ABC du potager: Connaissez votre sol Imprimer cette page Recommander cette page par email


Avant d’entreprendre quoi que ce soit pour aménager ou planter votre jardin, il est indispensable de savoir quelles sont les caractéristiques du sol dont il est fait.

Cette connaissance vous permettra en effet de définir :

  • Les moyens à employer pour corriger ses défauts éventuels afin d’en faire « une bonne terre« .
  • Les espèces végétales qui ont le maximum de chances d’y réussir naturellement et celles qui, sauf artifices coûteux, ne sauraient y prospérer.

A la fois support des plantes et « garde manger » dans lequel les racines puisent une partie importante de la nourriture des végétaux, le sol est un milieu très complexe dont la fertilité dépend tant de sa nature physique que de sa composition chimique.


Quatre composants

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Les constituants physiques du sol sont, à l’état pur :

L’Argile Terre glaise ou terre à four
La Silice Sable
Le Calcaire Craie
L’Humus Terreau

Les trois premiers sont des éléments minéraux pratiquement stables qui se présentent sous des formes diverses selon l’évolution géologique subie par les roches mères ou les sédiments dont ils sont issus. L’Humus au contraire est une substance vivante en perpétuelle évolution puisqu’il résulte de la décomposition progressive des matières organiques végétales, par des bactéries et champignons microscopiques, vers de terre, larves d’insectes, etc… , qui prolifèrent dans la couche superficielle du sol (un gramme de terre contient 30 à 40 millions de micro-organismes).

Le rôle de l’Humus est primordial dans la fertilité.


Mélanges variés

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Sauf rares exceptions, le sol est toujours composé d’un mélange, en proportions variables, des quatre éléments ci-dessus. Les caractéristiques d’un terrain donné dépendent de celui (ou de ceux) de ces éléments qui prédominent par rapport aux autres.

Une analyse physique, effectuée par un laboratoire, peut déterminer avec précision la nature de votre sol, mais pratiquement, elle n’est pas indispensable car vous pouvez facilement apprécier celle-ci vous-même avec une approximation suffisante. Il suffit pour cela de prélever une bêchée de terre moyennement humide et de procéder aux tests suivants.

EXPÉRIENCE RÉSULTAT CONCLUSION
Examinez la tranche de terre ainsi extraite. Elle est de couleur brune ou noirâtre (plus foncée vers la surface) de structure grumeleuse et spongieuse, riche en débris végétaux plus ou moins décomposés. Sol riche en humus ou humifère (10% et plus d’humus).
Elle est de couleur blanchâtre, de plus en plus claire en profondeur. Une effervescence se produit lorsque cette terre est additionnée d’acide (esprit-de-sel, vinaigre fort, etc.) Sol riche en calcaire (10% et plus de calcaire).
Malaxez une poignée de terre dans votre main puis laissez-la tomber sur un sol dur. La motte s’agglomère en mastic dense et reste intacte après sa chute. Sol riche en argile (30% et plus d’argile).
La motte ne s’agglomère pas et s’effrite entre vos doigts. Sol riche en silice (70% et plus de silice).
La motte s’agglomère mais se brise en morceaux en touchant le sol Sol plus ou moins proche de la terre franche.

Il existe évidemment quantité de gradations entre les différents résultats schématisés ci-dessus, mais cet examen rapide indique toutefois la TENDANCE de votre sol.

Il vous permet de déterminer les qualités et les défauts de ce dernier, pour exploiter les premières et remédier aux seconds.

