !</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3587.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Vue rapprochée &#8230;</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3588.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Autre vue … hummmmm ….</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3591.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Comme dit plus haut … tous les éléments des murs sont assemblés avec des scratchs … ce qui est TRES ingénieux, car en été, une yourte a GRAND besoin d&#8217;être aérée &#8230;dans ce cas &#8230; »scratchhhh » et c&#8217;est fait !</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3592.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 D&#8217;autres yourtes utilisent ce système de « fenètres », mais en hiver, il y a alors déperdition de chaleur par le « pont thermique » crée (en bref la chaleur sorts par les fenètres, car pas isolées) et regardez-moi ce système supra-ingénieux : des « tringles à rideaux » en cuivre pour enlever et remettre l&#8217;isolation à volonté … fabuleux !</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3593.jpg" alt="Image" width="377" height="270" /><br />
 Quand on est un constructeur confirmé et que l&#8217;on a des idées, on peut même prendre des libertés avec le treillis (mur) en l&#8217;aérant pour avoir une meilleure vision des fenètres !</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3599.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Le Hangar encore une fois auto-construit ! Et joli en plus !</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3601.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Autre vue du Hangar</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3604.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Kezako ??? je me le suis demandé … réponse à la prochaine photo &#8230;</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3605.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Ce sont en fait des piliers centraux de secours rétractables pour soutenir la couronne (ou le tonoo … c&#8217;est le « puits de lumière », véritable clef de voute de la yourte) en cas de fortes neiges … c&#8217;est plus agréable d&#8217;avoir une yourte sans deux gros piliers au centre tout de même non ?</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3609.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Sur cette photo, on remarque bien les « scratchs » en bandes qui permettent d&#8217;assembler les fenètres et les « murs »</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3611.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Son installation électrique … 4 panneaux de 100 W et une éolienne marine (environ 700 € pour l&#8217;éolienne)</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3615.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 6 batteries gros modèle spéciale solaire (décharge lente et plus de cycles de recharge …) mises en série je crois … ou en parallèle … oups, je ne sais plus &#8230;</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3616.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Onduleur &#8230;etc&#8230; vous comprenez ici qu&#8217;on a pas à faire à un rigolo … c&#8217;est pourquoi je ne rentre pas dans les détails, car je ne les maitrise pas encore assez …</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3617.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Cuve de récupération de l&#8217;huile pour le filtrage … il a même créé une asso (roule ma fleur je crois &#8230;)</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3618.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Autre vue de l&#8217;éolienne qui génère du courant à faible vent (car on se fait souvent avoir avec les éoliennes … l&#8217;essentiel est le rendement moyen, surtout à faible vent)</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3621.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Envie d&#8217;un bain dans sa yourte ? Et « Hop » on soulève le plancher où l&#8217;on marche et une baignoire apparaît ! Magique !!!</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3623.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Kézako ??? et bien une chose TRES importante !!! à la sortie de votre poele à bois, il faut IMPERATIVEMENT mettre un second conduit plus gros afin d&#8217;isoler le premier … car sinon la yourte risque de bruler (les températures des fumées atteignent souvent plus de 400 degrés !)</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3629.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Le bout des perches qui se fichent dans le tonoo … quand je vous dit qu&#8217;il a quasiment TOUT réinventé … génial !!!</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/preoyourtes/100_3630.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Une solution pour les nomades qui ne peuvent construire un plancher en bois à chaque fois … une solution est isolation par bâche plastique recouverte de plusieurs rouleaux de moquette …. et ça marche !!! on a dormi 2 jours dedans et c&#8217;était très bien !</p>
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<p>Bref vous l&#8217;aurez compris, c&#8217;est un véritable coup de coeur et je lui tire mon chapeau pour toutes ces innovations …<br />
 A noter aussi que cela ne s&#8217;arrète pas à la construction de Yourtes, mais c&#8217;est une réelle vision holistique qui s&#8217;adresse aussi au spirituel. Il propose des retraites spirituelles, des initiations à la permaculture, à l&#8217;écologie en général, et au Zazen, communication non violente, tay tchi &#8230;etc&#8230;<br />
 Pour plus d&#8217;infos, je vous donne son site web :</p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.yourtes.supersite.fr/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">Lien vers Son Site Web « le pré aux yourtes »!!!</span></span></span></a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">2/ Oasis de Bellecombe</span></span></span></p>
<p>Michel Marchand &#8230;ou « l&#8217;homme qui a 19 projets en même temps en cours et qui aimerait bien avoir le don d&#8217;ubiquité » …<br />
 C&#8217;est ironique, car il se démène vraiment et est vraiment engagé dans le combat politique pour le droit de choisir son habitat (entres autres) il est sur la liste de Francis Lalanne pour les élections européennes …<br />
 Il a vraiment de bonnes réflexions sur l&#8217;habitat, mais au-delà sur les relations humaines en général …</p>
<p>Nous avons eut l&#8217;occasion durant cette rencontre de participer au montage d&#8217;une yourte ou : « comment avoir son habitat en une après-midi ».</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3831.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3787.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Eclairage par le sol dans sa yourte … remarquez aussi le petit pot en bois … ce sont les toilettes sèches d&#8217;intérieur &#8230;et comme il dit il « fait la révolution du trône » !</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3790.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Grâce à la source en amont, il a aussi l&#8217;eau courante dans la yourte … remarquez la beauté des meubles typiques de Mongolie … d&#8217;ailleurs il le regrette lui même … acheter des yourtes importées de mongolies ce n&#8217;est pas le top pour plusieurs raisons : on ne sait pas dans quelles conditions travaillent les employés là bas / les matériaux ne sont pas adaptés à notre humidité (odeur de poils de Yak !) / participation à la déforestation des forêts de Mongolie (qui ne sont déjà pas nombreuses !!!) / et importation par avion polluant le ciel de Kérozène (et de chemtrails me diront certains !!!)&#8230; Donc oui elles sont jolies et pas cher, mais il y a des raisons à cela … autant faire de l&#8217;auto-construction ou même encore de faire vivre un constructeur local de yourtes &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3791.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 C&#8217;est qui qui tient une perche et est en train de monter sa première yourte hein ???</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3816.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 En quelques heures, « Hop » yourte montée !!! (mais remarquez bien comme dit précédemment … c&#8217;est bien d&#8217;avoir une fenêtre, mais en hiver, il n&#8217;y a pas d&#8217;isolation et toute la chaleur s&#8217;en va … j&#8217;ai remarqué aussi d&#8217;autres petits détails qui seraient passés totalement inaperçus si je n&#8217;avait pas été au PRE AUX YOURTES avant … quand je vous dit qu&#8217;il était vraiment génialissime !!!</p>
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<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3826.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Il y a 2 tipis sur le lieu … et pour ma part je ne suis pas du tout emballé par ce mode d&#8217;habitat … je pense d&#8217;ailleurs que c&#8217;est marrant pour les enfants ou pour les invités en été, mais de là à y habiter … hummm … je m&#8217;expliquerai au fur et à mesure plus loin … car on en a vu plusieurs (et toujours les mêmes !!!)</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3827.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Intérieur du Tipi … faut avouer quand même que ça a du charme &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3828.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 On remarque bien le double toit sur la photo … pour garder la chaleur (oups&#8230; c&#8217;est pas gagné !) et pour éviter le ruissellement de la pluie … mais le hic c&#8217;est que ça vous met une sorte de toit à 1m40 … impossible de se mettre debout !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3848.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Vue extérieure de l&#8217;éclairage de la yourte par le sol &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3849.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Les toilettes sèches</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/bellecombe/100_3851.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Intérieur des toilettes sèches … elles sont vraiment agréables !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.oasisbellecombe.com/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">Lien vers le site web de l&#8217;oasis de bellecombe</span></span></span></a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">3/ Mas de Beaulieu « Terre et Humanisme »</span></span></span></p>
<p>LE lieu d&#8217;expériement au niveau de l&#8217;agriculture … c&#8217;est génial pour apprendre et VOIR différentes techniques !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/terrehumanisme/100_3997.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Leurs toilettes sèches … c&#8217;est pas que je suis fan de « la cabine à caca », mais c&#8217;est pour vous montrer que non seulement c&#8217;est simple à mettre en place, mais en plus on ne voit pas la différence avec des toilettes « conventionnelles » … si .. UNE différence … : les TLB sont généralement plus belles !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/terrehumanisme/100_4008.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 La technique qui me semble la meilleure est la technique sur buttes couplée à la méthode de paillage … les buttes permettent aux légumes de plonger leurs racines profondément et le paillage (10 cm environ pour qu&#8217;il soit réellement efficace) permet de ne quasiment pas arroser et garde l&#8217;humidité … en outre cela permet en été de protéger les plantes et de garder la fraicheur et l&#8217;humidité, et en hiver de protéger du gel et garde une certaine chaleur … bref un puits canadien pour les plantes !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/terrehumanisme/100_4029.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Techniques de buttes en spirale …. ils ont une réelle façon de voir la vie et la terre .. comme un géobiologue (ils ont d&#8217;ailleurs fait appel à quelques-uns) avec l&#8217;harmonie … bref c&#8217;est génial !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.terre-humanisme.org/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">Lien vers le site web de Terre et Humanisme</span></span></span></a></p>
<p>je ne vous met pas toutes les photos ni toutes les étapes, mais je vous conseille aussi d&#8217;aller faire un tour au « parc d&#8217;attraction de l&#8217;alternatif » comme je l&#8217;appelle c&#8217;est le centre terre vivante … vous allez a d o r e r !!!</p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.terrevivante.org/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">Lien vers le site web de Terre Vivante</span></span></span></a></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/terrevivantechauffeeau.jpg" alt="Image" width="389" height="608" /><br />
 Photo bonus de l&#8217;explication du fonctionnement d&#8217;un chauffe-eau solaire … car en fait je suis prèt à pariez que vous pensez savoir comment ça marche, sans en fait le savoir vraiment ( <img title="Clin d’oeil" src="http://contre-la-pensee-unique.org/forums/images/smilies/icon_e_wink.gif" alt=";-)" />à celui qui se reconnaitra)</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">4/ L&#8217;Âne Bleu</span></span></span></p>
<p>Une étape que nous a suggéré une personne du mas de beaulieu (terre et humanisme) et je ne regrette pas d&#8217;y être allé … c&#8217;est superbe !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/anebleu/100_4036.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Un tipi en construction</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/anebleu/100_4039.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Autre vue du plancher surélevé du tipi en construction (isolation du sol)</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/anebleu/100_4038.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Leurs toilettes sèches</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/anebleu/100_4043.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Autre tipi … remarquez qu&#8217;il est semblable en tous points à celui de l&#8217;oasis de bellecombe &#8230;d&#8217;ailleurs entre-nous, ils sont TOUS semblables (tous ceux que j&#8217;ai vu en tous les cas)</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/anebleu/100_4046.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 On se rend bien compte ici de la lacune de taille des tipis : leur manque d&#8217;inertie thermique … la seule isolation est un double toit … ce qui les rend d&#8217;ailleurs TRES propices à l&#8217;humidité et aux moisisures (vu sur tous les tipis &#8230;)</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.lanebleu.com/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">Lien vers le site web de L&#8217;Âne Bleu</span></span></span></a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">5/ Cantoyourte (Yurtao)</span></span></span></p>
<p>Pour ceux qui s&#8217;intéressent un tant soit peu aux yourtes, vous avez du forcément tomber sur son site …<br />
 C&#8217;est une femme TRES respectable qui a du courage à revendre et qui en dépit des bâtons qu&#8217;on lui met dans les roues continue de se focaliser sur le bien et se sert des murs qui se dressent contre elle pour grimper … grimper&#8230;. grimper …</p>
<p>Combat des habitats, combats des femmes, combats de la souveraineté monétaire, combats de l&#8217;épuration des « bip » politiques … bref je ne peut vous lister tous les points … mais je vous dit une chose : il est IMPOSSIBLE de rester indifférent fâce à elle … I M P O S S I B L E …</p>
<p>Nous avons étés accueillis comme des rois et avions une yourte magnifique pour nous !!!</p>
<p>Nous l&#8217;avons aidé à notre mesure dans le défrichement de son nouveau terrain …</p>
<p>Toi qui me lit … que la montée vers ton terrain laisse les badauds en bas et que ton élévation donne l&#8217;envie aux envieux d&#8217;en faire de même …<br />
 On pense à toi !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4066.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Yourte d&#8217;accueil où nous fumes invités à poser nos corps et nos âmes (car dans une yourte, je peux vous le dire, les rêves se réveillent …!)</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4068.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Vue des deux autres yourtes du « camp » … de yourtes ! Je parlerai plutôt de refuge que de camp &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4079.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Dans une yourte, c&#8217;est différent, on ne cloue pas, on suspend .. et ce n&#8217;est pas pour autant que l&#8217;on ne met pas de grosses étagères solides … !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4088.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 La grande Yourte …. magnifique !!! QUE du patchwork … imaginez un peu le travail !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4106.jpg" alt="Image" width="353" height="353" /><br />
 Les toilettes sèches de cantoyourte … aussi colorées que les yourtes !!! un régal d&#8217;aller « composter » !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4232.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Intérieur de la yourte d&#8217;accueil … avec ce patchwork magnifique et ces systèmes suspendus ingénieux !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4234.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Yourte pour le moins originale avec un côté de mur en bois et l&#8217;autre en bambous ! Remarquez la « fenètre » de récupération transformée en porte.</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4238.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Je ne résiste pas à l&#8217;envie de vous montrer un détail du toit .. je le redis .. imaginez le boulot ! Et contemplez l&#8217;œuvre … car c&#8217;est de ça dont il sagit ici !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4242.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Encore une fenètre transformée en porte … c&#8217;est ça que j&#8217;appelle du VRAI recyclage … !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4245.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Être en contact des éléments et de la nature en faisant sa vaisselle … ça vous « parle » ? &#8230;moi si &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/cantoyourte/100_4265.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Vue du plancher surmonté … il sagit ici de planches d&#8217;agglo qui forment le sol (moins complexe que les « rosaces » en lambri … ) et l&#8217;on peut aussi voir le système d&#8217;aération inventé par la Gardienne des lieux !envie d&#8217;air ??? « hop » on soulève la « jupe » de la yourte !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://yurtao.canalblog.com/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">Lien vers le site web de Yurtao</span></span></span></a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">6/ Un Ancien de Carapa qui a choisi la liberté</span></span></span></p>
<p>Pourquoi « qui a choisi la liberté » me direz-vous … vous comprendrez quand on sera au niveau de carapa … je dirais même qu&#8217;il n&#8217;y avait carapadequoi idéaliser ce « carapa » … mais bon ..on y reviendra plus tard en détails &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4104.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Pour ceux qui ont vu la vidéo de carapa … ça ne vous rappelle rien ??? elle est ti pas magnifique cette maison ? Et démontable en plus !!! comme dit le Gardien des lieux … la mobilité, c&#8217;est la sécurité !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4269.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Son modèle de douche solaire … encore une source en amont … c&#8217;est un élément TRES important sur un lieu !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4283.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 La rosace du centre de sa maison … tous les habitats que l&#8217;on a vu reflètent la personnalité des habitants des lieux !!! c&#8217;est magnifique !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4284.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Deux batteries pour son installation SOLAIRE !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4288.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Autre vue de l&#8217;installation électrique &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4289.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Eau courante grâce à la source et cuisine au gaz !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4290.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Quelle vue !!! on peut vraiment dire que dans un habitat rond on se sent vraiment bien, et quand en plus on a une vue en hauteur comme ça, c&#8217;est le top !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4291.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Tuyau du poele à bois, ou « comment faire sécher ses vêtements sans le nucléaire » … remarquez aussi le « double conduit » au moment où le tuyau sort de la maison … souvenez vous, c&#8217;est TRES important, au risque de voir tout partir en fumée &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/hugues/100_4298.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Tout le confort !!!! rien à envier aux maison des villes, mais alors vraiment rien !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p>Terminons par le fait qu&#8217;il est resté 8 ans à carapa ( !!! ) et au fil des années quand il a compris (après un nombre énorme de demandes) que le « chatelain » (vous savez le vieux propriétaire qui joue le rôle de gentil monsieur qui va donner à chaque personne son bout de terrain une fois qu&#8217;il sera mort … vous voyez hein ??? sinon re-regardez la vidéo) ne lui donnerai jamais un papier certifiant ce qu&#8217;il dit (avoir le bout de terrain qui a été magnifié suite aux efforts des personnes sur place) et tout ceci n&#8217;était que fabulations et entourloupettes, il est partit en démontant sa maison … et quelqu&#8217;un a pris sa place … jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils comprennent aussi et qu&#8217;ils partent (évidemment pas sans avoir donné une « plus-value » au lieu) et ainsi de suite …</p>
<p>Malin le vieux « chatelain » … les gens donnent de leur énergie pour magnifier le lieu pensant avoir le droit de garder le bout de terrain par la suite … et lorsqu&#8217;ils comprennent que ce ne sera pas le cas, ils partent, et d&#8217;autres (avec les mêmes illusions) viennent prendre leur place et ainsi de suite …<br />
 Seul Olivier a un bail agricole … les autres n&#8217;ont RIEN …</p>
<p>Sachant que rcemment le « vieux chatelain » s&#8217;est marié … à sa mort TOUT reviendra à sa femme et aux enfants de sa femme …. (notez qu&#8217;après plus de 17 ans de vie commune, se sentant vers sa fin, il a décidé de se marier avec … pour quoi à votre avis ??? c&#8217;est les enfants qui vont être contents !!!)</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">7/ La Tribu Vivace</span></span></span></p>
<p>Une tribu qui vit sans électricité …<br />
 Ils ont une source d&#8217;eau en amont (encore !!!) et BEAUCOUP d&#8217;imagination et de débrouillardise</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4246.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 La grande Yourte</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4248.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Un cuiseur économe … petit clin d&#8217;oeil à « elf »</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4251.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Un de leur charrette pour leurs « voitures à pédales » … ils y mettent le nécéssaire pour pouvoir dormir et autres victuailles</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4254.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Encore une</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4255.jpg" alt="Image" width="478" height="444" /><br />
 Une de leur voiture à pédales … les trois pédalent et celui du milieu dirige … ils ont construit plusieurs modèles aussi ingénieux les uns que les autres &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4256.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Autre vue &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4258.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Une autre yourte du site &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4259.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Leur baignoire de plein-air pour le moins originale … ils mettent le feu en-dessous pour avoir de l&#8217;eau chaude … je vous avoue que je ne suis pas convaincu … mais apparemment ça leur convient … et c&#8217;est l&#8217;essentiel et à au moins le mérite de démontrer leur débrouillardise !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/tribuvivace/100_4260.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Vue rapprochée de l&#8217;endroit où ils mettent le feu &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.google.fr/search?q=tribu+vivace&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=com.google:fr:official&amp;client=firefox-a" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">Plus d&#8217;info sur la tribu vivace</span></span></span></a></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;"><br />
 </span></span></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">8/ Carapa</span></span></span></p>
<p>Carapa … où l&#8217;enfer dans un paradis … <br />
 Vous aimez les interdictions …? vous ne serez pas déçus alors … il y a partout des panneaux qui vous rappellent à l&#8217;ordre (pas de Feu de quelque sorte que ce soit … pas même de réchaud !, pas de cigarette … lieu TOTALEMENT non-fumeur, même si vous avez votre cendrier de poche comme moi !!! interdiction de sortir du chemin , il n&#8217;y en a qu&#8217;un mais INTERDIT de sortir du sentier !!!! tu touches avec les yeux !!!! interdit de faire de la cueillette … RIEN !!! même pas une petite plante sauvage pour se mettre sous la dent de bonnes vitamines !!!, Végétalisme imposé (pas de viande, de poisson, d&#8217;œufs, de lait, de miel ..etc&#8230;)<br />
 Et vous pouvez rester, mais il faut participer aux activités … je suis OK, mais vu qu&#8217;il n&#8217;y avait pas d&#8217;activité, on a du payer … c&#8217;est pas la mort, 3 € par personne, mais bon …</p>
<p>Avec un Olivier qui nous accueille comme un véritable ours &#8230;(alors qu&#8217;on avait fait ça dans les « rêgles » … ha oui parce que vous ne pouvez pas venir sans avoir téléphoné avant … le soucis c&#8217;est qu&#8217;il ne répondent pas souvent !!!)<br />
 Bref la compagne d&#8217;Olivier est sympa, mais lui … quand vous rencontrez quelqu&#8217;un et qu&#8217;il ne vous dit même pas bonjour, qu&#8217;il vous parle sans même vous regarder, et qu&#8217;il vous fait CLAIREMENT sentir que vous êtes de trop et pas le bienvenue …. c&#8217;est moyen quand même …</p>
<p>On en vient à se demander pourquoi ils invitent les gens à venir si c&#8217;est pour les reçevoir comme ça ….<br />
 Ah c&#8217;est peut être pour utiliser leur force de travail afin d&#8217;accomplir des travaux qu&#8217;ils ne pourraient faire seuls …</p>
<p>Bref avec sa Carapace ils nous a Carapabien accueillit et il n&#8217;y a Carapamoyen de se sentir bien dans un lieu où l&#8217;on se sent épié et bourré de tant d&#8217;interdits …</p>
<p>Et je n&#8217;ai PAS DU TOUT apprécié quand il a insulté les deux personnes que l&#8217;on avait vu avant lui (Cantoyourte et L&#8217;ancien qui est resté 8 ans à Carapa) …<br />
 Un olivier qui se dit « spirituel » et l&#8217;entendre Carapament dire : « quand on a des chieurs qui ne veulent pas partir ça te pourrit un lieu … on ne va pas faire intervenir les gendarmes tout de même, mais les cons ont souvent du mal à comprendre qu&#8217;on ne veut pas d&#8217;eux » …</p>
<p>Vous voyez le genre … j&#8217;arrête là mais ça a le don de m&#8217;insupporter au plus haut point … des personnes qui sont dans un lieu magnifique, et qui en sont toujours au même point au niveau personnel …</p>
<p>Merde (désolé) mais mettez ça à profit pour Evoluer vraiment !!!<br />
 M&#8217;enfin … ont voit souvent l&#8217;épine dans l&#8217;oeil du voisin que la poutre que l&#8217;on a dans le sien &#8230;</p>
<p>C&#8217;est dommage certaines personnes avaient l&#8217;air sympa, mais, si je puis dire, « l&#8217;âme du lieu » c&#8217;est Olivier, et ça se ressent même dans le lieu … DINGUE …</p>
<p>Je peux vous dire que c&#8217;est pas de la parano … c&#8217;était NET …</p>
<p>Dernière chose avant de passer aux photos : sur la vidéo (totalement mensongère ..souvenez-vous de ce que j&#8217;écris plus haut) il est dit que carapa c&#8217;est 50 Hectares &#8230;heu … FAUX c&#8217;est 4 Hectares et je vous le rappelle : INTERDIT de sortir du seul et unique sentier ….</p>
<p>Heureusement pour Olivier que Carapa est pas interdit aux cons … ( je suis méchant mais je vous le dit ces réflexions sur les personnes &#8230;ça c&#8217;est pas passé … et puis dois-je vous rappeler son attitude ..non non non … aucun scrupule là … c&#8217;est domage que les désagréments en viennent à prendre le dessus sur les agréments du lieu)</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4318.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Encore un tipi … encore le même … et encore les mêmes défauts</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4353.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Oui je vous le prouve … le moisi est l&#8217;ami des tipis</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4320.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 La yourte qui est maintenant à la place de l&#8217;ancien de 8 ans à carapa … un yourte mongole dont plusieurs perches ont déjà cassé et qu&#8217;ils ont du remplacer &#8230;ha ces yourtes mongoles … belles (quoique &#8230;celle-là j&#8217;aime pas du tout le dôme … et à l&#8217;intérieur ils avaient « compartimenté » l&#8217;espage … alors que l&#8217;énergie doit pouvoir circuler) mais pas adaptées à nos contrées</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4323.jpg" alt="Image" width="316" height="319" /><br />
 Système pour chauffer l&#8217;eau avec plusieurs bidons … qui ne m&#8217;a pas convaincu</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4324.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Système de chauffe eau … pareil, pas convaincu du tout … allez leur dire que c&#8217;est TOUTE la partie du tuyau qui doit être exposée au soleil … et pas qu&#8217;un côté … mais bon … c&#8217;était les « nouveaux » et ils expérimentent … on peut pas nier le fait qu&#8217;ils innovent en tous les cas et font avec les moyens du bord … et ça c&#8217;est gratifiant tout de même !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4334.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Maison de « l&#8217;Ours » … mais elle est belle tout de même !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4342.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Maison d&#8217;une autre famille … on a vu la fille, mais la mère était partie en angleterre … domage, je suis sûr qu&#8217;elle m&#8217;aurait fait apprécier quelque peu plus le lieu avec sa personne &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4345.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Autre vue</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4346.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Murs en torchis (terre-paille) avec enduit terre</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4347.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Autre vue</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4349.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Le tableau des interdiction &#8230;super l&#8217;accueil !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4350.jpg" alt="Image" width="346" height="525" /><br />
 No Coment</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4356.jpg" alt="Image" width="514" height="369" /><br />
 Notez bien les mentions en rouge !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4358.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Intérieur de la maison de « l&#8217;Ours » … le centre plus précisément</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4359.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Magnifique évier en pierre de « l&#8217;Ours » avec l&#8217;eau courante … merci la source en hauteur !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4360.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 On ne s&#8217;en rend pas bien compte sur la photo, mais le centre est en fait un hexagone (comme les abeilles …. ne pas confondre avec l&#8217;Octogone !)</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4361.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Entrée de « L&#8217;Ours »</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4317.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Petite chambre en forme de maison semi-circulaire (notez les dessins sur fond noir derrière la vitre … c&#8217;est en fait un énorme radiateur … ça capte la chaleur et la redonne dans un renfoncement de mur &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4328.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Vu de côté de la « chambre-maison »</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/carapa/100_4364.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Intérieur … on voit bien ici le « mur-radiateur » qui capte la chaleur du soleil durant la journée et la restitue le soir … c&#8217;est ce qu&#8217;on appelle l&#8217;inertie thermique &#8230;</p>
<p>Bref vous pouvez y aller pour vous faire votre propre avis &#8230;</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.passerelleco.info/rubrique.php?id_rubrique=8" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">Plus d&#8217;info sur Carapa</span></span></span></a></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;"><br />
 </span></span></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 150%; line-height: 116%;">9/ Lou Bissac</span></span></span></p>
<p>C&#8217;est ici que vit le fils de Patrick Baronnet (entres autres)<br />
 C&#8217;est un lieu M A G N I F I Q U E (c&#8217;est peu dire) et l&#8217;accueil est vraiment formidable … c&#8217;est simple on a l&#8217;impression d&#8217;être entres vieux ami et déjà de se connaître … génial !!!</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4398.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Un poele auto-construit .. dit « à double combustion » … remarquez le « turbo », c&#8217;est la seconde ouverture avec le tuyau qui amène une arrivé d&#8217;aire à la base du foyer … TRES ingénieux !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4399.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Le magnifique intérieur d&#8217;une yourte en bambou (attention dès la première année, le bambou « pète » … il se fissure et claque ….</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4403.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Encore cette double isolation de la « cheminée » du poele à bois .. vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4406.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Encore cette technique de suspention d&#8217;étagères … je trouve vraiment ça trop classe !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4409.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Un appareil que l&#8217;on branche sur la batterie (car dans ce cas c&#8217;est du solaire !) pour transformer le 12 V en 220 V … c&#8217;est super simple .. on branche et c&#8217;est parti !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4410.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Haaaa les étagères suspendues … si je ne me retenais pas j&#8217;en écrirait tout un poème !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4412.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Que dire ??? j&#8217;adore !!!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4414.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Eau courante dans la yourte … je suis sûr que vous savez déjà ce que je vais vous dire : « merci à la source en amont » !!!</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4417.jpg" alt="Image" width="455" height="314" /><br />
 Les panneaux … je sais je sais … ils sont pas tout récents … mais ils fonctionnent et c&#8217;est ça l&#8217;essentiel non ?</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4422.jpg" alt="Image" width="456" height="608" /><br />
 Autre modèle de cuiseur économe &#8230;ou « comment cuire une bonne fournée de crêpes avec 2 petits bous de bois !!! »</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4426.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Celui qui me dit que ce n&#8217;est pas un bon emplacement, je lui conseille un ophtalmo d&#8217;urgence !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4428.jpg" alt="Image" width="456" height="543" /><br />
 Un chauffe-eau ingénieusement conçu !</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://sd-1.archive-host.com/membres/up/204540220328997474/loubissac/100_4430.jpg" alt="Image" width="608" height="456" /><br />
 Autre vue du site &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 170%; line-height: 116%;">Conclusion</span></span></span></p>
<p>14 lieux visités (je vous ai dit je n&#8217;ai pas tout mis … trop long !) et autant de façons de se débrouiller que de personnes différentes …</p>
<p>Avec toutes un point commun : la décision de couper le cordon ombilical de Babylone ( certains sont plus avancés que d&#8217;autres sur ce chemin, mais TOUS ont commencé à l&#8217;arpenter )</p>
<p>Il faut garder en mémoire qu&#8217;à chaque fois nous voyons le lieu en oubliant deux choses : il n&#8217;a pas toujours été comme ça (tout ne s&#8217;est pas fait en un jour … avant les lampes électriques et le PC, il y a la chandelle &#8230;avant la douche il y a le bain japonais ..etc&#8230;) et surtout le lieu est TOUJOURS en évolution … comme la plupart des personnes qui y vivent …</p>
<p>Ne pas oublier que c&#8217;est ici opportunité d&#8217;être un MOYEN d&#8217;évoluer et pas d&#8217;une fin en soi …<br />
 Le mode de vie comme un moyen et non une fin … en tous les cas c&#8217;est mon point de vue que je ressens fortement en moi …</p>
<p>Autant de personnes différentes, mais je vais tenter de faire des rapprochements … :</p>
<p>Beaucoup ont un moyen au gaz pour cuire l&#8217;été (je n&#8217;ai vu personne utiliser des moyens solaires … pourtant certains en avaient !)<br />
 Quasiement TOUS ont une source POTABLE en amont<br />
 Tous ont une activité sociale, militante &#8230;etc&#8230;<br />
 Aucune personne n&#8217;a la TV (sauf « L&#8217;Ours » de carapa ( !!! ))<br />
 Personne n&#8217;a pensé à tester le Biogaz afin de remplacer les bouteilles de gaz<br />
 Tous ont conscience que leur mode de vie participe à un changement plus global … que leurs choix et leurs façons de vivre ont une implication bien plus vaste que leur simple personne.</p>
<p>L&#8217;Habitat, on peut le créer …<br />
 L&#8217;eau chaude, on peut l&#8217;avoir &#8230;<br />
 La nourriture, on peut la faire pousser …<br />
 La cuisine, on peut la faire de différentes façons (solaire, biogaz, poêle à bois, cuiseur économe, réchaud à gaz, réchaud à alcool ..etc..)<br />
 Par contre c&#8217;est l&#8217;électricité qu&#8217;on ne peut produire sans investir dans éolienne ou panneau solaire …<br />
 Il y a aussi l&#8217;eau … une source parrait VITALE (on peut récupérer l&#8217;eau de pluie et la rosée.. mais on va pas très loin avec ça seulement !) …</p>
<p>Bref … moi j&#8217;en ai tiré BEAUCOUP de conclusions, et d&#8217;ailleurs j&#8217;en reviens au début de message … ma déconnexion est DEJA effective … vous lisez le dernier article (je répondrai surement aux messages, mais sans plus …)<br />
 Nos projets se sont BEAUCOUP affinés et nous allons passer à la phase concrète incessament.</p>
<p>Pour toute personne qui partage cette envie, je vous invite vraiment à aller voir les gens, pas spécialement de la même façon, mais avec VOTRE façon … cela vous aidera grandement, j&#8217;en suis sûr … car le web est TRES bien, mais rien ne vaut le réel, le concret, le tangible, afin de se faire réellement une idée …</p>
<p>Bref &#8230;je suis épuisé d&#8217;avoir écrit ce LOOOOONG article, donc je me rend compte que la conclusion laisse à désirer, mais je vous envoie tout de même TOUTES mes meilleures pensées .</p>
<p>Vivez vos rêves au lieu de rêver votre vie !</p>
<p>Soyons patients mais déterminés, quand la décision est clairement prise, les choses apparaissent et notre vie se débloque … j&#8217;aime bien cette phrase : « quand l&#8217;élève est prêt, le maître apparait » (ceci est à prendre de manière allégorique bien évidemment, il ne sagit pas de « vraies » personnes … de grâce n&#8217;entrez pas dans une secte où une attitude moutonnière de suivre un berger … mais je pense que vous aviez déjà compris !!! <img title="Clin d’oeil" src="http://contre-la-pensee-unique.org/forums/images/smilies/icon_e_wink.gif" alt=";-)" /> )</p>
<p>Vous avez du remarquer que BEAUCOUP (environ 20 Go) de vidéos que j&#8217;avais mis en ligne sont maintenant indisponibles (nonnnnn c&#8217;est pas de la censure !) j&#8217;espère que beaucoup d&#8217;entre vous ont été malins et n&#8217;ont pas attendu pour les télécharger avec les liens que j&#8217;avais donné (dans ce cas je vous invite vivement à les diffuser de nouveau !)… pour les autres, cela nous servira-t-il peut-être de leçon …</p>
<p>Comprenez bien que quand je parle de sauvegarde du web, ce ne sont pas des paroles en l&#8217;air … petit à petit, tout s&#8217;en va … sauvegardez !!! (moi je parle pour vous, j&#8217;ai 100 Go de vidéos en Flv et plus de 1600 sites pour 270 Go … je donne à qui je rencontre mais je ne rencontre pas tout le monde <img title="Clin d’oeil" src="http://contre-la-pensee-unique.org/forums/images/smilies/icon_e_wink.gif" alt=";-)" /> ) <br />
 Je considère avoir donné BEAUCOUP de temps à la diffusion et décide dorénavant de passer le flambeau …<br />
 Je vous remercie pour vos partages et vos réflexions qui m&#8217;ont assurément fait avancer &#8230;</p>
<p>Je termine en vous donnant le lien de téléchargement de deux Ouvrages plus édités que j&#8217;ai eut l&#8217;occasion de sauvegarder durant le périple (merci à Frank et Sylvie qui se reconnaitront)</p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.megaupload.com/?d=EWK8A1LZ" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 200%; line-height: 116%;">L&#8217;homme qui parle aux plantes</span></span></span></a></p>
<p><a style="font-variant: small-caps;" href="http://www.megaupload.com/?d=22UTA6XI" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-weight: bold;"><span style="font-size: 200%; line-height: 116%;">Habitat (une MINE D&#8217;OR !!!!!!!!!)</span></span></span></a></p>
<p>Le mot de la fin en vidéo qui résume TOTALEMENT mon état d&#8217;esprit actuellement … on subit, on subit et « Pof » on décide de déposer les poids à terre et on se rend compte qu&#8217;en fait c&#8217;est NOUS-MÊMES qui nous obligions à porter ces fardeaux …</p>
<div>
<p><strong><a href="http://www.dailymotion.com/swf/x65bw4_tryo-toi-et-moi-le-clip_music">Lien vers la vidéo de Tryo : &laquo;&nbsp;Toi et Moi&nbsp;&raquo;</a></strong></p>
</div>
<p>
<object width="480" height="381" data="http://www.dailymotion.com/swf/x65bw4_tryo-toi-et-moi-le-clip_music" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x65bw4_tryo-toi-et-moi-le-clip_music" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object>
</p>
<p>MES HUMBLES RESPECTS A TOUS (et toutes !)</p>
<p><strong>the thing</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://contre-la-pensee-unique.org/forums/viewtopic.php?f=8&amp;t=1098">contre-la-pensee-unique.org</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>HOME &#8211; un film de Yann Arthus-Bertrand</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/home-un-film-de-yann-arthus-bertrand/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/home-un-film-de-yann-arthus-bertrand/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2009 06:49:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Hymne à la Terre HOME est une ode à la planète et à son fragile équilibre. Par un tour du monde dans plus de 50 pays vus du ciel, Yann Arthus-Bertrand nous emmène dans un voyage inédit autour de la planète, pour la contempler et la comprendre. Mais HOME n&#8217;est pas qu&#8217;un documentaire engagé, c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/home-un-film-de-yann-arthus-bertrand/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<h2 style="text-align: justify;">Hymne à la Terre</h2>
<p style="text-align: justify;">HOME est une ode à la planète et à son fragile équilibre. Par un tour du monde dans plus de 50 pays vus du ciel, Yann Arthus-Bertrand nous emmène dans un voyage inédit autour de la planète, pour la contempler et la comprendre. Mais HOME n&#8217;est pas qu&#8217;un documentaire engagé, c&#8217;est un magnifique objet cinématographique. Chaque plan est à couper le souffle et nous montre la Terre, notre Terre, comme jamais nous ne l&#8217;avons vue. Chaque image nous met face à ce que nous sommes en train de détruire et à toutes ces merveilles que nous pouvons encore préserver. &laquo;&nbsp;Vu du ciel, on a besoin de moins d&#8217;explications&nbsp;&raquo;. La perception que l&#8217;on a est plus immédiate, intuitive, émotionnelle. HOME va directement toucher la sensibilité de chacun d&#8217;entre nous et nous faire prendre conscience que nous devons changer notre regard sur le monde. HOME traite des grandes questions écologiques auxquelles nous sommes confrontés et nous montre comment tout interagit sur notre planète.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Synopsis</h3>
<p style="text-align: justify;">En 200 000 ans d&#8217;existence, l&#8217;homme a rompu un équilibre fait de près de 4 milliards d&#8217;année d&#8217;évolution de la Terre. Le prix à payer est lourd, mais il est trop tard pour être pessimiste : il reste à peine dix ans à l&#8217;humanité pour inverser la tendance, prendre conscience de son exploitation démesurée des richesses de la Terre, et changer son mode de consommation.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Un projet citoyen</h2>
<p style="text-align: justify;">En nous offrant les images inédites de plus de 50 pays vus du ciel, en nous faisant partager son émerveillement autant que son inquiétude, Yann Arthus-Bertrand pose, avec ce film, une pierre à l&#8217;édifice que nous devons, tous ensemble, reconstruire. HOME a pour mission de faire bouger les mentalités, de nous faire prendre conscience des mouvements tectoniques à l&#8217;oeuvre et de nous inciter à nous engager pour agir.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre impact sur la Terre est plus fort que ce qu&#8217;elle peut supporter : nous consommons trop, et nous sommes en train d&#8217;épuiser toutes ses ressources. Depuis le ciel, on voit facilement les endroits où la Terre est blessée. HOME explique simplement les problèmes actuels, tout en disant qu&#8217;il existe une solution. Le sous-titre du film pourrait être &laquo;&nbsp;il est trop tard pour être pessimiste&nbsp;&raquo;. Nous sommes à la croisée des chemins, des décisions importantes doivent être prises pour changer le monde. Ce que nous disons dans le film, tout le monde le sait, mais personne ne veut vraiment le croire. HOME est donc une pierre supplémentaire à l&#8217;édifice construit par les associations écologiques pour revenir à plus de bon sens et changer notre façon de consommer et de vivre.</p>
<h2 style="text-align: justify;">Un événement mondial</h2>
<p style="text-align: justify;">Au delà du film, HOME sera un événement mondial : pour la première fois dans l&#8217;histoire, ce long-métrage sera en effet montré en même temps dans plus de 50 pays.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la date symbolique du 5 juin 2009, Journée Mondiale de l&#8217;Environnement, qui a été choisie pour cette diffusion simultanée &#8211; et le plus souvent gratuite &#8211; sur tous les supports : cinéma, télé, DVD et Internet. L&#8217;objectif de Yann Arthus-Bertrand, réalisateur, de Luc Besson, distributeur, et de François-Henri Pinault, président du groupe PPR, soutien officiel du film, est ainsi de toucher le plus grande nombre possible, et de nous convaincre que nous avons tous une responsabilité à l&#8217;égard de la planète.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>NOUS AVONS TOUS RENDEZ-VOUS AVEC LA PLANETE LE 5 JUIN !<span id="more-5154"></span></strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>HOME &#8211; Conférence de presse du 5 juin 2008</strong><br />
 
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=egqF0NtEAo0">http://www.youtube.com/watch?v=egqF0NtEAo0</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=egqF0NtEAo0"><img src="http://img.youtube.com/vi/egqF0NtEAo0/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p>
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>HOME &#8211; Conférence de presse du 9 mars 2009</strong><br />
 
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=Tn22AxIV4aI">http://www.youtube.com/watch?v=Tn22AxIV4aI</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=Tn22AxIV4aI"><img src="http://img.youtube.com/vi/Tn22AxIV4aI/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p>
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>HOME &#8211; La musique du film par Armand Amar</strong><br />
 
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=CjNdsxmlRb4">http://www.youtube.com/watch?v=CjNdsxmlRb4</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=CjNdsxmlRb4"><img src="http://img.youtube.com/vi/CjNdsxmlRb4/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p>
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>HOME &#8211; Le soutien de PPR</strong><br />
 
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=BBEJs0Ds57Q">http://www.youtube.com/watch?v=BBEJs0Ds57Q</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=BBEJs0Ds57Q"><img src="http://img.youtube.com/vi/BBEJs0Ds57Q/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p>
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>HOME &#8211; L&#8217;écologie</strong><br />
 
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=FpKvPcfBs1I">http://www.youtube.com/watch?v=FpKvPcfBs1I</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=FpKvPcfBs1I"><img src="http://img.youtube.com/vi/FpKvPcfBs1I/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p>
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>HOME &#8211; L&#8217;aventure HOME avec Yann Arthus-Bertrand</strong><br />
 
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=aIIHaoK3YQY">http://www.youtube.com/watch?v=aIIHaoK3YQY</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=aIIHaoK3YQY"><img src="http://img.youtube.com/vi/aIIHaoK3YQY/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p>
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>HOME (Bande-annonce)</strong><br />
 
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=GItD10Joaa0">http://www.youtube.com/watch?v=GItD10Joaa0</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=GItD10Joaa0"><img src="http://img.youtube.com/vi/GItD10Joaa0/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p>
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>HOME &#8211; Le tournage</strong><br />
 
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=ZDDpHHGVsUM">http://www.youtube.com/watch?v=ZDDpHHGVsUM</a></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=ZDDpHHGVsUM"><img src="http://img.youtube.com/vi/ZDDpHHGVsUM/default.jpg" width="130" height="97" border=0></a></p>
</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La menace de l’invasion de la canne à sucre GM</title>
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		<pubDate>Sat, 30 May 2009 13:46:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le monde merveilleux des multinationales !!! Le boom de la production de soja dans le Cône sud de l’Amérique latine constitue l’une des évolutions agricoles les plus destructrices des vingt dernières années. Les entreprises responsables de ce boom font aujourd’hui une percée agressive dans la canne à sucre, en se concentrant sur de vastes étendues [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;"><em><img class="alignright size-full wp-image-4815" title="corporate-sugar" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/corporate-sugar.jpg" alt="corporate-sugar" width="300" height="600" /></em><strong>Le monde merveilleux des multinationales !!!</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le boom de la production de soja dans le Cône sud de l’Amérique latine constitue l’une des évolutions agricoles les plus destructrices des vingt dernières années. Les entreprises responsables de ce boom font aujourd’hui une percée agressive dans la canne à sucre, en se concentrant sur de vastes étendues de terre dans les pays du sud où ils peuvent produire du sucre à bon marché. Si ce développement ne provoque pas de réaction, l’impact risque d’être sévère : la production de nourriture locale sera écrasée, les travailleurs et leurs communautés seront déplacés et exposés encore davantage aux effets des pesticides et l’agrobusiness étrangère resserrera encore son étau sur la production sucrière. Nous essaierons dans cet article de voir le rapport entre le développement de la canne à sucre génétiquement modifiée (GM) et les transformations de l’industrie du sucre dans le monde.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En une dizaine d’années seulement, presque toute les pampas argentines et d’énormes surfaces forestières et agricoles au Brésil, en Bolivie, en Uruguay et au Paraguay ont été transformées en déserts verts de monocultures de soja. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_1">1</a>] Le boom du soja en Amérique latine a été et est toujours un filon miraculeux pour l’agrobusiness. Il a fourni à la poignée de céréaliers géants qui dominent le marché international des oléagineux et  du fourrage un terrain bon marché et fertile pour assurer l’expansion et la consolidation de leurs activités dans le monde. Ces mêmes sociétés, Cargill, ADM et Bunge pour ne citer qu’elles, ont aussi fait des milliards de profits avec les ventes d’ engrais chimiques devenus indispensables. D’autres grandes entreprises étrangères, telles qu’ AGCO et John Deere, ont profité des ventes de tracteurs. Monsanto et Sygenta, quant à eux, ont engrangé des bénéfices records avec leurs semences génétiquement modifiées et leurs pesticides chimiques.</p>
<p style="text-align: justify;">L’invasion du soja s’appuie sur un modèle de production axé sur l’utilisation de semences génétiquement modifiées qui permettent de tolérer d’énormes doses d’herbicides chimiques. C’est Monsanto qui a fourni à la fois les semences et les herbicides, tandis qu’une nouvelle génération d’exploitations agricoles, dirigées principalement par des hommes d’affaires vivant dans les villes, louait ou s’emparait de vastes zones agricoles et y organisait le travail. A chaque fois que ce modèle a été déployé, il a forcé les petits paysans à partir et les communautés locales ont été dévastées par l’exode rural et la contamination chimique.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant aux multinationales de l’agrobusiness, l’expérience du soja dans le Cône sud a montré comment exploiter avec profit l’expansion de l’agriculture industrielle dans les pays en développement. Elle a ouvert une nouvelle ère de conquête. Le sucre, qui a une longue histoire de destruction de l’environnement et de pure exploitation humaine, est probablement la prochaine récolte à être confrontée à un boom similaire à celui qu’a connu le soja, d’autant plus que de nouvelles espèces de sucre génétiquement modifiées poussent déjà dans les champs (voir encadré 1).<span id="more-4814"></span></p>
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="4" bgcolor="#cccccc">
<tbody>
<tr>
<td>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encadré 1 : La situation actuelle du sucre génétiquement  modifié </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis plus de dix ans on expérimente avec la betterave et la canne à sucre GM. La canne à sucre a une composition génétique assez complexe qui rend les modifications génétiques difficiles. En revanche, il est plus simple de travailler sur la betterave GM et l’expérimentation dans ce domaine a donc été beaucoup plus poussée. En 2008, les premières betteraves GM commerciales, une variété génétiquement modifiée par Monsanto et le  sélectionneur de semences allemand KXS pour les rendre résistantes au glyphosate (le Roundup Ready), furent introduites aux Etats-Unis, puis au Canada. Toutes les plus grands semenciers de betteraves d’Amérique du Nord vendent déjà la betterave Roundup Ready. Des personnes bien informées prédisent que la quasi-totalité de la récolte  des États-Unis sera composée de Roundup Ready en 2009, à moins que les campagnes contre la betterave GM ne parviennent à renverser la vapeur (voir encadré 4). Dans l’UE, qui est de loin le plus gros marché de semences de betterave, les betteraves GM n’ont pas encore reçu l’accord de commercialisation, quoique les betteraves Round Up Ready aient été autorisées pour l’alimentation humaine et animale.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est de la canne à sucre GM, Monsanto espère avoir une variété de Roundup Ready/Bt sur le marché d’ici 2015. D’autres grandes sociétés de biotechnologie travaillent aussi sur la canne à sucre. (1)</p>
<hr style="text-align: justify;" size="1" noshade="noshade" />
<p style="text-align: justify;">(1) Il faut signaler ici deux programmes de recherche importants sur la canne à sucre :  celui de CTC Brazil avec des variétés de canne à sucre GM à taux de saccharose élevé et un projet commun du Max Planck Institute (Allemagne) avec le Vasantdada Sugar Institute au Maharashtra (Inde) et la station de recherche (La Chacra) d’une association argentine de producteurs de canne à sucre à Santa Rosa, qui fait des essais de variétés modifiées par transformation chloroplastique.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une nouvelle carte de la production  de sucre dans le monde</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On peut  obtenir du sucre à partir de nombreuses variétés de plantes, mais aujourd’hui la production mondiale de sucre provient pour la plus grande part de la canne à sucre. Celle-ci représente en effet plus de 70% de la production mondiale de sucre et est cultivée sur environ 15 millions d’hectares dans plus de 100 pays dans les zones tropicales et subtropicales. La deuxième source de sucre la plus importante est la betterave, principalement cultivée dans l’hémisphère Nord sur 10 millions d’hectares dans au moins 50 pays. Cependant la carte de la production mondiale est en train de changer, en raison de l’expansion de ces cultures sur de nouveaux territoires.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p><strong>Tableau 1 : Autorisations pour la betterave Roundup    Ready H7-1 de Monsanto et KWS</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Statut</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Pays</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Culture/nourriture</p>
</td>
<td valign="top">
<p>USA, Canada, Japon</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Nourriture</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Colombie, UE, Australie, Mexique,    Nouvelle-Zélande, Philippines, Corée du Sud, Russie, Singapour</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Trois éléments ont particulièrement altéré la géographie de la production de sucre. Tout d’abord l’émergence du Brésil comme le premier producteur mondial de sucre et de loin le plus grand exportateur du monde. Près des trois-quarts de l’expansion de la production de canne à sucre dans les dix dernières années concernent le Brésil. La surface consacrée à la canne a sucre y a augmenté en moyenne de 300 000 hectares par an entre 2000 et 2007, un taux de progression équivalent à celui du soja dans ce pays. En 2008, la surface de canne à sucre s’est accrue de 14%. Une proportion non négligeable de la production de canne à sucre brésilienne sert à l’industrie locale d’éthanol, mais une grande part se retrouve encore sur encore le marché mondial (cf. figure 3). Aujourd’hui, plus de la moitié des exportations mondiales de sucre non raffiné proviennent du Brésil, alors que le Brésil ne représentait que 7% de ces exportations au début des années 1990.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré l’avènement d’un si gros producteur à bas coûts, l’ancienne structure de la production mondiale est restée largement inchangée jusqu’à récemment, en raison des anciens accords de protection de la production domestique dans l’UE et aux Etats-Unis et des accords commerciaux préférentiels entre l’Europe et ses anciennes colonies qui dépendent encore fortement des exportations de sucre. Cependant, un deuxième élément, la réforme européenne sur le sucre, a frappé au cœur l’industrie du sucre et fait éclater l’ancien système d’organisation.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p><strong>Tableau 2 : Investissements    de quelques sociétés biotechnologiques dans la canne à sucre</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Société</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Projets canne à sucre</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Dow Agrosciences (USA)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Décembre 2008 : a signé un accord de recherche pour deux ans avec le Cooperative Research Centre for Sugar Industry Innovation through Biotechnology (Australie)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Syngenta (Suisse)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Expérimentation sur la canne à sucre Bt au Brésil et avec le Vasantdada Sugar Institute (Inde. A créé le Syngenta Centre for Sugarcane Biofuel Development sur le campus de l’Université de Technologie de Queensland (Australie) en 2007 et travaille actuellement avec John Deere sur une technologie de plantation de la canne à sucre qui devrait « permettre aux producteurs de replanter leurs champs plus fréquemment ».</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Dupont (USA)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>La canne à sucre est un matière première pour le programme mondial de biobutonal en partenariat avec British Petroleum et Associated British Foods (British Sugar). Ils cherchent des pays pour investir dans la production de canne, en particulier la Chine et l’Inde. British Petroleum  a récemment investi de façon importante dans l’industrie du sucre brésilienne et dans un partenariat avec Verenium pour produire une « canne énergétique » qui peut pousser sur des terres impropres à la culture de canne à sucre.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Amyris (USA)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Société de biotechnologie en partenariat avec Crystalsev, une des plus grandes sociétés de sucre/éthanol brésiliennes et le conglomérat Votorantim, pour développer un biodiesel à partir de la canne à sucre.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Quand l’Australie, le Brésil et la Thaïlande ont attaqué l’UE sur les subventions et mesures de protection domestiques de son industrie du sucre à l’OMC, l’UE a décidé de profiter de l’occasion pour faire disparaître de façon unilatérale le Protocole du sucre dont elle se servait depuis longtemps avec ses anciennes colonies et de bouleverser ses régimes domestiques. Des quotas ont été maintenus pour protéger les producteurs européens mais ils ont été réduits et affaiblis, de telle sorte que la production européenne se limitera désormais de plus en plus à quelques grandes régions de production sucrière, évitant ainsi que l’Europe ne continue à inonder la marché mondial de sucre subventionné. Le marché européen a également été ouvert aux importations sans quotas et sans taxes en provenance des Pays moins avancés (PMA) et des pays ayant signé les Accords de Partenariat Economique. En d’autres termes, les anciennes colonies ne pourront plus vendre à des prix protégés par l’UE, ce qui veut dire que, parmi elles, seuls les producteurs capables de produire à coûts très bas pourront encore exporter vers l’UE. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_3">3</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Quand les réformes de l’Europe sur le sucre seront complètement appliquées en 2009, l’UE est censée passer soudainement du statut d’exportateur net, qui déversait des millions de tonnes de sucre subventionné sur le marché mondial, à celui d’importateur net. Cela provoque déjà un mouvement de délocalisation de la production sucrière de pays comme les îles Fidji, la Réunion et une bonne partie des Caraïbes, qui ont des coûts de production et de transport élevés, vers le Soudan, l’Ethiopie et le Mozambique, où les coûts de production sont bas et où l’accès à l’UE est facile, à la fois en termes d’accords commerciaux et de transport. En outre, en dehors de l’UE, les grands raffineurs de sucre, avides de sucre bon marché pour remplacer les exportations européennes, sont maintenant à la recherche de  réseaux d’approvisionnement alternatifs.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">
<p><strong>Table 3 : Les sept principaux producteurs de sucre du    monde</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Société</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Pays</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Production de sucre (en t/an) </strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Sudzucker</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Allemagne</p>
</td>
<td valign="top">
<p>4,24</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Associated    British Foods</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Royaume-Uni/UK</p>
</td>
<td valign="top">
<p>3,85</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Copersucar</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Brésil</p>
</td>
<td valign="top">
<p>3,56</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Cosan</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Brésil</p>
</td>
<td valign="top">
<p>3,15</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Eurosugar</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>France/Allemagne</p>
</td>
<td valign="top">
<p>3</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Tereos</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>France</p>
</td>
<td valign="top">
<p>2,8</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Mitr Phol</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Thaïlande</p>
</td>
<td valign="top">
<p>2,7</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>* n’inclut pas l’éthanol</p>
</td>
<td valign="top">
<p><br class="spacer_" /></p>
</td>
<td valign="top">
<p><br class="spacer_" /></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Le troisième élément qui modifie la carte de la production de sucre dans le monde est        l’ énorme avancée des agrocarburants. La canne à sucre est considérée comme l’un des matériaux de base les plus économiques, voire le plus économique, pour la production d’éthanol. Le marché mondial de l’éthanol s’étend rapidement, car un certain nombre des marchés pour les carburants dédiés au transport ont déjà mis ou vont mettre en application des décrets qui obligent à mélanger un certain pourcentage d’éthanol à l’essence. Avant la crise financière de 2008 et l’effondrement des prix du pétrole, l’industrie du sucre était submergée de projets d’investissements dans de nouvelles usines d’éthanol. Ces investissements ont beau avoir ralenti &#8211; beaucoup de projets ont été ainsi reportés ou annulés – les décrets gouvernementaux sont suffisants pour fournir un flux d’argent non négligeable aux projets de production d’éthanol. De nombreux projets à large échelle, comprenant des plantations de sucre,  sont ainsi en train de voir le jour de par le monde et forcent la production de sucre dans de nouvelles contrées. Les investissements concernent aussi les technologies qui pourraient ouvrir de nouveaux marchés pour les agrocarburants à base de canne à sucre. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_4">4</a>] En bref, le marché croissant des agrocarburants a vraiment dopé la demande de sucre et, par voie de conséquence, accru le développement de la production mondiale de sucre (voir diagrammes 1 et 2).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est la fête pour  l’agrobusiness</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont les grandes entreprises de l’agrobusiness qui sont derrière ces changements de la production mondiale de sucre et qui en empochent les profits. Les principales entreprises sucrières européennes se sont ainsi servies des réformes de l’UE sur le sucre pour consolider leur main-mise sur la production soumise à quotas en Europe même et pour s’introduire dans la production hors-frontières de l’UE dans des zones bon marché ayant un accès préférentiel à l’UE. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_5">5</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, dans les pays du Sud, les grands acteurs de l’industrie sucrière qui s’étaient traditionnellement concentrés sur leur production nationale, commencent eux aussi à investir les marchés étrangers. Ainsi Mitr Phol, la plus grande compagnie sucrière de Thaïlande, s’est installée au Laos pour produire et exporter vers l’UE, par l’intermédiaire d’un partenariat avec Tate &amp; Lyle.  De même, la société sucrière colombienne Manuelita opère maintenant au Pérou et au Brésil. Le Soudan et l’Ethiopie sont devenus des cibles particulièrement recherchées des investisseurs du Sud, avec la bénédiction de leurs gouvernements. Le gouvernement soudanais soutient qu’il veut faire passer la production de canne à sucre du pays de moins de 200 000 hectares cultivés aujourd’hui à 1,7 millions d’hectares. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_6">6</a>]</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" width="609" valign="top">
<p><strong>Tableau 4 : Principales entreprises sucrières européennes investissant dans la production et l’approvisionnement en sucre à l’étranger</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Société</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Pays</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Associated    British Foods (R-U)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Chine, Malawi, Mali, Mozambique,    Swaziland, Afrique du Sud, Tanzanie, Zambie</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Tereos (France)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Mozambique, Brésil</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Sudzucker (Allemagne)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>île Maurice</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>JL Vilgrain  (France)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Cameroun, Tchad, République du    Congo</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>Tate &amp;    Lyle (R-U)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Égypte, Laos,    Zimbabwe</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="374" valign="top">
<p><strong>AlcoGroup (Belgique)</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p>Brésil, Île Maurice</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">De nouveaux joueurs sont en train de rentrer sur le terrain de l’industrie du sucre, surtout pour l’éthanol. Les géants du commerce céréalier, qui jusqu’à présent n’avaient pas été très impliqués dans la production de canne à sucre ou de betterave, utilisent désormais des moyens agressifs pour se faire une place dans l’industrie. Cargill, qui contrôle déjà 15% du commerce mondial du sucre, a récemment investi lourdement dans la production de canne à sucre au Brésil et au Mexique et a lancé  de nouveaux projets de partenariat pour des raffineries et/ou d’éthanol  en Syrie, en Inde et au Salvador. Même ADM, le roi de l’éthanol de maïs américain, a lancé son premier projet d’investissement dans la canne à sucre brésilienne en 2008 ; le partenariat concerne deux usines de sucre/éthanol et de grandes plantations. Les entreprises énergétiques et les entreprises de ressources naturelles, au Nord comme au Sud, suivent le même chemin, qu’il s’agisse d’acteurs bien établis, comme BP, ou de capital-risqueurs moins connus du secteur minier.</p>
<p style="text-align: justify;">L’idée générale est donc qu’on assiste actuellement à une expansion considérable de la production de sucre dans le monde. Cette production est concentrée géographiquement et se trouve entre les mains d’un nombre assez limité d’entreprises qui travaillent avec des chaînes de production et de distribution verticalement intégrées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le boom du sucre au Brésil </strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est le Brésil qui est le plus sévèrement affecté par les transformations de la production mondiale de sucre. L’industrie du sucre y est de plus en plus concentrée entre les mains de quelques familles surnommées au Brésil « les barons du sucre » et quelques entreprises étrangères qui opèrent en partenariat les unes avec les autres. L’investissement étranger afflue dans le sucre brésilien &#8211; il a été de 9 milliards de dollars US pour la seule année 2006 &#8211; et les barons du sucre ont consolidé leurs holdings et restructuré leurs entreprises pour exploiter cet afflux de capitaux. Quelques-uns ont même mis leurs affaires familiales en Bourse (bourse du Brésil). Il arrive souvent que les investisseurs étrangers achètent une participation majoritaire ou des intérêts minoritaires en laissant les barons du sucre s’occuper des opérations agricoles. Cependant, les investisseurs étrangers commencent à prendre un rôle dominant dans les deux domaines (voir encadré 2). En 2007-2008, 12% du sucre de canne brésilien a été transformé dans des sucreries appartenant à des compagnies étrangères, contre moins de 1% au début des années 2000. Si l’on inclut les sucreries dans lesquelles les étrangers ont une part minoritaire, on obtient un chiffre encore plus important (23%).  [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_7">7</a>] Aujourd’hui on voit distinctement que quelques conglomérats – des réseaux de transnationales et les grandes familles du sucre &#8211; contrôlent la majeure partie de l’industrie. Les trois principaux s’articulent autour de Cosan, Crystalsev et Copersucar qui, selon Maurilio Biagi Filho, président de Crystalsev, possèdent presque un tiers des sucreries du Brésil. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_8">8</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le boom du sucre brésilien, la production a glissé du Nord-Est du pays au centre-sud où le terrain est mieux adapté à une production fortement mécanisée. Des millions d’hectares de cerrado (savane arborée), une région du Brésil comparable à l’Amazonie  par la richesse de sa biodiversité, ont été défrichés pour faire place aux nouvelles cultures de canne à sucre. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_9">9</a>] Environ 90% de toute la production de sucre brésilienne provient des sucreries de cette région ; à peu près 60% de cette production est convertie en éthanol. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_10">10</a>] La région est devenue le support de base de l’industrie : Fortement soutenus par le gouvernement du président Lula, les barons du sucre locaux qui ont un poids politique et leurs partenaires étrangers n’ont eu aucun mal à faire avancer leurs plans d’expansion, transformant par là-même de vastes zones agricoles et forestières en champs de canne à sucre. Et s’il est vrai que la crise économique mondiale  a provoqué un certain  ralentissement, la Société financière internationale de la Banque mondiale IFC, la Banque de développement du Brésil (BNDES) et la Banque interaméricaine de développement (IBD) sont intervenues en apportant les fonds nécessaires  pour maintenir cette expansion et la consolider. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_11">11</a>] Plusieurs fonds d’investissement privés de centaines de millions de dollars ont été récemment établis pour acheter au Brésil des terres à convertir en cultures de canne à sucre. Parmi eux, on compte le fonds  Radar Propiedades, géré par Cosan, le fonds Calyx géré par Louis Dreyfus et le fonds Brasilagro géré par Cresud, une société qui appartient au baron du soja argentin Eduardo Elsztain. Il ne faut pas s’étonner que s’exacerbent les conflits pour les terres partout où se répand la culture de canne, de même que les violences infligées à tous ceux qui osent résister. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_12">12</a>]</p>
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="4" bgcolor="#cccccc">
<tbody>
<tr>
<td>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encadré 2 : Les entreprises sucrières d’aujourd’hui au  Brésil : Guarani et CNAA </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Açúcar Guarani</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Açúcar Guarani est la filiale brésilienne de la transnationale sucrière française Tereos. L’entreprise exerce un contrôle sévère sur ses fournisseurs de sucre.<br />
 Un tiers de son approvisionnement provient de ses propres plantations, où la mécanisation des récoltes est passée de 32% en 2004 à 80% en 2008. Le reste fait l’objet de contrats avec des fournisseurs externes qui sont obligés d’utiliser les variétés de canne à sucre de Guarani et d’adhérer aux systèmes utilisés par la société pour la préparation des sols, les semis, la récolte et les soins contre les maladies. Guarani est une des rares sociétés sucrières au Brésil à avoir signé avec le producteur d’éthanol suédois Sekab un contrat d’approvisionnement en éthanol durable, qui oblige à mécaniser complètement la production. (1)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>The Companhia  Nacional de Açúcar e Álcool (CNNA)</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 2007, Goldman Sachs a acheté 19% de la deuxième sucrerie du Brésil, Santa Elisa, qui fait partie du conglomérat Crystalsev. A la même période, Santa Elisa et Goldman Sachs ont lancé un partenariat de 300 millions de dollars US avec l’entreprise commerciale internationale Global Foods Holdings et le Carlyle Group, une firme américaine privée à capitaux propres. Ce partenariat, du nom de CNNA, avait pour but de mettre en route quatre grandes sucreries et usines d’éthanol, devenant ainsi l’un des trois principaux producteurs de sucre/éthanol du Brésil. Des représentants de la société affirment qu’ils ont l’intention de s’étendre dans les «  nouvelles » zones de culture de canne à sucre du centre-sud : Crystalsev sera chargé de la distribution à l’intérieur du pays, tandis que Global Foods Holding doit organiser le commerce international.  Le partenariat de CNNA a profité récemment d’une injection de capital de 270 millions de dollars US de la Banque interaméricaine de développement ainsi que d’un financement de 200 millions de dollars US de la part de la Banque de Développement  du Brésil (BNDES). Deux des sucreries sont déjà en activité et une troisième en construction. Au début de 2009, Carlyle a augmenté sa participation dans la société, devenant l’actionnaire principal, tandis que Santa Elisa se faisait exclure de la structure de direction. La société est donc maintenant dirigée par un fonds qui appartient entièrement à des entreprises étrangères, rassemblant le Carlyle Group, Goldman Sachs, le Global Foods Holding et Discovery Capital.</p>
<p style="text-align: justify;">1 – Sekab,  « Requirements for Sustainable Ethanol » <a href="http://tinyurl.com/dd6qvp" target="_blank">http://tinyurl.com/dd6qvp</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Le modèle de production poursuivi par les conglomérats du sucre au Brésil est celui d’une grande exploitation verticalement intégrée. Les sucreries possèdent ou louent les trois-quarts des terres à canne à sucre et les 60 000 producteurs brésiliens indépendants, dont les fermes font moins de 150 hectares, représentent seulement 27% de la production nationale. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_13">13</a>]. Les conditions de travail dans les plantations sont connues pour être brutales et au fur et à mesure que les sociétés sucrières prenaient de l’ampleur, elles ont pu exiger de plus en plus de leurs ouvriers qui sont généralement payés à la quantité de canne coupée. Le tonnage moyen de canne coupé journellement dans la région de São Paulo a doublé, passant de 5 à 6 tonnes par jour dans les années 1980 à 10 à 12 tonnes aujourd’hui, ce qui correspond à 12 000 coups de machette par jour. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_14">14</a>] Depuis 2000, les coupeurs de canne à sucre de cette région ont accru leur productivité de 11,9%, mais le salaire qu’ils reçoivent n’a augmenté que de 9,8% durant la même période. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_15">15</a>] Chaque année, certains ouvriers meurent d’épuisement et le travail forcé reste une pratique courante dans l’industrie. La Commission pastorale de la terre (Comissão Pastoral de Terra  ou CPT) rapporte que 2 164 ouvriers ont été libérés du travail forcé dans les plantations de sucre du Brésil en 2008. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_16">16</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Le modèle de production est aussi de plus en plus industriel et s’appuie sur des machines, de nouveaux cultivars et des intrants chimiques fournis par l’agrobusiness. Le boom de la canne à sucre est l’une des raisons principales pour lesquelles le marché brésilien des pesticides a été multiplié par quatre entre 1992 et 2006, atteignant une valeur de plus de 5 milliards de dollars US en 2007. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_17">17</a>] Cela a aussi généré un immense nouveau marché pour les entreprises de capitaux étrangers qui contrôlent également le marché brésilien des tracteurs. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_18">18</a>]  Pour les sociétés sucrières, la mécanisation réduit les besoins en main d’œuvre manuelle, leur épargnant en partie les exigences des ouvriers et les critiques internationales qui se font de plus en plus entendre sur les conditions de travail dans les plantations de sucre brésiliennes. Cela permet aussi d’éviter la pratique courante des brûlis avant la récolte à la main, ce qui est un argument de poids quand on parle des avantages environnementaux de l’éthanol brésilien. En fait, les critères de « durabilité »  décidés par les importateurs d’éthanol européens et leurs fournisseurs brésiliens exigent cette mécanisation. Dans la même veine, le gouvernement brésilien a introduit en 2007 un protocole destiné à interdire les brûlis sur 20% des champs de canne à sucre d’ici 2010 ; ce pourcentage doit atteindre 100% d’ici 2020.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour résumer donc, ce qui caractérise l’expansion du sucre au Brésil  est le degré de contrôle des grandes entreprises, la conversion rapide et massive des terres et un modèle de production industriel, fondé sur l’exploitation de la main d’œuvre et l’usage de machines modernes et d’intrants fournis par l’agrobusiness. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_19">19</a>]  Le Brésil est sans aucun doute l’épicentre du boom mondial de la production de canne à sucre, mais un certain nombre d’autres pays sont en danger d’être eux aussi aspirés et entraînés dans le même modèle d’agrobusiness.  En effet, le Brésil est maintenant devenu le principal défenseur de l’éthanol à base de canne à sucre sur la scène internationale. Il fournit moyens financiers, investissements et technologie dans le monde entier aux pays qui acceptent de se lancer dans cette production.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">
<p><strong>Tableau 5 : Les projets de    betterave tropicale de Syngenta</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Partenaire</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Pays</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<p><strong>Détails</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Maquiltec S.A.,    Campos Chilenos (EDF &amp; Man)</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Colombie</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Le projet éthanol de 250 millions de dollars US a été mis en attente en janvier 2009 pour raisons financières. Une surface de 8 000 hectares de betterave est prévue. (1)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>MIDROC</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Éthiopie</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Projet de 300 millions de dollars US dans l’État d’ Amhara, impliquant une plantation de 30 000hectares et un système de producteurs sous contrat.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Vasantdada Sugar Institute (VSI),    Harneshwar Agro Products</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Inde</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Avec la sucrerie Samarth Cooperative, VSI a cultivé des betteraves à usage alimentaire sur environ 48,5 hectares de terres et les a traitées dans une usine- pilote à Ambad, près de Jalna, au  Maharashtra. Avec Harneshwar Agro Products, il a passé un contrat de production de betterave avec les 12 000  fermiers actionnaires de la société et construit une usine de bio-éthanol, au Maharastra également.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Inconnu/ n.c.</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Soudan</p>
</td>
<td valign="top">
<p>La betterave est cultivée sur environ 70 000 hectares au Soudan et la production doit être augmentée par/grâce à  la création d’une sucrerie dans le Projet Gezira par des investisseurs des Émirats Arabes Unis. Syngenta a fait faire des essais de terrain sur sa betterave dans le pays.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">
<p>1 – « Campos Chilenos paraliza proyecto de etanol en Columbia por US 270 millones por falta de financiamento », 29 January  <a href="http://tinyurl.com/bbfvdy" target="_blank">http://tinyurl.com/bbfvdy</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"><strong>Monsanto s’infiltre dans le sucre canadien. Jusqu’où  ira-t-il ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un élément essentiel dans l’histoire de l’expansion de la production sucrière brésilienne a été le développement de variétés adaptées à la région du Centre-Sud du pays et à la production d’éthanol. La plupart de ces variétés ont été développées par le Centrode Tecnologia Canavieira (CTC), un institut semi-privé qui était contrôlé par Copersucar mais appartient maintenant à un groupe rassemblant les plus grandes sucreries du Brésil. CTC avait l’habitude de faire payer des royalties aux non-membres mais refuse maintenant tout accès aux producteurs qui ne font pas partie de l’organisation et qui représentent plus de la moitié de la production de sucre du pays. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_20">20</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Un nouvel acteur, cependant, vient de faire son apparition sur la scène et est en train de grignoter la position dominante de CTC. CanaVialis, le plus grand sélectionneur privé de canne à sucre du monde, a été mis en place en 2003 par plusieurs sélectionneurs autrefois publics, avec le financement du conglomérat brésilien Votorantim. A côté de CanaVialis, une société sœur, Allelyx, est spécialisée dans la  biotechnologie de la canne à sucre. Comme CTC, CanaVialis travaille pour les principales sucreries qui leur font développer pour elles des variétés spécifiques. Canavalis a ainsi récemment signé un accord de 25 millions de dollars US avec Cosan pour ouvrir 10 stations de recherche et développer de nouvelles variétés de canne. L’entreprise a aussi développé des variétés pour la plantation de canne d’Odebrecht en Angola. Selon CanaVialis, leurs variétés occupent maintenant au moins 15% des surfaces cultivées en canne à sucre au Brésil. On peut donc dire qu’au Brésil, la sélection de canne à sucre est devenue une affaire potentiellement rentable, ce qui n’est pas encore le cas partout.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette évolution n’a pas échappé au plus grand semencier mondial, Monsanto. En 2007, Monsanto a commencé un partenariat avec CanaVialis et Allelyx dans le but de développer des variétés de canne à sucre génétiquement modifiées pour résister au glyphosate (Roundup Ready). Puis à la fin de 2008, il a décidé de racheter les deux sociétés, pour 208 millions de dollars US, devenant ainsi soudainement la plus grande entreprise au monde de sélection de canne à sucre.</p>
<table style="width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="4" bgcolor="#cccccc">
<tbody>
<tr>
<td>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encadré 3 : La betterave GM descend vers le sud </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y a pas que dans l’Union européenne et en Amérique du Nord qu’on cultive la betterave sucrière. Elle est également cultivée à grande échelle en Chine, en Russie, en Europe de l’Est, en Égypte, au Soudan, en Turquie et en Argentine. En outre, Syngenta essaie de développer une betterave tropicale qui serait utilisée principalement pour faire de l’éthanol. Cette betterave peut être cultivée dans des zones où il n’y a pas suffisamment d’eau pour faire de la canne à sucre, ce qui devrait ouvrir de nouvelles contrées à la production de sucre. Syngenta prévoit une expansion à court terme de la production de betterave tropicale de 1 à 3 millions d’hectares dans le monde et a mené des essais de terrain dans de nombreux pays, parmi lesquels la Chine, l’Australie, la Thaïlande, le Vietnam, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Soudan, le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Mexique et les États-Unis. (1) Actuellement les betteraves tropicales de Syngenta n’ont pas l’appellation d’OGM, mais l’entreprise  travaille beaucoup sur les betteraves GM et sa filiale Hilleshog est l’un des principaux fournisseurs de betterave Roundup Ready.</p>
<p style="text-align: justify;">1 – Communiqué de presse de Syngenta « Syngenta’s tropical sugar beets receive World Business and Development Award”, 25 septembre 2008, <a href="http://tinyurl.com/awxnpn" target="_blank">http://tinyurl.com/awxnqn</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Monsanto ne cache pas son intention d’utiliser le réseau des clients de CanaVialis et la collection de germaplasme de ce dernier pour introduire très largement la canne à sucre GM. Contrairement au soja, la canne à sucre est une plante vivace et les paysans ne la replantent que tous les cinq ans environ ; pour ce faire, ils utilisent des boutures, et non des semences. Monsanto prévoit donc de suivre l’exemple de CanaVialis pour vendre ses variétés, c’est à dire qu’il veut établir des contrats et partenariats avec les principales sucreries qui utiliseront ces variétés dans leurs propres plantations et dans les contrats de production conclus avec leurs propres fournisseurs. CanaVialis a déjà fait du développement variétal en Angola et en Californie et les variétés de canne à sucre destinées au Centre-Sud du Brésil sont cultivées dans d’autres parties du monde, par exemple au Soudan par Kenana Sugar, la plus grande entreprise sucrière intégrée du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">La betterave Roundup Ready ouvre la voie à la canne à sucre GM de Monsanto. Elle a été introduite aux Etats-Unis et au Canada en 2008 et Monsanto a déjà l’accord des instances de réglementation pour exporter ses betteraves vers des marchés importants, tels que l’Europe et le Japon. Des autorisations réglementaires similaires pourraient être obtenues pour la canne à sucre Roundup Ready puisque, dans ce cas comme dans celui de la betterave, le produit raffiné ne contient apparemment plus trace de matériau transgénique. C’est du moins ce que prétendent les défenseurs du sucre GM. En Australie, où Dow et Syngenta collaborent avec les grands instituts de recherche sur la canne à sucre GM, l’industrie du sucre a déjà mis en place un lobby afin de faciliter l’introduction de la canne à sucre GM : le Sugarcane Gene Technology Group qui a copié le modèle du lobby américain de la betterave GM. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_21">21</a>]</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des déserts de canne à sucre GM </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme toutes les autres cultures OGM qui ont été introduites sur le marché jusqu’à présent, la première série de canne à sucre GM qui se prépare sera modifiée pour résister au Roundup, l’herbicide au glyphosate de Monsanto. Tout comme avec le soja GM, l’intérêt de ces cultures de canne à sucre GM est qu’elles simplifient la production industrielle à grande échelle. L’essor du soja GM en Amérique latine s’explique par le fait que ce soja facilitait la tâche aux investisseurs de l’agrobusiness dont le souci majeur est d’engranger des bénéfices rapides sur de vastes zones fertiles. Ce sera exactement la même chose avec la canne à sucre GM : le caractère Roundup Ready fait du contrôle des mauvaises herbes une simple affaire d’arrosage des champs avec du glyphosate de temps en temps.</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="5">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p><strong>Tableau    6 : Exemples de conflits terre/eau provoqués par l’expansion de la canne    à sucre</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<h4>Pays</h4>
</td>
<td valign="top">
<h4>Conflit</h4>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Mali</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Illovo (ABF) construit actuellement une usine d’éthanol et une sucrerie sur 14 000 hectares… l’Office du Niger. La Coordination nationale des organisations de paysans (CNOP) est opposée à ce projet.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Éthiopie</p>
</td>
<td valign="top">
<p>L’expansion de la production de canne à sucre dans le bassin de l’Awash a provoqué un conflit pour les terres avec les bergers xx de l’Afar dont le mode de vie est directement menacé par les nouveaux projets de canne à sucre.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Mozambique</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Les    paysans protestent contre un projet d’éthanol mené par la compagnie minière    Camec, parce qu’il les priverait d’eau.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Soudan</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Des opposants du village d’El Wag dans l’état de White Nile ont bloqué une autoroute en juillet 2008 pour demander compensation pour la construction du nouveau projet White Nile. Des affrontements avec la police ont fait 3 morts parmi les villageois et 8 blessés.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Brésil</p>
</td>
<td valign="top">
<p>En 2007, le Mouvement des sans-terres (MST) a envahi l’usine d’éthanol Cevesa de São Paulo appartenant à Cargill et un mois plus tard 6 000 hectares de terres, également à São Paulo, où ils ont mis le feu à 30 tonnes de canne à sucre qui n’était pas encore plantée.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<p>Sources : The Afar Human Rights Organisation,    “Ethiopian Givt endangers Afar pastoralists ecosystem”, 4 July 2007, <a href="http://tinyurl.com/dxa3ny" target="_blank">http://tinyurl.com/dxa3ny</a><br />
 <em>Juba Post, </em>25 October 2008, <a href="http://tinyurl.com/cgoxn7" target="_blank">http://tinyurl.com/cgoxn7</a><br />
 Ethical-Sugar, “An exclusive Engine of Growth: The    Development Model of Brazilian Sugarcane”, January 2009, <a href="http://tinyurl.com/aooogg" target="_blank">http://tinyurl.com/aooogg</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Le système est parfait pour les grandes multinationales du sucre qui accroissent ainsi leur contrôle vertical sur la production et la distribution mondiales de sucre. Il est totalement adapté à leurs stratégies d’intensification de la mécanisation de la production au Brésil comme ailleurs. Il facilitera la conversion d’encore plus de terres agricoles en terres de production de canne à sucre qui seront aux mains des grandes entreprises et serviront principalement à produire de l’éthanol. Les petits producteurs indépendants seront complètement exclus de ce système et de vastes zones qui pourraient être cultivées par des petits paysans pour leur propre production de nourriture seront transformées en de verts déserts de canne à sucre GM. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_22">22</a>] Pour donner une idée de la me sure des choses, il faut savoir que le Gouvernement brésilien prétend avoir identifié 44 millions d’hectares supplémentaires pour la production de canne à sucre, soit environ six fois la surface actuellement cultivée en canne à sucre (qui fournit déjà le tiers de la production mondiale). [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_23">23</a>]</p>
<p><a href="http://www.grain.org/seedling_files/seed-09-04-sugar-production.jpg"><img class="alignnone" style="border: 1px solid black;" src="http://www.grain.org/seedling_files/seed-09-04-sugar-product-sm.jpg" border="1" alt="sugar production graph" width="250" height="155" /><br />
 (cliquer sur l&#8217;image)</a></p>
<p style="text-align: justify;">Les effets d’un boom de la canne à sucre GM sur l’environnement et la santé seront également sévères. La canne à sucre Roundup Ready a beau simplifier les applications d’herbicides, l’expérience de l’Amérique latine avec le soja Roundup Ready montre comment il favorise l’abus de pesticides. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_24">24</a>] Parce que les cultures ont été génétiquement modifiées pour tolérer de fortes quantités de glyphosate, les champs sont noyés sous le pesticide souvent épandus par avion, sans tenir compte le moins du monde des populations environnantes. Pendant le processus d’autorisation de sa betterave GM aux Etats-Unis, le lobbying de Monsanto auprès de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a réussi à faire accepter une multiplication par cinquante des taux de résidus de glyphosate permissibles dans les racines de betterave. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_25">25</a>] Le Roundup (glyphosate) est un herbicide toxique qui présente des risques pour la santé humaine, même à des taux relativement bas. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_26">26</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, Le Roundup Ready risque d’encourager l’usage de multiples herbicides.  Dans la production mécanisée de canne à sucre, il est courant de ne pas labourer et c’est le glyphosate  qui est censé détruire les pailles sèches restantes quand vient le moment de replanter. Comme cette pratique ne sera pas possible quand les pailles seront résistantes au glyphosate, elle risque fort de nécessiter des doses d’herbicides supplémentaires. La présence croissante d’herbes tolérantes au glyphosate et de plantes spontanées Roundup Ready (maïs et soja), en particulier en Amérique latine, forcera également les opérations industrielles de culture de canne  Roundup Ready à utiliser davantage d’herbicides. Pour résoudre ce genre de problèmes avec son soja, Monsanto prétend qu’il va bientôt introduire un soja Roundup Ready qui serait également résistant à l’herbicide dicamba, de façon à ce que ces deux herbicides puissent être utilisés, pour assurer la destruction de toutes les herbes tolérantes au glyphosate. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_27">27</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont souvent les ouvriers agricoles qui sont le plus affectés par l’usage des pesticides. Jorge Chullén de l’ International Union of Food workers (IUF) affirme que le problème des pesticides pour les ouvriers des plantations de canne à sucre s’est accru dans les dernières années. Ceci est dû en particulier au fait que les sucreries ont de plus en plus tendance à sous-traiter les activités agricoles et à confier entre autres l’application des pesticides à des sous-traitants, éludant ainsi leurs responsabilités envers leurs ouvriers. Chullén décrit les conditions de travail  dans le cadre de ces opérations de sous-traitance comme « horribles » et déclare que cette pratique ne fait qu’accroître la détérioration les standards de sécurité pour les ouvriers. La canne à sucre GM pourrait donc doublement frapper les ouvriers : en augmentant leur exposition aux pesticides et en contribuant à un processus de mécanisation qui fait disparaître les emplois dans le secteur. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_28">28</a>]</p>
<p><a href="http://www.grain.org/seedling_files/seed-09-04-sugar-2-3.jpg"><img class="alignnone" style="border: 1px solid black;" src="http://www.grain.org/seedling_files/seed-09-04-sugar-2-3-sm.jpg" border="1" alt="sugar graphs 2 and 3" width="250" height="312" /><br />
 (cliquer sur l&#8217;image)</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le sucre : l’envers du décor</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La production de canne à sucre est devenue si industrielle et tellement partie intégrante du système de production agroalimentaire que bien souvent les autres formes de production et d’usage ne sont pas reconnues. Pourtant, les communautés locales maintiennent des modes culturels fondés sur la canne à sucre qui sont entièrement différents –et importants. Quand elle n’est pas raffinée ni traitée chimiquement, la canne à sucre est en fait une plante très nourrissante, riche en vitamines et en minéraux. Elle représente une source alimentaire importante qui s’intègre dans un vaste système économique à petite échelle, qui va des fabricants de sucre de palme (jaggery ou gur) en Inde aux petits vendeurs de rues et leurs stands de jus de canne dans presque tous les pays tropicaux du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">En Colombie, les communautés ont une vieille tradition qui consiste à organiser des « trapiches comunitarios » (moulins communautaires), grâce auxquels ils transforment le jus de leur canne à sucre locale en un concentré qu’ils appellent panela. Comme dans d’autres régions d’Amérique latine, les paysans locaux colombiens continuent à cultiver leurs propres variétés de canne à sucre qui sont adaptées à leurs terres et à la fabrication de panela. Certaines de ces variétés traditionnelles ont fait l’objet d’études du Grand institut paysan (Instituto Mayor Campesino IMCA). Pour Erminsu Ivan David Pabón-Mincho, coordinateur de programmes à l’IMCA, les trapiches comunitarios et les variétés locales de canne à sucre sont essentiels pour la subsistance et le bien-être des communautés rurales de Colombie. Mais, poursuit-il, les récents efforts pour étendre la production de sucre dans le pays, en particulier pour en faire de l’éthanol, menacent de priver ces communautés des terres déjà très limitées qui servent à la production de leur propre canne. De plus, la réglementation gouvernementale concernant l’industrie du sucre est, selon lui, destinée à pénaliser la production artisanale de panela et à concentrer l’industrie du sucre entre les mains des grandes entreprises.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la canne à sucre GM, les communautés de ce genre constituent un obstacle à éliminer. Ce sont elles qui risquent le plus de perdre leurs terres dans l’expansion de la canne à sucre GM, de perdre leur travail à cause de la mécanisation de la production, de subir la pollution des herbicides et de voir leurs récoltes traditionnelles de canne contaminées par les OGM. Ce sont elles aussi qui risquent le plus de souffrir des effets nocifs du sucre GM, puisqu’elles consomment la canne telle quelle et en ont besoin comme source de nourriture et non pas seulement comme produit sucrant. Jusqu’à présent en effet, pour autoriser les betteraves GM, les autorités n’ont étudié que l’impact du sucre raffiné sur l’alimentation, alors que celui-ci est censé ne plus contenir de trace de matériau transgénique. [<a href="http://www.letransmuteur.net/la-menace-de-l-invasion-de-la-canne-a-sucre-gm/#_29">29</a>]</p>
<p style="text-align: justify;">Il est par conséquent important de s’opposer à la canne à sucre GM et au sucre GM en général, et ce pour de nombreuses raisons. Cette prise de position fait partie d’un mouvement de résistance plus vaste qui refuse que le sucre de l’agrobusiness accapare des terres agricoles qui devraient plutôt pouvoir permettre aux paysans de produire leur propre nourriture. C’est aussi une façon de rejeter l’industrialisation et la déshumanisation d’une culture vivrière qui a une valeur culturelle et économique essentielle pour de nombreuses communautés, surtout quand on considère l’essor actuel de l’éthanol à base de canne à sucre. Aujourd’hui ces communautés sont durement affectées par la collusion entre l’agrobusiness et les gouvernements pour redessiner la carte mondiale de la production du sucre. L’introduction de canne à sucre GM ne peut qu’exacerber leurs problèmes.</p>
<hr size="1" noshade="noshade" />
<p style="text-align: justify;"><strong>Lectures complémentaires</strong></p>
<p style="text-align: justify;">ETC Group (Action Group en Erosion, Technology and Concentration), “Commodifying Nature’s Last Straw? Extreme Genetic Engineering and the Post-Petroleum Sugar Economy”, October 2008,<a href="http://tinyurl.com/dagctq" target="_blank">http://tinyurl.com/dagctq</a></p>
<p style="text-align: justify;">Javiera Rulli  (ed.), United Soy Republics: The truth about soy production in South America,  Grupo de Reflexión Rural, 2008.<br />
 <a href="http://tinyurl.com/d42upx" target="_blank">http://tinyurl.com/d42upx</a></p>
<p style="text-align: justify;">Centro de Monitoramento de Agrocombustíveis – Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar,” 2009, <a href="http://tinyurl.com/bca4ev" target="_blank">http://tinyurl.com/bca4ev</a></p>
<p style="text-align: justify;">Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos and Comissão Pastoral da Terra, October 2008, <a href="http://tinyurl.com/dbrvu2" target="_blank">http://tinyurl.com/dbrvu2</a></p>
<p style="text-align: justify;">Lilian Joensen, Stella Semino and Helena Paul, “Argentina: A Case Study on the Impact of Genetically Engineered Soya”, Gaia Foundation, 2005,<a href="http://tinyurl.com/dz927p" target="_blank">http://tinyurl.com/dz927p</a></p>
<p style="text-align: justify;">GRAIN, numéro spécial de Seedling sur  les agrocarburant, juillet 2007, <a href="http://www.grain.org/seedling/?type=70">http://www.grain.org/seedling/?type=70</a></p>
<hr size="1" noshade="noshade" />
<p><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align: justify;">1<a name="_1"></a> &#8211;  Walter Pengue and Miguel Altieri, “GM soya bean: Latin America’s new colonizer”,  Seedling, January 2006, <a href="http://www.grain.org/seedling/?id=421">http://www.grain.org/seedling/?id=421</a> <br />
 2 - <a name="_2"></a>Günther Fischer, Edmar Teixeira, Eva Tothne Hizsnyik and Harrij van Velthuizen, “Land use dynamics and sugarcane production“, in Peter Zuurbier and Jos van de Vooren (eds), Sugarcane ethanol: Contributions to climate change mitigation and the environment, Wageningen Academic Publishers, The Netherlands, 2008.<br />
 3 – <a name="_3"></a>Histoire et analyse excellentes des réformes de l’UE sur le sucre, Ben Richardson, “Restructuring the EU–ACP sugar regime: Out of the strong there came forth sweetness”, Review of International Political Economy, 28 January 2009, <a href="http://tinyurl.com/at9oax" target="_blank">http://tinyurl.com/at9oax</a> <br />
 4 – <a name="_4"></a>Pour une analyse plus détaillée, voir ETC Group, “Commodifying Nature’s Last Straw? Extreme Genetic Engineering and the Post-Petroleum Sugar Economy”, October 2008, <a href="http://tinyurl.com/cayhzo" target="_blank">http://tinyurl.com/cayhzo</a> <br />
 5 – <a name="_5"></a>L’Initiative “Tout sauf les armes”, lancée en mars 2001, ouvre l’UE aux importations en franchise de droits et de quotas en provenance de tous les pays moins avancés (PMA), avec des arrangements provisoires pour le sucre jusqu’en juillet 2009.<br />
 6 - <a name="_6"></a>“Sudan announces ambitious plan for sugar production”, Sudan  Tribune, 7 March 2008, <a href="http://tinyurl.com/apfern" target="_blank">http://tinyurl.com/apfern</a> <br />
 7 - <a name="_7"></a>União dos Produtores de Bioenergia (UDOP),  “Capital estrangeiro responde por 12% da cana moída no Brasil”, 4 February 2009,<a href="http://tinyurl.com/aalnjv" target="_blank">http://tinyurl.com/aalnjv</a> <br />
 8 - <a name="_8"></a>“Açúcar e álcool são os paradoxos da crise”,  Gazeta Mercantil, 17 November 2008, <a href="http://tinyurl.com/cntqny" target="_blank">http://tinyurl.com/cntqny</a> <br />
 9 - <a name="_9"></a>Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos and Comissão Pastoral da Terra, October 2008, disponible sur le site du Transnational Institute (TNI), <a href="http://tinyurl.com/dbrvu2" target="_blank">http://tinyurl.com/dbrvu2</a> <br />
 10 -<a name="_10"></a> Ben Richardson, “An Exclusive Engine of Growth: The  Development Model of Brazilian Sugarcane”, Ethical-Sugar, 17 January 2009,<a href="http://tinyurl.com/aooogg" target="_blank">http://tinyurl.com/aooogg</a> <br />
 11 -<a name="_11"></a> En 2008, la BNDES a investi presque 25 milliards de dollars US dans l’industrie du sucre/éthanol (Centro de Monitoramento de Agrocombustíveis–Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar”, 2009,<a href="http://tinyurl.com/bca4ev" target="_blank">http://tinyurl.com/bca4ev</a>)<br />
 Voir aussi l’ Inter-American Development Bank, “IDB backs $150 million Regional Financing Facility for Sugar and Bioenergy”, 16 January 2009,<a href="http://tinyurl.com/aatudm" target="_blank">http://tinyurl.com/aatudm</a> <br />
 12 <a name="_12"></a>–Voir par exemple le rapport de l’état du Mato Grosso do Sul, où la culture de la canne à sucre s’est récemment introduite : Mieceslau Kudlavicz and Juliana Grasiéli Mota Bueno, “A expansão canavieira em Mato Grosso do Sul,” Comissão Pastoral da Terra, 26 August 2008,<a href="http://tinyurl.com/cxnq6f" target="_blank">http://tinyurl.com/cxnq6f</a><br />
 13 &#8211; Ben<a name="_13"></a> Richardson, “An Exclusive Engine of Growth: The Development  Model of Brazilian Sugarcane”, Ethical-Sugar, 17 January 2009,<a href="http://tinyurl.com/aooogg" target="_blank">http://tinyurl.com/aooogg</a> <br />
 14 &#8211;  Silvia <a name="_14"></a>Noronha, Lúcia Ortiz and Sergio Schlesinger, “Agribusiness and Biofuels: An Explosive Mixture,” Friends of the Earth, Brazil, 2006.<br />
 15 &#8211; Centro<a name="_15"></a> de Monitoramento de Agrocombustíveis &#8211; Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar”, 2009,<a href="http://tinyurl.com/bca4ev" target="_blank">http://tinyurl.com/bca4ev</a> <br />
 16 &#8211; CPT, “<a name="_16"></a>Em ano recorde em operações, mais de 4,6  mil trabalhadores são libertados”, 19 January 2009, <a href="http://tinyurl.com/dalpyc" target="_blank">http://tinyurl.com/dalpyc</a> <br />
 17 &#8211; Friedri<a name="_17"></a>ch Berschauer, “The long-term growth trends for the Brazilian agro business remain firmly intact”, Bayer CropScience, 20 April 2007,<a href="http://tinyurl.com/bd77dv" target="_blank">http://tinyurl.com/bd77dv</a> <br />
 18 – Les rapports financiers de 2005  montrent que l’industrie du tracteur brésilienne est contrôlée par<a name="_18"></a> AGCO/Valtra (65%), New Holland (18%) and John Deere (7.5%).<br />
 19 –<a name="_19"></a> Pour une étude plus complète sur la production brésilienne de canne à sucre, voir Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos e Comissão Pastoral da Terra, October 2008, disponible sur le site du Transnational Institute (TNI), <a href="http://tinyurl.com/dbrvu2" target="_blank">http://tinyurl.com/dbrvu2</a><br />
 20 - <a name="_20"></a>Janaína Simões, “Center of Sugarcane Technology indicates the path and sets the pace for technological innovation in the sugar and alcohol sector,” State University of Campinas, UNICAMP Innovation, 5 June 2006,<a href="http://tinyurl.com/bpg8xm" target="_blank">http://tinyurl.com/bpg8xm</a> <br />
 <a name="_21">21 – Voir la Queensland Cane Growers Organisation Ltd, 2008 Annual  Report,</a> <a href="http://tinyurl.com/bw9z57" target="_blank">http://tinyurl.com/bw9z57 </a><br />
 et A. Wynne, B. Milford and E. Wall, “Advancing sugarcane: leading and managing change,” Second ISSCT management workshop, Australia, May 2008,  <a href="http://tinyurl.com/dj3v79" target="_blank">http://tinyurl.com/dj3v79 </a> <br />
 22 &#8211; UITA, “Brasil:  la Caña de Azúcar avanza también sobre la pradera”, 14 May 2008, <a href="http://tinyurl.com/arjv5m" target="_blank">http://tinyurl.com/arjv5m</a> <br />
 23 <a name="_23"></a>- Safras &amp; Mercado, “Zoneamento pode expandir área de cana-de-açúcar em 44 milhões de hectares,” Notícias Agrícolas, 23 January 2009,<a href="http://tinyurl.com/c3jtvk" target="_blank">http://tinyurl.com/c3jtvk</a> <br />
 24 &#8211; L<a name="_24"></a>ilian Joensen, “The crop-sprayed villages of Argentina,” in Javiera Rulli (ed.), United Soy Republics. The truth about soy production in South America, Grupo de Reflexión Rural, 2008, <a href="http://tinyurl.com/d42upx" target="_blank">http://tinyurl.com/d42upx</a> <br />
 25 <a name="_25"></a>- Center for Food Safety, “Tainted Sugar”, Food Safety Fact  Sheet, June 2008, <a href="http://tinyurl.com/526b8c" target="_blank">http://tinyurl.com/526b8c</a> <br />
 26<a name="_26"></a> &#8211; N. Benachour and G-E. Séralini, “Glyphosate formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells”, Chem. Res. Toxicol., 22 (1), 2009, pp. 97–105; Dr Mae-Wan Ho and Brett Cherry, “Death by Multiple Poisoning, Glyphosate and Roundup,” ISIS Press Release, 11 February 2009, <a href="http://tinyurl.com/b9phjy" target="_blank">http://tinyurl.com/b9phjy</a> <br />
 <a name="_27"></a>27 &#8211; Voir GRAIN, “Twelve years of GM soya in  Argentina”, Seedling, January 2009, <a href="http://www.grain.org/seedling/?id=578">grain.org/seedling/?id=578</a> <br />
 28<a name="_28"></a> – L’industrie du sucre brésilienne estime que la mécanisation va provoquer une perte nette de 114 000 emplois entre 2010 et 2021 dans l’état de São Paulo : Ethical-Sugar , “An Exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane,” January 2009<br />
 <a href="http://tinyurl.com/aooogg" target="_blank">http://tinyurl.com/aooogg</a>)<br />
 La mécanisation n’est pas nécessairement synonyme pour les ouvriers de plus de sûreté dans leurs conditions de travail. Une étude brésilienne conclut que les maladies chez les ouvriers sur les récoltes mécanisées sont similaires à celles des coupeurs de canne manuels. (R.A. Scopinho, F. Eid, C.E. Vian, P.R. Silva, “New technologies and workers’ health: mechanization of sugar cane harvesting,” Caderno Saúde Pública, 15 (1), January–March 1999, pp. 147–61).<br />
 29<a name="_29"></a> –  Voir par exemple Health Canada’s approval of H7-1 Roundup Ready sugar  beets, <a href="http://tinyurl.com/aszd94" target="_blank">http://tinyurl.com/aszd94</a></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<hr size="1" noshade="noshade" />
<p style="text-align: right;"><em>(source : <a href="http://www.grain.org/seedling/?id=597">grain.org</a>)</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La construction en bottes de paille</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 May 2009 17:52:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[- Guide Illustré - Sommaire Préface Introduction Un Abri Abordable et Efficace La Super-Isolation La Botte de Paille Préparation du Site Fondation du Sol Ossature et Contreventement Pose du Toit Monter les Murs en Bottes de Paille Enduire Les Bottes de Paille Mur Porteur Approches Alternatives Finition Préface Remerciements : Je remercie profondément tous ceux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">- Guide Illustré -</h3>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4706" title="la-construction-en-bottes-de-paille" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-construction-en-bottes-de-paille.jpg" alt="la-construction-en-bottes-de-paille" width="680" height="345" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="00"></a>Sommaire</h2>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#01">Préface</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#02">Introduction</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#03">Un Abri Abordable et Efficace</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#04">La Super-Isolation</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#05">La Botte de Paille</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#06">Préparation du Site</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#07">Fondation du Sol</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#08">Ossature et Contreventement</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#09">Pose du Toit</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#10">Monter les Murs en Bottes de Paille</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#11">Enduire Les Bottes de Paille</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#12">Mur Porteur</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#13">Approches Alternatives</a><br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#14">Finition</a><span id="more-4611"></span></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="01"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Préface</a></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Remerciements :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je remercie profondément tous ceux qui m&#8217;ont aidé à traduire ce document : Aurélien Moinier; Eymeric Magnant-Gaillou, Sylvia Wolfer; Jackie et Françoise Crémoux; Coralie de Bouter.</p>
<p><strong>Quelques conseils :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>absorbez un maximum d&#8217;information (n&#8217;ayez pas peur de l&#8217;anglais !)</li>
<li>suivez un ou plusieurs stages avant de commencer à bâtir en paille. (il y a beaucoup de temps à gagner et d&#8217;erreurs à éviter)</li>
<li>cultivez votre patience, car aller vite revient toujours cher.</li>
<li>vérifiez les références et soyez clair et précis lorsque vous travaillez avec des professionnels.</li>
<li>surtout, surtout, commencez avec un petit projet, comme un atelier ou une cabane pour qu&#8217;un projet de rêve ne devienne pas un cauchemar.</li>
</ul>
<p>J&#8217;espère que ce document vous aidera à réaliser vos projets.<br />
 Cordialement,<br />
 <em>André de Bouter, La Maison en Paille (association Loi 1901)</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="02"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Introduction</a></h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis longtemps déjà, se fait ressentir le besoin d&#8217;un guide de base concis et illustré sur l&#8217;essentiel de la construction en bottes de paille. Ce document est ma tentative pour pallier à cette lacune. J&#8217;ai eu la chance de passer sept mois à aider à enseigner les techniques de ce type de construction, aux professionnels  et novices originaires de toute la Mongolie. Cette publication est originellement issue de cette formation. Pour m&#8217;avoir aidé à réaliser tout cela, mes remerciements les plus sincères vont à Scott Christiansen, Directeur de l&#8217;ADRA de Mongolie : (l&#8217;Agence d&#8217;Aides au Développement Adventiste),  E.Purev-Erdene,   architecte et artiste reconnu de Ulannbaatar en Mongolie et Kelly Lerner, amie et architecte de Berkeley, Californie.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que cette technique d&#8217;utilisation de paille, comme matériau de construction, trouve ses racines dans les prairies du Nord des Etats-Unis, l&#8217;intérêt qu&#8217;elle suscite s&#8217;est rapidement répandu dans de nombreuses régions productrices de graines dans le monde, avec un enthousiasme grandissant. Le besoin de publier des informations accessibles à tous, même à des lecteurs non anglophones, se fait d&#8217;autant plus ressentir. J&#8217;ai donc rédigé ce livret de façon à ce qu&#8217;il soit facilement traduisible. De plus, l&#8217;utilisation d&#8217;icônes numérotées, dans certains paragraphes, oriente le lecteur vers de larges dessins ou croquis détaillés.Une nouvelle organisation, baptisée Builders Without Borders, (BWB : Les Bâtisseurs Sans Frontières) est née, à la suite d&#8217;un rassemblement de personnes animées par les mêmes sentiments d&#8217;espoir, à Kingston au Nouveau-Mexique. BWB est un réseau international de bâtisseurs utilisant des matériaux naturels. Elle crée des partenariats avec des communautés et organisations à travers le monde pour construire des logements abordables, à base de matériaux locaux, afin de travailler, ensemble, pour un futur durable. D&#8217;autres publications de BWB seront diffusées sur le site web de BWB <a href="http://www.builderswithoutborders.org">BuildersWithoutBorders.org</a>.<br />
 <em>Stephen Macdonald, Gita, New Mexico, décembre 1999.</em></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="03"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Un Abri Abordable &amp; Efficace</a></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Recherche d&#8217;un Toit</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un des besoins fondamentaux de l&#8217;homme (en fait, un de ses droits fondamentaux) est celui de posséder un abri. Sans être suffisamment  protégés contre les éléments, les hommes ne peuvent pas survivre longtemps. Pour un nombre de personnes, sans cesse grandissant, chercher un abri minimal est devenu un challenge délicat, au même titre que de trouver suffisamment de nourriture et d&#8217;eau potable. De plus, peu de régions ont une exploitation rationnelle et encore moins équitable, des ressources durables. Avec l&#8217;expansion de la population humaine, beaucoup de systèmes naturels mondiaux commencent à en ressentir les effets négatifs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De Simples Abris de Paille</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette augmentation de la demande, la construction en paille offre des avantages sérieux, la paille étant un matériau de construction qui se renouvelle tous les ans de façon relativement abondante. Dans la plupart des régions productrices de grain, on se débarrasse de la paille, (les tiges longues et creuses des plantes céréalières telles que le blé, l&#8217;avoine, le riz ou l&#8217;orge) car elle est considérée comme un déchet qui est souvent brûlé. Rien qu&#8217;aux Etats-Unis, environ cinq millions de maisons de paille, de taille modeste, et super isolées, auraient pu être construites, avec ce qui est brûlé chaque année : quel gâchis !<br />
 Les maisons n&#8217;ont pas besoin d&#8217;être trop chères ni trop compliquées à construire afin qu&#8217;elles soient à la portée des plus démunis. Il y a de multiples façons de construire des maisons simples et à la fois élégantes, utilisant des bottes de paille. Lorsqu&#8217;elles sont bien conçues, les maisons de paille se révèlent être des économiseurs d&#8217;énergie, donc d&#8217;argent (économie pour la construction et pour l&#8217;utilisation). Il en résulte une utilisation minimale des combustibles, un facteur important dans beaucoup de régions du globe et pour bon nombre de budgets familiaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Règles de Base pour dessiner Votre Maison</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les maisons économes en énergie et simples à construire, faites en bottes de paille, peuvent avoir beaucoup de formes. Elles vont d&#8217;une structure temporaire et rapide, comme celles utilisées pour les zones sinistrées, au système d&#8217;isolation par l&#8217;extérieur, autour des structures déjà existantes, jusqu&#8217;aux structures permanentes.</p>
<p>Pour faire des plans d&#8217;une maison en paille, adaptés aux besoins et à la situation locale, gardez à l&#8217;esprit ces règles générales :</p>
<ul>
<li>Déterminez l&#8217;espace dont vous avez réellement besoin :
<ul>
<li>Quel est le budget réaliste ?</li>
<li>Gardez une taille modeste et une conception simple, de façon à ce que ce soit facile à construire et que cela utilise le moins de matériaux possible.</li>
<li>Un projet simple permet, aux gens pourvus de bon sens, de quelques compétences en construction et d&#8217;un minimum d&#8217;outillage, de construire leur propre maison.</li>
</ul>
</li>
<li>Isolez l&#8217;extérieur du bâtiment avec des bottes et combinez cela avec de l&#8217;inertie à l&#8217;intérieur.</li>
<li>Profitez au maximum de l&#8217;énergie naturelle du soleil en étudiant l&#8217;implantation  et la conception de la façade sud (ou nord, sud de l&#8217;équateur).</li>
<li>Intégrez le plus grand nombre de vos fenêtres à cette façade pour capturer la luminosité du soleil. La surchauffe de votre maison l&#8217;été (par fenêtres accumulatrices de chaleur au Sud et Ouest) est évitée par les appentis, arbres, marquises, volets, etc. L&#8217;utilisation de volets, rideaux ou stores (isolés) est conseillée pour diminuer la perte de chaleur la nuit.</li>
<li>Utilisez des matériaux locaux, de préférence le moins travaillés possible comme des rondins de bois et de la terre. C&#8217;est non seulement du bon sens économique mais aussi du bon sens écologique.</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4617" title="la-maison-en-paille-03" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-03.jpg" alt="la-maison-en-paille-03" width="204" height="190" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="04"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">La Super-Isolation</a></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deux Approches pour Conserver la Chaleur (ou la fraîcheur)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un bâtiment super-isolé maintient des températures intérieures confortables grâce à la capacité supérieure de ses matériaux d&#8217;isolation à résister à la déperdition de chaleur.<br />
 Cette déperdition est souvent évaluée quantitativement par un indice de résistance ou valeur R (R= m².°C/W) qui, lorsque vous divisez 1 par R devient U ou valeur de conductivité.<br />
 Au contraire, un bâtiment non isolé avec des murs épais, tels que des murs moellons/pierre de taille, utilise son inertie élevée pour conduire, stocker et relâcher doucement la chaleur ou fraîcheur.</p>
<p style="text-align: justify;">On combine ces deux approches dans la stratégie &laquo;&nbsp;solaire passif&nbsp;&raquo; où des éléments de grande inertie tels que des sols en ciment, chaux ou terre, des murs en terre et enduits à l&#8217;intérieur d&#8217;une enveloppe de super-isolation comme les bottes de paille. Etant donnée la rapidité d&#8217;accroissement de la population et l&#8217;utilisation  des ressources dans le monde, appliquer des stratégies de super- isolation, de &#8216;solaire passif&#8217; en gardant les tailles des habitations modestes, peut vraiment faire la différence.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La paille comme super-isolant</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La construction en bottes de paille est un moyen efficace d&#8217;être super-isolé (*) tout en limitant les dépenses, si bien entendu, la mise en œuvre des bottes est réalisée en auto-construction suivant les règles de l&#8217;art. On peut comparer un bâtiment édifié en bottes de paille à une bouteille Thermos hermétique qui conserverait de manière efficace la chaleur (ou la fraîcheur) emmagasinée ou produite à l&#8217;intérieur.</p>
<p><em>(*) Les murs en bottes de paille enduits ont une valeur R=6. Référence paraissant dans le livre : &nbsp;&raquo; L&#8217;isolation Ecologique &laquo;&nbsp;, page 123, de JP Oliva, Terre Vivante. R=6 est comparable à un mur en agglomérés creux de 20 cm avec une isolation en laine de verre de 25 cm. En général les murs en agglomérés sont isolés avec seulement une laine de verre de 7.5 cm.</em></p>
<p>Pour bien faire fonctionner votre &laquo;&nbsp;Thermos&nbsp;&raquo;  en bottes, nous vous conseillons de suivre deux règles de bases :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>La maison doit être toute entourée de l&#8217;isolation. Ne laissez pas de trous dans l&#8217;enveloppe en bottes (ni entre les bottes). Cela pour minimiser les ponts thermiques (pont thermique = déperdition de chaleur en un endroit peu isolé). Faite en sorte d&#8217;isoler votre plafond au moins autant que les murs (gardez le bouchon du Thermos fermé). Isolez bien le sol. Les fenêtres et les ouvertures (réellement des trous dans votre Thermos)doivent être de taille modeste, de bonne qualité, si possible côté soleil et protégées, la nuit, par des rideaux ou volets isolants.</li>
<li>Gardez l&#8217;isolant sec : il sera inefficace s&#8217;il est mouillé et la paille, tout comme d&#8217;autres isolations organiques, peut pourrir, si elle reste mouillée. Protégez la, à l&#8217;extérieur, avec une toiture en bonne état, ayant, de préférence, un débord de toit. Enduisez les murs ou faites un bardage. Dans des climats de froid extrême, un pare-vapeur (toujours du côté le plus chaud) peut-être conseillé, pour protéger l&#8217;isolant contre le flux de vapeur d&#8217;eau. Toutefois, malgré vos efforts, une ventilation adéquate est toujours essentielle pour éviter des problèmes d&#8217;humidité, surtout autour des fenêtres, fondations, et au grenier.</li>
</ol>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4618" title="la-maison-en-paille-04" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-04.jpg" alt="la-maison-en-paille-04" width="229" height="163" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="05"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">La Botte de Paille</a></h2>
<p><strong>Les Caractéristiques d&#8217;une Bonne Botte</strong></p>
<p>Une Botte de qualité pour la construction :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Est entièrement sèche. Une fois en main, une botte sèche semble relativement légère quand on la soulève, s&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;humidité à l&#8217;intérieur (enfoncez profondément les doigts dans la botte pour vous en assurer)</li>
<li>Est composé de tiges fortes et flexibles. Il faut plier et tirer des tiges individuelles pour vérifier la force et la friabilité de celles-ci. Une paille mature, qui a été récoltée et stockée au sec et qui a une couleur dorée, fait les meilleures bottes.</li>
<li> Est bien compressée. Une botte compacte se déforme peu quand on la soulève par ses ficelles  (celles-ci sont plus résistantes quand elles sont en plastique).</li>
<li>A une taille relativement uniforme. La taille d&#8217;une botte peut varier, notamment au niveau de la longueur. La botte à 2 ficelles mesure environ 45 cm (18 pouces) de large, 35 cm (14 pouces) de hauteur et entre 85 à 105 cm (34-40 pouces) de long. La largeur et la hauteur des bottes dépend de la botteleuse (!)  et ne sont pas modifiables.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conseil:</strong> Vérifiez la taille et la qualité de vos bottes avant de les acheter. Prenez le temps d&#8217;éduquer ceux qui produisent vos bottes de construction avant la récolte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Manipulation  et Stockage correct</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une règle fondamentale de la construction en paille est de garder ses bottes sèches depuis la récolte jusqu&#8217;à l&#8217;achèvement de l&#8217;édifice. Cela demande aussi de les manipuler avec soin et de les stocker à l&#8217;abri de l&#8217;eau, de préférence dans un entrepôt ou bien sous une bonne bâche.<br />
 Prévoyez l&#8217;achat et le stockage de vos bottes bien à l&#8217;avance. En Mongolie, l&#8217;achat et le transport des matériaux vers le site, s&#8217;est révélé être un problème sérieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-4619" title="la-maison-en-paille-05" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-05.jpg" alt="la-maison-en-paille-05" width="228" height="248" /><strong>Les Ennemis de la Paille</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien que la paille soit bien plus résistante qu&#8217;on ne le pense, gardez bien à l&#8217;esprit ses trois principaux ennemis :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La pourriture.</strong> Des bottes mouillées,  dont la composition en moisissure est supérieure à 20%, attirent la pourriture provoquée par l&#8217;action enzymatique des champignons.</li>
<li> <strong>Le feu.</strong> Bien que des bottes bien compressées soient assez résistantes au feu, la paille tombée de ces bottes peut représenter une source d&#8217;incendie. Soyez particulièrement prudent quant à la paille perdue dans le grenier et autour des cheminées. Gardez toujours votre site propre et à l&#8217;abri des fumeurs et méfiez vous de tous les outils provoquant des étincelles. Ayez toujours un extincteur à proximité.</li>
<li><strong>Les nuisibles.</strong> Les rongeurs, les oiseaux et autres insectes peuvent également trouver la paille agréable à vivre mais l&#8217;enduit fermera tous les points d&#8217;accès aux bottes. Il n&#8217;est pas nécessaire, ni très agréable pour les travailleurs  de saupoudrer de chaux (pensez à vos poumons) tous les rangs de bottes pour repousser les rongeurs. Il n&#8217;y a pas assez de graines dans les bottes de paille pour les nourrir.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: center;"><a name="06"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Préparation du Site</a></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4620" title="la-maison-en-paille-06" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-06.jpg" alt="la-maison-en-paille-06" width="623" height="472" /></p>
<p><strong>Choisir un site</strong></p>
<p>Un bon site contient les critères suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Il respecte au maximum la zone environnante et son habitat.</li>
<li> Il est suffisamment large et relativement plat, afin d&#8217;éviter un travail excessif pour le déplacement de la terre issue des fondations.</li>
<li>Il offre un support fiable pour les fondations qui doivent être hors gel (en général hors gel en France est à -0.60 mètres).</li>
<li> Il doit permettre un bon système de drainage des eaux. Celle-ci doit s&#8217;éloigner de la maison. Il doit procurer une bonne exposition au sud, non obstruée, pour capter la chaleur du soleil (le &laquo;&nbsp;solaire passif&nbsp;&raquo;).</li>
<li> Il protège la maison contre des vents froids et autres facteurs climatiques.</li>
<li> Il donne une bonne vue.</li>
</ul>
<p><strong>Préparez le site</strong></p>
<p>Les étapes de préparation de votre site sont :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li><img class="alignright size-full wp-image-4621" title="la-maison-en-paille-07" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-07.jpg" alt="la-maison-en-paille-07" width="227" height="140" />De délimiter des coins avec des piquets (chaise d&#8217;implantation). Pour respecter les angles droits, utilisez le théorème de Pythagore (simplifié par la technique 3-4-5, car 3² + 4² = 5²) voir.</li>
<li>Une fois le contour marqué au sol, terrasser la terre végétale et niveler une couche de gravier.</li>
<li>Re-vérification  des piquets d&#8217;angles pour plus de précision. Puis, attacher des ficelles (au niveau) pour l&#8217;implantation des fondations. Formule  de Pythagore A² + B² = C².<br />
 Par exemple pour une construction de 6x10m : 36 + 100 = 136 =&gt; C = 11.66 m.<br />
 Nota : Les chaises d&#8217;implantations doivent être placées à l&#8217;extérieur du contour fini de la maison, afin de ne pas avoir à les déplacer lors du terrassement.</li>
</ol>
<p><strong>Prévoir l&#8217;établissement des plans</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un projet couronné de succès demande une mise sur papier et une planification soignée, bien avant de commencer à mettre la main à la pâte. Il est fortement conseillé de demander, à la mairie, pour le permis de construire. En France, celui ci ce compose de plans détaillés, de photos du terrain et d&#8217;un formulaire à remplir. Prenez  note de ce qui suit avant de commencer à construire :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><img class="alignright size-full wp-image-4622" title="la-maison-en-paille-08" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-08.jpg" alt="la-maison-en-paille-08" width="228" height="202" />Faites un schéma directeur et des plans précis et détaillés comportant l&#8217;élévation des murs et montrant la mise en place des bottes. Vous pouvez laissez la dimension moyenne de vos bottes décider de la longueur (utilisez un échantillon de 10 balles ou plus), hauteur et largeur des murs. Cela vous évitera d&#8217;avoir à reboucher des trous ou à couper un trop grand nombre de bottes et de voir ces bottes raccourcis romprent la résistance des murs (chaque botte doit chevaucher les deux du dessous de façon quasi symétrique).</li>
