ABC du potager: Améliorez la fertilité
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- 07 – Ecosystème du jardin
- 08 – La biodiversité cultivée
- 09 – La production de semences
- 10 – Le greffage et la taille
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Améliorez la fertilité de votre jardin |
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Pour élaborer la matière végétale dont elle est faite, la plante utilise :
- Du Carbone et de l’Oxygène tirés de l’atmosphère grâce à la chlorophylle des feuilles.
- De l’Eau puisée dans le sol par les racines.
- Des Sels minéraux dissous dans cette dernière.
Les aliments minéraux absorbés en quantités les plus importantes, dits éléments majeurs, sont l’azote, l’acide phosphorique, la potasse, la chaux, la magnésie et le soufre.
La plante utilise aussi, mais en proportions infiniment moindres, des éléments mineurs ou oligo-éléments, corps qui entrent dans la composition des tissus végétaux ou qui participent comme catalyseurs à la formation de ces derniers : Fer, Zinc, Manganèse, Cuivre, Bore, Molybdène. Sauf exceptions, la terre et les engrais qui lui sont fournis contiennent généralement assez de chaux, magnésie, soufre et oligo-éléments pour couvrir les besoins des plantes.
Toutefois, ces derniers sont parfois rendus inactifs par la présence d’un élément qui les rend inassimilables (fer en présence de calcaire par exemple). Dans ce cas, l’apport d’un produit anti carences permet de corriger la situation.
Azote, acide phosphorique et potasse sont également toujours présents mais leur quantité peut être insuffisante, soit parce que le sol en est naturellement mal pourvu, soit parce que ses réserves ont été progressivement épuisées par des récoltes successives.
Les Engrais, qui contiennent azote, acide phosphorique et potasse sous forme concentrée, permettent de remédier aux carences du sol et de compenser ses pertes en lui apportant les éléments qui lui font défaut. Chacun des éléments majeurs joue dans l’équilibre fonctionnel de la plante un rôle particulier :
| ÉLÉMENTS | FONCTIONS PARTICULIÈRES | SIGNES DE CARENCE | CULTURES FAVORISÉS |
| Azote (N) | Favorise le développement du feuillage et de la partie aérienne. Accroît la taille des plantes et le rendement. Accélère la végétation. Stimulant essentiel de la croissance. | Végétation languissante, feuillage vert clair ou jaunâtre (chlorose). Plantes de taille peu développée. | Toutes plantes jeunes. « Légumes feuilles » (Choux, Poireaux, Salades). Gazons et prairies. |
| Acide phosphorique (P) | Régulateur des phénomènes de reproduction : mise à fruits, floraison, fructification. Consolide les tissus (aoûtement). Stimule le développement des racines. | Feuillage vert foncé, bronzé ou taché de rouge. Rameaux grêles ou mal formés. Floraison peu abondante. Avortement des fleurs. Maturation tardive des fruits. | Arbres et arbustes fruitiers et d’ornement, en phase de croissance. Rosiers. « Légumes fruits ». Toutes espèces florales. Légumineuses. |
| Potasse (K) | Régulatrice de la circulation de la sève et des fonctions d’assimilation. Favorise l’élaboration et l’accumulation des substances de réserve (sucres, amidon, etc.). Améliore la résistance aux maladies. Intensifie la couleur des fleurs et des fruits et améliore la saveur de ces derniers. | Nécroses brunes à la pointe, sur les bords et entre les nervures des feuilles. Plantes sensibles aux maladies. Fruits peu sucrés ni savoureux. Mauvaise conservation des légumes racines. | Complète l’acide phosphorique pour les arbres et arbustes fruitiers et d’ornement. Toutes plantes à bulbes ou tubercules (Pomme de terre). « Légumes racines « . |
Vous constatez que les trois éléments majeurs sont interdépendants et se complètent mutuellement. Leur présence simultanée en quantité suffisante est indispensable à une végétation harmonieuse. L’expérience montre que l’importance du rendement est déterminée par l’élément qui figure en plus petite quantité. Il ne sert donc à rien d’apporter l’un d’eux, acide phosphorique par exemple, si les autres n’existent pas en proportions équilibrées.