TYPE DU SOL AVANTAGES INCONVÉNIENTS CORRECTIFS
Argileux Naturellement riche en éléments fertilisants. Retient bien l’eau des arrosages et les engrais. Imperméable. Froid et long à réchauffer au printemps. Difficile à travailler s’il est trop humide (collant) ou trop sec (très dur). Humide à l’excès en hiver s’il est mal drainé. Bêcher avant l’hiver. Enrichir copieusement en matières organiques (fumier, compost, tourbe). Chauler pour améliorer la structure. Drainer si possible.
Siliceux Très perméable et bien drainé. Vite réchauffé au printemps (propice aux primeurs). Très facile à travailler en toutes saisons. Aisément amélioré. Pauvre en éléments fertilisants. Se dessèche vite et réclame de fréquents arrosages en été. Retient mal les éléments fertilisants solubles (Azote). Faire de copieux apports de matières organiques comme ci-dessus. Apporter les engrais azotés au fur et à mesure des besoins. Chauler en cas d’acidité excessive.
Calcaire Perméable. Généralement bien drainé. Se réchauffe vite au printemps. Facile à travailler lorsqu’il est « pris à temps » (plutôt sec). Décomposition rapide des fumures organiques. Pauvre en éléments fertilisants. Sec en été, boueux par temps de pluie. Son alcalinité provoque la « chlorose » de nombreuses espèces (Rosier, Poirier, Fraisier, etc.). Bêcher avant l’hiver. Apporter annuellement fumure organique (comme ci-dessus) et engrais complets. Ne cultiver que des plantes tolérant une réaction alcaline.
Humifère Perméable mais retient une grande quantité d’eau. Se réchauffe très vite au printemps. Riche en éléments fertilisants. Facile à travailler. Propice aux plantes aimant l’acidité (Azalée, Rhododendron). Trop acide pour beaucoup d’espèces. Humide à l’excès lorsqu’il est mal drainé. De nombreux éléments fertilisants restent inassimilables par suite de sa réaction acide. Neutraliser l’acidité par chaulage. Drainer si besoin est. Apporter des engrais chimiques à dominante d’acide phosphorique et de potasse.
Terre franche Terre idéale qui cumule et combine harmonieusement tous les avantages des 4 types de sol ci-dessus. Sans défauts lorsqu’elle est parfaitement équilibrée, mais aisément améliorée lorsqu’elle ne l’est pas tout à fait. Entretenir structure et fertilité par apports réguliers d’engrais organiques et chimiques. Chauler selon les besoins.


Une idée du sous-sol

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Achevez la connaissance de votre terrain en découvrant sa structure souterraine.

L’enracinement de nombreuses espèces : arbres, arbustes, plantes vivaces est en effet très profond et la composition du sous sol influe fortement sur leur végétation.

Le caractère perméable ou imperméable des couches inférieures détermine également la quantité d’eau mise à la disposition des plantes suivant les saisons.

Pour procéder à cette exploration, creusez un trou d’environ 60 cm de côté et 1 m de profondeur. Afin de remuer le moins possible de terre, faites cette excavation en marches d’escaliers.

Après avoir égalisé la paroi avec le tranchant de la bêche, vous distinguez facilement sur la première, grâce à leurs différences de couleur et de texture, l’existence de deux ou plusieurs couches superposées que les géologues nomment horizons.

Prenons un exemple :

  • A) Couche arable dont la couleur plus foncée que celle de la suivante est due à la présence d’humus provenant de la décomposition des déchets végétaux (feuilles et herbes mortes, etc.) et des fumures organiques.
  • B) Sol végétal de nature physique identique à celle de la couche précédente mais ne montrant plus trace d’humus. Cet horizon petit être absent, la couche arable humifère reposant directement sur le sous-sol ci-dessous.
  • C) Sous-sol de nature physique différente de celle des deux couches supérieures. Peut ne pas être rencontré dans un sondage limité à 1 m de profondeur.

Notez bien que la couche arable est seule à renfermer de l’humus. C’est la partie vivante du sol : plus elle est épaisse et plus ce dernier est potentiellement fertile. Les « horizons » inférieurs sont essentiellement minéraux.

Pour apprécier votre terrain, considérez :

  • La profondeur du sol végétal (couches A + B). Cette zone doit être aussi épaisse que possible et au moins égale à 50/60 cm pour qu’il n’y ait aucune limitation dans le choix des cultures.
  • La nature perméable ou non du sous sol.

Voyez auquel des 4 cas suivants vous avez affaire :

Sol perméable
Sous-sol perméable
Risque accentué de sécheresse estivale, l’eau s’infiltrant sans obstacle hors de portée des racines. Prévoir des arrosages fréquemment répétés.
Sol imperméable
Sous-sol imperméable
Structure la plus défavorable (et difficile à corriger) par suite de l’humidité excessive, surtout en hiver. Le drainage par drains enterrés est indispensable dans de nombreux cas.
Sol perméable
Sous-sol imperméable
Structure favorable si la couche perméable est assez épaisse, le sous-sol retenant l’eau à disposition des racines. Dans le cas contraire, craindre humidité hivernale et sécheresse estivale. Un drainage par puisard peut être utile.
Sol imperméable
Sous-sol perméable
La porosité du sous-sol corrige partiellement l’imperméabilité de la couche supérieure en favorisant son assainissement. La situation peut être améliorée en diminuant la compacité de la couche supérieure par des amendements appropriés (chaulage, apport d’humus).