<li>Ayez tous vos matériaux et outils de construction (que vous aviez déjà quantifié sur une liste de matériaux), déjà achetés et disponibles sur le site, avant le début de la construction. Assurez vous qu&#8217;ils soient transportés soigneusement et convenablement stockés.</li>
<li>Commencez la fabrication des cadres de portes/fenêtres, la préparation de charpente,… etc. le plus tôt possible, afin que tout soit prêt, quand vous en aurez besoin.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: center;"><a name="07"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Fondation et Sol</a></h2>
<p><strong>Les fondations</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Des bonnes fondations créent un support stable et durable tout en protégeant les bottes de l&#8217;humidité du sol. Dans le cas d&#8217;une ossature bois toutes les charges (dite &laquo;&nbsp;mort&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;vivant&nbsp;&raquo;) sont concentrées sur les points ou les piliers sont posés. Le rôle principal de l&#8217;armature métallique dans un béton est d&#8217;éviter l&#8217;écartement de ces points de charge, très important dans des zones de fort gel et/ou de tremblements de terre. Les fondations doivent aussi élever, du sol, les murs de paille. Pour ces fondations, il existe de multiples alternatives au béton (le ciment est grand consommateur d&#8217;énergie grise, et pas donné non plus !) : gravier ou terre pisé, dans une tranchée, par exemple. Cela dépend de l&#8217;architecture choisie, renseignez-vous.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4623" title="la-maison-en-paille-09" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-09.jpg" alt="la-maison-en-paille-09" width="227" height="190" />Des broches en bambou, bois ou métal sont parfois incorporées dans les fondations pour que le premier rang de bottes soit bien fixé sur place. Dans les structures avec une ossature, où les bottes servent de remplissage et d&#8217;isolant et non pas comme éléments porteur, les broches ne sont pas obligatoires. Il est dangereux de travailler autour : couvrez les pour vous protéger. Il est conseillé d&#8217;élargir les fondations et d&#8217;augmenter la quantité d&#8217;armature, dans le béton, sous les poteaux. En Mongolie, nous avons inséré des poteaux bois de 10X10 cm dans des fouilles créées lors du coulage des fondations. Vérifiez le placement de toute armature et raccords métalliques (pour l&#8217;ossature et les cadres, dans le cas d&#8217;une fondation en béton) avant de couler les fondations.</p>
<p><strong>Un Sol en Paille ( ! Expérimental ! )</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4624" title="la-maison-en-paille-10" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-10.jpg" alt="la-maison-en-paille-10" width="227" height="224" />Dans les climats très froids, les bottes de paille ont été utilisées pour isoler le sol en bois ou en ciment. Cette technique est nouvelle et sa fiabilité dans le temps n&#8217;est pas encore connue.<br />
 Plus d&#8217;expériences et d&#8217;évaluations sont nécessaires !<br />
 L&#8217;élément critique, pour ce système, est que les bottes ne soient pas en contact avec le sol (humidité) : une technique est de les placer sur un remblai (une couche de graviers, de 10 cm lavés, non poreux et ventilés) qui permet de bien drainer et d&#8217;arrêter la remontée de l&#8217;humidité du sol (par action capillaire). Pour des chapes en béton, comme pour un sol en bois, les bottes sont placées à plat avec un espace de 5-10 cm entre chaque botte. Cette espace peut-être rempli avec du gravier.<br />
 Pour créer une chape, le mélange, chaux-graviers,  est coulé directement sur les bottes, avec une épaisseur de 10 cm (4in.) environ. Elle est tirée avec une règle et des guides pour obtenir un sol de niveau. Pour un plancher en bois les lambourdes sont mises entre les bottes (de niveau) sur le gravier. Le plancher, bouveté si possible, est posé sur les lambourdes. Une fois le bâtiment fini, il est bon d&#8217;isoler les soubassements, par l&#8217;extérieur pour couper les ponts thermiques. En Mongolie, nous avons utilisé &laquo;&nbsp;flyash&nbsp;&raquo; (cendre de mouches) couvert d&#8217;une couche de béton, mince et en pente, autour de la maison. Il est toujours conseillé de couper le pont thermique que peuvent représenter les fondations.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4625" title="la-maison-en-paille-11" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-11.jpg" alt="la-maison-en-paille-11" width="628" height="481" /><img class="aligncenter size-full wp-image-4626" title="la-maison-en-paille-12" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-12.jpg" alt="la-maison-en-paille-12" width="622" height="463" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="08"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Ossature et Contreventement</a></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4627" title="la-maison-en-paille-13" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-13.jpg" alt="la-maison-en-paille-13" width="605" height="450" /></p>
<p><strong>Monter l&#8217;Ossature</strong></p>
<div id="attachment_4629" class="wp-caption alignright" style="width: 238px"><img class="size-full wp-image-4629" title="la-maison-en-paille-15" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-15.jpg" alt="figure 6" width="228" height="228" /><p class="wp-caption-text">figures 6</p></div>
<p>Une charpente rigide et porteuse supporte la totalité du poids de l&#8217;ensemble du toit et la transmet aux fondations. Une charpente bien conçue rend la structure en ballots de paille à étages multiples possible. Plusieurs principes d&#8217;ossatures sont possibles. Ici, nous utilisons du bois de construction de 10X10 cm, pour les poteaux verticaux comme pour les poutres horizontales.<br />
 Les poteaux peuvent être encastrés dans le ballot (figure 6 à gauche) ou simplement posés entre les ballots (figure 6 à droite) créant ainsi un espace vide que l&#8217;on rembourre avec de la paille ou bien encore positionnés à l&#8217;intérieur ou à l&#8217;extérieur du mur de ballots ce qui a l&#8217;avantage de pouvoir construire le mur sans interruption et en fournissant moins de travail. Les poutres doivent être attachées et renforcées avec soin aux poteaux pour garantir une bonne connexion  et un bon contreventement. En Mongolie, nous avons utilisées des agrafes métalliques (5a), comme des tés métalliques (5b) et des planches de bois (5c).</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<div id="attachment_4628" class="wp-caption aligncenter" style="width: 238px"><img class="size-full wp-image-4628" title="la-maison-en-paille-14" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-14.jpg" alt="la-maison-en-paille-14" width="228" height="93" /><p class="wp-caption-text">figures 5a, 5b, 5c</p></div>
<p><strong>Contreventements</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4630" title="la-maison-en-paille-16" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-16.jpg" alt="la-maison-en-paille-16" width="226" height="235" />C &#8216;est une bonne pratique que de donner du contreventement additionnel à l&#8217;ossature, surtout dans les régions où il peut y avoir des tremblements de terre et/ou de grands vents. C&#8217;est la partie diagonale que l&#8217;on voit dans une charpente ou ossature bois classique.<br />
 Des câbles en métal ont été utilisés : pour être efficaces, il faut qu&#8217;ils soient bien ancrés aux fondations et à la sablière.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est absolument impératif qu&#8217;un bâtiment soit contreventer (soit par l&#8217;ossature soit par des murs intérieurs et extérieurs) car un mur non contreventé risque de tomber. Des murs en paille peuvent servir pour contreventer, mais il n&#8217;existe pas de chiffres ou tableaux pour calculer comme pour le bois par exemple. Une ossature bois peut apporter de la solidité à votre bâtiment et permet également de construire le toit avant les murs. Ainsi vous pouvez remplir les murs en paille sous l&#8217;abri de votre toit.</p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="09"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Pose du Toit</a></h2>
<p><strong>La toiture</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4631" title="la-maison-en-paille-17" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-17.jpg" alt="la-maison-en-paille-17" width="226" height="240" />La qualité d&#8217;une maison en paille dépend surtout du toit qui la protège. En général, le toit est la partie la plus chère d&#8217;une construction, mais n&#8217;ayez pas peur, concevez le meilleur toit que vous pouvez. Les &laquo;&nbsp;fermettes&nbsp;&raquo; ont de nombreux avantages : la facilité de la pose, l&#8217;utilisation efficace du bois; elles laissent flexible, l&#8217;aménagement de l&#8217;intérieur et de l&#8217;extérieur.<br />
 La &laquo;&nbsp;fermette&nbsp;&raquo; que vous voyez dans le dessin à droite vous laisse assez de débordement de toit pour protéger votre mur en paille et aussi pour aérer les combles (attention à ne pas fermer la ventilation avec de la paille en vrac).<br />
 La toiture doit être bien fixée à l&#8217;ossature, surtout dans les régions de grands vents, d&#8217;autant plus que de larges débords de toit sont conseillés. Des tiges de fer ou de solides cordes entrelacées peuvent donner une protection supplémentaire sur les extrémités. Aussi contreventer par-dessous le faîtage (voir le dessin d&#8217;ensemble au début du chapitre suivant).</p>
<p><strong>Attention :</strong> certaines &laquo;&nbsp;fermettes&nbsp;&raquo; peuvent être lourdes et dangereuses, utilisez des cordes, guide- tobogan, l&#8217;aide de copains et le calme, pour réussir à terminer ce travail sans danger (voir le dessin d&#8217;ensemble au début du chapitre précédent).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4632" title="la-maison-en-paille-18" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-18.jpg" alt="la-maison-en-paille-18" width="227" height="178" /></p>
<p><strong>Couvertures</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de types de couvertures sont possibles. Les tôles métalliques sont appréciées, par énormément de personnes aux Etats-Unis, pour leurs durabilités et leurs capacités à capter l&#8217;eau de pluie destinée à la boisson. Pour n&#8217;importe qu&#8217;elle couverture il est impératif que celle-ci n&#8217;aie pas de fuites, surtout si vous isolez le plafond avec de la paille. Pensez également à une lame d&#8217;air entre l&#8217;isolant et le revêtement du toit (tuile/tôle etc.) pour éviter des dégâts liés à la condensation.</p>
<p><strong>Formes du toit</strong></p>
<p style="text-align: center;">Voici ci-dessous différentes formes de toit possibles :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4633" title="la-maison-en-paille-19" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-19.jpg" alt="la-maison-en-paille-19" width="430" height="186" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="10"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Monter les Murs en Bottes de Paille</a></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4634" title="la-maison-en-paille-20" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-20.jpg" alt="la-maison-en-paille-20" width="605" height="466" /></p>
<p><strong>Construire les murs</strong></p>
<p>Monter les murs en bottes est l&#8217;étape rapide et amusante de la construction en paille. Je vous propose de :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Fixez les cadres des portes au fil à plomb et ayez les cadres des fenêtres prêts à être installés avant la montée des murs.</li>
<li>Installez les guides des coins qui peuvent être permanents si vous utilisez un bardage en bois (dans ce cas vous devrez quand même enduire les bottes pour leur protection au feu et contre les rongeurs).</li>
<li>Vérifiez, tout au long de la pose du mur, qu&#8217;il reste bien d&#8217;aplomb.</li>
<li>Ne rentrez pas vos bottes avec trop de force, vous risqueriez de ne plus garder votre mur droit, d&#8217;écarter vos murs et de mettre trop de pression sur les cadres. Il vaut mieux que les bottes soient un peu trop courtes que trop longues, pour qu&#8217;elles logent dans l&#8217;espace prévu. Vous comblerez les trous avec un peu de paille en vrac; ou, encore, examinez bien votre pile de bottes et cherchez une botte avec une longueur adaptée.</li>
<li>Recouvrez les fondations avec une matière imperméable pour que les bottes ne puissent pas être en contact avec l&#8217;humidité du sol qui remonte par capillarité.</li>
<li>Déposez les premières bottes à chaque angle de mur, à côté des cadres de portes et fenêtres et continuez vers le milieu du mur.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Vous assurez que chaque rang recouvre bien le rang inférieur en quinconce. Comblez les trous au fur et à mesure que vous montez. Il est essentiel de faire les appuis de fenêtre (en béton, bois ou autre), surtout pour les façades les plus exposées aux intempéries. Placez un papier goudronné (ou autre produit imperméable) sous chaque appuis de fenêtre juste avant que celles-ci ne soient installées. C&#8217;est l&#8217;endroit où le risque d&#8217;infiltration d&#8217;eau dans le mur en paille est le plus grand.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4635" title="la-maison-en-paille-21" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-21.jpg" alt="la-maison-en-paille-21" width="217" height="343" /></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-4636" title="la-maison-en-paille-22" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-22.jpg" alt="la-maison-en-paille-22" width="228" height="135" />Il peut être utile (mais j&#8217;aurai tendance à penser le contraire) de planter dans chaque rang des broches en bois (deux pieux par botte de 0,5cm X 1m à partir du troisième rang: des bâtons aiguisés ou des bambous feront très bien l&#8217;affaire). Si votre toit gène, ne vous tracassez pas, vous pouvez les supprimer, sur le dernier rang, voir même sur les 2 derniers rangs. Cette technique est de moins en moins utilisée, car, une fois la construction achevée, ces broches ne servent plus à grande chose. Un &laquo;&nbsp;brochage&nbsp;&raquo; extérieur, qui compresse le mur comme une corset, est parfois utilisé. Cette technique est laborieuse mais ajoute de la rigidité aux murs. Le mur en paille sans enduit peut sembler très mou : ne vous inquiétez pas, l&#8217;enduit stabilisera vos murs. Dans le cas d&#8217;une construction en ossature bois, il est conseillé de faire en sorte que le mur en bottes soit, de temps à autre, lié à, ou bloqué dans, l&#8217;ossature.</p>
<p><strong>Fabriquer des Bottes de Taille Adaptées</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez dessiné votre bâtiment de façon à ce que ses dimensions soient des multiples de la longueur et de la hauteur moyenne de vos bottes, afin d&#8217;en avoir qu&#8217;un minimum à retoucher.<br />
 Cependant, quelques bottes devront être redimensionnés malgré tout. Pour cela :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Fabriquez plusieurs &laquo;&nbsp;aiguilles&nbsp;&raquo; (2) d&#8217;un diamètre de 5 mm et de 1 mètre de long, en frappant pour aplatir le bout d&#8217;une tige de métal que vous affûterez ensuite à l&#8217;autre bout; puis, vous percerez un trou de 5 mm environ sur l&#8217;extrémité aplatie, pour que la ficelle à bottes s&#8217;y enfile.</li>
<li>Procédez comme sur l&#8217;illustration suivante</li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4637 aligncenter" title="la-maison-en-paille-23" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-23.jpg" alt="la-maison-en-paille-23" width="228" height="195" /></p>
<p style="text-align: justify;">Des bottes mal compressés peuvent être compactés dans une botteleuse manuelle que vous pouvez vous fabriquer (voir le dessin d&#8217;ensemble au début de ce chapitre). Pour ajuster les poteaux encastrables, la botte peut être facilement sciée à la main en faisant toutefois attention à ne pas couper la ficelle.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4638 aligncenter" title="la-maison-en-paille-24" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-24.jpg" alt="la-maison-en-paille-24" width="230" height="193" /></p>
<p><strong>Isoler le Plafond</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les bottes ont été utilisées comme isolant pour le grenier ou le toit. Evidemment, la paille compressée est plus résistante à l&#8217;épreuve du feu que de la paille en vrac. (Utilisez donc la paille en vrac, seulement pour boucher les trous entre les bottes)<br />
 Si vous utilisez des bottes :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Isolez, autour des conduits de cheminées, avec autre chose que de la paille : des isolants minéraux, donc ininflammables, comme la laine de verre ou de roches, fonctionnent très bien pour cela et sont obligatoires en France.</li>
<li>Enduisez le dessus et le dessous des bottes du plafond avec quelque chose de résistant au feu comme un enduit terre ou chaux (cela coupe aussi l&#8217;accès aux rongeurs).</li>
<li>Si vous habitez sous un climat avec des froids extrêmes, installez une barrière pare vapeur continue entre les bottes et la zone habitable.</li>
<li>Ventilez bien le grenier pour une bonne circulation de l&#8217;air et fermez toutes les ouvertures avec du grillage pour que les rongeurs n&#8217;aient pas d&#8217;accès.</li>
<li>Tenez compte du poids considérable des bottes de paille enduits et calculez votre charpente en conséquence.</li>
</ul>
<h2 style="text-align: center;"><a name="11"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Enduire Les Bottes de Paille</a></h2>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4639" title="la-maison-en-paille-25" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-25.jpg" alt="la-maison-en-paille-25" width="627" height="462" /></p>
<p><strong>Avant d&#8217;enduire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Certains bâtisseurs recouvrent leurs murs de paille avec un enduit, sans aucun renforcement/grillage. Pour un enduit collant, à base d&#8217;argile ou de chaux, cela fonctionne très bien.<br />
 Alors qu&#8217;avec un enduit à base de ciment, il est recommandé de renforcer, le plus souvent, à l&#8217;aide d&#8217;un grillage métallique. André de Bouter : « Quand la construction en paille y fut réglementée aux Etats-Unis, elle était accordée avec l&#8217;utilisation du ciment. Les enduits à la chaux étaient très peu connus à l&#8217;époque, et les enduits terre encore moins. L&#8217;enduit ciment, le plus consommateur en énergie grise, est le plus rigide (il craque ainsi le plus vite) et respire le moins, donc il entraîne le plus de risques de dégâts liés à l&#8217;humidité qui rentre et qui n&#8217;arrive pas à sortir. L&#8217;enduit ciment est déconseillé. »<br />
 Pour des constructions avec une très haute résistance sismique, le grillage doit être très bien fixé aux fondations et sablières et se trouver, de préférence, dans l&#8217;enduit. Avec son &laquo;&nbsp;cœur mou&nbsp;&raquo; et sa &laquo;&nbsp;peau rigide&nbsp;&raquo;, la construction en paille offre, effectivement, une solution très intéressante pour des zones à risques sismiques. (voir &nbsp;&raquo; Buildings of Earth and Straw &laquo;&nbsp;, par l&#8217;ingénieur Bruce King).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes sortes d&#8217;enduits il est conseillé de renforcer (avec un grillage plastique ou mattes en roseaux par exemple) les endroits à risque de fissures, tels que les endroits où l&#8217;enduit passe sur des matériaux différents ainsi qu&#8217;autour des ouvertures de portes et fenêtres (voir figure ci-dessous) (observer aussi les rebords de fenêtre en ciment coulé).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4640 aligncenter" title="la-maison-en-paille-26" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-26.jpg" alt="la-maison-en-paille-26" width="230" height="250" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un système de renforcement d&#8217;enduit (voir figure ci-dessous), développé en Mongolie (où l&#8217;on ne trouve pas de grillage), utilise de fines lattes de bois (1 cm x 3 cm x 2 mètres de long), clouées horizontalement ou en croix (tous les 3-4 cm environ) sur des poteaux (5 cm x 5 cm x 2 mètres), posés à la verticale et espacés de façon régulière. Ces poteaux droits sont encastrés à l&#8217;intérieur des bottes (vous pouvez creuser les bottes avec le côtépointu d&#8217;un marteau, cela marche très bien), et fermement ficelé tous les deux rangs de bottes aux poteaux intérieurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-full wp-image-4641 aligncenter" title="la-maison-en-paille-27" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-27.jpg" alt="la-maison-en-paille-27" width="227" height="219" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les guides (voir figure ci-dessous) de coins sont sécurisés de la même manière. En Europe les enduits en ciment et les grillages sont quasi non-existants et aux Etats-Unis les enduits en terre deviennent de plus en plus acceptés et utilisés.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4642" title="la-maison-en-paille-28" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-28.jpg" alt="la-maison-en-paille-28" width="223" height="231" /></p>
<p><strong>Enduire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;enduit est appliqué à la main, à l&#8217;aide d&#8217;une taloche (ou Tyrolienne), ou projeté. Pour obtenir un bon résultat, il faut un peu d&#8217;entraînement. Il existe autant de recettes pour les bons enduits qu&#8217;il y a de personnes qui les appliquent. La plupart sont efficaces avec les bottes de paille.<br />
 Les enduits à base de ciment sont plus solides, mais ils ne respirent pas assez et sont moins facile à appliquer que la chaux, le plâtre ou les enduits terre; dans beaucoup d&#8217;endroits, le ciment n&#8217;est pas forcément à la portée de tous et de toutes les bourses.<br />
 Laissez les Murs Transpirer, ne scellez pas entièrement vos murs enduits à l&#8217;extérieur pour qu&#8217;ils puissent &laquo;&nbsp;transpirer&nbsp;&raquo; vers l&#8217;extérieur la vapeur d&#8217;eau, qui (inévitablement), revient dans vos murs, et plus particulièrement sous les climats de froid extrême, où un bon pare vapeur doit-être ajouté à l&#8217;intérieur aux murs et aux plafonds.</p>
<p><strong>Enduit Chaux</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En France, la plupart des enduits des maisons en paille sont réalisés avec chaux et sable, projetés par tyrolienne ou compresseur et/ou appliqués à la taloche (directement sur la paille, sans grillage).</p>
<ul>
<li> 1ère couche (très liquide et projeté)</li>
</ul>
<p style="padding-left: 60px;">½ volume  de chaux aérienne<br />
 ½ volume  de chaux hydraulique<br />
 3 volumes de sable (0-2mm)</p>
<ul>
<li>2ème et 3ème couche</li>
</ul>
<p style="padding-left: 60px;">1 volume de chaux aérienne<br />
 3 volumes de sable (0-2mm)</p>
<p style="text-align: justify;">Eviter d&#8217;enduire en pleine chaleur (afin que l&#8217;enduit ne sèche pas trop vite) et durant les périodes de gel.</p>
<p><strong>Enduits Terre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Des enduits terre prêts à l&#8217;emploi sont disponibles sur le marché Français et vous pouvez également travailler avec des terres locales. Les enduits terre, à l&#8217;extérieur, sont protégés par l&#8217;orientation du mur, une véranda, un débord de toit, un hydrofuge, un lait/badigeon/enduit de chaux.<br />
 Attention : Evitez d&#8217;enduire en automne ou hiver car le temps de séchage peut être trop long et provoquer de la moisissure.<br />
 Dans les enduits terre, le liant c&#8217;est l&#8217;argile. Des tests sont nécessaires pour déterminer le ratio argile-sable (souvent 1 volume d&#8217;argile pour 3-5 volumes de sable). Parfois,  de la paille broyée est ajoutée au couche de corps, cela sert à prévenir les craquelures.</p>
<p><strong>Enduit Ciment (André de Bouter : Déconseillé !)</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;">1 volume de ciment portland<br />
 1 volume de chaux<br />
 8 volumes de sable propre finement tamisé</p>
<p style="text-align: justify;">Mélangez 80% du volume total de l&#8217;eau, la totalité du sable et toute la chaux et mixez pendant une minute. Puis ajoutez tout le ciment et de l&#8217;eau si besoin. Mélangez à nouveau pendant au moins dix minutes pour obtenir une consistance homogène et collante. D&#8217;habitude, on applique 2 ou 3 couches (en réduisant le nombre de volumes de sable à 6 pour la dernière couche). Conservez l&#8217;enduit ciment humide pendant plusieurs jours, le temps qu&#8217;il durcisse proprement.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Les Cloisons et Plafonds</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une technique de cloisonnage, également développée en Mongolie, utilise le même système de lattes en bois ou grillage (expliqué ci-dessus) cloués sur les deux côtés des poutres 5&#215;5 cm. On bourre doucement l&#8217;espace vide avec de la paille en vrac ou un mélange de terre-paille (plus d&#8217;inertie et moins de risque de rongeurs) et l&#8217;on enduit. Un mur en palettes rempli de terre et paille est également possible. Des plafonds enduits fournissent, aux greniers isolés avec des bottes de paille, une bonne protection contre le feu. Un grillage, plutôt que des lattes en bois, est mieux adapté, dans ce cas. Une couche, de verni imperméable, ou de peinture latex, étanche à l&#8217;eau, sur l&#8217;enduit, devrait suffire comme pare vapeur (étanche à l&#8217;eau mais pas à l&#8217;air).<img class="size-full wp-image-4643 aligncenter" title="la-maison-en-paille-29" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-29.jpg" alt="la-maison-en-paille-29" width="227" height="300" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="12"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Mur Porteur</a></h2>
<p style="text-align: justify;">Il est possible de construire, avec des bottes de paille, sans utiliser d&#8217;ossature (poutres et poteaux) supportant toutes les charges (toiture, neige, intempéries, etc.) de la structure. A la place de l&#8217;ossature, ce sont les murs, en bottes de paille, eux-mêmes, qui supportent toutes les charges : les murs sont porteurs. Ce style de construction est parfois appelé &laquo;&nbsp;style Nebraska&nbsp;&raquo; car le développement de cette technique a fait ses preuves, depuis le début du 20éme siècle, dans les grandes zones de pâturage de l&#8217;Amérique  du Nord, particulièrement dans la zone de Sand Hills, au Nebraska. La toiture, relativement légère, mais de haute qualité, a une forme qui distribue les charges équitablement (une forme pyramidale est idéale).<br />
 En suivant cette approche du mur porteur, il faut considérer les points suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> Taille modeste de la structure (environ 140m² ou moins), pas d&#8217;étage.</li>
<li> Qualité des bottes : secs, bien compressés, uniformes.</li>
<li>Les murs : 8 rangs de bottes ou moins (si ce sont des bottes à 2 ficelles), bien plantés en quinconce, bien de niveau et d&#8217;aplomb.</li>
<li>Les cadres de portes et fenêtres doivent être suffisamment solides pour supporter les charges.</li>
<li>Une sablière rigide, attachée aux fondations par du fil de fer, des câbles, des sangles ou du grillage afin d&#8217;éviter que le vent ne puisse soulever le toit</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Attention :</strong> Dans le cas d&#8217;un construction porteuse, n&#8217;enduisez pas avant que le tassement soit terminé (grâce aux poids du toit et du mur lui-même), cela peut prendre de deux à six semaines et représenter un tassement entre zéro et vingt centimètres, voir plus, si les bottes sont trop peu denses. Prévoyez donc un vide au dessus des cadres des portes et fenêtres. Il existe aussi des moyens pour pré-compresser, partiellement, les murs, (par exemple avec une sangle à cliquet passé dans la fondation et autour de la sablière). Mesurez la hauteur d&#8217;origine et son tassement pour voir quand elle ne se tasse plus, afin de pouvoir commencer à enduire les murs.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4695" title="la-maison-en-paille-30" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-30.jpg" alt="la-maison-en-paille-30" width="463" height="216" /></p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="13"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Approches Alternatives</a></h2>
<p><strong>Rénover en formant une enveloppe de paille</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vous n&#8217;avez pas beaucoup de temps, peu d&#8217;argent, vous ne pouvez pas vous permettre un autre projet de construction ou d&#8217;agrandissement ? Alors améliorez ce que vous avez déjà :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>En posant une couche de bottes enduits sur une nouvelle fondation autour de l&#8217;extérieur de votre maison.</li>
<li>En posant un bon pare vapeur au-dessous du plafond, puis en ajoutant une couche de bottes dans votre grenier (bottes couverts, de haut en bas, avec un enduit, pour les protéger du feu et des rongeurs). Ventilez mais évitez l&#8217;entrée des souris. Vérifiez que votre plafond et votre charpente peuvent supporter le poids considérable des bottes enduit.</li>
<li>En remplaçant vos vieilles menuiseries (cadres inclus) par des nouvelles, de meilleure qualité et qui économiseront l&#8217;énergie.</li>
<li>En réfléchissant au fait de déplacer la majorité de vos ouvertures (fenêtres plein sud pour un gain d&#8217;énergie solaire). En ajoutant une véranda fermée, serre ou sas devant la porte d&#8217;entrée.</li>
</ul>
<p><strong>Structures combinées</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un abri à base de bottes de paille peut inclure plusieurs techniques (ossature et murs porteurs).<br />
 Une des combinaisons possibles possède les paramètres suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> Un poteau central. (ossature)</li>
<li> Des murs de paille sans charpente (murs porteurs)</li>
<li>Une simple fondation faite de sacs de gravier bien tassés et ancrés dans le sol aplani, en appliquant un mélange de terre-paille pour remplir les trous.</li>
<li>Autres options : Contreventements, planches au plafond qui peuvent être enduites, pare vapeur, isolation du toit avec des bottes, dessus enduit, chevrons ficelés aux poutres à travers les bottes, tôles fixées sur les chevrons.</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4645" title="la-maison-en-paille-31" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-31.jpg" alt="la-maison-en-paille-31" width="574" height="356" /></p>
<p style="text-align: left;"> </p>
<h2 style="text-align: center;"><a name="14"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/la-construction-en-bottes-de-paille/#00">Finitions</a></h2>
<p><strong>Touches finales</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;amusement que procure la réalisation de murs en paille est éphémère. Il vous reste encore beaucoup de tâches à accomplir, telles que l&#8217;installation  du chauffage, de l&#8217;électricité,  de la plomberie, le recouvrement des sols, l&#8217;agencement des cloisons intérieures, la mise en peinture….<br />
 La liste peut être longue !<br />
 Une attention particulière doit être portée aux :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> <strong>Système électrique</strong><br />
 Avant et pendant l&#8217;installation, gardez toujours à l&#8217;esprit les normes de sécurité contre les risques d&#8217;incendies. Il vous faut suffisamment de circuits munis d&#8217;interrupteur; utilisez des conduits ou encastrez simplement les fils électriques (interdit en France !!) entre deux couches d&#8217;enduit. Envisagez l&#8217;installation d&#8217;un système photovoltaïque avec un réseau en basse voltage.</li>
<li> <strong>Chauffage</strong><br />
 Installez un système de chauffage avec une performance appropriée à votre construction super isolée et donc facile à chauffer. L&#8217;installation  du chauffage demande aussi une grande précaution pour éviter, au maximum, les risques de dommage par le feu ou l&#8217;eau.</li>
<li> <strong>Objets suspendus</strong><br />
 Une fois l&#8217;enduit appliqué, des crochets ou des chevilles peuvent y être introduits, mais seulement pour des objets légers. Pensez à pré installer, à l&#8217;intérieur de vos murs, des bois (chevrons, poutres ou supports quelconques) pour éventuellement y fixer des objets lourds tels  que les radiateurs, la tuyauterie, les placards de cuisine, les étagères,&#8230; etc.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Infiltrations  d&#8217;eau et vapeur d&#8217;eau</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Evitez les fuites d&#8217;air excessives en utilisant des fenêtres et des portes de bonne qualité et étanches.<br />
 Des vérandas fermées ou des serres sont très utiles pour cela. Dans les climats de froid extrême, appliquez sur les murs intérieurs et les plafonds une bonne peinture (ou freine vapeur) qui coupe la vapeur d&#8217;eau pour garder au sec, les murs les plafonds en paille ainsi que les installations.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4646" title="la-maison-en-paille-32" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-32.jpg" alt="la-maison-en-paille-32" width="228" height="195" /></p>
<p><strong>De la maison au foyer</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un foyer n&#8217;est pas seulement une maison. Vous pouvez avoir d&#8217;autres projets, en dehors de la maison, faciles à faire avec la construction en paille, tels que :</p>
<ul>
<li> Une serre à potager, un local à légumes.</li>
<li> Une grange, un garage.</li>
<li> Un poulailler ou autre cage à animal.</li>
<li> Une palissade.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Pensez également à :</p>
<ul>
<li> Des plantations d&#8217;arbres fruitiers, des haies.</li>
<li> La récupération des eaux de pluie.</li>
<li>Des terrasses et trottoirs en pourtour de maison pour contrôler et diriger l&#8217;écoulement de l&#8217;eau de pluie.</li>
</ul>
<p><strong>Toilettes à compost</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vos déjections sont de l&#8217;engrais. Recyclez vos &laquo;&nbsp;engrais&nbsp;&raquo; et les déchets organiques à l&#8217;aide d&#8217;une toilette sèche et de sciure de bois mis en un tas de compost. C&#8217;est aussi très pratique sur le chantier quant l&#8217;assainissement n&#8217;est pas encore installé. Il suffit d&#8217;ajouter une petite dose de sciure, après chaque visite aux toilettes. Vous videz le seau sur le tas de compost. Un an plus tard vous avez du bon compost.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4647" title="la-maison-en-paille-33" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-33.jpg" alt="la-maison-en-paille-33" width="340" height="399" /></p>
<p><strong>Maintenance  et Réparation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une construction n&#8217;est jamais, à proprement parler, terminée. Cela continue avec sa maintenance et d&#8217;éventuelles réparations; voici une liste non exhaustive de points à vérifier :</p>
<ul>
<li> Fuites du toit, corrosion, peintures.</li>
<li> L&#8217;enduit se craquelle et se brise-t-il ? faut-il enduire de nouveau ?</li>
<li> La paille dans les murs et au grenier est-elle sèche ?</li>
<li> Il a-t-il des animaux nuisibles ?</li>
<li>Les fenêtres et les portes sont-elles en bon état ? Doivent elles être repeintes ? Ont-elles des entrées d&#8217;air ? Sont-elles toujours en place ? (aplomb, niveaux).</li>
<li>La jonction, entre menuiserie et enduit, est-elle toujours étanche ?</li>
<li>Au grenier, l&#8217;isolation est-elle complète ? il a-t-il un dégât des eaux ? La cheminée est-elle étanche ? Y a-t-il suffisamment de ventilation ?</li>
<li>Le système de chauffage et la plomberie sont-ils en bon état ? Sécurisés ?</li>
<li>Le sol est-il en bon état ? Les sols en paille sont-ils en bon état ?</li>
<li>Le système de drainage du périmètre est-il toujours opérationnel ?</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4648" title="la-maison-en-paille-34" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-34.jpg" alt="la-maison-en-paille-34" width="642" height="475" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-4615" title="la-maison-en-paille-01" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-01.jpg" alt="la-maison-en-paille-01" width="235" height="175" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Ecrit par :<br />
 S.O. MacDonald</p>
<p>Version française réalisée par:<br />
 &laquo;&nbsp;La Maison en Paille&nbsp;&raquo;, association loi 1901<br />
 <a href="http://www.lamaisonenpaille.com">LaMaisonEnPaille.com</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: right;"><img class="alignright size-full wp-image-4616" title="la-maison-en-paille-02" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-maison-en-paille-02.jpg" alt="la-maison-en-paille-02" width="250" height="156" /></p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<p style="text-align: right;">Illustré par :<br />
 E. Purev-Erdene</p>
<p style="text-align: right;">Original réalisé par :<br />
 Builders Without Borders &#8211; BWB<br />
 <a href="http://www.builderswithoutborders.org">BuildersWithoutBorders.org</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>La Terre peut-elle nourrir le monde aujourd&#8217;hui et demain ?</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-terre-peut-elle-nourrir-le-monde-aujourdhui-et-demain/</link>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2009 07:22:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alcidejet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Conférence Débat organisée par le CCFD avec Marc Dufumier, auteur et directeur de laboratoire à AgroParistech, et Christian Troubé, rédacteur en chef de La Vie, auteur de Les nouvelles famines, des catastrophes pas si naturelles, le 24 Avril 2009 au Centre de congrès Le Manège à Chambéry, en Savoie (73) En partenariat avec le CCFD [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignright size-full wp-image-4541" title="la-terre-aux-urgences" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/la-terre-aux-urgences.jpg" alt="la-terre-aux-urgences" width="360" height="293" />Conférence Débat organisée par le CCFD avec Marc Dufumier, auteur et directeur de laboratoire à <a href="http://www.agroparistech.fr/">AgroParistech</a>, et Christian Troubé, rédacteur en chef de <a href="http://www.lavie.fr/">La Vie</a>, auteur de <a href="http://www.autrement.com/ouvrages.php?ouv=2746710092">Les nouvelles famines, des catastrophes pas si naturelles</a>, le 24 Avril 2009 au Centre de congrès <em>Le Manège</em> à Chambéry, en Savoie (73)</strong></p>
<p>En partenariat avec le <a href="http://www.ccfd.asso.fr/">CCFD</a> <em>(Comité Catholique contre la Faim et pour le développement)</em> et le soutien de nombreuses associations : la <a href="http://www.fnsea.fr/sites/webfnsea/">FMSEA</a> <em>(Fédération départementale des Syndicats des exploitants agricoles)</em>, la <a href="http://www.confederationpaysanne.fr/">Confédération paysanne</a>, le <a href="http://cmr.cef.fr/">CMR</a> <em>(Chrétiens en monde rural)</em>, le <a href="http://www.reinach-formations.educagri.fr/spip.php?page=rubrique">Lycée agricole de Savoie</a> et <a href="http://www.artisansdumonde.org/">Artisans du monde</a>, des collectivités territoriales rattachées à <a href="http://www.peuples-solidaires.org/">Peuples Solidaires</a>.</p>
<p>Une manifestation dont l&#8217;engouement obligea les organisateurs à retransmettre la conférence dans une salle annexe, elle aussi remplie !</p>
<p><em>La bande est enregistrée sur plusieurs supports, elle présente donc 3 blancs de quelques seconde, mais qui n&#8217;entache en rien la qualité et l&#8217;intérêt de la conférence.</em></p>
<p>
 Durée : 2h04</p>
<p style="text-align: right;"><em>Merci à Jean-François Druhen-Charnaux de nous avoir transmis ce document</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Une société sans argent</title>
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		<pubDate>Tue, 05 May 2009 07:41:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>copie69</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par S.L. dans &#171;&#160;Socialisme mondial, N°28, 1985 Une Société sans argent (pdf) Les arguments en faveur d’une société sans argent dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">Par S.L. dans &laquo;&nbsp;Socialisme mondial, N°28, 1985<br />
 <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/sm28.pdf">Une Société sans argent (pdf)</a></h3>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/1062744637_215b9bc9b5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3990" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/1062744637_215b9bc9b5.jpg" alt="1062744637_215b9bc9b5" width="335" height="220" /></a><strong>Les arguments en faveur d’une société sans argent dans laquelle la production vise à satisfaire les besoins humains et où la production pour la vente et l’économie marchande sont abolies, reposent sur le fait suivant : l’industrie moderne et la technologie se sont développées à un tel degré qu’elles pourraient fournir en abondance des biens de consommation et services à toute la population du monde, à condition qu’elles soient utilisées rationnellement pour arriver à ce but.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les problèmes d’une production en quantité suffisante pour tous sont déjà résolus. Après de longs efforts pour combattre la pénurie l’homme est venu à ses bouts et la possibilité de produire en abondance est devenue une réalité. Mais ceci ne peut être accompli dans le cadre d’une société où les moyens de production sont la propriété d’une minorité et où les richesses sont produites pour la vente en vue de profits. Le seul cadre où cette abondance serait réalisable est celui d’une société dans laquelle toutes les ressources, qu’elles soient naturelles ou industrielles, sont devenues, sous contrôle démocratique, l’héritage commun de toute l’humanité. Dans ces conditions seulement, est-il possible de décider démocratiquement ce qui sera produit et satisfaire les besoins humains? Dans une telle société, marché, salaires, profits, achat et vente seraient hors de contexte ; ils finiraient simplement d’exister.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-3960"></span>Une société d’abondance n’est pas l’extension de notre prétendue société de consommation caractérisée par son énorme gaspillage de ressources ; cela ne signifie pas que les gens acquièrent de plus en plus de gadgets inutiles et qui gaspillent des ressources, mais tout simplement que les besoins matériels des gens, à la fois en tant qu’individu et en tant que communauté, soient satisfaits d’une façon rationnelle. Contrairement à la croyance générale que cultivent prudemment les défenseurs du système capitaliste, l’homme n’est pas avide par nature et les besoins humains ne sont pas sans limite. Du point de vue matériel, un être humain a besoin d’une certaine quantité et variété de nourriture, vêtements et abris et bien vite chaque individu pourra découvrir ce qu’elles sont dans son propre cas. Cela aurait lieu si les biens et les services pouvaient être utilisés librement et gratuitement.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, l’on pourrait objecter qu’avec cette utilisation libre les gens prendraient au-delà de leurs besoins. Mais au contraire, pourquoi agiraient-ils ainsi alors qu’ils seraient assurés (et ils le seraient vu la puissance productrice de l’industrie moderne et la possession en commun des moyens de production) d’une production toujours subvenant aux besoins de tous ? Après tout, aujourd’hui, l’utilisation de l’eau (ou du moins la quantité d’eau consommée à n’importe quel moment) est gratuite, et les gens n’utilisent que ce dont ils ont besoin pour laver, cuisiner, etc. Pareillement, lorsque tous les besoins de consommation et les services seront librement et gratuitement disponibles, on peut s’attendre à ce que les gens ne prennent de nourriture, vêtements, etc., que selon leurs besoins. En prendre davantage serait anormal et sans intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais est-ce que l’industrie moderne peut vraiment fournir suffisamment pour tous et ainsi permettre l’utilisation libre et gratuite des biens de consommation et des services ? Ceci est indéniable, dès que l’on aura supprimé les gaspillages du capitalisme. Citons tout d’abord les forces armées, l’armement, et en deuxième lieu tout le personnel, tous les bâtiments et tout l’équipement employés pour le marché et l’économie marchande en général : banques, assurances, services gouvernementaux à la charge des pensions et des impôts, vendeurs, contrôleurs, comptables, caissiers, etc. En vérité, on peut dire que sous le système de profit bien plus de la moitié de la population est employée dans de pareilles activités improductives. Et troisièmement la production vise à ce que les produits deviennent rapidement surannés en les fabriquant pour se casser ou s’user en comparativement peu du temps. Dans une société organisée rationnellement, les biens de consommation pourraient être fabriqués de manière à durer et cela résulterait en une énorme économie de ressources.</p>
<p style="text-align: justify;">En éliminant ces trois causes de gaspillages inhérentes au système de profit, on pourrait produire en quantité suffisante pour nourrir, vêtir et loger convenablement tout le monde, si bien que peu après l’établissement d’une société sans classe on pourrait introduire la distribution libre des biens de consommation et des services.</p>
<p style="text-align: justify;">De nos jours, le seul mot d’ordre rationnel est le suivant : “Abolition de l’argent, utilisation gratuite des richesses par tous selon les besoins individuels” ou tel que l’énonce le vieux mot d’ordre : “de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins”.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://bataillesocialiste.wordpress.com/2008/08/05/socialisme-mondial-n%C2%B028-1985-une-societe-sans-argent/" target="_blank">La Bataille Socialiste</a><br />
 </em></p>
<p style="text-align: right;"> </p>
<hr />
<p style="text-align: right;"><em><br />
 </em></p>
<p style="text-align: justify;">Le mouvement Zeitgeist (&laquo;&nbsp;The Zeitgeist Movement&nbsp;&raquo;) est le fer de lance activiste du <em>projet Venus</em> auquel Jacques Fresco, concepteur industriel et ingénieur social, a consacré toute sa vie. À l&#8217;heure actuelle, Jacques vit à Venus, en Floride, et travaille en étroite collaboration avec son associée, Roxanne Meadows. Comprenons bien que M. Fresco sera le premier à vous dire que ses perspectives et développements ne sont pas entièrement les siens, mais qu&#8217;ils découlent de façon unique de l&#8217;évolution de la science qui s&#8217;est développée du début de l&#8217;antiquité à nos jours. En quelques mots, l&#8217;on pourrait résumer ce que représente le projet Venus et donc ce que prône le mouvement Zeitgeist par &laquo;&nbsp;l&#8217;application de la <em>méthode scientifique</em> à des fins sociales&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">À travers une application plus humaine de la science et de la technologie à la <em>conception de la société</em> et à la <em>prise de décisions</em>, nous possédons les moyens de transformer notre environnement &#8211; à l&#8217;heure actuelle divisé, ravagé par la corruption et basé sur la rareté artificielle des ressources &#8211; en quelque chose d&#8217;extrêmement plus organisé, équilibré, humain, durable et productif. Pour y arriver, nous devons comprendre qui nous sommes, où nous sommes, ce que nous avons, ce que nous voulons, et comment nous allons atteindre ces objectifs. Vu l&#8217;état actuel des choses, dont la majorité sera abordée dans la première partie de cet ouvrage, le lecteur découvrira probablement que nous ne <em>devons</em> pas simplement choisir une autre direction&#8230;<strong><em> il est tout bonnement impossible de faire autrement</em></strong>. Le système économique actuel s&#8217;effondre de plus en plus rapidement et risque de causer un chômage mondial d&#8217;une ampleur encore jamais vue auparavant. Qui plus est, nous frôlerons bientôt le &laquo;&nbsp;point de non-retour&nbsp;&raquo; quant à la destruction de l&#8217;environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la diffusion de 2 documentaires exceptionnels pour l&#8217;éveil de notre conscience:</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nous-les-dieux.org/Zeitgeist">Zeitgeist the Movie 2007</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://nous-les-dieux.org/Zeitgeist_Addendum">Zeitgeist Addendum 2008</a></p>
<p style="text-align: justify;">Peter Joseph s&#8217;est consacré à revenir point par point sur l&#8217;ensemble des thèmes abordés en expliquant par exemple : la méthode scientifique à mettre en oeuvre pour dépasser le système monétaire, mettre en place une économie basée sur les ressources engendrant l&#8217;abondance plutôt que la rareté et la nécessitée de mettre fin à l&#8217;obsolescence plannifiée des biens produits par le monde industriel qui encourage la consommation cyclique et donc, une production perpétuelle des déchets.</p>
<h3 style="text-align: center;">Ce troisième documentaire s&#8217;intitule : <br />
 Présentation d&#8217;Orientation Activiste du Mouvement Zeitgeist<br />
 <a href="http://dotsub.com/view/a34fba0d-4016-4807-b255-021b58dbc9a4" target="_blank">Lire la vidéo</a></h3>
<p style="text-align: right;"><em>Source: <a href="http://www.thezeitgeistmovement.com/joomla/index.php?option=com_kunena&amp;Itemid=100023&amp;func=view&amp;catid=21&amp;id=30269" target="_blank">thezeitgeistmovement</a></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Déforestation : à qui profite le désastre ?</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/deforestation-a-qui-profite-le-desastre/</link>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2009 14:08:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[De Bernard Duterme L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">De <a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2849501948/new-shop-amazon-media-21/ref=asc_df_2849501948340150"><strong>Bernard Duterme</strong></a></h3>
<div class="chapo">
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-full wp-image-3572" title="sdm-gene-02-deforestation" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/sdm-gene-02-deforestation.jpg" alt="sdm-gene-02-deforestation" width="416" height="225" />L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par un questionnement radical des logiques productivistes et des inégalités.</strong></p>
</div>
<div class="texte">par    <strong>Bernard Duterme</strong></div>
<div class="texte">
<p class="spip" align="justify">Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation correspond d’abord à une évolution mondiale alarmante. Crise alimentaire, changements climatiques, impasses énergétiques… les tendances lourdes de l’actualité de ce début de 21e siècle, de par leurs connexions plus ou moins manifestes avec le déboisement et la dégradation des forêts, obligent la communauté internationale à enfin donner l’importance qu’il mérite au phénomène. Le déclin rapide des superficies boisées ne date pourtant pas de ce millénaire. A la faveur d’autres lames de fond – l’urbanisation, les pollutions, l’agro industrialisation, la pauvreté… – aux liens implicites ou explicites avec la déforestation, le constat aurait déjà dû mobiliser les consciences. Sans doute les risques apparaissaient-ils plus éloignés.</p>
<p class="spip" align="justify">Toujours est-il, on le devine, que la diminution avancée du couvert forestier à l’échelle mondiale s’avère intimement liée, dans ses logiques et dans sa portée, aux modèles de production et de consommation privilégiés ces dernières décennies, voire ces derniers siècles. S’en tenir ici à une approche strictement descriptive ou technique de la problématique ne pourra donc suffire, même si, dans un premier temps, il convient d’en prendre la mesure. Qu’entend-on par déforestation ? Quelle est son ampleur ? Quelles régions et populations du monde concerne-t-elle ? En quoi pose-t-elle problème ? Dans un deuxième temps, nous traiterons des causes évidentes et sous-jacentes de la déforestation, ainsi que de ses principaux moteurs et acteurs, pour ensuite débattre des enjeux cruciaux et des politiques auxquels elle renvoie.</p>
<p class="spip" align="justify"><span id="more-3570"></span>Importance des forêts et ampleur de la déforestation</p>
<p class="spip" align="justify">Aujourd’hui, les forêts naturelles couvrent encore un quart des terres émergées du globe (CIRAD, 2008) et remplissent toujours de multiples fonctions, tant écologiques qu’économiques, sociales et culturelles. Des fonctions notamment environnementales donc, qui, à la faveur des progrès des connaissances scientifiques, apparaissent chaque jour plus précieuses, à la fois innombrables et inestimables, indispensables à la perpétuation de la vie sur terre. Contribution au cycle de l’eau, à la régulation du climat, à la protection des sols, au stockage de carbone et plus globalement au maintien et à l’entretien de la biodiversité…, le rôle vital des forêts est avéré. Sans elles, les sécheresses ou les inondations s’amplifient, les terrains s’érodent, le climat se réchauffe, les espèces végétales et animales disparaissent [<strong><span>1</span></strong>]  .</p>
<p class="spip" align="justify">Les fonctions sociales, économiques et culturelles du couvert forestier sont elles aussi manifestes… et documentées. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 2008) – la principale agence des Nations unies active sur cette problématique –, les forêts hébergeraient quelque 350 millions de personnes dans le monde. Pour la Banque mondiale, <em class="spip">« dans les pays en développement, 1,2 milliard de personnes dépendent de systèmes d’exploitation agroforestiers qui favorisent la productivité agricole et assurent des revenus »</em> (Banque mondiale, 2004). Et selon le Pnud, plus de 2 milliards d’humains tireraient, à des degrés divers, leurs moyens d’existence, leur bois de feu, leurs plantes médicinales et leurs aliments, des forêts (Pnud, 2000). Non seulement les produits forestiers fournissent des protéines, des matières grasses, des vitamines et des minéraux que ne contiennent pas la plupart des aliments de base, mais ils permettent aussi de combattre la faim lorsque la sécheresse, les inondations, les ravageurs ou les maladies déciment les cultures.</p>
<p class="spip" align="justify">A la dendroénergie (énergie tirée du bois) sont imputables de 7 à 9% de l’énergie consommée dans le monde. Ce chiffre atteint 80% dans plusieurs pays du Sud et dépasse même les 90% au Burundi, en République dominicaine, au Bhoutan, au Népal… (FAO, 2007). Autre rôle crucial de zones boisées souvent négligées : les mangroves, ces forêts de palétuviers que l’on trouve sur les côtes tropicales et qui n’occupent plus qu’environ 150 000 km² de superficie, sont considérées comme <em class="spip">« essentielles aux cycles de vie de la majorité des espèces piscicoles vendues sur les marchés mondiaux »</em> (Banque mondiale, 2004). Au-delà, l’importance du secteur forestier dans l’économie et le commerce international (330 milliards de dollars, près de 4% des échanges de l’ensemble des matières premières, 14 millions d’emplois…) est une réalité bien établie.</p>
<p class="spip" align="justify">Qu’en est-il dès lors de l’évolution du couvert forestier ? De l’ampleur de la déforestation ? Si <em class="spip">« le monde possède aujourd’hui un peu moins de 4 milliards d’hectares de superficie boisée »</em> (ce total inclut les nouvelles plantations de monocultures d’arbres, quel que soit leur déficit en biodiversité par rapport aux forêts primaires), le déboisement <em class="spip">« se poursuit au rythme alarmant d’environ 13 millions d’hectares par an »</em>, c’est-à-dire quelque 130 000 km² annuels, plus de quatre fois la superficie de la Belgique, un quart de la France (FAO, 2007). Perte nette estimée, après régénération et nouvelles plantations (sans tenir compte donc de la qualité des « forêts » comptabilisées) : 8 millions d’hectares par année, soit 220 km² par jour…</p>
<p class="spip" align="justify">Pour alarmant qu’il soit, le phénomène est inégalement réparti. Globalement, si les superficies des forêts boréales et tempérées ont stagné ou ont légèrement progressé ces dernières décennies (après avoir plongé ces derniers siècles, particulièrement en Europe occidentale et aux Etats-Unis), c’est d’abord dans les régions tropicales que les forêts reculent à un rythme soutenu depuis le milieu du 20e siècle, rythme qui s’est encore accru au tournant des années 2000. En témoigne notamment l’évolution récente des superficies boisées des quatre pays qui possèdent à eux seuls pratiquement la moitié de toutes les forêts de la planète : alors que la Russie (1er pays forestier) perd annuellement 0,1 million d’hectares, que le Canada (3e) affiche un solde pratiquement nul et que l’étendue des forêts aux Etats-Unis (4e) progresse de 0,2 million d’hectares, celles du Brésil (2e pays forestier) en revanche régressent de 3,1 millions d’hectares chaque année.</p>
<p class="spip" align="justify">Depuis 1990, on calcule que le Brésil a perdu de la sorte quelque 50 millions d’hectares de forêts, plus de 10% de son couvert total. Les deux autres grands bassins forestiers intertropicaux – la zone Malaisie/Indonésie et l’Afrique centrale – ne sont pas en reste. Ainsi, sur la même période, l’Indonésie a perdu environ 32 millions d’hectares de surfaces boisées, plus d’un tiers de son couvert actuel. Et l’Afrique centrale, 14 millions d’hectares, quelque 6% de ses forêts.</p>
<p class="spip" align="justify">Le Soudan, la Birmanie, la Zambie, la Tanzanie, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Venezuela figurent, derrière le Brésil et l’Indonésie, dans les dix pays dont la diminution nette annuelle du couvert forestier en chiffres absolus est la plus importante. Au rythme actuel, sept Etats perdent chaque année plus de 3% de leurs forêts : les Comores (-7,4%), le Burundi (-5,2%), le Togo (-4,5%), la Mauritanie (-3,4%), le Nigeria (-3,3%), l’Afghanistan (-3,1%) et le Honduras (-3,1%). Trente autres pays affichent des reculs supérieurs à 1% par an (FAO, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">Cas particulier et de taille : la Chine. A lui seul, son reboisement soutenu explique le faible ralentissement de la déforestation planétaire enregistré entre 2000 et 2005 par rapport aux années 1990. Le couvert forestier chinois s’accroît en effet au taux annuel de 2,2% depuis 2000, ce qui équivaut tout de même à 4 millions d’hectares par an. En 2005, les nouvelles plantations de production s’étendaient déjà en Chine sur plus de 700 000 km²… Cela étant, le solde mondial annuel reste, on l’a vu, largement négatif et d’autant plus préoccupant que dans nombre de cas, les replantations qui atténuent dans les chiffres l’ampleur de l’hémorragie, diminuent de fait sur le terrain la qualité et l’utilité intrinsèques des forêts, quand elles n’aggravent pas les déséquilibres écologiques. Autre aspect non reflété par ces tendances générales : la dégradation des forêts sur pied elles-mêmes, du fait des différentes formes de pollution, des coupes sélectives mais destructrices du voisinage, etc. (World Rainforest Movement, 2007).</p>
<h3 class="spip">Causes de la déforestation</h3>
<p class="spip" align="justify">L’élucidation des causes de la déforestation est difficile et controversée. A fortiori lorsqu’il s’agit de désigner les responsabilités et, au-delà, les acteurs qui tirent effectivement profit de la tendance. Celle-ci étant désormais considérée universellement comme un « désastre » ou, pour le moins, comme un « sujet de préoccupation majeur », la mise au jour de ses logiques et le dévoilement de ses gagnants et perdants sont devenus l’enjeu politique, plus ou moins assumé, de nombre d’études et de rapports, de prises de position multiples et de luttes d’influence. La complexité du phénomène, la difficulté de le mesurer dans ses formes diverses et l’hétérogénéité des données produites ne facilitent pas le défi de l’explication causale.</p>
<p class="spip" align="justify">Pour autant, une idée fausse semble en perte de vitesse. Celle, malthusienne, qui attribue invariablement et exclusivement au fléau de la pression démographique le recul des espaces vierges. L’image dichotomique avait l’avantage de la simplicité : nous sommes tous responsables au même titre de la dégradation irrémédiable d’une nature jusque-là « intacte ». C’est elle ou nous ! Elle sans nous (Rossi et André, 2006). Conséquence logique pour les courants « conservationnistes » : il faut délimiter des « aires protégées », mettre le capital « naturel » sous cloche, le rendre imperméable aux perturbations de l’homme. Premières victimes de cette conception figée, édénique et désanthropisée de la biodiversité : les populations agroforestières, privées d’accès à leur propre environnement parce que considérées comme principales coupables de sa dégradation. Comme nous le verrons plus loin, c’est se tromper et de diagnostic et de remède.</p>
<p class="spip" align="justify">Une autre idée reçue, moins fondamentale mais répandue dans l’opinion, est à nuancer d’emblée : celle qui confond déboisement et extraction industrielle des « bois précieux ». Or les ressorts de la déforestation ne se limitent pas à l’exploitation commerciale des forêts tropicales. Légale ou illégale, elle n’en est pas même la principale cause. Elle est en quelque sorte, oserait-on dire, « l’arbre qui cache la forêt ». Certes importante et hautement problématique lorsqu’elle n’est pas durable et que les populations locales ne bénéficient pas de ses retombées, la coupe pour l’exportation vers le Nord de grumes d’Indonésie, d’Afrique centrale et d’ailleurs arrive en réalité loin derrière le moteur le plus actif du déboisement qu’est l’agriculture. L’agriculture sous toutes ses formes : agriculture vivrière bien sûr, mais surtout agroindustrie d’exportation, utilisation croissante du sol pour produire ce que réclame le marché mondial, pour l’approvisionner en céréales, en viande, en huile, en pâte à papier, en carburants&#8230; L’expansion agricole serait ainsi responsable de plus de la moitié des destructions de forêts (Delacote, 2008 ; FAO, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Agriculture de subsistance, agrobusiness et « fast wood »</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Dans certaines régions du monde, en particulier en Afrique subsaharienne, cette expansion, ce déplacement continu de « la frontière agricole » est d’abord le fait des petits paysans, en quête de parcelles à cultiver. Non pas que ceux-ci soient par nature les prédateurs inconséquents d’écosystèmes dont ils sont les premiers à payer la dégradation, mais là où le manque de perspectives, de terres et de ressources est tel qu’il n’y a pas d’autres solutions, la pression des pauvres sur les forêts s’accroît inexorablement. De situations de « cohabitation équitable » avec le milieu forestier – où l’empreinte des communautés locales sur la biodiversité participe à son nécessaire renouvellement – on passe à des situations où la marginalisation des paysans engendre une utilisation non durable des forêts. La technique itinérante du brûlis qui, dans des systèmes agraires à l’équilibre, permet de renouveler la fertilité par la friche, devient dans ces conditions de rareté un vecteur performant de destruction des forêts.</p>
<p class="spip" align="justify">Le lien pauvreté-déforestation, assimilable à un cercle vicieux – le déboisement générant lui-même une série de conséquences dramatiques pour les populations locales –, est modulé par un faisceau de facteurs contextuels, plus ou moins opérants selon les régions. Parmi ceux-ci : l’orientation des politiques agraires, d’accès à la terre, de développement, la variation des prix agricoles, le droit foncier, l’état des infrastructures, les circuits commerciaux locaux et nationaux… et au-delà, les formes d’insertion dans le marché mondial et les ajustements macroéconomiques auxquels ont été soumis ces dernières années la plupart des pays dans lesquels la pauvreté est devenue <em class="spip">« le terreau de la déforestation » (Alternatives économiques</em>, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Prendre ces facteurs en considération, c’est admettre que <em class="spip">« l’action de développement durable doit se concentrer sur l’évolution économique des populations, sur la réduction des situations de pauvreté et de vulnérabilité »</em>, plutôt que sur des <em class="spip">« solutions d’ordre strictement écologique »</em> et des <em class="spip">« politiques de conservation qui s’attaquent aux symptômes et pas aux causes »</em> (Rossi et André, 2006).</p>
<p class="spip" align="justify">Si la pauvreté prend donc sa part dans la quête de terres agricoles au détriment du couvert forestier tropical, les usages industriels axés sur l’exportation et l’accumulation de profits sous-tendent les pratiques les plus prédatrices. <em class="spip">« Il y a déforestation parce que des usages autres sont financièrement plus rentables que l’utilisation durable de la forêt, tout au moins pour les acteurs qui déboisent »</em>, explique l’économiste Alain Karsenty du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, le CIRAD. <em class="spip">« Là où les conditions économiques le permettent, il est plus profitable de faire des plantations de palmier à huile, de cacao ou de soja que d’exploiter durablement la forêt, et a fortiori de la conserver. Il est également souvent plus rentable de convertir la forêt naturelle en plantations d’arbres à croissance rapide pour la fabrication de pâte à papier. »</em> (Karsenty, 2007)</p>
<p class="spip" align="justify">En ligne de mire, l’agroindustrie, particulièrement florissante en Amérique latine et en Asie du Sud-Est, qui alimente depuis plusieurs décennies le marché mondial en maïs et en soja (brésilien, argentin…) pour l’élevage européen, en viande pour les fast-foods nord-américains, en huile de palme (indonésienne, malaise, nigériane…) pour l’industrie alimentaire et cosmétique, en pâte de bois et en cellulose pour la fabrication du papier, etc. L’expansion de l’ensemble du secteur – et par conséquent la pression sur les forêts – est boostée aujourd’hui par la montée en puissance de la demande en agrocarburants, dérivés eux-mêmes, dans leurs différentes formes, de la plupart de ces cultures intensives, qu’elles soient oléifères (soja, palmiers à huile…), riches en sucre (maïs, canne…) ou autres encore (cellulose…).</p>
<p class="spip" align="justify">Si cette industrie génère d’importants bénéfices pour les Etats producteurs et les grands groupes nationaux et transnationaux de l’agrobusiness, la logique et les effets de son mode de production dominant ouvrent sur de sérieuses impasses. Des impasses qui débordent la seule problématique de la déforestation, pour embrasser notamment celle de la sécurité alimentaire. Le schéma type est celui de la monoculture homogène à perte de vue, sur d’immenses propriétés foncières, aux méthodes de travail de plus en plus mécanisées, peu coûteuses en main-d’œuvre, mais gourmandes en pesticides et généralement en eau. Socialement, elle présuppose la concentration de la terre et vise la concentration des revenus, le plus souvent au détriment d’importants secteurs du monde rural (paysans sans terre, autochtones, populations agroforestières…), parfois expropriés ou expulsés, le plus souvent laissés en marge, tenus à distance ou intégrés à la force de travail dans des conditions aléatoires, en termes de salaire, de rythme d’activité, d’exposition aux épandages chimiques…</p>
<p class="spip" align="justify">En matière d’impact environnemental, la plupart des études – militantes ou académiques, officielles et non officielles – convergent dans leurs grandes lignes : l’agroindustrie et la monoculture d’arbres à croissance rapide, ce que le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) appelle très pertinemment le fast wood, participent à la dégradation accélérée du milieu ambiant et à l’érosion de la biodiversité. Le fait est que, de multiples façons et souvent de manière irréversible, ces cultures portent atteinte aux forêts, aux prairies, à la qualité des sols, aux ressources hydriques, à la diversité biologique. Le World Rainforest Movement, principale coalition mondiale d’organisations mobilisées contre la déforestation, parle à juste titre de la création de « déserts verts » à propos de l’extension de ce type de production à haute rentabilité, mais dont les externalités négatives, en termes de pollution, d’épuisement des terres, de consommation en eau, de contamination des nappes phréatiques et de la chaîne alimentaire…, font au mieux l’objet de compensations symboliques de la part des grands noms de l’agrobusiness.</p>
<p class="spip" align="justify">A la logique du profit, le secteur sacrifie volontiers la raison écologique, en plantant par exemple nombre d’espèces exotiques hors de leur région d’origine ou de leur habitat naturel, pourvu que les rendements suivent, que les conditions favorables à la croissance rapide et au développement de l’agroindustrie soient réunies : climat atmosphérique (selon la latitude, la vitesse de pousse peut être multipliée par cinq) et social (malléabilité des acteurs sociaux et politiques) propice, facilité d’accès à la terre et aux forêts, qualité des sols, approvisionnement en eau aisé, résistance aux pollutions, réglementation locale laxiste en matière de cultures transgéniques…</p>
<p class="spip" align="justify">Ces dernières connaissent en effet une progression constante, en dépit des incertitudes et des risques. Sous la pression des multinationales du secteur, plus de la moitié du soja cultivé aujourd’hui est génétiquement modifié. Cela pourrait réduire la demande en pesticides grâce à l’utilisation de variétés moins exposées aux maladies, mais la résistance de ces variétés aux herbicides peut également encourager leur épandage massif. La tendance touche aussi les arbres et en particulier les plantations en rang d’oignons de <em class="spip">fast wood</em>, celles-là mêmes que les grands recensements du couvert forestier dans le monde, notamment ceux de la FAO, continuent à comptabiliser au même titre que les forêts naturelles ou primaires, à la richesse en faune et en flore pourtant incomparable.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi, au Brésil, la recherche s’est portée sur la modification génétique de l’eucalyptus et des essais ont été réalisés sur le terrain, avec pour objectif d’exacerber certaines caractéristiques de l’essence : la vitesse de croissance, la contenance en cellulose et la tolérance au glysophate, cet herbicide de triste réputation pour ses effets secondaires nocifs sur le vivant. Au Chili, deux défis sont en passe d’être relevés : la manipulation des gènes des pins pour les rendre résistants à un insecte (la mite du bourgeon) qui affecte les plantations ; et la modification génétique des eucalyptus pour leur permettre de mieux affronter le froid et pour pouvoir ainsi étendre les plantations – auxquelles s’opposent les indigènes mapuches – vers le Sud et plus haut dans la cordillère (World Rainforest Movement, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Plus globalement, on l’aura compris, l’expansion de l’agroindustrie exportatrice au préjudice des forêts s’inscrit au centre de la double problématique de la sécurité alimentaire et de la faim dans le monde, que l’on a vue resurgir en 2007 à la faveur de la forte hausse des prix agricoles. Hausse essentiellement provoquée par la demande accrue des économies émergentes, la faiblesse des stocks, l’envolée de la production des agrocraburants [<strong><span>2</span></strong>] et la flambée des prix du pétrole, le tout exacerbé par la spéculation. Mais hausse qui met surtout en lumière, à travers les crises sociales qu’elle génère en Afrique, en Asie et en Amérique latine, les impasses du modèle – longtemps préconisé par le FMI et la Banque mondiale [<strong><span>3</span></strong>] – du « tout à l’exportation » au détriment des cultures vivrières et des marchés locaux, ainsi que les aberrations de la mise en concurrence des paysans du Sud à la productivité faible, avec les exportations des surplus du Nord, souvent subventionnées, qui inondent les villes des pays en développement (Berthelot, 2008 ; Zacharie, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Sur fond de crise alimentaire, la pression sur la terre et donc sur les forêts tropicales a tendance à s’accroître encore. Davantage cependant pour approvisionner le marché mondial en produits agricoles, en viande, en pâte à papier et depuis peu en carburants, que pour privilégier l’agriculture paysanne locale dont dépendent pourtant plusieurs centaines de millions de familles dans les pays du Sud. Derrière le modèle productiviste dominant et non durable qui hypothèque la survie des populations agroforestières, érode la biodiversité et dope les émissions de carbone liées au déboisement, un modèle consumériste se perpétue dans les pays riches et là où la croissance économique permet aux plus fortunés de s’aligner sur les standards occidentaux.</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip"> Extraction de bois de feu et de bois rond industriel</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Si l’affectation des terres boisées à l’agriculture, à l’élevage et à l’industrie du fast wood constitue donc de fait le principal ressort de la déforestation, d’autres causes directes et indirectes ne peuvent être sous-estimées. Parmi celles-ci, bien sûr, l’usage non durable des forêts elles-mêmes, qui renvoie lui aussi, pour les régions tropicales, tantôt à la récolte de bois de feu (ou bois de chauffe) par les habitants locaux, tantôt à l’exploitation et au commerce national et international de bois rond industriel.</p>
<p class="spip" align="justify">La première serait de loin la principale consommatrice des ressources ligneuses dans les pays en développement. En Afrique, selon la FAO, 90% du bois prélevé sert de combustible, essentiellement pour le chauffage et la cuisson dans les zones rurales et les quartiers pauvres des villes. Le prélèvement qui se fait d’ordinaire par abattage d’arbres ou ramassage de branches tombées à terre, dépasse largement la coupe annuelle autorisée et apparaît comme « illégal » au regard du cadre juridique existant dans la plupart des pays…</p>
<p class="spip" align="justify">La tendance, similaire en importance dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Asie du Sud (entre 80% et 90% du bois prélevé y sert de bois de chauffe) et moins nette en Asie de l’Est et en Amérique du Sud (+- 50%), correspond à la géographie de la pauvreté dans le monde et appelle moins des explications démographiques, techniques ou ethniques que des analyses politiques des conditions socioéconomiques et culturelles qui amènent des pans entiers des populations nationales à participer activement à la disparition de leurs forêts. Si la dendroénergie est appelée à devenir, face à l’épuisement des combustibles fossiles, une composante significative des politiques énergétiques des pays riches, force est de reconnaître que dans ses formes dominantes actuelles (bois de chauffe dans les pays pauvres), elle crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.</p>
<p class="spip" align="justify">Le cas d’Haïti, développé plus loin dans ce numéro d’<em class="spip">Alternatives Sud</em> par Ilionor Louis, illustre bien l’impact calamiteux de l’inégale répartition des richesses et du dénuement d’une majorité de la population sur des forêts qui ne couvrent déjà plus que 3,7% du territoire national et continuent à disparaître au rythme d’environ 1% par an. Ces pauvres qui déboisent et produisent du charbon de bois pour alimenter les cuisines populaires de tout un pays sont aussi les premières victimes des effets de pareil désastre écologique, en particulier des dégâts des inondations qui en résultent. Au-delà, Ilionor Louis souligne le manque d’efficacité des alternatives techniques ou partielles – promotion de réchauds améliorés, utilisation de gaz de pétrole liquéfié… – et fait de la lutte contre la pauvreté et de la redistribution, les conditions préalables à un reboisement durable.</p>
<p class="spip" align="justify">A côté de la pauvreté, l’autre grand motif d’extraction réside dans l’alimentation du marché mondial par l’industrie de l’exploitation forestière. Si l’Europe, l’Amérique du Nord et le Japon, rejoints par la Chine ces dernières années, dominent de la tête et des épaules le commerce international du bois en tant que principaux producteurs, exportateurs et importateurs des produits de la sylviculture, là où les problèmes les plus aigus se posent en matière de déforestation, de dégradation ou de gestion non durable des forêts, c’est dans l’abattage abusif, destructeur et illégal tel qu’il a tendance à être pratiqué dans les régions tropicales.</p>
<p class="spip" align="justify">Souvent, la coupe elle-même fait déjà plus de dégâts qu’elle ne le devrait. <em class="spip">« Partout en région tropicale, les pratiques inappropriées continuent largement de prévaloir, au détriment du bien-être de la main-d’œuvre et de la population locale, de l’efficacité et de la durabilité de l’environnement »</em> (FAO, 2007). En cause donc, les dommages collatéraux de l’abattage sélectif de « bois précieux », l’absence de plans d’exploitation, les débardages dévastateurs, le manque de contrôle, la construction anarchique de routes de pénétration, etc. Les organisations internationales, comme l’OIBT (Organisation internationale des bois tropicaux) et la FAO, ainsi que les principaux centres d’étude indépendants (CIRAD, CIFOR…) en conviennent : malgré le poids relatif minoritaire des forêts tropicales dans l’approvisionnement en bois du commerce mondial [<strong><span>4</span></strong>], leur surexploitation est une réalité et l’illégalité des pratiques atteint des proportions démesurées.</p>
<p class="spip" align="justify">Le pourcentage de grumes prélevées illicitement, usinées sur place ou propulsées sur le marché international, dépasserait régulièrement les 50% (au Brésil, au Cameroun, au Ghana…), voire les 75% (en Indonésie…). Globalement, l’exploitation illégale représenterait au moins un tiers du volume du bois tropical échangé chaque année. La tendance, selon Alain Karsenty du CIRAD, connaîtrait même un essor soutenu. Si cet accroissement provient sans doute du comportement prédateur des compagnies forestières, il serait d’abord le résultat de l’introduction par les Etats locaux de tentatives de régulation de l’exploitation par des contraintes de gestion et d’organisation territoriale, les nouvelles lois créant logiquement de nouveaux hors-la-loi&#8230; Mais l’essor de l’illégalité renvoie aussi à des dynamiques plus complexes, variables selon les pays et les niveaux de développement.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi par exemple, là où les Etats ont mené des politiques volontaristes de développement de l’industrie locale du bois, appuyées sur l’interdiction d’exporter des grumes non usinées, les surcapacités de transformation atteintes <em class="spip">« produisent un effet d’irréversibilité : le coût social et politique du désinvestissement est trop élevé pour être une option retenue, et la fuite en avant dans l’exploitation illégale est une solution implicitement admise. »</em> (Karsenty, 2003) C’est notamment le cas en Indonésie et en Malaisie où les niveaux officiels de prélèvements soutenables sont constamment et copieusement dépassés pour pouvoir alimenter l’industrie à satiété.</p>
<p class="spip" align="justify">Ailleurs, c’est d’abord la quasi-absence de l’Etat ou son caractère mafieux ou les deux à la fois – absence de moyens et forte corruption – qui laissent les coudées franches aux entreprises forestières détentrices de confortables concessions. En Afrique, le secteur demeure largement dominé par les groupes européens (Rougier, Pasquet, Danzer, Alpi, Fipcam…), mais aussi malais, libanais et chinois (la Chine, premier importateur mondial de bois rond industriel depuis 2004 – et premier exportateur de meubles… –, importe à elle seule la moitié des grumes en provenance des régions tropicales). Des réformes importantes ont toutefois été entreprises ces quinze dernières années visant à doter les Etats nationaux de codes forestiers plus contraignants, de modalités d’adjudication plus équitables, d’outils de surveillance, de quotas de coupe à transformer localement, etc. Avec des résultats inégaux et parfois contradictoires.</p>
<p class="spip" align="justify">En effet, l’introduction de nouvelles exigences pour les compagnies forestières a entraîné des restructurations et une concentration accrue du secteur. D’où une marginalisation et une « informalisation » croissante des filières d’approvisionnement pour les usages nationaux. <em class="spip">« Ce phénomène est, en partie, lié à l’extraversion de l’industrie du bois, notamment en Afrique centrale, où les grandes entreprises exportent de 80% à 100% de leur production. Les consommateurs africains désargentés doivent se rabattre sur un secteur semi-artisanal en pleine expansion (il représente près du double de la production du secteur industriel au Ghana et au moins le quadruple en RDC), dont l’impact écologique peut être redoutable. Enfin, les niveaux élevés de corruption et l’implication personnelle fréquente du milieu politique et administratif dans l’économie forestière minent les systèmes de régulation. »</em> (Karsenty, 2006)</p>
<p class="spip" align="justify">Deux rapports publiés en 2008 confirment, pour la République démocratique du Congo, l’échec des réformes du domaine de la foresterie. Le premier, élaboré par Global Witness en charge de l’Observation indépendante des forêts (OIF), souligne, dans ses conclusions, <em class="spip">« l’absence complète de contrôles significatifs, une ambiguïté juridique et un manque de pratiques standardisées, laissant le secteur dans une situation d’anarchie et conférant un terrain propice aux pratiques abusives et frauduleuses »</em>. Le second, produit par le Panel d’inspection de la Banque mondiale, stigmatise surtout le manque de considération pour les populations locales et l’environnement dont ont fait preuve les réformes de l’exploitation industrielle du bois, soutenues par la Banque elle-même. Ailleurs, les experts de Greenpeace décrivent par le détail « le pillage » des forêts d’Afrique centrale par les multinationales, au mépris des autochtones, de la faune et de la flore, et du droit local&#8230;</p>
<p class="spip" align="justify">En Europe et en Amérique du Nord surtout, en amont ou en aval de la sensibilité en hausse des opinions publiques à cette facette de la déforestation – « la main basse des consommateurs des pays riches sur les bois précieux tropicaux » –, de multiples initiatives publiques et privées ont vu le jour, destinées à favoriser une exploitation forestière durable dans les pays du Sud. Notamment par le biais de la « certification ». Toutes ne se valent cependant pas. Elles varient en crédibilité selon les méthodes de vérification mises en oeuvre, selon les critères retenus quant à l’origine et la nature des produits, selon qu’elles émanent des entreprises du secteur, des Etats ou des ONG, ou encore de combinaisons de ces différents acteurs [<strong><span>5</span></strong>]… Les plus opportunistes de ces initiatives sont peu convaincantes, les plus officielles sont peu contraignantes, les plus contraignantes sont peu respectées. Certaines toutefois ont permis des améliorations sensibles.</p>
<p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Urbanisation, exploitation minière, barrages, tourisme, pollutions, incendies…</strong></p>
<p class="spip" align="justify">Outre la consommation non durable de bois et la pression de l’agriculture et de l’élevage sur les forêts, d’autres causes de la déforestation sont encore à mentionner. Et d’abord, d’autres usages du sol qui grignotent sensiblement le couvert forestier tropical. Des phénomènes aussi globaux et évidents que l’urbanisation et la construction d’infrastructures bien sûr – dans le sud et l’est de l’Amazonie brésilienne et le long de l’Amazone et de ses affluents, d’immenses étendues sont désormais classées « zones urbaines » et peuplées aujourd’hui d’environ 70% des 14 millions d’habitants que compte la région –, mais aussi des intrusions et des impacts plus précis et dévastateurs liés à la prospection et aux exploitations minières et pétrolières, à la construction de grands barrages, à l’établissement d’implantations touristiques, ou encore, dans les mangroves, à l’élevage industriel de crevettes…</p>
<p class="spip" align="justify">En la matière, les exemples abondent où les opérations sont conçues et réalisées par des investisseurs extérieurs, non seulement au détriment des forêts et des écosystèmes locaux, mais aussi à l’insu des populations des lieux concernés, dépossédées de leurs terres et de leurs ressources ou victimes directes des nuisances et des pollutions occasionnées. Eléments clés de ces diverses formes de pénétration dans les forêts : les routes. Encouragée par les autorités pour « mettre en valeur » de nouvelles régions, leur construction, privée ou publique, planifiée ou anarchique, signe l’arrêt de mort à terme de forêts jusque-là préservées, par les effets en chaîne qu’elle déclenche. Les conséquences d’une exploitation ciblée – d’acajou, d’or, d’argent ou d’autres ressources précieuses – sont souvent plus destructrices que l’exploitation elle-même.</p>
<p class="spip" align="justify">Ainsi, en Amazonie, une fois les premiers exploitants passés, <em class="spip">« les routes servent de voies d’accès à un mélange détonant d’occupants sans titre, de spéculateurs, de grands propriétaires terriens et, invariablement, de bandits armés. Tous ces requins atteignent le cœur jusque-là impénétrable de la forêt, puis détruisent les pistes et changent la disposition des lieux pour faire croire qu’ils sont chez eux. L’appropriation des terres par la corruption, l’intimidation et la falsification de titres de propriété est tellement répandue qu’elle porte un nom : ‘grilagem’, du mot portugais ‘grilo’, ‘criquet’. Ceux qui s’y adonnent, les ‘grileiros’, sont depuis longtemps connus pour leur talent à faire ‘vieillir’ prématurément de prétendus titres de propriété dans un tiroir où ont été placés des criquets affamés »</em> (National Geographic, 2007). A l’exception d’un petit nombre d’autoroutes nationales et fédérales, la quasi-totalité des routes d’Amazonie ont été construites illégalement.</p>
<p class="spip" align="justify">Les feux de forêts constituent une autre menace permanente pour les régions tropicales boisées. Près de la moitié seraient volontaires, pour déboiser et par la suite, on l’a vu, pour cultiver. L’autre moitié sont accidentels et ont tendance à s’accroître, en raison de la diminution des pluies, consécutive au… déboisement des forêts pluviales. L’aggravation des sécheresses liées au réchauffement de la planète amplifie encore les risques et les effets d’incendies susceptibles de dévaster des régions entières.</p>
<p class="spip" align="justify">Les effets destructeurs de certaines pollutions, des pluies acides, des attaques de ravageurs – insectes, maladies, nématodes, parasites… – entrent aussi en ligne de compte. Selon la FAO, s’il est difficile de quantifier les impacts réels, il est avéré que <em class="spip">« la rapidité des transports et la libéralisation du commerce »</em>, ainsi que l’expansion des <em class="spip">« monocultures »</em> au préjudice de la biodiversité <em class="spip">« ont favorisé la diffusion des ravageurs »</em> (FAO, 2007). Encore une fois donc, les causes de la déforestation apparaissent intimement liées aux modèles productivistes et consuméristes dominants.</p>
<h3 class="spip">Déforestation et changements climatiques</h3>
<p class="spip" align="justify">Depuis le début des années 2000, pratiquement chaque semaine nous apporte de nouvelles données qui indiquent comment les changements climatiques affectent déjà profondément et affecteront davantage encore le couvert forestier mondial (Alternatives Sud, 2006). Ainsi, il nous a été donné de voir comment la prolifération de certains insectes consécutive à des canicules répétées en régions tempérées ou à des hivers exceptionnellement doux en zones boréales pouvait hypothéquer la survie des principaux massifs forestiers de la planète. La propagation du dendroctone du pin ponderosa dans l’ouest du Canada, par exemple, constitue l’infestation la plus importante jamais enregistrée en Amérique du Nord. Si en 2005 elle avait déjà fait perdre, en volume de bois tué, l’équivalent de six ans de récolte à la Colombie britannique, elle pourrait affecter d’ici à 2013, 80% des pins à maturité de cette province canadienne, et s’étendre vers le Nord (The Canadian Chamber of Commerce, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">A l’inverse des impacts du réchauffement de la terre sur les forêts, le rôle de ces dernières dans l’atténuation des changements climatiques, et en particulier dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre, a également pris beaucoup de relief ces dernières années. Pour devenir peut-être la bouée de sauvetage d’une communauté internationale en quête de solutions efficaces et consensuelles. Dès lors, la future politique climatique mondiale, discutée lors du Sommet de Bali en décembre 2007, va-t-elle permettre en retour de renverser la tendance en matière de déforestation ? Réussir, au nom de la réduction globale des émissions de carbone, là où les scientifiques, les mouvements écologistes, indigènes ou paysans et certaines politiques publiques ont échoué ces dernières décennies ? Bien qu’elles aient longtemps été sous-estimées, voire ignorées ou contredites, les estimations convergent enfin : la déforestation, à son rythme actuel, est responsable d’environ 20 à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principales causes du réchauffement de la planète. Plus précisément, la destruction de la forêt tropicale provoque chaque année plus de rejet que l’ensemble du secteur des transports à travers le monde. Dans les pays du Sud, 35% des émissions sont dues au déboisement et jusqu’à 65% dans les régions les plus pauvres.</p>
<p class="spip" align="justify">D’une part donc, c’est connu, les forêts absorbent et stockent naturellement du carbone en grande quantité [<strong><span>6</span></strong>], d’autre part, sous les tropiques, elles permettent aussi la formation de nuages qui contribuent à limiter le réchauffement en réfléchissant la lumière du soleil. Elles jouent un rôle crucial dans le refroidissement et l’assainissement de l’atmosphère, dans la provision d’eau douce et de pluie. La forêt amazonienne, à elle seule, emmagasine le plus grand volume d’eau douce de la planète et rejetterait dans l’air 20 milliards de tonnes de vapeur en une seule journée.</p>
<p class="spip" align="justify">Bref, la préservation des forêts apparaît aujourd’hui essentielle à l’efficacité des efforts mondiaux entrepris pour atténuer les changements climatiques. D’autant plus depuis que le rapport Stern, du nom de l’ancien vice-président de la Banque mondiale, est venu corroborer en 2006 que les initiatives de réduction de la déforestation étaient dans l’ensemble moins coûteuses que celles entreprises dans d’autres secteurs. Quatre stratégies au moins sont envisagées : la diminution de la déforestation et de la dégradation des forêts ; la reforestation ; l’augmentation de la densité de stockage de carbone du couvert forestier existant ; et enfin, la revalorisation des produits issus des forêts, visant à rendre cette forme d’occupation des sols plus rentable que d’autres…</p>
<p class="spip" align="justify">Le Protocole de Kyoto &#8211; établi par les Nations unies en 1998 et entré en vigueur en 2005 &#8211; permettait déjà aux pays développés, via le mécanisme de développement propre, de « réduire leurs émissions » en finançant des projets de reforestation dans les pays du Sud (<em class="spip">Alternatives Sud</em>, 2006). Si, à en croire la FAO, les retombées sur le secteur forestier en sont encore à ce jour très modestes, la qualité environnementale des projets financés est également pour le moins controversée. L’idée débattue fin 2007 lors du Sommet mondial de Bali sur le climat, pour donner suite au Protocole de Kyoto au-delà de 2013, consiste à ajouter à ce mécanisme des dispositifs récompensant les Etats qui luttent contre la déforestation. <em class="spip">« Il s’agirait de rémunérer ainsi les tonnes de carbone qui ne seront pas parties en fumée »</em> (<em class="spip">Alternatives économiques</em>, 2008). De rétribuer les <em class="spip">« déforestations évitées ».</em></p>
<p class="spip" align="justify">De nouveau, le projet prête le flanc à plusieurs niveaux de critiques. Techniques d’abord, de faisabilité. Comment mesurer la « déforestation évitée » ? R. Pirard et A. Karsenty identifient trois difficultés : <em class="spip">« la légitimité de l’extrapolation à partir des tendances historiques ; la capacité d’estimation des scénarios de référence de type prédictif ; enfin, la possibilité réelle d’imputer à différentes politiques publiques la baisse du taux de déforestation et, plus encore, d’en mesurer l’effet net »</em> (2007). Le risque est grand en effet qu’un tel dispositif incite à accélérer le déboisement avant l’entrée en vigueur du mécanisme, récompense de fait les pays qui ont déjà déboisé tout ce qui pouvait l’être, génère des réductions fictives d’émissions, rémunère des diminutions de déforestation qui auraient de toutes façons eu lieu, ouvre la porte à diverses formes de chantage à la coupe et nourrisse un nouveau marché d’expertise et de consultance forestières…</p>
<p class="spip" align="justify">Au-delà des problèmes de faisabilité en effet, il est à craindre que les mesures préconisées exonèrent à moindres frais les pays du Nord de leurs responsabilités et avantagent plus les entreprises forestières, leurs plantations et leurs consultants que les forêts tropicales elles-mêmes et leurs habitants. Ce point de vue, partagé par la plupart des organisations sociales internationales actives contre la déforestation, comme la Global Forest Coalition, le World Rainforest Movement, le Forest Peoples Programme et l’International Alliance of Indigenous and Tribal Peoples of the Tropical Forest, va de pair avec l’analyse selon laquelle ce nouveau système mondial d’incitants financiers à réduire la déforestation, plutôt qu’identifier et freiner ses véritables moteurs et ses principaux responsables – la pauvreté dans les régions tropicales, les intérêts de l’industrie et le consumérisme des pays riches –, risque en réalité de finir par récompenser, dans sa mise en application, les entreprises et les gouvernements qui la stimulent (Reyes, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">Parmi les grands promoteurs d’initiatives et de nouveaux mécanismes visant à la « réduction des émissions dues à la déforestation (RED) », figure la Banque mondiale, mobilisée elle aussi pour une <em class="spip">« meilleure gestion forestière »</em>, susceptible d’<em class="spip">« accroître les revenus en milieu rural »</em> et d’<em class="spip">« aider l’ensemble de la planète à atténuer le changement climatique de façon plus énergique »</em>. Moyens préconisés : une activation des <em class="spip">« marchés du carbone actuels (qui) n’exploitent que très peu les bénéfices potentiels du CO2 lié aux forêts »</em> et des incitants publics et privés au déboisement évité et au reboisement (Banque mondiale, 2007). Mais, que ces politiques soient menées dans le cadre du projet de « Partenariat mondial pour les forêts », imaginé par la Banque dès 2006 de concert avec les grandes ONG conservationnistes, les Etats et les entreprises, ou à travers le « Fonds de partenariat pour le carbone forestier », lancé à Bali fin 2007, elles font aussi l’objet de sévères critiques.</p>
<p class="spip" align="justify">Des critiques qui portent d’abord sur la prééminence des approches globales fondées sur le marché… et ses vertus philanthropiques.<em class="spip"> « Bien que la Banque mondiale favorise un financement mixte pour la déforestation évitée, elle est in fine une importante pionnière et partisane de l’échange de carbone. Les économistes de la Banque insistent sur le fait que seuls les marchés pourront rapporter assez de fonds pour assurer l’efficacité des efforts mondiaux d’atténuation des changements climatiques. De fait, le plan de financement de son Fonds de partenariat pour le carbone forestier suppose que celui-ci sera financé presque entièrement par des fonds commerciaux à partir de 2014 »</em> (Griffiths, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">Les populations tributaires des forêts d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et leurs organisations représentatives nourrissent quant à elles de vives craintes à l’égard du peu de cas que les initiatives de la Banque en matière de foresterie du carbone, font des questions sociales et de droits humains. <em class="spip">« Comment une organisation si favorable ces dernières années aux industries d’extraction, à l’exploitation forestière marchande, à l’agrobusiness et aux plantations à croissance rapide tiendrait-elle compte des droits, des réalités et de l’avis des peuples autochtones ? ».</em> Plus d’un indice technique permet en effet de comprendre que, dans leurs formes actuelles, les nouveaux dispositifs de primes aux pratiques prétendument durables, à l’extraction à impact réduit et aux activités de reboisement finiront par profiter d’abord à de grands concessionnaires commerciaux, aux sociétés d’exploitation forestière et de plantation industrielle (Forest People Programme, 2008 ; Lovera, 2007).</p>
<p class="spip" align="justify">C’est désormais une évidence, l’apparent consensus dans la mobilisation mondiale pour atténuer le réchauffement climatique en préservant les forêts est lourd de contradictions et d’intérêts antagoniques, lorsqu’il n’aggrave pas lui-même le problème.</p>
<h3 class="spip">Solutions politiques locales, nationales ou mondiales ?</h3>
<p class="spip" align="justify">Quelles politiques dès lors mettre en œuvre aux niveaux nationaux et international pour renverser la tendance périlleuse de la déforestation, au bénéfice prioritaire tant des populations locales que de l’équilibre environnemental global ? D’apparence ingénue, la question en contient d’autres. Le principal défi à relever se situe sans doute moins dans la formulation technique idéale de ce en quoi devrait consister une gestion « durable » des forêts – une gestion qui assure leur renouvellement [<strong><span>7</span></strong>] – que dans la désignation des espaces réels de souveraineté. A qui revient-il d’énoncer, d’exécuter ou de garantir une exploitation raisonnée des terres et des ressources forestières ? A qui appartiennent-elles et au nom de quels intérêts sont-elles gérées ?</p>
<p class="spip" align="justify">Dans ce débat comme dans d’autres, une première ligne de fracture oppose les tenants d’une privatisation des forêts – au motif que le propriétaire privé est plus enclin que l’autorité étatique à garantir la reconstitution d’un bien dont il tire son revenu (<span class="spip_out">www.libres.org</span>) – aux défenseurs d’une gestion publique théoriquement seule à même d’orchestrer l’accès aux richesses forestières en privilégiant l’intérêt national. Si les premiers semblent faire peu de cas du comportement essentiellement prédateur des grands concessionnaires forestiers, particulièrement là où les velléités de régulation ne font pas le poids, les seconds nourrissent cependant peu d’illusions sur les capacités réelles d’intervention de bon nombre d’Etats du Sud et, dans les pays où les gouvernements disposent des moyens de leur politique, sur l’orientation effective des arbitrages opérés entre les intérêts de l’industrie forestière, de l’agrobusiness, des communautés locales et de l’environnement.</p>
<p class="spip" align="justify">Un deuxième clivage distingue les niveaux de pouvoir : régime international, souveraineté nationale ou gestion communautaire ? <em class="spip">« Les forêts ne sont pas considérées comme des biens publics mondiaux alors qu’elles fournissent plusieurs de ces biens publics comme le maintien de la biodiversité ou l’atténuation des changements climatiques »</em>, regrette le CIRAD. <em class="spip">« Elles sont soumises à la stricte souveraineté des Etats. Un pays peut actuellement laisser détruire ses forêts pour la production de biocarburants ou par l’exploitation illégale du bois. La question d’une gouvernance mondiale des forêts se pose de manière de plus en plus pressante »</em> (CIRAD, 2007). Ce à quoi certains pays du Sud ont tendance à répondre aujourd’hui sur le mode des déclarations du président brésilien Lula : <em class="spip">« Les pays riches sont malins, ils édictent des normes contre la déforestation, après avoir détruit leurs propres forêts »</em> (<em class="spip">Le Monde</em>, 1er mars 2007). Et de s’appuyer sur une étude réalisée par l’Institut brésilien de recherche agronomique (Embrapa), où il est démontré que l’Europe n’a conservé que 0,3% des forêts existant il y a huit mille ans, contre 69% au Brésil…</p>
<p class="spip" align="justify">Cela étant, malgré les réformes des codes forestiers nationaux et les réglementations environnementales engagées ces dernières années, souvent à l’instigation des grands bailleurs internationaux, les politiques de plusieurs Etats tropicaux restent sous le feu des critiques des défenseurs de la nature et des mouvements populaires locaux. En particulier les politiques forestières du Brésil qui, en dépit de mesures draconiennes prises par le gouvernement Lula (interdiction d’abattage dans certaines zones, conditionnalités environnementales au crédit public…), continuent à donner priorité aux appétits du secteur agroindustriel, grand pourvoyeur de devises, spécialement en période de hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires et des carburants&#8230; En face, les associations de lutte contre la déforestation y trouvent de nouvelles raisons d’appuyer l’idée d’une transmission de la propriété des forêts des Etats vers les communautés locales, probablement plus sensibles à la nécessité de maintenir leur pérennité ; « les hommes qui vivent de la forêt étant ceux qui la font vivre ».</p>
<p class="spip" align="justify">C’est dans cet esprit que s’inscrivent les douze principes de l’« Initiative de Mumbai – Porto Alegre pour les forêts », lancée en 2004 et 2005 par une convergence d’organisations sociales des cinq continents. On y plaide bien sûr pour la préservation des forêts et le respect des droits et des intérêts des populations qui les habitent ou en sont tributaires, mais on y invite aussi les gouvernements à fournir un environnement politique, juridique et social favorable à la gouvernance des forêts par les communautés elles-mêmes. On y dénonce enfin la marchandisation de la nature, l’exploitation forestière et les plantations industrielles, ainsi que les dénommés projets de développement et de conservation de certaines ONG et institutions internationales, <em class="spip">« qui provoquent la déforestation et la dégradation des forêts, le déplacement des populations forestières ou la perte de leurs moyens de subsistance ».</em></p>
<p class="spip" align="justify">Il n’y a cependant pas de solution simple pour, à la fois, lutter contre la pauvreté qui entretient un cercle vicieux avec la déforestation, et brider les intérêts des industries d’exportation et le consumérisme des pays riches. La démarche implique <em class="spip">« un ensemble de politiques locales et globales qui doivent par ailleurs être cohérentes entre elles. Cela va de la valorisation des produits issus de l’agriculture et de l’exploitation forestière durables »</em> à des politiques structurelles de redistribution foncière, de soutien aux marchés locaux, d’appui technique à l’agriculture de subsistance et à l’agroforesterie, de développement des rendements agricoles par des méthodes écologiques, de régulation drastique des fronts pionniers dédiés aux cultures d’exportation, de sécurisation juridique du statut des forêts et de leur intégration dans l’aménagement du territoire et la planification de sa gestion, de renforcement des systèmes de contrôle, etc. (Delacote, 2008).</p>
<p class="spip" align="justify">De multiples études indiquent que la productivité des forêts gérées durablement suffirait largement à couvrir l’ensemble de nos besoins. A condition bien sûr, touchons du bois, d’oser mettre en cause les configurations actuelles du commerce mondial, les modes de production sur lesquels il s’appuie et les modèles de consommation qu’il alimente&#8230; Le chantier est immense et complexe, mais, on l’aura compris, la lutte contre la déforestation n’a de sens que couplée aux défis de la crise alimentaire, des changements climatiques, des impasses énergétiques et des inégalités dans le monde.</p>
<h3 class="spip">Bibliographie</h3>
<p class="spip" align="justify"><em class="spip">Alternatives économiques</em> (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation », Paris, n°265.</p>
<p class="spip" align="justify"><em class="spip">Alternatives Sud</em> (2006), « Changements climatiques : impasses et perspectives », Paris-Louvain-la-Neuve, Syllepse-CETRI, Vol. XIII, n°2.</p>
<p class="spip" align="justify">Banque mondiale (2004), www.go.worldbank.org/IEG2T30IS0.</p>
<p class="spip" align="justify">Banque mondiale (2007), « La Banque mondiale recommande une meilleure gestion de la forêt et une utilisation plus soutenue des marchés de CO2 », Communiqué de presse n°2007/114/DEC.</p>
<p class="spip" align="justify">Berthelot J. (2008), « Démêler le vrai du faux sur la flambée des prix agricoles mondiaux », www.france.attac.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Carrere R. et Colchester M. (2005), « The World Bank and forests : a tissue of lies and deception », www.wrm.org.uy.</p>
<p class="spip" align="justify">CIFOR (2008), www.cifor.cgiar.org.</p>
<p class="spip" align="justify">CIRAD (2007), Atelier international sur les politiques forestières et la « déforestation évitée », www.cirad.fr/fr/presse/communique.php ?id=305.</p>
<p class="spip" align="justify">CIRAD (2008), www.cirad.fr/fr/regard_sur/foret.php.</p>
<p class="spip" align="justify">Delacote Ph. (2008), « La pauvreté, terreau de la déforestation », <em class="spip">Alternatives économiques</em>, n°265.</p>
<p class="spip" align="justify">Duterme B. (1999), « Comment la déforestation a aggravé l’ouragan Mitch », <em class="spip">Amérique centrale</em>, édition spéciale.</p>
<p class="spip" align="justify">FAO (2007), <em class="spip">Situation des forêts du monde 2007</em>, Rome.</p>
<p class="spip" align="justify">FAO (2008), www.fao.or/forestry.</p>
<p class="spip" align="justify">Forest People Programme (2008), <em class="spip">Le Fonds de partenariat pour le carbone forestier</em>, Moreton-in-Marsh, Briefing de FPP, février.</p>
<p class="spip" align="justify">Global Forest Watch (2008), www.globalforestwatch.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Griffiths T. (2007), ‘RED’ <em class="spip">Alerte rouge ? La ‘déforestation évitée’ et les droits des peuples autochtones et des communautés locales</em>, Moreton-in-Marsh, FPP.</p>
<p class="spip" align="justify">Houtart F. (2008), <em class="spip">Les agrocarburants</em>, manuscrit à paraître.</p>
<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2003), « Les causes sous-jacentes de l’essor de l’exploitation illégale des bois tropicaux », <em class="spip">Actes du XIIe Congrès forestier mondial</em>, Québec, Bibliothèque nationale du Québec.</p>
<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2006), « Enjeux méconnus de l’économie du bois », <em class="spip">Le Monde diplomatique</em>, juillet.</p>
<p class="spip" align="justify">Karsenty A. (2007), « La conférence de Bali sur le climat – interview », www.pacte-ecologique.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Lamotte Ph. (2008), « Main basse sur les forêts tropicales », <em class="spip">Le Vif/L’Express</em>, 4-10 avril.</p>
<p class="spip" align="justify">Lovera S. (2007), « La disminucion de la deforestación en el Convenio sobre el Clima : ¿se trata de financiar bosques, plantaciones o empresas forestales ? », <em class="spip">Cobertura Forestal</em>, www.globalforestcoalition.org.</p>
<p class="spip" align="justify">National Geographic (2007), « Amazonie : que reste-t-il de la forêt ? », n°89, février.</p>
<p class="spip" align="justify">OIBT (2006), www.itto.or.jp/live/PageDisplayHandler ?pageId=199, 25 mai.</p>
<p class="spip" align="justify">Pirard R. et Karsenty A. (2007), « Changement climatique : faut-il récompenser la ‘déforestation évitée’ ? », <em class="spip">Nature sciences sociétés</em>, 15(4).</p>
<p class="spip" align="justify">Pnud (2000), www.undp.org/povertyreport/exec/french.html.</p>
<p class="spip" align="justify">Reyes O. (2008), « Cuando el dinero crece en los arboles », www.tni.org.</p>
<p class="spip" align="justify">Rossi G. et André V. (2006), « La biodiversité : questions de perspectives », <em class="spip">Annales de géographie</em>, vol. 115, n°651.</p>
<p class="spip" align="justify">United Nations (2008), <em class="spip">Non-legally binding instrument on all types of forests</em>, Resolution adopted by the General Assembly, 62/98.</p>
<p class="spip" align="justify">The Canadian Chamber of Commerce (2007), www.chamber.ca.</p>
<p class="spip" align="justify">World Rainforest Movement (2007), <em class="spip">Transgenic Trees</em>, Montevideo, WRM Briefing.</p>
<p class="spip" align="justify">World Rainforest Movement (2008), www.wrm.org.uy.</p>
<p class="spip" align="justify">Zacharie A. (2008), « Investir dans la souveraineté alimentaire », <em class="spip">Imagine</em>, n°67, mai-juin</p>
</div>
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<h2>Notes</h2>
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<p class="spip_note">[<strong><span>1</span></strong>] Les forêts abriteraient plus de 80% de la biodiversité terrestre (www.worldbank.org Forests and Forestry), deux tiers de toutes les espèces vivantes et le déboisement pourrait être responsable de la disparition de 100 espèces par jour (www.fao.org/forestry).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>2</span></strong>] En mai 2008, le numéro deux du Fonds monétaire international (FMI), John Lipsky, estimait que « le développement des agrocarburants » était « responsable de 70% de la hausse des prix du maïs et de 40% de celle des graines de soja » (Le Soir, 9 mai 2008). En juillet 2008, un nouveau rapport de la Banque mondiale calculait que « le développement des agrocarburants avait provoqué une hausse des prix alimentaires de 75% depuis 2002 » (The Guardian, 5 juillet 2008).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>3</span></strong>] Ce modèle, promu dans le cadre des politiques d’ajustement structurel dès le début des années 1980 et appuyé à partir de 1995 par les règles de l’Organisation mondiale du commerce, a incité les pays en développement à se désengager de l’agriculture vivrière et à se spécialiser dans l’exportation de cultures de rente, comme le coton, le cacao, le café ou les produits miniers, afin de leur permettre d’augmenter leurs recettes, de payer leur dette extérieure et d’importer les excédents alimentaires à bas prix produits par le marché mondial (Zacharie, 2008).</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>4</span></strong>] En 2004, l’extraction de bois rond industriel a atteint 50 millions de m³ en Océanie, 70 millions en Afrique, 170 millions en Amérique latine, 230 millions en Asie, 505 millions en Europe et 620 millions en Amérique du Nord, pour un total mondial de 1,65 milliard de m³.</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>5</span></strong>] Exemples : la convention Cites (1973), signée par 173 Etats, entend contrôler le commerce d’espèces menacées d’extinction ; le certificat FSC (Forest Stewarship Council, 1993), créé par des ONG, des propriétaires forestiers et des industriels du secteur, est délivré aux produits issus d’une « gestion forestière durable et responsable » ; le plan d’action FLEGT (Forest Law Enforcement on Governance and Trade, 2004) de l’Union européenne vise à interdire les importations de bois et de produits forestiers extraits illégalement ; etc.</p>
<p class="spip_note">[<strong><span>6</span></strong>] Si les arbres produisent de l’oxygène et « fixent » le carbone, ils cessent d’en accumuler quand ils arrivent à maturité, voire en rejettent quand ils commencent à se décomposer, donc pas seulement lorsqu’on les coupe. On parle de forêts à bilan carbone positif ou « puits de carbone » (lorsque des jeunes pieds remplacent progressivement les anciens) et de bilan carbone négatif lorsqu’une gestion non durable ne favorise pas le renouvellement ou pire, lorsqu’on procède à des coupes à blanc ou à des déboisements par le feu.</p>
<p class="spip_note" style="text-align: justify;">[<strong><span>7</span></strong>] Certes, les définitions de la « durabilité » varient selon les acteurs… Ainsi celle de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT, organisation qui réunit une soixantaine d’Etats producteurs et consommateurs de bois tropical) peine à dissimuler ses limites : il s’agit de gérer les forêts « sans porter atteinte à leurs valeurs intrinsèques et à leur productivité future et sans entraîner trop d’effets préjudiciables à l’environnement physique et social » (OIBT, 2006).</p>
<p class="spip_note" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://www.cetri.be/spip.php?article847&amp;lang=fr">cetri.be</a></em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’eau dans un monde qui change, le nouveau Rapport mondial des Nations Unies</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Apr 2009 18:53:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
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		<description><![CDATA[par David Naulin La pression sur les ressources en eau s’accroît L’augmentation de la demande, liée notamment à la croissance et à la mobilité de la population, à l’évolution des modes de consommation et aux besoins accrus en énergie, ainsi que les effets déjà perceptibles du changement climatique font peser sur les ressources en eau [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">par  				<a href="http://www.cdurable.info/_David-Naulin_.html">David Naulin</a></h3>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: large;">La pression sur les ressources en eau s’accroît</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/goutte-d-eau.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3325" title="goutte-d-eau" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/goutte-d-eau.jpg" alt="goutte-d-eau" width="318" height="318" /></a>L’augmentation de la demande, liée notamment à la croissance et à la mobilité de la population, à l’évolution des modes de consommation et aux besoins accrus en énergie, ainsi que les effets déjà perceptibles du changement climatique font peser sur les ressources en eau une pression toujours plus grande. C’est ce qui ressort de la troisième édition du Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau.</strong></p>
<div class="texte">
<p class="spip" style="text-align: justify;">Intitulé <em class="spip">L’eau dans un monde qui change</em>, ce rapport a été présenté le 12 mars lors d’un point presse organisé au siège des Nations Unies, à New York, en présence de William Cosgrove, Coordinateur du contenu du rapport. <em class="spip">« Dans un contexte marqué par des pénuries croissantes, une bonne gouvernance est plus que jamais essentielle à la gestion de l’eau. La lutte contre la pauvreté dépend aussi de notre capacité à investir dans cette ressource »</em>, a déclaré le Directeur général, Koïchiro Matsuura, qui présentera officiellement le rapport au nom des Nations Unies le 16 mars à Istanbul.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Il s’agit de l’évaluation des ressources mondiales en eau douce la plus complète à ce jour. S’appuyant sur les conclusions des deux premiers rapports, présentés à Kyoto (Japon) en 2003 et Mexico (Mexique) en 2006, cette nouvelle édition insiste sur le rôle joué par l’eau dans le développement et la croissance économique. Elle examine par ailleurs un ensemble de sujets comme la croissance démographique, le changement climatique, la modification des écosystèmes, la production d’aliments, la santé, l’industrie et l’énergie, ainsi que les biocarburants ou encore l’importance des eaux souterraines. Des études de cas portant sur certaines villes, régions ou pays (Istanbul, Cameroun, Espagne, Pays-Bas, Soudan, Swaziland et les bassins de La Plata et du lac Merin) complètent cet ouvrage.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Ce document s’inscrit dans un projet d’évaluation mondial visant à mesurer les progrès réalisés à l’aune des objectifs du Millénaire pour le développement. Dans la Déclaration du Millénaire des Nations Unies, adoptée en 2000, la communauté internationale s’est engagée à réduire de moitié, entre 2000 et 2015, la proportion de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable et à mettre fin à l’exploitation irrationnelle des ressources en eau.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Coordonné par le Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau (WWAP), le rapport est le fruit du travail des 24 agences et entités des Nations Unies qui composent l’ONU-Eau. Il est produit tous les trois ans par le WWAP, dont le secrétariat est hébergé par l’UNESCO. Cette troisième édition sera officiellement présentée à l’ouverture du 5 ème Forum mondial de l’eau par le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, au nom des agences des Nations Unies.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span id="more-3322"></span><span style="font-size: medium;"><strong>Synthèse du rapport : l’eau dans un monde qui change</strong></span></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Accès à l’eau</strong> : Premier constat dressé par les auteurs du rapport : l’accès aux services de base liés à l’eau (eau potable, assainissement et production alimentaire) demeure insuffisant pour une large part du monde en développement. <strong class="spip">On estime à plus de cinq milliards (67% de la population mondiale) le nombre de personnes qui ne disposeront pas d’un accès à des installations sanitaires décentes en 2030</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans ce contexte, la perspective d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à l’eau et l’assainissement d’ici 2015 est à la fois prometteuse et alarmante. Si les tendances actuelles suggèrent que plus de 90% de la population mondiale utiliseront des sources d’eau potable salubre d’ici cette échéance. L’objectif du Millénaire pour le développement concernant l’eau potable est donc en bonne voie, sauf en Afrique sub-saharienne où 340 millions d’Africains ne bénéficient pas d’un accès à une eau potable salubre.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En revanche, le monde est loin d’atteindre l’objectif relatif à l’assainissement. Ainsi, près de 500 millions de personnes n’ont pas accès à des installations sanitaires décentes en Afrique, parmi bien d’autres régions également en retard dans ce domaine.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le lien entre pauvreté et ressources en eau est évident : le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour coïncide approximativement avec celui des personnes qui n’ont pas accès à une eau potable salubre.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Cette situation a des conséquences sanitaires majeures. On estime en effet que dans les pays en développement, 80% des maladies sont liées à l’eau et causent la mort prématurée de trois millions de personnes chaque année. A titre d’exemple, 5 000 enfants meurent chaque jour de diarrhée, soit un toutes les 17 secondes. Au total, un dixième des maladies au niveau mondial pourraient être évitées grâce à une amélioration de l’approvisionnement, de l’assainissement, de l’hygiène et de la gestion des ressources en eau.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Les pressions sur la demande</strong> : Tandis qu’une partie de la population reste privée d’un accès satisfaisant à l’eau, la demande pour cette ressource n’a jamais été aussi forte. Les prélèvements d’eau douce ont en effet triplé depuis 50 ans et les zones irriguées ont doublé pendant la même période. Ce phénomène de fond est notamment lié à la croissance de la population. Aujourd’hui de 6,6 milliards, elle augmente de près de 80 millions de personnes chaque année. Cela se traduit par une demande supplémentaire en eau de 64 milliards de mètres cube par an. Or, 90% des trois milliards de personnes supplémentaires qui viendront grossir la population d’ici 2050 vivront dans des pays en développement, pour beaucoup dans des régions où la population actuelle dispose déjà d’un accès restreint à l’eau.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La croissance démographique se traduit par des besoins accrus en produits agricoles et donc des besoins croissants en eau. L’agriculture demeure le secteur le plus gourmand en eau puisqu’il représente à lui seul 70% de l’ensemble de la consommation (contre 20% pour l’industrie et 10% pour les besoins domestiques). Si rien n’est fait pour rationnaliser son utilisation dans l’agriculture, les besoins en eau devraient augmenter de 70 à 90% d’ici 2050 alors même qu’un certain nombre de pays atteignent déjà les limites de leurs ressources en eau.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Parallèlement, ces dernières années ont été marquées par une évolution des modes de consommation alimentaire, qui s’est traduite notamment par une plus forte demande en viande et en produits laitiers dans les pays émergents. Or, si la production d’un kilo de blé nécessite de 800 à 4000 litres d’eau, un kilo de viande de bœuf en demande entre 2000 et 16 000 litres. On estime que le consommateur chinois qui mangeait 20 kilos de viande par an en 1985 en consommera 50 kilos en 2009, ce qui se traduira par un besoin supplémentaire en eau de 390 km3. A titre de comparaison, en 2002, la consommation de viande/habitant était de 76 kilos en Suède et de 125 kilos aux Etats-Unis.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La production de biocarburant, qui s’est intensifiée ces dernières années, a également pesé de manière significative sur la demande en eau. La production d’éthanol, soit 77 milliards de litres en 2008, a triplé entre 2000 et 2007 et devrait atteindre 127 milliards de litres en 2017. Le Brésil et les Etats-Unis, qui assurent 77% de la demande mondiale, en sont les principaux producteurs. En 2007, 23% de la production de maïs des Etats-Unis et 54% de la récolte de canne à sucre au Brésil ont été utilisés pour produire de l’éthanol. Dans l’Union européenne, 47% de la production d’huile végétale a servi à produire du biodiesel en 2008.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Malgré l’augmentation des surfaces consacrées à la production de biocarburants, la part de ces derniers dans l’utilisation des carburants reste faible. En 2008, la part de l’éthanol dans les carburants utilisés dans les transports est estimée à 4,5% aux Etats-Unis, 40% au Brésil et 2,2% dans l’Union européenne. S’ils permettent de réduire la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, les biocarburants, compte-tenu de la technologie déployée pour leur production, soulignent les auteurs du rapport, peuvent avoir un impact disproportionné sur l’environnement et la biodiversité parce que leurs cultures nécessitent l’utilisation de grandes quantités d’engrais et de beaucoup d’eau. Entre 1000 et 4000 litres d’eau sont en effet nécessaires pour produire un seul litre de biocarburant.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Par ailleurs, les besoins en énergie se développent à un rythme accéléré, ce qui devrait accentuer également la demande en eau. On estime en effet que la demande mondiale d’énergie pourrait augmenter de 55% d’ici 2030. La Chine et l’Inde devraient représenter 45% de cette augmentation. La production hydroélectrique devrait progresser à un rythme annuel moyen de 1,7% entre 2004 et 2030, soit une augmentation globale de 60% durant cette période.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Critiqués pour leur forte empreinte écologique et les déplacements de populations qu’ils occasionnent, les barrages apparaissent pour beaucoup comme une solution, dans un contexte marqué par la raréfaction des énergies fossiles et la nécessité de recourir à des sources d’énergie plus propres. C’est notamment le cas dans les pays en développement, qui disposent d’un fort potentiel dans ce domaine.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Les effets du changement climatique</strong> : La communauté scientifique s’accorde à prévoir une intensification et une accélération du cycle hydrologique à l’échelle de la planète liées au réchauffement de la planète. Cette intensification pourrait se traduire par une augmentation des niveaux d’évaporation et des précipitations. Si les effets de ces changements sur les ressources en eau demeurent encore largement incertains, on s’attend à ce que le manque d’eau ait des répercussions sur la qualité de l’eau et sur la fréquence de phénomènes tels que les sécheresses ou les inondations.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En 2030, 47% de la population vivra dans des régions déjà soumises à un fort stress hydrique. En Afrique, entre 75 et 250 millions de personnes seront confrontées en 2020 à des pénuries croissantes liées au changement climatique. La pénurie que connaîtront certaines régions arides et semi-arides aura un impact décisif sur les migrations. On estime de 24 à 700 millions de personnes qui pourraient être forcées de migrer pour des raisons liées à l’eau.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Investir dans l’eau</strong> : Selon les auteurs du rapport, les pays riches ne sont pas les seuls à devoir investir dans le secteur de l’eau. La prospérité à venir dépend en partie des investissements effectués dans le secteur de l’eau. Le développement des ressources en eau est en effet un élément clé du développement économique et social.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Investir dans l’eau se révèle payant à différents niveaux. On estime en effet que chaque dollar investi pour améliorer l’accès à l’eau se traduit par des gains de 3 à 34 dollars des Etats-Unis. A contrario, lorsque l’investissement est faible, le produit intérieur brut (PIB) peut en être affecté jusqu’à concurrence de 10%. Sur le continent africain, les pertes engendrées par le manque d’accès à une eau de qualité et à des infrastructures sanitaires de base sont estimées à quelque 28,4 milliards de dollars par an, soit près de 5% du PIB.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’investissement dans les infrastructures d’adduction d’eau est également payant pour l’environnement. Aujourd’hui, plus de 80% des eaux usées dans les pays en développement sont rejetées sans subir aucun traitement, polluant les rivières, les lacs, ou les rivages dans lesquels elles se déversent.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Aussi rentables soient-ils, ces investissements ont aussi un coût. On estime que remplacer les infrastructures vieillissantes dans les pays industrialisés pourrait coûter jusqu’à 200 milliards de dollars par an.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’eau est l’une des questions clé, parmi d’autres, que les pays en développement doivent affronter. Pourtant, compte-tenu des bénéfices que l’on peut attendre de l’investissement dans les infrastructures liées à l’eau et du développement des capacités dans le secteur, le pourcentage du budget consacré par les gouvernements et l’aide publique à ces domaines est inadéquat. Ainsi, l’aide publique au développement allouée au secteur de l’eau dans son ensemble est en diminution et ne représente que près de 5% du flux total de l’aide.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Corruption</strong> : La corruption dans le domaine de l’eau pourrait alourdir les coûts des investissements nécessaires pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à l’eau de près de 50 milliards de dollars.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Volumes de consommation falsifiés, favoritisme dans la commande d’équipement, népotisme dans l’attribution des marchés publics sont les formes de corruption les plus répandues. Selon certaines études, jusqu’à 30% des budgets consacrés à l’eau pourraient faire l’objet de détournement dans certains pays. Pourtant, il est rare que ces pratiques soient combattues. Certains pays ont toutefois pris des initiatives pour lutter contre ce phénomène, comme l’indique le rapport qui cite plusieurs exemples. Donateurs et investisseurs sont conscients de ces pratiques et la plupart des agences d’aide au développement ont choisi de se concentrer sur des pays peu touchés par la corruption.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Mieux gérer l’eau</strong> : Confrontés à des pénuries croissantes, certains pays ont déjà commencé à intégrer leur stratégie de gestion des ressources en eau à leur plan de développement. C’est notamment le cas de la Zambie. Suite à cette intégration de l’eau dans le plan de développement national, de nombreux donateurs ont incorporé des investissements relatifs à l’eau dans l’aide qu’ils accordent à ce pays.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le projet d’Anatolie du Sud-Est (GAP) en Turquie est un projet de développement multisectoriel visant à augmenter les revenus dans cette région moins développée. Le coût total du GAP est estimé à 32 milliards de dollars. Dix-sept milliards ont été investis jusqu’ici. Les revenus par fermier ont triplé avec le développement de l’irrigation. L’électrification dans les zones rurales a atteint 90%, les taux d’alphabétisation ont augmenté, les taux de mortalité infantile ont baissé, le nombre des entreprises a doublé et un système plus juste de propriété des sols s’applique désormais aux zones irriguées. Les zones urbaines desservies par l’eau ont quadruplé. De fait, la région a cessé d’être la moins développée du pays.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">L’Australie a également amorcé un virage dans sa politique. Ce changement s’est traduit par différentes mesures. Des restrictions ont été mises en place (arrosage des jardins, lavage de voitures, remplissage des piscines…) dans toutes les grandes villes australiennes. A Sydney, un double système de distribution a été mis en place en 2008 avec d’une part un circuit qui achemine l’eau potable, de l’autre un circuit distribuant une eau impropre à la consommation mais disponible pour d’autres usages.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Les réseaux de distribution urbains comme les dispositifs d’irrigation se révèlent largement inefficaces si on les juge à l’aune des quantités d’eau gaspillées. Dans la région méditerranéenne, on estime que 25% de l’eau acheminée dans les zones urbaines et 20% de celle qui transite par les canaux d’irrigation se perd. Or, une partie au moins de ces pertes est évitable. Des villes comme Rabat (Maroc) ou Tunis (Tunisie) sont parvenues à réduire leurs pertes de 10%. Des programmes de détection des fuites sont également expérimentés à Bangkok (Thaïlande) et Manille (Philippines). Les procédés de traitement de l’eau peuvent également permettre d’améliorer l’offre. Le recyclage des eaux usées à des fins agricoles est déjà pratiqué par certains pays. Il reste cependant limité, sauf dans les pays disposant de ressources en eau très réduites. Ainsi, 40% des besoins de Gaza (Territoires palestiniens), 15% de ceux d’Israël et 16% de ceux de l’Egypte sont couverts par le recyclage des eaux usées.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">La désalinisation de l’eau de mer est un autre procédé utilisé dans les régions arides. Il est utilisé pour obtenir de l’eau potable (24%) et pour les besoins de l’industrie (9%), dans des pays qui atteignent les limites de leurs ressources renouvelables (Arabie saoudite, Israël, Chypre…).</p>
<hr />
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em><strong>En complément de notre article consacré à la sortie du nouveau rapport de l’ONU intitulé &laquo;&nbsp;L’eau dans un monde qui change&nbsp;&raquo; nous vous proposons de découvrir les chiffres clés qui y sont révélés. <span class="spip">« Dans un contexte marqué par des pénuries croissantes, une bonne gouvernance est plus que jamais essentielle à la gestion de l’eau. La lutte contre la pauvreté dépend aussi de notre capacité à investir dans cette ressource »</span>, a déclaré le Directeur général, Koïchiro Matsuura, qui présentera officiellement le rapport au nom des Nations Unies le 16 mars à Istanbul.</strong></em></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><em><strong></strong></em></p>
<hr />