Un excès d’azote par rapport à l’acide phosphorique et à la potasse se traduit notamment par des troubles végétatifs graves : défaut de fécondation des fleurs (coulure), maturation imparfaite du bois et des fruits, sensibilité accrue aux maladies cryptogamiques et au froid…
Les engrais dans le sol |
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L’azote organique contenu dans l’humus ou dans les engrais d’origine animale ou végétale n’est pas directement utilisable par les végétaux : il doit être transformé par les micro-organismes du sol, d’abord en azote ammoniacal, puis finalement en nitrates, seuls assimilables par les plantes (sauf en ce qui concerne celles de la famille des légumineuses, capables de fixer directement l’azote de l’air).
Selon leur nature, les engrais apportent l’azote sous forme organique, ammoniacale ou nitrique.
L’effet des nitrates absorbés tels quels est immédiat et leur application se traduit aussitôt par un coup de fouet stimulant la croissance. Toutefois, ces sels sont très solubles et se trouvent rapidement entraînés par les eaux d’infiltration hors de portée des racines s’ils ne sont pas captés par celles-ci : il ne faut donc les employer que pendant la période de végétation active et au fur et à mesure des besoins des plantes.
L’action des engrais à azote organique ou ammoniacal est au contraire différée tant que dure leur transformation en nitrates.
Par contre, sous ces formes, l’azote est retenu par le pouvoir absorbant du sol. Ces engrais doivent donc être enfouis en automne ou en hiver. Leur effet se manifeste ensuite progressivement au fur et à mesure de leur mutation en nitrates, dés qu’une température suffisamment élevée permet aux ferments d’exercer leur activité.
Les réserves du sol en azote évoluent ainsi en permanence et il faut les renouveler chaque année pour compenser les prélèvements des récoltes et les pertes par infiltration.
Par contre acide phosphorique et potasse restent énergiquement fixés par le pouvoir absorbant du sol dans la couche de terre où ils ont été localisés.
Il est ainsi possible d’en constituer un stock de réserve excédentaire que les plantes exploiteront au fur et à mesure de leurs besoins.
Cet excédent est d’ailleurs indispensable, car la terre retient fortement ces éléments et ne les cède aux racines que si elle en est suffisamment saturée.
Cette provision d’acide phosphorique et potasse, enfouie au bêchage d’automne ou d’hiver s’appelle fumure de fond.
Engrais organiques |
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Ils peuvent être d’origine animale ou végétale et certains renferment azote, acide phosphorique et potasse ainsi que des oligo- éléments : ce sont donc alors des engrais complets, mais leur teneur en éléments fertilisants est peu élevée sauf exceptions. Ils doivent subir une transformation par les micro-organismes du sol, avant d’être rendus assimilables par les plantes, notamment en ce qui concerne l’azote. Leur effet n’est donc pas immédiat, mais il est généralement progressif et prolongé.
Enfin, la décomposition des engrais organiques végétaux fournit de l’humus. Le fumier de ferme, déjà cité comme amendement, figure ici à titre de référence.
Compte tenu de leur faible concentration, les déchets industriels ne sont intéressants que s’ils sont disponibles sur place, car leur transport est onéreux.
La meilleure utilisation des engrais organiques est leur incorporation au compost, dont ils augmentent la valeur fertilisante et au sein duquel ils subissent une prédigestion favorable à leur action :
| Concentration courante % | ||||
| ENGRAIS | PROVENANCE | N | P | K |
| Fumier de ferme Fumier de volailles Fumier déshydraté Tourteau engrais Marc de raisin frais Gadoues fermentées Corne torréfiée Sang desséché Guanos de poisson Cendres de fougères Cendres de chêne |
Écuries et étables Poulaillers Fumier naturel réduit à sa matière sèche Sous-produit des huileries Sous-produit de la vinification Ordures ménagères traitées Origine animale Origine animale Sous-produit des pêcheries Résidu de défrichement Résidu de chauffage ménager |
0,4 1,0 1,6 5,0 1,0 0,5 13,5 12,0 8,0 3,4 3,2 |
0,2 1,3 0,8 2,0 0,3 0,6 0 1,0 4,0 28,0 7,6 |
0,5 0 2,0 0 0,7 0,5 0 0,7 0 8,7 0,50 |
Engrais minéraux |
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Les engrais minéraux sont tous des produits de l’industrie chimique. Leur principal avantage est d’offrir les éléments utiles sous une forme concentrée, ce qui réduit le coût de leur transport et facilite leur épandage.