Afin de juger davantage du comportement de l’eau dans votre sol, laissez le trou de sonde ouvert jusqu’à ce que sévisse une période de fortes pluies et examinez le fond de l’excavation une semaine après le retour d’un temps sec.

S’il ne subsiste pas trace d’eau, tout est correct et vous n’avez rien d’autre à faire.

Lorsqu’un peu d’eau reste au fond, l’assainissement n’est pas parfait, mais une correction ne s’impose pas forcément si vous tenez compte de ce fait en choisissant des végétaux tolérant ces conditions.

Par contre le drainage est nécessaire si l’eau emplit partiellement le trou jusqu’à moins de 50 à 60 cm de la surface.

Le drainage par puisard est applicable lorsqu’une couche perméable existe à profondeur accessible sous la couche imperméable qui cause l’humidité. Un puits empli de pierres, mâchefer, etc., crève cette dernière de part en part et permet à l’eau de s’infiltrer dans le sous-sol. A établir aux points bas du terrain.

Le drainage classique se compose de canalisations enterrées (tuyaux de poterie ou tubes de matière plastique perforés) qui collectent l’eau souterraine et la conduisent par gravité vers un fossé ou un égout grâce à une légère pente. C’est un travail à faire exécuter par un spécialiste.


Terres acides et terres alaclines

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Outre les caractéristiques relatives à leurs composants physiques, les différents terrains se distinguent aussi chimiquement par leur réaction acide ou alcaline, très importante pour certaines plantes.

Cette réaction est conditionnée par la présence simultanée des acides, contenus en particulier par l’humus, et des bases, offertes notamment par le calcaire.

La terre est acide lorsque les premiers prédominent sur les secondes et elle est alcaline ou calcaire dans le cas contraire. La réaction est dite neutre lorsqu’acides et bases s’équilibrent mutuellement.

Les terrains siliceux et surtout humifères ont une tendance marquée à l’acidité, tandis que les sols riches en calcaire sont très alcalins, Les terres franches ou argileuses peuvent être neutres ou modérément acides ou encore alcalines suivant la proportion de chaux qu’elles contiennent.

Décelez et mesurez l’acidité

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Certaines plantes sauvages ne poussent spontanément que dans les sols présentant une réaction bien déterminée. Leur présence permet donc de déceler les types de terrains en question. En voici quelques exemples :

Plantes de sols acides Bruyère, Fougère d’Aigle, Prèle, Petite Oseille, Châtaignier, Myrtillier
Plantes de sols alcalins Buis, Centaurée, Lavande, Cytise, Tussilage Pas d’Âne, Sureau

Différentes méthodes permettent de tester la réaction du sol.

La plus simple consiste à utiliser un papier réactif spécial qui change de couleur selon l’intensité de l’acidité ou de l’alcalinité :

  • Mélangez une cuillerée à café de terre et autant d’eau distillée puis plongez une bande de papier réactif dans le liquide en laissant la moitié de sa longueur déborder à l’extérieur du récipient.
  • Un quart d’heure plus tard, observez la couleur de la partie non immergée de la bande de papier qui s’est imprégnée par capillarité.

Si vous souhaitez davantage de précisions, vous pouvez faire mesurer le pH de votre sol par un laboratoire spécialisé ou le déterminer vous-même grâce à un appareillage spécial (colorimètre, PH-mètre, etc..,).

En ce qui concerne les sols, l’échelle des pH, qui sert de référence aux mesures, va de 4 (très acide) à 8 (très alcalin) le chiffre 7 marquant la neutralité :

pH RÉACTION TYPE DE SOL
4 à 4.9 Très acide Terre de bruyère, tourbe horticole
5 à 6.4 Acide Terres silico-humifères, terreaux
6,5 à 7,5 (7 neutre) Pratiquement neutre Bonnes terres de jardin
7,5 et au-delà Alcaline Terres de plus en plus calcaires

Sauf la Pomme de terre et le Fraisier qui préfèrent une légère acidité, les plantes potagères sont assez indifférentes à la réaction du sol et prospèrent bien en terrain légèrement acide, neutre ou faiblement alcalin.