<h3 style="text-align: center;">Cycle de l’eau</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">79 % du total des précipitations terrestres tombent sur les océans, 2 % sur les lacs et 19 % seulement sur les terres émergées. 2 200 km3 (2 %) s’infiltrent dans nos nappes souterraines</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Globalement, les deux tiers des précipitations environ retournent dans l’atmosphère. D’un point de vue régional, l’Amérique latine est la plus riche en eau, avec environ un tiers des ruissellements mondiaux. L’Asie vient ensuite, avec un quart des ruissellements, suivie par les pays de l’OCDE (20 %), l’Afrique subsaharienne et l’ex-Union soviétique, chacune avec 10 %. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les moins bien lotis (1 % seulement des ruissellements mondiaux).</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Principaux utilisateurs</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> En volume utilisé, <strong class="spip">les dix principaux pays consommateurs d’eau sont l’Inde, la Chine, les États-Unis, le Pakistan, le Japon, la Thaïlande, l’Indonésie, le Bangladesh, le Mexique et la Fédération de Russie</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La consommation nationale s’échelonne de 646 km3/an en Inde à moins de 30 km3/an au Cap-Vert ou en République centrafricaine.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> 99 % des 4 000 km3/an prélevés pour l’irrigation, les besoins domestiques, l’industrie et l’énergie proviennent de sources renouvelables, qu’elles soient superficielles ou souterraines. Le reste (1 %) provient d’aquifères fossiles non renouvelables, situés pour l’essentiel dans trois pays : l’Arabie saoudite, la Libye et l’Algérie.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Les eaux souterraines représentent déjà 20 % du total des prélèvements, qui augmentent rapidement, surtout dans les zones arides. <strong class="spip">Les ponctions dans les nappes phréatiques ont été multipliées par 5 au XXe siècle</strong>.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Maladies liées à l’eau</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> L’approvisionnement en eau &#8211; qu’il s’agisse de l’eau utilisée pour la consommation humaine, de celle utilisée pour l’assainissement ou la production alimentaire &#8211; reste insuffisant dans une large partie du monde en développement : <strong class="spip">plus de 5 milliards de personnes (67 % de la population mondiale) n’auront sans doute toujours pas accès en 2030 à un système d’assainissement décent</strong> (OCDE, 2008).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Près de 340 millions d’Africains n’ont pas accès à une eau potable salubre</strong> et près de 500 millions ne bénéficient d’un système d’assainissement décent.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">80 % des maladies des pays en développement sont liées à l’eau :  elles font chaque année près d’1,7 million de morts</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> On estime à 3 millions le nombre de personnes qui meurent prématurément chaque année de maladies liées à l’eau dans les pays en développement.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">5 000 enfants décèdent chaque jour de diarrhée, soit un toutes les 17 secondes</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> 1,4 million d’enfants meurent de diarrhée chaque année, des décès qui pourraient souvent être évités.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Près du dixième des maladies dans le monde pourraient être évitées en améliorant l’approvisionnement en eau, l’assainissement, l’hygiène et la gestion des ressources en eau.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Eau et alimentation</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> L’eau est indispensable à la production alimentaire. <strong class="spip">L’agriculture est de loin le premier utilisateur d’eau, absorbant quelque 70 % de la consommation totale</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Les usages industriel et domestique ne représentent respectivement que 20 % et 10 % seulement de la consommation totale d’eau.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Les surfaces irriguées ont doublé et les prélèvements d’eau ont triplé depuis 50 ans</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Si l’agriculture n’améliore pas sa façon d’utiliser l’eau, la demande mondiale pour ce secteur passera, selon toute probabilité, de 70 à 90 % de la consommation totale</strong> (Comprehensive Assessment of Water Management in Agriculture, 2007)</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Les besoins journaliers en eau vont de 2 000 à 5 000 litres d’eau par personne et par jour</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La question à se poser n’est pas « combien d’eau buvons-nous ? » (une moyenne de 2 à 5 litres par jour dans les pays développés), mais plutôt « combien d’eau mangeons-nous ? » (3 000 litres par jour dans les pays riches, selon une estimation).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Il faut en effet 800 à 4 000 litres d’eau pour produire un kilo de blé et 2 000 à 16 000 litres d’eau pour produire la même quantité de viande de boeuf</strong>.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> En 2002, la Suède a consommé 76 kg de viande par personne et les États-Unis 125 kg.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> On estime que le consommateur chinois, qui mangeait 20 kg de viande en 1985, dévorera plus de 50 kg en 2009. La demande de céréales va augmenter en conséquence. Or il faut 1 000 litres d’eau pour produire 1 kg de céréales. Cela signifie qu’il faudra 390 km3 d’eau supplémentaires pour couvrir ces nouveaux besoins.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Croissance démographique</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Estimée aujourd’hui à 6,6 milliards, la population mondiale croît d’environ 80 millions chaque année</strong>. La demande d’eau douce devrait donc augmenter aussi, d’environ 64 milliards de mètres cubes par an.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> On estime que 90 % des 3 milliards d’habitants qui s’ajouteront à la population du monde d’ici 2050 se trouveront dans les pays en développement, principalement dans des régions où, actuellement, la population ne bénéficie pas d’un accès correct à l’eau potable et à l’assainissement.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Plus de 60 % de l’accroissement démographique entre 2008 et 2010 se produira en Afrique subsaharienne (32 %) et en Asie du Sud (30 %), qui, à elles deux, devraient abriter la moitié de la population mondiale en 2100.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Croissance urbaine</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Si la population urbaine mondiale a connu au XXe siècle une progression éclair, passant de 220 millions à 2,8 milliards, les prochaines décennies verront une vitesse d’urbanisation sans précédent dans le monde en développement.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La population des agglomérations devrait croître d’environ 1,8 milliard (entre 2005 et 2030) jusqu’à représenter environ 60 % de la population mondiale. Près de 95 % de cette croissance devrait se produire dans les pays en développement.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Migrations</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> On estime aujourd’hui à 192 millions le nombre de migrants dans le monde – ils étaient 176 millions en 2000. Les pressions migratoires devraient à l’avenir s’exercer surtout sur les zones côtières, qui abritent 15 des 20 mégalopoles mondiales. Le monde comptera davantage de personnes vivant dans des zones urbaines et côtières vulnérables au siècle prochain.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Les estimations sur le nombre de personnes qui pourraient être déplacées à cause de facteurs liés à l’eau varient de 24 millions à 700 millions.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Objectifs du Millénaire des Nations Unies pour le développement</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Accès à l’eau potable</strong> : Au vu des tendances actuelles, plus de 90 % de la population mondiale aura accès à des sources d’eau potable plus satisfaisantes d’ici 2015.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong class="spip">Assainissement</strong> : Entre 1990 et 2006, la proportion de la population qui n’avait pas accès à un système d’assainissement adéquat n’a reculé que d’environ 8 points de pourcentage. Compte tenu des tendances actuelles, le nombre de personnes qui ne bénéficieront pas d’un système d’assainissement satisfaisant en 2015 n’aura que légèrement baissé, passant à 2,4 milliards.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Il faudra doubler les efforts actuels pour atteindre l’objectif en matière d’assainissement. Dans le cas contraire, 2,4 milliards de personnes dans le monde n’auront toujours pas accès à ces services vitaux.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar US par jour correspond peu ou prou à celui des personnes qui n’ont pas accès à une eau potable saine. Le nombre de personnes vivant avec moins de 2 dollars US par jour (environ 2,8 milliards) correspond peu ou prou à celui des personnes qui n’ont pas accès à un système d’assainissement décent.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Changements climatiques</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> En 2007, la Conférence sur les changements climatiques organisée par les Nations Unies à Bali (Indonésie) a reconnu que même si se vérifiait la prédiction minimale pour le XXIe siècle, à savoir un changement climatique d’au moins le double du réchauffement intervenu depuis 1990 (égal à 0,6°C), cela provoquerait des bouleversements considérables.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> 85 % de la population mondiale réside actuellement dans la moitié la plus aride de la Terre. En 2030, 47 % de la population mondiale vivra dans des zones soumises à des stress hydriques importants.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Rien qu’en Afrique, d’ici 2020, 75 à 250 millions de personnes pourraient être exposées à un stress hydrique accru du fait des changements climatiques. Ajoutée à une demande d’eau croissante, cette situation affectera les moyens d’existence et exacerbera les problèmes liés à l’eau (GIEC, 2007).</p>
<p class="spip" style="text-align: center;"><strong class="spip">Bénéfices des investissements dans l’eau</strong></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> On estime que chaque dollar US investi dans l’amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement produit entre 3 et 34 dollars de bénéfices.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Pour la seule Afrique, les pertes économiques globales induites par l’absence d’accès à une eau vraiment potable et à un système d’assainissement décent sont estimées à quelque 28,4 milliards de dollars EU par an – environ 5 % du PIB (OMS, 2006).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Selon une étude portant sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, la réduction des nappes phréatiques semble avoir provoqué une baisse du PIB de certains pays : de 2,1 % en Jordanie, 1,5 % au Yémen, 1,3 % en Égypte et 1,2 % en Tunisie.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> En Chine, les réformes apportées à la gestion de l’eau ont produit des améliorations mesurables en termes de PIB local. Les 335 districts qui ont achevé leur électrification primaire grâce à l’énergie hydroélectrique ont vu leur PIB doubler par rapport à ceux qui n’ont pas de production d’électricité rurale. Le revenu annuel moyen par agriculteur a progressé de 8,1 % par an, près de 3 % de plus que la moyenne nationale.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Stockage de l’eau</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Le stockage de l’eau permet de disposer de sources fiables pour l’irrigation, l’approvisionnement en eau et l’énergie hydraulique, ainsi que d’une protection contre les inondations. Dans les pays développés, il n’est pas rare que 70 % à 90 % des flux annuels soient fournis par les réservoirs de stockage.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Seuls 4 % environ des ressources renouvelables annuelles de l’Afrique sont stockés.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Il y aurait actuellement plus de 50 000 grands barrages et 100 000 barrages de moindre importance pour un total d’1 million de barrages dans le monde. La capacité totale créée par ces barrages est estimée à 7 000 km3 environ. Quelque 350 grands réservoirs sont actuellement en construction en Chine, en Inde, en Asie du Sud-Est, en Iran et en Turquie.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Secteur privé</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Le nombre de personnes dont l’accès à l’eau dépend du secteur privé est passé d’environ 50 millions en 1990 à environ 300 millions en 2002 (RMDH, 2006).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Plus de 70 % des investissements mondiaux sont le fait du secteur public. Moins de 3 % de la population des pays en développement sont alimentés par des sociétés privées ou mixtes.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Eau virtuelle</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Tous les pays importent et exportent de l’eau sous forme virtuelle, c’est-à-dire sous forme de produits agricoles et industriels. Le volume mondial des flux d’eau virtuelle est de 1625 Gm3/an.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Environ 80 % des flux d’eau virtuelle sont liés au commerce de produits agricoles. On estime que 16 % des problèmes de réduction et de pollution des ressources hydrauliques dans le monde sont dus à la production pour l’exportation. Le prix des marchandises tient rarement compte des coûts de l’utilisation de l’eau par les pays producteurs.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Un exemple : le Mexique importe du blé, du maïs et du sorgho des États-Unis, qui utilisent pour ce faire 7,1 Gm3 d’eau par an. S’ils étaient produits au Mexique, les besoins en eau seraient de 15,6 Gm3/an. Les économies mondiales d’eau résultant du commerce international de l’eau virtuelle dans les produits agricoles équivalent à 6 % du volume mondial d’eau utilisé pour la production agricole.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Énergie</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la demande mondiale d’énergie devrait augmenter d’au moins 55% d’ici 2030. La Chine et l’Inde représenteraient à elles seules environ 45 % de cette augmentation totale et les pays en développement, 74 %.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La production d’hydroélectricité devrait croître au rythme annuel moyen de 1,7 % entre 2004 et 2030, soit une progression globale de 60 %.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Biocarburants</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La production de bioéthanol a triplé entre 2000 et 2007, passant à 77 milliards de litres en 2008, selon les estimations. Le Brésil et les États-Unis sont les principaux producteurs avec 77 % de la production mondiale. La production de biodiesel à partir d’huile végétale a été multipliée par 11 entre 2000 et 2007. L’Union européenne y contribue à 67 % (OCDE-FAO, 2008).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La production mondiale d’éthanol devrait atteindre 127 milliards de litres en 2017.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> En 2007, 23 % de la production de maïs des États-Unis allait à la production d’éthanol, ainsi que 54 % de la canne à sucre produite au Brésil. Dans l’Union européenne, environ 47 % de la production d’huile végétale était absorbée par la production de biodiesel.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La part de l’éthanol dans le marché des carburants pour le transport de ces pays en 2008 était estimée à 4,5 % aux États-Unis, 40 % au Brésil et 2,2 % dans l’UE.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Près du cinquième du maïs produit aux États-Unis servait à la production d’éthanol en 2006-2007, mais il ne remplaçait que 3 % environ de l’essence consommée dans le pays (Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde, 2008).</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Corruption</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> La corruption qui règne dans le secteur de l’eau est susceptible de renchérir de près de 50 milliards de dollars EU le coût des investissements nécessaires à la réalisation des OMD relatifs à l’accès à l’eau et à l’assainissement (Rapport mondial sur la corruption, 2008).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Parmi les cas de corruption les plus courants figurent la falsification des volumes consommés, les malversations dans le choix des sites de forage, et la collusion et le favoritisme dans l’obtention des marchés publics.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Jusqu’à 30 % des budgets peuvent être détournés dans certains pays pour cause de corruption.</p>
<h3 class="spip" style="text-align: center;">Recyclage</h3>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Le recyclage des eaux usées urbaines dans l’agriculture reste limité, sauf dans de rares pays aux très faibles ressources en eau : il représente 40 % de l’eau consommée dans les Territoires palestiniens et à Gaza, 15 % en Israël et 16 % en Égypte où l’on récupère les eaux de drainage.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><img style="height: 11px; width: 8px;" src="http://cdurable.info/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11" /> Le dessalement est de plus en plus abordable. On y recourt principalement pour produire de l’eau potable (24 %), ainsi qu’à des fins industrielles (9 %), dans les pays qui ont atteint les limites de leurs ressources en eau renouvelables (Arabie saoudite, Israël, Chypre, etc.). Il ne représentait que 0,4 % de l’approvisionnement total en eau en 2004, mais devrait doubler d’ici à 2025.</p>
<p class="spip" style="text-align: right;"><em>Source : <a href="http://cdurable.info/L-eau-dans-un-monde-qui-change-Nouveau-Rapport-Mondial-des-Nations-Unies-2009,1588.html">cdurable.info</a></em></p>
</div>
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		<title>La cécité écologique</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Mar 2009 19:50:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Michel Tarrier, le 20 mars 2009. « Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux. » (Karl Marx) « Le capitalisme a le pouvoir de transformer en drogue, immédiatement et continuellement, le venin qui lui est lancé au visage, et de s’en délecter. » (Bertolt Brecht) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;"><em>Par <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?auteur346&amp;PHPSESSID=e94f487da8e3df2110e86853b7f5edda" target="_blank">Michel Tarrier</a>, le 20 mars 2009.</em></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Le comportement borné des hommes en face de la nature conditionne leur comportement borné entre eux. »</strong><br />
(Karl Marx)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Le capitalisme a le pouvoir de transformer en drogue, immédiatement et continuellement, le venin qui lui est lancé au visage, et de s’en délecter. »</strong><br />
(Bertolt Brecht)</p>
<div id="attachment_3158" class="wp-caption alignright" style="width: 350px"><img class="size-full wp-image-3158" title="exhortation-in-red-ring" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/exhortation-in-red-ring.jpg" alt="Illustration de Veer Munshi : &quot;Exhortation in red ring&quot;" width="340" height="414" /><p class="wp-caption-text">Illustration de Veer Munshi : &quot;Exhortation in red ring&quot;</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tout au long des trois derniers siècles, puis avec une acuité hors pair au fil des dernières décennies, prophète du progrès matériel, reniant toute connaissance intuitive et « illuminée », le mode occidental, l’américanisation et son image exportée, ont redéfini le monde autour d’eux.<br />
Si vivre, c’est &laquo;&nbsp;in primis&nbsp;&raquo; préférer et exclure, nous n’avons pas failli à cette interprétation.<br />
Le résultat est une désolation de la biosphère, une violation de ce monde et de nous-mêmes.<br />
Mais ceci n’est rien pour un système « mariole », fondé sur le déni, qui se gausse de tout parce qu’il a l’intime conviction que les richesses acquises dans un rapport de force des plus dégueulasses serviront de privilège à la survie.<br />
Par contre, une irréfutable leçon est donnée par le réchauffement climatique, plafonnement définitif de la notion de croissance, preuve par neuf de l’irréversibilité d’un développement empirique.<br />
C’est une claque bien méritée.<br />
Il en est donc fini de plastronner et Monsanto peut toujours envoyer sa police des gènes dans le champ du voisin qui n’avait rien demandé !<br />
Au moment où un maître du monde allait s’approprier les semences de la vie et en finir avec les abeilles et les coccinelles, dites bêtes à bon dieu, nous faisant, une fois de plus, accroire que c’était pour sauver l’humanité, le ciel nous tombe sur la tête.</strong></p>
<p align="justify">Originellement, toutes causes pouvant entraîner une crise écologique étaient évidemment naturelles. Présentement, la responsabilité anthropique se profile presque toujours à l’horizon, y compris dans ce que les journaux titrent complaisamment de catastrophes « naturelles ». Même quand la responsabilité humaine n’est pas le phénomène déclencheur, son influence suffit à conférer une plus grande amplitude au désastre. C’est un point de vue illustré par des exemples probants. Le 6 janvier 2007, une secousse de 3,1 sur l’échelle de Richter fut ressentie depuis la région suisse de Bâle jusqu’en Alsace. Elle faisait suite à un premier séisme de magnitude 3,4 datée du 8 décembre, suivi d’une réplique de magnitude 2,5 le 15 décembre suivant. Ces frémissements de l’écorce terrestre étaient liés à la construction d’une méga centrale géothermique. Les responsables ont reconnu que l’injection d’eau sous haute pression à 5000 mètres de profondeur avait provoqué ces secousses. Et reparlons des effets du dernier tsunami dans l’océan Indien, démultipliés par la dégradation côtière occasionnée par des activités spéculatives, spécialement la dommageable néantisation de la mangrove protectrice. Reparlons aussi des inondations meurtrières en Haïti ou à Madagascar, dont le déboisement et ses effets érosifs impliquent de violents lessivages ; sans omettre de citer les incendies forestiers répétitifs et sans commune mesure avec ceux naturels et sporadiques qui sont parfaitement salutaires aux écosystèmes. Il est ainsi très aisé de prédire les prochains cataclysmes favorisés par l’action humaine, et même d’en pronostiquer potentiellement l’impact de dangerosité. Nous avons tant l’habitude de jouer avec le feu que la politique de la terre brûlée est un symptôme chronique, presque familier. Stratégiquement, cette tactique de la terre brûlée est une solution de la dernière chance qui consiste à avancer en détruisant tout derrière soi, afin de ne donner aucune chance de ravitaillement à l’ennemi. Comble du crétinisme, notre ennemi est donc nous-mêmes ! On vient seulement de s’en apercevoir et de se rappeler que nous avons éthologiquement mal évolué depuis nos ancêtres les Gaulois. La sympathie que nous éprouvons pour Astérix tiendrait donc de l’effet nostalgique ?<span id="more-3157"></span></p>
<p align="justify">Les catastrophes naturelles doivent être interprétées afin de mesurer comment notre impact intentionnel y préside. Séismes, éruptions volcaniques, inondations, glissements de terrain, raz-de-marée, ouragans, tempêtes, incendies, canicules et tous phénomènes naturels de grande ampleur ayant une incidence destructrice, sont parties prenantes de nos actions, tant en amont qu’en aval. En amont, notre dégradation du milieu les induit ou les amplifie ; en aval, notre manque de prévoyance nous rend impuissants. Souvenons-nous, par exemple, des violentes et légitimes polémiques animées en leur temps par Haroun Tazieff, en matière d’absence de constructions antisismiques, ou de manque de prévision rationnelle en cas d’éruptions volcaniques. Maintenant que « nous savons », on peut s’interroger sur les raisons pour lesquelles nous nous acharnons allègrement à construire, puis reconstruire, des mégapoles en des sites exposés ? Si la pensée urbanistique des décideurs politiques se limite à la représentation du temps historique d’un mandat électoral, ou tout au plus de quelques générations, les géologues sont là pour les remettre dans la relativité géophysique. Si notre progrès à la fois détruit et ne permet pas de sauver par anticipation, il est vraiment délétère. L’habitude monothéiste à penser que la Nature est domesticable et domestiquée, taillable et corvéable à merci, a de lourdes conséquences. En matière de gouvernance environnementale, et de discrédit de l’autre sexe, de l’autre race, de l’autre espèce, le poids des religions fut vraiment celui d’une enclume. Quand ça tourne mal, c’est la légitimation morale de la sanction qui prend le relais de nos délinquances économiques et de nos coupables incompétences. On s’envole dans les égarements émotionnels, on se repend des fléaux que nous avons provoqués en invoquant malédictions et calamités d’une Terre en colère, on fait sortir de la trousse théologique un dieu courroucé et acariâtre comme s’il s’agissait d’une entité humaine ! <em>Deus ex machina</em> ! C’est l’Âge de fer, ou plus exactement un temps féodal et théocratique. Selon Michael Marcavage, directeur de l’organisation évangéliste <em>Repent America</em>, l’ouragan Katrina de 2005 était une « <em>action de Dieu</em> » visant à détruire « <em>une ville pécheresse</em> » où devait se tenir un festival homosexuel ! Quant à la vision du rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux israélien Shass, elle portait sur un châtiment de Dieu consécutif à l’approbation par George W. Bush d’un démantèlement des colonies juives de la bande de Gaza ! Les pertes occasionnées par l’ouragan portaient essentiellement sur le fait que la Nouvelle-Orléans, encerclée de trois côtés par l’eau, a été construite en dessous du niveau de la mer et que sa protection contre les inondations permanentes est assurée par un système de digues et de pompes dont la prévention était rendue inefficace par un manque chronique d’investissements, notamment au niveau des quartiers nécessiteux, tel le Lower Ninth Ward. Lors de la catastrophe, la pesanteur des secours apportés et la sempiternelle ségrégation raciale furent au banc des accusés. La grande majorité des victimes était les déshérités d’origine afro-américaine, sans possibilité de s’échapper, voire refoulés des supermarchés des quartiers blancs qui pouvaient leur servir d’abris. Un vrai désastre basé sur le mensonge et amplifié par les règles iniques du capitalisme.</p>
<p align="justify">Le sentiment de la crainte de Dieu, garant inventé de notre vie, fut probablement l’un des thèmes magistraux de la philosophie. De Kierkegaard à Heidegger, les philosophes s’en défendaient, avouant même en cherchant à s’en affranchir qu’ils n’en n’étaient pas indemnes. « <em>Avoir peur de Dieu, de la mort, de la maladie, de soi-même, n’explique en rien le phénomène de peur. La peur étant primordiale, elle peut être présente aussi sans ces objets</em> » disait Cioran. Et si au moins cette théologie de la peur et d’une punition divine nous enseignait implicitement l’obéissance aux lois de la Nature. Mais il n’en est rien et nous continuons à faire nos « <em>cochoncetés en toute quiétude sous prétexte qu’on nous a béni </em> », comme poétisait Léo Ferré. Spinoza argumentait déjà que, fondé sur l’opinion, l’objectif des religions était de tenir en respect les hommes. À l’aune d’une grande débâcle écologique, alors que la fête est finie, que les carottes sont cuites et que nous sommes tous perdants – y compris ceux qui, dans une espèce d’hébétude hilare et de prépondérance que leur confère le simple port d’un costard-cravate pensent encore tirer les ficelles &#8211; si l’on examine le comportement écologique, au moins des sociétés monothéistes, on constate que cette utilité sociale d’une règle collective a failli. On accepte donc de payer les pots cassés et on s’arrange avec la sanction. Nos recettes sont nulles et <em>Homo sapiens</em> <em>credulus</em> (et <em>perfidus</em>) a toujours fait un drôle de commerce, non seulement avec son dieu, mais aussi avec les lois naturelles. Il appréhende la catastrophe qu’il désigne comme naturelle sur le mode d’un pendant négatif du miracle, et fait la balance avec les deux. Mais à l’échelle de la Nature, la notion de destin, de fatalité bonne ou mauvaise, n’a aucun sens, les règles sont une constante. Il n’existe ni main de la providence, ni malheur, ni miracle, ni malédiction, ni bonne étoile, ni oiseau de mauvais augure, ni araignée du soir-espoir. Le déterminisme et son principe de causalités ne sont pas le fatalisme religieux. Les événements qui ont lieu dans la Nature et leurs conjonctures sont naturels, c’est tout !</p>
<p align="justify">Pour nous situer dans cette crispation écologique où nous sommes empêtrés, le mieux est de s’interroger sur la définition scientifique d’une telle crise. À la lettre, une crise écologique se manifeste lorsque le milieu de vie d’une espèce ou d’une population évolue sur un mode défavorable à sa survie. À la suite de modifications de facteurs abiotiques, par exemple d’ordre atmosphérique, l’environnement se dégrade, certaines ressources se tarissent. Ou bien ce sont les prédateurs dont la pression est trop marquée, ou bien encore la qualité de vie est hypothéquée par une acmé démographique (surpopulation). Spatialement, l’événement peut être local (marée noire, pollution d’un fleuve) ou global (réchauffement climatique). Son impact peut être parcellaire et restreint à un nombre de sujets, ou entraîner la disparition d’une espèce ou d’un groupe d’espèces (par exemple par anéantissement de l’habitat, comme c’est le cas pour les grands singes ou l’ours polaire ; ou encore par rupture de la chaîne alimentaire). Certaines grandes phases d’extinction ont vu l’éradication de la majorité des espèces vivant sur le globe. La biodiversité peut paradoxalement en sortir gagnante, lorsqu’une espèce territorialement exclusive libère sa niche écologique au profit d’une diversification. La durée d’une crise écologique est variable, d’un court laps de temps à des millions d’années. Sans produire une extinction finale, une crise écologique peut engendrer une vie difficile pour les survivants. Les affres que notre modernité impose aux peuples indigènes sont de cette catégorie. Un autre exemple est l’exode de populations ne jouissant plus des conditions adéquates de vie sédentaire ou souffrant de crises alimentaires (le cas d’école est le « suicide » collectif des lemmings). Ce sont les réfugiés de l’environnement, ou écoréfugiés, tels les Africains qui cherchent à accoster sur la rive européenne de la Méditerranée occidentale ou les Latino-américains que la pauvreté pousse, par le Mexique, à s’introduire aux États-Unis. Leur nombre est déjà évalué à 200 millions de personnes (<em>Source : Division de la population des Nations unies</em>), soit deux fois plus qu’en 1980. Il n’y en avait que 600 000 par an dans les années 1960 et leur augmentation sera exponentielle. Ils rejoignent d’autres migrants, ceux des pays en guerre, tels les 30 000 Somaliens qui, pour fuir les combats opposant les forces gouvernementales aux milices islamiques, accomplissent la périlleuse traversée du golfe d’Aden pour gagner, morts ou vifs, les côtes du Yémen où la mitraille des gardes-côtes yéménites les attend.</p>
<p align="justify">Notre crise offre le cumul de toutes les menaces d’ordres biotiques et abiotiques. Elle résulte d’une surpopulation, dominée par un système de castes et de caprices, d’une mainmise de technologies agressives et contraires aux moindres règles environnementales, d’un abus systématique d’usages illustré par une agriculture chimique et intensive qui décime les interdépendances qui nous régissent, le tout induisant une pollution à nulle autre pareille, un épuisement des ressources, une érosion galopante dont le corollaire est la désertification fatale. Il ne faut pas être très futé pour comprendre qu’un tel programme risque de faire la vie invivable à tous les Terriens, et participera à l’élimination progressive et sélective de la jeune espèce <em>Homo sapiens</em>. Comble de l’injustice pour les croyants de « bonne foi », ce seront les innocents qui se retrouveront les premiers dans la fournaise et ainsi, une fois de plus, un dieu reconnaîtra les « chiens ». La date inaugurale de ce point de non-retour pour la planète Terre serait 2050. Toutes les expertises aboutissent à cette période de milieu de notre siècle, prenant aussi en compte un événement aussi contraignant que celui de la fin de l’ère des énergies fossiles et de l’impossibilité de les remplacer à pareille échelle par des technologies alternatives. L’incontournable fascination de la croissance et du développement à tous crins, tout comme un mercantilisme porté aux nues, ont pavé le chemin qui mène au délitement planétaire. La locomotive économique sans rails écologiques n’ira pas beaucoup plus loin. Notre méconnaissance des équilibres de la Terre, nos désirs de conquêtes et d’expansion pour amasser, entasser, engranger avec cynisme et satisfaction, se retournent contre nous. Qu’avait-on appris à l’école, à l’université, au bordel, à la messe et devant le tube cathodique ? « <em>L’homme a détruit un à un les systèmes de défense de l’organisme planétaire </em> » constate Jean-Marie Pelt. Un tel constat n’empêche pas certains de continuer, en rayant ces arguments qui ne sont que des faits avérés et dont une partie de l’humanité souffre déjà cruellement. L’économie traditionnelle s’est construite sur une modélisation uniquement sociale, faisant fi du milieu écologique de notre espèce. La Terre n’était pas un grenier inépuisable, nos gestions minières des écosystèmes et des ressources étaient pour le moins erronées. Avec notre logique inversée, nos prétentions dérisoires, nous sortons perdants, les bras ballants, les yeux hagards, d’un face à face constant avec la Nature. La Terre était une île vivante, la théorie Gaïa et la marche homéostatique de la planète bleue, foyer tellurique de l’humanité, n’était pas un conte pour endormir les enfants prodiges mais pour réveiller les adultes attardés. Tout était dans tout et nous avons procédé en tranches, comme le charcutier du coin. Et des milliards de charcutiers, ça peut faire du mal à la planète ! Aujourd’hui, nous avons fait sauter la plupart des thermostats et nous sommes perdus. Il y a, entre la Terre-mère et chacun de nous, comme un cordon ombilical sacré. Et les terriens qui l’ont coupé sont des extraterrestres. Mais : « <em>L’homme a en lui le goût de détruire. Et ce n’est pas le prêchi-prêcha des bien-pensants qui mettra fin à cette malédiction que nous portons dans nos gènes&#8230; La saloperie humaine est la même partout. Fort de ce constat, je ne vois pas ce qu’on peut faire d’autre que d’injurier l’humanité, de dénoncer son absurdité et sa cruauté&#8230;</em> », écrit Patrick Declerck.</p>
<p align="justify">Le destin de l’île de la Natividad est un contre exemple à celui de l’île de Pâques, ou d’Haïti… À Trinidad, une modeste communauté autonome de 300 pêcheurs mexicains a pris les devants des quotas imposés par les autorités gouvernementales. Pêcheurs sous-marins à haut risque, ils ont aussi l’avantage d’exploiter l’ormeau, un coquillage univalve très rémunérateur parce que mets excellent et prisé. Après avoir, dans un premier temps d’aveuglement, surexploité son environnement, cette communauté a mis en place une politique de prélèvements régulés et de stricte préservation, créant ses propres réserves marines et une surveillance draconienne contre tout pillage. Par la sagacité de ses habitants, un site apparemment hostile est ainsi devenu un modèle de préservation environnemental et de gestion soucieuse des ressources, marines en l’occurrence. Il s’agit là d’une modélisation de ce que pourrait être une bienveillante dictature verte dont l’avènement (comment ?) serait le seul et unique recours pour mettre un terme à la gabegie mondiale. Mais un tel modèle ne nous intéresse qu’à la condition qu’il soit folklorisable, susceptible d’occuper le créneau télévisé d’un documentaire de bonne conscience entre deux pubs productivistes. Nous aurions trop à en craindre s’il venait à menacer globalement nos mauvaises manières.</p>
<p align="justify">Le constat n’est pas sans rappeler l’allégorie de la caverne de Platon, ces hommes immobilisés dans une grotte, tournant le dos à l’entrée et ne voyant que leurs ombres et celles projetées par des objets loin derrière eux. Écologiquement, cette impossible accession à la réalité, ce déni de l’évidence au nom des idées reçues, ne sont plus seulement métaphoriques, mais pure représentation. Plus les vitres de nos demeures sont grandes, plus nous sommes braqués sur un poste de télévision et moins nous percevons le paysage réel.</p>
<p align="justify">C’est de cette crise dont il est maintenant question. On peut toujours y ajouter un à-côté religieux et probabiliste, aller en chercher la prédiction dans une bible ou chez Nostradamus, cela ne change en rien que nous en sommes à la fois pleinement les auteurs et les victimes.</p>
<p align="justify">D’un point de vue social, le monothéisme engendre le fascisme, l’impérialisme et le capitalisme. D’un point de vue philosophique, il sous-tend la dichotomie, la dualité et l’absence de diversité. D’un point de vue psychologique, il génère des conceptions rigides, linéaires et figées. Et d’un point de vue agricole, il accouche de la monoculture et de la destruction de la diversité biologique. L’enseignement d’un anthropocentrisme révélé conduit donc, quelque part, à la négation même de la vie et d’un séjour pérenne de l’homme sur la Terre. On peut se questionner sur le pourquoi du succès des religions monothéistes !</p>
<p align="right"><em>(source: <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1145" target="_blank">LaRevueDesRessources.org</a>)</em></p>
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		<title>L’esprit des plantes ou la théorie des signatures</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Mar 2009 09:49:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Etre au service des plantes et non plus se servir d’elles comme de simples remèdes, permet un enseignement riche en découvertes ! Prendre conscience que chaque plante a un langage, qu’au delà de sa beauté, de ses vertus médicinales, de sa « réputation », elle est aussi et surtout un esprit qui demande à être connu et aimé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="chapo" style="text-align: justify;"><strong><img class="alignright size-full wp-image-3031" title="L'esprit des plantes" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arton9.jpg" alt="arton9" width="242" height="332" />Etre au service des plantes et non plus se servir d’elles comme de simples remèdes, permet un enseignement riche en découvertes ! Prendre conscience que chaque plante a un langage, qu’au delà de sa beauté, de ses vertus médicinales, de sa « réputation », elle est aussi et surtout un esprit qui demande à être connu et aimé en tant que tel&#8230;</strong></div>
<div class="chapo" style="text-align: justify;"><strong>voilà ce que nous propose Katell Gut&#8230;.</strong></div>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Tenter de reconnaître la signature d’une plante, demande ouverture d’esprit, concentration, de faire silence en soi, d’observer la plante et de l’accueillir à l’aide de nos cinq sens. Et aussi, d’éviter, dans un premier temps de la rencontre, de la nommer, de la juger belle ou pas, de la réduire à un usage thérapeutique connu, à des recettes du genre : c’est bon pour ceci ou pour cela, ou encore de la stigmatiser en la réduisant à un poison violent (cf souvenons nous que bien souvent ce sont des plantes dites vénéneuses qui sont à l’origine de grands remèdes homéopathiques.). La manière d’être qui convient pour vivre cette approche des plantes tient plus de la méditation, de la célébration, que du savoir du botaniste ou de l’herboriste. Lire la signature du pissenlit va nous amener à passer du « se servir de&#8230; » à la notion d’« être au service de&#8230; » et c’est la plante qui nous l’enseigne. Un rapport psychique s’instaure entre la plante et soi, quand on prend la peine d’une observation consciente et attentive.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">Il est possible à tout un chacun de s’initier à cette sorte d’alphabet universel qui a été mis aux oubliettes et méprisé par les tenants de la pensée rationnelle dite scientifique,</strong> celle-ci a dominé dans les esprits depuis 2000 ans, préférant développer les compétences du cerveau gauche (intelligence analytique et spéculative, plus focalisée sur l’anatomie que sur la physiologie) au détriment du cerveau droit, et donc de l’équilibre interne et externe de l’être humain. Heureusement, les artistes, les chamans « de tous poils », les paysans d’autrefois amoureux de la terre et des « simples », ont su garder actif leur cerveau droit pour saisir de manière synthétique, globale, instantanée, ce que la réalité environnementale leur donnait à penser. Nos ancêtres, grâce à leur proximité de la nature savaient sans toujours en avoir conscience, se relier au monde végétal et à l’aide d’expérimentations culinaires ou autres, confirmer les impressions thérapeutiques que leur adressaient certaines plantes dites médicinales ; c’est ainsi que sont entrés dans le patrimoine culturel les remèdes dits de « bonne fame* » ; c’est ainsi que le docteur Edouard Bach a su découvrir des plantes, qui prises sous forme d’élixir floral, sont apaisantes pour des états d’âme perturbés.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">Les trois clefs de la théorie des signatures :</strong> L’idée essentielle est de considérer l’être humain en tant qu’être vivant, qui participe à la nature, comme tous les êtres vivants, qu’ils se présentent sous forme minérale, végétale ou animale. L’homme témoigne par toutes ses cellules de l’appartenance au vivant et doit donc pouvoir tout naturellement se relier à ses « petites sœurs », les plantes curatives, comme disent si joliment les Amérindiens.<span id="more-3030"></span></p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">Dans une toute première impression, ressentir l’alternance ; selon Goethe, cela va nous permettre de prendre conscience du mouvement continu de la vie, qui conduit de la contraction ou dynamique centripète (manifeste dans les racines, les graines) à l’expansion ou dynamique centrifuge (manifeste dans la fleur, le fruit.), en passant par une phase intermédiaire d’échanges (manifeste dans la tige et les feuilles). Il est bon de ressentir ce processus en soi, comme une valse à trois temps, où ce qui se crispe, et se concentre, est suivi d’une phase intermédiaire, avant d’aller vers une expansion&#8230;Une plante est médicinale quand elle se caractérise excessivement dans un de ces processus et nous invite à ressentir une correspondance avec une fonction de notre propre physiologie, sachant que ce qui est dur, rétracté a à voir avec notre système nerveux( la pensée), ce qui échange, avec notre système rythmique et les échanges respiratoires ou cellulaires (le cœur, les émotions), et ce qui se dilate avec notre système métabolique( l’ agir).</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">Dans une deuxième impression, aller à la rencontre des correspondances entre la plante et nous, en s’appuyant sur la dynamique des 4 éléments, sachant que pouvoir maintenir les 4 dynamiques « feu, air, eau et terre » en équilibre en soi, est un gage de bonne santé.</strong>Chez l’être humain, le feu est en analogie avec sa digestion, sa fonction de reproduction, son métabolisme et son enthousiasme dans la vie ; une plante « feu » aura des couleurs chaudes, vives, une texture rêche, poilue, des feuilles ciselées, une odeur aromatique, comme par exemple l’ortie ou le millepertuis et les plantes aromatiques. Chez l’être humain, la vibration « terre » s’exprime dans ses os, le système nerveux, le catabolisme ; les plantes, qui ont une signature « terre » ont des tiges ou des fruits ligneux, des une texture froide et rigide, des formes en cloches, souvent retombantes, une odeur âcre, pénétrante, une saveur astringente, âpre, amer&#8230;comme chez les chénopodacées ( épinard, bette..) ou les plantes qui contiennent des alcaloïdes (bryone, belladone). La vibration « eau » se reconnaît dans l’homme au niveau de la lymphe, du sang, du liquide interstitiel (80% du poids total !) et la plante traduit sa signature « eau »par des couleurs pastels, argentées, verdâtres, des formes rondes ou ondulées, une texture fraîche, une odeur fade et une saveur insipide ou acidulée ; comme chez toutes les plantes qui poussent au bord de l’eau (sureau, aulne, saule&#8230;) L’air dans l’humain est vécu dans sa respiration pulmonaire et cellulaire ; la plante « air » aura des fleurs délicates, tendres, harmonieuses au couleurs variées et douces, des formes rayonnantes, aérées, volubiles, des feuilles fines, évoquant des plumes d’oiseaux, une odeur agréable souvent légère, comme dans la grande famille des ombellifères (carotte sauvage, achillée). Pour comprendre le troisième niveau de correspondances entre la plante et l’être humain, laissons une nouvelle fois la parole à Goethe, pour qu’il nous ouvre les portes du ciel, par son inspiration de poète et de philosophe quand il dit que les fleurs sont des étoiles tombées du ciel sur la terre, et allons à la rencontre des analogies entre les planètes et les plantes.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><strong class="spip">Les plantes et les planètes du système solaire.</strong> Chez l’humain, la dynamique « lune » se lit dans l’appareil uro-génital et dans son inconscient ; chez les plantes, elle s’exprime quand les racines ont des formes de bulbe (ail, oignon), les feuilles, des formes arrondies, des couleurs délavées, et quand l’ensemble donne une impression de stagnation, de caché et lent à se développer, souvent relié à l’eau, à ce qui est en gestation au sein de la « Terre-mère ». <br />
 <img class="spip_puce" src="http://www.soleil-levant.org/presse/puce.gif" border="0" alt="-" /> La planète « mercure » s’exprime dans les échanges et le mouvement ; les plantes sont grimpantes (chèvrefeuille), rampantes (lierre terrestre), des manières de liane (lierre, tamier). L’homme vit son « mercure » dans la respiration, les échanges à tous les niveaux. <br />
 <img class="spip_puce" src="http://www.soleil-levant.org/presse/puce.gif" border="0" alt="-" /> Les plantes reliées à « Venus » offrent des fleurs délicates aux parfums subtils et complexes, et la plus expressive d’entre elles est la rose ; elles donnent l’impression de s’offrir à la lumière (l’églantier, l’anémone, la pensée, le coquelicot&#8230;) le lien se fait au niveau de l’appareil uro-génital et de la sensibilité émotionnelle, notamment dans la forme du don , du désir de vivre et d’aimer. <br />
 <img class="spip_puce" src="http://www.soleil-levant.org/presse/puce.gif" border="0" alt="-" /> C’est dans le cœur, au centre de soi que s’exprime la dynamique solaire, elle renforce l’axe central de la personne et sa conscience d’être ; les plantes qui ont une tige bien érigée, une fleur au sommet qui est d’or et semble rayonner( tournesol, souci, millepertuis). <br />
 <img class="spip_puce" src="http://www.soleil-levant.org/presse/puce.gif" border="0" alt="-" /> La plante marsienne a des épines, regarde dans toutes les directions, les abeilles la visitent pour butiner sont pollen abondant, elle traduit un élan vital et a des couleurs vives (ortie, asphodèle, bardane). Dans le corps, la vésicule biliaire a une affinité avec mars, et sur le plan psychique, mars dit l’envie d’agir et d’envahir. <br />
 <img class="spip_puce" src="http://www.soleil-levant.org/presse/puce.gif" border="0" alt="-" /> Jupiter est le grand architecte, qui signe la maturité, la générosité et l’abondance ; cette planète offre sa signature dans les ombellifères, la sauge, les arbres fruitiers ; et est traduite dans le corps au niveau du foie et de l’agir mais par le don. Pour aller au bout des correspondances, il faut chercher les analogies avec le maître du temps, qui gère les cycles de « vie-mort-vie », selon la formule de C.P. Estès, et venir à la rencontre de « saturne ». Les plantes saturniennes ont beaucoup de graines, avec des enveloppes sèches et dures ; elles ont des formes concentrées, repliées, dépouillées et sombres, des odeurs narcotiques, et s’expriment par le violet et le bleu nuit (campanule, vipérine, consoude, aconit). Saturne est relié chez l’être humain à la rate, aux os, et au système nerveux central ; dans la psyché, il délivre un message de retour sur soi et de capacité à ne retenir que l’essentiel dans la vie.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;">En conclusion, la théorie des signatures, par ce jeu de correspondances et d’affinités retrouvées, entre les plantes et nous via ces trois « clés », entraîne la personne sur un chemin de conscience. Là, en accord avec son environnement, qu’elle respecte, qu’elle aime parce qu’elle y perçoit des liens de parenté, elle se connecte à elle-même et devient naturellement l’être responsable, debout, « solaire » qu’elle est en réalité.</p>
<p class="spip" style="text-align: justify;"><span class="spip_surligneconditionnel"><strong class="spip">Catherine-Katell GUT est sage-femme, et une difficulté de santé chez l’un des ses enfants l’a conduit à s’initier aux remèdes naturels de plantes ( aromathérapie et aroma-nutrients, élixirs floraux et énergétiques&#8230;) et, chemin faisant, a laissé aller sa sensibilité dans une communion directe avec les plantes, selon la voie des signatures. Elle a crée &laquo;&nbsp;la sagesse est dans le pré&nbsp;&raquo; qui est un espace de formation ouvert à tous ceux qui s’intéressent à la santé par les plantes dans une attitude responsable et respectueuse de l’environnement.</strong></span></p>
<p class="spip" style="text-align: right;"><span class="spip_surligneconditionnel"><em><span class="spip">(source : <a href="http://www.soleil-levant.org" target="_blank">Soleil-levant</a>)</span></em><strong class="spip"><br />
 </strong></span></p>
<p class="spip"><span class="spip_surligneconditionnel"><strong class="spip"></strong><strong class="spip"></strong></span></p>
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		<title>Où va le monde Monsieur Stiglitz ?</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 16:23:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[6 heures d&#8217;entretiens exclusifs avec Joseph Eugene Stiglitz, le Prix Nobel d&#8217;économie 2001. 5 entretiens réalisés par Jacques Sarasin. Comment la globalisation affecte l’économie mondiale, le réchauffement de la planète et l’environnement, le commerce et l’immigration, les pays en voie de développement, la sécurité et le terrorisme, et le futur de l’humanité. Achetez ce DVD [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">6 heures d&#8217;entretiens exclusifs avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Eugene_Stiglitz" target="_blank">Joseph Eugene Stiglitz</a>, le Prix Nobel d&#8217;économie 2001.</h3>
<p style="text-align: justify;"><span id="arial_9_000000"><strong>5 entretiens réalisés par <a href="http://www.cinefil.com/star/jacques-sarasin" target="_blank">Jacques Sarasin</a>. </strong>Comment la globalisation affecte l’économie mondiale, le réchauffement de la planète et l’environnement, le commerce et l’immigration, les pays en voie de développement, la sécurité et le terrorisme, et le futur de l’humanité. </span></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://dvd.nouvelobs.com/fiche_28.html" target="_blank">Achetez ce DVD (3.90€)</a></em></p>
<h3 style="text-align: center;">CHAPITRE 1 : OU VA LA MONDIALISATION ? (1:32:47)</h3>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/ou-va-le-monde-monsieur-stiglitz/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH01.wmv" target="_blank">Pourquoi la Mondialisation a-t-elle échoué ?</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH02.wmv" target="_blank">Les subventions</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH03.wmv" target="_blank">Le commerce et les taxes douanières</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH04.wmv" target="_blank">Le déficit démocratique</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH05.wmv" target="_blank">La sécurité sociale</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH06.wmv" target="_blank">Le développement de l&#8217;économie de marché</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH07.wmv" target="_blank">Environnement et Mondialisation</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH08.wmv" target="_blank">La Mondialisation et les pays en développement</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH09.wmv" target="_blank">Pétrole, Bolivie et Venezuela</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH10.wmv" target="_blank">Les sociétés pétrolières en Alaska</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH11.wmv" target="_blank">La corruption et la malédiction des ressources naturelles</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH12.wmv" target="_blank">La mondialisation économique et l&#8217;emploi</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-00.CH13.wmv" target="_blank">Peut-on changer la mondialisation (immigration, terrorisme…)</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h3 style="text-align: center;">CHAPITRE 2 : L’ECONOMIE MONDIALE (1:47:16)<span id="more-2952"></span></h3>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/ou-va-le-monde-monsieur-stiglitz/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-01.CH01.wmv" target="_blank">Le commerce et les accords commerciaux</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-01.CH02.wmv" target="_blank">Le rôle des sociétés dans la mondialisation</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-01.CH03.wmv" target="_blank">Les droits de propriété intellectuelle et les brevets</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-01.CH04.wmv" target="_blank">La biopiraterie et la biodiversité</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-01.CH05.wmv" target="_blank">La recherche et les brevets</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-01.CH06.wmv" target="_blank">Les privatisations</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-01.CH07.wmv target=">Comment faire fonctionner la mondialisation</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h3 style="text-align: center;">CHAPITRE 3 : LE SYSTÈME FINANCIER MONDIAL (1:00:27)</h3>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/ou-va-le-monde-monsieur-stiglitz/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-02.CH01.wmv" target="_blank">L’instabilité économique mondiale, les crises financières</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-02.CH02.wmv" target="_blank">La crise asiatique, causes et conséquences</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-02.CH03.wmv" target="_blank">Le déficit américain</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-02.CH04.wmv" target="_blank">Le coût de l’instabilité économique pour les pays en développement</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-02.CH05.wmv" target="_blank">La libéralisation des marchés financiers</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-02.CH06.wmv" target="_blank">Les institutions financières mondiales</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-02.CH07.wmv" target="_blank">Les réserves financières mondiales</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-02.CH08.wmv" target="_blank">Les déficits</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h3 style="text-align: center;">CHAPITRE 4 : MONDIALISATION ET ENVIRONNEMENT (42:15)</h3>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/ou-va-le-monde-monsieur-stiglitz/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-03.CH01.wmv" target="_blank">L’environnement face à l’économie</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-03.CH02.wmv" target="_blank">Les raisons du réchauffement planétaire</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-03.CH03.wmv" target="_blank">Le protocole de Kyoto</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-03.CH04.wmv" target="_blank">Economie et pollution</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-03.CH05.wmv" target="_blank">Déforestation et biodiversité</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-03.CH06.wmv" target="_blank">Comment faire respecter les accords de Kyoto ?</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-03.CH07.wmv" target="_blank">Le coût social de la pollution</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-03.CH08.wmv" target="_blank">Les intérêts de l&#8217;économie face à ceux de l&#8217;environnement</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h3 style="text-align: center;">CHAPITRE 5 : LA MONDIALISATION ET LES PAYS EN DEVELOPPEMENT (1:09:21)</h3>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/ou-va-le-monde-monsieur-stiglitz/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-04.CH01.wmv" target="_blank">La sécurité et la Mondialisation, le terrorisme</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-04.CH02.wmv" target="_blank">Le déficit démocratique et la guerre en Irak</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-04.CH03.wmv" target="_blank">L’immigration, raisons et impacts</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-04.CH04.wmv" target="_blank">La dette et les faillites</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-04.CH05.wmv" target="_blank">La corruption et le secret bancaire</a><br />
 <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/challenges/dvd_stiglitz_full.session-04.CH06.wmv" target="_blank">Les aides aux pays en développement</a></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<item>
		<title>La débâcle du monde : Quelles sont nos chances pour sur-vivre ?</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-debacle-du-monde-quelles-sont-nos-chances-pour-sur-vivre/</link>
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		<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 14:54:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>karen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Plutôt que d’interroger, nous nous interrogeons sur l’avenir de l’homme en général et de l’Occident en particulier puisque c’est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n’arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu’il est assoiffé de conquête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" src="http://www.carreno.monespace.be/fr/albums/Paysage/Colonisation_d__Orion.jpg" alt="" width="345" height="278" /><strong>« Plutôt que d’interroger, nous nous interrogeons sur l’avenir de l’homme en général et de l’Occident en particulier puisque c’est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n’arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu’il est assoiffé de conquête et de pouvoir, aveuglé par l’illusion de sa puissance, prônant l’argent pour Dieu. » L’Emir Abd El Kader dans &laquo;&nbsp;El Maoukef&nbsp;&raquo; (1860)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il est bien connu que les millénarismes ont eu pour but, entre autre, de faire émerger un &laquo;&nbsp;homme nouveau&nbsp;&raquo; dont le comportement moral serait plus exemplaire. Nous savons que &laquo;&nbsp;la terreur de l’an 1.000&#8243; a vu une frénésie de religion s’emparer des hommes qui s’accusant de tous les maux étaient convaincu que la fin du monde approchait , l’apocalypse et la parousie du Christ venant il fallait expier.</p>
<p style="text-align: justify;">Le XXe siècle, a été, pour la majorité des peuples des continents du Sud, celui de la tyrannie sous une forme ou sous une autre d’un Occident européen au fait de sa puissance, bardé de certitudes et imprimant au reste du monde sa marque : celle d’une façon de vivre où l’homme n’est plus au centre de la préoccupation mais un rouage, en un mot : un produit marchand.</p>
<p style="text-align: justify;">Fait nouveau, cette façon de vivre débridée fait du gaspillage des ressources de la Terre, forcément limitées, l’alpha et l’oméga du progrès. Tragique erreur s’il en est ! la Terre proteste et nous le fait savoir par des signes de plus en plus récurrents : les perturbations climatiques.</p>
<p style="text-align: justify;">« Mardi 23 septembre 2008, écrit Frédéric Joignot, retenez cette date. Ce fut &laquo;&nbsp;le jour du dépassement&nbsp;&raquo;, le earth overshoot day de l’année. La date où la population humaine a épuisé les ressources produites en un an par le mince manteau vivant qui enveloppe la Terre, la biosphère ou écosphère. Depuis, nous allons au-delà de ce que la planète nous offre, de sa biocapacité. Comment identifions-nous ce mardi fatal si précisément ? <br />
 Pour le calculer, Global Footprint Network compare le rythme auquel, chaque année, la nature produit des ressources &#8211; aliments, combustibles, etc. &#8211; et assimile les déchets, et le rythme auquel l’humanité consomme ces ressources et produit des déchets. Quand nous excédons les possibilités terrestres, nous atteignons &laquo;&nbsp;le jour du dépassement&nbsp;&raquo;.<br />
 Le premier, selon l’ONG, est tombé le 31 décembre 1986. En 1996, il se situait début novembre. En 2007, le 6 octobre. Aujourd’hui, le 23 septembre. Et dans dix ans ? Notre crédit terrestre s’épuise &#8211; après le crédit bancaire ».(1)</p>
<p style="text-align: justify;">« Les chercheurs évaluent &laquo;&nbsp;l&#8217;empreinte écologique&nbsp;&raquo; d’Homo sapiens en hectares terrestres. L’OCDE en donne cette définition : &laquo;&nbsp;La mesure de la superficie biologiquement productive nécessaire pour pourvoir aux besoins d’une population humaine de taille donnée.&nbsp;&raquo; Nous avons largement dépassé notre quota, globalement. La Terre ne peut aujourd’hui offrir que 1,78 hectare global (hag) par habitant. Or, la consommation mondiale actuelle exige 2,23 hag productifs. Et les calculs montrent que si l’ensemble de la population humaine adoptait aujourd’hui le mode de vie des Européens et des Américains &#8211; voitures, eau chaude à volonté, viande chaque jour, énergies fossiles à la demande&#8230; -, il lui faudrait disposer en surface de quatre à cinq planètes Terre. »</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes donc avertis, nous épuisons les ressources annuelles de la Terre plus rapidement qu’elles ne se constituent. Notre démographie n’est-elle pas la cause de nos malheurs écologiques, mais aussi politiques, sociaux, militaires, comme l’affirmait déjà l’austère Thomas Malthus&#8230; en 1798 ? qui affirmait que la population humaine croît de façon exponentielle (2, 4, 8, 16, 32&#8230;) et les ressources, de manière arithmétique (1, 2, 3, 4, 5&#8230;). Inévitablement, nous irions vers l’épuisement des biens, la famine, la guerre de tous contre tous. L’empreinte écologique, le réchauffement qui s’accélère combinés à une croissance forte de la population ne ramènent-ils pas l’humanité à une situation « malthusienne » &#8211; une spirale tragique ?</p>
<p style="text-align: justify;">Prenez Ted Turner, fondateur de la chaîne d’actualités CNN, il déclarait en avril 2008 sur la chaîne PBS : « Nous sommes trop nombreux. Voilà pourquoi nous avons le réchauffement climatique. [...] Tous les habitants de la planète doivent s’engager à avoir un ou deux enfants, c’est tout. [...] Ne pas contrôler la population est un suicide. » Cette angoisse peut aussi être amplifiée par des mensonges modernes sur l’invasion venue du Sud surpeuplé. Mais, contredisant cette démagogie, un rapport publié en 2004 par le département des affaires économiques et sociales de l’ONU (World Population to 2300) indique que les immigrés venus des pays pauvres contribueront pour 4% à la croissance démographique des pays développés d’ici à 2050 &#8211; aujourd’hui pour 3% -, ce qui rajeunira une Europe vieillissante ».(1)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aurons-nous assez de ressources pour nous nourrir ?<span id="more-2942"></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà des angoisses et des peurs, la véritable grande question posée par le peuplement sera celle des ressources : les pays, les sols, la Terre pourront-ils nourrir &#8211; et supporter &#8211; une population de 9 ou 10 milliards d’habitants ? <br />
 Aujourd’hui, 850 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde. Les agronomes rappellent combien, depuis un demi-siècle, sans se soucier des populations locales, les pays du Nord ont financé les cultures d’exportation des pays du Sud &#8211; le coton, l’herbage d’élevage -  au détriment des cultures vivrières. Ces politiques néocoloniales ont ruiné l’agriculture de ces pays, avec l’aide de gouvernements autoritaires et corrompus. Encore une fois nous voyons un colonialisme postcolonial qui continue à faire de la « colonie » devenue formellement indépendante un appendice de la métropole qui aspire les ressources aussi bien physiques et depuis quelque temps aussi les rares cerveaux formés dans ces Suds épuisés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rapport 2008 de l’OCDE, Perspectives de l’environnement à l’horizon 2030, est aussi alarmiste que la FAO. Il nous promet, en l’absence d’une politique mondiale volontariste, un avenir très désagréable.</p>
<p style="text-align: justify;">Un réchauffement de 1,7°C à 2,4°C en 2050 &#8211; prévision basse. Sécheresse, tempêtes, inondations, destruction des infrastructures. L’accroissement du stress hydrique pour 3 milliards d’humains, une eau mal répartie. Une pollution accrue de l’air. La croissance de la population humaine est-elle la cause première des fléaux annoncés ? Les experts de l’OCDE répondent : « Les pressions exercées sur les ressources naturelles et l’environnement ne proviennent pas du nombre d’habitants mais de leurs habitudes de consommation. »(1)</p>
<p style="text-align: justify;">On l’aura compris : le malheur viendra des modes de vie dépensiers occidentaux, des politiques industrielles, des égoïsmes nationaux, de comportements que nous pourrions changer. Selon le rapport 2008 de l’Agence internationale de l’énergie (World Energy Outlook 2008), nous passerons de 700 millions de voitures à 1.400 millions qui rouleront encore au pétrole en 2030, émettant plus de 10 milliards de tonnes de C02 qui vont stationner dans l’atmosphère et mettront 120 ans pour disparaitre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le changement climatique est en marche, cette course vers l’abîme a déjà ses victimes dans les pays démunis. Les pays industrialisés font des reformettes qui ne régleront pas le problème de fond qui est celui de donner un coup de frein rapide à l’utilisation des énergies fossiles en développant les énergies renouvelables avant que le changement ne soit irréversible. Le président Obama semble l’avoir compris mais en aura-t-il les moyens ? Sera-t-il suivi ? La crise financière et un pétrole bradé à 40 dollars sont en train de compromettre le recours urgent aux énergies renouvelables. Il est à craindre que ce seront les pays vulnérables qui ne se sont pas apprêtés qui en subiront les conséquences tragiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette détérioration de plus en plus accélérée du mode de vie n’a pas jailli du néant. Elle a été consacrée par la nouvelle forme de colonisation du monde appelée indifféremment néocolonialisme ou postcolonialisme. Le colon n’a plus de présence physique, il se contente de gérer à distance au nom de la dictature du marché, du libéralisme sauvage et d’une mondialisation que l’on nous disait inéluctable. Autre conséquence tragique, le marché n’a pas laissé intacts les fondements des sociétés. En ce temps de « délitement des valeurs » que l’on pensait immuables, beaucoup de certitudes ont été ébranlées. Le capital symbolique qui a été sédimenté et qui part par pans entiers sous les coups de boutoir du marché du libéralisme fruit d’une mondialisation sans éthique. Les sociétés qualifiées il y a si longtemps de « primitives » sont en train de perdre leur identité sous la pression d’un Occident qui série, catalogue et dicte sa norme.(2)</p>
<p style="text-align: justify;">L’Occident ne se contente pas d’imposer sa vision du monde à la fois par la science et la force, il s’attaque depuis quelques années aux identités. Au moment où même dans les pays occidentaux et à des degrés divers les nations luttent pour ne pas perdre leur identité, les pays du Sud sont en train de perdre leurs dernières défenses immunitaires constituées par leurs traditions ancestrales. Cette désymbolisation du monde mise en évidence par Dany Robert Dufour est en train de pénétrer en profondeur le tissu social. <br />
 A juste titre, la mondialisation et le néolibéralisme peuvent être tenus pour responsables de cette débâcle planétaire. Dans ce monde de plus en plus incertain, l’individu éprouve le besoin d’un retour à des « valeurs sûres » qui lui font retrouver une identité ethnique voire religieuse que la modernité avait réduite.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, un autre dégât est la fameuse « perte de repères chez les jeunes », induite par la précarité de la vie temporelle et spirituelle, n’a alors rien d’étonnant : Il est, cependant, illusoire de croire que quelques leçons de morale à « l’ancienne » même dans les pays où la tradition et la religion tentent encore de maintenir la structure sociale, pourraient suffire à enrayer les dommages causés par le libéralisme.(2) De ce fait, une servitude attend l’individu- sujet. C’est l’asservissement au marché, au libéralisme sauvage.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Pierre Bourdieu, le libéralisme est à voir comme un programme de « destruction des structures collectives » et de promotion d’un nouvel ordre fondé sur le culte de « l’individu seul mais libre ». Le néolibéralisme vise à la ruine des instances collectives construites de longue date par exemple, les syndicats, les formes politiques, mais aussi et surtout la culture en ce qu’elle a de plus structurant et de ce que nous pensions être pérennes(3). <br />
 La valeur intrinsèque de l’individu est indexée sur sa valeur marchande. Voilà le monde que nous propose l’Occident du &laquo;&nbsp;money-théisme&nbsp;&raquo;<strong>. </strong>La valeur symbolique, écrit le philosophe Dany-Robert Dufour, est ainsi démantelée au profit de la simple et neutre valeur monétaire de la marchandise de sorte que plus rien d’autre, aucune autre considération (morale, traditionnelle, transcendante&#8230;), ne puisse faire entrave à sa libre circulation(4)</p>
<p style="text-align: justify;">La crise est aujourd’hui une réalité concrète pour tous les citoyens de la planète. Elle nécessite des changements radicaux pour mettre fin au néolibéralisme qui vient de nous mener au bord du gouffre. Pourtant, que ce soit les plans de relance décidés par les gouvernements des différents pays, ou les conclusions du premier Sommet du G20 qui s’est tenu à Washington en novembre dernier, les gouvernements et les financiers semblent plus soucieux de sauver le système que de répondre véritablement aux enjeux de la crise. Voilà donc la planète des consuméristes.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos valeurs n’en sont pas sortis indemnes pour autant. Même dans les pays industrialisés cette course vers le profit a démantelé toutes les conquêtes sociales. Ainsi en France et comme l’écrivent Patrick Braouezec et Michel Onfray « (&#8230;) Retirer toutes les protections collectives, l’en-commun qui permet à chacun d’être concepteur et acteur d’un avenir humain partagé, pour livrer les individus, marchandises parmi d’autres, au service d’une économie mondialisée conçue comme source de profits financiarisés bien davantage que comme moteur de progrès. (..) L’économie ne saurait se résumer à la course au profit, au mépris des hommes et de la civilisation ; et que tout système économique et politique, pour avoir un avenir, se doit de porter un mouvement de l’humanité vers le progrès. (&#8230;) Le refus de la marchandisation générale, y compris de l’homme, est non seulement le fondement d’un humanisme contemporain, mais est aussi indispensable au mouvement de la société si on considère que ses évolutions ont pour but d’améliorer toujours la condition humaine. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chaque fois que l’organisation sociale a nié l’homme, la civilisation a reculé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« A l’inverse, les avancées de civilisation émancipatrices sont toujours le résultat de conquêtes gagnées dans les luttes et les révoltes populaires. »(5)</em> Comment sauver la planète et tous ses habitants ? Toute l’argumentation de remise en cause des vertus de la croissance, mesurée sur la base de l’évolution du produit intérieur brut (PIB), n’a de sens que dans les pays du capitalisme avancé, où existe dans certaines classes sociales assez d’aisance matérielle pour rêver d’autres paradis. <br />
 Vue dans une perspective mondiale, la décroissance est une préoccupation de riches, une petite minorité &#8211; dans sa très grande candeur, elle s’inquiète parfois de voir tous les Chinois posséder un automobile, sans aller jusqu’au bout de sa pensée : on maintient le reste du monde en sous-développement pour sauver la « planète » ? Il s’agirait, entend-on, de proclamer avec force que l’argent ne fait pas le bonheur, qu’il y a autre chose dans la vie que l’accumulation de biens matériels.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est naturellement faire abstraction des couches sociales qui, de plus en plus larges, peinent à joindre les deux bouts, qui n’ont d’autre choix que mal manger, mal se vêtir et mal se loger. Le remède miracle : le bien-être, notion subjective s’il en est. Il ne faudrait plus « maximiser » la croissance, mais le bien-être et le bonheur. Avec raison en 1997, Pierre Bourdieu avec sa lucidité coutumière se posait la question « des coûts sociaux de la violence économique et avait tenté de jeter les bases d’une économie du bonheur. »(6) C’est en fait de cela qu’il s’agit : le bonheur est-il indexé, &#8211; comme en Occident &#8211; sur la possession toujours plus boulimique des biens matériels ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ne devons-nous pas chercher une autre façon d’être heureux en consommant mieux ? en consommant moins ?. Ce qui passe , naturellement , par le partage pour éviter un bouleversement irréversible de la vie sur Terre, notre seule et unique Terre, à moins de faire comme une compagnie américaine qui vend des lots de terrain&#8230;sur la Lune !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Par </strong><strong><a class="liste_article_titre" href="http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=8669" target="_blank"><strong>chems eddine Chitour</strong></a></strong>, le vendredi 13 mars 2009.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 100%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<p style="text-align: justify;"><em>(1) Frédéric Joignot. Sommes-nous trop nombreux ? Le Monde 09.01.09 <br />
 (2) Chems Eddine Chitour : L’Occident et la désymbolisation du monde. Site mille babords 23/12/2006<br />
 (3) Pierre Bourdieu. « Le néolibéralisme comme révolution conservatrice », 1997, in Interventions 1961-2001, Agone, 2002. <br />
 (4) Dany Robert Dufour : L’Art de réduire les têtes, Editions Denoël, Paris. 2003. <br />
 (5) Patrick Braouezec et Michel Onfray, Une politique de régression. Le Monde du 21.01.08<br />
 (6) Pierre Bourdieu. L’essence du libéralisme, le Monde diplomatique mars 1998. Pr Chems Eddine CHITOUR Ecole Polytechnique Alger</em></p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52881" target="_blank">agoravox.fr)</a></em> <a href="http://terresacree.org/" target="_blank"><br />
 </a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le mythe du capitalisme à visage humain</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Mar 2009 15:31:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Extraits du deuxième bulletin Sortir de l&#8217;Économie : Existe-t-il une économie à visage humain ?   Extrait p 4. On connaissait déjà le contenu des dialogues entre les derniers des musiciens sur le pont du Titanic économique, sur le mode du « Comment allez-vous, madame Economie ? Très bien, le prix de la conscience est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Extraits du deuxième bulletin</span></span><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"> <a href="http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/" target="_blank">Sortir de l&#8217;Économie</a> :<br />
 <strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/existe-t-il-une-economie-a-visage-humain.pdf" target="_blank">Existe-t-il une économie à visage humain ?</a></strong></span></span></span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Extrait p     4.</span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><img class="alignright size-full wp-image-2920" title="Un capitalisme à visage humain" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/un-capitalisme-a-visage-humain.jpg" alt="Un capitalisme à visage humain" width="334" height="303" /></span></strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">On connaissait déjà le contenu des dialogues entre les     derniers des musiciens sur le pont du Titanic économique, sur le mode du <strong>« Comment allez-vous, madame Economie ?     Très bien, le prix de la conscience est déjà fortement à la hausse »</strong> : la marchandisation des pollutions par l’écocapitalisme cherchant à s’acheter une bonne conscience en compensant les émissions polluantes des pays du Nord par des transferts technologiques en vue des futures « non-émissions » des pays du Sud, se porte en effet à merveille. On voit aussi apparaître l’idée d&#8217;« un marché de crédits biodiversité », comme il existe un marché de crédits carbone pour lutter contre le réchauffement. L’idée serait de</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">payer</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">des « projets de compensation »  pour des dommages infligés à un environnement par la construction d’infrastructures (autoroutes, étalement urbain, etc.), selon « une grille fixant le prix d’un hectare de prairie, de forêt ou de zone humide ». Cette « grille » fixant la valeur de chaque habitat-type existe déjà aux Etats-Unis, où par exemple la destruction d’un hectare d’habitat à crevettes d’eau douce vous coûtera 290.000 euros. <strong>L’ingénierie     et la marchandisation environnementale tournent donc à plein régime.</strong></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><strong><br />
 </strong></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Mais la marchandisation des pollutions n’est pas seulement à l’oeuvre dans les cénacles du G8, elle est aussi à l’oeuvre dans les rangs de la militance écologiste et des économistes en chef de l&#8217;altermondialisme. Car finalement le boycott des «grandes surfaces» et de certaines «marques» pour mieux privilégier quelques formes de « commerce éthique » pour lequel on encouragera la consommation, n’est qu’un « nouveau » mode d’action qui cache une croyance naïve en la possibilité d’un capitalisme à visage humain, quand il ne fait pas de la consommation une forme d’action politique : <em>« Acheter, c’est     voter! »</em>, ce qui est le summum finalement de l’esprit marchand voulant faire jouer la concurrence, <em>« si vous n’aimez pas les pollutions, vous     achèterez »</em> et autre <em>« j’achète, donc je pense »</em>. Non seulement l’« alternative » repose simplement sur l’idée de faire toujours jouer la concurrence,     mais <strong>on marchandise aussi les mutilations incommensurables à la vie infligées par les nuisances écologiques ainsi que la simple décence de conditions de travail, par un autre calcul des prix de toujours la même mise en équivalence universelle</strong>. Et de plus en plus d’argent s’éloigne alors des sentiers battus pour s’en aller irriguer les circuits économiques « alternatifs » d’une supposée économie à visage humain. La consomm’action n’est que l’avant-garde de la mutation éco-capitaliste. <strong>Mais  partout le fluide du fric s’insinue par les moindres fissures qui s’entrouvrent à la longue dans le Rideau de fer de nos vies.</strong></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">(…)</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br />
 </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Extrait p     8.</span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">L’écologie des alternatifs est finalement l’avant-garde de l’écologie machinique de demain qui taxe, qui réglemente, qui sur-organise, qui fait décroître, partout la lutte contre les nuisances écologiques passent par leur mise en valeur, et comme toujours, «l’extension accélérée du marché oblige à y inclure, donc à tarifer ce qui lui échappe encore. Car dans la mesure où certains biens essentiels dont nul ne se préoccupe restent gratuits, ils sont exploités sans mesure. Pas besoin de se gêner puisqu’ils ne coûtent rien. C’est ainsi que la clarté des rivières, le silence des villes, l’azur de la Méditerranée, menacés de disparition, manqueront un beau jour à l’industrie elle-même. Il devient donc urgent d’en faire le décompte et d’en fixer la valeur, et la seule qui soit reconnue de tous [par nos écologistes machiniques comme alternatifs] est celle qui s’exprime en francs. Il va falloir déterminer les coûts, les indemnités à payer aux particuliers, à l’Etat et aux industriels eux-mêmes. C’est d’autant plus urgent que ce qui était donné par la nature doit être désormais fabriqué à grands frais. <strong>Demain les produits les plus chers seront l’air, l’eau, la mer ou les plages     épurées, recomposées à force de raffinements scientifiques et chimiques.</strong> La fabrication des éléments ou paysages qu’on avait autrefois pour rien sera sans doute l’industrie la plus     puissante, donc celle qui procure les plus gros profits ».<span id="more-2903"></span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br />
 </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<div style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt;">
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; padding: 0cm; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br />
 Note sur les noix de lavage et leur « commerce équitable » (p 5.)<br />
 </span></strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">« On a vu arriver sur les marchés européens, depuis quelques années, un nouveau “produit miracle” : les noix de lavage venues des Indes qu’on utilise aussi bien en lessive qu’en savon ou shampoing… De quoi s’agit-il ? De noix produites par des « arbres à savon » (Sapindus Mukorossi), actuellement sauvages, dans certains états des Indes (l’Imachal Pradesh par exemple). Azimuts-Artisans du Népal, entreprise bien connue du commerce équitable, nous précise qu’un “collecteur” achète les noix aux paysans, après cueillette manuelle, pour les revendre à un grossiste qui va permettre de fournir la demande locale (en incorporant ces noix à des lessives chimiques). Que les habitants de ces états disposent ainsi d’un produit de lavage accessible, relativement écologique, fort bien. Qu’on développe cette activité économique pour fournir un marché européen (qui ne demande pas tant !) pose certains problèmes éthiques, économiques et sociaux autant qu’écologiques. En effet, les conséquences économiques, sociales humanitaires locales, à très court terme sont parfaitement prévisibles :<br />
 &#8211; développement pour l’exportation d’une ressource vivrière sauvage<br />
 &#8211; mise en culture, sans nécessité locale ni régionale<br />
 &#8211; tendance à la monoculture d’exportation (type quinoa, café, thé, sucre…) et déséquilibre régional<br />
 &#8211; déperdition des ressources similaires dans les pays importateurs (le saponaire en Europe, par exemple)<br />
 &#8211; effet pervers d’une “mode”, d’une “tendance” : d’autant plus que ces noix de lavage ont un résultat sensiblement éloigné de nos lessives européennes produites localement et sans danger pour l’environnement… Quand les bobo en auront assez des noix de lavage que restera-t-il aux Indiens de l’Himalaya… ?</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">L’importation en Europe de ces noix de lavage (avec l’aberration écologique que constitue son transport) relève très exactement de la fausse “bonne” idée qu’on peut assimiler à du néo-colonialisme ».</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Patrice de Bonneval, <em>Faites vos cosmétiques et vos shampoings</em>, éditions de l’Encyclopédie d’utovie, 2006, p. 40-41.<br />
 </span></p>
</div>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Extrait p. 6 à propos     du &laquo;&nbsp;minimum vital&nbsp;&raquo;.</span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="background: yellow none repeat scroll 0% 0%; font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Le capitalisme     n’est pas né de lui-même, mais du travail. C’est le salaire qui a déterminé le profit.</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Le salaire porte en lui un renoncement tel au droit de consommation, que je trouve absolument utopique vouloir l’utiliser à l’agencement de l’égalité économique. Le salaire qui a fondé l’asservissement de l’homme ne saurait, en toute honnêteté, participer à sa libération.<br />
 </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">[Gaston BRITEL],</span> <em><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">La foire aux ânes ou de l’abolition du     salariat</span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">, éditions Le Coquelicot, 2007, p. 40-41     et p. 27.</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Extrait p.     20</span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">(…) <span style="background: yellow none repeat scroll 0% 0%;">se  rapportant donc à une mesure d’équivalence générale et universelle, c’est-à-dire à l’argent, ce qui est reconnu n’est en rien ce travail à chaque fois particulier, il n’est qu’un travail quelconque, universel et général, c’est le « travail social nécessaire » d’un individu abstrait de toutes individualités, particularités et situations (grand, fort, peu costaud, timide, malheureux, mal réveillé, etc.) à effectuer cette dépense de force vivante : c’est un « travail mort » ou abstrait qui est seulement reconnu car général puisque sans rapport avec le vécu</span> (voir ci-dessous « Aliénation idéologique ou aliénation réelle ? »). La valeur des marchandises échangées devant s’équivaloir pour permettre l’acte achat/vente, les travaux contenus dans chacune de ces marchandises doivent aussi être équivalents.</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Encart p.     19</span></strong></p>
<div style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt;">
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; padding: 0cm; text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><br />
 Aliénation idéologique ou réelle ?<br />
 </span></strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">« Le travail abstrait n’est pas une généralisation mentale, mais une réalité sociale, une abstraction qui devient réalité. Nous avons vu que, si toutes les marchandises doivent être échangeables entre elles, le travail contenu dans les marchandises doivent également être immédiatement échangeable. Il peut l’être seulement s’il est égal dans toutes les marchandises, s’il s’agit toujours du même travail. Le travail contenu dans une marchandise doit être égal au travail contenu dans toutes les autres marchandises. Dans la mesure où ils se représentent dans la valeur, tous les travaux valent seulement comme ‘‘dépenses de la force humaine de travail’’. Leur contenu concret est effacé, ils se valent tous. Ce n’est pas une opération purement mentale : en effet, leur valeur se représente dans une forme matérielle, la valeur d’échange, qui dans les conditions plus évoluées prend la forme d’une quantité déterminée d’argent. L’argent représente quelque chose d’abstrait – la valeur -, et il le représente en tant qu’abstrait. Une somme d’argent peut représenter n’importe quelle valeur d’usage, n’importe quel travail concret. Là où la circulation des biens est médiatisée par l’argent, l’abstraction est devenue bien réelle. On peut ainsi parler d’une ‘‘abstraction réelle’’. L’abstraction de toute qualité sensible, de toutes les valeurs d’usage, n’est pas un résumé mental, comme lorsqu’on fait abstraction des genres différents d’animaux pour parler de ‘‘l’animal’’ qui pourtant n’existe pas en tant que tel ».<br />
 A. Jappe, Les Aventures de la marchandise, p. 44-45.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">On sait pourtant que la compréhension nominaliste du fétichisme, conçu comme simple superstructure de « dispositifs » idéologiques, linguistiques, imaginaires, épistémologiques, etc. – et que par exemple J.-C. Michéa va rechercher jusque dans l’ « anthropologie pessimiste » de la philosophie politique du XVIIe siècle -, reste la perspective de l’ensemble des critiques actuelles de l’économie, de la «reconnaissance» d’Axel Honneth (La réification. Petit traité de théorie critique, Gallimard, 2007), en passant par Baudrillard et sa « syntaxe poétique » ou la « décolonisation de l’imaginaire » de S. Latouche, sans parler de ceux qui imaginent qu’il suffirait d’une simple critique de l’économisme pour l’équilibrer avec des paramètres écologiques, politiques ou sociaux, ou d’un rebond de la conscience et de la morale pour que la « baudruche économique » se dégonfle. <strong>Ce n&#8217;est pas parce qu’on change notre représentation du monde, que le monde change pour autant : ce n’est pas la conscience, l’imaginaire, etc., qui sont colonisés par une vision utilitariste des rapports humains ; c’est bien parce que l’échangisme marchand et son travail abstrait ont partout concrètement colonisé la possibilité même de la vie</strong>, que le monde n’est plus celui des représentations renversées, mais celui de la réalité renversée.</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; padding: 0cm;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
</div>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><em><span style="font-size: 10pt; color: maroon; font-family: Verdana;">Notre  époque a besoin d’une grande bouffée d’air frais, qui la revivifie. Vienne le temps où chaque individu, rejetant l’apathie dont tire sa force le pouvoir léthargique qui l’opprime, se change en guerrier sans armure et sans autre arme qu’une invisible force de vie. Qu’il combatte sans relâche pour ce qu’il a d’unique et de plus cher au monde, sa propre existence, vrai champ de bataille où nerfs, muscles, sensations, pensées répondent à la sollicitation de désirs obnubilés par la passion de jouir et que contrarient, refoulent, mutilent et nient les mécanismes d’une économie qui exploite le corps à l’égal de la terre.</span></em> <span style="font-size: 10pt; color: maroon; font-family: Verdana;">[Raoul VANEIGEM]</span> <strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/nous-qui-desirons-sans-fin.pdf" target="_blank"><span style="color: #000080;">Nous qui désirons sans fin</span></a></span></strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Avant  de clore et afin de répondre à tout commentaire, il me semble utile d&#8217;ajouter ce petit extrait de la page 3 du deuxième bulletin</span></span> <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><a href="http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/" target="_blank">Sortir de  l&#8217;Economie</a> :  <strong><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/existe-t-il-une-economie-a-visage-humain.pdf" target="_blank">Existe-t-il une économie à visage humain ?</a></strong></span></span></span><span style="font-family: Verdana;"><a href="http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><br />
 </span></span></span></a></span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"> </span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"> </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Mais quelle que soit la difficulté à respirer librement dans l’étouffoir de la cocotte minute planétaire qui ne cesse de monter en pression à chaque flambée du pétrole et des matières premières, <strong>nous n’avons pas besoin d’attendre d’être sortis de ce monde-là pour commencer à le critiquer sur ces bases, et au-delà des polémiques, ouvrir des débats politiques sur la nature des « compromis alternatifs » proposés et que nous devons passer &#8211; on est bien d’accord &#8211; avec lui.</strong> La rencontre chaotique de ce que nous pensons et ce que nous faisons est à ce prix là, et ce n’est avec le sentiment d’aucun plaisir que nous pouvons critiquer ici des amis, là des personnes respectables et des alternatives dans lesquelles nous avons été ou sommes encore, impliqués. <strong>Il s’agit donc en restant <span style="text-decoration: underline;">constructif</span> et pour ouvrir d’<span style="text-decoration: underline;">autres     champs</span> de lutte possibles, de mettre à jour les <span style="text-decoration: underline;">insuffisances</span>, les <span style="text-decoration: underline;">limites</span> mais aussi les     <span style="text-decoration: underline;">possibilités</span>, d’une critique passée et d’un autre faisceau de critiques</strong> qui a su ces dernières années se donner une certaine publicité – dans     tous les sens du terme.</span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><em>(source: <a href="http://ploutopia.over-blog.com/article-28812694.html" target="_blank">ploutopia.over-blog.com</a>)</em></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right;"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><em><br />
 </em></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La publicité peut nuire gravement à l’environnement</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/la-publicite-peut-nuire-gravement-a-l-environnement/</link>
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		<pubDate>Sat, 07 Mar 2009 17:45:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Développement durable]]></category>
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		<description><![CDATA[Publicité et Environnement Mais que fait le BVP ? (Bureau de Vérification de la Publicité) (Cet article est issu de L&#8217;Alliance, regroupement d&#8217;ONGs soutenant des actions communes dans l&#8217;espoir de construire un nouveau monde). De plus en plus de publicités font une utilisation abusive et mensongère de l&#8217;argument écologique en vantant les qualités écologiques d&#8217;activités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><span style="font-size: large;"><strong> <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/icone-environnement.gif"><img class="alignright size-full wp-image-2779" title="icone-environnement" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/icone-environnement.gif" alt="icone-environnement" width="267" height="251" /></a>Publicité et Environnement</strong></span></p>
<p align="center"><span style="font-size: large;"><strong>Mais que fait le <a href="http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_de_v%C3%A9rification_de_la_publicit%C3%A9" target="_blank">BVP</a></strong></span><a href="http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_de_v%C3%A9rification_de_la_publicit%C3%A9"><span style="font-size: large;"><strong> ?</strong></span></a></p>
<p align="center"><span style="font-size: large;">(<strong>B</strong>ureau<strong> </strong>de<strong> </strong><strong>V</strong>érification<strong> </strong>de la<strong> </strong><strong>P</strong>ublicité) </span></p>
<p><em>(Cet article est issu de <strong><a href="http://www.lalliance.fr" target="_blank">L&#8217;Alliance</a></strong>, regroupement d&#8217;ONGs soutenant des actions communes dans l&#8217;espoir de construire un nouveau monde).</em></p>
<p><strong>De plus en plus de publicités font une utilisation abusive et mensongère de l&#8217;argument écologique en vantant les qualités écologiques d&#8217;activités et de produits en réalité polluants. Cet usage abusif trompe le consommateur sur la réalité du produit et vient à l&#8217;encontre des efforts des associations pour l&#8217;inciter à consommer de manière plus responsable.</strong></p>
<h1><span style="font-size: large;">Notre constat :<br />
 L&#8217;abus de l&#8217;argument écologique par le secteur publicitaire et un contrôle très insuffisant</span></h1>
<p>De plus en plus de publicités font une utilisation abusive, voir mensongère, de l&#8217;argument écologique en vantant les qualités écologiques d&#8217;activités et de produits en réalité polluants. Cet usage, qui trompe le consommateur sur la réalité du produit, a plusieurs conséquences :</p>
<ul type="disc">
<li>Le consommateur n&#8217;est pas orienté vers les produits les plus      écologiques et ne change pas ses comportements de consommation ;</li>
<li>Les entreprises ne changent pas vraiment leurs produits et      services et se contentent d&#8217;y ajouter une touche écologique qui sera mise      en valeur via la publicité ;</li>
<li>Cette situation vient à l&#8217;encontre des efforts de      sensibilisation faits par les associations de protection de      l&#8217;environnement pour changer nos comportements de consommation.</li>
</ul>
<p>Ces problèmes revêtent une gravité particulière à l&#8217;heure des grands bouleversements écologiques que connaît notre planète (changement climatique, disparition des espèces, impacts prévisibles sur les populations humaines&#8230;), alors même que les habitudes actuelles de consommation dans nos pays riches sont la raison principale de ces problèmes (gaspillages, pollutions, déchets, boulimie énergétique&#8230;).</p>
<h2>Sur la base de ce constat, deux questions ont émergé :</h2>
<p>D&#8217;une part, se pose la question de la réalité de l&#8217;engagement des entreprises en faveur du développement durable : telle grande marque de détergent vantera sa lessive utilisable à froid comme moins consommatrice d&#8217;énergie (ce qui est vrai), mais sans faire de vrai effort sur sa formule, toujours aussi polluante pour les milieux aquatiques (Ariel), alors que la marque Ecovert arrive à de bien meilleurs résultats.</p>
<p>D&#8217;autre part, la question, qui découle de la première, est celle de la réalité du contrôle des publicités mis en place par le secteur publicitaire lui-même.</p>
<p>Le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP) assure l&#8217;autodiscipline de la profession publicitaire en France. Mais pour les raisons suivantes, le BVP n&#8217;empêche pas de nombreuses publicités de véhiculer un discours trompeur :</p>
<ul type="disc">
<li>Il s&#8217;agit d&#8217;une structure juge et partie</li>
<li>L&#8217;adhésion au BVP est facultative et, sauf pour les      publicités télévisées, il ne contrôle que les publicités qui lui sont      soumises volontairement</li>
<li>Le secteur publicitaire ne respecte pas suffisamment sa      propre déontologie professionnelle</li>
<li>Le contrôle par le BVP du respect de cette déontologie est      insuffisant</li>
<li>Les avis du BVP sur les publicités qui lui sont soumises sont      non contraignants</li>
<li>Le BVP n&#8217;a pas de vrais moyens de coercition et de sanction</li>
<li>Le BVP n&#8217;a pas de responsabilité juridique quant aux avis      qu&#8217;il donne</li>
</ul>
<h2>Les objectifs de l&#8217;Alliance, en réaction à ce constat :</h2>
<ul type="disc">
<li>De mettre fin à l&#8217;usage infondé de l&#8217;argument écologique dans      les publicités</li>
<li>D&#8217;obtenir un changement de comportement des annonceurs et des      publicitaires</li>
<li>D&#8217;obtenir une réforme en profondeur du système de contrôle      des publicités</li>
<li>De faire prendre conscience de l&#8217;impact général de la      publicité sur l&#8217;environnement : surconsommation, pollution, incitation à      des comportements non écologiques&#8230;<span id="more-2773"></span></li>
</ul>
<h1><span style="font-size: large;">Argument écologique et blanchiment écologique des entreprises.</span></h1>
<h2><span style="font-size: medium;">Qu&#8217;est-ce que l&#8217;abus de l&#8217;argument écologique ?</span></h2>
<p>L&#8217;argument écologique permet de vanter dans une publicité ou sur un emballage les caractéristiques écologiques d&#8217;un produit ou service, ou ses avantages pour la protection de l&#8217;environnement. Du fait de l&#8217;engouement actuel pour des produits plus respectueux, d&#8217;une part, cela permet d&#8217;orienter le consommateur dans ses choix, et d&#8217;autre part, cela pousse les entreprises à innover pour modifier leur offre.</p>
<p>Or, depuis quelques années, de plus en plus de produits et services sont présentés comme &laquo;&nbsp;écologiques&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;protégeant la nature&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;protégeant l&#8217;environnement&nbsp;&raquo;, alors que l&#8217;intérêt du produit ou du service pour la nature est minime, voire inexistant. C&#8217;est d&#8217;autant plus critiquable que l&#8217;argument écologique est très utilisé pour les produits et par les entreprises les plus polluants : voitures, produits chimiques, sociétés pétrolières&#8230;</p>
<p>Cela s&#8217;appelle faire du blanchiment écologique ou de la &laquo;&nbsp;désinformation verte&nbsp;&raquo; (greenwashing en anglais), parce que cela donne une aura écologique à des entreprises et à des produits qui ne le sont pas.</p>
<h2><span style="font-size: medium;">La conséquence immédiate de l&#8217;abus de l&#8217;argument écologique :</span></h2>
<p>Instaurer le doute et la confusion dans l&#8217;esprit du consommateur sur ce qui est vraiment écologique et sur ce qui ne l&#8217;est pas. Or, il est devenu aujourd&#8217;hui impératif de changer nos comportements de consommation, ainsi que le comportement des entreprises.</p>
<p>Le blanchiment écologique a donc pour effet de contrer les efforts de sensibilisation faits en ce sens par les associations.</p>
<p>Outre l&#8217;usage du mot &laquo;&nbsp;écologique&nbsp;&raquo;, il y a d&#8217;autres manières de faire du blanchiment écologique par la publicité.</p>
<p>Par exemple, il s&#8217;agira de présenter le produit ou service vanté dans un cadre naturel et sain. Ainsi, les véhicules 4 x 4 sont généralement présentés au bord d&#8217;une rivière ou sur une plage. La loi interdit toute forme de publicité représentant un véhicule circulant en dehors des voies autorisées, car ce serait inciter les gens à des comportements illégaux et non-écologiques. Mais le juge interprète restrictivement ce texte en estimant qu&#8217;un véhicule qui semble garé le long d&#8217;un cours d&#8217;eau ne circule pas. C&#8217;est pourquoi vous remarquerez que les 4 x 4 sont représentés sans conducteurs, sauf lorsqu&#8217;ils sont sur une route !</p>
<p>Plus pernicieux encore, le message à double sens. Ainsi, la campagne actuelle de Total met en avant les moyens que l&#8217;entreprise alloue à la recherche d&#8217;énergies renouvelables : la moitié de l&#8217;image représente des éoliennes, ce qui laisse penser que Total investit une part importante de son activité dans cette activité, alors que Total ne possède que 5 éoliennes. Son slogan, &laquo;&nbsp;pour vous, notre énergie est inépuisable&nbsp;&raquo; est une insulte aux associations de protection de l&#8217;environnement qui luttent depuis des décennies contre cette croyance d&#8217;une terre inépuisable. En procédant ainsi, Total détourne le regard du consommateur de son activité principale, extrêmement polluante (le pétrole). Or, Total ne cache pas <a href="http://www.total.com/fr/responsabilite-societale-environnementale/d" target="_blank">sur son site Internet</a> son intention d&#8217;aller jusqu&#8217;à épuisement de la ressource en pétrole.</p>
<p>A souligner aussi, la campagne écologique dont la réalisation a nécessité des moyens tout sauf écologiques. Ainsi, la dernière campagne d&#8217;EDF qui axe sa campagne sur la pénurie prochaine des ressources fossiles, avec pour slogan &laquo;&nbsp;Pour les générations futures, développons les énergies de demain&nbsp;&raquo; : tournée à l&#8217;Ile de Pâques, la campagne a exigé des déplacements en avions fortement émetteurs de CO2, première cause du réchauffement climatique. Vous avez dit cohérence ?</p>
<h1><span style="font-size: large;">Une structure d&#8217;autodiscipline inefficace</span></h1>
<h2><span style="font-size: medium;">1) Un organisme interprofessionnel d&#8217;autodiscipline juge et partie</span></h2>
<p>Le <a href="http://www.bvp.org/" target="_blank">Bureau de Vérification de la Publicité</a> est une association loi 1901 chargée de l&#8217;autodiscipline du secteur publicitaire en France. Ceux qui en sont membres édictent les règles déontologiques et en assurent le respect.</p>
<p>Notre avis : il s&#8217;agit donc <strong>d&#8217;une structure à la fois juge et partie</strong>.</p>
<p>Mission du BVP : selon l&#8217;article 1 des statuts de l&#8217;association, de &laquo;&nbsp;<em>mener une action en faveur d&#8217;une publicité loyale, véridique et saine dans l&#8217;intérêt des professions intéressées, des consommateurs et du public</em>&laquo;&nbsp;. Pour cela, il :</p>
<ul type="disc">
<li>Élabore des codes de déontologie</li>
<li>En assure le respect</li>
</ul>
<p>Objectif non dissimulé de l&#8217;autodiscipline : éviter toute réglementation plus contraignante de la part des pouvoirs publics.</p>
<p>Notre avis : C&#8217;EST REUSSI !! Les pouvoirs publics français se satisfont vraisemblablement de ce système d&#8217;autodiscipline sans trop y mettre le nez. Ce système est très utilisé en Europe, sous des formes variées. Mais contrairement à la France qui se contente d&#8217;encadrer la publicité par une réglementation très générale en laissant au juge de soin de l&#8217;interpréter, certains États, comme la Suède pour la publicité pour enfant, posent un cadre plus strict. C&#8217;est donc que cela est possible.</p>
<h2><span style="font-size: medium;">2) Le financement du BVP par le secteur publicitaire : une bonne idée à garder précieusement</span></h2>
<p>Il est assuré à 80 % par les cotisations des adhérents, le reste étant issu de la facturation du service des avis avant diffusion de la publicité télévisée. Le budget annuel du BVP a été de 2,3 M d&#8217;euros en 2005.</p>
<p>Notre avis : MAIS QUELLE BONNE IDEE !! Le financement par la cotisation des membres doit être maintenu, même si le contrôle devait devenir légal et obligatoire (comme nous le demandons plus loin). En effet, pourquoi faire peser sur les finances publiques, et donc le citoyen, un service de contrôle généré par une activité (très) lucrative ?</p>
<h2><span style="font-size: medium;">3) Les membres du BVP : et vive le volontariat !</span></h2>
<p>Le BVP fonctionne sur le volontariat : l&#8217;adhésion au BVP n&#8217;est pas obligatoire. Il compte à ce jour 800 membres, principalement les entreprises issues du secteur publicitaire : annonceurs, agences et conseils en publicité, supports et régies de publicité ;</p>
<p>L&#8217;adhérent s&#8217;engage à :</p>
<ul type="disc">
<li>Respecter le droit et la déontologie publicitaire ;</li>
<li>Suivre les conseils du BVP ;</li>
<li>Modifier ou retirer toute publicité litigieuse ;</li>
<li>Participer à la chaîne de responsabilité des professionnels      de la communication en exigeant la même déontologie de ses partenaires.</li>
</ul>
<p>Notre avis : La réalité de cet engagement est remise en cause par les associations de l&#8217;Alliance. Il suffit de voir notre palmarès de publicités et de lire la suite de ce document.</p>
<h2><span style="font-size: medium;">4) Les organes du BVP : le secteur publicitaire y siège&#8230;tout seul.</span></h2>
<p>Outre un conseil d&#8217;administration et une assemblée générale, au sein desquels seul le secteur publicitaire siège, le BVP a mis en place deux organes qui participent à l&#8217;autodiscipline, mais en ne donnant que des avis consultatifs, c&#8217;est à dire non contraignants pour le BVP.</p>
<p>Le comité d&#8217;éthique : créé en décembre 2005, il a pour mission d&#8217;évaluer l&#8217;efficacité de l&#8217;autodiscipline et d&#8217;aider le BVP à ajuster sa déontologie au regard de l&#8217;évolution sociale. Son premier rapport (2005) donnait un avis concernant le respect de la personne humaine et les minorités visibles.</p>
<p>Aucun expert concernant la question environnementale n&#8217;y siège !!</p>
<p>La commission de concertation des associations de consommateurs : réunissant les associations de consommateurs agréées et des professionnels de la publicité, elle a pour mission de faire des propositions pour améliorer l&#8217;autodiscipline et est depuis peu consultée en amont de la rédaction des Recommandations.</p>
<p>Mais elle n&#8217;est que consultée et n&#8217;a pas de pouvoirs réels. De plus, il semblerait que les associations de consommateurs n&#8217;y siègent plus beaucoup, faute de réels pouvoirs.</p>
<p>Les associations de protection de l&#8217;environnement ne sont pas consultées concernant l&#8217;argument écologique et le blanchiment écologique.</p>
<p>Notre avis : L&#8217;autodiscipline est souvent présentée par les professionnels comme un instrument plus efficace que la loi et qui répondrait mieux aux attentes des consommateurs. Ces allégations n&#8217;ont jamais été prouvées et sont contredites par les associations de consommateurs.</p>
<p>En effet, aucun critère, aucun instrument de mesure n&#8217;existe pour qualifier la pertinence des systèmes d&#8217;autorégulation et leur supposée supériorité face aux dispositions législatives. Il est indispensable que l&#8217;autodiscipline fasse désormais l&#8217;objet d&#8217;une évaluation indépendante. Ce rôle d&#8217;évaluation devrait être joué par les pouvoirs publics, dépositaires de la légitimité démocratique, ainsi que par les associations.</p>
<p>L&nbsp;&raquo;autorégulation peut être un élément du dispositif de régulation, à condition d&#8217;être établie en concertation avec les pouvoirs publics et les associations. Elle devient alors une véritable co-régulation.</p>
<p>En effet, l&#8217;actuel système n&#8217;est pas un vrai système de co-régulation, car les associations n&#8217;interviennent qu&#8217;à titre consultatif. Dans le cas de la co-régulation, l&#8217;autorégulation devient légale et obligatoire (ex : ordres des médecins ou des avocats) et les associations sont associées au contrôle à tout ses stades. La loi peut aussi prévoir que les pouvoirs publics approuvent les codes de conduite, ou en vérifient le respect. Cette autorégulation concertée avec les autorités publiques est de plus en plus recherchée en Europe.</p>
<p>L&#8217;existence d&#8217;une co-régulation n&#8217;exclut pas que l&#8217;on puisse parallèlement ou ultérieurement avoir recours à la loi pour encadrer la publicité dans tous les domaines concernés (enfants, obésité, argument santé&#8230;). On ne devrait donc pas accepter que les instances de l&#8217;autodiscipline s&#8217;opposent systématiquement à tout projet réglementaire, mais plutôt s&#8217;accorder sur une bonne complémentarité entre les outils d&#8217;encadrement.</p>
<p>En France, la co-régulation État/secteur publicitaire fonctionne déjà partiellement (fort bien, selon le BVP) pour la publicité télévisée (délégation des pouvoirs du CSA) ou pour l&#8217;image de la personne humaine en publicité (avec le Ministère de la Parité).</p>
<h2><span style="font-size: medium;">Nos objectifs :</span></h2>
<ul class="unIndentedList">
<li> Mettre fin à l&#8217;usage infondé de l&#8217;argument écologique dans les publicités.</li>
<li> Obtenir une limitation et un encadrement des publicités pour les produits les plus polluants ou les plus énergivores.</li>
<li> Obtenir une réforme en profondeur du système de contrôle des publicités.</li>
<li> Obtenir à cet effet la mise en place d&#8217;un organisme public indépendant doté de l&#8217;autorité et des moyens nécessaires pour sanctionner les dérives de la publicité, notamment en matière d&#8217;environnement.</li>
<li> Obtenir un changement de comportement des annonceurs et des publicitaires.</li>
<li> Faire prendre conscience de l&#8217;impact général de la publicité sur l&#8217;environnement : surconsommation, pollution, incitation à des comportements non écologiques. </li>
</ul>
<h1><span style="font-size: large;">Analyses et critiques de publicités récentes&#8230; et les plus exemplaires</span></h1>
<h2><span style="font-size: medium;">Les règles du jeu</span></h2>
<ul class="unIndentedList">
<li> Chaque publicité est commentée selon plusieurs paramètres : </li>
<li> La publicité est examinée au regard des Recommandations déontologiques du BVP en matière d&#8217;arguments écologiques (ci-après recommandations écologiques) et des Recommandations développement durable. Nos commentaires se fondent donc sur la propre déontologie professionnelle du secteur publicitaire.</li>
<li> Des documents scientifiques viennent apporter un supplément d&#8217;information en indiquant soit : </li>
<li> La réalité polluante ou énergivore du produit ou service vanté comme écologique ;</li>
<li> Que l&#8217;information indiquée dans la publicité est incomplète ou erronée.</li>
<li> D&#8217;autres documents d&#8217;expertise apportent des informations sociologiques, économiques, et des liens Internet.</li>
<li> Chaque annonceur dont la publicité est ici commentée a été personnellement interpellé, ainsi qu&#8217;un certain nombre d&#8217;agences de publicité et les organismes professionnels représentant le secteur (BVP, UDA, AACC&#8230;).</li>
</ul>
<hr size="2" />
<h2><a name="Les_transports"></a>Les voitures</h2>
<p><em>&laquo;&nbsp;La publicité doit être exempte (&#8230;) de toute incitation à des comportements préjudiciables (&#8230;) à la protection de l&#8217;environnement.</em>&laquo;&nbsp;Article 4 du décret 92-280 du 27 mars 1992, pris pour l&#8217;application des articles 27 et 33 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 sur les principes généraux définissant les obligations des éditeurs de services en matière de publicité, de parrainage et de télé-achat (Modifié par Décret 2001-1331 2001-12-28 art. 2 JORF 29 décembre 2001).</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Aucune publicité ne peut représenter des comportements contraires à la protection de l&#8217;environnement sans correctif positif, non plus qu&#8217;inciter à des comportements contraires à la protection de l&#8217;environnement&nbsp;&raquo;.</em> Article 2-14 des Recommandations écologiques du BVP.</p>
<p>Faire de la publicité pour une voiture, n&#8217;est-ce pas inciter à avoir un comportement préjudiciable à l&#8217;environnement ?Forte émettrice de gaz à effet de serre, consommatrice d&#8217;énergies fossiles non renouvelables, occupant une grande partie de l&#8217;espace public, au détriment d&#8217;autres modes de déplacement comme le vélo ou les transports en commun, la voiture a tout pour plaire&#8230;et pour devenir illégale (au moins dans la publicité), si le législateur prend enfin en main cette problématique.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les conséquences environnementales et sociales des rejets massifs de CO2 dans l&#8217;atmosphère sont connues (GIEC, rapport 2001) : augmentation des températures moyennes, élévation du niveau des mers, nature et biodiversité en danger, fonte des glaciers, événements météorologiques extrêmes plus fréquents et/ou intenses (canicules, cyclones), risques sanitaires accrus, sécurité alimentaire en péril, exodes, etc.</p>
<p>En France, c&#8217;est la Loi du 30 décembre 1996 sur l&#8217;air et l&#8217;utilisation rationnelle de l&#8217;énergie (dite loi LAURE) qui introduit dans la législation le CO2 comme polluant. Même le Ministère des transports classe le CO2 parmi les polluants.</p>
<p>Non seulement le CO2 est un polluant, mais il est aussi un gaz toxique à partir d&#8217;un certain seuil.</p>
<p>Or, les rejets de CO2 figurant sur les publicités sont sous évalués à cause d&#8217;un mode de calcul ne correspondant pas à la réalité de l&#8217;usage du véhicule (climatisation, vitesse, accessoires).<br />
 En réalité, il existe un décalage d&#8217;environ 20 à 25 % entre les chiffres officiels présentés sur les publicités et les taux réellement constatés dans le cadre d&#8217;un usage réel du véhicule.</p>
<p>Ainsi, en France, selon le climat, les véhicules climatisés consomment sur une année entière entre 3 et 5% de carburant en plus. Il est donc anormal que la climatisation puisse encore être un argument de vente.</p>
<h3>1) Le CO2 est un polluant et un gaz toxique !</h3>
<p>Concernant le CO2, on parle de pollution globale ou mondiale.</p>
<p>Les détracteurs qui minimisent ou même contestent la réalité du dérèglement climatique utilise souvent cet argument fallacieux : le CO2 ne serait pas un polluant. Au niveau mondial, la controverse est vive et on retrouve sans surprise derrière les partisans du « CO2 non polluant » l&#8217;administration Bush.</p>
<p>En Europe, les choses sont très claires. Selon la Directive européenne 96/62/CE, un polluant est une substance introduite directement ou indirectement par l&#8217;homme dans l&#8217;air ambiant et susceptible d&#8217;avoir des effets nocifs sur la santé humaine et l&#8217;environnement dans son ensemble.<br />
 La réalité du changement climatique est aujourd&#8217;hui scientifiquement établie et les conséquences environnementales et sociales des rejets massifs de CO2 dans l&#8217;atmosphère sont connues (GIEC, rapport 2001) : augmentation des températures moyennes, élévation du niveau des mers, nature et biodiversité en danger, fonte des glaciers, événements météorologiques extrêmes plus fréquents et/ou intenses (canicules, cyclones), risques sanitaires plus accrus, sécurité alimentaire en péril, exodes, etc.</p>
<p>En France, c&#8217;est la Loi du 30 décembre 1996 sur l&#8217;air et l&#8217;utilisation rationnelle de l&#8217;énergie (dite loi LAURE) qui introduit dans la législation le CO2 comme polluant avec notamment :</p>
<ul type="disc">
<li>son article 2, codifié à l&#8217;article L 220-2 du code de      l&#8217;environnement : « Constitue une pollution atmosphérique au      sens de la présente loi l&#8217;introduction par l&#8217;homme, directement ou      indirectement, dans l&#8217;atmosphère et les espaces clos, de substances ayant      des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé      humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer      sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à      provoquer des nuisances olfactives excessives. »</li>
<li>son article 24, codifié à l&#8217;article L. 8-A du code de la      route : « Art. L. 8-A. -Les véhicules doivent être construits,      commercialisés, exploités, utilisés, entretenus et, le cas échéant,      réparés de façon à assurer la sécurité de tous les usagers de la route et      à minimiser la consommation d&#8217;énergie, la création de déchets non      valorisables, les émissions de substances polluantes, notamment de dioxyde      de carbone, visées à l&#8217;article 2 de la loi n° 96-1236 du 30 décembre 1996      sur l&#8217;air et l&#8217;utilisation rationnelle de l&#8217;énergie ainsi que les autres      nuisances susceptibles de compromettre la santé publique .»</li>
</ul>
<p><strong>Pour l&#8217;ADEME, le CO2 est logiquement un gaz polluant et figure dans <a href="http://www.ademe.fr/autodiag/transports/car_lab/carlabelling/EnjeuAir.asp" target="_blank">un tableau récapitulatif officiel des gaz polluants</a>.</strong></p>
<p>Même le Ministère des transports pourtant réputé peu enclin aux pamphlets écologiques classe le CO2 dans les polluants.</p>
<p>Non seulement le CO2 est un polluant mais (l&#8217;erreur est souvent faite) il est aussi un gaz toxique à partir d&#8217;un certain seuil.</p>
<p>La concentration actuelle en CO2 dans l&#8217;air est de 380 ppm (0,038 %). Au-delà d&#8217;une concentration de 1000 ppm (0,1 %), le CO2 est un facteur déclenchant de l&#8217;asthme ou du syndrome des bâtiments humides. Mais c&#8217;est surtout à partir du seuil de 0.5% que le CO2 devient réellement toxique comme l&#8217;indiquent <a href="http://www.inrs.fr/htm/intoxication_par_inhalation_de_dioxyde_de_carbone.html" target="_blank">les fiches toxicologiques de l&#8217;INRS</a>. C&#8217;est d&#8217;ailleurs pour cette raison que les principales agences sanitaires mondiales, à l&#8217;exception de la France, ont limité le seuil maximum d&#8217;exposition professionnelle au CO2 à 0.5%.</p>
<p>Du fait des rejets très importants des véhicules ou des industries, les niveaux de CO2 atteints dans les villes, peuvent dépasser ce seuil d&#8217;alerte, notamment quand les conditions météorologiques sont défavorables à la dilution de ce gaz. Par exemple, à Bordeaux en été, des mesures ont montré pendant quelques jours des concentrations en CO2 supérieures à 0.8 % (soit 20 fois plus que la concentration normale)</p>
<p>À forte concentration, le CO2 présente même un risque mortel pour l&#8217;homme (concentration supérieure à 10% et durée d&#8217;exposition supérieure à 10 minutes).</p>
<h3>2) Les rejets de CO2 figurant sur les publicités sont sous évalués à cause d&#8217;un mode de calcul ne correspondant pas à la réalité de l&#8217;usage du véhicule.</h3>
<p>Les chiffres d&#8217;émissions de CO2 figurant sur les publicités en gramme de CO2/km (obligation provenant de la Directive européenne 1999/94/CE) en minuscule dans la série des éléments techniques sont mesurés selon une base normalisée correspondant à un cycle de conduite standard. Pourtant, celle-ci exclut la mise en route des accessoires de sécurité et de confort et le respect des limitations de vitesse. On sait pourtant qu&#8217;un accessoire comme la climatisation engendre lors de son fonctionnement une surconsommation assez importante de carburants (voir paragraphe suivant). Quant aux limitations de vitesse, on sait très bien qu&#8217;elles ne sont pas toujours respectées, loin s&#8217;en faut. Au final, ce double constat conduit à un décalage assez net estimé à -20 à 25 % entre les chiffres officiels présentés sur les publicités et les taux constatés dans le cadre d&#8217;un usage réel.(sources : <em>A mMcNutt, B.D., et al., Comparison of EPA and On-Road Fuel Economy � Analysis Approaches, Trends and Imports, SAE Paper 820788, June 1982. Ets Bonin, S., Estimated Fuel Consumption Rates from Laboratory and On-Road Tests, 1994-1996: First Results with NaNPVUS+, Technical Memorandum No. N99-0393a, Natural Resources Canada, March 2000.</em></p>
<h3>3) Bannir la climatisation comme argument de vente</h3>
<p>Les 3/4 des véhicules neufs vendus sont à présent équipés de la climatisation du fait d&#8217;une politique commerciale agressive (« la climatisation pour un euro de plus »).</p>
<p>Premièrement, l&#8217;ajout de cet équipement de confort commence par alourdir le poids du véhicule, et donc sa consommation de carburant, que la climatisation soit utilisée ou non. Ensuite, son fonctionnement augmente très fortement la consommation : + 31% en ville et + 16 sur route/autoroute pour un véhicule essence, + 35% en ville et + 20% sur route/autoroute pour un véhicule diesel. (Source : <a href="http://www.ademe.fr/htdocs/publications/publipdf/clim_auto.htm" target="_blank">La climatisation automobile : impacts consommation et pollution</a>)</p>
<p>En France, selon le climat, les véhicules climatisés consomment ainsi sur une année entière entre 3 et 5% de carburant en plus, ce qui accroît d&#8217;autant leurs émissions de CO2. De surcroît, le fluide frigorigène présent dans les équipements de climatisation est aussi un GES, le R134a, 1300 fois plus puissant que le CO2 : les fuites qui se produisent pendant la durée de vie de l&#8217;équipement (usage, maintenance, accidents) ou après (non-récupération) augmentent encore la contribution de la climatisation au dérèglement climatique. Au total, un véhicule de gamme moyenne voit ainsi ses émissions de GES augmenter de 10 à 15% du seul fait de la climatisation. Signalons enfin que les consommateurs auront de moins en moins le choix d&#8217;échapper à la clim&#8217; puisque progressivement c&#8217;est l&#8217;ensemble du parc automobile français qui en sera équipé. L&#8217;ADEME estime que 2/3 du parc sera équipé en 2010 et 9/10 en 2020.</p>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/jeep_ours.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/jeep-grand-cherokee.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2784" title="jeep-grand-cherokee" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/jeep-grand-cherokee.jpg" alt="jeep-grand-cherokee" width="201" height="292" /></a></p>
<p>Jeep Grand Cherokee</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Les 4*4 sont, en   moyenne, les véhicules particuliers mis sur le marché qui émettent le plus de   CO2 : 223 g de CO2/km (les berlines : 141 g de CO2) &#8211; Chiffre Ademe 2005. La   Jeep Grand Cherokee rejette 255 g de CO2/km (de plus, elle est équipée de la   climatisation qui n&#8217;est pas intégrée dans le calcul).</p>
<ul type="disc">
<li>1. Jeep Grand Cherokee &#8211; Le message est un grand        classique : « <em>L&#8217;homme a toujours rêvé d&#8217;apprivoiser la Nature </em>».        En effet, les vendeurs de 4&#215;4 représentent systématiquement leur        véhicule dans la nature et son conducteur comme un aventurier ou sportif        très proche d&#8217;une Nature sauvage qu&#8217;il est possible de maîtriser,        d&#8217;humaniser voire d&#8217;asservir. Même le nom du véhicule donne une touche        &laquo;&nbsp;sauvage&nbsp;&raquo; au produit.</li>
</ul>
<p>Or, non seulement l&#8217;homme ne maîtrisera rien s&#8217;il   ne réduit pas significativement ses émissions de GES (occurrence d&#8217;événements   météorologiques extrêmes type canicule, cyclones, inondations, etc.) mais en   plus, il risque de détruire l&#8217;environnement et faire disparaître de   nombreuses espèces (dont peut être l&#8217;ours). Une étude parue dans la revue   Nature affirme que le changement climatique pourrait provoquer la disparition   de plus d&#8217;un million d&#8217;espèces d&#8217;ici 2050. Entre 15 et 37 % des espèces   terrestres seraient ainsi menacées d&#8217;extinction.</p>
<p>En représentant le véhicule en présence d&#8217;un   élément de la nature (ici l&#8217;ours, mais aussi la mer ou une forêt), cette   publicité ainsi que les deux suivantes ne respectent pas l&#8217;article 2-12 des   recommandations écologiques.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/land_rover_surf.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/freelander.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2785" title="freelander" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/freelander.jpg" alt="freelander" width="204" height="263" /></a></p>
<p>Freelander de Land Rover</p>
</td>
<td valign="top">
<ul type="disc">
<li>2 .Land Rover Freelander &#8211; Le slogan : « <em>Imaginez        un nouvel horizon </em>» est quelque peu annonciateur mais pas forcément        dans le bon sens. Il est redouté une élévation du niveau moyen des        océans d&#8217;environ 50 cm d&#8217;ici 2100, les saisons seront déréglées, le        cycle de l&#8217;eau perturbé et les évènements extrêmes plus intenses        (cyclones). En représentant le véhicule en pleine mer, cette publicité        ne respecte pas les articles 2-12 et 2-14 des recommandations écologiques.        (Cf. les explications ci-dessus et ci-après)</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/land_rover_magellan.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/freelander-magellan.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2786" title="freelander-magellan" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/freelander-magellan.jpg" alt="freelander-magellan" width="202" height="300" /></a></p>
<p>Freelander Mageland de Land Rover</p>
</td>
<td valign="top">
<ul type="disc">
<li>3. Land Rover Freelander Mageland &#8211; &laquo;&nbsp;Trouvez        le chemin même s&#8217;il n&#8217;y en pas&nbsp;&raquo;. La représentation d&#8217;un 4&#215;4 hors        des voies de circulation autorisées est interdite par la loi (Article        L362-4 du code de l&#8217;environnement), car ce serait inciter les gens à des        comportements illégaux et non-écologiques. Mais le juge interprète        restrictivement ce texte en estimant qu&#8217;un véhicule qui semble garé le        long d&#8217;un cours d&#8217;eau ne circule pas. C&#8217;est pourquoi vous remarquerez        que les 4 x 4 sont représentés sans conducteurs, sauf lorsqu&#8217;ils sont        sur une route ! Ce texte de loi qui n&#8217;arrive pas à jouer son rôle        serait en cours de modification.<br />
 Quoiqu&#8217;il en soit, en incitant à utiliser un véhicule hors des voies de        circulation autorisées, cette publicité, ainsi que les deux précédentes        ne respectent par l&#8217;article 2-14 des recommandations écologiques qui        interdit (Cf. les explications ci-dessus et ci-après).</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/peugeot_fleurs.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/peugeot-206.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2787" title="peugeot-206" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/peugeot-206.jpg" alt="peugeot-206" width="206" height="138" /></a></p>
<p>Peugeot 206</p>
</td>
<td>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité,   ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer   des vertus écologiques que le produit ne posséderait pas&nbsp;&raquo; </em>(art. 2-12 des recommandations   écologiques du BVP).</p>
<p><strong>SANS COMMENTAIRE.</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/peugeot_poumons.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/peugeot-307.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2788" title="peugeot-307" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/peugeot-307.jpg" alt="peugeot-307" width="201" height="154" /></a></p>
<p>Peugeot 307 Hdi</p>
</td>
<td>
<p>Cette pub   pour la 307 Hdi (diesel) ne mise pas que sur les arguments &laquo;&nbsp;Nature&nbsp;&raquo;   mais aussi sur les illusoires effets positifs de   l&#8217;achat et l&#8217;usage du véhicule sur notre santé, en l&#8217;occurrence les poumons.   De qui se moque-t-on ?</p>
<p>Plusieurs   choses sont contestables :</p>
<ol type="1">
<li>Il est reconnu scientifiquement que les véhicules diesel rejettent des micro-particules        provoquant de nombreux décès par maladies cardio-pulmonaires. Une        étude de l&#8217;AFSSE datant de 2004 montre que le nombre total de décès dû        aux particules fines dans l&#8217;atmosphère (provenant essentiellement des        moteurs diesel) est évalué à 31 700 morts en 2000 en France (à méditer si        on compare aux 30 000 morts causés par le tabac ou aux 7 000 décès des        accidents de la route). La présence de deux poumons d&#8217;apparence saine        sur cette pub est inadmissible.<br />
 <strong>Cela va à        l&#8217;encontre des recommandations écologiques du BVP : art 1.2</strong><strong><br />
 Cela va à l&#8217;encontre de la recommandation        Développement Durable du BVP : art 1.1.1, art 1.2.5</strong></li>
<li>L&#8217;argument écologique mis en avant est        le CO2, or cela n&#8217;a rien à voir avec les micro-particules. Le        message n&#8217;est pas clair du tout. <br />
 <strong>Cela va à        l&#8217;encontre des recommandations écologiques du BVP : art 2.1</strong><strong><br />
 Cela va à l&#8217;encontre de la recommandation        Développement Durable du BVP : art 1.1.1</strong></li>
<li>99,9 % d&#8217;émissions de CO2 en moins ! Ce        chiffre est faux, quelle que soit son interprétation.        A quoi se réfère-t-on ? Par rapport aux émissions moyennes des véhicules        particuliers neufs ? par rapport aux rejets des véhicules diesel ? Si        tel est le cas, les rejets moyens des véhicules diesel mis sur le marché        sont de 149 g de CO2/km (source ADEME). Une réduction de 99,9 % nous        amènerait à un rejet de 0,015 g de CO2/km pour ce véhicule qui en émet        en réalité entre 120 et 148 g suivant le modèle.<br />
 <strong>Cela va à        l&#8217;encontre de la recommandation arguments écologiques du BVP : art 1.1,        art 2.1, art 2.6</strong><strong><br />
 Cela va à l&#8217;encontre de la recommandation        Développement Durable du BVP : art 1.2.4</strong></li>
</ol>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/volvo_scarabee.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/volvo-xc-90.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2789" title="volvo-xc-90" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/volvo-xc-90.jpg" alt="volvo-xc-90" width="204" height="258" /></a></p>
<p>Volvo XC90</p>
</td>
<td>
<p>Un   scarabée luit de beaux reflets dans lesquels on peut voir une Volvo tout   terrain.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>La nature est si belle, lorsqu&#8217;elle se pare   de ses plus beaux reflets </em>&laquo;&nbsp;, autrement dit &laquo;&nbsp;<em>La Volvo est un des reflets de la nature</em>&nbsp;&raquo;   ou &laquo;&nbsp;<em>la nature est si belle qu&#8217;il   faut la préserver et c&#8217;est ce que fait la Volvo tout-terrain».</em></p>
<p>Pourtant, cette voiture est une des moins écologiques du marché puisqu&#8217;il   s&#8217;agit d&#8217;une grosse cylindrée. Les critiques exposées pour les autres   véhicules ci-dessus s&#8217;appliquent donc pour la Volvo : fortes émissions de gaz   à effet de serre, consommation d&#8217;énergies fossiles &#8230;</p>
<p>On ne voit donc pas quel lien il peut exister   entre cette voiture et la beauté de la nature, si ce n&#8217;est le pouvoir   qu&#8217;elle donne à ses passagers de pénétrer dans des zones naturelles   difficilement accessibles en voiture (mais qui seraient facilement   accessibles à pied !).Elle permet par ce fait de   perturber des écosystèmes fragiles. D&#8217;ailleurs, l&#8217;image de la voiture   qui se reflète sur le scarabée laisse supposer qu&#8217;elle se situe à faible   distance de l&#8217;insecte et qu&#8217;il est possible qu&#8217;elle roule vers lui. Et l&#8217;on peut facilement imaginer la suite : le conducteur ne le   voit pas et l&#8217;écrase sans état d&#8217;âme !!!</p>
<p>« Son système &nbsp;&raquo; Preémair &nbsp;&raquo;   transforme l&#8217;ozone en oxygène » :</p>
<p><strong>Cette   publicité va à l&#8217;encontre de l&#8217;article 2-12 des recommandations écologiques   du BVP : </strong><br />
 la voiture proposée n&#8217;a pas de vertus écologiques, mais la publicité fait   croire le contraire par des signes, des termes ou des couleurs. <br />
 De plus, cette publicité incite à des comportements contraires à la protection   de l&#8217;environnement, <strong>ce qui va à l&#8217;encontre de l&#8217;article 2-14</strong><strong>.<br />
 </strong>- Enfin, <strong>l&#8217;article   2-7 n&#8217;est pas respecté</strong><span style="text-decoration: underline;"> </span>car   l&#8217;annonceur n&#8217;indique pas<em> «en quoi   le produit présente les qualités qu&#8217;on lui attribue et éventuellement dans   quel contexte&nbsp;&raquo;.</em></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/honda_sobriete.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/honda.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2790" title="honda" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/honda.jpg" alt="honda" width="202" height="241" /></a></p>
</td>
<td>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Émission de CO2 : 177 gr/km = RESPECT DE   L&#8217;ENVIRONNEMENT</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>C&#8217;est faux   : une telle émission n&#8217;est pas écologique. Aucun document scientifique ne   permet d&#8217;affirmer cela. Les voitures les moins   émettrices, gamme de voiture équivalente, tournent autour de 110 à 130 gr/km   de CO2 (voire la sélection sur la page <a href="http://www.wwf.fr/campagnes/dossiers/topten" target="_blank">http://www.wwf.fr/campagnes/dossiers/topten</a>).   Mais même ces efforts sont encore insuffisants.</p>
<p>En effet,   le protocole de Kyoto a montré que pour rétablir l&#8217;équilibre climatique, nous   devons réduire rapidement et massivement les émissions de CO2, notamment   celles liées aux transports, qui représentent 25 % des émissions. Voir les   explications plus haut sur la pollution par le CO2.</p>
<p>Ce faisant,   cette publicité ne respecte pas <strong>les articles 1-2, 2-1 et surtout 2-2</strong> (&laquo;&nbsp;L&#8217;annonceur   doit être en mesure de produire tous les éléments propres à justifier ses   allégations, indications ou présentations publicitaires&nbsp;&raquo;).</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/lexus_changer_la_planete.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/lexus.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2791" title="lexus" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/lexus.jpg" alt="lexus" width="197" height="267" /></a></p>
</td>
<td>
<p>« <em>Changer le monde sans changer la planète </em>»   :</p>
<p>Bien   qu&#8217;hybride, ce véhicule rejette 186 g de CO2/km, alors que la TOYOTA PRIUS,   autre véhicule hybride sur le marché ne rejette que 104 g/km. D&#8217;autre part,   186 g/km est une émission largement supérieur à l&#8217;objectif européen affiché   par les constructeurs à savoir 140 g de CO2/km. Avec ce niveau d&#8217;émission, la   Lexus serait dotée d&#8217;une étiquette énergie E (en 5e position d&#8217;un classement   qui va de A à G).</p>
<p><strong>En   conséquence, cette publicité ne respecte pas les articles 1-2, 1-3, 2-1, 2-6   des recommandations écologiques du BVP.</strong><strong> </strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<h2><a name="tribal"></a>Images des peuples premiers</h2>
<p>Voici trois publicités qui utilisent l&#8217;image des peuples premiers pour vanter certains produits de notre modernité (voitures et tourisme) alors que ces mêmes produits sont à l&#8217;origine de la destruction des milieux dans lesquels ces peuples vivent (vivaient) en harmonie avec la nature.</p>
<p>Dans beaucoup de domaines, l&#8217;image et les symboles des dernières communautés autochtones de la planète sont utilisés dans un but commercial ou de marketing, sans que les personnes ou tribus concernées n&#8217;en aient été informées, voire rémunérées pour leur contribution à la promotion du ou des produits. Tout se passe comme si les membres des tribus autochtones n&#8217;étaient pas concernées par le droit international, qu&#8217;ils n&#8217;ont ni réputation à préserver, ni vie privée à défendre. Or, le fait d&#8217;utiliser des photos d&#8217;individus issus de tribus autochtones, leur art ou des symboles de leur culture, sans que ces derniers n&#8217;en aient été informés, constitue une violation du droit international à être informé ou même une intrusion dans la vie privée, deux domaines régis par le Droit de la Personne selon le droit international.</p>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/citroen_tribale.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/citroen.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2792" title="citroen" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/citroen.jpg" alt="citroen" width="204" height="260" /></a></p>