La plupart ne contiennent qu’un élément utile (N, P ou K) mais certains en associent deux, et plusieurs de ces fertilisants apportent en même temps de la chaux. Ces derniers peuvent donc contribuer à neutraliser un sol acide, mais leur emploi doit être évité en terrain calcaire.
Si on démystifiait les engrais Azote (N), Phosphore (P) et Potasse (K) et les autres :
| Azote (N) | Premièrement le (N) est le symbole chimique. L’Azote aide à faire pousser la végétation, le feuillage mais s’il est utilisé en trop grande quantité, il diminue la force et la résistance vitale de la plante. On retrouve l’azote dans l’air et dans l’eau de pluie. |
| Phosphore (P) | Le (P) est le symbole chimique. Le phosphore aide au transport des nutriments dans les tissus de la plante, il est nécessaire à la germination des graines, des fleurs et des racines, il augmente la résistance aux maladies. On retrouve le phosphore dans les os et débris de coquilles. |
| Potasse (K) | Le (K) est le symbole chimique. La potasse aide à la production mais trop de potasse altère le goût et diminue la teneur en d’autres éléments, il donne une résistance aux tiges et diminue le besoin d’eau. On retrouve le potasse dans les cendres de bois, l’algue et la vinasse (résidu liquide) de la betterave. |
| Calcium (CA) | Le (CA) est le symbole chimique. Le calcium corrige l’acidité du sol, neutralise les acides qui pourraient devenir toxiques. On le retrouve dans la chaux et dans la marne (mélange naturel d’argile et de calcaire = glaise). |
| Souffre (S) | Le (S) est le symbole chimique. Le souffre participe à l’élaboration des protéines et des vitamines. |
| Magnésium (M) | Le (M) est le symbole chimique. Le magnésium augmente la mobilité du phosphore dans la plante. |
(La dernière colonne des 5 tableaux suivants, indique, pour chaque engrais, le coefficient par lequel il convient de multiplier le nombre d’unités fertilisantes que l’on désire obtenir, pour connaître la quantité d’engrais du commerce à utiliser.)
| Engrais Azotés nitriques | Dosage N % | Dosage P % | Dosage K % | Éléments secondaires | Vitesse d’action | Propice aux sols | Époque d’épandage | Mode d’épandage | Coef X en kg |
| Nitrate de soude | 16 | ….. | ….. | Oligo-éléments sodium | très rapide | non argileux | printemps, été | couverture, solution | 6,3 |
| Nitrate de chaux | 15,5 | ….. | ….. | 25% de chaux | très rapide | argileux ou secs | printemps, été | couverture | 6,5 |
| Nitrate de potasse | 13 | ….. | 44 | ….. | très rapide | tous terrains | printemps, été | couverture, solution | 7,7 |
| Engrais Azotés ammoniacaux | Dosage N % | Dosage P % | Dosage K % | Éléments secondaires | Vitesse d’action | Propice aux sols | Époque d’épandage | Mode d’épandage | Coef X en kg |
| Sulfate d’ammoniaque | 20 | ….. | ….. | 23 % de soufre | moyennement rapide | tous terrains sauf très acides | automne, hiver, printemps | couverture, enterré | 5,0 |
| Phosphate d’ammoniaque | 20 | 52 | ….. | ….. | rapide | tous terrains | printemps | couverture, solution | 5,0 |
| Cyanamide calcique | 18 à 21 | ….. | ….. | 60 à 70 % de chaux | moyennement rapide | sols acides, compost | automne, printemps | enterré | 5,5 ou 4,7 |
| Urée | 45 | ….. | ….. | ….. | moyennement rapide | tous sols | automne, printemps | enterré, pulvérisation foliaire | 2,2 |
| Engrais Azotés mixtes | Dosage N % | Dosage P % | Dosage K % | Éléments secondaires | Vitesse d’action | Propice aux sols | Époque d’épandage | Mode d’épandage | Coef X en kg |
| Ammonitrate faible | 20 | ….. | ….. | calcaire en quantité variable | semi-rapide et semi-progressif | tous terrains | fin d’hiver, printemps | couverture | 5,0 |
| Ammonitrate fort | 33,5 | ….. | ….. | calcaire en quantité variable | semi-rapide et semi-progressif | tous terrains | fin d’hiver, printemps | couverture | 2,9 |
| Engrais Phosphatés | Dosage N % | Dosage P % | Dosage K % | Éléments secondaires | Vitesse d’action | Propice aux sols | Époque d’épandage | Mode d’épandage | Coef X en kg |