Beaucoup d’espèces arbustives et florales par contre, affectionnent une acidité plus ou moins accentuée. Les plus exigeantes sous ce rapport sont celles dites de terre de bruyère, ou calcifuges (qui fuient le calcaire…) telles que les Azalées, Bruyères, Rhododendrons, et à un degré un peu moindre, Lupin, Digitale, etc…

Ces plantes, qui ne tolèrent pas la présence de calcaire dans le sol, réclament impérieusement un pH acide.

Des indications précises seront fournies à ce sujet à propos de chaque catégorie de plantes.

Connaissant les caractéristiques de votre terrain, vous pouvez maintenant choisir les méthodes appropriées pour conserver ses qualités et corriger ses défauts. Ces moyens sont essentiellement :

  • Les Amendements qui permettent d’améliorer sa structure physique et sa réaction chimique : chaulage, apports d’humus et parfois mélange avec une terre de composition adéquate.
  • Les Engrais qui modifient sa composition chimique et l’enrichissent en éléments fertilisants.
  • L’Ameublissement régulier par bêchage ou labour qui l’aère et facilite l’expansion des racines.


Le chaulage, remède multiple

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Sauf pour les plantes calcifuges et dans les terrains naturellement riches en calcaire (pH supérieur à 7,5), l’apport de chaux est bénéfique à plusieurs titres.

Il neutralise l’excès d’acidité des sols siliceux et humifères, favorisant la vie microbienne et donc la transformation de l’humus et des fumures organiques en éléments assimilables par les végétaux.

La chaux oblige également les fines particules de l’argile à s’agglomérer en sortes de grumeaux et, en les empêchant de coller les unes aux autres, elle décompacte les terres lourdes. Elle améliore ainsi leur perméabilité et les rend plus faciles à travailler en hiver et plus friables en été.

Enfin, en dehors des chaulages correctifs visant à remédier à un défaut caractérisé, des chaulages d’entretien sont périodiquement nécessaires aux terrains normaux. Une partie du calcaire que contiennent ceux-ci est en effet dissoute et entrainée en profondeur par les eaux d’infiltration. Une autre, absorbée par les végétaux est exportée par les récoltes et, si ces pertes ne sont pas compensées, le sol tend à s’acidifier.


Avec quoi chauler ?

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AMENDEMENTS COMPORTEMENT DANS LE SOL % DE CALCAIRE ACTIF
Chaux agricole
(Chaux hydratée)
Action rapide mais relativement peu prolongée; préférable en terre très argileuse ou humifère. 50% à 70%
Chaux magnésienne
(Dolomie)
Même type que la précédente; contient en plus environ 10 % de magnésie. 50% à 60%
Calcaire broyé Action plus lente mais plus prolongée que les précédentes. Recommandé en sols sableux pauvres en humus. 45% à 55%
Marnes Action lente mais très prolongée. Apportent, en plus, de l’argile ou du sable selon leur nature. 12% à 30%
Dépots marins
(Maerl, Trez)
Même type d’action que les précédentes. Contiennent de nombreux oligo-éléments. 25% à 40%


Comment chauler ?

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Pour obtenir un effet identique, il faut d’autant plus de chaux :

  • Que le sol est plus acide, c’est-à-dire que le pH est plus bas.
  • Que la terre est plus riche en argile et en humus.

Toutefois, le chaulage est une médication du sol et, comme tel, il doit être appliqué avec précaution. Ne tentez surtout pas de neutraliser d’un seul coup une acidité importante, car l’apport massif de chaux qui serait alors nécessaire, entraînerait des bouleversements catastrophiques dans la vie microbienne et dans l’équilibre de votre terre. Une telle correction doit être étalée sur plusieurs années par des épandages répétés, mais d’importance modérée. Ne dépassez jamais annuellement les doses suivantes (en kg d’oxyde de calcium Ca° par are).