<p>Citroën C3 X-TR &laquo;&nbsp;Tribale&nbsp;&raquo;</p>
</td>
<td>
<p>Cette mis   en scène se veut sans doute humoristique : un Amérindien qui, après avoir eu   la vision de la Citroën, fait du stop. Le produit est   présenté comme permettant à son possesseur d&#8217;accéder à une vie plus riche   &laquo;&nbsp;d&#8217;aventure et d&#8217;évasion&nbsp;&raquo;. Deux mondes sont représentés : le   monde moderne, représenté par la voiture, symbole de la modernité triomphante   et outil indispensable, même à l&#8217;Amérindien, pauvre attardé qui ne peut   qu&#8217;aspirer à troquer ses traditions éculées pour ce véhicule.</p>
<p>Tout   d&#8217;abord, force est de constater que cette publicité   présente un Amérindien de manière dévalorisante, l&#8217;image de ce dernier   étant axée uniquement sur le caractère folklorique ou archaïque de sa personne :   nu pieds, avec des arcs et des flèches, ayant des croyances et des pratiques   éculées : recours à des visions, vie tribale, conseil des anciens (Lire le   texte sous l&#8217;image).</p>
<p>Ensuite,   cette publicité suggère que la conduite de cette automobile permettra   d&#8217;accéder à une vie plus riche d&#8217;aventure et d&#8217;évasion que ne pourrait le   faire le mode de vie ancestral des Amérindiens.</p>
<p>Or, le monde moderne, et tout particulièrement la voiture, a des   conséquences désastreuses pour le mode de vie des Amérindiens, respectueux de   la nature, les seuls aujourd&#8217;hui à respecter les fragiles équilibres pourtant   nécessaires à la survie de la race humaine. En effet : la création de   routes goudronnées et l&#8217;exploitation du pétrole, deux activités nécessaires,   voire indispensables, à la conduite automobile, sont directement responsables   de la destruction irréversible et accélérée des forêts primaires de la   planète et de la forêt amazonienne en particulier, ainsi que des peuples   autochtones qui vivent sur ces territoires.</p>
<p>En   valorisant la conduite automobile par rapport à l&#8217;Amérindien allant à pied et   dont le mode de vie est en parfaite harmonie avec l&#8217;écosystème dans lequel il   évolue, cette publicité porte atteinte à l&#8217;image de ces   peuples fragiles, et incite à des comportements contraires à la protection de   l&#8217;environnement. <strong>Cela est contraire à l&#8217;article 2-14 des recommandations écologiques</strong> <strong>des recommandations   du BVP</strong>.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/cherokee_ecoutez_votre_ame.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/jeep-cherokee.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2793" title="jeep-cherokee" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/jeep-cherokee.jpg" alt="jeep-cherokee" width="203" height="262" /></a></p>
<p>Jeep Cherokee <em>Wild Dream</em></p>
</td>
<td>
<p>Une femme   occidentale, visiblement issue de la bourgeoisie, arbore des peintures   faciales qui font penser à un masque rituel et tribal. <em>&laquo;&nbsp;Écoutez votre âme&nbsp;&raquo; </em>nous   dit-on. L&#8217;évocation de la vie sauvage dans cette   publicité est quasi subliminale, mais joue néanmoins habilement sur le nom de   série du produit vanté : la Cherokee &laquo;&nbsp;Rêve sauvage&nbsp;&raquo;. Là   encore, c&#8217;est la confrontation entre le &laquo;&nbsp;sauvage&nbsp;&raquo; (l&#8217;Amérindien) et   un contexte &laquo;&nbsp;civilisé&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Or, en   valorisant la conduite des véhicules tout terrain en ville, en faisant croire   au conducteur que ce produit va lui permettre d&#8217;accéder à une dimension plus   profonde et sauvage de son être, le message occulte le   fait que le produit est inadapté à la conduite en ville et gros émetteur de   gaz à effet de serre, <strong>ce qui est contraire à l&#8217;article 2.12 des recommandations écologiques   du BVP</strong><span style="text-decoration: underline;">.</span></p>
<p>Cette   publicité est particulièrement révoltante quant à l&#8217;usage qu&#8217;il y est fait   des symboles et des valeurs associées aux peuples et cultures amérindiennes   qui ont aujourd&#8217;hui pratiquement disparu. Après avoir exterminé les tribus   autochtones durant la conquête de l&#8217;Ouest au motif que les premiers habitants   des Amériques ne possédaient pas d&#8217;âme, on assiste aujourd&#8217;hui à l&#8217;exploitation ultime de ces peuples amérindiens via   l&#8217;utilisation de leur image dans le but précis de donner un &laquo;&nbsp;supplément   d&#8217;âme&nbsp;&raquo; à des produits industriels !</p>
<p>L&#8217;utilisation d&#8217;un nom de peuple comme nom   de voiture (Jeep Wild Cherokee, Porsche Cheyenne ou Volkswagen Touareg) est   choquante : ces   peuples sont aujourd&#8217;hui soit disparus, soit en situation précaire du fait de   la déforestation et d&#8217;exactions dont ils sont victimes à cause du pétrole, se trouvent sur leurs territoires.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/nouvelles_frontieres_afrique.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/kenya.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2794" title="kenya" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/kenya.jpg" alt="kenya" width="203" height="268" /></a></p>
<p>Nouvelles Frontières Kenya</p>
</td>
<td>
<p>Comme pour   les voitures, vanter les voyages n&#8217;est-il pas une incitation à <strong>avoir un comportement   non écologique, au détriment de l&#8217;article 2-14 des recommandations   écologiques du BVP ?</strong><strong></strong></p>
<p>Que penser   en effet du fait qu&#8217;un voyage aller-retour Paris-Nairobi émet plus de 12   tonnes de CO2, gaz à effet de serre responsables du changement climatique ?   Alors que les peuples traditionnels et leur environnement sont touchés de   plein fouet par ce dérèglement du climat.</p>
<p>Ici, les   rituels sacrés, aujourd&#8217;hui pratiquement disparus, sont dévalorisés et   détournés. Ils ne servent qu&#8217;à animer des divertissements pour enfants   délaissés par leurs parents. On cherche désormais à tirer profit de ce qu&#8217;il   reste encore de vivant dans leur culture.</p>
<p>L&#8217;agence de voyage invite à consommer des   vacances au Kenya comme on consomme les ressources naturelles africaines,   dans une digne continuité d&#8217;un colonialisme ravageur&#8230;</p>
<p>La culture   traditionnelle kenyane se désagrège au même rythme que son environnement, et   pour ne pas voir cela, finalement, quoi de mieux que de se réfugier dans un   hôtel-club où l&#8217;on ne « sort pas de chez soi ».</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<h2><a name="energie"></a>L&#8217;énergie</h2>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<h3><a name="total"></a>Campagne TOTAL : &laquo;&nbsp;Pour vous, notre   énergie est inépuisable&nbsp;&raquo;</h3>
<p><strong>Cette   campagne dans son ensemble va à l&#8217;encontre de l&#8217;article 2-1 de la   recommandation écologique du BVP</strong><em> « La publicité doit proscrire toute   déclaration de nature à tromper directement ou indirectement les consommateur   sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que   sur la réalité des actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur de   l&#8217;environnement ».</em></p>
<p>Le slogan   générique de cette campagne, déclinée en plusieurs visuels, <em>« Pour vous, notre énergie est inépuisable   »</em>, laisse entendre que l&#8217;énergie est inépuisable (malgré le jeu   de mot), alors que « leur » énergie (celle que commercialise Total) est   essentiellement composée de ressources fossiles. Or, les ressources fossiles   ne sont justement pas inépuisables. Total l&#8217;indique bien dans son site <a href="http://www.total.com/static/fr/medias/topic1492/CSR-TOTAL-2005.pdf" target="_blank">rapport   sociétal et environnemental 2005</a> (p.8) : « les réserves prouvées et   probables représentent une durée de vie de près de 22 ans ». L&#8217;activité de   Total dans le développement d&#8217;énergies renouvelables est en fait très faible   comparée à son activité pétrolière et gazière. Par exemple, les carburants issus de la biomasse ne représentaient en 2005   pour Total que 1,2 % de son offre de carburant en France (<a href="http://www.total.com/static/fr/medias/topic1492/CSR-TOTAL-2005.pdf" target="_blank">rapport   sociétal et environnemental 2005</a>, p. 71).</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/total_inepuisable.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/total.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2795" title="total" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/total.jpg" alt="total" width="118" height="157" /></a></p>
<p>Total</p>
</td>
<td>
<p>Concernant   l&#8217;énergie éolienne, Total veut nous faire croire que son activité en ce   domaine est importante. Or, l&#8217;entreprise n&#8217;a mis en service en France, en   tout, que cinq éoliennes, en 2003 sur le site de la raffinerie des Flandres,   près de Dunkerque. Et c&#8217;est tout ! (<a href="http://www.total.com/" target="_blank">www.total.com</a>)</p>
<p>Ce visuel   nous trompe sur <em>la réalité   des actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur de l&#8217;environnement et du   développement durable.</em><strong> Il contrevient donc à l&#8217;article 2-1 de la recommandation écologique</strong><strong> et à l&#8217;<a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/docs/BVP_dev_durable.pdf" target="_blank">article 1-1.1</a> de la recommandation   développement durable.</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><br class="spacer_" /></p>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/total_profondeurs.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/total1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2796" title="total1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/total1.jpg" alt="total1" width="203" height="134" /></a></p>
<p>Total</p>
</td>
<td>
<p><strong>Cette   publicité contrevient aux articles 2-1 et 2-6 </strong>de la recommandation «   arguments écologiques » du BVP.</p>
<p>Cette   phrase et le montage montrant côte à côte un engin de prospection pétrolière   et un poisson occultent les effets catastrophiques de la prospection et de   l&#8217;exploitation pétrolière (déversements, fuites, etc.) sur les milieux   côtiers et marins (voir par exemple ce qu&#8217;en dit <a href="http://www.unep.org/geo/geo3/french/330.htm" target="_blank">le programme des Nations   Unies pour l&#8217;environnement</a>)</p>
<p>En outre, <strong>cette publicité   contrevient aussi à l&#8217;article 2-3</strong> de la recommandation écologique   du BVP qui précise : <em>« la   publicité ne peut recourir à des démonstrations ou à des conclusions   scientifiques relatives à l&#8217;environnement qui ne seraient pas conformes à des   travaux scientifiques reconnus. » </em></p>
<p>Or, le   poisson décrit dans cette publicité est un tétrodon (famille des   Tetraodontidae dans laquelle il existe de nombreux genres et espèces). On   parle aussi de &laquo;&nbsp;poisson-coffre&nbsp;&raquo;, uniquement présent en zone tropicale,   plutôt dans les récifs coralliens mais jamais dans les   zones profondes où l&#8217;on effectue la prospection et les forages.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/france_telecom_ozone.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/france-telecom.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2797" title="france-telecom" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/france-telecom.jpg" alt="france-telecom" width="186" height="265" /></a></p>
<p>France Telecom :</p>
</td>
<td>
<p>Cette   publicité postule un lien de cause à effet entre les économies d&#8217;énergie   produites par l&#8217;extinction de lampes électriques et la couche d&#8217;ozone. Or, ce   lien n&#8217;existe pas. Il y a ici une énorme erreur de la   part des concepteurs de cette publicité, qui ont confondu couche d&#8217;ozone et   effet de serre ! Les économies d&#8217;énergie réduisent les combustions de   manière générale, donc les gaz à effet de serre mais pas du tout le trou dans   la couche d&#8217;ozone. Celui-ci est du à la présence de composés chlorofluorocarbonés   (CFC) qui étaient présents notamment dans les circuits de refroidissement des   réfrigérateurs. Depuis la mise en place de mesures anti-CFC, le trou semble   se stabiliser. Cette publicité provoque la confusion dans les esprits à   l&#8217;heure où il est demandé aux citoyens d&#8217;être de plus en plus attentifs aux   questions d&#8217;environnement. En outre, elle démontre parfaitement l&#8217;incapacité   des annonceurs et du BVP à vérifier les messages diffusés.</p>
<p><strong>Cette   publicité entre en contradiction avec les articles 2-1</strong> («<em> La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à   tromper directement ou indirectement les consommateurs sur la réalité des   avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des   actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur de l&#8217;environnement</em> » et   <strong>2-7</strong><strong>/</strong> (« <em>L&#8217;annonceur devra indiquer en quoi le produit présente les qualités   qu&#8217;on lui attribue et éventuellement dans quel contexte </em>»)   de la recommandation écologique du BVP.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/veolia_environnement.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/veolia.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2798" title="veolia" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/veolia.jpg" alt="veolia" width="202" height="139" /></a></p>
<p>Veolia : <em>L&#8217;environnement est un défi   industriel</em></p>
</td>
<td>
<p>&laquo;&nbsp;Si   on vous dit environnement, vous voyez quoi ? Vous voyez un arbre. Mais   paradoxalement, il faut y voir un défit industriel. Parce qu&#8217;il faut savoir   concilier activité humaine et environnement. L&#8217;augmentation de la   consommation d&#8217;eau et d&#8217;énergie, de la production des déchets et   l&#8217;encombrement des villes nécessite une solution industrielle. Une grande   entreprise en a fait son métier. C&#8217;est le métier de Véolia   environnement&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Grâce à   Véolia, &laquo;&nbsp;l&#8217;environnement&nbsp;&raquo; devient <em>&laquo;&nbsp;un défi industriel». </em>Il s&#8217;agit bien ici de   faire passer l&#8217;activité industrielle de la firme pour une activité   écologique. Mais cette vision de l&#8217;environnement par Véolia est très   personnelle.</p>
<p>En effet,   Véolia élimine une bonne part de ses déchets dans l&#8217;un de ses 70   incinérateurs. De plus, pour 8,6 millions de tonnes de déchets collectés, 4   sont éliminées dans l&#8217;un de ses 130 centres d&#8217;enfouissement technique   (décharges). Heureusement, Véolia possède aussi 157 centres de tri et   recyclage et 62 centres de compostage. Allez, encore un   effort !</p>
<p>Concernant   le traitement des déchets, la France possède le plus grand parc   d&#8217;incinérateurs d&#8217;Europe (130 et 16 projets en cours), alors qu&#8217;une récente étude vient encore de confirmer le risque accru   de développer un cancer à proximité d&#8217;un incinérateur (Floret et Al,   Environnement, Sciences et Technologies, 2006).</p>
<p>Pour ces   raisons, <strong>ce   message contrevient à l&#8217;article 2-1 de la recommandation &laquo;&nbsp;arguments   écologiques&nbsp;&raquo; du BVP</strong><strong> :</strong> <em>&laquo;&nbsp;La publicité doit   proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement   les consommateur sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des   produits ainsi que sur la réalité des actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur   de l&#8217;environnement&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Pour   rappel :</p>
<p>En 2002,   une campagne Veolia clamait que <em>&nbsp;&raquo; la   filiale de Veolia (Onyx) a traité, en 2002, plus de 54 millions de tonnes de   déchets issus de cinq continents, un poids qui ne pèsera plus sur la   nature&nbsp;&raquo;,</em> un message alors très critiqué par le WWF. En   effet, le message sous-entendait que l&#8217;énorme quantité de déchets était   réduite à néant. Mais Véolia <em>&laquo;&nbsp;oubliait&nbsp;&raquo; </em>de dire que, pour se débarrasser des déchets, l&#8217;entreprise a   recours principalement à l&#8217;incinération. Or, un incinérateur qui brûle 110   000 tonnes de déchets, émet 102 500 tonnes de gaz carbonique. Sur son site Véolia-propreté, l&#8217;entreprise indique pourtant   &laquo;&nbsp;Nous maîtrisons les rejets et préservons l&#8217;environnement&nbsp;&raquo;.</p>
<p>De plus, l&#8217;utilisation du symbole de   l&#8217;arbre parfaitement intégré dans l&#8217;environnement, suggère l&#8217;absence d&#8217;impact de   l&#8217;activité de l&#8217;entreprise sur la nature. Or, les infrastructures   industrielles de Véolia supportent les activités industrielles d&#8217;une   multinationale : incinérateurs, usines, installations de traitement de l&#8217;eau,   décharges&#8230;<br />
 La beauté du paysage n&#8217;en est que rehaussée !</p>
<p>Pour cette   raison, <strong>elle   contrevient à l&#8217;article 2-12 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le   choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des   couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus   écologiques que le produit ne posséderait pas&nbsp;&raquo;</em>.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/areva_inepuisable.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arava.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2799" title="arava" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/arava.jpg" alt="arava" width="204" height="272" /></a></p>
<p>Areva</p>
</td>
<td>
<p><strong>Cette   publicité contrevient à l&#8217;article 2.6 des recommandations BVP</strong> <em>« La publicité ne doit pas donner ou paraître donner une   garantie totale ou complète d&#8217;innocuité dans le domaine de l&#8217;environnement,   lorsque les qualités écologiques du produit ne concernent qu&#8217;un seul stade de   la vie du produit ou qu&#8217;une seule de ses propriétés. »</em></p>
<p>En effet,   elle occulte les autres problèmes environnementaux liés à la production   d&#8217;énergie nucléaire (déchets radioactifs, risques, production des minerais   d&#8217;uranium &#8230;).</p>
<p><strong>En outre,   cette publicité contrevient à l&#8217;article 2-1 des recommandations écologiques</strong> car l&#8217;utilisation de la   formule<em> « un avenir sans CO2 » </em>laisse   entendre que le nucléaire va régler le problème des émissions de CO2 dans   l&#8217;avenir. Or, ce n&#8217;est pas la réalité. D&#8217;une part, de nombreux usages de   l&#8217;énergie ne seront pas couverts par l&#8217;électricité nucléaire, et d&#8217;autre   part, la ressource nucléaire est limitée et les capacités de développement du   secteur également.</p>
<p>Pour plus   d&#8217;informations sur le nucléaire : <a href="http://www.greenpeace.org/france/campaigns/nucleaire" target="_blank">http://www.greenpeace.org/france/campaigns/nucleaire</a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/leroy_merlin_maison_econome.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leroy-merlin.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2800" title="leroy-merlin" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leroy-merlin.jpg" alt="leroy-merlin" width="203" height="153" /></a></p>
<p>Leroy-Merlin</p>
</td>
<td>
<p>« Vous voulez une maison plus économe en   énergie &#8211; nous aussi ». Mais encore ? En n&#8217;indiquant pas <em>« en quoi le produit présente les qualités   qu&#8217;on lui attribue et éventuellement dans quel contexte », </em><strong>cette publicité est   en contradiction avec l&#8217;article 2-7 des recommandations écologiques du BVP</strong> <strong>et donc aussi en   contradiction avec l&#8217;article 1-1 des mêmes recommandations</strong>, l&#8217;annonceur   devant<em> « présenter avec précision la   ou les actions significatives entreprises en matière d&#8217;environnement »</em>.</p>
<p>En effet, pourquoi   ce lampadaire rendrait-il notre maison plus économe en énergie ? Leroy-Merlin   n&#8217;a pas la réputation de commercialiser des produits écologiques, même si,   devant l&#8217;engouement des consommateurs (et leurs inquiétudes quand à la   toxicité des produits de peinture, de traitement du bois, etc.), cette   enseigne fait comme les autres : elle se met aussi à proposer quelques   produits écologiques.</p>
<p>En fait,   le lampadaire présenté ici ressemble plutôt à un halogène, connu pour être   vorace en électricité. Si c&#8217;est le cas, <strong>cela contreviendrait à l&#8217;article 2-1 des   recommandations écologiques du BVP</strong> (Indications de nature à   tromper le consommateur sur la réalité des avantages écologiques du produit).</p>
<p>Mais   réflexion faite, ce lampadaire ressemble plutôt à un soleil. Or, ce montage   induit la confusion entre l&#8217;objet vendu par Leroy-Merlin, et l&#8217;énergie   solaire, énergie propre mais dont la production n&#8217;est pas du tout le métier   de cette entreprise. <strong>Cela va à l&#8217;encontre de l&#8217;article 2-12 des recommandations   écologiques</strong> (<em>« Le choix   des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs   qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques   que le produit ne posséderait pas ».</em>)</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/leroy_merlin_maison_propre.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leroy-merlin1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2801" title="leroy-merlin1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leroy-merlin1.jpg" alt="leroy-merlin1" width="203" height="153" /></a></p>
<p>Leroy-Merlin</p>
</td>
<td>
<p>La   publicité entre <strong>en   contradiction avec l&#8217;article 2-7 (et avec l&#8217;article 1-1)</strong> des   recommandations écologiques du BVP :<em> «   L&#8217;annonceur devra indiquer en quoi le produit présente les qualités qu&#8217;on lui   attribue et éventuellement dans quel contexte »</em>.<br />
 En effet, on ne voit pas bien en quoi un parc pour bébé placé au milieu d&#8217;un   champ de fleurs va rendre l&#8217;air de notre maison plus sain&#8230;</p>
<p>De plus, <strong>cette publicité   contrevient à l&#8217;article 2-1</strong><strong> des recommandations écologiques du BVP</strong> car l&#8217;utilisation de la formule<em> « Vous voulez une maison où l&#8217;air est plus   sain, nous aussi » </em>laisse entendre que les produits en vente dans   ce magasin (par exemple les peintures) sont tous conçus pour rendre l&#8217;air des   maisons plus sain. Or, l&#8217;offre de produits réellement écologiques chez   Leroy-Merlin est quasi-inexistante.</p>
<p>En effet,   sur le site de l&#8217;enseigne (leroymerlin.fr), lorsque vous entrez dans le   moteur de recherche le mot « écologique » ou « environnement », il est   répondu qu&#8217; « il n&#8217;y a pas de produits correspondant à votre recherche ». Le   site vend quelques livres sur le bricolage écologique. Un lien vers « Un   salon écolo » nous renseigne sur « une pièce pour vivre naturellement l&#8217;air   du temps ». Et tous les produits proposés pour y parvenir sont tout sauf   écologiques et sains (Marque Ripolain, peinture acrylique Leroy Merlin&#8230;).</p>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/publicites.html#menu_pub"></a></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a name="edf"></a><br />
 <a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/edf_paques.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/edf.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2802" title="edf" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/edf.jpg" alt="edf" width="203" height="279" /></a></p>
<p>EDF</p>
</td>
<td>
<p><em>« Pour préparer l&#8217;avenir, nous mettrons en service dès 2012 la   nouvelle génération de centrale nucléaire, l&#8217;EPR. EDF, leader européen des   énergies de demain ».</em></p>
<p><strong>Contrevient   à l&#8217;article 2-9</strong> des recommandations écologiques du BVP : <em>« L&#8217;allégation ne doit pas induire une   fausse supériorité et/ou permettre à un produit de se distinguer abusivement   d&#8217;autres produits similaires ou possédant des caractéristiques analogues en   ce qui concerne leur contribution à la protection de l&#8217;environnement »</em>.</p>
<p>Le texte   de cette publicité laisse entendre que le nucléaire constitue l&#8217;énergie de   demain. Or, d&#8217;autres énergies sont développées actuellement, qui, à tous   points de vue (rentabilité, risques, emploi, etc.), ont autant d&#8217;avenir que   l&#8217;énergie nucléaire. Le nucléaire est ici placé abusivement en situation de supériorité   par rapport aux énergies renouvelables.</p>
<p><strong>Contrevient   à l&#8217;article 2-12</strong> des recommandations écologiques du BVP :<em> « Le choix des signes ou des termes   utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être   associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne   posséderait pas »</em>.</p>
<p>En   montrant le décor de l&#8217;île de Pâques, la publicité nous suggère que les   énergies d&#8217;aujourd&#8217;hui nous mènent à la catastrophe, par analogie avec le   processus de quasi extinction de la population de l&#8217;île de Pâques entre le   XIVe et le XVIIe siècle. Pour éviter ça, EDF prépare donc les énergies de   demain, autrement dit l&#8217;énergie nucléaire. Cette   analogie a pour effet de montrer l&#8217;énergie nucléaire comme une énergie   inoffensive alors qu&#8217;il existe de nombreux problèmes environnementaux liés à   sa production : déchets radioactifs, pollutions liées à la production   de minerais d&#8217;uranium, sans oublier les risques inhérents à cette   technologie. Sans remonter jusqu&#8217;au XIVe siècle et sans aller jusqu&#8217;au   Pacifique-sud, il suffit de se rappeler 1986 et la catastrophe de Tchernobyl.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a name="suez"></a><br />
 <a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/suez_arbre.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/suez.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2803" title="suez" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/suez.jpg" alt="suez" width="203" height="266" /></a></p>
<p>Suez</p>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/suez_eau.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/suez1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2804" title="suez1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/suez1.jpg" alt="suez1" width="204" height="266" /></a></p>
<p>Suez</p>
</td>
<td>
<p><em>« &laquo;&nbsp;Notre nouveau nom symbolise notre volonté de nous   engager dans le développement durable&nbsp;&raquo;. ».</em></p>
<p>Peut-on   avoir une explication de texte, SVP ? Là encore, comme Carrefour (voir plus   bas), l&#8217;information donnée sur la réalité de l&#8217;engagement de l&#8217;entreprise   dans le développement durable est&#8230; inexistante.</p>
<p>Or, <em>&laquo;&nbsp;La publicité doit exprimer exactement   l&#8217;action d&#8217;un annonceur ou les propriétés de ses produits ou services&nbsp;&raquo; </em><strong>(article 1-2.2 des   recommandations développement durable)</strong>, et<em> &laquo;&nbsp;si l&#8217;effort ne porte que sur un   produit ou service ou sur un ou des éléments limités, la publicité ne peut   exprimer un engagement total&nbsp;&raquo; </em><strong>(art. 1-2.1</strong><strong>)</strong>.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<h2><a name="Produits_chimiques"></a>Produits chimiques</h2>
<p>Les publicités pour pesticides ne respectent généralement pas les recommandations déontologiques du BVP pour les raisons suivantes :</p>
<p>Elles ne présentent pas &laquo;&nbsp;<em>avec précision la ou les caractéristiques positives en matière d&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; (<strong>art. 1-2</strong>) et n&#8217; &laquo;&nbsp;<em>informent pas sur le bilan positif véritable du produit en matière d&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; (<strong>art. 1-3</strong>).</p>
<p>Leurs déclarations n&#8217;indiquent pas la réalité des avantages (qui sont plutôt des désavantages) du produit pour l&#8217;environnement (<strong>non respect <a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/docs/BVP_arg_ecolo.pdf" target="_blank">art. 2-1</a></strong>).</p>
<p>Elles donnent une garantie une garantie totale d&#8217;innocuité du produit par rapport à l&#8217;environnement (<strong>non respect <a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/docs/BVP_arg_ecolo.pdf" target="_blank">art. 2-6</a></strong>), sans indiquer en quoi le produit présente les qualités qu&#8217;on lui attribue et dans quel contexte (<strong>art. 2-7</strong>).</p>
<p>Les vendeurs de pesticides mettent en avant le fait que leurs produits ont passé des tests réglementaires garantissant leur innocuité pour l&#8217;environnement : alors à quoi sert <strong>l&#8217;<a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/docs/BVP_arg_ecolo.pdf" target="_blank">article 2-8</a></strong> qui demande de ne pas présenter &laquo;&nbsp;<em>des caractéristiques particulières au regard de la réglementation et des usages dès lors que tous les produits similaires présenteraient ces mêmes caractéristiques relatives à la protection de l&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; ?</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<table border="1" cellpadding="0" width="80%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<h3>Peut-on encore faire de la publicité   pour les produits les plus dangereux ?</h3>
<h4>Des produits polluants et dangereux   pour la santé :</h4>
<p>La   difficulté est la suivante : nous sommes face à des produits dangereux qui   ont obtenu une autorisation de mise sur le marché sur la base d&#8217;une   réglementation dont l&#8217;insuffisance est dénoncée par les associations et <a href="http://www.mdrgf.org/212pesticides.html" target="_blank">par de nombreux scientifiques</a>.</p>
<p>Il suffit de   regarder la réalité en face : même de faibles quantités de pesticides ont des   effets nocifs et l&#8217;exposition à ces produits pendant des périodes longues   pose de nombreux problèmes de santé. L&#8217;épidémiologie nous montre ainsi que   les personnes exposées aux pesticides peuvent développer <a href="http://www.mdrgf.org/210pesticides.html" target="_blank">cancer</a>, <a href="http://www.mdrgf.org/28pesticides.html" target="_blank">malformations congénitales</a>,   <a href="http://www.mdrgf.org/27pesticides.html" target="_blank">problèmes d infertilité</a>,   <a href="http://www.mdrgf.org/211pesticides.html" target="_blank">problèmes neurologiques</a> ou encore <a href="http://www.mdrgf.org/29pesticides.html" target="_blank">affaiblissement du   système immunitaire</a>.</p>
<p>D&#8217;autre part, on retrouve des résidus de   pesticides partout : dans l&#8217;eau, dans <a href="http://www.mdrgf.org/22pesticides.html" target="_blank">l&#8217;air, les brouillards et la   pluie</a> et dans nos aliments : plus de 50% des fruits et des légumes   produits par l&#8217;agriculture intensive en contiennent. Ils finissent dans <a href="http://www.mdrgf.org/24pesticides.html" target="_blank">nos organismes</a>, qui   hébergent ainsi des centaines de molécules toxiques.</p>
<p>Face à la prise de conscience, la   contre-attaque publicitaire du secteur des phytosanitaires s&#8217;organise :</p>
<p>Comme   notre société prend conscience de la gravité de ces pollutions et des risques   pour la santé humaine, la profession des produits phytosanitaires s&#8217;organise   pour redorer son image, jusqu&#8217;à présenter ses produits comme inoffensifs pour   l&#8217;environnement et l&#8217;être humain.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<p>Voici quelques morceaux choisis.</p>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/UIPP_femme1.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/pesticides.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2805" title="pesticides" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/pesticides.jpg" alt="pesticides" width="201" height="264" /></a></p>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/UIPP_femme2.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/pesticides1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2806" title="pesticides1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/pesticides1.jpg" alt="pesticides1" width="201" height="264" /></a></p>
<p>Union des Industries de la Protection des   Plantes <em>(versions 2005 et 2006)</em></p>
</td>
<td>
<p>En 2005,   l&#8217;Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) sort sa campagne   &laquo;&nbsp;<em>Pesticides et si on en parlait   ?</em>&laquo;&nbsp;, indiquant : &laquo;&nbsp;<em>On les   connaît mal, et pourtant les pesticides (ou produits phytosanitaires), </em><em>contribuent à la production d&#8217;aliments sains</em><em> et de récoltes régulières. Ils sont conçus   pour protéger les cultures agricoles contre les maladies, les insectes   nuisibles et les mauvaises herbes </em><em>dans   le respect de la santé de l&#8217;Homme et de son environnement</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Suite à   une levée de boucliers des associations pour l&#8217;environnement et de la filière   biologique, l&#8217;UIPP a introduit à ce texte la phrase ci-après : Les pesticides   sont &laquo;&nbsp;<em>utilisés selon des conditions   d&#8217;emploi strictes et règlementées</em>&nbsp;&raquo; (les deux versions 2005   et 2006 sont exposées ci-contre).</p>
<p>Que dit la loi ?</p>
<p>Selon la   législation européenne et française, les produits phytosanitaires (dits aussi   biocides) doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour   être commercialisés. Cette autorisation exige que le produit soit testé, afin   de &laquo;&nbsp;<em>protéger l&#8217;homme et   l&#8217;environnement contre les risques qui peuvent résulter des substances et   préparations dangereuses</em>&nbsp;&raquo; (article L521-1 du code de   l&#8217;environnement).</p>
<p>Il est   donc facile de conclure que tout produit qui obtient une AMM est inoffensif   pour l&#8217;homme ou la nature. Or, en réalité, les produits   ne sont réellement &laquo;&nbsp;inoffensifs&nbsp;&raquo; que lorsqu&#8217;ils sont utilisés avec   certaines précautions clairement définies&#8230; et si celles-ci sont   parfaitement respectées, ce qui est assez rare et souvent impossible (à cause   de la variation des conditions climatiques notamment).</p>
<p>Des tests très insuffisants remis en cause</p>
<p>D&#8217;autre   part, comme le reconnaissent des toxicologues comme <a href="http://www.stop-pesticides.fr/" target="_blank">Jean-François Narbonne</a> ou des   chercheurs en biologie moléculaire comme <a href="http://www.stop-pesticides.fr/" target="_blank">Gilles-Eric Séralini</a>, la plupart   des tests passés par les produits phytosanitaires sont obsolètes et très   insuffisants pour nous protéger de leur toxicité.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, que dit la loi sur la publicité   ?</p>
<p>Article L   522-14 du code de l&#8217;environnement : &laquo;&nbsp;<em>Sans   préjudice de l&#8217;article L 121-1 du code de la consommation (NB : loi sur la   publicité mensongère) un décret en Conseil d&#8217;Etat précise les mentions   imposées et celles ne pouvant figurer dans les publicités pour les produits   biocides</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Mais le   Décret d&#8217;application reste introuvable. Si vous avez des informations à ce   sujet faites-le savoir !!</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/uipp_lobbying_enfants.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/enfants.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2807" title="enfants" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/enfants.jpg" alt="enfants" width="200" height="132" /></a></p>
<p><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/enfants1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2808" title="enfants1" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/enfants1.jpg" alt="enfants1" width="200" height="136" /></a></p>
<p>Dépliant UIPP   Enfants</p>
</td>
<td>
<p>Plus   pernicieux et scandaleux, l&#8217;UIPP fait ici de la publicité pour ses produits   auprès des enfants en distribuant le dépliant ci-contre dans les foires et   salons qui apprend aux enfants combien les insectes du jardin sont des   ennemis horribles dont il faut se débarrasser. Aucune mise en garde   concernant la toxicité des produits pour l&#8217;environnement et la santé n&#8217;est   indiquée, l&#8217;UIPP se contentant d&#8217;écrire dans un coin : &laquo;&nbsp;<em>Le sais-tu ? Les pesticides sont des   produits que seuls les adultes peuvent manipuler. Si tu en trouves, n&#8217;y touche   pas !</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Non   contente de ne pas respecter la déontologie en matière d&#8217;écologie, cette   publicité ne respecte pas non plus la déontologie applicable aux publicités   pour enfants, car :</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> La publicité doit pouvoir être identifiée comme telle (<strong>Art. 1-1</strong>)   et rapidement identifiable comme tel (<strong>Art. 1-2</strong>). </li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> La publicité ne doit pas légitimer des comportements contraires   à la protection de l&#8217;environnement (<strong>Art. 2-2</strong>) </li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/twist_fongicide.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/fongicide.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2809" title="fongicide" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/fongicide.jpg" alt="fongicide" width="204" height="142" /></a></p>
<p>Fongicide   Twist</p>
</td>
<td>
<p>Voici une   autre méthode pour faire croire à l&#8217;innocuité d&#8217;un fongicide : la   présentation du produit en symbiose avec la nature. La publicité montre deux   animaux en parfaite symbiose et coopération. &laquo;&nbsp;<em>Tout comme certaines espèces s&#8217;associent   naturellement pour la vie, les fongicides mésostémiques protègent la plante   en fonction de ses besoins. Nouvelle trifloxystrobine, Twist est la base du   traitement fongicide à très large spectre qui vous offre les meilleures   performances jamais atteintes. Twist, </em><em>c&#8217;est   la synthèse réussie entre la plante et la protection, entre l&#8217;Homme et la   Nature</em><em>.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>Sauf que   ces deux animaux ne nuisent pas, alors que TWIST est un fongicide à base de   trifloxystrobine, classé Xi-Dangereux pour   l&#8217;environnement et la santé.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Pour plus d&#8217;information sur la toxicité des produits phytosanitaires, consulter <a href="http://www.mdrgf.org/" target="_blank">le site Internet du MDRGF</a>, association spécialisée sur ces questions, et lire le rapport &laquo;&nbsp;<em>Chaîne de contamination, le maillon aliment</em>&nbsp;&raquo; &#8211; WWF &#8211; 2006.</p>
<hr size="2" />
<h2><a name="Grande_distribution"></a>Grande distribution</h2>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/lingettes_futees_et_environnement.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leclerc.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2810" title="leclerc" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/leclerc.jpg" alt="leclerc" width="194" height="276" /></a></p>
<p>E. Leclerc</p>
</td>
<td>
<p>Alors là, bravo ! Leclerc a le chic de présenter   sur une même page, à droite ses actions en faveur de l&#8217;environnement   (produits bios, matériaux recyclables, je cite), et à gauche des lingettes,   pourtant un des symboles de l&#8217;ère du jetable et une cible des associations.</p>
<p>Dans sa   revue &laquo;&nbsp;Du jetable au durable&nbsp;&raquo;, le WWF indique que les lingettes   sont 16 fois plus chères et font 20 fois plus de déchets que le nettoyage   traditionnel !</p>
<p>Selon   l&#8217;ADEME, si les lingettes présentent bien un avantage en termes de   consommation d&#8217;eau (3 fois moins que le liquide pur ou dilué) et de   dégradation de la qualité de l&#8217;eau, l&#8217;analyse confirme qu&#8217;elles génèrent 3   fois plus de déchets ménagers que le spray et 6 fois plus que le liquide.</p>
<p>Enfin,   elles peuvent être toxiques, quand elles sont imprégnées d&#8217;un produit classé   comme tel (lingette dissolvant, lingette pour nettoyage à sec, lingette pour   entretien des sanitaires,&#8230;).</p>
<p>Cette   publicité ne contrevient pas aux recommandations écologiques du BVP, mais   elle montre le peu de cohérence et la sincérité douteuse de la démarche   écologique de E. Leclerc, ceci étant confirmé par les propos de son directeur   : &laquo;&nbsp;<em>C&#8217;est vrai, [le développement   durable] est un concept à la mode. Tant dans le monde des entreprises que   dans tout débat de société. Et alors ? De tout temps, les marchands ont su   récupérer les bons slogans</em>&nbsp;&raquo; (Michel-Édouard Leclerc, Le   Nouvel économiste, 26 mars 2004). Vous avez-dit sincérité ?</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/carrefour_mieux_consommer.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/carrefour.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2811" title="carrefour" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/carrefour.jpg" alt="carrefour" width="202" height="129" /></a></p>
<p>Carrefour</p>
</td>
<td>
<p>Cette publicité manque de précision concernant &laquo;&nbsp;<em>les actions significatives entreprises en   matière d&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; par Carrefour, comme l&#8217;exige   pourtant <strong>l&#8217;article   1-1</strong> des recommandations écologiques du BVP.</p>
<p>En effet,   nous ne comprenons pas en quoi &laquo;&nbsp;<em>proposer   les prix les plus bas, le meilleur rapport qualité prix, des informations sur   ce que vous achetez, et rendre les courses plus rapides et plus agréables</em>&laquo;&nbsp;,   permet de &laquo;&nbsp;<em>respecter   l&#8217;homme et l&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; (et la femme alors ?).</p>
<p>Car   attention : &laquo;&nbsp;<em>si l&#8217;effort   ne porte que sur un produit ou service ou sur un ou des éléments limités, la   publicité ne peut exprimer un engagement total</em>&nbsp;&raquo; (<strong>art. 1-2.1</strong> des recommandations développement durable du BVP).</p>
<p>Pourtant,   Carrefour a des engagements concrets qu&#8217;il pourrait mettre en avant :   approvisionnement en bois labellisés FSC pour son mobilier de jardins &#8230;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<h2><a name="Publicites_diverses">Publicités Diverses</a></h2>
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<h2>Le Bloc Béton</h2>
<p>BLOCALIANS</p>
<p>Dans sa   campagne TV, radio et presse, le &laquo;&nbsp;Blocalians&nbsp;&raquo; &#8211; regroupement   d&#8217;industriels du Bloc béton - met en avant les avantages de son produit   (le fameux &laquo;&nbsp;parpaing&nbsp;&raquo;), et les compare à ses concurrents tels que   la brique Monomur ou les Ossature-bois, à travers un écobilan consultable sur   Internet (http://www.blocalians.fr/)</p>
<p>D&#8217;une   part, <strong>cette   campagne contrevient à l&#8217;article 2-9 de la recommandation écologiques du BVP </strong>:   « <em>L&#8217;allégation ne doit pas   induire une fausse supériorité et/ou  permettre à un produit de se   distinguer abusivement d&#8217;autres produits similaires  ou possédant des   caractéristiques analogues en ce qui concerne leur contribution  à la   protection de l&#8217;environnement</em> », pour les raisons suivantes   :</p>
<p>Les   données de l&#8217;écobilan de la terre cuite mur doublé et de l&#8217;ossature bois +   isolation n&#8217;apparaissent par sur le site, sous prétexte que les fiches de   données environnementales sont &laquo;&nbsp;non publiées par les   intéressés&nbsp;&raquo;.  Or, ces données existent chez les fabricants et   démontrent l&#8217;infériorité du Bloc Béton sur ses concurrents dans plusieurs   domaines (cf. ci-dessous).</p>
<p>Le   groupement évoque &laquo;&nbsp;Les 7 raisons capitales de préférer le Bloc   Béton&nbsp;&raquo;. Or, le Bloc Béton n&#8217;est pas supérieur à ses concurrents sur les   7 critères évoqués.</p>
<p><strong>Confort   thermique</strong> : dans sa   comparaison aux autres solutions, Blocalians prend le cas d&#8217;un mur en bloc   béton doublé d&#8217;un isolant. Le matériau béton n&#8217;ayant aucune qualité   thermique, il est effectivement nécessaire de faire appel à une isolation   rapportée. La brique monomur, elle, ne demande aucune isolation   complémentaire, ce qui rend son impact environnemental global plus   intéressant.</p>
<p><strong>Confort   acoustique</strong> : un mur   de parpaing nu produit une acoustique réverbérante, contrairement à l&#8217;ossature-bois.   Pour bénéficier d&#8217;un confort acoustique, le Bloc Béton doit être associé à un   isolant &laquo;&nbsp;mou&nbsp;&raquo; (laine de verre par exemple).</p>
<p><strong>Qualité de   l&#8217;air intérieur</strong> : les seuls critères évoqués   sont les COV et les moisissures, qui ne constituent qu&#8217;une infime partie de   la pollution intérieure, et pour lesquels les produits concurrents font jeu   égal avec le Bloc Béton.</p>
<p><strong>Le confort   hygrothermique</strong> : le fait que le béton soit   imperméable à l&#8217;humidité amène de la condensation et des moisissures dans des   maisons insuffisamment ventilées. Les matériaux &laquo;&nbsp;respirants&nbsp;&raquo; comme   la terre crue, la terre cuite et le bois sont à ce niveau, plus performants   car ils laissent passer la vapeur de l&#8217;intérieur vers l&#8217;extérieur de la   maison tout en étant imperméable à l&#8217;eau liquide à l&#8217;extérieur.</p>
<p><strong>Les   ressources naturelles</strong> : les ressources utilisées pour   fabriquer un bloc (granulat, sable,&#8230;) peuvent effectivement être considérées   comme naturelles, mais leur traitement, lui, ne l&#8217;est pas : extraction,   concassage, séchage, préchauffage à 800°C, pré-calcinateur entre 800 et   1000°C, parfois alimenté par des pneus usagés, production du clinker à   1450°C, chauffage à 1800°C, etc&#8230; Les voisins de carrières ou de cimenteries   peuvent en témoigner ! Par ailleurs, contrairement au bois, les ressources   nécessaires à la fabrication de béton ne sont pas renouvelables, comme le   montrent les efforts des industriels pour aller chercher toujours plus loin   des matériaux (prospection en roche dure, en mer,&#8230;).</p>
<p><strong>Entretien   et maintenance</strong> : le bloc béton n&#8217;est pas   spécialement plus simple à entretenir que les autres matériaux. Quand au   caractère incombustible, les autres matériaux font jeu égal, y compris le   bois, qui ne présente pas plus de risque d&#8217;incendie qu&#8217;une autre   construction, et dont la combustion lente en cas d&#8217;incendie dégage moins de   produits toxiques et permet d&#8217;évacuer les occupants en toute sécurité sans risque d&#8217;effondrement.</p>
<p><strong>Qualité du   recyclage</strong> : les autres matériaux sont aussi   recyclables que le Bloc Béton. Et recyclable ne veut pas dire recyclé : peu   de fabricants assurent effectivement ce recyclage (Lafarge par exemple   annonce 9,8 % seulement de matières premières recyclées dans sa branche   Ciment).</p>
<p>D&#8217;autre part,   <strong>la campagne   bafoue l&#8217;article 2-1 de la même recommandation :</strong><span style="text-decoration: underline;"> </span>(&laquo;&nbsp;<em>La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à   tromper directement ou indirectement les consommateurs sur la réalité des   avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des   actions que l&#8217;annonceur conduit en faveur de l&#8217;environnement</em>&laquo;&nbsp;)   en affirmant que le Bloc Béton ne nécessite &laquo;&nbsp;ni cuisson ni   traitement&nbsp;&raquo;. En effet, le Bloc Béton est fait à partir de ciment, qui   nécessite un traitement industriel lourd (fours à cimenterie à 1800 ° C) et   polluant (l&#8217;industrie cimentière est à l&#8217;origine de 5% des émissions   mondiales de gaz à effet de serre : source Rapport Développement Durable de   Lafarge).</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<h2><a name="Foret">Forêts &#8230; et papier</a></h2>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/lire_preserve_la_foret.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/papier.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2812" title="papier" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/papier.jpg" alt="papier" width="195" height="255" /></a></p>
<p>Industriels   du papier</p>
</td>
<td width="57%">
<p>En janvier 2006, l&#8217;industrie papetière a   acheté des pages entières de publicité dans la plupart des quotidiens   nationaux pour expliquer que la consommation de papier était bénéfique pour   la forêt. &laquo;&nbsp;<em>En lisant ce journal, vous préservez la   forêt</em> !&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Rassurez-vous,   lorsque vous utilisez du papier, vous ne participez pas à la déforestation</em> !&nbsp;&raquo;</p>
<p>En effet,   le papier serait issu exclusivement de bois d&#8217;éclaircies des forêts   françaises et de déchets de scieries. Or, ce faisant, ces   publicités contreviennent à plusieurs articles des recommandations   écologiques du BVP :</p>
<p>- La   publicité n&#8217;informe pas sur &laquo;&nbsp;<em>le bilan   véritable du produit en matière d&#8217;environnement</em>&nbsp;&raquo; (<strong>Art. 1-3</strong>).</p>
<p>- La   publicité trompe &laquo;&nbsp;<em>directement   le consommateur sur la réalité des avantages ou propriété écologiques</em>&nbsp;&raquo;   du produit (<strong>Art.   2-1</strong>)</p>
<p>- La publicité   donne &laquo;&nbsp;<em>une garantie totale d&#8217;innocuité   dans le domaine de l&#8217;environnement</em>&laquo;&nbsp;, alors que &laquo;&nbsp;<em>les qualités écologiques du produit ne   concernent qu&#8217;un seul stade de la vie du produit ou qu&#8217;une seule de ses   propriétés</em>&nbsp;&raquo; (<strong>Art. 2-6</strong>).</p>
<p>En effet, encourager la surconsommation de papier menace les forêts.   Voici les arguments des Amis de la Terre,   qui ont analysé les propres chiffres de la <a href="http://www.copacel.fr/" target="_blank">Confédération   française de l&#8217;industrie des Papiers, Cartons et Celluloses (COPACEL)</a>, à   l&#8217;origine de cette campagne.</p>
<p>Plus de la moitié du papier consommé par   les Français est importé</p>
<p>Ces publicités oublient de dire que le bois   est une ressource renouvelable mais limitée.</p>
<p>L&#8217;industrie   papetière doit s&#8217;adapter, non pas en augmentant les importations de pâte à   papier issue de la destruction scandaleuse des forêts tropicales ou boréales   mais en encourageant la diminution de la consommation   de papier et en favorisant la consommation de papier 100% recyclé plus   économe en eau et en énergie, d&#8217;après l&#8217;Agence de l&#8217;environnement et de la   maîtrise de l&#8217;énergie.</p>
<p>Voir la   totalité de <a href="http://www.amisdelaterre.org/rubrique.php3?id_rubrique=361" target="_blank">l&#8217;analyse   des Amis de la Terre</a>.</p>
<hr size="2" />
</td>
</tr>
<tr>
<td width="41%" valign="top">
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/portables_sauver_des_forets.jpg"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/tele2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2813" title="tele2" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/tele2.jpg" alt="tele2" width="200" height="282" /></a></p>
<p>Télé 2</p>
</td>
<td width="57%" valign="top">
<p>Télé 2   fait sa publicité en claironnant que « <em>Réduire les factures de portables, c&#8217;est sauver des forêts</em> »   et en lançant le site <a href="http://www.frontdeliberationdesmobiles.org/" target="_blank">www.frontdeliberationdesmobiles.org</a>,   qui n&#8217;est qu&#8217;un site promotionnel pour lutter contre les factures de   portables trop chères.</p>
<p>Ici, nous pourrions bien passer la barre de la publicité mensongère,   pour ne pas dire la publicité du n&#8217;importe quoi, car ni la publicité, ni le   site n&#8217;informent sur les fameuses « réductions » annoncées. Sans   doute, y-a-t-il ici un fumeux jeu de mots qui ne fait rire personne.</p>
<p><strong>Cette   publicité ne respecte pas les articles 1-1, 1-2, 1-3, 2-1, 2-6 des   recommandations écologiques du BVP</strong><strong>.</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<hr size="2" />
<table border="0" cellpadding="0" width="90%">
<tbody>
<tr>
<td>
<h2><a name="Cristaline">Cristaline   &#8230; et l&#8217;eau du robinet</a></h2>
<p><a href="http://www.lalliance.fr/xmedia/atelier_BVP/images/scans/cristaline.png"></a><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/cristaline.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2814" title="cristaline" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/cristaline.jpg" alt="cristaline" width="182" height="268" /></a></p>
<p>Cristaline &laquo;&nbsp;Pas d&#8217;économie   sur l&#8217;eau que je bois&nbsp;&raquo; !</p>
</td>
<td width="58%">
<h2>Cristaline   : une campagne en eaux troubles</h2>
<p>Le WWF approuve et soutient la démarche du <strong>Ministère de l&#8217;Ecologie et du   Développement Durable, d&#8217;Agir pour l&#8217;Environnement, de FNE, de Résistance à   l&#8217;Agression Publicitaire, de la Confédération Générale du Logement et de Eau   de Paris</strong> qui dénonce la campagne de publicité de Cristaline.</p>
<p>L&#8217;accès à   une eau potable est un droit fondamental et vital. Pourtant, dans le monde,   avoir accès à de l&#8217;eau potable est un véritable privilège : sur Terre, moins   de 0.001% de cette ressource précieuse est accessible à la consommation   humaine. Dans de nombreux pays, l&#8217;eau potable est particulièrement rare et   chère. Les structures d&#8217;assainissement de l&#8217;eau y sont souvent peu performantes,   voire inexistantes ! D&#8217;ici 2025, si les modes de consommation actuels ne   changent pas, près de cinq milliards de personnes vivront dans des régions où   il sera difficile, voire impossible, de satisfaire leurs besoins en eau   douce. Leur vendra-t-on alors de l&#8217;eau en bouteille ?</p>
<p>Cette   campagne affirme de façon indécente que l&#8217;eau du robinet en France est   impropre à la consommation alors que c&#8217;est l&#8217;une des eaux les plus contrôlées   au monde, grâce à des structures de traitement de l&#8217;eau complexes et   perfectionnées. Cela signifie-t-il qu&#8217;en dehors de l&#8217;eau en bouteille, point   de salut ? <br />
 Pour convaincre le consommateur d&#8217;acheter prioritairement de l&#8217;eau en   bouteille, Cristaline joue d&#8217;un amalgame insinuant que l&#8217;eau du robinet   proviendrait des toilettes (« qui prétend que l&#8217;eau du robinet a bon goût ne   doit pas en boire souvent »). C&#8217;est fallacieux et scandaleux !</p>
<p>Le WWF rappelle que, en France,   contrairement à certaines idées reçues, et sauf exception locale, l&#8217;eau du   robinet est parfaitement potable et extrêmement contrôlée sur tout le réseau   de distribution jusqu&#8217;au robinet.</p>
<p>L&#8217;eau du   robinet et les eaux en bouteille sont issues des mêmes milieux naturels   (rivières, sources&#8230;). Les zones humides, en particulier, sont des zones de   stockage et des filtres naturels de l&#8217;eau. Or, elles sont fortement menacées   : 50% ont déjà disparu, et elles sont régulièrement polluées par nos modes de   vie (pesticides, pollution domestiques&#8230;). La qualité de toutes les eaux est   mise en danger ! Il est donc primordial de les préserver.</p>
<p>Pour Serge   ORRU, Directeur Général du WWF : « l&#8217;eau en bouteille ne représente pas une   solution aux besoins en eau des Français. Cette eau coûte en moyenne 150 fois   plus cher que l&#8217;eau du robinet ! Une bonne part de ce surcoût est imputable à   la fabrication et au recyclage de ses emballages, à son transport et à sa   publicité.<br />
 De 5 à 7 milliards de bouteilles d&#8217;eau sont ainsi vendues en France chaque   année, ce qui représente un coût de recyclage considérable. De plus,   seulement 47% de ces bouteilles en PET sont recyclées. L&#8217;industrie de l&#8217;eau   en bouteille contribue donc à augmenter l&#8217;émission de gaz à effet de serre   qui participe au réchauffement de la planète. »</p>
<p>Et   pourtant, Cristaline, à travers cette publicité, souhaite l&#8217;imposer comme la   solution à la crise de l&#8217;eau, en vantant ses qualités gustatives mais en   omettant de préciser son coût écologique.</p>
<p>Les   publicitaires en charge de cette campagne avaient sollicité à son sujet, le   BVP, organe d&#8217;autodiscipline de la profession. <br />
 Le BVP a rendu un avis défavorable, ce qui n&#8217;a pas empêché l&#8217;annonceur de   lancer sa campagne d&#8217;affichage. Cela illustre une   nouvelle fois l&#8217;incapacité du BVP à empêcher les débordements publicitaires   de tous ordres !</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>Communiqué   de Presse.</strong><br />
 <strong>16 janvier 2007</strong><br />
 <strong>« Stop à la campagne Cristaline,</strong><br />
 <strong>oui à l&#8217;eau du robinet ! »</strong><br />
 <strong>« <em>Qui prétend que l&#8217;eau du robinet a mauvais goût</em></strong><br />
 <strong><em>ne doit pas en boire souvent !</em></strong><em> »</em></p>
<p><a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/logos.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2815" title="logos" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/logos.jpg" alt="logos" width="220" height="112" /></a></p>
<p>Avec sa   toute dernière campagne de communication et son slogan : « <em>Qui prétend que   l&#8217;eau du robinet a bon goût ne doit pas en boire souvent</em> », la marque   Cristaline a dépassé les bornes ! Et le pire reste à venir : la prochaine   vague d&#8217;affiches publicitaires assimile l&#8217;eau du robinet à l&#8217;eau des   toilettes : Cristaline pousse le bouchon vraiment trop loin !</p>
<p>Alors même   que le comité de déontologie du Bureau de Vérification de la Publicité a   donné un avis défavorable à cette publicité, Cristaline a opté pour le   maintien de sa stratégie, reposant sur de fausses informations et allant à   l&#8217;encontre des politiques publiques visant la réduction des déchets.</p>
<p>Se sentant   probablement visée par la campagne nationale de réduction des déchets menée   par le Ministère de l&#8217;Ecologie et du Développement Durable et l&#8217;ADEME, la   marque Cristaline sous-entendrait-elle que les services des Directions des   Affaires Sanitaires et Sociales et que les syndicats de gestion et de   distribution des eaux remplissent mal leurs missions ?</p>
<p>La   fédération France Nature Environnement souhaite rappeler que l&#8217;eau du robinet   est tout à fait potable, qu&#8217;elle est contrôlée un grand nombre de fois avant   d&#8217;arriver chez le consommateur et qu&#8217;elle coûte cinquante fois moins cher que   l&#8217;eau de source que l&#8217;on trouve en magasin. D&#8217;ailleurs, l&#8217;eau de source n&#8217;a   souvent pas de grande différence avec la plupart des eaux du robinet qui   parfois proviennent des mêmes nappes (c&#8217;est le cas pour Cristaline dans la   région de Saint-Nazaire). Pire, de nombreuses dérogations sont octroyées aux   eaux de source embouteillées, lesquelles contiennent parfois de l&#8217;antimoine   (dû au PET constituant leur emballage), et les conditions ainsi que la durée   de leur stockage avant consommation ont des incidences sur le contenu (ce qui   est d&#8217;ailleurs rappelé sur les étiquettes). La fédération France Nature   Environnement précise également que les bouteilles en plastique sont   fabriquées à partir de pétrole, matière première en voie d&#8217;épuisement et que   leur transport par camion à travers notre pays contribue à l&#8217;émission de   bruit, de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre, donc au   dérèglement climatique. La fédération France Nature Environnement alerte sur   le fait qu&#8217;encore aujourd&#8217;hui, une grande partie des bouteilles plastique ne   sont pas recyclées, qu&#8217;elles viennent alimenter les nombreuses décharges qui   jalonnent notre pays, ou pire se retrouvent directement dans la nature.</p>
<p><strong>Afin de montrer que l&#8217;eau du robinet a réellement bon goût, la   fédération France</strong> <strong>Nature   Environnement réalisera demain, mercredi 17 janvier 2007, avec Eau de Paris,   une conférence de presse au Café Le Petit Ney (10 av Porte de</strong> <strong>Montmartre   ­ 75 018 Paris) au cours de laquelle les journalistes et les dirigeants de   Cristaline seront invités à goûter en aveugle de l&#8217;eau du robinet et</strong> <strong>de   l&#8217;eau de Cristaline.</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong> </strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
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		<title>The Corporation (la poursuite pathologique du profit et du pouvoir)</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Mar 2009 12:12:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a 150 ans, la société par action était une institution peu importante. Aujourd&#8217;hui elle est omniprésente. Comme l&#8217;église, la monarchie et le parti communiste en leur temps, la société est l&#8217;institution prédominante. Ce documentaire étudie la nature, l&#8217;évolution, l&#8217;impact et le probable avenir de la société moderne. Dotée d&#8217;un mandat légal limité, qu&#8217;est-ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a 150 ans, la société par action était une institution peu importante. Aujourd&#8217;hui elle est omniprésente. Comme l&#8217;église, la monarchie et le parti communiste en leur temps, la société est l&#8217;institution prédominante. Ce documentaire étudie la nature, l&#8217;évolution, l&#8217;impact et le probable avenir de la société moderne. Dotée d&#8217;un mandat légal limité, qu&#8217;est-ce qui lui a permis d&#8217;obtenir un pouvoir et une influence tel sur notre vie ? Notre enquête commence alors que les scandales ouvrent le débat sur l&#8217;absence de contrôle sur les grandes sociétés.<br />
 </strong></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2759" title="The Corporation (Winner of the best documentary - Genie Award)" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/the-corporation-award-1.gif" alt="The Corporation (Winner of the best documentary - Genie Award)" width="120" height="65" /><img class="alignnone size-full wp-image-2760" title="The Corporation (Winner of 26 International awards)" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/the-corporation-award-2.gif" alt="The Corporation (Winner of 26 International awards)" width="120" height="65" /><img class="alignnone size-full wp-image-2761" title="The Corporation (Winner of 10 International audience choice awards)" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/the-corporation-award-3.gif" alt="The Corporation (Winner of 10 International audience choice awards)" width="120" height="65" /></p>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/the-corporation-la-poursuite-pathologique-du-profit-et-du-pouvoir/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://thecorporation.com/" target="_blank">The Corporation</a> (2:24:03)  (version sous-titrée en français)<br />
 Un documentaire de : Mark Achbar, Jennifer Abbott &amp; Joel Bakan</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Georges W.Bush</strong><br />
 Je pense qu&#8217;il y a une mauvaise perception sur le marché&#8230; une méfiance. 95%, dans ces eaux là, un gros pourcentage des entreprises sont honnêtes et divulguent leur actif. Leur système de rémunération est équilibré. Mais il y a des pommes véreuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette image n&#8217;est pas appropriée (la pomme véreuse)? Y a-t-il une meilleure métaphore pour décrire l&#8217;institution dominante ? En donnant la parole à des PDG, des dénonciateurs, des courtiers, des gourous et des espions, en place ou en marge, nous présentons la société comme un paradoxe qui génère l&#8217;opulence mais aussi d&#8217;innombrables maux, souvent camouflés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ira Jackson</strong> (Directeur, Center for Business and Government Kennedy School, Harvard University)<br />
 La société est une pièce du puzzle qu&#8217;est notre monde. Si on la retire, le tableau est incomplet. De même, si c&#8217;est la seule pièce du puzzle, ça ne fonctionnera pas. Une équipe sportive. Certains bloquent, interceptent. D&#8217;autres courent, d&#8217;autres lancent le ballon. Mais on a tous le même mais, réussir en tant qu&#8217;organisation. C&#8217;est comme une cellule familiale. Les gens travaillent ensemble avec un objectif commun. Comme le réseau téléphonique, elle tisse sa toile. Elle est extrêmement puissante. Il est difficile d&#8217;y échapper. Elle transforme la vie des gens, tout compte fait, pour le mieux. L&#8217;aigle&#8230; il plane, l&#8217;oeil vif, prêt à se mesurer aux autres, à frapper mais ce n&#8217;est pas un vautour. Noble, visionnaire, majestueux, de manière à ce que les gens croient en lui, s&#8217;en inspire, de manière à donner un coup de fouet, à s&#8217;élever. Ca serait un bon logo pour une compagnie qui a des principes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Keyes</strong> (Président et directeur général, Conseil canadien pour le commerce international)<br />
 Le mot anglais &laquo;&nbsp;corporate&nbsp;&raquo; a pris un sens péjoratif&#8230; Il est associé à &laquo;&nbsp;l&#8217;ordre du jour&nbsp;&raquo;. On parle de l&#8217;ordre du jour d&#8217;une grande société comme si c&#8217;était diabolique. Comme si l&#8217;ordre du jour essayait de dominer le monde entier. Je n&#8217;utilise pas le mot &laquo;&nbsp;société&nbsp;&raquo;, mais plutôt le mot &laquo;&nbsp;entreprise&nbsp;&raquo;, le mot &laquo;&nbsp;compagnie&nbsp;&raquo;, l&#8217;expression &laquo;&nbsp;milieu des affaires&nbsp;&raquo;. Parce que je trouve que ça donne une vision plus juste que de se limiter au mot &laquo;&nbsp;société&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Joe Badaracco</strong> (Professeur d&#8217;éthique des affaires, de la Harvard Business School)<br />
 Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une société ? J&#8217;enseigne dans une école de commerce et on ne m&#8217;a jamais demandé ma définition d&#8217;une société. C&#8217;est une forme de propriété commerciale. C&#8217;est un groupe d&#8217;individus qui poursuit ensemble toutes sortes d&#8217;objectifs. Le principal est de faire des bénéfices importants, croissants, constants, en toute légalité, pour les propriétaires de l&#8217;affaire.</p>
<p><a href="http://www.letransmuteur.net/the-corporation-la-poursuite-pathologique-du-profit-et-du-pouvoir/"><strong>Transcription de l&#8217;intégralité des dialogues du film&#8230;</strong></a><span id="more-2755"></span></p>
<h2>NAISSANCE</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 La société moderne est née de l&#8217;ère industrielle qui a débuté en 1712 quand un Anglais, Thomas Newcomen, a inventé une pompe à vapeur pour pomper l&#8217;eau de la mine de charbon afin que les mineurs extraient plus de charbon au lieu de sortir des seaux d&#8217;eau. C&#8217;était une question de productivité. Plus de charbon à l&#8217;heure. C&#8217;était le début de l&#8217;ère industrielle. Puis, c&#8217;est devenu, plus de fer, plus de textile à l&#8217;heure, plus d&#8217;automobiles à l&#8217;heure. Et de nos jours, c&#8217;est plus de microprocesseurs à l&#8217;heure. Le système n&#8217;a pratiquement pas changé, on produit des produits plus sophistiqués.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 La place prépondérante des sociétés dans notre vie est essentiellement un produit du siècle passé. A l&#8217;origine, c&#8217;était un groupe de gens constitué en société pour accomplir une tâche précise, comme construire un pont au-dessus du fleuve Charles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mary Zepernick</strong> (Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 Il y avait peu de sociétés à la fondation des États-Unis. Celles qui existaient devaient se plier aux stipulations des chartes délivrées par l&#8217;État. La durée de production, le montant de la capitalisation, ce qu&#8217;elles construisaient, entretenaient, une route, disons étaient dans la charte. Elles ne faisaient rien d&#8217;autre, ne pouvaient posséder une autre société. Leurs actionnaires étaient financièrement responsables.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 D&#8217;un point de vue juridique et culturel, la société était une entité subordonnée, un cadeau du peuple dont le but était de servir le bien public. Il ne faut pas se laisser fourvoyer par l&#8217;histoire. Ce n&#8217;était pas paradisiaque quand elles étaient au service du public. Mais on peut en tirer des leçons.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mary Zepernick</strong> (Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 La guerre de sécession et la révolution industrielle ont fait croître les sociétés. On a assisté à l&#8217;explosion du chemin de fer, -grâce aux terres allouées par l&#8217;État- des banques, de l&#8217;industrie lourde. Il y a un siècle et demi, les avocats d&#8217;entreprise ont compris qu&#8217;ils leur fallait plus de pouvoir et ont voulu supprimer certaines contraintes imposées aux sociétés par le passé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Howard Zinn</strong> (Écrivain, A people&#8217;s History of the United States)<br />
 Le 14e amendement a été voté à la fin de la guerre de Sécession pour donner l&#8217;égalité des droits aux Noirs. Donc, on y spécifiait : &laquo;&nbsp;Aucun État ne peut priver quiconque de sa vie, de sa liberté ou de ces biens sans procédure légal.&nbsp;&raquo; Afin d&#8217;empêcher les États de prendre la vie, la liberté ou les biens des Noirs comme on l&#8217;avait fait par le passé. Les sociétés vont devant les tribunaux. Leurs avocats sont malins et disent : &laquo;&nbsp;Vous ne pouvez priver quiconque de sa vie, de sa liberté&#8230; La société est une personne à part entière.&nbsp;&raquo; Et la Cour Suprême accepte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mary Zepernick</strong> (Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 Et le plus grotesque dans tout ça, c&#8217;est que le 14e amendement avait été voté pour protéger les esclaves libérés depuis peu. Par exemple, entre 1890 et 1910, il y a eu 307 affaires portées devant les tribunaux en vertu du 14e amendement. 288 émanaient des sociétés, 19 d&#8217;Afro-Américains.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 600 000 personnes ont perdu la vie en luttant pour des droits. Et de traits de plumes, les 30 années qui suivirent, les juges ont appliqué ces droits au capital et à la propriété alors qu&#8217;il en dépouillaient les gens.</p>
<h2>UNE &laquo;&nbsp;PERSONNE MORALE&nbsp;&raquo;</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Extrait d&#8217;un vieux documentaire</strong><br />
 Tout le monde fait des erreurs. Je ne peux pas être tenu pour responsable. Ce sont les faiblesses du partenariat. N&#8217;est-ce pas, Sid ?<br />
 Tu devrais constituer ton magasin en société.<br />
 En société ?<br />
 Oui. Ca te permettrait d&#8217;obtenir ce que tu veux : la responsabilité limitée.<br />
 Tu réunis des gens qui souhaitent investir leur argent. Puis vous demandez une charte en tant que société.<br />
 Le gouvernement délivre une charte à cette société. Légalement, cette société fonctionne comme une personne. Ce n&#8217;est pas un groupe de gens. Aux yeux de la loi, c&#8217;est une personne morale.<br />
 L&#8217;imperial Steel Inc. bénéficie des droits légaux d&#8217;un individu. Elle peut vendre et acheter des biens. Elle peut emprunter de l&#8217;argent. Elle peut poursuivre en justice et être poursuivi. Elle fait des affaires. L&#8217;imperial Steel, comme des milliers d&#8217;autres personnes morales, fait partie de notre quotidien. C&#8217;est un membre de notre société.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Après avoir obtenu les droits d&#8217;une personne, une question se pose : &laquo;&nbsp;Quelle sorte de personne est cette société ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Les sociétés ont les droits des personnes immortelles. mais pas de n&#8217;importe lesquelles. De celles dénuées de conscience morale. C&#8217;est un genre de personne très particulier créée par le loi pour ne s&#8217;occuper que de ses actionnaires. Mais pas de ses partenaires sociaux, telles que la communauté ou la population active.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 Le gros problème de ces citoyens corporatifs, c&#8217;est qu&#8217;ils sont différent de nous. Comme aurait dit le baron Thurlow : &laquo;&nbsp;Ils n&#8217;ont pas d&#8217;âme à sauver, ni de corps à incarcérer.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Les gens se méprennent sur les sociétés, ils pensent qu&#8217;elles sont comme nous. On les croit sensibles, politisés, intègres. Mais leur seul intérêts se sont les bénéfices. Comment faire le maximum d&#8217;argent en un trimestre. C&#8217;est tout.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sir Mark Moody-Stuart</strong> (Ancien président de la Royal Dutch Shell)<br />
 On nous reproche de ne penser qu&#8217;à l&#8217;aspect économique. On croit qu&#8217;un homme d&#8217;affaires est obnubilé par l&#8217;argent. Ce n&#8217;est pas le cas. Les hommes d&#8217;affaires que nous sommes savent que nous devons tenir compte de l&#8217;environnement mais aussi que nous devons être perçus comme des membres constructifs de la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Certaines compagnies sont bénéfiques aux communautés. Elles produisent des services et des biens qui nous sont utiles, qui améliorent la vie. C&#8217;est une bonne chose. Le problème réside dans la course aux bénéfices. Parce que pour elles, ce n&#8217;est jamais assez.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sir Mark Moody-Stuart</strong> (Ancien président de la Royal Dutch Shell)<br />
 Je rétorque toujours en faisant remarquer qu&#8217;aucune organisation sur cette planète ne peut négliger les fondements économiques. Même quelqu&#8217;un qui vit sous un figuier banian dépend du soutien d&#8217;autrui. Tout le monde doit se préoccuper de l&#8217;économie. Ce n&#8217;est pas que du commerce.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Contrairement à quelqu&#8217;un qui vit sous un figuier banian, la structure même d&#8217;une société commerciale, de par la loi, lui donne une caractéristique étrange et dérangeante. La loi l&#8217;oblige à placer les intérêts de ses actionnaires au-dessus des autres intérêts. Elle doit, juridiquement, faire passer ses résultat financier avant tout, même le bien public.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Ce n&#8217;est pas une loi de la nature, mais une décision judiciaire. Elles ne s&#8217;intéressent qu&#8217;aux bénéfices à court termes de leurs actionnaires qui sont une minorité de la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 Envers qui ces compagnies doivent-elles être loyales ? Qu&#8217;est-ce que la loyauté ? C&#8217;est un concept plutôt naïf puisque les sociétés ont envers elles-mêmes une obligation de croissance et de rentabilité. Ce faisant, elle est d&#8217;autant plus rentable qu&#8217;elle fait payer ses factures par d&#8217;autres, ce qui lui donne plus d&#8217;influence sur la société. Les économistes ont pour ça un mot terrible : externalités.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Milton Friedman</strong> (Prix Nobel d&#8217;économie)<br />
 Une externalité est la conséquence d&#8217;une transaction entre deux individus sur une tierce personne qui n&#8217;a ni consenti ni joué un rôle quelconque dans l&#8217;établissement de cette transaction. Cela pose de gros problèmes, c&#8217;est évident.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Diriger une entreprise n&#8217;est pas une mince affaire. Les coûts doivent être minimisés à tout bout de champ. Et il arrive un moment où la société délègue certaines choses. Que quelqu&#8217;un d&#8217;autre procure les forces armées au Moyen-Orient pour veiller sur le pétrole, que quelqu&#8217;un d&#8217;autre construise les routes pour y faire rouler les voitures, que quelqu&#8217;un d&#8217;autre prenne ces problèmes en charge. C&#8217;est ça l&#8217;origine des externalités, cette notion de : &laquo;&nbsp;Que quelqu&#8217;un d&#8217;autre s&#8217;en occupe.&nbsp;&raquo; J&#8217;ai déjà assez à faire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 Une société est une machine à externaliser tout comme un requin est une machine à tuer. Tous deux sont conçus de manière très efficace pour atteindre des objectifs précis. Pour y parvenir, la question de malveillance ou de volonté ne se pose pas. L&#8217;entreprise a en elle, comme le requin, ces caractéristiques qui la poussent à remplir ses fonctions.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 La société est contrainte d&#8217;avoir des résultat immédiats et d&#8217;externaliser les coûts qu&#8217;un public naïf lui permettra d&#8217;externaliser.</p>
<h2>ÉTUDES DE CAS</h2>
<p style="text-align: justify;"><em>Pour savoir ce qui pousse la société à devenir une machine à externaliser, on peut l&#8217;analyser, comme un psychiatre analyserait son patient. on peut même la diagnostiquer en se basant sur les études de cas des maux infligés à d&#8217;autres, choisis dans l&#8217;univers des sociétés.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préjudice aux travailleurs :</strong> Licenciements, démantèlement des syndicats, incendie d&#8217;usines.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Charles Kernaghan</strong> (Comité National des travailleurs)<br />
 Pour que les choses soient concrètes nous achetons des produits de toutes les usines dont nous parlons. Cette chemise se vend à 14,99 dollars. Les femmes qui les font, gagnent 3 sous. Les vestes Liz Clairbone, faites au Salvador. Elles coûtent 178 dollars et les ouvriers gagnent 74 sous pour la veste. Les autoradios Alpine, 31 sous de l&#8217;heure. Il n&#8217;y a pas que les chaussures de tennis, tout y passe.<br />
 Nous étions au Honduras. Des travailleurs qui nous connaissaient nous on contactés. Parce que leurs conditions de travail étaient atroces. Ils voulaient nous rencontrer. On a accepté. Mais, ce n&#8217;est pas aisé. On ne peut pas entrer dans l&#8217;usine pour les interroger. Il y a des gros bras, la police. On fait tout en cachette. La réunion commence et trois types entrent. Des types menaçants. L&#8217;entreprise avait eu vent de la réunion. On a dû annuler. Les jeunes filles étaient futées. En partant, elles ont glissé leurs mains sous la table, en douce. J&#8217;ai fait la même chose et elles m&#8217;ont donné leurs fiches de paies pour qu&#8217;on connaisse leur nom, leur salaire et les étiquettes des marques qu&#8217;elles fabriquaient. Une fois seul, j&#8217;ai regardé dans ma main et il y avait la photo de Kathy Lee Gifford. Le plus intéressant, c&#8217;est ce qu&#8217;il y avait écris en bas de la carte : &nbsp;&raquo; Une part des recettes de la vente sera versé à des oeuvres de bienfaisance.&nbsp;&raquo; C&#8217;est très touchant. Ca vous va droit au coeur. D&#8217;après Wal-Mart et Kathy Lee, si vous achetez ce pantalon, vous aiderez des enfants. Mais, ceux qui nous ont donné l&#8217;étiquette n&#8217;avaient que 13 ans.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michael Walker</strong> (Institut Fraser, comité d&#8217;experts pour des solutions de marché)<br />
 Regardons les choses d&#8217;un point de vue différent, de celui des gens au Bangladesh qui meurent de faim, des Chinois qui meurent de faim. La seule chose qu&#8217;ils ont à offrir à quiconque, qui a une valeur quelconque, c&#8217;est leur main-d&#8217;oeuvre bon marché. En conséquence, ils brandissent un grand drapeau sur lequel est écrit : &laquo;&nbsp;Venez nous embaucher, nous travaillons pour 10 sous de l&#8217;heure, parce qu&#8217;avec ça nous achèterons du riz pour ne pas mourir de faim. Venez nous sortir de la misère.&nbsp;&raquo; Alors quand Nike s&#8217;installe là-bas, toute la communauté le perçoit comme un don du ciel.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Charles Kernaghan</strong> (Comité National des travailleurs)<br />
 On a fouillé une décharge en République Dominicaine. On fait toujours ça, on fouille. un jour, on a trouvé des documents internes de tarification de Nike. Chaque opération a un temps d&#8217;exécution. Pas en minutes. Ils fractionnent ce temps en 10 000e de seconde. 22 opérations sont effectuées pour faire une chemise en 6,6141 minutes. A 70 sous de l&#8217;heure, ces 6,6 minutes sont payées 8 sous. Les salaires représentent un tiers d&#8217;un pour cent du prix de vente. C&#8217;est la réalité. C&#8217;est l&#8217;art d&#8217;exploiter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Michael Walker</strong> (Institut Fraser, comité d&#8217;experts pour des solutions de marché)<br />
 Que font ces sociétés une fois prospères ? Elles se rendent compte qu&#8217;elles ne peuvent plus faire de profit parce que les salaires ont augmenté. Les gens ne sont plus désespérés. On a épuisé le stock de désespérés, ils sont tous dodus, en bonne santé et riches. Partons chercher d&#8217;autres désespérés ailleurs et augmentons leur niveau de vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Naomi Klein</strong> (Écrivain)<br />
 La zone industrielle travaillant pour l&#8217;exportation est la première étape vers un fantastique nouveau développement. L&#8217;investissement aura un effet de diffusion dans les communautés. Mais comme de nombreux pays se mettent à créer ces enclaves de libre-échange, ils doivent motiver de plus en plus les compagnies à venir dans leur petite zone dénationalisée. La durée d&#8217;exonération fiscale s&#8217;allonge et les ouvriers ont rarement de quoi s&#8217;acheter trois repas en encore moins de quoi alimenter l&#8217;économie locale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préjudice à la santé :</strong> Les produits dangereux, les déchets toxiques,  la pollution, les produits chimiques de synthèse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Samuel Epstein, M.D.</strong> (Professeur émérite de médecine environnementale, U. of Illinois)<br />
 Il s&#8217;est passé quelque chose en 1940 qui a marqué le début d&#8217;une nouvelle ère. L&#8217;ère de la capacité à synthétiser et à créer, sur une échelle illimitée, de nouveaux produits chimiques. Il est possible de fabriquer de nouveaux produits chimiques comme il n&#8217;en avait jamais existé pour tous les usages et pour un coût dérisoire. On peut aller demander au chimiste, &laquo;&nbsp;Je voudrais un pesticide qui résiste à la chaîne alimentaire et je ne veux pas m&#8217;en servir souvent. Je voudrais qu&#8217;il soit indestructible.&nbsp;&raquo; Alors, il met 2 molécules de benzine sur le tableau, ajoute un peu de chlore&#8230; et c&#8217;est du DDT.<br />
 Alors que l&#8217;ère pétrochimique se développait de plus en plus, des signaux d&#8217;alarme sont apparus. Certains de ces produits chimiques pouvaient présenter des risques. Les données étaient, au départ, futiles, anecdotiques. Mais, petit à petit, les données se sont accumulées à tel point que nous savons maintenant que les produits chimiques de synthèse qui ont investi nos bureaux ,nos produits de consommation, notre air, notre eau, donnent le cancer et aussi des anomalies congénitales et d&#8217;autres effets toxiques.<br />
 De plus, les industries étaient au courant -la plupart était au courant- et ont essayé de banaliser ces risques.<br />
 Si je vous tue avec un revolver, c&#8217;est un crime. Si je vous expose à des produits chimiques que je sais mortels, quelle différence y a-t-il ? Vous mourrez plus lentement.<br />
 Nous sommes au beau milieu d&#8217;une épidémie de cancer et je suis convaincu -j&#8217;ai des preuves à l&#8217;appui- que l&#8217;industrie est en grande partie responsable de cette épidémie de cancer qui nous submerge, qui fait qu&#8217;un homme sur deux contracte le cancer et qu&#8217;une femme sur trois contracte le cancer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préjudices aux animaux :</strong> Destruction de l&#8217;habitat, élevage industriel, expérimentations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Samuel Epstein, M.D.</strong> (Professeur émérite de médecine environnementale, U. of Illinois)<br />
 Vers la fin de l&#8217;année 1989, une boite de documents est arrivée à mon bureau. Rien n&#8217;indiquait sa provenance. Je l&#8217;ai ouverte et j&#8217;ai trouvé plein de dossiers Monsanto et certains traitaient de tests toxicologiques sur des vaches auxquelles on avait donné du rBGH (Posilac). A l&#8217;époque Monsanto disait : &laquo;&nbsp;Rien ne prouve que c&#8217;est nocif, on n&#8217;utilise pas d&#8217;antibiotiques.&nbsp;&raquo; Et ceci a clairement prouvé qu&#8217;ils avaient menti effrontément. Les dossiers révélaient des inflammations du coeur, des poumons, des reins, des problèmes de reproduction et plein d&#8217;autres problèmes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>ITN News, UK</strong><br />
 <em>Le BST, commercialisé sous le nom Posilac, est utilisé dans plus d&#8217;un quart des laiteries Américaines. Ce lait est bu par de nombreux Américains depuis que l&#8217;office de contrôle pharmaceutique l&#8217;a déclaré sans danger&#8230;</em><br />
 <em>Plus tard</em><br />
 <em>Ce compte-rendu détaillé sur ce médicament conclut que le BST fait souffrir inutilement les vaches. C&#8217;est inacceptable pour un médicament conçu pour augmenter la production laitière.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jeremy rifkin</strong> (Président de la Fondation sur les tendances économiques)<br />
 C&#8217;est un produit ridicule. Le monde industriel est inondé de lait. Nous surproduisons du lait. certains gouvernements paient les fermiers pour ne plus en produire. Et Monsanto sort un produit qui permet de produire plus quelque chose d&#8217;inutile.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vidéo promotionnelle Monsanto Vous injecterez du posilac à toutes les vaches. Celles non traitées représenterons une perte d&#8217;argent.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Steve Wilson</strong> (Reporter d&#8217;investigation)<br />
 L&#8217;utilisation de l&#8217;hormone artificielle avait des effets secondaires sur les vaches. Ca leur donnait la mastite, une infection très douloureuse des pis. Quand on trait une vache qui a la mastite, le pus provenant de l&#8217;infection coule avec le lait. Et le taux de cellules somatique (le taux de bactéries) du lait augmente.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jane Akre</strong> (Reporter d&#8217;investigation)<br />
 Les vaches en souffrent. Elles tombent malades quand on leur injecte du rBGH. On leur injecte des antibiotiques. On sait que les aliments contiennent des antibiotiques qui créent des bactéries et des maladies résistantes aux antibiotiques. La situation est critique quand on va à l&#8217;hôpital et qu&#8217;on contracte une infection incurable et qu&#8217;on meurt. C&#8217;est une crise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jeremy rifkin</strong> (Président de la Fondation sur les tendances économiques)<br />
 Nocif pour la vache, pour le fermier et pour le consommateur. Le jury délibère. Il y a des preuves contradictoire quant aux risques. Pourquoi le consommateur devrait prendre des risques ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;Europe et le Canada ont interdit le rBGH mais il est présent dans le lait américain.</strong><br />
 <em>Les vaches n&#8217;ont pas été les seules victimes des produits Monsanto. L&#8217;armée américaine a déboisée des régions du Vietnam avec l&#8217;agent orange de Monsanto. L&#8217;herbicide toxique a entraîné 50 000 anomalies congénitales et des centaines de milliers de cancer chez les Vietnamiens et dans toute les troupes américaines basées en Asie du Sud-Est.</em><br />
 <em>Contrairement aux Vietnamiens, les vétérans américains exposés à l&#8217;agent orange ont pu poursuivre Monsanto en justice. Celle-ci a réglé l&#8217;affaire à l&#8217;amiable en versant 80 millions de dollars de dommages et intérêts. Mais elle n&#8217;a jamais reconnu sa culpabilité.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Préjudice à la biosphère :</strong> Coupe à blanc, émission de CO2, déchets nucléaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 J&#8217;ai dormi dans un motel à Brewer dans le Maine. J&#8217;ai eu le rhume des fions et les yeux irrités. Et j&#8217;ai vu des monceaux de mousse blanche descendre le fleuve. Au matin, je suis allé me renseigner. On m&#8217;a répondu &laquo;&nbsp;C&#8217;est le fleuve. L&#8217;usine de papier déverse tout dans le fleuve.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Comment ça ?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;C&#8217;est simple. On se débarrasse des effluents de la fabrique.&nbsp;&raquo; A l&#8217;époque je traitais avec eux. J&#8217;avais vendu du pétrole aux patrons des fabriques. Je faisais de la politique. Personne dans les fabriques de papier, ne voulait polluer le fleuve. Et pourtant, on le polluait. On avait créé une machine de mort. Dans notre quête de richesse et de prospérité, on a créé quelque chose pour nous détruire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Carlton Brown</strong> (Vendeur d&#8217;actions)<br />
 Les courtiers impliqués dans le marché quand il s&#8217;agit de l&#8217;environnement, ne se laissent pas ébranler. Ils font de l&#8217;argent. On ne s&#8217;interdit pas d&#8217;acheter du cuivre parce que c&#8217;est contre notre religion ou que ça va à l&#8217;encontre des lois environnementales. Parfois on y pense, mais ça ne dure pas. Ca dure une fraction de seconde. On se dit, &laquo;&nbsp;Une ville est polluée au Pérou mais ce type a besoin d&#8217;acheter du cuivre et en plus il touche une commission.&nbsp;&raquo; L&#8217;information qu&#8217;on reçoit ne tient pas compte de l&#8217;environnement parce que tant qu&#8217;il n&#8217;est pas considéré comme une marchandise alors, on n&#8217;en tient pas du tout compte. Ca ne nous traverse même pas l&#8217;esprit. C&#8217;est hors de portée, on n&#8217;en entend pas parler. N&#8217;oubliez pas, il se passe des choses tout près de chez nous. On vend des porcs vivants. Il y a tellement de porcs en Caroline qui polluent les fleuves. On ne parle pas souvent de ce genre de choses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Weissman</strong> (Éditeur, Multinational Monitor)<br />
 Multinational Monitor a établi une liste des sociétés criminelles des années 1990. On a recherché les amendes payées par ces sociétés sur dix ans. Exxon a plaidé coupable, inculpé de crimes fédéraux suite au déversement de Valdez et a payé 125 millions de dollars d&#8217;amende. La General Electric a escroqué le gouvernement fédéral et a payé 9,5 million de dollars d&#8217;amende. Chevron a violé les lois sur l&#8217;environnement et a payé 6,5 millions de dollars d&#8217;amende. Mitsubishi a violé les lois antitrust : 1,8 millions. IBM reconnue coupable d&#8217;exportation illégale : 8,5 millions. Eastman Kodak a violé les lois sur l&#8217;environnement ; 1 million. Le laboratoire Pfizer a violé les lois antitrust : 20 millions. Odwalla, les lois sur les produits pharmaceutiques et alimentaires : 1,5 millions. Sears a été reconnue coupable de fraude fiscale : 60 millions. Hoffman-La-Roche a violé les lois antitrust et a payé 500 millions de dollars d&#8217;amende. Etc&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Robert Monks</strong> (Conseiller en direction d&#8217;entreprise)<br />
 Le problème récurrent d&#8217;obéir ou non à la loi est lié aux conséquences. Si le risque encouru et la pénalité reviennent moins cher que de suivre les règles alors, ça se réduit à une décision commerciale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Utilisons la métaphore des premiers essais de vol. L&#8217;homme en avion, prend son envol d&#8217;une très haute colline. L&#8217;avion bat des ailes, et l&#8217;homme est aux commandes, le vent souffle et le pauvre bougre croit voler alors qu&#8217;il est en chute libre. Il ne le sait pas encore parce que la terre est loin, mais l&#8217;engin va inéluctablement s&#8217;écraser. C&#8217;est pareil pour notre civilisation. La très haute colline représente les ressources illimitées qu&#8217;on croyait avoir au début du voyage. L&#8217;avion ne vole pas parce qu&#8217;on n&#8217;a pas tenu compte des lois de l&#8217;aérodynamique et il est soumis aux lois de la gravité. Notre civilisation ne vole pas car elle fait fi des lois de l&#8217;aérodynamique des civilisations qui voleraient. Et l&#8217;endroit où on va s&#8217;écraser est loin mais certaines personnes l&#8217;ont vu bien avant tout le monde. Les visionnaires l&#8217;ont vu et nous ont prévenus qu&#8217;on en approchait. Pas une seule revue scientifique, publiée durant ces 25 dernières années, ne contredirait ce scénario. Tous les organismes vivants sont sur le déclin, tous les équipements de survie de la terre sont sur le déclin. Et ensemble, ils constituent la biosphère. Elle fait vivre et nourrit toute forme de vie, pas seulement la nôtre mais celle de 30 millions d&#8217;espèces qui partagent la planète avec nous.<br />
 La compagnie type du 20e siècle : extractive, gaspilleuse, abusive, linéaire dans tous ses procédés. Elle pille la terre, fabrique, gaspille, renvoie ses produits dans la biosphère, fait enfouir les déchets.<br />
 J&#8217;ai moi même été estomaqué d&#8217;apprendre tout ce que la terre devait produire pour qu&#8217;une fois extrait par nos soins (il parle de sa propre société), ça rapporte un dollar à la compagnie. Quand je l&#8217;ai appris, ça m&#8217;a sidéré. Nous laissons derrière nous un héritage abominable de poison et de diminution de l&#8217;environnement aux petits-enfants de nos petits-enfants. Des générations pas encore nées. Cette tyrannie inter générationnelle serait un impôt sans représentation prélevé sur les générations à venir. Ce n&#8217;est pas la chose à faire.</p>
<h2>LA PATHOLOGIE DU COMMERCE</h2>
<p><strong>Dr. Robert Hare, Ph.D.</strong> (Consultant to the FBI on psychopats)<br />
 Une des question récurrentes est : dans quelle mesure une société (industrie) peut être perçue comme un psychopathe ? Si on la considère comme une personne morale, il ne doit pas être difficile de rapprocher la psychopathie de l&#8217;individu de celle de la société. On peut examiner les particularités de cette maladie et voir comment elles s&#8217;appliquent aux sociétés.</p>
<ul>
<li> Indifférence inhumaine aux sentiments d&#8217;autrui </li>
<li> Incapacité à maintenir des relations durables </li>
<li> Désintérêt imprudent de la sécurité d&#8217;autrui </li>
<li> Elle en auraient toutes les caractéristiques. Ce genre de société est le psychopathe type. </li>
</ul>
<p><strong>Si l&#8217;institution prédominante a été créée à l&#8217;image d&#8217;un psychopathe, qui assume la responsabilité morale de ses actions?</strong></p>
<p><strong>Milton Friedman</strong> (Prix Nobel d&#8217;économie)<br />
 Un immeuble peut-il avoir une éthique ? Peut-il avoir des responsabilités sociales ? Si un immeuble ne peut pas en avoir, pourquoi une société en aurait ? Une société n&#8217;est qu&#8217;une structure artificielle juridique mais les gens impliqués, que ce soit les actionnaires, que ce soit les cadres, les employés, ils ont tous des responsabilités morales.</p>
<h2>OBLIGATIONS MONSTRUEUSES</h2>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Je pense que chaque être humain, les vrais, de chair et de sang,  pas les sociétés, que chacun est une personne morale. Nous avons les  mêmes gènes, nous nous ressemblons, mais notre nature, la nature des  êtres humains permet de nombreux comportements. Chacun c&#8217;entre nous,  suivant les circonstances, peut être un préposé à la chambre à gaz ou  un saint.</p>
<p><strong>Sam Gibara</strong> (Président, ancien chef de la direction, Pneu Goodyear)<br />
 Aucun poste, de mes années passées chez Goodyear, ne m&#8217;a autant  déçu que le poste de PDG. Car, bien qu&#8217;on ait l&#8217;impression d&#8217;avoir un  pouvoir sans limite, en réalité on ne l&#8217;a pas. Parfois, si on avait  vraiment carte blanche, si on agissait en accord avec nos idées  personnelles, et nos priorités, on agirait autrement. Le PDG ne le peut  pas. Les licenciements étant monnaies courantes, les gens ont tendance  à croire que les PDG prennent des décisions sans tenir compte des  conséquences humaines. Aucun PDG ne prend jamais cette décision à la  légère. C&#8217;est une décision difficile. C&#8217;est le capitalisme qui  l&#8217;impose.</p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 On juge une société comme on juge un propriétaire d&#8217;esclaves. On  veut distinguer l&#8217;institution de l&#8217;individu. L&#8217;esclavage ou d&#8217;autres  formes de tyrannie sont monstrueux de par leur nature mais les  individus impliqués sont peut-être les meilleurs au monde,  bienveillants, amicaux, gentils avec leurs enfants, même avec leurs  esclaves, compatissants. Les possibilités sont illimitées. Dans leur  rôle institutionnel, ce sont des monstres parce que l&#8217;institution est  monstrueuse.</p>
<p><strong>Sir Mark Moody-Stuart</strong> (Ancien président de la Royal Dutch Shell)<br />
 Ma femme et moi, il y a quelques années, avons eu chez nous, une manifestation. 25 personnes ont accroché une grande banderole sur notre  maison : &laquo;&nbsp;assassins&nbsp;&raquo; Ils ont dansé dehors avec des masques à gaz. Cette  manifestation n&#8217;a eu aucun impact car on était à la campagne, nous deux  et le chien, et la maison est petite. Ca les a surpris. On s&#8217;est assis  et on a discuté avec eux quelques heures. on leur a offert du thé , du  café. Ils ont déjeuné sur la pelouse. Au bout de 20 minutes, ils ont  dit, &laquo;&nbsp;C&#8217;est Shell le problème, pas vous.&nbsp;&raquo; J&#8217;ai dit, &laquo;&nbsp;Attendez, de quoi  est composé Shell&nbsp;&raquo; De gens comme moi ? On s&#8217;est rendu compte en  discutant que tout ce qui les préoccupait, me préoccupait aussi. Le  climat, les régimes totalitaires, les droits de l&#8217;homme. La grande  différence entre nous, c&#8217;est que je sens que je peux changer les  choses. Ils étaient frustrés parce qu&#8217;ils se sentaient impuissants.</p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Un PDG en particulier peut très bien se soucier de l&#8217;environnement. Comme il ont des ressources incommensurables, ils  peuvent y consacrer des ressources sans manquer à leur responsabilité  d&#8217;être totalement inhumain.</p>
<p><em>C&#8217;est pourquoi, pendant que les manifestants boivent du thé, au  Niger, Shell peut brûler de l&#8217;essence en quantité et en faire une des  pires sources de pollution au monde. Et le soi-disant intérêts porté à  l&#8217;environnement ne sauve pas Ken Saro Wiwa et huit activistes de la  pendaison pour s&#8217;être opposés aux pratiques de Shell dans le delta du  Niger.</em></p>
<h2>MENTALITÉ</h2>
<p><strong>Dr. Vandana Shiva</strong> (Physicien, écologiste, militant de semences)<br />
 La société ne pense pas. Ses dirigeants pensent. Ils sont en  droit de créer une technologie destructrice. De façon à ce que les  fermiers ne gardent pas les graines. Des graines qui s&#8217;autodétruiront  avec un gène suicidaire. des graines programmées pour ne produire  qu&#8217;une seule récolte. Il faut vraiment avoir un fond cruel. C&#8217;est une  guerre à l&#8217;évolution rien que de penser de cette façon. Mais il est  clair que, pour eux, les bénéfices passent avant tout.</p>
<p><strong>Marc Barry</strong> (Competitive Intelligence Professional)<br />
 J&#8217;ai travaillé dans tous les secteurs. J&#8217;ai travaillé dans un  quart des 500 compagnies de Fortune. Je me suis fait passer pour un  banquier d&#8217;affaires, pour un capital risqueur. J&#8217;ai monté des  compagnies fictives, soi-disant de recrutement de cadres. En fait, je  suis un espion. Je retrouve vos employés, et je leur dis que je suis  une société de recrutement et que j&#8217;ai un travail beaucoup mieux payé à  leur proposer. Est-ce qu&#8217;ils accepteraient de me rencontrer ? Le cadre  se pointe et ne se rend pas compte que je lui soutire des informations  pour un concurrent. Je n&#8217;ai pas de poste à lui offrir, je le reçois  dans un bureau loué et la photo de ma famille sur le bureau est bidon.  C&#8217;est une ruse minutieusement mis au point pour lui soutirer des  informations juteuses. Je ne me sens pas coupable. Il faut s&#8217;attendre à  trouver des types comme moi. On est des prédateurs.<br />
 Tout n&#8217;est que concurrence, parts de marché, de dynamisme, de valeur  actionnariale. Combien vaut votre action ? Si vous êtes PDG,  croyez-vous que les actionnaires se soucient de savoir si vous êtes ou  non une bonne pâte ? Croyez-vous qu&#8217;ils préféreraient que vous soyez un  type sympa plutôt que d&#8217;avoir de l&#8217;argent en poche ? Je ne le crois  pas. Les gens veulent de l&#8217;argent. Point final.</p>
<p><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Comme ces compagnies sont dirigées par des blancs, riches, ça  signifie qu&#8217;ils ont perdu le contact avec le monde. Car le monde n&#8217;est  pas fait d&#8217;une bande de blancs riches. La majorité est faite de gens  d&#8217;autres couleurs. Les femmes sont plus nombreuses. Les travailleurs  pauvres sont les plus nombreux sur cette planète. Les décisions qu&#8217;ils  prennent sont décalées par rapport à la réalité du monde.<br />
 Quand j&#8217;ai acheté les billets pour Phil Knight (Founder and CEO, Nike  Inc) et moi-même, pour aller en Indonésie, je m&#8217;attendais à ce qu&#8217;il  dise, &laquo;&nbsp;Allons-y&nbsp;&raquo;. Il a refusé. C&#8217;est un type intelligent. Il vaut mieux  être préparé. C&#8217;étaient des billets de première classe. Au moins, le  voyage serait agréable. Et il me dit, alors qu&#8217;on filme&#8230; &laquo;&nbsp;Je n&#8217;y suis  jamais allé&nbsp;&raquo;. Je suis interloqué. C&#8217;est le PDG et il n&#8217;a jamais vu ses  usines. Quelques semaines après, il m&#8217;appelle, &laquo;&nbsp;Je vais peut-être  pouvoir vous accompagner aux usines. Je vais à l&#8217;Open d&#8217;Australie.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Pendant 21 ans, pas une fois je n&#8217;ai pensé à ce qu&#8217;on prenait à  la terre, ou à ce qu&#8217;on lui faisait en fa briquant nos produits. Puis,  l&#8217;été 1994, nos clients nous ont posé des questions inhabituelles. &laquo;&nbsp;Que  faites-vous pour l&#8217;environnement ?&nbsp;&raquo; On avait pas de réponse. La réponse  était, &laquo;&nbsp;pas grand-chose&nbsp;&raquo;. Et ça a troublé beaucoup d&#8217;employés. Eux,  plus que moi. Un groupe au sein du service de la recherche a réunis des  gens de nos compagnies du monde entier pour évaluer notre attitude  vis-à-vis de l&#8217;environnement, pour formuler des réponses à ces clients.  On m&#8217;a demandé de venir parler au groupe pour les motiver et leur  donner mon idée de l&#8217;environnement. Je n&#8217;avais pas de vision  environnementale et je ne voulais pas faire ce discours.<br />
 A un moment on ne peut plus propice, un livre a atterri sur mon bureau.  De Paul Wawkins, &laquo;&nbsp;L&#8217;Écologie du marché&nbsp;&raquo;. Je me suis mis à le lire car  j&#8217;étais à court d&#8217;inspiration. Et très vite, dans ce livre, j&#8217;ai trouvé  la phrase, &laquo;&nbsp;la mort de la naissance&nbsp;&raquo;. Pour E.O. Wilson, ça désigne  l&#8217;extinction des espèces. J&#8217;ai reçu ça comme une flèche dans la  poitrine. Plus je lisais, plus la flèche s&#8217;enfonçait. Ce fut une  expérience foudroyante, un changement radical de ma façon de voir les  choses, une nouvelle vision.<br />
 Peut-on faire des produits recyclables ? Pas tous les produits. peut-on  fabriquer des mines recyclables ? Je ne crois pas. C&#8217;est une question  bien plus fondamentale qui se pose. Certains produits ne devraient pas  exister. A moins de pouvoir faire de la moquette recyclable, on ne peut  peut-être pas vivre dans un monde recyclable, ni n&#8217;importe qui d&#8217;autre  qui fabrique des produits non recyclables.<br />
 Un jour, au début de cette aventure, j&#8217;ai soudain compris pourquoi je  dirigeais Interface comme un pillard. Ce que je pille ne m&#8217;appartient  pas, ça appartient à toute les créatures de la terre. Et je me suis  dit, &laquo;&nbsp;Mon Dieu, il faut qu&#8217;un jour tout cela soit illégal, que le  pillage soit illégal. Il faut que ça arrive.&nbsp;&raquo; Je me suis dit, &laquo;&nbsp;Un jour  des gens comme moi finiront en prison.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Carlton Brown</strong> (Vendeur d&#8217;actions)<br />
 Je vais être franc avec vous. Après les événements du 11  septembre, je ne savais pas que&#8230; Je veux en parler parce que c&#8217;est&#8230;  Je ne veux pas en parler à la légère. C&#8217;est grave. C&#8217;est un acte  horrifiant. C&#8217;était vraiment une chose horrible. Une des plus horribles  que j&#8217;aie jamais vue. Mais je vais vous dire, comme tous les courtiers  qui n&#8217;y étaient pas et qui achetaient de l&#8217;or et qui en détenaient, que  quand c&#8217;est arrivé, on a pensé tout de suite, &laquo;&nbsp;L&#8217;or a augmenté ?&nbsp;&raquo; J&#8217;ai  tout de suite pensé, &laquo;&nbsp;L&#8217;or doit exploser.&nbsp;&raquo; Par chance, tous nos clients  avaient de l&#8217;or. Quand il a augmenté, leurs actions ont doublé. Toutes  les actions ont doublé. A quelque chose, malheur est bon. Dévastateur,  accablant, bouleversant, mais du point de vue financier, mes clients  ont fait de l&#8217;argent. Je ne courais pas après ce genre d&#8217;aide. Mais  c&#8217;est arrivé. Quand les États-Unis ont bombardé l&#8217;Irak en 1991, le prix  du pétrole est passé de 13 dollars à 40 dollars le baril, bon sang ! On  avait hâte que les bombes pleuvent sur Saddam Hussein. On était tout  excités. On voulait que Saddam résiste. &laquo;&nbsp;Mets le feu aux puits de  pétrole, ça fera flamber les prix.&nbsp;&raquo; Les courtiers le criaient sur les  toits. Tus étaient sur des charbons ardents. C&#8217;était horrible, c&#8217;était  une véritable catastrophe. Les bombardements, les guerres&#8230; La  destruction crée des perspectives.</p>
<p><em>La quête du profit ne date pas d&#8217;aujourd&#8217;hui. Il fut un temps où  beaucoup de choses étaient trop sacrées ou indispensable pour le bien  public pour être des opportunités financières. Elles étaient protégées  par la tradition et les lois.</em></p>
<h2>PROBLÈMES DE FRONTIÈRES</h2>
<p><strong>Jeremy Rifkin</strong> (Président de la Fondation sur les tendances économiques)<br />
 On peut situer le début de l&#8217;ère moderne avec le mouvement des  &laquo;&nbsp;enclosures&nbsp;&raquo; dans l&#8217;Europe des 14, 15, et 16e siècles. Au Moyen-âge, on  vivait tous ensemble. Un monde de brutes mais avec une responsabilité  partagée. Les gens appartenaient à la terre et non l&#8217;inverse. Dans ce  monde européen, on exploitait le terre ensemble,c&#8217;était un bien commun  qui était à Dieu. Puis l&#8217;église, l&#8217;aristocratie l&#8217;ont gérée,puis les  seigneurs, en ayant qu&#8217;intendants de la création de Dieu. Avec  l&#8217;Angleterre des Tudor, un phénomène voit le jour,le découpage des  terres,voté par le parlement anglais puis européen. On a pris de  grandes étendues de terre,des terrains communaux,et on en a fait des  propriétés privées. Puis, on s&#8217;en est pris aux océans,on a fait des  lois et des réglementations afin que les pays revendiquent une portion  d&#8217;eau au -delà de leurs côtes. Notre siècle a vu l&#8217;air être divisé en  couloirs qui peuvent être achetés et vendus aux avions. Puis on connaît  le suite.</p>
<h2>ACCORD GENERAL SUR LE TARIF DOUANIERS ET LE COMMERCE</h2>
<p><strong>Elaine Bernard</strong> (Executive Director, Trade Union Program, Harvard)<br />
 Avec la dérégulation, la privatisation, le libre-échange, on  assiste à une nouvelle &laquo;&nbsp;enclosure&nbsp;&raquo;, et en quelque sorte, une mainmise  privée des terrains communaux. Une des choses qui me fascine dans nos  débats, c&#8217;est ce concept de savoir qui crée les richesses. Que la  richesse n&#8217;est créée que si elle est privée.<br />
 Comment qualifieriez-vous de l&#8217;eau propre, de l&#8217;air pur? Ne sont-ils  pas une richesse? Pourquoi ça devient une richesse quand un organisme  l&#8217;entoure d&#8217;une clôture et décrète que c&#8217;est à lui? ça ne s&#8217;appelle pas  création de richesse mais une usurpation de richesse.</p>
<p><strong>Mark Kingwell</strong> (Philosophe)<br />
 Au fil des siècles, on a alimenté le domaine public et très  récemment, ces 30 ou 40 dernières années, on le dépouille. Par exemple, les pompiers :</p>
<p><strong>Ancien documentaire</strong><br />
 <em>Cet homme a besoin des pompiers. Au début c&#8217;étaient des compagnies privées. Beaucoup d&#8217;autres en ont besoin. Si vous n&#8217;aviez pas le médaillon d&#8217;une caserne précise sur votre maison et qu&#8217;elle  était en feu, les pompiers passaient devant sans s&#8217;arrêter parce que  vous n&#8217;aviez pas de contrat.</em><br />
 <em>Puis, c&#8217;est devenu un organisme public de sécurité sur ce plan  précis. C&#8217;est important. Il ne faudrait pas régresser et dire &laquo;&nbsp;si on le  remettait sur le marché, il serait plus efficace.&nbsp;&raquo;</em></p>
<h2>PRIVATISATION DE 20 ÉCOLES</h2>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Privatiser, ce n&#8217;est pas donner une entreprise publique à une  personne sympa. C&#8217;est donner une entreprise publique à une tyrannie  inattaquable. Les entreprises publiques ont des aspects avantageux.  Elles peuvent volontairement travailler à perte. Le profit n&#8217;est pas  leur but. Elles jonglent avec les bénéfices parallèles. Si une  industrie d&#8217;acier publique travaille à perte, elle fournit de l&#8217;acier  bon marché aux industries. C&#8217;est peut-être bien. Ces entreprises  peuvent avoir une propriété anticyclique. Elles peuvent maintenir  l&#8217;emploi pendant les récessions. Ca augmente la demande et permet de  sortir de la récession. Les compagnies privées licencient le personnel  pour gagner de l&#8217;argent.</p>
<p><strong>Maude Barlow</strong> (Présidente, Conseil des Canadiens)<br />
 Certaines personnes souhaitent que tout soit possédé. Pas  seulement les biens, mais aussi les droits de l&#8217;homme et les services  essentiels. L&#8217;éducation, la santé publique, l&#8217;aide sociale, les  retraites, le logement. Il s&#8217;agit aussi de la survie de la planète. Des  régions qui, d&#8217;après nous, doivent rester sous contrôle commun sinon  nous mourons tous.</p>
<h2>L&#8217;EAU ET L&#8217;AIR</h2>
<p><strong>Michael Walker</strong> (Institut Fraser, comité d&#8217;experts pour des solutions de marché)<br />
 Même pour l&#8217;air, des progrès ont été faits. Si on ne peut pas éviter le déversement du dioxyde de carbone, ni celui des oxydes de  soufre, on ne peut pas se permettre de les arrêter. On en déverse un peu dans l&#8217;environnement et on déclare que le volume actuel des oxydes  de soufre, par exemple, sera la limite. On établira des permis pour ce volume et on les donnera aux pollueurs pour les autoriser à être  échangés. Maintenant, polluer l&#8217;environnement a un prix. Ca ne serait  pas idyllique si tout avait un prix? Vous préconisez la propriété  privée pour chaque centimètre de la planète. Absolument. Chaque mètre  cube d&#8217;air, d&#8217;eau.<br />
 C&#8217;est bizarre de dire qu&#8217;on désire que l&#8217;univers soit à quelqu&#8217;un. Ca  ne signifie pas que J. Bloggs doit posséder ce mètre carré mais que les intérêts en jeu dans ce ruisseau appartiennent à un groupe ou à des  gens qui ont intérêt à les protéger. Ce n&#8217;est pas une idée saugrenue,  c&#8217;est la solution à bon nombre de ces problèmes.</p>
<h2>FAIRE SES CLASSES</h2>
<p><em>Imaginez un monde où une société posséderait la chanson &laquo;&nbsp;bon  anniversaire&nbsp;&raquo;. Il se trouve qu&#8217;une filiale d&#8217;AOL TIME WARNER en possède  les droits. Il lui est arrivé d&#8217;exiger plus de 10 000 dollars pour nous  permettre d&#8217;entendre cette chanson dans un film. On n&#8217;a pas payé.</em></p>
<p><strong>Susan Linn</strong> (Professor of Psychiatry, Baker Children&#8217;s Center, Harvard)<br />
 Comparer le marketing d&#8217;hier et d&#8217;aujourd&#8217;hui, revient à comparer une carabine à air comprimé à une bombe guidée. Ce n&#8217;était pas  pareil quand j&#8217;étais enfant ou quand les jeunes adultes de maintenant étaient enfants. C&#8217;est beaucoup plus sophistiqué et omniprésent. Ce ne sont pas les produits eux-mêmes qui sont bons ou mauvais. C&#8217;est la façon dont les enfants sont manipulés pour acheter les produits.<br />
 En 1998, Western International Média,Century City et Lieberman Research Worldwide ont fait une étude sur le harcèlement.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong> (Vice Président, Initiative Média; Co-créator, The Nag Facto)<br />
 Pendant 3 semaines, les parents notaient chaque fois que leur enfant les harcelait pour acheter un produit. On leur a demandé de noter la date, le lieu et la raison.</p>
<p><strong>Susan Linn</strong><br />
 Le but n&#8217;était pas d&#8217;aider les parents à supporter le harcèlement mais d&#8217;aider les sociétés afin que le harcèlement concernant leurs produits soit plus efficace.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong><br />
 Entre 20 et 40% des achats ont eu lieu parce que l&#8217;enfant a  harcelé ses parents. On a découvert par exemple, qu&#8217;un quart des  visiteurs des parcs d&#8217;attractions viennent parce que leur enfant les a harcelés. 4 personnes sur 10 ne seraient pas allées à Chuck E. Cheese. Surtout pas les parents. Quand je pense, mon Dieu, quel bruit. C&#8217;est  plein d&#8217;enfants. Pourquoi y passer 2 heures? Si l&#8217;enfant vous harcèle, vous irez. On a remarqué la même chose avec les films, les fast-food.  On doit franchir cet obstacle où ils nous disent qu&#8217;ils n&#8217;aimaient pas  être harcelés par leurs enfants. C&#8217;est la réaction habituelle des  parents. Ca ne signifie pas qu&#8217;ils vont se comporter ainsi tout le temps. On peut manipuler les consommateurs pour qu&#8217;ils veuillent et  achètent vos produits. C&#8217;est un jeu.</p>
<p><strong>Susan Linn</strong><br />
 Les enfants ne sont pas des petits adultes, leur esprit n&#8217;est pas développé. Alors, les vendeurs jouent avec leur vulnérabilité. La  publicité à laquelle sont exposés les enfants est mise au point par des psychologues, réhaussée par la technologie des médias qu&#8217;on croyait impossible.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong><br />
 Plus on arrive à cerner le consommateur, meilleur on est en stratégie de communication. Si pour y arriver, il faut un psychologue, on en embauchera.</p>
<p><strong>Susan Linn</strong><br />
 Il faut fabriquer des choses pour les enfants. Il faut aussi distinguer les psychologues qui travaillent sur les produits destinés aux enfants et aident les fabricants à concevoir des jouets éducatifs. C&#8217;est bien. On ne vend pas directement les jouets à l&#8217;enfant.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong><br />
 Initiative est immense. Aux États-Unis, on achète pour 12  milliards de dollars d&#8217;espace publicitaire. En télé, en presse écrite, en publicité extérieure, en temps de radio. On est les plus gros acheteurs de temps et d&#8217;espace publicitaires des États-Unis et du monde.</p>
<p><strong>Susan Linn</strong><br />
 Une famille seule ne peut combattre une industrie qui dépense tant pour conquérir leurs enfants. C&#8217;est impossible.</p>
<p><strong>Lucy Hughes</strong><br />
 Ce sont les consommateurs de demain. Alors, on s&#8217;adresse à eux maintenant. On crée un lien, et une fois adultes, on les tient. On m&#8217;a demandé: &laquo;&nbsp;Est-ce bien moral ? tu manipules ces enfants.&nbsp;&raquo; J&#8217;ignore si c&#8217;est moral. Mais notre rôle à Initiative est de vendre des produits. Et si on sait qu&#8217;on en a vendu en faisant preuve de créativité, par la voie d&#8217;un média, alors on a fait notre boulot.</p>
<p><strong>Mark Kingwell</strong><br />
 Toutes les institutions donnent au personnel qui la compose un  rôle social à remplir. En général, les institutions qui sont dynamiques et qui ont beaucoup de pouvoir, définiront ce rôle, dans un certain sens, comme une liste de qualités.</p>
<p><em>C&#8217;est vrai pour les églises, les écoles, pour toute institution qui a un pouvoir sur les gens et les façonne. La société (l&#8217;entreprise), elle aussi, nous donne une liste de qualités, le rôle social du &laquo;&nbsp;bon consommateur&nbsp;&raquo;.</em><br />
 <em>Comme les eaux de l&#8217;océan, les gens représentent une force phénoménale. Le comprendre compte beaucoup dans notre mode de vie. Cette force s&#8217;appelle &laquo;&nbsp;le pouvoir du consommateur&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Le but des sociétés est de maximaliser le profit et la part de marché et elles ont aussi un but pour leur cible, à savoir la  population. Les gens doivent être transformés en consommateur abrutis de produits dont ils n&#8217;ont pas besoin. Il faut susciter ce qu&#8217;on appelle des &laquo;&nbsp;besoins créés&nbsp;&raquo;. Il faut créer des besoins, inculquer aux gens la philosophie du futile. Les obliger à se focaliser sur les choses futiles de la vie comme les produits à effet de mode. Je ne fait que citer des ouvrages sur la pub. C&#8217;est logique. L&#8217;idéal est d&#8217;avoir des individus complètement dissociés les uns des autres dont la vision  u&#8217;ils ont d&#8217;eux-mêmes, l&#8217;appréciation, se réduisent à combien de besoins créés je peux satisfaire ?<br />
 On a d&#8217;énormes industries. L&#8217;industrie des relations publiques est monstrueuse. La publicité et tout le reste débutent dès la petite enfance pour essayer de façonner les gens, pour qu&#8217;ils aient la forme souhaitée.</p>
<p><strong>Chris Barrett et Luke McCabe</strong> (Corporate-sponsored university students)<br />
 On a vu Tiger Woods à la télé avec une casquette Nike et on s&#8217;est dit qu&#8217;il touchait des millions pour la porter devant la presse. On a voulu faire pareil et obtenir de l&#8217;argent pour payer nos études. C&#8217;est comme ça qu&#8217;on a été sponsorisés. On l&#8217;a annoncé au Today Show, le 18 juin.</p>
<p><strong>Les 2 étudiants Dans une émission télévisée</strong><br />
 <em>On est sponsorisés par First USA. On est ravis de travailler pour eux et ils paient nos études. On est fiers de travailler avec eux. On donne une bonne image de First USA.</em></p>
<p><strong>Présentateur TV</strong><br />
 Ils ne devront pas répondre aux désirs de leurs parents mais à ceux d&#8217;une société soucieuse de son image.</p>
<p><strong>Chris Barrett et Luke McCabe</strong><br />
 Ils ne courent pas après l&#8217;argent, ils veulent travailler avec  nous, nous aider et vice-versa. on est homme-sandwich pour payer nos études. Cool site of the day et yahoo nous ont choisis et on est passés à USA Today. Nos parents parlaient de la guerre, et nous, on parle de la société. Je crois en la société (l&#8217;entreprise), elle sera toujours là. Il faut avoir foi en elle, sinon ce n&#8217;est pas bien.</p>
<p><em>Des génies créatifs sont employés pour que nous ayons foi en les sociétés. Ils nous leurrent avec des illusions pour détourner notre  esprit et fabriquer notre assentiment.</em></p>
<h2>GESTION DE LA PERCEPTION</h2>
<p><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 Les sociétés ne vendent pas des produits mais un mode de vie. Une histoire qui raconte qui nous sommes, comment on en est arrivé là, d&#8217;où vient notre soi-disant liberté. On a derrière nous des décennies et des décennies de propagande et d&#8217;éducation qui nous disent comment penser. Si on l&#8217;applique à une société, elle est perçue comme étant inévitable, indispensable, d&#8217;une efficacité à toute épreuve, et garante du progrès et d&#8217;une belle vie.</p>
<p><strong>Chris Komisarjevsky</strong> (Président Directeur Général, Burson Marsteller, une firme de relations publiques)<br />
 Gérer la perception est un concept intéressant. C&#8217;est en fait une méthodologie qui nous aide à travailler avec nos clients suivant un procédé méthodique et mis au point pour pouvoir les aider à identifier leurs ressources, les obstacles qui les empêchent de réussir, et à utiliser la communication pour atteindre leurs objectifs.<br />
 Si Michael ou Angelica venaient me demander :<br />
 &laquo;&nbsp;Papa, pourquoi ton travail est important ?&nbsp;&raquo; Je leur répondrais que j&#8217;aide les sociétés à se faire entendre. J&#8217;aide les sociétés à faire  connaître leur point de vue.</p>
<p><strong>Des résultats qui créent une réputation</strong></p>
<p>Anciens clients:</p>
<ul>
<li> Union Carbide : Fuite de gaz à Bhopal: 20 000 morts </li>
<li> Philip Morris : Organise l&#8217;Alliance National des fumeurs pour lutter contre les lois antitabac. </li>
<li> Canadian forestry corporations : Créé le British Columbia Forest Alliance pour lutter contre les campagnes environnementales. </li>
</ul>
<p><em>Des résultats qui changent notre mode de vie</em></p>
<p><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 Elles se vendent, elles vendent leur suprématie, leurs règles et se créent une image, comme tout un chacun.</p>
<p><strong>caméra dans la rue</strong> :d<em>ans un quartier où les logements sont subventionnés par la société Pfizer</em></p>
<p><strong>Interview de Tom Kline</strong> (Senior Vice Président, PfizerInc. World&#8217;s largest pharmaceutical corporation)<br />
 Salut, comment allez-vous ? Content de vous voir.<br />
 Comment allez-vous ? On vient de Pfizer.<br />
 Vous habitez les nouvelles maisons ?<br />
 Ce sont des voisins.<br />
 On peut se dire bonjour ? Juste un instant ?<br />
 Que pensez-vous du quartier?</p>
<p><strong>Réponse d&#8217;un couple:</strong><br />
 Le quartier s&#8217;est amélioré ces 20 dernières années.</p>
<p><strong>Tom Kline</strong><br />
 Ensemble, en travaillant avec vous, Pfizer et nos associés, on peut améliorer ce quartier. Au revoir, Mme Frasier.</p>
<p><strong>Dans le métro</strong> :</p>
<p><strong>Tom Kline</strong><br />
 Il y avait ici des crimes. Une nuit, je rentrais chez moi, j&#8217;ai failli me faire agresser. On a décidé de changer les choses au sein de la communauté.<br />
 On est devant des tourniquets qui empêchent de frauder. Avant, on  pouvait sauter par-dessus. Alors Pfizer et les transports publics ont acheté ces machines.<br />
 Ceci est un micro de réponse qui permet de joindre le gardien de Pfizer qui est à environ 500 mètres d&#8217;ici. Je ne l&#8217;ai pas vu aujourd&#8217;hui, je vais l&#8217;appeler. Ca permet aux voyageurs d&#8217;entrer en contact avec le bureau Pfizer pour demander de l&#8217;aide. Puis le gardien appelle la police de transit et la police intervient pour toutes sortes de crimes. Ce qui fait que la criminalité à diminué. La communauté court moins de risques.</p>
<p><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 C&#8217;est dur. Avec l&#8217;argent des contribuables et des actionnaires, ils aident&#8230; on ignore quoi. Les contribuables devraient décider de l&#8217;emploi de cet argent. Et pendant qu&#8217;ils font ces trucs sympa, ils diminuent les impôts des sociétés et des gens riches et remanient la politique nationale. On ne voit pas ces remaniements, ni l&#8217;argent se faire aspirer, le coeur des procédés se faire aspirer, mais on voit l&#8217;apparence sympathique.</p>
<h2>UNE FÊTE PRIVÉE</h2>
<p><strong>Naomi Klein</strong> (Écrivain)<br />
 J&#8217;étudiais l&#8217;acquisition des espaces publics. Je me suis dit, &laquo;&nbsp;C&#8217;est de la publicité, on en a toujours fait. C&#8217;est encore de la  publicité.&nbsp;&raquo; Mais ce que j&#8217;ai commencé à comprendre c&#8217;est qu&#8217;établir une image de marque était différent. Et des sociétés prospères, les sociétés du futur, ne produisent pas des produits mais des identités de marque. La diffusion de l&#8217;opinion d&#8217;elles-mêmes est un acte de production. La diffusion de l&#8217;opinion d&#8217;elles-mêmes est un projet extrêmement envahissant. Comment rendre l&#8217;opinion véridique ? Un bon début c&#8217;est de commencer par construire un objet en trois dimensions de  votre marque. Pour une compagnie comme Disney, ça va plus loin. Elle construit une ville : Celebration, en Floride. Leur inspiration, leur image de marque est la famille américaine type et une ville américaine d&#8217;antan.</p>
<p><strong>Andrea Finger</strong> (Porte-parole, Celebration, en Floride)<br />
 Il y a 5.000 résidents qui se sont installés ici. Il y a environ 1.300 logements, un centre-ville où les gens se retrouvent. Il y a 4 ou 5 restaurants et une dizaine de boutiques.</p>
<p><strong>Clay Timon</strong> (CEO Landor and Associates, Branding and design consultants)<br />
 Leur moteur de marque est &laquo;&nbsp;la magie de la famille&nbsp;&raquo;. Et tout ce que fait cette compagnie est dans ces mots et tourne autour de ces mots. Si vous prenez ça, un environnement de marque comme Disney World ou Disney Land est le prolongement logique de cette marque. Les films, les dessins animés, les films pour la famille sont un prolongement tout à fait logique. En tant qu&#8217;entreprise, ils savent aussi que s&#8217;ils veulent explorer d&#8217;autres formes de divertissement, qui sort du cadre de &laquo;&nbsp;la magie de la famille&nbsp;&raquo;, ils ne l&#8217;estampillent pas Disney. S&#8217;ils veulent aborder des sujets plus graves, pour les films c&#8217;est  Touchstone.</p>
<p><strong>Andrea Finger</strong> (Porte-parole, Celebration, en Floride)<br />
 La marque Disney parle de réconfort, de tradition, de qualité. Ca se vérifie dans cette communauté que nous avons construite.</p>
<p><strong>Naomi Klein</strong> (Écrivain)<br />
 C&#8217;est là qu&#8217;on se rend compte des réelles aspirations impérialiste des marques qui sont de construire des cocons privés. On commence par y faire ses courses puis on y passe ses vacances. Pourquoi ne pas s&#8217;y installer ?</p>
<p><em>Qu&#8217;arriverait-il si un matin on découvrait que presque toutes nos relations entre nous et nos semblables étaient commerciales ? On  découvrirait que toutes nos relations sont arbitrées commercialement avec notre semblables. Est-ce que la nation peut survivre avec cette définition étriquée de nos rapports ?</em></p>
<h2>TRIOMPHE DU COMPLICE</h2>
<p><strong>Jonathan Ressler</strong> (CEO Big Fat Inc. Undercover marketing specialist)<br />
 Je peux vous donner le jour dans la vie de quelqu&#8217;un qui pourrait être la cible de marketing clandestin. Certaines de ces choses sont en train de se passer.<br />
 Vous sortez de votre immeuble et vous dites bonjours au portier. Il y a des boîtes à ces pieds provenant de vente en ligne ou par correspondance. Des boîtes avec le nom de la marque en gros. Vous vous dites, &laquo;&nbsp;Cette compagnie vend beaucoup.&nbsp;&raquo; En fait, on a payé le portier pour laisser ces boîtes vides.<br />
 Vous marchez dans la rue et vous entendez des gens parler d&#8217;un groupe ou d&#8217;un CD. Ils se passent et se repassent les écouteurs. C&#8217;est super ! &laquo;&nbsp;J&#8217;ai entendu dire que ce CD était difficile à trouver. Mais ils l&#8217;ont chez X.&nbsp;&raquo; Je vais aller l&#8217;acheter. C&#8217;est bien. Vous enregistrez la conversation et plus tard vous vous demanderez, Ils écoutaient quoi ?&nbsp;&raquo;<br />
 Au bureau, il y a une marque d&#8217;eau particulière. &laquo;&nbsp;C&#8217;est quoi ça ?&nbsp;&raquo; Vous buvez. Elle est là, vous n&#8217;y penser pas. &laquo;&nbsp;Elle est super bonne !&nbsp;&raquo; Quelqu&#8217;un l&#8217;a peut-être mise là.<br />
 Vous sortez dîner dans le parc et vous entendez des gens parler, et bang, un autre message.<br />
 Quand vous allez vous coucher, vous avez peut-être ingurgité 8 à 9  messages clandestins. On croit que le placement des produits est dans les films. c&#8217;est un placement classique. Le placement c&#8217;est mettre des  choses dans les films mais le film, c&#8217;est votre vie.<br />
 On (Big Fat Inc) prend des gens à qui on aimerait ressembler, pas des gens inaccessibles, des gens comme vous. Ils font quelque chose pour nous, ils utilisent une marque de lessive particulière&#8230; On peut les comparer à des cafards de motel. Les gens vont s&#8217;approcher d&#8217;eux et seront appâtés par la marque. Avec une phrase racoleuse, un rituel. Les consommateurs mordront à l&#8217;appât, &laquo;&nbsp;C&#8217;est sympa&nbsp;&raquo;, et en parleront à leur amis.<br />
 Si vous voulez critiquer toute votre vie, critiquez tous les gens que vous croisez. Mais s&#8217;ils vous proposent un produit qui améliore votre vie quelle importance ? Dites merci.</p>
<p><em>La construction de la nation, géographiquement, est achevée. Nous n&#8217;avons plus de frontières à conquérir. Vers quels nouveaux horizons pouvons-nous nous tourner ? Où sont les opportunités futures ? Que vous  réserve l&#8217;avenir ? Celui de vos enfants ? Les frontières du futur ne  sont sur aucune carte mais dans les éprouvettes et les laboratoires des industries.</em></p>
<h2>ALLER DE L&#8217;AVANT</h2>
<p><strong>Jeremy Rifkin</strong> (Président de la Fondation sur les tendances économiques)<br />
 L&#8217;affaire Chakrabarty est un grand moment de l&#8217;Histoire. Les gens n&#8217;étaient pas au courant que le processus était engagé. La General Electric et le Pr. Chakrabarty ont amené au bureau des brevets un  microbe qui engloutit les déversements d&#8217;hydrocarbures. Ils disaient l&#8217;avoir modifié en laboratoire et que c&#8217;était une invention. Le Bureau des Brevets et le gouvernement ont dit, &laquo;&nbsp;Pas question. Les êtres vivants ne sont pas pris en compte. Ce n&#8217;est pas une invention.&nbsp;&raquo; Ca a été rejeté. Ils ont fait appel auprès de la Cour d&#8217;appel des brevets et à la surprise générale, ils l&#8217;ont emporté sur le Bureau des Brevets.<br />
 Ils ont déclaré, &laquo;&nbsp;Ce microbe ressemble plus à un détergent qu&#8217;à un cheval ou une abeille.&nbsp;&raquo; Ca me fait rire parce qu&#8217;ils l&#8217;ont pris pour un  produit chimique. S&#8217;il avait eu des yeux, des ailes, des pattes, il n&#8217;aurait pas fini sur leur table et n&#8217;aurait pas été breveté.<br />
 Le Bureau des Brevets a fait appel. Le Bureau des Brevets n&#8217;acceptait pas de breveter la vie. Mon organisation a monté le dossier &laquo;&nbsp;amicus curiae&nbsp;&raquo;. On a dit, &laquo;&nbsp;Si ce microbe est breveté, ça signifie que sans l&#8217;avis du Congrès ou débat public, les sociétés posséderont la vie.&nbsp;&raquo; Ils ont tranché. On a perdu à 5 contre 4. Le juge Warren Burger a dit,  &laquo;&nbsp;Ce sont des questions graves, mais c&#8217;est une décision sans conséquence.&nbsp;&raquo; Sept ans plus tard, le Bureau des Brevets a sorti un décret. Vous pouvez breveter tous les êtres vivants sauf un être humain mis au monde.<br />
 Tout le monde sait que la carte du génome humain a été établie. Ce que le public ignore, c&#8217;est que c&#8217;est la course entre les compagnies génomiques, de biotechnologie, des sciences de la vie pour trouver le trésor : les gènes qui forment le schéma de la race humaine. Chaque fois qu&#8217;elles isolent un gène, ces compagnies le déclarent propriété intellectuelle. Le gène du cancer du sein, de la fibrose kystique. C&#8217;est sans fin. Si personne ne conteste dans le monde, dans moins de dix ans, quelques compagnies mondiales posséderont directement ou pas les gènes qui constituent l&#8217;évolution de notre espèce. Et ils font breveter les génomes de toutes les créature de la planète. Dans l&#8217;ère biologique, s&#8217;opposeront ceux qui pensent que la vie a une valeur intrinsèque, qu&#8217;on doit choisir des technologies et des juridictions commerciales qui respectent cette valeur intrinsèque. D&#8217;autres diront, &laquo;&nbsp;La vie est utilitaire, un bien commercialisable.&nbsp;&raquo; Ils voudront que le  marché soit l&#8217;arbitre suprême de l&#8217;ère biologique.</p>
<p><em>Dans une économie où l&#8217;information est filtrée par des sociétés en  osmose totale avec les publicitaires, qui défendra notre droit à être  informé ? A quel prix garderons-nous notre aptitude à faire des choix  avisés ?</em></p>
<h2>DES COMPTES DERANGEANTS</h2>
<p><strong>Steve Wilson et Jane Akre</strong> (Reporters d&#8217;investigation)<br />
 L&#8217;histoire étant difficile à retranscrire, je vous conseille de regarder le documentaire. Je vais toutefois vous en faire un petit résumé.<br />
 Steve et Jane, sont employés par Fox 13 pour effectuer des enquêtes qui seraient ensuite diffusées dans une émission intitulée &laquo;&nbsp;Les enquêteurs&nbsp;&raquo;.<br />
 Une de leurs enquêtes a portée sur le Posilac, cette fameuse hormone de croissance dont nous avons déjà parlé plus haut (rGBH), ils nous racontent dans ce documentaire les pressions subies par Fox et émanant de Monsanto afin que le reportage ne soit pas diffusé. Fox 13, par peur de perdre le budget publicitaire des chaînes du groupe de Rupert Murdoch (22 chaînes) a décider de ne pas diffuser le reportage.<br />
 Après de multiples palabres et le licenciement de nos enquêteurs, l&#8217;affaire c&#8217;est terminé devant les tribunaux qui ont accordés 425.000 dollars de dommages et intérêts aux deux journalistes. 3 ans plus tard aux JT :<br />
 Jane Akre, une ancienne journaliste, avait poursuivi Fox 13 en justice qui l&#8217;aurait licenciée pour avoir refusé de falsifier son reportage. La Cour d&#8217;Appel a cassé le jugement, arguant que sa plainte en tant que dénonciatrice n&#8217;était pas recevable.</p>
<h2>PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT</h2>
<p><em>Que 2/3 de la population mondiale n&#8217;aura pas accès à l&#8217;eau potable d&#8217;ici 2025 provoque déjà un conflit mondial pour contrôler la  ressource vitale de la planète. La Bolivie a cherché un refinancement pour son réseau d&#8217;eau potable et la Banque Mondiale a demandé sa privatisation. C&#8217;est ainsi que la société Bechtel de San-Francisco a obtenu le contrôle de l&#8217;eau de Cochabamba, même de celle qui tombe du ciel.</em></p>
<p><strong>Oscar Olivera</strong> (Coalition pour la défense de l&#8217;eau et de la vie)<br />
 Ces lois interdisaient aux gens de ramasser de l&#8217;eau de pluie. Elle aussi était privatisée. Suite aux factures impayées, la compagnie a saisi les logements des débiteurs et les a vendus. Les gens ont été obligés de faire des choix : manger moins, payer l&#8217;eau et les services vitaux, ne pas envoyer les enfants à l&#8217;école, ne pas aller à l&#8217;hôpital et se soigner chez soi. Et les retraités qui avaient un revenu très bas, ont dû aller travailler dans la rue.<br />
 Scandant le slogan : &laquo;&nbsp;L&#8217;eau est à nous !&nbsp;&raquo; les gens sont descendus dans les rues pour manifester.<br />
 L&#8217;emprunt à la Banque Mondiale leur a coûté la privatisation de l&#8217;industrie pétrolière, des compagnies aériennes, du chemin de fer, de l&#8217;électricité et du téléphone.<br />
 Le gouvernement n&#8217;a pas convaincu le peuple que l&#8217;eau était une marchandise.<br />
 Puis, on a vu comment le gouvernement a défendu les intérêts transnationaux de Bechtel. Les gens voulaient de l&#8217;eau, pas des gaz lacrymogènes, que justice soit faite, pas qu&#8217;on leur titre dessus.<br />
 La Bolivie défendait le droit de Bechtel de prendre aux familles gagnant 2 dollars par jour 1/4 de leur salaire pour payer l&#8217;eau. Plus la population s&#8217;opposait à la privatisation, plus leur opposants étaient virulents.<br />
 Des centaines de jeunes de 16, 17 ans ont perdu des bras ou des jambes ou ont été handicapés à vie suite à des lésions cérébrales. Et Victor Hugo Daza est mort.<br />