| Superphosphate | ….. | 14 à 20 | ….. | 11 à 12 % de soufre | très rapide | tous sols bien pourvus en calcaire | automne, printemps | couverture, enterré | 7,2 à 5 |
| Superphosphate triple | ….. | 40 à 50 | ….. | 11 à 12 % de soufre | très rapide | tous sols bien pourvus en calcaire | automne, printemps | couverture, enterré | 2,5 à 2,0 |
| Phosphate d’ammoniaque | 20 | 52 | ….. | calcaire en quantité variable | semi-rapide et semi-progressif | tous terrains | fin d’hiver, printemps | couverture | 2,8 à 2,4 |
| Phosphate bicalcique | ….. | 35 à 52 | ….. | calcaire | rapide | tous sols | automne, printemps | enterré | 2,8 à 2,4 |
| Phospal | ….. | 34 | ….. | alumine | assez rapide | tous sols | automne | enterré | 2,9 |
| Scories de déphosphoration | ….. | 16 à 20 | ….. | 50 % de chaux, oligo-éléments | moyennement rapide | sols acides | automne | enterré | 6,2 à 5,0 |
| Phosphates moulus | ….. | 26 à 35 | ….. | calcaire | lente | sols acides | automne | enterré | 3,8 à 2,8 |
| Poudres d’os | ….. | 28 à 30 | ….. | calcaire | lente | sols acides | automne | enterré | 3,6 à 3,3 |
| Engrais Potassiques | Dosage N % | Dosage P % | Dosage K % | Éléments secondaires | Vitesse d’action | Propice aux sols | Époque d’épandage | Mode d’épandage | Coef X en kg |
| Sylvinite | ….. | ….. | 25 | 52 % de sel | rapide | tous terrains | automne | enterré | 4,0 |
| Sylvinite double | ….. | ….. | 40 | 30 % de sel | rapide | tous terrains | automne | enterré | 2,5 |
| Chlorure de potasse | ….. | ….. | 60 | chlore | rapide | tous terrains | automne | enterré | 1,8 |
| Sulfate de potasse | ….. | ….. | 48 | sans chlore | rapide | tous terrains | automne, printemps | enterré | 2,1 |
| Nitrate de potasse | 13 | ….. | 44 | ….. | très rapide | tous terrains | printemps, été | couverture, solution | 7,7 |
L’utilisation d’engrais contenant du chlore (Sylvinite, Chlorure de potassium) doit être évitée, cet élément étant toxique pour de nombreuses cultures.
Engrais composés |
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A côté des engrais simples du tableau ci-dessus qui renferment seulement chacun un élément fertilisant (exceptionnellement 2), le commerce offre des Engrais composés (mélanges ou combinaisons des précédents) qui permettent d’associer azote, acide phosphorique et potasse, soit par deux (engrais binaires P et K), soit tous ensemble (engrais ternaires ou complets N, P, K).
Ces derniers sont incontestablement les plus intéressants au jardin d’amateur : leur épandage est facilité, surtout s’ils sont présentés sous forme granulée ; la difficulté et parfois le risque des mélanges sont écartés; le problème de l’équilibre de la fumure est plus facile à résoudre (les mélanges étant étudiés en fonction des besoins de telle ou telle culture).
La composition des engrais complets est indiquée par trois chiffres qui désignent respectivement le pourcentage d’azote (N), acide phosphorique (P) et potasse (K) qu’ils renferment. Ainsi une formule N.P.K. 7/14/10, désigne un engrais qui renferme 7 kg d’azote, 14 kg d’acide phosphorique et 10 kg de potasse par 100 kg.
Sachez choisir vos engrais composés |
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Les deux facteurs du choix d’un engrais composé sont la concentration et l’équilibre de celui-ci.
La première est obtenue en additionnant les unités fertilisantes de sa formule : par exemple N/P/K. 10+10+20 = 40 unités. Un tel engrais est 2 fois plus concentré qu’un 5/5/10. Il est normalement plus coûteux mais vous en utiliserez deux fois moins pour obtenir le même résultat. Son prix par unité fertilisante et « rendu sur place » est plus avantageux, par suite de l’incidence des frais de transport.
Le prix des engrais est également fonction de leur rapidité d’action, ceux contenant des éléments immédiatement assimilables (nitrates, superphosphates) étant les plus chers mais évidemment les plus précieux.