SOL CHAULAGE CORRECTIF CHAULAGE D’ENTRETIEN
Très acide: pH 4 à 5 Acide: pH 5 à 6 Neutre: pH 6,5 à 7
Argileux ou humifère 30 20 15
Terre franche 20 15 10
Siliceux 15 10 5

A partir des chiffres ci-dessus, vous trouverez le poids réel à apporter pour un amendement donné en effectuant la règle de trois suivante :

  • Quantité d’oxyde de calcium nécessaire x 100
  • Pourcentage d’oxyde de calcium de l’amendement

Lorsqu’il s’agit de neutraliser l’acidité excessive ou d’améliorer un sol lourd, renouvelez les apports chaque année tant que le résultat souhaité n’est pas atteint. En ce qui concerne les chaulages d’entretien, il suffit souvent de faire une seule application tous les 2 ou 3 ans. Dans les deux cas, le contrôle périodique de la réaction du sol sera votre meilleur guide.

Chaulez de préférence à l’automne, dès l’enlèvement des récoltes : la chaux sera ainsi incorporée au sol par le labour ou le bêchage après avoir déjà imprégné la couche superficielle.

La teneur en calcaire actif indiquée (qui doit être précisée par le fournisseur), est exprimée en oxyde de calcium (Ca). Compte tenu de leur faible concentration, Marnes et Dépôts marins, ne sont intéressants que s’ils sont disponibles localement car leur transport est onéreux.

ATTENTION :

  • N’appliquez jamais de chaux en même temps que vous effectuez une fumure organique (fumier, compost), car l’effet de cette dernière serait annihilé.
  • Ne chaulez pas l’année précédant la culture d’une plante aimant l’acidité telle que la Pomme de terre.


L’humus, améliorateur universel

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Quel que soit votre terrain, les amendements à base d’humus amélioreront ses qualités et il est indispensable de les renouveler régulièrement pour maintenir sa fertilité. Stimulés par la présence du calcaire, les micro-organismes qui produisent l’humus à partir des déchets végétaux font en effet évoluer celui-ci vers des formes de plus on plus minérales et il peut disparaître complètement, comme brûlé, si ses sources ne sont pas entretenues. Son incorporation complète l’action du calcaire pour diminuer la compacité de l’argile et elle améliore au contraire la cohésion des sols siliceux en leur fournissant un liant. Dans tous les cas, sa faculté de se gorger d’eau lui permet d’entretenir une réserve d’humidité à portée des racines et il maintient la terre en bon état d’ameublissement.

L’humus favorise aussi l’assimilation des éléments fertilisants en formant avec l’argile un complexe qui les fixe dans le sol et les redistribue ensuite progressivement.

Il est lui-même une source d’azote pour les plantes.


Sources d’humus :

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Fumier naturelFumier artificielTourbeCompostEngrais vertsMélanges de terres correcteursAttention

• Fumier naturel : C’est l’amendement humique par excellence mais il est malheureusement de plus on plus rare, notamment dans les zones proches des villes. Si vous avez la chance d’en disposer, utilisez-le à haute dose : environ 4 à 500 kg par are (1 mètre cube de fumier pèse 400 kg lorsqu’il est frais et 7 à 800 kg après tassement). Il suffit d’appliquer la dose précitée tous les 3 ans pour entretenir un taux humique convenable.

Évitez d’employer le fumier dès sa sortie de l’étable ou de l’écurie : faites-en un tas régulier aussi compact que possible et bien tassé.

Si vous le pouvez, couvrez-le d’une bâche plastique ou autre pour éviter le délavage par les pluies. Entretenez alors une humidité régulière dans la masse en l’arrosant avec de l’eau, ou mieux, du purin.

L’idéal est de stocker le fumier sur une plate-forme étanche spéciale, qui permet de recueillir ce liquide. La fermentation intense qui se produit dans le tas et qui se traduit par un important dégagement de chaleur, amorce la transformation du fumier en humus. Celui-ci est mûr pour être enfoui après 2 à 3 mois environ. Enterrez-le par le labour dès qu’il est étalé afin d’éviter que l’azote qu’il renferme ne se perde dans l’atmosphère sous forme de gaz ammoniac.

Si vous avez le choix, préférez les fumiers dits chauds (de cheval, âne, mouton, etc.) pour les terres argileuses et les fumiers froids (de bovins, porcs, etc.) pour les sols siliceux et calcaires.

Le fumier renferme une quantité d’éléments fertilisants non négligeables puisqu’elle atteint par tonne : 4 à 5 kg d’azote, 2 à 3 kg d’acide phosphorique et 5 à 6 kg de potasse. C’est donc un engrais en même temps qu’un amendement, mais sa faible teneur en éléments nutritifs ne dispense pas de l’emploi des engrais chimiques.