 Les sociétés transnationales ont un sombre et lourd passé et soutiennent les gouvernements tyranniques. Cherchent-elles leur reflet, par narcissisme, dans les structures militaires des régimes fascistes ?</p>
<p><strong>Howard Zinn</strong> (Écrivain, A people&#8217;s History of the United States)<br />
 Il y a un lien intéressant entre la montée du fascisme en Europe et la position des radicaux vis-à-vis du pouvoir des sociétés. Parce qu&#8217;il a été reconnu que la montée du fascisme en Europe s&#8217;est faites grâce aux sociétés.</p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Mussolini était idolâtré par toutes les classes sociales. Le milieu des affaires l&#8217;adorait. Quand Hitler a pris le pouvoir, en  Allemagne, les investissements sont aussi montés en flèche. Il contrôlait la main-d&#8217;oeuvre, se débarrassait des gens de gauche. Les conditions d&#8217;investissement s&#8217;amélioraient. Ce sont des pays  merveilleux.</p>
<p><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Une des histoires passées sous silence du 20e siècle, est la connivence des sociétés &#8211; surtout des américaines &#8211; avec l&#8217;Allemagne nazie. D&#8217;abord, comment les sociétés américaines ont aidé à reconstruire l&#8217;Allemagne et épaulé le régime nazi à ses débuts. Puis, quand la guerre a éclaté, comment elles ont réussi à continuer de tourner. La General Motors a gardé Opel, Ford a continué à faire tourner ses usines mais pour Coca-Cola, c&#8217;était impossible alors ils  ont inventé le Fanta Orange pour les Allemands. C&#8217;est comme ça que Coca-Cola a pu continuer à faire des bénéfices. Quand vous buvez du Fanta Orange, c&#8217;est la boisson des nazis créée pour que Coca-Cola fasse de l&#8217;argent pendant que des millions de gens mouraient.</p>
<p><strong>Edwin Black</strong> (Author, IBM and the Holocaust)<br />
 Quand Hitler a pris le pouvoir en 1933, son but était de détruire la communauté juive. Une entreprise d&#8217;une telle envergure exigeait un ordinateur. Mais en 1933, ça n&#8217;existait pas. Il y avait le système des cartes perforées d&#8217;IBM qui contrôlait et mémorisait des renseignements en faisant des trous dans des rangées et des colonnes. Il n&#8217;existait pas de logiciels disponibles en magasin. Chaque application était personnalisée et un ingénieur, en personne, devait la configurer. Des millions de gens de toutes religions et nationalités confondues sont passés par le système des camps. La gestion de cette circulation phénoménale exigeait un système IBM pour toute les voies ferrées, et un système IBM pour tous les camps de concentration.<br />
 Voilà une carte type de prisonnier. Les informations sont perforées dans les cadres. Si on les compare avec le feuille de programmation, on voit que :<br />
 Auschwitz a le N°1,<br />
 Buchenwald 2,<br />
 Dachau 3.<br />
 Quel genre de prisonnier était-ce ?<br />
 Le témoin de Jéhova portait le N°2,<br />
 l&#8217;homosexuel le 3,<br />
 un communiste portait le N°6<br />
 et un juif le 8.<br />
 Qu&#8217;était-ils devenus ?<br />
 1 pour relâché,<br />
 2 pour transféré,<br />
 4 pour exécuté,<br />
 5 pour suicide<br />
 et 6&#8230; Le code 6 : Sonderbehandlung, traitement spécial, c&#8217;est-à-dire la chambre à gaz ou parfois une balle.<br />
 Ils perforaient ce chiffre, classaient les données. Les machines étaient prêtes. Les cartes perforées devaient être imprimées, par millions.<br />
 Elles étaient imprimées exclusivement par IBM qui a récupéré ses bénéfices après la guerre.</p>
<p><strong>Irving Wladawsky-Berger</strong> (Vice President, IBM Technology and Strategy Group)<br />
 Je crois vraiment que cette accusation a été complètement discréditée. Le fait qu&#8217;ils aient utilisé ce matériel. C&#8217;est un fait. Comment ils l&#8217;ont obtenu, s&#8217;ils ont coopéré, si IBM a sympathisé, on invente des liens inexistants. C&#8217;est ça qui est discrédité.<br />
 D&#8217;habitude, on vend des ordinateurs destinés à toute sorte d&#8217;usage et on espère qu&#8217;on s&#8217;en sert à des fins honorables. Si vous découvrez que ce n&#8217;est pas le cas, vous aimeriez qu&#8217;on y mette un terme. Mais, est-ce qu&#8217;on est toujours au courant ? Peut-on le découvrir ?</p>
<p><strong>Edwin Black</strong> (Auteur, &laquo;&nbsp;IBM and the Holocaust&nbsp;&raquo;)<br />
 Pour IBM, sa filiale Allemande était autonome. Mais, le 9 octobre 1941, une lettre a été envoyées à Thomas J. Watson donnant le détail des agissements de la filiale allemande. Les machines n&#8217;étaient pas vendues mais louées par IBM et révisées une fois par mois même dans les camps de concentration comme Dachau et Buchenwald.<br />
 Voilà un contrat type d&#8217;IBM avec le Troisième Reich qui a été établi en 1942, non pas avec la filiale hollandaise, ni avec la filiale allemande mais avec la société IBM de New York.</p>
<p><strong>Peter Drucker</strong> (Founder, Drucker School of Management)<br />
 Il se trouve que je suis au courant de cette histoire. J&#8217;en ai discuté plus d&#8217;une fois avec M. Watson, PDG et fondateur d&#8217;IBM. Je ne dis pas que Watson ignorait que les Allemands utilisaient les cartes perforées. Il était sûrement au courant. Il avait très peu de clients. Watson refusait de le faire, pas parce que c&#8217;était immoral mais parce que, avec son sens aigu des relations publiques, il trouvait que c&#8217;était risqué.</p>
<p><em>On devrait trouver normal que l&#8217;allégeance aux profits surpasse l&#8217;allégeance à n&#8217;importe quel drapeau. Un rapport du Ministère des  Finances a révélé qu&#8217;en une semaine, 57 sociétés américaines ont été condamnées pour avoir traité avec des ennemis, y compris des terroristes, des tyrans et des régimes totalitaires.</em></p>
<h2>PRISE DE POUVOIR HOSTILE</h2>
<p><em>Les entreprises se sont servies du despotisme pour consolider les  marchés et faire des bénéfices. Un des généraux les plus décorés des US Marines, Smedley Darlington Butler, d&#8217;après ses dires, a pacifié Mexico pour des compagnies pétrolières, Haïti et Cuba pour la National City Bank, le Nicaragua pour les courtiers Brown Brothers, la république Dominicaine pour des sucreries, le Honduras pour des compagnies  fruitières, et la Chine pour la Standard Oil.</em><br />
 <em>On a aussi requis les services du général aux États-Unis dans les années 30, quand le Président Roosevelt a voulu remédier au calvaire de  la dépression avec l&#8217;aide de l&#8217;État et en durcissant la réglementation des compagnies.</em><br />
 <em>Mais tout le pays ne suivait pas le Président populiste. La majorité de l&#8217;élite des compagnies méprisait son &laquo;&nbsp;new deal&nbsp;&raquo;. Et donc, en 1934, des conspirateurs ont incité le Général Butler à le trahir. Le plan consistait à former une association de vétérans, pour s&#8217;en servir comme matraque pour intimider le gouvernement. Mais la cabale avait mal choisi. Butler en avait assez d&#8217;être le &laquo;&nbsp;gangster du capitalisme&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Universal Newsreel Le Général Butler révèle &laquo;&nbsp;le complot&nbsp;&raquo; des fascistes.</strong><br />
 <em>Je témoigne devant la commission du Congrès représentative du peuple américain, avec l&#8217;ordre de vous parler des activités qui auraient conduit à la mise en place d&#8217;une dictature fasciste. Tout ceci m&#8217;aurait amené à être à la tête d&#8217;un groupe de 500.000 hommes qui aurait pu renverser le gouvernement.</em><br />
 <em>Le Congrès a fini par trouver la preuve d&#8217;un complot pour renverser Roosevelt. D&#8217;après Butler, même des représentants de grandes sociétés étaient impliqués, dont JP Morgan, DuPont et Goodyear Tire.</em><br />
 <em>L&#8217;actuel Président de Goodyear sait que pour dominer le gouvernement, on n&#8217;a plus besoin d&#8217;un coup d&#8217;État.</em></p>
<p><strong>Sam Gibara</strong> (Président, ancien chef de la direction, Pneu Goodyear)<br />
 Les sociétés sont mondiales. Et de ce fait les gouvernements ont perdu le contrôle sur les sociétés. Qu&#8217;elles soient dignes de confiance ou non, les gouvernements n&#8217;ont plus sur les sociétés le pouvoir ni l&#8217;influence qu&#8217;ils avaient il y a 50 ou 60 ans. C&#8217;est un changement radical. Les gouvernements sont devenus impuissants par rapport à ce qu&#8217;ils étaient.</p>
<p><strong>Ira Jackson</strong> (Director, Center for Business and Government Kennedy School, Harvard University)<br />
 Le capitalisme, aujourd&#8217;hui, commande les hautes sphères et a supplanté les politiciens en tant que grands prêtres et oligarques qui dominent notre système. Le capitalisme et ses principaux protagonistes et acteurs, les PDG des sociétés, ont obtenu un pouvoir et des droits inouïs. Je ne nie pas l&#8217;importance du gouvernement mais ce sont les nouveaux grands prêtres.</p>
<p><strong>Marc Barry</strong><br />
 J&#8217;ai été invité à Washington pour assister à une réunion organisée par l&#8217;agence de sécurité pour la pensée critique. J&#8217;étais debout dans cette pièce et dans un coin, il y avait la CIA, la NSA, la  DIA, le FBI, les douanes, les services secrets. De l&#8217;autre coté, il y avait Coca-Cola, Mobil, GTE et Kodak. Je me suis dit, &laquo;&nbsp;Je suis dans l&#8217;épicentre de l&#8217;industrie des renseignements.&nbsp;&raquo; La frontière n&#8217;est pas floue, elle n&#8217;existe plus. Pour moi, ça en disait long sur la façon dont l&#8217;industrie et le gouvernement se concertait et travaillait main dans la main.</p>
<h2>DÉMOCRATIE LIÉE</h2>
<p><strong>Robert Keyes</strong> (Président et directeur général, Conseil canadien pour le commerce international)<br />
 Doit-il y avoir une responsabilité ? Oui. Le milieu des affaires l&#8217;admet. Mais cette responsabilité est liée au marché, aux actionnaires, à la perception du public et à l&#8217;image qu&#8217;ils renvoient. Si les entreprises ne font pas ce qu&#8217;elle devraient faire, elles seront punies et aucune entreprise ne le souhaite.</p>
<p><strong>Ira Jackson</strong><br />
 Il y a un nouveau marché. Ces gens ne font pas ça parce que le gouvernement les menaces ou parce qu&#8217;ils ont par hasard lu un livre sur la méditation transcendantale et la moralité mondiale. Elles sont là parce qu&#8217;elles savent que le marché exige qu&#8217;elles le soient, qu&#8217;il existe un avantage concurrentiel.</p>
<p><strong>Sir Mark Moody-Stuart</strong> (Ancien président de la Royal Dutch Shell)<br />
 J&#8217;écoute vos inquiétudes, je m&#8217;inquiète pour le climat pour la pollution. Je n&#8217;ai pas toutes les réponses mais on va travailler avec  vous, avec la société, les ONG, les gouvernements. On reconstruit la confiance pour que s&#8217;établisse une nouvelle sorte de confiance. Et le but ultime, est de devenir une société de choix.</p>
<p><strong>Publicité</strong><br />
 <em>Il croit que la moitié de notre énergie est renouvelable. On l&#8217;a qualifié de rêveur, d&#8217;excentrique et de hippie. Et dernièrement, de directeur de projet pour Shell.</em></p>
<p><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Je me demande souvent pourquoi tant d&#8217;entreprises endossent des responsabilités sociales. Pas parce qu&#8217;elles souhaitent être responsables, en fin de compte. Mais parce qu&#8217;elles veulent être identifiées et perçues comme responsables. Mais de quel droit je les juges ? Il vaut mieux qu&#8217;elles prennent cette position. Il vaut mieux qu&#8217;elles aient ces convictions plutôt que le contraire.</p>
<p><strong>Elaine Bernard</strong> (Executive Director, Trade Union Program, Harvard)<br />
 La responsabilité n&#8217;est pas un changement radical parce que c&#8217;est une tactique voulue. Une tactique, une réaction vis-à-vis d&#8217;un marché précis, à ce stade-là. comme la société voit le marché sous un autre angle, elle peut redresser. Un jour, c&#8217;est Bambi, le lendemain, c&#8217;est Godzilla.</p>
<p><strong>Milton friedman</strong> (Prix Nobel d&#8217;économie)<br />
 C&#8217;est quoi, être socialement responsable ? pourquoi la société jugerait ce qui est socialement responsable ? Ce n&#8217;est pas leur domaine. Ce n&#8217;est pas ce que leur demande leur actionnaires. Elles s&#8217;écartent de leur mission et ce n&#8217;est pas du tout démocratique.</p>
<p><strong>Robert Monks</strong> (Shareholders Activist)<br />
 Peu m&#8217;importe ce que le président de la General Motors juge être un niveau convenable d&#8217;émissions de CO2 pour ses voitures. Bien qu&#8217;il ait des chercheurs et qu&#8217;il soit sympa, je ne l&#8217;ai pas élu, il ne peut pas parler en mon nom. Le gouvernement doit prendre ces décisions pas les sociétés.</p>
<p><strong>Naomi Klein</strong> (Écrivain)<br />
 La conclusion logique voudrait que l&#8217;image&#8230; qu&#8217;on en serait  arrivés à : la fin du monde est proche. On nous a fait subir un lavage de cerveau. tout est obstrué. Je ne crois pas qu&#8217;on en soit déjà là. Il ne faut surtout pas dramatiser les choses et admettre que toutes ces structures ont des failles. Il arrive, quand une société se concentre sur un projet, qu&#8217;elle passe à coté de choses intéressantes.</p>
<p><strong>Dr. Vandana Shiva</strong> (Physicien, écologiste, militant de semences)<br />
 L&#8217;Histoire se répète. L&#8217;injustice qui repose sur le mensonge, sur le retrait des droits et de la liberté de vivre dignement, si elle est mise au pied du mur, la situation se retourne.</p>
<p><strong>Elaine Bernard</strong> (Executive Director, Trade Union Program, Harvard)<br />
 Le capital finit par poser le pied quelque part. Et où qu&#8217;il le pose, il peut être tenu pour responsable.</p>
<p><strong>Charles Kernaghan</strong> (Comité National des travailleurs)<br />
 Au départ, Wal-Mart et Kathy Lee Gifford disaient, &laquo;&nbsp;Prouvez-nous que des enfants travaillent.&nbsp;&raquo; Ils ignoraient que Wendy Diaz (une enfant  indonésienne) arrivait par avion aux États-Unis. Elle est venue. Rien ne l&#8217;arrête.<br />
 Le Congrès a entendu des enfants qui ont été exploités dans des ateliers à l&#8217;étranger. Kathy Lee Gifford lui a fait des excuses. C&#8217;était inouï ! Cette célébrité influente s&#8217;est penchée en avant et a dit, &laquo;&nbsp;Wendy, il faut me croire, j&#8217;ignorais ces injustices. Maintenant je vais travailler avec vous et ça n&#8217;arrivera plus jamais.&nbsp;&raquo; Le soir  même, on signait un accord avec elle.<br />
 Quand à Wal-Mart, ses ateliers exploitent de nouveau les gens. Mais comme ça s&#8217;est réglé à la télévision, cet incident a soulevé la question de ces ateliers dans tous le pays. Depuis, plus personne n&#8217;ignore le travail des enfants, les salaires de misère.</p>
<p><em>Plusieurs années après cette controverse, les sacs Kathy Lee étaient fabriqués en Chine par des ouvriers payés 3 sous de l&#8217;heure.  Grâce au Comité National des Travailleurs, les usines de GAP, au  Salvador, sont surveillées. C&#8217;est la première société à l&#8217;accepter.</em></p>
<p><strong>Elaine Bernard</strong> (Executive Director, Trade Union Program, Harvard)<br />
 Ce qu&#8217;il faut faire, c&#8217;est regarder les fondements de cette forme légale qui ont créé ce monstre et il faut trouver qui peut les rendre responsables.</p>
<p><strong>Noam Chomsky</strong> (Professeur et linguiste, MIT)<br />
 Elles ne sont pas gravées dans la pierre. Elles peuvent être démantelées. Et il se trouve que la plupart des États ont des lois qui exigent leur démantèlement.</p>
<p><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 Pour mon malheur, comme j&#8217;ai fait des documentaires, j&#8217;ai vu qu&#8217;ils pouvaient avoir un impact, alors je suis contraint de continuer. Je suis allé à Littleton, où la fusillade de Columbine a eu lieu. Je l&#8217;ignorais. Quand je suis arrivé, j&#8217;ai appris où travaillaient les parents des enfants qui fréquente l&#8217;école. Le premier employeur à Littleton : Lockheed Martin, qui,fabrique des armes de destruction massives. Mais ils ne font pas le lien entre leur gagne-pain et ce que leurs enfants font, ou faisaient à l&#8217;école. Je réfléchis à tout ça. Je dis à ma femme&#8230; On est tous les deux des enfants d&#8217;ouvriers de l&#8217;industrie automobile de Flint&#8230; Aucun d&#8217;entre nous qui vivions là-bas, personne, même pas nous, ne s&#8217;est dit, &laquo;&nbsp;Ce qu&#8217;on fait pour gagner notre vie, la construction de voitures est probablement la raison majeure pour laquelle les calottes glaciaires vont fondre et mettre fin à la civilisation.&nbsp;&raquo; Il n&#8217;y a pas de lien entre, &laquo;&nbsp;Je ne suis qu&#8217;un assembleur qui fabrique une voiture, c&#8217;est bien, ça permet aux gens de circuler.&nbsp;&raquo; On ne pense jamais à une plus grande échelle, à l&#8217;étendue de la responsabilité de ce qu&#8217;on fait. Nous devons, en tant qu&#8217;individus, accepter la responsabilité de nos actes collectifs et des dommages importants qu&#8217;ils occasionnent dans notre monde.</p>
<p><em>Les villes de Licking et Porter ont écrit l&#8217;Histoire en adoptant une ordonnance qui interdit aux sociétés de revendiquer les droits  constitutionnels d&#8217;une personne.</em></p>
<p><strong>Dr. Vandana Shiva</strong> (Physicien, écologiste, militant de semences)<br />
 Aux cours des dix dernières années, nous avons gagné du terrain. Nous, c&#8217;est-à-dire les gens ordinaires qui se consacrent au bien de l&#8217;humanité tout entière, sans distinction de sexe, de classe, de race, de religion, toutes les espèces de la planète, nous avons réussi à poursuivre en justice un gouvernement et une société tout-puissants pour l&#8217;affaire neem. Et nous l&#8217;avons emporté. Le brevet de la Grâce et des USA sur neem a été révoqué suite à un procès intenté par nous, les  Verts et le Mouvement International de l&#8217;Agriculture Biologique. On a gagné parce qu&#8217;on s&#8217;était unis. On a renversé 99% du brevet basmati de Rice Teck parce qu&#8217;on a formé une coalition mondiale : des vieilles femmes du Texas, des savants de l&#8217;inde, des activistes de Vancouver, un groupe d&#8217;action Basmati. On a montré que le Tiers Monde n&#8217;était pas des pirates, mais que les sociétés l&#8217;étaient.<br />
 Il n&#8217;a pas fallu grand-chose à Gandhi pour faire annuler les lois sur le sel. Les Britanniques, pour agrandir leurs armées et la police, voulaient taxer le sel. Gandhi a marché jusqu&#8217;à la plage, a ramassé le sel, et a dit, &laquo;&nbsp;La nature nous le donne, on le récolte. On violera vos lois, on continuera à le récolter.&nbsp;&raquo; On a eu des cas similaire ces dix dernières années. Si une loi interdit de stocker des graines, il ne faut pas la suivre. Parce que stocker des graines est un devoir vis-à-vis de la terre et des génération futures. On pensait que se  serait symbolique. C&#8217;est bien plus que ça. Ca devient un choix pour  survivre. Les fermiers qui font pousser leurs graines, les stockent,  n&#8217;achètent pas de pesticides, triplent leur revenus comparés à ceux des  fermes chimiques qui dépendent de Monsanto et Cargill. On a réussi à créer des alternatives pour les gens.</p>
<p><em>De nombreux outils peuvent ressusciter la communauté. Les outils ne comptent pas. Il y a le litige, la législation, l&#8217;action directe, l&#8217;éducation, les boycotts, les investissements sociaux. Il y a beaucoup de façons d&#8217;aborder les problèmes du pouvoir des sociétés. Mais ce qui  compte, c&#8217;est la vision de l&#8217;avenir. Il faut proposer mieux.</em></p>
<p><strong>Ray Anderson</strong> (Directeur général, Interface, plus grand fabricant de tapis commerciaux)<br />
 Devant une assemblé de PDG<br />
 Est-ce que je vous connais assez pour vous appeler collègues pillards ? Pas une compagnie industrielle sur terre, pas une institution d&#8217;aucune sorte, ni la mienne, ni la vôtre, ni celle de quiconque n&#8217;est durable. Je me reconnais coupable, moi même, personne ne m&#8217;accuse d&#8217;être un pillard de la terre, mais pas d&#8217;après notre définition de la civilisation. D&#8217;après elle, je suis un capitaine de l&#8217;industrie, un héros moderne selon l&#8217;avis général. Mais franchement, la première Révolution Industrielle a des défauts, ne fonctionne pas. Elle n&#8217;est pas durable. C&#8217;est une erreur en soi. Nous devons nous diriger vers une autre et une meilleure révolution industrielle et ne pas nous tromper, cette fois.<br />
 On pourrait imaginer un groupe de gens qui poursuivrait un but. Ce but serait de ne pas causer de tort. Une compagnie qui coupe le cordon ombilical qui la lie à la terre, lui laisse ses matières premières, prend celles déjà extraites et les réutilise à l&#8217;infini en se servant des énergie renouvelables. C&#8217;est notre projet, ça le reste, d&#8217;escalader le Mont Renouvelable. Qui est plus haut que l&#8217;Everest. Bien plus haut que l&#8217;Everest, bien plus difficile à escalader. Le point au sommet symbolisant &laquo;&nbsp;pas de trace&nbsp;&raquo;.</p>
<p><em>Depuis 1995 Interface a réduit sa &laquo;&nbsp;trace&nbsp;&raquo; écologique d&#8217;un tiers. Son but est de devenir renouvelable en 2020.</em></p>
<p><strong>Richard Grossman</strong> (Co-fondateur, Programme sur les sociétés, droit et démocratie)<br />
 On va défaire beaucoup de chose pour se donner les moyens de faire ce travail très dangereux et risqué du mieux possible. Les gens devront se réunir et apprendre plein de choses qui ont été balayées de la culture, de la société, de nos esprit. C&#8217;est le plus passionnant. C&#8217;est en train de se passer dans le monde.</p>
<p><strong>Oscar Olivera</strong> (Coalition pour la défense de l&#8217;eau et de la vie)<br />
 Au plus fort du combat, l&#8217;armée s&#8217;est barricadée. Les policiers sont restés dans les postes de police, les membres du Congrès sont devenus invisible, le Gouvernement s&#8217;est caché puis a démissionné. Il n&#8217;y avait plus aucune autorité. La seule autorité légitime, c&#8217;était le peuple rassemblé dans le square qui prenait des décisions. Ils prirent des décisions concernant l&#8217;eau. Je crois que nous tous, les jeunes et les vieux, avons pu savourer&#8230; étancher notre soif de démocratie.<br />
 On a hérité d&#8217;une compagnie nationalisée qui avait des problèmes techniques, financiers, juridiques et administratifs. Nous y faisons face. Si on peut prouver que des gens ordinaires sont capables de résoudre leurs problèmes, on pourrait imaginer que tout ce qui a été  privatisé, vendu, tout ce qui est entre les mains des sociétés retourne  entre les mains du peuple. A l&#8217;époque j&#8217;en ai tiré une grande leçon, qu&#8217;il ne faut pas sous-estimer le pouvoir du peuple. Voir que le slogan martelé pendant les manifestations, &laquo;&nbsp;Le peuple, uni, jamais ne sera vaincu&nbsp;&raquo;, est devenu une réalité, c&#8217;était incroyable.</p>
<p><em>La victoire de Cochabamba a fait 6 morts et 175 blessés dont deux enfants rendus aveugles par des gaz lacrymogènes. Suivant l&#8217;exemple de Cochabamba, des mouvements populaires à travers le monde réussissent à s&#8217;opposer à la privatisation de l&#8217;eau.</em></p>
<h2>PRONOSTIQUES</h2>
<p><strong>Charles Kernaghan</strong> (Comité National des travailleurs)</p>
<p>Parfois, notre efficacité me surprend. On a battu GAP. Et quand je passe devant, je me dis, &laquo;&nbsp;2000 magasins dans le pays. Tout ce béton, tout ce verre, tous ces employés, ces vêtements, ce pouvoir.&nbsp;&raquo; On peut encore les atteindre. On a un impact.</p>
<p><strong>Oscar Olivera</strong> (Coalition pour la défense de l&#8217;eau et de la vie)<br />
 De petites batailles sont gagnées dans le monde mais je crois que les gens perdent. Je vois le présent et l&#8217;avenir de nos enfants très sombres. Mais je crois les gens capables de réflexion, de rage et de rébellion.</p>
<p><strong>Dr. Vandana Shiva</strong> (Physicien, écologiste, militant de semences)<br />
 15 sociétés voudraient contrôler nos conditions de vie et des millions de gens disent, &laquo;&nbsp;On n&#8217;a pas besoin de vous et on peut faire mieux. On va créer de systèmes qui nourrissent la terre et les être humains.&nbsp;&raquo; Ce ne sont pas des expériences marginales, ce sont les pivots d&#8217;un grand nombre de communautés dans le monde. C&#8217;est là que réside notre avenir.</p>
<p><strong>Michael Moore</strong> (Auteur, réalisateur)<br />
 J&#8217;ai toujours trouvé ironique de pouvoir faire ça. Pour qui je travaille ? La télé. Ces studios appartiennent à de grandes sociétés. Pourquoi est-ce qu&#8217;ils me laisse faire alors que je suis contre tout ce qu&#8217;ils représentent ? Et ils me paient pour que je lutte contre leur convictions. C&#8217;est parce qu&#8217;ils ne croient en rien. Parce qu&#8217;ils savent que des millions de gens veulent voir mon film ou mon émission de télé. Ils vont faire de l&#8217;argent. J&#8217;ai réussi à y pénétrer parce que je fonce avec mon camion dans cette faille du capitalisme : l&#8217;avidité. C&#8217;est-à-dire : l&#8217;homme riche vous vendra la corde pour le pendre s&#8217;il peut en tirer 1 dollar. Je suis cette corde. Je l&#8217;espère. Du moins en  partie. Ils croient aussi que quand les gens regardent mon film, ou celui-ci, ils se disent, &laquo;&nbsp;Ils vont le regarder mais n&#8217;agiront pas parce qu&#8217;on leur a ramolli le cerveau, on les a rendus abrutis. Ca n&#8217;aura aucune incidence. Les gens ne vont pas s&#8217;impliquer politiquement.&nbsp;&raquo; Ils en sont convaincus. Je suis convaincu du contraire, qu&#8217;une poignée de gens va sortir du cinéma, se lever du canapé et faire quelque chose, n&#8217;importe quoi et remettre ce monde entre nos mains.</p>
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		<title>Une alternative de société: l’écosociétalisme</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Feb 2009 12:21:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Où l&#8217;intérêt particulier rejoint l&#8217;intérêt collectif Par André-Jacques Holbecq Editions Yves Michel (octobre 2005) Achetez ce livre En France, depuis début 2003, le Groupe de REcherche pour un Système SOciétal &#8211; GRESSO &#8211; initie un projet à la fois politique, le SOCIÉTALISME, mais aussi économique et monétaire, l&#8217;ÉCOSOCIÉTALISME. Les lignes qui suivent synthétisent les grandes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;">Où l&#8217;intérêt particulier rejoint l&#8217;intérêt collectif</h2>
<h3 style="text-align: center;"><em>Par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9-Jacques_Holbecq" target="_blank">André-Jacques Holbecq</a></em></h3>
<h4 style="text-align: center;"><em><a href="http://www.yvesmichel.org" target="_blank">Editions Yves Michel</a> (octobre 2005)</em></h4>
<p style="text-align: right;"><em><a href="http://www.amazon.fr/Une-alternative-société-lécosociétalisme-particulier/dp/2913492347" target="_blank">Achetez ce livre</a></em></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-2134" title="Une alternative de société : l'écosociétalisme - Où l'intérêt particulier rejoint l'intérêt collectif" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/ecosocietalisme.jpg" alt="Une alternative de société : l'écosociétalisme - Où l'intérêt particulier rejoint l'intérêt collectif" width="281" height="500" /></p>
<p>En France, depuis début 2003, le <strong>G</strong>roupe de <strong>RE</strong>cherche pour un <strong>S</strong>ystème <strong>SO</strong>ciétal &#8211; <strong>GRESSO</strong> &#8211; initie un projet à la fois politique, le SOCIÉTALISME,  mais aussi économique et monétaire, l&#8217;ÉCOSOCIÉTALISME.    Les lignes qui suivent synthétisent les grandes idées de ce projet développé dans les pages du <a href="http://tiki.societal.org" target="_blank">site de l&#8217;écosociétalisme</a> et auquel chacun est invité à participer sur le forum <a href="http://forum.societal.org" target="_blank">Destination Sociétale</a></p>
<p><strong>Le sociétalisme</strong> expose un projet démocratique réalisable et envisage les modalités de son avènement.<br />
 Il implique une organisation sociale post-capitaliste et son institutionnalisation par voie démocratique.</p>
<p><strong>L&#8217; éco</strong><strong>sociétalisme</strong> propose une alternative économique post-libérale, implique le déclin des systèmes financiers, boursiers et bancaires actuels.<br />
 Il répartit équitablement le pouvoir d&#8217;achat individuel, libère la  monnaie en fonction des biens et services produits, récupère  immédiatement la monnaie lors de son utilisation finale.</p>
<p><strong>Le sociétalisme a pour finalité</strong> :</p>
<ul>
<li>L&#8217;existence harmonieuse de &laquo;&nbsp;la société humaine&nbsp;&raquo;.</li>
<li>L&#8217;épanouissement de chacun des individus la composant.</li>
</ul>
<p><strong>Le </strong><strong>sociétalisme</strong><strong> veut </strong>:</p>
<ul>
<li>Orienter et réguler la consommation des ressources naturelles.</li>
<li> éviter l&#8217;effondrement des civilisations compte tenu des impasses  énergétiques, écologiques, alimentaires, climatiques, que nous  connaissons.</li>
</ul>
<p><strong>Le </strong><strong>sociétalisme</strong><strong> est  un mouvement d&#8217;idées qui préconise l&#8217;instauration d&#8217;un système économique et politique basé sur :</strong></p>
<ul>
<li>Les Droits de l&#8217;Homme et le respect de l&#8217;environnement.</li>
<li>La ré-appropriation de la création monétaire par la collectivité.</li>
<li>La gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie.</li>
<li>La répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen.</li>
<li>La démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité.</li>
</ul>
<p><strong>Le </strong><strong>sociétalisme</strong><strong> n&#8217;est</strong> :</p>
<ul>
<li>Ni un nouveau communisme.</li>
<li>Ni une adaptation boiteuse du capitalisme.</li>
</ul>
<p><strong>L&#8217;éco</strong><strong>sociétalisme</strong><strong> est :</strong></p>
<ul>
<li>Un système économique adapté aux exigences éthiques du sociétalisme.</li>
<li>Un outil monétaire &#8211; l&#8217;écomonétarisme qui, substitué au système  actuel, modifie la nature même de la monnaie et le circuit monétaire.</li>
</ul>
<p><strong>L&#8217;éco</strong><strong>sociétalisme</strong><strong>, nouveau moteur de développement, permet d&#8217;obtenir :</strong></p>
<ul>
<li>Plus de confort pour tous.</li>
<li>Plus de services.</li>
<li>Moins de consommation d&#8217;énergie.</li>
<li>Moins d&#8217;utilisation de matières premières.</li>
<li>Moins de production de déchets.</li>
</ul>
<p><strong>L&#8217;éco</strong><strong>sociétalisme</strong><strong>, outil de gestion équilibrée des ressources, instaure :</strong></p>
<ul>
<li>L&#8217;impossibilité d&#8217;accumulation individuelle de capital productif ou  financier (accumulation toujours effectuée au détriment des autres).</li>
<li>Des revenus fonctions de l&#8217;apport sociétal de chaque acteur (avec un  seuil permettant la satisfaction des besoins fondamentaux).</li>
<li>Des comptabilités nationales basées sur des indices de &laquo;&nbsp;Satisfaction  Individuelle et Collective&nbsp;&raquo; (et non plus sur un &laquo;&nbsp;Produit Intérieur&nbsp;&raquo;)..</li>
</ul>
<h2 style="text-align: center;"><a id="sommaire" name="sommaire" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#sommaire">SOMMAIRE</a><br />
 <span id="more-2133"></span></h2>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Introduction" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#introduction">Introduction</a></strong><br />
 Préface de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret" target="_blank">Patrick Viveret</a><br />
 Avant Propos<br />
 Préambule</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 1 : l'écosociétalisme" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre01">Chapitre 1 : L&#8217;écosociétalisme</a></strong><br />
 1.1 &#8211; Qu&#8217;est ce que l&#8217;écosociétalisme ?<br />
 1.2 &#8211; Pourquoi ce nom ?<br />
 1.3 &#8211; Hypothèse et projet<br />
 1.4 &#8211; La fin du capitalisme&#8230; et après ?</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 2: les bases" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre02">Chapitre 2 : Les bases</a></strong><br />
 2.1 &#8211; Bases d&#8217;une &laquo;&nbsp;économie sociétale&nbsp;&raquo;<br />
 2.2 &#8211; Quatre questions primordiales</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 3: les revenus dans l'écosociétalisme" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre03">Chapitre 3 : Les revenus dans l&#8217;écosociétalisme</a></strong><br />
 3.1 &#8211; Deux types de revenus<br />
 3.2 &#8211; Conséquences diverses<br />
 3.3 &#8211; Comment serait déterminée la Rémunération d&#8217;Activité ?</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 4:  la circulation monétaire" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre04">Chapitre 4 :  La circulation monétaire</a></strong><br />
 4.1 &#8211; La CES ou SOCIETAXE<br />
 4.2 &#8211; Les critères déterminants le montant de la CES<br />
 4.3 &#8211; La répartition globale des revenus</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 5: la consommation" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre05">Chapitre 5 : La consommation</a></strong><br />
 5.1 &#8211; Les prix<br />
 5.2 &#8211; Les revenus<br />
 5.3 &#8211; Le crédit</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 6 : l'habitation, la revente, la succession" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre06">Chapitre 6 : L&#8217;habitation, la revente, la succession</a></strong><br />
 6.1 &#8211; La valeur du sol<br />
 6.2 &#8211; Plus value immobilière à  la revente ?<br />
 6.3 &#8211; A propos de la succession</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 7 : la production et la distribution de biens et services" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre07">Chapitre 7 : La production et la distribution de biens et services</a></strong><br />
 7.1 &#8211; Le prix de vente d&#8217;un &laquo;&nbsp;objet&nbsp;&raquo; dans l&#8217;écosociétalisme.<br />
 7.2 &#8211; Le cas général d&#8217;une production de biens ou de services.<br />
 7.3 &#8211; Principe de détermination du montant de la sociétaxe</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 8  : Synthétisation des échanges" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre08">Chapitre 8  : Synthétisation des échanges</a></strong><br />
 8.1 &#8211; Les acteurs collectifs<br />
 8.2 &#8211; Les acteurs individuels<br />
 8.3 &#8211; Les transferts monétaires entre acteurs<br />
 8.4 &#8211; Les services et productions non-marchands<br />
 8.5 &#8211; La sociétaxe dans les services et productions non-marchands</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 9 : questions et réponses" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre09">Chapitre 9 : Questions et réponses</a></strong></p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Chapitre 10 : en guise de conclusion" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#chapitre10">Chapitre 10 : En guise de conclusion</a></strong><br />
 10.1 &#8211; Le sociétalisme dans son aspect économique<br />
 10.2 &#8211; Bases d&#8217;un système de comptabilité nationale<br />
 10.3 &#8211; Les apports de l&#8217;écosociétalisme</p>
<p><strong><a title="Ecosociétalisme - Annexes" href="http://www.letransmuteur.net/une-alternative-de-societe-l-ecosocietalisme/#annexes">Annexes</a></strong></p>
<ol>
<li><a title="Resume" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Resume" target="_blank">Résumé synthétique</a></li>
<li><a title="Comment pousse la monnaie" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=CreationMonetaire" target="_blank"> La création monétaire</a></li>
<li><a title="ChangerDeParadigme" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=ChangerDeParadigme" target="_blank"> Changer de paradigme</a></li>
<li><a title="proposition de fonctionnement du système politique dans l'éco-sociétalisme" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Organisation+Politique1" target="_blank"> Suggestion utopique d&#8217;organisation du système sociétal</a></li>
<li><a rel="external" href="http://www.societal.org/acs/" target="_blank">L&#8217;Association de Coopération Sociétale</a></li>
</ol>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<h2 style="text-align: center;">Résumé des particularités de l&#8217;écosociétalisme&#8230;</h2>
<p><strong>MONNAIE</strong> :</p>
<ul>
<li> La monnaie écosociétale est appelée le &laquo;&nbsp;merci&nbsp;&raquo; et représente la Rémunération d&#8217;Activité perçue pour 6 minutes de travail au Coefficient d&#8217;Utilité Sociétale moyen.</li>
<li> Les &laquo;&nbsp;mercis&nbsp;&raquo; sont créés à la production des biens et services.</li>
<li> Les &laquo;&nbsp;mercis&nbsp;&raquo; sont détruits du compte des bénéficiaires lors de la consommation des biens et services.</li>
<li> L&#8217;épargne individuelle est la seule propriété financière.</li>
<li> L&#8217;intérêt est aboli.</li>
</ul>
<p><strong>DEUX CATÉGORIES DE REVENUS</strong> :</p>
<p><strong>(1) &#8211; Le Revenu Social (R.S.) ou &laquo;&nbsp;viatique&nbsp;&raquo;:</strong></p>
<ul>
<li> C&#8217;est un revenu inaliénable attribué égalitairement à chaque individu.</li>
<li> Il doit permettre de vivre et de satisfaire tous les besoins de base.</li>
<li> Il remplace toutes les aides et allocations actuelles.</li>
<li><em>S&#8217;y ajoutent suivant le cas :</em>
<ul>
<li> Le Revenu Social de retraite (RSr), fonction de l&#8217;apport sociétal au cours de l&#8217;activité professionnelle antérieure.</li>
<li> Le Revenu Social d&#8217;allocation (RSa), rétribution complémentaire éventuellement nécessaire (étudiants, malades, handicapés, etc.)</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p><strong>(2) &#8211; La Rémunération d&#8217;Activité (R.A.) ou &laquo;&nbsp;salaire&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<ul>
<li> Il rétribue soit l&#8217;activité marchande ( RAm &#8211; Rémunération d&#8217;Activité marchande), soit la fonction publique (RAnm &#8211; Rémunération d&#8217;Activité non marchande) en fonction de l&#8217;effet sociétal de l&#8217;activité (Coefficient d&#8217;Utilité Sociétale) qui module le montant du R.A..</li>
<li> L&#8217;échelle des Rémunération d&#8217;Activité sera démocratiquement déterminée par la Nation sociétale, néanmoins nous proposons de la limiter de zéro à trois.</li>
</ul>
<p><strong>COEFFICIENT D’UTILITÉ SOCIÉTALE </strong>:</p>
<ul>
<li> Chaque actif se voit attribuer un &laquo;&nbsp;Coefficient d’Utilité Sociétale&nbsp;&raquo; moyenne de plusieurs facteurs propres au travailleur, à la production et aux besoins, toujours déterminé dans l&#8217;optique de l&#8217;effet sociétal de l&#8217;activité.</li>
<li> Ce &laquo;&nbsp;Coefficient d’Utilité Sociétale&nbsp;&raquo; est le multiplicateur de la Rémunération d&#8217;Activité de base (10 mercis par heure de travail au Coefficient d’Utilité Sociétale moyen), qui permet de faire évoluer une Rémunération d’Activité dans des limites au choix de la société (échelle des Rémunération d&#8217;Activité).</li>
</ul>
<p><strong>PRIX</strong> :</p>
<ul>
<li> Le prix hors taxe d&#8217;une production de bien ou service est la somme :
<ul>
<li>1) des Rémunération d&#8217;Activités (donc du travail humain) ayant permis à cette production d&#8217;exister et d&#8217;être distribuée.</li>
<li> 2) de la quote-part des frais généraux et des amortissements comptables qui s&#8217;y rattachent.</li>
</ul>
</li>
<li> La C.E.S. (Contribution Eco Sociétale) est ajoutée au prix hors taxe pour former le prix de vente d&#8217;une production.</li>
<li> Le montant de ce prix de vente est simplement déduit du compte de l&#8217;acquéreur lors de l&#8217;achat.</li>
</ul>
<p><strong>ENTREPRISE</strong> :</p>
<ul>
<li> Les participants à la production ou à la distribution (&laquo;&nbsp;commerçants&nbsp;&raquo;) sont rémunérés par les Rémunérations d&#8217;Activités.</li>
<li> La liberté d&#8217;entreprendre reste pleine et entière, mais les moyens de production sont confiés, à ceux qui en font la demande, par procédure de dotation.</li>
<li> Les moyens de production sont gérés par des coopératives ou des individus entrepreneurs.</li>
<li> La création des moyens de production ne nécessite pas de capital financier puisqu&#8217;ils sont eux même la somme des R.A. amonts.</li>
<li> La propriété des moyens de production, et des sols ou bâtiments  (agricoles ou industriels) est collective (nationale).</li>
<li> Les moyens de production sont confiés gracieusement à l&#8217;exploitant (agriculteur, industriel, distributeur).</li>
<li> Il n&#8217;existe pas de &laquo;&nbsp;marge bénéficiaire&nbsp;&raquo; sur les ventes.</li>
</ul>
<p><strong>PROPRIÉTÉ INDIVIDUELLE</strong> :</p>
<ul>
<li> La propriété est limitée aux biens meubles et à l&#8217;habitation,  lesquels sont transmissibles ou revendables sans droits fiscaux.</li>
<li> Nul n&#8217;est propriétaire des terrains construits ou constructibles, mais seulement locataire du sol auprès de la collectivité par un bail de durée indéfinie.</li>
<li> Le bâti reste propriété privée et familiale. Il est à ce titre transmissible aux héritiers sous réserve que ceux ci s&#8217;acquittent de l&#8217;écoloyer.</li>
<li> Un propriétaire peut vendre son habitation au montant du coût de revient ou transférer le solde de sa dotation.</li>
<li> Un propriétaire qui aurait nécessité ou envie de changer de lieu de résidence peut néanmoins louer son bien sous réserve que le loyer reçu soit au plus équivalent au loyer auquel il sera lui même tenu (il ne peut y avoir aucun enrichissement).</li>
</ul>
<p><strong>ÉCOLOYER</strong> :</p>
<ul>
<li> L&#8217;écoloyer représente un &laquo;&nbsp;droit d&#8217;occupation&nbsp;&raquo; du foncier aux occupants des logements individuels.</li>
<li> Son montant est déterminé localement.</li>
<li> Son montant est mensuellement détruit sur le compte de l&#8217;occupant.</li>
</ul>
<p><strong>TRANSMISSION DE PATRIMOINE</strong> :</p>
<ul>
<li> L&#8217;épargne monétaire n&#8217;est transmissible qu&#8217;une seule fois: elle n&#8217;est pas cumulable sur plusieurs générations.</li>
<li> La résidence familiale est transmissible sans limitation et reste affectée aux héritiers sous réserve de payement de l&#8217;écoloyer par ceux-ci.</li>
</ul>
<p><strong>CONTRIBUTION ÉCO SOCIÉTALE (C.E.S.)</strong> :</p>
<ul>
<li> La CES (Contribution Eco Sociétale) peut être considérée comme une taxe. Elle augmente le prix de chaque produit ou service d&#8217;un pourcentage de son coût de production, pourcentage variant selon l&#8217;impact écologique et sociétal du produit ou service et de sa chaîne de production.</li>
<li> La CES sert à orienter la production de biens et services vers les productions les plus sociétales et écologiques en terme de bilan global énergétique, matières premières non renouvelables et pollution.</li>
<li> La CES sert également à ABSORBER la monnaie déjà émise et distribuée aux individus sous forme de R.S et de R.A. Aucune autre taxe ni aucun autre impôt ne sont perçus, si on excepte l&#8217;écoloyer.</li>
</ul>
<p><strong>DOTATION</strong> :</p>
<ul>
<li> La dotation est :
<ul>
<li> 1)  une prévision de dépense autorisée programmée dans le temps.</li>
<li> 2)  une autorisation d&#8217;utilisation de bâtiments, matériels, outillages, etc.</li>
<li> 3)  une autorisation d&#8217;acquisition (remplace le crédit bancaire)</li>
</ul>
</li>
<li> La dotation supprime le recours aux formes traditionnelles de prêts et de crédits financiers.</li>
<li> Elle ne comporte aucune forme d&#8217;agios ou d&#8217;intérêts.</li>
</ul>
<p><em>On distingue trois formes principales de DOTATIONS</em> :</p>
<ul>
<li>1) Dotation aux organismes publics pour la création ou le fonctionnement des services publics nationaux ou locaux, accordée en fonction des besoins collectifs.</li>
<li> 2) Dotation aux organismes économiques productifs (entrepreneurs) sur vérification de leur projet économique (comparable à une autorisation de crédit d&#8217;un projet industriel ou commercial actuel).</li>
<li> 3) Dotation aux particuliers pour l&#8217;acquisition de biens mobiliers ou immobiliers, attribuée en fonction de la &laquo;&nbsp;capacité moyenne de remboursement&nbsp;&raquo;. Elle représente l&#8217;actuel &laquo;&nbsp;crédit&nbsp;&raquo; à la consommation ou immobilier.</li>
</ul>
<p><strong>CRITÈRES SOCIÉTAUX</strong> :</p>
<ul>
<li> Ces critères servent à estimer l&#8217;impact écosociétal d&#8217;une activité et donc le montant de la CES.</li>
<li> Ils guident la régulation politique de l&#8217;économie.</li>
<li> Ils déterminent, en conséquence, la Rémunération d&#8217;Activité (RA) de chaque personne en faisant intervenir au moins, dans le calcul du &laquo;&nbsp;Coefficient d&#8217;Utilité Sociétale&nbsp;&raquo; :
<ul>
<li> La production dans un secteur donné.</li>
<li>L&#8217;impact environnemental, l&#8217;utilité sociale.</li>
<li> Le déséquilibre de production/compétence par région.</li>
<li>La compétence particulière de la personne à l&#8217;activité exercée.</li>
<li> Ses autres compétences complémentaires reconnues.</li>
<li>Sa productivité et l&#8217;assiduité comparative.</li>
<li>L&#8217;âge.</li>
<li> L&#8217;utilité sociétale, collective ou particulière de la production.</li>
<li>Le gain ou la sauvegarde écologique.</li>
<li>La pénibilité et dangerosité du travail.</li>
<li>Les besoins locaux dans une profession donnée.</li>
<li>L&#8217;activité vitale pour la personne humaine.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p><br class="spacer_" /></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><br class="spacer_" /></p>
<h1><a id="introduction" name="introduction">Introduction</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>Préface de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret" target="_blank">Patrick Viveret</a></h2>
<p align="justify">Le livre d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9-Jacques_Holbecq" target="_blank">André-Jacques Holbecq</a> appartient à cette littérature bien exprimée par les promoteurs historiques de l&#8217;économie sociale et solidaire, les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Owen" target="_blank">Owen</a>, les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon" target="_blank">Proudhon</a>, les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fourier" target="_blank">Fourier</a> ou les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Andr%C3%A9_Godin" target="_blank">Godin</a>, celle de l&#8217;utopie concrète.</p>
<p align="justify">Utopie au sens originel d&#8217;un autre lieu permettant un autre regard sur le monde et cet autre regard permettant lui même de penser d&#8217;autres solutions à des problèmes vus sous un angle neuf. Mais utopie concrète car la radicalité de cette autre approche est au service de propositions extrêmement précises, détaillées voire chiffrées. Cette méthode a l&#8217;avantage de permettre la discussion démocratique : sur la monnaie, le capital, les revenus, les modalités de création d&#8217;une nouvelle « societaxe » très originale, cette approche permet d&#8217;ouvrir des questionnements, des adhésions souvent, des désaccords parfois. Dans tous les cas on y trouvera un stimulant passionnant pour toutes celles et ceux qui ne se satisfont pas des dégâts écologiques et humains que produit ce que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_E._Stiglitz" target="_blank">Joseph Stiglitz</a> a nommé le « fondamentalisme marchand » dans son livre « <a href="http://www.amazon.fr/Grande-D%C3%A9sillusion-Joseph-Eugene-Stiglitz/dp/2253155381" target="_blank">la grande Désillusion</a> ».</p>
<p align="justify">Un lecteur qui n&#8217;aurait pas lu d&#8217;autres textes d&#8217;André-Jacques Holbecq pourra certes se trouver quelque peu désarçonné par le propos presque technique de l&#8217;auteur. C&#8217;est en effet que celui-ci a choisi dans cet ouvrage de s&#8217;affronter aussi précisément que possible à la concrétisation des formes d&#8217;alternative à promouvoir au cœur de ce projet qu&#8217;il nomme l&#8217;écosocietalisme. Le terme renvoie à la dimension tout à la fois écologique et sociétale d&#8217;un projet alternatif plus large que la vision trop souvent étroite que nous nous faisons du domaine « social ». L&#8217;économie sociale et solidaire l&#8217;utilise de plus en plus souvent par exemple par la pratique du « bilan sociétal » qui permet une évaluation de l&#8217;activité de l&#8217;entreprise sur des critères écologiques et sociaux et pas seulement économiques et financiers ou par l&#8217;expérimentation en démarrage, dans le cadre d&#8217;un programme Equal européen, d&#8217;un projet de monnaie d&#8217;utilité écologique et sociale, le &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_compl%C3%A9mentaire_Sol" target="_blank">sol</a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p align="justify">Si ce type d&#8217;ouvrage vient à son heure c&#8217;est que nous sommes dans une période historique critique où nous avons besoin de traiter les racines des principaux problèmes auxquels est confrontée l&#8217;humanité.</p>
<p align="justify">Souvenons-nous de la phrase d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Gramsci" target="_blank">Antonio Gramsci</a> : <em>l&#8217;ancien monde est en train de mourir, un nouveau monde est en train de naître, mais dans cette période intermédiaire, des monstres peuvent apparaître</em>. Nous sommes en train de vivre cette période, et les monstres sont apparus, avec des logiques irrationnelles et de grands dérapages collectifs, comme les guerres, les fondamentalismes et les terrorismes qui y sont associés.</p>
<p align="justify">Rappelons-nous les analyses prophétiques des années Trente, applicables à notre crise actuelle. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Maynard_Keynes" target="_blank">Keynes</a> avait parlé non pas d&#8217;une crise économique mais d&#8217;une crise de l&#8217;économique, car nos sociétés sont structurées autour de la lutte contre la pénurie et la rareté, alors que le problème actuel est souvent celui d&#8217;une abondance, qu&#8217;on ne sait pas gérer et qui génère ce que Keynes osait nommer, dans ses « Essais sur l&#8217;économie et la monnaie » une dépression nerveuse collective.</p>
<p align="justify">Les symptômes de la crise sont particulièrement visibles dans nos sociétés matériellement sur-développées, mais en voie de sous-développement sur le plan affectif, éthique et spirituel. En effet, nos sociétés, de plus en plus fascinées par les technologies de communication souffrent en réalité d&#8217;une triple rupture de communication : avec le cosmos et la nature, dans le rapport avec nous-mêmes (intériorité, sagesse, méditation) et dans le rapport à autrui.</p>
<p align="justify">Il faut entendre les grands dérèglements actuels, et y voir la nécessité de changer de paradigmes, de paramètres sociaux et économiques. Par exemple, l&#8217;essentiel de l&#8217;activité humaine est pensé autour de l&#8217;activité économique, une économie réduite à sa composante productiviste et industrielle, dont les effets destructeurs &#8211; sur l&#8217;environnement, et le tissu social &#8211; sont avérés. Ce modèle n&#8217;offre aux hommes qu&#8217;une seule perspective, devenir un producteur compétitif, l&#8217;autre étant un rival dans cette compétition. C&#8217;est la logique guerrière de la domination, de la captation des savoirs et du sens, de la possession des biens, et de l&#8217;autre. Dans ce modèle, on compense la pauvreté du projet de vie par une excitation dans l&#8217;ordre de l&#8217;<em>avoir</em> (consommer, posséder, dominer) et par le divertissement au sens pascalien du terme.</p>
<p align="justify">A cette logique en impasse s&#8217;oppose une autre logique, celle de ce que <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rabhi" target="_blank">Pierre Rahbi</a> nomme la « sobriété heureuse » ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Majid_Rahnema" target="_blank">Majid Rahnema</a> « la simplicité volontaire ». C&#8217;est une logique de l&#8217;art de vivre et du bien être en entendant pleinement le terme &laquo;&nbsp;être&nbsp;&raquo; dans ce terme trop souvent banalisé.</p>
<p align="justify">La logique de l&#8217;avoir est illustrée par cette phrase de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi" target="_blank">Gandhi</a> : <em>Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun</em>. Cette logique a une limite écologique évidente. En termes d&#8217;empreinte écologique, on a mesuré que si les pays en développement adoptent le mode de vie des pays riches, il faudrait l&#8217;équivalent de plusieurs planètes en 2050 ! On comprend bien que le vieux monde ne peut plus continuer sur de telles bases.</p>
<p align="justify">En matière de climat, au lieu des petits pas du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocole_de_Kyoto" target="_blank">protocole de Kyoto</a> &#8211; que l&#8217;on n&#8217;applique pas alors qu&#8217;il est déjà insuffisant &#8211; il faut des politiques publiques qui disent la vérité, et mettent en place les conditions démocratiques et culturelles pour examiner ensemble ce qu&#8217;il faut faire, si nous voulons éviter le désastre.</p>
<p align="justify">Nous parlons là d&#8217;une cure de désintoxication radicale : il ne s&#8217;agit pas de &laquo;&nbsp;verdir&nbsp;&raquo; le mode de développement actuel, mais d&#8217;en changer totalement la nature.<br />
 Il faut aussi changer nos modes de comptabilité nationale, car nos calculs des richesses sont en grande partie contre-productifs. C&#8217;est une erreur de penser qu&#8217;il y a d&#8217;une part des entreprises productrices de richesses, et d&#8217;autre part des activités qui ponctionnent ou prélèvent les richesses. Une entreprise serait impuissante dans un monde où l&#8217;eau serait devenue inconsommable, la terre empoisonnée et l&#8217;air irrespirable. Le non sens est le même si la population est illettrée et en mauvaise santé, du fait du démantèlement des services publics, ou si l&#8217;incivilité se développe. Ce qui veut dire que les biens communs essentiels (environnement, santé publique, morale civique&#8230;) sont aussi fondamentaux que la création et la transformation de richesses réalisée au sein de l&#8217;entreprise.</p>
<p align="justify">Voilà quelques unes des raisons qui nous poussent à écouter ceux qui, comme <a title="André-Jacques Holbecq" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=UserPageAJH" target="_blank">André-Jacques Holbecq</a> et les membres de son collectif, le &laquo;&nbsp;<a href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Charte" target="_blank">GRESSO</a>&laquo;&nbsp;, cherchent à donner un contenu concret aux projets alternatifs. C&#8217;est le mérite de ce livre que d&#8217;y contribuer avec force.</p>
<p align="justify"><strong><a href="http://viveret.over-blog.com/" target="_blank">Patrick Viveret</a></strong><br />
 <em>Philosophe, Magistrat à la Cours des Comptes</em>.<br />
 <em>Auteur, entre autres, du rapport &laquo;&nbsp;<a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/reconsiderer-la-richesse.pdf" target="_blank">Reconsidérer la Richesse</a>&nbsp;&raquo; (éditions de l&#8217;Aube) et de &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/Pourquoi-%C3%A7a-pas-plus-mal/dp/2213622078" target="_blank">Pourquoi ça ne va pas plus mal ?</a>&nbsp;&raquo; (Editions Fayard)</em>.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>Avant-propos</h2>
<p align="justify">Pour changer cette société par l&#8217;utilisation de l&#8217;outil économique, il y a deux manières de procéder. La première consiste à progressivement mettre plus d&#8217;écologie et de social dans l&#8217;économie (taxes diverses, émission monétaire, etc.), la seconde c&#8217;est de dire : « Faisons table rase et voyons&#8230; »</p>
<p align="justify">C&#8217;est la seconde que nous vous proposons ici. Mais pour en apprécier toute la « substantifique moelle » il est important de changer votre regard, il est important de changer de paradigme, de rester critique vis-à-vis de la « pensée unique » et du « économiquement correct ». Il est donc indispensable de lire le rapport « <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/reconsiderer-la-richesse.pdf" target="_blank">Reconsidérer la Richesse</a> » réalisé en janvier 2002 par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret" target="_blank">Patrick Viveret</a>, Conseiller référendaire à la Cour des Comptes, et dont l&#8217;introduction commence par ces paragraphes :</p>
<p align="justify">« Nous avons la preuve permanente que notre représentation actuelle de la richesse, et l&#8217;usage contre-productif que nous faisons de la monnaie, aggrave les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre. Dans la plupart des dossiers qui ont été au cœur des débats publics de ces derniers mois, de la vache folle à l&#8217;Erika, de l&#8217;amiante aux accidents de la route, des conséquences de la grande tempête de décembre 1999 à la crise des carburants de l&#8217;automne 2000, il y a toujours un élément commun que l&#8217;on oublie curieusement de rappeler : ces catastrophes sont des bénédictions pour notre Produit Intérieur Brut, ce chiffre magique dont la progression s&#8217;exprime par un mot qui résume à lui seul la grande ambition de nos sociétés matériellement développées et éthiquement sous développées : LA CROISSANCE !</p>
<p align="justify"><strong>Plus de destructions = plus de PIB</strong></p>
<p align="justify">Car les centaines de milliards que coûtent à la collectivité ces destructions humaines et environnementales ne sont pas comptabilisées comme des destructions mais comme des apports de richesse dans la mesure où elles génèrent des activités économiques exprimées en monnaie. À supposer que nous n&#8217;ayons aucun accident matériel ou corporel, ni morts ni blessés sur les routes de France l&#8217;année prochaine, notre PIB baisserait de manière significative, la France perdrait une ou plusieurs places dans le classement des puissances économiques et l&#8217;on verrait nombre d&#8217;économistes nous annoncer d&#8217;un ton grave que la crise est de retour.</p>
<p align="justify"><strong>Les activités bénévoles font baisser le PIB</strong></p>
<p align="justify">Dans le même temps, toutes les activités bénévoles qui, grâce en particulier aux associations loi 1901, dont nous nous apprêtons à fêter le centenaire, ont permis d&#8217;éviter ou de limiter une partie des effets de ces catastrophes, par exemple en allant nettoyer les plages polluées ou en aidant gratuitement des handicapés, n&#8217;ont, elles, permis aucune progression de richesse et ont même contribué à faire baisser le produit intérieur brut en développant des activités bénévoles plutôt que rémunérées. Autant dire que nous marchons sur la tête et que dans le même temps où l&#8217;on va célébrer le rôle éminent des associations, nous continuerons à les traiter comptablement, non comme des productrices de richesses sociales mais comme des « ponctionneuses de richesse économiques » au titre des subventions qu&#8217;elles reçoivent.</p>
<p align="justify"><strong>Il est temps de changer de représentation</strong></p>
<p align="justify">Il est donc plus que temps de nous atteler à ce chantier considérable du changement de représentation de la richesse et de la fonction que joue la monnaie dans nos sociétés. Définir l&#8217;évaluation comme une délibération sur les valeurs. La question des « indicateurs » qui relève des outils ne peut donc être dissociée de celle des « critères » qui relève du débat sur les fins. « Oui à l&#8217;économie de marché, non à la société de marché. » Il s&#8217;agit, on l&#8217;a compris, de retrouver, à l&#8217;aube de ce siècle, la force originelle du principe associatif, celle qui cherche, à travers et au-delà l&#8217;économie, à substituer la logique coopérative des jeux gagnants/gagnants à la logique guerrière des jeux gagnants/perdants. »</p>
<p align="justify">Deux richesses fondamentales sont oubliées par l&#8217;économie dominante : les humains et leur environnement naturel. C&#8217;est pourquoi, note le rapport du <a href="http://www.undp.org/french/" target="_blank">PNUD</a>, « les biens ne doivent pas être valorisés intrinsèquement, mais considérés comme les instruments de la réalisation de certaines potentialités telles que la santé, la connaissance, l&#8217;estime de soi et l&#8217;aptitude à participer activement à la vie de la communauté ».</p>
<p align="justify">Ce sont ces idées qui ont guidé notre travail, et nous espérons que même si vous n&#8217;en approuvez pas toutes les suggestions, il aura au moins le mérite de vous faire réfléchir en vous montrant que d&#8217;autres voies sont possibles.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2><strong>Préambule</strong></h2>
<h3 style="color:#FFFFFF">‡</h3>
<h3><strong>A. Changer de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradigme" target="_blank">paradigme</a></strong></h3>
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong> 1) Les problèmes économiques : problèmes d&#8217;économie ou problèmes d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pist%C3%A9mologie" target="_blank">épistémologie</a> ?</strong></h4>
<p align="justify">Un changement de paradigme nécessite le plus souvent de surmonter des obstacles épistémologiques qui désignent « des représentations induites en particulier par les expériences premières que nous avons associées à un concept » (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Bachelard" target="_blank">Bachelard</a>). Cette notion d&#8217;obstacle permet de comprendre les raisons qui ont fait rejeter pendant plus de 100 ans la théorie de la circulation sanguine. Face à un changement de paradigme, les partisans d&#8217;un ancien paradigme ne sont pas sensibles aux caractéristiques d&#8217;un nouveau ni aux démonstrations qui réfutent l&#8217;ancien.</p>
<p align="justify">Les effets des dysfonctionnements économiques actuels, qui contribuent à plonger notre société dans le désarroi, ont autant une origine épistémologique qu&#8217;économique, car les applications du dogme des théories économiques actuelles sont toutes fondées sur la gestion des ressources rares.</p>
<p align="justify">Le paradigme actuel ne nous propose que la guerre comme seule solution trouvée à ce jour pour permettre à l&#8217;économie de dépasser ses propres contradictions</p>
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong>2) Le concept de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie" target="_blank">monnaie</a>&#8230;</strong></h4>
<p align="justify">Il a évolué et s&#8217;est transformé au cours des siècles, des coquillages à l&#8217;or, pour aboutir à une totale dématérialisation (depuis 1978) qui a pour conséquence qu&#8217;aucune monnaie n&#8217;a de contrepartie en matières précieuses ou rares.</p>
<p align="justify"><strong>Or, si une collectivité a :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Un besoin,</li>
<li>La volonté de le satisfaire,</li>
<li>Les moyens techniques et énergétiques,</li>
<li>La main d&#8217;œuvre et le savoir-faire nécessaires,</li>
</ul>
<p align="justify"><strong>&#8230; pourquoi ne peut-elle réaliser ce besoin par faute de financement ?</strong></p>
<p align="justify">L&#8217;obstacle épistémologique est que la monnaie reste conçue comme une réalité matérielle (précieuse) de quantité finie donc rare et épuisable, alors qu&#8217;elle ne l&#8217;est plus puisqu&#8217;elle est dématérialisée.</p>
<p align="justify"><strong>Il faut donc assimiler un nouveau paradigme dans lequel :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Aucune loi physique n&#8217;empêche un État, une Banque centrale ou de second rang de créer toute la monnaie nécessaire. Ne pas le faire est la conséquence d&#8217;actes volontaires, de lois humaines.</li>
<li>Contrairement à l&#8217;ancienne prémisse (ressources rares), la nouvelle est : comment écouler nos surplus pour mieux satisfaire nos désirs et nos besoins dans le respect de l&#8217;écologie planétaire (abondance permise par le progrès technologique).</li>
<li>La création monétaire peut être ajustée de telle manière à ce que l&#8217;ensemble du pouvoir d&#8217;achat soit équivalent à l&#8217;ensemble des productions susceptibles d&#8217;être vendues, et ceci en fonction de trois paramètres :
<ul style="text-align: justify;">
<li>1)  Le potentiel de production</li>
<li>2)  Les désirs d&#8217;achat</li>
<li>3)  Les conséquences écologiques</li>
</ul>
</li>
<li>L&#8217;équilibre des balances commerciales est à prendre en compte car il ne faut ni affaiblir les autres pays qui sont nos clients potentiels, ni s&#8217;affaiblir, pour éviter le risque de dépendance.</li>
<li>Le déficit budgétaire est signe que les créations monétaires relatives aux échanges économiques possibles à l&#8217;intérieur du pays sont insuffisantes.</li>
</ul>
<p align="justify"><strong>Le lecteur trouvera en annexe cinq réflexions complémentaires sur le changement de paradigme :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La « monnaie fondante » ou « monnaie franche » : comment une solution simple a amené à relancer l&#8217;économie.</li>
<li>En pleine guerre&#8230;</li>
<li>Un « plan Marshall européen ».</li>
<li>Endettement public et idées préconçues.</li>
<li>Changer la présentation des comptes de la Nation.</li>
</ul>
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong>3) Dix <a href="http://www.universalis.fr/encyclopedie/T323977/PONCIF_esthetique.htm" target="_blank">poncifs</a> sur la richesse (extraits du rapport de Patrick Viveret)</strong></h4>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Le PIB est un bon indicateur de la richesse créée</strong><br />
 De la vache folle à l&#8217;Erika, de la tempête de décembre 1999 aux accidents de la route ou à l&#8217;explosion de l&#8217;usine AZF à Toulouse : toutes ces catastrophes sont des bénédictions pour notre produit intérieur brut ! Les centaines de milliards de francs qu&#8217;elles coûtent à la collectivité ne sont pas comptabilisées comme des destructions, mais comme des créations de richesse : dès lors qu&#8217;il faut payer des garagistes pour réparer les voitures endommagées, des cimentiers pour brûler les farines animales ou des médecins pour soigner les victimes de la pollution, des valeurs ajoutées monétaires sont enregistrées dans les comptes. Ce qui contribue à gonfler le PIB (produit intérieur brut).</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Seules les entreprises produisent de la richesse</strong><br />
 Notre système économique repose sur la stricte séparation entre, d&#8217;un côté, des entreprises considérées comme seules productrices de richesse et, de l&#8217;autre, des activités sociales et écologiques financées par prélèvement sur cette richesse. Un tel mythe condamne les associations à quémander leurs moyens d&#8217;existence à l&#8217;État ou à les rechercher sur le marché, faute de disposer de ressources directement liées aux richesses sociales qu&#8217;elles contribuent à créer ou à préserver. En termes de comptabilité nationale, les associations concourent à faire baisser le PIB en développant des activités bénévoles plutôt que rémunérées. Ce système pervers fait des services publics un secteur suspecté en permanence de parasitisme.</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Les indicateurs de productivité de l&#8217;ère industrielle sont toujours valables</strong><br />
 Nous disposons d&#8217;outils de mesure de la productivité forgés pour favoriser une croissance matérielle de nature industrielle. Ceux-ci s&#8217;avèrent largement contre-productifs lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;affronter les trois grands défis de l&#8217;avenir : entrée dans l&#8217;ère informationnelle, enjeux écologiques, rôle des services relationnels (éducation, santé&#8230;) dans notre développement. Ainsi, en matière de santé, ce qui compte n&#8217;est pas le nombre de visites chez le médecin, mais le fait de savoir si l&#8217;on est guéri ou, mieux, si l&#8217;on échappe à tel ou tel risque. Or, dans la comptabilité actuelle, plus on fait de prévention, plus on casse la croissance (puisqu&#8217;on consomme moins de médicaments et d&#8217;heures d&#8217;hospitalisation) !</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>La monnaie sert d&#8217;abord à faciliter l&#8217;échange</strong><br />
 Exact, mais pour une part seulement. Le mot « payer » vient du latin pacare, qui signifie pacifier et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Montesquieu" target="_blank">Montesquieu</a> a développé une théorie du « doux commerce » comme alternative à la guerre. Mais, si la monnaie remplit cette fonction lorsqu&#8217;elle facilite l&#8217;échange entre partenaires, elle devient facteur de violence quand elle se fait outil de domination d&#8217;un capitalisme relevant plus de la volonté de puissance que du désir d&#8217;échange. Que des personnes désireuses d&#8217;échanger et de créer des activités ne puissent le faire au motif qu&#8217;elles sont insolvables est en contradiction avec la théorie de la monnaie comme outil d&#8217;échange.</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&#8217;argent reste le fondement de tout système d&#8217;échange</strong><br />
 Le système d&#8217;échange le plus universel entre les êtres humains est en réalité celui du temps. Celui-ci remplit d&#8217;autant mieux les rôles d&#8217;unité de compte et de moyen d&#8217;échange traditionnellement dévolus à la monnaie que ses unités (heures, minutes, secondes) ont l&#8217;avantage, contrairement à l&#8217;argent, d&#8217;être universellement reconnues et invariables. Bref, ce qu&#8217;on appelle l&#8217;argent, et qui n&#8217;est en fait que la « monnaie de marché », n&#8217;est qu&#8217;un cas particulier de l&#8217;échange de temps. Il serait plus judicieux de dire que « l&#8217;argent, c&#8217;est du temps » plutôt que « le temps, c&#8217;est de l&#8217;argent ».</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>C&#8217;est la rareté qui fait la vraie valeur d&#8217;un bien</strong><br />
 Nous définissons la valeur, au sens économique, par la rareté. Mais cette intuition devient fausse lorsqu&#8217;elle dénie toute valeur à des biens non rares mais dont la perte serait irréparable : l&#8217;air est abondant et gratuit, mais sa disparition condamnerait l&#8217;espèce humaine. Ce qui montre que la valeur marchande est un sous-ensemble d&#8217;un système de valeurs plus élevé, dont il suffit de simuler la perte pour découvrir l&#8217;importance.</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Les ressources planétaires sont insuffisantes pour satisfaire tous les besoins</strong><br />
 La guerre économique actuelle, que l&#8217;on nous présente comme liée à des logiques de rareté et de survie, se situe dans un contexte où les besoins fondamentaux des six milliards d&#8217;êtres humains peuvent être satisfaits. Les chiffres du <a href="http://www.undp.org/french/" target="_blank">PNUD</a> (Programme des Nations unies pour le développement) sont éloquents : il faudrait environ 40 milliards de dollars par an pour éradiquer la faim, permettre l&#8217;accès à l&#8217;eau potable pour tous, pour les loger décemment et combattre les grandes épidémies. Soit dix fois moins que pour les dépenses mondiales de publicité !</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&#8217;économie est née de la nécessité d&#8217;affecter des ressources rares</strong><br />
 Dans la plupart des cas, ce n&#8217;est pas la rareté mais l&#8217;abondance qui caractérise la nature : que l&#8217;on pense à l&#8217;abondance des espèces, des cellules et, de manière générale, à la formidable profusion dont témoigne le phénomène de la vie&#8230; Loin que l&#8217;économie apparaisse comme l&#8217;activité de base, condition de toute survie, elle est beaucoup plus, à partir de sa réinvention moderne au XIXe siècle, l&#8217;idéologie dominante de la société industrielle.</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>L&#8217;économie joue un rôle central dans toutes les sociétés humaines</strong><br />
 S&#8217;il est un trait commun à la plupart des civilisations, c&#8217;est la subordination du travail, de la production et, plus largement, de la sphère économique à des activités ou des valeurs jugées plus fondamentales comme la politique, la culture, la philosophie. Même <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_Smith" target="_blank">Adam Smith</a>, le père de notre économie politique, estimait que le vrai rôle de l&#8217;économie était, en organisant l&#8217;abondance, de réunir les conditions pour construire ensuite une « république philosophique ». Quant à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Maynard_Keynes" target="_blank">Keynes</a>, il considérait que l&#8217;économie devrait occuper, à terme, une place réduite dans l&#8217;activité sociale et les économistes accepter que leur rôle ne soit pas plus important que celui des « dentistes ».</li>
</ul>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>Il n&#8217;y a pas d&#8217;alternative au plan international sur ces questions</strong><br />
 Dès aujourd&#8217;hui, on peut s&#8217;appuyer sur un courant de recherche international pour faciliter la transformation de nos systèmes de représentation de la richesse. En témoignent les indicateurs de développement humain et de pauvreté élaborés par le <a href="http://www.undp.org/french/" target="_blank">PNUD</a>, ceux de l&#8217;Union européenne sur des indicateurs environnementaux et sociaux, le débat récent sur la « responsabilité sociale de l&#8217;entreprise » et même certaines études de la <a href="http://www.banquemondiale.org/" target="_blank">Banque mondiale</a> et de l&#8217;<a href="http://www.oecd.org/home/0,3305,fr_2649_201185_1_1_1_1_1,00.html" target="_blank">OCDE</a> sur « le capital social » et le « capital naturel ». Enfin et surtout, l&#8217;exigence croissante de la société civile mondiale pousse les acteurs institutionnels et économiques à bouger sur cette question : la rencontre de Québec « <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/PALMIERI/" target="_blank">globaliser la solidarité</a> », organisée par les <a href="http://www.tessolidaire.com/" target="_blank">acteurs de l&#8217;économie sociale et solidaire</a>, et le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_social_mondial" target="_blank">Forum social mondial de Porto Alegre</a> ont tous inscrit la reconsidération de la richesse à leur ordre du jour. Du coup, il devient difficile d&#8217;arguer du fait que la France ne saurait s&#8217;engager seule dans une stratégie de transformation pour justifier l&#8217;immobilisme.<br />
 Hors des circuits commerciaux et financiers traditionnels, des réseaux informels de solidarité se mettent en place dans nombre de pays. Loin d&#8217;être négligeable, leur action est aujourd&#8217;hui prise en compte par les autorités.</li>
</ul>
<h3 style="color:#FFFFFF">‡</h3>
<h3><strong>B. Changer son regard sur le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Travail" target="_blank">travail</a></strong></h3>
<p align="justify"><strong>Pourquoi travaille-t-on ?</strong><br />
 Pour gagner de l&#8217;argent qui permet de satisfaire les besoins élémentaires et superflus, mais aussi pour s&#8217;occuper, satisfaire un besoin de réalisation de soi, créer, « faire » et pour pouvoir être fier du travail réalisé, et éventuellement par amour, pour aider les gens qui nous entourent.</p>
<p align="justify"><strong>Est-ce que c&#8217;est le travail qui crée la monnaie ?</strong><br />
 Non, évidemment, mais c&#8217;est le travail qui est « payé » en monnaie, laquelle n&#8217;est qu&#8217;un « signe » et facilite les échanges de biens ou services divers. Par le travail, l&#8217;invention, la création, chacun participe selon ses capacités à la vie de la société.</p>
<p align="justify">Cette monnaie est le plus souvent virtuelle. Elle peut n&#8217;être que des chiffres sur un compte en banque, sur un chèque (monnaie scripturale). Le papier monnaie (les pièces et billets) n&#8217;est absolument pas nécessaire pour les échanges.</p>
<p align="justify">« On » nous dit : « Il faut augmenter en permanence le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/PIB" target="_blank">PIB</a>, sinon il y aura de plus en plus de chômeurs » ou bien : « Si l&#8217;on ne crée pas des emplois, comment payer les retraites ? ». Pour augmenter cette croissance, il est nécessaire (dans l&#8217;esprit capitaliste) de créer et de vendre de plus en plus de biens&#8230; et c&#8217;est le rôle, actuellement, de la publicité et des « faux progrès » (tous les besoins dont on n&#8217;a pas réellement besoin, le packaging, la mode, la fragilisation volontaire du matériel vendu qui oblige à un remplacement plus rapide, etc.).</p>
<p align="justify">Alors évidemment, empêtrés dans leur logique financière, « ils » ne veulent pas entendre parler de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_soutenable" target="_blank">décroissance</a>. Mais en fait, de quelle décroissance parlons-nous ? De ne plus fabriquer tout ce qui est inutile, polluant ou fragile ? Est-ce que ça peut vraiment avoir un effet « négatif » sur notre confort (alors que ça en a un sur le PIB) ? Car il est aussi de vrais progrès (la facilité de la vie, le confort, les inventions utiles) ; il s&#8217;agira de savoir les différencier.</p>
<p align="justify">Si nous ne devions plus fabriquer ces objets ou ces services inutiles, évidemment qu&#8217;il y aurait réduction du nombre d&#8217;emplois. Mais vous voyez bien que l&#8217;on crée des besoins pour maintenir des emplois&#8230; qui ne servent à rien, seulement à justifier de donner un pouvoir d&#8217;achat à des gens qui vont inutilement travailler au prix de déplacements inutiles et de la pollution conséquente (« tu te réveilles très vite le matin, pour aller très vite te raser, pour ensuite partir très vite fabriquer des rasoirs ultra perfectionnés qui raseront très vite des gens qui ont besoin de se raser très vite le matin pour aller fabriquer des rasoirs qui rasent très vite des gens qui&#8230; »).</p>
<p align="justify">À titre d&#8217;hypothèse, pensons à une société où tous les biens facturés (entrant dans le PIB) seraient produits par des robots lesquels également produits par des robots, etc&#8230;. donc dans lequel il n&#8217;y aurait plus de « travail humain ». Il n&#8217;y aurait évidemment plus de salaires et les compensations seraient limitées (puisqu&#8217;il n&#8217;y aurait quasiment plus d&#8217;impôts sur le revenu, plus de charges salariales ou patronales), donc plus aucune possibilité de « pouvoir d&#8217;achat » de la population&#8230; une société à 100 % de chômage dans laquelle tous les biens seraient disponibles&#8230; mais dans laquelle aucun bien ne pourrait être acheté faute de revenus.</p>
<p align="justify">Cette évolution qui semble utopique est quand même celle qui prévaut depuis 100 ans&#8230; disons qu&#8217;au lieu d&#8217;être à 100% on n&#8217;en n&#8217;est qu&#8217;à 60% (rapport de la population totale inoccupée sur le nombre d&#8217;actifs). Imaginez ce que serait le taux de « chômage » si on ne produisait que ce qui est seulement nécessaire ou souhaitable !&#8230;</p>
<p align="justify">Nous sommes donc (collectivement) les acteurs actifs et passifs d&#8217;un système complètement stupide. Non seulement les acteurs, mais aussi les esclaves !</p>
<p align="justify">Ne vous êtes vous jamais retrouvé devant le problème suivant : un appareil ménager de moins de deux ans qui tombe en panne ? On vous dit : « Ah ! c&#8217;est l&#8217;électronique ; la réparation, c&#8217;est 2/3 du prix d&#8217;un neuf, il vaut mieux changer&#8230; »</p>
<p align="justify">Il faut donc favoriser les valeurs de durabilité, de solidité, d&#8217;économie d&#8217;énergie à l&#8217;utilisation. Il faut obtenir pour chaque bien produit un bilan des coûts énergétiques et écologiques à la fabrication, à l&#8217;utilisation moyenne pour la durée de vie de l&#8217;appareil, au retraitement de ses composants lors de sa mise à la destruction.</p>
<p align="justify">Vous allez nous dire : « Oui, mais si on fabrique plus économique, plus solide, réparable, ce sont des pans entiers de nos usines qui vont tourner au ralenti, et donc le chômage qui va augmenter ». Plutôt que d&#8217;essayer de vous démontrer que c&#8217;est justement ce raisonnement qui nous emmène vers le gouffre, pouvez-vous, amis lecteurs, réfléchir quelques secondes en essayant d&#8217;imaginer une société dans laquelle tout serait jetable à la suite de la première utilisation&#8230; une société sans doute de plein emploi (emplois de fabrication, mais aussi emplois nombreux d&#8217;enfouissement des déchets), une société dans laquelle le PIB serait extraordinaire, mais serez-vous plus heureux de devoir en échange marcher sur des décharges ?&#8230; Le meilleur déchet est celui que l&#8217;on ne produit pas !</p>
<p align="justify">On nous dit, « mais cette société utopique de production durable serait la cause probable d&#8217;une nouvelle augmentation prévisible (et conséquente) du chômage : elle va créer des besoins énormes de monnaie pour payer des gens qui ne travaillent pas. Où trouver cette monnaie alors qu&#8217;il y a moins de production ?&#8230; Les travailleurs payent déjà des charges et des impôts trop importants qui sont répercutés sur la consommation des biens et services ». Nous rajoutons qu&#8217;il n&#8217;y a pas que les productions de biens inutiles, il y a aussi celles des services inutiles, qu&#8217;ils soient dans la fonction publique (des pans entiers des services des impôts qui n&#8217;auraient plus de raison d&#8217;être dans un système simplifié) ou dans le privé.</p>
<p align="justify">La seule réponse qu&#8217;il semble possible d&#8217;apporter sera développée dans ce livre. Mais souvenons-nous que la monnaie actuelle n&#8217;est que la représentation symbolique d&#8217;une créance auprès d&#8217;une banque : c&#8217;est la demande de crédit qui permet la création de monnaie et non pas la monnaie existante qui permet le crédit. Cette phrase est très importante. Comme le précise la <a href="http://www.banque-france.fr/" target="_blank">Banque de France</a> dans un opuscule de 1971, La Monnaie et la Politique monétaire, dans lequel se trouve écrit « <em>Les particuliers – même paraît-il certains banquiers – ont du mal à comprendre que les banques aient le pouvoir de créer de la monnaie ! Pour eux, une banque est un endroit où ils déposent de l&#8217;argent en compte et c&#8217;est ce dépôt qui permettrait à la banque de consentir un crédit à un autre client. Les dépôts permettraient les crédits. Or, cette vue n&#8217;est pas conforme à la réalité car ce sont les crédits qui font les dépôts.</em> »</p>
<p align="justify">Et puis souvenons-nous aussi qu&#8217;il y a seulement 150 ans le temps de travail représentait 70 % des heures d&#8217;une vie, de la naissance à la mort. À ce jour il ne représente plus que 12 % alors que le confort global n&#8217;est même plus comparable. L&#8217;avènement maintenant proche (à 20 ans ?) des nanotechnologies va, on ne peut en douter, nous faire faire un nouveau bond vers plus de temps libre. Nous ne pourrons régler le problème du chômage et des retraites dans notre système actuel, sauf à avoir besoin de créer de plus en plus de « productions inutiles ». Pour 8 ou 9 milliards d&#8217;individus, ce n&#8217;est plus cinq « Terres » qu&#8217;il faudrait (estimation actuelle pour un niveau de vie mondial équivalent à celui des Européens et des Américains), mais dix ! Ceci dit, nous n&#8217;en arriverons pas là : la solution évidente pour le grand capital est celui de destructions massives permettant la reconstruction : c&#8217;est ainsi que fonctionne l&#8217;économie pour le bonheur de quelques-uns !</p>
<p align="justify">Donc : ce n&#8217;est pas seulement pour vivre que nous travaillons mais aussi pour permettre au système de se maintenir. Il faudra donc travailler moins, mais mieux ; travailler utilement, pour produire mieux, plus utile, plus sociétal.</p>
<p align="justify"><strong>À ce qui précède nous pouvons rajouter :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Depuis toujours, certains revenus ne sont pas exclusivement lié au travail humain&#8230; il en est qui sont liés au « travail du temps » (et non au temps de travail) dans le système financier (les intérêts) pour les inactifs qui ne laissent que des miettes du gâteau à ceux qui les font vivre. Dans cette catégorie également la « grande propriété » transmise par héritage, souvent conséquence d&#8217;attitudes brigandes d&#8217;ancêtres.</li>
<li>Les services sociétalement les plus utiles sont souvent les moins bien rémunérés (pensons aux soins aux aînés ou aux malades) alors que notre société n&#8217;a pas réussi à empêcher les truands (même en cols blancs) de se remplir les poches.</li>
</ul>
<h3 style="color:#FFFFFF">‡</h3>
<h3><strong>C. Changer son regard sur « le capital » </strong></h3>
<p align="justify">Comprendre et admettre ce qui précède est absolument nécessaire pour la bonne compréhension de l&#8217;ensemble du système écosociétal que nous développons dans la suite de ce livre.</p>
<p align="justify">Le système actuel est tellement ancré dans notre manière de raisonner que nous estimons « le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Capital" target="_blank">capital</a> » (définition : montant financier nécessaire pour organiser la production) comme l&#8217;un des éléments indispensables pour « produire » (que ce soit des biens ou des services). Nous allons tenter de vous démontrer le contraire, mais il faudra laisser de coté vos idées préconçues.</p>
<p align="justify">En fait, nous affirmons que « la nature ne se faisant pas payer » (en monnaie), toute production ne nécessite que du travail, qu&#8217;il soit celui de l&#8217;homme, de la machine (ou du robot), ou parfois des deux ensembles.</p>
<p align="justify"><strong>Prenons un exemple. Pour fabriquer une voiture il faut :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Extraire des matières premières (du minerai de fer pour fabriquer de l&#8217;acier)</li>
<li>Transporter ce minerai, le traiter dans des hauts fourneaux</li>
<li>Le « travailler » pour en faire des tôles</li>
<li>Le transporter à nouveau</li>
<li>Le mettre en forme</li>
<li>L&#8217;assembler, le souder</li>
<li>Le peindre</li>
<li>Le transporter à nouveau</li>
<li>L&#8217;assembler avec d&#8217;autres matériaux ou produits finis qui auront suivi un circuit identique</li>
<li>De l&#8217;énergie</li>
</ul>
<p align="justify">Nous avons sûrement oublié de multiples étapes, de multiples intermédiaires, mais nous sommes certains que vous voyez très bien ce que nous voulons dire. À tous les niveaux il y a du travail à réaliser pour que les différentes branches du réseau se rejoignent afin de permettre la fabrication et la distribution d&#8217;un « produit fini ».</p>
<p align="justify">De plus, nous savons ce que vous allez nous dire, nous l&#8217;avons souvent entendu : « Mais il faut du capital pour acheter les matières premières, les camions ou les wagons de transport, les bâtiments, les robots, l&#8217;outillage, etc. ».</p>
<p align="justify">Il faut du capital parce que jamais nous n&#8217;avons essayé de concevoir une société moderne dans laquelle le capital n&#8217;était pas nécessaire. Mais prenez chacun de ces éléments individuellement, ou bien imaginez que la production complète de tout ce qu&#8217;il faut pour construire une voiture, y compris les productions en amont (les bâtiments, les robots, etc.), soient extraites et fabriquées par la même entreprise. Où est le capital nécessaire (si ce n&#8217;est dans cette hypothèse celui servant éventuellement à payer une redevance au propriétaire de la mine, mais c&#8217;est un sujet sur lequel nous reviendrons parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une appropriation illégale d&#8217;un bien commun qui n&#8217;est pas « payant » à la nature qui nous l&#8217;offre) ?</p>
<p align="justify">Évidemment, vous pourrez argumenter qu&#8217;il faut pouvoir payer les salaires en attendant que les biens produits soient vendus. Nous verrons que cette argumentation ne tient plus dans l&#8217;écosociétalisme.</p>
<p align="justify">En analysant chaque poste, nous voyons bien qu&#8217;il n&#8217;y a que du travail. Du travail pour extraire, du travail pour transformer, du travail pour déplacer&#8230; y compris pour fabriquer chacun des « outils » nécessaires (les bâtiments, les moyens de transport, les ordinateurs, le mobilier, l&#8217;outillage, etc.), du travail pour assembler ensemble des constituants avec d&#8217;autres matériaux ou produits finis qui auront suivi un circuit identique, de l&#8217;énergie pour tout cela, extraite, transportée et transformée, par et avec le travail des hommes ou des machines.</p>
<p align="justify"><strong>=&gt; Si nous avons besoin de capital, créé par le système bancaire contre rémunération, c&#8217;est que le « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme" target="_blank">capitalisme</a> » s&#8217;est approprié les moyens de production, les accès aux matières premières et même la création monétaire, et qu&#8217;il fonctionne grâce à ce système qu&#8217;il a lui-même mis en place.</strong></p>
<p align="justify"><strong>Nous pouvons nous en passer !</strong></p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre01" name="chapitre01">Chapitre 1 : L&#8217;écosociétalisme</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>1.1 &#8211; Qu&#8217;est ce que l&#8217;écosociétalisme ?</h2>
<p align="justify">C&#8217;est la théorie d&#8217;un système économique et monétaire sans capital financier ni intérêt, sans propriété privée des moyens de production, sans appropriation privée des biens communs.</p>
<p align="justify">Nous démontrons qu&#8217;il n&#8217;y a nul besoin de capital pour produire. Nous affirmons que la monnaie ne doit plus être payante (comme elle l&#8217;est actuellement, car fabriquée par le système bancaire privé) mais correspondre à tout moment à la production . La monnaie, mise en circulation lors de la production de biens et services, est détruite lors de son utilisation.</p>
<p align="justify">Seul importe le travail réalisé, qu&#8217;il soit celui des hommes, des machines ou des robots.</p>
<p align="justify">Les revenus des personnes sont la somme d&#8217;un revenu social égalitaire entre tous (permettant de satisfaire tous les besoins de base) et d&#8217;un revenu d&#8217;activité équitable établi sur l&#8217;effet sociétal de cette activité.</p>
<p align="justify">La notion même de P.I.B. n&#8217;a plus de sens en tant qu&#8217;indice de richesse&#8230; mais en a t-elle jamais eu ? (voir le <a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/reconsiderer-la-richesse.pdf" target="_blank">rapport</a> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Viveret" target="_blank">Patrick Viveret</a>)<br />
 Nous tentons de développer une première approche d&#8217;une échelle de revenus plus équitable et d&#8217;étudier globalement les conséquences de la mise en place d&#8217;un tel système &laquo;&nbsp;écosociétal&nbsp;&raquo; sur les revenus individuels et la production.</p>
<p align="justify">Nous tenterons de montrer qu&#8217;un tel système simplifie considérablement l&#8217;ensemble des structures monétaires et administratives (un seul &laquo;&nbsp;impôt&nbsp;&raquo; ou taxe)<br />
 Nous estimons que le système écosociétal peut être un candidat à une alternative au système capitaliste libéral sans tomber dans les travers de systèmes étatiques centralisés.</p>
<p align="justify">Une nouvelle approche telle que celle-ci ne sera possible qu&#8217;accompagnée d&#8217;un <strong>changement de paradigme.</strong></p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>1.2 &#8211; Pourquoi ce nom ?</h2>
<p align="justify">Simplement parce que la proposition que nous faisons entre totalement dans la définition du &laquo;&nbsp;sociétalisme&nbsp;&raquo; qui est : &laquo;&nbsp;Mouvement citoyen mondial qui préconise, pour l&#8217;essentiel, l&#8217;instauration d&#8217;un système économique et politique basé sur les Droits de l&#8217;Homme et le respect de l&#8217;environnement, la réappropriation de la création monétaire par la collectivité, la gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie, la répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen, la démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité. La finalité est l&#8217;existence de &laquo;&nbsp;la société humaine&nbsp;&raquo; au travers de son épanouissement, ce qui conditionne réciproquement l&#8217;épanouissement de chacun des individus la composant. &laquo;&nbsp;</p>
<p align="justify"><strong>Certaines idées développées dans ce site ne sont pas totalement nouvelles. Elles ont été appelé &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Distributisme" target="_blank">distributisme</a>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Abondancisme" target="_blank">abondancisme</a>&nbsp;&raquo; ou par d&#8217;autres noms. Mais il existe deux anciennes tendances principales:</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L&#8217;une lie le &laquo;&nbsp;revenu citoyen&nbsp;&raquo; à ce qui est appelé &laquo;&nbsp;Contrat Social&nbsp;&raquo;, imposant un certain nombre d&#8217;heures de travail social pour obtenir un minimum vital.</li>
<li>L&#8217;autre considère que le partage des richesses doit être totalement équivalent, nonobstant le travail ou l&#8217;apport de chacun à la société.</li>
</ul>
<p align="justify">N&#8217;étant totalement d&#8217;accord avec aucune de ces deux optiques qui ne nous semblent pas assez pragmatiques (trop utopiques), et bien que de nombreux points soient similaires au distributisme, c&#8217;est une autre proposition que nous faisons ici, ce qui justifie un nouveau nom. Mais le nom n&#8217;est pas l&#8217;important; quel qu&#8217;il soit, l&#8217;important reste que ces idées (ou certaines) puissent un jour être mises en application à travers la Planète. Nous allons dans un mur, chacun le sait&#8230; l&#8217;urgence est de trouver une solution !</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>1.3 &#8211; Hypothèse et projet</h2>
<p align="justify">Notre hypothèse est que le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_capitalisme" target="_blank">capitalisme libéral</a> vit ses dernières années, une crise majeure imposera de le remettre en question. Cette analyse est partagée par beaucoup, qu&#8217;ils soient économistes, politiques ou même banquiers.</p>
<p align="justify"><strong>Les &laquo;&nbsp;rustines&nbsp;&raquo; ne permettront pas d&#8217;éviter son éclatement due à deux causes principales :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les limites écologiques, en recyclage ou en disponibilité de matières premières, sur notre planète rendent impossible le &laquo;&nbsp;rêve&nbsp;&raquo; capitaliste de voir 7 ou 8 milliards d&#8217;individus accéder à une consommation sans limite. Il s&#8217;agit donc de proposer la mise en place d&#8217;un système auto correcteur et orientant la consommation vers les productions les plus sociétales en surtaxant celles qui sont néfastes.</li>
<li>La spirale sans fin de la création monétaire basée sur le crédit lequel doit être remboursé avec intérêt, lui-même créateur de nouveaux crédits et intérêts. On en arrive à l&#8217;aberration que 95% des échanges financiers sur la planète n&#8217;ont plus rien à voir avec les échanges de biens et de services, rôle principal de la monnaie.</li>
</ul>
<p align="justify">Le projet qui suit est de présenter une alternative complète à ce système économique et monétaire actuel, sous forme d&#8217;un modèle qui pourra (peut-être) inspirer les instances dirigeantes lorsqu&#8217;elles devront remettre à plat le système actuel.</p>
<p align="justify">Il semble qu&#8217;il soit possible de « synthétiser » dans un document unique l&#8217;ensemble de ces réflexions, dans un cadre d&#8217;application futur européen, si ce n&#8217;est mondial. En effet, un système économique quel qu&#8217;il soit ne peut fonctionner indépendamment à une échelle trop restreinte. Il est nécessaire que la zone englobante soit au moins relativement autonome en ce qui concerne la production de biens et de services, et, si elle ne l&#8217;est pas, qu&#8217;elle soit capable d&#8217;exporter ce que d&#8217;autres ne peuvent ou ne savent pas produire.</p>
<p align="justify">La question fondamentale est : quel système monétaire, économique et social mettrions nous en place si nous en avions le pouvoir ou si nous avions à conseiller les dirigeants ?</p>
<p align="justify">Il nous semble inutile de refaire une énième critique du système économique ultra libéral, de son lot d&#8217;injustice et de pauvreté dans un environnement d&#8217;abondance. Ces critiques existent partout pour ceux qui veulent se donner la peine de se renseigner, il suffit de lire les <a href="rapports du PNUD" target="_blank">rapports du PNUD</a>&#8230; souvenons nous seulement que dans notre société d&#8217;abondance, dans l&#8217;Europe des 25, il y a plus de 40 millions de pauvres.<br />
 Il s&#8217;agit donc de faire œuvre de construction.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>1.4 &#8211; La fin du capitalisme&#8230; et après ?</h2>
<p align="justify">Lorsque l&#8217;on réfléchit à ce que nous avons appelé &laquo;&nbsp;écosociétalisme&nbsp;&raquo; on aboutit à un certain nombre de réflexions qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours simple de faire partager, le système marchand et monétaire actuel semblant tellement &laquo;&nbsp;évident&nbsp;&raquo; à la majorité de nos populations.</p>
<p align="justify">Dans la lignée du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Distributisme" target="_blank">distributisme</a>, d&#8217;autres s&#8217;y sont déjà essayés, plus ou moins; <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Clifford_Hugh_Douglas" target="_blank">Douglas</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Even" target="_blank">Even</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Joseph_Proudhon" target="_blank">Proudhon</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Silvio_Gesell" target="_blank">Gessel</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Duboin" target="_blank">Duboin</a>, Dartan, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Mounier" target="_blank">Mounier</a>, par exemple. Mais il était sans doute un peu trop tôt, il manquait les moyens techniques de gestion de la monnaie. Peut-on relancer et améliorer cette grande idée ?</p>
<p align="justify">Les objections qui viennent naturellement à l&#8217;esprit des lecteurs ou des interlocuteurs sont : &laquo;&nbsp;quoi, vous pensez qu&#8217;il faut remplacer le capitalisme, source de progrès ? et le remplacer par quoi ? par le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Communisme" target="_blank">communisme</a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Collectivisme_%C3%A9conomique" target="_blank">collectiviste</a> ? vous avez vu où ça a mené les pays de l&#8217;Est !&nbsp;&raquo; et ils rajoutent souvent &laquo;&nbsp;même si le capitalisme est injuste, il est un formidable moteur de développement&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="justify"><strong>La question est : peut-on trouver un moteur au moins aussi performant mais nettement plus &laquo;&nbsp;sociétal&nbsp;&raquo; ?</strong></p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre02" name="chapitre02">Chapitre 2 : Les bases</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>2.1 &#8211; Bases d&#8217;une &laquo;&nbsp;économie sociétale&nbsp;&raquo;</h2>
<p align="justify">Le secteur marchand, par définition, n&#8217;a qu&#8217;un but: enrichir l&#8217;entreprise et ses actionnaires.</p>
<p align="justify">L&#8217;enrichissement de l&#8217;entreprise est censée rendre les salariés plus riches, les retraités plus riches, et même l&#8217;État plus riche au travers de la privatisation des services publics !</p>
<p align="justify">A ce titre, on justifie la suppression des frontières pour les marchandises et les capitaux, on déréglemente, on dénie aux générations futures le droit à un environnement vivable, on appauvrit les services publics et on les privatise ensuite, on démantèle le droit du travail et les droits sociaux, on justifie la politique des bas salaires et des emplois précaires, on enrichit les détenteurs de capitaux au détriment des travailleurs, et on spécule à tout va&#8230; etc&#8230;</p>
<p align="justify"><strong>Mais de quelles richesses parlons-nous ?</strong></p>
<p align="justify"><strong>Le premier constat</strong> est que l&#8217;indicateur de richesse, le dieu PIB (voir notes) &#8211; lequel n&#8217;est pas, et de loin, représentatif du bonheur et de la qualité de vie d&#8217;une population &#8211; fausse totalement l&#8217;analyse que peuvent faire les décideurs.</p>
<p align="justify"><strong>Il suffit de réfléchir à deux exemples :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Une catastrophe (naturelle comme celle de la tempête de 1999) ou artificielle (la pollution de l&#8217;Erika) va augmenter le PIB. Les populations sont-elles plus heureuses après ces deux catastrophes ?</li>
<li>Pour &laquo;&nbsp;faire consommer&nbsp;&raquo; les aliments produits; le packaging, la publicité et la distribution ont des budgets trois fois supérieurs aux prix des aliments eux-mêmes.</li>
</ul>
<p align="justify"><strong>Le second constat</strong> est que l&#8217;individu et sa remarquable puissance d&#8217;imagination et d&#8217;invention, son naturel qui le pousse à se tourner vers les autres lorsqu&#8217;on lui en donne les moyens et sous réserve qu&#8217;il ne soit pas mis, par le peu de considération porté à son travail, au ban de la société, reste le centre de la préoccupation du sociétalisme mais aussi d&#8217;autres philosophies humanistes qui sont malheureusement écrasées par le libéralisme marchand.</p>
<p align="justify">Nous pensons que l&#8217;État ou accessoirement les collectivités locale ne peuvent et ne doivent que s&#8217;occuper de l&#8217;enrichissement (en biens réels: et il ne s&#8217;agit pas seulement des &laquo;&nbsp;biens matériels&nbsp;&raquo; mais également des &laquo;&nbsp;biens immatériels&nbsp;&raquo; c&#8217;est-à-dire les services) de la collectivité. Il ne peut être qu&#8217;un &laquo;&nbsp;donneur d&#8217;ordre&nbsp;&raquo; (ce qui n&#8217;exclue pas un secteur public d&#8217;entreprises, tels l&#8217;énergie, les transports, la poste, l&#8217;éducation, la santé, etc.) et le régulateur dans une société où l&#8217;individu doit garder toute liberté d&#8217;entreprendre&#8230; mais entreprendre pour le bien être de la société en même temps que le sien, et pas seulement pour celui-ci en se moquant des conséquences.</p>
<p align="justify"><strong>Le troisième constat</strong> est que nous vivons, sans nous en rendre encore réellement compte, dans une société d&#8217;abondance. Mais que nous continuons à nous comporter comme si demain, d&#8217;un seul coup, nous allions revenir à cette société de disette et de pauvreté de biens qui l&#8217;a précédé, laquelle pouvait justifier l&#8217;accumulation de capital.</p>
<p align="justify"><strong>Le quatrième constat</strong> a trait à l&#8217;état du monde, au limites de la croissance et au &laquo;&nbsp;développement&nbsp;&raquo; durable :</p>
<p align="justify">Comme <a href="http://www.fondation-nicolas-hulot.org/" target="_blank">Nicolas Hulot</a> qui écrit dans &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/syndrome-du-Titanic-Nicolas-Hulot/dp/2702134181" target="_blank">Le syndrome du Titanic</a>&nbsp;&raquo; :</p>
<p align="justify"><em>&laquo;&nbsp;Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu&#8217;aux immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même voyage – et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l&#8217;iceberg approche et que le bateau devrait dévier de son cap, l&#8217;orchestre continue de jouer, les passagers de se distraire, et l&#8217;équipage de passer de groupe en groupe afin de rassurer tout le monde&nbsp;&raquo;</em></p>
<p align="justify">Nous estimons que quatre impasses principales (l&#8217;impasse énergétique, l&#8217;impasse climatique, l&#8217;impasse alimentaire et l&#8217;impasse monétaire), IMPOSENT de modifier d&#8217;urgence non seulement notre modèle de développement, mais également notre modèle de civilisation.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>2.2 &#8211; Quatre questions primordiales</h2>
<ol>
<li><strong>En ce qui concerne la création monétaire :</strong> Comment créer et faire circuler une monnaie qui ne soit plus &laquo;&nbsp;payante&nbsp;&raquo;, qui soit la représentation des richesses réelles, tout en permettant la poursuite du progrès et du bien être qu&#8217;a permis le crédit pour une partie (limitée) de la population ? (voir notes)</li>
<li><strong>En ce qui concerne les motivations individuelles :</strong> Comment offrir le revenu le plus juste qui soit ? Loin de nous l&#8217;idée parfois soutenue que l&#8217;homme est par nature paresseux. Nous pensons au contraire que s&#8217;il ne devait pas se battre chaque jour dans un monde où la compétition est la règle d&#8217;or, il pourrait au contraire mieux développer toutes ses facultés dont profiterait la collectivité. Mais, et sans doute pour les quelques générations à venir, il restera parfois des obligations &laquo;&nbsp;sociales&nbsp;&raquo; pas toujours plaisantes, ou fatiguantes. Alors le revenu, transformable en pouvoir d&#8217;achat et de confort, reste pour nous la meilleure des motivations et le moyen le plus juste qu&#8217;a la société de remercier ceux qui font, pour le bien de la collectivité, le travail que peu ont envie de faire.</li>
<li><strong>En ce qui concerne les motivations collectives :</strong> Comment laisser une planète vivable à nos descendants sans revenir au niveau de &laquo;&nbsp;confort&nbsp;&raquo; du 19° siécle ? Comment satisfaire néanmoins les besoins immenses d&#8217;une majorité des populations terrestres ? Nous pensons que c&#8217;est possible.</li>
<li><strong>En ce qui concerne le calcul de la richesse et de la comptabilité nationale :</strong> Comment donner une valorisation positive ou négative (qui ne soit pas seulement une « valeur marchande ») aux productions (secteur marchand mais aussi non marchand tels; éducation parentale, associatif, culture, etc.), compte tenu de leurs impacts sociétal et écologique ? Comment ensuite calculer cette valorisation qui n&#8217;est plus le PIB, mais un indicateur de &laquo;&nbsp;l&#8217;Activité&nbsp;&raquo; sous toutes ses formes ?</li>
</ol>
<blockquote><p align="justify"><strong>Notes :</strong></p>
<p align="justify"><strong>- Qu&#8217;est ce que le PIB (Produit Intérieur Brut) ?</strong><br />
 C&#8217;est la somme des valeurs ajoutées de toutes les productions effectuées au cours de l&#8217;année.<br />
 La &laquo;&nbsp;valeur ajoutée&nbsp;&raquo; est la différence entre le prix d&#8217;achat et le prix de revente (ne pas confondre avec le bénéfice qui est une part de la valeur ajoutée: celle qui reste lorsque tous les frais de la production ont été comptablisés).<br />
 En 2000, le PIB français était de 1405 milliards d&#8217;euros</p>
<p align="justify"><span style="text-decoration: underline;">Composants du PIB:</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>758 milliards d&#8217;euros : &laquo;&nbsp;sociétés&nbsp;&raquo; &#8211; la valeur ajoutée de la production marchande.</li>
<li>226 milliards d&#8217;euros : &laquo;&nbsp;administrations&nbsp;&raquo; &#8211; certaines productions non marchande (des services qui ne sont pas vendus comme: la défense, l&#8217;éducation publique ou la justice). La valeur est calculée en fonction des coûts de production principalement constitué par des salaires.</li>
<li>69 milliards d&#8217;euros : &laquo;&nbsp;ménages&nbsp;&raquo; &#8211; Production pour compte final propre (valeur du loyer du logement, production du jardin potager familial), y compris les entreprises individuelles et les institutions sans but lucratif au service des ménages.</li>
<li>152 milliards d&#8217;euros : &laquo;&nbsp;impôts&nbsp;&raquo; &#8211; Sur les produits nets de subventions.</li>
</ul>
<p align="justify"><strong>- L&#8217;article 104 du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Maastricht" target="_blank">Traité de Maastricht</a>&#8230; comment a t&#8217;on pu signer cet article ?</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Il est interdit à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_centrale_europ%C3%A9enne" target="_blank">BCE</a> et aux banques centrales des états membres, ci-après dénomées &laquo;&nbsp;banques centrales nationales&nbsp;&raquo; d&#8217;accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres; l&#8217;acquisition directe, auprès d&#8217;eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.</li>
<li>Le paragraphe 1 ne s&#8217;applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la BCE, du même traitement que les établissements privés de crédit.</li>
</ul>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Note sur le paragraphe 1 :</span> La masse monétaire sert à rémunérer la production nationale, elle est constituée par:</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Soit le cumul des découverts accordés par la banque centrale, ils sont accordés sans taux d&#8217;intérêt. La rémunération est nette. L&#8217;État n&#8217;est pas endetté.</li>
<li>Soit le cumul des emprunts auprès des banques. En ce cas la rémunération de la production nationale est amputée des taux d&#8217;intérêt. C&#8217;est le système que nous subissons. L&#8217;Etat et les citoyens sont artificiellement surendettés (l&#8217;endettement représente plus de 6 mois de PIB, soit environ 700 milliards d&#8217;euros. Le seul intérêt de la dette représente annuellement 85% du total de l&#8217;impôt sur le revenu).</li>
<li>Soit par la combinaison des deux systèmes (situation jusqu&#8217;en 1973).</li>
</ul>
</blockquote>
<blockquote><p align="justify">L&#8217;article 104 a ceci de monstrueux qu&#8217;il interdit le premier cas de figure pour imposer le second qui est fondé sur une gigantesque malversation.</p>
</blockquote>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Note sur le paragraphe 2 :</span> Il stipule que les établissements publics ayant une fonction bancaire sont soumis au même traitement que les banques privées.</p>
</blockquote>
</blockquote>
<p align="justify"><strong>- La création monétaire</strong> !<br />
 La première chose, c&#8217;est qu&#8217;il faut rejeter complètement une idée sans doute enfouie au fond de votre esprit lorsque vous allez voir un banquier en disant &laquo;&nbsp;j&#8217;ai besoin d&#8217;un prêt&nbsp;&raquo;, ou &laquo;&nbsp;j&#8217;ai besoin d&#8217;un découvert&nbsp;&raquo;. Cette idée, c&#8217;est celle de penser que pour qu&#8217;un banquier puisse vous proposer un crédit, il FAUT qu&#8217;un épargnant soit passé avant vous à la banque pour y déposer des économies correspondantes au prêt que vous allez demander, et que, quasiment, c&#8217;est l&#8217;épargne d&#8217;un autre que le banquier va vous prêter, en prenant sa commission au passage (l&#8217;intérêt)&#8230; C&#8217;est FAUX, ce n&#8217;est pas ainsi que ça se passe.</p>
<p align="justify">Ce n&#8217;est pas de la monnaie épargnée ou déposée que vous prête un banquier&#8230; d&#8217;ailleurs, si vous avez la chance d&#8217;être plutôt en positif sur votre compte, vous pouvez vous apercevoir que jamais votre banque vous a dit &laquo;&nbsp;On a utilisé l&#8217;argent que vous aviez en dépot chez nous pour le préter à Monsieur Untel&#8230; désolé, votre compte est maintenant à zéro, jusqu&#8217;à ce que Monsieur Untel rembourse&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p align="justify">Il y a une phrase que connaissent bien les économistes (pas tous, hélas), mais qu&#8217;oublient très souvent les banquiers (le feraient-ils exprès ?), et qui est &laquo;&nbsp;Ce ne sont pas les dépôts qui permettent les crédits, mais ce sont les crédits qui permettent les dépôts&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="justify"><strong>Du chinois ? &#8230;.</strong></p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre03" name="chapitre03">Chapitre 3 : Les revenus dans l&#8217;écosociétalisme</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>3.1 &#8211; Deux types de revenus</h2>
<p align="justify">L&#8217;écosociétalisme se fonde sur l&#8217;évidence essentielle que, pour qu&#8217;une production (de biens ET de services) puisse être acquise, il faut que les acheteurs disposent de la monnaie correspondant au prix de la vente de cette production augmenté des taxes éventelles. C&#8217;est donc son montant global calculé mensuellement qui doit être distribué aux citoyens pour utilisation dans la &laquo;&nbsp;consommation&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="justify"><strong>L&#8217;écosociétalisme propose que cette monnaie soit distribuée équitablement sous deux formes :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify"><strong>a) Le Revenu Social (R.S.)</strong><br />
 Le RS est versé d&#8217;une manière égalitaire à chaque citoyen adulte, sans condition :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Il doit permettre de vivre et de satisfaire tous les besoins de base.</li>
<li>Il est le &laquo;&nbsp;Revenu Citoyen&nbsp;&raquo; d&#8217;autres réflexions d&#8217;économistes.</li>
<li>Il est inaliénable, égal pour tous les adultes.</li>
<li>Pour les enfants il est proportionnel à l&#8217;âge (voir note).</li>
<li>Il est complété par un <strong>complément de retraite</strong> fonction de l&#8217;apport sociétal au cours de l&#8217;activité professionnelle antérieure, et à ce titre est un pourcentage de la somme des R.A. percus dans la vie professionnelle active. A celui ci peut être inclus un bonus pour activités associatives non rémunérées mais reconnues.</li>
<li>Complété par une rétribution éventuellement nécessaire (étudiants, malades, handicapés, etc.).</li>
</ul>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify">Au fil des gains de productivité dus à la robotique, il pourra évoluer afin de satisfaire le confort moral minimum (de telle manière à ce qu&#8217;aucun citoyen ne se sente rejeté ou humilié par l&#8217;absence d&#8217;un élément qui ne soit pas nécessairement considéré comme un besoin de base, mais qui, par son absence, pourrait lui donner le sentiment d&#8217;être marginalisé). Ce Revenu Social pourrait être versé en partie sous forme de &laquo;&nbsp;bons d&#8217;achats&nbsp;&raquo; de tous les produits de base nécessaires.</p>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify">Le Revenu Social ne doit pas se substituer à la juste rémunération d&#8217;une activité que nous appelons &laquo;&nbsp;Revenu d&#8217;Activité&nbsp;&raquo; (R.A.).</p>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify"><strong>b) Le Revenu (Rémunération) d&#8217;Activité (R.A.)</strong><br />
 Il est versé d&#8217;une manière équitable à chaque citoyen actif qui apporte ses capacités et son travail à la société. Le Revenu d&#8217;Activité s&#8217;ajoute à son Revenu Social pour lui permettre d&#8217;améliorer le confort dont il peut jouir, lui et les siens. C&#8217;est démocratiquement qu&#8217;est déterminé le revenu maximum, et pour des raisons d&#8217;éthique, il est compris dans notre approche entre 0 et 3 RS, mais il n&#8217;y a pas de lien entre eux.</p>
<p style="padding-left: 30px;" align="justify">Il existe deux catégories de R.A. :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li><strong>R.A.m &#8211; Revenu d&#8217;Activité marchand</strong> &#8211; Revenu d&#8217;Activité versé à un citoyen participant à la production de produits et services vendus. (Il a parfois été noté R.A.p pour &laquo;&nbsp;productif&nbsp;&raquo;)</li>
<li><strong>R.A.nm &#8211; Revenu d&#8217;Activité non-marchand</strong> &#8211; Revenu d&#8217;Activité correspondant à des activités générant des biens et services d&#8217;intéret collectif. (Il a parfois été noté R.A.np pour &laquo;&nbsp;non productif&nbsp;&raquo;)</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>3.2 &#8211; Conséquences diverses</h2>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Le Revenu Social PLUS le Revenu d&#8217;Activité forment ensemble la Rémunération Individuelle versé mensuellement sur le compte de chaque citoyen sous forme d&#8217;une monnaie (garder l&#8217;euro ou envisager une nouvelle monnaie ? Vous verrez apparaître parfois dans la suite de cette présentation le terme de &laquo;&nbsp;MERCIS&nbsp;&raquo; qui représente la rémunération de 6 minutes de travail au coefficient 1).</li>
<li>Un porte monnaie électronique <strong>PIP</strong> et gestion bancaire enregistrent tous les mouvements.</li>
<li>Lors de chaque acte d&#8217;achat final (voir note) la monnaie utilisée correspondante est détruite.</li>
<li>Dans la pratique écosociétale :
<ul style="text-align: justify;">
<li>L&#8217;entrepreneur (celui qui a projet d&#8217;entreprendre) fait connaître son projet,</li>
<li>ceux qui veulent y participer s&#8217;y investissent par leur travail,</li>
<li>Tous ceux qui participent à la production reçoivent un Revenu d&#8217;Activité,</li>
<li>L&#8217;entrepreneur &laquo;&nbsp;n&#8217;achète pas&nbsp;&raquo; formellement le matériel ou l&#8217;équipement dont il peut avoir besoin pour produire; Il le commande simplement à qui le produit.</li>
</ul>
</li>
<li>C&#8217;est au moment de la vente finale, c&#8217;est à dire à la vente au consommateur d&#8217;une production finalisée, que la monnaie est détruite sur le compte de l&#8217;acheteur final.</li>
<li>Le calcul du solde de la richesse crée par l&#8217;activité remplace le système de comptabilité national actuel qu&#8217;est le PIB et devient le véritable indicateur de la richesse collective :
<ul style="text-align: justify;">
<li>porte en actif les créations humaines de la période donnée,</li>
<li>porte en passif les destructions (naturelles ou artificielles), y compris l&#8217;usure et l&#8217;amortissement.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>3.3 &#8211; Comment serait déterminé le Revenu d&#8217;Activité ?</h2>
<p style="text-align: justify;">A cette question nous apportons trois alternatives (mais il peut y en avoir d&#8217;autres).</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on désire réguler ce marché de l&#8217;emploi, la principale difficulté réside dans le mode de calcul conduisant à l&#8217;appréciation d&#8217;une rémunération équitable pour chaque profession.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;efficacité de l&#8217;écosociétalisme à résoudre les problèmes sociaux dépendra essentiellement de ses modalités d&#8217;application et, en tout premier lieu, du choix des valeurs qui lui seront attachées. Nous ne voudrions pas ici nous substituer à l&#8217;opinion publique qui doit être souveraine dans leur hiérarchisation mais simplement avancer quelques éléments d&#8217;information.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous n&#8217;avons pas la prétention de définir seuls ce projet global. Lorsque les états-majors politiques seront acquis à l&#8217;idée de l&#8217;écosociétalisme ils développeront vraisemblablement leurs propres priorités. La sagesse conduit à leur présenter un projet original à partir duquel ils pourront se situer.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;aborder la suite, nous voudrions désamorcer par avance l&#8217;argument selon lequel il serait impossible ou arbitraire de quantifier l&#8217;utilité sociale d&#8217;une profession. Si vous réunissez cent personnes au hasard, vous n&#8217;en trouverez pas deux qui perçoivent la même rémunération mais nul ne s&#8217;en offusque. Il serait d&#8217;autant plus stupide d&#8217;éluder la réflexion en évoquant une impossibilité pratique d&#8217;aboutir à un consensus sur les niveaux de rémunération.</p>
<p style="text-align: justify;">Le but du sociétalisme est le bien-être de la personne humaine au sein d&#8217;une société la plus équilibrée possible. L&#8217;aspect économique du sociétalisme (l&#8217;écosociétalisme) est un des outils.</p>
<p style="text-align: justify;">La première démarche à accomplir est donc de se demander ce qui concourt ou fait obstacle à ce bien-être. La deuxième est de peser l&#8217;impact positif ou négatif de chaque activité professionnelle sur ce bien-être.</p>
<p style="text-align: justify;">La première opération consiste à fixer une rémunération de base pour une activité professionnelle à intérêt social minimal (cette rémunération de base s&#8217;ajoutant évidemment au &laquo;&nbsp;Revenu Social&nbsp;&raquo; distribué sans condition).</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde opération consiste, à partir de cette rémunération de base, à déterminer la rémunération des différentes activités en la protégeant de l&#8217;arbitraire. Imaginons ici que la loi, ou n&#8217;importe quelle structure démocratique ou citoyenne, détermine l&#8217;échelle maximale de la Rémunération d&#8217;Activité entre 1 et X d&#8217;un équivalent actuel du &laquo;&nbsp;revenu minimum&nbsp;&raquo; (base de revenu pour un travail de 35 h par semaine).</p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 70%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong><span style="text-decoration: underline;">Alternative 1 :</span></strong></h4>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>C&#8217;est &laquo;&nbsp;l&#8217;offre et la demande&nbsp;&raquo; de main d&#8217;œuvre qui régulent le montant de cette Rémunération d&#8217;Activité</strong>, en sachant, et nous le verrons plus loin, qu&#8217;un produit ou un service peu sociétal sera frappé d&#8217;une forte Contribution (la C.E.S.: Contribution Eco Sociétale, ou Sociétaxe).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Donc un produit (ou un service) peu sociétal coûtera relativement plus cher et en conséquence il aura moins d&#8217;acheteur, donc il y aura moins de travail dans cette branche, donc les Rémunérations d&#8217;Activité proposées par les entreprises baisseront par l&#8217;excès de l&#8217;offre de main d&#8217;œuvre.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Par contre un produit (ou un service) très sociétal coûtera moins cher (régulation du prix de vente par la C.E.S. / Sociétaxe) et se vendra donc mieux, donc aura besoin de plus de producteurs qui de ce fait verront leurs Rémunérations d&#8217;Activité augmenter par l&#8217;effet de la demande de main d&#8217;œuvre.</p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 70%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong><span style="text-decoration: underline;">Alternative 2 :</span></strong></h4>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>La Rémunération d&#8217;Activité est dépendante de trois indices, dont la moyenne dans la population considérée est de 50% :</strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>- un Indice Personnel,</strong> détermine l&#8217;adéquation entre les compétences de l&#8217;individu et le travail effectué.<br />
 Cet indice est un garde-fou :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Il empêche des personnes sans réelle formation de dévaloriser les compétences acquises par d&#8217;autres dans le domaine d&#8217;activité considéré.</li>
<li>Il freine l&#8217;emploi de personnes sur-qualifiées à des postes requérant de faibles compétences.</li>
<li>Il varie suivant l&#8217;adéquation ou l&#8217;inadéquation entre compétences proposées et compétences requises.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Une personne qui exerce exactement dans le domaine où sont requises ses compétences pourra prétendre à une rémunération maximale.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Les autres critères qui déterminent l&#8217;indice personnel seront :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Les compétences particulières reconnues</li>
<li>La productivité comparative</li>
<li>L&#8217;âge du travailleur</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>- un Indice d&#8217;Impact sociétal</strong>, défini l&#8217;aspect plus ou moins sociétal de l&#8217;activité exercée :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Il augmente avec l&#8217;effet bénéfique de l&#8217;activité.</li>
<li>Il est défini pour chaque production ou activité de service par une structure locale compétente et démocratique, selon :</li>
<li>L&#8217;adéquation de l&#8217;activité proposée avec les besoins locaux, </li>
<li>Une grille établie nationalement pour juger de l&#8217;impact environnemental de l&#8217;activité.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Les critères de la grille servant à l&#8217;évaluation de la qualité de la production sont principalement :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Utilité sociétale ou collective de la production</li>
<li>Gain écologique</li>
<li>Pénibilité et dangerosité du travail</li>
<li>Besoins locaux dans une profession donnée</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Mais aussi, la réponse aux questions suivantes concernant l&#8217;activité considérée :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Est-elle d&#8217;une importance vitale pour la personne humaine ?</li>
<li>Implique-t-elle un risque vital pour celui qui l&#8217;exerce ?</li>
<li>Est-elle au service de tous sans distinctions ?</li>
<li>Est-elle directement en rapport avec la personne humaine ?</li>
<li>Se situe-t-elle à un moment délicat (fragilité, souffrance) de la vie humaine ?</li>
<li>Répond-elle à un besoin de base de la personne humaine ?</li>
<li>Est-elle au service d&#8217;une des valeurs de base de notre société ? Si oui, à quel rang ?</li>
<li>N&#8217;a-t-elle des effets positifs supérieurs aux effets négatifs ? Dans quelle proportion ?</li>
<li>Concourt-elle à réduire la fracture sociale ?</li>
<li>Est-elle compatible avec l&#8217;essor économique, la création de richesses nécessaires à la société ou aux besoins des particuliers?</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>- un Indice de Satisfaction de la clientèle</strong> (par exemple obtenue par sondage ou au moment de l&#8217;achat : Sur une échelle de 1 à 10 quel est votre niveau de satisfaction pour cette transaction ?)</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>=&gt; La Rémunération d&#8217;Activité obtenue s&#8217;établit donc comme suit :</strong><br />
 <strong>=  k+ (X * (Indice Personnel * Indice d&#8217;Impact sociétal * Indice de Satisfaction de la clientèle))</strong></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>Note :</strong> dans lequel &laquo;&nbsp;k&nbsp;&raquo; représente le plancher de Rémunération d&#8217;Activité admis par la société (il est imaginable que cet indice soit de 0, afin de ne pas rémunérer, en plus du Revenu Social, des activés anti sociales) et dans lequel &laquo;&nbsp;X&nbsp;&raquo; représente le choix de la société concernant la Rémunération d&#8217;Activité maximale.</p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 70%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<h4 style="color:#FFFFFF">‡</h4>
<h4><strong><span style="text-decoration: underline;">Alternative 3</span></strong> <em>(cette présentation est issue des réflexions de Jean- Marc Flament)</em> :</h4>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Considérant que le bien-être de la personne humaine est primordial, la première démarche à accomplir est donc de se demander ce qui concourt ou fait obstacle à ce bien-être. La deuxième est de peser l&#8217;impact positif ou négatif de chaque activité professionnelle sur ce bien-être et sur la société dans son ensemble.<br />
 Parmi les valeurs &laquo;&nbsp;marchandes&nbsp;&raquo; constitutives du bien-être, on notera certainement la santé, la liberté, la sécurité, la justice et le plaisir, mais il ne s&#8217;agit bien, dans cette présentation, que d&#8217;un exemple.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>A &#8211; La santé</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>L&#8217;accès aux soins urgents suite à un accident ou à une crise. Dans ces moments de grande détresse, l&#8217;imminence des secours atteint pour la personne humaine une valeur considérable. La vie en dépend très souvent (Professions concernées: Pompier, sauveteur, ambulancier, infirmier, chirurgien, brancardier, médecin, anesthésiste, garde-malade, secouriste,&#8230; Le fait qu&#8217;aucun critère financier ou autre n&#8217;est requis avant intervention en rehausse encore la valeur sociale).</li>
<li>L&#8217;accès aux soins ordinaires assure une plus grande longévité et une meilleure qualité de vie à la personne humaine.</li>
<li>L&#8217;accès à une alimentation saine et variée est une condition au maintien en bonne santé. Trop souvent, des questions de rentabilité conduisent à une baisse qualitative des produits d&#8217;alimentation.</li>
<li>L&#8217;accès à l&#8217;hygiène et à la protection contre les intempéries regroupe un ensemble assez vaste de métiers et professions en rapport avec l&#8217;habitat</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>B &#8211; La liberté</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>La liberté est avant tout une question de compétence. Je ne serai jamais libre de piloter un avion si je n&#8217;ai pas appris à le faire, jamais libre d&#8217;écrire un livre pour communiquer mes convictions si je ne sais pas écrire, jamais libre de contester une addition si je ne peux compter, jamais libre de visiter tel pays lointain si j&#8217;ignore son existence&#8230;</li>
<li>L&#8217;égalité des chances devant l&#8217;instruction est donc un paramètre important de notre liberté, le seul qui puisse un jour permettre à un enfant issu d&#8217;un milieu défavorisé de progresser socialement. La profession d&#8217;enseignant s&#8217;accompagne d&#8217;une grande responsabilité.</li>
<li>Le droit à l&#8217;information objective est un élément capital pour l&#8217;exercice de la liberté.</li>
<li>Les moyens de locomotion et les personnes qui les construisent ou participent à leur mise à la disposition du public remplissent une autre condition à l&#8217;usage de la liberté.</li>
<li>Les moyens de communication garantissent la liberté d&#8217;exprimer et d&#8217;échanger des opinions, de nouer des contacts, de s&#8217;associer&#8230;</li>
<li>Les moyens d&#8217;entreprendre conditionnent la liberté d&#8217;entreprendre.</li>
<li>L&#8217;accès à la culture et à la liberté d&#8217;expression qu&#8217;elle véhicule est un élément du bien-être.</li>
<li>L&#8217;accès à la connaissance, donc d&#8217;une manière générale, les &laquo;&nbsp;chercheurs &nbsp;&raquo; (sciences en général), les &laquo;&nbsp;penseurs&nbsp;&raquo; (philosophes, sociologues, etc), certains écrivains et éditeurs (sauf ceux qui produisent du &laquo;&nbsp;loisir&nbsp;&raquo;, classé dans la catégorie &laquo;&nbsp;plaisir&nbsp;&raquo;).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>C &#8211; La sécurité</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>C&#8217;est un concept également vaste parce qu&#8217;il englobe, à des degrés d&#8217;importance différents, la sécurité des personnes et celle des biens.</li>
<li>Le droit à la protection des personnes est le premier élément auquel on songe en matière de sécurité.</li>
<li>Le droit à la protection des biens implique à peu près les mêmes catégories professionnelles mais aussi quelques autres: services de gardiennage, techniciens en systèmes d&#8217;alarme, assurances&#8230;</li>
<li>Mais la sécurité, c&#8217;est également le droit d&#8217;approvisionnement. Nous plaçons donc dans cette catégorie les commerçants, les transporteurs, les grossistes, etc..</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>D &#8211; La Justice</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Le besoin de justice est une aspiration commune au genre humain. Il s&#8217;exprime cependant sur des terrains divers, en matière pénale comme en matière sociale.</li>
<li>Le souci n°1 de l&#8217;ensemble des justiciables, quelle que soit l&#8217;action en cause, est l&#8217;égalité des chances devant la Justice.</li>
<li>La notion de justice ne se circonscrit pas uniquement dans le secteur du même nom. La justice sociale, par exemple, exige que chacun soit récompensé selon son mérite (« A travail égal, salaire égal »). C&#8217;est la tâche des responsables syndicaux et des personnes qu&#8217;ils emploient.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>E &#8211; Le plaisir</strong></p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Le bien-être de la personne humaine dépend aussi des plaisirs qui lui sont accessibles. Sans doute, dans l&#8217;urgence, la valeur « plaisir » cède-t-elle le pas aux autres valeurs ci-dessus commentées &#8211; et qui d&#8217;ailleurs la conditionnent &#8211; mais on peut se demander avec les psychologues si le plaisir n&#8217;est pas la finalité de tous les choix d&#8217;une existence.</li>
<li>Le plaisir, c&#8217;est aussi le loisir actif.</li>
<li>Le plaisir, c&#8217;est enfin le loisir passif et donc l&#8217;ensemble des acteurs, travailleurs et organisateurs de spectacles, et nous y mettons toutes les formes d&#8217;art.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Après ce tour d&#8217;horizon qui nous a permis de mieux cerner les justifications de rémunération dans la société du 21e siècle, il reste à quantifier son montant à attribuer à chacun en fonction de formules qui nous protégeront de l&#8217;arbitraire, et à partir de la rémunération de base à déterminer la rémunération des différentes activités par l&#8217;importance sociale du secteur en fonction de la hiérarchie des valeurs. En supposant que celle-ci corresponde en ordre décroissant à la présentation, les métiers et professions verraient par exemple leur rémunération établie comme suit, en admettant que la décision soit prise d&#8217;une échelle des Rémunérations d&#8217;Activité de 1 à 3 :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Santé : la rémunération de base multipliée par 2 à 3</li>
<li>Liberté : la rémunération de base multipliée par 1,8 à 2,8</li>
<li>Sécurité : la rémunération de base multipliée par 1,6 à 2,6</li>
<li>Justice : la rémunération de base multipliée par 1,4 à 2,4</li>
<li>Plaisir : la rémunération de base multipliée par 1,2 à 2,2</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Les fonctions ne pouvant être reprises dans aucune de ces rubriques restent à la rémunération de base soit 1.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><strong>Dans le cadre d&#8217;une entreprise,</strong> c&#8217;est l&#8217;entreprise qui reçoit les montants cumulés des rémunérations et qui les distribue en son sein (accord direction-syndicats) en fonction des critères de l&#8217;écosociétalisme, à savoir :</p>
<ul style="text-align: justify; padding-left: 60px;">
<li>Temps de travail &laquo;&nbsp;productif&nbsp;&raquo;</li>
<li>Pénibilité interne du travail</li>
<li>Besoins en main d&#8217;œuvre dans une spécialité donnée (offre et demande) interne à l&#8217;entreprise</li>
<li>Niveau de formation</li>
</ul>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Tous ces réglages supplémentaires doivent d&#8217;ailleurs être confiés au débat démocratique. Ce qui est véritablement important, c&#8217;est de poser une évaluation claire des aspects utiles et nocifs d&#8217;une activité en fonction du projet de société espéré. C&#8217;est également le rôle des partis politiques et des assemblées de citoyens.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Le débat sur les différentes méthodes de détermination de la Rémunération d&#8217;Activité reste ouvert.</p>
<hr style="border: 1px solid #cccccc; width: 70%; color: #ffffff;" noshade="noshade" />
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre04" name="chapitre04">Chapitre 4 : La circulation monétaire</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>4.1 &#8211; La C.E.S (Contribution Eco Sociétale ou  SOCIETAXE)</h2>