L’équilibre – proportions relatives du mélange – est important pour harmoniser la fertilisation aux besoins des cultures en cause.
Voici quelques exemples de formules courantes et leur destination :
| N | P | K | Équilibre | Destination |
| 7 | 14 | 10 | Dominante d’acide phosphorique, Azote ammoniacal (ou organique) | Fumure « de fond » d’automne et d’hiver propice aux légumes, fruits, légumineuses, cultures florales. Fumure à la plantation et pendant la croissance des arbres fruitiers et d’ornement, Rosiers et autres espèces ligneuses. |
| 4 – 4 | 12 – 8 | 20 – 12 | Dominante de potasse, Azote ammoniacal (ou organique) | Fumure « de fond » d’automne et d’hiver pour toutes les espèces accumulant des réserves dans leurs racines, bulbes ou tubercules. Fumure d’entretien des arbres fruitiers en production. |
| 16 | 8 | 8 | Dominante d’azote, Azote partie nitrique et partie ammoniacal | Engrais de printemps complétant en azote les fumures précédentes. Effet « coup de fouet » stimulant le départ de la végétation et la croissance des jeunes plants. Fumure en cours de culture des « légumes feuilles » et des gazons. |
| 12 | 12 | 12 | Même proportion de chaque élément, Azote comme ci-dessus | Engrais « passe partout » applicable pendant la végétation pour renforcer la fumure de fond et même la remplacer si celle-ci n’a pu être effectuée. |
| 16 | 18 | 24 | Formule très concentrée, Azote comme ci-dessus | Composée d’éléments immédiatement ou rapidement assimilables, une telle formule est destinée à « doper » la végétation au moment où une suralimentation est nécessaire : nouaison des arbres fruitiers, pré-épanouissement des espèces florales, « remontée » des Rosiers, etc… Appliquée de préférence en solution dans l’eau par arrosage. |
Fumure de fond |
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Le point de départ d’une fumure rationnelle est de constituer dans le sol une réserve d’acide phosphorique et de potasse, largement supérieure aux besoins immédiats des plantes et qui servira en quelque sorte de volant régulateur à la fertilisation. L’azote, qui ne peut se stocker de la même façon, par suite de sa solubilité sera, par contre, fourni au fur et à mesure des besoins.
Il est préférable, au départ, de calculer l’importance et la composition de cette fumure de fond, d’après les résultats d’une analyse chimique qui détermine la richesse naturelle du sol en éléments assimilables et permet de savoir exactement ce qui lui manque. Le laboratoire vous fournira alors toutes indications utiles.
A défaut, vous pouvez vous contenter d’agir a priori on doublant, pendant 2 ou 3 ans, la dose de la fumure phospho-potassique habituelle indiquée plus loin et en apportant par exemple, chaque année, 15 à 20 kg d’un engrais complet 4/8/12 par are ou son équivalent en engrais simples 8 kg de superphosphate ou de scories et 6 kg de sylvinite.
La fumure de fond doit être enfouie lors du bêchage d’automne et, en même temps, vous effectuerez les amendements : chaulage si le terrain est acide (1) et apport d’humus (2).
Rappelez-vous toutefois que fumier ou compost ne doivent pas être enterrés avec la chaux mais seulement l’année suivante.
Pour les arbres fruitiers et d’ornement, la fumure de réserve doit être enfouie lors du défoncement, entre 40 et 60 cm de profondeur afin de se trouver dans la zone explorée par les racines. Elle serait sans effet dans la couche superficielle, du fait que la potasse et surtout l’acide phosphorique ne s’infiltrent pratiquement pas. Utiliser de préférence un engrais à dominante phosphorique, du type 7/4/10 qui sera évidemment incorporé en une seule fois, à la dose de 25 à 30 kg par are ou 2 kg par trou de 1 mètre cube (équivalence en engrais simples : 20 kg de super ou scories et 8 kg de sylvinite).
Fumure d’entretien |
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Le sol étant pourvu de son fond de roulement de potasse et d’acide phosphorique, il vous suffira ensuite :
- De fournir l’azote complémentaire au fur et à mesure des besoins de la végétation et des pertes par infiltration.
- De remplacer annuellement l’acide phosphorique et la potasse consommés par les plantes.