• Fumier artificiel : Faute de fumier naturel, vous pouvez fabriquer un produit comparable si vous disposez de paille et d’une aire étanche permettant de recueillir l’eau servant à arroser celle-ci.

  1. Faites un lit de 70 à 80 cm de paille sur la plate-forme à fumier et détrempez copieusement la masse par 3 arrosages successifs espacés d’une douzaine d’heures (80 l. par 100 kg environ à chaque fois). Réutilisez l’eau recueillie dans la fosse à purin.
  2. Étalez sur le tas 5 cm de fumier naturel (ou de fumier artificiel fait ou même de terreau) de façon à apporter les micro-organismes qui serviront de « levain » à la fermentation.
  3. Saupoudrez le tout d’un engrais azoté 2 à 3 kg de sulfate d’ammoniaque ou de cyanamide, ou 1 kg d’urée par 100 kg de paille. Vous pouvez aussi utiliser un engrais complet du type « formule pour gazon » à raison de 5 kg pour 100 kg afin d’obtenir un produit final plus riche. Arrosez légèrement pour faire pénétrer les ferments et engrais dans la masse.

La fermentation se déclenche rapidement, provoquant l’échauffement du tas (50 à 60 °C après 5 à 6 jours). Arrosez et tassez alors fortement.

Quelques jours plus tard, vous pourrez recharger d’une autre couche de paille traitée de la même façon (arrosage + engrais) mais sans apport de levain désormais inutile.

Le même processus peut être ensuite répété sans toutefois dépasser 4 à 5 couches au total. Opérez de préférence en été, la chaleur favorisant la fermentation. Au bout de 3 mois, vous obtiendrez, par 100 kg de paille, 300 kg de fumier prêt à l’emploi.

• Tourbe : Ce matériau s’est formé au fond de certaines vallées marécageuses au cours des millénaires, à partir de mousses aquatiques appelées sphaignes. Ce n’est pas de l’humus au terme où nous l’entendons pour du terreau par exemple, car elle ne se décompose que très lentement dans le sol et elle ne fournit pratiquement pas d’aliments aux plantes.

Elle possède néanmoins toutes les qualités physiques des meilleurs amendements humiques, donnant du corps aux terres légères, ameublissant les terres lourdes et retenant, comme une éponge, une quantité d’eau considérable. Elle est livrée en balles très comprimées qu’il faut désagréger avant l’emploi.

La tourbe est le conditionneur de sol idéal pour le jardin d’amateur. Pour cet usage, enfouissez deux balles (de 0,17 mètre cube) par are, soit une épaisseur de 1 cm environ étalée sur le terrain, préalablement au bêchage. Vous pouvez aussi l’incorporer simplement à la couche superficielle du sol par un griffage. Elle se trouvera finalement enterrée plus profondément par le labour suivant.

• Compost : Tous les déchets végétaux de la maison et du jardin peuvent être transformés en cet amendement humique aussi précieux que le fumier. C’est donc une erreur de les jeter ou de les brûler comme on le fait souvent.

Entassez dans un coin retiré du jardin, fanes de légumes, restes de cultures florales, mauvaises herbes. tontes de gazon, feuilles mortes, épluchures, marc de café, etc. et les micro-organismes, fabricants d’humus, feront le reste… Rappelez-vous que, pour qu’ils prolifèrent au maximum, il leur faut un milieu aéré, riche en azote et bien pourvu en calcaire.

Procédez de la manière suivante :