<p style="text-align: justify;">Théoriquement le prix de revient d&#8217;un bien ou d&#8217;un service est déterminé &laquo;&nbsp;hors taxe&nbsp;&raquo; par le cumul des Revenus d&#8217;Activités de tous les participants ou intervenants (rapporté à l&#8217;unité produite et distribuée). Évidemment, ce montant global correspond exactement aux coûts de production de ces biens ou services, et ne permet donc pas de financer le &laquo;&nbsp;Revenu Social&nbsp;&raquo; qui lui est &laquo;&nbsp;non productif&nbsp;&raquo; de biens (alors qu&#8217;il peut l&#8217;être de &laquo;&nbsp;bien être&nbsp;&raquo;), de même tout ce qui n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;vendu&nbsp;&raquo; (la fonction publique, la recherche, la justice, l&#8217;armée, la police, les services sociaux, les retraites, etc.), mais qui néanmoins induit des Revenus d&#8217;Activités que nous appellons &laquo;&nbsp;non marchands&nbsp;&raquo; (RAnm).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un complément, ajouté au prix de production, est donc nécessaire. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Notre proposition va vers une unique taxe, perçue au moment de l&#8217;acte final d&#8217;achat et inclue dans les prix de vente. Afin qu&#8217;elle soit totalement dans l&#8217;esprit du sociétalisme, cette taxe serait proportionnelle à l&#8217;impact de la fabrication (ou du service) sur l&#8217;environnement ou la santé (donc variable suivant l&#8217;impact sociétal de chaque production). Tel objet dont la fabrication demande plus de matières premières qu&#8217;il ne faut pas gâcher sera ainsi vendu plus cher qu&#8217;un objet semblable dont la fabrication a eu le même &laquo;&nbsp;coût&nbsp;&raquo; humain mais ayant moins compromis l&#8217;environnement, la santé ou les réserves non renouvelables. C&#8217;est bien une taxe &laquo;&nbsp;écologique&nbsp;&raquo; permettant d&#8217;une part de moduler le coût des produits, les plus polluants ou les moins &laquo;&nbsp;sociétaux&nbsp;&raquo; devenant les plus chers, d&#8217;autre part de couvrir monétairement la &laquo;&nbsp;redistribution&nbsp;&raquo; nécessaire au RS.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous proposons d&#8217;appeler cette taxe la &laquo;&nbsp;C.E.S&nbsp;&raquo; (Contribution Eco Sociétale) ou SOCIETAXE applicable avec une forte proportionnalité en fonction des arguments écologiques et sociétaux. Ce serait, nous le redisons, la seule taxe, mais qui pourrait être modulée de zéro à l&#8217;infini. Il n&#8217;y en a pas besoin d&#8217;autre (sauf cas de l&#8217;importation que nous verrons plus en détail dans la seconde partie), il n&#8217;y a pas non plus d&#8217;autres impôts. A cette taxe seraient seulement rajoutés les &laquo;&nbsp;loyers&nbsp;&raquo;, droits d&#8217;occupation privée des sols (voir chapitre 6).</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut bien comprendre que même si nous parlons de &laquo;&nbsp;perception&nbsp;&raquo; de cette contribution et du loyer, il n&#8217;y a aucun transfert de cette monnaie perçue vers un quelconque compte administratif. Non, c&#8217;est seulement une destruction de la monnaie correspondante sur le compte de l&#8217;acheteur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au niveau de la circulation monétaire, nous aurions donc le schéma suivant :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone" style="border: 0pt none;" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/ecosocietalisme-schema1.png" border="0" alt="Ecosociétalisme - Schéma 1" width="500" height="326" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelques indications :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>IEM (IEDM) est l&#8217; Institut d&#8217;Emission de la Monnaie; il s&#8217;agit en fait d&#8217;une Banque Centrale qui régule l&#8217;émission de la monnaie et sa distribution à la population suivant la Rémunération Sociétale Individuelle (Revenu Social + Revenu d&#8217;Activité), et détruit la monnaie électroniquement lors de son utilisation finale. Elle travaille en relation étroite avec les administrations de planification des territoires.</li>
<li>La &laquo;&nbsp;population passive&nbsp;&raquo; est l&#8217;ensemble de la population. Tous les individus reçoivent au moins le Revenu Social.</li>
<li>La &laquo;&nbsp;population active &nbsp;&raquo; est l&#8217;ensemble des producteurs du pays. Le montant global est l&#8217;ensemble des Revenus d&#8217;Activités.</li>
<li>RA1, RA2, RA3, RAnm représentent les Revenus d&#8217;Activités qui se cumulent à partir d&#8217;une production amont).</li>
<li>La C.E.S (SOCIETAXE),  plus les loyers qui n&#8217;ont pas été isolés dans ce schéma de principe, est estimée à 40% en moyenne.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Réflexions complémentaires :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le traçage de la monnaie, unité par unité, alourdirait considérablement le système, en obligeant à une centralisation immédiate des infos d&#8217;échange (gros débit d&#8217;information). Connaître seulement les volumes monétaires détruits est beaucoup plus simple, puisqu&#8217;il est possible d&#8217;imaginer un système hiérarchique pyramidal, avec à la base des serveurs locaux, qui transmettent les informations (volumes de monnaie détruite) à des serveurs régionaux, puis nationaux (puis mondiaux ?). Il est également possible que des serveurs intermédiaires soient autorisés à créer la monnaie, et ne transmettent aux serveurs centraux que le bilan de leur activité, à échéance régulière. Ainsi, le bilan national annuel est simple à faire, et l&#8217;ensemble du système est facile à gérer. Basé sur une philosophie de division des tâches, le système est moins sensible à la panne générale qu&#8217;un système instantanément centralisé. De plus, en prévision d&#8217;un cas de panne informatique, les citoyen disposeront d&#8217;un carnet de chèques en secours.</p>
<p style="text-align: justify;">Le système le plus simple et le plus sûr fait appel à deux clés, qui signent mutuellement l&#8217;acte de vente. Le client authentifie la paiement par son code, lié comme aujourd&#8217;hui à son moyen de paiement électronique (et d&#8217;ici peu il n&#8217;y aura plus besoin de code; les cartes monétaires disposeront d&#8217;un verrou sous forme d&#8217;une reconnaissance de l&#8217;empreinte digitale du pouce qui tient la carte). Le vendeur, lui, certifie la vente (donc l&#8217;acte de consommation finale) par l&#8217;envoi de son code professionnel (connu auprès des autorités, comme aujourd&#8217;hui avec les n° SIRET et autres) lors d&#8217;une connexion journalière ou hebdomadaire reprenant tous les transferts. Dans ce cas, il y a ordre de destruction de la monnaie.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre particuliers maintenant (par exemple sur la revente d&#8217;un bien d&#8217;occasion qui n&#8217;est plus soumis à une C.E.S.). C&#8217;est très simple aussi : chacun s&#8217;identifie, confirme son identité par son code, et l&#8217;acheteur indique quelle somme doit être rétirée de son compte. Cette somme est immédiatement versée sur le compte du vendeur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une autre manière de présenter cette circulation monétaire : </strong>&laquo;&nbsp;<a href="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/le-flux-monetaire-ecosocietal.pdf" target="_blank">le flux monétaire écosociétal</a>&nbsp;&raquo; (par Brieuc Le Fèvre)</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>4.2 &#8211; Les critères déterminants le montant de la C.E.S (ou SOCIETAXE)</h2>
<p style="text-align: justify;">Sans être certain d&#8217;avoir listé la totalité des critères qui pourraient entrer dans la détermination du montant de la C.E.S., en voici une liste (il est important de comprendre que ces critères ne peuvent avoir de &laquo;&nbsp;valeur absolue&nbsp;&raquo;, c&#8217;est les uns par rapport aux autres qu&#8217;il sera possible de donner un &laquo;&nbsp;pourcentage&nbsp;&raquo;. Ils peuvent être variables dans le temps également) :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Quantité de matières premières utilisées (une faible quantité nécessaire induit une C.E.S plus faible).</li>
<li>Rareté des matières premières (au plus les matières premières sont rares, au plus la C.E.S est élevée).</li>
<li>Quantité d&#8217;énergie utilisée (exemple: la consommation des véhicules ou des types de chauffage).</li>
<li>&laquo;&nbsp;Qualité&nbsp;&raquo; de l&#8217;énergie utilisée (une énergie &laquo;&nbsp;propre&nbsp;&raquo; ne sera que peu taxée).</li>
<li>Quantité de déchets induits (la C.E.S est proportionnelle à la quantité de déchets induits par la production).</li>
<li>&laquo;&nbsp;Qualité&nbsp;&raquo; des déchets (recyclabilité, dangerosité, etc.) (des déchets parfaitement recyclables sont peu taxés : la durée nécessaire pour un complet recyclage naturel peut aussi être prise en compte).</li>
<li>Utilité sociale (un fort impact positif sur la qualité positive de la vie collective).</li>
<li>Utilité individuelle (la C.E.S est plus élevée sur un produit apportant peu d&#8217;avantages en terme de confort individuel).</li>
<li>Impact environnemental global (esthétique du paysage, par exemple).</li>
<li>Impact sur la santé des agents de production (participants) (le bruit, un produit chimique néfaste, un environnement pollué, etc.).</li>
<li>Impact sur la santé des consommateurs (que ce soient des produits agricoles ou industriels).</li>
<li>Durabilité (un produit plus durable ou fiable qu&#8217;un autre sera moins taxé).</li>
<li>Economie d&#8217;utilisation (d&#8217;éventuels autres critères que l&#8217;énergie consommée).</li>
<li>Substitut aux importations (un produit permettant d&#8217;éviter les importations d&#8217;un autre (même usage) sera moins taxé.</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>4.3. La répartition globale</h2>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons tenter d&#8217;apporter un premier exemple de ce que serait la répartition des Revenus (Les données de ce chapitre correspondent aux statistiques officielles françaises arrondies).</p>
<p style="text-align: justify;">Le but est d&#8217;effectuer un partage de la richesse le plus équitable possible en tenant compte des critères développés précédemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous reprenons les données officielles : Le PIB est de 1.400 milliards d&#8217;euros. Au recensement 1999, il y a 23 millions &laquo;&nbsp;d&#8217;actifs&nbsp;&raquo; occupés et 3,5 millions de &laquo;&nbsp;chômeurs&nbsp;&raquo; (au sens du recensement, c&#8217;est à dire qui ont formulé le souhait de travailler) pour une population totale de 60 millions.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque actif &laquo;&nbsp;produit&nbsp;&raquo; chacun en moyenne 1.400 milliards d&#8217;euros divisé par 23 millions, 60.869 euros par an, ce qui représente, pour une durée moyenne de travail de 37 h par semaine et 47 semaines, soit 1.740 h par an, environ 35 euros de l&#8217;heure.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y a en fait un total de 26,5 millions de personnes souhaitant en principe travailler (actifs + chômeurs).</p>
<p style="text-align: justify;">Admettons que tous ces gens travaillent en moyenne 37 heures par semaine dans la &laquo;&nbsp;production&nbsp;&raquo; de biens ou de services proprement dit (tel que décompté actuellement) et qu&#8217;ils passent en plus 8 heures dans des activités &laquo;&nbsp;secondaires&nbsp;&raquo; rémunérés d&#8217;utilité sociétale et/ou éducatives (une activité sociétale externe à la famille est considérée comme une production dans l&#8217;écosociétalisme, telles les activités associatives, alors qu&#8217;elle est bénévole et non comptabilisée dans le PIB), ce qui fait donc un total de 45 heures d&#8217;activité par semaine.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8230; et qu&#8217;il y a toujours, en moyenne, 47 semaines d&#8217;activité dans l&#8217;année.</p>
<p style="text-align: justify;">Le total des heures d&#8217;activité qu&#8217;il faudrait prendre en compte pour cette catégorie active de la population est donc de 56 milliards d&#8217;heures.<br />
 Prenons maintenant les autres catégories de population dont les activités ne sont pas comptabilisées dans le PIB (activités associatives ou sociales bénévoles) et estimons quelles peuvent être les heures.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> 8 millions de 18/60 ans &laquo;&nbsp;non actifs&nbsp;&raquo; ; estimé à 2 h par semaine, soit, arrondis, 100 h par an, total 800 millions.</li>
<li> 5 millions de 61 à 74 ans dont la moitié (2,5) gardent ce genre d&#8217;activité, à 50%, soit 1.000 h par an, total 2,5 milliards d&#8217;heures.<br />
 Le total des heures d&#8217;activité qu&#8217;il faudrait prendre en compte pour l&#8217;ensemble de la population est donc de 56 + 0,8 + 2,5 = 59,3 milliards d&#8217;heures, arrondis à 60 milliards).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">&#8230; ce qui, multiplié par la même valeur moyenne de production horaire de 35 euros, donne un montant de l&#8217;actif de &laquo;&nbsp;l&#8217;Activité Globale Nationale&nbsp;&raquo; de 2.100 Milliards d&#8217;euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais de l&#8217;actif, il faut déduire le passif : l&#8217;usure ou l&#8217;amortissement des biens publics et de production, les destructions naturelles ou artificielles qui ne sont pas &laquo;&nbsp;consommation individuelle&nbsp;&raquo;. Nous ne disposons pas de chiffres précis concernant cela mais on peut les estimer à environ 550 milliards d&#8217;euros. Nous devons avouer que nous avons aussi arrondi cette estimation à un montant qui nous arrangeait pour la suite des calculs, mais s&#8217;il devait être inférieur dans la réalité, ce ne serait que &laquo;&nbsp;bonus&nbsp;&raquo; pour le calcul qui suit.</p>
<p style="text-align: justify;">Il reste donc 1.450 milliards d&#8217;euros (arrondis), valorisation du solde de l&#8217;activité humaine nationale sous forme de création de biens et de services marchands et non-marchands.</p>
<p style="text-align: justify;">Admettons que nous acceptions une répartition globale de ce solde d&#8217;Activité Globale sous forme de Rémunération sur une échelle de 1 à 4 (mais il peut être de 1 à N, ce n&#8217;est pas aux économistes d&#8217;en décider) suivant &laquo;&nbsp;l&#8217;activité sociétale&nbsp;&raquo; de chacun. Cette &laquo;&nbsp;échelle des Rémunérations&nbsp;&raquo; peut sembler étroite, mais n&#8217;oublions pas qu&#8217;il s&#8217;agit de &laquo;&nbsp;net&nbsp;&raquo; (puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;impôt sur le revenu) et qu&#8217;il ne reste que la C.E.S. en tant que taxe.</p>
<p style="text-align: justify;">Indice 1 pour le Revenu Social, sans aucune activité. Dans ce groupe nous incluons les enfants, suivant la répartition de la note du chapitre 3.</p>
<p style="text-align: justify;">Indice 1 à 3 pour la Rémunération d&#8217;Activité y compris la retraite. Mais le fait que nous choisissions ici l&#8217;indice &laquo;&nbsp;1&#8243; du Revenu Social équivalent à l&#8217;indice de la Rémunération d&#8217;Activité la plus basse n&#8217;est pour nous qu&#8217;une facilité de calcul, il n&#8217;y a pas de lien entre les deux.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour pouvoir avoir une idée de la répartition, nous allons établir une &laquo;&nbsp;population équivalente&nbsp;&raquo; en regard de chacune des catégories, ce qui donnera une population équivalente globale en considérant des moyennes.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La &laquo;&nbsp;population équivalente productive&nbsp;&raquo; est celle qui a une activité rémunérée et reçoit la Rémunération d&#8217;Activité.</li>
<li>La &laquo;&nbsp;population équivalente non-productive&nbsp;&raquo; est celle qui reçoit le Revenu Social et/ou un complément de retraite, reconnaissance de son activité passée.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Mais quel que soit la manière dont on veut présenter les choses, une partie de la population qui travaille le fait, et pour elle-même, et aussi par solidarité afin de permettre à ceux qui ne sont pas productifs de vivre dignement. On ne peut distribuer ce qui n&#8217;a pas été produit.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous obtenons donc le tableau résumé suivant :</strong></p>
<table border="1" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="20%" align="center"><strong>Tranche</strong></td>
<td width="10%" align="center"><strong>Population</strong></td>
<td width="10%" align="center"><strong>Population équivalente productive</strong></td>
<td width="10%" align="center"><strong>Population équivalente non productive</strong></td>
<td width="10%" align="center"><strong>Population équivalente Totale</strong></td>
<td width="40%" align="center"><strong>Notes et explications</strong></td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">Enfants et adolescents (0/18 ans).</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">14 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">0</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">7 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">7 millions</td>
<td width="40%">Voir note 4 : la moyenne du Revenu Social équivaut à 50% en considérant une répartition équilibrée des tranches d&#8217;âge.</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">Adultes qui travaillent (ou travailleraient dans un système sociétal) (18/60 ans).</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">26.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">53 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">26.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">79.5 millions</td>
<td width="40%">Ils reçoivent d&#8217;une part le revenue social (indice 1), d&#8217;autre part le revenu d&#8217;activité de 1 à 3 (moyenne prise à 2). Le total est donc de &laquo;&nbsp;3&#8243;</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">Adultes ne travaillant pas (18/60 ans).</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">8 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">0</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">8 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">8 millions</td>
<td width="40%">Revenu Social d&#8217;indice 1 uniquement</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">La moitié des 60 à 74 ans dont on peut considérer qu&#8217;ils gardent une activité sociétale partielle et bénéficient d&#8217;une &laquo;&nbsp;retraite&nbsp;&raquo; au prorata de leur activité sociétale passée.</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">2.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">2.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">7.5 millions</td>
<td width="40%">Ils reçoivent d&#8217;une part le revenu social (indice 1), d&#8217;autre part le revenu d&#8217;activité de 1 à 3 (moyenne prise à 2, mais sur 50%, soit &laquo;&nbsp;1&#8243;). Le total est donc de &laquo;&nbsp;2&#8243;, auquel il faut ajouter le revenu d&#8217;activité, moyenne de leurs activités passées, qui leur fait bénéficier d&#8217;un complément sous forme de &laquo;&nbsp;retraite&nbsp;&raquo; de 1. Total &laquo;&nbsp;3&#8243;</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">L&#8217;autre moitié des 60 à 74 ans, inactifs.</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">2.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">0</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">5 millions</td>
<td width="40%">Revenu d&#8217;activité, moyenne de leurs activités passées, qui leur fait bénéficier d&#8217;un complément sous forme de &laquo;&nbsp;retraite&nbsp;&raquo; estimé à 1 ajouté au revenu social 1, soit &laquo;&nbsp;2&#8243;</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">seniors de plus de 75 ans inactifs</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">6.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">0</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">13 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">13 millions</td>
<td width="40%">Revenu social + revenu d&#8217;activité (En considérant que la moyenne de leurs activités passées leur fait bénéficier d&#8217;un complément sous forme de &laquo;&nbsp;retraite&nbsp;&raquo;), de 1. Total &laquo;&nbsp;2&#8243;.</td>
</tr>
<tr>
<td width="20%" valign="middle">POPULATION</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">60 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">55.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">64.5 millions</td>
<td width="10%" align="center" valign="middle">120 millions</td>
<td width="40%"></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">Chaque &laquo;&nbsp;part de rémunération&nbsp;&raquo; (indice 1) vaut donc en réalité 1.450 milliards divisés par 120 millions, soit 12.000 euros par an (Rémunération d&#8217;indice 1 = 1.000 euros par mois).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, nous le redisons, ce n&#8217;est pas aux économistes de déterminer l&#8217;échelle des Rémunérations ; c&#8217;est au peuple, aux politiques ou à des structures démocratiques spécialisées, sachant que si l&#8217;échelle de la Rémunération d&#8217;Activité s&#8217;élargit, toutes choses restant égales par ailleurs, chaque part d&#8217;indice 1 diminue. Mais en aucun cas d&#8217;éventuels cumuls de Rémunérations d&#8217;Activités ne pourront permettre de dépasser le seuil maximum fixé par la loi, car c&#8217;est aussi un des fondements de la philosophie et de la morale sociétale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Revenu  Social doit permettre de vivre et de satisfaire tous les besoins de base.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ici que pourrait éventuellement intervenir, si la société le souhaite, une notion d&#8217;Engagement de Participation Citoyen : la collectivité pourrait demander, en échange du Revenu Social, une participation sociétale sous forme d&#8217;un &laquo;&nbsp;service civil&nbsp;&raquo; de deux ou trois ans par exemple, pas nécessairement consécutifs.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre05" name="chapitre05">Chapitre 5 : La consommation</a></h1>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>5.1. Les prix</h2>
<p style="text-align: justify;">Les prix, dans l&#8217;écosociétalisme, se calculent à partir du temps de travail humain utilisé pour fabriquer un bien ou apporter un service. L&#8217;idéal théorique, que nous avons vu dans ce qui précède, est de sommer les Rémunérations d&#8217;Activité amonts à une fabrication. Néanmoins une forte simplification est possible en prenant la moyenne nationale des Rémunérations d&#8217;Activité.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc pour la détermination d&#8217;un prix, le temps de travail est multiplié par l&#8217;indice moyen de Rémunération d&#8217;Activité de la population nationale. Par ce biais, le prix brut de production est immédiatement dérivé du temps de travail nécessaire pour assurer la production, et la valeur de production des produits et services consommables est égale au nombre de monnaies/heure émises pour assurer cette même production.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Prix de Vente au Public (PVP) sont cependant supérieurs aux Prix de Production (PP), du fait de la ventilation sur les prix de production de la masse monétaire émise (la Contribution Eco Sociétale / C.E.S.) pour assurer les Revenus Sociaux (R.S.) et les Rémunérations d&#8217;Activité non_marchands (RA.nm).</p>
<p style="text-align: justify;">On a donc : PVP= PP + C.E.S.</p>
<p style="text-align: justify;">Le taux de base de la C.E.S. est égal au complément à 100 du facteur d&#8217;impact de la production (donc base %= 100 &#8211; facteur d&#8217;impact).</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, l&#8217;équilibre monétaire implique que la masse monétaire détruite par la C.E.S. soit égale à la somme des RS (Revenus Sociaux) et RAnm (Rémunération d&#8217;Activité non_marchand).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour atteindre cet équilibre, la base de la C.E.S. sur chaque produit vendu est multipliée par un facteur d&#8217;équilibrage, défini nationalement sur la base des statistiques de la période précédente, et après projection des tendances passées sur l&#8217;avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce travail incombe par exemple à un Bureau des Statistiques Economiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, le Prix de Vente au Public d&#8217;un bien ou service est calculé comme suit :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>PVP= Temps de travail * RA horaire moyen * (1 + (1-facteur d&#8217;impact/100) * facteur d&#8217;équilibrage)</strong></p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>5.2. Les Revenus</h2>
<p style="text-align: justify;">Nous avons vu que tout citoyen touchait un Revenu Social permettant de vivre correctement auquel s&#8217;ajoute, s&#8217;il a une activité, sa Rémunération d&#8217;Activité. Nous avons pris, pour des facilités de calcul, la base de la Rémunération d&#8217;Activité équivalente à celle du Revenu Social, mais nous le répétons, les deux ne doivent pas être liés.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons quelques exemples :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Famille de deux enfants de 5 et 8 ans :</strong><br />
 Cas d&#8217;une famille de deux enfants de 5 et 8 ans dont l&#8217;un des parents reste au foyer afin de participer à l&#8217;éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;autre parent travaille dans un secteur de la justice et touche son Revenu Social de 1.000 euros par mois, plus une Rémunération d&#8217;Activité de base 2,1 relative à son activité de 2.100 euros, soit un total de 3.100 euros par mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Le conjoint qui ne travaille pas touche une rémunération de 1, soit 1.000 euros par mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l&#8217;enfant de 5 ans, la répartition donnerait 1.000 * 5/18, soit 278 euros par mois sur l&#8217;année en cours. Pour l&#8217;enfant de 8 ans, la répartition donnerait 1000 * 8/18, soit 444 euros par mois sur l&#8217;année en cours. Ceci fait un total d&#8217;environ 4.800 euros par mois pour cette famille.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Famille sans enfant :</strong><br />
 Cas d&#8217;une famille sans enfant dont les deux conjoints travaillent dans le spectacle en bénéficiant d&#8217;une rémunération de base 1,4 et 1,7 respectivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier conjoint qui travaille touche son &laquo;&nbsp;Revenu Social&nbsp;&raquo; de 1.000 euros par mois, plus une Rémunération d&#8217;Activité de base 1,7 relative à son activité artistique de 1.700 euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Le second conjoint touche son Revenu Social de 1.000 euros, plus une Rémunération d&#8217;Activité de base 1,4 relative à son activité artistique de 1.400 euros.<br />
 Ceci fait un total de 5.100 euros par mois pour cette famille.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Célibataire médecin :</strong><br />
 Cas d&#8217;un célibataire médecin travaillant beaucoup et bénéficiant d&#8217;une rémunération de base 2,9.</p>
<p style="text-align: justify;">Celui-ci touche son Revenu Social de 1.000 euros, plus une Rémunération d&#8217;Activité de base 2,9 relative à son activité de 2.900 euros, soit un total de 3.900 euros par mois.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Le retraité sans activité complémentaire :</strong><br />
 Cas d&#8217;un retraité seul qui n&#8217;a pu justifier que d&#8217;une faible activité sociétale pendant sa vie active et dont la Rémunération d&#8217;Activité antérieure est établie en moyenne à 1,2.</p>
<p style="text-align: justify;">Son Revenu Social est de 1.000 euros, et sa retraite de 1.200 soit un total de 2.200 euros par mois.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>5.3. Le crédit</h2>
<p style="text-align: justify;">Le principe général veut qu&#8217;il n&#8217;y ait plus de &laquo;&nbsp;propriété privée&nbsp;&raquo; mais richesse collective. Cette richesse collective est pour nous celle de la terre, de l&#8217;air, de l&#8217;eau, du sous-sol, de la monnaie, des outils de production. La propriété de la résidence de famille, aussi bien que des biens de consommation sont &laquo;&nbsp;privés&nbsp;&raquo; : d&#8217;ailleurs l&#8217;accès à une meilleure &laquo;&nbsp;qualité de vie&nbsp;&raquo; est une motivation à trouver et à fournir une activité mieux rémunérée (donc plus sociétale).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;une de ces familles peut avoir besoin ou envie d&#8217;accéder au crédit pour, par exemple, faire construire une résidence principale. Dans l&#8217;écosociétalisme, puisque qu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;intérêts sur les prêts et mieux, plus de &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; à prêter, comment ce problème peut-il se résoudre ?</p>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;oublions pas que chaque unité monétaire doit être détruite après son utilisation finale. Chaque unité monétaire correspond qui plus est à une part d&#8217;activité, une &laquo;&nbsp;production&nbsp;&raquo;&#8230; y compris la production d&#8217;une habitation&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;oublions pas non plus que toute la &laquo;&nbsp;chaîne de production&nbsp;&raquo; qui abouti à la construction (matériaux, transformation, transport, construction proprement dite) ne sera pas payée par l&#8217;accédant à la propriété mais par la collectivité. Néanmoins, cet accédant se doit de rembourser la collectivité.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons le cas de la famille 2 qui dispose d&#8217;un total de 5.100 euros par mois et souhaite utiliser 1.500 euros en remboursements mensuels pour son achat dont le temps de fabrication cumulé représentent des Rémunérations d&#8217;Activité cumulés plus &laquo;&nbsp;C.E.S.&nbsp;&raquo; (Sociétaxe) de 200.000 euros. N&#8217;oublions pas que les matériaux nécessaires à la construction et l&#8217;équipement ont eux-même une valeur qui est le cumul des Rémunérations des différents intervenants nécessaires pour l&#8217;extraction, la transformation, le transport, le stockage, etc. , augmenté, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de consommation finale, de la seule Contribution &laquo;&nbsp;C.E.S.&nbsp;&raquo; (Sociétaxe).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette famille décide de payer sur 10 ans, ce qui représente 20.000 euros par an, ce qui est raisonnable compte tenu de ses Rémunérations cumulées de 61.200 euros par an.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;y a aucun intérêt évidemment. &laquo;&nbsp;On&nbsp;&raquo; ne lui prête pas d&#8217;argent dans la réalité, &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; lui autorise seulement l&#8217;accession à la propriété à crédit. Ce &laquo;&nbsp;on&nbsp;&raquo; est l&#8217;Institut d&#8217;Emission Monétaire ou sa succursale locale.</p>
<p style="text-align: justify;">La collectivité va lui autoriser cette transaction en émettant une quantité de monnaie supplémentaire de 200.000 euros qu&#8217;elle va devoir récupérer de cette famille, puis la détruire au cours des 10 ans à raison du 1/10° par an.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Plusieurs cas peuvent se présenter :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La famille peut voir ses revenus diminuer et se retrouve dans l&#8217;incapacité de rembourser. On peut parer à ce risque par une &laquo;&nbsp;assurance mutuelle&nbsp;&raquo;, comme c&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas actuellement.</li>
<li>La famille désire revendre. C&#8217;est l&#8217;acheteur qui reprendra le solde de la dette (comptant ou à crédit). Nous verrons cela dans la page suivante qui soulève la question du prix des terrains constructibles et de la transmission successorale.</li>
</ul>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre06" name="chapitre06">Chapitre 6 : L&#8217;habitation, la revente, la succession</a></h1>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;oublions pas que chaque unité monétaire (euro ou MERCI) doit être détruit après son utilisation finale. Qui plus est, chacune correspond à une activité, une &laquo;&nbsp;production&nbsp;&raquo; mais ne peut être représentative d&#8217;un &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; ou des intérêts d&#8217;un capital.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a d&#8217;autre part, présent dans les fondements même du sociétalisme, la notion de &laquo;&nbsp;biens collectifs communs&nbsp;&raquo;, ce que la nature nous donne sans se faire payer :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les sous sols (pétrole, uranium, eau, sources, mines, etc.).</li>
<li>L&#8217;air, l&#8217;eau, le sol.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le problème du sol, puisqu&#8217;il est le plan qui nous permet de vivre et de produire, fait donc l&#8217;objet d&#8217;un traitement particulier. Les terrains pour y construire sont un cas particulier dans celui-ci. C&#8217;est un euphémisme de dire que le système actuel n&#8217;est pas satisfaisant : la mise en place d&#8217;un P.O.S. (Plan d&#8217;Occupation des Sols) communal est fondamentalement d&#8217;une injustice criante. Un propriétaire d&#8217;un terrain en bordure d&#8217;une zone constructible peut, aujourd&#8217;hui, voir le prix de son terrain valoir des dizaines de fois plus que celui de son voisin qui ne l&#8217;est pas, toutes choses restant égales par ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un problème complexe et difficile. Nous n&#8217;avons pas la prétention de détenir LA solution, mais ce qui est présenté à la suite est sans doute une des solutions possibles.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>6.1 &#8211; La valeur du sol</h2>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;il soit propriété par transmission, achat préalable à la mise en oeuvre de l&#8217;écosociétalisme, pour soi ou pour spéculation ou &laquo;&nbsp;réserves foncières&nbsp;&raquo; on a l&#8217;habitude de considérer que le sol puisse être &laquo;&nbsp;propriété privée transmissible&nbsp;&raquo; que ce soit par vente ou leg.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la &laquo;&nbsp;rareté relative&nbsp;&raquo; de certains terrain constructibles qui en font leur valeur (centre ville, bords de mer, etc.). L&#8217;administration communale ou autre doit rester juge de ce qui peut être construit ou non.</p>
<p style="text-align: justify;">La meilleure solution envisageable est de considérer les terrains comme exclus de la propriété privée et de considérer une valeur locative que le &laquo;&nbsp;locataire&nbsp;&raquo; payera sur ses Rémunération sous forme d&#8217;un loyer avec bail emphytéotique. Oui, mais à qui ?</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il le payait à un &laquo;&nbsp;propriétaire privé&nbsp;&raquo; nous serions en dehors du système économique proposé. Ce &laquo;&nbsp;loyer d&#8217;utilisation&nbsp;&raquo; doit donc être payé à la communauté&#8230; sous forme de monnaie qui sera détruite, la consommation finale étant justement l&#8217;utilisation de ce terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">Se pose également le problème de l&#8217;accès à la location de ce terrain sur lequel sera construit un immeuble ou une habitation individuelle. Là aussi un exemple sera plus parlant. Imaginons un magnifique terrain avec vue mer. La municipalité a décidé d&#8217;y autoriser la construction. Le &laquo;&nbsp;loyer&nbsp;&raquo; du bail emphytéotique du terrain est fixé, mais il va y avoir des dizaines de prétendants qui tous ont des revenus sensiblement équivalents leur permettant de payer celui ci et de construire. A ce jour, le problème s&#8217;autorégule par la loi de l&#8217;offre et de la demande, favorisant bien évidemment ceux qui ont le plus de capital ou de moyens financiers, quelle que soit l&#8217;origine des fonds, y compris illégale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La solution qui nous semble la plus juste est la suivante :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Une large &laquo;&nbsp;information&nbsp;&raquo; est faite pendant un délai assez long, permettant à chacun d&#8217;être également informé.</li>
<li>Lorsque les prétendants se sont fait connaître, et après vérification de leurs capacités de satisfaire au paiement de la &laquo;&nbsp;location&nbsp;&raquo; suivant les montants définis par la municipalité, et de la construction, c&#8217;est un tirage au sort qui déterminera le bénéficiaire afin d&#8217;éviter tout passe-droit.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Proposition, par exemple au niveau d&#8217;une commune, d&#8217;une agglomération de commune ou d&#8217;une ville :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Un quota réservé à des métiers précis permettant de vivre harmonieusement dans une autarcie maximale (dans une zone géographiquement limitée).</li>
<li>Un quota réservé aux &laquo;&nbsp;enfants du pays&nbsp;&raquo;.</li>
<li>Un quota ouvert, parce que le brassage &laquo;&nbsp;hasardeux&nbsp;&raquo; est source de vitalité.</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>6.2 &#8211; Plus value immobilière à la revente ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Nous nous posions la question de savoir ce que devient une éventuelle plus value sur la revente et que devient le montant déjà versé ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut considérer qu&#8217;il n&#8217;y a plus possibilité de &laquo;&nbsp;travail au noir&nbsp;&raquo; (puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus de monnaie &laquo;&nbsp;non tracée&nbsp;&raquo;). Néanmoins il ne peut être question de faire la &laquo;&nbsp;chasse au troc&nbsp;&raquo;, qu&#8217;il soit représenté par des objets ou du temps de travail : le système séliste est tout à fait compatible avec l&#8217;écosociétalisme et même le bienvenu. Qui plus est, un propriétaire ou locataire d&#8217;une habitation peut améliorer de lui même son habitat&#8230; et il est logique que de ce fait sa valeur augmente; comme dans l&#8217;actuel système fiscal de détermination des &laquo;&nbsp;plus values&nbsp;&raquo;, s&#8217;il peut en justifier.</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenons notre exemple précédent et imaginons qu&#8217;au terme de 4 ans cette famille désire changer de logement. Elle a déjà remboursé 80.000 euros (qui ont été détruits) sur un total &laquo;&nbsp;emprunté&nbsp;&raquo; &#8211; mais nous préférerons utiliser le terme &laquo;&nbsp;avancé&nbsp;&raquo; &#8211; de 200.000. Elle peut justifier de 30.000 euros de &laquo;&nbsp;travaux et embellissements&nbsp;&raquo;. Comme la spéculation immobilière n&#8217;est pas envisageable dans le sociétalisme puisque nous considérons que la valeur de l&#8217;habitation est totalement liée au travail effectué pour la fabrication, son &laquo;&nbsp;autorisation de prix de vente&nbsp;&raquo; sera de 230.000 euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Si plus d&#8217;un acheteur se présente, nous pourrons utiliser le même système qu&#8217;en ce qui concerne les terrains, c&#8217;est-à-dire le recours éventuel au &laquo;&nbsp;tirage au sort&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Le remboursement déjà effectué majoré des travaux réalisés, soit un total de 110.000 euros correspond au &laquo;&nbsp;cash&nbsp;&raquo; que va devoir lui remettre l&#8217;acheteur (qu&#8217;il l&#8217;ait disponible ou qu&#8217;il l&#8217;emprunte), et sera donc une épargne utilisable dans le futur pour cette famille. Si l&#8217;acheteur dispose du solde, ce montant sera remis à l&#8217;institut d&#8217;émission monétaire pour destruction : sinon, il prendra lui aussi un crédit qu&#8217;il remboursera sur la période choisie et acceptée par l&#8217;Institut d&#8217;Emission Monétaire (via éventuellement des structures locales de celui ci). En conclusion : il ne peut y avoir de &laquo;&nbsp;plus values&nbsp;&raquo; injustifiées et la stabilisation du prix de l&#8217;immobilier ancien sera total (hors loyer d&#8217;occupation du sol décidé par la commune).</p>
<p style="text-align: justify;">Et si par hasard les indices de la construction montrent une augmentation, celui çi est appliqué sur la somme restant à payer par l&#8217;acheteur.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>6.3 &#8211; A propos de la succession</h2>
<p style="text-align: justify;">Le rôle des économistes est de tenter d&#8217;analyser les conséquences économiques et sociales du système qu&#8217;ils proposent. Ce sera aux politiques, aux autres spécialistes et au peuple de poursuivre avec eux cette réflexion dans les détails pour adapter si nécessaire les principes de base.</p>
<p style="text-align: justify;">Les biens successoraux peuvent être &laquo;&nbsp;mobiliers&nbsp;&raquo; (y compris monétaires), ou &laquo;&nbsp;immobiliers&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenons le cas de notre famille en imaginant cette fois qu&#8217;elle a deux enfants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L&#8217;un des conjoint décède: la famille hérite de l&#8217;habitation et il n&#8217;y a aucune taxe à la succession.</li>
<li>Les deux conjoints décèdent: les enfants héritent, il n&#8217;y a aucune taxe.</li>
<li>Les conjoints décèdent après la vente. Leurs biens monétaires sont donc de 110.000 euros : les enfants héritent &#8230; toujours aucune taxe.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Si cette famille n&#8217;avait pas d&#8217;enfants et qu&#8217;elle ait désigné un ou des héritiers, notre réflexion nous amène à penser qu&#8217;elle doit avoir la possibilité de transmettre à qui elle veut ses économies, son épargne (laquelle, nous le rappellons, n&#8217;est pas productive d&#8217;intérêt et sera détruite lors d&#8217;actes d&#8217;achats), sans qu&#8217;il n&#8217;y ait besoin de percevoir aucune taxe, laquelle intervient seulement lors de l&#8217;achat final.</p>
<p style="text-align: justify;">Par contre l&#8217;accumulation au cours de plusieurs générations va à l&#8217;encontre de l&#8217;idée de l&#8217;écosociétalisme. On peut réguler le problème de la manière suivante: seuls sont transmissibles les valeurs épargnées au cours d&#8217;une vie, c&#8217;est-à-dire les biens représentant la différence entre ceux dont dispose une personne à la fin de son existence et ceux dont elle a disposé par héritage.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voyons donc que le système successoral est très simple mais se posera le problème de la transition du système capitaliste au système écosociétal. Quid des fortunes (et des biens immobiliers, des terrains, de l&#8217;or, de la monnaie, des actions, des brevets, etc.) accumulés et transmises par quelques familles au cours des générations, hormis la résidence familiale ? Notre avis sur cette question serait que ces biens doivent être rendus à la collectivité, les seuls transmissibles étant ceux acquis &laquo;&nbsp;écosociétalement&nbsp;&raquo; au cours d&#8217;une vie d&#8217;activité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne risque t&#8217;on pas une fuite, une exportation illégale par exemple des oeuvres d&#8217;art détenues par ces familles fortunées qui voudront monayer ces accumulations de capital et éviter une &laquo;&nbsp;nationalisation&nbsp;&raquo; au décès de leur propriétaire, sans indemnisation ? Sans doute, mais c&#8217;est une décision politique qu&#8217;il faudra sans doute prendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque dans le système écosociétal toute la monnaie est &laquo;&nbsp;tracée&nbsp;&raquo; il ne peut y avoir de monnaie &laquo;&nbsp;noire&nbsp;&raquo;. De toute façon celle ci ne pourrait être considérée que comme de la &laquo;&nbsp;fausse monnaie&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;y a plus &laquo;&nbsp;d&#8217;actions&nbsp;&raquo; (ni aucune forme de &laquo;&nbsp;capitaux mobiliers&nbsp;&raquo;) à transmettre, puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;actionnaires (inutiles, puisqu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;investissements financiers nécessaires à la création d&#8217;unités de production).</p>
<p style="text-align: justify;">Reste juste la transmission de &laquo;&nbsp;biens mobiliers&nbsp;&raquo; : ayant été fabriqués, achetés et la monnaie correspondante détruite, leur valeur résiduelle est &laquo;&nbsp;revendable&nbsp;&raquo; à un particulier quelconque. Celui-ci ne pourra s&#8217;en rendre acquéreur qu&#8217;en transmettant au vendeur une partie de son épargne issue de la répartition sociétale nationale. Il n&#8217;y a donc aucune raison de taxer là non plus, ni sur la succession, ni sur une éventuelle transaction entre particuliers.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous rendez vous compte à quel point l&#8217;écosociétalisme peut &laquo;&nbsp;simplifier&nbsp;&raquo; toute la gestion nationale et les relations entre l&#8217;État et les citoyens ?</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous avez eu le courage de lire ces pages jusqu&#8217;ici, vous avez maintenant une bonne idée de ce qui est proposé dans l&#8217;écosociétalisme, forme moderne du distributisme</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre07" name="chapitre07">Chapitre 7 : La production et la distribution de biens et services</a>&gt;</h1>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;Rémunération d&#8217;Activité&nbsp;&raquo;, correspondant à la rémunération des citoyens actifs, sera déterminé soit par un libre choix entre les demandeurs et les offreurs de travail, dans les limites de l&#8217;échelle de Rémunérations fixée par la loi (échelle des Rémunérations d&#8217;Activité), soit dans un système plus &laquo;&nbsp;dirigiste&nbsp;&raquo;, par l&#8217;application d&#8217;un certain nombre de variables (ou de critères) que nous avons listé précédemment. Dans ce cas ces critères devront faire l&#8217;objet, préalablement à leur détermination, d&#8217;un large débat de société réunissant des économistes, des politiques, des syndicalistes, des sociologues, des représentants associatifs, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un système capitaliste la production et la productivité sont les premiers indices de la bonne santé d&#8217;une entreprise ou disons d&#8217;un &laquo;&nbsp;producteur&nbsp;&raquo; dans le sens général. Comment régler ce problème dans une société écosociétaliste ? On pourrait se retrouver dans le cas extrême d&#8217;une structure dans laquelle les employés et les dirigeants font &laquo;&nbsp;acte de présence&nbsp;&raquo; afin de recevoir leur Rémunération d&#8217;Activité, mais dans lequel ils ne produiraient quasiment rien. Nous reverrons donc ce problème, mais il faut d&#8217;abord bien comprendre comment est déterminé le prix de vente d&#8217;un bien fabriqué.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>7.1 – Rappel de la détermination d&#8217;un prix de vente dans l&#8217;écosociétalisme</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>C&#8217;est :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>1) La somme des Rémunérations d&#8217;Activité (ou d&#8217;un R.A. national moyen), ramenés à l&#8217;unité produite, de :
<ul>
<li>Toutes les productions intermédiaires nécessaires en amont (extraction des matières premières, transformations, transports, outillages, équipements, services extérieurs, bâtiments, etc.).</li>
<li>La production proprement dite (études, fabrication, mais aussi services généraux nécessaires au fonctionnement de l&#8217;entreprise).</li>
<li>L&#8217;énergie.</li>
<li>La distribution (incluant le stockage).</li>
</ul>
</li>
<li>2) Augmenté d&#8217;une Contribution (C.E.S. ou sociétaxe) dont le montant est proportionnellement inverse à &laquo;&nbsp;l&#8217;effet sociétal&nbsp;&raquo; de la production. Le montant global de cette Contribution doit couvrir l&#8217;ensemble des Revenus Sociaux distribué à toute la population, des Revenus d&#8217;Activités des productions de biens et services publics gratuits, et des retraites.<br />
 Plutôt qu&#8217;employé, nous préférons le terme de &laquo;&nbsp;participant&nbsp;&raquo; qui correspond mieux à l&#8217;esprit de l&#8217;écosociétalisme. Tout employé est un participant à la production.</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>7.2 &#8211; Le cas général d&#8217;une production de biens ou de services.</h2>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu&#8217;une production (au sens très large de bien ou service) est achetée ou utilisée par le consommateur final, c&#8217;est à dire qu&#8217;elle ne doit plus être transformée par une quelconque structure commerciale, c&#8217;est que son cycle de fabrication et de distribution est terminé. Le consommateur final va donc l&#8217;acheter, mais la monnaie de cet achat, au lieu de s&#8217;accumuler dans une trésorerie devenue inutile (celle du fournisseur), sera électroniquement transférée à l&#8217;Institut d&#8217;Émission (et de Distribution) Monétaire, et détruite (ou détruite sans transfert).</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, une première question : Le &laquo;&nbsp;coût&nbsp;&raquo;, bien qu&#8217;en main d&#8217;oeuvre, des équipements de production, des bâtiments, du matériel de gestion, c&#8217;est-à-dire ce qui est à l&#8217;heure actuelle comptabilisé comme &laquo;&nbsp;immobilisations&nbsp;&raquo; et amorti, doit-il être répercuté proportionnellement sur le prix de vente, ou bien l&#8217;entreprise doit elle être considérée comme utilisateur final et payer cet achat&#8230; et si oui, avec quels fonds ?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est dans ce cas dans une notion &laquo;&nbsp;d&#8217;acte final d&#8217;achat virtuel&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;utilisation par l&#8217;entreprise est bien un &laquo;&nbsp;acte final d&#8217;achat&nbsp;&raquo; puisque les immobilisations ne seront plus transformées pour être revendues. Mais les entreprises ne disposent d&#8217;aucune trésorerie (dont elles n&#8217;ont d&#8217;ailleurs pas besoin) pour &laquo;&nbsp;acheter&nbsp;&raquo; ces biens nécessaires à leur activité. Alors ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notre proposition est la suivante : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lors de la création d&#8217;un équipement nécessaire au fonctionnement d&#8217;une entreprise en aval (un outil de production, un bâtiment, un équipement), la monnaie équivalente va être émise et les participants à sa fabrication seront donc payés avec cette monnaie qu&#8217;à leur tour ils dépenseront dans le circuit de consommation ce qui permettra de détruire cette monnaie. Ces coûts des différentes chaînes en amont vont s&#8217;inclure proportionnellement dans le prix de l&#8217;objet fini sous forme d&#8217;une quôte part d&#8217;amortissement. Par exemple : un outillage qui a couté 100 en Rémunérations d&#8217;Activités cumulées amont, est amortissable sur 10 ans à raison de 10 par an. La chaîne amont de ceux qui l&#8217;ont fabriqué a touché 100, l&#8217;entreprise qui s&#8217;en sert pour créer 10 &laquo;&nbsp;objets&nbsp;&raquo; dans l&#8217;année rajoutera 1 à chaque objet produit. Donc, au terme de 100 objets produits (sur 10 ans) l&#8217;équilibre monétaire est récupéré.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur cette production des outils de production (immobilisations), la &laquo;&nbsp;C.E.S.&nbsp;&raquo; (Sociétaxe) est applicable, mais elle est &laquo;&nbsp;virtuelle&nbsp;&raquo; et n&#8217;interviendra donc que comptablement dans le &laquo;&nbsp;prix de vente&nbsp;&raquo; à l&#8217;entreprise utilisatrice. Cette entreprise utilisatrice amortira ces immobilisations suivant les régles d&#8217;amortissement en vigueur et répercutera la quôte part de cette C.E.S. virtuelle sur chaque unité produite.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc : le montant variable de cette C.E.S. &laquo;&nbsp;virtuelle&nbsp;&raquo; régulera les prix d&#8217;un outil de travail moins &laquo;&nbsp;sociétal&nbsp;&raquo; qu&#8217;un autre (on imagine que c&#8217;est pour une utilité équivalente), afin d&#8217;éviter d&#8217;arriver à l&#8217;inverse du but recherché, c&#8217;est-à-dire un outil au final moins cher qu&#8217;un autre, alors qu&#8217;il est moins sociétal. Il faut rajouter qu&#8217;une production par une entreprise moins sociétale se verra imposer une C.E.S. qui rendra ses produits plus chers que la concurrence et parallèlement des Rémunérations d&#8217;Activité moins élevés pour ses participants, autorégulant sa difficulté à trouver ceux-ci. En effet, dans le système écosociétal le but n&#8217;est pas de vendre n&#8217;importe quoi à n&#8217;importe quel prix et ce n&#8217;est pas la vente d&#8217;un produit bon marché qui fait sa force (un des cas du capitalisme actuel), mais bien la motivation de ses participants, donc des R.A. qu&#8217;ils peuvent obtenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Exemple :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul le R.A. est pris en compte dans le calcul non pas du prix de vente mais du coût de fabrication (prix de revient). Le prix de vente est modulé par le pourcentage de C.E.S. qui s&#8217;y applique plus les RA des intermédiaires (transports, distributeurs, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">Le but d&#8217;une entreprise n&#8217;est plus spécialement de &laquo;&nbsp;vendre moins cher&nbsp;&raquo;, mais de produire dans le meilleur rapport &laquo;&nbsp;qualité sociétale/coût de fabrication&nbsp;&raquo; et c&#8217;est la C.E.S. qui ajuste le prix de vente pour tenir compte qu&#8217;à l&#8217;évidence, une entreprise, au plus elle produit sociétal, au plus son coût de fabrication sera élevé.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est évidemment un changement de paradigme difficile à assimiler et nous sommes bien dans une économie &laquo;&nbsp;dirigiste&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors on se retrouve effectivement devant le dilemme suivant :</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons l&#8217;exemple de trois fabriquants de lave-linge, A , B, C :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>A) Produit des lave linges qui présentent un faible coefficient sociétal (lors de tests) de 30&#8230; (mauvaise fiabilité, pollution environnante, gros consommateurs, etc.).</li>
<li>B) C&#8217;est beaucoup mieux, son coefficient est de 70.</li>
<li>C) On ne sait pas faire mieux actuellement : coef 100.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Les participants (employés) de A auront un R.A. de 1.5, par exemple, 1.7 pour B, et 2.0 pour C. Et les autres paramétres sont identiques par ailleurs (temps nécessaire à la fabrication, frais généraux, amortissements, R.A. amont, etc.).</p>
<p style="text-align: justify;">Admettons donc que la somme des R.A. + autres frais soit de 150 (euros, par exemple) pour A, il sera de 170 pour B et de 200 pour C pour fabriquer une machine.</p>
<p style="text-align: justify;">La C.E.S. interviendra pour le prix de vente de la manière suivante (c&#8217;est une suggestion, évidemment) :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Pour A : 150 + C.E.S. 70 % = 255</li>
<li>Pour B : 170 + C.E.S. 30 % = 221</li>
<li>Pour C : 200 + C.E.S. 0% = 200</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Donc, une modulation de la C.E.S. (qui est essentiellement variable au long du temps et révisable à tout moment) permet de moduler également le prix de vente de manière à orienter la production vers de plus en plus d&#8217;effets sociétaux (et écologiques).</p>
<p style="text-align: justify;">Les R.A. non plus ne sont pas &laquo;&nbsp;fixés&nbsp;&raquo; mais évoluent &laquo;&nbsp;par comparaison&nbsp;&raquo; (il sera évidemment nécessaire de &laquo;&nbsp;lisser&nbsp;&raquo; les variations de manière à les rendre progressives).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cet exemple, si une des entreprises performait pour les temps de production , le prix de revient unitaire baisserait sur cette variable, mais comme le RA des participants augmenterait il est possible que le prix de revient unitaire baisse, reste stable ou augmente&#8230; ce qui induirait une correction des C.E.S. de chaque produit similaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;régle&nbsp;&raquo; proposée pour les consommables (exemples : énergie, papier, équipement de bureau, etc.) est identique à celle des &laquo;&nbsp;amortissables&nbsp;&raquo;. Ils entrent évidemment pour leur quôte part dans le prix de vente.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous savons que l&#8217;ensemble de cette notion et de cette explication est difficile à saisir, toute notre &laquo;&nbsp;éducation économique&nbsp;&raquo; s&#8217;insurgeant contre le fait qu&#8217;une entreprise puisse &laquo;&nbsp;bénéficier&nbsp;&raquo; d&#8217;un outil de travail sans avoir à le &laquo;&nbsp;payer&nbsp;&raquo;&#8230; mais n&#8217;oublions pas que dans l&#8217;éco-sociétalisme le but d&#8217;une entreprise n&#8217;est plus de faire du bénéfice, mais de produire les biens (ou services) nécessaires au confort et aux vrais besoins de la population.</p>
<p style="text-align: justify;">En définitive, l&#8217;entreprise reçoit l&#8217;accord d&#8217;une dotation comptable ou &laquo;&nbsp;enveloppe&nbsp;&raquo; suivant les différents critères sociétaux définis, et correspondant d&#8217;une part à son propre indice sociétal déterminé suivant son type de production, d&#8217;autre part au nombre de ses &laquo;&nbsp;employés-participants&nbsp;&raquo;. Cest à l&#8217;I.E.M. que revient le soin de créditer les participants de l&#8217;entreprise, sur &laquo;&nbsp;ordre&nbsp;&raquo; de l&#8217;entreprise dans le cadre de son &laquo;&nbsp;enveloppe&nbsp;&raquo; globale. Pour l&#8217;évolution de la valeur sociétale produite on peut envisager qu&#8217;en cours d&#8217;année, si l&#8217;entreprise (le participant-directeur) estime que l&#8217;entreprise a fait une avancée sociétale, elle convoque les &laquo;&nbsp;inspecteurs&nbsp;&raquo; qui décident du nouveau taux sociétal et transmettent leurs conclusions à I.E.M. (ou à sa représentation locale). C&#8217;est ensuite au sein de l&#8217;entreprise que sont décidés les répartions des Rémunérations d&#8217;Acivité des différents participants, mais toujours dans les fourchettes autorisées .</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nota :</strong> Pour répondre d&#8217;une autre manière au problème que nous nous posions (à savoir &laquo;&nbsp;on pourrait se retrouver dans le cas extrême d&#8217;une structure dans laquelle les employés et les dirigeants font &laquo;&nbsp;acte de présence&nbsp;&raquo; afin de recevoir leur Rémunération d&#8217;Activité, mais dans lequel ils ne produiraient quasiment rien&nbsp;&raquo;)&#8230; et qui est dans le champ du possible (nul doute que les adversaires de l&#8217;écosociétalisme le soulèveront) voici quelques pistes, mais nous laissons aussi le soin à ceux qui poursuivront notre travail de recherche d&#8217;apporter d&#8217;autres solutions.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est de toute façon la C.E.S. qui régulera les prix de ventes en dernier ressort, mais en plus :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Par comparaison avec la moyenne des entreprises produisant des biens similaires à qualité comparable, divisé par le nombre d&#8217;employés. Les employés d&#8217;une entreprise déviant trop des limites fixées dans une courbe de Gauss verraient diminuer leur coefficient de la variable 1 (utilité sociétale ou collective de la production) de la Rémunération d&#8217;activité.</li>
<li>Pour les services, la provenance du client. En effet, entre deux entreprises qui offrent le même service, celle qui attirera le plus de client, qui sera préférée à une autre entreprise plus proche, voilà celle qui a certainement droit à un bonus de productivité inclus dans la variable de la productivité comparative.</li>
<li>Par le bilan d&#8217;activité. Une entreprise doit justifier de son utilité en vendant sa production. Quand elle se crée elle a une activité prévisionnelle. Le bilan d&#8217;activité doit se rapprocher de près de cette prévision.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>=&gt; Le prix de vente &laquo;&nbsp;public&nbsp;&raquo; d&#8217;un bien fabriqué par une entreprise (consommation finale) est donc la somme sur laquelle s&#8217;applique au final la C.E.S. choisie, de :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>A l&#8217;amont : Rémunérations d&#8217;activités + quôte part d&#8217;amortissements + quôte part consommables + C.E.S. fictive.</li>
<li>Au dernier transformateur : Rémunérations d&#8217;activités + quôte part d&#8217;amortissements + quôte part consommables + C.E.S. fictive.</li>
<li>Au &laquo;&nbsp;distributeur&nbsp;&raquo;, dernier intermédiaire : Rémunérations d&#8217;activités + quôte part d&#8217;amortissements + quôte part consommables.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">&#8230; rapporté à l&#8217;unité produite et vendue.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>7.3 &#8211; Principe de détermination du montant de la C.E.S. et de la C.E.S. &laquo;&nbsp;fictive&nbsp;&raquo;</h2>
<p style="text-align: justify;">Ce sont des fonctionnaires, suivant les consignes de proportionnalité données par les choix de la société civile (aidée par des économistes, sociologues, politiques, etc.), qui déterminent le montant de cette Contribution Eco Sociétale (C.E.S). Le montant de cette Contribution est toujours &laquo;&nbsp;par rapport à &#8230;&nbsp;&raquo; et donc évolutive et ajustable à tout moment, sous la réserve que le montant global de la C.E.S. issu de la commercialisation des biens et services de consommation (rajouté au loyer d&#8217;occupation résidentielle des sols) permette l&#8217;émission monétaire équivalente aux Revenus Sociaux (R.S.) et aux Rémunérations d&#8217;Activité (R.A.) non-marchands de l&#8217;ensemble de la population.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre08" name="chapitre08">Chapitre 8 : Synthétisation des échanges</a></h1>
<p style="text-align: justify;">Le terme &laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo; sera utilisé dans la suite. Il doit être entendu comme &laquo;&nbsp;autorisation budgétaire&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;autorisation d&#8217;engagement/autorisation de fonctionnement&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;autorisation de dépenses&nbsp;&raquo;. C&#8217;est l&#8217;Institut d&#8217;Emission Monétaire (l&#8217;I.E.M.) qui régule ces autorisations aux différents acteurs en fonction de l&#8217;activité globale et donc de la masse monétaire en circulation. Les demandes d&#8217;autorisation présentées par les acteurs sous forme de &laquo;&nbsp;budgets prévisionnels&nbsp;&raquo; qui pourront être diminués ou augmentés selon les besoins et les demandes de la société, les nécessités sociétales ou le risque inflationniste en cas d&#8217;excès de demande. Les dotations permettront également de limiter d&#8217;éventuels excès de &laquo;&nbsp;dépenses pharaoniques&nbsp;&raquo;. Bien évidemment, il n&#8217;y a pas de transfert réel de monnaie entre les acteurs, juste comptabilisation des prix de revient cumulés pour rester dans le cadre de cette dotation.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.1 &#8211; Les acteurs collectifs</h2>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong style="text-align: justify;">L&#8217;autorité monétaire (ou I.E.M.)</strong> : L&#8217;I.E.M. travaille en collaboration étroite avec un organisme de statistiques et un organisme d&#8217;aménagement du territoire.</li>
<li><strong style="text-align: justify;">Les organismes publics</strong> (gouvernements, régions, municipalités, hôpitaux, écoles, etc.) : Chacun a un compte achats/ventes où l&#8217;I.E.M. autorise un montant global de dépenses (&laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo;) au début de chaque exercice, sur présentation d&#8217;un budget prévisionnel correspondant aux investissements et aux dépenses de fonctionnement prévus.<br />
 Ces dotations ne sont pas cumulatives.</li>
<li><strong style="text-align: justify;">Les entreprises privées :</strong> Chacune a un compte achats/ventes où l&#8217;I.E.M. autorise un montant global de dépenses (&laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo;) au début de chaque exercice, sur présentation d&#8217;un budget prévisionnel correspondant aux investissements et aux dépenses de fonctionnement prévus.<br />
 Ces dotations ne sont pas cumulatives.</li>
<li><strong style="text-align: justify;">Les coopératives d&#8217;achats, coopératives de vente et autres associations de personnes :</strong> Comme la gestion de ces coopératives ou associations exige du temps de travail, elles sont considérées comme des entreprises privées et traitées comme telles par le système monétaire (voir plus haut).</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.2 : Les acteurs individuels</h2>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong style="text-align: justify;">Les personnes travaillant dans une entreprise privée :</strong> Chacune a un compte où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats inclus Contribution Eco Sociétale.</li>
</ul>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative (1) :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>L&#8217;entreprise peut distribuer ou faire distribuer par l&#8217;I.E.M. sa &laquo;&nbsp;dotation mensuelle de RA » correspondant à son activité globale suivant une répartition entre les participants qui ne peut pas dépasser, à temps de travail égal, le minimum et le maximum dans sa catégorie écosociétale globale correspondant à sa production.</li>
<li>Pour les personnes travaillant dans un organisme public : Chacune a un compte où l&#8217;I.E.M. dépose R.S. + R.A. et retire le montant des achats, C.E.S. comprise.</li>
<li><strong>Les personnes ne produisant pas</strong> (enfants, retraités, étudiants, handicapés, etc.) : Chacune a un compte où l&#8217;I.E.M. dépose le Revenu Social (y compris, le cas échéant, le complément comme les retraites par exemple) et retire le montant des achats inclus Contribution Eco Sociétale&#8230;</li>
<li><strong>Les artisans :</strong> personnes produisant seules (artistes, artisans, consultants et autres travailleurs à leur propre compte) : Chaque artisan crée une entreprise privée qui vend les biens et services produits et comptabilise les biens et services consommés ou usés par cette production; cette entreprise artisanale est traitée par le système monétaire comme toute autre entreprise privée (voir plus haut). Chaque artisan, de même que les éventuels participants qui travaillent avec lui, a un compte personnel où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats, inclus Contribution Eco Sociétale&#8230;</li>
</ul>
</blockquote>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative (2)</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est l&#8217;artisan qui fixe le prix de sa main-d&#8217;œuvre dans les limites de la catégorie sociétale dont il fait partie. Dans ce cas, il achète ses matériels et matériaux (donc paye la C.E.S.). La facture au client comporte deux parties distinctes :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Le poste fournitures du chantier et amortissement du matériel. La dette de la C.E.S. est annulée sur le compte de l&#8217;artisan (ou remboursée s&#8217;il a déjà été débité).</li>
<li>La main d&#8217;œuvre. Le client est prélevé du montant total (heures d&#8217;activité correspondantes au R.A. des différents participants-employés de l&#8217;artisan + C.E.S. déterminée suivant le type d&#8217;activité), donc détruit en tant que consommation finale sur le compte du client.</li>
</ul>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>- les professions agricoles :</strong> Chaque agriculteur crée une entreprise privée qui vend les biens et services produits et comptabilise les biens et services consommés ou usés par cette production; cette entreprise est traitée par le système monétaire comme toute autre entreprise privée (voir plus haut). Les achats de bêtes dans le cas de l&#8217;éleveur sont assimilables à un amortissement du cas général. Chaque agriculteur, de même que les éventuels participants qui travaillent avec lui, a un compte personnel où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats, inclus Contribution Eco Sociétale.<br />
 La &laquo;&nbsp;terre cultivable&nbsp;&raquo; doit être gratuite et distribuée en fonction des capacités de chacun (ou dans le cas d&#8217;une installation sur étude du dossier). Il n&#8217;y a aucun loyer à payer, donc aucune répercussion d&#8217;un loyer qui serait inclus dans les prix de vente des produits. Il est évident que la Rémunération d&#8217;Activité propre du cultivateur et de ses employés sont variables dans les limites de la catégorie sociétale dont il fait partie, suivant là aussi son propre choix, ce qui laissera une &laquo;&nbsp;marge de concurrence&nbsp;&raquo;. Mais à notre sens le rôle de l&#8217;agriculteur doit être élargi à celui de &laquo;&nbsp;gardien du paysage&nbsp;&raquo;, ce travail générant (comme d&#8217;ailleurs pour quelques autres professions) une Rémunération d&#8217;Activité non_marchande (il est &laquo;&nbsp;fonctionnarisé&nbsp;&raquo; sur cette part), complémentaire à sa Rémunération d&#8217;Activité marchande.</p>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>(complément possible)</strong> L&#8217;agriculteur, la paysan reçoit une terre qu&#8217;il peut considérer comme sienne tant qu&#8217;il est capable de la travailler. Si par hasard il est efficace, et que d&#8217;autres terres sont disponibles alentour, il peut aussi les réclamer pour lui. Si au contraire il perd sa capacité à la travailler (par exemple parce que ses enfants ont décidé d&#8217;abandonner la ferme et qu&#8217;il vieillit), alors la terre est concédé à quelqu&#8217;autre personne qui peut et veut en assumer l&#8217;exploitation.<br />
 Le sociétalisme étant par nature humaniste, et comme nous connaissons l&#8217;attachement, l&#8217;amour du paysan pour sa terre nous proposons qu&#8217;il soit possible de pratiquer &laquo;&nbsp;l&#8217;adoption&nbsp;&raquo; de son successeur. L&#8217;usufruit serait donc transférable par donation, à tout moment et sans droits ni taxes à acquitter. Ainsi, un paysan qui a passé sa vie à mettre sa terre en valeur, et qui n&#8217;a pas de successeurs familiaux (qu&#8217;elle qu&#8217;en soit la raison), peut choisir de la laisser quand il le souhaite à une personne qu&#8217;il sait capable de poursuivre son oeuvre.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>- les professions libérales :</strong> Chaque professionnel libéral crée une entreprise privée. Il dispose, de même que les éventuels participants qui travaillent avec lui, d&#8217;un compte où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats, inclus Contribution Eco Sociétale&#8230; Chaque acte de profession libérale fait l&#8217;objet d&#8217;un « ticket modérateur » déduit du compte du client, lequel ticket modérateur est un prorata des revenus totaux des clients.</p>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative 1</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Prenons le cas de la médecine : il s&#8217;agit d&#8217;éviter deux excès en fonction des qualifications initiales d&#8217;un libéral, qui par ses qualifications mériterait un R.A. élevé mais aurait une activité très faible, ou au contraire, si la variable temps de travail intervient, une activité excessive au détriment des patients.<br />
 Il est d&#8217;abord déterminé un &laquo;&nbsp;indice&nbsp;&raquo; correspondant aux qualifications et à l&#8217;activité du professionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons le cas de deux médecins spécialistes du secteur libéral qui ont les mêmes qualifications et doivent disposer d&#8217;un RA de 2,5 pour une activité reconnue normale (nombre d&#8217;actes mensuels) :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>A) est 20% au-dessous de cette normale, mais c&#8217;est peut être parce qu&#8217;il prend plus de temps avec ses clients, son R.A. passe à 2,3 par exemple.</li>
<li>B) est 20% au-dessus, il &laquo;&nbsp;fait du chiffre&nbsp;&raquo;, mais son R.A. passe à 2,7.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Si le &laquo;&nbsp;ticket modérateur&nbsp;&raquo; fait intervenir le R.A. des praticiens, il sera 17% plus élevé pour le praticien B. L&#8217;autorégulation devrait, dans ce cas, pousser les patients à aller consulter de préférence le praticien A.</p>
</blockquote>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative 2</strong><br />
 Les professions libérales pourraient être considérées comme faisant partie du service public</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Les professions commerciales :</strong> Chaque distributeur crée une entreprise privée qui vend les biens et services produits et comptabilise les biens et services consommés ou usés par cette production; cette entreprise est traitée par le système monétaire comme toute autre entreprise privée. Le distributeur dispose, de même que les éventuels participants qui travaillent avec lui, d&#8217;un compte où l&#8217;I.E.M. dépose Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité et retire le montant des achats inclus Contribution Eco Sociétale&#8230;<br />
 Quel est l&#8217;indice sociétal final d&#8217;un distributeur ou d&#8217;une société privée commerciale? La question est difficile. Si un distributeur vend un produit d&#8217;une grande valeur sociétale positive alors que c&#8217;est l&#8217;inverse pour un autre (mais le besoin et la demande existent quand même, prenons simplement le cas des cigarettes), le distributeur qui a un rôle antisociétal mais indispensable peut-il en être tenu responsable? Nous ne le pensons pas, c&#8217;est la raison pour laquelle nous avons précédemment classé les distributeurs dans une catégorie intermédiaire: la sécurité. Car c&#8217;est bien la sécurité d&#8217;approvisionnement qu&#8217;ils assurent.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.3 &#8211; Les transferts monétaires entre acteurs</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Transferts entre acteurs individuels :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Tout échange de monnaie de personne à personne (achat de bien d&#8217;occasion, par exemple) se fait de gré à gré et hors C.E.S., mais est enregistré à l&#8217;I.E.M. à des fins statistiques.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Tansferts entre acteurs collectifs :</strong></p>
<ul>
<li>Les échanges de monnaie entre acteurs collectifs sont interdits.</li>
<li>L&#8217;I.E.M. collecte les informations des transactions entre acteurs collectifs et autorise à intervalles fixes une &laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo; aux organismes publics et aux entreprises privées. Ces autorisations de dépenses ne sont pas cumulatives.</li>
<li>Tout achat de biens ou services par un acteur collectif à un autre acteur collectif est comptabilisé comme achat (au montant calculé par le fournisseur – voir plus loin) servant à la production mais ne donne lieu à aucun paiement.</li>
<li>Toute vente de biens ou services par une entreprise privée à un autre acteur collectif est comptabilisée au prorata à l&#8217;unité produite comme vente au montant de la somme des achats effectués pour produire ces biens ou services (y compris amortissements et frais de fonctionnement) plus le R.A. des employés pour la durée de ce travail mais ne donne lieu à aucun paiement.</li>
<li>Les organismes publics peuvent fournir gratuitement certains services essentiels (service de pompiers, par exemple) à d&#8217;autres acteurs collectifs.</li>
<li>Toute vente de biens ou services par un organisme public à un acteur collectif est chargée au montant d&#8217;un &laquo;&nbsp;ticket modérateur&nbsp;&raquo; fixé par règlement mais ne donnant lieu à aucun paiement.</li>
<li>On appellera &laquo;&nbsp;loyer&nbsp;&raquo; le &laquo;&nbsp;ticket modérateur&nbsp;&raquo; chargé à un acteur collectif par le service d&#8217;affectation/occupation/usage des sols.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Tansferts entre acteurs individuels et collectifs :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les versements de Revenus Sociaux + Rémunération d&#8217;Activité à un acteur individuel par l&#8217;I.E.M. se font à intervalles fixes (mensuels ou bi-hebdomadaires).</li>
<li>Les retraits correspondant aux achats + C.E.S. à un acteur individuel par l&#8217;I.E.M. sont calculés et effectués à chaque transaction de cet acteur.</li>
<li>L&#8217;I.E.M. collecte les informations de toutes les transactions des acteurs individuels.</li>
<li>L&#8217;I.E.M. ne procède à aucune autre transaction avec des acteurs individuels.</li>
<li>Toute vente de biens ou services par une entreprise privée à un acteur individuel se fait au montant de la somme des achats effectués pour produire ces biens ou services (y compris amortissement et frais de fonctionnement) plus la Rémunération d&#8217;Activité des employés pour la durée de ce travail et plus la C.E.S. (le total de ces trois montants est retourné à l&#8217;I.E.M.).</li>
<li>Les organismes publics peuvent fournir gratuitement certains services essentiels (service de pompiers et d&#8217;ambulance, par exemple) aux acteurs individuels.</li>
<li>Toute vente de biens ou services par un organisme public à un acteur individuel est chargée au montant d&#8217;un &laquo;&nbsp;ticket modérateur&nbsp;&raquo; fixé par règlement et comptabilisé comme une C.E.S., donc retourné à l&#8217;I.E.M..</li>
<li>On appellera &laquo;&nbsp;écoloyer&nbsp;&raquo; la C.E.S. chargée à un acteur individuel par le service d&#8217;affectation/occupation/usage des sols à titre résidentiel.</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.4 &#8211; Les services et productions non-marchands</h2>
<p style="text-align: justify;">Dans le calcul actuel du PIB, les économistes considèrent comme &laquo;&nbsp;productions non_marchandes&nbsp;&raquo; par exemple: l&#8217;éducation, la justice, la police, l&#8217;armée (on y trouve même le jardin potager personnel ou le logement !). Dans le capitalisme, concernant ces productions non_marchandes, c&#8217;est le coût en travail qui détermine la valeur et non pas l&#8217;utilité du service fourni. Ainsi, l&#8217;activité associative n&#8217;intervient pas dans le PIB.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais en fait, le PIB n&#8217;est pas notre souci. Ce qui importe c&#8217;est le &laquo;&nbsp;bonheur individuel et collectif&nbsp;&raquo; et il n&#8217;existe pas encore d&#8217;indices fiables permettant de le calculer. Mais quoique ces indices n&#8217;existent pas, nous savons très bien qu&#8217;une société plus juste, plus confortable, plus tranquille, qui s&#8217;occupe mieux de ses malades et de ses personnes âgées, de même que de l&#8217;éducation de ses enfants, dans laquelle les transports sont facilités, etc, est une société où il fait bon vivre. N&#8217;est ce pas cela l&#8217;important ?</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque participant à la société, par son activité sociétale, apporte un petit plus à la qualité de vie générale. Comment donner une &laquo;&nbsp;valeur&nbsp;&raquo; à ceci, de telle manière à ce que ceux qui y participent le mieux ou le plus voient leur Rémunération d&#8217;activité améliorée, en remerciement de la part de toute la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Une proposition de classement des différentes activités a été donnée précédemment, nous n&#8217;y reviendrons pas considérant que ce n&#8217;est pas à nous de &laquo;&nbsp;décider&nbsp;&raquo; sauf à entrer dans le champ politique ou sociologique. Mais, exemple: une personne qui &laquo;&nbsp;donne&nbsp;&raquo; plusieurs heures de son temps pour apporter du &laquo;&nbsp;bienfait&nbsp;&raquo; au sein d&#8217;une association doit, à notre avis, recevoir un complément en &nbsp;&raquo; Rémunération d&#8217;Activité&nbsp;&raquo;. Bien, on le paye pour ses heures de travail&#8230; il a effectivement produit un service sociétal. Vous me direz, avec raison, qu&#8217;il va vite y avoir trop de monnaie en circulation par rapport aux biens produits et &laquo;&nbsp;à la vente&nbsp;&raquo; sauf à considérer ces activités comme étant &laquo;&nbsp;fonctionnarisées&nbsp;&raquo; et donc prises en charge par la communauté par le biais de la C.E.S.. Il nous semble donc qu&#8217;il faille que sur le compte du bénéficiaire soit déduit l&#8217;équivalent d&#8217;une Rémunération correspondante au service, éventuellement avec une C.E.S. égale à zéro. Il s&#8217;agit bien d&#8217;un payement, d&#8217;un transfert de monnaie (Il est évident que le bénévolat n&#8217;est toujours pas rémunéré: nous parlons ici de services rendus &laquo;&nbsp;payants&nbsp;&raquo;).</p>
<blockquote><p style="text-align: justify;"><strong>Alternative</strong><br />
 Lorsqu&#8217;un service aux particuliers est considéré comme une production sociétale collective indispensable, elle peut très bien être décidée &laquo;&nbsp;gratuite&nbsp;&raquo;. Dans ce cas, elle est considérée comme non_marchande et prise en charge par la société. Ceux qui la produisent sont donc considérés comme fonctionnaires. Si une quote-part est demandée au bénéficiaire (ticket modérateur), cette quote-part est considérée comme une C.E.S. et retranchée du compte du bénéficiaire.</p>
</blockquote>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>8.5 &#8211; la Sociétaxe dans les services et productions non-marchands</h2>
<p style="text-align: justify;">Celle ci doit permettre non seulement de partager le &laquo;&nbsp;Revenu social&nbsp;&raquo; au prorata de la consommation, mais également de couvrir les montants des Rémunérations d&#8217;activité de tous les fonctionnaires (employés de l&#8217;État et des collectivités locales), lesquels représentent près de 25% des salariés en France (4,5 millions), et dont le rôle est de satisfaire les besoins communs non-marchands : et nous revenons ici à la police, la justice, l&#8217;armée, l&#8217;éducation, etc&#8230; mais aussi, dans la recherche, l&#8217;équipement, et enfin la santé publique (hôpitaux et cliniques). Soit ces services et productions &laquo;&nbsp;fonctionnarisés&nbsp;&raquo; deviennent payants, soit ils restent une &laquo;&nbsp;charge collective&nbsp;&raquo; : c&#8217;est un choix politique mais surtout citoyen. L&#8217;usager doit-il payer individuellement pour ces services ou bien sont-ils à charge collective, les Rémunérations d&#8217;Activités (des fonctionnaires), étant dans cette dernière hypothèse couverts par la C.E.S.. ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dis autrement: doit-on les considérer comme une &laquo;&nbsp;consommation finale&nbsp;&raquo; ?</p>
<p style="text-align: justify;">Notre avis est que &laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo; : une collectivité locale peut facturer certains services rendus à des particuliers (pensons seulement au droit de stationnement ou aux parkings) dans la mesure où ce service ne bénéficie qu&#8217;à une partie de la population. Dans ce cas, le bénéficiaire n&#8217;aura qu&#8217;une C.E.S. à payer, par déduction sur son compte. Il n&#8217;y a aucun transfert monétaire vers la collectivité locale qui offre le service.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre09" name="chapitre09">Chapitre 9 : Questions et réponses</a></h1>
<p style="text-align: justify;"><em>Voici un petit jeu de réponses, à partir des questions qui nous ont été posées : Il peut évidemment y avoir quelques redites de certaines explications des chapitres qui précèdent. Le lecteur voudra bien nous en excuser.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q1 &#8211; Possibilité d&#8217;une écotaxe en tant qu&#8217;outil supplémentaire pour accélérer le mouvement ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi pas, mais nous ne sommes pas certains de son utilité puisque de toute façon la C.E.S. (SOCIÉTAXE) tiens compte des données écologiques; le système devrait s&#8217;autoréguler vers de plus en plus de biens &laquo;&nbsp;écologiques&nbsp;&raquo; en remplacement de ceux &laquo;&nbsp;anti-écologiques&nbsp;&raquo;.<br />
 Il reste néanmoins un outil qui est celui proposé dans le chapitre &laquo;&nbsp;utopie économique&nbsp;&raquo; p.178 et suivante du livre &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/Un-regard-citoyen-sur-l%C3%A9conomie/dp/2913492118" target="_blank">Un regard citoyen sur l&#8217;économie</a>&nbsp;&raquo; : imposer aux fabricants la responsabilité finale du recyclage et du stockage des produits polluants qu&#8217;ils ont mis &laquo;&nbsp;sur le marché&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q2 &#8211; Définition de &laquo;&nbsp;l&#8217;activité sociétale&nbsp;&raquo; : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est une activité dont les conséquences sont les plus bénéfiques pour l&#8217;ensemble de la société. On peut re-préciser : plus économe pour les ressources, plus économe en temps de travail, plus écologique, plus sociale, plus &laquo;&nbsp;humaine&nbsp;&raquo;, et qui permettra d&#8217;orienter la production pour favoriser l&#8217;épanouissement humain dans le respect des équilibres naturels, &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q3 &#8211; Qui va payer toutes les études et recherche nécessaires au progrès ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette idée écosociétaliste les revenus sont un partage (mensuel) à tous les citoyens de la valeur de l&#8217;ensemble de l&#8217;activité d&#8217;une zone donnée (pays ou fédération de pays) suivant les variables citées. Il n&#8217;y a plus aucune notion de &laquo;&nbsp;recette&nbsp;&raquo;, juste une notion de &laquo;&nbsp;valeur sociétale&nbsp;&raquo;. Donc si un entrepreneur estime que mettre à l&#8217;étude un nouveau gadget sur une automobile est une avancée sociétale, ceux qui en sont capables viendront travailler avec lui et si la valeur sociétale est effectivement &laquo;&nbsp;meilleure&nbsp;&raquo; que celle dans laquelle ils travaillaient jusque là ils verront leur Rémunération d&#8217;Activité augmenter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q4 &#8211; Comment feront les propriétaires des grands appartements des quartiers chics et les belles villas pour les entretenir ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On pourra peut être faire 4 appartements à la place d&#8217;un grand&#8230; ce qui permettra de loger immédiatement les 80.000 sans abris français, non ?<br />
 Mais il n&#8217;y a aucune raison de vouloir déposséder un propriétaire de son &laquo;&nbsp;grand appartement&nbsp;&raquo;&#8230; il n&#8217;y a aucune intention de toucher à la propriété privée d&#8217;usage personnel dans l&#8217;idée sociétaliste.<br />
 Si les propriétaires ont des Rémunérations importantes, conséquence de leur niveau de rémunération déterminé par les variables (et donc de leur &laquo;&nbsp;engagement sociétal&nbsp;&raquo;) ils pourront les entretenir ou les acheter et payer l&#8217;écoloyer (droit &laquo;&nbsp;d&#8217;occupation du sol&nbsp;&raquo;). Ceux qui auront les meilleures Rémunérations sociétales pourront avoir les moyens d&#8217;acheter les plus belles choses&#8230; La valeur des biens est une fonction de leur rareté et des capacités d&#8217;achat d&#8217;une clientèle c&#8217;est bien dans la finalité de cette idée : ne plus lier les Rémunérations au &laquo;&nbsp;capital détenu&nbsp;&raquo; ou a une activité &laquo;&nbsp;destructrice&nbsp;&raquo;, mais à l&#8217;utilité sociale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q5 &#8211; A qui seraient payés les loyers d&#8217;habitation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un des points de discussion difficile. Si on part de l&#8217;état actuel de la propriété privée, un propriétaire peut louer son ou ses biens immobiliers, mais dans ce cas son revenu n&#8217;aurait plus aucun rapport avec une rémunération sociétale.<br />
 Imaginons deux cas qui peuvent se poser au moment de la mise en place de l&#8217;écosociétalisme; une des solutions pourrait être la suivante :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Un propriétaire dispose d&#8217;un ou plusieurs biens immobiliers qu&#8217;il loue. Ces biens deviennent par décret &laquo;&nbsp;propriété de la nation&nbsp;&raquo;. Comme dans le système actuel (expropriation), le propriétaire doit être indemnisé. Son indemnisation consiste à lui assurer par exception, et jusqu&#8217;à la fin de sa vie, une Rémunération d&#8217;Activité non-marchande. Ce &laquo;&nbsp;droit&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas transmissible.</li>
<li>Même cas de figure mais les propriétés appartiennent à des sociétés (S.C&#8230;I, S.A., S.A.R.L.) : Chaque actionnaire est indemnisé de la même manière proportionnellement à sa mise de fond dans le système capitaliste jusqu&#8217;à un revenu d&#8217;activité non-marchand d&#8217;indice maximal.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Nous pensons que ces montants d&#8217;indemnisation en &laquo;&nbsp;Revenus d&#8217;Activité non-marchand&nbsp;&raquo; (qui seront évidemment payés par tous les citoyens consommateurs par l&#8217;intermédiaire des C.E.S. qu&#8217;ils payent lors de l&#8217;achat d&#8217;un bien ou sevice) devraient être déterminés par la Justice qui s&#8217;appuiera sur des lois votées par le Parlement. Evidemment les structures légales de propriété privée dans des structures de &laquo;&nbsp;sociétés commerciales&nbsp;&raquo; sont dissoutes puisque leur objet même est de faire des bénéfices. Néanmoins des formules de &laquo;&nbsp;propriété associative&nbsp;&raquo; pourraient les remplacer.<br />
 Les locataires payeront un écoloyer (celui du marché) par une simple destruction sur leur compte du montant, avec information à l&#8217;&nbsp;&raquo;Institut d&#8217;Émission Monétaire&nbsp;&raquo; (I.E.M.). L&#8217;équilibre de la monnaie par rapport à l&#8217;activité nationale n&#8217;est qu&#8217;un problème comptable de la valeur/durée retenue des biens. De toute façon ces biens feront l&#8217;objet d&#8217;une possibilité de vente aux particuliers qui désirent les acquérir pour leur résidence. Ceux qui ne trouvent pas acquéreurs entreront dans le &laquo;&nbsp;patrimoine national&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q6 &#8211; Qui va acheter les objets d&#8217;arts qui coûtent jusqu&#8217;à des millions d&#8217;euros ou d&#8217;autres biens et services coûteux ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est aussi à chacun de déterminer l&#8217;utilisation qu&#8217;il fait de ses revenus.<br />
 On pourra dire &laquo;&nbsp;mais personne ne pourra acheter des biens très chers avec des revenus seulement issus du travail et ils risquent de quitter la zone sociétale !&nbsp;&raquo;. Nous répondons : et alors ?<br />
 Ceci dit l&#8217;exportation d&#8217;objets d&#8217;arts sans autorisation est déjà interdite. Il n&#8217;y a pas d&#8217;empêchement d&#8217;achat, il suffit d&#8217;avoir les Rémunérations sociétales nécessaires (conséquence eux même d&#8217;une forte implication sociétale)&#8230; la valeur d&#8217;un objet rare suivra néanmoins la loi de l&#8217;offre et de la demande. S&#8217;il y avait exportation illégale d&#8217;un objet d&#8217;art, l&#8217;exportateur ne pourrait utiliser son argent étranger qu&#8217;à l&#8217;extérieur de la &laquo;&nbsp;zone sociétaliste&nbsp;&raquo;.<br />
 Quant à &laquo;&nbsp;c&#8217;est à chacun de dire ce qu&#8217;il trouve utile pour lui !&nbsp;&raquo;&#8230; Oui sous réserve qu&#8217;ils soient produits, mais l&#8217;autorégulation permise par l&#8217;augmentation des Rémunérations de ceux qui produisent d&#8217;une manière sociétale en opposition aux faibles Rémunérations de ceux qui produisent des produits inutiles amènera progressivement à ce que seuls les produits sociétaux seront fabriqués&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q7 &#8211; Qui va travailler pour effectuer des travaux qui n&#8217;ont guère d&#8217;intérêt ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si des services ou des productions marchandes ou non-marchandes sont sociétalement utiles ceux qui y participeront seront les mieux payés. Là encore nous restons dans la loi de l&#8217;offre et de la demande au niveau des Rémunérations d&#8217;Activité, même si ces Rémunérations sont déterminées par une structure &laquo;&nbsp;démocratique&nbsp;&raquo;. Si personne, pour des raisons de pénibilité ou autre, ne veut travailler à produire ces biens ou services pour une Rémunération d&#8217;Activité initiale donnée, l&#8217;augmentation de la Rémunération d&#8217;Activité pour cette catégorie d&#8217;emploi peut être un outil permettant de les y inciter.<br />
 Si des travaux sont sociétalement inutiles on abandonnera leur fabrication puisque personne ne souhaitera travailler à les produire pour une Rémunération faible.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q8 &#8211; Qui décidera ce qui est sociétalement utile ou pas ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nos concitoyens seront capables de déterminer ce qui est le plus sociétal, soit par des commissions citoyennes spécialisées, soit par référendum d&#8217;initiative citoyenne, soit par une structure administrative ou législative. Cette question deviendra le sujet politique prioritaire; elle modifiera le paysage politique et donnera un vrai sens à la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q9 &#8211; L&#8217;utilité sociétale de nombreuses associations sera difficile à justifier et cela est fait en LOISIR, pas en travail !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il ne semble pas normal de faire supporter par la collectivité de quelconques Rémunérations d&#8217;Activité au sein d&#8217;associations de &laquo;&nbsp;loisir&nbsp;&raquo;, sauf s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une demande collective (associations sociétalement utiles) : un animateur d&#8217;une association sociétalement utile serait bien évidemment rémunéré par un Revenu d&#8217;Activité non_marchand.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q10 &#8211; Il est à craindre que les Français les plus actifs ou inventifs quittent la France et l&#8217;U.E ce qui ne me semble pas très bon pour la société.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est pas certain du tout car il semble certain qu&#8217;on vivra mieux dans un système écosociétaliste, sauf peut être pour quelques &laquo;&nbsp;gros capitalistes&nbsp;&raquo; qui actuellement vivent sur le dos du reste de la société. Ca dépendrait aussi sans doute de l&#8217;échelle de Rémunération, mais quel intérêt de vivre dans un pays de &laquo;&nbsp;compétition économique&nbsp;&raquo; alors qu&#8217;on peut vivre dans un pays où celle ci a disparu et où la liberté d&#8217;entreprendre, de réfléchir ou de travailler n&#8217;est pas lié à la performance commerciale et compétitive mais l&#8217;amélioration du bien être de toute la société. La performance serait ainsi bien récompensée par la différence de Rémunération, mais cette différence ne serait plus la conséquence de la capacité à &laquo;&nbsp;enfoncer&nbsp;&raquo; son voisin ou voler la société, mais de mettre ses capacités à apporter plus d&#8217;humanisme dans la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q11 &#8211; Il n&#8217;empêche que le problème restera que les inactifs auront des ressources très proches des actifs; cela pose déjà un gros problème il ne devrait qu&#8217;augmenter.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pas nécessairement&#8230; l&#8217;échelle des Revenus d&#8217;Activité peut être de 1 à 3, de 1 à 5 ou de 1 à 10&#8230; ce n&#8217;est pas aux économistes d&#8217;en décider, mais c&#8217;est à eux d&#8217;expliquer qu&#8217;une échelle plus large diminue proportionnellement le niveau le plus bas du Revenu Social, puisque c&#8217;est l&#8217;ensemble de la production marchande qui est la base de calcul du montant de la C.E.S. (SOCIÉTAXE) qui peut être réparti.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q12 &#8211; Avec ce système en Europe comment échanger avec le reste du monde ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans un système de type distributiste, on ne peut importer plus que ce qu&#8217;on exporte&#8230; dans un système qui ne serait pas mondialement sociétal devrait exister une &laquo;&nbsp;monnaie d&#8217;échange internationale&nbsp;&raquo; Cela pourrait être tel que Keynes l&#8217;avait proposé à Bretton Wood en 1944 sous forme d&#8217;une union de compensation internationale (The International Clearing Union) et une nouvelle unité de compte internationale qu&#8217;il avait appelé le &laquo;&nbsp;bancor&nbsp;&raquo;.<br />
 Le troc à l&#8217;import export est également une solution viable mais qui, pour des facilités comptables, amènera à une chambre de compensation et donc à l&#8217;établissement d&#8217;une unité de compte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q13 &#8211; Un étranger peut-il acheter chez nous ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un étranger pourrait acheter chez nous avec la monnaie qu&#8217;il aurait &laquo;&nbsp;gagné&nbsp;&raquo; en action sociétale dans notre pays, mais plus logiquement payer en devises (puisque de toute façon, nous aurons besoin de devises pour certaines importations). Il en est de même si c&#8217;est pour passer des vacances en Europe par exemple&#8230; chaque monnaie a de toute façon un &laquo;&nbsp;taux de change&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q14 &#8211; Rôle de la publicité ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;publicité informative&nbsp;&raquo; (tel &laquo;&nbsp;60 millions de consommateurs&nbsp;&raquo;) doit garder son rôle. La publicité en tant que moteur à la consommation n&#8217;a plus de raison d&#8217;être puisque la finalité n&#8217;est plus de vendre toujours plus et de créer des besoins dont personne n&#8217;a besoin, et que vendre plus n&#8217;augmentera que peu la Rémunération de ceux qui fabriquent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q15 &#8211; Quid des taxes et impôts ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La simple réflexion concernant le système écosociétal démontre qu&#8217;il n&#8217;est plus nécessaire de lever taxes et impôts à part la C.E.S. (SOCIÉTAXE), uniquement &laquo;&nbsp;perçue&nbsp;&raquo; sur la consommation.<br />
 On peut considérer &laquo;&nbsp;l&#8217;écoloyer&nbsp;&raquo; comme une &laquo;&nbsp;Contribution d&#8217;habitation&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q16 &#8211; Serons-nous tous fonctionnaires ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non ! Dans notre esprit, puisque ces discussions sont parties d&#8217;un &laquo;&nbsp;modèle&nbsp;&raquo; que nous tentons de théoriser :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La production doit être comprise de manière globale (marchande et non-marchande si on reste dans les définitions actuelles). Dire à ce moment là qu&#8217;elles sont issues d&#8217;un travail fonctionnarisé n&#8217;a plus réellement &laquo;&nbsp;de sens&nbsp;&raquo;, car ce qui importe c&#8217;est l&#8217;effet sociétal qu&#8217;induit toute forme de production. Mais il restera évidemment des fonctionnaires employés de l&#8217;État ou des collectivités locales.</li>
<li>Ce n&#8217;est pas l&#8217;État qui devient l&#8217;employeur sur tout le système productif car il n&#8217;y a pas de changement concernant les structures productrices privées, mis à part l&#8217;actionnariat qui disparait ainsi que les notions même de bénéfice et d&#8217;investissement&#8230; mais c&#8217;est bien l&#8217;État, par l&#8217;intermédiaire de l&#8217;Institut d&#8217;Emission Monétaire qui distribue les revenus (Revenu Social et Rémunération d&#8217;Activité), cette distribution pouvant tout à fait être très décentralisée.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Il faut donc plutôt dire que c&#8217;est l&#8217;État qui est chargé du calcul de l&#8217;&nbsp;&raquo;activité nationale&nbsp;&raquo; et qui émet la monnaie correspondante&#8230; mais comme la monnaie n&#8217;est &laquo;&nbsp;qu&#8217;un signe&nbsp;&raquo; il peut très bien y avoir des intermédiaires de distribution qui seraient des structures collectives locales.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autre part la monnaie distribuée mensuellement est détruite à l&#8217;acte d&#8217;achat (ce qui n&#8217;est qu&#8217;une simple extrapolation du système de crédit bancaire actuel, sauf qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;intérêts) et le travail et ses effets productifs induisent des Rémunérations complémentaires au Revenu social. Le revenu total comporte donc deux éléments : d&#8217;une part un Revenu de base versé sans aucune condition à tous (Revenu Social), d&#8217;autre part une Rémunération complémentaire (Rémunération d&#8217;Activité)&#8230; l&#8217;ensemble des revenus ne pouvant être que le partage de la valeur globale de la production de biens et services &laquo;&nbsp;vendable&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q17 &#8211; Propriété du sol et du sous-sol ? indemnisation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Hormis le cas particulier de l&#8217;habitation principale dont nous avons parlé, la propriété privée du sol et du sous-sol devient collective. Il n&#8217;y a aucune raison, si ce n&#8217;est une appropriation historique, que des particuliers (ou des sociétés) se soient &laquo;&nbsp;appropriés&nbsp;&raquo; (même légalement), par exemple des sources ou des mines pour tirer bénéfice de l&#8217;extraction de biens communs. Dans une période de transition, puisque l&#8217;écosociétalisme ne permet pas l&#8217;accumulation de capital si ce n&#8217;est celui de l&#8217;épargne individuelle (consommation différée), et jusqu&#8217;au décès des actuels propriétaires, une rémunération complémentaire pourrait leur être servie. Ce seraient les derniers &laquo;&nbsp;rentiers&nbsp;&raquo; d&#8217;une nouvelle société, et seulement limité à une génération.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q18 &#8211; Une monnaie uniquement électronique présente de gros risques.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Guère plus qu&#8217;actuellement les systèmes de cartes bancaires&#8230; mais pour ceux qui seraient allergiques, ou en cas de panne du système informatique, ou de perte de la &laquo;&nbsp;carte de monnaie électronique&nbsp;&raquo;, les chèques pourraient être autorisés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q19 &#8211; Qui détermine le montant des C.E.S. (SOCIÉTAXE), et sur quelles bases ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont des fonctionnaires, suivant les consignes de proportionnalité données par les choix de la société civile (aidée par des économistes, sociologues, politiques, etc.). Le montant de cette Contribution est toujours &laquo;&nbsp;par rapport à &#8230;&nbsp;&raquo; et donc évolutive et ajustable à tout moment, sous la réserve que le montant global issu de la commercialisation des biens et services de consommation (rajouté au loyer d&#8217;occupation résidentielle des sols) permette l&#8217;émission monétaire équivalente aux Revenus Sociaux et aux Rémunérations d&#8217;Activité non-marchande de l&#8217;ensemble de la population.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q20 &#8211; Je veux réaliser un objet artisanal pour un voisin : dois-je payer une C.E.S. (SOCIÉTAXE) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;exonération de C.E.S. dans le cas d&#8217;activités ponctuelles ne pose pas de gros problème, et peut même favoriser l&#8217;initiative individuelle et la micro-économie de proximité (système séliste), en simplifiant les démarches. Par contre, dès qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une activité permanente, d&#8217;un &laquo;&nbsp;métier&nbsp;&raquo;, d&#8217;une entreprise artisanale qui commence à embaucher, alors les règles changent, car il y a des salariés, qui doivent avoir un Revenu d&#8217;Activité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q 21: Peut-on dire que le système écosociétaliste est un intégrateur monétaire ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le système écosociétaliste est bien un intégrateur qui tend à ramenerà zéro l&#8217;écart entre Somme des R.S. + Somme des R.A. + Somme des C.E.S. par le taux de C.E.S.. La valeur-cible de Somme des C.E.S pour le prochain cycle est une projection faite depuis l&#8217;erreur sur le cycle terminé, la valeur réelle dépendra des ventes en consommation finale (dont le détail est non-prédictible), ce qui garantit une erreur à la fin du prochain cycle, erreur qu&#8217;il faudra compenser au cycle suivant, etc. C&#8217;est le schéma classique d&#8217;un oscillateur, ce qui veut dire que l&#8217;existence d&#8217;un régime d&#8217;oscillation est garantie et que celle d&#8217;un régime chaotique est très probable.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, dans le cas de notre société, il y aurait chaque année un grand déballage, qui amènerait à &laquo;&nbsp;faire les compte&nbsp;&raquo; (le &laquo;&nbsp;bilan de la richesse nationale&nbsp;&raquo;). Donc, à la fin de chaque exercice annuel, ce qui représente un cycle assez long pour enregistrer les dérives, mais trop court pour ne pas pouvoir rattraper les écarts, il y aura publication de la masse monétaire émise et de la masse monétaire détruite. Par ailleurs, les données industrielles seront publiées en même temps, donnant une estimation, que l&#8217;on espère peu biaisée, de la valeur de la production.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ensemble de ces paramètres sera le point de départ de la nouvelle grille de la C.E.S (SOCIÉTAXE). C&#8217;est à dire que les taux de C.E.S seront ou augmentés ou diminués d&#8217;un même facteur, de façon à compenser l&#8217;écart monétaire à la fin de l&#8217;année suivante, par exemple en tablant sur une consommation et des révenus identiques. Bien sûr, des projections multi-factorielles sur les tendances évolutives des différents secteurs d&#8217;activités pourront être utilisées en tant qu&#8217;outil limitant les écarts entre prévision et réalité à la fin d&#8217;un cycle. Pourra aussi être prise en compte une évolution différenciée de la grille de la C.E.S, ainsi que de l&#8217;échelle des revenus, en fonction des changements sociaux attendus, ou voulus.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout cela pour dire que nous aurons affaire certes à un oscillateur, mais à un oscillateur entretenu, et en plus guidé dans des limites étroites par un processus de contrôle externe, ce qui étend considérablement son champ de stabilité. Cela implique par force un système centralisé de contrôle des activités économiques, mais, comme je l&#8217;avais déjà fait remarqué, le système physique réel peut être très décentralisé. Au sommet, un calculateur ne fait qu&#8217;intégrer les bilans comptables des comptes dont chaque serveur est gestionnaire, sans jamais entrer dans le détail des données individuelles. Ceci, outre l&#8217;avantage de protéger mieux la vie privée, garantit une forte indépendance aux événements extraordinaires, et donc une plus grande insensibilité à la paralysie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la mesure où toute destruction monétaire est le résultat d&#8217;un acte final d&#8217;achat par un individu, ou groupement d&#8217;individu titulaire d&#8217;un compte unique (cf. une coopérative de logement), il suffit pour chaque compte de faire le bilan (monnaie créé ou gagné par le commerce) &#8211; (monnaie dépensée). La somme de toutes les sommes donne le bilan global de l&#8217;activité monétaire. Par ailleurs, le sytème étant simplifié, l&#8217;utilité d&#8217;avoir plusieurs comptes est réduite, et donc la comptabilité est plus aisée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q22 &#8211; Puisque les municipalités (ou les régions) n&#8217;ont aucune rentrées fiscales propres, elles pourraient décider des travaux pharaoniques (ou une inflation de services) payés par la collectivité !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">De la même manière qu&#8217;existent actuellement les dotations (c&#8217;est le terme officiel) aux communes et aux régions, l&#8217;I.E.M. (ou une administration rattachée) pourrait donner à ces structures une &laquo;&nbsp;dotation fictive&nbsp;&raquo; annuelle (&laquo;&nbsp;vous avez tel budget autorisé&nbsp;&raquo;) en fonction du nombre d&#8217;habitants ou d&#8217;autres critères tendant à des rééquilibrages dans les équipements des communes. Les municipalités choisissent ensuite, la répartition de la &laquo;&nbsp;dotation&nbsp;&raquo; comme maintenant en fonctionnement ou équipement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q23 &#8211; Que se passerait-il dans le cas d&#8217;une production totalement robotisée (y compris en amont) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce cas le prix de vente ne serait &laquo;&nbsp;que&nbsp;&raquo; les Rémunérations d&#8217;Activité des intermédiaires (distributeurs) + la C.E.S. (qui prend en compte l&#8217;appauvrissement du pays en matières premières).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q24 &#8211; In fine, à qui appartient une entreprise et quel serait son statut légal ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une entreprise, quelle qu&#8217;elle soit, n&#8217;a aucune &laquo;&nbsp;appartenance privée&nbsp;&raquo; légale : elle appartient à l&#8217;ensemble de la collectivité et il ne lui est pas attribué de &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; dont elle n&#8217;a nul besoin. Elle est néanmoins &laquo;&nbsp;personne morale&nbsp;&raquo; et à ce titre une nouvelle forme de statut, probablement proche de statuts associatifs (ou coopératifs), devra être établie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q25 – La  C.E.S. ( SOCIÉTAXE) est-elle un prélèvement?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes plus ou moins dans le cas de la poule et de l&#8217;œuf. C&#8217;est à dire que d&#8217;une certaine manière, les Revenus Sociaux plus les Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands (R.S. et R.A.nm) sont payés par les &laquo;&nbsp;prélèvements&nbsp;&raquo; de C.E.S., mais le montant de la C.E.S. est justement adapté pour pouvoir payer/absorber ces rémunérations/revenus improductifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est donc invalide de penser en terme de &laquo;&nbsp;de la C.E.S. en plus permet de payer plus de Revenus&nbsp;&raquo;, ou au contraire &laquo;&nbsp;la baisse de production diminue les Revenus des non productifs&nbsp;&raquo;. Le système réel est de fixer a priori le montant de C.E.S. qui doit être distribué pour assurer les Revenus Sociaux et Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands, puis de ventiler ce montant sur la production en fonction des critères écosociétaux. Ensuite, le choix des variations est politique: ou bien on choisit de maintenir les revenus des non productifs en cas de baisse de la production, et donc on augmente proportionnellement le &laquo;&nbsp;prélèvement&nbsp;&raquo; sur chaque unité vendue, soit on choisit de maintenir les prix, mais ce faisant on diminue les Revenus Sociaux et Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les deux cas, une baisse de la production se traduit par une perte globale de pouvoir d&#8217;achat, ce qui devrait inciter les gens à travailler, et donc favoriser la production. C&#8217;est une boucle automatique de régulation.<br />
 Le terme &laquo;&nbsp;prélèvement&nbsp;&raquo; de C.E.S. est usurpé, puisque la C.E.S. est le puits monétaire, le pendant négatif de la création des Revenus Sociaux et Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands, tout autant que leur source ! Ce n&#8217;est donc pas à proprement parler un prélèvement en vue d&#8217;une redistribution, mais aussi un compensateur à posteriori de la masse monétaire émise pour payer les Revenus Sociaux et Rémunérations d&#8217;Activités non-marchands du cycle précédent. D&#8217;où l&#8217;image de la poule et de l&#8217;œuf&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q26 &#8211; L&#8217;écosociétalisme n&#8217;est-il pas un nouvel habillage du marxisme, du socialisme, du communisme ou du collectivisme ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;écosociétalisme pourrait effectivement être un avatar du collectivisme si les &laquo;&nbsp;décisions de fonctionnement&nbsp;&raquo; étaient le fait non pas de la population à chaque niveau de subsidiarité, mais décrétées au sommet.<br />
 Dans l&#8217;esprit des sociétalistes, la collectivité n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;l&#8217;État&nbsp;&raquo; (un système administratif pyramidal) mais bien chacun des citoyens<br />
 Le système est proposé très décentralisé. Il n&#8217;y a pas d&#8217;entité supérieure (ou administrative) qui décide tout sur tout. Il reste un équilibre avec l&#8217;économie de marché puisque la demande (et la production) d&#8217;un produit ou d&#8217;un service, même s&#8217;il est peu sociétal, reste possible : ce n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;l&#8217;État&nbsp;&raquo; qui décide.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;État n&#8217;est pas la communauté et la communauté est plus que l&#8217;État. En ce sens l&#8217;État actuel outrepasse ses droits sur ceux de la communauté.<br />
 Il n&#8217;en reste pas moins évident que l&#8217;avènement du sociétalisme dans un État démocratique ne peut se concevoir sans qu&#8217;une majorité ne l&#8217;adopte.<br />
 Le sociétalisme prône la responsabilité individuelle : être responsable, cela veut dire assumer soi-même les conséquences de ses propres actes.<br />
 Il prône également la liberté individuelle, et cette liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. De ce fait, toute production destructrice étant nuisante, il est naturel que l&#8217;écosociétalisme propose de diminuer les revenus de ceux qui participent à ces productions et donc d&#8217;augmenter relativement ceux qui oeuvrent pour l&#8217;épanouissement de &laquo;&nbsp;la société humaine&nbsp;&raquo; à travers son environnement de biens et de services.</p>
<p style="text-align: justify;">Les biens du domaine privé (l&#8217;habitation par exemple), l&#8217;épargne individuelle, les biens mobiliers restent du domaine privé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le but d&#8217;une entreprise n&#8217;est plus de faire du bénéfice, mais de produire les biens (ou services) nécessaires au confort et aux vrais besoins de la population. Il n&#8217;est pas non plus spécialement de &laquo;&nbsp;vendre moins cher&nbsp;&raquo;, mais de produire dans le meilleur rapport &laquo;&nbsp;qualité sociétale/coût de fabrication&nbsp;&raquo; et c&#8217;est la Contribution Eco Sociétale (C.E.S.) qui ajuste le prix de vente pour tenir compte que le coût de fabrication sera plus élevé au moins sur une partie de la production si elle est plus sociétale, puisque les Rémunérations d&#8217;Activité individuelles (R.A.) de ceux qui produisent seront plus élevées.</p>
<p style="text-align: justify;">Le collectivisme prône la propriété des moyens de production (capital productif) et d&#8217;échange (la monnaie) à la collectivité. Donc, à ce niveau, c&#8217;est exact, on peut dire que l&#8217;écosociétalisme est collectiviste. Néanmoins, tout &laquo;&nbsp;capital productif&nbsp;&raquo; est une richesse communautaire qui doit être préservé de l&#8217;appropriation individuelle dans le respect des générations à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le marxisme considère &laquo;&nbsp;De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins&nbsp;&raquo;, le sociétalisme envisage &laquo;&nbsp;A chacun sans condition suivant les besoins fondamentaux, et à chacun, en plus, selon son activité pour le bien commun&nbsp;&raquo;. Ce n&#8217;est plus collectiviste car l&#8217;effort individuel vers des effets sociétaux est récompensé et &laquo;&nbsp;l&#8217;échelle de récompense&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas fixée elle-même par le système (l&#8217;échelle des Rémunérations d&#8217;Activité est prise dans nos exemples de 0 à 3, mais elle pourrait l&#8217;être de 0 à X), mais bien par un choix démocratique.<br />
 L&#8217;économie écosociétale est si originale et innovante qu&#8217;elle constitue une véritable alternative au système économique établi mais il est vrai que sans des notions éthiques, morales et philosophiques l&#8217;écosociétalisme ne serait qu&#8217;un superbe mais inutile exercice de style.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q27 &#8211; Bien; le prix de vente intègre le prix des productions amonts et le coût du travail. Mais la monnaie qui sert à payer ce prix n&#8217;est pas reversée au producteur pour couvrir les frais induits : elle est détruite. Si les productions restent invendues, les finances de la coopérative de production ne s&#8217;en trouvent en rien pénalisées. Par contre il va alors se créer un déséquilibre entre la masse monétaire disponible et la richesse sociale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette observation est tout à fait pertinente. De ce fait nous apportons deux réponses sous deux angles de vue différents :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>1) – Tout ce qui est production invendue peut être considérée comme &laquo;&nbsp;production non-marchande&nbsp;&raquo;. Elle va donc être financée dans un premier temps par une augmentation de la C.E.S. sur l&#8217;ensemble des biens vendus.<br />
 A ce titre, cette production pourra, si c&#8217;est possible et nécessaire, être proposé sur le marché à un prix &laquo;&nbsp;soldé&nbsp;&raquo; jusqu&#8217;à ce que les stocks soient épuisés.<br />
 Dans le même temps, la coopérative de production sera informée (comme l&#8217;est actuellement une entreprise qui voit ses stocks augmenter) et si ses participants souhaitent garder chacun leur Rémunération d&#8217;Activité ils vont devoir réduire la production.<br />
 Que la masse monétaire ne soit pas &laquo;&nbsp;exactement&nbsp;&raquo; équilibrée à un instant &laquo;&nbsp;t&nbsp;&raquo; avec la richesse sociale n&#8217;est pas très important. Nous avons ce genre de déséquilibre dans le système actuel. Le principal est que l&#8217;inadéquation production-vente induise des correctifs les plus rapides possibles</li>
<li>2) – Comme toute entreprise, les entreprises coopératives écosociétales auront à tenir une comptabilité, qui tiendra compte de la valeur des entrées (machines, matières premières, fournitures annexes), et des sorties (amortissement, écoulement des stocks).<br />
 Il existe un principe assez simple à mettre en oeuvre, c&#8217;est celui qui consiste à suivre la monnaie sur chaque compte électronique des entreprises.<br />
 Lorsque le compte reçoit beaucoup plus de monnaie pour travail déclaré qu&#8217;il n&#8217;est enregistré de destruction de monnaie correspondant à l&#8217;achat de sa production, le compte est rééquilibré par des dotations diminuées jusqu&#8217;à épuisement du déséquilibre, autrement dit l&#8217;entreprise coopérative écosociétale ou l&#8217;artisan travaille en recevant un Revenu d&#8217;Activité réduit jusqu&#8217;à ce que la production excédentaire soit écoulée.<br />
 Deux cas de figure se présentent alors : soit la production est poursuivie, mais avec un prix décroissant par unité (puisque le Revenu d&#8217;Activité diminue pour une ou plusieurs étapes de fabrication), soit la production cesse ou se transforme pour correspondre à une véritable demande naturelle de la population.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q28 &#8211; Que deviennent les &laquo;&nbsp;professions&nbsp;&raquo; médiatiques à fort revenu (acteurs, mannequins, chanteurs, show-biz en général et les sportifs médiatisés tels footballeurs, pilotes de F1, ou autres) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelle société voulons-nous ? Une société spectacle, une société du paraître, une société des inégalités, une société dans lesquels les revenus sont le plus souvent l&#8217;effet de la chance (qu&#8217;elle soit celle de la naissance, de l&#8217;héritage ou des gènes), ou une société dans laquelle chacun est rémunéré en fonction de son apport à cette même société et de l&#8217;effort individuel vers des effets sociétaux ?<br />
 L&#8217;échelle des Rémunérations d&#8217;Activité est bien un choix démocratique. Si ce choix démocratique décide qu&#8217;il faut permettre l&#8217;accès à 100 fois le revenu de base à ces gens, pourquoi pas, nous l&#8217;accepterons. Mais ce n&#8217;est pas notre choix !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Q29 &#8211; Si j&#8217;ai bien compris, le sociétalisme propose de changer la logique de l&#8217;économie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui ! Et si l&#8217;objectif fondamental de l&#8217;Economie était l&#8217;être humain, son épanouissement, le profit collectif en lieu et place du profit individuel ?<br />
 Cela est possible en plus d&#8217;être souhaitable.<br />
 Comme la monnaie n&#8217;est qu&#8217;un déclencheur d&#8217;activité dans la mesure où ceux qui vont produire ont confiance dans l&#8217;émetteur qui leur garanti ainsi de pouvoir participer au partage des richesses produites, ne pourrais t-on avoir autant confiance dans l&#8217;État que dans les banques privées, dans une monnaie produite symétriquement à la production et détruite de la même manière lors de la consommation ? Evidemment que oui.<br />
 Dans l&#8217;entreprise sociétale, les résultats iront en partie aux apporteurs de travail, d&#8217;intelligence, d&#8217;imagination créatrice et pour une autre partie à l&#8217;ensemble de la société. Le coût des outils de production s&#8217;imputera dans les prix de revient. N&#8217;ayant plus besoin de capitaux, il ne restera plus que des apporteurs d&#8217;industrie. Leur risque sera celui du montant de leur rémunération et de la pérénité de leur activité.<br />
 Les statuts très libres de ces &laquo;&nbsp;entreprises sociétales&nbsp;&raquo; définiront l&#8217;objet social, le mode de désignation des dirigeants (partenaires généraux), le mode de prise de décision collective, le mode de répartition des Rémunérations d&#8217;Activité.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="chapitre10" name="chapitre10">Chapitre 10 : en guise de conclusion</a></h1>
<p style="text-align: justify;">Nous avons, dans les pages de ce livre, développé l&#8217;écosociétalisme, système monétaire et économique. Plusieurs fois nous avons fait allusion à un &laquo;&nbsp;système sociétal&nbsp;&raquo;, sans le définir plus avant qu&#8217;un &laquo;&nbsp;Mouvement&nbsp;&raquo; qui préconise, pour l&#8217;essentiel, l&#8217;instauration d&#8217;un système économique et politique basé sur les Droits de l&#8217;Homme et le respect de l&#8217;environnement, la réappropriation de la création monétaire par la collectivité, la gestion planétaire des biens communs non renouvelables ou nécessaires à la vie, la répartition des enrichissements collectifs nationaux sous forme de dividendes distribués équitablement à chaque citoyen, la démocratie participative locale et régionale dans un cadre de subsidiarité. La finalité du sociétalisme étant l&#8217;existence de &laquo;&nbsp;la société humaine&nbsp;&raquo; au travers de son épanouissement, ce qui conditionne réciproquement l&#8217;épanouissement de chacun des individus la composant.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;écosociétalisme ne pourra s&#8217;épanouir qu&#8217;au sein d&#8217;un système politique, moral, juridique et pénal qui reste encore à inventer, au sein d&#8217;un système de relations mondiales dans lequel chaque Nation ou même communauté sera amenée à penser &laquo;&nbsp;coopération&nbsp;&raquo; au lieu de &laquo;&nbsp;compétition&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons donc, puisque nous sommes dans la conclusion de ce livre, tenter de résumer simplement ce qu&#8217;est le sociétalisme dans son aspect économique, l&#8217;écosociétalisme, que nous avons développé tout au long de ces pages.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>10.1 &#8211; Le sociétalisme dans son aspect économique</h2>
<p style="text-align: justify;">Le sociétalisme considère que toute production de biens ou de service est, en tout et pour tout, la somme du travail des hommes, des machines ou des robots, aussi loin en amont qu&#8217;est analysée la production.</p>
<p style="text-align: justify;">Le rôle principal de la monnaie est de permettre l&#8217;échange des biens et services produits par les différents acteurs de la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on veut pouvoir échanger les productions, il faut donc qu&#8217;à tout moment il y ait une quantité de monnaie disponible correspondant à la valeur des biens et des services à vendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ainsi le Sociétalisme considère que chaque acte de travail &laquo;&nbsp;doit&nbsp;&raquo; être suivi d&#8217;une création monétaire équivalente, ce qui garanti la future vente du dit travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque c&#8217;est le travail qui induit la création de la monnaie, un entrepreneur n&#8217;a plus besoin d&#8217;un capital financier préalable à la production ou de trésorerie.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ainsi une entreprise commande ce dont elle a besoin auprès d&#8217;un fabricant en amont, sans avoir à l&#8217;acheter. Le fabricant amont sera rémunéré pour son travail (qui induit la création de la monnaie correspondante) et non pas par l&#8217;entreprise cliente.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;investissement financier ainsi que la propriété du capital productif ne sont donc pas une nécessité économique, mais une conséquence de notre système de fonctionnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Et dans cette logique sociétale, si la production crée la monnaie, alors la consommation détruit la monnaie.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet une production représente un montant de monnaie. Il est donc logique que la somme représentant le produit ou le service disparaisse quand le produit ou le service est consommé (plus de pomme, plus d&#8217;argent pour la représenter).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous avons donc un nouveau schéma :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Les salaires (et donc la monnaie correspondante) sont créés par le travail lui-même.</li>
<li>Une vente est une destruction de monnaie.</li>
<li>Les outils de productions ne se vendent pas.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Pas évident au premier abord, ce système a ceci de formidable qu&#8217;il intègre en lui-même le &laquo;&nbsp;financement&nbsp;&raquo; des services publics et autres productions non commercialisables (non vendables, et donc ne générant pas de destruction de monnaie) par la simple introduction d&#8217;une contribution lors de chaque vente.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, en simplifiant, si un producteur a été payé 10 euros pour une production et si le prix de vente est de 15 euros, c&#8217;est bien 5 euros de plus qui seront détruit sur le compte de l&#8217;acheteur au moment de l&#8217;achat de la production. Il manquerait donc 5 euro dans notre économie. C&#8217;est donc ces 5 euros, destinés à rémunérer les producteurs de biens ou services publics non commercialisés, qui seront créés lors de cette vente.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci est donc une &laquo;&nbsp;anti-taxe&nbsp;&raquo; (plutôt que de cumuler de la monnaie, elle la détruit). Cette &laquo;&nbsp;anti-taxe&nbsp;&raquo; (Contribution Eco Sociétale) peut être appliqué à des taux différents suivant la &laquo;&nbsp;qualité sociétale&nbsp;&raquo; d&#8217;une production. C&#8217;est à la collectivité de décider démocratiquement de l&#8217;intérêt plus ou moins sociétal d&#8217;une production.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pouvons donc orienter l&#8217;économie vers des produits de qualité (moins chers car moins anti-taxé) tout en permettant aux services publics d&#8217;exister pleinement et ce, en totale compatibilité avec une économie de libre entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;">La notion de marge commerciale n&#8217;a plus de sens, puisque c&#8217;est le travail du distributeur qui sera rémunéré, non pas un quelconque capital investi pour un achat de stock, du fond ou du local : les prix ne seront donc pas gonflé arbitrairement.</p>
<p style="text-align: justify;">La notion de prêt bancaire avec intérêt n&#8217;a également plus de sens : les prix de vente n&#8217;auront donc pas à intégrer le remboursement de quelconques intérêts (à ce jour les intérêts bancaires cumulés dans chaque production correspondent en moyenne à 50% du prix de vente H.T.).</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, les bases sont si différentes de ce que l&#8217;on connaît, que peut-être devrait-on se demander : &laquo;&nbsp;De quel bord est le Sociétalisme : Gauche ou Droite ?&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Et la réponse est &laquo;&nbsp;Ni l&#8217;un ni l&#8217;autre évidemment&nbsp;&raquo;. L&#8217;argent créé par le travail, c&#8217;est du jamais vue depuis&#8230; que le troc n&#8217;existe plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Voyons cela !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans tous les systèmes existants :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La monnaie est créée (plus ou moins) arbitrairement.</li>
<li>La monnaie est (plus ou moins) échangeable, épargnable et productive d&#8217;intérêts.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le troc :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La monnaie n&#8217;existe pas, la production est elle-même la monnaie.</li>
<li>La &laquo;&nbsp;monnaie&nbsp;&raquo; est donc directement créée par la production et directement détruite par la consommation.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le sociétalisme :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La création de la monnaie est en rapport direct avec la production et sa destruction est en rapport direct avec la consommation.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le sociétalisme c&#8217;est donc les avantages de la monnaie, avec les avantages du troc.<br />
 Et vu sous cet angle, aucun système ne peut y être comparé !</p>
<p style="text-align: justify;">Le Sociétalisme est bien &laquo;&nbsp;le&nbsp;&raquo; nouvel axe à prendre.</p>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>10.2 &#8211; Bases d&#8217;un système de comptabilité nationale</h2>
<p style="text-align: justify;">Dans le système écosociétal que nous vous avons proposé, toute activité est valorisée suivant son effet sociétal, en plus ou en moins.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous proposons donc la mise en place progressive d&#8217;une autre comptabilité nationale en remplacement du PIB qui est actuellement le seul &laquo;&nbsp;indicateur&nbsp;&raquo; pris en compte par le politique dans lequel ce PIB est censé déterminer le &laquo;&nbsp;confort&nbsp;&raquo; et l&#8217;activité d&#8217;une population (et même le bonheur).</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, en quoi devrait consister la comptabilité nationale et quelle serait son utilité. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;on veut mesurer ? La richesse potentielle d&#8217;un pays ? La richesse sous forme de produits et services utilisables ou utilisés sur une période donnée ? Non, pas seulement ! Ce que nous voulons mesurer c&#8217;est l&#8217;importance de l&#8217;activité sociétale, c&#8217;est-à-dire celle qui s&#8217;avère globalement positive pour la société, l&#8217;individu et l&#8217;environnement. Un pays qui n&#8217;aurait aucun habitant et serait laissé totalement à l&#8217;état sauvage aurait un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; égal à zéro, mais un pays qui produirait toute sorte de choses en quantité industrielle tout en devenant globalement de moins en moins habitable, que ce soit par la destruction de ses forêts, la pollution ou la violence, aurait aussi un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; approchant de zéro.</p>
<p style="text-align: justify;">Un pays qui produirait seulement le nécessaire pour sa population mais qui offrirait beaucoup de services bénéfiques aussi bien nationalement qu&#8217;internationalement, se soucierait réellement de l&#8217;environnement et participerait de façon importante à l&#8217;évolution des connaissances pour mieux comprendre le monde et tout ce qu&#8217;il contient, un tel pays devrait avoir un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; par habitant maximum.</p>
<p style="text-align: justify;">Un pays qui se détériore globalement aurait un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; négatif alors qu&#8217;un pays qui s&#8217;améliore globalement (toujours dans le sens écosociétaliste) aurait un bilan de &laquo;&nbsp;Comptabilité Sociétale&nbsp;&raquo; positif proportionnel à cette amélioration.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avions vu que l&#8217;important était d&#8217;abord de pouvoir &laquo;&nbsp;valoriser&nbsp;&raquo; l&#8217;activité globale d&#8217;un pays ou d&#8217;un groupe de pays (actif) et d&#8217;en déduire les &laquo;&nbsp;usures&nbsp;&raquo;, les pollutions, les amortissements (passif).</p>
<p style="text-align: justify;">En fonction de ce qui précède, nous pouvons déjà remarquer que la somme nationale des Rémunérations d&#8217;Activité (R.A.) est un bon indicateur de l&#8217;activité sociétale; en effet, les R.A. sont régulés par les variables et au plus les Rémunérations sont élevées au plus l&#8217;activité EST sociétale. Nous pouvons remarquer également que dans le système écosociétal ils représentent la somme des productions en &laquo;&nbsp;biens de capital&nbsp;&raquo; (machines, outils, réseaux de communication, hôpitaux, écoles, etc.) et en &laquo;&nbsp;biens de consommation&nbsp;&raquo; (objets ou services). Il s&#8217;agit bien de l&#8217;enrichissement du pays auquel il faut ajouter les importations. Il nous semble également indispensable de rajouter une valorisation &laquo;&nbsp;fictive&nbsp;&raquo; de tous les services collectifs issus des actions de bénévolat.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;opposé, nous pouvons considérer l&#8217;appauvrissement du pays. Entrent dans cette catégorie les dépréciations annuelles des biens de capital, qui sont en fait les amortissements ou les destructions naturelles, et la consommation. A ceci (appauvrissement) il faut également ajouter les utilisations non renouvelables (extractions du sous-sol, utilisation d&#8217;énergies non renouvelables). Enfin, on doit y rajouter les exportations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voici, à titre d&#8217;exemple, quelques indicateurs de développement qu&#8217;il faudrait prendre en compte :</strong><br />
 ( le (+) est écosociétal, le (-) produit un effet inverse )</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Espérance de vie à la naissance (+)</li>
<li>Taux d&#8217;alphabétisation des adultes (+)</li>
<li>Taux brut de scolarisation (+)</li>
<li>PIB par habitant et croissance annuelle (+)</li>
<li>Mortalité infantile (-)</li>
<li>Dépenses publiques consacrées à l&#8217;éducation et à l&#8217;enseignement en % PIB (+)</li>
<li>Nombre de médecins et d&#8217;infirmiers en % de population (+)</li>
<li>Consommation de cigarettes par adulte (-)</li>
<li>Taux de scolarisation (primaire, secondaire, supérieur) (+)</li>
<li>Inégalité en terme de revenus ou de consommation (10% les plus riches, 10% les plus pauvres) (-)</li>
<li>Dépenses militaires (-)</li>
<li>Service de la dette (-)</li>
<li>Chômage (jeunes, femmes et longue durée) (-)</li>
<li>Consommation de combustibles par habitant (-)</li>
<li>Consommation d&#8217;électricité par habitant (-)</li>
<li>Pourcentage d&#8217;équivalent pétrole produit par les énergies renouvelables sur la totalité de la consommation d&#8217;énergie (+)</li>
<li>Emission de dioxyde de carbone par habitant (-)</li>
<li>Quantité de déchets par habitant (-)</li>
<li>Ratification des traités sur l&#8217;environnement (+)</li>
<li>Production d&#8217;armes (importation, exportation) (-)</li>
<li>Effectif des forces armées (-)</li>
<li>Pourcentage de la population totale victime de crimes et délits (-)</li>
<li>Taux de participation des femmes à la vie publique (+)</li>
<li>Taux de satisfaction des travailleurs (+)</li>
<li>Abstentions moyennes aux élections (-)</li>
</ul>
<h2 style="color:#FFFFFF">‡</h2>
<h2>10.3 – Les apports de l&#8217;écosociétalisme :</h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour l&#8217;ensemble de la société :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>La suppression de toutes les magouilles et trafics permis par l&#8217;existence même de la monnaie fiduciaire (billets) dont il est impossible de suivre la trace au sein même du pays ou vers les paradis fiscaux (vol, drogue, banditisme, financements politiques, passes-droits, commissions occultes, pots de vins, etc.). Comme il est impossible d&#8217;amasser des billets de banque qui n&#8217;existent pas, il est donc impossible de transférer un montant &laquo;&nbsp;anonyme&nbsp;&raquo; à qui que ce soit. Toutes les transactions deviennent ainsi limpides et vérifiables soit par l&#8217;État soit par n&#8217;importe quel organisme vérificateur local.<br />