Dans un jardin d’amateur, où des productions très diverses, se succèdent à un rythme accéléré sur le même terrain, il n’est pas possible, comme en grande culture, d’adapter exactement sa fumure à chacune d’elles : l’apport d’engrais doit être suffisant pour faire face aux besoins des plus exigeantes, quitte à ce qu’il soit surabondant pour celles qui le sont moins.
De nombreux essais montrent qu’il faut, en moyenne, dans ces conditions, restituer chaque année au sol, en unités fertilisantes éléments purs, par are :
| Azote | 1,2 à 1,5 kg |
| Acide phosphorique | 1 à 1,5 kg |
| Potasse | 1,2 à 1,5 kg |
Légumes et fleurs |
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Si vous utilisez des engrais complets :
| En automne/hiver | Au printemps | En été |
| Enfouissez au cours du bêchage 8 à 10kg par are d’un engrais de fond 4/8/12 Tous les 3 ans, complétez cette fumure par un apport de 3 à 400 kg de fumier ou compost par are. Chaulez si besoin est, les années où vous n’employez pas de fumier. | Une semaine avant semis ou plantation, épandez en couverture 3 à 4kg par are de 16.8.8 que vous incorporerez au sol par ratissage. 4 à 5 semaines après la levée ou la reprise, faites un nouvel apport du même engrais afin de donner un « coup de fouet » à la végétation. Dose d’emploi : 2 kg par are soit 20 g/m2 | Aux stades critiques de la végétation : début de formation des fruits, des Tomates, Aubergines, apparition des boutons floraux des espèces à fleurs, Artichauts, Choux-Fleurs, « remontée » des Rosiers, etc., donnez un « fortifiant » rapidement assimilable sous forme d’un engrais 16/18/24, par arrosage avec une solution à 2 à 3 g par litre. Pour les légumes feuilles (Poireau, Choux), préférez un 16/8/8 |
Si vous utilisez des engrais simples :
| En automne/hiver | Au printemps | En été |
| Remplacez l’engrais complet ci-dessus par : 5 à 6 kg de superphosphate (terre calcaire) ou scories (terre acide). 3 à 3,5 kg de sulfate de potasse. | Avant semis ou plantation, utilisez comme ci-dessus, 4 kg de sulfate d’ammoniaque ou mieux d’ammonitrate. 4 à 5 semaines plus tard, épandez 2 kg de nitrate de soude ou de nitrate de chaux (préférable en terre argileuse). | Pour ces fumures d’appoint, les engrais complets sont préférables. Vous pouvez toutefois utiliser le nitrate de potasse à 2 g par litre. |
Arbres fruitiers |
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Les besoins annuels moyens des arbres fruitiers en unités fertilisantes (éléments purs) se chiffrent par are à :
| Azote | 0,8 à 1,5 kg |
| Acide phosphorique | 0,8 à 1 kg |
| Potasse | 1 à 1,6 kg |
Sachez que les radicelles absorbantes se trouvent dans une zone située de part et d’autre de l’aplomb de l’extrémité des branches (1 m à 1 m 50 du mur pour les espaliers). Il est donc inutile de mettre de l’engrais ailleurs.
En ce qui concerne l’acide phosphorique et la potasse, rappelez-vous qu’ils doivent être enfouis au niveau des racines, soit 30 à 50 cm suivant les porte-greffes et le terrain : placez-les donc au fond de la jauge au moment du labour ou versez-les dans des trous faits à la barre à mine ou à la tarière, tous les 50 cm environ.
Apportez ainsi ces éléments en automne/hiver, sous forme de 8 kg par are d’un engrais complet à dominante potassique (4/12/20) ou, si vous employez les engrais simples :
| Superphosphate à 20 % ou Scories | 4 à 5 kg |
| Sulfate de potasse | 3 à 4 kg |
Distribuez par contre la fumure azotée en trois fois :
- En fin d’hiver, immédiatement avant le débourrement (éclatement des bourgeons) afin de stimuler l’entrée en végétation.
- Après la nouaison (début de grossissement des jeunes fruits).
- Aussitôt après la récolte, pour aider les arbres à fabriquer les substances de réserve qui serviront l’année suivante.
Épandez, à chaque fois, en couverture (en surface) et enterrez par griffage ou ratissage : 2 kg d’engrais complet 16/8/8 ou 1,5 à 2 kg d’ammonitrate à 20%.