  1. Creusez une tranchée de 70 cm de largeur et de 30 cm de profondeur environ en déposant la terre extraite sur l’un des côtés. Si cette terre n’est pas calcaire par elle-même, additionnez-la de chaux ou de calcaire broyé au fur et à mesure de son extraction sur la base de 2 kg par mètre cube environ. Remplissez cette excavation de débris végétaux grossiers : trognons de choux, brindilles, etc., entre lesquels subsisteront d’importantes lacunes qui assureront aération et drainage.
  2. Entassez sur cette couche drainante un premier lit de déchets végétaux de 15 cm d’épaisseur en mélangeant ceux qui ont tendance à se tasser (tontes de gazon) avec d’autres plus élastiques de façon à ménager une bonne aération de la masse.
    Saupoudrez la surface, à raison de 2 à 3 poignées par brouettée de matériaux, avec un engrais complet riche on azote (type « engrais pour gazon »), et arrosez légèrement pour faire pénétrer celui-ci dans la masse.
    Recouvrez enfin avec une partie de la terre laissée en dépôt sur une dizaine de centimètres d’épaisseur.
  3. Répétez les mêmes opérations, en superposant des couches successives de déchets et de terre jusqu’à ce que le tas atteigne environ 1 m de hauteur.
  4. Afin d’accélérer la décomposition, démolissez le tas de compost 2 à 3 mois après son montage et reconstituez-le à côté. Secouez et mélangez alors ses différentes parties en plaçant à l’intérieur celles qui étaient au dehors et vice versa. Arrosez légèrement les zones sèches qui sont imparfaitement transformées.
    Cinq à six mois plus tard, votre compost sera prêt à l’emploi. Après criblage, vous pouvez l’utiliser seul, en l’enfouissant à raison de 1 m cube par are. Vous en tirerez cependant meilleur parti, tout en l’enrichissant, en mélangeant chaque mètre cube de compost avec deux balles de tourbe humide, 10 kg d’engrais chimique complet, type « engrais de fond » et 10 kg de fumier déshydraté. Un tel amendement vaut très largement le meilleur fumier naturel.

• Engrais verts : On appelle ainsi des plantes que l’on cultive spécialement dans le but de les enterrer sur place par un labour. Elles se décomposent alors dans le sol après avoir absorbé et transforme en matière végétale vivante, génératrice d’humus, les reliquats d’éléments fertilisants subsistant après les récoltes précédentes.

Ces espèces doivent être à développement rapide pour occuper le terrain le moins longtemps possible. Vous pouvez adopter la Moutarde, le Trèfle incarnat, le Ray-Grass d’Italie et les semer en août-septembre, aussitôt après l’enlèvement des premières récoltes (Pois, Haricots, Pomme de terre, etc.), et après un griffage ou un labour superficiel.

Fournissez-leur une copieuse fumure azotée et arrosez-les au besoin afin de stimuler leur croissance au maximum.

Ces engrais verts seront enfouis dès novembre si leur développement est suffisant, ou au printemps suivant.

Dans un potager bien conduit, la culture des engrais verts doit être systématiquement pratiquée sur toute parcelle de terre libérée assez tôt pour les recevoir.

Si on parlait un peu des engrais vert ?

Légumineuses Luzerne, trèfle, soya, gourgane, …
Graminées Avoine, seigle, orge, sarrasin, …
Crucifères Moutarde, navet, radis chinois, …

Les engrais vert peuvent être utilisés dans une section du jardin qui n’est pas cultivée, cela facilite le travail tout en enrichissant la terre. Il y a 3 façons de procéder soit :

  • Annuel : laissé en place une année.
  • Dérobé : après ou avant une culture.
  • Intercalé : en même temps que la culture.

• Mélanges de terres correcteurs : Un dernier moyen d’améliorer un sol physiquement imparfait est de le mélanger par labour ou, mieux par fraisage au motoculteur, avec une terre ayant des caractéristiques complémentaires intéressantes.

Ainsi un apport de sable de rivière peut alléger un terrain argileux tandis qu’une terre riche en argile donne au contraire du corps à un terrain trop siliceux.

Lorsqu’il est en même temps nécessaire de neutraliser une acidité excessive on peut utiliser les marnes argileuses dans ce dernier cas.

Toutefois, pour être efficaces, de tels apports doivent être copieux, de l’ordre de 2 à 3 m3 à l’are au moins. Ils ne sont donc envisageables que si les matériaux sont disponibles à bas prix et transportables économiquement.

• Attention : La terre utilisée doit provenir uniquement de la couche arable superficielle rendue vivante par son humus. Tout mélange de terre originaire du sous-sol inactif doit être proscrit, car il rendrait votre terrain stérile pour plusieurs années.

Gardez-vous notamment, lors d’une construction, d’étaler la terre des fouilles de fondations à la surface de votre futur jardin.

Si celle-ci doit être employée pour créer des différences de niveau, la couche arable sera d’abord retroussée, c’est-à-dire décapée et mise en dépôt provisoire afin de reprendre sa place naturelle lorsque la terre de fond aura été mise en position.


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