 Il devient aussi impossible d&#8217;échanger des &laquo;&nbsp;merci&nbsp;&raquo; contre une monnaie étrangère et ceci élimine donc toute spéculation sur la monnaie.</li>
<li>L&#8217;orientation vers une société plus écologique, respectueuse de l&#8217;utilisation des bien communs, mais surtout plus globalement sociétale</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour le citoyen salarié et/ou consommateur :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Pas d&#8217;intérêt sur les prêts individuels.</li>
<li>Pas d&#8217;impôts directs.</li>
<li>Pas d&#8217;impôts locaux.</li>
<li>Pas de prélèvements sociaux (charges salariales).</li>
<li>Un seul impôt indirect : la C.E.S. ou SOCIETAXE permettant de distribuer le Revenu Social (viatique) et de retraite, de payer la fonction publique, mais ayant en même temps un rôle régulateur sur la qualité de la production.</li>
<li>Le payement d&#8217;un &laquo;&nbsp;loyer&nbsp;&raquo; de jouissance privée d&#8217;un bien commun: le sol.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour l&#8217;entreprise en tant qu&#8217;entité morale :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Pas de bénéfices.</li>
<li>Pas de budgets publicitaires qui gonflent les prix.</li>
<li>Pas de &laquo;&nbsp;capital&nbsp;&raquo; nécessaire (trésorerie ou investissement), donc d&#8217;intérêt qui s&#8217;ajoutent au prix de revient, et de propriété actionnariale ou individuelle.</li>
<li>Pas de prélèvements sociaux (charges patronales).</li>
<li>Pas de &laquo;&nbsp;salaires&nbsp;&raquo; (mais un partage équitable d&#8217;une &laquo;&nbsp;masse monétaire&nbsp;&raquo; allouée chaque mois en fonction de sa production).</li>
<li>Pas de taxe professionnelle</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour l&#8217;État ou les Collectivités :</strong></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Diminution importante de toutes les fonctions administratives (établissement et perception des impôts et taxes).</li>
<li>Plus besoin d&#8217;emprunter sur des marchés financiers pour décider de la mise en oeuvre de biens communs (la seule limite est la disponibilité de main d&#8217;œuvre, de machines ou de robots sur toute la chaîne de fabrication, mais aussi de décisions collectives pour éviter le gâchis, ce qui imposera les &laquo;&nbsp;autorisations de dépenses&nbsp;&raquo; gérées par l&#8217;I.E.M. &#8211; Institut d&#8217;Emission de la Monnaie).</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Puisque le coût à la fabrication d&#8217;un produit ou d&#8217;un service payant ne sera plus que le cumul, proportionnellement au temps passé et aux indices sociétaux affectés, des Rémunérations des participants à la chaîne globale de fabrication (extraction, transport, transformation, distribution), à l&#8217;exclusion des intérêts bancaires qui interviennent actuellement pour près de 50% en moyenne dans les prix hors taxes des productions (Etude de l&#8217;économiste allemande Margritt Kennedy : &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/Lib%C3%A9rer-largent-linflation-taux-dint%C3%A9r%C3%AAts/dp/2880581613" target="_blank">Libérer l&#8217;argent des taux d&#8217;inflation et de l&#8217;intérêt</a>&nbsp;&raquo; aux éditions &laquo;&nbsp;Vivez Soleil&nbsp;&raquo; &#8211; éditions Tourmaline, 37 ter Rue des Tournelles, 74100 Ville la Grand, Tel: +33(0)4.50.87.27.09). C&#8217;est probablement une division par deux du temps de travail nécessaire pour acquérir les mêmes biens que nous pourrions espérer.</p>
<h1 style="color:#FFFFFF">‡</h1>
<h1><a id="annexes" name="annexes">Annexes</a></h1>
<ol>
<li><a title="Resume" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Resume" target="_blank">Résumé synthétique</a></li>
<li><a title="Comment pousse la monnaie" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=CreationMonetaire" target="_blank"> La création monétaire</a></li>
<li><a title="ChangerDeParadigme" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=ChangerDeParadigme" target="_blank"> Changer de paradigme</a></li>
<li><a title="proposition de fonctionnement du système politique dans l'éco-sociétalisme" href="http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Organisation+Politique1" target="_blank"> Suggestion utopique d&#8217;organisation du système sociétal</a></li>
<li><a rel="external" href="http://www.societal.org/acs/" target="_blank">L&#8217;Association de Coopération Sociétale</a><br class="spacer_" /> </li>
</ol>
<p style="text-align: justify;"><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L’homme qui parle avec les plantes</title>
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		<comments>http://www.letransmuteur.net/l-homme-qui-parle-avec-les-plantes/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 15 Feb 2009 07:35:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alimentation Biologique]]></category>
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		<description><![CDATA[« Quand je suis allé concourir avec 153 ingénieurs de l&#8217;administration agricole à Mexico, je les ai battu de 2.000% avec les choux. 110 tonnes à l&#8217;hectare: la vérification a été faite par leurs soins, ils n&#8217;ont même pas atteint 6 tonnes ! » L&#8217;homme qui parle avec les plantes (48:34) Le miracle, c&#8217;est Don [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>« Quand je suis allé concourir avec 153 ingénieurs de l&#8217;administration agricole à Mexico, je les ai battu de 2.000% avec les choux. 110 tonnes à l&#8217;hectare: la vérification a été faite par leurs soins, ils n&#8217;ont même pas atteint 6 tonnes ! »</strong></p>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/l-homme-qui-parle-avec-les-plantes/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>L&#8217;homme qui parle avec les plantes (48:34)</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le miracle, c&#8217;est Don José Carmen Garcia Martinez qui, avec son amour pour les plantes, les paroles qu&#8217;il leur adresse et d&#8217;anciennes recettes aztèques, a réussi à cultiver des légumes géants. Il a produit ainsi des choux de 45 kg, des pieds de maïs de 5 m. de haut, des feuilles de blette de 1,5 m. de long, 7 à 8 courges par pied (1 à 2 habituellement), 110 tonnes d&#8217;oignons par hectare (16 tonnes normalement). Un journaliste péruvien, Yvo Perez Barreto, est allé trouver Don Carmen chez lui et a raconté tout ce qu&#8217;il y a vu. Mais ce n&#8217;est pas le seul témoin: l&#8217;Université d&#8217;agronomie de Chapingo (Mexique), sous l&#8217;autorité du Pr Nicolas Cerda, spécialiste des sols, a comparé les résultats de Don Carmen avec ceux obtenus par les méthodes de l&#8217;Université sur des terrains contigus. Des ingénieurs du Ministère de l&#8217;agriculture mexicain sont venus analyser l&#8217;eau, les légumes, les semences et surtout le terrain volcanique de l&#8217;agriculteur. Rien de particulier n&#8217;a été décelé. Parmi les savoir-faire de Don Carmen, on note: cultiver sans pesticides et multiplier jusqu&#8217;à dix fois la production agricole; utiliser 700 g de fertilisant par hectare, au lieu des 500 kg habituels dans l&#8217;agriculture intensive; cultiver sur terres salées; créer de nouvelles plantes résistant aux maladies, non transgéniques&#8230; au début, sur sa terre presque stérile, il s&#8217;asseyait à côté des plantes et leur demandait de l&#8217;aider. Don José Carmen est persuadé que c&#8217;est grâce à la communication qu&#8217;il a établie mentalement avec les plantes qu&#8217;il a obtenu ces résultats miraculeux. Pour lui, le secret c&#8217;est l&#8217;amour qui lui donne cette main verte. Son livre (1) donne des tas de recettes, de trucs, qui pourraient révolutionner la planète, tout en changeant la mentalité humaine: l&#8217;amour à la place du profit immédiat.</p>
<p><em>(1) Les Éditions Clair de Terre, <a href="http://www.pressesduchatelet.com/catalogue.php?id=9782911217159" target="_blank">Presses du Châtelet</a>, </em><em>1998 (isbn:</em>9782911217159<em>).</em></p>
<hr style="width: 100%;" />
<p><em> </em></p>
<h4><span style="text-decoration: underline;">Liens proposés dans les commentaires :</span></h4>
<ul>
<li>Voila le livre au format pdf de <a href="http://www.megaupload.com/?d=EWK8A1LZ" target="_blank"><strong>l’homme qui parle aux plantes</strong></a> (283 Mo) (megaupload.com)</li>
<li>La Chine cultive des légumes géants dans l’espace &#8211; <a href="http://www.letransmuteur.net/l-homme-qui-parle-avec-les-plantes/#comment-1399">Commentaire ICI</a></li>
</ul>
<div>
<ul>
<li>Une approche biodynamique :<br />
 &#8211; &laquo;&nbsp;<strong>Le  jardin de Perelandra</strong>&laquo;&nbsp;  de Machaelle Small Wright, <a href="http://www.amazon.fr/jardin-Perelandra-Machaelle-Small-Wright/dp/2914326041" target="_blank"><strong>tome 1</strong></a> et <a href="http://www.amazon.fr/jardin-Perelandra-Machaelle-Small-Wright/dp/2914326068/" target="_blank"><strong>tome 2</strong></a>, pour apprendre à travailler en partenariat conscient avec les intelligences de la nature…<br />
 &#8211; Et son livre introductif sur son histoire et les débuts du &nbsp;&raquo; jardin de Perlandra&nbsp;&raquo;  : &laquo;&nbsp;<a href="http://www.amazon.fr/Vivre-conscient-Divin-toute-chose/dp/2914326009" target="_blank"><strong>Vivre conscient du divin en toute chose</strong></a>&laquo;&nbsp;  aux <a href="http://www.jardins-cocreatifs.com/" target="_blank">éditions co-créatives</a>.</li>
<li>Ce texte m’a fait penser aux fameux &laquo;&nbsp;<a href="http://www.jardins-de-findhorn.fr/" target="_blank">Jardins de Findhorn</a>&nbsp;&raquo; , où une <a href="http://pagesperso-orange.fr/artivision/docs/Findhorn1.html" target="_blank">communauté</a>, par les prières, et la collaboration avec les Dévas, a fait d’un champ de cailloux, une terre fertile d’un exceptionnel rendement… sans parler du taux vibratoire des récoltes…</li>
</ul>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>15 mars 2009: journée mondiale Zeitgeist (Zday)</title>
		<link>http://www.letransmuteur.net/15-mars-2009-journee-mondiale-zeitgeist-zday/</link>
		<comments>http://www.letransmuteur.net/15-mars-2009-journee-mondiale-zeitgeist-zday/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 14 Feb 2009 09:22:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LeTransmuteur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Zeitgeist &#8211; l&#8217;esprit du moment (1:57:40) Zeitgeist Addendum (2:03:07) Le But Le Moyen est la Fin : Nous sommes résolus à restaurer les nécessités fondamentales et la conscience environnementale des espèces à travers la préconisation des compréhensions les plus courantes sur ce que nous sommes vraiment, et que la science, la nature et la technologie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;"><strong> </strong><strong><a href="http://nous-les-dieux.org/Zeitgeist" target="_blank">Zeitgeist &#8211; l&#8217;esprit du moment</a> (1:57:40)</strong></h3>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/15-mars-2009-journee-mondiale-zeitgeist-zday/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h3 style="text-align: center;"><a href="http://nous-les-dieux.org/Zeitgeist_Addendum" target="_blank"><strong>Zeitgeist Addendum</strong></a><strong> (2:03:07)</strong></h3>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://www.letransmuteur.net/15-mars-2009-journee-mondiale-zeitgeist-zday/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h2 style="text-align: left;"><a name="rlm"></a><span id="more-2320"></span></h2>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h3 style="text-align: justify;">Le But</h3>
<p style="text-align: justify;">Le Moyen est la Fin :</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes résolus à restaurer les nécessités fondamentales et la conscience environnementale des espèces à travers la préconisation des compréhensions les plus courantes sur ce que nous sommes vraiment, et que la science, la nature et la technologie (plutôt que la religion, la politique et l&#8217;argent) détiennent les clés de notre développement personnel, non seulement en tant qu&#8217;êtres humains, mais aussi en tant que civilisation, à la fois structurellement et spirituellement.</p>
<p style="text-align: justify;">Les idées centrales de cette conscience sont la reconnaissance des éléments émergents et symbiotiques de lois naturelles et le fait que l&#8217;alignement avec ces compréhensions sont le fondement de nos institutions personnelles et sociales, la vie sur Terre peut et prospèrera en un système qui se développera positivement, où les suites sociales négatives, telles que la stratification (division) sociale, la guerre, les préjugés, l&#8217;élitisme et l&#8217;activité criminelle seront en constante diminution et, dans l&#8217;idéal, pourraient disparaitre dans le spectre du comportement humain lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette éventualité est, bien évidemment, très difficile à accepter pour la plupart des humains, car nous avons été conditionnés par la société à penser que le crime, la corruption et la malhonnêteté étaient &laquo;&nbsp;normales&nbsp;&raquo; et qu&#8217;il y aurait toujours des gens qui voudront abuser, blesser ou tirer avantage des autres.</p>
<p style="text-align: justify;">La religion est le principal instigateur (auteur) de cette propagande, car la mentalité du &laquo;&nbsp;Nous et Eux&nbsp;&raquo; ou du &laquo;&nbsp;Bien et du Mal&nbsp;&raquo; encourage cette fausse hypothèse.</p>
<p style="text-align: justify;">La réalité est que nous vivons dans une société qui crée le raréfaction. La conséquence de ce manque est que les êtres humains doivent se comporter de manière a survivre, même si cela signifie qu&#8217;ils doivent tricher ou voler pour obtenir ce qu&#8217;ils veulent.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre étude nous a amené à conclure que le manque est une des causes les plus importantes de l&#8217;aberrance du comportement humain, tout en conduisant, par d&#8217;autres moyens, à des formes complexes de névrose. Un regard statistique sur la toxicomanie, le crime et le taux d&#8217;incarcération révèle que la pauvreté et les conditions sociales malsaines font partie du vécu de ceux engagés dans de tels comportements.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Êtres Humains ne sont ni bons ni mauvais&#8230; ils courent, ne cessant de modifier leur(s) expérience(s) que la vie leur influe. La &laquo;&nbsp;qualité&nbsp;&raquo; d&#8217;un être humain (si une telle chose devait exister) est directement reliée à l&#8217;éducation et de cette manière aux systèmes de croyance dans lequel ils ont été conditionnés.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette évidente réalité a été grossièrement négligée et de nos jours les gens pensent primitivement que la compétition, la cupidité et la corruption sont des éléments &laquo;&nbsp;greffés&nbsp;&raquo; au comportement humain et que, de ce fait, nous devons posséder des prisons, une police et en conséquence une hiérarchie de contrôle différentiel pour que la société puisse gérer ces &laquo;&nbsp;tendances&nbsp;&raquo;. C&#8217;est complètement illogique et faux.</p>
<p style="text-align: justify;">Le point important est qu&#8217;afin de changer les choses pour le meilleur fondamentalement, vous devez commencer par vous attaquer aux causes profondes. Le système actuel des sociétés de la &laquo;&nbsp;punition&nbsp;&raquo; est démodé, inhumain et improductif. Quand un Serial Killer (tueur en série) est attrapé, la majorité des gens s&#8217;agitent et crient pour la mort de cette personne. Tout ceci est arriéré.</p>
<p style="text-align: justify;">Une société réellement saine d&#8217;esprit, qui est consciente de ce que nous sommes et comment nos systèmes de valeur sont créés, considèrerait la personne et chercherait à apprendre les raisons derrière ses actions violentes. Cette information irait ensuite dans un département de recherche qui réfléchirait à comment faire en sorte que de tels comportements ne se reproduisent plus, et ceci à travers l&#8217;éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est temps de mettre fin à ce patchwork. Il est temps de commencer une nouvelle approche sociale qui est mise à jour avec les connaissances actuelles. Hélas, la société actuelle fonctionne encore amplement sur le démodé, les dispositions superstitieuses et les résolutions.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est aussi important de souligner qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;utopies ou de conclusion. Tous les signes désignent un changement perpétuel à tous les niveaux. À son tour, ce sont nos actions personnelles de tous les jours qui façonnent et perpétuent les systèmes sociaux en place. Néanmoins, paradoxalement, ce sont aussi nos influences environnementales qui créent nos perspectives et, par conséquent, nos visions du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent, le véritable changement ne viendra pas seulement de l&#8217;ajustement de vos compréhensions personnelles et de vos résolutions, mais viendra également du changement des structures sociales qui influencent ces compréhensions et résolutions.</p>
<p style="text-align: justify;">Les systèmes élitiques du pouvoir ne sont que peu affectés sur le long terme par les protestations traditionnelles et les mouvements politiques. Nous devons aller au-delà de ces &laquo;&nbsp;rebellions de constatation&nbsp;&raquo; et agir avec un outil bien plus puissant :</p>
<p style="text-align: justify;">Nous arrêterons de soutenir le système, tout en prônant constamment la connaissance, la paix, l&#8217;unité et la compassion. Nous ne pouvons &laquo;&nbsp;affronter le système&nbsp;&raquo;. La haine, la colère et la &laquo;&nbsp;mentalité de la guerre&nbsp;&raquo; sont des moyens de changement voué à l&#8217;échec, car perpétuant les mêmes outils que les systèmes corrompus de pouvoir utilisent pour leur maintien du contrôle.</p>
<h3 style="text-align: justify;">La Distorsion et la Paralysie</h3>
<p style="text-align: justify;">Quand nous comprendrons que tous les systèmes sont en voie de développement et constamment dans un état d&#8217;évolution, ainsi que le fait que nous sommes symbiotiquement connectés à la nature et entre nous de la manière la plus simple mais néanmoins profonde, nous forçant à réaliser que notre intégrité personnelle est aussi élevée que l&#8217;intégrité du reste de la société, nous réaliserons donc à quel point nos repères sociaux étaient altérés et arriérés et comment leur perpétuation est responsable de l&#8217;instabilité de notre société.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Système Monétaire, par exemple, a longtemps été considéré comme un aspect positif dans la société du au fait qu&#8217;il incitait à la production et au progrès. De nos jours, le système monétaire est devenu un outil pour la division et la contrôle totalitaire.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est la forme ultime de &laquo;&nbsp;Diviser pour mieux régner&nbsp;&raquo; dont les hypothèses profondes sont :</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>Nous devons nous affronter les uns les autres pour survivre.</li>
<li>L&#8217;Homme doit avoir une récompense &laquo;&nbsp;stimulante&nbsp;&raquo; pour faire quoi que ce soit de significatif.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">Dans la mesure du premier point (Nous devons nous affronter les uns les autres pour survivre), cette caractéristique de &#8216;compétition&#8217; dans le système garantit la corruption dans la société à tous les niveaux, car le crédo est &laquo;&nbsp;Nous contre eux&nbsp;&raquo;. Beaucoup débattent à propos du fait que le &laquo;&nbsp;système de marché libre&nbsp;&raquo; est efficace&#8230; mais il est corrompu de nos jours en raison des mauvaises politiques, du favoritisme, des sauvetages financiers, etc. Ils affirment que si un marché libre &laquo;&nbsp;pure&nbsp;&raquo; pouvait exister tout irait bien. C&#8217;est faux, car ce que vous voyez aujourd&#8217;hui EST le marché libre, avec tous ses avantages différentiels et sa corruption. Aucune loi n&#8217;empêchera jamais les opérations d&#8217;initiés, les collusions, les monopoles, les abus de travail, la pollution, l&#8217;obsolescence planifiée &#8230; c&#8217;est ce qu&#8217;un système basé sur la compétition produit à coup sûr, car fondé sur l&#8217;idée de tirer profit des autres pour le profit. Un point c&#8217;est tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons commencer à nous séparer de ces idéaux oppressants et aller vers un système &laquo;&nbsp;conçu&nbsp;&raquo; pour faire vivre les êtres humains&#8230; et non plus les forcer à s&#8217;affronter pour survivre. En ce qui concerne le second point (L&#8217;Homme doit avoir une récompense &laquo;&nbsp;stimulante&nbsp;&raquo; pour faire quoi que ce soit de significatif), c&#8217;est tout simplement une perspective triste et incroyablement négative de l&#8217;être humain en général. Se dire qu&#8217;une personne doit être &laquo;&nbsp;structurellement motivée&nbsp;&raquo; ou par conséquent &laquo;&nbsp;forcée&nbsp;&raquo; à faire quoi que ce soit, est tout bonnement absurde. Souvenez-vous lorsque vous étiez un enfant et n&#8217;aviez aucune idée de ce qu&#8217;était l&#8217;argent. Vous jouiez, étiez curieux et faisiez de nombreuses choses&#8230; pourquoi ? Car vous en aviez envie. Cependant, plus le temps passe dans notre système, plus cette curiosité naturelle et cette auto-motivation disparait chez l&#8217;Homme, car ils sont contraints à se conformer au système de travail spécialisé, compartimenté et prédéfini pour survivre. Ceci, au final, crée souvent une rébellion naturelle au sein de la personne due à l&#8217;obligation forcée, et c&#8217;est ainsi qu&#8217;on en arrive à la séparation du &laquo;&nbsp;loisir&nbsp;&raquo; et du &laquo;&nbsp;travail&nbsp;&raquo;. La paresse censée exister par le biais des partisans du système monétaire (qui clament qu&#8217;il produit une motivation) ne reconnait pas ça. Dans une véritable société, les gens suivraient leurs penchants naturels et travailleraient pour participer à la société non pas parce qu&#8217;ils sont &laquo;&nbsp;payés&nbsp;&raquo; pour ça, mais parce qu&#8217;ils ont une plus grande sensibilisation qui reconnait que contribuer à la société les aide autant que cela aide les autres. Il s&#8217;agit de l&#8217;état de conscience le plus élevé que nous espérons faire communiquer. Votre récompense pour avoir contribuer à la société est le bien-être de cette société&#8230; qui, au final, servira votre bien-être.</p>
<p style="text-align: justify;">À présent, en mettant ces choses en perspective, il est important de comprendre que notre monde est actuellement dirigé, indéniablement, par un petit groupe d&#8217;hommes dominant ayant les postes les plus élevés des institutions les plus importantes dans la société &#8211; Les Affaires et la Finance (Business and Finance). La mise en place d&#8217;un gouvernement est en tandem avec l&#8217;influence et le pouvoir des sociétés et des banques. Le sang de la vie est l&#8217;argent, ce qui est, en fait, une illusion qui a désormais peu de pertinence pour la société et qui sert d&#8217;outil à la manipulation et la division associé à une sorte d&#8217;organisation sociale qui garantit l&#8217;élitisme, le crime, la guerre et la stratification (division) sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Simultanément, on apprend aux individus qu&#8217;être &laquo;&nbsp;correct&nbsp;&raquo; est ce qui les définit en tant qu&#8217;être humain. Ce fait d&#8217;être &laquo;&nbsp;correct&nbsp;&raquo; est directement relié aux valeurs prédominantes de la société elle-même. Par conséquent, ceux qui acceptent et soutiennent les points de vue du système social sont considérés comme &laquo;&nbsp;normaux&nbsp;&raquo;, tandis que ceux qui sont en désaccord sont considérés comme &laquo;&nbsp;anormaux&nbsp;&raquo; ou même &laquo;&nbsp;subversifs&nbsp;&raquo;. Que ce soit le dogme d&#8217;une tradition sociale unique, ou l&#8217;alignement avec une religion mondialement établie, la base est la même : Matérialisme Intellectuel.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors nous nous rendons compte que la connaissance et en conséquence nos institutions sont en constante évolution, nous constatons que tout système de croyance qui prétend &laquo;&nbsp;savoir&nbsp;&raquo; quoi que ce soit, sans contestation possible, est voué à l&#8217;échec. La religion, avec son fondement dans la foi, est le roi de la distorsion, car il revendique savoir quelque chose de définitif à propos d&#8217;un sujet aussi complexe et insaisissable que les origines de l&#8217;espèce humaine, et c&#8217;est tout simplement impossible dans un univers émergent (en développement).</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci étant dit, nous réalisons donc que, tout aussi dangereux que les structures du pouvoir établies, le sont les personnes qui ont été conditionnées pour accepter totalement les compréhensions immuables avancées par ces systèmes&#8230; devenant de ce fait les &laquo;&nbsp;Garants attitrés du Statu Quo (situation figée)&nbsp;&raquo;. Cela s&#8217;applique à tous les systèmes, principalement politiques, financiers et religieux. Depuis que l&#8217;identité des personnes est devenue liée aux doctrines d&#8217;un pays, d&#8217;une religion ou à une éthique de Business (Affaires), il est souvent très difficile pour une personne d&#8217;en changer, car son identité a été associée aux idéologies qui lui ont été imposées. Ils perpétuent par conséquent la doctrine de l&#8217;institution, simplement pour maintenir leur intégrité personnelle, telle qu&#8217;ils la perçoivent. Nous devons mettre fin à ce cycle, car il paralyse notre développement non seulement en tant qu&#8217;individus mais aussi en tant que société.</p>
<h3 style="text-align: justify;">La Vérité et la Transition</h3>
<p style="text-align: justify;">Une fois que nous aurons compris que l&#8217;intégrité de nos propres existences est directement reliée à l&#8217;intégrité de la Terre, de la Vie et de tous les autres Êtres Humains, le chemin que nous aurons à arpenter sera prédéfini. À son tour, une fois que nous aurons réalisé que c&#8217;est la science, la technologie et par conséquent la créativité humaine qui instaure le progrès dans nos vies, nous serons alors capables de reconnaître nos véritables priorités pour le progrès et le développement social et personnel. Ces points étant indiqués, nous pouvons voir que la Religion, la Politique et le système de travail basé sur l&#8217;argent et la compétition sont des moyens obsolètes de fonctionnement social, que doivent désormais être critiqués et dépassés. Notre vocation est de parvenir à un système social qui agit sans argent ni politique, while allowing superstition to work itself out as education flourishes. Personne n&#8217;a le droit de dire à une autre ce qu&#8217;elle doit croire, car personne n&#8217;a une compréhension totale de quoi que ce soit. Cependant, si nous nous penchons sur les procédés naturels de la vie, nous verrons alors comment nous pouvons nous aligner avec la nature et de cette manière notre chemin sera bien plus clair.</p>
<p style="text-align: justify;">Par exemple, beaucoup de personnes sont inquiètes à propos de l&#8217;augmentation de la population mondiale, tandis que certaines figures despotiques comme Henry Kissinger affirment qu&#8217;une &laquo;&nbsp;réduction&nbsp;&raquo; est nécessaire. C&#8217;est, évidemment, assez effrayant. Cependant la véritable question subsiste : Est-ce que l&#8217;augmentation de la population est si néfaste ? La réponse est que, d&#8217;un point de vue scientifique, la Terre peut supporter beaucoup plus de personnes si besoin est, une fois que la technologie de pointe sera exploitée. Notre planète est composée à 70% d&#8217;eau, et les cités sur la mer (un des nombreux projets de Jacque Fresco) sont la prochaine étape. Par la suite, l&#8217;éducation sur la vie en général informera les personnes quant aux conséquences de leurs actes reproductifs et l&#8217;augmentation de la population sera tout naturellement ralentie au fur et à mesure que les gens commenceront à réaliser de quelle manière ils sont liés à la planète et à sa capacité d&#8217;accueil.</p>
<p style="text-align: justify;">De ce fait, le seul &laquo;&nbsp;gouvernement&nbsp;&raquo; pouvant réellement exister est la Terre et ses ressources. À partir de là, toutes les possibilités peuvent être évaluées. C&#8217;est pourquoi une unification de tous les pays est nécessaire, car l&#8217;information la plus importante que nous pouvons posséder en tant qu&#8217;espèce est une évaluation complète et très détaillée de ce que nous avons sur cette planète. De la même manière que vous examineriez les ressources d&#8217;une acre de terre pour voir ce que vous pourriez y faire, c&#8217;est de ça dont nous avons besoin qu&#8217;il se passe avec la planète dans le but de développer ce que nous sommes capables en tant qu&#8217;espèce, une ressource pure.</p>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, la plupart qui examineront les idées présentées précédemment ne cesseront de se demander : &laquo;&nbsp;Comment pouvons-nous faire ceci compte tenu de la distorsion des systèmes de valeurs actuellement en marche ? Comment réaliser ce changement, cette transition aussi énorme ?&nbsp;&raquo; C&#8217;est, évidemment, la question la plus complexe. La réponse : Il fat bien commencer quelque part. Il y a nombre de choses qui peuvent être réalisées par une seule personne ou une communauté et qui peuvent donner forme à cette vision. Le pas le plus important est l&#8217;éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 15 Mars 2009 (ou &laquo;&nbsp;ZDAY&nbsp;&raquo; comme il a été appelé en 2008), il y aura une journée d&#8217;action mondiale pour répandre la conscience de cette orientation sociale. Notre espoir est de voir s&#8217;organiser le plus de réunions possibles dans de nombreuses villes, états et pays. Notre site thezeitgeistmovement.com va faire en sorte de fournir les éléments nécessaires dans le plus de langues possible, tout en faisant notre possible pour aider chaque sous-groupe. Nous ne vous demanderons jamais d&#8217;argent. Nous sommes là pour aider, car nous acceptons et comprenons une vérité primordiale qui a été oubliée pendant très longtemps :</p>
<p style="text-align: justify;">Plus vous donnez, plus vous recevez.</p>
<p style="text-align: justify;">Merci pour votre aide.</p>
<p style="text-align: right;"><em>(source: <a href="http://www.thezeitgeistmovement.com/joomla/index.php?Itemid=126" target="_blank">thezeitgeistmovement.com</a>)</em></p>
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		<title>Les Semences du monde &#8211; L&#8217;amélioration participative des plantes</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 15:29:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bouddha_Hindy</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;agriculture moderne est comme une vaste pyramide inversée; elle repose sur une base dangereusement étroite. Sur près de 250.000 variétés végétales propres à la culture, on n&#8217;en cultive aujourd&#8217;hui qu&#8217;environ 7.000, soit moins de 3 %. Le système hiérarchisé de la recherche agricole, qui considère les agriculteurs comme de simples bénéficiaires de la recherche plutôt [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-full wp-image-2087" title="semences" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/semances11.jpg" alt="semences" width="364" height="238" /><strong>L&#8217;agriculture moderne est comme une vaste pyramide inversée; elle repose sur une base dangereusement étroite. Sur près de 250.000 variétés végétales propres à la culture, on n&#8217;en cultive aujourd&#8217;hui qu&#8217;environ 7.000, soit moins de 3 %. Le système hiérarchisé de la recherche agricole, qui considère les agriculteurs comme de simples bénéficiaires de la recherche plutôt que des participants à part entière, a grandement contribué à accroître la dépendance à l&#8217;égard de quelques variétés végétales. Cette tendance, de même que l&#8217;industrialisation croissante de l&#8217;agriculture, sont les principaux facteurs de ce qu&#8217;il est désormais convenu d&#8217;appeler l&#8217;« érosion génétique ». </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut aborder la recherche et le développement agricole sous un angle nouveau pour conserver la diversité, améliorer les cultures et assurer à l&#8217;humanité une production alimentaire de qualité. Le présent ouvrage porte sur ce genre d&#8217;approche : la phytosélection participative. Passant en revue dix années de recherches sur l&#8217;agrobiodiversité financées par le <acronym title="Centre de recherches pour le développement international">CRDI</acronym>, il examine les questions fondamentales, de la conception des projets <em>in situ</em> aux droits des agriculteurs et des phytogénéticiens, et fait valoir l&#8217;importance de nouvelles lois et politiques à l&#8217;appui des objectifs énoncés. Les Semences du monde présente divers projets illustrant la collaboration des agriculteurs et des phytogénéticiens, qu&#8217;ils soient des hautes terres andines, des contreforts de l&#8217;Himalaya ou de régions plus éloignées encore. Suivant l&#8217;analyse des points forts – et des faiblesses – de ces projets, l&#8217;auteur propose des recommandations aux gouvernements et aux organismes œuvrant dans le domaine de la recherche et du développement agricole. Le livre se ferme sur une vue spéculative de la phytosélection participative dans une dizaine d&#8217;années.</p>
<p style="text-align: justify;">Diversité égale vie; diversité égale choix, aussi. Malheureusement, où que ce soit sur la planète, les sites où entretenir la diversité ou la créer sous une forme nouvelle sont de plus en plus limités. La diversité biologique, dans un environnement de plus en plus maîtrisé par l&#8217;homme, est sérieusement menacée. La mondialisation impose des limites aux manières dont les gens peuvent façonner et restructurer la diversité socio-économique, culturelle et politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, en bien des endroits, on s&#8217;efforce de valoriser, d&#8217;utiliser et de soutenir l&#8217;évolution de la diversité. En 1992, à l&#8217;issue de la Conférence des Nations Unies sur l&#8217;environnement et le développement (<span class="smallcaps">CNUED</span>, ou Sommet de la Terre), le personnel du Centre de recherches pour le développement international (<span class="smallcaps">CRDI</span>) du Canada a élaboré un programme à l&#8217;appui de ces efforts. Le programme du <span class="smallcaps">CRDI</span> sur la biodiversité est né avec l&#8217;intention de placer et de garder la diversité biologique en tête des priorités des organismes de développement et de recherche du Sud, du Canada et du globe. Cinq ans plus tard, ce programme devenait l&#8217;initiative de programme Utilisation durable de la biodiversité (<span class="smallcaps">UDB</span>), mais adoptait la même approche et conservait les objectifs premiers, soit :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>favoriser</strong> l&#8217;utilisation, la gestion et l&#8217;amélioration du savoir, des innovations et des pratiques des populations autochtones et des collectivités locales en matière de conservation et d&#8217;utilisation durable de la biodiversité;</li>
<li> <strong>élaborer</strong> des mesures incitatives, des méthodes et des politiques qui facilitent, d&#8217;une part, la conception de stratégies axées sur la conservation et l&#8217;amélioration de la biodiversité agricole et aquatique <em>in situ</em> et, d&#8217;autre part, la participation des collectivités à leur conception et mise en œuvre;</li>
<li> <strong>appuyer</strong> l&#8217;élaboration de politiques et de lois qui reconnaissent le droit des populations autochtones et des collectivités locales aux ressources génétiques et garantissent le partage équitable des avantages que procure l&#8217;utilisation de ces ressources.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ce numéro de la collection <em>Un Focus</em> présente quelques-uns des travaux de recherche sur la biodiversité qui se sont déroulés souvent dans de petites localités lointaines et mal connues du monde. Fondée sur un inventaire de l&#8217;appui accordé par le <span class="smallcaps">CRDI</span> à la biodiversité agricole depuis une décennie, cette étude recense les efforts de tous les intervenants qui ont contribué à la réalisation des objectifs du développement et de la recherche. Cet ouvrage se veut instructif et formateur afin d&#8217;améliorer les travaux en cours non seulement sur les plans conceptuels et méthodologiques, mais aussi dans la pratique.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours des dix dernières années, j&#8217;ai eu le grand privilège de nouer des relations étroites avec des chercheurs, des agriculteurs, des agents de vulgarisation et des représentants du gouvernement qui s&#8217;intéressent de près à la sélection végétale. Ils m&#8217;ont beaucoup appris. Je les remercie d&#8217;avoir osé s&#8217;éloigner des sentiers battus pour ouvrir de nouvelles voies à la recherche.<span id="more-2062"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Salvatore Ceccarelli, Noemi Espinoza, Sanjaya Gyawali, Humberto Lambrada Ríos, Yiching Song et Louise Sperling ont enrichi ce rapport de leurs commentaires. Je leur sais gré de leur généreuse contribution. Marcel Vernooij, directeur des politiques sur la biodiversité et l&#8217;agriculture aux Pays-Bas, et Louise Sperling, directrice de recherche sur la phytosélection participative au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale, ont eu la bonté de répondre clairement à cette question fondamentale : <em>« Quelles décisions prenez-vous en matière d&#8217;agrobiodiversité dans le cadre de votre travail quotidien ? » </em>Leur réponse sans détour m&#8217;aura permis de proposer aux décideurs des recommandations concrètes qui, je l&#8217;espère, recevront un accueil favorable.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fil des ans, mes collègues du <span class="smallcaps">CRDI</span> ont façonné et remanié les programmes sur la biodiversité et l&#8217;<span class="smallcaps">UDB</span>. Sans leur engagement désintéressé, leurs idées novatrices et leurs critiques constructives, l&#8217;appui du <span class="smallcaps">CRDI</span> à la phytosélection participative n&#8217;aurait peut-être pas duré une décennie.</p>
<p style="text-align: justify;">Bob Stanley, rédacteur chevronné, n&#8217;a pas hésité à se lancer avec moi dans l&#8217;aventure que représente la rédaction d&#8217;un tel ouvrage. Ce livre témoigne de son talent. Je lui suis très reconnaissant de son inestimable contribution et de son extrême patience lors des inévitables multiples corrections.</p>
<p style="text-align: justify;">Bill Carman et le personnel de la Division des communications du <span class="smallcaps">CRDI</span> ont révisé le manuscrit et m&#8217;ont fait part de leurs judicieuses observations. Ils se sont également chargés de la production et de la publication. J&#8217;ai été très heureux de travailler avec eux.</p>
<p style="text-align: justify;">Je remercie Nicole Pelletier pour la révision du texte et le choix du titre, et pour son support offert durant toutes les années de travail intensif.</p>
<p style="text-align: justify;">Les travaux novateurs qui ont favorisé l&#8217;évolution de la diversité, la productivité agricole et la reconnaissance du savoir et des compétences des agriculteurs et des phytogénéticiens ont été pour moi une source d&#8217;inspiration. J&#8217;ose espérer que ces efforts et les nouvelles initiatives qui en résultent recevront des décideurs et des directeurs de recherche le solide appui dont ils ont besoin.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet ouvrage est dédié à la mémoire de Marie Béatrice Dubé.</p>
<p><strong><em>Ronnie Vernooy</em></strong> (*)<br />
 Janvier 2003</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<h2><strong>Chapitre premier : L&#8217;enjeu</strong></h2>
<h3><strong>Les méga-cultures et l&#8217;érosion génétique</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Un panneau, le long d&#8217;une route rurale quelque part au Canada, se lit ainsi :<em> Si vous avez mangé aujourd&#8217;hui, remerciez un fermier.</em> Il faudrait sans doute remercier aussi un sélectionneur de plantes puisque la majorité des résidents du Nord — tout comme une forte proportion des populations du Sud — mangent tous les jours grâce aux remarquables progrès des sciences et de la technologie agronomiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont les sciences agronomiques qui nous ont permis de réfuter les prévisions pessimistes de Malthus et de continuer de nourrir une population mondiale qui ne cesse de croître. Bien que le rythme de croissance se soit atténué depuis la dernière génération, la marée humaine continue de s&#8217;étendre : aujourd&#8217;hui, la population mondiale atteint les six milliards; bientôt, nous serons huit milliards; et, en 2050, peut-être y aura-t-il sur terre jusqu&#8217;à dix milliards de personnes. Mais il est un fait déconcertant : à mesure que s&#8217;accroît la population humaine, le nombre de cultures vivrières dont la plupart d&#8217;entre nous sommes tributaires s&#8217;amenuise.</p>
<p style="text-align: justify;">Personne ne sait exactement comment l&#8217;agriculture est née, il y a 8.000 ou 10.000 ans; comment nos ancêtres ont commencé à identifier, manipuler et gérer certaines plantes et créatures sauvages pour subsister. Nous savons cependant que l&#8217;invention de l&#8217;agriculture représente un tournant dans l&#8217;évolution de l&#8217;humanité qui a mené aux structures et aux systèmes sociaux que nous appelons « civilisation ».</p>
<p style="text-align: justify;">Au fil des siècles, les méthodes d&#8217;expérimentation agricole ont occasionné la domestication d&#8217;une gamme de plantes toujours croissante pour répondre aux besoins et préférences des gens, et aux conditions du milieu. Résultat : des milliers de variétés végétales différentes et génétiquement uniques sont cultivées dans les exploitations agricoles. Aujourd&#8217;hui, pourtant, les espèces végétales cultivées se limitent à 150 environ. L&#8217;alimentation des trois quarts de la population mondiale repose sur 12 d&#8217;entre elles, tandis que les approvisionnements alimentaires de la moitié de la planète proviennent d&#8217;un petit nombre de variétés de quelques espèces végétales seulement. Ce sont les « méga-cultures » : riz, blé, maïs, sorgho et millet, pommes de terre et patates douces.</p>
<p style="text-align: justify;">Les méga-cultures sont des plantes à haut rendement qui exigent d&#8217;importants moyens de production, développées par les scientifiques des centres internationaux de recherche agricole dans le monde entier. Elles constituent le fondement de la révolution verte qui a donné lieu à une croissance exponentielle de la production agricole dans plusieurs pays en développement et nourri des centaines de millions de personnes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce succès recèle une menace, toutefois. Le système hiérarchisé de la recherche agricole, qui considère les agriculteurs comme de simples bénéficiaires de la recherche plutôt que des participants à part entière, a grandement contribué à accroître la dépendance à l&#8217;égard de quelques variétés végétales. Cette tendance, de même que l&#8217;industrialisation croissante de l&#8217;agriculture, sont les principaux facteurs de ce qu&#8217;il est désormais convenu d&#8217;appeler l&#8217;« érosion génétique ». Ce terme désigne à la fois la disparition d&#8217;une espèce et la réduction de la variété — il n&#8217;englobe pas seulement les plantes, mais aussi les animaux et les micro-organismes — ainsi que la dégradation graduelle de processus garants de l&#8217;évolution de la diversité. Ces processus regroupent le savoir en constante évolution, les innovations, les pratiques et les diverses formes d&#8217;organisations d&#8217;agriculteurs au sein des populations autochtones et des collectivités locales. Les pratiques en matière de production, de récolte et de préparation des aliments font souvent partie intégrante de l&#8217;identité culturelle des collectivités.</p>
<p style="text-align: justify;">Le savoir des agriculteurs sur la diversité agricole revêt toujours une importance cruciale en bien des endroits, mais leurs cultures et leurs systèmes de culture sont aussi soumis à des exigences de plus en plus pressantes. L&#8217;Organisation des Nations Unies pour l&#8217;alimentation et l&#8217;agriculture (<span class="smallcaps">FAO</span>) estime que, sur près de 250.000 variétés végétales propres à la culture, on n&#8217;en cultive aujourd&#8217;hui qu&#8217;environ 7.000, soit moins de 3 %. Le non-usage mène à l&#8217;abandon et, éventuellement, à l&#8217;extinction.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Selon la FAO, le remplacement de variétés locales par des variétés améliorées ou exotiques est la principale cause de l&#8217;érosion génétique dans le monde.</strong></p>
<h3><strong>L&#8217;importance de la diversité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;agriculture moderne est comme une vaste pyramide inversée; elle repose sur une base dangereusement étroite. L&#8217;érosion génétique pourrait mettre en péril la sécurité alimentaire de demain s&#8217;il advenait une réduction de l&#8217;efficacité des variétés à haut rendement dont nous sommes désormais tributaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici un premier paradoxe : le succès même des sciences agronomiques a entraîné la concentration d&#8217;un petit nombre de variétés conçues pour la culture intensive et une diminution considérable de la diversité des variétés végétales pouvant servir à la recherche et au développement durable de l&#8217;agriculture.</p>
<p style="text-align: justify;">Par le passé, les chercheurs comptaient sur les agriculteurs qui préservaient des cultures assez diversifiées pour leur fournir le « nouveau matériel » génétique dont ils avaient besoin. Les sélectionneurs ont de plus en plus tendance à s&#8217;appuyer sur un nombre restreint de variétés améliorées. L&#8217;homogénéité de l&#8217;agriculture moderne menace cette source de diversité génétique et, partant, met en péril la sécurité alimentaire à l&#8217;échelle locale et mondiale.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire également que les sélectionneurs n&#8217;ont pas connu un succès absolu. Les variétés à rendement élevé exigent la plupart du temps beaucoup de soins, notamment un épandage régulier d&#8217;engrais et d&#8217;autres facteurs de production agricoles. Autrement dit, elles ne peuvent pas se développer dans des sols appauvris ou dans des conditions défavorables.</p>
<p style="text-align: justify;">En raison de ces contraintes, les variétés à haut rendement sont hors de portée pour des millions de petits agriculteurs qui n&#8217;ont pas les moyens de se procurer des semences et des fertilisants coûteux. Pis encore, la plupart de ces cultivateurs déclinent les offres des phytogénéticiens parce que les obtentions végétales qu&#8217;ils proposent ne sont pas conçues pour les terres pauvres : elles ne satisfont ni aux besoins des paysans, ni aux préférences locales.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, même s&#8217;ils disposent de peu de ressources, ces agriculteurs — des femmes, pour une large part — produisent jusqu&#8217;à 20 % des cultures vivrières de la planète. Environ le quart de la population mondiale dépend de ces terres marginales pour se nourrir.</p>
<p style="text-align: justify;">En règle générale, les paysans qui exploitent ce genre de terres ont recours à diverses pratiques agricoles; cultivent à la fois des céréales et des plantes potagères; élèvent quelques poules pondeuses ou quelques poulets destinés à la consommation; et, s&#8217;ils en ont les moyens, quelques porcs peut-être, des chèvres, une ou deux vaches. Ils sélectionnent et plantent des semences provenant de leurs propres récoltes, en échangent avec des voisins ou des membres de la famille. Parfois offertes en cadeau, les semences sont doublement appréciées. Pour beaucoup, c&#8217;est un gagne-pain, souvent subventionné par un travail ailleurs qu&#8217;à la ferme. Pendant les bonnes saisons, toutefois, il peut même y avoir des récoltes excédentaires à vendre au marché.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a un deuxième paradoxe : ces petits agriculteurs traditionnels pourraient bien détenir la clé de la croissance de la diversité biologique et culturelle. Car en luttant pour subsister sur ces sols pauvres et avec des ressources limitées, ces cultivateurs permettent aux variétés végétales d&#8217;évoluer. Ils sélectionnent des types de plantes (plutôt que des variétés) en se fondant sur leurs propres observations et selon leurs besoins particuliers. Ainsi, les conditions locales peuvent être favorables à des plantes basses mais robustes, ou encore la saveur, voire la couleur, de la plante à maturité peut avoir son importance.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en résulte que dans une large mesure, et cela pourra peut-être étonner, ces fermiers sont devenus les gardiens de la diversité. Grâce à leurs compétences en phytogénétique — fondées sur leur expérience et leur observation plutôt que sur des connaissances scientifiques — ils préservent la variation génétique essentielle à l&#8217;évolution et à l&#8217;adaptation continue des génotypes végétaux. Ils donnent aussi accès à une vaste diversité culturelle — qui s&#8217;exprime par le savoir local, la langue, les façons d&#8217;agir, diverses formes d&#8217;association — tout aussi importante pour la conservation de la biodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Repenser les stratégies de sélection classiques signifie avant tout reconnaître le rôle de premier plan que jouent les paysans.</strong></p>
<h3><strong>Un processus dynamique de conservation et d&#8217;amélioration</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Non seulement l&#8217;approche uniformisée de la sélection végétale ne convient-elle pas aux besoins des petits agriculteurs du monde en développement, mais elle contribue en outre à la perte de la diversité agricole, ou agrobiodiversité. À son tour, l&#8217;appauvrissement de l&#8217;agrobiodiversité réduit la capacité des écosystèmes agricoles de produire des ressources renouvelables. Les écosystèmes s&#8217;adaptent alors plus difficilement au changement, ce qui les rend encore plus fragiles. C&#8217;est un cercle vicieux. En 1998, la <span class="smallcaps">FAO</span> soulignait dans un rapport intitulé <em>The state of the world&#8217;s plant genetic resources for food and agriculture</em> qu&#8217;il faudra peut-être revoir les stratégies de sélection classiques sous un angle nouveau.</p>
<p style="text-align: justify;">Repenser ces stratégies signifie avant tout reconnaître le rôle de premier plan que jouent les paysans de même que l&#8217;importance de leur savoir et de leur organisation sociale dans la gestion et la conservation de l&#8217;agrobiodiversité. La reconnaissance de ces rôles est ce qui fonde l&#8217;approche de la recherche agricole que l&#8217;on désigne par sélection végétale participative ou, de plus en plus, par phytosélection participative. <strong>En d&#8217;autres termes, l&#8217;objectif de la phytosélection participative consiste à faire en sorte que la recherche entreprise soit appropriée aux besoins des agriculteurs.</strong> Les chercheurs travaillent avec les paysans et la plus grande partie des essais se font sur le terrain.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans la phytosélection participative, les agriculteurs ne jouent plus un rôle auxiliaire, ce sont des partenaires à part entière</strong>. De fait, il arrive fréquemment que les agriculteurs prennent les devants et, parfois, ils combinent les semences qu&#8217;ils ont eux-mêmes sélectionnées avec le matériel fourni par les phytogénéticiens. Les obtentions végétales des agriculteurs étant adaptées aux conditions locales, les résultats sont souvent plus probants. Et lorsque cela se produit, les paysans n&#8217;hésitent pas à procéder à la multiplication des semences et à les distribuer. <strong>Ces interventions donnent lieu à un processus dynamique de conservation et d&#8217;amélioration.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La phytosélection participative et la conservation <em>in situ</em> de l&#8217;agrobiodiversité — c&#8217;est-à-dire la préservation de la diversité des espèces végétales dans les exploitations agricoles, dans les habitats d&#8217;où elles viennent et où elles continuent d&#8217;évoluer — sont deux méthodes complémentaires. Les petits agriculteurs sélectionnent leurs propres variétés améliorées uniquement pour survivre. Ils préservent ainsi la diversité, mais ils ne font pas la distinction entre conservation et développement. La phytosélection participative est une approche qui favorise à la fois le développement et la conservation de la diversité.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette approche donne aux petits exploitants agricoles les moyens de prendre leur situation en mains et entérine la logique qui préside à leurs choix. Elle permet aux agriculteurs plus prospères d&#8217;exercer un plus grand contrôle sur leur vie et donne à ceux qui pratiquent une agriculture de subsistance ou qui ne récoltent que le minimum vital l&#8217;occasion de briser le cercle vicieux de la pauvreté. Les femmes des régions rurales sont sans doute celles qui bénéficient le plus de la phytosélection participative. Ce sont elles qui exécutent le gros des travaux agricoles, veillent au traitement et à l&#8217;entreposage du grain et d&#8217;autres plantes cultivées, et préparent les aliments. Et parce que, dans bien des régions, les femmes préservent aussi les meilleures semences pour la plantation, elles jouent un rôle déterminant dans la gestion des ressources phytogénétiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici un troisième paradoxe : les pays les plus riches en matériel génétique sont souvent les plus pauvres en ressources économiques. Bon nombre des cultures dont le monde aujourd&#8217;hui proviennent des pays en développement — les pommes de terre des Andes en Amérique latine ou le blé de l&#8217;Asie centrale et de l&#8217;Asie occidentale, par exemple. Bien entendu, c&#8217;est aussi dans ces régions que l&#8217;on trouve la plus grande diversité génétique.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2108" title="Diversité des principales plantes cultivées, par région (adaptation: FAO, 1998)" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/diversite-des-principales-plantes-cultivees-par-region.jpg" alt="Diversité des principales plantes cultivées, par région (adaptation: FAO, 1998)" width="648" height="361" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Figure 1. Diversité des principales plantes cultivées, par région (adaptation: FAO, 1998)</strong>.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on veut préserver cette diversité pour assurer demain la sécurité alimentaire du genre humain, il faut trouver des moyens pour que les gens de ces régions, qui de fait en sont les gardiens, puissent enfin participer aux bénéfices. La phytosélection participative doit donc tenir compte aussi de l&#8217;épineuse question des droits des agriculteurs. C&#8217;est une notion que nombre de défenseurs de la sélection végétale participative ont épousée et qui est implicitement avalisée dans la Convention sur la diversité biologique qui prône <em>« le partage juste et équitable des avantages découlant de l&#8217;exploitation des ressources génétiques »</em>. Ce principe va au-delà d&#8217;une simple rétribution des agriculteurs en reconnaissance de leur rôle dans la conservation et l&#8217;amélioration des ressources phytogénétiques. Il permet également aux collectivités d&#8217;avoir la haute main sur leur propre matériel biologique, d&#8217;être partie prenante au partage du savoir et de la technologie, de ren-forcer leurs capacités et d&#8217;avoir accès aux terres et aux marchés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nombre de chercheurs estiment que la phytosélection participative est essentielle à la sécurité alimentaire mondiale.</strong></p>
<h3><strong>Une décennie de recherche</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Il y a plusieurs façons d&#8217;aborder la phytosélection participative. Certains organismes de développement considèrent cette approche comme un moyen de réduire la pauvreté et d&#8217;accroître les disponibilités alimentaires dans certaines des régions les plus pauvres du globe. D&#8217;aucuns estiment qu&#8217;elle permet de faire de la recherche à moindre coût et de manière plus efficace. D&#8217;autres encore centrent la démarche sur les droits des agriculteurs et l&#8217;égalité des femmes. Nombre de chercheurs estiment que la phytosélection participative est essentielle à la sécurité alimentaire mondiale. Depuis 1992, le Centre de recherches pour le développement international (<span class="smallcaps">CRDI</span>) du Canada soutient tout particulièrement la recherche axée sur la conservation de la biodiversité. Aujourd&#8217;hui encore, il lui accorde toujours son concours dans le cadre de l&#8217;initiative de programme Utilisation durable de la biodiversité (<span class="smallcaps">UDB</span>). Témoin de cet appui soutenu, les nombreuses recherches appliquées dans les domaines de l&#8217;agriculture, des pêches, de la foresterie, de la nutrition et de la santé que le <span class="smallcaps">CRDI</span> a subventionnées au cours des années 1970 et 1980.</p>
<p style="text-align: justify;">Le présent ouvrage donne une vue d&#8217;ensemble de l&#8217;appui accordé pendant une décennie à la recherche portant directement ou indirectement sur la phytosélection participative. La réunion des résultats de ces recherches représente une somme de connaissances et d&#8217;expériences qui mérite d&#8217;être partagée. Le livre s&#8217;ouvre sur l&#8217;approche adoptée et sur les principaux thèmes de recherche, illustrés par de brefs rapports sur six projets menés dans diverses régions du monde. Puis, il examine les effets des projets à la lumière des résultats escomptés. Suivent des recommandations susceptibles d&#8217;ouvrir la voie à de nouvelles recherches inspirées des leçons des dix dernières années. En conclusion, nous émet-tons quelques hypothèses quant à l&#8217;orientation que pourraient prendre la recherche et les politiques sur la phytosélection participative pour peu qu&#8217;elles fassent partie des enjeux mondiaux de la conservation de l&#8217;agrobiodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<h2><strong>Chapitre 2 : L&#8217;approche</strong></h2>
<h3><strong>Le rôle central des collectivités locales</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;agrobiodiversité est un domaine complexe qui comporte de multiples aspects, mais essentiellement il s&#8217;agit de nourriture. Une nourriture plus abondante et de meilleure qualité, la sécurité et les disponibilités alimentaires pour tous. Toutefois, si l&#8217;on veut éviter de répéter les erreurs passées, il faut que les collectivités rurales, où l&#8217;on trouve la diversité, soient au cœur de l&#8217;action. Il faut amener les membres de ces collectivités à participer à part entière à une approche plus vaste de l&#8217;utilisation durable de l&#8217;agrobiodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;">La détermination du rôle central des collectivités locales repose sur un raisonnement scientifique : ce sont principalement ces collectivités rurales qui prennent en charge la plus grande part de la biodiversité de la planète. C&#8217;est dans les collectivités que se trouvent les compétences et le savoir qui ont contribué à la préservation de si nombreuses variétés de plantes, d&#8217;animaux, de poissons et de micro-organismes qui, pour elles comme pour nous, sont source de nourriture et de sécurité. Ce sont les collectivités qui façonnent et entretiennent les milieux qui soutiennent cette diversité.</p>
<p style="text-align: justify;">Des hautes terres andines aux contreforts de l&#8217;Himalaya, en passant par les zones arides de l&#8217;Afrique et du Moyen-Orient, des agriculteurs qui n&#8217;ont jamais entendu parler d&#8217;<em>agrobiodiversité</em> ont compris que la sélection et la conservation des meilleures semences, des souches les plus robustes, sont d&#8217;une extrême importance. Les agriculteurs et les membres des collectivités rurales — les femmes et les hommes en charge — valorisent l&#8217;agrobiodiversité parce qu&#8217;elle représente leur survie, certes, mais aussi pour une foule de raisons socioculturelles. D&#8217;autres s&#8217;intéressent à l&#8217;agrobiodiversité à cause de sa valeur écologique, économique et politique. Aussi est-il essentiel qu&#8217;avant de donner suite à toute mobilisation en vue de renforcer l&#8217;agrobiodiversité mondiale, on définisse clairement ce que signifie l&#8217;agrobiodiversité — et pour qui.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;agrobiodiversité est un vaste concept qui englobe toutes les facettes de la diversité biologique : des écosystèmes agricoles aux variétés végétales, en passant par le profil génétique des espèces végétales et animales. Du point de vue écologique, l&#8217;agrobiodiversité soutient et protège la vie humaine; elle fournit les ressources nécessaires à son évolution; elle accroît la capacité de production des écosystèmes. Appauvrir l&#8217;agrobiodiversité réduit la robustesse du système et sa capacité d&#8217;adaptation au changement. Les options qui s&#8217;offrent aux collectivités pour gérer leurs terres et leurs res-sources se trouvent alors limitées. Et voilà perdue l&#8217;occasion de créer et de recréer le savoir et les expériences des agriculteurs — les processus mêmes sur lesquels reposent la conservation, l&#8217;évolution et l&#8217;amélioration de l&#8217;agrobiodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est essentiel de mettre fin à la perte de diversité. La participation des collectivités à cette entreprise est tout aussi fondamentale. Pour contrer efficacement le dépérissement de l&#8217;agrobiodiversité, il faut d&#8217;abord évaluer l&#8217;importance des ressources biologiques pour le gagne-pain des gens, en particulier dans les collectivités marginalisées. Ce sont souvent dans ces milieux marginaux que la concurrence et les conflits à l&#8217;égard des ressources sont les plus âpres. Il faut ensuite donner à ces collectivités l&#8217;occasion de participer à part entière aux démarches visant à favoriser l&#8217;utilisation durable de l&#8217;agrobiodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est sur cette double visée que se fonde l&#8217;approche adoptée par le <span class="smallcaps">CRDI</span> pour la recherche sur la phytosélection participative — une approche axée sur trois objectifs précis :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> <strong>favoriser</strong> l&#8217;utilisation, la gestion et l&#8217;amélioration du savoir, des innovations et des pratiques des populations autochtones et des collectivités locales en matière de conservation et d&#8217;utilisation durable de la biodiversité;</li>
<li> <strong>élaborer</strong> des mesures incitatives, des méthodes et des politiques qui facilitent, d&#8217;une part, la conception de stratégies axées sur la conservation et l&#8217;amélioration de la biodiversité agricole <em>in situ</em> et, d&#8217;autre part, la participation des collectivités à leur conception et mise en œuvre;</li>
<li> <strong>appuyer</strong> l&#8217;élaboration de politiques et de lois qui reconnaissent le droit des populations autochtones et des collectivités locales aux ressources génétiques et garantissent le partage équitable des avantages que procure l&#8217;utilisation de ces ressources.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Il ne s&#8217;agit pas là d&#8217;un point de vue isolé. Cette approche et ces objectifs s&#8217;inscrivent dans un contexte mondial dans le droit fil de l&#8217;article 12 de la Convention sur la diversité biologique, lequel porte sur la recherche et la formation. Ils se rapportent également à plusieurs autres articles de la Convention comme ceux qui traitent de conservation et d&#8217;utilisation durable, de conservation <em>in situ</em>, d&#8217;accès aux ressources génétiques et de coopération technique et scientifique, pour n&#8217;en citer que quelques-uns, ainsi qu&#8217;à d&#8217;autres accords internationaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La phytosélection participative exige une étroite collaboration entre les chercheurs, les agriculteurs et les éventuels intervenants pour améliorer la génétique végétale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">De toute évidence, la question de la conservation de l&#8217;agrobiodiversité est loin d&#8217;être simple. Il est urgent d&#8217;élaborer des méthodes qui tiennent compte des aspects biologiques et des facteurs sociaux qui composent ces systèmes complexes. Elles doivent aussi mettre à profit les liens entre les composantes locales et les structures économiques et politiques, plus vastes. La phytosélection participative est une approche qui exige une étroite collaboration entre les chercheurs, les agriculteurs et les éventuels intervenants pour améliorer la génétique végétale. La phytosélection participative couvre le cycle complet des activités de développement et de recherche associées à l&#8217;amélioration des ressources phytogénétiques, soit :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> la détermination des objectifs de la sélection;</li>
<li> la production de variabilité génétique, ou diversité;</li>
<li> la sélection au sein de populations variables pour mettre au point des matériels expérimentaux;</li>
<li> l&#8217;évaluation de ces matériels (ce qu&#8217;on appelle l&#8217;évaluation variétale participative ou la sélection participative de variétés);</li>
<li> la distribution des matériels;</li>
<li> la production et la distribution de semences.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Cette approche comprend également l&#8217;évaluation des politiques et/ou mesures législatives en vigueur, et l&#8217;élaboration de nouvelles dispositions, au besoin. Les agriculteurs et les sélectionneurs, et d&#8217;autres intervenants comme les commerçants, les fabricants, les distributeurs et les consommateurs, sont appelés à jouer différents rôles à divers moments, mais ils travaillent tous en collaboration pour apporter des changements.</p>
<h3><strong>Les questions pertinentes</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Toute recherche commence par une question et poser les questions pertinentes, c&#8217;est déjà avoir fait la moitié du travail. La recherche sur la phytosélection participative ne porte pas uniquement sur la génétique et la pathologie végétale; elle s&#8217;intéresse aussi aux aspects économiques, anthropologiques et sociologiques comme à la production, à la commercialisation et, bien sûr, aux connaissances pratiques des agriculteurs. La définition des questions n&#8217;est pas une tâche simple, ce n&#8217;est que le début. Le véritable défi consiste à trouver des réponses appropriées au contexte dans lequel se déroule la recherche; des réponses susceptibles de s&#8217;appliquer dans d&#8217;autres situations.</p>
<p style="text-align: justify;">Les projets sur l&#8217;agrobiodiversité et la phytosélection participative sur lesquels porte le prochain chapitre tentent tous, d&#8217;une façon ou d&#8217;une autre, d&#8217;apporter une réponse à trois types de questions :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Des questions relatives au savoir et aux pratiques en matière de conservation</em> in situ <em>et d&#8217;amélioration des ressources agricoles.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Que savent les agriculteurs des propriétés et des utilisations des ressources génétiques, y compris la conservation et l&#8217;amélioration ? Comment nous assurer du respect de ces connaissances et de leur utilisation <strong>appropriée et équitable</strong> tant pour les collectivités locales que pour l&#8217;ensemble de la société ?</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes à une époque de changements agroécologiques et socioéconomiques. Quelles pratiques de gestion <strong>viables</strong>, quels mécanismes <strong>équitables</strong> de partage des coûts et avantages et quelles mesures incitatives <strong>utiles</strong> faudrait-il adopter pour faire progresser la conservation <em>in situ</em> et améliorer les ressources agricoles étant donné les changements qui se produisent ?</p>
<p style="text-align: justify;">Comment peut-on favoriser l&#8217;adoption de modèles participatifs au regard de la conservation et de l&#8217;amélioration des ressources phytogénétiques — des modèles qui entraînent des bénéfices mutuels, encouragent les échanges entre agriculteurs, et renforcent les liens entre le secteur structuré de la recherche et du développement et l&#8217;expérimentation agricole ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Des questions qui ont trait à la participation :</em></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> Que peut-on faire pour inciter les gardiens de la biodiversité agricole à une <strong>participation significative</strong> à la recherche, au développement et à la prise de décisions ?</li>
<li> Quelles conditions ou modifications politiques et législatives pourraient être <strong>favorables</strong> à un tel projet ?</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><em>Des questions qui portent sur l&#8217;accès, la propriété et la rétribution :</em></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> Qu&#8217;en est-il des changements politiques ou législatifs ? Faut-il adopter de nouveaux règlements, de nouvelles mesures incitatives ou de nouvelles lois pour que les agriculteurs marginalisés puissent avoir un <strong>accès équitable</strong> à l&#8217;information et aux ressources dont ils ont besoin pour conserver et améliorer l&#8217;agrobiodiversité ?</li>
<li> Quels sont les effets des droits de propriété intellectuelle relatifs aux organismes vivants sur l&#8217;expérimentation et les innovations des agriculteurs ? Les agriculteurs ont-ils un <strong>accès équitable</strong> aux avantages qui découlent de ces processus ?</li>
<li> Comment faire en sorte que les intervenants en arrivent à des ententes sur l&#8217;accès équitable et la rétribution, avant que les interventions n&#8217;aient lieu ?</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ces questions témoignent d&#8217;une approche dynamique de la conservation et de l&#8217;amélioration des cultures qui englobe à la fois le recours à une méthode de recherche axée sur la phytosélection participative — comprenant des éléments comme l&#8217;analyse sociale ou des sexospécificités et la prise en compte de la dimension politique — et la formulation de politiques et de mesures législatives de remplacement.</p>
<h3><strong>La quête de solutions</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">À titre d&#8217;organisme de développement qui appuie la recherche sur la phytosélection participative et l&#8217;agrobiodiversité partout dans le monde, le <span class="smallcaps">CRDI</span> a accumulé une vaste base de données bien étoffées. La recherche qui a produit ces résultats comporte plusieurs des éléments exposés ci-dessus; bon nombre de projets sont toujours en cours.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours des dix années à l&#8217;étude, la recherche sur la phytosélection participative et l&#8217;agrobiodiversité s&#8217;est étendue plus ou moins également aux pays d&#8217;Afrique, d&#8217;Asie, d&#8217;Amérique latine et des Caraïbes, et du Moyen-Orient. Elle a consisté en divers projets mondiaux menés dans des sites de recherche sur tous les continents. Plusieurs projets ont été réalisés en collaboration avec d&#8217;autres organismes, notamment des centres affiliés au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>), des organisations non gouvernementales (<span class="smallcaps">ONG</span>), des systèmes nationaux de recherche agricole et des universités.</p>
<p style="text-align: justify;">Les projets de recherche sont aussi divers que les organismes participants. Ils portent sur les trois grands types de propagation des cultures en s&#8217;attardant aux principales cultures de base : le riz, les haricots et le maïs et, dans une moindre mesure, au sorgho. Bon nombre de ces projets étudient deux cultures ou plus, en particulier des combinaisons de variétés végétales à pollinisation libre, à pollinisation directe ou reproduites par clonage, outre les légumes et les fruits. Les systèmes d&#8217;exploitation agricole reposant sur des cultures multiples et les jardins privés ont aussi fait l&#8217;objet de recherches.</p>
<p style="text-align: justify;">La plupart des projets de recherche ont été réalisés dans des agroécosystèmes défavorables. En l&#8217;occurrence, on entend par « défavorables » des régions agroécologiques caractérisées, en tout ou en partie, par des conditions climatiques difficiles, des sols pauvres ou un paysage accidenté. Certains travaux sont menés également dans des sites plus favorables afin de comparer les résultats et d&#8217;évaluer si les méthodes de sélection employées peuvent être utiles dans des conditions plus propices. Toutefois, le présent ouvrage est centré sur la recherche effectuée dans des conditions défavorables.</p>
<p style="text-align: justify;">Naturellement, la productivité et la diversité font, ensemble ou séparément, l&#8217;objet d&#8217;au moins la moitié des projets. Mais le renforcement de l&#8217;autonomie est aussi le thème de bon nombre de recherches. L&#8217;expression n&#8217;est pas utilisée ici simplement parce qu&#8217;elle est à la mode. Il s&#8217;agit d&#8217;une action réelle qui a pour but de faire des agriculteurs — et même de collectivités entières — de véritables partenaires de recherche. Elle vise aussi à améliorer les compétences techniques des agriculteurs-phytogénéticiens et à réitérer le droit des populations locales à l&#8217;exploitation de leurs ressources génétiques et aux avantages qui en découlent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le renforcement de l&#8217;autonomie vise à faire des agriculteurs de véritables partenaires de recherche et à réitérer le droit des populations locales à l&#8217;exploitation de leurs ressources génétiques et aux avantages qui en découlent.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;approche participative peut prendre la forme de consultations ou d&#8217;une collaboration. Dans le premier cas, des spécialistes provenant du secteur officiel de la recherche consultent les agriculteurs et les autres intervenants, mais ceux-ci n&#8217;ont que peu ou pas d&#8217;influence directe sur le projet et ne prennent aucunement part aux décisions concernant l&#8217;orientation des travaux. Autrement dit, quoique le projet soit dit participatif, les chercheurs gardent la mainmise sur les décisions. Il est encourageant de constater, toutefois, que dans le cadre de certains projets récents, menés véritablement en collaboration, les chercheurs et les agriculteurs ont participé à part entière aux décisions et aux discussions sur toutes les étapes de la recherche.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;analyse en fonction des utilisateurs, surtout lorsqu&#8217;il s&#8217;agit des hommes et des femmes, fait généralement partie des éléments essentiels à toute recherche sérieuse dans le domaine de l&#8217;agriculture. Ce type d&#8217;analyse étudie les résultats selon une gamme de facteurs qui tiennent compte des inéquités économiques et de pouvoir de même que des écarts sociaux : sexe, âge, éducation, classe, caste et origine ethnique. Ainsi, les chercheurs ont constaté que les femmes sélectionnent les semences d&#8217;après des critères différents de ceux des hommes. En outre, différents groupes ethniques d&#8217;une même région peuvent avoir des préférences distinctes pour certains attributs alimentaires, comme la saveur, par exemple, ou le mode de cuisson.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;analyse des politiques est aussi un important volet de bien des projets d&#8217;amélioration des cultures. Par exemple, les politiques gouvernementales sur l&#8217;établissement des prix et la mise en marché peuvent être déterminantes du mode de gestion adopté par les exploitants agricoles. L&#8217;importance d&#8217;autres enjeux, notamment les droits de propriété intellectuelle et la certification des produits biologiques, s&#8217;accroît parallèlement à l&#8217;augmentation de la demande mondiale d&#8217;aliments biologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Il importe de bien comprendre la relation entre l&#8217;agrobiodiversité et les gens qui en font usage, en prennent soin et en sont tributaires si l&#8217;on veut favoriser les interactions qui permettent d&#8217;améliorer et de conserver cette diversité. Le chapitre qui suit présente six « récits » de phytosélection participative : des exemples de projets qui aident précisément à mieux comprendre ce rapport. La réalisation de ces projets repose sur des méthodes de recherche novatrices qui ont pour but d&#8217;accroître la production alimentaire et semencière au profit de l&#8217;humanité tout entière.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<h2><strong>Chapitre 3 : Les expériences sur le terrain</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Les six projets sur lesquels porte ce chapitre donnent un aperçu des nombreuses études sur l&#8217;agrobiodiversité et la phytosélection participative qui ont reçu l&#8217;appui du <span class="smallcaps">CRDI</span> au cours de la dernière décennie. Ces projets ont été choisis parce qu&#8217;ils constituent un échantillon représentatif de la recherche au regard des systèmes de culture, des objectifs de la recherche, du type de participation et de la portée méthodologique. Les travaux ont été menés à bien par des centres affiliés au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>), par les systèmes nationaux de recherche agricole et par des organisations non gouvernementales (<span class="smallcaps">ONG</span>). Les projets se sont déroulés en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient ainsi qu&#8217;en Amérique latine; un seul est d&#8217;envergure internationale. Certains ont commencé il y a plusieurs années, d&#8217;autres ont débuté plus récemment mais les six initiatives sont toujours en cours. Le <span class="smallcaps">CRDI</span> en a publié une description plus étoffée, sur papier et en ligne : <strong><a href="http://www.crdi.ca/semences" target="_blank">La diversité, c&#8217;est la capacité de choisir</a></strong>.</p>
<h3><strong>La participation des agriculteurs à l&#8217;amélioration de l&#8217;orge en Afrique du Nord et au Moyen-Orient</strong></h3>
<p><strong><br />
 </strong></p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="2" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td style="text-align: center;" valign="top"><span style="font-size: small;"><strong>Éléments clés</strong></span></td>
<td valign="top"><br class="spacer_" /></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Culture</strong></td>
<td valign="top">Orge</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Objectifs<br />
</strong></td>
<td valign="top">Productivité / diversité / prise en charge</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Participation</strong></td>
<td valign="top">En collaboration; travaux dirigés par les chercheurs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Analyse sociale</strong></td>
<td valign="top">Sexospécificité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Dimension politique</strong></td>
<td valign="top">De plus en plus importante (politiques de recherche; amélioration génétique; mise en circulation des variétés)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h4></h4>
<h4><strong>Une nouvelle façon de travailler avec les agriculteurs des régions arides</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dans bien des régions de l&#8217;Afrique du Nord et du Moyen-Orient, le rendement de certaines cultures (comme l&#8217;orge, qui est une plante à pollinisation directe) est faible, bon an, mal an, et les récoltes déficitaires sont fréquentes. La malnutrition est généralisée dans les régions les plus pauvres et la famine est une menace constante. Les programmes de sélection classiques destinés à améliorer les cultures sont restés pratiquement sans effet, en grande partie parce que la majorité des agriculteurs ont refusé d&#8217;adopter de nouvelles variétés.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;approche traditionnelle, centralisée et hiérarchisée, ne tient guère compte des conditions réelles auxquels les agriculteurs doivent faire face. Que penser d&#8217;un programme de sélection décentralisé, qui prévoie la participation des agriculteurs dès le départ, incite les phytogénéticiens et les agriculteurs à travailler ensemble pour apprendre les uns des autres et qui tienne compte de ce que les agriculteurs ont à dire ? Voilà une idée révolutionnaire sans doute, mais qui a donné des résultats probants.</p>
<p style="text-align: justify;">À la fin des années 1990, des chercheurs du Centre international de recherches agricoles dans les régions sèches (<span class="smallcaps">ICARDA</span>) ont été les premiers à proposer une nouvelle façon de travailler avec les agriculteurs dans les zones de pluies peu productives du Maroc, de la Syrie et de la Tunisie. Financée par le <span class="smallcaps">CRDI</span>, l&#8217;Italie et le <span class="smallcaps">MBZ/GTZ</span> [<em>ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement/Agence de coopération technique (Allemagne)</em>], cette initiative a réuni des agriculteurs et des phytogénéticiens ayant pour objectif commun de répondre aux besoins des gens qui doivent vivre et travailler dans les conditions difficiles caractéristiques de ces régions.</p>
<p style="text-align: justify;">En Syrie, par exemple, les agriculteurs « hôtes » de neuf collectivités ont été jumelés à deux stations de recherche. Ces agriculteurs et leurs voisins se sont chargés des essais sur les lignées expérimentales fournies par la station de recherche et sur les variétés sélectionnées par les agriculteurs eux-mêmes. Les agriculteurs et les phytogénéticiens ont évalué indépendamment les résultats d&#8217;essais successifs, qui ont eu lieu entre 1997 et 1999, et qui ont permis d&#8217;identifier plusieurs nouvelles variétés prometteuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La sélection décentralisée dans les champs des agriculteurs évite d&#8217;avoir à rejeter des lignées utiles parce qu&#8217;elles affichent un piètre rendement dans les stations expérimentales, où les conditions sont certainement plus favorables.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il est vite apparu que les critères de sélection des agriculteurs, en grande partie fondés sur des facteurs écologiques, sont fort différents de ceux utilisés par les programmes de sélection nationaux. Les sélections faites par les agriculteurs sont au moins aussi efficaces que celles des sélectionneurs, ce qui en a surpris plusieurs. Les rendements se sont améliorés là où la sélection végétale avait échoué auparavant. Devant ces résultats, les sélectionneurs n&#8217;ont pas hésité à adopter de nouvelles idées et attitudes, et à devenir partisans de l&#8217;approche participative.</p>
<p style="text-align: justify;">Conclusion : les premiers programmes de phytosélection n&#8217;ont pas eu d&#8217;effet sur les terres marginales parce que les critères de sélection employés tenaient rarement compte des caractéristiques jugées importantes par les agriculteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Corollaire : La sélection décentralisée dans les champs des agriculteurs évite d&#8217;avoir à rejeter des lignées utiles parce qu&#8217;elles affichent un piètre rendement dans les stations expérimentales — où les conditions sont certainement plus favorables grâce à la fertilisation ou à l&#8217;irrigation, par exemple<strong>. La sélection décentralisée, conjuguée à la participation des agriculteurs dès les premières étapes du processus, est une méthode efficace qui peut être adaptée aux espèces cultivées dans différentes conditions biophysiques et socioéconomiques et qui tient compte des besoins et des connaissances des agriculteurs.</strong></p>
<h4><strong>Veiller aux besoins et aux intérêts des agriculteurs</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Les chercheurs ont tiré d&#8217;autres leçons décisives de ce projet, par exemple que les agriculteurs peuvent s&#8217;occuper d&#8217;un grand nombre de lignées et/ou de populations. Ainsi, dans la deuxième phase des travaux effectués en Syrie, le nombre des lignées évaluées est passé d&#8217;environ 200 à 400 (voir le tableau 1). De fait, les agriculteurs ont volontiers saisi l&#8217;occasion de sélectionner un grand nombre de lignées. Certains ont même commencé à multiplier des semences de variétés sélectionnées, qu&#8217;ils partagent avec d&#8217;autres agriculteurs, ce qui réduit d&#8217;autant leur dépendance à l&#8217;égard des semences fournies par les phytogénéticiens. Ces nouvelles pratiques ont ouvert la voie à un processus plus dynamique d&#8217;amélioration des obtentions végétales puisque les nouveaux matériels génétiques peuvent désormais passer d&#8217;un agriculteur à un autre.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="5" align="center" valign="top"><span style="font-size: small;"><strong>Tableau 1. Quantité de matériels de sélection générés par la recherche de l&#8217;ICARDA</strong></span></td>
</tr>
<tr>
<td width="30%" valign="bottom">Pays</td>
<td width="15%" align="center" valign="bottom">Nombre de villages</td>
<td width="20%" align="center" valign="bottom">Lignées</td>
<td width="15%" align="center" valign="top">Dimension des Parcelles<br />
 (m<span class="superscript">2</span>)</td>
<td width="20%" align="center" valign="bottom">Nombre d&#8217;agriculteurs<br />
 par village</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Égypte</td>
<td align="center" valign="top">8</td>
<td align="center" valign="top">60</td>
<td align="center" valign="top">6</td>
<td align="center" valign="top">5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Érythrée</td>
<td align="center" valign="top">3</td>
<td align="center" valign="top">155</td>
<td align="center" valign="top">3</td>
<td align="center" valign="top">10–12</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Jordanie</td>
<td align="center" valign="top">6</td>
<td align="center" valign="top">200</td>
<td align="center" valign="top">6</td>
<td align="center" valign="top">5–12</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Maroc</td>
<td align="center" valign="top">6</td>
<td align="center" valign="top">30–210</td>
<td align="center" valign="top">4,5</td>
<td align="center" valign="top">6–15</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Syrie (phase 1)</td>
<td align="center" valign="top">9</td>
<td align="center" valign="top">208</td>
<td align="center" valign="top">12</td>
<td align="center" valign="top">5–9</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Syrie (phase 2)</td>
<td align="center" valign="top">8</td>
<td align="center" valign="top">200–400</td>
<td align="center" valign="top">12</td>
<td align="center" valign="top">6–11</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Tunisie</td>
<td align="center" valign="top">6</td>
<td align="center" valign="top">25–210</td>
<td align="center" valign="top">4,5</td>
<td align="center" valign="top">10–20</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Yémen</td>
<td align="center" valign="top">3–6</td>
<td align="center" valign="top">100</td>
<td align="center" valign="top">3</td>
<td align="center" valign="top">15–20</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="5" valign="top">Source : Ceccarelli, 2000.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">En outre, lorsqu&#8217;ils ont constaté que les critères de sélection des femmes étaient différents de ceux des hommes, les chercheurs ont fait valoir l&#8217;importance de déterminer dans quelles conditions et pour quelles raisons ils diffèrent. Ils se sont aussi rendu compte qu&#8217;en participant à la recherche, les agriculteurs se sentent investis d&#8217;un nouveau pouvoir qui leur donne suffisamment confiance pour prendre des décisions relatives à la création variétale de certaines espèces ou même à la dimension des parcelles et au nombre de sites d&#8217;essais.</p>
<p style="text-align: justify;">Les chercheurs ont fait une autre découverte, sans doute tout aussi importante pour eux : le projet a mis en lumière la nécessité d&#8217;une formation particulière dans des domaines comme les protocoles d&#8217;expérimentation et l&#8217;analyse de données appropriées à des situations dont ils ne peuvent être maîtres comme c&#8217;est le cas dans les stations de recherche; par exemple, un champ dont un agriculteur est propriétaire et qui est géré par celui-ci.</p>
<h4><strong>Le prolongement du succès</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Cette approche novatrice a eu un tel succès que les agriculteurs ont demandé aux sélectionneurs de l&#8217;adopter et de travailler en collaboration avec eux à l&#8217;amélioration d&#8217;autres cultures. Elle a aussi fait son chemin dans d&#8217;autres pays de la région. L&#8217;<span class="smallcaps">ICARDA</span> appuie des programmes de phytosélection participative en Égypte, en Érythrée, en Jordanie et au Yémen. Au Bangladesh, en Syrie, en Turquie et au Yémen, la même approche est mise en application dans la recherche sur les lentilles. En outre, l&#8217;<span class="smallcaps">ICARDA</span> a amorcé des travaux de recherche participative sur la gestion des ressources naturelles, en particulier sur la gestion durable des terres dans les régions arides.</p>
<p style="text-align: justify;">Partout, le succès a été le même. Au Yémen, par exemple, un projet qui avait commencé dans trois villages seulement dans les hautes terres septentrionales s&#8217;est étendu en peu de temps à trois autres villages du plateau intérieur. L&#8217;approche participative a été reprise par d&#8217;autres projets réalisés par l&#8217;Agricultural Research and Extension Authority (<span class="smallcaps">AREA</span>), organisme de recherche national, partenaire de l&#8217;<span class="smallcaps">ICARDA</span>. Autre exemple : en Jordanie, les organismes officiels de recherche agricole ont commencé à transformer le programme national d&#8217;amélioration génétique de l&#8217;orge en un programme participatif, décentralisé, et à appliquer la phytosélection participative au froment et au blé dur.</p>
<h3><strong>Les comités locaux de recherche agricole en Amérique latine</strong></h3>
<p><strong><br />
 </strong></p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="85%">
<tbody>
<tr>
<td style="text-align: center;" valign="top"><span style="font-size: small;"><strong>Éléments clés</strong></span></td>
<td valign="top"></td>
</tr>
<tr>
<td width="40%" valign="top"><strong>Cultures</strong></td>
<td width="60%" valign="top">Haricots, maïs, manioc, pommes de terre, fruits</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Objectifs (par ordre de priorité)</strong></td>
<td valign="top">Productivité / prise en charge / diversité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Participation</strong></td>
<td valign="top">En collaboration; travaux dirigés par les agriculteurs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Analyse sociale</strong></td>
<td valign="top">Variable</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Dimension politique</strong></td>
<td valign="top">Secondaire</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h4></h4>
<h4>
</h4>
<h4><strong>Expérimentation et apprentissage en commun</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dans les pays du Nord, soumettre un problème à un comité équivaut trop souvent à une échappatoire aux mesures qui s&#8217;imposent. Rien de tel en Amérique latine : le comité, qui regroupe agriculteurs et chercheurs, est devenu une plaque tournante où se font l&#8217;évaluation, l&#8217;adaptation et la diffusion des nouvelles technologies. Qui plus est, le comité est aussi le point de départ de projets de développement rural comme la formation de groupes de crédit et de commercialisation. Les comités locaux de recherche agricole (<em>Comité de Investigación Agrícola Local</em> ou <span class="smallcaps">CIAL</span>, pour reprendre l&#8217;acronyme espagnol) se sont répandus dans toute l&#8217;Amérique latine et ils obtiennent des résultats qui étonnent les scientifiques des organismes de recherche traditionnels.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les <span class="smallcaps">CIAL</span> rassemblent les agriculteurs et les chercheurs en un processus d&#8217;expérimentation et d&#8217;apprentissage conjoint.</strong> Les comités locaux, dont la formule a d&#8217;abord été proposée par le Centre international d&#8217;agriculture tropicale (<span class="smallcaps">CIAT</span>), en Colombie, se sont rapidement multipliés. L&#8217;Amérique latine compte aujourd&#8217;hui environ 250 <span class="smallcaps">CIAL</span> très actifs. S&#8217;ils diffèrent par leur taille et leurs caractéristiques, ils partagent tous le même objectif : constituer un lien direct entre les organisations locales d&#8217;agriculteurs et les systèmes officiels de recherche agricole. Le <span class="smallcaps">CRDI</span> appuie des comités locaux de recherche agricole, directement et indirectement, en Colombie, en Équateur, au Honduras et au Nicaragua.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;établissement d&#8217;un réseau de comités locaux de recherche agricole expérimentés dans une région réduit de beaucoup la nécessité d&#8217;y organiser des travaux de recherche et des services de vulgarisation à grande échelle.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La majorité des <span class="smallcaps">CIAL</span> accordent une attention prioritaire à l&#8217;évaluation des variétés locales améliorées et à l&#8217;essai de nouvelles obtentions végétales pouvant être adaptées aux conditions locales. Bon nombre des nouvelles variétés testées par un comité local de recherche agricole proviennent de la collectivité; le maïs à pollinisation libre en est un exemple. D&#8217;autres, comme les hybrides, sont fournies par le secteur officiel de la recherche. Parfois, les variétés éprouvées sont produites par les deux systèmes. Les comités s&#8217;intéressent également à la lutte contre les parasites et les maladies ainsi qu&#8217;à la gestion des sols, de l&#8217;eau et des nutriments. Les cultures vivrières de base — haricots, maïs, pommes de terre et manioc — représentent plus de 80 % des recherches en milieu réel entreprises par les comités locaux.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%" align="center">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top"><span style="font-size: small; text-align: center;"><strong>Tableau 2. Principales caractéristiques de 249 CIAL</strong></span></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><span style="font-size: x-small;"><strong>Thèmes de recherche</strong></span></td>
<td valign="top"><br class="spacer_" /></td>
</tr>
<tr>
<td width="60%" valign="top">Évaluation de variétés végétales</td>
<td width="40%" align="right" valign="top">62 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Lutte contre les parasites et les maladies</td>
<td align="right" valign="top">19 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Gestion des sols, de l&#8217;eau et des nutriments</td>
<td align="right" valign="top">12 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Menu bétail</td>
<td align="right" valign="top">5 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Autres</td>
<td align="right" valign="top">2 %</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" valign="top"><span style="font-size: x-small;"><strong>Cultures étudiées</strong></span></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Haricots</td>
<td align="right" valign="top">26 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Maïs</td>
<td align="right" valign="top">16 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Pommes de terre</td>
<td align="right" valign="top">14 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Légumes</td>
<td align="right" valign="top">13 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Manioc</td>
<td align="right" valign="top">12 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Fruits</td>
<td align="right" valign="top">9 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Autres</td>
<td align="right" valign="top">10 %</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" valign="top"><span style="font-size: x-small;"><strong>Représentation sexospécifique</strong></span></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Hommes seulement</td>
<td align="right" valign="top">56 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Femmes seulement</td>
<td align="right" valign="top">7 %</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Hommes et femmes</td>
<td align="right" valign="top">37 %</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">Source : Ashby et al., 2000.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;établissement d&#8217;un réseau de comités locaux de recherche agricole expérimentés dans une région réduit de beaucoup la nécessité d&#8217;y organiser des travaux de recherche et des services de vulgarisation à grande échelle, étant donné que les collectivités rurales s&#8217;occupent elles-mêmes des essais et de l&#8217;adaptation des technologies.</p>
<p style="text-align: justify;">Les membres de la collectivité choisissent le thème de la recherche qui sera menée par le comité local lors d&#8217;une réunion publique, et ils fondent leur décision sur des critères comme les possibilités de succès, le nombre et les groupes de bénéficiaires, et les coûts probables de la recherche. Vient ensuite l&#8217;étape de la planification où le <span class="smallcaps">CIAL</span> et le reste de la collectivité déterminent les objectifs de l&#8217;expérimentation, les traitements et les mesures de contrôle, les matériels et les méthodes qui seront utilisés, les facteurs de production requis, les données à recueillir et les critères d&#8217;évaluation des résultats.</p>
<p style="text-align: justify;">En règle générale, l&#8217;expérimentation est faite par des membres de la collectivité (des innovateurs chevronnés, par exemple), puis à l&#8217;issue de l&#8217;expérimentation le comité local rencontre le facilitateur (par exemple, un agronome associé à une <span class="smallcaps">ONG</span> locale) avec qui il évalue les données recueillies. Lors de l&#8217;analyse des résultats, les membres du <span class="smallcaps">CIAL</span> demandent aux intervenants de préciser ce qu&#8217;ils ont appris de l&#8217;expérience. Cette étape revêt une importance cruciale surtout lorsque l&#8217;essai de nouvelles variétés échoue ou que l&#8217;expérimentation donne des résultats inattendus.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, à l&#8217;occasion d&#8217;une des réunions publiques régulières de la collectivité, le <span class="smallcaps">CIAL</span> fait le point sur les activités, les résultats et les dépenses engagées dans le cadre de ses travaux et sollicite la réaction des membres de l&#8217;assemblée. Le comité local peut également faire des recommandations fondées sur les résultats de ses travaux, mais c&#8217;est la collectivité qui décide s&#8217;il doit poursuivre l&#8217;expérience, aborder un nouveau thème ou cesser ses activités. Le graphique en escalier de la figure 2 illustre les huit étapes du processus d&#8217;expérimentation des <span class="smallcaps">CIAL</span>.</p>
<h4><strong>L&#8217;expérience du Nicaragua</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Voilà ce qu&#8217;est, en théorie, la façon de procéder des comités locaux de recherche agricole. En pratique, le processus est habituellement très dynamique et connaît des hauts et des bas.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2110" title="Graphique en escalier de l'intervention des CIAL (source : Ashby et al., 2000)" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/graphique-en-escalier-de-l-intervention-des-cial.gif" alt="Graphique en escalier de l'intervention des CIAL (source : Ashby et al., 2000)" width="552" height="202" /></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Figure 2. Graphique en escalier de l&#8217;intervention des <span class="smallcaps">CIAL</span> (source : Ashby et al., 2000).</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voici comment ces comités sont nés dans la région montagneuse de Matagalpa, au Nicaragua, en 1997. Une équipe de chercheurs du Centre international d&#8217;agriculture tropicale (<span class="smallcaps">CIAT</span>), en collaboration avec le personnel du programme Campesino a Campesino (un <span class="smallcaps">ONG</span>), a fait connaître le <span class="smallcaps">CIAL</span> à quatre collectivités du bassin hydrographique de la rivière Calico, dans le cadre d&#8217;un vaste projet de recherche sur la gestion des ressources naturelles financé par le <span class="smallcaps">CRDI</span> et la Direction du développement et de la coopération (<span class="smallcaps">DDC</span>, Suisse).</p>
<p style="text-align: justify;">À Wibuse, village défavorisé en amont du bassin, un comité formé d&#8217;hommes et de femmes de la collectivité a fait l&#8217;essai de nouvelles variétés de haricots. À El Jicaro, à mi-chemin du bassin hydrographique, deux comités se sont formés. Le premier, qui regroupe des villageois et des villageoises, a testé de nouvelles variétés de maïs et de haricots; le second, composé uniquement de femmes, a fait porter l&#8217;expérience sur les légumes et l&#8217;utilisation d&#8217;engrais organiques. À Piedras Largas, village situé en aval, un quatrième <span class="smallcaps">CIAL</span> s&#8217;est aussi intéressé à de nouvelles variétés de haricots.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs expériences ont échoué à cause de conditions météorologiques défavorables (dont un ouragan), des catastrophes naturelles, des parasites et des maladies végétales outre, parfois, une gestion déficience du projet. Malgré tout, les collectivités ont estimé que, dans l&#8217;ensemble, les résultats étaient positifs. À Wibuse et à El Jicaro, les comités locaux, aidés par <span class="smallcaps">PROFRIJOL</span>, réseau d&#8217;étude sur la production de légumineuses en Amérique centrale, et deux organismes nationaux de recherche agricole, ont organisé une nouvelle expérience sur diverses souches de haricots. L&#8217;essai a porté sur 90 lignées prometteuses et une variété déjà mise en circulation au Honduras. Cette diversité a impressionné les agriculteurs et devait leur donner plus de choix de production qu&#8217;auparavant. En outre, les agriculteurs étaient désormais en mesure d&#8217;effectuer leur sélection à partir de matériels génétiques beaucoup plus nombreux. Les deux <span class="smallcaps">CIAL</span> se sont partagé la gestion de la parcelle à Wibuse et ont réussi à obtenir de l&#8217;organisation nationale de recherche qu&#8217;elle détache du personnel sur le terrain : une première dans la région de San Dionisio.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;expérience de Matagalpa a montré que les points forts des comités locaux de recherche agricole dépassent largement les quelques faiblesses qui pourraient exister.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;année suivante, les membres des quatre comités locaux, en collaboration avec l&#8217;équipe du <span class="smallcaps">CIAT</span>, ont organisé une réunion de tous les habitants du bassin hydrographique afin d&#8217;échanger les connaissances acquises, planifier les futures activités et déter-miner les besoins en matière de formation et d&#8217;aide technique. Plusieurs agriculteurs de collectivités voisines qui avaient entendu parlé des comités locaux de recherche agricole ont assisté à la réunion et, par la suite, certains d&#8217;entre eux ont pris part au second stage pratique organisé par le <span class="smallcaps">CIAL</span>, à l&#8217;échelle nationale. Quatre nouveaux comités locaux ont ainsi été créés et deux des agriculteurs (un homme et une femme), qui avaient suivi le cours, sont devenus <em>para-técnicos</em>, ou para-techniciens. Ils ont tous deux prêté main-forte aux <span class="smallcaps">CIAL</span>, déjà établis ou de création récente et, en 1999, ils ont contribué à la formation de deux autres comités locaux dans la région. En 2002, 14 <span class="smallcaps">CIAL</span> expérimentent dans la région de San Dionisio.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, le processus des <span class="smallcaps">CIAL</span> n&#8217;est pas parfait. La majorité des comités connaissent une évolution en dents de scie en raison du renouvellement de l&#8217;effectif, de l&#8217;engagement des gens dans des projets plus gratifiants dans l&#8217;immédiat et de l&#8217;inégalité du soutien technique. Il est encore parfois difficile d&#8217;obtenir la participation des femmes. Dans certains <span class="smallcaps">CIAL</span>, ce sont presque toujours les mêmes qui mettent la main à la pâte, soit les membres les plus engagés de la collectivité sur lesquels on peut généralement compter pour prendre part à ce genre d&#8217;activités. Mais, surtout, l&#8217;expérience de Matagalpa a montré que les points forts des comités locaux de recherche agricole dépassent largement les quelques faiblesses qui pourraient exister.</p>
<p style="text-align: justify;">À Matagalpa, plusieurs comités ont poussé plus loin l&#8217;expérience pour se pencher sur de nouveaux aspects des problèmes qui se posent à la collectivité tels que la fertilité du sol. Des agriculteurs, dont un bon nombre de femmes, ont ainsi pris la direction des opérations et, le cas échéant, des comités locaux de recherche agricole établissent entre eux des relations étroites afin d&#8217;échanger des idées et de se faire part des résultats obtenus au sein du bassin hydrographique et au-delà — à l&#8217;occasion des réunions annuelles des <span class="smallcaps">CIAL</span> au Honduras, par exemple. Ils tissent aussi des liens avec le secteur officiel, notamment avec les organismes de recherche et les organisations à vocation technologique.</p>
<h3><strong>L&#8217;innovation agricole à Cuba</strong></h3>
<p><strong><br />
 </strong></p>
<table border="0" cellspacing="1" cellpadding="1" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top"><span style="font-size: small;"><strong>Éléments clés</strong></span></td>
<td valign="top"><br class="spacer_" /></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Cultures</strong></td>
<td valign="top">Haricots et maïs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Objectifs (par ordre de priorité)</strong></td>
<td valign="top">Diversité / productivité / prise en charge</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Participation</strong></td>
<td valign="top">En collaboration; travaux dirigés par les chercheurs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Analyse sociale</strong></td>
<td valign="top">Sexospécificité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Dimension politique</strong></td>
<td valign="top">De plus en plus importante (politiques sur les semences)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h4></h4>
<h4>
</h4>
<h4><strong>La recherche de solutions de rechange viables</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Cuba a vu naître des regroupements assez semblables aux <span class="smallcaps">CIAL</span>. Ces groupes d&#8217;expérimentation agricole (ou <span class="smallcaps">GIC</span>) sont l&#8217;une des composantes essentielles d&#8217;un projet d&#8217;innovation agricole entrepris à Cuba.</p>
<p style="text-align: justify;">Mis à part l&#8217;industrie touristique, l&#8217;agriculture constitue toujours la pierre angulaire de la précaire économie cubaine. La crise économique qui a marqué l&#8217;île a entraîné, entre autres conséquences, le recul de la production agricole par rapport à un modèle industrialisé, axé sur l&#8217;exportation et fondé sur les monocultures, qui exige des apports agricoles considérables. La nécessité pousse les producteurs agricoles à adopter des systèmes d&#8217;exploitation plus diversifiés, exigeant moins de facteurs de production et centrés sur les marchés locaux. La crise a aussi occasionné la rapide détérioration du système classique, centralisé, sur lequel reposaient la production, l&#8217;amélioration et la distribution des semences.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces circonstances imprévues ont incité les chercheurs agricoles et les décideurs à explorer des solutions de rechange viables pour la production, l&#8217;amélioration et la distribution des semences, exploration qui a mis en lumière l&#8217;urgence de changements en profondeur du secteur agricole du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2000, un groupe pluridisciplinaire de chercheurs enthousiastes de l&#8217;<em>Instituto Nacional de Ciencias Agrícolas</em> (<span class="smallcaps">INCA</span>), spécialisés en biologie, en agronomie, en biochimie et en sociologie, a lancé un projet visant à améliorer la qualité et le rendement du maïs et du haricot. Ils s&#8217;attendent à ce que ce projet, qui met à profit les efforts conjugués de tous les intervenants en vue d&#8217;accroître la diversité des variétés et de renforcer les organisations locales d&#8217;agriculteurs, améliore considérablement la sécurité alimentaire à Cuba.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le renforcement des regroupements d&#8217;agriculteurs accroît leur capacité d&#8217;expérimentation et d&#8217;innovation, et raffermit leur position lorsqu&#8217;ils adressent une demande au secteur officiel de la recherche agricole.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce projet novateur a pour objet de renforcer la biodiversité agricole à Cuba pour mettre à la disposition des agriculteurs, des établissements de recherche agricole et des consommateurs une gamme d&#8217;obtentions végétales plus variée et de meilleure qualité. L&#8217;équipe de l&#8217;<span class="smallcaps">INCA</span> a arrêté plusieurs objectifs précis en ce sens. D&#8217;abord, arriver à mieux saisir les connaissances qu&#8217;ont les agriculteurs locaux de la gestion et de la circulation des semences de maïs et de haricots. Ensuite, élaborer une méthode de sélection des variétés de maïs et de haricots en collaboration avec les <span class="smallcaps">GIC</span>. Enfin, diffuser les résultats obtenus par les <span class="smallcaps">GIC</span> en matière de sélection, de production et de distribution de semences améliorées de maïs et de haricots.</p>
<p style="text-align: justify;">Les chercheurs ont aussi un but secondaire quoique tout aussi important : améliorer la capacité de recherche des divers organismes intéressés — notamment l&#8217;<span class="smallcaps">INCA</span>, les <span class="smallcaps">GIC</span>, les semenciers et le personnel de plusieurs universités — grâce à <strong>l&#8217;apprentissage par l&#8217;action</strong>. L&#8217;équipe du projet estime également que le renforcement des regroupements d&#8217;agriculteurs accroît leur capacité d&#8217;expérimentation et d&#8217;innovation, et raffermit leur position lorsqu&#8217;ils adressent une demande au secteur structuré de la recherche agricole.</p>
<h4><strong>Les foires des semences et les journées agricoles éducatives : l&#8217;occasion d&#8217;accroître l&#8217;accès à la diversité</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Les chercheurs ont recours aux foires des semences pour faire connaître aux agriculteurs de nouvelles variétés ou des souches moins répandues. Ces foires, organisées par des sélectionneurs, ont eu lieu au centre de recherche de l&#8217;<span class="smallcaps">INCA</span>. Elles se sont avérées si populaires que des agriculteurs ont décidé d&#8217;organiser des expositions semblables dans leur collectivité. Ces événements donnent aux agriculteurs, aux phytogénéticiens et aux vulgarisateurs l&#8217;occasion de se côtoyer, d&#8217;évaluer les variétés végétales et de sélectionner celles qui leur paraissent les meilleures. Les sélectionneurs aident les agriculteurs dans la préparation du protocole expérimental, mais tous les essais sont adaptés au contexte local.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les résultats révélent que les femmes et les hommes sélectionnent des semences différentes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour en savoir davantage sur les préférences des agriculteurs, l&#8217;équipe du projet organise régulièrement des journées agricoles éducatives où les agriculteurs, hommes et femmes, ont l&#8217;occasion de faire part de leurs préférences. L&#8217;information recueillie lors de ces journées sur le terrain est d&#8217;une importance cruciale car elle permet aux phytogénéticiens d&#8217;identifier les plantes-mères disponibles et de déterminer les critères de sélection. Il est intéressant de constater que les résultats révèlent que les femmes et les hommes sélectionnent des semences différentes. Les agricultrices sélectionnent les semences pour leur rendement, les propriétés culinaires des variétés végétales et les caractéristiques esthétiques de la plante (la couleur, la forme ou l&#8217;éclat, par exemple). La préférence des hommes va au rendement, à la résistance aux maladies et à la grosseur de la cosse. Les semences qui ont été sélectionnées parmi les « préférées » sont remises aux agriculteurs quelques semaines après l&#8217;événement.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme à Cuba on ne connaissait pas d&#8217;approches participatives de ce genre, les chercheurs du projet ont servi de personnesressources à d&#8217;autres chercheurs intéressés par ce type de démarches. L&#8217;équipe s&#8217;est aussi penchée sur l&#8217;analyse génétique en collaboration avec les biotechnologues de l&#8217;Institut national de sciences agronomiques de Cuba.</p>
<p style="text-align: justify;">Cuba vit incontestablement une situation particulière, mais il est fort possible qu&#8217;un effondrement semblable du secteur industriel agricole se produise avant longtemps ailleurs dans la région, et dans le monde. Dans bien des pays, les pratiques culturales actuelles reposent largement sur le recours à des technologies et des fertilisants chimiques coûteux, outre diverses subventions publiques; à longue échéance, ces pratiques sont loin d&#8217;être durables. <strong>L&#8217;expérience cubaine aura vraisemblablement une incidence sur d&#8217;autres pays.</strong></p>
<h3><strong>L&#8217;enrichissement du maïs et du riz au Népal</strong></h3>
<p><strong><br />
 </strong></p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top"><span style="font-size: small;"><strong>Éléments clés</strong></span></td>
<td valign="top"><br class="spacer_" /></td>
</tr>
<tr>
<td width="40%" valign="top"><strong>Cultures</strong></td>
<td width="60%" valign="top">Riz et maïs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Objectifs (par ordre de priorité)</strong></td>
<td valign="top">Diversité / productivité / prise en charge</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Participation</strong></td>
<td valign="top">En collaboration; travaux dirigés par les agriculteurs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Analyse sociale</strong></td>
<td valign="top">Sexospécificité; origine ethnique</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Dimension politique</strong></td>
<td valign="top">De plus en plus importante (mise en circulation des variétés; droits de propriété intellectuelle)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h4></h4>
<h4>
</h4>
<h4><strong>La diversité des cultures locales et les moyens de subsistance dans les régions rurales</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Malgré toute sa splendeur himalayenne, le Népal est un pays à peine plus grand que l&#8217;île de Cuba; il occupe moins de 0,1 % des terres émergées du globe. Pourtant, plus de 2 % des plantes à fleurs du monde poussent dans ses montagnes et ses vallées. Le pays compte également, sur le plan des terres arables, une très forte densité de population : environ cinq personnes par hectare. La majorité des gens possèdent de très petites parcelles de terrain, et la diminution de la fertilité des sols conjuguée au morcellement des terres (en raison du patrimoine héréditaire) a entraîné un fort recul de la productivité. Dans les montagnes, les terres sont marginales dans les conditions les plus favorables et, depuis toujours, les agriculteurs y cultivent une gamme d&#8217;espèces végé-tales suffisante pour survivre.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dans ce contexte qu&#8217;une <span class="smallcaps">ONG</span> sans but lucratif, appelée <span class="smallcaps">LI-BIRD</span> (<em>Local Initiatives for Biodiversity, Research and Development</em>), œuvre pour favoriser la gestion durable des ressources naturelles renouvelables et amélorer le gagne-pain des Népalais. Créée en 1995, <span class="smallcaps">LI-BIRD</span> a son siège dans la ville de Pokhara, à 200 km à l&#8217;ouest de Katmandou, où elle contribue à la conservation et à l&#8217;utilisation durable de la biodiversité grâce à ses projets de recherche participative et à ses initiatives de développement, dont un bon nombre sont financés par le <span class="smallcaps">CRDI</span> et par d&#8217;autres donateurs nationaux et internationaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><span class="smallcaps">LI-BIRD</span> s&#8217;engage dans des activités diversifiées, dont les suivantes :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> renforcer le fondement scientifique de la conservation <em>in situ</em> de l&#8217;agrobiodiversité en milieu réel dans diverses régions agroécologiques;</li>
<li> faire valoir l&#8217;importance des jardins privés pour la conservation à la ferme de ressources phytogénétiques afin d&#8217;améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs défavorisés;</li>
<li> appuyer l&#8217;application de programmes participatifs d&#8217;amélioration des cultures aux principales céréales dans des systèmes de production à rendement élevé;</li>
<li> mettre au point et perfectionner des outils et des techniques visant à sensibiliser les populations locales — par exemple, des foires et des séminaires itinérants sur la diversité ou des concours d&#8217;art dramatique et de chansons populaires;</li>
<li> effectuer des recherches stratégiques sur des sujets comme la réglementation des semences, les politiques publiques sur la vulgarisation et le crédit, les politiques sur l&#8217;agrobiodiversité et la gestion foncière afin d&#8217;aider les décideurs à prendre des décisions éclairées.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le Népal possède, outre une riche diversité de riz cultivé et d&#8217;espèces sauvages apparentées au riz, jusqu&#8217;à 2.000 cultivars traditionnels. Différentes variétés de riz sont cultivées à diverses fins : pour la consommation domestique, les festivals, la vente, comme produit d&#8217;accueil et même comme médicament. Aussi n&#8217;est-il pas étonnant que plusieurs des projets entrepris par <span class="smallcaps">LI-BIRD</span> et financés par le <span class="smallcaps">CRDI</span> portent sur l&#8217;amélioration de la riziculture grâce à la phytosélection participative.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Même en l&#8217;absence d&#8217;un système officiel de distribution, les variétés végétales peuvent être disséminées sur de longues distances, surtout grâce à des relations personnelles et aux réseaux.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dès 1985, le personnel de <span class="smallcaps">LI-BIRD</span> (alors embauché par le Centre de recherche agricole de Lumle) innovait en adoptant la phytosélection participative lors d&#8217;essais décentralisés de variétés de riz résistant au froid dans le village de Chhomrong, en très haute altitude. Un grand nombre de projets de sélection participative du riz et du maïs ont été menés par la suite, tant dans des régions favorables où le rendement est meilleur que dans des régions où les conditions défavorables ne permettent qu&#8217;un rendement moindre. Ces projets visaient soit plusieurs buts généraux, dont l&#8217;accroissement de la productivité; la mise en valeur de la biodiversité; le renforcement des capacités de sélection des agriculteurs; la modification des politiques, soit certains objectifs particuliers.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<table style="text-align: left" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="3" valign="top"><span style="font-size: small; text-align: center;"><strong>Tableau 3. Buts généraux et objectifs particuliers des projets de LI-BIRD</strong></span></td>
</tr>
<tr>
<td width="30%" align="center" valign="top"><strong>Project</strong></td>
<td width="30%" align="center" valign="top"><strong>Buts généraux</strong></td>
<td width="40%" align="center" valign="top"><strong>Objectifs particuliers</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Production de riz <em>chaite</em> (maturation au printemps) et de riz arrivant à maturitédurant la saison principale, dans une région favorable (Chitwan)</td>
<td valign="top">• Accroissement de la productivité<br />
 • Mise en valeur de la biodiversité<br />
 • Efficacité de la recherche<br />
 • Modification des politiques</td>
<td valign="top">• Mettre au point des variétés à faible alimentation en eau<br />
 • Améliorer le riz <em>masuli</em> afin d&#8217;accroître son rendement et sa tolérance aux maladies<br />
 • Éliminer les arêtes et accroître la hauteur des plants de riz basmati pusa<br />
 • Améliorer la qualité des grains du riz de la variété IR44595<br />
 • Accroître la résistance aux maladies de la variété CH-45<br />
 • améliorer la dormance des semences dans les champs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Cultivars traditionnels de riz dans des régions favorables et défavorables (Jumla, Kaski, Bara)</td>
<td valign="top">• Mise en valeur de la biodiversité<br />
 • Conservation <em>in situ</em><br />
 • Renforcement des capacités des agriculteurs<br />
 • Modification des politiques</td>
<td valign="top">• Conservation <em>in situ</em> et valorisation<br />
 • Amélioration des caractéristiques importantes pour la collectivité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Production de riz <em>ghaiya</em> dans une région défavorable (Tanahu)</td>
<td valign="top">• Accroissement de la productivité<br />
 • Mise en valeur de la biodiversité<br />
 • Besoins/préférences des utilisateurs<br />
 • Modification des politiques</td>
<td valign="top">• Utilisation de la diversité<br />
 • Tolérance à la sécheresse</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Production de maïs, dirigée par des agriculteurs, dans une région défavorable (Gulmi)</td>
<td valign="top">• Renforcement des capacités des agriculteurs<br />
 • Besoins/préférences des utilisateurs<br />
 • Accroissement de la productivité<br />
 • Mise en valeur de la biodiversité<br />
 • Conservation <em>in situ</em></td>
<td valign="top">• Améliorer la résistance à l&#8217;égrenage de la variété <em>thulo piyanlo</em><br />
 • Utilisation de la diversité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Riziculture en haute altitude dans des régions défavorables (Maramche, Kaski)</td>
<td valign="top">• Renforcement des capacités des agriculteurs<br />
 • Besoins/préférences des utilisateurs<br />
 • Accroissement de la productivité</td>
<td valign="top">• Prévenir l&#8217;égrenage prématuré du riz M-3 (<em>Machhepuchhre-3</em>)<br />
 • Mettre au point une variété tolérante au froid et acceptée des agriculteurs</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">Source : Adaptation, Subedi et al., 2001, p. 75–86.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Le village de Chhomrong figure au nombre des collectivités installées en haute altitude qui ont pris part à un projet de suivi de la propagation des variétés de riz, dans le cadre des programmes de phytosélection participative. Les chercheurs ont constaté que même en l&#8217;absence d&#8217;un système structuré, les variétés végétales peuvent être disséminées sur de longues distances, surtout grâce à des relations personnelles et aux réseaux. Cependant, le système de dissémination non structuré est très lent; en règle générale, les agriculteurs n&#8217;échangent ou ne vendent de nouvelles semences à l&#8217;extérieur de leur village qu&#8217;au bout de quatre ans. Le projet a mis en lumière la nécessité d&#8217;élaborer une méthode efficace pour mieux échelonner la dissémination dans l&#8217;intérêt de la collectivité tout entière.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre projet a porté sur le riz pluvial, connu localement sous le nom de riz <em>ghaiya</em>, qui se cultive sur les plateaux, les terrasses ou les versants des coteaux de forêts récemment déboisées et qui est alimenté en eau par les pluies. Ce sont surtout les agriculteurs pauvres qui s&#8217;adonnent à cette culture sur d&#8217;anciens cônes alluviaux non irrigués, appelés <em>tars.</em> Le <em>ghaiya</em> occupe une place très importante dans le système de culture, et les exploitants le préfèrent au maïs pour sa valeur nutritive et la provende fournie par les pailles de riz.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;étude a révélé que les cultivateurs de <em>ghaiya</em> possèdent une grande richesse de savoir sur la gestion des sols qui leur permet de maximiser le rendement des cultures. Les agriculteurs ont aussi démontré que la culture mixte du <em>ghaiya</em> et du maïs donne des rendements supérieurs et comporte un avantage pratique puisque quelques rangs de maïs plantés à plat dans les <em>tars</em> facilitent une répartition plus uniforme du <em>ghaiya.</em> Certains paysans, toutefois, préfèrent planter le maïs après le <em>ghaiya</em>, estimant que le sol y gagne en fertilité. La diversité règne toujours parmi les variétés indigènes de <em>ghaiya</em>, quoique le nombre de variétés cultivées varie selon les dimensions des terrains : plus les parcelles sont grandes, plus les variétés sont nombreuses. Dans la majorité des régions à l&#8217;étude, les agriculteurs cultivent au moins deux variétés dont la vitesse de maturation diffère.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la vallée de Pokhara, où le riz représente à la fois une culture vivrière et une culture marchande, un autre projet subventionné par le <span class="smallcaps">CRDI</span> a étudié les milieux de riziculture et l&#8217;état des variétés indigènes de riz, pluvial et aromatique. Les agriculteurs qui ont participé à cette étude ont souligné qu&#8217;il existe plus de 75 cultivars traditionnels locaux, mais que seuls 11 d&#8217;entre eux sont cultivés à grande échelle. Les semences de tous ces cultivars ont été recueillies à des fins de conservation, d&#8217;étude et, éventuellement, de promotion.</p>
<h4><strong>Informations et réalisations</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Au fil des ans, les travaux précurseurs de <span class="smallcaps">LI-BIRD</span> dans diverses régions agroécologiques du Népal ont permis de recueillir de précieuses informations et ont donné lieu à d&#8217;importantes réalisations. En voici quelques exemples :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> La participation directe des agriculteurs a souvent permis de définir de nouveaux objectifs de sélection; d&#8217;où l&#8217;importance d&#8217;une méthode cyclique et adaptative plutôt que linéaire et rigide. Les foires des semences, les trousses d&#8217;information sur la biodiversité et les registres des collectivités sont des moyens utiles pour solliciter la participation des agriculteurs.</li>
<li> La participation des agriculteurs à la planification permet de fixer des objectifs en matière de sélection végétale qui répondent beaucoup mieux à leurs besoins et intérêts.</li>
<li> Dans les régions plus vastes et à forte productivité, il existe différents créneaux correspondant aux diverses préférences des utilisateurs; il faut envisager d&#8217;autres mécanismes qui tiennent compte de cette réalité biophysique et sociale.</li>
<li> La phytosélection participative a le pouvoir d&#8217;accroître la diversité. Elle accélère les changements en introduisant des gènes et des génotypes comme facteurs de production dans le processus constant de la conservation <em>in situ</em> des cultures.</li>
<li> Il n&#8217;existe pas de modèle qui dicte dans quelle mesure et sous quelle forme les agricultrices et les agriculteurs doivent prendre part à la sélection végétale. Toutefois, pour gérer ou orienter convenablement ce processus, il est essentiel de s&#8217;entendre sur les responsabilités de chacun et de les définir clairement.</li>
</ul>
<h3><strong>L&#8217;amélioration du maïs dans le sud-ouest de la Chine</strong></h3>
<p><strong><br />
 </strong></p>
<table border="0" cellspacing="1" cellpadding="1" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="40%" valign="top"><span style="font-size: small;"><strong>Éléments clés</strong></span></td>
<td width="60%" valign="top"><br class="spacer_" /></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Cultures</td>
<td valign="top">Maïs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Objectifs (par ordre de priorité)</td>
<td valign="top">Diversité / productivité / prise en charge</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Participation</td>
<td valign="top">En collaboration; travaux dirigés par les chercheurs</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Analyse sociale</td>
<td valign="top">Sexospécificité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Dimension politique</td>
<td valign="top">olitiques de recherche; amélioration génétique; politiques sur les semences</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h4></h4>
<h4>
</h4>
<h4><strong>Lier agriculteurs et chercheurs</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dans les hautes terres éloignées et hostiles du sud-ouest de la Chine, les paysans doivent lutter ferme pour arriver à subsister, contrairement aux plus favorisés qui peuvent s&#8217;adonner à l&#8217;agriculture dans les plaines septentrionales : la « ceinture du maïs » de la Chine. Pourtant, c&#8217;est dans cette région isolée que les premiers champs de maïs ont été plantés. Les agriculteurs y cultivent le maïs dont ils sont tributaires depuis d&#8217;innombrables générations. Ils conservent la diversité des ressources génétiques et des variétés de semences de maïs beaucoup plus nombreuses que ce qui se fait ailleurs au pays. Aujourd&#8217;hui, les hautes terres du sud-ouest de la Chine recèlent un trésor de diversité génétique, essentiel à l&#8217;avenir de la culture du maïs en Chine.</p>
<p style="text-align: justify;">Le maïs est devenu la culture fourragère la plus importante de Chine et la troisième culture vivrière du pays. C&#8217;est aussi le principal aliment de consommation courante des populations rurales défavorisées des hautes terres du Sud-Ouest. Le gouvernement chinois a adopté une approche moderne, axée sur la technologie, qui repose surtout sur le système officiel de production et de dissémination des semences. La mise au point et la distribution de variétés modernes — hybrides pour la plupart — des trois principales cultures vivrières de première nécessité (le riz, le blé et le maïs) ont été les tâches les plus importantes et les objectifs prioritaires du système officiel, chargé d&#8217;assurer la sécurité alimentaire nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">La culture de variétés hybrides de maïs se fait aujourd&#8217;hui dans environ 80 % des zones de production de cette céréale en Chine, en particulier dans les plaines septentrionales, région de culture uniforme et à haut rendement. L&#8217;instauration d&#8217;une économie de marché a donné naissance à un système de production et d&#8217;approvisionnement de semences de plus en plus axé sur les profits.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;amélioration des variétés hybrides et la production de semences hybrides attirent plus que jamais l&#8217;attention et les investissements. En revanche, une étude effectuée dans une des provinces du Sud-Ouest, Guangxi, révèle que plus de 80 % des approvisionnements en semences proviennent des systèmes de production des agriculteurs, si bien que la conservation de la diversité qui en découle sert les intérêts de tous les cultivateurs et leur assure un gagne-pain durable.</p>
<p style="text-align: justify;">Le patrimoine génétique du maïs amélioré en Chine a considérablement diminué au cours des dix dernières années. Bien que la collection nationale de germoplasme de maïs contienne environ 16.000 entrées, seules cinq grandes variétés hybrides de maïs couvrent 53 % de l&#8217;ensemble des zones de culture du maïs du pays. Dans la province de Guangxi, la collection de germoplasme de maïs regroupe environ 2.700 entrées; de ce nombre, plus de 1.700 sont des cultivars traditionnels venant de cette région. Toutefois, l&#8217;utilisation de ces matériels génétiques dans la phytosélection est très restreinte. Seuls trois principaux produits de croisement sont utilisés et les 14 hybrides qui ont été produits au cours des vingt dernières années sont, à divers degrés, de la même lignée consanguine. Entre-temps, dans plusieurs provinces, les cultivars traditionnels qu&#8217;on trouve dans les champs des agriculteurs se dégradent et disparaissent sous l&#8217;effet de la propagation continue des variétés modernes.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, la croissance économique en Chine est impressionnante, mais la pauvreté persiste dans bien des régions rurales, notamment la province de Guangxi, touchant en particulier les femmes et les ménages dont le chef est une femme. Une croissance rapide va de pair avec une dégradation accrue des ressources naturelles. Les changements de politiques sont beaucoup plus lents. La planification et la prise de décisions venant du sommet sont encore la norme dans plusieurs ordres de gouvernement. Mais même là, on commence à déceler une certaine ouverture.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il est urgent d&#8217;établir un rapport de collaboration et de complémentarité entre les institutions et les collectivités si l&#8217;on veut que la Chine puisse résoudre les problèmes auxquels elle fait face en matière de sécurité alimentaire et de biodiversité.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Voilà le cadre dans lequel s&#8217;inscrit un projet de recherche entrepris en 1999 par le Centre for Chinese Agricultural Policy (<span class="smallcaps">CCAP</span>) en collaboration avec le Guangxi Maize Research Institute (<span class="smallcaps">GMRI</span>). Ce projet s&#8217;inspire d&#8217;une étude financée par le Centre international d&#8217;amélioration du maïs et du blé (<span class="smallcaps">CIMMYT</span>) et est mené par une universitaire chinoise, candidate au doctorat, Yiching Song. Dans son évaluation de l&#8217;incidence du germoplasme de maïs fourni par le Centre international sur les paysans pauvres du sud-ouest de la Chine, elle s&#8217;est penchée en particulier sur le développement technologique et les processus de diffusion du système institutionnel et des collectivités.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Entre autres constatations, l&#8217;étude indique qu&#8217;il est urgent d&#8217;établir un rapport de collaboration et de complémentarité entre les institutions et les collectivités, au lieu de laisser libre cours à la situation actuelle de fonctionnement distinct et de conflit, si l&#8217;on veut que la Chine puisse résoudre les problèmes auxquels elle fait face en matière de sécurité alimentaire et de biodiversité.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce projet de recherche, financé par le <span class="smallcaps">CRDI</span> et la Fondation Ford, a pour but de déterminer et d&#8217;évaluer les moyens de former un partenariat mutuellement avantageux entre les systèmes formel et informel en vue de mettre au point une variété de maïs propre à la région du Sud-Ouest. Les chercheurs visaient, en particulier, les deux objectifs suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> mieux mettre en valeur et utiliser les techniques permettant aux collectivités autochtones locales de conserver la biodiversité;</li>