Gazons |
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Vous obtiendrez une bonne croissance des graminées en apportant chaque année les unités fertilisantes suivantes : Azote 1 à 1,2 kg, acide phosphorique 0,9 à 1 kg, potasse 1 à 1,2 kg.
Soit par are : En automne 5 à 6 kg d’engrais complet 4/8/12. ou 5 kg de superphosphate ou scories à 20% et 2 kg de sulfate de potasse. Au printemps et en été, respectivement en mars, mai et juillet, trois fois 2 kg d’engrais complet 16/8/8 ou à défaut, de sulfate d’ammoniaque ou d’Ammonitrate.
Préparez un terrain propice aux cultures |
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Le premier acte de la mise en culture d’un terrain consiste à retourner sa couche supérieure afin de l’ameublir et de l’aérer pour la rendre aisément pénétrable aux racines. Du même coup, cette opération permet d’enfouir les mauvaises herbes et d’incorporer engrais et amendements.
Le bêchage ou labour, comme son nom l’indique, consiste à découper, au moyen d’une bêche, des bandes de terre successives en mottes qui sont culbutées sens dessus dessous, dans une tranchée appelée jauge. En terre lourde et caillouteuse, préférez la fourche à dents plates ou fourche-bêche, de pénétration plus facile.
La profondeur du bêchage est limitée à la pénétration du fer de l’outil, soit 20 à 30 cm.
Le défoncement atteint une profondeur double puisqu’il est exécuté à deux fers de bêche. Même si la seconde couche attaquée est de bonne qualité, ne la mélangez pas à la première, seule à contenir les micro-organismes dont nous avons dit le rôle capital dans la fertilité et qui meurent s’ils sont profondément enfouis et privés d’air.
Vous y parviendrez en pratiquant le défoncement dit à double jauge.
Bien qu’il représente un travail important, le défoncement est vivement recommandable lors de la mise en culture d’un terrain neuf, surtout si celui-ci a été tassé par le passage de camions ou engins lors d’une construction par exemple. Il est, en tous cas, indispensable pour les surfaces destinées à recevoir des végétaux à enracinement profond, arbres et arbustes fruitiers ou d’ornement, rosiers, fleurs ou légumes vivaces (Asperges, Artichauts), etc.
Pour bien bécher |
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Si la terre contient un pourcentage appréciable d’argile, ne la travaillez jamais lorsqu’elle colle à l’outil parce qu’elle est trop humide : en séchant à nouveau, elle prendrait la consistance du béton ! Prenez-la à temps avant les pluies d’automne.
Bêchez le plus possible avant les fortes gelées et faites-le à grosses mottes que vous laisserez intactes sans les briser. En transformant en glace l’eau contenue entre les particules de terre, le froid les fera éclater et elles s’effriteront aisément au printemps.
Lorsque vous enfouissez fumier ou engrais, ne vous contentez pas de les placer au fond de la jauge, mais étalez-les sur le flanc de celle-ci, ils seront ainsi beaucoup plus régulièrement répartis dans le sol.
Pour travailler avec le moins d’effort possible, affûtez régulièrement le tranchant de votre bêche au tiers-point et tenez son fer propre en le raclant à la curette.
Votre bêchage sera plus régulier si vous divisez la surface en bandes successives de 2 à 3 mètres de largeur. Gardez toujours une jauge largement ouverte devant vous pour enterrer commodément herbe ou fumier.
Extirpez le mieux possible les rhizomes souterrains d’herbes vivaces telles que liseron, chiendent, etc., ainsi que les grosses pierres.
En cours de saison, pour les labours exécutés entre deux cultures, bêchez moins profondément mais émiettez les mottes au fur et à mesure.
Travail mécanique |
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Le progrès met de plus en plus à votre portée, à un prix abordable, des engins motorisés qui suppriment la fatigante corvée du bêchage manuel.
Suivant leur conception, ceux-ci sont appelés motoculteurs ou moto-houes. Les premiers sont essentiellement constitués d’un bloc moteur entraînant une paire de roues et pourvu d’un système d’attelage qui permet de traîner une charrue classique.
Le soc versoir de cette dernière découpe et retourne sens dessus dessous une bande de terre de largeur et d’épaisseur proportionnelles à la puissance tractrice de la machine. Le labour obtenu est donc analogue à celui de la bêche sinon que le sillon est continu au lieu d’être fractionné en mottes.
Les moto-houes ne possèdent pas de roues motrices leur moteur entraîne directement des outils rotatifs tournant verticalement qui assurent la propulsion de la machine en même temps qu’ils pénètrent le sol on le fraisant grâce à la forme hélicoïdale des pièces travaillantes.
Les moto-houes ne retournent donc pas la terre mais elles l’ameublissent on la brassant sur place.
Après le labour |
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Le griffage :
Pratiqué après le labour, il permet de bien casser les mottes et de renforcer l’ameublissement sur une vingtaine de centimètres en profondeur. Le griffage doit être réalisé dans le sens de la largeur et de la longueur du terrain.
Le ratissage :
Il se limite à une opération de ratissage, permettant de débarrasser la terre des mottes et des cailloux après le passage de la griffe. Les dents du râteau doivent être presque parallèles à la surface, de manière à ne pas faire de trous dans le sol.
Préparation mécanique :
Elle est beaucoup plus rapide mais nécessite un lourd équipement : une sous-soleuse qui décompacte la terre, une charrue ou un motoculteur pour labourer et une fraise rotative pour épierrer.
L’usage d’un motoculteur est conseillé pour les grandes surfaces ou pour un potager.
Fertilisation d’un sol :
Lors de ce travail du sol, des amendements et des engrais seront les bienvenus.
Les amendements sont utilisés pour corriger la structure du sol. Un sol trop perméable sera corrigé grâce à du fumier, du terreau, de la tourbe. Un sol trop compact recevra du sable de rivière ou du calcaire broyé ; un sol trop décalcifié de la chaux ou du calcaire broyé.
Les engrais (ou fumure) servent à enrichir la terre en éléments nutritifs (azote, acide phosphorique et potasse (N.P.K), calcium, manganèse, fer…) qu’elle a perdu par lessivage, par blocage et surtout par absorption des plantes. Une « fumure de fond » est un préalable indispensable à toute plantation. La « fumure d’entretien » assurera le développement progressif des végétaux.
Le sarclage manuel |
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Le sarclage est une technique qui consiste à couper à l’aide d’une bêche tranchante les jeunes plants au niveau du collet, ou de les arracher complètement. Contrairement au binage, le sarclage s’effectue lorsque les mauvaises herbes sont établies et enracinées. Cette opération doit être effectuée par temps sec, avant le milieu de la journée si possible, pour éviter que les plants ne se réenracineront pas dans la fraîcheur de la nuit.
Mai, juin : aux 10 jours
Reste de la saison : aux 2-3 semaines
Le binage :
Le binage est une technique qui consiste à remuer le sol de surface (5 à 6 cm) avec une griffe afin que les semences en germination soient asséchées. Il réduit aussi l’évaporation de l’eau du sol en brisant les canaux d’évaporation et il introduit de l’oxygène dans le sol, ce qui stimule l’activité microbienne et accroît la minéralisation de l’humus. Le binage devrait être fait par temps sec et ensoleillé. Le binage pré-émergence, c’est-à-dire avant l’émergence de la culture, se fait habituellement quatre à huit jours après le semis. L’idéal est en fait de biner juste avant l’émergence des cultures. On répète ensuite l’opération tous les sept à dix jours environ en culture légumière, ou chaque fois que la surface devient compacte.
Le paillis :
L’application au sol d’un paillis végétal permet de prévenir efficacement le développement des plantes adventices. Pour bien contrôler les mauvaises herbes, le paillis organique doit être assez épais, ou doit être renouvelé lorsque les herbes commencent à s’y implanter. De la paille, du bois raméal fragmenté ou des feuilles semi-décomposées sont de bons matériaux à utiliser comme paillis. De plus, l’utilisation d’un paillis permet aussi de conserver l’humidité du sol, de réduire la battance et l’érosion causées par les pluies, de stabiliser la structure du sol et d’augmenter le taux de matière organique, de stimuler l’activité biologique comme les vers de terre, de réduire les écarts de température entre le jour et la nuit, de conserver la propreté des cultures, de protéger les cultures vivaces en hiver, et de limiter le lessivage de l’azote à l’automne et au printemps par sa décomposition. Cependant, l’utilisation d’un paillis comporte aussi quelques inconvénients. Afin de les éviter, il est recommandé d’attendre que les sols soient bien réchauffés avant de mettre les paillis en place, et au printemps utiliser du compost jeune et grossier qui protégera le sol tout en permettant son réchauffement.
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