<li> trouver des moyens d&#8217;amener ces collectivités à prendre part à la conception et à la mise en œuvre des programmes de conservation <em>in situ</em> de la biodiversité.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Les membres de l&#8217;équipe proviennent de divers groupes et organismes; spécialisés dans différents domaines, ils peuvent intervenir sur plusieurs plans. Cinq groupes d&#8217;agricultrices, six villages, six centres de vulgarisation agricole, deux centres de sélection du secteur institutionnel et le <span class="smallcaps">CCAP</span> ont participé directement à la conception et à la mise en œuvre du projet. Au cours de la deuxième étape, qui vient de débuter, le projet tentera de lier plus étroitement la recherche-action communautaire et les processus de prise de décisions, en mettant tout en œuvre pour solliciter la participation directe des principaux décideurs chargés de l&#8217;élaboration des politiques sur le maïs, à l&#8217;échelle provinciale et nationale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les essais sur le terrain se sont révélés un moyen efficace de renforcer l&#8217;interaction, les communications et la collaboration parmi les intervenants.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À des fins de comparaison, les essais sur le terrain ont été dirigés soit par les chercheurs, soit par les agriculteurs, selon l&#8217;objectif visé par la recherche. Plus de 40 variétés ont été choisies comme cibles pour les essais de phytosélection participative et de sélection participative de variétés à la station du <span class="smallcaps">GMRI</span> et dans cinq villages. Parmi ces 40 variétés, trois ont été sélectionnées par les agriculteurs pour des raisons agronomiques, culturelles et économiques. Elles ont reçu l&#8217;approbation officielle et sont utilisées dans les villages où les essais ont eu lieu ainsi que dans les collectivités environnantes. En outre, cinq variétés exotiques fournies par le <span class="smallcaps">CIMMYT</span> ont été adaptées aux conditions locales et cinq cultivars traditionnels provenant des villages à l&#8217;étude ont été améliorés grâce aux efforts communs des agriculteurs et des sélectionneurs. Une variété améliorée (pour ce qui est de l&#8217;adaptation aux conditions locales et des préférences des agriculteurs), sélectionnée par des agricultrices, a été testée et homologuée par l&#8217;institution de sélection officielle; depuis, elle est utilisée dans toute la région du projet. Les sélectionneurs gouvernementaux ont identifié des matériels d&#8217;amélioration et des lignées consanguines très utiles, dont le vaste patrimoine génétique provient de cultivars traditionnels fournis par les agriculteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet comporte aussi d&#8217;autres avantages. Les essais sur le terrain se sont révélés un moyen efficace de renforcer l&#8217;interaction, les communications et la collaboration parmi les intervenants. Ils ont aussi permis de consolider la capacité organisationnelle et décisionnelle des agriculteurs locaux. Qui plus est, il s&#8217;est produit parmi les phytogénéticiens du secteur officiel un remarquable changement d&#8217;attitude, si bien que les institutions de sélection tiennent compte dorénavant des besoins et des intérêts des agriculteurs dans leurs programmes d&#8217;amélioration et leurs priorités de recherche. D&#8217;autre part, les décideurs provinciaux et nationaux sont de plus en plus nombreux à reconnaître les efforts et le savoir des agriculteurs en ce qui a trait à la gestion de la biodiversité génétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Le succès de ce projet a incité l&#8217;Institut de recherche sur le maïs de Guangxi à combiner la conservation des banques de gènes et la conservation <em>in situ</em> des cultivars traditionnels. De son côté, l&#8217;Institut phytotechnique de Chine ajoutera à son programme national d&#8217;élargissement du patrimoine génétique les travaux effectués à Guangxi en matière de conservation de germoplasme. <strong>Quant au Centre de politique agricole de Chine, il a joué un rôle de premier plan en diffusant les résultats du projet à l&#8217;échelle nationale, accroissant ainsi ses répercussions et son influence.</strong> Par exemple, le projet a été présenté et a fait l&#8217;objet de discussions lors d&#8217;un colloque national sur la planification des politiques coordonné par le <span class="smallcaps">CCAP</span> et le <span class="smallcaps">CIMMYT</span>, à Beijing, en mars 2002. Cette importante conférence a réuni pour la première fois 40 éminents décideurs nationaux du secteur de l&#8217;agriculture et des chercheurs intéressés à l&#8217;amélioration du maïs, leur donnant l&#8217;occasion de discuter de l&#8217;adoption de l&#8217;approche participative comme solution de rechange et méthode complémentaire dans l&#8217;amélioration des cultures et la gestion de l&#8217;agrobiodiversité.</p>
<h3><strong>Le programme mondial Recherche participative et analyse du genre</strong></h3>
<p><strong><br />
 </strong></p>
<table border="0" cellspacing="1" cellpadding="1" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="45%" valign="top"><span style="font-size: small;"><strong>Éléments clés</strong></span></td>
<td width="55%" valign="top"><br class="spacer_" /></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Cultures</strong></td>
<td width="61%" valign="top">Cultures à pollinisation libre, à pollinisation croisée et à propagation végétative</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Objectifs (par ordre de priorité)</strong></td>
<td valign="top">Productivité / prise en charge / diversité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Participation</strong></td>
<td valign="top">ariable; consultations; en collaboration</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Analyse sociale</strong></td>
<td valign="top">Variable; sexospécificité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Dimension politique</strong></td>
<td valign="top">Variable; droits de propriété intellectuelle; politiques sur les semences; mise en circulation des variétés; politiques de recherche</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h4></h4>
<h4>
</h4>
<h4><strong>La mise en valeur du rôle des femmes</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Le programme le plus important à l&#8217;appui de la phytosélection participative à l&#8217;échelle mondiale est sans doute celui que subventionne le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>). Ce programme, appelé Recherche participative et analyse du genre (<span class="smallcaps">RPAG</span>), a pour objectif de favoriser les innovations institutionnelles, d&#8217;évaluer et d&#8217;élaborer des méthodes de recherche participative qui tiennent compte des sexospécificités, et de les mettre en application dans la sélection végétale et la gestion des cultures et des ressources naturelles.</p>
<p style="text-align: justify;">La <span class="smallcaps">RPAG</span> est coparrainée par quatre des centres internationaux de recherche agricole; ses activités sont financées par les gouvernements nationaux et divers donateurs, dont le <span class="smallcaps">CRDI</span>. Les systèmes nationaux de recherche agricole, des <span class="smallcaps">ONG</span> et des universités de divers coins du globe y participent. Comme son nom l&#8217;indique, le programme Recherche participative et analyse du genre met en valeur le rôle des femmes des régions rurales dans la gestion des ressources phytogénétiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Partout dans le monde en développement, les femmes ont des connaissances précises des caractéristiques particulières des diverses cultures et des préférences marquées à cet égard.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après vingt années d&#8217;efforts pour faire en sorte que la science réponde davantage aux besoins des paysans pauvres, il est logique de mettre en évidence le rôle et les besoins des femmes. Les femmes jouent des rôles multiples — culture, récolte, entreposage des plantes cultivées, et préparation des aliments. Mais sans doute n&#8217;y a-t-il pas de rôle plus important que celui qu&#8217;elles jouent dans le domaine de la sélection végétale. Les agricultrices sont non seulement des sélectionneurs prolifiques et compétentes, mais aussi les principales gestionnaires des ressources naturelles comme le sol et l&#8217;eau. Elles domestiquent les espèces sauvages et jouent un rôle capital dans la sélection et l&#8217;entreposage des semences des prochaines plantations. <strong>Partout dans le monde en développement, les femmes ont des connaissances précises des caractéristiques particulières des diverses cultures et des préférences marquées à cet égard. Des études révèlent que souvent les attentes et le savoir des hommes et des femmes diffèrent en matière de cultures, différences dont la recherche et les politiques devraient tenir compte.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les projets menés dans le cadre du programme mondial <span class="smallcaps">RPAG</span> appuient l&#8217;élaboration et l&#8217;évaluation des méthodes de recherche participative qui prennent en compte les sexospécificités. Ce soutien vise à faire adopter des démarches éprouvées par les centres internationaux de recherche agricole et, éventuellement, par les programmes nationaux. Bon nombre des activités décrites dans ce chapitre vont dans le même sens que la <span class="smallcaps">RPAG</span>. Ainsi en est-il des travaux des comités locaux de recherche agricole en Amérique latine, de la recherche sur l&#8217;orge menée par le Centre international de recherches agricoles dans les régions sèches (<span class="smallcaps">ICARDA</span>) au Moyen-Orient et de celle de <span class="smallcaps">LI-BIRD</span> dans les hautes terres du Népal. Des équipes de chercheurs en Chine (<span class="smallcaps">CCAP</span>) et à Cuba (<span class="smallcaps">INCA</span>) ont aussi noué des liens avec les responsables de la <span class="smallcaps">RPAG</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre autres stratégies pour faire progresser la phytosélection participative au regard des sexospécificités, la <span class="smallcaps">RPAG</span> offre un programme d&#8217;octroi de petites subventions par concours. Au Pérou, par exemple, une subvention de ce genre a permis à des femmes de prendre part à la sélection de nouveaux clones de pommes de terre et, du coup, d&#8217;avoir leur mot à dire dans les décisions et la gestion des ressources. Comme ailleurs, ces femmes ont fait des choix différents de ceux des hommes. L&#8217;approche participative mise en application en Ouganda a donné lieu à une plus grande collaboration entre les hommes et les femmes et, au Kenya, elle a permis d&#8217;augmenter le nombre de femmes membres des comités de gestion locaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les petites subventions représentent la principale composante de la recherche participative et analyse du genre sur le terrain, le personnel du programme entreprend également des recherches de pointe. Ainsi, une étude sur l&#8217;épineuse question de l&#8217;attribution des droits de propriété intellectuelle est née de la collaboration entre des chercheurs et des collectivités agricoles. Ces travaux viennent combler une grave lacune sur la scène internationale où les accords en vigueur attirent certes l&#8217;attention sur les droits des phytogénéticiens et des agriculteurs, mais n&#8217;abordent pas la répartition des avantages qui découlent du travail fait en collaboration.</p>
<p style="text-align: justify;">Les avantages de la recherche participative sont bien connus, mais pour convaincre un plus grand nombre de chercheurs et de directeurs de recherche d&#8217;intégrer cette approche à leurs activités, il est essentiel de pouvoir comparer l&#8217;approche participative à d&#8217;autres démarches, plus traditionnelles. Le personnel du programme a mis au point et en application des outils pour la réalisation d&#8217;études d&#8217;impact empiriques tant dans le domaine de la phytosélection participative que dans celui de la gestion des ressources naturelles. L&#8217;étude a porté à la fois sur les incidences et les coûts, en accordant une attention spéciale aux effets de différents types de recherche participative ainsi qu&#8217;aux répercussions de la participation des agriculteurs à différents stades de la recherche.</p>
<p style="text-align: justify;">Les résultats préliminaires laissent entendre que le fait de permettre aux agriculteurs de participer plus étroitement à la recherche et la plus grande marge de manœuvre ainsi obtenue a eu des effets favorables à plusieurs égards, dont l&#8217;accroissement de leurs revenus. Les résultats empiriques indiquent aussi que la recherche participative réduit les coûts en évitant la mise au point de techniques que les utilisateurs visés ne sont pas susceptibles d&#8217;adopter. Par exemple, la réaction de cultivateurs indonésiens peu après le début d&#8217;une recherche sur les patates douces a poussé les chercheurs à modifier la technologie proposée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Permettre aux agriculteurs de participer plus étroitement à la recherche et leur donner une plus grande marge de manœuvre a eu des effets favorables à plusieurs égards, dont l&#8217;accroissement de leurs revenus.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour faire valoir et faciliter davantage le recours à l&#8217;approche participative, le personnel de la <span class="smallcaps">RPAG</span> a créé un réseau de pratiques et de savoirs regroupant, entre autres, des <span class="smallcaps">ONG</span>, les systèmes nationaux de recherche agricole et les centres internationaux de recherche agricole. Des listes de diffusion favorisent les échanges continus de savoir-faire partout dans le monde tandis que des colloques internationaux rassemblent des centaines de spécialistes de tous les pays. Le personnel du programme a créé trois bases de données, accessibles au public, sur les projets reposant sur l&#8217;approche participative axée sur les sexospécificités, un réseau de contacts et des centres de liaison dans toutes les stations du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale. Il a aussi organisé de nombreux ateliers de formation sur les méthodes de recherche participative et analyse du genre, auxquels il a également participé, et publié plusieurs manuels d&#8217;instruction.</p>
<h3><strong>Qu&#8217;avons-nous accompli ?</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Le tableau 4 résume les principaux résultats des six projets décrits précédemment. Le chapitre 4, quant à lui, montre comment ces projets et leurs résultats s&#8217;inscrivent dans le cadre général du programme de recherche du <span class="smallcaps">CRDI</span> sur la biodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<table style="text-align: left;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="5" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="7" align="center" valign="top"><span style="font-size: small;"><strong>Tableau 4. Principaux résultats des projets choisis</strong></span></td>
</tr>
<tr>
<td width="10%" align="center" valign="bottom"><br class="spacer_" /></td>
<td width="15%" align="center" valign="bottom"><strong>Amélioration de l&#8217;orge (ICARDA)</strong></td>
<td width="15%" align="center" valign="bottom"><strong>Comités locaux de recherche agricole (CIAL)</strong></td>
<td width="15%" align="center" valign="bottom"><strong>L&#8217;innovation agricole à Cuba</strong></td>
<td width="15%" align="center" valign="bottom"><strong>L&#8217;enrichissement du maïs et du riz au Népal (LI-BIRD)</strong></td>
<td width="15%" align="center" valign="bottom"><strong>L&#8217;amélioration du maïs dans le sud-ouest de la Chine</strong></td>
<td width="15%" align="center" valign="bottom"><strong>Recherche participative et analyse du genre (RPAG)</strong></td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Méthodes novatrices</strong></td>
<td valign="top">Instauration des méthodes de phytosélection participative et de sélection participative de variétés en Afrique du Nord et au Moyen-Orient; essais décentralisés; attention particulière accordée aux interactions entre les génotypes et l&#8217;environnement</td>
<td valign="top">Mise au point d&#8217;une méthode d&#8217;essais communautaires <em>in situ</em>, dirigés par les agriculteurs (Amérique latine); nouvelle forme d&#8217;organisation locale de développement rural</td>
<td valign="top">Instauration des méthodes de phytosélection participative et de sélection participative de variétés à Cuba; foires des semences tenues pour la 1<span class="superscript">re</span> fois (diversité); introduction de méthodes semblables à celle des CIAL</td>
<td valign="top">Instauration des méthodes de phytosélection participative et de sélection participative de variétés au Népal; création de groupes locaux de recherche agricole; fréquentation accrue des foires des semences</td>
<td valign="top">Appui aux activités de sélection dirigées par des agriculteurs; renforcement des organisations locales; expansion des petites entreprises (semences)</td>
<td valign="top">Soutien et promotion de la phytosélection participative et de la sélection participative de variétés au sein du GCRAI, d&#8217;ONG et de SNRA; analyse et survol global des progrès des ONG, des SNRA et des CIRA en matière de règles d&#8217;exécution</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Nouveaux partenariats</strong></td>
<td valign="top">Collaboration du GCRAI et des SNRA dans divers pays</td>
<td valign="top">Établissement de relations entre des groupes d&#8217;agriculteurs et les SNRA, des ONG et le GCRAI; participation à part entière des agents de vulgarisation à la recherche</td>
<td valign="top">Création de coopératives de SNRA et de groupes d&#8217;agriculteurs</td>
<td valign="top">Collaboration entre des ONG et les SNRA et entre des ONG et le GCRAI</td>
<td valign="top">Collaboration entre les SNRA, des centres de vulgarisation et des groupes d&#8217;agriculteurs</td>
<td valign="top">Partenariats entre le GCRAI, des SNRA et des ONG</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Résultats des activités de sélection</strong></td>
<td valign="top">Amélioration de variétés; augmentation de la diversité; reconnaissance nationale des efforts des agriculteurs</td>
<td valign="top">Augmentation de la diversité; amélioration de variétés</td>
<td valign="top">Augmentation de la diversité; amélioration de la variété (maïs)</td>
<td valign="top">Amélioration de variétés; augmentation de la diversité</td>
<td valign="top">Amélioration de variétés; reconnaissance provinciale des efforts des agriculteurs</td>
<td valign="top">Augmentation de la diversité; amélioration de variétés</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Renforcement des capacités</strong></td>
<td valign="top">Changement d&#8217;attitudes et renforcement des compétences des chercheurs; reconnaissance des savoirs et des capacités des agriculteurs; amélioration des compétences en recherche</td>
<td valign="top">Renforcement des capacités de recherche et d&#8217;organisation des agriculteurs; changement d&#8217;attitudes des chercheurs; reconnaissance de la compétence des femmes dans la sélection et l&#8217;expérimentation</td>
<td valign="top">Changement d&#8217;attitudes et renforcement des compétences des chercheurs; renforcement des capacités de recherche et d&#8217;organisation des agriculteurs; reconnaissance de la compétence des femmes dans la sélection et l&#8217;expérimentation; habilitation des femmes à prendre part aux discussions sur les résultats des recherches et à faire de la production de semences une source de revenus</td>
<td valign="top">Renforcement des capacités de recherche et d&#8217;organisation des agriculteurs</td>
<td valign="top">Changement d&#8217;attitudes et renforcement des compétences des chercheurs; renforcement des capacités de recherche et d&#8217;organisation des agriculteurs; reconnaissance de la compétence des femmes dans la sélection et l&#8217;expérimentation</td>
<td valign="top">Changement d&#8217;attitudes des chercheurs et acquisition de nouvelles compétences; renforcement des capacités de recherche des agriculteurs; mise en valeur du rôle clé des femmes dans la gestion de l&#8217;agrobiodiversité</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top"><strong>Modification de politiques</strong></td>
<td width="15%" valign="top">Adoption de la phytosélection participative par les SNRA; la décentralisation des essais est devenue monnaie courante</td>
<td valign="top">Adoption de la méthodologie par le SNRA (Colombie)</td>
<td valign="top">Progrès de l&#8217;approche participative dans le milieu de la recherche; application à d&#8217;autres programmes d&#8217;amélioration des cultures (riz, tomates)</td>
<td width="12%" valign="top">Reconnaissance officielle et mise en circulation de variétés sélection nées par des agriculteurs</td>
<td valign="top">Mise en circulation de variétés sélectionnées par des agriculteurs; progrès de l&#8217;approche participative dans le milieu de la recherche</td>
<td valign="top">Adoption de la phytosélection participative par le GCRAI dans son programme de recherche sur les activités de sélection</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="7" valign="top">CIAL : comité local de recherche agricole; GCRAI : Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale; ICARDA : Centre international de recherches agricoles dans les régions sèches; LI-BIRD : <em>Local Initiatives for Biodiversity, Research and Development</em>; ONG : organisation non gouvernementale; SNRA : systèmes nationaux de recherche agricole</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;amélioration de variétés végétales et/ou l&#8217;augmentation de la diversité permettent d&#8217;accroître également les disponibilités alimentaires, la diversité, la qualité et la quantité des ressources vivrières. Par exemple : des variétés précoces aident à combler les déficits alimentaires certains mois de l&#8217;année. Les variétés à rendement élevé contribuent à l&#8217;augmentation de la consommation alimentaire dans les ménages. Les variétés plus robustes exigent moins d&#8217;eau ou de facteurs de production, comme les engrais, et résistent mieux aux parasites et aux maladies. Les variétés bonifiées augmentent la valeur nutritive des aliments.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
 </strong></p>
<h2><strong>Chapitre 4 : Les leçons tirées de l&#8217;expérience</strong></h2>
<h3><strong>La phytosélection participative</strong></h3>
<h4><strong>Une solution partielle</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Le chapitre précédent fait état de six projets représentatifs d&#8217;une décennie de recherche à travers le monde, dont certains sont toujours en cours. Ils révèlent que des agriculteurs, parfois des collectivités entières, se sentent investis d&#8217;un pouvoir jusque-là ignoré et qui leur permet d&#8217;avoir, ne serait-ce que dans une faible mesure, la haute main sur leurs ressources naturelles. Ils montrent que des scientifiques ont découvert la valeur de porter leurs travaux au-delà du laboratoire ou du centre de recherche pour profiter du savoir et de l&#8217;expérience des hommes et des femmes qui vivent de la terre. Évidemment, tout récit contient un message, une leçon; ces comptes rendus ne font pas exception. Quelles leçons pouvons-nous tirer de la revue de dix années de recherche ? Comment pouvons-nous mettre ces leçons à profit et améliorer la prise de décisions sur l&#8217;orientation future des politiques et de la recherche sur l&#8217;agriculture et l&#8217;environnement ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les enjeux sont évidents : l&#8217;érosion génétique progresse à un rythme alarmant. Nous en avons un exemple en Chine, où la collection de germoplasme de maïs contient environ 16 000 entrées, mais où seules cinq grandes variétés hybrides couvrent 53 % des zones de culture du maïs au pays. Cette situation se répète dans la majorité des terres nourricières du globe; elle donne un sens nouveau à l&#8217;expression « faire plus avec moins ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le revers de la médaille, c&#8217;est que les plus défavorisés de la planète dépendent des produits biologiques pour satisfaire jusqu&#8217;à 90 % de leurs besoins — en nourriture, combustible, médicaments, abri, transport. Environ 1,4 milliard de personnes, pour la plupart des paysans pauvres, utilisent et améliorent depuis toujours les semences provenant de leurs propres cultures, permettant ainsi de créer de nombreux cultivars traditionnels pour chaque espèce cultivée. Environ 75 % de la population mondiale s&#8217;en remettent aux médecines traditionnelles pour leurs soins de santé primaires. Ces ressources biologiques, y compris les compétences et les connaissances qui contribuent à cette diversité, sont de plus en plus menacées par les changements qui se produisent dans les structures sociales, économiques et politiques, dans les milieux naturels, et en raison de la demande croissante de ces mêmes ressources.</p>
<p style="text-align: justify;">La menace qui pèse sur la biodiversité est une question complexe dont les nombreuses ramifications nous touchent tous — que nous vivions au Nord ou dans les pays du Sud — parce qu&#8217;elle peut influer sur les disponibilités alimentaires. Si la phytosélection participative est une solution partielle, il est important de bien comprendre ce que cette approche relativement nouvelle de la recherche a permis d&#8217;accomplir et comment les résultats obtenus peuvent être appliqués plus efficacement à grande échelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons que l&#8217;approche de la recherche sur l&#8217;agrobiodiversité, exposée au chapitre 2, se fonde sur trois objectifs communément admis : parfaire les connaissances sur l&#8217;agrobiodiversité; élaborer et expérimenter des pratiques et des mesures qui valorisent l&#8217;agrobiodiversité; créer des solutions de rechange, d&#8217;ordre politique et législatif, à l&#8217;appui de ces objectifs. C&#8217;est de là qu&#8217;il faut d&#8217;abord tirer des leçons, mais une nécessité sous-tend ces objectifs : retenir les résultats de projets qui ouvrent la voie à de nouvelles recherches et politiques (voir le tableau 4). En voici quelques exemples :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> recherche, sensibilisation, élaboration de méthodes et de politiques, innovation;</li>
<li> renforcement des capacités de recherche, individuelles et institutionnelles;</li>
<li> formation ou consolidation de partenariats entre les intervenants ou intersectoriels;</li>
<li> recherche et politiques répondant véritablement aux besoins des utilisateurs.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Enfin, il importe de déterminer si la recherche a des répercussions directes ou indirectes. La recherche a-t-elle été adoptée et adaptée ailleurs ? A-t-elle eu un « effet multiplicateur » ? La recherche a-t-elle donné lieu à de nouvelles approches, de nouvelles réflexions ? Bref, s&#8217;est-on contenté de tirer des leçons de l&#8217;expérience ou les a-t-on mises en pratique ? Avons-nous tiré tous les enseignements possibles de nos expériences ?</p>
<h3><strong>L&#8217;agrobiodiversité</strong></h3>
<h4><strong>De l&#8217;importance de l&#8217;information et de l&#8217;identité collective</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dans leurs efforts pour mieux faire connaître l&#8217;agrobiodiversité, les chercheurs ont consacré beaucoup de temps et d&#8217;énergie à réunir de la documentation et à décrire les cultures et les systèmes de culture existants ainsi que le savoir local ou indigène qui s&#8217;y rapporte. Leurs études laissent entendre qu&#8217;en bien des endroits<strong>, la conservation de l&#8217;agrobiodiversité fait partie intégrante de l&#8217;identité culturelle des gens</strong> et constitue généralement une façon de réagir à l&#8217;incertitude et à la fragilité environnementale, écologique et économique. Parfois, il s&#8217;agit simplement d&#8217;un moyen pour tirer parti des conditions du marché.</p>
<p style="text-align: justify;">La diversité et les connaissances qu&#8217;en ont les agriculteurs sont une réalité bien vivante dans nombre de régions, quoique nous ayons la preuve que l&#8217;on exerce sur les systèmes de culture traditionnels des pressions croissantes. Nous entendons par systèmes de culture, les céréales, les plantes racines, les légumineuses, les épices, les plantes fourragères et les espèces végétales comestibles « sauvages », ou non cultivées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il y a de nombreux exemples d&#8217;outils de recherche qui « circulent » d&#8217;un côté à l&#8217;autre — d&#8217;un chercheur ou d&#8217;un agriculteur à un autre.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La pression exercée sur ces systèmes est en partie due aux forces du marché, mais plusieurs autres facteurs entrent en ligne de compte. Les sciences menacent les cultures et les systèmes de culture traditionnels parce qu&#8217;elles introduisent un nombre limité de variétés hybrides qui viennent remplacer un ensemble diversifié de variétés traditionnelles. L&#8217;activité humaine aussi y contribue par les migrations, la « modernisation » et, dans certaines régions, la guerre. Des catastrophes naturelles, comme les ouragans, les inondations et les tremblements de terre sont des facteurs imprévisibles mais omniprésents. Les modes d&#8217;utilisation des ressources est un autre élément qui a fait surface dans la dynamique de la diversité et l&#8217;espace dont les agriculteurs doivent disposer pour conserver ou accroître les variétés végétales. Il faudra procéder à d&#8217;autres recherches pour mieux comprendre ces facteurs et déterminer d&#8217;éventuelles pistes et moyens d&#8217;action.</p>
<p style="text-align: justify;">La dynamique de l&#8217;agrobiodiversité et les tendances dans ce domaine sont beaucoup mieux connues et étudiées aujourd&#8217;hui. Bien que l&#8217;envergure et la qualité des résultats varient, un bon nombre d&#8217;outils innovateurs ont été mis au point pour permettre l&#8217;analyse détaillée de ces tendances, à plusieurs égards : cultures, champs, systèmes d&#8217;exploitation. Il y a de nombreux exemples d&#8217;outils de recherche qui « circulent » d&#8217;un côté à l&#8217;autre — d&#8217;un chercheur ou d&#8217;un agriculteur à un autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons en outre accumulé une importante somme de connaissances sur les rapports entre les facteurs humains et biophysiques à des degrés divers. Les facteurs humains comprennent le savoir, les compétences, les besoins et les intérêts différents selon le sexe, l&#8217;âge, la classe sociale et l&#8217;origine ethnique. L&#8217;examen de leur influence sur les cultures, les systèmes de culture et le paysage (au sens scientifique du terme) lorsqu&#8217;ils sont associés aux facteurs biophysiques permet de mieux comprendre comment et pourquoi les collectivités conservent la biodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;">Un des premiers projets portant sur la biodiversité que le <span class="smallcaps">CRDI</span> ait appuyé consiste en une étude, entreprise en 1992, sur les facteurs de conservation du cultivar traditionnel de sorgho en Éthiopie, où l&#8217;on croit qu&#8217;est apparue cette graminée qui tient une place si importante dans l&#8217;alimentation humaine. Depuis lors, ce projet a connu bien des prolongements et il est toujours en cours. Il a servi à documenter — par des observations, des enquêtes et des entrevues — les vastes connaissances taxonomiques des agriculteurs éthiopiens et a confirmé l&#8217;importance de leur rôle dans la conservation de la diversité du cultivar traditionnel du sorgho dans les régions de Shewa, au Nord, et de Welo, au Sud, afin de réduire les risques d&#8217;homogénéisation. En outre, l&#8217;étude rassemble des informations sur le savoir des agriculteurs sur les conditions d&#8217;entreposage et la durée de vie des cultivars traditionnels du sorgho ainsi que sur les mesures à prendre pour réduire les pertes causées par les parasites. La recherche se centre sur deux domaines : la dynamique et les tendances de l&#8217;agrobiodiversité; et les critères de sélection des agriculteurs et des agricultrices selon que la sélection a lieu dans les champs, à l&#8217;échelle de la collectivité ou dans l&#8217;écosystème agricole tout entier. Elle examine aussi divers facteurs qui influent sur l&#8217;utilisation et la gestion de la diversité.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autres projets se sont penchés sur des systèmes de culture complexes et fort différents comme les jardins privés et les cultures sur brûlis, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, de même que sur les potagers indigènes en Afrique orientale et australe. D&#8217;autres encore portent sur les systèmes intégrés d&#8217;élevage d&#8217;animaux et de culture des végétaux tels que les systèmes d&#8217;exploitation de riz et de poisson dans le delta du Mékong au Viet Nam.</p>
<p style="text-align: justify;">Partout dans le monde, les femmes jouent un rôle de premier plan dans la gestion de l&#8217;agrobiodiversité. La reconnaissance de ce rôle, toutefois, laisse à désirer en bien des endroits. Il faudrait également effectuer des études plus systématiques et rigoureuses sur les divers rôles que les femmes et les hommes sont appelés à jouer, et sur les conséquences sexospécifiques des changements qui touchent la diversité. Pour être utiles, cependant, les recherches sur cette question doivent aller au-delà d&#8217;une simple présentation des données selon le sexe des participants. L&#8217;âge, l&#8217;origine ethnique, la situation économique et le niveau d&#8217;instruction sont des facteurs dont il faut également tenir compte.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, les chercheurs disposent d&#8217;une foule de méthodes de recherche novatrices. Les programmes des petites subventions en est une. Ils financent une vaste gamme de projets et de méthodes sous un thème de recherche commun. Les programmes de recherche multilatéraux en est une autre. Ceux-ci fournissent un cadre de travail commun aux chercheurs qui adoptent une même approche et une même méthodologie, et fonctionnent en réseaux.</p>
<h3><strong>D&#8217;heureuses retombées</strong></h3>
<h4><strong>La valorisation de la conservation et de l&#8217;utilisation de l&#8217;agrobiodiversité</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dans la majorité des recherches axées sur la phytosélection participative, la valorisation économique, sociale ou culturelle constitue un élément fondamental que l&#8217;on intègre dès le départ. Dans d&#8217;autres types de recherche, on ajoute cet élément uniquement après avoir réuni la documentation et terminé le descriptif du projet. Tout dépend de la conception du projet et de l&#8217;approche adoptée, mais dans les deux cas, les résultats sont impressionnants.</p>
<p style="text-align: justify;">Les outils et méthodes de recherche qui « circulent » d&#8217;une région ou d&#8217;un pays à un autre sont aussi une façon de valoriser l&#8217;investissement initial. Voilà pourquoi la production de retombées directes ou indirectes, maximisant l&#8217;incidence des résultats de la recherche, est un des objectifs de bon nombre de projets.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme nous l&#8217;avons vu, la méthode mise en application par le Centre international d&#8217;agriculture tropicale (<span class="smallcaps">CIAT</span>) en Colombie a été adoptée presque partout en Amérique latine. Environ 250 groupes d&#8217;agriculteurs se sont lancés dans des expériences pour accroître la diversité des cultures, améliorer la productivité et assurer la conservation des sols et de l&#8217;eau. Plus récemment, certains des éléments de l&#8217;approche ont fait leur chemin jusqu&#8217;en Chine et à Cuba. De même, le projet d&#8217;amélioration du maïs dans le sud-ouest de la Chine a repris des éléments d&#8217;un projet semblable parrainé par le <span class="smallcaps">CRDI</span> et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>) au Mexique. Voici d&#8217;autres exemples : au Népal, des paysans de villages adjacents au site de recherche se sont inspirés de certains principes de la recherche et ont commencé à faire leurs propres expériences. En outre, devant le succès de travaux menés au Maroc, en Syrie et en Tunisie, le Centre international de recherches agricoles dans les régions sèches (<span class="smallcaps">ICARDA</span>) applique les enseignements tirés du projet sur l&#8217;amélioration de l&#8217;orge en Afrique du Nord et au Moyen-Orient à d&#8217;autres pays de la région et ailleurs dans le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Certaines recherches connaissent une renommée mondiale. Ainsi, dans son rapport <em>The state of the world&#8217;s plant genetic resources for food and agriculture</em>, paru en 1998, la <span class="smallcaps">FAO</span> citait le programme communautaire de conservation de la biodiversité et du développement (<span class="smallcaps">CBDC</span>) comme exemple de conservation <em>in situ</em>. Ce programme est une initiative interrégionale lancée par divers organismes gouvernementaux et <span class="smallcaps">ONG</span> en Afrique, en Asie, en Amérique latine, aux Pays-Bas, en Norvège et au Canada.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1996, le <span class="smallcaps">CRDI</span> a participé à l&#8217;organisation de deux colloques internationaux, un en Inde et l&#8217;autre aux Pays-Bas, qui ont été le point de départ d&#8217;une collaboration toute nouvelle dans le domaine de la biodiversité des cultures. Dans le cadre du colloque tenu en Inde, des phytogénéticiens, des chercheurs et des militants politiques ont évalué les pratiques et les façons de penser en Asie méridionale au sujet de l&#8217;agrobiodiversité. Comme ils se sont tôt rendu compte de leur communauté d&#8217;idées et d&#8217;intérêts, ils ont exploré la convergence de leurs points de vue et les possibilités de collaboration future.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce colloque a donné des résultats concrets, notamment la création, en 1997, d&#8217;un programme de petites subventions, la Bourse agrodiversité. Ce programme aide les organismes et les chercheurs locaux qui travaillent avec des agriculteurs de l&#8217;Asie du Sud à entreprendre des projets de recherche appliquée sur l&#8217;utilisation de la biodiversité agricole — plantes sauvages, plantes cultivées et animaux d&#8217;élevage — pour répondre aux besoins des ménages agricoles et protéger l&#8217;environnement. Ces bourses favorisent également la collaboration et les échanges entre chercheurs ainsi que la diffusion de l&#8217;information parmi les secteurs structuré et non structuré sur les moyens pratiques d&#8217;accroître l&#8217;utilisation durable de la biodiversité agricole.</p>
<p style="text-align: justify;">Le colloque qui a eu lieu aux Pays-Bas a réuni un groupe, enthousiaste et se réclamant des mêmes idées, de chercheurs, de membres du personnel du <span class="smallcaps">GCRAI</span>, de la <span class="smallcaps">FAO</span>, d&#8217;organismes gouvernementaux européens, d&#8217;un certain nombre de systèmes nationaux de recherche agricole et de donateurs voulant explorer les enjeux, intérêts et méthodes qu&#8217;ils avaient en commun. Les participants ont passé en revue les activités de phytosélection participative menées par des sélectionneurs, des environnementalistes et des spécialistes en sciences sociales, et ils ont proposé des idées de collaboration afin de stimuler davantage la recherche et les pratiques de sélection végétale à l&#8217;échelon local.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce colloque a eu encore d&#8217;autres avantages car il a jeté les bases de ce qui allait devenir le programme de Recherche participative et analyse du genre (<span class="smallcaps">RPAG</span>). Ce programme du <span class="smallcaps">GCRAI</span> a d&#8217;abord été élaboré, à titre officieux, en 1996, puis établi en bonne et due forme l&#8217;année suivante.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une vaste gamme de questions liées au commerce exigent une approche plus systématique.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On a aussi amélioré l&#8217;expérience en reliant la conservation <em>in situ</em> et <em>ex situ</em>, et en renforçant les systèmes de production de semences au moyen de foires et de banques de semences, par exemple. Ces éléments se retrouvent dans le projet de l&#8217;<em>Instituto Nacional de Ciencias Agrícolas</em> (<span class="smallcaps">INCA</span>) à Cuba et dans celui sur l&#8217;amélioration du maïs en Chine. En outre, un projet mené au Costa Rica a tenté de servir d&#8217;intermédiaire pour la commercialisation de haricots <em>tapado</em> comme produit certifié biologique, au pays et à l&#8217;étranger : voilà un bon exemple de valeur ajoutée, du côté de la demande cette fois. À n&#8217;en pas douter, non seulement les produits certifiés biologiques, mais aussi une vaste gamme de questions liées au commerce, comme les pratiques déloyales et l&#8217;interdépendance des marchés, exigent une approche plus systématique.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut acquérir une bonne dose de connaissances et de compétences autant dans <strong>l&#8217;apprentissage par l&#8217;action</strong> que dans le cadre de projets de formation. La recherche a grandement contribué au renforcement des capacités de recherche, de documentation et de gestion de plusieurs individus et organisations. On trouve parmi les principaux organismes intéressés à la phytosélection participative un grand nombre d&#8217;organismes voués à la recherche, dont des <span class="smallcaps">ONG</span> comme <span class="smallcaps">LI-BIRD</span> (<em>Local Initiatives for Biodiversity, Research and Development</em>) et <span class="smallcaps">SEARICE</span> (<em>Southeast Asian Institute for Community Empowerment</em>, une <span class="smallcaps">ONG</span> membre du programme communautaire de conservation de la biodiversité et du développement — <span class="smallcaps">CBDC</span>); des systèmes nationaux de recherche agricole comme l&#8217;<span class="smallcaps">INCA</span> à Cuba et le <span class="smallcaps">GMRI</span> en Chine; des établissements universitaires comme l&#8217;Université Can Tho au Viet Nam ou les universités de Guelph et d&#8217;Ottawa au Canada; des centres internationaux comme le Centre international d&#8217;agriculture tropicale (<span class="smallcaps">CIAT</span>), le Centre international d&#8217;amélioration du maïs et du blé (<span class="smallcaps">CIMMYT</span>), le Centre international de recherches agricoles dans les régions sèches (<span class="smallcaps">ICARDA</span>), l&#8217;Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (<span class="smallcaps">ICRISAT</span>) et l&#8217;Institut international des ressources phytogénétiques (<span class="smallcaps">IPGRI</span>).</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs des projets réalisés par ces organismes ont exploré de nouvelles voies et comportaient souvent des risques, les chercheurs osant entreprendre des recherches fondées sur des méthodes novatrices, méconnues des institutions, et aller à contre-courant des pratiques de sélection habituelles. Le succès était loin d&#8217;être assuré et bon nombre de leurs collègues mettaient en doute l&#8217;avenir de la phytosélection participative. Deux de ces audacieuses entreprises ont eu de brillants résultats : le projet de l&#8217;<span class="smallcaps">INCA</span> à Cuba et le projet d&#8217;amélioration du maïs en Chine. Tous deux ont mis des systèmes nationaux de recherche agricole à contribution et ont été menés dans des pays où l&#8217;on n&#8217;avait jamais entendu parler d&#8217;une telle approche participative. Les travaux sur l&#8217;amélioration de l&#8217;orge effectués par l&#8217;<span class="smallcaps">ICARDA</span> en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont un autre exemple de la réussite d&#8217;un projet risqué.</p>
<p style="text-align: justify;">Le programme Recherche participative et analyse du genre (<span class="smallcaps">RPAG</span>) et les organismes participants ont fait des progrès sensibles vers la modification des politiques de recherche au sein du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>). Nous en voulons pour preuve la recommandation faite au Comité technique consultatif du <span class="smallcaps">GCRAI</span>, en 2000, par un groupe consultatif proposant que la phytosélection participative fasse partie intégrante du programme de sélection végétale de tous les centres du Groupe. En outre, le fait que l&#8217;équipe de recherche du projet de l&#8217;<span class="smallcaps">ICARDA</span> sur l&#8217;amélioration de l&#8217;orge, dirigé par Salvatore Ceccarelli, ait publié un rapport qui a remporté un prestigieux prix décerné par le <span class="smallcaps">GCRAI</span>, en 2000, est un autre signe que l&#8217;importance des travaux novateurs en cours commence à être reconnue. Toutefois, les changements profonds sont encore très lents.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir recueilli et mis en rapport des thèmes, des approches et des méthodes de recherche utilisés dans le monde, le programme <span class="smallcaps">RPAG</span> a préparé un grand nombre de rapports exhaustifs. Ces documents, qui se fondent sur l&#8217;expérience globale de nombreuses équipes et divers projets, traitent des enjeux institution-nels et techniques en matière de phytosélection participative, tant du point de vue des phytogénéticiens du secteur officiel que de celui des agriculteurs-sélectionneurs. En 1999, le Groupe de travail sur la sélection des plantes de la <span class="smallcaps">RPAG</span> a également élaboré des lignes directrices détaillées pour la mise en œuvre de projets de phytosélection participative.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autres projets ont donné lieu à quantité de documents de formation sur des méthodes particulières, comme une série préparée par le Centre international d&#8217;agriculture tropicale (<span class="smallcaps">CIAT</span>) à l&#8217;intention des comités locaux de recherche agricole d&#8217;Amérique latine. De son côté, l&#8217;<span class="smallcaps">IPGRI</span> s&#8217;est fondé sur son programme mon-dial <em>in situ</em> pour élaborer un manuel de formation sur la conservation à la ferme de la diversité génétique des cultures.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les résultats des projets démontrent clairement que les agriculteurs peuvent, et doivent, jouer un rôle de premier plan dans la recherche axée sur la phytosélection participative.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quelles sont les démarches les plus efficaces, où et quand faut-il les mettre en pratique ? Il est encore trop tôt pour déterminer la viabilité des nombreuses approches qui ont été adoptées, ou sont en voie de l&#8217;être, et leur incidence à long terme sur le gagne-pain des agriculteurs. Toutefois, les démarches prônant la conservation de la diversité biologique gagnent du terrain dans bien des régions. Les rendements s&#8217;améliorent en quantité et/ou en qualité. Presque partout, on voit les capacités se renforcer. On a aussi constaté qu&#8217;il n&#8217;existe pas de solution uniforme à la conservation de l&#8217;agrobiodiversité et à l&#8217;amélioration des cultures — il faudrait que la diversité des méthodes de recherche aille de pair avec celle des cultures pour tenir compte de la réalité du monde rural.</p>
<p style="text-align: justify;">Les résultats des projets démontrent clairement que les agriculteurs peuvent, et doivent, jouer un rôle de premier plan dans la recherche axée sur la phytosélection participative et que l&#8217;on peut, et doit, inciter les exploitants agricoles à opter pour des pratiques culturales participatives. Ces constatations peuvent être considérées comme des résultats positifs. Cependant, plusieurs projets mettent en lumière une réalité beaucoup moins réjouissante : le manque de politiques à l&#8217;appui de changements comme ceux que préconise l&#8217;approche participative.</p>
<h3><strong>La recherche de solutions politiques et juridiques</strong></h3>
<h4><strong>L&#8217;appui national et international aux démarches locales</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Les politiques gouvernementales — ou le défaut de telles politiques — ont, comme il se doit, une incidence considérable sur les efforts qui se font partout dans le monde pour préserver l&#8217;agrobiodiversité. Dans nombre de pays, les fonctionnaires chargés de l&#8217;agriculture ne se préoccupent même pas de ces questions. Dans d&#8217;autres, elles sont considérées comme des questions secondaires et non comme des enjeux au cœur de la pérennité des ressources vivrières.</p>
<p style="text-align: justify;">Diverses études sur l&#8217;influence des politiques en vigueur (ou du manque de politiques) sur l&#8217;agrobiodiversité ont tenté de mieux comprendre, voire de modifier ces attitudes. Aussi, des solutions de rechange politiques et juridiques — mesures incitatives, règlements, lois — ont été proposées. Par exemple, le programme Recherche participative et analyse du genre a entrepris une recherche devant mener à l&#8217;élaboration d&#8217;une politique sur des questions comme la reconnaissance de la contribution des agriculteurs à l&#8217;agrobiodiversité, l&#8217;amélioration des cultures et les droits de propriété intellectuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&#8217;est avéré difficile d&#8217;établir un lien entre les points de vue et les intérêts des utilisateurs locaux et les politiques macroéconomiques, en particulier les politiques qui tiennent compte de tous les intervenants. Ainsi, comment veiller à ce que tous les intervenants aient voix au chapitre ou faire en sorte qu&#8217;existent des liens plus étroits entre les chercheurs et les agents de vulgarisation ou entre les chercheurs et les décideurs ? Il est manifeste qu&#8217;il faut entreprendre des études à plus long terme pour évaluer les effets des politiques, en procédant par exemple à l&#8217;analyse des éléments dissuasifs de certaines politiques. L&#8217;intégration des analyses à différents niveaux est une tâche complexe, et il est important que la recherche sur les politiques et les mesures législatives soit intégrée à la recherche axée sur l&#8217;amélioration du savoir et des systèmes de culture.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il n&#8217;y a pas encore assez de chercheurs prêts à prendre part aux débats et aux processus d&#8217;élaboration et de mise en œuvre des politiques.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En outre, il est essentiel qu&#8217;un plus grand nombre de chercheurs commencent à s&#8217;intéresser réellement aux répercussions des politiques et des mesures législatives sur la biodiversité, en général, et la phytosélection participative, en particulier. Bien qu&#8217;ils soient plus nombreux et se fassent entendre davantage, il n&#8217;y a pas encore assez de chercheurs prêts à prendre part aux débats et aux processus d&#8217;élaboration et de mise en œuvre des politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Zimbabwe a lancé un projet national en vue d&#8217;élaborer des lois sur les brevets en matière de droits de propriété intellectuelle. Il en est résulté un grand nombre de propositions pour la conception et la rédaction d&#8217;une loi et d&#8217;une politique nationales sur cette question. Un projet semblable a été entrepris au Viet Nam. Le projet zimbabwéen a aussi des répercussions à l&#8217;échelle régionale puisqu&#8217;il fait partie d&#8217;une initiative de l&#8217;Organisation de l&#8217;unité africaine (<span class="smallcaps">OUA</span>) visant à rédiger une loi modèle pour les pays membres. Une autre étude régionale a été réalisée sur les droits des sélectionneurs en Amérique latine.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le même ordre d&#8217;idées, le Groupe Crucible a effectué des travaux d&#8217;envergure mondiale sur des questions de droit et de règlements qui sont à la fois novateurs et riches d&#8217;enseignements. Le Groupe Crucible est un collectif international qui regroupe 45 représentants de 25 pays, provenant de divers milieux : l&#8217;industrie privée, le secteur public, des groupes militants et des groupes autochtones. Ils prennent part aux discussions à titre personnel, mais tous partagent le même intérêt : la préservation et la mise en valeur du patrimoine génétique mondial. Ils abor-dent les enjeux de façon éclairée et formulent à l&#8217;intention des décideurs des recommandations sur l&#8217;utilisation, la conservation et la propriété des ressources phytogénétiques. Les résultats découlant de ces discussions — qui ont fait l&#8217;objet de consensus et de divergences — ont paru dans un ouvrage publié par le <span class="smallcaps">CRDI</span> en 1994, <em>Un brevet pour la vie : La propriété intellectuelle et ses effets sur le commerce, la biodiversité et le monde rural</em>. Ce livre contient 28 recommandations.</p>
<p style="text-align: justify;">À l&#8217;issue de nouvelles discussions, les observations et les recommandations du Groupe Crucible ont été mises à jour et rendues publiques, en 2001, dans un ouvrage parrainé conjointement par le <span class="smallcaps">CRDI</span>, l&#8217;<span class="smallcaps">IPGRI</span> et la Fondation Dag Hammarskjöld, <em>Le Débat des semences : Volume 1 — Solutions politiques pour les ressources génétiques</em>; 15 recommandations y sont formulées. Le volume 2 du <em>Débat des semences</em>, publié en 2003, propose des solutions pour les lois nationales régissant la conservation et l&#8217;échange du germoplasme, la protection des connaissances autochtones et locales, et la mise en valeur des innovations biologiques. Plus récemment, le <span class="smallcaps">CRDI</span> et divers autres donateurs ont, en collaboration avec l&#8217;<span class="smallcaps">IPGRI</span>, créé l&#8217;Initiative stratégique sur les ressources génétiques (<span class="smallcaps">ISRG</span>) afin de poursuivre les travaux du Groupe Crucible.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autres études entreprises dans le cadre de projets sur les cultures ont traité de questions liées à des organes directeurs inter-nationaux comme la Convention sur la diversité biologique (<span class="smallcaps">CDB</span>) et l&#8217;Organisation mondiale du commerce (<span class="smallcaps">OMC</span>). Ces efforts ont contribué à la sensibilisation à ces questions, à l&#8217;intégration d&#8217;enjeux importants aux objectifs officiels et à la prise en compte du point de vue des populations autochtones lors des négociations.</p>
<h3><strong>En bref</strong></h3>
<h4><strong>Un tour d&#8217;horizon des réalisations</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Depuis une dizaine d&#8217;années, les gens ont davantage pris conscience de l&#8217;importance de l&#8217;agrobiodiversité et en comprennent mieux les enjeux. Il existe aujourd&#8217;hui une masse d&#8217;informations sur les ressources phytogénétiques locales et leur utilisation, souvent dans des endroits éloignés et difficiles d&#8217;accès. Ces connaissances s&#8217;étendent à trois types de cultures, à trois continents, à de nombreuses agroécozones et à divers systèmes autochtones.</p>
<p style="text-align: justify;">Les résultats cumulés des recherches constituent une somme de données qui ont contribué à faire valoir l&#8217;intérêt de l&#8217;agrobiodiversité et favorisé son intégration dans les programmes de recherche internationaux, y compris ceux des organismes donateurs qui financent le développement international ou la recherche en développement.</p>
<p style="text-align: justify;">En particulier, de nouvelles méthodes interdisciplinaires ont été mises au point afin d&#8217;étudier l&#8217;agrobiodiversité et de renforcer les capacités locales de façon à conserver et accroître la diversité. Ces méthodes conjuguent différents éléments : consultation et collaboration des participants; expérimentation en milieu réel et dans les stations de recherche; analyse (à des degrés divers) différenciée de l&#8217;utilisation des ressources fondée principalement sur les sexospécificités. Ces méthodes et d&#8217;autres outils ont été solidement documentés et mis à la disposition des personnes intéressées par l&#8217;étude ou la mise en œuvre de la dynamique de l&#8217;agrobiodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans certains pays et organismes, des équipes continuent d&#8217;expérimenter ces nouvelles méthodes. Les projets dans le cadre desquels elles sont utilisées sont alors véritablement mis en vedette; ils attirent énormément l&#8217;attention mais ils font aussi, parfois, l&#8217;objet d&#8217;un examen rigoureux. L&#8217;institutionnalisation d&#8217;approches et de méthodes de recherche font explicitement partie des priorités de certaines initiatives, notamment de celles du programme Recherche participative et analyse du genre (<span class="smallcaps">RPAG</span>) du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>). Certains innovateurs ont déjà réussi à intégrer ces méthodes au programme de recherche national; c&#8217;est le cas du <span class="smallcaps">CIMMYT</span> au Mexique et de l&#8217;<span class="smallcaps">ICARDA</span> au Maroc et en Tunisie. D&#8217;autres équipes de chercheurs — en particulier celles affectées aux projets qui se déroulent en Chine, à Cuba, en Éthiopie, en Jordanie et au Népal — comptent influer d&#8217;ici peu sur les programmes de recherche de ces pays. Le Groupe Crucible, dont les publications ont présenté les enjeux sous un jour nouveau, a largement contribué à l&#8217;intégration des questions d&#8217;agrobiodiversité (comme le savoir autochtone, les droits des agriculteurs, l&#8217;accès aux avantages et le partage des bénéfices découlant de l&#8217;exploitation des ressources génétiques) aux programmes nationaux et internationaux d&#8217;élaboration des politiques. Comme ce rapport l&#8217;indique clairement, malgré le nombre de solutions de rechange (règlements, ententes, lois types) qui ont été proposées et dont on a prôné l&#8217;adoption, il reste encore beaucoup à faire pour consolider et étendre les domaines de la conservation de l&#8217;agrobiodiversité, de l&#8217;amélioration des cultures et de la phytosélection participative.</p>
<h4><strong>Une preuve de progrès</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Vers la fin de 2002, la <span class="smallcaps">RPAG</span>, en collaboration avec une autre initiative du <span class="smallcaps">GCRAI</span>, le Programme de ressources génétiques à l&#8217;échelle du système (<span class="smallcaps">PRGES</span>), a organisé un colloque ayant pour thème « la qualité de l&#8217;approche scientifique de la sélection végétale participative ». Ce colloque a réuni 35 innovateurs, chercheurs et directeurs de recherche des quatre coins du monde, représentant le <span class="smallcaps">GCRAI</span>, les systèmes nationaux de recherche agri-cole, des <span class="smallcaps">ONG</span> et des organismes donateurs. Ils avaient pour objectif de passer en revue et de discuter des principes et des méthodes éventuellement applicables à la phytosélection participative. Les discussions ont porté notamment sur l&#8217;établissement des priorités, les essais <em>in situ</em> et l&#8217;évaluation des expériences, la mise à l&#8217;échelle, l&#8217;évaluation des incidences, l&#8217;application de l&#8217;approche holistique à la phytosélection participative et la biotechnologie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Non seulement ces partenariats modifient-ils les méthodes de recherche, mais ils permettent également de poser les jalons des futures innovations et des résultats à long terme.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce colloque de cinq jours a prouvé que la phytosélection participative a fait de remarquables progrès. Les principes et les méthodes ont été approfondis et mûris; le nombre de spécialistes et d&#8217;organismes qui appuient la phytosélection participative s&#8217;est accru et la portée de leurs travaux s&#8217;est étendue; et on commence à relier plus étroitement la phytosélection participative et la gestion intégrée des ressources naturelles, la reproduction de semences et les questions de l&#8217;accès, de la rétribution et du partage des avantages découlant des interventions dans ce domaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Le colloque a été l&#8217;occasion de consolider les partenariats existants et d&#8217;en former de nouveaux — avantage qui passe souvent inaperçu lors de l&#8217;évaluation de tels événements. Non seulement ces partenariats modifient-ils les méthodes de recherche, mais ils permettent également de poser les jalons des futures innovations et des résultats à long terme de recherches davantage axées sur les besoins des utilisateurs.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<h2><strong>Chapitre 5 : Recommandations</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">La phytosélection participative exige une manière différente, novatrice, de considérer les besoins de l&#8217;humanité qui va bien au-delà de l&#8217;accroissement de la productivité. Cette approche a pour objectif d&#8217;accroître la productivité, bien sûr, mais aussi d&#8217;améliorer la diversité et de donner aux agriculteurs les moyens d&#8217;agir.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme nous l&#8217;avons vu, les approches collaboratives font intervenir de nombreux acteurs et ont recours à de rigoureuses méthodes participatives. Elles contribuent véritablement à la sécurité alimentaire et à l&#8217;amélioration des moyens de subsistance. Toutefois, les interventions sur le terrain — à la ferme et dans les collectivités — ne peuvent à elles seules soutenir ces solutions éprouvées. <strong>Pour assurer à long terme le succès de ces démarches, il faut les appuyer par des politiques, par des mesures qui en garantissent la mise en œuvre et, le cas échéant, par une législation connexe.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Combler le fossé qui existe entre la recherche sur le terrain et l&#8217;application généralisée des méthodes voulues pour soutenir le processus axé sur la conservation à long terme de la diversité constitue un défi politique de taille. La réalisation de cet objectif passe nécessairement par des mesures de redressement dans six domaines décisionnels de l&#8217;État et/ou du milieu de la recherche. Les politiques requises touchent le développement agricole, la conservation des ressources naturelles, la mise en circulation des nouvelles variétés, les droits de propriété intellectuelle, les droits des agriculteurs et des phytogénéticiens, la mise en marché et l&#8217;homologation des produits.</p>
<h3><strong>1. Les utilisateurs de la diversité des cultures au centre de l&#8217;action</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La phytosélection participative prend toute sa pertinence dans une des situations suivantes :</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="3" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="50%" valign="top">Dans des régions marginales, sujettes aux contraintes.</td>
<td width="50%" valign="top">Dans des régions hétérogènes du point de vue agroécologique ou socioculturel.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Lorsque la productivité et la diversité sont des objectifs d&#8217;égale importance.</td>
<td valign="top">Lorsque la conservation et l&#8217;amélioration de la diversité sont les principaux objectifs.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Lorsque l&#8217;amélioration vise des espèces d&#8217;une importance capitale pour les agriculteurs qui n&#8217;obtiennent pas de semences de stations de recherche, p. ex.les cultures « secondaires » (souvent pratiquées par des femmes).</td>
<td valign="top">Lorsque les agriculteurs ne peuvent s&#8217;adonner à la sélection végétale sans aide, p. ex. en présence de maladies requérant de nouvelles et nombreuses caractéristiques précises.</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">Lorsque les agriculteurs veulent une plus grande mainmise sur la sélection végétale et la production de semences.</td>
<td valign="top">Lorsque les approches de l&#8217;amélioration des cultures sont inefficaces ou improductives par suite de divergences entre les divers intervenants.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Tenter de relever ces défis en tout ou en partie suppose la volonté de travailler à partir d&#8217;un nouveau modèle de recherche et de développement : une approche qui contribue à accroître à la fois l&#8217;efficacité et l&#8217;efficience en plaçant les utilisateurs de la diversité des cultures au centre de l&#8217;action.</p>
<h3><strong>2. Les agriculteurs, les chercheurs et les autres intervenants sur un pied d&#8217;égalité</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Une nouvelle division du travail, de nouveaux partenariats, de nouvelles formes de collaboration, voilà les principes de la phytosélection participative. Les agriculteurs doivent prendre part à la recherche dans une mesure et par des moyens qui leur conviennent : autrement dit, il faut améliorer la qualité de leur participation. Les agriculteurs ne doivent plus être considérés comme des bénéficiaires passifs des technologies, des semences et de l&#8217;information. Il faut les inciter à jouer un rôle actif et à orienter les travaux. C&#8217;est aux agricultrices, en particulier, qu&#8217;il faut accorder la priorité. Non pas par « rectitude politique », mais bien en raison de la connaissance intime qu&#8217;ont les femmes de la production végétale et de la multiplication des semences, de leurs besoins et de leurs intérêts en matière de sécurité alimentaire, et de leur rôle de premier plan dans les ménages, les familles élargies et les réseaux sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les sélectionneurs devraient travailler davantage <em>in situ</em> — à la ferme et dans les collectivités — et considérer les agriculteurs comme des collègues dont les connaissances, les compétences et l&#8217;expérience complètent les leurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le grand principe organisationnel sur lequel s&#8217;appuyer pour agir conformément aux réalités locales ne devrait plus être la centralisation mais bien la décentralisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Les sélectionneurs devraient aussi collaborer avec des spécialistes des sciences sociales et adopter une méthode de recherche inter-disciplinaire qui tienne compte de l&#8217;aspect biophysique et de la dimension sociale du processus dynamique sous-jacent à la conservation de la diversité.</p>
<h3><strong>3. Le partage des coûts et des avantages entre les agriculteurs et les chercheurs</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Sans doute faudra-t-il recueillir d&#8217;autres preuves dans diverses régions et différents contextes, mais il en existe déjà assez pour confirmer l&#8217;efficacité et la rentabilité de l&#8217;approche participative. Elle suppose une nouvelle organisation du temps, du travail et de la recherche qui accorde une plus grande place à l&#8217;interaction directe, en particulier sur le terrain.</p>
<p style="text-align: justify;">En règle générale, les périodes de démarrage exigent une forte concentration de main-d&#8217;œuvre, outre beaucoup de temps et d&#8217;efforts pour établir des rapports de confiance et de bonnes relations de travail. L&#8217;engagement à long terme revêt une importance particulière si l&#8217;on veut instaurer une collaboration fructueuse et être en mesure de faire face aux inévitables revers comme une mauvaise récolte due à la sécheresse, par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">La facilitation et le rassemblement sont des rôles nouveaux et importants que les chercheurs sont désormais appelés à jouer. Offrir une formation particulière à ceux qui ne possèdent pas ces compétences est un judicieux investissement. La collaboration entre des gens ayant des bagages différents — les chercheurs spécialisés dans divers domaines, les agriculteurs et agricultrices, les agents de vulgarisation — nécessite un équilibre entre une multitude d&#8217;idées, d&#8217;intérêts, de compétences et de personnalités. D&#8217;autre part, la gestion de la planification participative ainsi que la mise en œuvre, le suivi et l&#8217;évaluation des projets exigent que l&#8217;on veille à l&#8217;établissement d&#8217;un climat propice à des interactions et à des communications ouvertes et loyales. L&#8217;établissement et la consolidation de l&#8217;approche participative doivent être au cœur de ces priorités.</p>
<p style="text-align: justify;">La participation à la sélection végétale est aussi synonyme de changements : dans la façon dont se fait la sélection du germoplasme; dans la conception des parcelles d&#8217;essai; dans les lieux d&#8217;application des expériences; dans le processus d&#8217;évaluation des résultats.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette manière d&#8217;organiser le temps et le travail est ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler la gestion des processus. <strong>Ce mode de gestion prévoit que les efforts prometteurs ou probants seront récompensés par des primes d&#8217;encouragement et des rétributions supplémentaires.</strong> Les agriculteurs devraient être officiellement reconnus comme « co-auteurs » de nouvelles variétés ou de publications qui attestent les processus et les résultats définitifs. Les phytogénéticiens, pour leur part, devraient être reconnus et récompensés non seulement pour la mise en circulation de nouvelles variétés, mais aussi pour leur contribution au processus donnant lieu à ces nouveaux produits. Les subventions à la recherche devraient être destinées aux propositions qui trai-tent adéquatement des questions liées à la gestion des processus.</p>
<h3><strong>4. Cinq principes à retenir</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La phytosélection participative a trois objectifs principaux : accroître la productivité, augmenter la diversité et renforcer l&#8217;autonomie des agriculteurs et des autres intervenants. Pour contribuer à la réalisation de ces objectifs, nous devons surveiller comment et dans quelle mesure les méthodes et autres outils de recherche influent sur l&#8217;efficacité des travaux et sur la liberté d&#8217;action des gestionnaires des ressources locales. <strong>Les bonnes pratiques doivent produire des résultats valables et pertinents, susceptibles d&#8217;améliorer les conditions locales.</strong> La pertinence suppose que ces résultats peuvent être généralisés et qu&#8217;on peut en tirer des enseignements applicables ailleurs que sur le site de la recherche.</p>
<p style="text-align: justify;">Les principes sont les suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> La recherche correspond à un ordre de priorité ou à un programme cohérent, précis et commun aux divers intervenants, et elle contribue à la formation de partenariats.</li>
<li> La recherche traite de la dynamique complexe des changements qui s&#8217;opèrent dans les processus et systèmes humains et des ressources naturelles, et elle tente de mieux faire comprendre ces éléments, en particulier à l&#8217;échelle locale.</li>
<li> La recherche repose sur plusieurs méthodes et sources d&#8217;informations à la fois.</li>
<li> La recherche contribue à une planification concertée axée sur le changement social.</li>
<li> La recherche est fondée sur l&#8217;apprentissage itératif et des boucles de rétroaction, de sorte que l&#8217;échange de l&#8217;information est constant et bidirectionnel.</li>
</ul>
<h3><strong>5. Déterminer les résultats grâce au suivi et à l&#8217;évaluation participative</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Tenir compte des besoins et des intérêts des utilisateurs suppose une façon différente de proposer des résultats. Nous ne pouvons plus nous fonder uniquement sur des critères prédéfinis pour des endroits éloignés des champs et de la réalité des agriculteurs. Nous ne pouvons plus accepter uniquement les points de vue et les jugements des chercheurs et des gestionnaires. Il faut mettre au point de nouveaux outils, indicateurs et mécanismes de suivi qui tiennent compte du caractère dynamique, coopératif et plurilatéral de la phytosélection participative.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;évaluation et la surveillance participative est une approche qui envisage les méthodes de recherche sous un angle nouveau. Elle regroupe les chercheurs et d&#8217;autres intervenants — agriculteurs, représentants du gouvernement et agents de vulgarisation — pour surveiller et évaluer les activités de recherche ou de développement. Cette approche, lorsqu&#8217;elle est intégrée au cycle d&#8217;un projet, consolide les volets apprentissage et reddition des comptes et accroît l&#8217;efficacité du projet, surtout parce que les intervenants se rendent compte que <strong>ce n&#8217;est pas seulement l&#8217;objet de l&#8217;évaluation qui importe, mais aussi qui s&#8217;en charge.</strong> L&#8217;évaluation et la surveillance participative permet de mieux comprendre comment sont représentés et négociés les divers intérêts et préoccupations.</p>
<p style="text-align: justify;">En outre, cette approche donne aux chercheurs et au personnel des administrations locales l&#8217;occasion de mieux saisir en quoi consistent les besoins et les intérêts des agriculteurs et des agricultrices. En participant plus activement à l&#8217;évaluation et à l&#8217;analyse des changements, les divers intervenants sont mieux à même de comprendre ce qui se passe effectivement sur le terrain et de tenir compte du point de vue des femmes et des hommes selon les différents groupes d&#8217;âge, classes ou origines ethniques. Cette approche incite les gens à exposer leurs succès et à apprendre les uns des autres.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;évaluation et la surveillance participative fait appel à divers outils, dont des diagrammes de toutes sortes; l&#8217;analyse <span class="smallcaps">FFPM</span> (forces, faiblesses, possibilités et menaces); des matrices et courbes d&#8217;incidences; des groupes de discussions et des formulaires d&#8217;autoévaluation.</p>
<p style="text-align: justify;">Les critères et les indicateurs utilisés mesurent les résultats en fonction de leurs effets sur les éléments suivants :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> amélioration de la production à la ferme (rendement supérieur, augmentation de la valeur culinaire des grains);</li>
<li> augmentation de la diversité <em>in situ</em> (augmentation du nombre de variétés par cycle, introduction de variétés résistant à la sécheresse);</li>
<li> renforcement des organisations locales de gestion des cultures et de production de semences (les agricultrices se chargent de la production et de la mise en marché des semences, et les agriculteurs organisent les groupes de recherche locaux);</li>
<li> sélection plus dynamique et participative (les sélectionneurs professionnels comprennent mieux les critères importants pour les agriculteurs);</li>
<li> toujours dans le secteur formel, organisation plus dynamique et intégrée de la sélection végétale et de la production de semences (décentralisation des essais, inclusion de cultivars traditionnels dans les programmes de sélection);</li>
<li> renforcement de l&#8217;autonomie (les agriculteurs demandent aux phytogénéticiens d&#8217;étendre la phytosélection participative à d&#8217;autres cultures, des agriculteurs forment d&#8217;autres agriculteurs).</li>
</ul>
<h3><strong>6. Créer une nouvelle génération de spécialistes</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;apprentissage par l&#8217;action est un bon moyen de créer un vivier de spécialistes chevronnés au sein des organismes publics et privés. Il faut toutefois concevoir, mettre en œuvre et évaluer de nouvelles méthodes d&#8217;enseignement et de formation pour élargir ce cercle de spécialistes et accélérer l&#8217;adoption de l&#8217;approche participative. <strong>Les spécialistes des sciences naturelles (phytogénéticiens et agronomes), des sciences sociales (économistes, sociologues et anthropologues) et les avocats doivent étendre le champ de leurs connaissances et parfaire leurs compétences dans plus d&#8217;un domaine.</strong> Ils doivent apprendre à travailler ensemble et à mieux se compléter. Ils doivent être en mesure d&#8217;utiliser les méthodes participatives appropriées. Ils doivent, en outre, pouvoir rassembler divers intervenants et favoriser la collaboration et des communications fluides et suivies.</p>
<p style="text-align: justify;">De brefs cours de formation ou stages peuvent conduire à l&#8217;acquisition de nouvelles connaissances et compétences, mais il faudra des changements plus fondamentaux dans les programmes de deuxième et troisième cycles pour former les futurs directeurs de recherche et gestionnaires de politiques.</p>
<h3><strong>Le défi</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il faut aussi, dès maintenant, élaborer des mesures de redressement dans ces six domaines</strong> afin de mettre à profit ce qui a déjà été accompli, non seulement par le <span class="smallcaps">CRDI</span> mais aussi par les organismes ayant les mêmes centres d&#8217;intérêt ailleurs dans le monde. Il est cependant déplorable que l&#8217;élaboration des politiques soit un processus aussi lent et complexe, dont la nature même le soumet à l&#8217;influence des instances locales, nationales ou internationales. Si nous voulons préserver la biodiversité de la planète, nous devons nous donner les moyens de vaincre cette inertie structurelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour reprendre les termes du Groupe Crucible <strong>:</strong></p>
<p><em>Les décideurs doivent trouver le moyen de stimuler l&#8217;innovation aux niveaux communautaire, national et international — dans les secteurs public et privé, formel et informel. Le défi [. . . ] consiste à trouver des mécanismes équitables permettant à ces diverses formes d&#8217;innovation de collaborer pour le bienfait de l&#8217;humanité.</em></p>
<p style="text-align: justify;">—  (<em>Un brevet pour la vie</em>, CRDI 1994, p. 47)</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<h2><strong>Chapitre 6 : Une vision de l&#8217;avenir</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Dans les quatre premiers chapitres, nous avons étudié quelquesunes des questions entourant l&#8217;agrobiodiversité, passé en revue dix années des recherches sur l&#8217;agrobiodiversité et la phytosélection participative qui ont été appuyées dans divers pays, décrit d&#8217;importantes réalisations et fait état des enseignements que nous en avons retenu. Il nous est clairement apparu qu&#8217;il reste encore beaucoup à faire et, surtout, à apprendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos six recommandations incitent à passer à l&#8217;action dans plusieurs domaines :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li> action à l&#8217;échelle mondiale donnant lieu aux changements requis pour assurer la conservation de la diversité;</li>
<li> action qui rapprocherait la recherche « en laboratoire » et les essais dans les exploitations agricoles;</li>
<li> action qui pousserait plus loin les connaissances et l&#8217;expérience en phytosélection participative.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Mais les recommandations, en fin de compte, ne sont toujours que des mots. Ce qui importe, ce sont les actions concrètes et cela représente un défi politique de taille. Dans ce dernier chapitre, nous nous hasarderons à faire une extrapolation de ces recommandations. <strong>Les pages qui suivent présentent une vue spéculative de la situation dans une dizaine d&#8217;années.</strong> Pour cette incursion dans l&#8217;avenir, nous supposerons que les <span class="smallcaps">ONG</span>, les systèmes nationaux de recherche agricole, le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>), les décideurs et les donateurs auront la volonté et les ressources nécessaires pour donner suite à ces recommandations. Nous sommes en 2012. Repassons donc les six recommandations formulées au chapitre 5 pour voir où elles peuvent mener.</p>
<h3><strong>Une pertinence accrue</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>En Chine, la participation au projet des décideurs et des instances politiques chargés de l&#8217;agriculture est d&#8217;une importance cruciale car ainsi ils se rendent compte que les choses peuvent se faire différemment.</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Yiching Song (directrice de projet, Chine, 2002)</p>
<h4><strong>La production de semences n&#8217;est plus un « après-coup »</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dans la Chine de 2012, les décideurs et les instances politiques chargés de l&#8217;agriculture participent activement à la conservation de la biodiversité. L&#8217;importance primordiale de la conservation de l&#8217;agrobiodiversité est donc généralement reconnue et la phytosélection participative est désormais considérée comme une nouvelle façon, plus rationnelle, d&#8217;améliorer les cultures et d&#8217;accroître la diversité des ressources phytogénétiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nouveauté d&#8217;égale importance : la phytosélection participative est acceptée comme méthode de recherche.</strong> On comprend toutefois que la phytosélection participative ne peut se suffire à elle-même si on ne lui fournit pas l&#8217;espace et l&#8217;appui dont elle a besoin dans le milieu dans lequel elle évolue. Les attitudes sociales quant à la production alimentaire et à la conservation de la biodiversité ont aussi beaucoup changé. Chez tous ceux qui interviennent d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre dans le cycle nourricier — agriculteurs, chercheurs, fabricants ou décideurs — « prendre soin de la terre » est devenu la norme. La production a augmenté, en particulier dans les régions où les besoins sont les plus criants, et on a entrepris de mettre en œuvre les mesures voulues pour renouveler les sciences agronomiques, les technologies et les politiques agricoles. La phytosélection participative et la conservation de la biodiversité sont associées au développement rural et agricole durable. La phytosélection participative est sortie de son carcan. Elle ne se centre plus uniquement sur les cultures et la diversité des espèces végétales, mais s&#8217;intéresse aussi aux gens — aux femmes et aux hommes qui, grâce à leurs connaissances et compétences ainsi qu&#8217;à la souplesse de leurs modes de gestion, conservent à la ferme et à l&#8217;extérieur la variété de ressources agricoles dont ils sont tributaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais surtout, la production des semences n&#8217;est plus une étape à laquelle on pense après coup. Il y a, d&#8217;un côté, la phytosélection participative et, de l&#8217;autre, la production et l&#8217;échange des semences : ce sont des tâches indissociables. Dans cette vision de l&#8217;avenir, il est généralement reconnu que la phytosélection participative, aussi indispensable qu&#8217;elle soit, ne peut se poursuivre que si elle est soutenue par des systèmes de production de semences, locaux et nationaux, rentables et évolutifs. À Guangxi, par exemple, de nombreuses petites sociétés, dont plusieurs sont dirigées par des femmes, ont vu le jour. Elles entreposent et vendent une gamme de cultivars traditionnels de maïs et à pollinisation libre beau-coup plus variée que ce que le marché était en mesure d&#8217;offrir à peine quelques années auparavant.</p>
<h3><strong>De nouveaux partenariats</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Le comité de recherches agricoles est un des seuls groupes qui participent aux activités d&#8217;amélioration variétale au Népal. Lors de leurs premières visites de la station de recherche, avant leur participation aux activités, les membres du comité critiquaient les chercheurs. Mais après avoir observé pendant trois ou quatre ans les travaux de recherche, ils ont mieux compris de quoi il s&#8217;agit.</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Sanjaya Gyawali (chercheur, Népal, 2002)</p>
<h4><strong>Tout est relié</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dans ce nouveau contexte où la phytosélection participative est reconnue comme étant la norme, il est logique que les activités communautaires de conservation de l&#8217;agrobiodiversité et d&#8217;amélioration des cultures soient liées aux changements qui se produisent sur la scène politique nationale et internationale. Les collectivités ont ainsi la possibilité d&#8217;être partie à des accords internationaux comme la Convention sur la diversité biologique, le Traité international de la <span class="smallcaps">FAO</span> sur les ressources phytogénétiques et l&#8217;Accord de l&#8217;<span class="smallcaps">OMC</span> sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Le contexte mondial appuie la diversité des efforts locaux et la diversité locale oriente les démarches mondiales et y contribue.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;un des premiers à se lancer dans cette expérience en 2012, le Népal est un chef de file et est considéré par plusieurs comme un exemple à suivre. Les comités d&#8217;agriculteurs, formés à parts égales d&#8217;hommes et de femmes, travaillent en étroite collaboration avec le secteur formel à la mise au point et à l&#8217;évaluation de nouvelles variétés ainsi qu&#8217;aux essais des techniques après-récoltes. La reconnaissance par l&#8217;État des droits des agriculteurs a non seulement valu aux collectivités rurales d&#8217;être traitées avec respect, mais elle leur a aussi permis de participer davantage aux affaires communautaires et d&#8217;améliorer l&#8217;économie locale. Les foires sur la biodiversité sont populaires et attirent un auditoire nombreux. En outre, les lauréats des concours organisés lors de ces événements sont invités à devenir membres des comités locaux et régionaux de mise en circulation des nouvelles variétés végétales.</p>
<h3><strong>La qualité des interactions et de la collaboration</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Même si je suis convaincu de l&#8217;importance de la science dans la phytosélection participative, la clé du succès d&#8217;un projet consiste en l&#8217;établissement de relations humaines harmonieuses qui, elles, doivent être fondées sur le respect. J&#8217;ai été à même de constater que c&#8217;est là que le bât blesse pour certains systèmes nationaux de recherche agricole et plusieurs scientifiques internationaux.</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Salvatore Ceccarelli (directeur de projet, Syrie, 2002)</p>
<h4><strong>Reconnaître la contribution des agriculteurs</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Le recours à la phytosélection participative s&#8217;étant généralement répandu, on considère normal, en 2012, que les chercheurs, les agents de vulgarisation et les agriculteurs — et d&#8217;autres intervenants comme les fabricants et les commerçants — travaillent main dans la main. Ils mettent à profit l&#8217;accès qu&#8217;ont les chercheurs à diverses sources de connaissances, des principes et méthodes de sélection aux techniques de production des semences et aux études en sciences sociales. Ces intervenants s&#8217;en remet-tent davantage au savoir-faire des agriculteurs et à leurs capacités de gestion et d&#8217;organisation pour tenir compte plus précisément des besoins et des intérêts d&#8217;un vaste groupe d&#8217;utilisateurs et des différences fondées sur le sexe, l&#8217;âge, la classe et l&#8217;origine ethnique.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme les attitudes ont changé, les questions d&#8217;éthique et les droits de propriété intellectuelle font systématiquement partie des programmes de recherche et d&#8217;élaboration des politiques; ces questions sont intégrées aux nouvelles initiatives <strong>au tout début</strong>. On soulève et règle désormais bon nombre de questions qui étaient ignorées auparavant; par exemple : le consentement préalable éclairé, les ententes explicites <em>ex ante</em> sur l&#8217;accès aux ressources et le partage des avantages, la reconnaissance de la contribution des agriculteurs aux démarches créatrices, la reconnaissance des droits des agriculteurs de distribuer, échanger et vendre les semences. Ces questions font partie intégrante des politiques et des pratiques des centres du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>), des systèmes nationaux de recherche agricole et des <span class="smallcaps">ONG</span> de même que des programmes d&#8217;enseignement et de formation.</p>
<p><strong>L&#8217;adoption de meilleures pratiques</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>À ce jour, les principales réalisations sont les changements qui se sont opérés dans le processus et la structure de la sélection végétale pour en arriver à une formule qui tienne davantage compte des agriculteurs. Ce sont des changements à long terme qui vont bien au-delà du cycle d&#8217;un projet. Citons, entre autres, la décentralisation des expériences vers les exploitations agricoles; la conception d&#8217;essais</em> in situ <em>de façon à être bien compris des agriculteurs et qui prévoient leur collaboration dans des situations réelles; l&#8217;utilisation judicieuse et l&#8217;intégration des évaluations fournies par les agriculteurs.</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Louise Sperling (ancienne coordonnatrice de la phytosélection participative au programme <span class="smallcaps">RPAG</span>, 2002)</p>
<h4><strong>Le prolongement du succès</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Comme la phytosélection participative n&#8217;est plus contestée mais suscite un vif intérêt, les analyses à long terme des tendances de la biodiversité et la documentation à ce sujet sont plus facilement accessibles. Vers la fin de 2012, plus de 150 chercheurs, directeurs de recherche, agriculteurs et représentants du gouvernement, de tous les coins du monde, assistent à un colloque sur les pratiques de la phytosélection participative. Certains des participants se souviennent d&#8217;un colloque semblable, organisé en 2002, où l&#8217;on voyait déjà des signes prometteurs de progrès dans ce domaine. Dix ans plus tard, les analyses sociales, selon les règles de l&#8217;art, sont devenues monnaie courante dans bon nombre de pays. Les chercheurs et les décideurs tiennent compte systématiquement de la relation entre l&#8217;utilisation des ressources, la diversité et les moyens de subsistance des populations rurales, en particulier des populations pauvres. Plusieurs participants indiquent que l&#8217;analyse des rapports de force, des processus organisationnels et de l&#8217;élaboration des politiques fait automatiquement partie des projets de recherche sur la biodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;">Une représentante du ministère de l&#8217;Agriculture livre une présentation sur l&#8217;incidence de la phytosélection participative sur l&#8217;élaboration des politiques officielles et souligne que ces politiques doivent rester souples et tenir compte des réalités sur le terrain. L&#8217;essentiel, insiste-t-elle, est que la recherche participative et la gestion des ressources naturelles permettent aux gardiens de la biodiversité de faire face plus efficacement à l&#8217;évolution et à l&#8217;hétérogénéité des agroécosystèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Un groupe d&#8217;agriculteurs et de chercheurs de Cuba fait état de l&#8217;adoption et du respect d&#8217;une loi conçue expressément non seulement pour reconnaître la contribution des agriculteurs à la diversité et à l&#8217;amélioration des cultures, mais aussi pour leur garantir un accès équitable à la diversité et un juste partage des avantages. Cette loi a déjà une incidence favorable sur la vie des agriculteurs dans le pays tout entier.</p>
<h3><strong>Une participation de haute tenue</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Les femmes acceptent volontiers l&#8217;invitation à participer à un comité local de recherche agricole(<span class="smallcaps">CIAL</span>) dans leur collectivité. Je crois que cette réponse enthousiaste tient à leur impression que ces comités leur permettront d&#8217;améliorer leurs moyens de subsistance. Elles estiment aussi que la participation à un</em> <span class="smallcaps">CIAL</span> <em>leur donne l&#8217;occasion</em> <em>de montrer leurs compétences, leurs capacités et leur potentiel, et qu&#8217;ainsi elles peuvent contribuer à résoudre les problèmes auxquels doit faire face leur collectivité.</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Noemi Espinoza (chercheuse, Nicaragua, 2002)</p>
<h4><strong>Susciter le respect, exercer une influence</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">En Amérique latine, en 2012, les comités locaux de recherche agricole sont beaucoup plus qu&#8217;un mouvement; dans plusieurs pays, ils font partie du ministère de l&#8217;Agriculture qui assure aussi leur financement. Au Nicaragua et dans un certain nombre d&#8217;autres pays, les représentants de ces comités sont des membres respectés et influents des organismes consultatifs provinciaux et nationaux en matière de politique. Les gouvernements ainsi que des institutions nationales et internationales allouent des ressources pour faire en sorte que la phytosélection participative soit au cœur de toutes les recherches et politiques agricoles.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le terrain, le suivi et l&#8217;évaluation ne sont plus la prérogative des chercheurs. Ces tâches importantes sont effectuées en collaboration avec les agriculteurs et d&#8217;autres intervenants qui assurent le suivi et l&#8217;évaluation des activités de recherche ou de développement. Cette nouvelle approche découle en grande partie de l&#8217;adoption généralisée des principes de la phytosélection participative qui a permis d&#8217;améliorer les relations avec les gens et leur participation.</p>
<p style="text-align: justify;">En règle générale, les <span class="smallcaps">CIAL</span> sont ouverts à tous et accueillent ceux qui, pendant longtemps, n&#8217;étaient pas considérés comme des participants valables — les femmes et les membres des ménages pauvres, en particulier. Cette nouvelle ouverture d&#8217;esprit résulte de mûres réflexions sur la prise de décisions à diverses étapes du cycle de la recherche et du développement. La participation, l&#8217;établissement des priorités et la prise de décisions en collaboration sont devenues des pratiques courantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Le changement sans doute le plus important, c&#8217;est que le modèle des comités locaux de recherche agricole s&#8217;est répandu partout dans le monde. En Asie et en Afrique, et même dans certains pays du Nord, des collectivités ont mis sur pied leur propre version du « comité local de recherche agricole » afin d&#8217;avoir davantage prise sur la biodiversité et leur gagne-pain.</p>
<h3><strong>Une nouvelle génération de spécialistes</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Notre objectif est de réussir à former des professionnels qui soient en mesure de travailler autant dans le domaine des sciences naturelles que dans celui des sciences sociales.</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Humberto Ríos Labrada (directeur du projet de l&#8217;<span class="smallcaps">INCA</span>, Cuba, 2002)</p>
<h4><strong>Former les chefs de file de demain</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dernier aspect, mais non le moindre : l&#8217;adoption généralisée de la phytosélection participative comme nouvelle méthode de recherche a permis de dégager les ressources nécessaires pour mettre au point de nouveaux programmes et matériels d&#8217;enseignement et d&#8217;apprentissage en réponse à la demande accrue de meilleurs cours de formation. Un tel cours sur l&#8217;amélioration participative des plantes vient d&#8217;être mis sur pied à Cuba et attire des chercheurs du monde entier. En 2012, la phytosélection participative soulève l&#8217;enthousiasme d&#8217;une nouvelle génération de jeunes professionnels qui veulent participer à l&#8217;effort mondial pour assurer la conservation de la biodiversité. Ce sont les chercheurs et les directeurs de recherche de demain : des acteurs au rôle déterminant et des participants résolus, en nombre suffisant pour soutenir des programmes de recherche sur l&#8217;agrobiodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<h2><strong>Annexe 1 : Glossaire</strong></h2>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">AREA</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Agricultural Research and Extension Authority</em> [Yémen] [Agence de vulgarisation et de recherche agricole)</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Biodiversité agricole :</strong></span> <span class="glossdef">Aussi appelée agrobiodiversité, désigne la variété et la variabilité des espèces animales et végétales, et des micro-organismes qui servent directement ou indirectement à l'alimentation et à l'agriculture (plantes cultivées, bétail, foresterie, pêches). Elle comprend la diversité des ressources génétiques (variétés, obtentions, etc.) et des espèces utilisées comme nourriture, combustible ou fourrage, pour leurs fibres ou la fabrication de produits pharmaceutiques.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">BMZ/GTZ</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Bundesministerium für Wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung</em> (Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement) <strong>/</strong> <em>Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit</em> (Agence allemande de coopération technique)</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CBDC</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Community Biodiversity Development and Conservation Program</em> (Programme communautaire de conservation de la biodiversité et du développement)</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CCAP</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Center for Chinese Agricultural Policy</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CDB</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Convention sur la diversité biologique</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CIAL</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Comité de Investigación Agrícola Local</em> (Comité local de recherche agricole)</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CIAT</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Centro Internacional de Agricultura Tropical</em> (Centre international d'agriculture tropicale)</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CIMMYT</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Centro Internacional de Mejoramiento de Maíz y Trigo</em> (Centre international d'amélioration du maïs et du blé)</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CIRA</span> :</strong></span> <span class="glossdef">centre international de recherche agricole</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Conservation des banques de gènes :</strong></span> <span class="glossdef">voir Conservation <em>ex situ</em>.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Conservation en milieu réel ou à la ferme :</strong></span> <span class="glossdef">voir Conservation <em>in situ</em>.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Conservation e</strong><em><strong>x situ</strong></em> <strong>:</strong></span> <span class="glossdef">Littéralement, conservation « hors-site ». La conservation d'une plante loin de son habitat originel ou naturel, par exemple dans une banque de gènes (endroit où la température et l'humidité sont artificiellement contrôlées) ou un jardin botanique, et son entreposage dans son intégralité ou sous forme de semence, de tissu ou de pollen.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Conservation</strong> <em><strong>in situ</strong></em> <strong>:</strong></span> <span class="glossdef">Littéralement, conservation « sur place ». La conservation de plantes ou d'animaux dans des régions où ils acquièrent leurs propriétés distinctives : dans la nature ou dans les champs des agriculteurs. Comparer avec conservation <em>ex situ</em>.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CNUED</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">CRDI</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Centre de recherches pour le développement international.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Cultivar :</strong></span> <span class="glossdef">voir <em>Variété végétale.</em></span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Cultivar traditionnel :</strong></span> <span class="glossdef">Variété d'une plante cultivée hétérogène, mise au point par un agriculteur, adaptée aux conditions écologiques locales et à qui on a assigné un nom local.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">DDC</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Direction du développement et de la coopération (Suisse).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Droits de propriété intellectuelle :</strong></span> <span class="glossdef">Lois qui accordent le monopole aux créateurs d'idées ou de savoir. Les droits de propriété intellectuelle se présentent sous cinq formes principales : brevets, droits des phytogénéticiens, droits d'auteur, marques de commerce et secrets de fabrication.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Droits des agriculteurs :</strong></span> <span class="glossdef">Reconnaissance des agriculteurs (présents, passés et futurs) comme innovateurs agricoles <em>in situ</em> qui, collectivement, conservent et mettent au point des ressources phytogénétiques partout dans le monde. À ce titre, les agriculteurs sont reconnus comme des innovateurs ayant droit à la reconnaissance de leur intégrité intellectuelle et à une rétribution lorsque leurs innovations sont commercialisées.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Droits des phytogénéticiens :</strong></span> <span class="glossdef">voir <em>Droits de propriété intellectuelle</em>.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Érosion génétique :</strong></span> <span class="glossdef">Perte de diversité génétique au sein d'une population de même espèce, réduction du patrimoine génétique d'une espèce ou disparition avec le temps de la totalité d'une espèce.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Espèces végétales :</strong></span> <span class="glossdef">Groupe d'organismes capables de se reproduire par croisement au sein d'une même espèce à l'exclusion de tout autre. En taxinomie, elles sont classées par subdivisions d'un genre, soit un groupe de sujets étroitement liés et descendant d'une même plante-mère.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">FAO</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">FFPM</span> :</strong></span> <span class="glossdef">forces, faiblesses, possibilités et menaces.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">GCRAI</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Génotype végétal :</strong></span> <span class="glossdef">Constitution génétique complète d'une même variété végétale. On dit d'une espèce végétale qu'elle est « hors-type » lorsqu'elle s'écarte des caractères normaux d'une variété ou d'une lignée.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">GIC</span> :</strong></span> <span class="glossdef">groupe d'expérimentation agricole (Cuba).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">GMRI</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Guangxi Maize Research Institute</em> (Guangxi, Chine).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Hybride (généralité) :</strong></span> <span class="glossdef">Première génération d'individus résultant du croisement de deux plantes-mères différentes. Plante intermédiaire résultant du croisement de deux biotypes différents, ou plus, de même espèce ou de biotypes de deux espèces différentes.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">ICARDA</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Centre international de recherches agricoles dans les régions sèches.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">ICRISAT</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">INCA</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Instituto Nacional de Ciencias Agrícolas</em> (Institut national de sciences agronomiques, Cuba).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">IPGRI</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Institut international des ressources phytogénétiques.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">OSRG</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Initiative stratégique sur les ressources génétiques.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">LI-BIRD</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Local Initiatives for Biodiversity, Research and Development</em> (Initiatives locales de conservation de la biodiversité, de la recherche et du développement — Népal).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Lignées expérimentales :</strong></span> <span class="glossdef">Ensemble d'individus descendant d'un ancêtre commun, cette définition étant plus étroite que celle de souche ou de variété. Une lignée pure est un clone. En phytosélection, « lignée » se rapporte à tout groupe d'individus génétiquement uniformes dérivés d'une même plante-mère.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Mise en circulation des variétés :</strong></span> <span class="glossdef">Approbation officielle de la multiplication et de la distribution d'une variété.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Obtention végétale :</strong></span> <span class="glossdef">voir <em>Variété végétale.</em></span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">OMC</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Organisation mondiale du commerce.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">ONG</span> :</strong></span> <span class="glossdef">organisation non gouvernementale.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">OUA</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Organisation de l'unité africaine.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Phytosélection participative :</strong></span> <span class="glossdef">Sommairement définie, il s'agit d'une approche fondée sur une étroite collaboration entre chercheurs et agriculteurs, et éventuellement d'autres intervenants, afin d'améliorer les ressources phytogénétiques de même espèce. La phytosélection participative couvre le cycle complet des activités de développement et de recherche associées à l'amélioration de la génétique végétale : la détermination des objectifs de la sélection; la production de variabilité génétique ou diversité; la sélection au sein de populations variables pour mettre au point des matériels expérimentaux; l'évaluation de ces matériels (ce qu'on appelle la <em>sélection participative de variétés</em>); la distribution des matériels; la production, la diffusion et la distribution de semences. Cette approche comprend également l'évaluation des politiques et/ou mesures législatives en vigueur, et l'élaboration de nouvelles dispositions, au besoin. Les agriculteurs et les phytogénéticiens — et d'autres intervenants comme les commerçants, les fabricants, les distributeurs et les consommateurs — sont appelés à jouer différents rôles à divers moments, mais ils travaillent tous en collaboration pour apporter des changements.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">PROFRIJOL</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Programa Cooperativo Regional de Frijol para Centro América, México y El Caribe</em> (réseau d'étude sur la production de légumineuses).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">PRGES</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Programme de ressources génétiques à l'échelle du système (du <span class="smallcaps">GCRAI</span>).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Résilience de l'écosystème :</strong></span> <span class="glossdef">Capacité des écosystèmes à main-tenir leur intégrité en dépit des perturbations. Un écosystème est un ensemble dynamique de micro-organismes, de plantes et d'animaux, y compris les collectivités humaines et leurs milieux non biologiques, interagissant comme une entité fonctionnelle.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">RPAG</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Recherche participative et analyse du genre (programme du <span class="smallcaps">GCRAI</span>).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">SEARICE</span> :</strong></span> <span class="glossdef"><em>Southeast Asian Institute for Community Empowerment</em> (Institut d'éducation communautaire de l'Asie du Sud-Est).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Sélection participative de variétés :</strong></span> <span class="glossdef">Sélection de lignées fixes (y compris les cultivars traditionnels) dans des milieux déterminés et selon des critères choisis par les agriculteurs. La méthode consiste en quatre étapes : (1) analyse de la situation et identification des besoins de variétés; (2) recherche de matériels génétiques appropriés; (3) expérimentation avec de nouvelles obtentions végétales dans les champs des agriculteurs et selon leurs propres pratiques culturales; (4) vaste dissémination des variétés préférées des agriculteurs.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Sélection végétale décentralisée (programme) :</strong></span> <span class="glossdef">Ensemble bien défini d'expériences d'amélioration génétique effectuées dans divers sites locaux (collectivités, champs d'agriculteurs) et représentant les conditions réelles de ces régions agricoles par opposition aux expériences faites dans une station de recherche centrale où ne sont pas reproduites les conditions réelles des exploitations agricoles.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">SNRA</span></strong> : systèmes nationaux de recherche agricole.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong><span class="smallcaps">UDB</span> :</strong></span> <span class="glossdef">Utilisation durable de la biodiversité (initiative de programme du <span class="smallcaps">CRDI</span>).</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Variété à pollinisation libre :</strong></span> <span class="glossdef">Variété reproduite par des agents naturels — par exemple, le vent, les insectes — et non par l'intervention humaine, par opposition aux variétés hybrides.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossterm"><strong>Variété végétale :</strong></span> <span class="glossdef">En botanique classique, la variété est définie comme une sous-espèce. On entend par variété agricole, un groupe de plantes qui se distingue d'autres variétés de même espèce par sa structure et son rendement similaires. Synonyme d'<em>obtention végétale</em> et de <em>cultivar</em>.</span></p>
<p class="glossentry" style="text-align: justify;"><span class="glossdef"><br />
 </span></p>
<h2><strong>Annexe 2 : Sources et ressources</strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Ce livre a pour thème principal l'appui du <span class="smallcaps">CRDI</span> à la recherche sur la biodiversité agricole. Pour les lecteurs qui veulent en apprendre davantage sur ce sujet, il existe une abondante documentation, en imprimés et sur l'Internet. Nous ne présentons ici qu'un survol des sources et ressources susceptibles d'inciter à une étude plus en profondeur. Cette liste reprend la structure du livre, les ressources étant classées par chapitre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce livre sert également de référence au site web du <span class="smallcaps">CRDI</span> sur la phytosélection participative : <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.crdi.ca/semences" target="_blank">La diversité, c'est la capacité de choisir</a></span></strong>. Le texte intégral est disponible en ligne et oriente le lecteur vers une riche bibliothèque qui explore dix années de recherches sur l'agrobiodiversité et la phytosélection participative.</p>
<h3><strong>L'enjeu</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les ouvrages suivants brossent un tableau général très intéressant de l'agrobiodiversité à travers le monde, des profils de pays, des diverses tendances (en s'arrêtant à leur dynamique, à leurs causes et à leurs conséquences) ainsi que des questions des échanges commerciaux, de l'accès aux ressources génétiques et des avantages découlant de leur exploitation :</p>
<p style="text-align: justify;">Dutfield, G., 2002, <em>Intellectual property rights, trade and biodiversity</em>, Londres (<span class="smallcaps">R.-U</span>.), Earthscan.</p>
<p style="text-align: justify;"><span class="smallcaps">FAO</span> (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), 1998, <em>The state of the world's plant genetic resources for food and agriculture</em>, Rome (Italie), <span class="smallcaps">FAO</span>. Disponible en version imprimée et sur cédérom; voir aussi le site web de la <span class="smallcaps">FAO</span> sur les ressources phytogénétiques : <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.fao.org/ag/cgrfa/French/Default.htm" target="_blank">Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Fowler, C. et P. Mooney, 1990, Shattering: food, politics, and the loss of genetic diversity, Tucson (Texas, <span class="smallcaps">É.-U</span>.), University of Arizona Press. Voir aussi le site web de l'<em>Action Group on Erosion, Technology and Concentration</em> (<span class="smallcaps">ETC</span>), anciennement la Fondation internationale pour l'essor rural (<span class="smallcaps">RAFI</span>), à <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.etcgroup.org/" target="_blank">ETC Group</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Posey, D. A. et G. Dutfield, 1997, <em>Le marché mondial de la propriété intellectuelle : Droits des communautés traditionnelles et indigènes</em>, Ottawa (Ontario, Canada), <span class="smallcaps">CRDI</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Pretty, J., 2002, <em>Agri-culture: reconnecting people, land and nature</em>, Londres (<span class="smallcaps">R.-U</span>.), Earthscan.</p>
<p style="text-align: justify;">Robinson, R., 1995, <em>Return to resistance: breeding crops to reduce pesticide dependence</em>, Ottawa (Ontario, Canada), <span class="smallcaps">CRDI</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, 2001, <em>Global biodiversity outlook</em>, Montréal (Québec, Canada), Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique. Voir la version française du résumé analytique de cet ouvrage : <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.biodiv.org/doc/publications/gbo/gbo-summ-fr.pdf" target="_blank">Résumé analytique.pdf</a></span></strong>) et le <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.biodiv.org/secretariat/?lg=2" target="_blank">site web du Secrétariat</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ten Kate, K. et Laird, S.A., 1999, <em>The commercial use of biodiversity</em>, Londres (<span class="smallcaps">R.-U</span>.), Earthscan.</p>
<p style="text-align: justify;">Thrupp, L.A., 1998, <em>Cultivating diversity: agrobiodiversity and food security,</em> Washington, <span class="smallcaps">D.C</span>. (<span class="smallcaps">É.-U</span>.), World Resources Institute. Voir aussi le site web du <strong><a href="http://www.wri.org/">World Resources Institute</a></strong><strong></strong>.</p>
<h3><strong>L'approche</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour obtenir des détails sur l'initiative de programme Utilisation durable de la biodiversité (<span class="smallcaps">UDB</span>) et les projets de recherche parrainés par l'<span class="smallcaps">UDB</span>, cliquer sur <strong>Biodiversité</strong> sous l'explorateur du site réseau du <strong><span class="WebLink"><a href="http://network.idrc.ca/" target="_blank">CRDI</a></span></strong>. Outre de nombreux renseignements pertinents, ce site donne un aperçu de l'appui du <span class="smallcaps">CRDI</span> à la recherche sur l'agrobiodiversité. Voir en particulier :</p>
<p style="text-align: justify;">Vernooy, R., 2001, <em>Harvesting together: the International Development Research Centre's support for research on agrobiodiversity (results and challenges)</em>, Initiative de programme <span class="smallcaps">UDB</span>, Ottawa (Ontario, Canada), <span class="smallcaps">CRDI</span>.</p>
<h3><strong>Les expériences sur le terrain</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Diverses études de cas, des rapports de recherche, les reportages d'<em>Explore</em> (le magazine électronique du <span class="smallcaps">CRDI</span>) et d'autres informations connexes sont disponibles en ligne. Cliquer sur les « études de cas » du <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.crdi.ca/semences" target="_blank">site web du CRDI</a></span></strong> sur la phytosélection participative<strong><span class="WebLink"><a href="http://www.crdi.ca/semences"></a></span></strong>.</p>
<h4><strong>La participation des agriculteurs à l'amélioration de l'orge en Afrique du Nord et au Moyen-Orient</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Voir la <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.icarda.cgiar.org/" target="_blank">description du projet</a></span></strong>. Ce site présente plusieurs documents de recherche et une vue d'ensemble des travaux du Centre international de recherches agricoles dans les régions sèches (<span class="smallcaps">ICARDA</span>) sur la « participation des agriculteurs ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ceccarelli, S., Grando, S. et R. H. Booth, 1996, « International breeding programmes and resource-poor farmers: crop improvements in difficult environments », <em>in</em> Eyzaguirre, P. et M. Iwanaga (dir.), <em>Participatory plant breeding. Proceedings of a workshop on participatory plant breeding</em>, 26–29 juillet 1995 [Wageningen (Pays-Bas)], Rome (Italie), <span class="smallcaps">IPGRI</span>, p. 99-116.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceccarelli, S., 2000, « Decentralized participatory plant breeding: adapting crops to environments and clients », <em>in Proceedings of the 8th International Barley Genetics Symposium, 22–27 October 2000, Adelaide, Australia,</em> Glen Osmond (Australie), Department of Plant Science, Adelaide University, vol. 1, p. 159-166.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceccarelli, S., Grando, S., Tutwiler, R., Baha, J., Martini, A.M., Salahieh, Goodchild, A. et M. Michael, 2000, « A methodological study on participatory barley breeding I. Selection phase », <em>Euphytica</em>, 111, 91-104.</p>
<h4><strong>L&#8217;amélioration du maïs dans le sud-ouest de la Chine</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Voir le <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.ccap.org.cn/" target="_blank">site du Centre for Chinese Agricultural Policy (CCAP)</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Song, Y., 1999, <em>&laquo;&nbsp;New&nbsp;&raquo; seed in &laquo;&nbsp;old&nbsp;&raquo; China: impact of <span class="smallcaps">CIMMYT</span> collaborative programme on maize breeding in southwestern China</em>, Wageningen (Pays-Bas), Wageningen Agricultural University.</p>
<p style="text-align: justify;">Song, Y., 2003, « Linking the formal and informal systems for crop development and biodiversity enhancement », <em>Conservation</em> <em>and sustainable use of agricultural biodiversity: a sourcebook</em>, Los Baños (Philippines), <span class="smallcaps">CIP-UPWARD</span>.</p>
<h4><strong>La innovation agricole à Cuba</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Pour obtenir de plus amples renseignements sur ce projet, voir <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.programa-fpma.org.ni/" target="_blank">Programa de Fitomejoramiento Participativo</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Rios Labrada, H., 2003, « Farmer participation and access to agricultural biodiversity: responses to plant breeding limitations in Cuba », <em>Conservation and sustainable use of agricultural biodiversity: a sourcebook</em>, Los Baños (Philippines), <span class="smallcaps">CIP-UPWARD</span>.</p>
<h4><strong>Les comités locaux de recherche agricole en Amérique latine</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Le site web du Centre international d&#8217;agriculture tropicale (<span class="smallcaps">CIAT</span>) présente en détail divers travaux des comités locaux de recherche agricole (<span class="smallcaps">CIAL</span>), notamment <strong></strong><strong><a href="http://www.ciat.cgiar.org/ipra/ing/" target="_blank">le projet</a></strong> dont il est question dans le présent ouvrage.</p>
<p style="text-align: justify;">Ashby, J.A., Braun, A.R., Gracia, T., Guerrero, M.P., Hernández, L.A., Quirós, C.A. et J.I. Roa, 2000, <em>Investing in Farmers as Researchers: Experience with Local Agricultural Research Committees in Latin America</em>, Cali (Colombie), <span class="smallcaps">CIAT</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Humphries, S., González, J., Jiménez, J. et F. Sierra, 2000, <em>Searching for sustainable land use practices in Honduras: Lessons from a programme of participatory research with hillside farmers</em>, <span class="smallcaps">A</span>g<span class="smallcaps">REN</span> Network Paper No. 104, Londres (<span class="smallcaps">R.-U</span>.), Overseas Development Institute. <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.odi.org.uk/agren/papers/agrenpaper_104.pdf" target="_blank">AgREN Network Paper N°104.pdf</a></span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vernooy, R., Baltodano, M.E., Beltrán, J., Espinoza, N. Extra Tag D. Tijerino, 2001, « Towards participatory management of natural resources: experiences from the Calico River watershed in Nicaragua » <em>in</em> Lilja, N., Ashby, J. et L. Sperling (dir <em>.</em>), <em>Assessing the impact of participatory research and gender analysis. Program for Participatory Research and Gender Analysis</em>, Cali (Colombie), <span class="smallcaps">CIAT</span>, p. 247-262.</p>
<h4><strong>L&#8217;enrichissement du maïs et du riz au Népal</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Voir le <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.libird.org/" target="_blank">site web de <em>Local Initiatives for Biodiversity, Research and Development</em> (LI-BIRD)</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span class="smallcaps">RPAG</span> (programme Recherche participative et analyse du genre), 2001, <em>An exchange of experiences from South and Southeast Asia. Proceedings of the international symposium on participatory plant breeding and participatory plant genetic resource enhancement</em>, Cali (Colombie), <span class="smallcaps">RPAG/CIAT</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette publication contient plusieurs articles, dont les trois suivants qui portent en particulier sur le projet de recherche mené au Népal :</p>
<p style="text-align: justify;">Subedi, A., Joshi, K.D., Rana, R.B. et M. Subedi, 2001<em>, Participatory plant breeding in diverse production environments and institutional settings: experience from a Nepalese <span class="smallcaps">NGO</span></em>, p. 75-86.</p>
<p style="text-align: justify;">Joshi, K.D., Sthapit, B.R. et J. R. Witcombe, 2001, <em>The impact of participatory plant breeding (<span class="smallcaps">PPB</span>) on landrace diversity: a case study for high-altitude rice in Nepal</em>, p. 303-310.</p>
<p style="text-align: justify;">Subedi, M., Shrestha, P.K., Sunwar, S. et A. Subedi, 2001, <em>Role of farmers in setting breeding goals</em>, p. 311-318.</p>
<h4><strong>Le programme mondial Recherche participative et analyse du genre</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Le <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.prgaprogram.org/" target="_blank">site du programme RPAG</a></span></strong> présente un grand nombre de sources et de ressources utiles, dont un rapport quinquennal sur les activités de <span class="smallcaps">RPAG</span>, récemment publié, et le Rapport annuel 2002 de l&#8217;organisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Eyzaguirre, P. et M. Iwanaga (dir.), 1996, <em>Participatory plant breeding. Proceedings of a workshop on participatory plant breeding</em>, 26–29 juillet 1995 [Wageningen (Pays-Bas)], Rome (Italie), <span class="smallcaps">IPGRI</span>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span class="smallcaps">RPAG</span> (Programme Recherche participative et analyse du genre), 1999<em>, Crossing perspectives: farmers and scientists in participatory plant breeding</em>, Cali (Colombie), <span class="smallcaps">RPAG/CIAT</span>.</p>
<h3><strong>Les leçons tirées de l&#8217;expérience, Recommandations, Une vision de l&#8217;avenir</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Les titres suivants sont des abrégés d&#8217;études sur la conservation et l&#8217;amélioration des cultures dans le monde, parrainées par le <span class="smallcaps">CRDI</span> et d&#8217;autres donateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Almekinders, C. et W. de Boef (dir.), 2000, <em>Encouraging diversity: crop development and conservation in plant genetic resources</em>, Londres (<span class="smallcaps">R.-U</span>.), <span class="smallcaps">ITDG</span> Publishing.</p>
<p style="text-align: justify;">Brush, S.B., (dir.), 2000, <em>Genes in the field: on-farm conservation of crop diversity,</em> Ottawa (Ontario, Canada), <span class="smallcaps">CRDI/IPGRI/</span> Lewis Publishers.</p>
<p style="text-align: justify;"><span class="smallcaps">CIP-UPWARD</span> (International Potato Center, User&#8217;s Perspectives with Agricultural Research and Development), 2003, <em>Conservation and sustainable use of agricultural biodiversity: a sourcebook</em>, Los Baños (Philippines), <span class="smallcaps">UPWARD</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cleveland, D.A et D. Soleri (dir), 2002, <em>Farmers, scientists and plant breeding: integrating knowledge and practice</em>, Wallingford (<span class="smallcaps">R.-U</span>.), <span class="smallcaps">CABI</span> Publishers.</p>
<p style="text-align: justify;">Cooper, H.D., Spillane, C. et T. Hodgkin, 2001, <em>Broadening the genetic bases of crop production</em>, Wallingford (<span class="smallcaps">R.-U</span>.), <span class="smallcaps">CABI</span> Publishers; Rome (Italie), <span class="smallcaps">FAO</span>; Rome (Italie), <span class="smallcaps">IPGRI</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">de Boef, W., Amanor, K., Wellard, K.et A. Bebbington (dir.), 1993, <em>Cultivating knowledge: genetic diversity, farmer experimentation, and crop research</em>, Londres (<span class="smallcaps">R.-U</span>.), <span class="smallcaps">ITDG</span> Publishing.</p>
<p style="text-align: justify;">Friis-Hansen, E. et B. Sthapit (dir.), 2000, <em>Participatory approaches to the conservation and use of plant genetic resources</em>, Rome (Italie), <span class="smallcaps">IPGRI</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Groupe Crucible, 1994, <em>Un brevet pour la vie — La propriété intellectuelle et ses effets sur le commerce, la biodiversité et le monde rural</em>, Ottawa (Ontario, Canada), <span class="smallcaps">CRDI</span>. Voir le texte intégral en ligne à <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.idrc.ca/booktique" target="_blank">http://www.idrc.ca/booktique</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Groupe Crucible <span class="smallcaps">II</span>, 2001, <em>Le Débat des semences : Volume 1 — Solutions politiques pour les ressources génétiques</em> (Un Brevet pour la vie <em>revisité</em>), Ottawa (Ontario, Canada), <span class="smallcaps">CRDI/IPGRI/DHF</span>. Voir le texte intégral en ligne à <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.idrc.ca/booktique" target="_blank">http://www.idrc.ca/booktique</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">2003, <em>Le Débat des semences : Volume 2 — Solutions pour les lois nationales régissant le contrôle des ressources génétiques et des innovations biologiques</em>, Ottawa (Ontario, Canada), <span class="smallcaps">CRDI/IPGRI/DHF</span>. Voir le texte intégral en ligne à <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.idrc.ca/booktique" target="_blank">http://www.idrc.ca/booktique</a></span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Jarvis, D., Sthapit, B. et L. Sears (dir.), 2000, <em>Conserving agricultural biodiversity in situ: a scientific basis for sustainable agriculture</em>, Rome (Italie), <span class="smallcaps">IPGRI</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Partap, T.et B. Sthapit. B (dir.), 1998, <em>Managing agrobiodiversity: farmers&#8217; changing perspectives and institutional responses in the Hindu Kush-Himalayan region</em>, Kathmandou (Népal), International Center for Integrated Mountain Development.</p>
<p style="text-align: justify;">Prain, G. et C. P. Bagalanon (dir.), 1998, <em>Conservation and change: farmer management of agricultural biodiversity in the context of development</em>, Los Baños, (Philippines), <span class="smallcaps">UPWARD</span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Sperling, L. et M. Loevinsohn (dir.), 1997, Using diversity: Enhancing and maintaining genetic resources on farm, Ottawa (Ontario, Canada), <span class="smallcaps">CRDI</span>. Cet ouvrage est disponible en version électronique seulement à <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.idrc.ca/library/document/104582/" target="_blank">http://www.idrc.ca/library/document/104582/</a></span></strong>.</p>
<h3><strong>Pour en savoir plus</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour obtenir de plus amples renseignements sur certains des projets et des organismes subventionnés par le <span class="smallcaps">CRDI</span> et dont le présent ouvrage fait état, voir les sites web suivants :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span class="WebLink"><a href="http://www.cbdcprogram.org/" target="_blank">http://www.cbdcprogram.org</a></span></strong> : Le programme communautaire de conservation de la biodiversité et du développement est une initiative internationale qui appuie les efforts déployés par les collectivités agricoles pour conserver et enrichir l&#8217;agrobiodiversité. [En anglais seulement]</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span class="WebLink"><a href="http://www.cimmyt.cgiar.org/" target="_blank">http://www.cimmyt.cgiar.org</a></span></strong> : Le Centre international d&#8217;amélioration du maïs et du blé (<span class="smallcaps">CIMMYT</span>) exécute des recherches sur le maïs et le blé afin d&#8217;aider les populations à vaincre la faim et la pauvreté et à pratiquer une agriculture respectueuse de l&#8217;environnement. Le <span class="smallcaps">CIMMYT</span> est l&#8217;un des 16 centres internationaux de recherche agricole (<span class="smallcaps">CIRA</span>).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span class="WebLink"><a href="http://www.icrisat.cgiar.org/" target="_blank">http://www.icrisat.cgiar.org</a></span></strong> : L&#8217;Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (<span class="smallcaps">ICRISAT</span>), qui fait également partie des 16 <span class="smallcaps">CIRA</span>, a pour mandat d&#8217;améliorer la qualité de vie des pauvres des régions semi-arides au moyen de stratégies alliant la génétique et la gestion des ressources naturelles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span class="WebLink"><a href="http://www.ipgri.cgiar.org/" target="_blank">http://www.ipgri.cgiar.org</a></span></strong> : L&#8217;Institut international des ressources phytogénétiques (<span class="smallcaps">IPGRI</span>), l&#8217;une des 16 institutions de recherche du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (<span class="smallcaps">GCRAI</span>), a pour mandat de favoriser le progrès de la conservation et de l&#8217;utilisation durable des ressources génétiques végétales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span class="WebLink"><a href="http://www.searice.org.ph/programs.htm" target="_blank">http://www.searice.org.ph/programs.htm</a></span></strong> : The Southeast Asia Regional Initiatives for Community Empowerment est une <span class="smallcaps">ONG</span> vouée à la recherche et à la défense des droits dans la région de l&#8217;Asie du Sud-Est. Elle s&#8217;intéresse en particulier à la conservation, au développement et à l&#8217;utilisation durable des ressources phytogénétiques.</p>
<h2>
<hr />
<strong>L&#8217;Éditeur</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-2091" title="Les Semences du monde" src="http://www.letransmuteur.net/wp-content/uploads/les-semences-du-monde1.jpg" alt="Les Semences du monde" width="217" height="331" />Le Centre de recherches pour le développement international est une société d&#8217;État créée par le Parlement du Canada, en 1970, pour aider les chercheurs et les collectivités du monde en développement à trouver des solutions viables à leurs problèmes sociaux, économiques et environnementaux. Le Centre appuie en particulier le renforcement des capacités de recherche indigènes susceptibles d&#8217;étayer les politiques et les technologies dont les pays en développement ont besoin pour édifier des sociétés plus saines, plus équitables et plus prospères.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Éditions du <span class="smallcaps">CRDI</span> publient les résultats de travaux de recherche et d&#8217;études sur des questions mondiales et régionales intéressant le développement durable et équitable. Les Éditions du <span class="smallcaps">CRDI</span> enrichissent les connaissances sur l&#8217;environnement et favorisent ainsi une plus grande compréhension et une plus grande équité dans le monde. Le catalogue des Éditions du <span class="smallcaps">CRDI</span> contient la liste de tous les titres disponibles (voir <strong><span class="WebLink"><a href="http://www.crdi.ca/booktique/index_f.cfm" target="_blank">www.crdi.ca/booktique/index_f.cfm</a></span></strong>).</p>
<p style="text-align: justify;">(*)<strong> Ronnie Vernooy</strong> est spécialiste de programme principal au Centre de recherches pour le développement international, à Ottawa (Canada). Spécialisé en sociologie rurale, il s&#8217;intéresse en particulier à l&#8217;organisation et à l&#8217;expérimentation agricoles, à la gestion des ressources naturelles, à l&#8217;agrobiodiversité, aux méthodes de recherche-action participative ainsi qu&#8217;au suivi et à l&#8217;évaluation des projets de recherche. Ses travaux en cours portent sur l&#8217;Asie du Sud-Est, l&#8217;Amérique centrale et Cuba. Le Nicaragua lui tient spécialement à cœur; il y a effectué des recherches sur l&#8217;environnement des montagnes et des régions côtières au cours des années 1985–1986, 1988–1991 et 1997–1998. Parmi ses plus récents ouvrages, citons <em>Taking care of what we have: participatory natural resource management on the Caribbean coast of Nicaragua</em> (co-édition <span class="smallcaps">CRDI-CIDCA/UCA</span>, 2000), <em>Para una mina de oro se necesita una mina de plata: historiando sobre la Costa Caribe de Nicaragua 1910–1979</em> (<span class="smallcaps">CIDCA-UCA</span>, 2000), et <em>Voices for change: participatory monitoring and evaluation in China</em> (co-édition <span class="smallcaps">CRDI-YSTP</span>, 2003).</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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